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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 17:34

Intervention prononcée de Bruno Fornaciari en hommage à Charly Hebdo le 9 janvier 2015

12 personnes à "Charlie Hebdo" ont été exécutées au cours d'une fusillade programmée et accomplie méthodiquement avec froideur et détermination hier à midi. Les mots sont insuffisants pour traduire l'indicible. Nous avons besoin de gestes, de sentiments, de symboles pour exprimer notre compassion et notre solidarité aux victimes et à leurs familles, à leurs proches, pour exprimer notre condamnation de ce crime effroyable et barbare et notre attachement indéfectible à nos libertés.


Car c'est bien aux libertés que s'en sont pris ces esprits totalitaires, qui au nom d'une religion pacifique ont perpétré ces crimes en l'instrumentalisant.
Ne nous laissons pas détourner par les amalgames que certains ne manquent pas d'exposer. La stigmatisation des particularités s'oppose au vivre ensemble. La haine, la discrimination la violence nous sont étrangères, nous les combattons. Nous leur opposons la fraternité, la bonté, la compréhension, la clémence, la camaraderie, en un mot l'humanité.

L'échange, le débat , l'écoute de l'autre, le respect, la recherche de solutions aux difficultés de notre monde ne peuvent se déployer sans ses droits de l'homme, dans le cadre démocratique. Comment serait-il possible en effet et qui accepterait de se taire ? Qui accepterait de négocier pour en rabattre sur nos qualités humaines naturelles : Echanger, traduire et exprimer nos pensées, nos sentiments, nos émotions.

Chacun en a conscience ici, c'est bien la liberté de la presse et tous les professionnels de l'information qui étaient visés dans cet attentat. La liberté d'expression doit pouvoir se conjuguer avec pluralisme, l'ostracisme et la censure doivent être proscrits.

L'émotion est grande dans le pays et ici à Thouars. Lorsque j'ai proposé de tenir ce rassemblement, toutes les organisations contactées ont apporté immédiatement leur soutien et leur participation instantanés. Je veux ici les citer. Le PCF bien sûr, la CGT, FO, Solidaire, Ensemble, la section socialiste. D'autres sont venus encore , dans la préparation, s'y ajouter. Un afflux spontané de "simples citoyens" nombreux et des associations les plus diverses est venu conforter le rassemblement. Qu'ils en soient remerciés.

Des voix multiples se lèvent pour rendre hommage aux victimes et défendre notre liberté de penser, chacune à leur façon Cet élan populaire et national raconte, dans l'unité des valeurs républicaines, Liberté, Egalité Fraternité, notre détermination à parler, à écrire, à chanter, à dessiner pour interpréter le monde et le changer.


Avec l'assassinat incroyable de Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Héritier c'est bien l'impertinence, l'anti-conformisme, la détestation du racisme et de la bêtise qu'ils moquaient, que ces criminels fanatiques ont voulu faire taire. Ces forces obscurantistes ne gagneront pas. Ils ont échoué, notre peuple debout est uni pour nos libertés.
Charlie vivra, nous le savons.

Ils ont voulu les tuer, ils les ont rendus immortels.


En ce jour, je suis Charlie, nous sommes tous Charlie.

12 personnes à "Charlie Hebdo" ont été exécutées au cours d'une fusillade programmée et accomplie méthodiquement avec froideur et détermination hier à midi. Les mots sont insuffisants pour traduire l'indicible. Nous avons besoin de gestes, de sentiments, de symboles pour exprimer notre compassion et notre solidarité aux victimes et à leurs familles, à leurs proches, pour exprimer notre condamnation de ce crime effroyable et barbare et notre attachement indéfectible à nos libertés.


Car c'est bien aux libertés que s'en sont pris ces esprits totalitaires, qui au nom d'une religion pacifique ont perpétré ces crimes en l'instrumentalisant.
Ne nous laissons pas détourner par les amalgames que certains ne manquent pas d'exposer. La stigmatisation des particularités s'oppose au vivre ensemble. La haine, la discrimination la violence nous sont étrangères, nous les combattons. Nous leur opposons la fraternité, la bonté, la compréhension, la clémence, la camaraderie, en un mot l'humanité.

L'échange, le débat , l'écoute de l'autre, le respect, la recherche de solutions aux difficultés de notre monde ne peuvent se déployer sans ses droits de l'homme, dans le cadre démocratique. Comment serait-il possible en effet et qui accepterait de se taire ? Qui accepterait de négocier pour en rabattre sur nos qualités humaines naturelles : Echanger, traduire et exprimer nos pensées, nos sentiments, nos émotions.

Chacun en a conscience ici, c'est bien la liberté de la presse et tous les professionnels de l'information qui étaient visés dans cet attentat. La liberté d'expression doit pouvoir se conjuguer avec pluralisme, l'ostracisme et la censure doivent être proscrits.


L'émotion est grande dans le pays et ici à Thouars. Lorsque j'ai proposé de tenir ce rassemblement, toutes les organisations contactées ont apporté immédiatement leur soutien et leur participation instantanés. Je veux ici les citer. Le PCF bien sûr, la CGT, FO, Solidaire, Ensemble, la section socialiste. D'autres sont venus encore , dans la préparation, s'y ajouter. Un afflux spontané de "simples citoyens" nombreux et des associations les plus diverses est venu conforter le rassemblement. Qu'ils en soient remerciés.

Des voix multiples se lèvent pour rendre hommage aux victimes et défendre notre liberté de penser, chacune à leur façon Cet élan populaire et national raconte, dans l'unité des valeurs républicaines, Liberté, Egalité Fraternité, notre détermination à parler, à écrire, à chanter, à dessiner pour interpréter le monde et le changer.


Avec l'assassinat incroyable de Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Héritier c'est bien l'impertinence, l'anti-conformisme, la détestation du racisme et de la bêtise qu'ils moquaient, que ces criminels fanatiques ont voulu faire taire. Ces forces obscurantistes ne gagneront pas. Ils ont échoué, notre peuple debout est uni pour nos libertés.
Charlie vivra, nous le savons.

Ils ont voulu les tuer, ils les ont rendus immortels.


En ce jour, je suis Charlie, nous sommes tous Charlie.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:07
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Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir Cuba
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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 04:41

" L'ouvrage revient...sur la gestion américaine des « printemps arabes » ou les relations avec l'Iran entre 2009 et 2013, lorsque l'auteur était à la tête de la diplomatie américaine."
"Hillary Clinton, a également déclaré : Nous avons infiltré la guerre en Irak, en Libye et en Syrie, et tout allait pour le mieux et puis tout à coup une révolution eût lieu en Egypte et tout à changé en 72 heures."
"nous étions d’accord avec les Frères en Egypte pour annoncer l’Etat islamique dans le Sinaa et le remettre entre les mains du ‘Hamas’ et une partie à ‘Israël’ pour la protéger, adjoindre Halayeb et Challatine au Soudan, et ouvrir les frontières libyennes du côté de Salloum. Il était même question d’annoncer la naissance de l’Etat islamique le 5 Juillet 2013, et on attendait l’annonce pour reconnaître, nous et l’Europe, ce nouvel Etat."" L'ouvrage revient...sur la gestion américaine des « printemps arabes » ou les relations avec l'Iran entre 2009 et 2013, lorsque l'auteur était à la tête de la diplomatie américaine."
"" L'ouvrage revient...sur la gestion américaine des « printemps arabes » ou les relations avec l'Iran entre 2009 et 2013, lorsque l'auteur était à la tête de la diplomatie américaine."
"Hillary Clinton, a également déclaré : Nous avons infiltré la guerre en Irak, en Libye et en Syrie, et tout allait pour le mieux et puis tout à coup une révolution eût lieu en Egypte et tout à changé en 72 heures."
"nous étions d’accord avec les Frères en Egypte pour annoncer l’Etat islamique dans le Sinaa et le remettre entre les mains du ‘Hamas’ et une partie à ‘Israël’ pour la protéger, adjoindre Halayeb et Challatine au Soudan, et ouvrir les frontières libyennes du côté de Salloum. Il était même question d’annoncer la naissance de l’Etat islamique le 5 Juillet 2013, et on attendait l’annonce pour reconnaître, nous et l’Europe, ce nouvel Etat.", a également déclaré : Nous avons infiltré la guerre en Irak, en Libye et en Syrie, et tout allait pour le mieux et puis tout à coup une révolution eût lieu en Egypte et tout à changé en 72 heures."
"nous étions d’accord avec les Frères en Egypte pour annoncer l’Etat islamique dans le Sinaa et le remettre entre les mains du ‘Hamas’ et une partie à ‘Israël’ pour la protéger, adjoindre Halayeb et Challatine au Soudan, et ouvrir les frontières libyennes du côté de Salloum. Il était même question d’annoncer la naissance de l’Etat islamique le 5 Juillet 2013, et on attendait l’annonce pour reconnaître, nous et l’Europe, ce nouvel Etat."

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 04:30

15 SEPT

Cinq Partis communistes arabes dénoncent l’Etat islamique comme les interventions impérialistes en Syrie et en Irak

Traduction CA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Les partis communistes signataires de cette déclaration dénoncent la cruauté de l’attaque sanguinaire menée par des organisations terroristes dangereuses comme l’Etat islamique (NdT : Daech en arabe) ainsi que la violation de la souveraineté de la Syrie et de l’Irak.

Ce mouvement a pris illégitimement possession de territoires où il est à l’origine de tellement d’exactions, de pratiques barbares : massacres de milliers de citoyens, décapitations, déplacements forcés de dizaines de milliers de personnes, enlèvements et prises d’otages.

Actuellement, ces organisations terroristes étendent leurs territoires jusqu’au Liban et la Jordanie. Leurs activités desservent la cause palestinienne par des actions criminelles censément menées en représailles contre les bombardements israéliens sur la bande de Gaza.

De ce fait, elles légitiment la position d’Israël dans la coalition internationale pour la lutte contre le terrorisme et instaurent une atmosphère de peur en Europe et dans le monde.

Ces forces terroristes sont financées par l’impérialisme américain, l’Otan et ses alliés.

Elles bénéficient des facilités financières, militaires et logistique de la part des pays réactionnaires arabes et leurs activités suivent un plan impérialiste sioniste et réactionnaire qui a été établi depuis plus de trente ans dans le but de diviser la région et de la fragmenter en plusieurs ethnies selon des lignes de fractures communautaires.

C’est l’essence du projet du Grand Moyen-Orient conçu par l’Etat américain sous prétexte de la lutte contre le terrorisme.

Il est donc impératif du lutter contre ces organisations terroristes, afin d’instaurer une stabilité intérieure à travers des institutions, et une véritable réconciliation nationale, qui soient dans l’intérêt du peuple.

Cela lui permettra de consacrer toute son énergie au combat contre l’impérialisme et le terrorisme qui menacent nos peuples ainsi que toute la région arabe.

Nous appelons tous les partis communistes et toutes les forces nationales, progressistes et démocratiques à adopter une attitude pragmatique face au terrorisme en général et plus particulièrement l’Etat islamique et le Front Al-Nosra pour les éradiquer et couper leurs sources de financement.

De même, nous invitions ces partis à rejeter l’intervention impérialiste sous toutes ses formes en se coordonnant avec les forces indépendantes dans le monde et à repartir à l’offensive selon la volonté de nos peuples, afin de résister à la colonisation et l’occupation ainsi qu’aux tentatives de divisions et aussi pour reconnaitre leurs droits démocratiques et sociaux, et préserver l’unité nationale.

15 Septembre 2014

Partis signataires:

Parti communiste jordanien,

Parti communiste libanais,

Parti communiste irakien,

Parti communiste palestinien,

Parti communiste Syrien Unifié

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 18:39

Youssef Seddik : « Nous n’avons pas à nous justifier en tant que musulmans »

Xavier de La Porte | Rédacteur en chef

Paris, le 8 janvier 2015 (Dospiva Jakub/AP/SIPA)

Comme nous le craignions dès mercredi, ça a commencé.

Ici et là s’élèvent des voix demandant aux musulmans de France de se « désolidariser » du massacre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo et boulevard Richard-Lenoir, de descendre dans la rue pour montrer qu’ils ne sont pas d’accord, qu’ils sont contre. Mercredi soir sur i>Télé, l’écrivain et réalisateur Yann Moix se souvenait de « les » avoir trouvés déjà trop silencieux au moment de l’affaire Merah.

Nous trouvons cela insupportable. Et dangereux, car faisant planer l’idée qu’il y aurait un soutien de principe, une solidarité a priori.

Nous avons téléphoné à Youssef Seddik. Il est philosophe, anthropologue, spécialiste de la Grèce ancienne et du Coran. Il est né en Tunisie et vit à Paris depuis 1982. Nous avions besoin de son avis sur cette injonction.

« Nous sommes effarés, nous sommes hors de nous, mais n’avons pas à nous justifier en tant que musulmans.

Pourquoi s’adresser à nous ? Nous sommes comme vous. Qui vous dit que je ne suis pas athée ? D’ascendance musulmane, mais athée ? Il est indécent que nous soyons enjoints à nous désolidariser.

Dès que j’ai appris ce qui s’était passé, j’ai téléphoné à mon ami François Gouyette, ambassadeur de la France en Tunisie. Je lui ai fait part de ma sympathie. Mais je l’ai fait au nom de mon humanité.

Ça va sans dire que c’est un acte abominable, d’une grande barbarie.

Je peux me mettre en faction, par la plume, par les mots, pour que ces actes soient punis.

Mais j’aurais pu le dire en tant que Corse, en tant que Français, en tant que Tunisien.

Je ne me désolidarise de rien du tout. Nous sommes tous responsables, quelle que soit notre religion : les chrétiens fondamentalistes, les extrémistes juifs, les islamistes radicaux.

Et nous sommes contre ces actes parce que nous sommes humains, pas selon nos confessions.

Et encore moins au nom de celles de nos parents, qui ne sont pas les mêmes que les nôtres. Car la religion change. Mon père n’aurait jamais tué quelqu’un, alors même qu’il était extrêmement bigot.

Donc je suis complètement contre cette injonction.

Par ailleurs, je pense qu’il faut enseigner un autre islam, et percevoir un autre islam. Cet islam dont se réclament les terroristes n’est pas le vrai islam. Il ne faut pas essentialiser l’islam. Ne pas le montrer tel qu’il massacre des gens et féconde des tragédies. Il faut transmettre l’admiration de l’islam.

Quand je lis Péguy, Teilhard de Chardin ou Pascal, je suis saisi d’une grande admiration pour le christianisme.

Il faut créer l’admiration des grands textes. Ce n’est pas fait pour l’islam. Et c’est injuste. »

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 18:08

Ci-dessous le texte du communiqué que j'ai adressé par mail dès le 7 janvier à 19 h la Nouvelle République à Thouars, qui l'a aussi transmis à la rédaction départementale

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Nous sommes déterminés à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité

Appel à l'unité nationale de toutes les forces républicaines face au crime abject qui vient de frapper l'équipe de Charlie-Hebdo et la défense de la liberté d'expression.

Le carnage barbare dont a été victime la rédaction de Charlie-hebdo nous plonge dans l'horreur et la peine et appelle une réponse nationale et populaire de grande ampleur.

Les communistes appellent à ce que s'exprime l'unité de toutes les forces républicaines face à la barbarie. Quand un journal est ainsi visé, quand des vies sont massacrées et dont la passion était l'information et la liberté d'expression, c'est bel et bien chacun de nous qui est visé, c'est la République qui est frappée en son cœur.

Il faudra tout faire pour que les auteurs de ce crime effroyable soient arrêtés et jugés.

Nos pensées vont aux victimes, aux familles et aux proches, aux collaborateurs du journal et à toutes ces professionnels qui chaque jour informent nos concitoyens. Avec cet attentat criminel, c'est le monde de la caricature, de l'impertinence, de l'humour, de l’amour de la vie que les terroristes ont voulu faire taire. Notre peine est immense.

Nous appeleons à refuser les amalgames et mes stigmatisations, à rejeter fermement les appels à la haine et aux racismes.

L'heure est aujourd'hui à rassembler autour des valeurs républicaines le maximum de forces, de citoyennes et de citoyens. Exprimons partout dans le pays et notamment à Thouars, comme à Niort hier notre détermination à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité. Les libertés démocratiques et la liberté d'expression vont de paire. Le débat plutôt que la censure.

Les militants communistes appellent tous et chacun toutes les organisations, élus(e) et personnalités, citoyennes et citoyens, sans distinction de leurs pensées philosophiques et politiques ou conviction religieuses, à manifester leur soutien et leur solidarité à l'équipe de "Charlie Hebdo" dès vendredi 9 janvier à 17 h.

Pour le PCF

Bruno Fornaciari

le 7 janvier 2015 à 17 h

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 08:53

SOCIÉTÉ

ATTENTAT DU 7 JANVIER 2015

TERRORISME

LIBERTÉ DE LA PRESSE

CHARLIE HEBDO

Pour Charlie Hebdo. La réponse immédiate de la rue, comme une évidence

THOMAS LEMAHIEU, GRÉGORY MARIN ET LIONEL VENTURINI

JEUDI, 8 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

De nombreux rassemblements, une centaine en tout, se sont tenus hier soir en France, ainsi qu’à l’étranger, pour refuser la barbarie et affirmer les principes de liberté de la presse et de pluralisme face à la violence.

UNE MARÉE HUMAINE A ENVAHI HIER SOIR LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS ET DES MANIFESTATIONS SE SONT DÉROULÉES EN FRANCE ET EN EUROPE.

PHOTO PATRICK NUSSBAUM

Comme une évidence. Des rassemblements dans de nombreuses villes de France, ainsi qu’à l’étranger comme Rome, Berlin ou Québec, une centaine en tout, se sont tenus hier dans une réponse immédiate et collective, sans souci d’appartenance, à l’assassinat de journalistes, employés du magazine, et policiers. À Paris, dès 17 heures, c’est la place de la République qui a été choisie, une évidence encore, pour abriter les rassemblements à l’appel de syndicats de journalistes, de confédérations, de partis – à l’exception du FN qui n’appelait pas aux rassemblements –, d’organisations de jeunesse… L’Humanité, comme d’autres titres de la presse, a appelé « l’ensemble des salariés disponibles à participer au rassemblement en hommage aux victimes du massacre », sous la banderole du journal.

« Vous ne nous musellerez pas »

La nuit tombe sur la République, à quelques centaines de mètres du siège de Charlie Hebdo. À 17 heures, hier après-midi, des centaines de citoyens sont déjà massés autour de la bouche de métro. L’appel a circulé sur les réseaux sociaux, bravé la préfecture de police de Paris déconseillant tout rassemblement tant que les trois tueurs sont en fuite. Certains ont imprimé sur des feuilles volantes le slogan « Je suis Charlie », né lui aussi sur les réseaux sociaux, sur fond noir. Des unes de Charlie, bricolées vite fait en pancartes. Des journalistes brandissent leurs stylos ou des feutres de dessin, ajoutant parfois leurs cartes de presse. Du défi dans le geste, « vous ne nous musellerez pas ». Il règne un grand silence sur toute la place. Sidération dans la foule qui gonfle. Beaucoup se racontent l’instant où ils ont appris la nouvelle. Avec qui ils étaient, ce qu’ils faisaient. « Et elle me dit : “Tu as entendu ce qui est arrivé à Charlie ?” » Une retraitée raconte comment elle n’a pas hésité une seconde : « J’achetais très rarement le journal, mais quand on s’attaque à l’humour et à la liberté de la presse, je ne pouvais pas ne pas être présente. » Au fil des minutes, le rassemblement s’étend encore jusqu’à remplir toute la place de la République et déborde sur les avenues et boulevards adjacents. Le silence se rompt subitement. « Charlie, Charlie », scande le rassemblement. « Liberté d’expression », répondent de petits groupes. Et les applaudissements nourris, longs et graves, remplissent la place de la République. Tous, engagés ou pas, syndicalistes ou non, ont exprimé, à l’instar des délégués syndicaux de notre rédaction, SNJ-CGT et SNJ, leur « solidarité avec le personnel de Charlie Hebdo ». Ailleurs dans la capitale, au Palais de Tokyo, des artistes bombent un énorme « Je suis Charlie », affirmation muette de ralliement. Ailleurs en France, c’est la même gravité qui s’impose. À Avignon, une Marseillaise est entonnée place de l’Horloge, « les larmes nous gagnent », twitte un habitant. « Impossible d’accéder place des Terreaux » en raison de la foule, relève un Lyonnais. Dix mille personnes à Lyon, autant à Toulouse ; une présence rare et forte. Dans la capitale, de nombreux responsables politiques sont là, des élus témoignant, écharpe en bandoulière, de la teneur voulue de ce rassemblement. Des responsables syndicaux aussi. À 18 heures, la place est noire de monde, la circulation coupée. Et cette foule toujours grave, dense et unie. Debout.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 20:52

Mercredi 7 janvier 2015

L'UKRAINE, FER DE LANCE DU FASCISME EN EUROPE ?!

Marche aux flambeaux fasciste à Kiev pour le Nouvel an : 5 000 manifestants celebrent le collaborateur ukrainien Bandera

Marche aux flambeaux fasciste à Kiev pour le Nouvel an : 5 000 manifestants celebrent le collaborateur ukrainien Bandera

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

L'Europe nouvelle est en marche à Kiev. Elle défile dans des marches aux flambeaux, célèbre les héros de la collaboration avec le nazisme, exacerbe le nationalisme tout en prêtant allégence à une Europe capitaliste qui détruit le cadre national qui rend possible la résistance à ce nouvel ordre barbare. L'Ukraine constitue une maquette effrayante de l'Europe nouvelle.

Selon les organisateurs, ils étaient 5 000. Pour la police, entre 2 et 3 000. Les images de la fête du Nouvel an à Kiev sont loin de la légèreté du reste du monde. Point de confettis, de lunettes, de voeux aussitôt oubliés, mais de bien pesants portraits, drapeaux, torches, slogans.

Une insoutenable pesanteur pour fêter le 106 ème anniversaire de Stepan Bandera, dont le portrait est brandi par les manifestants, éclairé par les torches qui donnent à la scène un effrayant parallèle avec d'autres temps et lieux de l'histoire.

L'Ukraine aux Ukrainiens, Bandera, reviens ! : l'Europe nouvelle en marche

Considéré par les nationalistes comme un héros national, l'anti-communisme de Bandera couplé à sa russophobie et son anti-sémitisme dans son nationalisme intégral l'a conduit à collaborer avec les Nazis en 1941, et à organiser des pogroms de vaste ampleur à la tête de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN).

Ce 1er janvier, les drapeaux bleus et jaunes (ceux de l'Ukraine, avant de l'OUN, maintenant arborés par le parti fasciste Svoboda) cotoient les bannières rouge et noir (celle de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne de Bandera après 1941, aujourd'hui de la formation néo-nazie Secteur droit).

Les slogans ne souffrent guère d'ambiguité sur la teneur de la marche :"l'Ukraine aux Ukrainiens", "Bandera reviens, et remets de l'ordre dans tout cela!", ainsi que le désormais habituel : "Gloire à l'Ukraine, gloire aux héros!".

Le slogan, qui avait celui de Bandera et qui a été repris par les indignés à crânes rasés de Maidan.

"Nous allons gagner cette juste guerre. Dieu est avec nous" (Porochenko)

Le leader de Svoboda, Oleg Tyanhybok ne s'y est pas trompé. Avant le défilé, il confiait à la presse ukrainienne que "le gouvernement actuel est venu au pouvoir avec les slogans de Bandera, il doit maintenant suivre ses idées".

Tyanhybok a aussi réclamé que Bandera soit rétabli dans le titre de "héros national ukrainien". Un titre que lui avait octroyé Iouchtchenko en 2010 et qui avait été retiré par Ianoukovitch en 2013, quelques semaines avant qu'íl soit renversé.

La marche aux flambeaux avait comme un parfum de procession, les slogans reflétaientun esprit de croisade.

Ce ne sont pas seulement les "Gloire à la nation, mort à l'ennemi!" entendus dans le cortège, mais aussi les récurrents appels à lutter contre Moscou, souvent rapproché dans la rhétorique de Svoboda au judéo-moscovisme.

Même le président-roi du chocolat Porochenko, lors de son message du Nouvel an a lancé un appel mystique : "Nous allons bien gagner cette guerre patriotique car elle est juste, pour nous. La vérité est de nôtre côté. Dieu est avec nous".

Gott mit uns. Ce genre de proclamations a de quoi faire frémir ce qui garde une conscience historique. La Russie s'est empressée de dénoncer le défilé, alors qu'un journaliste russe s'est fait agressé par les manifestants à Kiev.

"Quelque chose de pourri en Ukraine, en Europe" pour le président tchèque

Ainsi, l'envoyé russe pour les droits de l'Homme au Ministère des Affaires étrangères Konstantin Dolgov : "Les marches aux flambeaux en Ukraine démontrent quón continue à avancer sur la voie nazie ! Et c'est au coeur de l'Europe civilisée".

Compte tenu de ses intérêts géopolitiques, c'est de bonne guerre. Cela n'empêche pas la Russie de soutenir des forces d'extrême droite dans certains pays d'Europe.

Même le président tchèque, Milos Zeman, a exprimé ses doutes sur ce qui se passe en Ukraine, en des termes forts. Pour lui, la marche aux flambeaux de Kiev lui rappelle l'Allemagne d'Hitler. Et pour lui il y a quelque chose de "pourri" dans le fait que ni l'Ukraine ni l'UE ne la condamne.

"Il y a quelque de chose de pourri en Ukraine", confiait-il à la radio F1 : "J'ai vu cette vidéo de la manifestation à Kiev, et les manifestants brandissaient des portraits de Stepan Bandera. Cela m'a rappelé Reinhard Heydrich".

Heydrich était un des architectes de l'Holocauste et Gouverneur du Reich pour les territoires correspondant à l'actuelle République tchèque.

"La parade même était organisée à la manière des marches aux flambeaux nazies, avec les participants qui criaient : 'Morts aux Polonais, aux Juifs et aux communistes sans pitié", a développé Zeman.

Le président tchèque concluait en soulignant qu'il y avait quelque chose de pourri dans le fait que l'Union européenne ne condamne pas ces actions : "N'oubliez pas que Bandera est considéré comme un héros national en Ukraine, son image flotte à Maidan, sa statue se trouve à Lvov. En réalité, c'était un assassin de masse".

L'anti-communisme, vecteur privilégié pour la réhabilitation des collabos

Un même scepticisme se retrouvait dans les mots des responsables du Centre Simon Wiesentahl (CSW). Pour le directeur du Bureau de Jérusalem, Ephraim Zuroff :

"Les responsables de l'Holocauste sont les dernières personnes sur terre qui méritent d'être glorifiées, peu importe leurs vertus nationalistes. Ce phénomène, si courant dans l'Europe de l'est post-communiste, en particulier en Ukraine et dans les pays baltes, montre clairement que ces pays ne remplissent pas pleinement les obligations d'une véritable démocratie."

Le Centre Simon Wiesentahl développe l'analyse en dénoncant une marche qui est un bon exemple de trois phénomènes séparés :

"la dissimulation ou la minimisation du rôle des collaborateurs nazis locaux dans les crimes de l'Holocauste ; la promotion d'une équivalence entre crimes nazis et crimes communistes ; et glorification des combattants de la liberté anti-communistes (les nouveaux héros de ces pays), qui étaient des collaborateurs locaux, participant aux crimes de la Shoah".

L'anti-sémitisme viscéral de ces formations d'extrême-droite ne les empêche pas de trouvercomme un de leurs principaux soutiens financiers le millardaire israélo-ukrainien Igor Kolomoiksy – qui se revendique comme juif dans l'espace public –, bailleur de Secteur droit comme des formations para-militaires néo-nazies en Ukraine orientale.

Tel-Aviv a même mis en place une "ligne ouverte" avec ces formations pour dialoguer avec les forces d'extrême droite et désamorcer leur anti-sémitisme, ou mieux, le distinguer de l'anti-sionisme.

Cela a visiblement plutôt marché. Lors de l'offensive israélienne sur Gaza, l'organisation néo-nazie Secteur droit a organisé des rassemblements en solidarité avec ... l'Etat israélien. Anti-sémitisme et pro-sionisme peuvent décidément aller de pair.

Il y a quelque chose de pourri en Ukraine. Il y a surtout quelque chose de pourri en Europe. Les mots du président tchèque résonnent comme un avertissement lucide au vu de la dérive droitière, chaque jour plus manifeste en Ukraine.

Mercredi 7 janvier 2015

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 12:47

 

 

EN DÉBAT

MARIE-GEORGE BUFFET

MICHEL GODET

LIÊM HOANG NGOC

FREDERIC BOCCARA

Ce qui nous attend et ce que nous voulons pour l'année 2015

politique économique et sociale

LUNDI, 5 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

Par Marie-George Buffet, députée Front de gauche, Michel Godet, membre de l’Académie des technologies et essayiste (1), Liêm Hoang Ngoc, membre du bureau national du PS et Frédéric Boccara, membre du conseil national du PCF.

 

Marie-George Buffet : "Nous sommes nombreux à penser que l’engagement politique n’a de sens que s’il fait tomber les murs et vise à faire vivre tous les possibles ! Alors si en 2015 on se bougeait ? "

Photo : Joël Saget/AFP

  • "Et si de nouveau, on rêvait" par Marie-George Buffet, députée Front de gauche

Espérer, rêver, imaginer, créer, progresser, construire : ces mots, les libéraux de tous bords, les mal penseurs experts de l’austérité ont presque réussi à les éradiquer, tant la politique avec eux se conjugue avec régression et conservatisme. D’alternance en alternance, la gauche s’est décomposée, la droite s’est extrémisée. Le débat politique n’est plus un débat de valeurs, n’est plus un débat sur un projet de société, mais une opération de calcul mental se résumant à plus ou moins 3 % de déficit public. Les fondements de notre République, Liberté, Égalité, Fraternité, sont calibrés au minimum dans les carcans de l’économie de marché et des directives européennes. Tout ce qui a fondé l’espérance et le combat de générations, changer le quotidien et bâtir des jours meilleurs, est aujourd’hui tu. Le mot salaire est banni, le mot coût règne. Le travail est malmené par la flexibilité et la compétitivité devenues cultes. Le mot révolution est jeté aux oubliettes de l’histoire, le pragmatisme est la référence. Des hommes et des femmes de par le monde peuvent subir les pires dominations, les pires violences, peu importe si la planète de la finance tient !

Mais tient quoi ? Quel est le sens d’un monde où la seule vision serait d’acheter au plus bas prix le travail des êtres humains pour le revendre au plus bas prix à d’autres de moins en moins rémunérés ? Un monde où les marchés du gaz, du pétrole ou de l’uranium feraient office de cache-misère des droits humains ou du développement durable. Alors, on me demande de parler de ce qui nous attend en 2015 ? Les sondages nous ont déjà suggéré une réponse, les scores de l’UMP et du FN seront conséquents et la gauche va continuer à perdre. En 2017, le pire est à craindre… Sortez les mouchoirs, braves gens et laissez les experts en austérité travailler !

Désolée ! Je n’ai pas envie de regarder passer l’enterrement de l’espoir. Et je crois ne pas être la seule. Nous sommes nombreux à penser que l’engagement politique n’a de sens que s’il fait tomber les murs et vise à faire vivre tous les possibles ! Alors si en 2015 on se bougeait ? En 1789, les révolutionnaires ont construit la République en liant mobilisations populaires et lois, un travail gigantesque qui dit que tout est permis lorsqu’un peuple et ses représentants le veulent. En Grèce, en Espagne, de nouvelles alternatives se lèvent, la France peut relever ce défi ! Redonner du sens à la politique, c’est l’exigence pour 2015, cela veut dire repositionner le débat et donc notre combat, sur la société que nous voulons pour demain. C’est un appel à une mobilisation citoyenne qui, de luttes sociales et de mobilisations féministes aux combats pour les droits des êtres humains, doit envahir le débat d’idées et déferler dans les rues. La rue occupée tous ces derniers temps, par les forces de la réaction et du grand capital, les idées rétrogrades ont battu le pavé ! Alors, si j’ai une envie pour 2015, c’est que le peuple construise des barricades, des barricades d’idées, de luttes, et les conforte par le suffrage universel. Alors, si j’ai une envie pour 2015, c’est que ses représentant-e-s soient à la hauteur et aient le courage de combattre frontalement la réaction dans tous les domaines sans tergiverser. Alors, sortons, sortons du schéma politique actuel et œuvrons, car communistes, à une alternative de gauche avec un nouvel élan pour le Front de gauche. « Il est grand temps de rallumer les étoiles », a dit Guillaume Apollinaire, c’est mon espoir et mon combat comme députée du Front de gauche.

  • « Oui à l’économie de marché ! » par Michel Godet, membre de l’Académie des technologies et essayiste (1)

Notre pays est mal dans sa peau. Le pessimisme vis-à-vis de l’avenir tout comme le rejet de l’économie de marché font partie de l’exception française et ne datent pas de la crise de 2008-2014. Cela fait vingt ans que, dans les enquêtes européennes, la moitié des Français déclarent avoir peur de tomber dans l’exclusion. Pour ma part, je reste confiant face à l’avenir malgré les imperfections de notre économie de marché et la montée choquante des inégalités (moins en France qu’ailleurs), malgré les dérives, bien réelles, de la finance internationale. En effet, les facteurs de développement sont d’abord endogènes et il est possible d’avoir moins de 5 % de chômeurs comme en Allemagne ou en Suisse et même en France comme dans le pays de Vitré, le Choletais vendéen, dans l’Ain ou dans le Cantal. Les clés de ces succès sont à la portée de tous : volonté et compétence des élus, attractivité des territoires, qualité de vie et de logement, mixité sociale, inégalités pas trop fortes. Ces bonnes nouvelles ne suffisent pas à faire oublier le triste sort des plus démunis face à l’arrogance des nantis, de leurs privilèges économiques et statutaires, et à l’ignorance des réalités économiques où est tenue une bonne partie de population. La France a vécu depuis trente ans au-dessus de ses moyens, sous perfusion de la dette qu’il faudra bien rembourser en se mettant à la diète. En 2015, comme en 2014, on va vivre en empruntant 4 % de PIB, soit dix fois plus que la croissance réelle de ce même PIB (0,4 %) ! Obtenir une croissance de 1 % ne changera pas la réalité : le PIB par habitant continuera de baisser de 0,2 % par an, comme il le fait depuis 2008.

Dans ces conditions, nul besoin d’être prophète pour annoncer que la croissance molle des cheveux gris ne suffira pas à faire reculer le chômage qui va encore augmenter en 2015. Comment sortir de cette impasse ? La réponse est bien du côté de la politique de l’offre compétitive qu’entend mener le gouvernement Valls pour partir à la conquête des marchés émergents. Cette deuxième gauche réaliste, sociale-libérale et malheureusement minoritaire dans son camp, a compris que c’est l’entrepreneur et l’innovation qui créent l’activité, la richesse et l’emploi. Elle sait que le coût du travail trop élevé tue l’emploi, que si les marges de rentabilité de nos entreprises sont faibles, il n’y a plus d’investissement ni de financement de l’innovation compétitive. Certains parmi la gauche de la gauche pensent qu’il suffirait de faire payer encore plus les riches ! 90 % des Français trouvent l’idée sympathique. Mais ils oublient que le 1 % des ménages les plus riches paient 30 % l’impôt sur le revenu. Aussi, lorsqu’ils partent, ceux qui sont restés doivent se partager des impôts supplémentaires.

Suggérons une bonne résolution pour 2015 : incitons nos riches expatriés à revenir et développons la contagion du don chez eux afin d’améliorer l’état de nos finances publiques. Autant de marché que possible, mais autant d’État que nécessaire. C’est dire plus de marché où l’on en manque comme dans les monopoles sclérosés, mais aussi plus d’État stratège quand le long terme est en jeu. Car le marché est myope face au long terme. La Chine a montré l’efficacité de l’économie autoritaire de marché et Cuba la misère de l’économie autoritaire sans marché. La France a besoin d’un État plus fort pour permettre l’épanouissement de l’économie de marché tout en la maîtrisant. La formule de Lionel Jospin : « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché » est plus que jamais d’actualité.

(1) Dernier ouvrage : Libérez l’emploi, pour sauver les retraites, éditions Poche Odile Jacob.

  • "Une bataille ultime pour éviter le pire" par Liêm Hoang Ngoc, membre du bureau national du PS

L’année 2015 sera celle de la dernière chance de la mandature Hollande, dont le bilan est loin d’être globalement positif. La réforme bancaire a été faite de manière minimaliste : les banques universelles continueront à couvrir les risques pris dans le cadre de leurs activités de « tenue de marché » par nos dépôts. La réforme fiscale a été vouée aux gémonies : il n’y aura pas de grand impôt universel sur le revenu assis sur une assiette large. Le « sérieux budgétaire » s’est transformé en un vaste gaspillage budgétaire de 41 milliards de cadeaux fiscaux au Medef. Il fait montre de son incapacité à réduire la dette, à faire revenir la croissance et à inverser la courbe du chômage : la croissance restera d’autant plus faible que les coupes budgétaires pourvues à partir de cette année contrecarreront les effets positifs de la baisse des prix du pétrole et de la baisse de l’euro sur l’activité économique. Le contre-choc pétrolier, matérialisé par la baisse des prix de l’essence, équivaut littéralement pour les ménages à une augmentation de leurs salaires qui stimulera la consommation. La baisse de l’euro par rapport au dollar, provoquée par l’action de la BCE, améliorera la compétitivité des entreprises européennes qui exportent dans le monde. Démonstration est ici faite que deux des dogmes de la pensée unique (l’inefficacité d’une relance de la demande et l’euro fort) étaient des aberrations. Au-delà de la mise au rencart des modestes engagements de campagne, c’est l’agenda que la droite n’avait pas osé mettre en application qui est désormais à l’ordre du jour. Jacques Attali est à nouveau convoqué. De nouveaux chiens de garde font la promotion d’Emmanuel Macron, dont le programme n’est clairement pas socialiste : augmentation du temps de travail, travail du dimanche, mise en cause de la représentation des salariés et de l’expertise des comités d’entreprise, nouvelles cessions d’actifs (synonymes de démantèlement des noyaux durs de nos entreprises stratégiques et du transfert de leur contrôle aux marchés).

Le congrès du PS permettra-t-il enfin à la gauche du PS de démonter la justesse de sa critique ? Cette bataille ultime mérite à l’évidence d’être menée pour éviter le pire. En l’absence de changement de cap, les élections départementales et régionales feront tendre les scores du PS vers ceux du Pasok grec. Quel que soit son candidat, le parti d’Épinay disparaîtra du second tour de l’élection présidentielle de 2017. Son groupe parlementaire sera réduit à la portion congrue. Les dignitaires du PS en sont tellement conscients que de grandes manœuvres se préparent d’ores et déjà en coulisse. Certains préparent un changement dans la continuité en suggérant un ravalement de façade, matérialisé par la nomination du président de l’Assemblée nationale en lieu et place de Manuel Valls après la défaite annoncée aux élections départementales. Un peu de peinture verte serait utilisé pour dessiner un nouveau gouvernement aux apparences écolo-socialistes. Un peu de rose foncé serait même imprimé par la promotion de quelques frondeurs. Cela permettra-t-il, lors des élections régionales, de présenter un visage plus conforme aux attentes déçues des abstentionnistes, dont le cœur est formé par les électeurs socialistes ? Rien n’est moins sûr, compte tenu des ballons d’essai lancés par Macron et les engagements pris par Bercy pour réduire de 50 milliards les dépenses consacrées aux services publics et à la protection sociale d’ici 2017. Que faire en cas d’échec de l’opposition de gauche du PS à insuffler un cours nouveau en 2015 ? Il faudra peut-être suivre l’exemple de nos camarades de la gauche socialiste grecque, qui œuvrent désormais activement à la victoire de Syriza contre la politique imposée par la troïka.

  • "Des alternatives radicales et graduelles" par Frédéric Boccara, membre du conseil national du PCF

L’année 2015 promet d’être rude. C’est aussi l’année des tournants possibles, avec en leur cœur l’enjeu des banques (dont la BCE) et des alliances politiques, sociales, culturelles pour révolutionner cet obstacle qui peut être un levier majeur pour l’emploi, les entreprises et les services publics. Les attaques vont être fortes dans une situation difficile et de crise politique aiguë. Attaques contre le droit du travail, l’emploi, la protection sociale, en France mais aussi une quasi-récession en Europe et la crise qui menace d’éclater avec une suraccumulation encore accrue depuis la crise financière de 2008. Les enjeux internationaux aussi avec la BCE, la possible victoire de nos camarades de Syriza en Grèce, mais aussi le traité transatlantique (Tafta), le climat, sans oublier la géostratégie avec d’une part l’envenimement de conflits (Ukraine, Palestine…) mais d’autre part, outre une éventuelle percée en Grèce, le résultat somme toute anti-islamiste en Tunisie, le nouveau positionnement de la Chine et des autres Brics qui ont créé la Banque de développement pour une alternative au dollar et au FMI, avec des financements ouverts à tous les pays sans conditions sur les politiques appliquées. Il va s’agir de donner du sens à tout cela, en nourrissant des combats politiques, sociaux et d’idées. Pas uniquement des combats en « contre » mais porteurs aussi de propositions précises et immédiates. Pour aussi desserrer la chape de désespérance et de sidération. Pour une année de luttes nouvelles.

Face à l’offensive contre le coût du travail et à l’alliance Valls-Macron-Gattaz-Hollande, il faut dénoncer le coût du capital (banques, dividendes, etc.) et exiger de le faire reculer mais il faut aussi insister sur l’alternative : des dépenses dans les services publics, la recherche et développement, la formation, les salaires et les qualifications. Car il va falloir faire face à quatre fronts. Ceux qui disent que le coût en excès c’est le travail, ceux qui disent que c’est l’étranger, et ces deux-là se rejoignent. Mais il y a aussi les sirènes de la limitation, qui prétendent qu’il faudrait simplement ne pas en faire trop, limiter et compenser les aides au profit, limiter la finance. Cela ne marchera pas. Il faut enclencher vraiment une autre logique. Mais c’est là qu’intervient le quatrième front, du jusqu’au-boutisme, exigeant au nom de la radicalité : tout ou rien. Et donc rien ? Le mûrissement politique peut faire que l’année 2015 soit celle d’une réorientation vers des batailles d’alternatives radicales et graduelles. Par exemple, obtenir qu’une banque prête à taux zéro à une ville, c’est, si on le généralise, révolutionnaire ! Réussir avec les socialistes frondeurs à transiger pour exiger qu’une partie, même petite, de l’argent affecté au CICE serve à baisser le coût des investissements s’ils développent l’emploi et les conditions de travail, ou que la BPI le fasse ! C’est le contraire de ce que veut Gattaz. Trois batailles majeures, mais il y en aura d’autres : les collectivités locales, la BCE, les entreprises. Bataille dans les communes pour que les banques financent leurs services publics au lieu de leur pomper le sang (l’État leur retire certes 1,5 milliard d’euros en 2014 mais les banques leur prennent plus de 2). Une lutte politique majeure dans les départements avec les élections serait l’exigence de créer des fonds nouveaux, anti-capital, forçant les banques à appuyer l’emploi des entreprises. En Europe il est grand temps d’oser dire : « L’argent des Européens, la BCE doit financer les services publics dans toute l’Europe », elle le peut, à taux zéro, avec la proposition d’un nouveau fonds européen.

Ne laissons pas les Grecs seuls ! Enfin, je rêve (?) d’une tout autre organisation du PCF pour impulser la bataille du coût du capital dans les entreprises et dans les territoires face au projet Macron. Les banques, ai-je envie de dire, les banques et une autre utilisation de l’argent au cœur du soutien au capital, mais aussi au cœur de 2015. Pour ouvrir vraiment de toutes autres perspectives jusqu’à la grande exigence de civilisation d’une autre mondialisation : de partages et de biens communs pour toute l’humanité. Un beau nom pour un projet ?

 

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 09:07

L'offense de Hollande à la Résistance
Robert Chambeiron, un des deux survivants du Conseil National de la Résistance est décédé. On vient d'apprendre que le Président de la République ne présidera pas la cérémonie officielle aux Invalides mais enverra Jean-Marc Todeschini secrétaire d'Etat aux anciens combattants. Un signe, symbolique, de plus de l'abandon des idéaux de la Résistance par François Hollande et de sa conversion au libéralisme. Robert Chambeiron, qui n'était pas adhérent du PCF sera inhumé dans le carré du PCF au Père-Lachaise. Ci-dessous le fort appel, CREER C'EST RESISTER, RESISTER C'EST CREER lancé par d'anciens résistants à l'occasion du 60e anniversaire du programme du CNR. Il n'a rien perdu de son actualité.

 
Appel du Conseil National de la Résistance : Résister c'est créer ! Créer c'est résister! Lise London, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Philippe Dechartre, Stéphane Hessel, Maurice...
 
 
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BRUNO FORNACIARI

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