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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 06:35
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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 23:46

des similitudes avec notre époque

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 11:00

Depuis 1959, les États-Unis ont multiplié les actions contre Cuba

JOURNALISTE ET ÉCRIVAIN HERNANDO CALVO OSPINA,

VENDREDI, 19 DÉCEMBRE, 2014

L'HUMANITÉ

Dès les premières victoires de la révolution cubaine, les États-Unis et leur représentant dans l’île, l’ambassadeur Earl T. Smith, manœuvrèrent pour la faire échouer. Depuis, la CIA a multiplié les attentats, les tentatives d’assassinats, les bombardements et les interventions militaires.

17 avril 1961, à cuba. des soldats cubains ont abattu un avion ennemi américain.

Photo : Keystone

Il est difficile de rencontrer quelqu’un qui ne connaisse pas l’image de Che Guevara portant son béret et l’étoile, et qui semble regarder vers l’infini. Très peu de personnes savent que ce regard est celui de l’impuissance et de la douleur. La photographie fut prise le 5 mars 1960, un an et deux mois seulement après le triomphe de la révolution cubaine. Le Che assistait aux funérailles des victimes de l’explosion du navire de guerre français, La Coubre.

Le bateau était arrivé avec 76 tonnes d’armes belges pour défendre la révolution des attaques terroristes qui étaient organisées depuis le territoire états-unien. Le cargo avait été saboté en pleine baie de La Havane. Plus d’une centaine de personnes moururent et environ deux cents furent blessées. Tout indique que cet acte fut préparé par la CIA. Le gouvernement français n’a jamais voulu déclassifier l’information existant sur cet acte terroriste.

On était en pleine guerre froide. Les États-Unis virent dans la révolution cubaine un satellite de l’Union soviétique à 90 kilomètres seulement de leurs côtes. Peu leur importait de constater que Fidel Castro et ses « barbus » avaient triomphé sans aide extérieure. Washington repoussait toute idée de rapprochement politique car désormais, il lui fallait respecter la souveraineté de Cuba. C’est pour cela que le président Eisenhower demanda à la CIA de préparer une stratégie intégrale pour en finir avec la révolution. Le 17 mars 1960, il signa la proposition et nomma le vice-président, Richard Nixon, responsable de son déroulement. Les attaques armées et terroristes s’intensifièrent car il y en avait déjà en cours. Depuis lors, et jusqu’à aujourd’hui, l’agression contre Cuba n’a jamais cessé.

La tentative d’invasion par la baie des Cochons, le 17 avril 1961, est très connue. Presque deux mille mercenaires entraînés, armés et conseillés par l’armée états-unienne et la CIA furent mis en déroute en 70 heures. Ce fut la première défaite militaire de l’histoire des États-Unis (viendra ensuite celle du Vietnam). Cette « humiliation », ainsi que la définira le président John F. Kennedy, transforma en obsession l’agression contre la révolution. Washington a fait payer au peuple cubain son droit à l’indépendance par des milliers de morts et des milliards de pertes économiques.

Une de l'Humanité du 18 avril 1961

Ces actions passaient par la pose de bombes dans des magasins, des théâtres et des centres d’éducation. Elles passaient aussi par des bombardements à base de phosphore blanc sur les raffineries de sucre et les plantations de canne à sucre, pour empêcher l’exportation de ce produit et l’entrée de devises. Des virus furent introduits, qui propagèrent des maladies étranges, laissant invalides des enfants et aveugles des adultes. L’ONU réussit à prouver que des maladies comme la méningite, la conjonctivite et la dengue hémorragique avaient été introduites depuis l’extérieur.

Tout cela fut dénoncé par le gouvernement cubain, qui montrait le responsable et apportait des preuves. Washington a toujours nié, et presque tout le monde le croyait, à commencer par les gouvernements d’Europe occidentale. Les États-Unis se turent même lorsque, en septembre 1984, un agent de la CIA d’origine cubaine reconnut devant un tribunal états-unien qu’il avait introduit des substances biologiques pour propager des maladies parmi la population sur ordre de l’Agence.

Plusieurs fonctionnaires diplomatiques furent blessés ou assassinés dans différents pays. En Argentine, par exemple, deux fonctionnaires ont été torturés, assassinés et leurs corps coulés dans le béton. Ricardo Alarcon, qui fut président du Parlement de Cuba, a échappé à un attentat à la bombe aux États-Unis quand il était diplomate dans ce pays. Les missions diplomatiques ont aussi été l’objectif des terroristes dans plusieurs pays. C’est l’ambassade au Canada qui en souffrit le plus. La délégation de Paris a failli être détruite, mais la bombe explosa dans les mains de l’homme de la CIA, dans un hôtel d’Avrainville. C’était le 3 août 1973. L’action terroriste la plus infâme contre Cuba est sans doute celle du 6 octobre 1976. Deux agents vénézuéliens de l’Agence posèrent une bombe dans un avion de Cubana de Aviacion. Les 73 passagers moururent sur les côtes de la Barbade. Grâce à toute l’information présentée par Cuba aux Nations unies et recueillie auprès de plusieurs gouvernements, on sait que même le Département d’État était au courant que cet acte terroriste se préparait. Les auteurs intellectuels, Luis Posada Carriles et Orlando Bosch, officiers de l’Agence, firent quelques années de prison et revinrent ensuite aux États-Unis. Bien qu’ayant des dettes envers la justice de ce pays et étant recherchés internationalement, ils furent « pardonnés » sur décision présidentielle.

Avec l’effondrement du bloc socialiste, les États-Unis et l’Europe en profitèrent pour resserrer le blocus. Cuba dirigea son économie vers le tourisme et c’est vers ce secteur que se produisirent des attentats terroristes dès 1993. Le 4 septembre 1997, cela déboucha sur l’assassinat, par bombe, du jeune Italien Fabio di Celmo. Plusieurs Centraméricains furent arrêtés. Ceux-ci ont avoué que Luis Posada Carriles les avait recrutés. Quand le New York Times a interviewé Posada, celui-ci ne l’a pas nié, et a de plus déclaré que la Fondation nationale cubano-américaine avait donné l’argent. La Fondation avait été créée par le Conseil national de sécurité de Ronald Reagan…

En décembre 2011, Fidel Castro est entré dans le livre Guinness des records comme « la personne qu’on a le plus souvent tenté d’assassiner ». De 1959 à l’année 2000, il a subi 638 projets et tentatives d’assassinat, en grande partie menés par la CIA. Et… le 6 mai 2014, les autorités cubaines ont annoncé l’arrestation de quatre résidents aux États-Unis. Ils ont reconnu qu’ils cherchaient à attaquer des installations militaires dans l’objectif de provoquer des actions violentes. Ces personnes étaient sous les ordres de Cubano-Américains, hommes de la CIA… N’oublions pas que la CIA est sous commandement direct du président des États-Unis.

Repères

  • 2 décembre 1956. Le bateau Granma, transportant 82 guérilleros du Mouvement du 26 juillet, aborde Cuba.
  • 31 décembre 1958. Batista s’enfuit à Saint-Domingue.
  • 4 mars 1960. Le bateau français La Coubre est saboté dans le port de La Havane.
  • 17 avril 1961. Tentative d’invasion par la baie des Cochons.
  • 6 octobre 1976. Une bombe dans un avion de Cubana de Aviacion provoque la mort des 73 passagers à La Barbade.
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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 08:22
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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 03:54
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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 16:31

Les déclarations de patrimoine d'Emmanuel Macron et des autres ministres ont été publiées

Le HuffPost | Par Alexandre Boudet

  • Publication: 23/12/2014

PATRIMOINE - Il en va ainsi après chaque remaniement, depuis l'affaire Cahuzac. Dans un délai d'un mois, normalement, les déclarations de patrimoine des membres du gouvernement sont publiées par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Cette fois-ci, le délai a été un peu plus long, et c'est vendredi 19 décembre que la HATVP a diffusé les copies rendues par les ministres arrivés à la fin de l'été. (voir diaporama à la fin de l'article)

Parmi elles, celles de Thierry Mandon, Alain Vidalies, Pascale Boistard, Myriam El Khomri, Mathias Fekl, Patrick Kanner. Mais surtout celle d"Emmanuel Macron, ministre de l'Economie dont le passé de banquier a souvent été critiqué par ses adversaires politiques. Au moment de sa nomination, le successeur d'Arnaud Montebourg avait dévoilé le montant de ses salaires à l'époque, avant de rejoindre l'Elysée et un poste de secrétaire général adjoint. A l'Express, il expliquait alors qu'il avait touché près de deux millions d'euros mais qu'il n'était pas assujetti à l'ISF.

Impossible de confirmer la deuxième partie de cette affirmation dans les documents publiés mais la première partie est corroborée par sa déclaration d'intérêts, livrée en même temps que sa déclaration de patrimoine. De 2009 à 2012, il a touché 2,89 millions d'euros. À ces revenus bruts, il faut retirer les charges dont il s'acquittait; en tant qu'associé gérant, il était soumis au régime des indépendants.

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Un appartement de 83m² à Paris

À la lecture de sa déclaration de patrimoine, on apprend qu'Emmanuel Macron possède un appartement de 83m² avec terrasse acquis en 2007 dans la capitale; il est évalué à un peu plus de 900.000 euros. Le ministre de l'Economie détient également plusieurs comptes, plans épargne et assurance-vie pour des montants supérieurs à 200.000 euros.

Mais le document consultable ici montre aussi que le ministre à les capacités de s'endetter. Au moment de remplir sa déclaration, en septembre, il déclarait un peu plus d'un million d'euros de prêts à rembourser. Enfin, il dit avoir acheté d'occasion en 2005 un coupé-cabriolet Volkswagen Eos aujourd'hui estimé à 6000 euros.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 16:02

Le laboratoire grec

« Notre solution pour l’Europe »

Le 3 janvier, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) concédait qu’une « erreur » avait conduit l’institution à sous-estimer l’impact négatif des mesures d’austérité qu’elle prône par ailleurs. Ce faisant, il apportait une caution inattendue à l’analyse que présente ici M. Alexis Tsipras, porte-parole de Syriza, la principale force de la gauche grecque.

par Alexis Tsipras, février 2013

Février 1953. La République fédérale d’Allemagne (RFA) croule sous les dettes et menace d’entraîner l’ensemble des pays européens dans la tourmente. Préoccupés par leur propre salut, ses créanciers — dont la Grèce — prennent acte d’un phénomène qui n’a surpris que les libéraux : la politique de « dévaluation interne », c’est-à-dire la réduction des salaires, n’assure pas le remboursement des sommes dues, au contraire.

Réunis à Londres au cours d’un sommet exceptionnel, vingt et un pays décident de réévaluer leurs exigences à l’aune des capacités réelles de leur partenaire à faire face à ses obligations. Ils amputent de 60 % la dette nominale cumulée de la RFA et lui accordent un moratoire de cinq ans (1953-1958), ainsi qu’un délai de trente ans pour rembourser. Ils instaurent également une « clause de développement » autorisant le pays à ne pas consacrer au service de la dette plus d’un vingtième de ses revenus d’exportation. L’Europe vient de prendre le contre-pied du traité de Versailles (1919), jetant les fondations du développement de l’Allemagne de l’Ouest après la guerre.

C’est précisément ce que la Coalition de la gauche radicale grecque (Syriza) propose aujourd’hui : procéder à rebours des petits traités de Versailles qu’imposent la chancelière allemande Angela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schäuble aux pays européens endettés, et nous inspirer de l’un des plus grands moments de clairvoyance qu’ait connus l’Europe d’après-guerre.

Les programmes de « sauvetage » des pays d’Europe du Sud ont échoué, creusant des puits sans fond qu’on invite les contribuables à tenter de remplir. Parvenir à une solution globale, collective et définitive du problème de la dette n’a jamais été aussi urgent. Et l’on comprendrait mal qu’un tel objectif soit escamoté de façon à assurer la réélection de la chancelière allemande.

Dans ces conditions, l’idée avancée par Syriza d’une conférence européenne sur la dette, sur le modèle de celle de Londres sur la dette allemande en 1953, représente, selon nous, la seule solution réaliste et bénéfique pour tous : une réponse globale à la crise du crédit et au constat de l’échec des politiques menées en Europe.

Voici donc ce que nous demandons pour la Grèce :

— une réduction significative de la valeur nominative de sa dette publique cumulée ;

— un moratoire sur le service de la dette, afin que les sommes conservées soient affectées au redressement de l’économie ;

— l’instauration d’une « clause de développement », afin que le remboursement de la dette ne tue pas dans l’œuf le redressement économique ;

— la recapitalisation des banques, sans que les sommes en question soient comptabilisées dans la dette publique du pays.

Ces mesures devront s’adosser à des réformes visant à une plus juste répartition des richesses. En finir avec la crise implique en effet de rompre avec le passé qui a permis de l’engendrer : œuvrer à la justice sociale, à l’égalité des droits, à la transparence politique et fiscale, bref à la démocratie. Un tel projet ne pourra être mis en œuvre que par un parti indépendant de l’oligarchie financière, cette poignée de chefs d’entreprise qui ont pris l’Etat en otage, d’armateurs solidaires entre eux et — jusqu’en 2013 — exemptés d’impôt, de patrons de presse et de banquiers touche-à-tout (et en faillite) qui portent la responsabilité de la crise et s’efforcent de maintenir le statu quo. Le rapport annuel 2012 de l’organisation non gouvernementale (ONG) Transparency International désigne la Grèce comme le pays le plus corrompu d’Europe.

Cette proposition constitue à nos yeux la seule solution, à moins de se satisfaire du gonflement exponentiel de la dette publique en Europe, où elle dépasse déjà, en moyenne, 90 % du produit intérieur brut (PIB). C’est ce qui nous rend optimistes : notre projet ne pourra pas être rejeté, car la crise ronge déjà le noyau dur de la zone euro. La procrastination n’a d’autre conséquence que d’accroître le coût économique et social de la situation actuelle, non seulement pour la Grèce, mais également pour l’Allemagne et pour le reste des pays ayant adopté la monnaie unique.

Pendant douze ans, la zone euro — inspirée des dogmes libéraux — a fonctionné comme une simple union monétaire, sans équivalent politique et social. Les déficits commerciaux des pays du Sud constituaient l’image renversée des excédents enregistrés au Nord. La monnaie unique a par ailleurs servi l’Allemagne, en « refroidissant » son économie après la coûteuse réunification de 1990.

Briser, enfin, la collusion entre milieux
politiques et économiques

Mais la crise de la dette a bouleversé cet équilibre. Berlin a réagi en exportant sa recette de l’austérité, ce qui a aggravé la polarisation sociale au sein des Etats du Sud et les tensions économiques au cœur de la zone euro. Apparaît désormais un axe Nord-créditeurs / Sud-débiteurs, nouvelle division du travail orchestrée par les pays les plus riches. Le Sud se spécialisera dans les produits et les services à forte demande de main-d’œuvre avec des salaires planchers ; le Nord, dans une course à la qualité et à l’innovation, avec, pour certains, des salaires plus élevés.

La proposition de M. Hans-Peter Keitel, président de la Fédération allemande de l’industrie (BDI), dans un entretien accordé au site Internet du Spiegel, visant à transformer la Grèce en « zone économique spéciale » (1) révèle le véritable objectif du mémorandum (2). Les mesures prévues par ce texte, dont la portée s’étend au moins jusqu’en 2020, se soldent par un échec retentissant, que reconnaît désormais le Fonds monétaire international (FMI). Mais, pour ses concepteurs, l’accord a l’avantage d’imposer une tutelle économique à la Grèce, qu’il ramène au rang de colonie financière de la zone euro.

Son annulation constitue donc le préalable à toute sortie de crise : c’est le médicament qui est mortel et non la dose, comme le suggèrent certains.

Il faudra par ailleurs s’interroger sur les autres causes de la crise financière en Grèce. Celles qui conduisent au gaspillage de l’argent public n’ont pas changé : le coût de construction de routes au kilomètre le plus élevé d’Europe, par exemple ; ou encore la privatisation des autoroutes en guise de « prépaiement » de nouveaux axes… dont la construction a été interrompue.

L’extension des inégalités ne saurait être réduite à un effet secondaire de la crise financière. Le système fiscal grec reflète la relation clientéliste qui unit les élites du pays. Telle une passoire, il est criblé d’exemptions et de passe-droits taillés sur mesure pour le cartel oligarchique. Le pacte informel qui, depuis la dictature, soude le patronat et l’hydre à deux têtes du bipartisme — Nouvelle Démocratie et Mouvement socialiste panhellénique (Pasok) — en scelle le maintien. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Etat renonce aujourd’hui à obtenir les ressources dont il a besoin par l’impôt, lui préférant la réduction continuelle des salaires et des retraites.

Mais l’establishment — qui a survécu de justesse aux élections du 17 juin (3), en semant la peur quant à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro — vit sous l’assistance respiratoire d’un second poumon artificiel : la corruption. La difficile tâche consistant à briser la collusion entre milieux politiques et économiques — une question qui ne concerne pas que la Grèce — constituera l’une des priorités d’un gouvernement populaire conduit par Syriza.

Nous réclamons donc un moratoire sur le service de la dette pour changer la Grèce. Faute de quoi, toute nouvelle tentative d’assainissement financier fera de nous autant de Sisyphes condamnés à l’échec. A ceci près que, cette fois, le drame ne concerne plus seulement l’antique cité de Corinthe, mais l’Europe dans son ensemble.

Alexis Tsipras

Dirigeant de la Coalition de la gauche radicale grecque (Syriza)

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 07:42

Comme à Béziers (FN), le Maire UMP de Villejuif efface l’Histoire. Le parvis Georges Marchais disparait.

Monsieur le Maire,

Ainsi donc nous voici réunis ici ce soir pour tenter d’effacer 24 ans de vie des Villejuifois en débaptisant le parvis Georges Marchais. N’en doutons pas, c’est un acte identificateur de votre conception de la démocratie, des usages et valeurs de la République et du travail de mémoire.

C’est d’autant plus symbolique de votre façon de penser et d’agir rétrograde, à contre-courant de l’histoire, que votre délibération qui divise les villejuifois, intervient le jour même où se tourne la dernière page de la guerre froide avec l’annonce du rétablissement des relations diplomatiques entre les USA et Cuba et la fin programmée du blocus américain autour de l’île caribéenne mis en place il y a plus de 50 ans.

Déguisés en « Union citoyenne », vous niez que des citoyens aient pu élire durant 4 mandats un député communiste. Cela vous déplait tant que vous n’hésitez pas – au moment où notre peuple souffre – à concentrer toute votre énergie sur ce qui semble être votre priorité.

Dont acte ! Vous êtes donc de la famille de ceux qui repeignent les monuments en bleu quand ils gagnent une élection, débaptisent une rue, extirpent de la vue publique tout ce qui fait l’histoire et l’intelligence des Hommes.

Une nouvelle fois vous faites la démonstration de votre sectarisme et de votre méconnaissance de Villejuif et de l’histoire en général.

Puisque vous voulez effacer la mémoire des villejuifois, laissez-moi vous instruire un peu.

Vous instruire d’abord sur le lieu et le nom de Georges Mathé.

Apprenez que Georges Mathé était un homme de droite, un gaulliste et Georges Marchais était un communiste. Ils ont travaillé main dans la main ensemble pour faire de Paul Brousse ce grand hôpital où la recherche et les soins sont de pointe. Peu de temps avant de décéder, Georges Mathé rendait hommage à ses deux amis : Jacques Chirac et Georges Marchais. L’un et l’autre avaient joué un rôle important pour soutenir, développer et porter une haute conception du service public de la recherche.

Georges Mathé et Georges Marchais entretenaient une relation faîte de respect et d’amitié née d’engagements en commun pour Paul Brousse, d’une conception de la France et de son indépendance dans tous les domaines.

Vous instruire ensuite sur les Villejuifois et leur député.

Sachez que je n’ai pas connu comme adulte Georges Marchais. Mais il fait partie de la mémoire commune, et donc de la mienne, nourrie de ces histoires que les Villejuifois aiment à raconter. Ils en sont fiers. Elu puis réélu à 6 reprises, pendant 24 ans son opiniâtreté à défendre une population qu’il aimait et respectait tant, en veillant particulièrement au sort réservé aux plus humbles, avait fait de lui un homme politique populaire, un élu respecté de tous.

La liste serait trop longue s’il fallait citer toutes les actions engagées durant ces 24 années mais les Villejuifois, que vous méprisez au point de les inviter à aller vivre loin d’ici, gardent en mémoire les batailles pour l’emploi, celles pour les services publics, singulièrement pour défendre et promouvoir les hôpitaux, celles encore pour le métro ou pour le droit à la sécurité avec notamment l’exigence d’un commissariat de plein exercice sur notre commune. (contrairement à ce que vous prétendiez précédemment)

Ce sont également les luttes contre les saisies et les expulsions locatives. Nous nous souvenons nous que la première saisie empêchée physiquement en France eut lieu à la Cité Alexandre Dumas en novembre 76 sous l’impulsion et en présence de Georges Marchais. Elle fut le point de départ d’une vaste bataille contre les saisies, les expulsions locatives, les coupures d’eau et d’électricité.

Ces luttes restent d’actualité malheureusement aujourd’hui et le seront certainement de plus en plus avec la politique d’exclusion sociale que vous comptez mener pour changer la population de Villejuif.

Comment ne pas faire ce parallèle, Monsieur le Maire, entre votre volonté d’offrir Villejuif aux spéculateurs de l’immobilier et votre volonté de décrocher la plaque d’un député qui a toujours combattu les forces de l’argent ?

Monsieur le Maire,

Messieurs et mesdames les Villejuifois

Il est de tradition dans notre République d’honorer après leur disparition les élus de la Nation qui se sont dévoués à l’intérêt général. Ainsi, en son temps, le Maire communiste que fut Pierre-Yves Cosnier n’eut aucune réticence à donner à une des places les plus passantes de Villejuif le nom de Charles de Gaulle, pourtant d’une sensibilité politique radicalement opposée à la sienne.

Alors, si vous voulez, Monsieur Le Bohellec, persister dans cette voie du déshonneur, vous n’êtes pas au bout de vos peines.

La liste est très longue, dans notre ville, des rues, édifices, équipements qui portent le nom de personnalités issues des forces progressistes ayant impulsé une politique de réalisations sociales, humaines, démocratiques :

Paul Vaillant-Couturier, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Salvador Allende, Louis Dolly, Georges Le Bigot, Auguste Delaune, Nelson Mandela etc.

Eux sont l’honneur de notre ville, beaucoup de Villejuifois le reconnaissent, quelles que soient par ailleurs leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses.

En apprenant votre volonté révisionniste, déjà les messages affluent de France et d’ailleurs. Comme ce message de l’African National Congress qui s’émeut du sort que vous voulez réserver à celui qui, en France, fut l’un des tous premiers à se joindre à Marie-Claude Vaillant-Couturier, initiatrice de la lutte pour la libération de Nelson Mandela et contre l’apartheid. Nelson Mandela rendra d’ailleurs hommage à Georges Marchais dans un message lors des ses obsèques en 1997.

Il n’est pas trop tard, Monsieur Le Bohellec, pour que vous remisiez votre sectarisme au fin fond de votre boîte à provocations anti-démocratiques. Respectez les Villejuifois ! Respectez leur histoire ! Respectez les hommes et les femmes qu’ils ont démocratiquement élus pour les représenter !

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BRUNO FORNACIARI

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