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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 07:27

Villejuif : forte mobilisation populaire pour rendre sa place à Georges Marchais

EUGÉNIE BARBEZAT

LUNDI, 22 DÉCEMBRE, 2014

Plus de 500 personnes étaient rassemblées lundi soir à Villejuif afin de protester contre la décision de la nouvelle majorité hétéroclite et du maire UMP de la ville de "dénommer" le parvis Georges Marchais qui honorait depuis 2013 la mémoire de l’ancien secrétaire général du PCF.

"Grace à Georges Marchais, la population de Villejuif a pu accueillir Nelson Mandela dont les paroles de remerciement résonnent encore dans le gymnase Romain Roland" a déclaré Olivier Marchais, encadré par sa mère Liliane et ses trois frères, devant une foule compacte composée de militants communistes de longue date, compagnons de route de l’ancien secrétaire général du Parti communiste, mais aussibeaucoup de jeunes et d’habitants de tous horizons politique attachés à la mémoire de leur commune ainsi que des personnalités politiques et des élus locaux comme, entre autres, le député socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec, la sénatrice PCF Laurence Cohen, l'ancienne sénatrice PCF Hélène Luc, l'ex-maire (PCF) Claudine Cordillot qui avait inauguré le parvis Georges-Marchais en 2013, Dominique Adenot le maire PCF de Champigny-sur-Marne...

Plus étonnant certains élus UDI de la nouvelle majorité municipale de Villejuif étaient également présents pour marquer leur opposition à la décision "délibérément anticommuniste" du maire.

L'émotion suscitée par ce déni de mémoire s'explique notamment par le fait que les habitants de la ville n'ont pour leur part pas oublié qu'il doivent à Georges Marchais, leur député durant près d’un quart de siècle, de nombreux équipements collectifs, la construction du lycée Darius Milhaud, l'arrivée dans leur commune de la ligne 7 du métro ou encore la couverture de l'A16...

Ainsi toutes les personnes présentent avaient à cœur de porter un coup d'arrêt aux provocations du maire qui, depuis sa récente élection, s'est déjà illustré avec de nombreuses provocation du même genre, supprimant les subventions à plusieurs associations, ou bien interdisant un rassemblement pour la paix.

La décision prise17 décembre par le conseil municipal de débaptiser le parvis Georges-Marchais pour le renommer parvis Georges Mathé ne passe pas !

"C’est indigne d’un maire à qui il revient de rassembler la population" a affirmé, Pierre Garzon, le chef de file des communiste de Villejuif. les communistes locaux sont bien décidés à ne pas en rester là : "Nous allons écrire au préfet pour lui demander de ne pas valider la délibération du Conseil municipal" , précise Fabien Guillaud-Bataille, secrétaire du PCF 94, tandis que reprenant la parole Olivier Marchais ajoutait : " Vouloir opposer Georges Mathey et Georges Marchais est un contresens historique", appuyé en cela par un communiqué de Catherine Gaston-Mathé, qui remerciant la municipalité d’avoir pensé à honorer la mémoire de son père, "précurseur de la cancérologie moderne, pionnier de la greffe de moelle, de l’immunothérapie et de la chimiothérapie des années 1950 aux années 1980, à Villejuif" n'a pas manqué de rappeler sa coopération "active" avec Georges Marchais, député de cette circonscription pendant 24 ans. Pour la Mathé, il n'est pas question de déshonorer un homme pour en honorer un autre, elle n'a qu'un seul souhait : « qu’une solution soit trouvée pour honorer les deux Georges et rassembler ainsi toutes les sensibilités françaises »

Le succès dépassant les espérances des organisateurs de ce rassemblement de lundi 22 décembre et l'émotion palpable de la population, on conduit à reporter la décision initialement prise de desceller la plaque commémorative en l'honneur de Georges Marchais afin de "lui éviter de terminer dans les poubelles de l'histoire" en la portant à l'assemblée nationale. Il a été convenu collectivement de la laisser en place et de « s'en remettre à la vigilance citoyenne pour que nul n'ose s'y attaquer ». C'est donc, logiquement aux habitant de Villejuif que revient la responsabilité de défendre avec fierté et dignité la mémoire de leur ville dirigée pendant près de sept décennies par les communistes dont Georges Marchais reste une figure emblématique.

A.R.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 06:58

Discours de Pierre Garzon, secrtétaire de section du PCF Villejuif au rassemblement parvis Georges Marchais

22 décembre 2014 marieV

Chère Liliane, Chers amis, Chers camarades,

Il y a un peu plus de 17 ans que Georges Marchais disparaissait.

Ils étaient des milliers à suivre la cérémonie d’hommage à Champigny sur marne par un temps gris et pluvieux du mois de novembre. Parmi la foule, de très nombreux Villejuifois avec qui il partagea 24 ans de sa vie.

Il fut tout entier dévoué à son mandat de député au service de tous les Villejuifois sans ne jamais oublier les villes d’Arcueil, Cachan, Gentilly et Kremlin Bicetre.

Sa responsabilité de secrétaire général du parti communiste français, renforça un peu plus encore le lien qui l’unissait aux familles et salariés de Villejuif. En effet, ne fallait-il pas éprouver en permanence la justesse du propos, la force des arguments, à travers ses réunions de cellule à l’Institut Gustave Roussy, ses rencontres dans les quartiers et ses échanges permanent avec les personnalités de la ville qu’elles soient de gauche comme de droite ou sans opinion déterminée. Il était -lui- l’élu de tous les villejuifois.

Mais tout cela vous le savez déjà, Olivier Marchais a retracé des éléments de sa vie. Ce serait donc vous faire offense que de me livrer à un discours sur l’homme, le militant, le député, le secrétaire général qu’il fut, tant vous le connaissiez.

D’ailleurs, il y a un an de cela, pour le quarantième anniversaire de sa première élection à Villejuif, nous inaugurions ici même, sous la présidence de Claudine Cordillot, Maire de Villejuif, ce parvis au nom de Georges Marchais situé au côté de la résidence Georges Mathé du nom du grand chercheur. Le Maire d’aujourd’hui pousse à l’absurde en opposant ces deux personnalités.

A cet instant, nous célébrions ensemble la foule de souvenirs et de faits, d’idées et d’actions qui liait Georges Marchais à villejuif, sa circonscription, son parti, son pays. Cet instant était salué par tous, à commencer par ses amis et camarades bien sûr. Par les Villejuifois aussi qui lui ont toujours accordé leur confiance. Par ses adversaires également qui le respectaient comme ils respectaient ce droit précieux qu’est le suffrage universel de notre république et qui a permis à Georges Marchais d’obtenir 7 mandats dans cette circonscription pour représenter les Val-de-Marnais à l’Assemblée nationale.

Pourtant, nous voilà de nouveau réunis, sur ce parvis quelques jours seulement après la décision indigne, sectaire et révulsante prise par la majorité municipale UMP de changer la dénomination de ce lieu pour rayer Georges Marchais de la carte de Villejuif.

Indigne d’un Maire à qui revient la responsabilité de rassembler la population, de s’exprimer au nom de tous, d’agir dans l’intérêt général.

Sectaire car son geste est celui d’une droite vengeresse, enivrée par la volonté de brandir un trophée, serait-il la mémoire collective d’un homme de la nation aujourd’hui disparu.

Révulsante car elle puise ses motivations et son origine dans cette culture ténébreuse d’hommes et de femmes qui préféraient hier « Hitler au front populaire », aujourd’hui le front national plutôt que le parti communiste et le front de gauche.

Ne nous y trompons-pas, ce qui se joue ici ce soir, ce n’est pas le combat du souvenir et de l’hommage, aussi important soit-il pour les nouvelles générations.

Non, ce qui se joue ici ce soir, c’est l’absolue certitude que nous livrons un combat entre une idée de la République et son contraire.

Entre ceux qui, communistes, socialistes, gaullistes, républicains, hommes et femmes de progrès, démocrates sincères revendiquent prônent la république, proclament la modernité du débat démocratique qui suppose la confrontation des idées, les luttes pour les faire vivre, les organisations pour leur donner la légitimité du nombre avec la force des arguments.

Opposés à ceux pour qui sonne le glas d’un temps qu’ils jugent révolu, d’une République qu’ils jugent entrave à la domination du capital, à la concurrence entre les peuples, qu’ils appellent, supercherie de l’Histoire ou ignorance de leurs auteurs, le “monde nouveau” et que nous appelons “moyen âge”.

Ce monde nouveau comme ils disent prend la forme d’accords de libre échanges partout dans le monde assurant la puissance de quelques uns sur beaucoup d’autres.

Il prend la forme localement de mesures qui brisent toutes les réalisations sources de progrès pour la vie des gens, pour l’idée que nous nous faisons de la civilisation.

Regardez dans cette ville la mise en danger de ce que furent les conquêtes ouvrières et intellectuelles d’une municipalité symbole de ce que peuvent faire de meilleurs les hommes.

Le Maire menace notre centre de santé. Et pourtant, il soigne sans distinction sociale, philosophique, religieuse ou d’origine des centaines de milliers de Villejuifois depuis sa création sous Paul Vaillant Couturier, député maire de Villejuif.

Entendez la colère de ces militants de la CNL qui retrouvent leur siège vide, dépouillé de ses archives, de son matériel, le Maire indiquant après coup les avoir fait détruire au moment où il annonce son intention de réduire le logement social dans la ville.

Voyez cette œuvre d’art moderne être retirée de l’espace public rue Jean Jaurès dans le plus grand secret car « elle gâche la perspective et attire les nuisances ».

Lisez le déchaînement de violence qui s’exprime quand leurs hommes de mains appellent à dynamiter le buste de Paul Vaillant Couturier élevé sur la place Paul Eluard en 1964, à “dégager et nettoyer” les quartiers de Villejuif de ses logements sociaux et des familles qui y vivent.

Entendez ces élus se vanter de détenir une liste de CENT employés communaux ou de l’OPH coupables d’êtres communistes, ou membres de la CGT, victimes du délit d’opinion.

Lisez dans le journal l’humanité combien ce maire n’est pas isolé et trouve à Saint Ouen, Bobigny, Blanc Mesnil, autant de sujets d’inspirations qu’il en offre et qui n’ont rien à envier aux nouveaux édiles du Front National qui pratiquaient seuls -jusqu’alors- ce type de politique tel à saint Ouen cette menace contre les locataires de l’oph qui donnerait à manger aux sans domicile fixe.

Voila le fracas de cette droite réactionnaire, sectaire, haineuse qui rêverait de tout emporter sur son passage ; et en particulier ce que Ambroise Croizat nommait « les conquis » pour rappeler avec justesse qu’il faut lutter pour gagner, mais aussi lutter pour les conserver, lutter pour résister.

Voilà pourquoi ce petit Maire diviseur des Villejuifois, qui s’abaisse à être le censeur de leur histoire, piétine non seulement la vie des Villejuifois mais aussi une certaine idée de la république dont le respect témoigné à la mort des grands représentants de la nation est le socle du respect du débat démocratique.

Ce ne sont pas les communistes qu’ils offensent ici ce soir. Non. Ce sont tous les Républicains. C’est Villejuif.

Notre ville tout entière, dans la diversité des opinions de ses habitants, ceux qui à droite comme à gauche portent avec respect la devise de notre ville « tout cède à notre union».

Puisque le conseil municipal s’est livré à cet acte indigne. Puisque le Maire a demandé à ce que cette plaque finisse dans les poubelles de l’histoire.

Puisque des voix se sont élevées partout en France et que l’émotion traverse légitimement les Villejuifois.

Ensemble nous condamnons cet acte inqualifiable. Nous demandons au Préfet de ne pas valider comme le lui permet la Loi cette délibération opposée à l’ordre public et contraire aux usages républicains.

Nous prêtons serment de défendre Villejuif en nous opposant à toutes les mesures régressives et dangereuses pour les Villejuifois.

Chers amis,vous avez pu lire ces deux derniers jours que nous avions initialement décidé que la plaque serait décrochée pour être portée à l’Assemblée nationale.

Au vu de la formidable mobilisation, et l’élan républicain qui s’est exprimé dans tout le pays, nous ne voulons pas croire que celle-ci sera décelée.

Mais nous confions ici donc à la population la protection citoyenne de ce symbole qui rappelle le rôle de Georges Marchais dans l’hémicycle et qui illustre à coté de la résidence Georges Mathé le lien particulier qui unissait le communiste au gaulliste, le député au chercheur.

Nous demandons en conséquence aux élus communistes, du parti de gauche, du parti socialiste, du MRC, et ceux de l’UDI qui ont voté contre cette décision lors du conseil municipal de faire une nouvelle proposition au Maire pour qu’un lieu ou équipement public accueille la mémoire de Georges Mathé comme le souhaitent aussi leurs deux familles.

Merci à vous tous

Merci à tous ceux qui ont témoigné de leurs messages de soutien et qui ne pouvaient pas être parmi nous ce soir.

Merci aux deux familles qui font preuve de courage, de dignité, d’intelligence, de grandeur.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 06:44

Intervention d’Olivier Marchais – rassemblement du 22 décembre 2014- Parvis Georges Marchais

22 décembre 2014 marieV

C’est avec beaucoup d’émotions que je me permets de prendre la parole ce soir.

Nous sommes réunis pour protéger la plaque commémorative du parvis Georges Marchais, inauguré en Mai 2013, en l’honneur de mon père, disparu il y a maintenant 17 ans.

Le nouveau Maire de Villejuif, Monsieur Le Bohellec, considère par une délibération municipale du 17 décembre 2014, qu’il convient de déshonorer Georges Marchais pour honorer Georges Mathé.

A peine élu Monsieur le Maire, vous prenez une décision d’une bien grande cruauté à l’égard d’un homme, à l’égard de tous ceux qui ont pu eux-mêmes ou leurs familles voter pour lui à un moment de leur vie, où qui tout simplement respectait son engagement, ses combats, sa sincérité.

Quelle arrogance, quel mépris après seulement 9 mois de mandat !

Vouloir faire disparaître la mémoire d’un homme et avec lui, la mémoire collective, l’histoire d’un territoire, de la banlieue rouge.

Georges Marchais fût député de Villejuif pendant 24 ans. Elu à 6 reprises de 1973 à 1997, il a porté haut et fort dans l ‘hémicycle les intérêts de ses concitoyens. Il fût un élu populaire, respecté, indissociablement lié au développement de Villejuif.

Je peux citer l’arrivée du métro, la construction du lycée Darius-Milhaud, les combats pour obtenir la couverture de l’A6B, un commissariat de Police Nationale. Mais également son engagement en faveur du droit au logement, pour la défense de l’emploi, pour combattre les injustices au quotidien …

La population de Villejuif n’oubliera jamais la venue de Nelson Mandela en Octobre 1993 au Théâtre Romain Rolland, ses paroles de remerciements pour le combat mené par Georges Marchais et tant d’autres, en faveur de sa libération.

Il est de tradition dans notre République d’honorer après leur disparition, des élus, des personnalités, reconnus pour leurs actions publiques, pour leur dévouement à l’intérêt général.

En tant que Député, au service des populations, durant 24 ans, Georges Marchais est légitime. Ce parvis rappel simplement, ses actions, ses engagements.

Cette reconnaissance va bien au delà de l’adversité politique, elle est Républicaine.

Permettez-moi de rapporter ces propos tenus dans le Parisien Val-de-Marne du 30 Mai 2013 par 2 personnalités politiques du Département, adversaires politiques aux convictions différentes de celles de Georges Marchais, mais 2 républicains :

- Roger Gérard Schartzenberg, député du Parti Radical de Gauche de la 3ème circonscription du Val-de-Marne : « Il est normal de saluer son combat. Même si je n’approuvais pas la totalité de ses positions, j’étais sensible à l’énergie qui l’animait, à son courage et à son humanité. »

– Christian Cambon, Sénateur Maire de Saint-Maurice et Président de l’UMP du Val de Marne : « Je reconnais à Villejuif le droit de célébrer ce personnage d’envergure nationale. »

Son engagement pour le développement des centres Hospitaliers Paul Brousse et Gustave Roussy, pour la recherche médicale et la recherche contre le cancer, à toujours été reconnue à sa juste valeur.

Villejuif compte trois hôpitaux, 7000 médecins chercheurs et personnels médicaux. Parmi eux figurait Georges Mathé, médecin cancérologue de renommée mondiale, qui réalisa en 1958 les premières greffes de moelles osseuses sur l’homme et qui dirigea le service des maladies sanguines de l’Hôpital Paul Brousse.

Vouloir aujourd’hui, opposer Georges Mathé et Georges Marchais est un contre sens historique. Ils ont travaillé ensemble pour faire de Paul Brousse, ce grand Hôpital où la recherche et les soins sont de pointe.

Sachez qu’un éminent scientifique, Gaulliste, résistant et un ouvrier devenu Député, communiste, déporté du travail, se sont trouvés pour le bien commun, au service des populations.

Catherine Gaston-Mathé, sa fille, avec qui je me suis entretenu durant le week-end n’est « pas du tout partisante de déshonorer l’un pour honorer l’autre ».

Nos deux familles partagent la même conviction : il doit y avoir de la place pour deux. Ils entretenaient une relation faite de respect et d’amitié.

Et pour ma part, vous pouvez donner une plus grande place à Georges Mathé si vous le souhaitez.

Mais ne vous acharnez pas sur un homme disparu il y a 17 ans, qui a représenté un Parti Politique qui existe aujourd’hui, et qui rassemble des hommes, des femmes, des militants, des élus, en France, dans le Val de Marne et à Villejuif.

Je tiens à remercier toutes les personnes présentes ici, ce soir, et je voudrais remercier également tous ceux qui ont tenu à témoigner de leur soutien durant ce week-end.

L’indignation est grande, ici, à Villejuif, et dans tout le pays, bien au-delà de la diversité de nos opinions.

Alors, montrez vous digne de votre toute nouvelle écharpe tricolore, respectez la mémoire, le combat d’un homme politique, député de la République Française durant 24 ans.

En ces temps difficiles, je suis persuadé que les Villejuifois et les Villejuifoises attendent bien d’autres décisions municipales de votre part, tournées vers leur présent et surtout leur avenir.

Vous pouvez revenir sur cette délibération.

Respectez la mémoire de Villejuif, respectez mon père, respectez Georges Marchais, tout comme lui vous aurait respecté, si il était encore Député, malgré vos différences.

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 18:21

Retraites chapeaux : combien touche un patron du CAC 40

LAURENCE BOISSEAU / JOURNALISTE | LE 16/12 À 06:00, MIS À JOUR À 11:05

  • La retraite chapeau moyenne des patrons du CAC 40 s’élève à 570.000 euros par an - Les Echos avec Proxinvest

    Trente groupes du CAC 40 offrent des retraites supplémentaires à leurs dirigeants. La moyenne s’élève à 570.000 euros.

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Trente patrons exécutifs du CAC 40 bénéficient d’un régime de retraites supplémentaires à prestations définies. Cette rente allouée par les entreprises leur assure une somme de 570.000 euros en moyenne par an, qui vient s’ajouter à la pension du régime obligatoire. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. Cette retraite chapeau dépend du régime en vigueur dans l’entreprise, et de l’ancienneté du patron. Ce régime ne concerne pas que les patrons du CAC 40. La plupart du temps, il est mis en place pour l’ensemble du comité exécutif voire davantage.

L’ancienneté récompensée

Les retraites supplémentaires les plus élevées bénéficient la plupart du temps à des patrons qui font partie de l’entreprise depuis longtemps et qui ont contribué à façonner le groupe qu’ils dirigent. Franck Riboud, fils d’Antoine Riboud, est entré en 1980 chez Danone, après ses études. Henri de Castries a rejoint AXA en 1989. Paul Hermelin a commencé à travailler pour Capgemini en 1993. Bruno Lafont a commencé sa carrière chez Lafarge en 1983 comme auditeur interne à la direction financière. Jean-Paul Agon est entré en 1978 à sa sortie d’HEC chez L’Oréal. Jean-Pascal Tricoire a été salarié de Schneider dès 1988, deux ans après son MBA d’EM Lyon.

Si le patron part avant sa retraite, il perd tout

Les mandataires sociaux n’ont plus de contrat de travail. Du coup, les sommes provisionnées sont élevées. D’autant que le versement des rentes est souvent conditionné à la présence du dirigeant dans le groupe lors de son départ à la retraite. S’il part avant, il perd tout. C’est le cas de Christopher Viehbacher, contraint à la démission chez Sanofi. Il ne percevra pas les 499.932 euros qu’il aurait pu toucher. Evincé en avril 2013, Denis Hennequin, l’ancien patron d’ Accor ne touche pas non plus sa retraite chapeau. Ces risques expliquent pourquoi le dirigeant débauché se voit souvent octroyer d’office à son arrivée plusieurs années d’ancienneté. Quand Christopher Viehbacher a démissionné de GSK pour Sanofi,le laboratoire pharmaceutique lui a reconnu dix ans d’ancienneté. Pour Jacques Aschenbroich, directeur général de Valeo en 2009, après vingt ans chez Saint- Gobain, le conseil lui a reconnu dès le départ une ancienneté de cinq ans, « compte tenu de son âge et sachant qu’il ne bénéficiait d’aucune retraite supplémentaire ». Chez Carrefour, le groupe reconnaît une ancienneté aux personnes nouvellement embauchées à partir de 45 ans. Elle est plafonnée à dix ans.

Conformité avec le code Afep Medef

Le code de gouvernance Afep-Medef est presque toujours respecté. La retraite chapeau ne peut dépasser 45 % du revenu de référence (rémunérations fixes et variables). Airbus y déroge, mais comme le groupe est basé à Amsterdam, il n’a pas à le respecter. Selon le document de référence de Danone, la retraite supplémentaire de Franck Riboud pourrait lui procurer un montant égal à 64 % de sa rémunération. Pourtant, Danone est en ligne avec le code, car ce régime, datant des années 1970 quand cette pratique favorisait les carrières complètes dans une même entreprise était encouragée par les pouvoirs publics, a été fermé à tout nouveau bénéficiaire fin 2003. Or, la limite des 45 % ne concerne pas les plans de retraite fermés aux nouveaux bénéficiaires.

Le débat entre dans l’entreprise

Certains groupes ont proposé de réformer les systèmes en place pour éviter la polémique. Ainsi, à l’initiative de Gilles Schnepp, Legrand devrait revoir cette année son régime de retraite et le rendre moins favorable aux dirigeants. Gilles Schnepp percevra finalement moins que la somme estimée fin 2013. Chez Veolia Environnement, Antoine Frérot a renoncé cet été à son avantage. Il aurait dû toucher une rente de 30.000 euros par an. Mais, en juin 2014, le conseil a décidé, à sa demande, de fermer ce type de régime.

Ceux qui n’en ont pas

Stéphane Richard chez Orange s’est prononcé contre ce régime. Chez Publicis, aucun membre du directoire n’en bénéficie. Maurice Lévy n’y a pas droit, mais, il touchera pendant les trois ans après la cessation de ses fonctions, 5,4 millions d’euros en contrepartie d’un engagement de non concurrence. Christophe Cuvillier, d’Unibail, n’a pas non plus de plan de retraite à prestations ­définies. Mais il avait touché, pour la seule année 2013, 200.000 euros, présenté par le groupe comme équivalent à« une retraite à cotisations définies et une contribution additionnelle à réinvestir ». Frédéric Oudéa n’a pas droit à une retraite chapeau, mais un complément de rémunération (300.000 euros par an) lui a été accordé quand il a rompu son contrat de travail avec la Société Générale pour être mandataire social. Enfin, Henri Proglio n’en touchera pas au titre d’EDF, mais il reçoit déjà 720.000 euros par an au titre de sa carrière chez Veolia. Cette somme a été reversée à la Fondation de France.

Méthodologie

Définie lors de la mise en place du contrat, la retraite à prestations définies est financée totalement par l’entreprise, par opposition à celle à cotisations définies (financée par la société et par le bénéficiaire). La retraite chapeau du dirigeant opérationnel a été calculée à partir des documents de référence 2013. Il s’agit de la rente annuelle théorique que le dirigeant toucherait, en fin de carrière au moment de son départ à la retraite. Pour Michel Combes, directeur général d’Alcatel-Lucent depuis avril 2013, le calcul se base sur un an d’ancienneté. Pour Jacques Aschenbroich, DG de Valeo depuis 2009. I’ancienneté retenue est de dix ans. Pour Sébastien Bazin, pdg d’Accor depuis août 2013, nous avons calculé la rente théorique qu’il percevrait quand il aurait rempli les conditions d’ancienneté minimum (5 ans) et s’il achevait sa carrière dans le groupe. La rente de Frank Riboud dépend de ses derniers salaires. Comme ce dernier est devenu président non exécutif en octobre, il n’a plus de rémunération annuelle variable. Son salaire total en sera diminué. Et sa rente annuelle sera donc inférieure au 1,5 million d’euros mentionnés. Christophe de Margerie, l’ex-PDG de Total décédé accidentellement cette année, n’a pu faire valoir ses droits. Christopher Viehbacher, chez Sanofi, a été limogé et ne touchera donc pas sa retraite chapeau


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0203999972618-la-fidelite-a-lentreprise-recompensee-pour-les-patrons-du-cac-40-1075361.php?PLr5z0K7X33tCbbz.99#xtor=CS1-33

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 19:27

21 décembre 2014

1

Discours de Raúl Castro Ruz devant l’Assemblée nationale, le 20 Décembre 2014 - Text Complet

Raul CASTRO

Discours de Raúl Castro Ruz, premier secrétaire du Parti communiste de Cuba et président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, à la clôture de la Quatrième Session ordinaire de la Huitième Législature de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, au palais des Congrès, le 20 décembre 2014, An LVI de la Révolution

Compañeras et compañeros,

Nous avons vécu ces derniers temps des journées intenses et émouvantes.

Ce mois-ci, nous avons organisé avec succès le Cinquième Sommet entre Cuba et la Communauté des Caraïbes (CARICOM), puis, dimanche dernier, le Treizième Sommet de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), où nous avons rendu l’hommage qu’ils méritaient à ses deux chevilles ouvrières : le cher président bolivarien Hugo Chávez Frías et le comandante en jefe de la Révolution cubaine, le compañero Fidel Castro Ruz (applaudissements).

Nous avons parmi nous Gerardo, Ramón et Antonio, ce qui est un motif de réjouissance et de joie profondes pour tout notre peuple, mais je reviendrai sur ce point important à la fin de mon intervention. Sont aussi présents les compañeros Fernando et René, et les proches des Cinq Héros, ainsi que le jeune Elián González, son père Juan Miguel et le colonel Orlando Cardoso Villavicencio, Héros de la République de Cuba, qui a été soumis à un emprisonnement rigoureux de plus de dix ans en Somalie.

Comme de coutume aux sessions de notre parlement, il m’incombe de passer en revue l’évolution de notre économie en l’année qui conclut, ainsi que le Plan-Budget pour 2015, dont les députés ont profondément débattus dans les dix commissions et à la séance plénière d’hier.

Le Neuvième Plénum du Comité central du Parti tenu jeudi dernier ayant été aussi consacré à l’analyse de ces questions, je n’y ferai qu’une brève référence.

Notre Produit interne brut (PIB), on le sait, a enregistré une croissance de 1,3 p. 100, inférieure, donc, aux prévisions initiales, ce qui se doit, entre autres, aux résultats insuffisants du premier semestre pendant lequel nous avons affronté de graves limitations financières faute des revenus extérieurs escomptés, à des conditions climatiques défavorables et à des carences internes de la gestion économique. Nous sommes parvenus au second semestre à inverser modestement cette tendance et à atteindre des résultats supérieurs.

Le plan de l’an prochain raffermit et renforce cette tendance d’une croissance plus solide de l’économie cubaine, basée sur l’élévation des réserves d’efficience internes, sur la réanimation des secteurs productifs, en particulier de l’industrie manufacturière, sur l’optimisation des porteurs énergétiques et sur des investissements supérieurs en infrastructures et en production matérielle, tout en préservant des services sociaux essentiels à notre population, telles la santé publique et l’éducation.

On prévoit pour 2015 une croissance du PIB légèrement supérieure à 4 p. 100, un objectif que nous pouvons atteindre dans la mesure où nous disposons suffisamment à l’avance de meilleures ressources financières qu’au début de 2014. Ce qui ne veut pas dire, tant s’en faut, que cela sera facile. Nous devrons continuer d’affronter les effets de la crise économique mondiale et du blocus étasunien qui se maintient, ces deux facteurs entraînant incontestablement des obstacles au développement de notre économie.

Nous continuerons parallèlement d’honorer rigoureusement les engagements que nous avons pris pour restructurer nos dettes envers nos principaux créanciers et contribuer ainsi à la récupération graduelle de la crédibilité de l’économie cubaine dans l’arène internationale.

Hier après-midi, l’Assemblée nationale a voté la Loi budgétaire de l’État pour 2015, laquelle envisage un déficit de 6,2 p. 100 du PIB, considéré acceptable dans les circonstances annuelles. Elle incorpore de nouveaux impôts et réduit la taxe fiscale qui frappe le système d’entreprises en correspondance avec l’application graduelle de la Loi fiscale.

Différentes mesures adoptées renforceront le contrôle fiscal face aux indisciplines et à l’évasion d’impôts par les personnes juridiques et naturelles.

En l’occurrence, il ne faut pas se contenter de punir les transgresseurs, puisque l’impunité équivaudrait à encourager la violation des normes légales en vigueur ; il faut aussi stimuler dans les institutions, les entreprises, les coopératives et chez les travailleurs à leur compte une culture du « civisme fiscal », pour faire comprendre que les impôts constituent la formule principale pour redistribuer le revenu national dans l’intérêt de tous les citoyens.

Par ailleurs, nous avons continué de mettre en œuvre les Orientations de la politique économique et sociale du parti et de la Révolution adoptées par le Sixième Congrès. Nous sommes entrés à cet égard, comme nous l’avons dit, dans une étape qualitativement supérieure où l’on abordera des tâches extrêmement complexes dont la solution aura des retombées sur tous les aspects de l’activité nationale.

Je veux parler, en premier lieu, de l’unification monétaire en vue de laquelle nous avons solidement progressé au second semestre du point de vue conceptuel et tracé un train de mesures d’envergure pour éviter que l’économie et la population en souffrent.

La décision de généraliser les ventes en pesos convertibles (CUP) dans les Magasins collecteurs de devises a été favorablement accueillie, et nous l’élargirons d’une manière graduelle.

Je saisis l’occasion pour ratifier deux concepts incontournables :

Tout d’abord, l’unification monétaire n’est pas la panacée, même pas immédiate, de tous nos problèmes économiques. Cette décision importante doit s’accompagner d’un train de mesures macroéconomiques qui favoriseront la réorganisation monétaire du pays par des instruments capables de garantir l’équilibre des finances nationales, ce qui contribuera décisivement à améliorer le fonctionnement de notre économie et la construction à Cuba d’un socialisme prospère et durable.

Le second concept n’est pas moins important : les dépôts bancaires en devises étrangères, en pesos convertibles cubains (CUC) et en pesos cubains (CUP), ainsi que les liquidités aux mains de la population et des personnes juridiques nationales et étrangères seront garantis.

Je n’ignore pas que des gens, dans le pays et à l’étranger, n’ont cessé de se prononcer, parfois d’une façon saine, parfois d’une façon absolument malsaine, sur le rythme de la mise à jour de notre modèle économique.

On n’a pas manqué non plus, depuis l’étranger, de nous exhorter à hâter la privatisation, et jusque des principaux secteurs de production et de service, ce qui reviendrait à amener le pavillon du socialisme à Cuba.

Ces gens-là, à ce qu’il semble, n’ont même pas pris la peine de lire nos Orientations, où il est écrit clairement : « …le système économique qui prévaudra continuera de reposer sur la propriété socialiste de tout le peuple sur les moyens de production fondamentaux, et le principe de distribution socialiste : ’ De chacun selon ses capacités ; à chacun selon son travail’ devra régir. »

Nous continuerons de mettre en œuvre les accords du Sixième Congrès du Parti communiste de Cuba, en toute responsabilité, fermement, à la vitesse dont nous déciderons ici souverainement, sans mettre en péril l’unité des Cubains, sans laisser qui que ce soit livré à son sort, sans appliquer des thérapies de choc et sans jamais renoncer aux idées sociaux de cette Révolution des petites gens, par les petites gens et pour les petites gens.

Nous lancerons l’an prochain les préparatifs du Septième Congrès du Parti, qui se tiendra en avril 2016, et en vue duquel les militants communistes et tout le peuple débattront de manière démocratique et ample de la mise en œuvre de ces Orientations.

La mise à jour de notre modèle va étroitement de pair avec la décentralisation graduelle – je répète : graduelle – des facultés, depuis les ministères jusqu’au système d’entreprises.

Impossible de le faire en un tournemain, si nous voulons réussir. Nous devons nous donner le temps de préparer et de former, comme nous le faisons, les cadres à tous les niveaux, de modifier les mentalités archaïques, de rejeter de vieilles habitudes, ainsi que de mettre au point et en place le cadre juridique et les procédés précis qui permettrons aux uns et aux autres de contrôler si les décisions sont appliquées correctement, de rectifier les erreurs en temps opportun et d’éviter ainsi des reculs fâcheux.

C’est pour favoriser une plus grande autonomie de l’entreprise publique socialiste que, entre autres mesures, son objet social a été élargi et assoupli, que les fonctions de l’État ont été définies et que des facultés lui ont été concédées pour vendre ses excédents de production. Et que les limites administratives aux salaires à la pièce ont été abolies.

Ces transformations devront s’exécuter graduellement, sans hâte, dans l’ordre, la discipline et l’exigence.

La juste aspiration à de meilleurs salaires est une question très sensible, et nous n’avons pas le droit de nous tromper, ni de nous laisser emporter par des vœux pieux ni d’improviser.

Nous nous réjouissons de voir s’élever peu à peu les salaires de ceux qui travaillent dans les activités où les résultats sont les plus efficaces et qui apportent des avantages ayant un impact économique et social spécifique.

Toutefois, qu’il soit bien clair que nous ne pouvons distribuer une richesse que nous avons été incapables de créer. Le faire aurait de graves conséquences sur l’économie nationale et sur chaque citoyen. Inonder les rues d’argent sans une croissance équivalente de l’offre de biens et services provoquerait une inflation, un phénomène qui, entre bien d’autres effets, réduirait le pouvoir d’achat des salaires et des pensions, et frapperait en premier lieu les plus modestes. Et nous ne pouvons pas le permettre.

Durant la première année d’application de la nouvelle politique salariale, de nombreuses entreprises ont violé l’indicateur de la dépense salariale ajustée au peso de valeur ajoutée brute, autrement dit, elles ont payé des salaires plus élevés sans la valeur correspondante en production. Et c’est là, comme j’en ai averti à plusieurs reprises, une indiscipline grave, très grave, que les dirigeants administratifs et les organisations syndicales doivent combattre résolument.

Dans notre système social, nul ne l’ignore, les syndicats défendent les droits des travailleurs, et, pour ce faire, ils doivent être les premiers à veiller non seulement sur les intérêts d’un lieu de travail déterminé, mais sur les intérêts de toute la classe ouvrière, lesquels sont, par essence, les mêmes que ceux que soutient la nation entière.

Nous ne pouvons laisser se développer et se renforcer l’égoïsme et la convoitise chez nos travailleurs. Nous voulons tous de meilleurs salaires, et nous en avons tous besoin, mais il faut créer avant la richesse pour pouvoir la distribuer ensuite selon la contribution de chacun.

Bien entendu, je n’ai pas mentionné de nombreuses autres questions liées à la mise à jour de notre modèle économique : d’autres déviations se sont présentées que nous devons rectifier à temps pour n’avoir pas à faire marche arrière ; mais, là, nous devons travailler avec beaucoup de sérieux et de sens de nos responsabilités.

Personne au monde ne peut contester l’action remarquable de Cuba, cette année-ci, dans l’arène internationale. Le défi que nous avons à relever en tant que Cubains est très grand : situer l’économie à la hauteur du prestige politique que notre petite île des Antilles a conquis grâce à la Révolution, à l’héroïsme et à la capacité de résistance de son peuple. L’économie restant l’examen qu’il nous faut encore réussir, nous avons le devoir de l’acheminer définitivement vers le développement durable et irréversible du socialisme cubain.

Comme je l’ai dit au début, les députés et le peuple tout entier ressentent une émotion et une joie énormes devant le retour dans notre patrie de Gerardo, de Ramón, d’Antonio, de Fernando et de René. La promesse de Fidel, voilà maintenant treize ans, s’est accomplie ! L’exemple de fermeté, de sacrifice et de dignité extraordinaire des Cinq enorgueillit la nation tout entière, qui a bataillé inlassablement pour leur libération et qui les accueille aujourd’hui en véritables héros (applaudissements).

Je tiens à réitérer ma profonde et sincère gratitude à tous les mouvements et comités de solidarité qui se sont battus pour arracher leur liberté et aux gouvernements, aux parlements, aux organisations, aux institutions et aux personnalités qui, en grand nombre, y ont grandement contribué.

Le peuple cubain sait gré au président des États-Unis, Barack Obama, de cette juste décision. Il a levé par là un obstacle aux relations entre nos pays.

Le monde entier a réagi positivement aux annonces faites mercredi dernier, appréciant leur importance pour les relations internationales, surtout pour les relations des États-Unis avec la région, ce qui a suscité des déclarations favorables de gouvernements, de présidents et de personnalités reconnues, ce dont nous les remercions sincèrement.

Elles ont été le fruit de conservations soutenues au plus haut niveau dans la plus grande discrétion et qui ont bénéficié de la contribution du pape François et des facilités offertes par le gouvernement canadien.

Ce résultat découle aussi des profonds changements intervenus en Amérique latine et dans les Caraïbes, dont les gouvernements et les peuples réclament à l’unisson que les États-Unis suivent une autre politique envers Cuba.

Nous nous félicitons de la décision du président Obama d’écrire un nouveau chapitre dans les relations entre nos deux nations et d’opérer dans la politique étasunienne les changements les plus marquants de ces cinquante dernières années.

Nous apprécions comme elle le mérite sa disposition d’engager au Congrès un débat sur la levée du blocus, ainsi que son souhait d’instaurer un avenir meilleur pour nos deux peuples, pour le continent et pour le monde.

Nous sommes d’avis avec lui qu’une nouvelle étape peut s’ouvrir entre les États-Unis et Cuba, à commencer par le rétablissement des relations diplomatiques qui devront reposer sur les conventions relatives aux relations diplomatiques et consulaires régissant la conduite des missions correspondantes et de leurs fonctionnaires.

Nous assisterons aux contacts de haut niveau entre les deux gouvernements dans un esprit constructif, de respect et de réciprocité, afin de progresser vers la normalisation des relations bilatérales.

Comme je l’ai dit le 17 décembre, un pas important a été fait, mais reste à régler l’essentiel : la levée du blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba, et qui s’est renforcé ces dernières années, surtout dans le domaine des transactions financières où les États-Unis ont infligé des amendes aussi énormes qu’illégitimes à des banques de différents pays.

Compte tenu des conditions qui ont été annoncées, notre peuple doit comprendre qu’il s’agit là d’une lutte longue et difficile, qui exigera que la communauté internationale se mobilise et que la société étasunienne continue de réclamer la levée du blocus.

Tous les sondages indiquent que la majorité des Étasuniens et une majorité encore plus large de l’émigration cubaines sont favorables à la normalisation des relations bilatérales. L’opposition à cette politique grandit aussi au Congrès, qui a toutefois converti en loi les dispositions du blocus.

Nous espérons que le président Obama utilisera avec décision ses prérogatives exécutives pour modifier substantiellement les aspects du blocus qui n’exigent pas l’approbation du Congrès.

Pour notre part, nous étudierons la portée et les modalités d’application des mesures exécutives positives que le président Obama a annoncées.

L’instruction qu’il a donnée de réviser l’inscription injustifiable de Cuba sur la liste des États parrainant le terrorisme est encourageante. Les faits prouvent que Cuba a justement été victime de nombreux attentats terroristes, dont beaucoup des auteurs, comme on le sait, jouissent aujourd’hui de l’impunité et qui ont occasionné dans notre peuple des milliers de morts et de mutilés.

Les prétextes avancés à ces fins sont absolument infondés, comme le sait toute la planète. Ils ne servent à certains intérêts politiques que d’arguties pour justifier la recrudescence du blocus, notamment dans le secteur financier.

Cuba n’a jamais organisé, ou financé, ou exécuté un seul acte terroriste contre aucune personne, aucun intérêt ni aucun territoire des États-Unis, et elle ne le permettra pas. Chaque fois que nous avons eu des informations sur des plans terroristes contre ce pays, nous en avons informé son gouvernement auquel voilà des années que nous proposons d’établir un accord de coopération en la matière.

Nous avons toujours été disposés à un dialogue respectueux et réciproque, sur un pied d’égalité, afin de traiter les points les plus divers, sans la moindre atteinte à notre indépendance et à notre autodétermination, et sans renoncer, comme l’a toujours signalé Fidel, à un seul de nos principes.

Il ne sera possible de progresser, je le répète, que dans le respect mutuel, lequel implique l’observation des principes du droit international et de la Charte des Nations Unies, dont l’égalité souveraine des États, l’égalité en droits et l’autodétermination des peuples, le règlement des différends internationaux par des voies pacifiques, le non-recours à la force ou à la menace de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance de n’importe quel État, l’obligation de ne pas intervenir dans les affaires relevant de la juridiction des États, ce qui implique que toute forme d’ingérence ou de menace visant les facteurs politiques, économiques et culturels d’un État constitue une violation du droit international.

La Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme Région de paix, signée par les chefs d’État ou de gouvernement des pays membres de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) au Sommet tenu le 29 janvier dernier à La Havane, affirme que tout État a le droit inaliénable de choisir son système politique, économique, social et culturel sans aucune forme d’ingérence de la part d’un autre État, ce qui constitue un principe du droit international. Ce document a été signé ici, à La Havane, par tous les chefs d’État ou de gouvernement de ce sous-continent, exception faite, bien entendu, des États-Unis et du Canada qui n’y assistaient pas.

De profondes différences séparent les gouvernements étasunien et cubain, entre autres des conceptions distinctes sur l’exercice de la souveraineté nationale, sur la démocratie, sur les modèles politiques et sur les relations internationales.

Nous réitérons notre disposition à un dialogue respectueux et réciproque sur nos divergences. Nous avons des convictions arrêtées et de nombreuses inquiétudes sur ce qu’il se passe aux États-Unis en matière de démocratie et de droits de l’homme, et si nous acceptons de discuter, à partir des fondements déjà énoncés, de n’importe quel point que les États-Unis voudraient aborder, eh bien nous le ferons, sur les réalités d’ici, mais aussi sur celles de là-bas.

Que l’on ne prétende pas, pour une amélioration de ses relations avec les États-Unis, que Cuba renonce aux idées pour lesquelles elle a lutté plus d’un siècle durant, pour lesquelles son peuple a versé beaucoup de sang et au nom desquelles elle a couru les plus grands périls !

Que l’on comprenne bien que Cuba est un État souverain, dont le peuple a voté librement par référendum une Constitution qui a décidé de son cap socialiste et de son système politique, économique et social ! (Applaudissements.)

De la même manière que nous n’avons jamais demandé aux États-Unis de changer leur système politique, de la même manière nous exigeons qu’ils respectent le nôtre !

En tant que gouvernements, nous devons adopter des mesures mutuelles à même de prévenir et d’éviter des faits qui pourraient entraver les progrès escomptés dans les relations bilatérales, dans le respect des lois et de l’ordre constitutionnel de chaque partie.

Nous n’ignorons pas que le président Obama, une fois ces mesures annoncées, a dû supporter des critiques virulentes de la part de forces qui s’opposent à la normalisation des relations avec Cuba, dont des législateurs d’origine cubaine et des meneurs de groupuscules contre-révolutionnaires qui refusent de perdre le train de vie que leur ont procuré des dizaines d’années d’affrontement entre nos pays. Ils feront tout leur possible pour saboter cette évolution, et jusqu’à des provocations de toute sorte. De notre côté, nous ferons preuve d’une conduite prudente, modérée, réflexive, mais résolue(applaudissements).

Cuba compte de nombreuses et diverses organisations de masse, syndicales et sociales, de paysans, de femmes, de lycéens et d’étudiants, d’écrivains et d’artistes, qui sont même représentées au Conseil d’État, ainsi que des organisations non gouvernementales dont beaucoup sont représentées à cette Assemblée de députés, et qui s’offenseraient qu’on puisse les confondre avec quelques centaines d’individus qui reçoivent de l’argent, des instructions et de l’oxygène de l’étranger.

Nous continuerons de défendre devant les organismes multilatéraux, telle l’Organisation des Nations Unies, la paix, le droit international et les causes justes, ainsi que de dénoncer les menaces à la survie de l’espèce humaine que constituent les changements climatiques et les arsenaux atomiques.

Nous continuerons de promouvoir la jouissance, par toutes les personnes, des droits de l’homme, dont les droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que le droit des peuples à la paix et à l’autodétermination.

La Révolution cubaine sait profondément gré aux peuples, aux partis et aux gouvernements qui lui ont témoigné une solidarité invariable et permanente, et elle continuera de fonder sa politique extérieure sur la fidélité indéfectible à ses principes (applaudissements).

Les relations spéciales que nous entretenons avec la République bolivarienne du Venezuela en sont tout un symbole. Nous continuerons de l’appuyer face aux tentatives de déstabilisation que souffre son gouvernement légitime, dirigé par le compañero président Nicolás Maduro Moros, et nous rejetons les prétentions d’imposer des sanctions à cette nation sœur (applaudissements).

Nous sommes disposés, comme je l’ai dit voilà quelques jours, à coopérer avec les États-Unis de manière multilatérale et bilatérale face aux dangers qui exigent des interventions humanitaires collectives et efficaces, qu’on ne devrait jamais politiser.

C’est le cas de la lutte contre l’épidémie à virus Ébola en Afrique de l’Ouest et de sa prévention dans les Amériques, comme l’a affirmé le Sommet extraordinaire de l’ALBA sur ce thème qui s’est tenu en octobre dernier à La Havane.

Je répète ce que j’ai dit aux récents Sommet de la CARICOM et de l’ALBA : je remercie le président panaméen, Juan Carlos Varela, de m’avoir invité à participer au Septième Sommet des Amériques, et je confirme que j’y assisterai pour exprimer les positions de Cuba, sincèrement et en y respectant tous les chefs d’État ou de gouvernement sans exception.

La participation de Cuba est le fruit du consensus solide et unanime de l’Amérique latine et des Caraïbes, qui vivent une époque spéciale et qui se sont unies dans leur diversité au sein de la CELAC que Cuba s’est honorée de présider l’an dernier.

Nous n’oublions pas que l’ALBA, en le réclamant inlassablement avec le concours de tous les pays de la région, a réussi à faire éliminer les vieilles et honteuses sanctions imposées à Cuba en 1962 par l’Organisation des États américains, et ce au Honduras où, à peine un mois après, son président, lecompañero Zelaya, était renversé par un coup d’État.

Compañeras et compañeros,

Nous fêterons dans quelques jours le Nouvel An et le cinquante-sixième anniversaire de la Révolution ; voilà seulement deux jours, le 18 décembre, nous avons rappelé le cinquante-huitième anniversaire de ma rencontre avec Fidel à Cinco Palmas de Vicana, en plein cœur de la Sierra Maestra(applaudissements) et de son exclamation historique, quand il eut appris que nous pouvions compter sur sept fusils pour reprendre la lutte : « Ce coup-ci, la guerre est gagnée ! » (Applaudissements.)

La confiance inébranlable en la victoire que nous a inculquée Fidel continuera de guider tout notre peuple défendant et perfectionnant l’œuvre de sa Révolution.

Je vous félicite pour le Nouvel An !

Saluons l’An 57 de la Révolution cubaine !

Je vous remercie. (Ovation.)

Raúl Castro Ruz

Traduction par J-F Bonaldi, à La Havane, pour le Grand Soir

Version originale en espagnol : http://www.granma.cu/cuba/2014-12-20/discurso-integro-de-raul-en-la-cl...

URL de cet article 27633
http://www.legrandsoir.info/discours-de-raul-castro-ruz-premier-secretaire-du-parti-communiste-de-cuba-et-president-du-conseil-d-etat-et-du-conseil-des.html

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 18:13
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:11

Bourse : 39 milliards d'euros distribués aux actionnaires du CAC 40


Les quarante plus grosses entreprises cotées à la Bourse de Paris vont distribuer, globalement en 2015, une moindre part de leurs bénéfices à leurs actionnaires. 38,9 Mds d'euros seront versés à ces derniers, contre 39,2 en 2014.


ILLUSTRATION. Sur l'exercice 2014, ce sont 49,3% de leurs bénéfices que les groupes du CAC 40 vont verser à leurs actionnaires, contre 54,4 % pour 2013 et même 56,3 % pour 2012.


Pour la première fois depuis trois ans, les entreprises du CAC40 vont consacrer une moindre part de leurs bénéfices à la rémunération de leurs actionnaires. Selon les prévisions des analystes de FactSet, révélées par Les Echos, en 2015, les quarante plus grosses sociétés cotées à la Bourse de Paris devraient verser à leurs actionnaires 38,9 milliards d'euros de dividendes.




CAC 40 : les grands patrons gagnent en moyenne 2,25 millions d'euros par an

Cela représente 49,3% des bénéfices durant l'exercice 2014, nettement moins que ce que les grands groupes avaient choisi de distribuer les deux années précédentes : 54,4 % pour 2013 et même 56,3 % pour 2012.


Reste qu'en valeur absolue, la baisse est minime. En 2014, ce sont 39,2 milliards d'euros qu'ont perçus les actionnaires, soit à peine 1% de plus que ce qui sera distribué en 2015. Et ce chiffre reste supérieur aux années précédentes (36,9 Mds€ pour 2011, 37,5 pour 2012).


De plus, si globalement le taux de distribution baisse à l'échelle du CAC 40, toutes ces entreprises n'ont pas choisi cette voie. Selon FactSet, elles seraient même une majorité (26 sur 40) à augmenter, même si c'est souvent très légèrement, la part de bénéfice qu'elles versent à leurs actionnaires. Ainsi, Airbus, qui devrait afficher des résultats florissants, et la Société générale notamment devraient particulièrement les dorloter.


Plus généralement, le secteur bancaire européen devrait se montrer plus généreux que ces dernières années, où la crise financière avait amené plusieurs établissement à fermer le robinet des dividendes. Et malgré de grosses incertitudes liées à la chute des cours du pétrole, Total devrait rester le plus gros payeur sur l'exercice 2014. A l'inverse, les plus forts reculs de dividendes sont attendus chez Vivendi et GDF Suez. Cette dernière, qui affichait le plus fort rendement cette année (6,18% à la mi-décembre) malgré une perte en 2013, a été contrainte de rectifier sa politique, à un moment où la visibilité à long terme sur le secteur de l'énergie n'est plus assurée.


Principale explication de ce recul : actant un ralentissement de la crise, les entreprises françaises veilleraient à conserver dans leurs caisses de quoi se défendre face à d'éventuelles attaques d'investisseurs, voire même à s'armer pour elles-mêmes procéder à des acquisitions.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:00

Jean Ortiz

Jeudi, 18 Décembre, 2014 - 14:48

CUBA : ils l’ont dans ...l’os !

Par le seul fait d’avoir tenu tête pendant si longtemps à l’impérialisme le plus puissant, Cuba a contribué au « changement d’ère » que vit aujourd’hui l’Amérique latine.

Dieu qu’ils ont du mal à le digérer !! Dans la dignité et l’honneur, sans quémander, sans renoncer à ce qu’il est, en toute souveraineté, David a fini par terrasser Goliath. Le droit l’a emporté sur la piraterie impérialiste, sur une sale et interminable guerre d’usure, d’asphyxie ; elle dure depuis plus de cinquante ans. Rarement une révolution et un peuple auront été si longtemps agressés, dénigrés, en violation des lois internationales. Du « Projet Cuba » de mars 1960 (Eisenhower) à l’ « Opération Mangosta » de Kennedy, du débarquement yankee (repoussé en 72 heures) de la Baie des Cochons (avril 1961) aux « sanctions totales » de février 1962, décrétées par Washington, l’état de siège économique, financier, commercial, le harcèlement multiforme, n’auront jamais cessé. Des sanctions drastiques, près de 1000 milliards de dollars de coût estimé, des lois pour étrangler un pays rebelle, pour tenter de renverser le régime de Cuba l’insoumise, ce « mauvais exemple » de résistance face à « l’empire ». Par le seul fait d’avoir tenu tête pendant si longtemps à l’impérialisme le plus puissant, Cuba a contribué au « changement d’ère » que vit aujourd’hui l’Amérique latine. En octobre 2005, la vieille brute de président Bush déclarait : « peu de pays ont défié notre nation autant que Cuba ». Il était pour une fois lucide. Alcooltest négatif. Les Cubains sont attachés viscéralement à leur indépendance parce que, en quelque sorte, c’est la révolution qui a inventé Cuba, permis l’épanouissement d’une nation mise sous tutelle néocoloniale depuis l’amendement Platt de 1901. Par ce texte, appendice à la constitution cubaine, les Etats-Unis se réservaient le droit d’intervenir à tout moment dans l’île pour y défendre leurs intérêts...

Alors, devant cette gifle historique, nos médiocrates s’étouffent, ergotent, déforment, manœuvrent, enfument. La décision d’engager un processus pour en finir avec la guerre de basse intensité contre Cuba serait à mettre au compte de la colombe Obama. La pitoyable romancière de quai de gare, Zoé Valdès, tourne en boucle, crachant haine et mensonge, en service commandé. Il faut bien manger...

Washington et sa « politique cubaine » étaient de plus en plus isolés internationalement. Aux Etats-Unis même, le blocus, devenu un « problème intérieur », faisait de moins en moins recette dans l’opinion. Depuis une quinzaine d’années, Cuba a brisé l’étau qui l’isolait, a été réintégrée dans la communauté latino-américainaine, et y joue un rôle moteur au niveau des processus d’intégration (CELAC, ALBA).

Autant de défaites pour les maîtres du monde. L’Europe a même dû revoir son ostracique et cynique « position commune ». Une Europe bien mal placée pour s’ériger en donneuse de leçons « démocratiques». Et voilà que ces diafoirus doivent remballer. On comprend dès lors leur salive amère. Mais ils n’ont pas renoncé pour autant à miner en sous main, avec d’autres méthodes. Sablons le champagne sans retenue mais sans ingénuité. Le méchant loup n’est pas devenu agneau, même si ses dents sont plus élimées.

Retenons que la Résistance, la dignité finissent toujours par payer.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:34

ARTICLE D'ÉDITION

Édition : La Revue du Projet

Le grand entretien : le pari d’une alternative gagnante, Isabelle De Almeida

18 DÉCEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET

Entretien réalisé par Léo Purguette

Isabelle De Almeida, présidente du Conseil national du PCF et responsable adjointe du comité du projet, fait le point pour La Revue du projet sur le travail de la conférence nationale des 8 et 9 novembre.

Quel message politique le PCF a-t-il envoyé avec sa conférence nationale ?

Un message d’engagement des communistes, dans leur unité et leur détermination, à construire une alternative de gauche dans notre pays. Et construire, cela veut dire prendre des initiatives politiques pour combattre les politiques d’austérité maintenant, les stopper et rendre majoritaire un nouveau projet, un projet de gauche pour la France. Sans attendre 2017 car les dégâts vont être énormes si on laisse se dérouler la politique Hollande-Valls inspirée du MEDEF : socialement, économiquement et du point de vue environnemental. Ce n’est pas ce gouvernement qui en sera capable car il ne souhaite pas une politique de justice sociale, de lutte contre les inégalités et de relance sociale. Face aux urgences et au temps qui nous est imparti, si on refuse le scénario catastrophe annoncé : une droite et une extrême droite en quête de victoire pour 2017 sur fond de défaite du pouvoir socialiste, alors il faut passer à l’action. Nous voulons construire ce qui pour le moment est appelé des vœux de beaucoup dans le camp de la gauche – des forces, des groupes, des personnalités…– mais qui ne converge pas encore. C’est cette absence de perspective qui empêche de redonner espoir au peuple de gauche pour qu’il se mobilise.

Les communistes, comme le montrent les initiatives prises çà et là, ont déjà engagé ce travail de dialogue, de propositions, de batailles concrètes avec la volonté de rassembler ceux et celles qui veulent sortir notre pays de l’ornière libérale.

Ce fut aussi un message de combat des communistes pour modifier les rapports dans le monde, engager un nouvel ordre international fondé sur le droit, libéré des dominations dont celles du capitalisme financiarisé et de grandes puissances, des logiques d’affrontement pour construire un monde de paix, de solidarité et de développement partagé.

Le message, c’est aussi l’appel public que Pierre Laurent, secrétaire national, a lancé au pays pour dire qu’il est possible de changer de politique, de relever le pays et que les communistes sont disponibles pour construire cette alternative de gauche maintenant, avec le Front de gauche. Nous voulons engager la mise en construction d’assises citoyennes. Un appel pressant pour travailler à une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat politique à mettre en œuvre par un nouveau gouvernement. Et plusieurs grands axes ont été développés : reprendre le pouvoir sur la finance (banques, nationalisations), redonner du souffle à notre République sans diviser ni exclure mais au contraire faire société avec tous, engager un plan de relance sociale avec la hausse des salaires et le développement de la protection sociale et celui des services publics. Il faut agir maintenant, personne ne peut rester spectateur ou dans le flou. Et plusieurs propositions d’initiatives sur la durée ont été annoncées pour permettre de rassembler sur des batailles politiques et la construction d’un projet de gauche.

Premièrement, engager la bataille contre l’austérité au long cours, le 15 novembre étant une étape qui en appelle d’autres avec le collectif 3A, la nationalisation des autoroutes, la transparence sur le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et l’interpellation des pouvoirs publics et des entreprises sur son utilisation...

Deuxièmement, se donner avec le Front de gauche une nouvelle étape de rassemblement pour l’alternative de gauche avec la construction d’assises citoyennes pour la transformation sociale.

Troisièmement, un appel à engager une bataille contre l’austérité à l’échelon européen et à construire avec les forces sociales et progressistes un forum européen pour des alternatives.

Que retenez-vous des échanges du samedi sur la situation politique ?

Il y a une lucidité chez les communistes à propos de la situation du pays, de la situation politique et les dégâts que les politiques de Sarkozy et de Hollande ont créés dans les têtes avec les discours de division, de rejet, de défiance des politiques. Lucidité à propos des défis à relever et donc des responsabilités qui sont les nôtres comme force politique dans ce moment-là. Et il y a donc aussi une inquiétude : « Est-ce qu’on peut être à la hauteur, est-ce qu’on va y arriver ? » car nous avons conscience que le temps presse, qu’il y a urgence pour l’avenir de notre pays à construire une alternative de gauche. Il y a urgence aussi à garantir l’avenir du mouvement progressiste permettant les transformations sociales.

Il y a une unité des communistes qui peut permettre d’être à l’offensive, d’être une force actrice dans le mouvement politique et social. C’est un point à souligner car c’est un élément pour donner confiance à ceux et celles qui, à gauche, refusent les choix libéraux de ce gouvernement et qui s’inquiètent du devenir du pays comme du devenir de la gauche.

Qu’est-ce qui fait débat et qu’est-ce qui fait accord chez les communistes ?

Ce qui fait accord, c’est la qualification de l’action du gouvernement Hollande-Valls et la volonté de ne pas rester commentateurs de la situation politique au gré de l’actualité. Accord aussi sur la mise en œuvre des décisions prises lors de nos derniers conseils nationaux : prendre des initiatives politiques permettant d’enrayer les politiques d’austérité en France et en Europe. En ce sens, les interventions montrent la multitude d’initiatives prises contre l’austérité dans tous les lieux : institutionnels, dans les entreprises, les communes, les quartiers. Elles témoignent aussi de la créativité militante avec des actions et des pratiques de solidarité concrète…

Ce qui fait débat, qu’il faut poursuivre en confrontant les expériences, c’est : qu’est-ce qui peut faire convergence et rassembler pour arracher des victoires dans la période ? Et donc, où mettons-nous le curseur sur les ruptures à opérer ? Il y a aussi le débat autour de ce qui peut faire mouvement. Le rejet des politiques d’austérité ou le rejet des politiques libérales comme si l’une n’allait pas avec l’autre, mais il faut poursuivre l’échange. Cela rejoint le débat sur le processus pour transformer la société.

Et il y a aussi le débat sur les contours du rassemblement : rassembler les citoyennes et citoyens et faire fi des forces organisées, avoir à choisir entre plusieurs acteurs à gauche : d’un côté le Front de gauche et de l’autre, les socialistes, les écologistes et autres forces en désaccord avec le gouvernement.

Le PCF fait le pari d’une « alternative gagnante » sans attendre, avec tous ceux qui refusent l’austérité. Sur quels grands axes comptez-vous bâtir une nouvelle majorité ?

C’est un pari audacieux mais à partir du moment où, après la politique mise en œuvre par Sarkozy et la droite, celle du gouvernement Valls est en échec et minoritaire dans le pays, il peut y avoir une nouvelle majorité politique qui porte un nouveau projet de gauche. Nouvelle majorité portant sur les valeurs de gauche, d’idées et de propositions de réformes. Privatisations ou nouvel essor des services publics ? Partage des richesses ou accaparement par une minorité de riches ? Justice sociale et fiscale ou accroissement des inégalités et de la pauvreté ? Le pouvoir aux banques et décideurs privés ou le pouvoir aux citoyens, aux salariés et à leurs représentants ? Faire société avec tous ou poursuivre la fragmentation de la société qui ne profite qu’à l’extrême droite et aux forces du capital ?

Et l’on voit bien que sur beaucoup de ses choix, nous sommes majoritaires, et qu’il faut donc engager tous ceux et celles qui refusent ces politiques d’austérité à se mettre en mouvement pour construire des propositions concrètes et en rupture avec la domination des marchés financiers. Car cela veut dire aussi être en capacité de produire des lieux de résistance et des lieux où on pratique de nouvelles formes d’expression citoyenne et de solidarité. La question de l’unité des exploités et des dominés reste un véritable défi à relever.

Les élections départementales peuvent-elles permettre de passer aux travaux pratiques ?

Ce sera et c’est déjà un moment qui va compter, puisque tout le pays est concerné par cette élection qui prend donc un caractère national. Les communistes en débattent et y voient une étape pour construire l’alternative de gauche.

Il ne s’agit pas pour nous de laisser faire la droite et l’extrême droite qui sont dans la conquête ou la reconquête de pouvoirs dans les départements. Il ne s’agit pas non plus pour nous de laisser aux forces du capital la prise de pouvoir sur les départements. Car, avec la cure d’austérité que le gouvernement impose aux collectivités et avec la réforme territoriale proposée par le gouvernement, avec en ligne de mire la disparition des départements, c’est le risque de privatisation des services publics locaux ou ceux assurés par les associations.

Il y a donc, avec ces élections, une grande bataille à mener dans tout le pays, dans les cantons et départements entre ceux qui veulent l’austérité locale et la loi du marché et ceux qui veulent des services publics et la satisfaction des besoins des habitants. Entre ceux qui, pour cela, veulent brader la démocratie locale et ceux qui au contraire veulent la développer pour être à l’écoute et faire participer, dans la proximité, les citoyens à la politique locale.

C’est avec cette ambition que nous lançons un appel aux citoyennes et citoyens, aux forces qui se reconnaissent dans ces principes, à porter partout des candidatures représentatives de ceux et celles qui luttent, qui créent, qui souffrent, un appel à se rassembler pour des politiques de gauche, de combat contre l’austérité dans les départements.

De quelle manière les ateliers du dimanche alimentent-ils le travail du projet ?

Tout d’abord, il faut remarquer un grand intérêt des communistes pour travailler sur le projet : la participation active dans les neuf ateliers, sur neuf problématiques parfois ardues en témoigne. On ne peut que s’en féliciter. Il y a une réelle envie de mieux maîtriser les enjeux, les défis et les réponses à apporter sur de grandes questions : une nouvelle ère de la démocratie, un nouveau modèle de développement humain durable, une mondialisation transformée.

Il y a besoin de connaissance et d’appropriation des travaux, des propositions que les secteurs, les commissions du PCF travaillent et qui ont besoin de plus irriguer l’ensemble des militants. Non pas d’une manière verticale mais pour associer les communistes à l’élaboration des réponses, au travail commun. Il y a une richesse d’expertises de terrain, de compétences professionnelles et/ou militantes, d’expériences diverses que nous devons mieux mettre en commun pour mener les batailles d’idées, les batailles politiques dont notre pays, le mouvement progressiste en France, en Europe et dans le monde, ont besoin. C’est pourquoi, nous devons élargir le réseau des communistes qui peuvent participer aux différents secteurs et commissions. Un appel a été lancé à la participation dimanche, il a déjà reçu un écho positif et nous allons le renouveler.

Il y a une envie de poursuivre et une demande de mieux articuler ce travail avec les fédérations, les sections. Le travail avec les conventions est un levier, et la décision de tenir une convention sur le projet en 2016 va nous pousser à identifier les questions, les problématiques à traiter avec une cohérence permettant d’identifier, de faire identifier ce qu’est notre projet d’émancipation humaine, notre projet de communisme de nouvelle génération.

Il s’agira à partir des travaux, introduction et synthèses des ateliers de donner une cohérence à quelques axes de changement que pourrait porter un projet de gauche. Le comité du projet va y travailler ainsi que la direction nationale.

Lorsque Pierre Laurent, dans son discours de clôture, estime que le projet communiste en construction n’est pas un projet pour le Parti communiste, qu’entend-il par là ?

Ce qu’il veut dire, c’est que notre projet d’un communisme de nouvelle génération est un projet d’ambition pour le développement humain durable, et qu’il se construit avec tous ceux et celles qui veulent porter cette envie de coopération, de partage et d’émancipation. Il y a les communistes et il y a bien d’autres personnes qui veulent travailler avec nous car, comme je le disais, nos convictions et notre engagement pour l’intérêt général donnent confiance. Nous pouvons encore aller plus loin pour que ceux et celles qui se sentent en mal de gauche et de construction alternative se sentent à l’aise avec les communistes.

La Revue du projet, n°42, décembre 2014.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:22

Le PCF appelle à manifester suite à la débaptisation du parvis Georges Marchais

Le 19 décembre 2014 par C.Dubois

Au sein du PCF, la débaptisation du parvis Georges Marchais de Villejuif, votée en Conseil municipal ce jeudi 18 décembre, a suscité une vive réaction. Après s’être exprimé lors de la séance,

la section locale du Parti communiste a décidé d’organiser un rassemblement de protestation sur le parvis en question (angle Guy Môquet – Paul Vaillant-Couturier) ce lundi 23 décembre à 18h15 pour défendre le nom de l’ancien député de la circonscription.

« Il n’est pas anormal qu’un député qui a été élu démocratiquement durant 26 ans à Villejuif Arcueil Cachan Gentilly y ait sa place. C’est une opération mesquine qui contrevient à la logique républicaine,motive Pierre Garzon, secrétaire de la section locale du PCF. En outre, mettre en opposition Georges Marchais et Georges Mathé n’a pas de sens car ils s’estimaient profondément et se sont battus ensemble pour obtenir des crédits pour la recherche. En 2010, le professeur Georges Mathé avait du reste souligné, à l’occasion de l’anniversaire de la première greffe de moelle osseuse, que ses travaux n’auraient pu aller aussi loin sans Jacques Chirac et Georges Marchais. »

Le secrétaire local du PCF indique avoir saisi le préfet pour lui demander de ne pas valider cette délibération du Conseil municipal.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES PCF
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