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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 13:11
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 09:09

LA DERNIERE LETTRE DE PATRICE LUMUMBA A SA FEMME PAULINE

Vendredi, 26 Décembre, 2014 - 22:13

Kongo (Kinshasa), Péyi zanmi-kanmarad

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Destitué puis emprisonné, c’est en novembre 1960 que Patrice Emmery Lumumba écrit cette lettre à son épouse, Pauline. Du fond de sa cellule, il sait que ce sont les derniers mots qu’il pourra lui adresser…

« Ma compagne chérie, Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique ! ».

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Published by bruno fornaciari - dans SOLIDARITE INTERNATIONALE congo
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 13:56

Pour Rappel : la longue liste des 33 résolutions de l'ONU non respectée par l'Etat d'Israel depuis 1947 :

Résolutions prises en assemblée générale

(ayant alors fonction d’organe décisionnaire)

Résolution 181 (29 novembre 1947). Adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies.

Résolution 194 (11 décembre 1948). Les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir « rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins » ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens « à titre de compensation ». Création de la commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine.

Résolution 302 (8 décembre 1949). Création de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Résolutions prise par le conseil de sécurité de l'ONU

Résolution 236 (11 juin 1967). Au lendemain de la guerre de juin 1967, le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu et un arrêt immédiat de toutes les activités militaires dans le conflit opposant l’Egypte, la Jordanie et la Syrie à Israël.

Résolution 237 (14 juin 1967). Le Conseil de sécurité demande à Israël d’assurer « la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des zones où des opérations militaires ont eu lieu » et de faciliter le retour des réfugiés.

Résolution 242 (22 novembre 1967). Le Conseil de sécurité condamne l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ». Il affirme « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque Etat de la région.

Résolution 250 (27 avril 1968). Israël est invité à ne pas organiser le défilé militaire prévu à Jérusalem le 2 mai 1968 considérant que cela aggraverait les « tensions dans la région ».

Résolution 251 (2 mai 1968). Le Conseil de sécurité déplore la tenue du défilé militaire de Jérusalem « au mépris » de la résolution 250.

Résolution 252 (21 mai 1968). Le Conseil de sécurité déclare « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures.

Résolution 267 (3 juillet 1969). Le Conseil de sécurité censure « toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem ».

Résolution 340 (25 octobre 1973). A la suite de la guerre de Ramadan ou de Kippour, création de la deuxième Force d’urgence des Nations unies (FUNU-II) qui vise à « superviser le cessez-le-feu entre les forces égyptiennes et israéliennes » et à assurer le « redéploiement » de ces mêmes forces.

Résolution 446 (22 mars 1979). Le Conseil de sécurité exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

Résolution 468 (8 mai 1980). Le Conseil de sécurité déclare « illégales » les expulsions à l’étranger de notables palestiniens de Hébron et de Halhoul par les autorités militaires israéliennes et demande à Israël de les annuler.

Résolution 592 (8 décembre 1986). Le Conseil de sécurité rappelle que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre « est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ». Il condamne « l’armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants » de l’université Bir Zeit.

Résolution 605 (22 décembre 1987). Après le déclenchement de la première Intifada, le Conseil de sécurité condamne les pratiques d’Israël « qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens ».

Résolution 607 (5 janvier 1988). Israël doit « s’abstenir d’expulser des civils palestiniens des territoires occupés » et respecter les obligations que lui impose la convention de Genève.

Résolution 608 (14 janvier 1988). Le Conseil de sécurité demande à Israël « d’annuler l’ordre d’expulsion des civils palestiniens et d’assurer le retour immédiat et en toute sécurité » de tous ceux déjà expulsés.

Résolution 636 (6 juillet 1989). Le Conseil de sécurité demande à Israël, en conformité avec ses précédentes résolutions et avec la convention de Genève, de « cesser immédiatement d’expulser d’autres civils palestiniens » et d’assurer le retour en toute sécurité de ceux déjà expulsés.

Résolution 641 (30 août 1989). Le Conseil de sécurité « déplore qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens » et lui demande d’assurer le retour de tous les expulsés.

Résolution 672 (12 octobre 1990). Après les violences de l’esplanade des Mosquées - le mont du Temple, le Conseil de sécurité condamne « les actes de violence commis par les forces de sécurité israéliennes » à Al-Haram Al-Charif et dans d’autres lieux saints de Jérusalem et demande à Israël de « s’acquitter scrupuleusement des obligations juridiques et des responsabilités qui lui incombent » vis-à-vis des civils des territoires occupés.

Résolution 673 (24 octobre 1990). Le Conseil de sécurité condamne le refus d’Israël d’appliquer la résolution 672.

Résolution 681 (20 décembre 1990). Israël est sommé d’appliquer la convention de Genève.

Résolution 694 (24 mai 1991). Le Conseil de sécurité déclare que l’expulsion de quatre nouveaux civils palestiniens en mai 1991 par les forces israéliennes constitue une violation de la convention de Genève.

Résolution 799 (18 décembre 1992). Le Conseil de sécurité condamne les quatre cents expulsions de décembre 1992, soulignant qu’elle est contraire aux obligations internationales imposées à Israël par la convention de Genève. Le Conseil réaffirme l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban.

Résolution 904 (18 mars 1994). A la suite du massacre de la mosquée de Hébron, le Conseil de sécurité demande à Israël de prendre les mesures nécessaires « afin de prévenir des actes de violence illégaux de la part des colons israéliens » envers les civils palestiniens.

Résolution 1322 (7 octobre 2000). A la suite du début de la seconde Intifada, le Conseil de sécurité déplore les violences et condamne le « recours à la force excessif contre les Palestiniens ». Il demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève.

Résolution 1397 (12 mars 2002). Le Conseil de sécurité demande la « cessation immédiate de tous les actes de violence, y compris tous les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions », et réclame la coopération des Israéliens et des Palestiniens visant à la reprise des négociations.

Résolution 1402 (30 mars 2002). Après la réoccupation totale de la Cisjordanie, le Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu immédiat et le « retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes ».

Résolution 1405 (19 avril 2002). Le Conseil de sécurité déclare qu’« il est urgent que les organismes médicaux et humanitaires aient accès à la population civile palestinienne ».

Résolution 1435 (24 septembre 2002). Le Conseil de sécurité exige « le retrait rapide des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes ». Il demande à l’Autorité palestinienne de « faire traduire en justice les auteurs d’actes terroristes ».

Résolution 1515 (19 novembre 2003). Le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », et demande en conséquence aux parties en conflit de s’acquitter des obligations relatives à la « feuille de route » du Quartet.

Résolution 1544 (19 mai 2004). Le Conseil de sécurité demande qu’Israël respecte « les obligations que lui impose le droit humanitaire international » et « l’obligation qui lui est faite de ne pas se livrer aux destructions d’habitations ».

Résolution 1850 (16 décembre 2008). Le Conseil de sécurité soutient le processus d’Annapolis, et demande aux parties de « s’abstenir de toute mesure suceptible d’entamer la confiance » et de ne pas « remettre en cause l’issue des négociations ».

Résolution 1860 (8 janvier 2009). Après l’incursion de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité exige « l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza ». Il demande de ne pas entraver l’entrée des organisations médicales dans Gaza et d’empêcher le trafic illégal d’armes.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 08:16

Le texte sur un Etat palestinien pourrait être voté à l'ONU

FABRICE SAVEL AVEC AGENCES

MARDI, 30 DÉCEMBRE, 2014

L'HUMANITÉ.FR

Le projet de résolution de l'Onu appelant à la signature d'ici un an d'un accord de paix au Proche-Orient et à la fin de l'occupation des territoires palestiniens d'ici 2017 devrait être soumis au Conseil de sécurité dans la journée ou mercredi matin au plus tard.

"Nous avons décidé que nous allions passer au vote au Conseil de sécurité sur la résolution", a déclaré l'ambassadrice de Jordanie à l'ONU, Dina Kawar. Le Conseil doit se réunir à 22H00 GMT (17H00 heure locale). Selon la représentante permanente de la Jordanie à l'Onu, les délégations des pays arabes ont décidé que le texte devait être mis aux voix le plus vite possible, mais tout dépendra du temps nécessaire pour organiser la réunion. La diplomate a dit avoir demandé que le vote ait lieu mardi après-midi. Si ce n'est pas le cas, il pourrait avoir lieu mercredi matin, a quant à lui indiqué l'observateur palestinien Riad Mansour. Les Palestiniens avaient apporté lundi des modifications à leur projet de résolution et demandé que le texte soit soumis au Conseil de sécurité dès cette semaine.

D'après des diplomates occidentaux, il serait possible d'organiser la réunion pour 17h00, heure de New York (22h00 GMT). Si le texte obtient les neuf voix nécessaires à son adoption, les Etats-Unis opposeront sans aucun doute leur veto. "Notre position sur la résolution n'a pas changé. Et je voudrais ajouter qu'il y a de nombreux pays qui ont dit qu'ils ne pourront pas soutenir cette résolution. Et même parmi ces pays, il y en a qui soutiennent les Palestiniens depuis longtemps et qui ont indiqué qu'ils ne voteraient pas en faveur" du texte, a fait valoir Jeffrey Rathke, un porte-parole du département d'Etat américain, lors d'un point de presse.

Lundi, M. Rathke avait expliqué que la résolution posait notamment "des délais arbitraires à un succès des négociations de paix et au retrait d'Israël de Cisjordanie". Selon lui "le risque est plus grand que les négociations soient entravées qu'elles ne soient couronnées de succès". Lors d'une réunion de deux heures lundi, convoquée par la Jordanie, qui siège au Conseil, le groupe arabe à l'ONU avait, lui, apporté son soutien au document modifié. Les amendements prévoient Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d'un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l'arrêt de la colonisation israélienne et rappellent le caractère illégal du mur de séparation. Le texte prévoit en outre un accord de paix dans un délai de douze mois, et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 19:03

Grèce : Le tournant anti-austérité ?

Après cinq années des remèdes de cheval austéritaires infligés en pure perte à la Grèce par la coalition PASOK (sociaux démocrates) / Nouvelle Démocratie (droite) sous la direction de la commission européenne et du FMI, le peuple grec pourrait bien dire stop et ouvrir une nouvelle ère. En effet, alors que le Parlement grec vient de confirmer pour la 3e fois son refus d'élire Dimas, le candidat de la coalition gouvernementale à l'élection présidentielle, des élections législatives sont convoquées pour le 25 janvier. Syriza, le Front de gauche grec, donné en tête dans les sondages pourrait conduire le pays sur une nouvelle voix : celle du redressement et de la réponse aux urgences sociales.

Les marchés, l'union européenne et le FMI exercent une pression maximale

Mais rien n'est fait. La Grèce et le désir d'alternative du peuple grec subissent depuis quelque jours un feu nourrit pour l'affaiblir. Celui des marchés (les taux d'intérêts ont bondit de 8,5 % à 9,5 % en quelques jours) et de la bourse. Celui du FMI qui a suspendu son « aide » en attendant le nouveau gouvernement afin de s'assurer que les citoyens grecs votent « comme il faut ». Celui des émissaires politiques de la commission européenne, comme Pierre Moscovici il y a peu, chargé de sermonner les égarés.

Laissons parler les peuples européens

Le peuple grec est adulte. Il doit décider librement de son avenir, comme tous les peuples européens. Nous sommes en effet collectivement à la croisée des chemins. Nous le voyons bien, avec la progression des forces authentiquement de gauche en Espagne, au Portugal, en Irlande et un peu partout en Europe, la perspective d'un changement radical de politique économique mettant fin au règne de la finance et priorisant l'humain, les solidarités et la planète, prend une consistance nouvelle. Les puissances de l'argent l'ont bien compris, redoutant un effet domino à l'échelle européenne.

Un Front européen anti-austérité

A Athènes comme à Paris, ce sont bien ces recettes libérales inutiles et dangereuses qu'il est possible de remettre en question. Ces recettes comme celles contenues dans la triste Loi Macron, inspirées par le MEDEF et qui fait consensus de la direction du PS à nombre d'élus UMP.

Il faut faire du neuf. En France comme en Europe, des forces considérables, politiques, associatives, syndicales et citoyennes se rassemblent pour construire une perspective positive.

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE grece PCF
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 13:30

24

Nov

2014

Un journaliste Allemand dévoile le contrôle de la presse par la CIA

Udo Ulfkotte, un ancien rédacteur en chef du Frankfurter Allgemeine Zeitung (qui est l’un des plus grands journaux Allemand), a décidé de rendre publique sa participation dans la corruption des «nouvelles» des médias occidentaux, estimant que celles-ci entraînent l’Europe vers une guerre nucléaire contre la Russie, provoquée par l’aristocratie américaine via la CIA.

Il a été un des conseillers du gouvernement Helmut Kohl. Entre 1986 et 1998, Ulfkotte a vécu en : Iraq, Iran, Afghanistan, Arabie saoudite, Oman, Émirats arabes unis, Égypte et en Jordanie. Il est membre du German Marshall Fund et a fait partie de la Fondation Konrad Adenauer de 1999 to 2003. Il a gagné le prix civique de la Fondation Annette Barthelt en 2003.

Il a été cofondateur d’un mouvement de paix contre l’extrémisme islamique naissant en Allemagne.

Et maintenant, il sort un livre qui prétend que les États-Unis sont en réalité la plus grande de toutes les menaces à la paix. Le livre est disponible uniquement en allemand, Gekaufte Journalisten, qui signifie «journalistes achetés.” (en tête des ventes dans sa catégorie sur Amazon.de – si un germanophone se sent de faire une fiche de lecture ce serait génial, contactez moi)

Voici des extraits de son témoignage à la télévision Russe :

Je suis journaliste depuis 25 ans, et j’ai été éduqué à mentir, à trahir, et à ne pas dire la vérité au public. Mais voyant actuellement et durant ces derniers mois, jusqu’à quel point… comment les médias allemands et américains essaient d’apporter la guerre aux Européens, d’apporter la guerre à la Russie. C’est un point de non-retour, et je vais me lever et dire … que ce que j’ai fait dans le passé n’est pas correct, de manipuler les gens, de faire de la propagande contre la Russie et ce que font mes collègues et ont fait dans le passé, parce qu’ils sont soudoyés pour trahir le peuple pas seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.

La raison de ce livre est que je suis très inquiet d’une nouvelle guerre en Europe, et je ne souhaite pas que la situation se reproduise, parce que la guerre ne vient jamais d’elle-même, il y a toujours des gens derrière qui poussent à la guerre, et ce ne sont pas seulement les politiciens, ce sont les journalistes aussi.

J’ai juste écrit dans le livre comment nous avons trahi dans le passé nos lecteurs juste pour pousser à la guerre, et parce que je ne veux plus de cela, j’en ai marre de cette propagande. Nous vivons dans une république bananière, et pas dans un pays démocratique où nous aurions la liberté de la presse, les droits de l’Homme. [...]

Si vous regardez les médias allemands, et plus spécialement mes collègues qui, jour après jour, écrivent contre les Russes, qui sont dans des organisations transatlantiques, et qui sont soutenus par les États-Unis pour faire cela, des gens comme moi. Je suis devenu citoyen d’honneur de l’État de l’Oklahoma. Pourquoi au juste ? Juste parce que j’écris pro-américain. J’ai écrit pro-américain. J’étais soutenu par la Central Intelligence Agency, la CIA. Pourquoi? Parce que je devais être pro-américain.

J’en ai marre de ça. Je ne veux plus le faire ! Et alors j’ai juste écrit le livre non pour gagner de l’argent, non, ça va me coûter de nombreux problèmes, juste pour donner aux gens dans ce pays, l’Allemagne, en Europe et partout dans le monde, juste pour leur donner un aperçu de ce qui se passe derrière les portes closes.

Oui il y a de nombreux exemples de cela : si vous revenez sur l’histoire, dans l’année 1988, si vous allez dans vos archives, vous trouverez en mars 1988 qu’il y a eu en Irak des Kurdes qui ont été gazés avec des gaz toxiques, ce qui est connu du monde entier. Mais en juillet 1988, ils m’ont envoyé dans une ville appelée Zubadat qui est à la frontière de l’Irak avec l’Iran. C’était la guerre entre les Iraniens et les Irakiens, et j’ai été envoyé là-bas pour photographier comment les Iraniens ont été gazés par du gaz toxique, par du gaz toxique allemand. Vous l’appelez LOST, sarin, gaz moutarde, fabriqué par l’Allemagne. Ils ont été gazés et j’étais là pour prendre des photographies de comment ces gens ont été gazés par du gaz toxique venant d’Allemagne. Lorsque je suis revenu en Allemagne, il n’y avait qu’une seule petite photo dans le journal, le Frankfurter Allgemeine [Zeitung], et il y avait un seul petit article, ne décrivant pas comment c’était impressionnant, brutal, inhumain et terrible, de tuer la moitié… de tuer, des décennies après la seconde guerre mondiale, des gens avec du gaz toxique allemand. Ainsi, ce fut une situation où je me suis senti abusé d’avoir été là-bas et juste pour donner un documentaire sur ce qui s’était passé, mais ne pas avoir été autorisé à dévoiler au monde ce que nous avions fait derrière les portes fermées. Jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas bien connu du public allemand qu’il y a eu des gaz allemands, qu’il y a eu des centaines de milliers de gens gazés dans cette ville de Zubadat.

Maintenant vous m’avez demandé ce que j’ai fait pour les agences de renseignement, alors s’il vous plaît, comprenez que la plupart des journalistes que vous voyez dans les pays étrangers prétendent être journalistes, et ils pourraient être journalistes, des journalistes européens ou américains… Mais nombre d’entre eux, comme moi dans le passé, sont soi-disant appelés : « couverture non officielle ». C’est comme ça que les Américains les appellent. J’ai été une « couverture non officielle ». La couverture non officielle, ça signifie quoi ? Cela signifie que vous travaillez pour une agence de renseignement, vous les aidez s’ils veulent que vous les aidiez, mais jamais, au grand jamais, [...] lorsque vous êtes attrapés, lorsqu’ils découvriront que vous n’êtes pas seulement un journaliste mais également un espion, ils ne diront jamais : « celui-ci était l’un des nôtres ». ils ne vous connaîtront pas. Voilà ce que veut dire une couverture non officielle. Ainsi, je les ai aidés à plusieurs reprises, et je me sens honteux pour cela aussi désormais. De la même manière que je me sens honteux d’avoir travaillé pour des journaux très recommandés comme le Frankfurter Allgemeine, parce que j’ai été soudoyés par des milliardaires, j’ai été soudoyé par les Américains pour ne pas rendre compte exactement la vérité. […] J’imaginais juste lorsque j’étais dans ma voiture pour venir à cet entretien, j’essayais de me demander ce qu’il se serait passé si j’avais écrit un article pro-russe, dans le Frankfurter Algemeine. Et bien je ne sais pas ce qui se serait passé. Mais nous avons tous été éduqués à écrire pro-européen, pro-américain, mais de grâce pas pro-russe. Alors je suis très désolé pour cela…. Mais ce n’est pas la façon dont je comprends la démocratie, la liberté de la presse, et je suis vraiment désolé pour cela.

Et bien oui je comprends très bien la question. L’Allemagne est toujours une sorte de colonie des États-Unis, vous le verrez dans de nombreux points; comme [le fait que] la majorité des Allemands ne veut pas avoir des armes nucléaires dans notre pays, mais nous avons toujours des armes nucléaires américaines. Donc, oui, nous sommes encore une sorte de colonie américaine, et, étant une colonie, il est très facile d’approcher les jeunes journalistes au travers (et ce qui est très important ici est) des organisations transatlantiques. Tous les journalistes appartenant à des journaux allemands très respectés et recommandés, des magazines, des stations de radio, des chaînes de télévision, sont tous membres ou invités de ces grandes organisations transatlantiques. Et dans ces organisations transatlantiques, vous êtes approchés pour être pro-américain. Et il n’y a personne venant à vous et disant : « nous sommes la CIA. Voudriez-vous travailler pour nous ? ». Non ! Ce n’est pas la façon dont ça se passe.Ce que font ces organisations transatlantiques, c’est de vous inviter pour voir les États-Unis, ils paient pour cela, ils paient toutes vos dépenses, tout. Ainsi, vous êtes soudoyés, vous devenez de plus en plus corrompus, parce qu’ils font de vous de bons contacts. Alors, vous ne saurez pas que ces bons contacts sont, disons, non officiels. Des couvertures non officielles ou des personnes officielles travaillant pour la CIA ou pour d’autres agences américaines. Alors vous vous faites des amis, vous pensez que vous êtes ami et vous coopérez avec eux. Et ils vous demandent : « pourriez-vous me faire cette faveur- ci ? Pourriez-vous me faire cette faveur-là ? ». Alors votre cerveau subit de plus en plus un lavage de cerveau par ces types. Et votre question était : est-ce seulement le cas avec les journalistes allemands? Non ! Je pense que c’est plus particulièrement le cas avec les journalistes britanniques, parce qu’ils ont une relation beaucoup plus étroite. C’est aussi particulièrement le cas avec les journalistes israéliens. Bien sûr avec les journalistes français, mais pas autant que pour les journalistes allemands ou britanniques. … C’est le cas pour les Australiens,les journalistes de Nouvelle-Zélande, de Taïwan, et de nombreux pays. Des pays du monde arabe, comme la Jordanie, par exemple, comme Oman, le sultanat d’Oman. Il y a de nombreux pays où ça se passe, où vous trouvez des gens qui déclarent être des journalistes respectables, mais si vous regardez plus derrière eux, vous découvrirez que ce sont des marionnettes manipulées par la CIA.

Excusez-moi de vous interrompre, je vous donne un exemple. Parfois, les agences de renseignement viennent à votre bureau, et veulent que vous écriviez un article. Je vous donne un exemple [ne venant] pas d’un journaliste bizarre, mais de moi même. J’ai juste oublié l’année. Je me rappelle seulement que le service de renseignement allemande pour l’étranger, le Bundesnachrichtendienst (c’est juste une organisation sœur de la Central Intelligence Agency, elle fut fondée par cette agence de renseignement) [...] est venu à mon bureau au Frankfurter Algemeine, à Francfort. Et ils voulaient que j’écrive un article sur la Libye et le colonel Mouammar Kadhafi. Je n’avais absolument aucune information secrète concernant le colonel Kadhafi et la Libye. Mais ils m’ont donné toutes ces informations secrètes, et ils voulaient juste que je signe l’article de mon nom.

Je l’ai fait. Mais c’était un article qui fut publié dans le Frankfurter Algemeine, qui originellement venait duBundesnachrichtendienst, de l’agence de renseignement pour l’étranger. Donc pensez-vous réellement que ceci est du journalisme ? Des agences de renseignement écrivant des articles ?

Oh oui. Cet article que j’ai reproduit partiellement dans mon livre, cet article était : « Comment la Libye et le colonel Mouhamar Kadhafi a secrètement essayé de construire une usine de gaz toxiques à Rabta ». Je crois que c’était Rabta, oui. Et j’ai obtenu toutes ces informations… c’était une histoire qui fut imprimée à travers le monde entier quelques jours plus tard. Mais je n’avais aucune information à ce sujet, c’était l’agence de renseignement qui voulait que j’écrive un article. Donc ce n’est pas la manière dont le journalisme devrait fonctionner, que les agences de renseignement décident de ce qui est imprimé ou pas.

Si je dis non, je vous donne un exemple, un très bon exemple de ce qui se passe si vous dites non. Nous avons secouru des unités en Allemagne avec des hélicoptères dévolus aux accidents de la route. Ils se nomment eux-mêmes les « anges jaunes ». Il y avait un type qui ne voulait pas coopérer, c’était un pilote du service d’hélicoptères des anges jaunes en Allemagne. Ce type a dit non au service de renseignement pour l’étranger, le Bundesnachrichtendienst, lorsqu’ils l’approchèrent et voulurent qu’ils travaillent en tant que couverture non officielle pour l’agence allemande de renseignement pour l’étranger, tout en prétendant être un membre des anges jaunes. Alors ce qui arriva, c’est que cet homme perdit son travail. Et [au] tribunal en Allemagne, le juge décida qu’ils avaient raison parce qu’on ne peut pas faire confiance à un tel type. Il a été viré de son travail parce qu’il n’a pas coopéré avec le service de renseignement pour l’étranger. Ainsi, je savais ce qui arriverait si je ne coopérais pas avec les services de renseignement .

J’ai dû avoir une, deux, trois… six fois ma maison a été perquisitionnée, parce que j’ai été accusé par le procureur général allemand de divulgations de secrets d’État. Six fois ma maison perquisitionnée ! Et bien, ils espéraient que je ne refasse jamais encore cela. Mais je pense que c’est pire, car la vérité sortira un jour. La vérité ne mourra pas. Et je me fiche de ce qui va arriver. J’ai eu trois crises cardiaques, je n’ai pas d’enfants. Donc s’ils veulent me poursuivre ou me jeter en prison… La vérité en vaut la peine…

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 08:30

PCF -

Parti de la Gauche Européenne

Grèce: une nouvelle ère est à portée de main (Pierre Laurent)

Malgré les pressions, le Parlement grec confirme pour la 3e fois son refus d'élire Dimas, le candidat de la coalition gouvernementale, à l'élection présidentielle. C'est une victoire contre l'austérité et une sanction bien méritée pour Nouvelle Démocratie et le Pasok. Les élections législatives sont convoquées pour le 25 janvier.

Une nouvelle ère pour le peuple grec et pour l'Europe est à portée de main. Syriza, dont le programme répond aux urgences sociales et formule des propositions pour redresser le pays, est en tête de tous les sondages. Sa victoire, que je souhaite ardemment, serait non seulement un espoir mais aussi la première pierre d'une solution commune et de progrès pour tous les européens qui souffrent. Dans la gauche européenne réside l'issue positive à la crise en Europe.

Je souhaite un plein succès à mon ami Alexis Tsipras et à Syriza. Jusqu'aux elections, le PCF informera les français et combattra les pressions sur le peuple grec d'où qu'elles viennent. Le peuple grec est adulte et indépendant, il doit décider librement de son avenir.

Pierre Laurent
Secrétaire national du PCF
Président du PGE

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 16:18
Compte-rendu de la session du Parlement européen du 15 au 18 décembre 2014

Posté le 29 décembre 2014

Parmi les enjeux discutés : La liberté de la presse en Turquie, le fonds d’ajustement à la mondialisation pour Air France, la reconnaissance de l’Etat Palestinien.

Le Parlement européen s’est réuni en session du 15 au 18 décembre à Strasbourg.

Je vous fais ici un résumé des éléments qui ont été discutés et votés lors de cette session.

Lundi 15 décembre. J’ai demandé une modification de l’ordre du jour pour y inscrire les attaques du pouvoir turc contre les journalistes.

A la nouvelle des opérations de la justice turque dimanche 14 décembre contre des journalistes, j’ai aussitôt demandé une modification de l’ordre du jour de la session pour que le sujet soit débattu et que nous envoyons un signal fort aux autorités turques.

Les pressions contre les journalistes en Turquie ne cessent de se renforcer par des modifications du code de procédure pénal. La révision législative du vendredi 12 décembre, promulguée par le Président Erdogan n’a eu pour seul but que d’intimider et de pourchasser 24 journalistes, présentateurs ou directeurs de médias dans 13 villes différentes.

Je suis donc intervenu en ouverture de séance pour l’ajout de ce débat. Voici mon intervention:

« Monsieur le Président, je voudrais tout d’abord vous remercier pour les propos que vous avez tenus en ouverture de séance à propos de la liberté de la presse en Turquie: c’est un acte extrêmement important de la part du représentant de notre institution que vous êtes.

Secondement, ce qui s’est passé hier en Turquie est proprement inadmissible puisque, dans treize villes, des journalistes ont été arrêtés. Désormais, des menaces pèsent – d’ici Noël, selon les informations dont je dispose – sur 150 journalistes en Turquie, dont les principaux journalistes de télévision et de radio ainsi que du plus grand quotidien national.

Par conséquent, il convient que nous adoptions soit une résolution, soit une déclaration de la haute représentante pour arrêter cela le plus rapidement possible. »

Ayant obtenu ce débat je suis alors intervenu lors de celui-ci le mercredi 17 décembre. Voici mon intervention:

« Ce qui s’est passé en Turquie dimanche dernier s’apparente à ce qu’il faut bien appeler une rafle méticuleusement préparée contre des journalistes indépendants et écoutés du grand public. Dans treize villes du pays des journalistes, des directeurs de publications, un président de télévision ont été arrêtés. Leur seul tort est d’enquêter sur la politique du régime, de dire la vérité sur les systèmes de corruption.

Et voici que selon certaines informations cent cinquante journalistes sont menacés d’être arrêtés d’ici la fin de l’année.

Les autorités Européennes doivent être très fermes contre ces atteintes grave à la liberté de l’information et la liberté d’être informé.

Il n’y a pas de démocratie sans elle ! Et Monsieur le ministre, représentant le conseil, vous n’avez pas à accepter les rodomontades de Mr Erdogan. Il est disqualifié pour nous parler sur ce ton !

Maintenant, il faut renforcer les pressions pour obtenir la libération de tous les journalistes inquiétés , gardés à vue ou emprisonnés. Maintenant, il faut faire cesser ces atteintes au droit à la presse. Mettons nos institutions au service des journalistes menacés, rendons leur visite, défendons la liberté d’écrire et de diffuser des informations et dénonçons ces ingérences permanentes des autorités Turques sur la justice.

L’union Européenne doit cesser de placer sa politique commerciale, celle des affaires au-dessus du principe fondamental de la liberté et du droit d’informer, de l’indépendance de la justice et devrait au contraire utiliser le levier des échanges commerciaux comme un outil d’influence pour que les Etats considérés comme nos partenaires respectent avant tout les droits humains et les libertés. Les droits de la personne doivent passer largement au dessus des « lois du marché ».

Mardi 16 décembre :

La Commission ne veut rien changer aux politiques d’austérité.

Le Parlement européen a débattu de la suite à donner aux instruments de gouvernance économique européenne.

Ces instruments regroupés dans plusieurs directives et règlements appelés le 6-pack et le 2-pack, permettent à la Commission de scruter les budgets nationaux avant même leur adoption et d’orienter les dépenses et surtout les coupes dans le sens voulu.

Ce que le jargon européen appelle aussi le « Pacte de stabilité » s’est avéré une suite d’instruments redoutables d’oppression sociale. Car ces outils, dont j’ai dénoncé les logiques dès leur présentation, ont été mis en place avec l’objectif de réduire systématiquement la dépense publique et de défaire les protections sociales. Lorsque la France s’est fait épingler par la Commission il y a un mois avec l’Italie pour son projet de budget, c’était via ces instruments. Et si la Commission, sera encore plus attentive lors de sa prochaine évaluation en mars prochain, c’est toujours via ces instruments adoptés avec le soutien de la droite, des socialistes, mais aussi des verts.

Je tiens à rappeler ici qu’en échange du soutien du Parlement pour ces instruments déjà fort critiqué, il avait été promis une plus grande solidarité, avec une mutualisation de la dette des États via les Eurobonds et une attention renforcée pour les questions sociales. Ce rappel montre à quel point il s’agissait d’un marché de dupes : rien n’a été fait pour renforcer les mécanismes de solidarité ou la dimension sociale de l’Union économique et monétaire, alors que le contrôle sur les budgets et les politiques des États est devenu de plus en plus total.

Par la suite les politiques d’austérité ont tué toute reprise et nous impose le marasme actuel du fait de règles budgétaires qui ne voient l’investissement et la protection sociale que comme des pertes comptables.

Par conséquent, il est grand temps d’inverser cette logique et de donner à l’Union européenne l’impulsion sociale qui lui manque. Cela doit se faire par une relance ambitieuse qui passe par l’investissement financé par la lutte contre la fraude fiscale et le développement de vrais instruments de crédits productifs européens ; ainsi que l’acquisition de nouveaux droits en termes de protection et de formation.

Le débat n’a cependant guère pris ce sens puisqu’il a consacré l’approche dure du Parlement vis-à-vis de la dépense publique. Aux socialistes qui se sont contentés de demander une révision des règles actuelles pour introduire plus de souplesses, les élus de droite et principalement des pays du Nord ont répliqué, demandant au contraire une plus grande rigueur. Pour ces derniers le fait que la France soit passée in extremis à travers les mailles du filet lors de la dernière surveillance de la Commission, et ait ainsi échappé à des sanctions, montre que les règles actuelles doivent être encore plus renforcées.

La position de la Commission fut comme à son habitude plus diplomatique. Mais en se justifiant d’une « expérience limitée » de ces règles budgétaires (les Grecs, Espagnols et Portugais apprécieront), elle sous-entend que celles-ci lui conviennent parfaitement et qu’elle ne compte guère les changer.

Mardi 16 décembre :

Le Parlement débloque 25 millions d’euros pour les anciens salariés d’Air France.

Le Parlement a voté l’une des plus grosses mobilisations du Fonds d’Ajustement à la Mondialisation, le FEM, pour les anciens salariés d’Air France.

Créée dans le but d’atténuer les effets des délocalisations le Fonds d’Ajustement à la Mondialisation, vient aussi aider des salariés de secteurs touchés par la crise en finançant des formations et aides à la reconversion. Ce fonds a cependant vu ses moyens grandement réduits avec le nouveau budget européen puisqu’il est passé de 500 à 150 millions par an.

La demande de mobilisation accordée par le Parlement concernait les anciens salariés d’Air France qui ont perdu leur emploi suite au plan de restructuration « Transform 2015″. Pour les 3886 anciens salariés venant pour l’essentiel du site de Roissy ce sont 25 millions d’euros, soit la plus grosse mobilisation de ce fonds, qui sont débloqués sur un programme mis en place par l’entreprise représentant plus de 50 millions d’euros. Ces fonds sont utilisés pour financer des formations, des aides à la création d’entreprises et des allocations de congés de reclassement qui vont au-delà des obligations légales.

En tant que membre de la Commission affaires sociales, j’avais déjà eu à me prononcer en amont en commission sur chaque demande du FEM, y compris celle-ci. Dans cet examen j’ai contacté des syndicalistes d’Air France pour m’assurer que les fonds avancés par Air France ont bien été touchés par les salariés et qu’ils n’ont pas permis à Air France de se soustraire à ses responsabilités sociales : l’aide européenne doit servir à financer des aides en plus des obligations légales, et à aucun moment l’Union européenne ne doit faciliter les plans sociaux. J’ai également demandé à des responsables de l’entreprise des informations précises sur la portée des programmes mis en œuvre, leurs premiers résultats, le nombre de personnes concernées et leur qualité, avant de me prononcer.

Cette analyse ayant présentée les garanties nécessaires, j’ai voté en faveur de cette aide.

Mardi 16 décembre :

Le Parlement défini une approche trop timorée vis-à-vis des migrations.

Le Parlement a défini ses priorités sur la politique de migration, entre respect des droits des migrants et lutte contre l’immigration illégale.

La politique migratoire européenne a toujours été tiraillée entre les États jaloux de leurs prérogatives et les compétences européennes se développant du fait de l’espace Schengen : comment harmoniser les différents systèmes de gestion des flux migratoires une fois que nous sommes dans un même espace de circulation ? À cette question technique qui porte sur les durées des permis de séjour, les conditions d’accès ou de renvois, s’est ajoutée une urgence humaine : les milliers de migrants morts chaque année aux portes de l’Europe dont plus de 3 000 pour cette seule année 2014.

Il était donc important de rappeler l’importance des missions de sauvetage qui sauvent des milliers de vies chaque année. Celle-ci devant faire l’objet d’une vraie solidarité européenne sans quoi les États en première ligne des flux migratoires peuvent être tentés de réduire ses missions. Ce point est souligné dans cette résolution, ce dont je me félicite, tout comme la mention du respect des droits des migrants et notamment ceux ayant besoin d’une protection.

La résolution propose également des solutions pour lutter contre l’immigration illégale autre que le renforcement des contrôles. Par exemple en développant un régime d’asile européen ou en créant d’autres voies de migrations légales par le travail, la formation.

Cette coopération a trop longtemps porté uniquement sur la gestion des flux migratoires. D’une certaine manière nous sous-traitons à des pays de « transit » comme la Lybie, le Maroc, la Turquie, la gestion des flux humains à destination de l’Europe, alors que ces pays ne sont pas toujours les meilleurs garants, loin de là, des droits des migrants. Cet aspect est malheureusement toujours présent et repris par la droite qui a également ancré dans cette résolution sa foi dans le système de surveillance aux frontières Frontex.

Du fait de ces ajouts et une vision toujours aussi utilitariste des migrations nous avons préféré, avec mon groupe nous abstenir sur ce texte.

Mercredi 17 décembre :

Pour son programme pour 2015 la Commission retire ses textes les plus progressifs.

Le Parlement a eu un échange sur le programme de travail 2015 de la Commission. Ce programme de travail est pour l’instant un programme de désengagement puisque sur les 452 initiatives législatives de la Commission, 83 de ces nouveaux textes ont abandonnées.

Certains textes pouvaient effectivement être des projets superflus qui auraient rajoutés plus de charges bureaucratiques que nécessaire, mais peut-on considérer des textes limitant la production de déchets, régulant la qualité de l’air, ou étendant le congé maternité comme superflus ?

C’est pourtant la décision du Premier vice-Président de la Commission, le néerlandais Franz Timmermans qui montre que Juncker a aussi à cœur de donner des gages à toute la nouvelle tendance libérale réclamant un désengagement de l’Union européenne sur certains dossiers. Pour autant, afin d’éviter un regain de pression sur les affaires des fraudes fiscales favorisées par le Luxembourg, le Président de la Commission Jean-Claude Juncker a annoncé de nouvelles initiatives sur l’harmonisation fiscale.

Lors du débat, ce désengagement a été vu comme une bonne chose par les plus libéraux et populistes alors que la droite et les socialistes ont maintenu leur confiance à la nouvelle Commission. C’est au contraire de plus de textes dont nous avons besoin pour encadrer la finance, redonner aux États les moyens perdus du fait de la concurrence fiscale, renforcer la protection sociale et la formation, et ne pas faire mentir nos belles annonces sur l’environnement.

Cette Commission s’est définie comme celle « de la dernière chance ». Son programme 2015, laisse de gros doute sur sa compréhension de ce qu’une telle ambition représente.

Mercredi 17 décembre :

Une résolution sur l’acier qui critique ouvertement les effets de la politique de concurrence.

Le Parlement a adopté une résolution commune sur le secteur sidérurgique dans l’Union européenne.

Le secteur a été à de nombreuses reprises touché par de multiples restructurations souvent violentes, et pour la plupart pour garder les marges des actionnaires dans un environnement instable.

Dans un rapport en Commission de l’emploi et des affaires sociales j’avais dénoncé le manque d’investissement dans ce secteur d’avenir et la concurrence acharnée que l’on impose à cette industrie pourtant stratégique. Ce rapport que j’ai rédigé demandait en conséquence une révision complète de l’approche de la commission pour cette industrie.

D’abord dans le domaine de la concurrence en cessant d’interdire les aides d’États. Ensuite en permettant de réinvestir dans le secteur avec une approche d’ensemble mêlant recherche, énergie, environnement et politique commerciale. Et enfin en renforçant le dialogue social avec les travailleurs et leurs représentants.

La résolution commune sur l’acier va dans le même sens puisqu’elle appelle à une véritable relance de la politique industrielle européenne. Cette relance est particulièrement importante dans le domaine de l’acier, volontairement oublié depuis la du fin traité CECA. En terme de proposition, cette résolution demande des soutiens et aides à l’investissement dans le secteur, et plus important encore que les règles de la concurrence ne viennent pas « hypothéquer la viabilité économique des divers sites sidérurgiques » comme elle a pu le faire par le passé. Cette mention est importante dans la mesure où c’est cette politique de concurrence qui nous interdit toute aide directe au secteur.

La résolution commune ne reprend pas nos suggestions de mentionner le site de Florange, ou sur le besoin de conserver nos capacités de production. Mais sa remise en cause de la politique de concurrence, son avertissement sur les dangers de dumping via les futurs accords commerciaux, et son appel en faveur d’une plus grande association des travailleurs et de leurs représentants dans les programmes de formation et le cas échéants de restructuration, ne pouvaient qu’être soutenus.

Mercredi 17 décembre :

Le Parlement européen se prononce pour un État palestinien.

À la suite de plusieurs parlements nationaux dans l’Union européenne, le Parlement européen vient de voter (498 votes pour et 88 votes contre), ce mercredi 17 décembre 2014, une résolution dite de « compromis » c’est-à-dire qu’elle est le résultat de discussions entre les différents groupes du Parlement européen.

Dans ces débats, nous n’avons ménagé aucun effort pour obtenir la meilleure résolution possible. L’objectif est d’aider au mieux le peuple palestinien et l’autorité palestinienne dans leur combat pour qu’enfin soient reconnus leur souveraineté et leurs droits.

La résolution adoptée est donc un pas de plus appuyant la reconnaissance de l’Etat palestinien dans les frontières de 1967. Même si nous aurions souhaité un texte plus clair et plus précis, nous l’avons soutenu, dès lors qu’il peut constituer un point d’appui.

Ainsi, à l’article 1, il est écrit : « Le Parlement européen soutient le principe de la reconnaissance d’un Etat palestinien et la solution à deux états et estime que ceci doit aller de pair avec le développement des pourparlers de paix ».

Article 2 : « Soutient les efforts du Président Abbas et du gouvernement de consensus national palestinien, souligne à nouveau l’importance de consolider l’autorité du gouvernement de consensus palestinien et son administration dans le bande de Gaza, demande un soutien constant de l’Union européenne pour le renforcement des capacités institutionnelles palestiniennes ».

Article 5 : « Réaffirme son soutien ferme à la solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale des deux Etats. Un Etat d’Israël dont la sécurité doit être assurée aux côtés d’un Etat palestinien, indépendant, démocratique, contigu et viable, coexistant dans la paix et la sécurité sur la base du droit à l’autodétermination et le plein respect du droit international ».

Article 6 : « Invite la haute représentante, vice-présidente de la Commission à faciliter une position commune de l’Union européenne sur ce sujet ».

Article 7 : « Décide de lancer une initiative parlementaire pour la Paix, visant à rassembler les différents partis de l’Union européenne, israéliens et le Parlement palestinien pour faire avancer un agenda pour la paix et pour compléter les efforts diplomatiques de l’Union européenne ».

Mercredi 17 et jeudi 18 décembre :

Les accords commerciaux avec l’Équateur, la Moldavie, la Géorgie, les Philippines.

Le Parlement a adopté plusieurs rapports accordant des préférences commerciales pour des pays connaissant des difficultés politiques ou économiques.

Le Premier rapport concerne l’Équateur. Adopté le mercredi 17 décembre il portait sur le système de préférence commerciale appelé GSP+. Ce système dessiné pour les pays en développement permet aux États d’obtenir des accès privilégiés au marché européen sans qu’eux n’aient à changer leurs droits tarifaires. Une asymétrie positive reprise par le rapport de mon ami Helmut Scholz, de Die Linke en Allemagne, qui permet aux productions d’Équateur de rentrer plus facilement sur le territoire européen sans mettre en danger les productions locales d’Équateur et notamment leur agriculture.

Dans le même registre le Parlement a adopté jeudi 18 décembre des préférences tarifaires pour les produits agricoles issus de Moldavie. Ce pays traditionnellement agricole et dont les produits allaient essentiellement vers les pays d’ex-URSS et notamment ses vins en Russie, a été lourdement frappé par un embargo russe. Comme l’Ukraine, la Moldavie est elle aussi victime des luttes d’influences entre Union européenne et Russie, et se voit forcée de choisir son camp.

Je refuse ces logiques de puissance, mais je n’en ai pas moins soutenu cette préférence commerciale. Celle-ci offrira aux produits agricoles moldaves les débouchés qui lui sont fermés depuis l’embargo russe, et offrira ainsi un répit à son économie mal en point. Pour autant je refuse que cette préférence commerciale soit utilisée comme moyen d’influence. C’est aux Moldaves de choisir leur avenir.

Ce refus des logiques d’influence, m’a incité à la prudence avec l’accord de partenariat qui nous a été présenté avec la Géorgie. Là aussi nous sommes malheureusement encore une fois dans un pays qui fait l’objet de sérieuses luttes d’influences ayant débouchées sur le conflit de 2008 entre la Russie et la Géorgie, privant cette dernière des régions d’Abkhazie et d’Ossétie.

La Géorgie essaie désormais de s’arrimer à l’influence occidentale par l’accord d’association qu’il nous a été proposé de voter, en faisant des déclarations sur son intention de rentrer dans l’OTAN. La volonté de la Géorgie de signer cet accord d’association est réelle, aussi je ne suis pas allé à l’encontre de ce texte, mais je reste très sceptique sur ces accords qui de fait arriment un pays à un bloc. C’est pourquoi j’ai préféré m’abstenir plutôt que de rentrer dans ces logiques d’influences dangereuses là où nous devrions au contraire travailler à la coopération avec la Russie et aux rapprochements possibles entre notre zone commerciale et celles en construction entre la Russie et ses voisins.

J’ai également eu à me prononcer sur le prolongement de l’octroi du système préférentiel GSP+ aux Philippines. Contrairement à l’Équateur les Philippines posent des questions sérieuses quant à leur respect des droits de l’Homme qui est une condition de la signature de cet accord. De plus un système préférentiel tarifaire posait problème dans le domaine de la pêche. Les Philippines ne respectant pas les conventions actuelles pour limiter la pêche illégale, il y avait de grande chance pour que du poisson pêché illégalement rentre sur le marché européen. Cela posait un risque pour la conservation de la ressource, mais aussi vis-à-vis des pêcheurs européens soumis à une concurrence encore plus forte et illégale. Pour ces raisons j’ai refusé d’accorder mon soutien au prolongement de la préférence tarifaire pour les Philippines.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 10:30

La CGT dénonce les insultes et les coups de la police

Par La rédaction

Publié le 24/12/2014 à 10:57

Pas de répit pour les cheminots de Lyon qui, après avoir tenté d'envahir le comité d'entreprise de la région de Lyon, jeudi 18 décembre, envoient ce mercredi, un communiqué pour dénoncer l'action des forces de l'ordre qui les ont empêchés d'y entrer.


© Océane Fournier

Une communication en forme de "joyeux Noël". Six jours après les faits, les cheminots CGT de la région de Lyon envoient, ce mercredi 24 décembre, un communiqué incendiaire concernant l'action du préfet et des forces de l'ordre aux rédactions lyonnaises.

Ils dénoncent "les insultes et les coups" subis par les cheminots, en marge du comité d'entreprise de la SNCF le 18 décembre à Lyon, au siège de la direction régionale. "Quand des propos tels « fainéant de syndicaliste, ferme ta gueu.. » ou encore « faites-nous pas chi.. » Sont tenus, cela montre une volonté de créer l’incident soit sur ordre de la hiérarchie et celle-ci devrait être sanctionnée, soit à l’initiative propre de ceux qui les tiennent et ce sont eux qui devraient être sanctionnés" affirme Pierre Coquan (photo), secrétaire départemental de l'UD CGT du Rhône.

"Mobiliser la BAC, les CRS, des vigiles... pour empêcher 150 cheminots de demander des explications à la direction régionale de la SNCF, voilà une mesure liberticide qui, après d’autres, fait basculer, petit à petit, la France, pays des droits de l’homme, dans un régime totalitaire", estime le syndicat.

Contactée sur les faits qui se sont produits le 18 décembre à la direction régionale de la SNCF, la préfecture, pour l'instant, n'a pas réagi.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 10:28

 

 

Jean Ziegler : "Parti et socialiste vont devenir des gros mots pour les classes travailleuses"

Le Point - Publié le 15/10/2014 à 11:04 - Modifié le 15/10/2014 à 11:17

À 80 ans, le sociologue suisse Jean Ziegler n'a renié ni Marx ni le communisme. Il considère que François Hollande n'est qu'"un pâle rejeton de Guy Mollet".

 

 

De NOTRE CORRESPONDANT À GENÈVE, IAN HAMEL

Durant l'été 2013, Olivier Bétourné, président des éditions du Seuil, de passage à Genève, dîne avec son ami Jean Ziegler. Contemplant les enseignes des grandes banques, des compagnies d'assurances, des bijouteries de luxe sur les bords du lac Léman, il provoque le sociologue suisse. "Tu as été député, professeur, écrivain, membre du bureau de l'Internationale socialiste, mais finalement, à quoi as-tu servi ?" De cette conversation vient de sortir Retournez les fusils, une réédition, totalement remaniée, d'un ouvrage paru trente-cinq ans plus tôt (*). À 80 ans (il est né en avril 1934 à Thoune, dans le canton de Berne), l'auteur de La Suisse lave plus blanc se déclare toujours marxiste, communiste et... croyant.

Le Point.fr : Pourquoi avoir repris comme autobiographie intellectuelle le titre de l'un de vos livres les moins connus ?

Jean Ziegler : "Retournez les fusils" était le slogan des socialistes pacifistes qui se sont réunis clandestinement en septembre 1915 à Zimmerwald, en Suisse, dans une bourgade du canton de Berne. Le manifeste avait été rédigé par Léon Trotski. Il dénonçait la guerre comme une barbarie produite par le capitalisme, les marchands de canons. Y participaient des Français, des Allemands, des Russes, des Suisses, des Polonais, des Britanniques. Le prolétariat devait retourner ses armes contre les capitalismes, pas contre le camarade étranger.

Si le monde change, vous, en revanche, vous refusez de changer. Vous utilisez toujours la langue de bois en évoquant dans votre livre "la dictature mondiale des oligarchies du capital financier globalisé"...

Et comment voulez-vous les appeler ? En 2013, les cinq cents plus grandes sociétés transcontinentales du monde se sont approprié 52,8 % du produit mondial brut (c'est-à-dire de toutes des richesses produites en une année sur la planète). Ces multinationales échappent à tout contrôle, notamment à celui des États. La banque UBS a un chiffre d'affaires qui est cinq fois supérieur au PIB de la Suisse. Ces capitalistes font aujourd'hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd'hui plus que jamais, il faut retourner les fusils.

Que proposez-vous ? D'aller flinguer son banquier ?

Je ne suis pas un idéaliste irresponsable. Je dis que face à ce monde cannibale, les démocraties ne doivent pas rester indolentes. Mon livre est un livre d'espoir : des citoyens ordinaires, des mères de famille, des collégiens sont allés manifester devant les magasins de vêtements, de chaussures de sport, pour imposer aux grandes marques comme Benetton, Nike, Adidas de moins maltraiter les malheureuses ouvrières du Bangladesh, après l'effondrement de l'immeuble Rana Plaza à Dacca, qui a fait plus de 1 300 morts. Leur requête : "Pas de sang sur mes vêtements." Ces grands groupes, qui tiennent à leur réputation, ont partiellement cédé sur les salaires minimums, l'hygiène, le droit de se syndiquer. C'est cela que j'appelle Retournez les fusils !

N'êtes-vous pas le dernier communiste, malgré tous les crimes commis en son nom ?

Je reste marxiste et communiste. L'idéal communiste n'a été incarné que dans la Commune de Paris. Le communisme est non encore advenu, c'est une utopie. C'est vrai, je me suis souvent lourdement trompé. Je le reconnais. Mais pour citer Jean Jaurès : "La route est bordée de cadavres, mais elle mène à la justice."

Vous êtes marxiste et chrétien ?

Je crois en Dieu, mais je suis pour la dissolution du Vatican, cette cour médiévale ridicule, vraie insulte aux Évangiles.

Vous avez été député socialiste au Conseil national (Assemblée nationale) en Suisse. Vous avez longtemps appartenu au bureau de l'Internationale socialiste. Quel regard portez-vous sur les socialistes, notamment français ?

Je n'imaginais même pas que l'Internationale socialiste et le PS français pouvaient sombrer dans une telle déchéance ! Le grand projet du quinquennat de François Hollande, c'est le pacte de responsabilité, qui va permettre aux détenteurs du capital d'augmenter leurs dividendes et de licencier sans problème ! Parti et socialiste sont devenus des gros mots pour les classes travailleuses. Quant à François Hollande, c'est un pâle rejeton de Guy Mollet... Il est comme le lapin devant le serpent, tétanisé face aux banquiers.

Allez-vous célébrer le centenaire de la conférence de Zimmerwald ?

Bien évidemment. Je suis vice-président du comité préparatoire de cette commémoration.

(*) Jean Ziegler, Retournez les fusils ! Choisir son camp, Seuil, 294 pages.

 

 

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BRUNO FORNACIARI

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