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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 10:19

Israël. Communistes et partis arabes main dans la main

Élections

NADJIB TOUAIBIA

VENDREDI, 27 FÉVRIER, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

AFP

Branle-bas en israël avant les législatives anticipées du 17 mars prochain. Face au Likoud de Netanyahou, qui espérait se maintenir, l’union sioniste des travaillistes joue les trouble-fête. Mais la vraie nouveauté, c’est l’alliance des partis représentant les électeurs arabes et du Parti communiste israélien.

Issue d’un arrangement entre le Parti travailliste et le petit mouvement centriste Hatnuah, de l’ex-ministre de la Justice Tzipi Livni, Union sioniste est créditée de 22 à 25 sièges sur les 120 députés de la Knesset. Elle serait, selon les sondages, au coude-à-coude avec le parti du premier ministre. Est-ce le signe d’un changement à venir à la tête du gouvernement et dans la nature du pouvoir israélien ? Rien n’est moins sûr. « Je pense que l’on s’achemine dans tous les cas vers un gouvernement d’union nationale.
Même s’ils arrivent en tête, les travaillistes alliés à Tzipi Livni ne seront pas en capacité de constituer une majorité. Ils n’ont ni les moyens ni la volonté de gouverner », estime le militant de gauche Michel Warshawski.

« Tremblement de terre »

Si nouveauté il y a dans le paysage politique, elle est plutôt à rechercher dans le camp des partis représentant les électeurs arabes (environ 20 % de la population). Fait inédit, ces derniers n’iront pas cette fois aux élections en rangs dispersés. Trois formations arabes, le Mouvement islamique, Ta’al (Mouvement arabe pour le renouveau) et Balad (nationaliste) se rassemblent autour du parti communiste Hadash. Une alliance a été scellée sur la base d’un dénominateur commun : l’opposition à un État d’Israël qui privilégie et se consacre au seul sort des citoyens juifs. Mais les différences idéologiques demeurent. « On a eu un grand débat au sein du parti, cela n’a pas été facile de se rassembler notamment avec un parti de la mouvance islamiste », confie Efraïm Davidié, membre du bureau politique du Hadash. Qu’à cela ne tienne, la constitution de ce petit « bloc » devenait incontournable pour déjouer la volonté d’exclure les petites formations : le score minimum pour entrer à la Knesset est désormais fixé à 3,25 % contre 2 % auparavant. De plus, les sondages créditent la liste ainsi unifiée d’un minimum de 11 sièges, ce que les partis arabes détenaient séparément dans le Parlement sortant.
« Un tremblement de terre en perspective ! » se réjouit Efraïm Davidié, qui n’hésite pas à parler de « troisième force politique du pays».
Selon lui, « 11 députés, jusqu’à 15, c’est réaliste », assure-t-il, car « la liste suscite l’intérêt d’une large frange de la population israélienne. Elle revendique l’égalité pour tous les Israéliens, se positionne en faveur des droits des femmes, des droits nationaux des populations palestiniennes et de l’antiracisme. Elle est ouverte à tous».

« Troisième force ? »

Cette « troisième force » émergente et progressiste n’est pas pour autant disposée à rejoindre l’Union sioniste de centre gauche. Elle n’entend pas se figer dans une alliance qui l’engagera aux côtés du gouvernement israélien dans toutes les décisions anti-Arabes (destruction de maisons, confiscations de terres...). Elle pourrait en revanche négocier son soutien sur des questions clés pour contrecarrer Netanyahou. « On peut discuter de cette possibilité après le vote, dans le cadre de négociations sur le budget, les infrastructures, le logement, la question des prisonniers, la mosquée al-Aqsa », expliquait Ahmed Tibi, leader du parti Ta’al, au journal « le Monde».

L’alliance des partis arabes autour du Parti communiste israélien constitue certes une avancée, mais dans la réalité, les choses sont un peu plus complexes. « Il y a certes une vraie dynamique, mais le succès de cette alliance dépend de la mobilisation populaire. Il nous faut parvenir à lutter contre l’abstention qui est habituellement proche de 50 % chez les Arabes israéliens. C’est un enjeu de premier ordre », nuance Michel Warshawski.
Trop longtemps marginalisés, discriminés, exclus des emplois publics, dépossédés de leurs biens, constamment suspectés et traqués, notamment les jeunes, les Arabes israéliens ne se font pas trop d’illusions. Ils savent surtout que leur sort est dans tous les cas indissociable de la cause palestinienne.

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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL ISRAÊL
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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 20:13

Assassinat à Moscou

1 mars 2015

Il est aujourd’hui prématuré de vouloir désigner un coupable dans l’assassinat de Boris Nemtsov, mais au vu de l’émotion que cet acte odieux a provoqué, on peut néanmoins poser un certain nombre de questions. Ayant connu personnellement Nemtsov au début des années 1990, quand il fut élu maire de Nijni-Novgorod, puis l’ayant rencontré à plusieurs reprises jusqu’à son entrée au gouvernement, j’ai été ému, comme bien d’autres.

Je n’oublie pas non plus que le ralliement de Nemtsov aux idées libérales qui avaient cours en Russie à cette époque en fit un des responsables (même s’il ne fut pas, et de loin, le principal responsable) de la détestable politique économique qui conduisit le pays à la ruine et sa population à la misère, jusqu’à la crise financière de 1998. A partir de 2004, et de la « révolution orange » en Ukraine, il s’était rapproché de l’équipe de Victor Ioutchenko et des « pro-occidentaux » en Ukraine, au point de devenir un éphémère conseiller du gouvernement ukrainien. Son opposition à Poutine l’avait conduit à fréquenter les milieux oligarchiques et des gens étranges à Kiev. Plus récemment, il avait pris fait et cause pour le mouvement dit « de Maïdan » et il critiquait la position du gouvernement russe à propos de la crise ukrainienne.

Son opposition systématique à Vladimir Poutine l’avait marginalisé et il était bien moins connu que d’autres figures de l’opposition comme Zyuganov (le dirigeant du Parti Communiste de Russie ou KPRF), Alexeï Koudrine, l’ancien ministre des finances, ou même Navalny. Aux dernières élections son micro-parti avait eu moins de 1% des suffrages et, de fait, n’avait aucun poids. Il n’était donc nullement « la » principale figure de l’opposition à Vladimir Poutine comme on cherche à le présenter en France et aux Etats-Unis, mais, en dépit de son jeune âge (il avait 55 ans) il était en fait un « homme du passé ». Il faut avoir ces éléments en tête quand on réfléchit à « qui aurait eu intérêt à tuer Nemtsov ».

Un meurtre mis en scène ?

Les premières questions qui viennent à l’esprit concernent le scénario de son assassinat. On sait qu’il avait diné avec un mannequin ukrainien au restaurant qui se trouve dans l’enceinte du GOUM, dont une des sorties donne sur la Place Rouge. A partir de là, les choses semblent avoir été les suivantes :

  1. Nemtsov et son amie sont sortis à pieds du restaurant, sont passés devant l’église de Basile le Bienheureux et ont pris le grand pont qui traverse la Moskova. Vu l’heure (entre 23h et 24h) et la saison, il n’y avait pas grand monde sur le pont.
  2. Nemtsov a été tué par un tireur qui était dans une voiture, suivant Nemtsov vraisemblablement, et qui a tiré 8 ( ?) balles dont 4 ont fait mouche dans le dos de Nemtsov. L’arme utilisé semble avoir été un pistolet automatique de type Makarov.
  3. La compagne de Nemtsov n’a pas été touchée dans le tir.

Ceci soulève plusieurs questions. Un tir depuis une voiture en mouvement implique que l’on ait parfaitement identifié la « cible » et surtout que l’on connaisse son parcours. Cela implique aussi un degré d’expertise dans le maniement des armes qui n’est compatible qu’avec le meurtre par « contrat ». Le risque de manquer la « cible » ou de ne lui infliger que des blessures non mortelles est élevé. De ce point de vue on peut se demander pourquoi ne pas attendre que Nemtsov soit rentré chez lui ? Le mode classique de l’assassinat par « contrat » se fait dans un lieu où l’on est sûr de trouver la victime, la cage d’escalier de son appartement ou quand la personne sort d’un restaurant en règle générale. Or, ce n’est pas ce qui a été fait. Le choix du lieu du crime pourrait impliquer une intention démonstrative. Comme celle d’impliquer Vladimir Poutine dans ce meurtre ? En tous les cas il est évident que les assassins ont pris des risques qui semblent indiquer une intention politique. Tout ceci fait penser à une mise en scène.

Les conditions techniques du meurtre.

On peut certes comprendre que les assassins ne tirent pas sur Nemtsov à sa sortie du restaurant. C’est un lieu où il y a toujours du monde et qui est très surveillé. Mais, le modus operandi soulève lui aussi plusieurs questions.

  1. Comment les assassins pouvaient-ils être sûrs du trajet qu’allaient suivre Nemtsov et sa compagne ? Si un fort degré de certitude existait, cela pouvait permettre aux tueurs effectivement d’intervenir sur le pont au moment voulu. Mais, si aucune certitude n’existait, comment pouvaient-ils être sûrs que Nemtsov serait, au moment voulu, sur le pont. On voit que cela impliquait un niveau d’organisation important.
  2. La voiture, une Lada blanche, ne pouvait en effet circuler sur la Place Rouge. Nemtsov n’a donc pas pu être suivi par les tueurs de sa sortie du restaurant jusqu’au moment ou il rejoint la voie routière. Pendant plusieurs centaines de mètres la voiture ne peut suivre ni précéder Nemtsov. Elle a donc dûintercepter la trajectoire du couple. Cela implique très probablement un ou plusieurs complices qui suivent Nemtsov et qui indiquent (par téléphone mobile ?) aux futurs tueurs la situation de Nemtsov et de sa compagne. Mais, on peut aussi penser à une autre hypothèse, qui est techniquement possible. Ainsi, une balise aurait pu être emportée à son insu (ou volontairement ?) par Nemtsov ou la jeune femme, qui aurait donné à la voiture des tueurs la position et le déplacement exact du couple.
  3. La différence de vitesse entre des piétons et une voiture implique de plus une synchronisation parfaite pour que la voiture vienne à la hauteur de Nemtsov quand ce dernier est sur le pont. Ici encore, ceci est compatible tant avec l’hypothèse de complices qu’avec celle d’une balise.

On le voit, sauf si pour une raison ou une autre les tueurs savaient parfaitement quelle était la destination de Nemtsov et de la jeune femme, le meurtre impliquait une organisation sophistiquée, impliquant soit des complices (certainement un pour indiquer le moment de sortie du restaurant et un autre pour indiquer le moment où Nemtsov et sa compagne se sont engagés sur le pont) soit des moyens électroniques de surveillance et de localisation (une balise). Ceci explique pourquoi la justice russe a tout de suite privilégié l’hypothèse d’un meurtre organisé.

Quelles hypothèses ?

La presse, en France et dans les pays occidentaux, privilégie l’hypothèse d’un meurtre soit commandité par le Kremlin, soit par des mouvements nationalistes proches du Kremlin. Disons tout de suite que la première hypothèse n’est pas cohérente avec le lieu du crime. De plus, on voit mal quel intérêt aurait le gouvernement russe à faire assassiner un opposant, certes connu, mais désormais tombé à l’arrière-plan politique. Quand Vladimir Peskov, porte-parole du Président Poutine dit que Nemtsov ne représentait aucun danger, aucune menace, pour le pouvoir, c’est parfaitement exact. Si, à travers l’assassinat de Nemtsov on cherchait à terroriser les autres opposants, il aurait été plus simple de le tuer chez lui. L’hypothèse d’une implication, directe ou indirecte, du gouvernement russe apparaît donc comme très peu probable.

Une autre hypothèse, privilégiée par l’opposition russe, est que le crime aurait été commis par une fraction extrémiste, proche mais non directement reliée, au pouvoir russe. Effectivement, des groupes extrémistes ont menacé divers opposants, dont Nemtsov. Ces groupes reprochent d’ailleurs à Vladimir Poutine sa « tiédeur » dans le soutien aux insurgés du Donbass, et alimentent en volontaires l’insurrection. Il est parfaitement possible de trouver dans les rangs de ces mouvements des personnes capables de commettre ce meurtre. Mais alors il faut répondre à plusieurs questions :

  1. Comment un groupe de ce genre peut-il disposer des moyens sophistiqués qui ont été employés pour tuer Nemtsov ?
  2. Pourquoi ces gens, dont on peut penser qu’ils sont viscéralement anti-ukrainiens, auraient-ils épargné la jeune femme accompagnant Nemtsov ?

Ici encore, si l’assassinat avait eu lieu à la sortie du restaurant, ou chez Nemtsov, on pourrait croire à cette hypothèse. Mais, les conditions de réalisation de l’assassinat, et la mise en scène implicite qui l’entoure, semblent difficilement compatibles avec l’acte d’un groupe extrémiste. Disons-le crument : le niveau d’organisation de cet assassinat porte probablement la trace de l’implication de « services », que ces derniers soient d’Etat ou privés (et les oligarques ont les moyens de faire appel à des services « privés »).

Il faut le répéter, l’implication des services russes ne fait aucun sens. Du point de vue de Poutine et du gouvernement cet assassinat est une catastrophe à la fois politique mais aussi en termes de guerre de l’information.

Une provocation ?

L’hypothèse d’une provocation a été tout de suite avancée par Vladimir Poutine et par le gouvernement russe. Bien entendu, on peut comprendre l’intérêt pour Poutine de cette hypothèse. Mais il faut avoir l’honnêteté de dire que c’est elle qui est, en l’état de nos connaissances sur les conditions de la mort de Boris Nemtsov, la plus cohérente. Cette provocation aurait pu être organisée par beaucoup de monde, car bien des pays, et bien des gens, ont intérêt à faire un croc-en-jambe de ce type à Vladimir Poutine.

Cet assassinat, à la veille d’une manifestation d’opposition, peut parfaitement déstabiliser la situation politique, non pas en Russie mais du moins sur Moscou. Il concentre l’attention sur Vladimir Poutine, qui va devoir maintenant faire la preuve de son innocence tant la suspicion dont il est l’objet est forte. L’émotion est importante à Moscou, ce que montre l’ampleur de la manifestation en hommage à la mémoire de Boris Nemtsov, qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes ce dimanche 1er mars. C’est pourquoi, il est de l’intérêt de Vladimir Poutine de faire la lumière le plus vite possible sur ce crime.

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 14:10

La responsabilité des média dans la montée du FN

01 MARS 2015 | PAR LA REVUE DU PROJET

  • L’omniprésence du FN dans les média et la banalisation de ses idées interrogent le rôle des journalistes.

Par Dominique Candille*

Le congrès du Front national à Lyon, fin novembre, l’a encore montré : le FN bénéficie d’une couverture médiatique impressionnante – et tout particulièrement Marine Le Pen – et de plus en plus décomplexée. Pour de nombreux média et de nombreux journalistes, le FN est devenu un parti comme les autres. Au point d’oublier de regarder ce qu’il en est réellement du prétendu « virage social » ou de la « normalisation » de ce parti, qui reste bien ancré dans les idées d’extrême droite.

Une surexposition médiatique de plus en plus évidente

Comment doit-on traiter le FN ? En parler, ne pas en parler, inviter ses responsables sur les plateaux télé, les boycotter ? Si les directions des rédactions n’ont pas beaucoup d’états d’âme, c’est aux journalistes de poser ces questions.

Le Lab d’Europe 1, qui a recensé chaque mois les interviews matinales télé et radio des politiques depuis septembre 2013, révèle que Marine Le Pen et Florian Philippot sont les deux personnalités les plus présentes sur les antennes. La présidente du FN a eu droit à presque une interview matinale par semaine. Elle comptabilise 56 apparitions contre 51 pour son numéro deux. Durant la campagne électorale des municipales, le CSA a haussé le ton en rappelant à l’ordre les chaînes audiovisuelles : trop de place était accordée au Front National. BFM-TV était en particulier pointé du doigt, avec 43 % du temps de parole donné aux amis de Marine Le Pen. Les chaînes généralistes ne semblaient pas faire mieux : 50 % sur Canal plus, 29 % sur France 3… Cette exposition médiatique serait-elle donc responsable de la montée électorale du FN ? Peut-on raisonnablement penser, a contrario, que si les média ne parlaient pas du FN, il disparaîtrait de la scène politique ?

L’analyse serait un peu courte. Ce sont en effet principalement les difficultés économiques, la paupérisation d’une grande partie du salariat, l’absence d’espoir de changements, qui font le terreau des idées d’extrême droite. La longue crise du capitalisme met durement à l’épreuve les solidarités. Elle développe les réflexes de repli sur soi, nationaux ou communautaires.

Des idées banalisées, une dé-diabolisation orchestrée

Le problème n’est pas tant d’inviter Marine Le Pen et ses amis, mais plutôt de réfléchir à la façon dont on fait son métier de journaliste. Lorsqu’on traite la politique, les problèmes sociaux, les faits divers en stigmati­sant les immigrés, les chômeurs, les fonction­naires nantis ou les musulmans, ne soyons pas étonnés que cela donne du corps aux idées du FN et surtout les banalise. Les Unes du Point, dignes de Minute – les articles intérieurs sont souvent moins caricaturaux – sont à ce titre éloquentes. Ainsi, des couvertures racoleuses sont-elles régulièrement placardées dans les kiosques : « Les Assistés : comment la France les fabrique ? » ; « La France des tire-au-flanc » ; « La France des enfants gâtés » ; « Le spectre islamiste » ; « Cet Islam sans gêne ». La liste n’est hélas pas exhaustive. Éloquents aussi, sont les débats télévisés où Marine Le Pen et les responsables frontistes peuvent allégre­ment développer leurs thèses sans qu’aucune contradiction ne leur soit apportée de la part des journalistes en plateau. David Pujadas, lors de l’émission « Des paroles et des actes » du 22 mai 2014, a choisi d’aborder les questions européennes par le biais de l’immigration, thème obsessionnel de Marine Le Pen. Il ne resta que trente minutes aux autres partici­pants pour développer leurs conceptions de l’Europe économique et sociale, soit cinq minutes chacun ! Déjà le 10 avril, le présentateur de l’émission avait obtem­péré face au refus de Marine Le Pen de dialoguer avec Martin Schulz, président du parlement européen. Au grand dam des journalistes de la chaîne publique.

Interviews complaisantes

Désormais, il n’existe plus de scru­pules à inviter le Front national lors d’émissions pourtant réputées pour leur impertinence ou leur non-confor­misme. Sur Canal Plus, Le Pen père est reçu le 31 mars avec beaucoup d’égards et peu de questions embarrassantes par Antoine de Caunes. Louis Aliot – celui qui traite de « pute » une journaliste de l’Indépendant – est l’invité d’un Thierry Ardisson affable dans « Salut les terriens ». Son interview a été si polie et si convenue que la fédération FN des Pyrénées-Orientales s’est empressée de la mettre en ligne sur son site. Sans par­ler de Moati qui écume les plateaux télé pour promouvoir son livre « Le Pen, vous et moi… » Ne diabolisons pas la famille Le Pen, certes, mais ne leur servons pas la soupe en accréditant l’idée qu’ils parleraient « vrai » des vrais problèmes.

Si on enquêtait vraiment sur le Front national ?

Marine Le Pen a un plan de communication parfaitement huilé pour vendre le soi-disant nouveau visage de son parti. Pour nombre de média, elle ne s’appelle plus « Le Pen », mais « Marine », et ses candidats « jeunes et jolis » ne sont plus ni frontistes ni « lepé­nistes », mais « marinistes ». La vague bleu marine c’est quand même plus poétique et moins effrayant que les chemises brunes ou le kaki des tenues de paras… Marine Le Pen se présente comme la candidate anti-système, vierge de tout scandale, la championne de la laïcité, la voix des laissés pour compte de la crise. Elle appelle Jaurès à la rescousse. Son discours a été lissé pour paraître social. Il peut faire illusion, mais son projet politique ne remet en cause ni le capitalisme ni la course aux profits. La haine de l’autre, de l’étranger est toujours son fonds de commerce. L’indi­gnation moralisatrice et la stigmatisation des électeurs ne suffisent pas. Mais à de très rares exceptions – L’Humanité, La NVO, Médiapart… –, les média n’ont pas entrepris le décryptage du programme frontiste, n’ont pas analysé la gestion municipale de ce parti. « On a principalement fait du journalisme de sondages et de pronostics », accuse amère­ment la journaliste Marie-Éve Malouines, lors de l’émission « Le Secret des Sources » sur France Culture (31 mai 2014).

Nous devons réfléchir au sens de notre métier et à la manière de l’exercer et rappeler sans cesse la res­ponsabilité sociale et citoyenne du journa­liste pour combattre les idées de haine.

*Dominique Candille est journaliste, membre du bureau national du SNJ-CGT.

Article paru dans Témoins, n° 56, décembre 2014, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteure.

Dernière minute !

Steeve Briois, nouveau maire Front national d'Hénin-Beaumont, a été désigné par un jury de journalistes pour le Trombinoscope comme « élu local de l'année ». Les explications, plutôt embarrassées, ont porté sur la nécessité de ne pas faire comme si le FN n'existait pas.

Le Buzz à tout prix, voilà qui n'est pas nouveau. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse disait Alfred de Musset. Assurément, on devine que parmi le jury des journalistes ne figurait pas leur consœur de Médiapart exclue du dernier congres du FN. Le FN est aux anges. De très nombreux journalistes ne le sont pas et, avec eux, des milliers d'élus locaux qui, confrontés à des difficultés grandissantes, voient dans ce prix une véritable provocation.

La Revue du projet n°44, février 2015.

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 09:04

Ces coupes dans les budgets des hôpitaux qui vont faire mal

Par Laurent Fargues

EXCLUSIF Marisol Touraine a présenté, à huis clos, les 3 milliards d’économies prévues. Quelque 860 millions proviennent de la "maîtrise de la masse salariale", soit l’équivalent de 22.000 postes.

les efforts demandés aux hôpitaux

En pleine épidémie de grippe, cela ferait désordre. En visite aux urgences de l’hôpital La Pitié Salpêtrière à Paris vendredi 27 février, Manuel Valls et Marisol Touraine se sont auto-congratulés d’avoir réagi "avec détermination" et "au bon moment" face au pic de la maladie.

En revanche, le Premier ministre et la ministre de la Santé n’ont pas dit mot sur les économies prévues dans les budgets des hôpitaux d’ici à 2017. Depuis quelques semaines, le gouvernement dispose pourtant du plan détaillé des 10 milliards d’économies sur les dépenses de santé annoncé il y a presqu’un an.

Le 2 février, lors d’une réunion à huit clos avenue Duquesne, Marisol Touraine a présenté les efforts demandés aux hôpitaux à quelques hauts fonctionnaires. D’après un document du ministère de la Santé, que Challenges Soir s’est procuré, la facture s’élève au bas mot à 3 milliards sur 3 ans.

La mutualisation des achats des hôpitaux et l’obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs doivent dégager 1,2 milliard. Les baisses de prix des médicaments et des dispositifs médicaux les plus coûteux rapporteraient 350 millions et les synergies liées aux rapprochements entre hôpitaux voisins quelque 450 millions.

Plus sensible, le développement de la chirurgie dite "ambulatoire", sans nuit à l’hôpital, doit générer 400 millions et la réduction des durées d’hospitalisation 600 millions. Le ministère affiche un objectif ambitieux de 57% d’opérations effectuées en ambulatoire en 2017, contre 43 % aujourd’hui, et estime à 15.000 le nombre de "réhospitalisations" qui pourraient être évitées.

"Le sujet est explosif, confie un connaisseur du dossier, puisque ces gains reposent majoritairement sur la réduction des dépenses de personnel". Le ministère de la Santé table sur une "maîtrise de la masse salariale" de l’ordre de 860 millions soit l’équivalent de 22.000 postes et 2% des effectifs de la fonction publique hospitalière.

Les médecins des hôpitaux seront mis à contribution sur d’autres postes budgétaires. Comme leurs collègues libéraux, ils devront prescrire de plus en plus de médicaments génériques et limiter les examens redondants. Les enjeux ne sont pas minces. L’amélioration de la pertinence des soins doit permettre d’économiser 3,1 milliards sur l’ensemble des dépenses de santé et la montée en puissance des génériques et biosimilaires 1,3 milliard. Le reste des efforts concerne les établissements médico-sociaux (500 millions), les baisses de prix des médicaments (1,6 milliard) et les gains sur les dispositifs médicaux et prothèses (250 millions). Autant de mesures délicates à annoncer au lendemain de la plus forte grippe à l’œuvre depuis 5 ans.

Contacté, le cabinet de Marisol Touraine n’a pas souhaité répondre aux questions de "Challenges".

Laurent Fargues pour ChallengeSoir

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 19:09

La stratégie états-unienne de déstabilisation directe est-elle de retour en Amérique latine?

JEUDI, 26 FÉVRIER, 2015

L'HUMANITÉ

Manifestation anti-gouvernementale à Caracas début février.

Photo : Jorge Silva/reuters

Après la tentative de coup d'état au Vénézuela, les points de vue de Fabien Cohen, secrétaire général de France Amérique latine (FAL), d'Hector Michel Mujica, ambassadeur du Vénézuela en France et de Guillaume Beaulande, journaliste, collaborateur du Monde diplomatique.

  • La rébellion antidémocratique a été chaque fois utilisée comme forme de déstabilisation par Fabien Cohen, secrétaire général de France Amérique latine (FAL)

Le coup d’État avorté au Venezuela de ces dernières semaines confirme, si cela était nécessaire, qu’il serait fou de penser que les États-Unis et les forces du capital des Amériques ou d’Europe allaient laisser faire sans réagir ce laboratoire d’expérimentation de politique de gauche en Amérique latine et Caraïbe.

Après l’hiver des dictatures, Washington continue à ne concevoir la démocratie que comme un outil au service du bon fonctionnement du marché. Pour eux, il ne saurait être question que quiconque, en Europe ou surtout en Amérique latine-Caraïbe, longtemps chasse gardée des États-Unis, puisse gentiment remettre en cause les fondements de leurs principes, la mondialisation économique si difficilement imposée au monde, en accepter les nationalisations des ressources naturelles, affirmer leur indépendance, la mise en place d’une nouvelle gauche latino-américaine échappant à sa traditionnelle hégémonie.

Ainsi au Venezuela, les États-Unis n’ont eu de cesse de vouloir stopper le processus démocratique. Du « golpe » du 13 avril 2002 et la séquestration de Chavez mise en échec par la descente de dizaines de milliers de citoyens dans les rues, précédé en décembre 2001 de la grève générale organisée par le patronat, jusqu’en 2013-2014 où, pour cette seule période, 14 millions de dollars ont arrosé par divers canaux l’opposition vénézuélienne, la rébellion antidémocratique a été chaque fois utilisée comme forme de déstabilisation.

C’est cette même démarche que l’on retrouvera dans le coup d’État équatorien en 2010 ou celui du Paraguay, en juin 2012, pour mettre fin au régime démocratique du président Lugo. On utilisa certes quelques francs-tireurs de l’armée, pour provoquer son renversement en suscitant une intervention policière sanglante face à un conflit paysan, mais c’est le Congrès qui, à l’issue de cet épisode, a destitué M. Lugo, accusé d’avoir « par sa politique attisé la violence contre les propriétaires terriens ».

Le Honduras, le 28 juin 2009, membre de l’Alba, a servi de laboratoire à ce type de « coup d’État constitutionnel ou institutionnel ». On emploiera dans la presse et dans la diplomatie l’expression de « démission forcée », voire « de président déchu », plus facile à passer que de coup d’État. Et pourtant, c’est bien un commando militaire qui, dans la nuit du 28 juin, après l’avoir arrêté, a fait monter en pyjama le président hondurien, Zulaya, dans un avion à destination du Costa Rica, réprimant violemment ses partisans descendus dans la rue, assassinant encore l’opposition jusqu’à aujourd’hui. Les coups d’État d’antan où les militaires, après leur mauvais coup, restaient au pouvoir avec la caution états-unienne sont donc révolus, ceux-ci rentrant dans leur caserne, rendant la dictature plus civile.

Dans ce contexte, ce n’est pas seulement la méthode qui nous intéresse, mais aussi la place et l’enjeu des médias qui, au Venezuela comme ailleurs, reprennent à chaque fois l’argumentation qu’il s’agissait en fait de l’expression d’une opposition dont le premier responsable serait les présidents élus. Ce rôle de la presse réactionnaire, partie prenante d’un processus de déstabilisation psychologique, n’est pas nouveau. Dans les années 1970 déjà, le quotidien chilien El Mercurio préparait activement le coup d’État du 11 septembre 1973 contre Salvador Allende. Mais ce qui est sensible aujourd’hui, c’est que, face à cette stratégie de dénigrement et de fausses rumeurs, il n’existe plus de presse, à de rares expressions et à trop faible distribution, hors des Amériques capable de démonter cette propagande et de la dénoncer en Europe.

De la Grèce au Venezuela, les peuples ont besoin de notre solidarité, en luttant contre la désinformation et en se donnant des associations de solidarité internationale et des droits humains, comme FAL, pour la faire vivre.

  • L’extrême droite vénézuélienne reçoit un soutien permanent des États-Unis par Hector Michel Mujica, ambassadeur du Vénézuela en France

L’Amérique latine, malheureusement, depuis le fleuve du Rio Grande jusqu’à la Patagonie, a toujours été pensée par les États-Unis, même par ses Pères fondateurs, comme son arrière-cour. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, après la victoire des alliés contre le nazisme et le fascisme, Union soviétique comprise, la tâche principale des États-Unis a été de recréer les conditions internationales visant à garantir le développement du capitalisme à l’échelle mondiale sous son hégémonie. Dans cette perspective, les organismes multilatéraux ont été des vecteurs très importants. L’Amérique latine a ainsi été sous l’emprise des États-Unis pendant les années 1950, 60, 70 et 80. Cette emprise s’est manifestée par des coups d’État, des interventions directes comme à Grenade, en République dominicaine, en Amérique centrale, etc. Avec la révolution cubaine, on a commencé à voir se développer quelques mouvements pour que l’Amérique latine puisse se doter d’un modèle de développement et d’un système politique différent. Mais Cuba a été isolé. Avec la victoire de Chavez, les choses ont commencé à changer radicalement. Radicalement sur le plan de la politique internationale notamment. L’unité régionale qui a été réalisée sous Chavez avec Lula au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Équateur a fait barrage au projet libéral d’accord de libre-échange nord-américain. L’Unasur (Union des nations de l’Amérique du Sud), l’Alba, (Alliance bolivarienne pour les Amériques) ont été mises en place. La Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac) aussi. Le Venezuela a également changé la donne sur les orientations économiques du Mercosur. Ces alliances régionales étaient impensables il y a vingt ans. Cette lutte contre l’emprise néolibérale en Amérique latine a touché fortement l’économie et les populations. Chavez a ouvert le chemin avec ce qu’on appelle au Venezuela aujourd’hui le « modèle ». Un modèle inclusif de développement durable avec la participation des citoyens et des classes populaires. Le contrôle de l’industrie pétrolière par l’État vénézuélien a été et reste la redistribution la plus radicale au monde de la rente pétrolière. Nous avons des faiblesses bien sûr. Il nous faut redémarrer l’industrie. Atteindre la souveraineté agroalimentaire. C’est l’effort que nous sommes en train de soutenir.

Après la mort de Chavez, nous avons dû faire face à des problèmes difficiles. Au sein de notre mouvement la tâche politique a été de garantir l’union des forces bolivariennes face au processus de déstabilisation permanente organisé par l’opposition. Nous n’étions pas préparés à la maladie et à la disparition physique de Chavez. Le coup d’État récent a été manqué, mais Joe Biden, le vice-président américain, a encore reçu récemment à la Maison-Blanche Lilian Tintori, l’épouse de Leopoldo Lopez. Leopoldo Lopez, Antonio Ledezma et Maria Corina Machado font partie de l’extrême droite vénézuélienne. Ils reçoivent un soutien permanent des États-Unis. Leopoldo Lopez, par exemple, a souvent été visité par les missionnaires diplomatiques des ambassades des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, etc. Ils reçoivent aussi un appui énorme de la part de ce que l’on appelle au Venezuela l’uribismo, du nom d’Alvaro Uribe, l’ancien président de la Colombie. Je crois que c’est un mouvement de fond qui va continuer. Un autre effort pour nous, c’est de continuer à garantir notre modèle dans les conditions difficiles de la chute des prix pétroliers. Les morts et les dégâts causés par les manifestations « étudiantes » ont aussi été importants.

Nous sommes très favorables au processus actuel entre Cuba et les États-Unis. C’est très bon pour l’Amérique latine et c’est très bon pour le peuple cubain. De même la libération des cinq héros de la révolution cubaine. Mais nous partageons absolument la déclaration faite récemment par le ministre des Affaires étrangères équatorien, M. Ricardo Patino : il ne faudrait pas utiliser ce qui se passe entre La Havane et Washington pour « cibler » un autre pays d’Amérique latine. En fait, il a souligné la nécessité de protéger le Venezuela et les nations de la région de l’ingérence étrangère. « Il est essentiel de protéger le Venezuela non seulement à cause de la gestion souveraine qu’ils doivent avoir du pétrole et de leurs ressources naturelles mais aussi pour éviter une situation qui pourrait affecter la paix de notre région », a dit le ministre des Affaires étrangères équatorien.

Le Venezuela est le cinquième exportateur mondial de pétrole et possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole du monde. Le Venezuela est plus riche en pétrole que l’Arabie saoudite. C’est le rapport annuel de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (Opep) qui l’affirme. Le Venezuela disposait en 2011 de 296,5 milliards de barils d’or noir pouvant être exploité. Il dépasse ainsi le royaume saoudien, dont les réserves prouvées sont restées stables à 264,5 milliards.

Or, si je prends un exemple illustratif de ce qui se passe, le Venezuela n’est pas une île, cela le rend vulnérable. Par ailleurs, nous avons beaucoup de pétrole. Cela suscite de violentes convoitises. Transporter le pétrole depuis le Venezuela jusqu’aux côtes des États-Unis met quatre ou cinq jours. Transporter le pétrole depuis les pays du Golfe jusqu’aux États-Unis met trente, voire quarante jours. Pour les États-Unis, le contrôle de l’énergie vénézuélienne a toujours été un problème de premier ordre. C’est le fond de la question. L’autre, c’est qu’au sein des pays sud-américains se développent une politique internationale indépendante et une tentative de trouver des voies de développement inclusives et participatives respectant la souveraineté de chaque État latino-américain, ce qui s’oppose au modèle de la libre entreprise et de la concurrence promu par les États-Unis, particulièrement dans le contexte actuel où ils cherchent à mettre en place des accords de libre-échange transpacifique et transatlantique.

  • Le Venezuela, cartes sur table par Guillaume Beaulande, journaliste, collaborateur du Monde diplomatique

L’amertume certaine des mots qui suivent n’a d’égal que le respect dans lequel je tiens – le plus souvent – la programmation d’Arte. Alors que je m’apprêtais à visionner l’émission de vulgarisation géopolitique le Dessous des cartes, présentée par Jean-Christophe Victor et consacrée au Venezuela, les affres de la consternation ont entrepris de me coloniser les synapses et d’insulter mon intelligence de spectateur. Comment peut-il en être autrement lorsque, dès les premières minutes, le présentateur juge bon de dire au sujet de l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez qu’il est « connu par les Vénézuéliens pour avoir commis un coup d’État en 1992 ». Un public, même peu attentif, remarquerait sans doute la pertinence du propos et l’intérêt du calendrier posé.

Outre que l’évocation du passif militaire d’Hugo Chavez incline de facto la réflexion sur la légitimité démocratique de son gouvernement, pourquoi poser de surcroît comme postulat de départ qu’Hugo Chavez a tenté un coup d’État à la tête du MBR-200, sans prendre la peine, au minimum, de recontextualiser l’événement ? Pourquoi taire les soulèvements, populaires ceux-là, qui ont enflammé la capitale le 27 février 1989 et qui se sont achevés dans un bain de sang, sous la présidence de Carlos Andres Perez ? Pourquoi ne pas préciser que s’il est « connu », c’est surtout parce qu’il a refusé de participer à la répression de l’armée sur la population ? Gageons que la construction médiatique biaisée d’Hugo Chavez diffusée dans les « grands » médias n’ait pas également gagné les couloirs d’Arte. Le choix opéré par la rédaction de cette émission du 14 février 2015 est pour le moins troublant. L’évocation, sans trembler, du « culte de la personnalité » dans la politique vénézuélienne achève le portrait brossé à la truelle de feu Hugo Chavez, nous le présentant comme un avatar des caudillistes latino-américains. Lourdement connotée d’un point de vue historico-politique, cette mise à l’index ne semble nécessiter aucune espèce de définition. La programmation exigeante et sérieuse de la chaîne à laquelle je rends bien souvent hommage, soudain, me laisse sans voix, ou presque.

Il ne s’agit pas de présenter le Venezuela comme un mythique eldorado, tant les difficultés et les défis encore à relever sont importants, celui de l’endiguement de l’insécurité n’étant pas l’un des moindres. Un fléau qui, comme l’a rappelé l’émission, se poursuit. Néanmoins, restons sérieux. Parler de l’augmentation de l’insécurité, de la proximité avec la Colombie « et des Farcs », sans évoquer ne serait-ce qu’en une phrase le rôle joué par les paramilitaires colombiens dans l’infiltration des banlieues et le narcotrafic, revient à se faire l’écho de la litanie habituelle de force médias. Dans le même souffle, il est dit sans sourciller aux téléspectateurs que « l’opposition politique est régulièrement attaquée par le gouvernement » et qu’il est « périlleux d’attaquer le gouvernement ». Tout observateur doué d’une mémoire, fût-elle bornée à l’immédiat, aura noté l’ironie du propos, cependant qu’une autre tentative de déstabilisation du gouvernement vient d’être déjouée, selon toute vraisemblance, ourdie précisément… par l’opposition. Si l’information nécessite sérieux, rigueur et fiabilité, on peut s’étonner en effet que l’unanimisme nigaud de nombreux médias européens à l’égard du Venezuela soit également véhiculé par une émission appréciée, sur une chaîne qui nous avait habitués à un autre niveau d’exigence.

Ce que parler veut dire.

« Les États-Unis n’encouragent ni les troubles au Venezuela, ni ne cherchent à saper son économie ou son gouvernement… Le département du Trésor et le département d’État surveillent évidemment la situation de près et étudient les moyens disponibles qui pourraient être mis en œuvre pour une meilleure orientation du gouvernement vénézuélien dans la direction que nous pensons qu’il doit prendre. »

Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche, le 20 février 2015.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 18:25

28/02/2015 by Revue Progressistes

VERS UNE REFONTE ÉCOLOGIQUE ET CULTURELLE DES PRODUCTIONS, FRÉDÉRIC BOCCARA*

*Frédéric Boccara est maître de conférences associé à l’université de Paris-XIII et membre du PCF et des Économistes atterrés.

L’économie circulaire s’inscrit dans une indispensable refonte écologique et culturelle des productions. Elle ne peut être dissociée d’une recherche de nouveaux critères de suivi de la production elle-même (au-delà des financements), tout particulièrement une économie sur les matières utilisées et prélevées, pour viser une production radicalement « circulaire », c’est-à-dire utilisant au maximum ses sorties de matières (outputs) comme entrées, par recyclage, mais aussi utilisant le moins possible d’entrées de matières (inputs) nouvelles et prenant bien en compte toutes les entrées et toutes les sorties. Cela s’oppose à la vision dominante actuelle qui, au mieux, ne propose de suivre que certaines entrées de matières (le carbone par exemple, mais pas le lithium des batteries électriques dites « propres ») ou ne compte comme sorties de matières que les déchets, mais pas ce qui est inclus dans les produits consommés, ou encore ne veut prendre qu’un périmètre d’entreprises sans compter les sous-traitants ou les filiales situées en territoire étranger.

Le découpage incessant du système productif et de la chaîne d’activité – que ce soit dans un même pays ou entre pays en voie de développement et les autres – souligne ce défi, avec la domination des grandes firmes multinationales et des banques. Pour y répondre, il faut dresser des bilans « de circularité » de la production au niveau de territoires dans leur ensemble (y compris importations et transits), mais aussi des filières ou des groupes d’entreprises multinationaux, alors que la réalité systémique de l’économie comme de l’écologie induit souvent des « reports systémiques » de consommation d’un acteur (une entreprise) vers un autre (sous-traitant), ou d’un territoire vers l’autre (banlieue, espace périurbain ou pays en voie de développement). Il faut ainsi considérer les acteurs « entreprises » dans leur globalité. Les travaux d’un système de mesure des flux de matières utilisées ou générées par l’économie française sont une piste très intéressante en ce sens, malgré certaines limites.

La notion de valeur ajoutée est cruciale. Elle doit être bien distinguée de sa falsification en « création de valeur actionnariale », et les remises en cause de la notion de produit intérieur brut (qui ont une part de vérité) ont tendance à oublier que le PIB est la somme des valeurs ajoutées, et peut en outre être construit dès le niveau de l’entreprise ou au niveau d’un territoire.

LA RESPONSABILITÉ « SOCIÉTALE » DES ENTREPRISES

Les travaux sur la responsabilité « sociétale » des entreprises (principes de l’investissement raisonnable de l’ONU ou la norme ISO 26000) prétendent relever ce défi. Ils proposent grosso modo de comptabiliser dans les rapports de gestion des entreprises les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités. Tout en comportant des éléments très intéressants, comme la notion de sphère d’influence, ils sont très ambivalents et soulèvent quatre ensembles de problèmes. À savoir :

1. Ils ne comportent pas d’éléments contraignants. Ils n’imposent pas de certification ni de procédures, ce qui pose la question de la transparence des méthodes et de la comparabilité des évaluations entre deux entreprises, ainsi que celle du rôle des salariés.

2. Ils tendent à refouler l’antagonisme existant avec les critères de rentabilité, d’accumulation de matériel et de gâchis de matières, voire à conforter le marché financier. Il y a pourtant une conflictualité évidente, et même un antagonisme. D’ailleurs, ces informations supplémentaires sont généralement utilisées pour attirer les capitaux, et donc accroître encore l’accumulation.

3. Les périmètres, l’exhaustivité et les reports entre pays et entreprises sont essentiels. Et on gagnerait grandement à utiliser la notion de valeur ajoutée pour traiter des sphères d’influence.

4. L’économie circulaire se doit d’intégrer l’ensemble du cycle d’un produit, dit-on souvent, donc aussi les coûts d’investissement matériel, de mise au point, y compris d’extraction des matières, ce qui est rarement fait, mais renvoie au biais capitaliste d’aveuglement sur les coûts en capital et exige de nouvelles évaluations comptables.

Autant d’enjeux qui peuvent permettre d’utiliser la notion de responsabilité sociale des entreprises pour pousser le développement d’une économie radicalement circulaire. Par exemple, la loi Grenelle II (art. 225) oblige les grandes entreprises (en France) à faire figurer dans leur rapport annuel « des informations sur la manière dont la société prend en compte les conséquences sociales et environnementales de son activité ». C’est en soi limité, d’autant que nombre de filiales résidentes et non résidentes sont exclues ; mais doit être annexé « l’avis [des] institutions représentatives du personnel et des parties prenantes ». Cela ouvre la voie à un travail avec de multiples forces sociales. Par ailleurs, le projet de loi sur la transition énergétique et pour la croissance verte, « encourage » verbalement l’économie circulaire. L’étude d’impact annexée argumente que la circularité serait « profitable », affirmation gratuite qui justifie de n’y mettre aucune incitation financière ni contrainte. Pis, elle ne parle que des déchets et de la proximité sans tenir compte des consommations de ressources en amont (extraction, investissements, etc.) ! Or si l’on recycle des outputs mais qu’on augmente la consommation d’inputs, où est le gain de circularité ?

UNE UTOPIE RÉALISTE

Une refonte écologique et culturelle des productions suppose aussi de viser l’usage des objets plutôt que leur possession. La question est abordée dans les travaux dominants (ou naïvement intentionnés), mais de façon hypermarchande, en substituant à l’achat d’une marchandise la location de l’usage. Au marché, on substitue… le marché ! Il faut une transition révolutionnaire, matérielle et culturelle, vers un système productif qui viserait les valeurs d’usage et non plus les valeurs marchandes, tout en continuant d’économiser le travail fourni, mais de façon maîtrisée (à l’opposé de certaines tendances à vouloir gâcher le travail vivant).

RAPPORTS DE PRODUCTION, RÉVOLUTION DE LA RÉPARTITION

Avec la montée de la révolution informationnelle, au-delà d’une production matérielle circulaire, la prédominance des activités pour les êtres humains, notamment les activités informationnelles, est posée et doit être intégrée à un nouveau paradigme productif.

Il s’agit de construire la pensée d’une nouvelle alliance révolutionnaire entre transformation de la production et des modes de consommation, au travail et hors du travail. D’autant que révolution écologique ne signifie pas seulement qu’on touche à l’épuisement de certaines ressources, cela signifie aussi que s’ouvrent de nouveaux espaces, de nouveaux horizons, de la mer à l’espace.

CAPITALISME VERT CONTRE CRITÈRES NOUVEAUX

Au coeur de cette nouvelle pensée doivent être placés les critères d’évaluation, y compris au niveau territorial, autrement la mise en oeuvre d’une économie circulaire reste illusoire ou non effective. C’est tout le contraire des illusions à l’oeuvre à propos du « capitalisme vert », dans lequel les banques s’engagent à soutenir les valeurs boursières « écoresponsables », sans critères précis et sans mesure de la performance écologique des entreprises concernées, en estimant avant tout le profit rapporté et en sélectionnant des secteurs en fonction de ce dernier. On voit bien aussi l’ambivalence d’ambitions comme celles d’augmenter la valeur de la production par l’économie dite « circulaire », sans se préoccuper du reste de l’économie qui pourrait polluer encore plus… Conception bien peu circulaire !

Une politique de dépenses publiques active est nécessaire pour permettre de vraies alternatives positives. Aller vers une véritable production circulaire nécessite des dépenses massives et dans la recherche et dans les infrastructures publiques, mais aussi des investissements nouveaux des entreprises ainsi que des dépenses considérables de reconversion des emplois et de qualification des gens. Ce sont des dépenses non soumises à la rentabilité financière ni à l’évaluation des agences de notation, et des reconversions qui ne doivent pas passer par le marché du travail mais par un progrès vers une mobilité de sécurité d’emploi ou de formation maîtrisée socialement. La création monétaire doit contribuer au financement des services publics et socialisés d’écologie, coopérant au plan international.

1. Frédéric Boccara « Économie et écologie, pour une vraie alternative », in la Pensée, no 365, 2011, p. 47-61.
2. Céline Jamet, « Matières mobilisées par l’économie française – Comptes de flux pour
une gestion durable des ressources », in Études et documents, no 6, SOeS, ministère
de l’Écologie de l’Énergie, du Développement durable et de la mer, juin 2009.
3. Cf. Fr. Boccara, « Économie et écologie, où en est-on ? », in la Pensée, no 363, 2010, p. 53-69.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 16:47

Caracas, 27 février (RHC-PL) Le président du Venezuela, Nicolás Maduro, a critiqué les déclarations hostiles des États-Unis et de certains députés européens et il a condamné l'ingérence de la droite internationale dans les affaires intérieures de son pays.

Au cours d'un meeting de soutien à son gouvernement, suite à la recrudescence des menaces et des agressions dans l'État vénézuélien de Monagas, Nicolás Maduro a accusé les États-Unis de violer la souveraineté des peuples latino-américains et caribéens et il a condamné les propos tenus par certains parlementaires européens, qui ont fait des déclarations hostiles au Venezuela alors qu'ils ne connaissent pas la réalité de la situation.

Le chef de l'État vénézuélien a appelé les hommes politiques de droite à s'occuper de leurs affaires dans leurs pays respectifs et à laisser en paix le gouvernement de Caracas et le peuple vénézuélien, qui travaillent à la construction du socialisme et combattent les tentatives de coup d'État.

EDITÉ PAR PEIO PONCE

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 16:29

Pierre Laurent : « L’Europe est un atout pour Syriza, pas un obstacle »..." pour Syriza alors qu’en vérité l’Europe est un atout, car tous les peuples européens sont concernés par les enjeux soulevés par la victoire de ce parti"...

Published: 27/02/2015 - 13:16 | Updated: 27/02/2015 - 13:18

Pierre Laurent est secrétaire général du Parti communiste français © PCF

Le chef de file du parti communiste français voit dans le phénomène Syriza une chance pour réorienter le projet européen. Un chantier qu’il espère mener à bien avec les écologistes et l’aile gauche des socialistes en Europe.

Pierre Laurent est secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et président du Parti de gauche européenne (PGE)

Le parti de gauche radical Syriza a remporté les dernières élections grecques. Quel changement le gouvernement d’Alexis Tsipras peut-il apporter au niveau européen ?

L’arrivée au pouvoir de Syriza est une chance pour l’Europe, qui enfin va pouvoir rouvrir le débat sur l’austérité et la réduction à marche forcée des déficits publics qui a été choisi comme la seule voie de traitement de la crise en Europe, avec des conséquences sociales dramatiques dans de nombreux pays européens dont la première est le chômage. Enfin un gouvernement à la table du Conseil pour rouvrir le débat !

La première décision du gouvernement grec a d’ailleurs été de renégocier l’accord entre la Grèce et ses créanciers européens. L’accord trouvé entre Alexis Tsipras et les ministres des Finances de la zone euro est-il un pas dans la bonne direction ?

L’accord signé est intéressant à double titre. D’abord, parce que c’est un accord qui marque la fin de la Troïka. On revient à une négociation directe entre un gouvernement élu et les instances européennes alors que depuis 5 ans nous faisions face à une Troïka qui dictait sa loi. Il s’agit d’un retour à la négociation politique.

Deuxièmement, cet accord ne signe évidemment pas la fin des négociations entre la Grèce et l’Europe, mais pour l’heure Syriza n’a renoncé à aucune des mesures sociales auxquelles il s’était engagé auprès de ses électeurs. La Grèce est maintenant dans la position de négocier avec du temps.

On sort d’une période où la direction de l’Eurogroupe dictait ses conditions à des gouvernements qui n’avaient pas le droit de discuter ou qui avaient renoncé à toute velléité de discussion. Cet accord s’est négocié sur la base de la proposition de Varoufakis et cela est un point marqué par le nouveau gouvernement grec face à tous ceux qui le sommaient de se ranger sans discussion aux positions précédentes.

Alexis Tsipras est pour l’heure l’unique dirigeant au sein du Conseil européen issu de la gauche radicale. Seul, peut-il réellement changer les choses ?

Évidemment il s’agit d’un gouvernement parmi les 27 autres. Mais je pense qu’il le peut, car le gouvernement grec dispose d’une confiance populaire très forte. Et l’austérité ne fait pas partie des règles intangibles de l’Europe, la démocratie oui.

La volonté politique très forte du gouvernement Syriza de faire valoir la voix de son peuple est un argument fort. D’ailleurs je rappelle que le début de la descente aux enfers de la Grèce a coïncidé avec la décision de la Commission européenne d’interdire à l’ancien premier ministre grec Georges Papandréou de consulter le peuple grec.

Par ailleurs, je pense que le rapport de force en Europe en faveur des exigences de Syriza va bien au-delà de la position de tel ou tel gouvernement. Parce qu’il y a des forces populaires, sociales et syndicales extrêmement nombreuses en Europe qui ont les mêmes exigences que Syriza : on l’a vu avec la confédération syndicale du DBB en Allemagne, avec les mouvements populaires qui se forment en Espagne, en Italie ou en Belgique. Il y a une contestation des politiques d’austérité qui dépasse le cadre gouvernemental et qui est un point d’appui pour Syriza.

Dans cette affaire, Syriza ne porte pas seulement les revendications du peuple grec, mais aussi les exigences populaires européennes.

Enfin, le développement des mouvements des forces de la gauche radicale européenne est en train de se poursuivre. Et le fait qu’Alexis Tsipras ait été notre candidat commun à la présidence de la Commission européenne lors des dernières élections a participé à la diffusion de ces idées dans de nombreux pays européens.

Au niveau politique, sur quels partenaires Syriza, et plus largement la gauche européenne, peut-il s’appuyer en Europe ?

Il y a des forces nouvelles en Europe qui soutiennent ce mouvement. Une partie des forces écologiques dans plusieurs pays européens convergent sur un certain nombre de questions. On voit aussi quelques élus socialistes- notamment en France - manifester leur solidarité avec Syriza.

C’est avec les forces du Front de gauche, et celles d’Europe-Ecologie les Verts qu’il faut parvenir à constituer une coalition porteuse de projets alternatifs en Europe.

L’Union européenne est-elle véritablement un lieu ou Syriza peut faire changer les choses ?

Certains pensent que l’Europe est un obstacle pour Syriza alors qu’en vérité l’Europe est un atout, car tous les peuples européens sont concernés par les enjeux soulevés par la victoire de ce parti.

D’ailleurs on a bien vu que ce qui inquiétait certains gouvernements européens dans l’arrivée du nouveau gouvernement grec : le risque que cela donne des idées à d’autres en Europe !

Que faut-il changer à la gouvernance économique de l’Union européenne ?

La gouvernance économique actuelle de l’Europe ne convient pas du tout. Il faudrait modifier en profondeur le statut et le rôle de la Banque centrale européenne. Le maintien de l’interdiction qui est faite à la BCE de refinancer les États sans passer par le secteur bancaire alors que c’est ce dernier qui a joué un rôle décisif dans la crise économique est une aberration !

On voit bien d’ailleurs que les décisions récentes de la BCE de réinjecter massivement de l’argent dans la machine européenne mettent le doigt sur ce problème, sans aller jusqu’à remettre en cause ce qui ne fonctionne pas dans la gouvernance économique actuelle.

Par ailleurs, les organisations sociales et syndicales sont écartées de tout droit de regard sur les orientations économiques de l’Union. Le résultat c’est qu’on a une gouvernance européenne très largement confisquée par les autorités financières et bancaires. Une des choses qu’il faut absolument changer est le déficit démocratique qui devient une des causes de la crise structurelle que traverse l’Europe

Comment lutter contre ce déficit démocratique ?

Je suis favorable à ce que les pays européens aient le droit de ne pas participer à telle ou telle directive ou pouvoir européen si son peuple, consulté par référendum s’y oppose totalement. Il faut construire l‘Union européenne par l’adhésion des peuples européens et pas par la contrainte descendante qui est la logique de la majorité des directives européennes.

On pourrait utiliser ce type de procédure de consultation pour pousser à la concertation, alors qu’aujourd’hui l’édifice fonctionne de manière à ce que les plus puissants imposent leurs volontés aux États les plus faibles.

Aujourd’hui, nous qui avons souvent été taxés d’euroscepticisme, nous sommes les seuls à porter l’idée de l’Europe de la solidarité. Je pense que le choix à venir pour l’Europe sera soit de trouver une réponse européenne solidaire à la crise soit laisser les mouvements de destruction de l’Europe – qui souhaitent apporter soit une réponse ultra-nationaliste soit ultra-libérale – l’emporter.

EurActiv.fr

Cécile Barbière

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 09:18

France 3 : Le PCF évincé du débat sur les départementales !

VENDREDI, 27 FÉVRIER, 2015

La chaîne du service publique, France 3 Ile de France organise un débat consacré aux départementales le 28 février prochain dans le cadre de son émission « La voix est libre ».

Initiative louable, qui permet tout au moins l’information grand public sur les enjeux de ce scrutin, mais où les invités-es sont choisis-es en fonction, de critères qui selon les responsables de la chaîne » ne permettent pas d’inviter le PCF, ni ses représentants, ni même un-une conseiller général-e sortant-e !

Sont invités à ce débat, qui se veut contradictoire (sic), l’UMP 91, Jérôme GUEDJ au nom du PS et de EELV, on les laisse apprécier, le FN 91 et la représentante du PG 91.

Vrai tour de force de France 3, qui choisit, d’évincer de cet échange, la parole d’un Parti qui est présent dans 19 cantons sur 21, dans des configurations diverses, a 4 sortants FDG dont 3 PCF, des centaines de militants-tes en campagne, dirige 4 villes dans des larges cadres majoritaires de gauche.

Déontologiquement c’est une faute, politiquement c’est de la censure !

Les candidates et candidats :

Alexandre FELS, Annie DAILLY, Marie-Laure VERET, Claude JOSSERAND, Sylvie CLERC, Laurent GABORIAU, Françoise POLI, Bruno PIRIOU, Vice-Président du conseil général, Bernard VERA, Maire de Briis-sous-Forges, Fabienne BELLAY, Jean-Pierre SAUVAGE, Maria-Rita CHERRIER, Marie-France WINGHARDT, Jean-Jacques LE TALBODEC, Yaël LELLOUCHE, Philippe FOURCAULT, Michèle KAUFFER, Samir BENAMARA, Jean-Claude LAURENT, Christelle BAREIX, Dominique GRISSOLANGE, Colette JAN, Florent HUART, Gabriel LAUMOSNE, Françoise SAINT-HILAIRE, Olivier CORZANI, Marjolaine RAUZE, Vice-Présidente du conseil général et Maire de Morsang-sur-Orge, Odile TOITOT, Annick LE POUL, Alain TROALEN, Joëlle SURAT, Yveline LE BRIAND, Stéphane QUAINQUARD, Josselyne LAMBERTIN.

Les autres élus :

Claude VAZQUEZ, Conseiller général, Philippe RIO, Maire de Grigny, Jean FLEGEO, Maire de Saulx-les-Chartreux.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 06:21
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BRUNO FORNACIARI

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