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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 07:54

Israël : Hannen Zoabi, députée palestinienne à la Knesset, habitant à Nazareth, empêchée de se présenter aux élections législatives par la Commission électorale israélienne !

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 17:19

ONU, lutte contre la glorification du nazisme : USA, Canada et Ukraine votent contre, l’UE s’abstient

Brève de Yéti

Manifestation néonazie en Ukraine occidentale

21 novembre 2014, la 3e Commission de l’Assemblée générale de l’ONU vote larésolution L56, présentée par le Brésil et la Russie, visant à « lutter contre la glorification du nazisme, du néonazisme et toutes autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée ».

La résolution est adoptée à la majorité, mais le détail des votes se passe de commentaires :

  • POUR : 115 (dont tous les pays membres des BRICS)
  • CONTRE : 3 (USA, Canada, Ukraine)
  • ABSTENTION : 55 (dont tous les pays membres de l’UE, France et Allemagne comprises)

NB : à ce jour, aucune dépêche AFP pour relayer cette information.

Cliquez sur l’image pour voir les détails du vote

(source : les-crises.fr)

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 15:35

La protection des apprentis sacrifiée

FANNY DOUMAYROU

JEUDI, 12 FÉVRIER, 2015

L'HUMANITÉ

Scies circulaires à bois (notre photo), à viande ou à métaux, ces machines soumises à dérogation sont souvent les plus dangereuses.

Photo : Pierre Ciot/Divergence

Dans le cadre du «choc de simplification» inspiré par le patronat, le gouvernement veut supprimer des protections pour les salariés mineurs, concernant les machines dangereuses et le travail en hauteur.

C’est tout un symbole de la régression sociale mise en œuvre par le gouvernement. Alors que les premières lois sociales en France, à partir du milieu du XIXe siècle, concernaient le travail des enfants, qu’elles ont progressivement limité et encadré, c’est au contraire un allégement de ces protections que prépare le ministère du Travail, sous prétexte de favoriser l’embauche d’apprentis. Annoncées fin octobre dernier dans le cadre du « choc de simplification » au profit des entreprises, deux mesures ont été traduites en projets de décret, présentés la semaine dernière au Conseil d’orientation sur les conditions de travail (Coct). Ils doivent maintenant être « soumis au Conseil d’État, en vue d’une entrée en vigueur au 1er mai », a confirmé, jeudi au Sénat, le ministre du Travail, François Rebsamen. Le premier texte supprime l’obligation pour l’employeur de demander une dérogation à l’inspection du travail pour affecter un mineur à certains travaux à risques, notamment sur des machines dangereuses. Le second lève l’interdiction de faire travailler un salarié mineur en hauteur sans protection collective.

Des discours cyniques, très éloignés des risques bien réels

L’annonce a aussitôt été saluée comme une « bonne nouvelle » par la Fédération française du bâtiment (FFB) – le patronat du secteur – qui s’est réjouie lundi d’avoir « enfin été entendue sur cette mesure qui pénalisait l’apprentissage, levier important pour le recrutement dans notre secteur ». Ces annonces viennent en effet couronner, et valider, plusieurs mois d’une campagne patronale intense de dénigrement des protections, jugées absurdes, excessives, et nuisibles à l’emploi, prévues par le Code du travail pour protéger les salariés âgés de moins de dix-huit ans, population pourtant vulnérable (voir encadré). En mars dernier, la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) d’Ardèche avait ouvert le bal en dénonçant l’interdiction de faire « monter sur des escabeaux » des mineurs pour cueillir des fruits. « C’est stupide et cela nuit à l’apprentissage », avait tweeté l’UMP Nadine Morano, en demandant le « retrait » du texte. En septembre, le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Jean-François Roubaud, se scandalisait sur France Inter qu’« une perceuse à batterie, la même que vous utilisez chez vous le week-end, soit considérée comme dangereuse pour un apprenti », et réclamait des « assouplissements de ces mesures ». « Miracle, les apprentis pourront à nouveau monter sur des échelles ! » s’est réjoui le Figaro la semaine dernière, saluant les décrets en préparation pour « lever ces freins » et « simplifier la vie des entreprises ».

Des discours cyniques, très éloignés des risques bien réels que recouvrent les réglementations en passe d’être allégées, dangers qui concernent, il est vrai, surtout des enfants de milieu populaire atterrissant dès l’âge de quinze ou seize ans en apprentissage comme ouvriers. Loin de la perceuse du bricoleur du dimanche, les machines soumises à dérogation « sont les plus dangereuses, ce sont vraiment des grosses machines qui font peur, précise un inspecteur du travail d’Île-de-France. Ce sont des scies circulaires à bois, des scies à viande, des scies à métaux, et toutes les machines qui ont un élément mobile dont on ne peut pas se protéger. On peut y laisser des doigts, une main, un bras. La plupart des menuisiers par exemple, ont un doigt en moins en fin de carrière. » Le travail sur ces engins fait partie des « travaux réglementés », interdits pour les salariés mineurs, sauf si l’employeur obtient une dérogation de l’inspection du travail, pour trois ans. Mais l’obstacle dénoncé par le patronat est très relatif. « Dans les faits, 90 ou 95 % des demandes sont accordées », souligne Gérald Le Corre, inspecteur du travail CGT en Seine-Maritime. D’après lui, le problème pour les employeurs se situe ailleurs : « Pour accorder la dérogation, on se déplace dans l’entreprise, où l’on peut découvrir des non-conformités de machines ou d’autres infractions au Code du travail. Pour l’employeur, la demande de dérogation expose surtout à un risque de contrôle ! C’est pourquoi d’ailleurs beaucoup de petites entreprises ne demandent pas la dérogation. » Le projet de décret prévoit de supprimer cette obligation, pour passer à un régime déclaratif. L’employeur se contenterait d’envoyer une « déclaration de dérogation » valable trois ans à l’inspection du travail, précisant les travaux dangereux auxquels il compte affecter des apprentis mineurs. Comme préalable, le texte prévoit une obligation de formation des jeunes aux risques. L’inspecteur du travail pourrait toujours effectuer un contrôle « ex post ». Mais vu la surcharge de travail des services, ce serait moins systématique, et surtout, il n’aurait pas le pouvoir de retirer la dérogation s’il constate un problème. « Les collègues sont choqués par cette mesure, parce que la dérogation n’était vraiment pas une formalité administrative, témoigne Gérald Le Corre. C’était une clé d’entrée dans les entreprises, et on a tous vu des accidents du travail touchant des gamins. »

17435 accidents et 29 décès, en 2012, pour cause de chutes de hauteur

De même, la question des travaux en hauteur ne se résume pas à cinq minutes passées sur un escabeau pour changer une ampoule. « Les chutes de hauteur, c’est notre combat de tous les jours », souligne l’inspecteur du travail d’Île-de-France. Comme la contradiction ne tue pas, le ministère du Travail avait d’ailleurs lancé en mai dernier une campagne de prévention intitulée « Travaux en hauteur, pas droit à l’erreur », avec, à la clé, quelques données implacables : dans la construction, les chutes de hauteur ont provoqué en 2012 quelque 17 435 accidents du travail avec arrêt et 29 décès. Dans ce secteur, une chute se produit toutes les cinq minutes ! Mais le risque concerne de nombreuses autres activités, comme la grande distribution avec le réassort des rayons en hauteur, la réparation automobile, l’agriculture… Une réglementation stricte, datant de 2004, impose la mise en place de protections collectives (garde-corps, nacelle, filet…), sauf en cas d’impossibilité technique – à démontrer par l’employeur – autorisant alors le recours à des protections individuelles (cordes et harnais). Elle interdit par ailleurs d’utiliser un escabeau, une échelle ou un marchepied comme poste de travail, sauf en cas, là encore, d’impossibilité technique, ou de travail à faible risque et ponctuel. Mais pour les salariés mineurs, il n’y a pas d’exception : les protections collectives sont obligatoires. Le projet de décret prévoit d’élargir aux mineurs les exceptions prévues pour les adultes. « On passerait d’une interdiction formelle à une interdiction de principe mais soumise à discussion sur le risque, sa durée, sa répétition, c’est une vraie victoire pour les employeurs », analyse Gérald Le Corre. « Dans la réalité, la loi n’était déjà pas respectée, mes élèves racontent qu’on les fait travailler en hauteur, et même sans harnais parce que ça gêne pour le travail, déplore Jean-Christophe Grellety, enseignant dans un centre de formation d’apprentis en Aquitaine, et représentant CGT. Ce décret ne vise pas à développer l’apprentissage, c’est une vaste blague, mais à faciliter les travaux dangereux, à assurer et rassurer les employeurs qui ne risquaient déjà pas grand-chose. Qui pouvait les inquiéter, l’inspection du travail ? Mais vu ses effectifs et ses possibilités réelles d’intervention… On peut mourir en tombant d’un mètre de haut. La protection des jeunes mineurs relève de la responsabilité de la famille et de la nation. On veut les protéger de l’influence de l’intégrisme, mais on ne les protégerait pas du risque mortel au travail, au contraire, on les exposerait encore plus ? Quel paradoxe. »

Deux fois plus d’accidents chez les très jeunes salariés.« Les jeunes sont vulnérables en raison de leur âge, de leur inexpérience en milieu professionnel, de leur immaturité. physique et psychologique. Il est donc nécessaire de les préserver contre les atteintes à leur santé et leur sécurité », peut-on lire sur le site du ministère du Travail. Cumulant jeune âge et précarité, les apprentis sont nettement plus exposés aux risques du travail. En 2011, selon la Dares, le taux de fréquence des accidents du travail (nombre d’accidents par million d’heures travaillées) était de 31 chez les apprentis, de 44,2 chez les 15-19 ans, contre 22,9 pour la moyenne des salariés.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 09:34

Lettre ouverte des vétérans de Stalingrad à Madame la Chancelière Angela Merkel [antifascisme]

2 février 2013 – 70e anniversaire de la victoire de Stalingrad – PRCF – Place Stalingrad à Paris

Madame Merkel,

Soixante-dix ans après la victoire sur les nazis nous sommes là, nous, les anciens combattants de cette terrible guerre, et les participants à cette monstrueuse bataille, prenant conscience qu’en Europe un fantôme erre, le spectre de la peste brune.

Cette fois, c’est l’Ukraine qui sert de foyer à l’idéologie nazie, qui est la source d’une idéologie ultranationaliste, antisémite et barbare, dans le rejet des autres cultures, la violence physique, l’élimination des opposants et le meurtre pour des motifs ethniques haineux

Nous avons devant nous des images connues: défilés aux flambeaux, voyous en uniforme avec des symboles nazis, la main droite levée pour le salut hitlérien, processions fascistes des habitants de Kiev sous la protection policière et, pour finir, les déclarations de hauts représentants du gouvernement ukrainien nous appelant sous-hommes.

Nous l’avons déjà vu, et nous savons où cela mène.

http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/les-70-ans-de-stalingrad-en-video/

Cette plaie brune sommeille en Ukraine depuis une décennie et elle a débouché sur une guerre civile. Des groupements à tendance nazie comme le Secteur Droit (Praviy Sector), la soi-disant Garde nationale, de nombreuses troupes non officielles mais bien armées comme le bataillon Azov, détruisent la population d’Ukraine orientale avec le soutien de l’armée régulière ukrainienne par ses frappes aériennes et ses tirs d’artillerie lourde.

Ils tuent des innocents pour la seule raison que ceux-ci veulent parler leur propre langue, ont une autre idée de l’avenir de leur pays et ne veulent pas vivre sous le gouvernement des partisans de Bandera.

Ces Bandéristes sont des partisans de l’Armée ukrainienne de libération [UPA, NdT]. Cette armée, comme vous devez le savoir Madame Merkel, s’est battue aux côtés de la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l’appui de la division SS Galicie, et s’est distinguée par l’assassinat de nombreux juifs soviétiques.

Aujourd’hui, ils mettent en avant l’idéologie de leurs ancêtres en changeant les noms des rues pour les remplacer par ceux de criminels de guerre!

Le pire de l’Histoire du XXe siècle se déroule sous nos yeux à tous. Il n’est pas étonnant que les Bandéristes actuels – avec un relent de fanatisme que nous, les vétérans du front de Stalingrad, n’avons que trop connu – appellent à balayer le Donbass de la surface de la terre et à brûler les citoyens de la partie orientale de leur propre pays au napalm!

manifestation antifasciste, au pied de la statue de Lénine dans le Donbass

Il existe des preuves documentées que des personnes ont été tuées au seul motif d’avoir un ruban de St George [Ruban de Saint-Georges, symbole de la victoire soviétique sur le fascisme, NdT].

Voilà la vérité, Madame Merkel. En Ukraine, en ce moment, il y a une émulation entre les fascistes pour savoir lequel sera le plus digne des héros, le plus brutal. Il ne s’agit pas seulement de quelques remarques antisémites au parlement de Kiev [la Rada, NdT], ou de citations sur la supériorité d’une race sur les autres. Il s’agit véritablement de crimes sanglants dont les victimes se comptent par milliers.

Mais l’Occident prend une très étrange attitude, que nous ne comprenons pas. Cette position peut être interprétée comme de l’indulgence envers l’Ukraine nazie. Sur place, cette position européenne d’indulgence s’impose lentement à la population ukrainienne ainsi qu’en Russie. Et nous aimerions connaître l’opinion du peuple allemand à ce sujet, compte tenu de sa propre expérience historique.

Il est important pour nous de comprendre votre vision, de connaître le point de vue du dirigeant d’un grand peuple, qui sous la peste brune a dû souffrir de terribles sacrifices, mais qui s’en est remis. Nous sommes conscients du combat que votre pays mène contre la résurgence du nazisme et, croyez-nous, nous savons l’apprécier. C’est pourquoi nous nous demandons, au vu de tous vos efforts dans la lutte contre l’émergence du nazisme dans votre propre pays, pourquoi vous ne semblez pas plus consciente du danger d’embrasement dans un autre pays d’Europe.

Pourquoi les dirigeants européens marchent-ils pour soutenir les caricaturistes français assassinés par des terroristes islamistes, et non pas contre le fascisme en Ukraine? Pourquoi un chef d’État qui ordonne la destruction d’une partie de sa population participe-t-il à cette marche? Pourquoi douze victimes françaises attirent-elles plus l’attention que des milliers de victimes ukrainiennes russophones?

Savez-vous combien d’enfants à l’est de l’Ukraine ont été assassinés par les criminels porteurs de symboles nazis sur leurs uniformes? Voulez-vous le savoir? Nous allons vous donner la réponse – si vous ne l’avez pas déjà. Pourquoi les peuples d’Europe, immobiles, acceptent-ils cette violence massive en Ukraine? Cela vient-il du fait que leurs médias n’en parlent pas, quelle que soit l’horreur des faits? Quelle que soit la vérité? Quel est le vrai but de ces sanctions économiques? Affaiblir la Russie en tant que puissance? Soutenir le fascisme en Ukraine? Ou pour que nos retraites, à nous vétérans de la guerre, soient détruites ?

Madame Merkel,

La sombre Histoire du XXe siècle nous a donné quelques leçons

La réécriture de l’Histoire: premier pas vers le nazisme

Tous les régimes européens fascistes des années 1920 et 1930 ont commencé de cette façon: réécrire l’histoire. C’est ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine: réécriture des livres scolaires et destruction des monuments soviétiques. Le comble du révisionnisme a été atteint par la déclaration du premier Ministre ukrainien Iatseniouk à la télévision allemande: «L’Union Soviétique a envahi l’Allemagne et ensuite Ukraine!» Nous aimerions savoir ce que vous en pensez,vous qui dirigez un pays dans lequel la négation de l’Holocauste mène à la prison.

La recherche de boucs émissaires

Les régimes fascistes rejettent la faute de leurs échecs et de leurs erreurs sur d’autres groupes ethniques, sociaux ou religieux. Autrefois, c’étaient les juifs et les communistes. Dans l’actuelle Ukraine, les boucs émissaires, ce sont les Russes, la Russie et les russophones. [NDLR : de fait les communistes sont directement visés avec une répression féroce, et la tentative d’interdiction du parti communiste d’ukraine, l’arrestation de nombre de ses membres]

Le nazisme s’étend comme la peste

Quand le nazisme prend le pouvoir dans un pays, il veut se répandre dans le monde entier. On ne peut pas approuver le nazisme dans un pays, en croyant qu’il restera à l’intérieur de ce pays. Les vagues nazies se répandent un peu partout par-delà les frontières du pays. C’est pourquoi on l’appelle aussi la peste brune. Le nazisme doit se combattre dès qu’on en voit les germes, pas seulement quand il est devant la porte de la maison.

Le nazisme ne peut être ignoré

Il faut lui résister. Si quelqu’un pense qu’il peut être ignoré en Ukraine, il se trompe énormément. Il est dans la nature du nazisme de croître dans l’ombre, c’est là même toute sa force. Le nazisme n’est jamais en un seul lieu; les racines s’étendent, souterraines. La seule méthode efficace contre lui est un combat actif et amer.

La principale arme contre le nazisme est la vérité, dès le début.

La vérité sur l’absence d’humanisme, qui est dans la nature du nazisme, l’essence inhumaine de son idéologie, le comportement de ses adeptes, doit servir à lutter contre la banalisation du nazisme. La vérité historique est la meilleure protection contre le nazisme. Si le gouvernement ukrainien lui-même ne cachait pas l’histoire du pays et de son peuple à la jeunesse, alors il y aurait, en Ukraine, moins d’adhérents nazis. Les vrais médias de masse jouent un grand rôle, ils peuvent contribuer au nazisme par leur indifférence ou bien le combattre.

Madame Merkel

Nous avons en Russie, en tant que successeur de l’Union Soviétique, un devoir particulier et une mission historique. Il y a soixante-dix ans, nous les avons assumés aux prix de millions de victimes dans la guerre contre le nazisme en Europe. Nous avons personnellement, tous à Stalingrad, avec des sacrifices surhumains, non seulement changé notre Histoire, mais aussi celle de l’Union Européenne, oui, l’Histoire du monde. Et nous ne pouvons pas rester indifférents devant cette résurgence du nazisme. Certainement pas à côté de chez nous ! Nous avons lutté, nous allons lutter, et nous vous invitons à vous battre avec nous!

Dans un très célèbre film chez nous en Russie, l’acteur principal, un archétype du chef fasciste déclare: «Dès que vous ne nous saluerez plus par Hallo, mais par Heil!, nous saurons que vous nous attendez, et nous sommes prêts pour commencer avec vous notre grand renouvellement.»

Madame Merkel,

Partout en Ukraine, on entend Heil!, ouvertement, avec un soutien officiel. Il est temps pour l’Europe de bannir ce fléau. Nous espérons que le peuple allemand et toute l’Europe, ensemble avec la Russie, extirpent ces racines de la haine, la tige et la souche.

Remarques de la rédaction de RT:

1. La lettre originale complète en russe est visible ici.

2. La question a été posée au secrétariat de la Chancellerie pour savoir si la lettre avait été remise à la Chancelière, et comment elle envisageait réagir, nous n’avons pas les réponses à ce jour.
Traduit par Toma, relu par jj et Diane.

source Traduction

Le 2 février 2013, à l’initiative du PRCF s’est tenu place Stalingrad à Paris la seule commémoration en France de la victoire de la Stalingrad, avec un réel succès populaire.

lire le compte rendu :

« Stalingrad, on n’oublie pas ! Stalingrad, on continue l’ combat ! »

GRAND SUCCES du MEETING du 70e anniversaire de la victoire de STALINGRAD, le 2 février 2013 à PARIS

ainsi que le dossier spécial d’initiative communiste consacré à Stalingrad (cliquez ici)

Ci-après, la lettre du Conseil des Anciens Combattants de Stalingrad adressée lors de la commémoration des 70 ans de la battaille de Stalingrad, l’année dernière à Paris par le PRCF

Conseil des anciens combattants de la ville de Volgograd sur les 70 ans de Stalingrad


LETTRE DU CONSEIL DES ANCIENS COMBATTANTS DE LA VILLE DE VOLGOGRAD

Lue par M. Alexandre ORLOV, ambassadeur de Russie à Paris

Mesdames et Messieurs ! Chers amis !

Nous les participants de la bataille de Stalingrad, nous vous adressons nos amitiés et nous saluons tous ceux qui se sont rassemblés aujourd’hui sur la place de Stalingrad à Paris.

Hélas, l’état de santé et l’âge vénérable (plus de 90 ans, ce n’est pas rien !) ne nous ont pas permis de nous rendre à Paris pour participer personnellement à cette belle manifestation dédiée au 70e anniversaire de la victoire dans la bataille de Stalingrad. Nous exprimons pourtant notre reconnaissance à tous ceux qui l’ont organisée. Aujourd’hui, le 2 février 2013, nos pensées sont avec vous !

Sachez qu’en ce moment, nos cœurs battent à l’unisson ! Comme vous, nous nous inclinons aujourd’hui devant la mémoire des défenseurs de Stalingrad. Nous nous souvenons de cette grande victoire qui fut le début de la libération de l’Europe du nazisme.

La bataille de Stalingrad tient une place particulière dans le cœur de chacun qui vit sur son sol. Notre peuple a payé cette victoire au prix fort. Il n’y a pas une famille à Stalingrad qui n’a perdu, lors de ces 200 jours de feu, l’un des siens.

Les habitants de Volgograd sont sensibles et reconnaissants à la France moderne de ne pas oublier cet exploit des soldats soviétiques. 77 lieux et endroits portent en France le nom de la ville légendaire de Stalingrad, et nous vous en remercions.

Tirant des leçons de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, nous nous souvenons aussi du rôle important qu’a joué, dans notre victoire, la Résistance française.

Ce mouvement patriotique a joué un rôle majeur dans la libération de la France des occupants nazis, dans la chute du régime fasciste, le retour et l’épanouissement des droits et libertés démocratiques. Il a largement facilité les opérations des Alliés sur les fronts.

Ensemble, nous avons écrit les pages héroïques de la Deuxième Guerre mondiale, ensemble nous avons forgé notre victoire !

Ce jour glorieux, nous voulons adresser à tous ceux qui se sont rassemblés, ici, nos meilleurs vœux de santé, de la prospérité à vos familles, de la paix et du bonheur pour de longues années.

Vive Paris !

Vive Volgograd !

Vive la Paix dans le monde entier !

A. STRUKOV, Président du Conseil des anciens combattants de la ville de Volgograd

A. KOZLOV, Président de la section « anciens combattants de la bataille de Stalingrad » du Conseil des anciens combattants de la ville de Volgograd

29 janvier 2013

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 09:12

Loi Macron : l'Assemblée vote l'extension du travail dominical

SAMEDI, 14 FÉVRIER, 2015

HUMANITE.FR

Les députés français ont voté ce samedi l'extension du travail du dimanche et en soirée pour les commerces, deux volets parmi les plus contestés de la "loi Macron". Le Front de gauche et plusieurs députés frondeurs socialistes ont voté contre.

Cette partie du texte présenté par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macon, a été adoptée à l'issue d'un long débat dans lequel l'aile gauche du groupe socialiste a été en pointe contre cet assouplissement du travail dominical. Le nombre de dimanches d'ouvertures des commerces, actuellement de cinq par an, pourra désormais varier "entre 0 à 12".
Des amendements visant à supprimer l'article proposant douze dimanches d'ouverture ont été rejetés par 34 voix contre 21. Le groupe Front de gauche notamment a voté pour ces amendements rejetés massivement par le groupe PS.
Des "frondeurs", soutenus par des élus municipaux PS de Paris, ont défendu en vain d'autres amendements visant à rendre aux élus locaux l'initiative de demander la délimitation d'une zone. La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a qualifié samedi, dans un communiqué, de "recul démocratique" le fait que sa demande d'un avis conforme du maire pour la création de ZTI n'ait pas été retenue.
Les autorisations d'ouverture dominicale seront prises après avis du conseil municipal jusqu'à cinq, puis, à partir de ce nombre, après avis de l'intercommunalité. Les salariés devront alors être volontaires et payés double.
Le texte crée des "zones touristiques", "zones commerciales" et "zones touristiques internationales" (ZTI) à délimiter par décret, où les commerces pourront être ouverts le dimanche. Les zones commerciales remplacent les actuels périmètres d'usage de consommation exceptionnelle (PUCE) mis en place par la loi de 2009 sur le travail dominical.

Travail du nuit

Dans les ZTI, le travail le soir, jusqu'à minuit, sera également autorisé. Il sera payé double et les frais de retour et de garde des enfants seront pris en charge par l'employeur. Les commerces de gares connaissant une grande affluence pourront également ouvrir le dimanche. Des compensations sont prévues qui seront arrêtées par accord de branche, d'entreprise ou territorial. De plus, les employeurs devront aménager le temps de travail des salariés travaillant le dimanche pour leur permettre d'exercer leur droit de vote lors des élections.
Le groupe PS a majoritairement adopté les articles composant ce volet, sauf, là encore, plusieurs députés de l'aile gauche et le Front de gauche. "C'est une marchandisation des relations sociales", a dit le député socialiste "frondeur" Pascal Cherki. "C'est un recul de société", a renchéri Jacqueline Fraysse, du Front de gauche.
Un autre "frondeur", Laurent Baumel, a proposé au ministre de revenir sur les douze dimanches. Emmanuel Macron lui a opposé une fin de non-recevoir. "C'est l'expression d'une forme de technocratie éclairée face à des parlementaires", a dit à Reuters Laurent Baumel.
Le ministre a défendu sa réforme en soulignant qu'elle "systématisait et harmonisait les règles de compensation de manière très protectrice pour les salariés". "La règle du volontariat est formalisé", a fait valoir Emmanuel Macron. "C'est une approche pleinement, socialement, démocrate. Ce texte, ce n'est pas l'abolition des règles." L'examen en première lecture par les députés de son projet de loi devrait se terminer dimanche pour permettre à l'Assemblée de se prononcer mardi par un vote solennel sur tout le texte. "Si rien ne bouge politiquement d'ici mardi, un certain nombre d'entre nous votera contre" l'ensemble du texte, a menacé Laurent Baumel.

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 22:55

Ukraine, le coup d’état...

Dix-huit des meilleurs analystes nord-américains montrent ici que le 22 février 2014, place Maïdan à Kiev, après des mois de déstabilisation politique financée par les États-Unis et l’Union européenne, des groupes soutenus par l’Occident ont confisqué par un coup d’état flagrant le pouvoir d’un président démocratiquement élu. Des extrémistes néo-nazis, à l’avant-garde des manifestations, ont obtenu des ministères et d’autres postes importants dans le nouveau gouvernement non-élu. à cause de la couverture médiatique pro-Maïdan fortement influencée, sinon contrôlée, par les gouvernements occidentaux, les Européens ont généralement vécu ce changement de régime avec apathie. Ils semblent ne pas comprendre qu’il y a eu un coup d’état fasciste au coeur de l’Europe... et un coup d’état soutenu par leurs propres dirigeants. Comme en Libye, Syrie, Yougoslavie, Irak, etc., on a assisté en Ukraine au plus cruel sadisme masqué par une gigantesque puissance de feu médiatique occidentale : assassinats à Maïdan par des snipers d’élite néo-nazis maquillés en police d’État ; immolations vivantes au lance-flammes de fédéralistes pacifiques par des groupes néo-nazis téléguidés par la junte et maquillées en incendie à Odessa devant la police passive et complice ; officines déstabilisatrices de la CIA financées à hauteur de 5 milliards de dollars depuis 1991 et camouflées en ONG humanitaires « pro-démocratie », etc.

Cependant, du développement même de cet affrontement mûrit une « vision politique » : dans le Donbass, le peuple qui pour survivre secoue le joug du libéral-fascisme, prend conscience du fait que l’alternative « ou bien mourir pour un oligarque russe ou bien mourir pour un oligarque ukrainien » n’est pas pertinente et se dépasse nécessairement en : s’approprier collectivement les biens productifs usurpés par les oligarques de toute obédience. Puisse alors ce « retour du réel et du rationnel » refluer comme un boomerang de Donetsk vers l’ouest et montrer aux pyromanes US/UE que désormais le roi est nu.

Ukraine, le coup d’Etat

STEPHEN LENDMAN (dir)

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 18:45

Jean Ortiz

Samedi, 14 Février, 2015 - 13:55

Venezuela: démantèlement d’une tentative de coup d’Etat

Des jeunes officiers des Forces armées nationales bolivariennes ont permis qu’avorte, en la dénonçant, une tentative de putsch impliquant de hauts gradés de l’aviation militaire, et des civils liés surtout à l’organisation d’extrême droite « Primero justicia ».

Le Venezuela est confronté depuis le coup d’Etat d’avril 2002 à ce que l’on pourrait appeler, pour reprendre la célèbre formule : un « coup d’Etat permanent » ; une « guerre de basse intensité », implacable, menée sous la supervision et la planification nord-américaine, par une opposition haineuse, revancharde, putschiste.

Il s’agit, pour cette coalition qui va de l’ultra-droite aux ex-sociaux-démocrates, de parvenir à battre le chavisme par la conjugaison déstabilisatrice de tous les moyens possibles :

  • 1/ guerre économique

Accaparement et stockage illégal à des fins spéculatives d’aliments, de médicaments, de produits sanitaires... Spéculation tous azimuts, hausse des prix, contrebande. Tout cela afin de fatiguer la population par des pénuries organisées, de provoquer la colère, d’inciter aux pillages.

Un embargo financier international se met également peu à peu en place...

  • 2/ guerre idéologique de tous les instants

Désinformation, mensonges, manipulations, faux sondages, afin de créer un climat défaitiste à l’intérieur et de brouiller l’image internationale du pays, de l’isoler, en créant un effet-repoussoir (les « experts » en intox ont attribué au Venezuela le plus important « risque pays » !! Il faut oser !)

  • 3/ stratégie de la violence

Sabotages, conspirations, infiltrations massives de groupes paramilitaires par la frontière colombienne (ils sont aujourd’hui disséminés partout dans le pays), assassinat de dirigeants chavistes, ingérences des diplomates nord-américains en poste à Caracas, de la CIA, des « fondations » made in USA ou Aznariennes, pour tenter de diviser le chavisme et l’armée. Et, au final, réussir la deuxième phase de l’opération « Salida (« sortie » du président légitime Nicolas Maduro)» par des « guarimbas » sanglantes, un soulèvement cette fois-ci réussi... Les Etats-Unis y « mettent le paquet » et sont décidés à aller jusqu’au bout afin d’abattre cette révolution populaire qui se prononce pour une « voie socialiste » et qui dispose de deux siècles de réserves pétrolières... au service du progrès social.

Le plan putschiste « Jericho », révélé le 12 février 2015, prévoyait notamment le bombardement de centres stratégiques de la capitale par un avion étranger « Tucano », repeint aux couleurs du Venezuela. Le plan impliquait des conspirateurs qui avaient tenté déjà l’opération en mars 2014 ; trois généraux furent arrêtés à l’époque. Les conjurés ont été arrêtés et emprisonnés le 11 et le 12 février . Les officiers impliqués étaient en contact avec l’ambassade nord-américaine qui leur avait octroyé un visa de sortie, au cas où, et une quantité importante de dollars. Le général de brigade de l’aviation, Oswaldo Hernández Sánchez, et le député Julio Borges, du parti « Primero justicia » apparaissent comme les principaux instigateurs, soutenus par un réseau de militaires qui avaient été mis à l’écart, et des civils de l’opposition, dont le maire (Antonio Ledezma) de la capitale métropolitaine. Sont impliqués également le lieutenant Henry Javier Salazar Moncada, le capitaine Héctor José Noguera Figueroa (en fuite), et le lieutenant écarté Peter Alexander Moreno Guevara, ainsi que le lieutenant Ricardo José Antich Zapata.

Le « golpe » devait avoir lieu, précisément ce 12 février, après publication d’un manifeste appelant à la constitution d’un gouvernement provisoire.

Dans les dernières semaines de 2014, le gouvernement nord-américain avait fait adopter une provocatrice loi d’ingérence, dite « loi de sanctions » contre un groupe de dirigeants et d’officiers chavistes, leur refusant entre autres l’obtention d’un visa s’ils souhaitaient se rendre aux Etats-Unis. Il s’agit, pour les instigateurs, les marionnettes et leurs marionnettistes, de saper le moral des Forces armées et de la population, d’attiser la déstabilisation d’un pays cauchemar de l’ordre (le chaos) néolibéral. Avec tous les fers au feu. Au prix du sang.

Rappelons-nous le Chili d’Allende et de Neruda. Ne laissons pas faire !

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 21:29

Photos truquées de militaires russes en Ukraine: un sénateur US furieux

© AP Photo/ Sue Ogrocki

14:31 13.02.2015(mis à jour 20:05 13.02.2015)

Le sénateur républicain de l'Oklahoma James Inhofe a laissé éclater sa colère en apprenant que les photos "attestant" l'implication de troupes russes dans le conflit ukrainien, qu'il avait reçues puis fait publier dans les médias, étaient des faux.

© SPUTNIK. VALERY MELNIKOV

Donbass: aucune preuve de la présence militaire russe (diplomate)

Le sénateur a affirmé s’être vu remettre les photos en question par des députés ukrainiens en décembre. Après une vérification plutôt sommaire, ces "preuves à charge" ont été publiées par le journal en ligne conservateur Washington Free Beacon. Peu après, les lecteurs ont prouvé que ces photos avaient été faites dans d'autres "points chauds" plusieurs années auparavant.

Tout en reconnaissant son erreur, reprise par les médias, le sénateur Inhofe, ferme partisan des livraisons d'armes létales à l'Ukraine, prétend toutefois qu'il y a une "multitude d'autres preuves attestant que la Russie a fait des irruptions sur le territoire ukrainien à bord de chars T-72".



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150213/1014667494.html#ixzz3RevCseAa

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 22:01

Moscou entre jeux d’influence et démonstration de force

Le retour de la Russie sur la scène diplomatique ne va pas sans grands écarts. Pressée par le basculement de l’Ukraine vers l’orbite occidentale, elle improvise une brusque reconquête de la Crimée. L’affirmation balourde d’intérêts légitimes révèle les limites de son pouvoir d’attraction, pourtant soigneusement entretenu depuis la chute de l’URSS au travers de coopérations à géométrie variable.

par Jean Radvanyi, mai 2014

En matière de politique étrangère russe, ce début d’année 2014 aura été marqué par deux événements capitaux. D’abord, les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, dont l’organisation a donné lieu dans les médias occidentaux à une vaste campagne critique du régime de M. Vladimir Poutine ; puis, alors que les Jeux s’achevaient, la crise ukrainienne. D’une certaine façon, ces deux moments forts représentent les deux facettes de la nouvelle politique étrangère du Kremlin : d’une part sa tentative de s’initier au soft power, la « puissance douce », et d’autre part le recours brutal et plus traditionnel aux rapports de forces.

Les Jeux de Sotchi visaient à montrer au monde que la Russie était capable d’organiser un événement planétaire majeur en utilisant les moyens les plus modernes, que ce soit pour la tenue des épreuves ou pour assurer la sécurité des participants dans une région — le Caucase — particulièrement sensible. Ils devaient permettre d’améliorer son image dans l’opinion publique internationale, élément essentiel du rétablissement de Moscou comme acteur majeur d’un monde multipolaire (1). Leur parfaite réussite, en dépit des échos déformés qui en sont parvenus au public occidental, n’a cependant pas entraîné les effets escomptés. Les grands médias n’ont eu aucun mal à susciter l’hostilité de l’opinion en mettant l’accent sur les incertitudes liées à la préparation des Jeux, et surtout en détaillant les lois répressives votées depuis le retour au pouvoir de M. Poutine : sur le contrôle des organisations non gouvernementales (ONG), sur le contrôle d’Internet, sur la « propagande homosexuelle »… Quelques concessions tardives — libération des membres du groupe des Pussy Riot et de l’oligarque Mikhaïl Khodorkovsky, promesse de ne pas harceler les homosexuels durant Sotchi… — n’y ont rien changé.

Tentatives de séduction ratées

Mais les Jeux resteront surtout marqués par leur coïncidence avec les événements sanglants de Maïdan, la place de l’Indépendance de Kiev, bientôt suivis par l’annexion militaire de la Crimée et par son intégration à la Fédération russe. La réaction totalement inadaptée du président ukrainien Viktor Ianoukovitch puis la série de décisions prises tant à Moscou qu’à Kiev et à Bruxelles ont fait basculer le monde dans une épreuve de force majeure, et déclenché une campagne russophobe sans précédent depuis des décennies (2). Avant même l’application de sanctions pour l’annexion de la Crimée, l’image du pays avait subi une détérioration que ne viendra compenser aucune mobilisation patriotique intérieure.

L’organisation des Jeux olympiques relevait de la mise en œuvre tardive, dans la panoplie des outils de la politique étrangère russe, de ce qu’on appelle communément le soft power — le pouvoir d’influence non coercitif, à la fois idéologique, culturel, scientifique. Dans une revue, en 2012, M. Poutine s’était lui-même exprimé sur ces techniques de « puissance douce », pour déplorer un retard dans ce domaine où excellent les grands pays occidentaux. La maîtrise du discours sur les événements, de leur interprétation, est en effet devenue aussi importante, dans l’arène internationale, que les faits eux-mêmes. Au passage, le président russe critiquait vivement la façon dont plusieurs pays, et en particulier les Etats-Unis, usaient de ces moyens pour faire pression sur d’autres Etats et pour leur dicter leurs choix. Il estimait que « l’activité de pseudo-ONG et d’autres structures cherchant, avec des aides extérieures, à déstabiliser tel ou tel Etat » était« inadmissible » (3).

En 2003 et 2004, les « révolutions colorées » en Géorgie et en Ukraine ont suscité un tournant dans la politique russe, tant sur le plan extérieur qu’intérieur, avec le vote de lois de plus en plus restrictives sur la liberté d’organisation et d’expression. C’est à cette période que la Russie commence à se préoccuper d’améliorer son image. Elle relance son réseau culturel et linguistique, avec le développement des Fondations Russkiy Mir (« Monde russe »), et tente de se gagner l’appui de la diaspora (4). Sa maîtrise de ces outils demeure cependant très imparfaite, et ses dirigeants continuent de recourir à des moyens plus traditionnels, en particulier les pressions économiques et militaires. Bien plus qu’un savoir-faire balbutiant en matière de communication, Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, pointe du doigt la principale faiblesse de son pays : « Pour l’heure, la “puissance douce” manque de cette substance qui rendrait attractif le modèle de développement prôné par Moscou. » Alors que l’URSS pouvait s’appuyer sur un ferment idéologique et sur une offre stratégique alternative, « la Russie ne parvient pas à produire autre chose qu’un discours traditionaliste et conservateur, clairement opposé au progrès (5) ». D’ailleurs, précise Loukianov, « la Russie n’est pas l’Union soviétique. Elle ne prétend plus à une domination mondiale. Moscou définit seulement l’espace qu’il considère comme étant pour lui d’un intérêt vital, et dont l’Ukraine fait partie. Là, il entend agir sans faire de compromis (6). »

Dans ses rapports avec les ex-républiques soviétiques tentées de se rapprocher de l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), la Russie n’a cessé de recourir à des sanctions économiques et douanières, comme lors des divers épisodes de la « guerre du gaz » avec l’Ukraine. Le site ukrainien Newsplot a publié en 2013 une carte détaillant quinze mesures de « guerre alimentaire » prises par Moscou contre ses voisins occidentaux entre 2005 et 2013 (7) : blocus des vins géorgiens et moldaves, des produits laitiers biélorusses, de la viande polonaise, du chocolat ukrainien, etc.

Et, depuis quelques années, la Russie n’hésite plus à résoudre certains conflits par les armes. En août 2008, c’est le président géorgien lui-même qui lui en a fourni l’occasion en bombardant la ville de Tskhinvali, en Ossétie du Sud, et la caserne de militaires russes qui s’y trouvait. La riposte a été vive. Les forces russes ont momentanément pris le contrôle de tout l’ouest de la Géorgie, et Moscou a reconnu l’indépendance des deux régions sécessionnistes de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, rompant ainsi l’engagement pris en 1991 de respecter l’intégrité territoriale de la Communauté des Etats indépendants (CEI), qui regroupe d’anciennes républiques soviétiques. En mars 2014, à la suite des événements de Kiev, la Russie a pris l’initiative de placer la Crimée sous son contrôle militaire, avant de procéder à son annexion au terme d’un référendum organisé à la hâte.

Dédain de l’Union européenne

Le Kremlin ne cache nullement les raisons de ce nouveau recours à la force. Et le défi qu’il lance ainsi au monde dépasse de loin le problème ukrainien. De fait, il réclame une remise à plat de l’ensemble des règles régissant la sécurité internationale. Sa position, exprimée clairement par M. Poutine lors de la quarante-troisième conférence sur la sécurité à Munich, le 10 février 2007, tient en quelques points. Moscou n’accepte plus le double langage de certains Etats occidentaux, qui présentent des règles internationales comme immuables tout en les enfreignant chaque fois que cela les arrange.

Profitant de l’affaiblissement de la Russie après l’éclatement de l’URSS et la dissolution du pacte de Varsovie, certains dirigeants américains ont pensé pouvoir établir la domination d’une superpuissance unique : la leur. Mais, depuis, le monde a évolué. Il convient donc de renégocier les bases de la sécurité en y associant pleinement les nouveaux pôles de puissance, en particulier les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Enfin, il faut admettre que la Russie a elle-même des intérêts stratégiques légitimes et qu’elle peut les défendre, comme l’ont toujours fait les Etats-Unis et les principaux Etats occidentaux dans leurs diverses zones d’influence.

En proposant en 2008 à l’Ukraine et à la Géorgie d’entrer dans l’OTAN, ou en négociant avec Kiev, fin 2013, un accord d’association avec l’Union européenne, les dirigeants américains ou européens contribuaient au refoulement des intérêts de la Russie sur ses propres frontières, et ils en étaient parfaitement conscients. Une partie des dirigeants américains, rejoints par ceux d’Etats européens comme la Pologne ou la Suède, n’ont jamais abandonné la stratégie énoncée en son temps par Zbigniew Brzezinski (8).

Pour M. Sergueï Karaganov, l’un des conseillers de politique extérieure du président Poutine, face au risque de voir l’Ukraine entrer dans l’OTAN, avec la perspective que l’Alliance atlantique récupère le port de Sébastopol, « la Russie devait défendre ses intérêts d’une main de fer (9) ». En annexant la Crimée et en massant des troupes près des frontières orientales de l’Ukraine, elle signifie aux dirigeants occidentaux qu’elle est sortie de sa période d’affaiblissement et qu’elle défendra ses intérêts stratégiques, quoi qu’il lui en coûte en termes de relations diplomatiques ou commerciales. Mais en a-t-elle réellement les moyens ?

Jusqu’à une période récente, elle était surtout tournée vers l’Europe, partenaire traditionnel majeur tant de ses échanges culturels et humains que de ses relations économiques. En 2013, l’Union européenne était encore le premier client et fournisseur de son commerce extérieur. Toutefois, partageant avec la Turquie le privilège d’être un Etat à cheval sur les continents européen et asiatique, elle montre depuis longtemps son intérêt pour une complémentarité entre ses deux façades, l’une continentale, à l’ouest, et l’autre maritime, dans la zone Pacifique.

Ce dessein n’est pas nouveau : il avait percé dès avant la fin de l’URSS, en 1986, dans le discours de M. Mikhaïl Gorbatchev à Vladivostok. Boris Eltsine puis M. Poutine ont poursuivi les efforts pour dynamiser cette relation asiatique. Et plusieurs facteurs concourent aujourd’hui à une relance de cette stratégie de rééquilibrage.

Le plus évident est l’impressionnant dynamisme de la zone Pacifique. La Russie espère voir cet essor favoriser, grâce à des coopérations et à des investissements, le redémarrage de son économie. C’est pour cette raison que M. Poutine a organisé en 2012 à Vladivostok le forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (Asia-Pacific Economic Cooperation, APEC), dont son pays est membre depuis 1998. Ce regain d’intérêt traduit aussi une prise de conscience de la crise aiguë que traverse l’Extrême-Orient russe : sa population ne cesse de diminuer depuis la fin des années 1980 (l’ensemble de cette vaste région a perdu plus de 20 % de ses habitants), au risque de laisser cette façade stratégique démunie face à des régions chinoises très dynamiques.

Autre élément déterminant de la rhétorique du grand rééquilibrage : la détérioration des relations avec les institutions européennes, qui, tout en s’élargissant à l’est, imposent leurs propres règles comme cadre obligé des relations avec les Russes, en particulier dans le domaine-clé de l’énergie. En plus des programmes successifs proposés à certains membres de la CEI dans le cadre de la politique européenne de voisinage, dès 2004, puis du partenariat oriental, lancé en 2009, l’Union s’est efforcée de diminuer sa dépendance pétrolière et gazière envers la Russie en diversifiant ses approvisionnements. Moscou s’est adapté à ces évolutions en réorganisant ses circuits d’exportation vers l’ouest (construction des gazoducs North Stream et Blue Stream, projet South Stream sous la mer Noire), mais a aussi transféré vers l’Asie une partie de ses échanges. La Chine est ainsi devenue en 2011 son premier partenaire commercial.

C’est là un élément essentiel de la crise actuelle : profondément divisée quant à la conduite à tenir face à son grand voisin oriental, l’Union européenne n’a jamais accepté de discuter réellement de cette relation pourtant fondamentale. Elle n’a pas envisagé une stratégie globale de développement et de sécurité pour une « grande Europe » incluant la Russie. Critiquant certaines formules proposées par Moscou, Bruxelles a préféré s’en tenir à une politique de mise à distance. Parallèlement, l’attribution d’un rôle nouveau à l’OTAN, de plus en plus intégrée à la stratégie américaine, a renforcé la méfiance du Kremlin. Cette attitude, manifestée par l’Europe au moment où ses institutions et son économie entraient dans une crise profonde, a conforté la position de ceux qui prônent un rapprochement accéléré avec les nouvelles puissances asiatiques et la mise en veilleuse des relations avec une Union affaiblie, incapable de tracer une voie distincte de celle de Washington.

Nationalisme à double tranchant

Toutefois, ce basculement, souvent brandi comme un épouvantail et présenté comme un moyen de faire pression sur les Européens, pose quelques difficultés, tant techniques qu’organisationnelles. Il faut d’abord surmonter un grave déficit d’infrastructures en matière d’énergie, de transports ou de logement dans ses régions orientales. Moscou semble en avoir enfin pris la mesure, puisque a été créé un ministère du développement de l’Extrême-Orient ; mais beaucoup d’experts doutent de l’efficacité de cette mesure : les besoins financiers sont énormes, et les dépenses extravagantes du sommet de Vladivostok, en 2012, ne laissent pas présager un usage efficace des investissements. Certes, on voit surgir le début d’un réseau de transport d’énergie vers le Pacifique (projet d’oléoduc Sibérie orientale - océan Pacifique, en anglais Eastern Siberia - Pacific Ocean Oil Pipeline, ESPO), mais la Russie accuse un certain retard dans les techniques de gaz liquéfié. Elle ne pourra pas avant longtemps songer à reporter vers l’Asie le volume d’hydrocarbures qu’elle livre à l’Europe.

Si la Chine se dit prête à fournir une partie des capitaux pour réduire ces retards, ses achats de matières premières ne peuvent qu’enfoncer davantage la Russie dans son rôle de simple fournisseur de produits primaires, et différer encore sa modernisation. Par ailleurs, l’extrême centralisation des pratiques fédérales tend à bloquer les initiatives locales. Nombre de régions revendiquent de plus en plus ouvertement une autonomie de décision, seule à même, selon eux, d’assurer un vrai redémarrage économique. Or, de toute évidence, le système poutinien ne s’engage pas dans cette voie (10).

Autre difficulté : l’incapacité de Moscou à impulser des relations positives entre les Etats de l’espace postsoviétique. Alors que la CEI n’est jamais devenue ce marché commun oriental sous domination russe dont rêvait Eltsine en 1991, les tentatives du Kremlin pour consolider un noyau d’Etats qui lui soient fidèles ne peuvent que surprendre par leur caractère hésitant.

Ont été créés, dans la plus grande des confusions terminologiques et organisationnelles, pas moins de quatre ensembles économiques emboîtés : Union douanière, Espace économique unique, Communauté économique eurasiatique (en anglais Eurasec) et zone de libre-échange au sein de la CEI, sans compter l’Union économique eurasiatique, proposée dès 1994 par le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, qui devrait être établie en 2015. Toutes ces organisations s’articulent autour d’un noyau commun constitué de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan. S’y adjoignent, selon les cas, trois ou quatre Etats d’Asie centrale (l’Ouzbékistan n’est au mieux qu’observateur), et parfois, par exemple dans la zone de libre-échange, la Moldavie et l’Ukraine.

Mais aucune de ces structures ne fonctionne réellement, en grande partie à cause des exigences contradictoires de Moscou, qui tient surtout à préserver sa liberté d’action et son contrôle sur des Etats qu’il considère comme relevant de sa sphère d’influence. Cette attitude a pour principal effet que chacun de ces pays, afin de desserrer l’étau des pressions russes, multiplie les relations avec des acteurs tiers influents : Etats-Unis, Europe, Chine, Iran... Les Etats d’Asie centrale semblent recourir de plus en plus aux partenariats avec la Chine comme moyen de diversifier leurs échanges, bien au-delà de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), où ils se retrouvent avec leurs deux puissants voisins. Une chose paraît claire : ce millefeuille organisationnel traduit la difficulté de la Russie à définir un nouvel équilibre dans ses relations avec ses voisins désormais indépendants. Et la crise ukrainienne pourrait bien lui compliquer encore la tâche.

M. Poutine a cru bon d’accompagner l’annexion de la Crimée d’une mobilisation sans précédent autour de la défense des compatriotes russes séparés de la mère patrie lors de l’éclatement de l’URSS. Avec ses attaques contre quelques opposants, qualifiés, comme aux pires moments de l’époque soviétique, d’« agents de l’étranger », la campagne médiatique organisée dans tout le pays rappelle de bien mauvais souvenirs. Sur le moment, elle a permis de réunir l’immense majorité de la population autour de son président, qui semble ainsi prendre sa revanche sur le mouvement de l’hiver 2011-2012 (11). Mais les effets à plus long terme pourraient être redoutables, tant à l’intérieur du pays que sur ses marges.

Plusieurs régions de la Russie (le Caucase, la Volga, mais aussi la Sibérie) sont peuplées de minorités actives et traversées par des mouvements antagonistes, de l’islamisme radical à l’autonomisme régional, très critique de la dérive centralisatrice du régime. Nul ne peut prédire comment s’y traduira ce sursaut de nationalisme. Le pouvoir autoritaire actuel semble à l’abri de ces forces centrifuges ; mais qu’en sera-t-il en cas d’affaiblissement ultérieur, que celui-ci provienne d’une simple transition politique ou d’une nouvelle crise économique ?

Même les alliés s’inquiètent

Cependant, c’est sans doute à l’extérieur que l’annexion de la Crimée pourrait avoir les conséquences les plus déstabilisatrices. L’Estonie et la Lettonie comptent encore dans leur population près de 25 % de Russes (souvent apatrides). Le référendum organisé en Crimée y a été perçu comme une menace, de même qu’en Moldavie — où sévit le conflit de la Transnistrie — et au Kazakhstan, dont tout le nord demeure largement russophone. Depuis 1991, M. Nazarbaïev, le président kazakh, s’est toujours comporté comme un allié indéfectible de Moscou. Ses successeurs se montreront-ils aussi dociles ? Après la sortie de la Géorgie de la CEI, en 2008, puis celle de l’Ukraine, annoncée dès le 19 mars 2014, un simple écart critique d’Astana marquerait la faillite de plus de vingt années de tentatives des Russes pour réaménager à leur guise ce qu’ils appelaient au début des années 1990 leur « étranger proche ». Certes, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) se maintient (12) ; mais cette structure militaire, aujourd’hui réduite, poursuit des objectifs limités.

On a pu voir le premier signe d’un isolement diplomatique de Moscou le 27 mars dernier, lors du vote à l’Organisation des Nations unies de la résolution condamnant l’annexion de la Crimée : parmi les Etats « amis », seules l’Arménie et la Biélorussie ont voté contre. La Chine s’est abstenue, de même que le Kazakhstan. Le Kirghizstan et le Tadjikistan n’ont même pas pris part au vote (13).

Au-delà des cris de victoire des manifestants russes saluant le retour de la Crimée au sein de la mère patrie, l’annexion pourrait bien se révéler une victoire à la Pyrrhus.

Jean Radvanyi

Professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), codirecteur du Centre de recherches Europe-Eurasie (CREE). Auteur de Retour d’une autre Russie, Le Bord de l’eau, Lormont, 2013.

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 10:22
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BRUNO FORNACIARI

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