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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 13:47

 

 

EN DÉBAT

MARIE-GEORGE BUFFET

MICHEL GODET

LIÊM HOANG NGOC

FREDERIC BOCCARA

Ce qui nous attend et ce que nous voulons pour l'année 2015

politique économique et sociale

LUNDI, 5 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

Par Marie-George Buffet, députée Front de gauche, Michel Godet, membre de l’Académie des technologies et essayiste (1), Liêm Hoang Ngoc, membre du bureau national du PS et Frédéric Boccara, membre du conseil national du PCF.

 

Marie-George Buffet : "Nous sommes nombreux à penser que l’engagement politique n’a de sens que s’il fait tomber les murs et vise à faire vivre tous les possibles ! Alors si en 2015 on se bougeait ? "

Photo : Joël Saget/AFP

  • "Et si de nouveau, on rêvait" par Marie-George Buffet, députée Front de gauche

Espérer, rêver, imaginer, créer, progresser, construire : ces mots, les libéraux de tous bords, les mal penseurs experts de l’austérité ont presque réussi à les éradiquer, tant la politique avec eux se conjugue avec régression et conservatisme. D’alternance en alternance, la gauche s’est décomposée, la droite s’est extrémisée. Le débat politique n’est plus un débat de valeurs, n’est plus un débat sur un projet de société, mais une opération de calcul mental se résumant à plus ou moins 3 % de déficit public. Les fondements de notre République, Liberté, Égalité, Fraternité, sont calibrés au minimum dans les carcans de l’économie de marché et des directives européennes. Tout ce qui a fondé l’espérance et le combat de générations, changer le quotidien et bâtir des jours meilleurs, est aujourd’hui tu. Le mot salaire est banni, le mot coût règne. Le travail est malmené par la flexibilité et la compétitivité devenues cultes. Le mot révolution est jeté aux oubliettes de l’histoire, le pragmatisme est la référence. Des hommes et des femmes de par le monde peuvent subir les pires dominations, les pires violences, peu importe si la planète de la finance tient !

Mais tient quoi ? Quel est le sens d’un monde où la seule vision serait d’acheter au plus bas prix le travail des êtres humains pour le revendre au plus bas prix à d’autres de moins en moins rémunérés ? Un monde où les marchés du gaz, du pétrole ou de l’uranium feraient office de cache-misère des droits humains ou du développement durable. Alors, on me demande de parler de ce qui nous attend en 2015 ? Les sondages nous ont déjà suggéré une réponse, les scores de l’UMP et du FN seront conséquents et la gauche va continuer à perdre. En 2017, le pire est à craindre… Sortez les mouchoirs, braves gens et laissez les experts en austérité travailler !

Désolée ! Je n’ai pas envie de regarder passer l’enterrement de l’espoir. Et je crois ne pas être la seule. Nous sommes nombreux à penser que l’engagement politique n’a de sens que s’il fait tomber les murs et vise à faire vivre tous les possibles ! Alors si en 2015 on se bougeait ? En 1789, les révolutionnaires ont construit la République en liant mobilisations populaires et lois, un travail gigantesque qui dit que tout est permis lorsqu’un peuple et ses représentants le veulent. En Grèce, en Espagne, de nouvelles alternatives se lèvent, la France peut relever ce défi ! Redonner du sens à la politique, c’est l’exigence pour 2015, cela veut dire repositionner le débat et donc notre combat, sur la société que nous voulons pour demain. C’est un appel à une mobilisation citoyenne qui, de luttes sociales et de mobilisations féministes aux combats pour les droits des êtres humains, doit envahir le débat d’idées et déferler dans les rues. La rue occupée tous ces derniers temps, par les forces de la réaction et du grand capital, les idées rétrogrades ont battu le pavé ! Alors, si j’ai une envie pour 2015, c’est que le peuple construise des barricades, des barricades d’idées, de luttes, et les conforte par le suffrage universel. Alors, si j’ai une envie pour 2015, c’est que ses représentant-e-s soient à la hauteur et aient le courage de combattre frontalement la réaction dans tous les domaines sans tergiverser. Alors, sortons, sortons du schéma politique actuel et œuvrons, car communistes, à une alternative de gauche avec un nouvel élan pour le Front de gauche. « Il est grand temps de rallumer les étoiles », a dit Guillaume Apollinaire, c’est mon espoir et mon combat comme députée du Front de gauche.

  • « Oui à l’économie de marché ! » par Michel Godet, membre de l’Académie des technologies et essayiste (1)

Notre pays est mal dans sa peau. Le pessimisme vis-à-vis de l’avenir tout comme le rejet de l’économie de marché font partie de l’exception française et ne datent pas de la crise de 2008-2014. Cela fait vingt ans que, dans les enquêtes européennes, la moitié des Français déclarent avoir peur de tomber dans l’exclusion. Pour ma part, je reste confiant face à l’avenir malgré les imperfections de notre économie de marché et la montée choquante des inégalités (moins en France qu’ailleurs), malgré les dérives, bien réelles, de la finance internationale. En effet, les facteurs de développement sont d’abord endogènes et il est possible d’avoir moins de 5 % de chômeurs comme en Allemagne ou en Suisse et même en France comme dans le pays de Vitré, le Choletais vendéen, dans l’Ain ou dans le Cantal. Les clés de ces succès sont à la portée de tous : volonté et compétence des élus, attractivité des territoires, qualité de vie et de logement, mixité sociale, inégalités pas trop fortes. Ces bonnes nouvelles ne suffisent pas à faire oublier le triste sort des plus démunis face à l’arrogance des nantis, de leurs privilèges économiques et statutaires, et à l’ignorance des réalités économiques où est tenue une bonne partie de population. La France a vécu depuis trente ans au-dessus de ses moyens, sous perfusion de la dette qu’il faudra bien rembourser en se mettant à la diète. En 2015, comme en 2014, on va vivre en empruntant 4 % de PIB, soit dix fois plus que la croissance réelle de ce même PIB (0,4 %) ! Obtenir une croissance de 1 % ne changera pas la réalité : le PIB par habitant continuera de baisser de 0,2 % par an, comme il le fait depuis 2008.

Dans ces conditions, nul besoin d’être prophète pour annoncer que la croissance molle des cheveux gris ne suffira pas à faire reculer le chômage qui va encore augmenter en 2015. Comment sortir de cette impasse ? La réponse est bien du côté de la politique de l’offre compétitive qu’entend mener le gouvernement Valls pour partir à la conquête des marchés émergents. Cette deuxième gauche réaliste, sociale-libérale et malheureusement minoritaire dans son camp, a compris que c’est l’entrepreneur et l’innovation qui créent l’activité, la richesse et l’emploi. Elle sait que le coût du travail trop élevé tue l’emploi, que si les marges de rentabilité de nos entreprises sont faibles, il n’y a plus d’investissement ni de financement de l’innovation compétitive. Certains parmi la gauche de la gauche pensent qu’il suffirait de faire payer encore plus les riches ! 90 % des Français trouvent l’idée sympathique. Mais ils oublient que le 1 % des ménages les plus riches paient 30 % l’impôt sur le revenu. Aussi, lorsqu’ils partent, ceux qui sont restés doivent se partager des impôts supplémentaires.

Suggérons une bonne résolution pour 2015 : incitons nos riches expatriés à revenir et développons la contagion du don chez eux afin d’améliorer l’état de nos finances publiques. Autant de marché que possible, mais autant d’État que nécessaire. C’est dire plus de marché où l’on en manque comme dans les monopoles sclérosés, mais aussi plus d’État stratège quand le long terme est en jeu. Car le marché est myope face au long terme. La Chine a montré l’efficacité de l’économie autoritaire de marché et Cuba la misère de l’économie autoritaire sans marché. La France a besoin d’un État plus fort pour permettre l’épanouissement de l’économie de marché tout en la maîtrisant. La formule de Lionel Jospin : « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché » est plus que jamais d’actualité.

(1) Dernier ouvrage : Libérez l’emploi, pour sauver les retraites, éditions Poche Odile Jacob.

  • "Une bataille ultime pour éviter le pire" par Liêm Hoang Ngoc, membre du bureau national du PS

L’année 2015 sera celle de la dernière chance de la mandature Hollande, dont le bilan est loin d’être globalement positif. La réforme bancaire a été faite de manière minimaliste : les banques universelles continueront à couvrir les risques pris dans le cadre de leurs activités de « tenue de marché » par nos dépôts. La réforme fiscale a été vouée aux gémonies : il n’y aura pas de grand impôt universel sur le revenu assis sur une assiette large. Le « sérieux budgétaire » s’est transformé en un vaste gaspillage budgétaire de 41 milliards de cadeaux fiscaux au Medef. Il fait montre de son incapacité à réduire la dette, à faire revenir la croissance et à inverser la courbe du chômage : la croissance restera d’autant plus faible que les coupes budgétaires pourvues à partir de cette année contrecarreront les effets positifs de la baisse des prix du pétrole et de la baisse de l’euro sur l’activité économique. Le contre-choc pétrolier, matérialisé par la baisse des prix de l’essence, équivaut littéralement pour les ménages à une augmentation de leurs salaires qui stimulera la consommation. La baisse de l’euro par rapport au dollar, provoquée par l’action de la BCE, améliorera la compétitivité des entreprises européennes qui exportent dans le monde. Démonstration est ici faite que deux des dogmes de la pensée unique (l’inefficacité d’une relance de la demande et l’euro fort) étaient des aberrations. Au-delà de la mise au rencart des modestes engagements de campagne, c’est l’agenda que la droite n’avait pas osé mettre en application qui est désormais à l’ordre du jour. Jacques Attali est à nouveau convoqué. De nouveaux chiens de garde font la promotion d’Emmanuel Macron, dont le programme n’est clairement pas socialiste : augmentation du temps de travail, travail du dimanche, mise en cause de la représentation des salariés et de l’expertise des comités d’entreprise, nouvelles cessions d’actifs (synonymes de démantèlement des noyaux durs de nos entreprises stratégiques et du transfert de leur contrôle aux marchés).

Le congrès du PS permettra-t-il enfin à la gauche du PS de démonter la justesse de sa critique ? Cette bataille ultime mérite à l’évidence d’être menée pour éviter le pire. En l’absence de changement de cap, les élections départementales et régionales feront tendre les scores du PS vers ceux du Pasok grec. Quel que soit son candidat, le parti d’Épinay disparaîtra du second tour de l’élection présidentielle de 2017. Son groupe parlementaire sera réduit à la portion congrue. Les dignitaires du PS en sont tellement conscients que de grandes manœuvres se préparent d’ores et déjà en coulisse. Certains préparent un changement dans la continuité en suggérant un ravalement de façade, matérialisé par la nomination du président de l’Assemblée nationale en lieu et place de Manuel Valls après la défaite annoncée aux élections départementales. Un peu de peinture verte serait utilisé pour dessiner un nouveau gouvernement aux apparences écolo-socialistes. Un peu de rose foncé serait même imprimé par la promotion de quelques frondeurs. Cela permettra-t-il, lors des élections régionales, de présenter un visage plus conforme aux attentes déçues des abstentionnistes, dont le cœur est formé par les électeurs socialistes ? Rien n’est moins sûr, compte tenu des ballons d’essai lancés par Macron et les engagements pris par Bercy pour réduire de 50 milliards les dépenses consacrées aux services publics et à la protection sociale d’ici 2017. Que faire en cas d’échec de l’opposition de gauche du PS à insuffler un cours nouveau en 2015 ? Il faudra peut-être suivre l’exemple de nos camarades de la gauche socialiste grecque, qui œuvrent désormais activement à la victoire de Syriza contre la politique imposée par la troïka.

  • "Des alternatives radicales et graduelles" par Frédéric Boccara, membre du conseil national du PCF

L’année 2015 promet d’être rude. C’est aussi l’année des tournants possibles, avec en leur cœur l’enjeu des banques (dont la BCE) et des alliances politiques, sociales, culturelles pour révolutionner cet obstacle qui peut être un levier majeur pour l’emploi, les entreprises et les services publics. Les attaques vont être fortes dans une situation difficile et de crise politique aiguë. Attaques contre le droit du travail, l’emploi, la protection sociale, en France mais aussi une quasi-récession en Europe et la crise qui menace d’éclater avec une suraccumulation encore accrue depuis la crise financière de 2008. Les enjeux internationaux aussi avec la BCE, la possible victoire de nos camarades de Syriza en Grèce, mais aussi le traité transatlantique (Tafta), le climat, sans oublier la géostratégie avec d’une part l’envenimement de conflits (Ukraine, Palestine…) mais d’autre part, outre une éventuelle percée en Grèce, le résultat somme toute anti-islamiste en Tunisie, le nouveau positionnement de la Chine et des autres Brics qui ont créé la Banque de développement pour une alternative au dollar et au FMI, avec des financements ouverts à tous les pays sans conditions sur les politiques appliquées. Il va s’agir de donner du sens à tout cela, en nourrissant des combats politiques, sociaux et d’idées. Pas uniquement des combats en « contre » mais porteurs aussi de propositions précises et immédiates. Pour aussi desserrer la chape de désespérance et de sidération. Pour une année de luttes nouvelles.

Face à l’offensive contre le coût du travail et à l’alliance Valls-Macron-Gattaz-Hollande, il faut dénoncer le coût du capital (banques, dividendes, etc.) et exiger de le faire reculer mais il faut aussi insister sur l’alternative : des dépenses dans les services publics, la recherche et développement, la formation, les salaires et les qualifications. Car il va falloir faire face à quatre fronts. Ceux qui disent que le coût en excès c’est le travail, ceux qui disent que c’est l’étranger, et ces deux-là se rejoignent. Mais il y a aussi les sirènes de la limitation, qui prétendent qu’il faudrait simplement ne pas en faire trop, limiter et compenser les aides au profit, limiter la finance. Cela ne marchera pas. Il faut enclencher vraiment une autre logique. Mais c’est là qu’intervient le quatrième front, du jusqu’au-boutisme, exigeant au nom de la radicalité : tout ou rien. Et donc rien ? Le mûrissement politique peut faire que l’année 2015 soit celle d’une réorientation vers des batailles d’alternatives radicales et graduelles. Par exemple, obtenir qu’une banque prête à taux zéro à une ville, c’est, si on le généralise, révolutionnaire ! Réussir avec les socialistes frondeurs à transiger pour exiger qu’une partie, même petite, de l’argent affecté au CICE serve à baisser le coût des investissements s’ils développent l’emploi et les conditions de travail, ou que la BPI le fasse ! C’est le contraire de ce que veut Gattaz. Trois batailles majeures, mais il y en aura d’autres : les collectivités locales, la BCE, les entreprises. Bataille dans les communes pour que les banques financent leurs services publics au lieu de leur pomper le sang (l’État leur retire certes 1,5 milliard d’euros en 2014 mais les banques leur prennent plus de 2). Une lutte politique majeure dans les départements avec les élections serait l’exigence de créer des fonds nouveaux, anti-capital, forçant les banques à appuyer l’emploi des entreprises. En Europe il est grand temps d’oser dire : « L’argent des Européens, la BCE doit financer les services publics dans toute l’Europe », elle le peut, à taux zéro, avec la proposition d’un nouveau fonds européen.

Ne laissons pas les Grecs seuls ! Enfin, je rêve (?) d’une tout autre organisation du PCF pour impulser la bataille du coût du capital dans les entreprises et dans les territoires face au projet Macron. Les banques, ai-je envie de dire, les banques et une autre utilisation de l’argent au cœur du soutien au capital, mais aussi au cœur de 2015. Pour ouvrir vraiment de toutes autres perspectives jusqu’à la grande exigence de civilisation d’une autre mondialisation : de partages et de biens communs pour toute l’humanité. Un beau nom pour un projet ?

 

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 10:07

L'offense de Hollande à la Résistance
Robert Chambeiron, un des deux survivants du Conseil National de la Résistance est décédé. On vient d'apprendre que le Président de la République ne présidera pas la cérémonie officielle aux Invalides mais enverra Jean-Marc Todeschini secrétaire d'Etat aux anciens combattants. Un signe, symbolique, de plus de l'abandon des idéaux de la Résistance par François Hollande et de sa conversion au libéralisme. Robert Chambeiron, qui n'était pas adhérent du PCF sera inhumé dans le carré du PCF au Père-Lachaise. Ci-dessous le fort appel, CREER C'EST RESISTER, RESISTER C'EST CREER lancé par d'anciens résistants à l'occasion du 60e anniversaire du programme du CNR. Il n'a rien perdu de son actualité.

 
Appel du Conseil National de la Résistance : Résister c'est créer ! Créer c'est résister! Lise London, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Philippe Dechartre, Stéphane Hessel, Maurice...
 
 
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 10:04

En 2015, la valse des étiquettes

ALEXANDRA CHAIGNON

VENDREDI, 2 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

Malgré une quasi-absence d’inflation en 2014, les tarifs de nombreux biens et services ont augmenté au 1er janvier. La palme des hausses revient aux timbres.

Patrick Nussbaum

Qui dit nouvelle année dit nouvelles hausses des prix. Comme chaque 1er janvier en effet, les prix de toute une série de biens et de services seront augmentés. Fait notable, ce sont les prix réglementés qui concentrent les plus fortes hausses tarifaires, avec l’aval de l’État, alors que l’inflation est quasi nulle (0,3 % sur un an). De nombreuses augmentations risquent d’éroder encore un peu plus le pouvoir d’achat des Français. La palme revient au timbre, qui enregistre une hausse aussi spectaculaire qu’historique. Le timbre rouge coûte désormais 0,76 euro, soit 15 % de plus qu’il y a encore quelques jours. Quant au timbre vert, pour distribution à J+2, il passe à 0,68 euro (+ 11,5 %). Une majoration qualifiée d’« indispensable » par l’entreprise publique pour compenser l’effondrement des volumes de courrier. Cependant, La Poste se garde bien de toucher aux tarifs des produits commerciaux et industriels pour préserver la sacro-sainte « compétitivité des entreprises »… Malgré la chute du prix du pétrole et le recul des prix à la pompe depuis quatre mois, le gazole, qui se vend en moyenne à 1,10 euro le litre, soit 17 % de moins qu’en juillet dernier, va voir sa fiscalité alourdie de 4 centimes d’euro par litre. Une moitié est destinée à financer l’abandon de l’écotaxe, et l’autre a été fixée dans le cadre de la « taxe carbone » qui concernera aussi l’essence à hauteur de 1,8 centime par litre. Si l’électricité devrait également augmenter courant 2015, le tarif réglementé du gaz, lui, va grimper de 1,8 % dès ce mois-ci pour les particuliers. Les prix des billets de la SNCF sont eux aussi revus à la hausse : plus 2,6 % pour les TGV et les Intercités. Les transports en Île-de-France augmentent aussi : plus 2,9 %, soit le ticket de métro à 1,80 euro, tarifs censés être contrebalancés par la mise en place de la tarification unique (accès à toutes les zones) à 70 euros mensuels. Dans cette longue litanie inflationniste, il faut aussi noter la redevance audiovisuelle, qui enfle de 3 euros pour atteindre 136 euros en métropole (plus 1 euro en outre-mer, à 86 euros).

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 21:33

Le texte ci-dessous est difficile à trouver sur internet dans une version non tronquée. Il s’agit de l’éditorial de l’Humanité du 3 mai 1968 signé par Georges Marchais, alors secrétaire à l’organisation du PCF. On pouvait encore le trouver début 2014 sur le site de l’Assemblée Nationale. Aujourd’hui l’extrême-droite, qui ne recule devant aucun mensonge pour protéger les intérêts du capital, tente de récupérer Georges Marchais ce qui ajoute à la confusion. En mai 1968, cette confusion-là n’était pas de mise puisque l’extrême-droite – la même qu’aujourd’hui – se définissait d’abord et avant tout par son anticommunisme, qu’elle revendiquait et affichait haut et fort à l’époque. Par contre, l’extrême-gauche émergeait et elle était la face de l’anticommunisme, n’hésitant pas à tronquer les propos du secrétaire général du parti communiste: ainsi l’anarchiste allemand Cohn Bendit fut transformé en juif allemand pour les besoins de l’anticommunisme (une manœuvre qui a cours encore aujourd’hui de la part des mêmes) et on fit défiler quelques groupuscules en leur faisant crier devant le siège du parti communiste « Nous sommes tous des juifs allemands »… En fait on peut s’interroger sur la nature de ces gens : n’étaient-ils pas la première mouture d’un maïdan en France? Quand on sait qui étaient les néoconservateurs américains encore au pouvoir aujourd’hui, on sait leurs origine trotskistes, leur attaque contre l’Etat, leur anarchisme… La CIA dès cette époque met au point des stratégies de déstabilisation, mais elle ne se contente pas comme en Amérique latine où elle mobilise l’armée et l’extrême-droite, y compris d’anciens nazis comme en Bolivie, elle commence comme elle le fera en Europe à utiliser une partie de l’extrême-gauche et son anticommunisme… C’est une stratégie adaptée dans le pays où communistes et gaullistes représentent une résistance à la domination des Etats-Unis et où on ne peut pas faire agir directement les tortionnaires et recruter les anciens nazis comme cela se passe aussi dans le bloc soviétique, en Ukraine par exemple. L’utilisation selon le modèle Soros, d’une jeunesse d’extrême-gauche impatiente et qui se croit révolutionnaire, l’utilisation de la social démocratie atlantiste mais déjà le soutien à l’extrême-droite qui aujourd’hui prend tout son ampleur est une attaque contre la souveraineté française dans un contexte favorisé par l’UE et l’OTAN. Il est clair que mai 68 en France grâce à l’intervention massive de la classe ouvrière n’est pas seulement ce maïdan mais il est aussi par suite d’erreurs stratégique, de crise ouverte dans l’ex-URSS aussi l’ouverture vers la domination nord-américaine du continent européen. Ce texte est donc précieux à relire et il témoigne d’une certaine lucidité. (Danielle Bleitrach)

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DE FAUX RÉVOLUTIONNAIRES À DÉMASQUER

Comme toujours lorsque progresse l’union des forces ouvrières et démocratiques, les groupuscules gauchistes s’agitent dans tous les milieux. Ils sont particulièrement actifs parmi les étudiants. À l’université de Nanterre, par exemple, on trouve : les « maoïstes » ; les « Jeunesses communistes révolutionnaires » qui groupent une partie des trotskystes ; le « Comité de liaison des étudiants révolutionnaires », lui aussi à majorité trotskyste ; les anarchistes ; divers autres groupes plus ou moins folkloriques.

Malgré leurs contradictions, ces groupuscules – quelques centaines d’étudiants – se sont unifiés dans ce qu’ils appellent « Le Mouvement du 22 mars Nanterre » dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit.

Non satisfaits de l’agitation qu’ils mènent dans les milieux étudiants – agitation qui va à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes – voilà que ces pseudo-révolutionnaires émettent maintenant la prétention de donner des leçons au mouvement ouvrier. De plus en plus on les trouve aux portes des entreprises ou dans les centres de travailleurs immigrés distribuant tracts et autres matériels de propagande.

Ces faux révolutionnaires doivent être énergiquement démasqués car, objectivement, ils servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes.

Un des maîtres à penser de ces gauchistes est le philosophe allemand Herbert Marcuse qui vit aux États-Unis. Ses thèses sont connues. Elles peuvent être résumées de la façon suivante : les partis communistes « ont fait faillite », la bourgeoisie a « intégré la classe ouvrière qui n’est plus révolutionnaire », la jeunesse, surtout dans les universités, « est une force neuve, pleine de possibilités révolutionnaires, elle doit s’organiser pour la lutte violente ».

Bien entendu, les adeptes de Marcuse, chez nous, doivent tenir compte de la force, de l’influence du Parti Communiste Français, et de la combativité de la classe ouvrière. Mais tout en y mettant des formes, ils portent leurs coups contre notre Parti – et la CGT – et cherchent à mettre en cause le rôle fondamental de la classe ouvrière dans la lutte pour le progrès, la démocratie, le socialisme.

Les thèses et l’activité de ces « révolutionnaires » pourraient prêter à rire. D’autant qu’il s’agit, en général, de fils de grands bourgeois – méprisants à l’égard des étudiants d’origine ouvrière – qui rapidement mettent en veilleuse leur « flamme révolutionnaire » pour aller diriger l’entreprise de papa et y exploiter les travailleurs dans les meilleurs traditions du capitalisme.

Cependant, on ne saurait sous-estimer leur malfaisante besogne qui tente de jeter le trouble, le doute, le scepticisme parmi les travailleurs et, notamment, les jeunes. D’autant que leurs activités s’inscrivent dans le cadre de la campagne anticommuniste du pouvoir gaulliste et des autres forces réactionnaires. De plus, des journaux, des revues, des hebdomadaires – dont certains se réclamant de la gauche – leur accordent de l’importance et diffusent à longueur de colonnes leurs élucubrations. Enfin et surtout parce que l’aventurisme gauchiste porte le plus grand préjudice au mouvement révolutionnaire.

En développant l’anticommunisme, les groupuscules gauchistes servent les intérêts de la bourgeoisie et du grand capital.

Le Parti Communiste Français est le meilleur défenseur des revendications immédiates des travailleurs manuels et intellectuels. Il représente une force essentielle dans le combat pour éliminer le pouvoir des monopoles et lui substituer un régime démocratique nouveau permettant d’aller de l’avant dans la voie du progrès social, de l’indépendance nationale et de la paix. Il est le meilleur artisan de l’union des forces ouvrières et démocratiques, de l’entente entre tous les partis de gauche, condition décisive pour atteindre ces objectifs. Sans le Parti Communiste, il n’est pas de véritable gouvernement de gauche, il n’est pas de politique de progrès possible.

Mais notre Parti n’a pas comme seul objectif de lutter contre la malfaisance politique du pouvoir des monopoles et de lui substituer un authentique régime démocratique. Effectivement il lutte pour l’abolition du capitalisme et l’instauration d’une société socialiste où sera bannie à tout jamais l’exploitation de l’homme par l’homme. Pour une société qui réalisera l’entière égalité sociale de tous ses membres et où le but de la production ne sera plus le profit d’une petite minorité mais la satisfaction des besoins matériels et culturels de tous.

Pour atteindre ces objectifs, notre Parti Communiste fonde son action avant tout sur la classe ouvrière qui est la force sociale décisive de notre époque.

La grande mission historique de la classe ouvrière est de liquider le capitalisme et d’édifier le socialisme, seule société véritablement humaine.

Il en est ainsi parce que la classe ouvrière ne possède toujours aucun moyen de production, qu’elle est la classe la plus exploitée et, par conséquent, la seule classe véritablement révolutionnaire jusqu’au bout. Il en est ainsi parce que les conditions mêmes de développement de la production font que la classe ouvrière est la mieux organisée, la plus disciplinée et la plus consciente.

Les pseudo-révolutionnaires de Nanterre et d’ailleurs auront beau faire, ils ne changeront rien à cette réalité historique. D’ailleurs c’est bien la classe ouvrière qui a donné naissance au système socialiste qui libère l’homme de toute forme d’exploitation et d’oppression et assure progressivement la satisfaction de ses besoins matériels et culturels. Au système socialiste qui apporte tout son appui à la lutte des peuples pour leur indépendance nationale. Au système socialiste qui, par son exemple, convaincra toujours plus les travailleurs des pays capitalistes qu’il est de leur intérêt de s’engager dans la voie du socialisme.

Ces vérités élémentaires qui prouvent que le Parti Communiste Français est en France le seul parti révolutionnaire, dans le bon sens du terme, nous devons les rappeler énergiquement à ces pseudo-révolutionnaires. Nous devons leur rappeler aussi ces paroles d’Anatole France à l’adresse des intellectuels : « Pour combattre et vaincre nos adversaires, rappelez-vous citoyens que vous devez marcher avec tous les artisans de l’émancipation des travailleurs manuels, avec tous les défenseurs de la justice sociale et que vous n’avez pas d’ennemis à gauche. Rappelez-vous que, sans les prolétaires, vous n’êtes qu’une poignée de dissidents bourgeois et qu’unis, mêlés au prolétariat, vous êtes le nombre au service de la justice. »

Mais il est bien évident que nous ne confondons pas les petits groupuscules gauchistes s’agitant dans les universités avec la masse des étudiants. Au contraire, ceux-ci bénéficient de notre entière solidarité dans la lutte qu’ils mènent pour la défense de leurs légitimes revendications contre la politique désastreuse du pouvoir gaulliste dans le domaine de l’éducation.

Les étudiants ont besoin du soutien actif des travailleurs. C’est pourquoi ils doivent s’appuyer sur eux dans leur combat. Et la classe ouvrière a le plus grand intérêt d’avoir à ses côtés les étudiants en lutte pour leurs propres objectifs et pour ceux qui leur sont communs.

En effet, pour autant qu’elle a un rôle décisif à jouer dans la lutte pour le progrès, la démocratie et le socialisme, la classe ouvrière ne saurait prétendre y parvenir seule. Elle a besoin d’alliés. Les étudiants, la jeunesse en général, sont parmi ces alliés indispensables. C’est pourquoi il faut combattre et isoler complètement tous les groupuscules gauchistes qui cherchent à nuire au mouvement démocratique en se couvrant de la phraséologie révolutionnaire. Nous les combattrons d’autant mieux que nous ferons toujours plus connaître les propositions du Parti et sa politique unitaire pour le progrès social, la démocratie, la paix et le socialisme.

Georges MARCHAIS

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 21:12

Libérons Mumia !

COLLECTIF UNITAIRE NATIONAL DE SOUTIEN À MUMIA ABU-JAMAL

En 2015 le combat pour la libération de Mumia continue !

2 janvier 2015Actualité

RASSEMBLEMENT (18h) PLACE DE LA CONCORDE
Près de l’Ambassade des Etats-Unis / Rendez-vous angle rue de Rivoli – Jardin des Tuileries / Métro : Concorde

En 2015 le combat pour la libération de Mumia continue Comme chaque premier mercredi du mois, nous donnons rendez-vous aux franciliens pour exiger la libération de Mumia Abu-Jamal. Rappelons que le journaliste noir américain a déjà passé plus de 33 ans en prison dont 30 dans l’enfer du couloir de la mort. Il a toujours clamé son innocence sans jamais pouvoir la défendre face à un système judiciaire raciste et inéquitable. Arrêté et incarcéré à l’âge de 28 ans, il a eu 60 ans le 24 avril 2014. Marié, père et grand-père, Mumia veut « rentrer à la maison ». Agissons pour que sa libération et son retour auprès de siens interviennent le plus vite possible.

Ce rassemblement sera aussi l’occasion de protester contre la Loi « anti-Mumia » promulguée par le Gouverneur de Pennsylvanie en octobre 2014. En effet, faute de pouvoir interdire le droit à la parole et à l’écriture au seul citoyen Mumia Abu-Jamal, cette loi, adoptée en procédure d’urgence, prive désormais tous les prisonniers et anciens prisonniers de Pennsylvanie de leur droit d’expression. Il en est de même pour les familles des prisonniers (et leurs soutiens) qui s’exposeront à des poursuites judiciaires dès lors qu’ils s’exprimeront publiquement sur les condamnations de leurs proches ou les conditions de la vie carcérale. Cette législation liberticide et inconstitutionnelle fait l’objet d’un recours en justice déposé par des organisations de défense des droits humains, des journalistes, Mumia et d’autres prisonniers.

Pour exiger l’abrogation de cette Loi : signez et faîtes signer LA PETITION INTERNATIONALE en cliquant sur ce lien

Vous pouvez prendre connaissance de la traduction en français de cette pétition en cliquant ici. Attention, pour valider votre signature vous devez cocher la case « OTHER » en fin de liste des Etats américains (rubrique State/Province).

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117 pays votent en faveur du moratoire universel sur les exécutions !

28 décembre 2014Actualité

Le 18 décembre 2014, l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) a réaffirmé, pour la cinquième fois depuis 2007, son large soutien à la Résolution « Moratoire sur l’application de la peine de mort », confirmant ainsi la tendance irréversible vers l’abolition. La résolution A/RES/69/186, qui avait déjà bénéficié en novembre dernier d’un soutien croissant lors du vote de la troisième commission de l’ONU, a été adoptée avec un record de 117 votes pour, 38 contre, 34 abstentions et 4 pays absents au moment du vote.

Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien

La Coalition Mondiale contre la peine de mort (160 ONG) se félicite de l’engagement des Etats, toujours plus nombreux sur le chemin de l’abolition universelle.

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Décès de Samiya(Goldii), la fille de Mumia et de Wadiya

19 décembre 2014Actualité

Âgée seulement de 36 ans, Samiya est décédée avant hier d’un cancer du sein. Elle venait de terminer une maîtrise en travail social à l’Université de Pennsylvanie. Samiya était aussi une rappeuse lyrique connue et reconnue sous le nom de « Goldii ». Ses créations artistiques mettaient en évidence les problèmes de discrimination raciale, sociale et pénale. Elle fut une ardente combattante pour défendre l’innocence de son père et pour dénoncer la politique américaine d’incarcération massive et les conséquences induites pour les enfants et les familles des condamnés.

La Coalition américaine des soutiens à Mumia Abu-Jamal s’est exprimée en ces termes : « C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons le décès de Samiya (Goldii). Nous présentons nos sincères condoléances à sa mère Wadiya, son père Mumia, à ses deux filles, à ses soeurs et à tous leurs proches. Goldii a toujours fait preuve d’une énergie et d’une créativité extraordinaires, tant durant ses études de psychologie que dans l’épreuve face à cette terrible maladie qu’elle combattait avec ténacité et courage. Déjà très affaiblie, elle continuait à défendre son père dans sa quête d’un monde meilleur. Tu nous manques déjà Goldii car tu étais exceptionnelle et nous ne t’oublierons jamais ».

Le Collectif français des soutiens à Mumia a également fait part de sa grande tristesse à Mumia et à Wadiya, leur adressant ses plus sincères condoléances et les assurant de ses sentiments d’amitié et de solidarité dans ce moment de terrible douleur familiale.

Si vous souhaitez faire parvenir un message de sympathie à la famille, merci d’adresser quelques mots à Mumia à cette adresse :

Mumia ABU-JAMAL
AM.8335
SCI Mahanoy / 301 Morea Road
Frackville, PA 17932
USA

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 21:07

News

Publié le 31 décembre 2014 par Benoit

RADAR : UN PETIT NOUVEAU ATTENDU À LUZAY EN 2015

75 000 EUR d’investissements pour contrôler la vitesse dans la commune des Deux-Sèvres, sur la 938

Alors que la départementales 938 entre Thouars et Parthenay a été complètement rénovée cette année, le chantier ayant laissé place à une route flambant neuve qui incite à la vitesse, la commune de Luzay a exprimé son souhait d’accueillir un nouveau radar par l’entremise de son maire, Gilles Meunier.

Peu de temps après les travaux d’élargissement de la voie, qui a ensuite bénéficié d’un tout nouveau revêtement, la vitesse est plus que jamais un problème sur cette portion de départementale. Un accident conséquent a d’ailleurs eu lieu peu de temps après la fin des travaux, événement qui a motivé le conseil général à considérer l’implantation du radar, qui devrait avoir lieu juste avant le pont. Le dispositif pourrait flasher dans les 2 sens, ou seulement les véhicules circulant en direction d’Airvault, les modalités précises devant encore être finalisées.

Sur cette portion de route, la vitesse est limitée à 90 km/h, malgré le souhait du conseil départemental de limiter la vitesse à 70 km/h. Les probabilités d’apparition du radar sont grandes, la seule difficulté étant pour le conseil régional de trouver les 75.000 € de financement.

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 13:11
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 09:09

LA DERNIERE LETTRE DE PATRICE LUMUMBA A SA FEMME PAULINE

Vendredi, 26 Décembre, 2014 - 22:13

Kongo (Kinshasa), Péyi zanmi-kanmarad

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Destitué puis emprisonné, c’est en novembre 1960 que Patrice Emmery Lumumba écrit cette lettre à son épouse, Pauline. Du fond de sa cellule, il sait que ce sont les derniers mots qu’il pourra lui adresser…

« Ma compagne chérie, Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique ! ».

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 13:56

Pour Rappel : la longue liste des 33 résolutions de l'ONU non respectée par l'Etat d'Israel depuis 1947 :

Résolutions prises en assemblée générale

(ayant alors fonction d’organe décisionnaire)

Résolution 181 (29 novembre 1947). Adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies.

Résolution 194 (11 décembre 1948). Les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir « rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins » ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens « à titre de compensation ». Création de la commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine.

Résolution 302 (8 décembre 1949). Création de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Résolutions prise par le conseil de sécurité de l'ONU

Résolution 236 (11 juin 1967). Au lendemain de la guerre de juin 1967, le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu et un arrêt immédiat de toutes les activités militaires dans le conflit opposant l’Egypte, la Jordanie et la Syrie à Israël.

Résolution 237 (14 juin 1967). Le Conseil de sécurité demande à Israël d’assurer « la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des zones où des opérations militaires ont eu lieu » et de faciliter le retour des réfugiés.

Résolution 242 (22 novembre 1967). Le Conseil de sécurité condamne l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ». Il affirme « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque Etat de la région.

Résolution 250 (27 avril 1968). Israël est invité à ne pas organiser le défilé militaire prévu à Jérusalem le 2 mai 1968 considérant que cela aggraverait les « tensions dans la région ».

Résolution 251 (2 mai 1968). Le Conseil de sécurité déplore la tenue du défilé militaire de Jérusalem « au mépris » de la résolution 250.

Résolution 252 (21 mai 1968). Le Conseil de sécurité déclare « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures.

Résolution 267 (3 juillet 1969). Le Conseil de sécurité censure « toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem ».

Résolution 340 (25 octobre 1973). A la suite de la guerre de Ramadan ou de Kippour, création de la deuxième Force d’urgence des Nations unies (FUNU-II) qui vise à « superviser le cessez-le-feu entre les forces égyptiennes et israéliennes » et à assurer le « redéploiement » de ces mêmes forces.

Résolution 446 (22 mars 1979). Le Conseil de sécurité exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

Résolution 468 (8 mai 1980). Le Conseil de sécurité déclare « illégales » les expulsions à l’étranger de notables palestiniens de Hébron et de Halhoul par les autorités militaires israéliennes et demande à Israël de les annuler.

Résolution 592 (8 décembre 1986). Le Conseil de sécurité rappelle que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre « est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ». Il condamne « l’armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants » de l’université Bir Zeit.

Résolution 605 (22 décembre 1987). Après le déclenchement de la première Intifada, le Conseil de sécurité condamne les pratiques d’Israël « qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens ».

Résolution 607 (5 janvier 1988). Israël doit « s’abstenir d’expulser des civils palestiniens des territoires occupés » et respecter les obligations que lui impose la convention de Genève.

Résolution 608 (14 janvier 1988). Le Conseil de sécurité demande à Israël « d’annuler l’ordre d’expulsion des civils palestiniens et d’assurer le retour immédiat et en toute sécurité » de tous ceux déjà expulsés.

Résolution 636 (6 juillet 1989). Le Conseil de sécurité demande à Israël, en conformité avec ses précédentes résolutions et avec la convention de Genève, de « cesser immédiatement d’expulser d’autres civils palestiniens » et d’assurer le retour en toute sécurité de ceux déjà expulsés.

Résolution 641 (30 août 1989). Le Conseil de sécurité « déplore qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens » et lui demande d’assurer le retour de tous les expulsés.

Résolution 672 (12 octobre 1990). Après les violences de l’esplanade des Mosquées - le mont du Temple, le Conseil de sécurité condamne « les actes de violence commis par les forces de sécurité israéliennes » à Al-Haram Al-Charif et dans d’autres lieux saints de Jérusalem et demande à Israël de « s’acquitter scrupuleusement des obligations juridiques et des responsabilités qui lui incombent » vis-à-vis des civils des territoires occupés.

Résolution 673 (24 octobre 1990). Le Conseil de sécurité condamne le refus d’Israël d’appliquer la résolution 672.

Résolution 681 (20 décembre 1990). Israël est sommé d’appliquer la convention de Genève.

Résolution 694 (24 mai 1991). Le Conseil de sécurité déclare que l’expulsion de quatre nouveaux civils palestiniens en mai 1991 par les forces israéliennes constitue une violation de la convention de Genève.

Résolution 799 (18 décembre 1992). Le Conseil de sécurité condamne les quatre cents expulsions de décembre 1992, soulignant qu’elle est contraire aux obligations internationales imposées à Israël par la convention de Genève. Le Conseil réaffirme l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban.

Résolution 904 (18 mars 1994). A la suite du massacre de la mosquée de Hébron, le Conseil de sécurité demande à Israël de prendre les mesures nécessaires « afin de prévenir des actes de violence illégaux de la part des colons israéliens » envers les civils palestiniens.

Résolution 1322 (7 octobre 2000). A la suite du début de la seconde Intifada, le Conseil de sécurité déplore les violences et condamne le « recours à la force excessif contre les Palestiniens ». Il demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève.

Résolution 1397 (12 mars 2002). Le Conseil de sécurité demande la « cessation immédiate de tous les actes de violence, y compris tous les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions », et réclame la coopération des Israéliens et des Palestiniens visant à la reprise des négociations.

Résolution 1402 (30 mars 2002). Après la réoccupation totale de la Cisjordanie, le Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu immédiat et le « retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes ».

Résolution 1405 (19 avril 2002). Le Conseil de sécurité déclare qu’« il est urgent que les organismes médicaux et humanitaires aient accès à la population civile palestinienne ».

Résolution 1435 (24 septembre 2002). Le Conseil de sécurité exige « le retrait rapide des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes ». Il demande à l’Autorité palestinienne de « faire traduire en justice les auteurs d’actes terroristes ».

Résolution 1515 (19 novembre 2003). Le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », et demande en conséquence aux parties en conflit de s’acquitter des obligations relatives à la « feuille de route » du Quartet.

Résolution 1544 (19 mai 2004). Le Conseil de sécurité demande qu’Israël respecte « les obligations que lui impose le droit humanitaire international » et « l’obligation qui lui est faite de ne pas se livrer aux destructions d’habitations ».

Résolution 1850 (16 décembre 2008). Le Conseil de sécurité soutient le processus d’Annapolis, et demande aux parties de « s’abstenir de toute mesure suceptible d’entamer la confiance » et de ne pas « remettre en cause l’issue des négociations ».

Résolution 1860 (8 janvier 2009). Après l’incursion de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité exige « l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza ». Il demande de ne pas entraver l’entrée des organisations médicales dans Gaza et d’empêcher le trafic illégal d’armes.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 08:16

Le texte sur un Etat palestinien pourrait être voté à l'ONU

FABRICE SAVEL AVEC AGENCES

MARDI, 30 DÉCEMBRE, 2014

L'HUMANITÉ.FR

Le projet de résolution de l'Onu appelant à la signature d'ici un an d'un accord de paix au Proche-Orient et à la fin de l'occupation des territoires palestiniens d'ici 2017 devrait être soumis au Conseil de sécurité dans la journée ou mercredi matin au plus tard.

"Nous avons décidé que nous allions passer au vote au Conseil de sécurité sur la résolution", a déclaré l'ambassadrice de Jordanie à l'ONU, Dina Kawar. Le Conseil doit se réunir à 22H00 GMT (17H00 heure locale). Selon la représentante permanente de la Jordanie à l'Onu, les délégations des pays arabes ont décidé que le texte devait être mis aux voix le plus vite possible, mais tout dépendra du temps nécessaire pour organiser la réunion. La diplomate a dit avoir demandé que le vote ait lieu mardi après-midi. Si ce n'est pas le cas, il pourrait avoir lieu mercredi matin, a quant à lui indiqué l'observateur palestinien Riad Mansour. Les Palestiniens avaient apporté lundi des modifications à leur projet de résolution et demandé que le texte soit soumis au Conseil de sécurité dès cette semaine.

D'après des diplomates occidentaux, il serait possible d'organiser la réunion pour 17h00, heure de New York (22h00 GMT). Si le texte obtient les neuf voix nécessaires à son adoption, les Etats-Unis opposeront sans aucun doute leur veto. "Notre position sur la résolution n'a pas changé. Et je voudrais ajouter qu'il y a de nombreux pays qui ont dit qu'ils ne pourront pas soutenir cette résolution. Et même parmi ces pays, il y en a qui soutiennent les Palestiniens depuis longtemps et qui ont indiqué qu'ils ne voteraient pas en faveur" du texte, a fait valoir Jeffrey Rathke, un porte-parole du département d'Etat américain, lors d'un point de presse.

Lundi, M. Rathke avait expliqué que la résolution posait notamment "des délais arbitraires à un succès des négociations de paix et au retrait d'Israël de Cisjordanie". Selon lui "le risque est plus grand que les négociations soient entravées qu'elles ne soient couronnées de succès". Lors d'une réunion de deux heures lundi, convoquée par la Jordanie, qui siège au Conseil, le groupe arabe à l'ONU avait, lui, apporté son soutien au document modifié. Les amendements prévoient Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d'un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l'arrêt de la colonisation israélienne et rappellent le caractère illégal du mur de séparation. Le texte prévoit en outre un accord de paix dans un délai de douze mois, et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

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BRUNO FORNACIARI

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