Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 11:51

Macron, la régression

« On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus avec les intérêts », écrivait Jules Renard. Xavier Bertrand, candidat UMP à la primaire pour 2017, n’a pas d’autre dessein en couvrant de compliments Manuel Valls : « Prenez le pouvoir ou prenez vos responsabilités ».

Égrenant sa liste d’un programme ultralibéral, l’ancien ministre des Affaires sociales appuie Matignon pour « faire des réformes jusqu’au bout ». Le calcul est limpide : la démission du Premier ministre devant l’idéologie du Medef conforte le discours de l’UMP et les brutalités infligées aujourd’hui serviront de point d’appui à celles envisagées demain. C’est dire encore combien le ralliement à l’austérité du petit cercle
des gouvernants fortifie les projets les plus réactionnaires. C’est un scénario qui s’est déjà déroulé en Allemagne, avec le résultat qu’on sait, et une Angela Merkel
qui danse désormais sur les décombres du Parti social-démocrate.

À gauche, la loi Macron, que de plus en plus de députés de droite se disent disposés à voter, suscite une indignation et des mobilisations croissantes. Cela a même secoué les états généraux du Parti socialiste, pourtant anesthésiés par une charte sans odeur, ni saveur. En mettant en cause ce projet, Marie-Noëlle Lienemann l’a emporté à l’applaudimètre. Un nombre croissant de députés socialistes hésitent à se compromettre en votant à l’Assemblée une telle régression. La protestation n’est pourtant pas si aisée à organiser. En éparpillant façon puzzle les garanties sociales, le patron de banque promu ministre s’efforce de disperser les oppositions.

Le Front de gauche a décidé, dans la variété de ses composantes, de s’engager dans une campagne qui permette de donner corps au mécontentement à l’égard d’un texte qui puise son inspiration dans les bréviaires du Medef. Le pire n’est pas certain 

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans economie finance gouvernement PCF
commenter cet article
14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 12:30

Israël:les chanteuses Noa et Mira Awad signent la lettre pour l'Etat palestinien

Le Parlement européen doit débattre mercredi une motion appelant à la reconnaissance de la "Palestine"

Les chanteuses israéliennes Noa (Achinoam Nini) et Mira Awad ont annoncé qu'elles allaient signer la pétition israélienne appelant à les parlements européens à reconnaître l'Etat palestinien aux côtés d'Israël.

Noa, qui est d'origine yéménite et Mira Awad, arabe israélienne avaient représenté Israël à l'eurovision en 2009 en chantant un duo une chanson à la gloire de la paix : There must be another way

La lettre qui sera envoyée dimanche au parlement européen a été signée par 900 personnalités publiques israéliennes, parmi lesquels les auteurs Amos Oz, A.B. Yehoshua et David Grossman.

Le Parlement européen doit débattre et voter mercredi une motion appelant à la reconnaissance de l'Etat palestinien,

Les signataires de la pétition ont annoncé leur intention de poursuivre leur campagne et d'envoyer des lettres identiques à tous les parlements aux pays amis d'Israël afin de lancer un débat similaire.

"Nous, les citoyens d'Israël qui veulent la sécurité et la paix, sommes préoccupés par l'impasse politique et l'occupation persistante (...) qui a conduit aux conflits avec les Palestiniens et torpillé toute les chances possibles de parvenir à un accord," indique la pétition.

"Il est clair pour nous que les chances de survie d'Israël et de sa sécurité dépendent de la création de l'Etat de Palestine, sur la base des frontières de 1967 ainsi que la reconnaissance par Israël de la Palestine et la Palestine d'Israël.", poursuit le document.

"Votre décision de reconnaître l'Etat de Palestine participera à la promotion des chances de paix et encouragera Israéliens et Palestiniens à résoudre le conflit," conclut la lettre.

Parmi les autres signataires figurent d'anciens Prix Nobel, mais aussi l'ancien ambassadeur Alon Liel, plusieurs universitaires et membres du parti travailliste.

La Suède, la Grande Bretagne, l'Irlande, l'Espagne, la France, et le Portugal ont reconnu dans un vote non-contraignant l'"Etat de Palestine" dans une série de sessions qui a débuté fin octobre.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL PALESTINE ISRAÊL EUROPE
commenter cet article
13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 08:49
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans DIVERS
commenter cet article
12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 19:30
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL PALESTINE
commenter cet article
12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 17:23

Intervention de Soizig Nedelec au nom du groupe des élus communistes, progressistes, écologistes et citoyens

jeudi 11 décembre 2014

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus du Conseil municipal, Chers collègues,
Mesdames et Messieurs

Nous y voilà. Après des années de manquements répétés de l’Etat envers notre commune, le coup de massue que nous redoutions vient de s’abattre sur Aubervilliers : le projet de loi de finances du gouvernement pour 2015 prévoit 11 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités locales.

Concrètement, cela représente pour Aubervilliers un manque à gagner de plus de 2 millions d’euros.

Inspirée par le dogme ultralibéral auquel le gouvernement s’est converti sur le dos de ses électeurs, cette baisse des dotations de l’Etat place la ville dans de ce qui pourrait bien représenter les pires difficultés financières de son histoire.

Aubervilliers n’avait pas besoin de ça, les Albertivillariens non plus.

Je tiens à faire un bref rappel comptable de ces 6 dernières années :
Au plan national : 60 milliards de hausse d’impôts
Au plan local : 30% d’augmentation des impôts locaux
Et dans la même période, la dotation globale versée par l’Etat à Aubervilliers a été diminuée de 50%.

Les actions à peine engagées on entend déjà une petite musique qui nous dit : certes Aubervilliers vous perdez 2,1 millions d’euros de dotation en 2015 mais les différentes dotations de solidarités et de péréquation qui vous sont favorables vont compenser !

Cette façon de voir n’est pas acceptable. Ces financements, obtenus ou plutôt arrachés à l’Etat, pour prendre en compte les spécificités de notre ville comme d’autres d’ailleurs, ne peuvent être kidnappés !

La ville va désormais percevoir une dotation globale qui est quasiment équivalente à celle qui lui était versée en 2004, au mépris d’une augmentation de la population de 10 000 habitants.

Depuis le déclenchement de la crise du capitalisme mondial, les difficultés s’accroissent partout en France. Pour une ville populaire telle que la nôtre, où de nombreuses familles vivent déjà modestement, la situation devient très préoccupante.

Nous en avons assez.

Assez de ce mépris dont les communes populaires de banlieue sont si souvent victimes.
Nous en avons assez d’être contraint de racler les fonds de tiroirs pour trouver de quoi rénover une école primaire, financer un centre de santé, embaucher le personnel nécessaire au bon fonctionnement du service public, venir en aide aux familles en précarité, enfin, mener une politique qui puisse apporter à la population ce dont elle a besoin, ce à quoi elle a droit, mener une vraie politique de gauche.

Nous en avons assez de payer à la place des responsables de cette crise, les grands groupes financiers dont les bénéfices n’ont jamais été aussi élevés qu’aujourd’hui et qui continuent pourtant à licencier en masse.

Par ailleurs, quand on nous annonce 2,1 millions de réduction, on découvre qu’une entreprise comme Véolia, qui nous est déjà familière puisque son siège en construction a passé le stade des fondations à la Porte d’Aubervilliers, a elle perçu 30 millions en 2013 et 45 millions en 2014 de crédit impôt compétitivité !
Ce deux poids deux mesures ne peut que créer de la colère et montre aussi que l’argent pourrait être utilisé autrement.

Le gouvernement nous dit que l’Etat n’a plus d’argent, qu’il doit se serrer la ceinture, et rembourser sa dette envers les créanciers privés. C’est son excuse pour baisser les dotations qu’il nous verse.

Le problème, c’est que plus de 70% de l’investissement public est fait par les collectivités territoriales, les régions, les départements, les communes.

Quand la ville ne peut plus investir, ce sont des petites et moyennes entreprises qui sont les premières touchées, ce sont elles qui ferment les premières, ce sont les salariés de ces entreprises qui se retrouvent au chômage.

L’augmentation du chômage mène à la baisse des rentrées fiscales, qui mènent à son tour à la diminution des moyens financiers des communes, et donc à une nouvelle baisse de leurs investissements.

Ce cercle vicieux a un nom, qui n’est jamais prononcé par le gouvernement : austérité.
L’austérité, cette arme ultralibérale, qui a pour seul but à terme la privatisation totale des services publics est aujourd’hui le seul axe de travail du gouvernement, main dans la main avec le « monde de la finance », ce même monde que le Président de la République avait juré de combattre lorsqu’il n’était que candidat.

Alors que devons-nous faire ?

Réduire les services à la population ?

Ne pas construire les équipements indispensables à l’augmentation de la population ?
Augmenter les impôts locaux ?

Nous nous y refusons, mais seuls, les élus ne peuvent rien.
Alors que les responsables de la crise qui nous frappe vivent mieux que jamais ;
A l’heure où l’essentiel des impôts que paient les Français sert à rembourser les intérêts de la dette à ces mêmes responsables ;
Dans cette période où les couches populaires sont insultées, méprisées et pointées du doigt comme coupables des difficultés du pays :

Le groupe des élus communistes, progressistes, écologistes et citoyens en appelle à la population. Ensemble, nous devons nous mobiliser de toute urgence et exiger de l’Etat qu’il verse à notre commune ce qu’il lui doit. Aucune avancée sociale ne s’est faite sans la mobilisation populaire. Si nous voulons être entendus par le gouvernement, nous devons être unis, déterminés et intransigeants.

Si nous ne le faisons pas, ce que nous avons vu durant ce Conseil communal d’anticipation pourrait très vite devenir une réalité et c’est inacceptable. Nous avons été élus sur un programme résolument de gauche, mettant l’humain au centre. Le diktat de la finance ne doit pas nous empêcher d’agir pour Aubervilliers, les albertivillariens.

il faut reprendre ce qui nous est dû !

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans collectivit AUBERVILLIERS
commenter cet article
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 22:34

Lucien Sève "L’urgence historique de penser avec Marx le communisme"

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUCIEN DEGOY

VENDREDI, 30 AOÛT, 2013

Les séries d'été de l'Humanité : Penser un monde nouveau Pour le philosophe, avec un capitalisme confronté à des crises ultra-profondes, les présupposés du communisme sont là. L’enjeu anthropologique est posé pour réactualiser la visée communiste.

Lucien Sève, agrégé de philosophie en 1949, a publié ses premiers travaux au milieu des années 1950, qu’il consacre à la philosophie universitaire française, adversaire impitoyable du matérialisme et de la pensée dialectique. Son engagement politique au Parti communiste lui fermera les portes de l’enseignement supérieur en dépit de la notoriété qu’acquièrent ses recherches qu’il consacre à la question de l’individualité et de la personne. Marxisme et Théorie de la personnalité (Éditions sociales, 1969) sera plusieurs fois réédité et augmenté. Durant les décennies ultérieures, l’histoire du matérialisme, la dialectique, les sciences de la nature et la bioéthique, l’anthropologie, la religion occupent une part notable de ses recherches, l’autre versant étant consacré à l’étude de la philosophie de Marx dont il traduit nombre de textes, à la théorie de l’État et à la question du communisme. Communisme, quel second souffle ? (Messidor-Éditions sociales, 1990) développe ses conceptions sur la nécessité impérieuse d’une « refondation » du communisme et de l’intervention politique initiée en 1984. Il entend replacer paradoxalement Marx à la croisée des interrogations contemporaines : le politique, l’anthropologique, le philosophique, le communisme. Il s’investit alors dans le projet colossal d’écrire une tétralogie, Penser avec Marx, qui devrait lui demander une quinzaine d’années de labeur. Marx et nous inaugure la série (2004) aux éditions la Dispute. Vient ensuite l’Homme (2008). La Philosophie et le Communisme devraient suivre.

« Penser un monde nouveau », nous a suggéré cette série d’été de l’Humanité. Depuis que vous êtes entré en philosophie n’est-ce pas aussi votre propos ? Penser la nouveauté, le renouvellement, osons le mot, la révolution ?

Lucien Sève. Oui, osons le mot révolution, il en est grand besoin, mais pensons la chose à neuf, de cela aussi il est grand besoin. Quand j’ai commencé à penser, au lendemain de la guerre, il y avait – ça m’a énormément impressionné – une très grande pensée de la révolution communiste nécessaire. Marx, Lénine, Rosa Luxemburg, Gramsci, Jaurès, Lukacs, Mao… La plus ambitieuse action politique coïncidait avec la plus haute réflexion. Mais la visée communiste était alors immature, dans les faits et dans les consciences. Et alors qu’aujourd’hui elle revient plus fort encore à l’ordre du jour, où est la grande pensée actualisée du communisme ? On la cherche… Or sans cela comment changer le monde ? C’est mon souci d’origine, et c’est ce que je cherche à nouveau avec cette tétralogie Penser avec Marx aujourd’hui – je suis dans la longue écriture du tome 3 sur la Philosophie –, dont le dernier volume portera sur le communisme…

Dans quelle mesure cette tâche est aussi celle de tout un chacun ? Faut-il être philosophe pour penser vraiment ?

Lucien Sève. Si c’est bien un communisme qu’on vise, alors oui vraiment c’est à « tout un chacun », et chacune, de le penser… Nul besoin d’être philosophe pour ça, je dirais même : surtout pas, s’il s’agit de cette philosophie qui se borne à interpréter le monde pour ne pas le transformer. En même temps, pas de démagogie : penser, ça s’apprend. « Tout homme est philosophe », a écrit Gramsci. En puissance, certainement. Mais en fait, sûrement pas, tant qu’on n’a pas appris cette chose cruciale qu’est le maniement des concepts scientifiques et des catégories philosophiques – par exemple, socialisme et communisme, ce n’est pas du tout la même idée. Et penser théoriquement, ça ne s’apprend avec personne mieux qu’avec Marx… D’où ma tétralogie, où je vise en permanence à une érudition largement accessible…

« Apprendre », dites-vous avec Marx. Il est vrai qu’on parle désormais d’un « retour » de Marx, quoique ce retour soit très disparate. Y aurait-il autant de Marx que de lectures possibles de Marx ?

Lucien Sève. Grave question. Je maintiens qu’hélas nous manquons dramatiquement d’une grande pensée actualisée du communisme, et pourtant il se fait beaucoup de travail théorique sur Marx. Mais pour une très grande part c’est sans cohérence globale, ça ne construit rien de bien utilisable parce que ça va dans des sens disparates. Par exemple, le thème majeur de l’aliénation est très heureusement redevenu d’actualité. Mais il n’a ni le même sens ni les mêmes conséquences pratiques selon qu’on a en vue l’aliénation telle que la pensait le jeune Marx dans les Manuscrits de 1844, c’est-à-dire comme une malédiction pesant on ne sait trop pourquoi sur le travail salarié, ou comme elle devient dans le Capital, la métamorphose des immenses puissances sociales humaines en forces aveuglément destructrices faute d’être appropriées par tous, ce qui met à l’ordre du jour un communisme… La pluralité des regards sur Marx est féconde, mais la pluralité des Marx est ravageuse. S’entendre davantage sur Marx, aux divers sens du verbe s’entendre, est une urgence majeure. Encore faut-il d’abord se lire… Qui dira le mal que nous font certaines exclusives concurrentielles ?

À ce propos, il existe une école de pensée historique qui fait de Marx et de ses successeurs du mouvement ouvrier des utopistes, comme le furent avant eux de grands penseurs politiques. Vous récusez pourtant l’utopisme de Marx ?

Lucien Sève. Voilà justement un bel exemple de divergence qui n’a nul lieu d’être. Parce qu’il y a trois choses incontestables à dire sur le sujet, et qui règlent la question. D’abord, l’évidente richesse de pensée des grands utopistes ; chez Saint-Simon, Fourier, Owen, même dans un premier temps Proudhon, Marx apprend des choses dont certaines le marqueront jusqu’au bout, et qui peuvent encore nous donner à penser à nous-mêmes. Ensuite, la très grave limite de toutes les pensées utopiques, c’est-à-dire leur incapacité à résoudre la question décisive du « que faire ? » – d’où l’espoir naïvement mis dans l’aide d’un riche philanthrope, voire de l’État bourgeois… C’est de cette démarche utopiste que Marx est l’impitoyable critique, comme l’a bien montré Jean-Jacques Goblot dans ses Essais de critique marxiste (1). Et en troisième lieu – c’est le plus important –, la façon dont Marx pense et nous invite à penser le futur : aux antipodes du vœu pieux, à partir du mouvement réel. Parce que, vue matérialiste historique capitale, les contradictions de toute formation sociale tendent à produire aussi des présupposés de son propre dépassement. Aujourd’hui même, à travers les pires gâchis capitalistes, du possible communisme s’esquisse dans une productivité réelle du travail sans précédent, un développement multiforme des individualités, une planétarisation de la vie sociale… Dans les Grundrisse, Marx écrit que si les conditions matérielles d’une société sans classes ne se formaient pas sous le masque dans la société actuelle, toute tentative d’en finir avec elle « ne serait que donquichottisme ». On veut savoir ce que sera le futur ? Regardons bien ce qui mûrit au présent. C’est pourquoi faire de Marx un utopiste est pire qu’un contresens : une vraie faute politique.

Mais cette idée de présuppositions objectives ne relève-t-elle pas d’un déterminisme historique qui a été beaucoup reproché aux marxistes et à Marx lui-même (le capitalisme produirait fatalement ses propres fossoyeurs), et que le XXe siècle a bien mis à mal ?

Lucien Sève. On peut certes la prendre en un sens naïvement déterministe régulièrement démenti par les faits… Mais ce n’est pas obligé, et pour l’essentiel ce n’était pas du tout le point de vue de Marx. Les présupposés objectifs du futur, ce sont des possibles, seulement des possibles, qui ne se déploieront pas tout seuls. C’est pour ça qu’il est si important que nous les percevions bien et les aidions à se développer, mais ils n’en sont pas moins de majeure importance, parce que sans eux le futur que nous rêvons resterait en effet à jamais un rêve. Est-ce que, par exemple, il y a dans la réalité présente des présupposés majeurs économiques, technologiques, sociétaux, politiques, culturels… d’une complète émancipation des femmes ? Oui, et de maintes sortes. Ce qui ne rend pas cette émancipation fatale, ni facile, mais constitue un atout crucial pour parvenir à l’imposer.

Et qu’est-ce qui vous fait croire que cette émancipation et ce monde à venir ne peuvent être portés par le capitalisme lui-même ? N’a-t-il pas démontré, en un siècle et demi et en dépit de ses monstruosités, des capacités d’adaptation, de plasticité qui lui ont épargné jusqu’ici toutes les fins qu’on lui prédisait ?

Lucien Sève. Je tiens en effet pour capital de mesurer que nous sommes entrés dans la phase historique terminale du capitalisme, c’est pour cela qu’actualiser la visée du communisme est d’une telle importance. À moins de ça, on est complètement au-dessous de la tâche. Je connais par cœur les objections : ce serait sous-estimer ridiculement le dynamisme du capitalisme qui s’en sort toujours, ou encore les marxistes ont d’ailleurs passé leur temps à annoncer la chose sans qu’elle ne se produise jamais… De mémoire de rose, on n’a jamais vu non plus mourir de jardinier, et puis un beau jour… Pour autant qu’on puisse répondre en deux phrases à cette question colossale, je dirais qu’il y a deux groupes impressionnants de raisons de penser que vient bien la fin du capitalisme. D’abord, justement, il parvient à l’évidence de plus en plus mal à surmonter ses crises ultra-profondes : crise des dettes, crise d’efficacité, crise écologique, crise anthropologique, et par-dessus tout sans doute crise de sens historique. Et en même temps, on voit monter en nombre des présupposés d’un ordre social et planétaire de vaste mise en commun et gestion concertée de puissances sociales humaines en train de changer d’ordre de grandeur, qui ne peuvent d’évidence plus tenir dans la camisole dérisoire de l’appropriation privée et du pilotage de caste. Ce ne sera ni bref ni simple, nous sommes dans une zone de tempêtes historiques, mais on commence à voir nettement, en même temps que l’éventualité de catastrophes indicibles, une sortie lumineuse possible…

Justement, tout un pan de vos recherches a porté sur la théorie de la personnalité, sur les rapports interindividuels et leur évolution. Considérez-vous que le capitalisme a façonné un individu entièrement soumis à la loi de l’argent ? Ou bien plutôt que cet individu est déjà mûr pour le communisme ?

Lucien Sève. Le marxisme traditionnel ne voit en Marx qu’un théoricien du social. Je travaille depuis plus d’un demi-siècle à faire corriger cette dramatique erreur. Marx est un penseur de l’essentielle dialectique entre socialité et individualité humaines, donc des conditions de l’émancipation historique plénière de tous les individus, laquelle est le sens même du communisme marxien. Or, en cette matière, nous vivons un antagonisme extraordinaire entre deux tendances. Dans ses efforts pour émerger de ses crises, le capitalisme pousse à un point inouï à la fois le déchaînement de l’individualité marchande-concurrentielle et le sacrifice de masse des individus ; de sorte que le genre humain est maltraité par lui d’aussi grave façon que la planète. C’est pourquoi je milite pour que la cause anthropologique soit prise au sérieux tout autant que la cause écologique. Nous vivons contradictoirement une montée multiforme, impressionnante de l’individualité autonome, qui va d’un accès sans précédent aux savoirs et la culture à une ardente exigence d’égalité en droits, d’une indépendance revendiquée envers tous les pouvoirs aliénants à un début de floraison d’initiatives pour prendre son sort en main. En ce sens, oui, sans se raconter d’histoires car les choses sont violemment contrastées, je pense que nous vivons le manifeste essor d’un présupposé majeur de communisme.

En fin de compte, l’individu communiste, ce serait un individu totalement émancipé ?

Lucien Sève. Autant que le permettra le niveau de développement historique atteint, mais d’abord un individu pleinement développé comme producteur qualifié, citoyen compétent, individu inventif, apte à l’initiative autonome et concertée. Acteur d’une forme sociale où, comme il est dit dans le Manifeste communiste, « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Quelle relation établir entre cette émancipation souhaitable des individualités et l’intervention politique concrète aujourd’hui ?

Lucien Sève. Si l’on partage l’idée que le communisme c’est vraiment pour maintenant – un maintenant à l’échelle du siècle –, et que l’essor contrarié mais inarrêtable des individualités en est le présupposé le plus significatif, alors il y a d’évidence à en tirer des conséquences politiques révolutionnaires. Pour le dire d’une phrase, c’est vraiment le moment de prendre au sérieux comme on ne l’a jamais fait le mot d’ordre de Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Veut-on savoir ce qu’il y a à changer dans nos idées et nos pratiques ? Qu’on passe en revue tout ce en quoi la façon toujours dominante de faire de la politique se propose en fait d’apporter l’émancipation aux travailleurs. Tout ça tourne le dos au communisme, roule pour une façon de faire de la politique dont bientôt plus personne ne voudra… Pourquoi la cause communiste, d’une criante urgence historique en son principe, reste-t-elle depuis des décennies si peu mobilisatrice ? Voilà la question qui doit obséder. J’avance une hypothèse : parce qu’on ne la traite toujours pas de façon vraiment communiste, c’est-à-dire en misant tout sur l’initiative responsable des acteurs sociaux eux-mêmes, le rôle de l’organisation n’étant autre que de les y aider. Il va y avoir trente ans, avançant devant ce qu’on appelait alors au Parti communiste le Comité central ce qui me paraissait être l’exigence d’une « refondation communiste », j’avais cru pouvoir dire : « Nous mourons de soif auprès de la fontaine… » Je le pense toujours.

(1) L’Utopie en débat. Éditions la Dispute, 2011, p. 187-203.

Repost 0
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:22
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans pluralisme humanite PCF MEDEF
commenter cet article
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:18

Loi Macron : "Retirez votre loi avant qu'il ne soit trop tard" (Pierre laurent)

Question de Pierre Laurent au Ministre Emmanuel Macron

--------------------------

Monsieur le Ministre,

Vous avez présenté hier votre projet de loi. Ce projet consacre la déréglementation sociale à tous les étages, conformément une nouvelle fois aux vœux du Medef.

Pourtant il y a quelques jours, dans un élan de sincérité aussitôt réprimé, vous reconnaissiez l'échec du Pacte de responsabilité inspiré par les mêmes! Alors, c’est ma première question, pourquoi continuer, persister dans l’impasse ?

Pourquoi une loi fourre-tout, sur laquelle d’ailleurs le Conseil d’Etat émet des réserves importantes, qui n’a en fait qu’un seul fil conducteur : la dérèglementation du code du travail et de la régulation publique. Pourquoi plus d’asservissement encore des salariés aux exigences patronales avec la généralisation du travail du soir et du dimanche, car, vous le savez bien, le volontariat c’est de la blague? Pourquoi libéraliser le transport en autocars contre le développement des petites lignes ferroviaires ? Pourquoi, alors que la rente autoroutière engraisse les grands concessionnaires du BTP depuis la privatisation, ne pas renationaliser les autoroutes ? Pourquoi privatiser les aéroports de Nice et Lyon après celui de Toulouse, et nos entreprises de défense GIAT et Nexter ?

Votre loi est une loi pour la liberté d’exploiter, une loi contre les libertés de 99 % de la population.

Pourquoi la mise en cause des prud’hommes, la dépénalisation du délit d’entrave, le pouvoir unilatéral des patrons de fixer l’ordre des licenciements dans les PSE ? Pourquoi l’insécurité juridique pour tous avec la mise en concurrence des professions réglementées et une justice sur mesure pour l’entreprise avec un statut inédit d’avocat et des tribunaux de commerce aux ordres ? Pourquoi rien contre le recours aux travailleurs détachés et seulement des mots contre le travail détaché illégal quand c’est le principe même de la directive même qui est en cause ?

Je vous le dis, votre loi va diviser la France, les travailleurs, la gauche. Vous poursuivez sur la voie du reniement. Si vous continuez à trahir ainsi les électeurs, cela aura des conséquences graves dans tous les RDV électoraux à venir.

J'appelle tous les sénateurs de gauche, tous ceux qui ont l’égalité au cœur à ne pas accepter ce énième recul de civilisation. Après l'échec du CICE, du crédit impôt recherche, je vous dis arrêtez le massacre. Vous subventionnez les patrons à coup de milliards d’euros, et le MEDEF crache dans la soupe.

Votre loi, si elle est votée, réjouira les actionnaires, mais amplifiera la précarité et la détresse de millions de concitoyens.

Monsieur le ministre, je vous demande d’entendre la colère qui monte déjà dans toute la gauche et dans le monde syndical. Retirez votre projet de loi avant qu'il ne soit trop tard.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans groupe GDR PCF pierre laurent
commenter cet article
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 13:42

Des logements sociaux à la place du siège de l'UMP

L'HUMANITÉ.FR AVEC AGENCES

MARDI, 9 DÉCEMBRE, 2014

Le groupe communiste au Conseil de Paris a annoncé mardi avoir déposé un vœu demandant qu'une réserve pour du logement social soit inscrite sur la parcelle accueillant le siège de l'UMP à Paris à l’occasion de la modification du PLU.

Ce voeu sera défendu à l'occasion de la révision du Plan local d'urbanisme (PLU), le bâtiment étant sis 238 rue de Vaugirard (XVe arrondissement). Le voeu, qui a de bonnes chances d'être adopté lors du prochain Conseil de Paris, sera présenté mardi matin aux membres de la première commission, où siègent notamment la présidente du groupe UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, et le député du XVe Jean-François Lamour, a précisé le président du groupe communiste Nicolas Bonnet-Oulaldj.

Une telle réserve (dite "LS 100") signifie que "quand un permis de construire sera déposé, il faudra que la parcelle soit dédiée à 100% à du logement social", a expliqué l'adjoint en charge du logement Ian Brossat (PCF). Dans ses "considérants", le voeu rappelle que le XVe arrondissement se caractérise "par un taux de logements sociaux largement inférieur au taux de 25% prescrit par la loi SRU" (17% selon Ian Brossat). Il y est aussi rappelé "les difficultés financières dont ont fait état les propriétaires de la parcelle du 238 rue de Vaugirard", et le souhait de Nathalie Kosciusko-Morizet de vendre ce siège "froid, glacial et qui rappelle de mauvais souvenirs".

"L'UMP nous demande d'accélérer la transformation de bureaux en logements, à eux de montrer l'exemple", a dit Nicolas Bonnet-Oulaldj. "Le siège de l'UMP n'est pas adapté, maintenant il y a même une guerre de bureaux (allusion à la manière dont NKM et Laurent Wauquiez se sont disputés le bureau de numéro deux, selon des informations de presse, ndlr), nous voulons mettre fin à tout ça". Au nom de l'exécutif, Ian Brossat a jugé le voeu du PCF "pertinent". "C'est un enjeu majeur de transformer des bureaux en logements", a-t-il estimé.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SOCIETE PCF logements
commenter cet article
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 13:37

Hier, une vingtaine de syndicalistes de la branche commerce d’Ile-de-France de la CFDT se sont vus empêcher l’accès à leurs locaux. Ils sont désormais suspendus. Pour son secrétaire, c’est leur action contre le travail dominical et de nuit qu’ils paient aujourd’hui. « Faux », répond la fédération qui argue du non-respect du règlement. Une enquête de notre journaliste économique et sociale, Nassira El Moaddem.

Comme tous les matins, ce mardi 6 mai, Alexandre Togormian, secrétaire général du syndicat commerce Ile-de-France de la CFDT, se rend au local de son organisation. Un comité d’accueil l’attend dans le hall. A lui et aux 19 autres militants qui occupent le bureau, on refuse l’accès. « Des personnes des instances de la confédération et de l’union régionale nous ont fait barrage. On ne pouvait pas accéder à nos propres bureaux ! Même les serrures de notre local ont été changées ! ». Un huissier leur signifie leur expulsion et la police intervient. La Fédération CFDT des services, à laquelle le syndicat commerce d’Ile-de-France est rattaché, décide de suspendre le syndicat. Concrètement, ils n’ont plus ni accès aux bureaux, ni les moyens de travailler, ni la possibilité d’agir au nom de la CFDT jusqu’à nouvel ordre. En cause : le non-respect par le syndicat des règles de fonctionnement interne à la CFDT, comme indiqué par la délibération prise le 5 mai par la Fédération des services, et qu’i>TELE s’est procurée.



Mais pour Alexandre Torgomian, comme pour les autres militants du syndicat, il y a l’officiel et l’officieux. Et l’officieux, c'est peut-être la bataille qu’ils mènent contre l’ouverture dominicale et nocturne. Ils en ont fait un de leur combat principal ces derniers mois alors que dans les instances dirigeantes, le message délivré à ce sujet est plus conciliant. « Notre position sur le sujet n'est pas la même vision que celle de la CFDT. Nous considérons qu’en faisant travailler la nuit et le dimanche, on nous enlève des droits », affirme Alexandre Torgomian. Un combat que le syndicat commerce d’Ile-de-France de la CFDT mène d’ailleurs au sein de CLIC-P, cette puissante intersyndicale régionale qui, réunit également CGT, UNSA, CFE-CGC et SUD et qui, depuis plus de trois ans, enchaîne les revendications médiatiques et les batailles juridiques contre le non-respect, selon elle, des repos hebdomadaires et de la législation sur le travail de nuit.

« On savait que ça allait mal se terminer »

Le positionnement politique et la participation à une intersyndicale : deux ingrédients qui, d’après Alexandre Torgomian, déplaisent fortement à la Fédération des Services et par conséquent, à la CFDT de Laurent Berger. « A la confédération, ils ont décidé de faire la guerre à la CGT, mais nous, militants, ça ne nous regarde pas. On est là pour défendre les intérêts des salariés qui se fichent bien de leurs conflits ».

Pour le secrétaire du syndicat, ils paient aujourd’hui clairement leur positionnement sur la question du travail dominical et de nuit. « On savait que ça allait mal se terminer mais pas à ce point-là ! Ce qui est arrivé est inacceptable et choquant ! A plusieurs reprises, on nous a fait remarquer que notre discours ne plaisait pas. Lorsque nous nous exprimions dans la presse, on nous demandait parfois de faire des démentis ! ». Pour Alexandre Torgomian, certes, la suspension est une décision de la fédération des services mais à priori elle n’a pas pu être prise sans l’aval de la CFDT.


Non-respect des statuts


Gilles Desbordes, secrétaire général de la Fédération des services de la CFDT, reconnaît la suspension du syndicat et l’impossibilité d’accéder aux locaux mais réfute en bloc les explications d’Alexandre Torgomian. « La décision est d’ordre administrative et statutaire. Les dirigeants du syndicat ont déclaré 3600 adhérents démissionnaires, quasiment la totalité de ce syndicat, sans même que les intéressés n’aient demandé quoique ce soit ! Dès l’instant où l’on remet en cause la responsabilité de certains c’est plus commode d’invoquer des questions politiques ». « Faux », répond Alexandre Torgomian qui voit en cet argument un faux prétexte. « C’est de la désinformation. Nous apporterons les éléments complémentaires devant les instances compétentes ».

Gilles Desbordes reconnaît que la « CFDT n’est pas favorable aux intersyndicales structurées » mais ajoute : « Cela ne suffit pas à constituer un motif déterminant ». Le secrétaire général qui indique que la sanction est également dûe à des écarts de comportement dans la prise de parole : elle doit se faire conformément aux règles de la confédération au niveau national ». Et de conclure : « On peut habillet cela par des discours politiques mais il y a des règles à respecter ».

Cette situation, Karl Ghazi, co-fondateur du Clic-P et ancien militant CFDT de la Fédération des services, dit l’avoir vécue. « Nous étions au courant des vives tensions entre le syndicat commerce d’Ile-de-France de la CFDT et les instances dirigeantes. On sentait que cela prenait une tournure grave et qu’ils finiraient pas exclure le syndicat ». Karl Ghazi a fait ses armes syndicales à la CFDT au début des années 1990. En 2000, la CFDT décide de signer une convention nationale collective consacrant des nocturnes dans les grands magasins. Il s’y oppose et quitte la confédération. Il rejoint la CGT Commerce et participe à la création du Clic-P. « Par nos revendications, nos actions sur le travail de nuit et dominical, nous attirons l’attention médiatique et cela déplait à l’ensemble des fédérations ». Il partage l’analyse d’Alexandre Torgomian ; pour lui, c’est à la fois l’unité syndicale de Clic-P qui gêne la CFDT mais également la ligne défendue au sein de l’intersyndicale sur le travail dominical et de nuit qui leur pose problème. « Dans le secteur du commerce en Ile-de-France, les réalités du terrain sont très éloignées des fantasmes sur le dialogue social, affirme Karl Ghazi. Le salariat est prolétarisé, les temps partiels banalisés, difficile d’avancer dans le dialogue comme le voudrait la CFDT car les patrons ne se sentent pas dans l’obligation de discuter. Notre démarche avec Clic-P ne correspond pas ni à la ligne politique de la CFDT ni à celle de la fédération des services ».

L’enjeu est important pour la CFDT : la fédération des services est une de leurs plus grosses branches et le syndicat commerce d’Ile-de-France représente près de 3 700 adhérents. A moins d’un mois du congrès de la CFDT à Marseille, cet épisode risque de laisser des traces. « On comptait faire un discours sur le fonctionnement interne de la CFDT, sur le fait de dire que la parole est libre alors qu’on nous punit dès lors que celle-ci ne plait pas », affirme Alexandre Torgomian. Il a décidé d’intenter un référé contre la fédération pour s’opposer à leur suspension. Reçu par un bras-droit de Laurent Berger ce mercredi, le dossier sera sur le bureau lundi du secrétaire général de la Confédération.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans SYNDICATS - JUSTICE SOCIALE cfdt
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre