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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 05:59

Tout le monde le sait, avec Mélenchon qui s'est installé en diviseur, c'est perdu pour la, gauche dite alternative. Alors pourquoi se ranger dès aujourd'hui derrière la défaite annoncée ? C'est suicidaire. C'est un fait, depuis cinq ans, les écarts de Mélenchon, de l'esprit et de la lettre avec le Front de gauche qu'il a renié, et de "l'Humain d'abord" dont il s'est écarté en l'émasculant, constitue des obstacles infranchissables au succès d'une candidature aussi clivante. Poursuivre le l'organisation de son soutien au sein du parti communiste, est pour moi une faute politique. A double titre. Non pas seulement parce qu'elle se pose en contravention avec les décision du congrès qui a fixé la ligne politique et que donc elle en contrarie la mise en oeuvre, mais aussi pour le PCF lui-même, ainsi que pour tous ceux qui ne renoncent pas à conjurer la catastrophe annoncée. L'appel des 99 nous enjoint finalement à faire front commun... pour la candidature de l'échec. C'est irresponsable et je ne m'y associerai pas. L'argument massue de ce ralliement; serait que Mélenchon "serait installé" dans le paysage et qu'il serait incontournable et irréversible. Les signataires sont loin d'être des perdreaux de l'année et cet argument puéril est utilisé pour forcer la main.. En effet, pour l'instant, en l'absence d'autres choix, des communistes, 3000 nous dit-on, ont accepté de soutenir le candidat autoproclamé. Candidat non pas du Front de Gauche, mais des" insoumis" qui se tient à distance des partis politique qui l'ont fait candidat en 2012, mais en fustigeant et en insultant les dirigeants et du coup les militants du parti communiste. Est-ce de cette façon que l'on rassemble ? Ce n'est pas d'ailleurs l'objectif du tribun. Il exige la soumission, le suivisme des militants communistes qui ont fait sa campagne, dans un mépris inacceptable de leur dignité en tentant de les diviser et de les opposer à la direction qu'ils ont élue.

Plus ça va, plus il parle, plus nous découvrons qu'il a bien changé. Il n'est plus celui qui nous a enchanté et donner espoir. Depuis, il s'est fourvoyé dans un égocentrisme paranoïaque et nationaliste qui le disqualifie. Rassembler la gauche de la gauche ne suffira pas. Il faut rassembler au-delà de nous-même. Ce n'est ni l'objectif, ni la stratégie de JL Mélenchon qui ne vise, au fond, qu'à construire un "mouvement" dont il serait le chef soutenu par un peuple"médusé" pour qu'il "s'en aillent tous" Les électeurs de gauche, socialistes, communistes et d'autres mouvances, des progressistes, syndicalistes, etc...peuvent se rassembler à condition que l'on ne les divise pas ni qu'on les stigmatise. Mélenchon a choisi la voix de l'affrontement au sein de la gauche dont il espère, sortir vainqueur sur ses décombres ? Si cette direction est poursuivie, ce que cet appel des 99 était censé conjurer, la catastrophe de la disparition de la gauche et du parti communiste en particulier de l'hémicycle ne serait plus seulement un risque, mais une réalité programmée. C'est justement contre cette perspective funeste que la très grande majorité des communistes soutient la stratégie de "rassemblement" et de candidature commune à présidentielle et aux législatives exposée par Pierre Laurent, tout comme la direction du PCF comme vient de le démontrer les votes du conseil national il y a quelques jours. Ne nous laissons pas détourner de l'essentiel, allons à la rencontre des français pour faire connaître nos propositions et recueillir leurs avis. Le 8 octobre marquera une étape supplémentaire pour mettre en avant "ce que demande le peuple" afin de relancer les propositions qu'il aura valider et faire triompher les conditions politiques pour relancer l'espoir et la crédibilité et conquérir les âmes et les coeurs.

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 09:48
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:15

Blog de Christian Christian Picquet

NUL, A GAUCHE, NE POURRA DIRE QU'IL NE SAVAIT PAS...
vendredi 23 septembre 2016,

Depuis l’ouverture de ce blog, voici plus de sept ans, j’ai délibérément choisi de l’utiliser prioritairement pour partager des arguments et des réflexions sur les questions fondamentales posées à la société française autant qu’à la gauche. Loin, donc, des tentations de l’immédiateté, de l’approximation, de l’appauvrissement des échanges, du rabougrissement du débat qui auront généralement accompagné l’essor des « réseaux sociaux ». Je n’ai que rarement dérogé à cette règle. Mais j’éprouve à présent trop d’inquiétudes devant ce dont nous sommes menacés, pour ne pas vous livrer ce pur coup de colère.

Tout récemment, mon ami Pierre Laurent se demandait si la gauche française n’était pas devenue, à l’instar de la droite d'antan, « la plus bête du monde ». De fait, tandis que de notre côté s’affiche le désarroi devant ce que nous lègue un quinquennat à bout de souffle, à moins que l’on ne se complaise à l’instar de quelques-uns dans la laudation de son bilan calamiteux, l’adversaire dessine sans contradicteur la contre-révolution politique et sociale qu’il appelle de ses vœux. Ne nous y trompons pas : si la direction des « Républicains » se révèle profondément divisée sur la stratégie apte à lui permettre de revenir aux affaires pour longtemps, les divers prétendants à sa « primaire » n’en partagent pas moins la commune volonté de faire basculer la France dans un modèle de société qui achèvera de détruire le « pacte » sur lequel la République s’était vue reconstruire par la Résistance.

Amputation de cent milliards, voire bien davantage, de la dépense publique ; nouvel allongement de l’âge du départ à la retraite ; accélération du démantèlement des protections collectives contenues dans le code du travail, jusqu’à la suppression (pour certains) de toute durée légale du travail ; volonté concomitante d’amenuiser les pouvoirs, déjà fort rognés, du mouvement syndical ; plafonnement de l’ensemble des allocations sociales et dégressivité accentuée des indemnités chômage ; abrogation du tiers-payant généralisé ; « choc fiscal » au profit des entreprises, couplé à la suppression éminemment symbolique de l’impôt sur la fortune ; hausse de trois points au moins de la TVA ; redéfinition des missions de l’État et remise en cause simultanée du statut de la fonction publique : les ultralibéraux n’ont pas tort d’évoquer une « thérapie de choc », au bénéfice du capital s’entend. Demain, la « présidence des riches », le gouvernement des financiers et des rentiers, si rien ne vient s’opposer à son retour, sera de nouveau tout-puissant…

Et ce n’est là qu’une (petite) dimension de ce qui nous est promis si le parti de la revanche l’emporte. Entre ceux qui, au nom des « économies » à réaliser, appellent à étrangler la démocratie locale en trucidant notamment l’échelon départemental… Ceux qui veulent gouverner par ordonnances dès les premières semaines de la nouvelle mandature, afin de frapper de stupeur les citoyens et de les empêcher de résister… Ceux qui, se lançant à la reconquête des électeurs du Front national, préconisent la substitution du droit du sang à l’actuel droit du sol, comme fondement de l’acquisition de la nationalité… Ceux qui considèrent désormais que la Constitution, c’est-à-dire le texte sanctuarisant l’État de droit, s’avère un obstacle au déploiement des prérogatives régaliennes de la puissance publique et qui, prétextant du terrorisme, imaginent l’ouverture d’un Guantanamo à la française où l’on internerait administrativement quiconque figurerait dans le fameux fichier « s »… Ceux pour qui l’identité française se trouverait minée par la présence, sur le sol national, de quelques millions de personnes de culture ou de confession musulmanes, et qui alignent dans ce cadre les propositions d’interdictions légales (du voile à l’université, du « burkini », du salafisme etc.)… Ceux qui, entraînés par leurs comportements de voyous et n’hésitant pas à flirter avec l’ethnicisme pour mieux épouser la radicalisation d’un large pan de leur base, vont jusqu’à enjoindre une France aux origines mélangées de ne plus se reconnaître que les Gaulois pour ancêtres… Ceux qui, indifférents à la souffrance de centaines de milliers d’hommes et de femmes fuyant les guerres et les dictatures, appellent les élus locaux à refuser de les accueillir un peu partout sur le territoire, bafouant du même coup ce que le pays avait ratifié en 1948 dans la Déclaration universelle de droits… La patrie de Voltaire, de Rousseau, de Condorcet, de Hugo ou de Jaurès affronte le vent mauvais d’un néopétainisme.

Personne ne pourra, dès lors, prétendre n’avoir pas su ce qu’il adviendra si la gauche est éliminée du second tour de la présidentielle et si, par l’effet mécanique du fonctionnement des institutions, elle ne subsiste qu’à un niveau résiduel dans l’Assemblée nationale élue quelques semaines plus tard. Il n’en est que plus atterrant que chacun fasse comme si tel n’était pas l’enjeu primordial de la confrontation qui s’amorce. François Hollande, rejeté par le pays et le peuple de gauche, donc incapable de rassembler le camp progressiste et de l’emmener au succès face aux « Républicains » et au Front national, dès lors qu’il s’emploie à installer l’idée qu’il peut, a minima, représenter un moindre mal face au séisme qui se prépare. La gauche du Parti socialiste et les écologistes, empêtrés dans des divisions et des querelles incompréhensibles du plus grand nombre, lorsqu’ils privilégient la participation à des « primaires » confuses, qui leur interdit de contribuer au rassemblement des énergies disponibles autour d’une candidature unique porteuse d’une perspective d’alternative. Jean-Luc Mélenchon, engagé dans une course en solitaire l’ayant amené à tourner unilatéralement la page du Front de gauche, puisqu’il refuse tout partenariat avec d’autres composantes de la gauche, les socialistes anti-austérité entre autres, au nom de l’objectif qu’il a fait sien et qui consiste à simplement devancer, sur son seul nom, François Hollande dans les urnes.

Quelles que puissent être les raisons invoquées, ces postures ne font pas que préparer une terrible débâcle. Elles concourent, involontairement bien sûr, mais cela ne change rien à leur inconséquence, à la « trumpisation » de notre débat public. Pour me montrer plus précis, elles laissent s’opérer la victoire idéologique de ce bloc droitier qui voit maintenant converger de larges secteurs du camp adverse, autour de thématiques dont beaucoup ont été initialement portées par le parti lepéniste. Verra-t-on demain des éditorialistes hexagonaux contraints d’admettre qu’il n’y a plus personne pour s’opposer à cette poussée réactionnaire qui vise à remodeler de fond en comble notre pays ? Nous ne sommes, au fond, pas très éloignés de la situation des États-Unis, qu’un chroniqueur du Monde dépeignait, le 20 septembre, en relevant qu’il ne se trouve plus grand monde là-bas pour « contredire » un Donald Trump derrière lequel renaît l’« Alternative Right », inspirée de « l’extrême droite identitaire européenne » et du mouvement « suprématiste blanc américain raciste »…

Devant de semblables périls, il est néanmoins permis d’espérer que l’intelligence collective finira par se frayer un chemin. Une lueur d’espoir se rallumerait, sans le moindre doute, si toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par l’indispensable affirmation d’une alternative de gauche consentaient, déjà, à vérifier ensemble qu’existent les bases d’un programme à même de sortir la gauche de sa décrépitude présente et de la remettre en mouvement. Un programme ne visant pas simplement à témoigner, mais à gagner une majorité dans le pays. C’est-à-dire les quelques axes, entrant en cohérence, d’une plate-forme correspondant aux attentes d’un peuple qui fait une overdose des régressions qu’on lui a imposées...

À la différence des concurrences illisibles encouragées par des « primaires » incertaines, redeviendrait ainsi possible la convergence, à la présidentielle autant qu’aux législatives suivantes, des forces vives de notre camp. À en croire tous les sondages, celles-ci aspirent, pour la plus grande partie d’entre elles, à une politique retrouvant les fondamentaux de la gauche. Un second tour résumé au face-à-face entre une droite chauffée à blanc et une extrême droite dont les idées gangrènent insidieusement les consciences, n’est par conséquent en rien un scénario inéluctable. Il suffirait, pour faire mentir ces sombres pronostics, que se lève, très au-delà des partis, une force citoyenne bien décidée à rebattre les cartes. On me dira que je rêve, qu’il est trop tard pour conjurer le pire, que je demeure un utopiste invétéré. Je sais pourtant, d’expérience, que « là où est la volonté, il y a un chemin »...

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:31
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 13:56

2017 - Citoyennes, citoyens, faites irruption dans le débat !

► Plusieurs centaines de milliers de Françaises et Français rencontrés, plus de 50 000 questionnaires remplis, la grande consultation, initiée par le PCF est en train de créer un débat populaire à l'échelle nationale.

► Son résultat donnera une image de l'état de l'opinion et traduira les aspirations de nos compatriotes. Il sera présenté par l'Institut Viavoice et Pierre Laurent y réagira en direct, le 8 octobre à 14h, lors de - Ce que demande le peuple / L'émission - en direct sur www.pcf.fr.

Faites vous entendre ! Remplissez le questionnaire sur :

www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr

QUE DEMANDE LE PEUPLE ?

Parce qu’il y en a assez de la parole populaire ignorée, méprisée, trahie, le PCF a lancé, il y a 6 mois une Grande consultation citoyenne dans le pays. Il s'est entouré de professionnels du sondage, l'institut Viavoice. En France comme en Europe, les décisions sont prises sans vous, contre vous. Pourtant, cela fait des années que les peuples sont fatigués des politiques d'austérité.

Tout se passerait mieux si les gouvernants pensaient aux besoins populaires et à l'intérêt des nations plutôt qu'au respect du dogme libéral, écoutaient les citoyen-ne-s plutôt que les financiers. Avec ce questionnaire www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr, le Parti communiste a pris une décision : construire avec vous les solutions et l'issue. Il fait le pari de l’irruption du peuple dans le débat. Pour changer la donne.

UN DEBAT A DES MILLIERS DE VOIX

Depuis, les militants communistes, des villages aux centres villes en passant par les entreprises et la Fête de l'Huma, ont rencontré et dialogué avec des centaines de milliers de nos concitoyen-ne-s. Ces personnes sont, au fond, ceux qui font tourner les machines, fabriquent notre pain, font rouler les trains, pousser le blé, éduquent nos enfants, soignent et construisent....

Plus de 50 000 d'entre eux ont pris de leur temps pour répondre aux questions posées, quelques soient leur opinion. C'est, en quelque sorte, un grand Forum citoyen qui se tisse et se déroule dans notre pays. Y émerge des coups de gueule, des exigences populaires, des solutions face à la crise, une opinion générale. Cette enquête se poursuit jusqu'au 8 octobre. Faites, vous aussi, entendre votre voix.

Le 8 octobre : CE QUE DEMANDE LE PEUPLE

Les résultats de ce questionnaire seront présentés le 8 octobre. Si l'on en croit les premiers regards, alors même que le travail d'enquête se poursuit, le portrait dressé de notre pays ne sera pas habituel. Loin, en tout cas, des clichés des JT ou des poncifs politiciens.

Chacun aura l'occasion de découvrir ce nouveau portrait de la France, le 8 octobre à 14h, lors de - Ce que demande le peuple / L'émission - en direct sur www.pcf.fr. Les résultats de l'enquête seront restitués par l'institut de sondage, la parole sera donnée à des citoyen-ne-s qui ont répondu au questionnaire, à des grands témoins… Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, réagira, face à un journaliste, sur l'état de l'opinion, ce que cela fait bouger au Parti communiste, les nouvelles possibilités de rassemblement.

Demandez aux communistes de votre ville ou de votre quartier, où se tient l'écoute collective où vous pourrez assister à cette restitution et discuter collectivement des suites.

ET APRES…

Partout où les questionnaires auront été signés, les communistes organiseront des rencontres publiques, avec vous, pour discuter de cet état réel de l'opinion des françaises et des français, mettre en lumière les aspirations populaires, construire le rassemblement, en cette année précédant deux échéances électorales primordiales.

La droite et l’extrême-droite sont en embuscade et comptent profiter du désarroi, avec des programmes libéraux radicalisés, extrêmement dangereux pour le pays. Il faut que surgisse une autre voie, celle de la parole populaire, de ses exigences et de ses propositions. Et la rendre incontournable.

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 10:10

Bruxelles : La Commission serait-elle un nid de corruption et de fainéantise ?

GÉRARD LE PUILL

VENDREDI, 23 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITE.FR

Après les nombreuses questions suscitées par la reconversion de l’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso comme conseiller de la banque américaine Goldman Sachs, on apprend que Neelie Kroes, l’intransigeante et ultralibérale commissaire en charge de la Concurrence dans cette même Commission présidée par Barroso a cumulé illégalement cette fonction avec un poste d’administratrice d’une société offshore basée au Bahamas entre 2004 et 2009.

La Commission européenne serait-elle un nid d’ultralibéraux, paresseux et incompétents pour certains, corrompus car très liés à des intérêts très privés pour d’autres ? Il est permis de se poser beaucoup de questions à ce propos. Durant les dix années qu’il a passé à la présidence de la Commission, José Manuel Barroso avait hérité à Bruxelles du surnom suivant : « l’homme qui ne dit rien en plusieurs langues». Outre le portugais, sa langue maternelle, il parlait fort bien le français et l’anglais mais n’a jamais été capable de formuler le moindre projet pour l’Union européenne en dehors du laisser faire confié aux marchés. Cette docilité au service du monde des affaires durant dix ans à Bruxelles lui a valu d’obtenir un poste de conseiller à la banque américaine Goldman Sachs.

Goldman Sachs est la banque qui a conseillé les dirigeants grecs pour maquiller leurs comptes publics avant 2001 afin de pouvoir accéder à la zone euro en même temps l’Allemagne, la France et les autres pays du premier groupe. Ensuite, quand le niveau réel de la dette grecque a été découverte, Goldman Sachs a, avec d’autres grandes banques, tout fait pour que les taux d’intérêts spéculatifs exigés de l’Etat grec comme emprunteur sur les marchés soient les plus élevés possible. Depuis le peuple grec paie l’addition et la Commission présidée par Barroso avant Juncker n’a fait qu’accompagner ce processus. Son embauche par Goldman Sachs en 2016 est la récompense de cette complicité.

Neelie Kroes a été aux côté de Barroso de 2004 à 2014. Elle était la commissaire en charge de la Concurrence jusqu’en 2009. Mais, comme l’explique Gaël de Santis dans l’Humanité de ce vendredi, « les quotidiens néerlandais Trouw et Hed Financiee le Dagblad ont montré mercredi , grâce à des documents recueillis par le Consortium international des journalistes d’investigation que Neelie Kroes était, « du 4 juillet 2000 au 1er octobre 2009», directrice de Mont Holdings Ltd, une entreprise offshore située au Bahamas , un paradis fiscal. L’entreprise Mint Hollding Ltd avait été créée en 2000 afin de racheter des parts du géant de l’énergie état-unien Enron pour environ 6 milliards de dollars. Les financeurs de ce projet n’étaient autres que des proches de la famille royale des Emirats arabes unis », souligne Gaël de Santis dont l’article énumère aussi les coups tordus de Neelie Kroes comme Commissaire en charge de la concurrence pour déréguler et finalement affaiblir des secteurs économiques comme la production énergétique qui ont besoin de régulation pour être économiquement efficaces.

Les choses ont-elles changé à Bruxelles avec la mise en place de la Commission que préside le luxembourgeois Jean-Claude Juncker ? Notons d’abord que l’actuel président est l’ancien premier ministre d’un pays membre de l’Union européen qui demeure un paradis fiscal bien que membre fondateur d’une Europe passée de six pays membres à 28 en l’espace de 50 ans. Le choix de Juncker ne s’est pas fait sur la base d’une compétence reconnue de président « visionnaire », mais sur le plus petit dénominateur commun entre L’Allemagne, la France et quelques autres pays. Ils voulaient un libéral de conviction doublé d’un personnage falot à la tête de la Commission.

A propos de Jean-Claude Juncker, un portrait très révélateur est paru dans Libération du 14 septembre dernier sous le titre « Verre de rage». Jean Quatremer, correspondant permanent de ce journal a Bruxelles, a déjeuner avec Juncker dans le but, semble-t-il, de faire taire les rumeurs à son encontre dans certains pays membres de l’Union et au-delà. L’article commence ainsi : « bipolaire, absent, malade, alcoolique, fumeur, enfermé dans sa bulle bruxelloise, tel est le portrait que dresse de Jean-Claude Juncker, et ce depuis plusieurs mois, une partie de la presse allemande, britannique et même américaine ». Le but de la rencontre était d’atténuer cette mauvaise image et Juncker a dit à son interlocuteur la chose suivante : « C’est parce ce que j’agis que je me fais des ennemis. Les Etats n’étaient plus habitués à une Commission à l’initiative». Sauf que l’on ne voit guère les résultats de cette action, si action il y a. Ajoutons que Quatremer n’a guère la reconnaissance du ventre au terme d’un déjeuner pris en commun quand il écrit ceci : « Il est tout à fait exact que Juncker a été et est un gros buveur, comparé aux canons en vigueur en ce XXIème siècle hygiéniste. Lorsqu’il était Premier ministre du grand-duché, nous l’avons vu descendre, à l’issue d’un déjeuner, trois verres de cognac de rang après avoir bu maints verres de vin blanc luxembourgeois. Et durant notre récent déjeuner, il a avalé quatre coupes de champagne, accompagnées d’une simple salade ».

La Commission que préside Jean-Claude Juncker serait-elle devenue ingérable parce que comptant désormais trop de pays membres avec des politiques sociales très divergentes ? Il est permis de se poser la question. On sait aussi que l’élargissement de l’Union aux pays d’Europe centrale a débouché sur un compromis qui permet à chaque pays membre de nommer un seul commissaire quel que soit le nombre d’habitant dudit pays, alors qu’avant les pays les plus peuplés pouvaient nommer deux commissaires. Aujourd’hui les 446.000 habitants de l’Ile de Malte ont droit à un commissaire tout comme les 82 millions d’habitants que compte l’Allemagne. De plus, chaque pays envoie qui il veut siéger à la Commission, même si le Parlement Européen dispose de la possibilité de récuser un candidat s’il arrive à dégager une majorité pour cela.

On sait que la France a désigné Pierre Moscovici pour faire partie de la Commission que préside Jean-Claude Juncker .La rumeur dit aussi que l’Elysée et Matignon l’on recasé à Bruxelles parce que l’exécutif était mécontent de son action et surtout de son inaction comme ministre des Finances. On sait aussi que Moscovici est sorti de l’ENA en 1984 pour rejoindre un groupe « d’experts » du Parti socialiste la même année et devenir un secrétaire national deux ans plus tard. Cet homme n’a jamais été que permanent politique, député ou ministre. A Bruxelles il est officiellement Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l’Union douanière.

En théorie, Moscovici pourrait donc faire des propositions pour faire reculer le dumping fiscal tel que qu’il est pratiqué par l’Irlande, le Luxembourg et quelques autres pays. Car ce dumping fiscal s’ajoute au dumping social dans un grand nombre de pays , sans oublier la place prise par les « travailleurs détachés » dans l’accentuation de ce phénomène suite à l’adoption d’une directive datant de 1996 mais dont les conséquences ont causé d’importants dégâts sociaux et environnementaux depuis l’entrée dans l’Union européenne des pays d’Europe centrale. Ainsi, la place prise par les travailleurs détachés dans les abattoirs allemands a fragilisé l’emploi industriel et agricole dans les abattoirs et les élevages de porcs et de volailles des autres pays d’Europe de l’ouest avec des abandons de productions des fermetures de site pendant que l’on en construisait d’autres en Allemagne. Avec, au final, un bilan carbone en augmentation constante pour chaque kilo de viande produite quand il devient urgent de le réduire pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mair rien n’indique que le cerveau d’énarque de Pierre Moscovici soit aujourd’hui programmé pour déceler les ravages actuels de la théorie de « destruction créatrice » conceptualisée au siècle dernier par Joseph Schumpeter. Pourtant, dans la phase actuelle de capitalisme mondialisée, elle est beaucoup plus destructrice que créatrice du fait, justement, de la destruction permanente de capital productif qu’elle entraîne. Ajoutons que la lecture de certains articles de presse nous a appris ces derniers mois que Pierre Moscovici était le commissaire européen le plus tourné vers les week-ends prolongés qui durent trois jours en fin de semaine. Quand on voit sa fonction ce commissaire sous cet angle là, on se dit que la lutte contre le dumping fiscal et social peut attendre. Sauf que dans toute l’Europe, le monde du travail en a plus qu’assez d’attendre et de subir.

  • Commission européenne. Portraits de "pantouflés"

    Neelie Kroes Commissaire européenne à la Concurrence, puis à la Société digitale entre 2004 et 2014
    Un vrai phénomène, cette femme politique néerlandaise, engagée au VVD (droite libérale) ! Avant de prendre ses fonctions pendant deux mandats – tout comme José Manuel Barroso – à Bruxelles, Neelie Kroes est membre d’une bonne dizaine de conseils d’administration de grandes entreprises (Thales, Lucent, Volvo, etc.). Et après, non sans être durant ces années intervenue dans de nombreux secteurs industriels, c’est reparti ! Devenue officiellement l’ambassadrice – et défenderesse de leurs revendications visant à une flexibilisation toujours accrue du travail – des start-up hollandaises, elle vient, en mai 2016, de rentrer dans le « comité de conseil en politique publique » de l’entreprise numérique de VTC Uber. Elle y siège aux côtés d’un ancien secrétaire aux Transports des États-Unis, d’une princesse saoudienne, d’un ex-premier ministre péruvien et d’un président d’une autorité chargée de la concurrence en Australie. Dès 2014, sur son blog de commissaire européenne, Neelie Kroes avait dénoncé l’interdiction d’Uber par les autorités locales de Bruxelles, avec un argument pour le moins scabreux : citant un article de presse qui évoquait des dizaines de viols perpétrés par de faux chauffeurs de taxi, elle vantait la sécurité offerte par la commande via l’application Web. Dix-huit mois exactement après la fin de son mandat à Bruxelles, l’ex-commissaire à la Société digitale a également rejoint la multinationale numérique états-unienne Salesforce à laquelle elle offrira, d’après le communiqué officiel, « sa large expérience dans les secteurs public et privé ». Auparavant, et donc avec l’aval des services de la Commission, elle était devenue conseillère spéciale pour Bank of America Merrill Lynch pour des missions qui ressemblent furieusement à du pur lobbying politique…

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 08:19

Les immigrés rapportent plus qu'ils ne coûtent à l'économie française

ÉCONOMIE n audit parlementaire sur la politique d'immigration de la France le rappelle...

Tordre le coup aux idées reçues qui polluent le débat sur l’immigration. C’est l’objectif de la trentaine de parlementaires français qui ont rendu leur audit sur la politique d'immigration française mercredi. Les économistes interrogés dans ce cadre sont formels: les immigrés rapportent plus qu’ils ne coûtent à l’économie française. Décryptage à partir de quatre idées reçues.

1) La France accueille «la misère du monde» :

FAUX - Pour démonter cette idée reçue, l’économiste Mouhoub El Mouhoub s’appuie sur le taux d’expatriation, qui mesure la part des expatriés d’un pays par rapport à sa population. Et il montre que plus un pays est pauvre, plus son taux d’expatriation est bas, c’est à dire que peu de ses citoyens migrent vers l’étranger. Lle coût d’une migration est en fait si élevé que seuls les plus aisés peuvent se le permettre.

De même, à l'échelle d’un pays, ce sont les plus qualifiés qui émigrent. Et la part de migrants qualifiés est même croissante note le rapport, qui révèle par exemple que les migrants d’origine subsaharienne ont en moyenne un niveau d’instruction supérieur aux personnes vivant en France métropolitaine. Ce qui peut par contre avoir des conséquences dramatiques dans les pays d’origine, comme la fuite des cerveaux. Ainsi, plus de 80% des personnes qualifiées d'Haïti quittent leur pays d'origine.

2) Les immigrés coûtent cher parce qu’ils reçoivent plus d’aides sociales :

FAUX - Il est vrai que les immigrés ont un taux de chômage plus élevé que la moyenne. Et ceux qui travaillent ont un salaire moins élevé que celui des natifs. Les allocations chômage versées aux immigrés sont donc plus importantes que les sommes cotisées par ces derniers. Mais l’économiste Lionel Ragot rappelle les immigrés sont majoritairement des actifs, entre 25 et 50 ans. Ils sont donc très nombreux à cotiser pour la retraite, alors qu'ils sont très peu à percevoir une pension. Par ailleurs, ils font peu valoir leur droit en matière de santé alors qu'ils y cotisent également. Or les dépenses sociales pour la santé et les retraites représentent des montants bien plus importants que les prestations liées au chômage en France. Au final, «la contribution aux budgets publics des immigrés est donc positive» et s’élève à 12 milliards d’euros. Soit 2.250 euros par personne immigrée, contre 1.500 euros pour les natifs.

3) Les immigrés prennent les emplois des natifs :

FAUX – Même s’ils sont actifs pour la plupart, les immigrés ne privent pas les natifs en occupant un emploi. En effet le volume d’emploi n’est pas figé et toute arrivée de population immigrée, qui sont de nouveaux consommateurs, créé automatiquement de nouveaux emplois. Par ailleurs, les migrants sont plus nombreux à accepter des professions délaissées par les natifs. L’arrivée d'immigrés peut par contre tirer les salaires vers le bas à court terme, de l’ordre de 0,04 à 0,18% par tranche de 50.000 personnes arrivées.

4) L’immigration choisie est meilleure pour l’économie que l'immigration non sélective :

VRAI ET FAUX – A cause du vieillissement de la population, il y aura de moins en moins d’actifs par rapport aux nombre de retraités en France. A l’horizon 2050, le financement des retraites devrait coûter 3% de PIB supplémentaire par raport aux dépenses actuelles, comme l'a calculé le COR (Conseil d’orientation des retraites) avec une immigration similaire à celle d’aujourd’hui.

Lionel Ragot a calculé l’influence de différentes stratégies d’immigration sur ce ratio.Sans plus aucune immigration, il faudrait 4,3% de PIB supplémentaire par rapport à aujourd’hui pour financer la protection sociale, soit 1,3% de plus qu'en maintenant la même politique migraotire. A l’inverse, il faudrait 0,6% de PIB de moins qu’aujourd’hui si l’on choisit d'autoriser une immigration plus importante (de l’ordre de 100.000 personnes par an). Et même 1,2% de PIB en moins si ces 100.000 personnes sont «choisies» pour leur haut niveau de formation: elles cotiseraient en effet davantage grâce à leurs hauts salaires. L’immigration choisie est donc positive à court terme.

Mais, à long terme, l’immigration choisie est plus coûteuse que l’immigration non sélective. En effet, les immigrés formés «ont une espérance de vie plus élevée et vont toucher une retraite et bénéficier de prestations maladie plus importantes», précise le rapport.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 07:46

Dans une tribune publiée par Le Monde, plusieurs historiens décrivent ce qu’est historiquement le courant national-populiste en France :

« Le national-populisme conçoit l’évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation.

Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du “Français moyen” de “bon sens”, face à la trahison d’élites, fatalement corrompues.

Il fait l’apologie d’un nationalisme fermé, se met en quête d’une unité nationale mythique et est “altérophobe”. Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.).

Bien qu’il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l’union de tous après l’exclusion de l’infime couche de profiteurs traîtres à la patrie. »

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES LE SAVIEZ-VOUS
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 16:59

Entre le PS et Jean-Luc Mélenchon il existe une autre voie ; celle du rassemblement !

Dans un entretien accordé au site Regards Eric Coquerel, analysant la situation pour 2017, estime qu’entre « Jean-Luc Mélenchon et le PS il n’y a pas de troisième voie sérieuse ». Erreur d’analyse ou aveuglement volontaire ? Un peu des deux sans doute.

Depuis de nombreuses semaines, pour ne pas dire des mois, les communistes œuvrent pour faire émerger l’idée qu’une seule candidature autour d’un pacte d’engagements commun est la solution pour gagner en 2017 et mettre fin au cycle infernal du libéralisme. Pendant toute la fête de l’humanité, Pierre Laurent a réitéré cette proposition avec force auprès des personnes concernées présentes sur la fête. Seul un candidat à refuser d’en discuter, Jean-Luc Mélenchon.

Pourquoi un tel refus de sa part ? Serait-ce vraiment un échec pour lui de voir une gauche rassemblée et victorieuse incarnée par quelqu'un d’autre? Si tel est le cas, le virus de la personnalisation du pouvoir, incarnation ultime des dérives de la 5ème république, à définitivement contaminé Jean-Luc Mélenchon.

Bien qu’il (Eric Coquerel) affirme le contraire, il existe une troisième voie entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti Socialiste. Mais alors pourquoi ne fonctionne-t-elle pas ? En réalité deux verrous existent à gauche, Jean-Luc Mélenchon et François Hollande. L’un cristallisant les rancœurs, et pariant sur la division pour légitimer sa candidature. L’autre empêchant toute perspective de rassemblement par une attitude provocatrice et méprisante.

Laisserons nous se consumer l’immense espoir populaire né des mobilisations contre la loi travail sur l’autel de l’égoïsme ?

La question qui se pose est aujourd’hui la suivante : comment articuler des mesures immédiates de résistance aux politiques d’austérité, des mobilisations sociales unitaires, un rassemblement des forces politiques de gauche et progressistes disponibles et un horizon d’espérance pour le développement d’un projet alternatif à la politique menée par Manuel Valls et François Hollande ? Les efforts sont nombreux, difficiles, parfois usants ; mais l’unité est la seule réponse qui permette de répondre à cette question.

Alors que faire ? Ne pas baisser les bras, continuer à travailler au rassemblement, toujours. Discuter, expliquer, convaincre de l’utilité d’une candidature unique. Certains poussent à soutenir Jean-Luc Mélenchon, d’autres pressent à avancer l’idée d’une candidature communiste très rapidement en évoquant l’urgence de la situation … La précipitation n’est jamais bonne conseillère. Nous sommes aujourd’hui dans un paysage politique, et social, extrêmement mouvant. Personne ne peut dire avec certitude ce qu’il va se passer dans les six prochains mois. Ne tombons pas dans le piège médiatique tendu par une 5ème république aux abois, qui consume les consciences et attise les appétits individuels.

« Georges Séguy était un rassembleur infatigable » ; c’est par ces mots lourds de sens que Pierre Laurent à rendu hier un vibrant hommage à Georges Seguy, au siège de la CGT à Montreuil. Plus que jamais ces mots raisonnent dans notre actualité. Ne nous contentons pas de les répéter, faisons les vivre en actes.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES front de gauche
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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 17:02

Discours que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a prononcé aujourd'hui à l'occasion de l'hommage rendu à Georges Séguy:
"Chers amis, chers camarades,

C’est avec une grande émotion que je rends hommage aujourd’hui devant vous à la mémoire de Georges Séguy. Je veux d’abord, au nom des communistes français, adresser mes pensées les plus fraternelles à sa famille, à ses enfants, et à ses petits-enfants. Nous partageons votre peine ainsi que celle que ressentent tous ses camarades de lutte ici réunis pour saluer sa mémoire, celle d'une grande figure du mouvement ouvrier. J’adresse mon salut à tous les syndicalistes qui viennent de perdre un frère de combat, et en leur nom à Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT qui nous accueille ici.

L’hommage qui nous rassemble, dans cette agora du siège confédéral de la CGT, est exceptionnel et singulier, mais finalement aussi naturel que le fut l’engagement de Georges tout au long de sa vie. Un engagement dans lequel militantisme politique et syndical ne se confondaient pas mais formaient un tout, solidement ancré dans un seul et même désir de justice.

La dernière fois que j’ai croisé Georges, c’était au congrès de la CGT pour le départ de Bernard Thibault. Il était déjà affaibli, mais la poignée de main qu’il m’avait tendu s’était aussitôt éclairé de ses yeux rieurs. J’ai eu la chance de souvent croiser Georges dans ma jeunesse et je retrouvais là son humanité profonde, intacte.

Georges était un rire, un accent, un éclat de vie. Il était un homme bon, bienveillant et chaleureux. Il cultivait la joie de ceux qui ayant connu les ténèbres chérissent la lumière. Il aimait la vie, ses joies du quotidien comme ses grands desseins. Il était un homme simple, un homme du peuple, un ouvrier, qui sait que le bonheur est une émancipation collective.

Je garde de mes rencontres avec Georges le souvenir de moments conviviaux, de repas toujours partagés avec bonheur aux côtés de sa femme Cécile, où les discussions politiques sérieuses étaient immanquablement pimentées de traits d'humour et de camaraderie. Encore adolescent, j'ai souvenir de parties de pêche où la rigolade se mêlait aux silences qu'impose l'espoir d'une belle prise. Georges était un communiste du présent, qui vivait sans attendre la fraternité et la chaleur humaine. Au fond comme l’a écrit le grand poète turc Nazim Hikmet, il était communiste des pieds à la tête, pleinement communiste.

L’humanité pour tous, il en a fait le combat d’une vie. Il fut, chacun le sait, très tôt et durant presque trois décennies, un éminent responsable de notre parti. Membre du bureau fédéral de la Haute-Garonne dès 1946, il entra en 1954 à l'âge de 27 ans au Comité central puis au Bureau politique en mai 1964. Mais il en fut surtout un militant qu’il resta toute sa vie, y compris ces dernières années et ces derniers mois dans le Loiret, cultivant un attachement affectif à notre parti, lui qui dès son retour des camps du concentration, affaibli et ne pesant plus que 38 kilos, proposa le jour même, ses services au Parti Communiste Français.

Dans ses mémoires, il écrit « Si au fil de ma vie, j'ai pu, de simple ouvrier que j'étais, issu d'une famille modeste, accéder à des connaissances telles qu'elles m'ont permis de jouer un rôle responsable au sein du mouvement ouvrier, si j'ai pu élever mes connaissances dans divers domaines économique, politique et culturel, c'est de toute évidence à mon parti que je le dois. C'est sans doute grâce à lui que j'ai pu échapper à l'enfer des camps de concentration. ». La fraternité et la solidarité des camarades, il l'avait éprouvé à Mauthausen, quand, à bout de force, il avait réussi à survivre grâce aux sucres volés par ses compagnons de camp, eux-même affamés, qui n'avaient pourtant jamais pris un morceau pour eux. Georges Séguy vivait le communisme dans sa chair, comme un idéal de société bien sûr mais aussi comme un rapport concret au temps présent, comme une matrice de compréhension du monde.

Souvent pris à parti par ses opposants pour son double engagement syndical et politique, il y répondait sans complexe de la façon la plus naturelle qui soit. Lui, le dirigeant communiste de premier plan défendit avec ferveur l'indépendance syndicale, et aimait à répéter, je cite, qu’il « ne considérait pas que pour être un bon militant syndical il faille forcément être militant du Parti communiste ». Mais chez lui, indépendance syndicale ne signifiait pas prise de distance avec la politique. Il ne confondait pas ses engagements politique et syndical, mais ne les dissociait pas non plus. Pour lui, l’indépendance était en quelque sorte la garantie de protéger l’autonomie en toutes circonstances du mouvement ouvrier pour la défense des droits des travailleurs.

S'il défendait l'indépendance syndicale, il pourfendait donc l'apolitisme, et plaidait pour la politisation du monde ouvrier et de l'ensemble des travailleurs. Là encore, il n’avait pas en tête le ralliement à un parti ou à une idéologie, mais d’abord l'engagement dans la vie sociale, l'évolution de l'esprit de responsabilité, et plus généralement la plus grande participation des salariés à la vie du pays.

Georges Séguy tenait en haute estime la démocratie au sens le plus profond, le pouvoir de tous, par tous et pour tous. Il était un homme du peuple qui malgré ses hautes responsabilités ne s'était jamais éloigné du terrain. Il était convaincu qu'il fallait toujours partir du revendicatif pour se prononcer sur les grandes questions politiques. Sa vision de l'engagement militant reposait sur de fortes exigences démocratiques. Pour lui, la démocratie était la clé. Il était convaincu que c'est en libérant l'initiative et le débat que nous réussirions en emporter avec nous le plus grand nombre. Il savait qu'en nous ouvrant nous ne nous perdrions pas, bien au contraire. Faisant preuve d’une grande intuition politique, comme cette nuit de mai 68 où il comprit qu’il fallait engager la CGT dans ce combat qui dès lors changea de nature pour devenir l’un des plus grands affrontements de classe du XXème siècle, il fut souvent en avance sur son époque, un novateur à qui le futur donna raison.

Me préparant à cet hommage, j ai souvent pensé à lui dans les allées de cette dernière fête de l’Humanité, où l’on questionnait un peu partout «ce que demande le peuple», et où les syndicats dans l’unité venaient débattre des alternatives sociales à opposer à la logique libérale de la loi El Khomri. Il aurait été fier, je crois, de cet engagement militant, portant fièrement, dignement les valeurs de combat à la face d’un monde qui veut nous réduire à la peur et nous diviser.

Georges Séguy était un rassembleur infatigable, conscient que l'unité de la classe ouvrière, de tous les travailleurs, lui qui très tôt prit la mesure des bouleversements du monde du travail, était indispensable à toute avancée majeure de civilisation. Il savait aussi le prix de cette unité sur le terrain politique, participant de tous les appels à l'union des forces de progrès pour proposer une alternative au pays, engagé là où il vivait dans l’aventure du Front de gauche. Il n’avait pas oublié l’amer goût laissé aux grévistes de mai 68 par les élections qui suivirent, faute que soient alors entendus les appels de son parti à la construction d’une réponses politique de progrès à la hauteur. A l’époque, l'anti-communisme et la peur séculaire de la classe ouvrière eurent raison de toute velléité de rassemblement ouvrant ainsi la voix au maintien aux affaires de la droite gaulliste. Ce ne fut que partie remise dans les années 70 qui suivirent; celles du programme commun, mais en 68 quelle occasion manquée, quel champ laissé aux tenants de l'ordre établi.

En son temps, Georges Séguy fut aussi confronté à la montée du repli nationaliste et du racisme lors de la guerre d'Algérie. A cette époque grandissait chez une partie des ouvriers des relents de haine et de xénophobie sur fond d'Algérie française. Il mena le combat sans relâche pour la liberté du peuple algérien. Il avait connu l'humiliation suprême dans les camps, celle d'être rabaissé, nié, insulté, sans pouvoir riposter et ne pouvait supporter le traitement dégradant qui était fait aux immigrés. Pendant les 30 années vécues dans son modeste HLM de Champigny aux côtés des masses de travailleurs portugais entassés dans des bidonvilles, il savait mieux que quiconque combien la division des travailleurs, Français et immigrés, sert toujours le patronat.

Il récusait la guerre avec la même force. Après son départ du secrétariat général de la CGT, il s'engagea pleinement dans le combat pacifique en devenant l'initiateur d’un appel de 100 personnalités pour le désarmement nucléaire en Europe. En plein regain de tension Est/Ouest, en pleine course aux armements, plusieurs centaines de milliers de personnes défilèrent à Paris grâce à cet appel qui marqua les années 80. C’est son combat que nous poursuivrons les 24 septembre dans les marches pour la paix alors que la guerre étend à nouveau un peu partout ses ravages.

Georges Séguy a toujours eu un coup d’avance. Lui qui fut le plus jeune en tout, savait mieux que quiconque l'importance d'ouvrir les voix de l'émancipation à la jeunesse de France. Il raconta d'ailleurs qu'il lança un goguenard « il faut faire confiance à la jeunesse » à ses camarades qui lui confessaient leur peur qu'il parle suite à son arrestation par la Gestapo. Et il conclut son ultime discours à la tête de la CGT lors du congrès de Lille par un vigoureux « envahissez-nous » lancé aux jeunes de notre pays. Aujourd’hui, pour faire vivre son message, c’est à notre tour de faire confiance à la jeunesse qui a envahi les mobilisations contre la loi travail.

Georges Séguy est parti au terme d'une longue et riche vie. Il fut un acteur de son temps et un artisan du futur. Nous lui devons beaucoup. Il fut de ses hommes et femmes qui portent en eux toute l'humanité et les espoirs enivrants de lendemains qui chantent. Son visage jovial et ses yeux rieurs reflétaient toute la dignité et la fierté de la classe ouvrière. Puissent son courage exemplaire et sa confiance en l'Homme nous porter toujours en avant.

C’est ce qu’il aurait voulu, j’en suis sûr. Que rien ne vienne freiner nos ardeurs pour préparer toujours et sans relâche « des jours et des saisons à la mesure de nos rêves ».

Je vous remercie."

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 20 septembre 2016.

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BRUNO FORNACIARI

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