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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 11:18

1 h ·

http://www.humanite.fr/et-maintenant-comment-reconstruire-g…

Des millions d’ouvriers, d’employés, de cadres et de techni-ciens, de chômeurs ulcérés par la politique du gouvernement ont choisi de ne pas voter pour le Front national voire, pour certains d’entre eux, de lui faire barrage au deuxième tour ; mais ils ont aussi choisi de cesser de voter à gauche et de ne pas soutenir le Front de gauche.
C’est pourtant dans ces classes sociales que résident les forces capables d’empêcher notre civilisation de basculer dans la violence, le racisme et le déchaînement des nationa-lismes. Mais pour que ces forces prennent conscience d’elles-mêmes, il faudra autre chose que des mots, des symboles et du rêve. Il faudra leur témoigner assez de respect pour leur dire la vérité : seules des luttes persévérantes pour des solu-tions précises aux problèmes posés par la crise du capita-lisme financiarisé permettront de réaliser les larges rassem-blements capables d’imposer une alternative face au chan-tage permanent des marchés financiers.
Depuis une vingtaine d’années, l’opinion a prévalu qu’être à gauche de la gauche ou se réclamer de l’antilibéralisme serait une base de rassemblement suffisante pour constituer une alternative politique. La nature exacte des mesures proposées pour s’opposer aux politiques d’austérité était considérée comme secondaire, ou plutôt, tout débat à leur sujet était esquivé de peur de créer des divisions. Les derniers événe-ments soulignent combien cette conception du rassemble-ment est inopérante.
Il faut donc un débat à gauche sur les objectifs que le mou-vement populaire devrait viser, les moyens nécessaires pour les atteindre et les pouvoirs à conquérir pour mobiliser ces moyens.
Pour le gouvernement actuel, la cause est entendue : il serait inutile de chercher à résister aux marchés financiers, et il n’y aurait donc qu’à aller au-devant de toutes leurs exigences ! Ce faisant, François Hollande renie chaque jour davantage tout ce pourquoi la gauche s’est identifiée à la liberté, au progrès et à la justice sociale. Il mène la société française à la catastrophe et la droite la plus dure au pouvoir.
Selon une autre conception, qui a pignon sur rue à la « gauche de la gauche », il suffirait de « refermer la paren-thèse libérale » et de revenir aux compromis sociaux de l’après-guerre, appuyés sur l’intervention de l’État dans l’économie, bref de revenir aux sources d’une authentique social-démocratie. Résultent de ce parti pris la croyance en la possibilité de changer la répartition des richesses par l’impôt (Piketty) sans changer la façon de produire les richesses, ou la foi dans des solutions imaginaires magiques, comme la sortie de l’euro, pour échapper au pouvoir des marchés fi-nanciers sans luttes concrètes pour changer l’orientation du crédit en Europe. Mais c’est précisément la crise de ce mode de régulation de l’économie, dans les années soixante-dix, qui a rendu irrésistibles la vague néolibérale et ses méfaits !
Être réaliste, c’est reconnaître que pour répondre à la vio-lence qui accompagne les bouleversements de notre civilisa-tion, corriger les dégâts du marché par l’action par l’État ne suffit plus. C’est aux ressorts les plus profonds du pouvoir de l’argent que nous sommes désormais condamnés à nous attaquer si nous voulons que la civilisation survive. Cela ne peut être réalisé que par la conquête par les citoyens eux-mêmes, « du local au mondial », de pouvoirs aujourd’hui confisqués par la finance ou délégués à l’État, au moyen de luttes sociales et politiques pour des objectifs à la fois con-crets, immédiats et radicaux, en ayant comme boussole la lutte contre la tyrannie des marchés financiers afin de faire baisser le coût du capital.
En effet, à la cohérence perverse de la rentabilisation du ca-pital qui conduit à l’effondrement social, écologique, poli-tique et moral, on peut opposer une autre cohérence répon-dant aux dangers mais aussi aux potentialités des révolutions qui affectent de nos jours l’environnement, les technologies, la démographie, la monnaie.
Réduire les prélèvements financiers et les prélèvements sur les ressources naturelles avec de nouveaux critères de gestion pour dégager les moyens de sécuriser l’emploi et la forma-tion. Développer de nouveaux services publics pour partager les potentialités de la révolution technologique information-nelle aujourd’hui accaparées par le capital multinational. De-puis le financement de projets industriels dans les entreprises et les territoires jusqu’à la construction avec les pays émer-gents d’un nouvel ordre monétaire international, se saisir du formidable pouvoir des banques et des banques centrales afin de financer les investissements nécessaires pour changer la façon de produire les richesses et réussir la transition éco-logique. Refonder la construction européenne jusque dans son cœur, en mettant l’euro au service de l’emploi et des ser-vices publics, à partir de luttes pour le financement de pro-jets concrets. Coopérer entre Nord et Sud, entre Orient et Occident, pour permettre l’émergence de cette nouvelle civi-lisation où l’émancipation de chacun serait la condition de l’émancipation de tous.
Il y a là bien autre chose que des recettes économiques des-tinées à meubler des programmes électoraux. Il y a une co-hérence politique dont le Parti communiste doit devenir le porteur car c’est seulement ainsi que des forces, nombreuses et diverses, pourront se rassembler en y reconnaissant leurs propres objectifs. Nous ne pouvons plus nous permettre de refouler nos idées communistes et de repousser à plus tard les confrontations de points de vue à gauche.

Et maintenant, comment reconstruire à gauche ? (3)

Denis Durand Membre du conseil national du PCF

HUMANITE.FR

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 17:43

Mépris gouvernemental pour les smicards : ça « ne peut plus continuer comme cela » (Olivier Dartigolles - PCF)

Le soir du second tour des élections régionales, le 1er secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a réclamé une inflexion de la politique gouvernementale, notamment en faveur des précaires, car, selon lui, ça "ne peut plus continuer comme cela". Peu de jour avant, la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC demandaient au gouvernement "un coup de pouce" à la hausse du SMIC permettant de dépasser l'augmentation automatique. Deux demandes faisant échos à l'appel du PCF et du Front de gauche pour une sortie des politiques d'austérité salariale et sociale et pour des dépenses nouvelles.

Le chef du gouvernement a choisi d'ignorer ces appels. Dans son allocution au soir du second tour, M. Valls a confirmé qu'il accélérerait le train des réformes libérales que son gouvernement a engagé. Il confirme ainsi qu'il n'augmentera pas le SMIC au-delà du minimum légal.
En réalité, c'est le mépris gouvernemental pour les smicards qui « ne peut plus continuer comme cela". Cette décision va à l'encontre des attentes populaires et de l'électorat de gauche autant que des besoins du pays. L'électorat de gauche s'est effectivement largement abstenu au premier tour de ces élections régionales en protestation de la politique menée par le gouvernement. Une sanction en forme de désaveu qui refuse d'entériner une politique économique et sociale inefficace, incapable de permettre à la France de reprendre le train de la croissance malgré un activisme forcené en faveur des entreprises sans la moindre contre partie pour l'emploi et les salaires.

Pourtant, chacun sait les raisons du marasme. Bien plus que d'un coût du travail élevé, l'économie française souffre d'un manque de débouchés et de financements émancipés des marchés financiers. Remplir les carnets de commandes des entreprises ne peut donc faire l'économie d'une relance de l'emploi et des salaires. Après les résultats désastreux sur le terrain de l'emploi (+ 42 000 demandeurs d'emploi de catégorie A en octobre), un coup de pouce au SMIC aurait été un signe fort.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF,
Paris, le 14 décembre 2015.

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 15:55
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 15:53
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 09:06
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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 09:54

André Chassaigne « Le caractère extrêmement grave de la situation »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ADRIEN ROUCHALEOU

LUNDI, 23 NOVEMBRE, 2015

L'HUMANITÉ

chassaigneassemblee.jpg

Photo : Joël Saget/AFP

Pour André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, l’état d’urgence ne doit pas dissimuler « d’autres urgences ».

Quelles ont été les motivations de votre vote en faveur du projet de loi ?

André Chassaigne D’abord, nous avons pris en compte le caractère extrêmement grave de la situation avec toujours en tête que ce type d’attentats extrêmement meurtriers pouvait se reproduire. Nous avons pensé que des mesures exceptionnelles étaient justifiées parce qu’il s’agissait de mettre tout en œuvre pour arrêter les meurtriers, mais aussi démanteler les réseaux. Nous avons abordé ce débat avec la volonté chevillée au corps d’offrir la meilleure des sécurités à nos concitoyens, sans mettre en péril les libertés auxquelles ils sont, et nous sommes, tant attachés. C’est l’attente forte des populations que nous représentons. Dans les contacts que les députés ont, notamment dans leur circonscription, ils font part d’une exigence très forte de tout mettre en œuvre pour que les citoyens puissent voir leur sécurité garantie.

Enfin, notre décision s’est appuyée sur le texte lui-même. Même si les choses ont été faites dans l’urgence, nous nous sommes livrés à une étude approfondie du projet de loi, qui se place dans l’État de droit. Nous avons considéré que les mesures qui étaient proposées donnaient une garantie face à la question primordiale des libertés individuelles.

Bien sûr, nous avons tout à fait conscience que, même dans un cadre légal, l’état d’urgence restreint inévitablement certaines libertés. Mais, en l’occurrence, nous avons considéré que les garde-fous étaient présents dans ce projet de loi, notamment par sa limitation dans le temps (trois mois au maximum) et des garanties juridictionnelles, avec des voies de recours devant le juge administratif.

Dans le texte que nous avons voté, les voies de recours sont supérieures à celles qui figuraient dans la loi de 1955. Le juge des référés administratifs peut se prononcer rapidement et annuler des mesures prises.

Nous avons pris connaissance bien évidemment des appréciations des associations. Elles sont dans leur rôle et font fort justement part de leurs inquiétudes, notamment sur les libertés fondamentales. Mais ces prises de position portaient davantage sur la révision constitutionnelle que sur la prorogation de l’état d’urgence. Et nous l’avons dit et redit, ce que nous avons voté sur l’état d’urgence n’anticipe en aucun cas un vote similaire sur la révision constitutionnelle.

Le texte présenté mercredi par le gouvernement a évolué en séance par le biais d’amendements, certains provenant de la droite. Cela a-t-il modifié votre état d’esprit sur le texte.

André Chassaigne Il y a d’abord eu un changement positif. Une avancée que nous avons saluée concernant le contrôle parlementaire. La commission des Lois a établi un contrôle parlementaire, nous y reviendrons. C’est vrai que nous aurions pu aller plus loin et être plus exigeants dans un débat qui n’aurait pas été conduit dans l’urgence, avec la nécessité d’un vote conforme du Sénat.

Le texte a aussi durci les conditions d’assignation à résidence par une forme d’escalade sécuritaire, le gouvernement cédant sur certains points à la droite. Nous avons exprimé et réitérons nos inquiétudes sur ces évolutions.

Quant aux risques de dérapage, ils sont dans la définition même de ceux qui doivent être assignés à résidence, ainsi que dans la multiplication des perquisitions, effectuées parfois dans la démesure et la violence. C’est pour cela que nous sommes si attachés à un contrôle strict.

Être attentif à tout ce qui touche aux libertés, c’est dans notre ADN. Apporter notre soutien à la prorogation de l’état d’urgence, ce n’est pas quelque chose que l’on fait spontanément. Ce soutien a été décidé collectivement par l’ensemble des parlementaires du Front de gauche. Il a exigé de prendre en compte l’importance des enjeux et sans aucun doute du courage politique. Si nous n’avons pas considéré que les dispositions retenues étaient des atteintes démesurées aux libertés, c’est parce qu’elles sont limitées dans le temps, circonscrites dans un périmètre précis et contrôlées par le Parlement.

Le contrôle parlementaire prévu grâce à un amendement de la commission vous semble-t-il suffisant pour écarter tous risques d’abus ?

André Chassaigne En séance, le rapporteur de la commission des Lois a précisé ce que pourrait être ce contrôle : un rapport hebdomadaire sur la mise en œuvre de l’état d’urgence devant les commissions concernées de l’Assemblée nationale et du Sénat. À nous maintenant d’avoir suffisamment d’exigence pour que le rapport hebdomadaire ne soit pas qu’un ersatz de rapport, mais soit véritablement précis. Que l’on nous présente bien toutes les actions qui ont été menées dans le cadre de l’état d’urgence et leurs motivations. Les députés du Front de gauche seront en première ligne pour exercer cette mission de contrôle.

Mais nous appelons aussi à une vigilance citoyenne pour qu’il y ait des lanceurs d’alerte. Il faut que nous puissions être saisis si des citoyens constatent des abus. Nous ne devons pas en rester aux seuls comptes rendus du ministre de l’Intérieur. Pour conclure, je tiens à rappeler, comme nous l’avons dit dans notre intervention, que l’état d’urgence n’est qu’une réponse partielle à une situation qui dépasse nos frontières. D’autres urgences existent, notamment assécher les ressources de Daech et prendre pour cela, en France comme à l’international, les mesures nécessaires. Il faut également que l’intervention en Syrie soit désormais conduite sous l’égide de l’ONU, dans le cadre d’une coalition internationale qui soit la plus large possible. Enfin, et c’est au cœur de nos combats parlementaires, la priorité est aussi d’apporter dans notre politique nationale des réponses dans le domaine de l’éducation, de l’emploi et de tout ce qui touche au vivre-ensemble

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 23:41

Par Roger Bataille

Relayé par les réseaux d’extrême droite il me semble...

"J'en ai marre d'entendre les gens (Jamel Debouze, Lambert Wilson et compagnie ) critiquer la Marseillaise à cause de cette phrase : « qu’un sang impur abreuve nos sillons »
On ne peut pas leur reprocher leur ignorance, et ça ne devrait pas être mon rôle de rappeler le sens, mais à l'Education nationale, lors des fameux cours d'éducation civique.
Avant de dire « beurk, c'est quoi ça, c'est raciste, c'est méchant » … blablabla …, il faudrait savoir ce qu’est le sang impur ainsi que les sillons.
> Alors explication de texte :
A l'époque, ce qu'on appelait le sang pur, c'était le sang des nobles qui, seuls, pouvaient prétendre au Pouvoir et à des fonctions d'officiers dans l'armée. Lors de la Révolution, et notamment de l'attaque des autrichiens, les nobles se sont enfuis et ne restaient donc que des "Sangs impurs" (Républicains), par opposition au "Sang pur" (royaliste). Au cri de la "Patrie est en danger", c'étaient des gens du peuple qui prenaient les armes pour combattre l'envahisseur et qui étaient disposés à verser leur sang pour la liberté.
C'est dans le même esprit qu'ont été composés le "Chant du départ" et plus récemment "Les africains". Et les sillons sont des tranchées creusées un peu partout dans la campagne et les champs, lors des sanglantes batailles.
> "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" signifie donc que c'est notre "Sang impur" à NOUS, le peuple, qui nourrira nos terres.
En aucun cas il ne s'agit du sang de l'ennemi. Ce serait bizarre et incohérent quand même, de chanter que le sang de l'ennemi nourrit nos terres, nos sillons.
> On peut reprocher beaucoup de choses à la Marseillaise, notamment son esprit guerrier, mais pas le "Sang impur", désolé pour les incultes. A aucun moment de l'Histoire, la France n'a désigné ses adversaires en raison d'une notion raciste liée à la pureté du sang, notamment lors des guerres coloniales inspirées par des politiciens issus des "Lumières", comme les Saint- simoniens et les Francs-Maçons : la statue de la Liberté offerte à la jeune nation américaine illustre le propos... Méfions-nous de cette approche socio-libertaire et antimilitariste simpliste qui avance sournoisement pour adapter l'Histoire à sa guise !..

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Published by bruno fornaciari - dans hommage - souvenir ACTUALITES
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 20:40

Il y a les postures et la réalité, triste parfois. Les écologistes dont certains s'opposent en paroles à la politique gouvernementale, se comportent comme les frondeurs socialistes : des paroles; "attention je vais faire un malheur" semblent-ils promettre puis pchit!! La terre redevient ronde.

Les grands donneurs de leçons que sont les écolo français (EELV) se montrent une fois de plus très docile vis à vis du pouvoir (auquel ils ont participé pendant deux ans). EELV (et sa scission de droite UDE) se montre fidèle au gouvernement, le Groupe écologiste, part 9 voix POUR et 8 ABSTENTIONS, vote en faveur du budget 2016

Pour: 9
Éric Alauzet, Brigitte Allain, Denis Baupin, Christophe Cavard (ex-EELV), François-Michel Lambert, Véronique Massonneau (ex-EELV), Paul Molac, Barbara Pompili (ex-EELV), François de Rugy (ex-EELV)
Abstention: 8
Laurence Abeille, Danielle Auroi, Michèle Bonneton, Sergio Coronado, Cécile Duflot, Noël Mamère (ex-EELV), Jean-Louis Roumégas, Eva Sas
Contre: 1
Isabelle Attard, (ex-EELV)

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 06:40

Le peuple grec s'est prononcé par référendum. plus de 61 % des électeurs ont, comme leleur demandait Alexis Tsipras, de refuser et de dire OXI aux injonctions des créantiers et de la Troi¨ka. Le gouvernement et Tsipras en sortent renforcés pour des négociations qu'ils appellent de leurs voeux avec les "co-propriétairesé de la amison commune Europe.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES grece
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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 08:13

La concentration des richesses nuit à la croissance, et c’est le FMI qui le dit

PIERRIC MARISSAL

MARDI, 16 JUIN, 2015

HUMANITE.FR

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AFP

Plus les riches s’enrichissent, plus faible est la croissance. Moins il y a de syndiqués, plus le revenu des 1% les plus riches augmente. Et la flexibilisation du travail accroît les inégalités. A contre-pied total de sa politique, des économistes du FMI publient une étude appelant à la redistribution des richesses.

Selon leur calcul, si les 20 % les plus riches augmentent leur fortune de 1 %, le PIB global lui baisse de 0,08%. "Cela semble suggérer que les bénéfices ne retombent pas" sur les plus pauvres, écrit le FMI qu’on peut croire gêné aux entournures. Car depuis 1714, et la fable des abeilles de Bernard Mandeville, tous les économistes libéraux assurent que l’enrichissement des plus riches bénéficie in fine à tous, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l'investissement profitant ainsi à l'activité économique générale et à l'emploi dans le reste de la société. C’est la « théorie du ruissellement » brandie depuis 3 siècles par tous les détracteurs de la redistribution et de la régulation économique.
A l’inverse, une hausse similaire des revenus des 20% les plus pauvres doperait la croissance de près de 0,4 point explique ainsi l’étude.

Une charge contre les inégalités

Ces chercheurs du FMI ne s’arrêtent pas à ces formules mathématiques. "Des règles plus souples d'embauche et de licenciement, des salaires minimums plus bas (...) et des syndicats moins puissants sont associées à de plus grandes inégalités", explique cette étude, qui prend ainsi à contre-pied total la politique du FMI, en particulier ses positions dans le cadre de la Grèce…

C'est le FMI qui le dit : la diminution du taux de syndicalisation est fortement corrélée à la hausse des revenus des 1 % plus riches. Casser le droit du travail augmente donc les inégalités. Mais ces économistes montrent également que l’enrichissement « croissant » des plus riches et la stagnation des bas revenus est un facteur de déclenchement des grandes crises financières. "Une période prolongée d'inégalités plus élevées dans les économies avancées a été associée à la crise financière (de 2008-2009) en renforçant l'endettement par effet de levier (...) et en permettant aux groupes de pression de pousser vers plus de dérégulation financière", explique l'étude. Ces économistes préconisent donc davantage de taxes sur le patrimoine et la propriété immobilière, un renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale, le tout pour mieux répartir les richesses.

Ce n’est pas la première fois que des économistes hétérodoxes s’expriment au FMI et réalisent des études passionnantes (exemple : Le FMI le confirme : l’austérité était une erreur de calcul). Et ce n’est pas malheureusement celle-ci qui fera bouger les lignes austéritaires de l’institution.
L’ONG Oxfam s’est toutefois saisie de l’occasion offerte par ce rapport pour relancer sa campagne contre les inégalités. « Le FMI démontre que l’enrichissement des plus riches est mauvais pour la croissance, alors que se concentré sur les plus pauvres et les classes moyennes, cela marche ! […] Les gouvernements doivent de manière urgente réorienter leur politique, pour réduire le fossé qu’il y a entre les plus riches et les autres, s’ils veulent une reprise de la croissance économique. »

L’OCDE avait également publié une étude allant dans ce sens il y a quelques mois, plaidant pour une meilleure répartition des richesses. Partant du constat que les inégalités n’avaient jamais étaient aussi fortes, ce rapport « estime que le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande, près de 9 points au Royaume-Uni, à la Finlande et à la Norvège et de 6 à 7 points aux États-Unis, à l’Italie et à la Suède »

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BRUNO FORNACIARI

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