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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 14:17
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 21:51

Indignation et colère après la condamnation de ces salariés

Goodyear -

Suite à la décision du tribunal correctionnel d’Amiens de sanctionner les salariés mobilisés contre la fermeture de leur entreprise à 9 mois de prison ferme, les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste Républicain et Citoyen font part de leur colère face à cette condamnation et expriment à nouveau avec force leur engagement en faveur de l’action collective et de la défense des salariés victimes de la répression, alors que les sanctions à l’encontre des représentants du personnel se multiplient.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC rappellent l’adoption par la majorité du Sénat de leur proposition de loi d’amnistie sur les faits commis à l’occasion de mouvements sociaux le 27 février 2013. Ils affirment vouloir continuer à défendre l’amnistie des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux, mais aussi d’activités syndicales ou revendicatives ainsi que l’amnistie des sanctions disciplinaires actuellement en instance de débat à l’Assemblée nationale.

Aussi, les sénatrices et sénateurs du groupe CRC demandent l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dans les plus brefs délais de l’examen de leur proposition de loi d’amnistie pour les militantes et militants syndicaux.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 16:31

L'hommage à "Charlie" jauni par Hallydays

 

10 janvier, 21:48

 

'' Etrange dimanche d'hiver''
(Parole et musique Laffitte M)
Sur la grande place je cherchais le chêne
J'y ai surtout trouvé un gland. 
Difficilement, le vieil évadé fiscal 
a quitté les bords du lac Léman
voûté sous le poids de son hernie fiscale.
De la place de la République
Virés, les sans papiers 
pour célébrer la fraternité.
Commune de Paris et Victor Hugo cité
par ces misérables qui nous livrent au Medef et banquiers.
Qu'il est étrange ce dimanche d'hiver.

 
 
Photo de LM Laffitte.
 
 
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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:13
Jean-Baptiste Delgenes a partagé la photo de Pcf Thionvilledans le groupe PCF / FDG.
5 min
 
 
 
Photo de Pcf Thionville.
Pcf Thionville
9 min

Comme illustration de notre lettre, un article dans le journal d'hier.

NDLR : Non, ce n'est pas une nouvelle adhérente du PCF qui est en photo : impossible... c...

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 14:08
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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 15:00

le 6 janvier 2016

Bonjour Monsieur le journaliste Fréderic Michel

J’ai adressé à la NR à Thouars et à Niort en fin d’année dernière, le 31décembre, copie d’une lettre ouverte à Jean Grellier député PS de notre circonscription pour lui faire part de ma position sur le projet de constitutionnaliser la déchéance de nationalité et l’état d’urgence. Je vous sais à la NR attaché à la pluralité d’opinion. A ce jour cette lettre ouverte n’a pas retenu votre attention en vue d’une publication et je le regrette. Vous le savez, nombre d’interrogations se font jour, y compris parmi les élus et militants socialistes. Il est de notre « curiosité » citoyenne de savoir quel sera la position et le vote du député que nous avons contribué à élire face au candidat de droite à Thouars. A ce jour Jean Grellier se réserve sur sa position. Une sorte de ni-ni en attendant les débat au sein des députés socialistes. Je vous demande de reconsidérer la possibilité d’une publication au sein de vos colonnes, mon interpellation citoyenne de notre député, afin de faire savoir à vos lecteurs, qu’à Thouars aussi il y débat sur cette question, comme sur d’autres.

En vous assurant de notre attachement à la démocratie, au pluralisme de l’information et à la déontologie qui en constitue l’un des fondements,

je vous prie de croire, Monsieur le journaliste Frédéric Michel, avec mes bons voeux pour 2016, à mes sentiments les meilleurs.

Bruno Fornaciari

Militant PCF à Thouars

je vous joins le texte ci-dessous

le 31 décembre 2015

Monsieur le député Jean Grellier,

Après les présidentielles de 2012, j’ai voté pour vous et appelé à le faire pour deuxième tour des législatives contre la droite et pour assurer une majorité de gauche, ce qui a permis votre élection. Depuis, je ne vous cache pas la déception que m’a causée vos votes à l'Assemblée Nationale. De l’ANI pour laquelle je vous avais demandé de ne pas voter, à l'approbation du CICE, je m’interroge aujourd’hui sur le vote que vous allez, en mon nom aussi donc, émettre sur le projet constitutionnel de prolongation de l’état d’urgence, associé à celui de la déchéance de nationalité. De nombreuses voix à gauche, alertent sur l’iniquité et les dangers que recèle ce projet qui divise les français et désigne des bouc-émissaires. Beaucoup a été dit sur son inefficacité et son caractère discriminatoire. L’ensemble des députés et sénateurs communistes et du Front de gauche ont manifesté leur hostilité dès la première heure. Ils ont été rejoins par ceux de EELV, puis de la gauche socialiste (frondeurs) puis maintenant par un nombre de plus en plus grand de députés et de militants socialistes qui manifestent ainsi leur trouble devant un projet que s'apprêtent à soutenir la droite, et l’extrême-droite qui en revendiquent l’inspiration.
Monsieur le Député, vous savez mon attachement à la liberté, l’égalité et la fraternité, maintes fois manifesté dans les actions militantes et publiques de mon organisation le PCF à Thouars. Je vous demande de ne pas vous compromettre dans une attitude infâme dont les cicatrices seront indélébiles. Il est encore temps de prendre la seule décision politique honorable qui convienne, le refus du projet constitutionnel proposé.
J’espère ne pas avoir à constater que j’aie été floué et trahis par un député dit de gauche et socialiste. Ce serait pour moi irrémédiable pour la suite.
En espérant un sursaut citoyen,
Veuillez croire, Monsieur député, avec mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2016 qui s’approche, à mes salutations communistes.

Bruno Fornaciari

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES thouars PCF THOUARSAIS
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 03:50

ÉTRANGES ÉTRANGERS, Jacques Prévert

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
Hommes de pays loin
Cobayes des colonies
Doux petits musiciens
Soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
Au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
Embauchés débauchés
Manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
Rescapés de Franco
Et déportés de France et de Navarre
Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
La liberté des autres.

Esclaves noirs de Fréjus
Tiraillés et parqués
Au bord d’une petite mer
Où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
Qui évoquez chaque soir
Dans les locaux disciplinaires
Avec une vieille boîte à cigares
Et quelques bouts de fil de fer
Tous les échos de vos villages
Tous les oiseaux de vos forêts
Et ne venez dans la capitale
Que pour fêter au pas cadencé
La prise de la Bastille le quatorze juillet.

Enfants du Sénégal
Départriés expatriés et naturalisés.
Enfants indochinois
Jongleurs aux innocents couteaux
Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
De jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
Qui dormez aujourd’hui de retour au pays
Le visage dans la terre
Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.
On vous a renvoyé
La monnaie de vos papiers dorés
On vous a retourné
Vos petits couteaux dans le dos.

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville
Vous êtes de sa vie
Même si mal en vivez
Même si vous en mourez.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 17:48

Deux-Sèvres - La Nouvelle République

La déchéance de nationalité fait s'étrangler au PS

29/12/2015 05:46

Delphine Batho. « Je ne veux pas participer à la confusion ambiante. »

Geneviève Gaillard annonce qu’elle ne votera pas la réforme. Jean Grellier se montre critique. Chez les députés, seule Delphine Batho reste sur la réserve.

Sa décision est irrévocable : la députée socialiste Geneviève Gaillard refusera de voter le projet de réforme constitutionnelle si y figure la déchéance de nationalité. « Cette mesure me choque, elle me heurte, ma conscience en prend un coup », a réagi hier matin l'élue qui n'attendra pas le débat au sein du groupe PS à l'Assemblée pour déterminer son vote : « Autant sur certains textes, j'ai préféré attendre le débat, autant sur ce sujet je suis sans état d'âme : le débat n'apportera rien de plus. »

" Je n'oublie pas que j'ai été le maire de Cerizay "

Jean Grellier, député PS du nord du département, ne va pas aussi loin : « J'attends de voir comment le texte sera rédigé et je me prononcerai à l'issue du débat au sein du groupe PS puis en hémicycle ». Mais sur le fond, il est tout aussi peu convaincu du bien-fondé de la mesure. Geneviève Gaillard, tout comme lui, l'estiment inefficace et criticable pour le symbole. « Je n'oublie pas que j'ai été maire de Cerizay où 20 % de la population avait la double nationalité », rappelle Jean Grellier qui par ailleurs, considère « qu'il y a des mesures moins médiatiques mais plus efficaces à prendre pour éviter la radicalisation, notamment sur la politique de la ville : travailler avec les familles, les enseignants, les associations. »
« On nous reproche de nous battre pour des choses uniquement symboliques, conteste Geneviève Gaillard, mais cette mesure elle-même n'est que symbolique, elle n'a pas d'utilité pratique. » La députée dit craindre l'engrenage : « On commence comme ça, par voter des choses petit bout par petit bout, et on ne sait pas comment ça finit. »

nr.niort@nrco.fr

à chaud

Delphine Batho attend pour se prononcer

Julien Dray, qui fut il y a bien longtemps son mentor en politique, a confié ce week-end au JDD « ne pas comprendre la décision du Président ». Pour sa part, la députée socialiste Delphine Batho réserve sa position : « Je ne veux pas participer à la confusion ambiante. J'attends que le président de la République s'exprime le 31 décembre. Ensuite, je me prononcerai clairement. Ce qui compte, c'est l'efficacité de la lutte contre le terrorisme. Il faut faire attention à ne pas perdre de vue l'essentiel. »
Le 3 décembre, l'élue avait exprimé une position nuancée dans les colonnes du « Monde » : « Etre Français, c'est adhérer à des valeurs et à un pacte, et je partage l'idée selon laquelle quelqu'un qui s'engage dans le djihadisme, rompt son lien avec la Nation. » Elle s'interrogeait toutefois sur « la rupture d'égalité » entre citoyens français qu'implique la mesure, seuls les binationaux pouvant être déchus de leur nationalité.

repères

La déchéance de nationalité n'est pas une nouveauté en soi. Elle est déjà possible pour des personnes naturalisées depuis moins de 15 ans. Quoi de neuf dans le projet de réforme de la Constitution présenté mercredi dernier en conseil des ministres ? Il rend possible cette déchéance pour des personnes nées françaises, condamnées définitivement par la justice pour « crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation. »
Or, une convention internationale datant de 1961, interdit de créer des apatrides. Un terroriste qui n'a que la seule nationalité française ne pourra donc pas s'en voir privé. La déchéance ne pourra frapper que des personnes ayant deux nationalités. C'est cette inégalité de traitement qui est critiquée puisqu'elle introduit deux catégories de Français. Pour être adoptée, la réforme devra être approuvée par les 3/5e du parlement, Assemblée nationale et Sénat.

le billet

Le point de non-retour

C'est une fronde ? Non, c'est un schisme, Monsieur le Président, pourrait se voir répondre François Hollande considérant les événements depuis sa fenêtre élyséenne. Un schisme, on n'y est pas encore mais ce que n'avait pas réussi l'iconoclaste Emmanuel Macron, la réforme de la déchéance de la nationalité l'aura fait : entre les socialistes deux-sévriens – pourtant historiquement légitimistes – et le pouvoir, le point de non-retour n'est plus si éloigné qu'il devrait. Au point que le patron du parti dans le département parle de décision « désastreuse ». Manuel Valls a raillé ce week-end les positions prises au nom des « grandes valeurs ». Au PS, elles semblent encore être ce qui reste quand on a tout oublié.

la phrase

« Je considère que face à des attentats ou événements graves qui touchent la France, cette mesure est symbolique et elle a de l'importance dans le contexte actuel. »

Philippe Mouiller, sénateur des Deux-Sèvres et secrétaire départemental du parti Les Républicains, approuve clairement le principe d'élargir la déchéance de nationalité : « Je suis favorable à ce projet de déchéance de la nationalité, même s'il faut prendre le temps d'analyser les motivations et les conditions d'application. »
Interrogé sur le même sujet par la NR, le sénateur Les Républicains Jean-Marie Morisset se montre pour sa part plus prudent. « Nous sommes sollicités de toute part pour prendre position mais nous n'avons pas encore eu connaissance du texte proposé, il ne nous a pas été communiqué. » L'élu attend la rentrée sénatoriale de janvier, et plus précisément la réunion du groupe LR le 12 janvier, pour décider de sa position.

Yves Revert

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J'ai adressé cette lettre aussi à la NR, qui n'a pas jugé utile, à ce jour, d'informer ses lecteurs de la démarche d'un militant communiste auprès du député de la circonscription de Thouars, sur une question en débat. L'opinion des communistes serait-elle superflue pour la NR ?

31 décembre 2015

LETTRE (E-MAIL) ADRESSÉ À JEAN GRELLIER DÉPUTÉ PS DE THOUARS SUR LA DÉCHÉANCE DE NATIONALITÉ

Monsieur le député Jean Grellier,

Après les présidentielles de 2012, j’ai voté pour vous et appelé à le faire pour deuxième tour des législatives contre la droite et pour assurer une majorité de gauche, ce qui a permis votre élection. Depuis, je ne vous cache pas la déception que m’a causée vos votes à l'Assemblée Nationale. De l’ANI pour laquelle je vous avais demandé de ne pas voter, à l'approbation du CICE, je m’interroge aujourd’hui sur le vote que vous allez, en mon nom aussi donc, émettre sur le projet constitutionnel de prolongation de l’état d’urgence, associé à celui de la déchéance de nationalité. De nombreuses voix à gauche, alertent sur l’iniquité et les dangers que recèle ce projet qui divise les français et désigne des bouc-émissaires. Beaucoup a été dit sur son inefficacité et son caractère discriminatoire. L’ensemble des députés et sénateurs communistes et du Front de gauche ont manifesté leur hostilité dès la première heure. Ils ont été rejoins par ceux de EELV, puis de la gauche socialiste (frondeurs) puis maintenant par un nombre de plus en plus grand de députés et de militants socialistes qui manifestent ainsi leur trouble devant un projet que s'apprêtent à soutenir la droite, et l’extrême-droite qui en revendiquent l’inspiration.
Monsieur le Député, vous savez mon attachement à la liberté, l’égalité et la fraternité, maintes fois manifesté dans les actions militantes et publiques de mon organisation le PCF à Thouars. Je vous demande de ne pas vous compromettre dans une attitude infâme dont les cicatrices seront indélébiles. Il est encore temps de prendre la seule décision politique honorable qui convienne, le refus du projet constitutionnel proposé.
J’espère ne pas avoir à constater que j’aie été floué et trahis par un député dit de gauche et socialiste. Ce serait pour moi irrémédiable pour la suite.
En espérant un sursaut citoyen,
Veuillez croire, Monsieur député, avec mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2016 qui s’approche, à mes salutations communistes.

Bruno Fornaciari

PCF THOUARS

  • Jean Grellier (Deux-Sèvres) ...Il ne donne pas encore sa voix, mais ne la retire pas non plus. "Je m'interroge sur l'utilité de cette mesure, qui existe déjà" confie-t-il. "Il vaut mieux renforcer le renseignement et la politique préventive dans les quartiers contre la radicalisation" selon Jean Grellier, qui attend les débats au sein du groupe PS pour décider de son vote.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 00:15
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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 11:18

1 h ·

http://www.humanite.fr/et-maintenant-comment-reconstruire-g…

Des millions d’ouvriers, d’employés, de cadres et de techni-ciens, de chômeurs ulcérés par la politique du gouvernement ont choisi de ne pas voter pour le Front national voire, pour certains d’entre eux, de lui faire barrage au deuxième tour ; mais ils ont aussi choisi de cesser de voter à gauche et de ne pas soutenir le Front de gauche.
C’est pourtant dans ces classes sociales que résident les forces capables d’empêcher notre civilisation de basculer dans la violence, le racisme et le déchaînement des nationa-lismes. Mais pour que ces forces prennent conscience d’elles-mêmes, il faudra autre chose que des mots, des symboles et du rêve. Il faudra leur témoigner assez de respect pour leur dire la vérité : seules des luttes persévérantes pour des solu-tions précises aux problèmes posés par la crise du capita-lisme financiarisé permettront de réaliser les larges rassem-blements capables d’imposer une alternative face au chan-tage permanent des marchés financiers.
Depuis une vingtaine d’années, l’opinion a prévalu qu’être à gauche de la gauche ou se réclamer de l’antilibéralisme serait une base de rassemblement suffisante pour constituer une alternative politique. La nature exacte des mesures proposées pour s’opposer aux politiques d’austérité était considérée comme secondaire, ou plutôt, tout débat à leur sujet était esquivé de peur de créer des divisions. Les derniers événe-ments soulignent combien cette conception du rassemble-ment est inopérante.
Il faut donc un débat à gauche sur les objectifs que le mou-vement populaire devrait viser, les moyens nécessaires pour les atteindre et les pouvoirs à conquérir pour mobiliser ces moyens.
Pour le gouvernement actuel, la cause est entendue : il serait inutile de chercher à résister aux marchés financiers, et il n’y aurait donc qu’à aller au-devant de toutes leurs exigences ! Ce faisant, François Hollande renie chaque jour davantage tout ce pourquoi la gauche s’est identifiée à la liberté, au progrès et à la justice sociale. Il mène la société française à la catastrophe et la droite la plus dure au pouvoir.
Selon une autre conception, qui a pignon sur rue à la « gauche de la gauche », il suffirait de « refermer la paren-thèse libérale » et de revenir aux compromis sociaux de l’après-guerre, appuyés sur l’intervention de l’État dans l’économie, bref de revenir aux sources d’une authentique social-démocratie. Résultent de ce parti pris la croyance en la possibilité de changer la répartition des richesses par l’impôt (Piketty) sans changer la façon de produire les richesses, ou la foi dans des solutions imaginaires magiques, comme la sortie de l’euro, pour échapper au pouvoir des marchés fi-nanciers sans luttes concrètes pour changer l’orientation du crédit en Europe. Mais c’est précisément la crise de ce mode de régulation de l’économie, dans les années soixante-dix, qui a rendu irrésistibles la vague néolibérale et ses méfaits !
Être réaliste, c’est reconnaître que pour répondre à la vio-lence qui accompagne les bouleversements de notre civilisa-tion, corriger les dégâts du marché par l’action par l’État ne suffit plus. C’est aux ressorts les plus profonds du pouvoir de l’argent que nous sommes désormais condamnés à nous attaquer si nous voulons que la civilisation survive. Cela ne peut être réalisé que par la conquête par les citoyens eux-mêmes, « du local au mondial », de pouvoirs aujourd’hui confisqués par la finance ou délégués à l’État, au moyen de luttes sociales et politiques pour des objectifs à la fois con-crets, immédiats et radicaux, en ayant comme boussole la lutte contre la tyrannie des marchés financiers afin de faire baisser le coût du capital.
En effet, à la cohérence perverse de la rentabilisation du ca-pital qui conduit à l’effondrement social, écologique, poli-tique et moral, on peut opposer une autre cohérence répon-dant aux dangers mais aussi aux potentialités des révolutions qui affectent de nos jours l’environnement, les technologies, la démographie, la monnaie.
Réduire les prélèvements financiers et les prélèvements sur les ressources naturelles avec de nouveaux critères de gestion pour dégager les moyens de sécuriser l’emploi et la forma-tion. Développer de nouveaux services publics pour partager les potentialités de la révolution technologique information-nelle aujourd’hui accaparées par le capital multinational. De-puis le financement de projets industriels dans les entreprises et les territoires jusqu’à la construction avec les pays émer-gents d’un nouvel ordre monétaire international, se saisir du formidable pouvoir des banques et des banques centrales afin de financer les investissements nécessaires pour changer la façon de produire les richesses et réussir la transition éco-logique. Refonder la construction européenne jusque dans son cœur, en mettant l’euro au service de l’emploi et des ser-vices publics, à partir de luttes pour le financement de pro-jets concrets. Coopérer entre Nord et Sud, entre Orient et Occident, pour permettre l’émergence de cette nouvelle civi-lisation où l’émancipation de chacun serait la condition de l’émancipation de tous.
Il y a là bien autre chose que des recettes économiques des-tinées à meubler des programmes électoraux. Il y a une co-hérence politique dont le Parti communiste doit devenir le porteur car c’est seulement ainsi que des forces, nombreuses et diverses, pourront se rassembler en y reconnaissant leurs propres objectifs. Nous ne pouvons plus nous permettre de refouler nos idées communistes et de repousser à plus tard les confrontations de points de vue à gauche.

Et maintenant, comment reconstruire à gauche ? (3)

Denis Durand Membre du conseil national du PCF

HUMANITE.FR

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BRUNO FORNACIARI

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