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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 12:06

Salaire des patrons du CAC 40, de quelle baisse, on nous parle ?

Ils ont tout de même touché en moyenne 2,25 millions d’euros

Sarah Sudre

Lundi, 5 Mai, 2014

Les grands patrons français ont moins gagné en 2013, la crise ayant affectée la part variable de leurs rémunérations. Même si le rapport annuel des Echos note un recul de 2,1 % des revenus des dirigeants du CAC 40 de 2013/2012, en comparaison à ceux de 2012/2011, chacun a tout de même, touché en moyenne 2,25 millions d’euros. Quant au secteur financier, le salaire des PDG s'envole. Alors de quelle baisse, nous parle t-on ?

Pour la troisième année consécutive, les salaires des dirigeants des groupes du CAC 40 ont encore diminué, d’après un rapport annuel effectué par Les Echos, publié hier. Un recul de 2,1% en 2013 comparé à la variation 2012/2011, s’expliquant par la baisse, dûe à la crise, voir le retrait pour certains, de la part variable des rémunérations annuelles des PDG, comprenant les bonus, primes, performances... C'est le cas de Pierre Pringuet, patron de Pernod Ricard, qui a touché, en 2013, 860 000 euros de part variable contre 1,6 millions en 2012. Autre exemple:le PDG du groupe Danone, Franck Riboud, a vu sa rémunération variable annuelle passer de 1,3 millions à 893 000 euros, entraînant la baisse totale de ses revenus de 22,59% en comparaison à 2012/2011. Quant à Martin Bouygues, cela fait deux ans qu'il renonce totalement à la part variable de ses émoluments pour faire face aux difficultés de l'entreprise mais aussi à la dépréciation de sa participation dans Alstom.

Pour autant, leur situation n'est pas à plaindre. Pour la période 2013/2012, les patrons du CAC 40 ont touché, en moyenne, 2,25 millions d’euros, soit un total des salaires, estimé à 90 millions d’euros. Quant à Maurice Levy, PDG de Publicis, même si son salaire a chuté de 6% en 2013, il arrive en tête du classement des patrons du CAC 40 les mieux payés, avec un sac d’or annuel, entièrement rempli de rémunérations variables, de 4,5 millions d’euros ; loin devant le président de l’Oréal, Jean-Paul Agon et ses 3,9 millions d’euros. Pour compléter le podium, Georges Plassat avec 3,7 millions d’euros. À la tête de Carrefour, le « petit nouveau » a fait un bon de géant dans le classement, avec une hausse de salaire de 39,97% comparée à 2012. L’explication ? Arrivé en avril 2012, il avait perçu un salaire annuel 2012/2011 de neuf mois seulement, contrairement à 2013.

Le salaire du PDG d'EDF, réellement revu à la baisse
La baisse des salaires du top 10 des patrons du CAC 40 les mieux payés reste minime. Il en est tout autre pour Henri proglio, PDG d'EDF, unique entreprise publique cotée au CAC 40, qui a vu son salaire annuel de 2013 faire une chute libre de 65,01%, comparé à 2012. « Le changement, c’est maintenant », annonçait François Hollande durant sa campagne présidentielle, notamment en montrant du doigt les rémunérations des grands patrons. Chose dite, chose faite, pour le coup, le Président validait un décret le 23 juillet 2012, plafonnant le salaire des patrons des entreprises publiques à 450 000 euros, fixe et variable compris. Ainsi s’explique l’arrivée en dernière position, dans le classement des Echos, d’Henri Proglio, président d’EDF, qui touchait jusqu'en 2012, 1,3 millions d'euros par an. Même action pour le président-directeur général de GDF-Suez qui a du renoncé à 50% de sa rémunération variable de 2013. Actionnaire partiel, l’Etat n’a joué qu’un rôle influant sur l’entreprise française, raison pour laquelle le salaire de Gérard Mestrallet s'évalue à 2 millions 215 euros. Mais la baisse de 26,17%, comparée à 2012/201, du président de GDF-SUEZ, s’explique surtout par la dépréciation massive, à hauteur de 14,9 milliards d’euros, de la valeur comptable de certains de ses actifs en Europe.

La finance, à contrario, reste gagnante
Les groupes bancaires sont actuellement dans le vert. Tout comme les rémunérations variables de leurs dirigeants, visiblement non concernées par cette baisse des salaires des patrons du CAC 40. En effet, Jean-Laurent Bonnafé de BNP Paribas a encaissé 3,39 millions d’euros pour la période 2013/2012, grâce à une hausse de salaire de 19,79%. Frédéric Oudéa, dirigeant de la Société, lui, se contente de ses 2,7 millions gagnés, reflétant une hausse de 8,48%. Quant au gros Jackpot, il est attribué à Jean-Paul Chifflet, PDG du Crédit Agricole SA, pour avoir presque doublé son salaire annuel en un an, s’étendant aujourd’hui à 1,97 millions d’euros. En faisant revenir Casa dans le vert, l’organe coté s’est envolé, remerciant son PDG avec cette rémunération variable de 137% !

Une bonne nouvelle pour les banquiers, peut-être, une mauvaise, pour le ministre de l’Economie, du redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg qui « accuse les banques de ne pas financer correctement l’économie, et fustige leurs dirigeants, dont les bonus s’envolent et les rémunérations ont progressé dans des proportions absolument indécentes », relate le journal Les Echos.

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 05:18

nationales

«Privatisation des autoroutes, 9 milliards en moins pour l’État»

Entretien avec Gérard Le Briquer, secrétaire de l’Union des transports CGT.

Latifa Madani

Dimanche, 4 Mai, 2014

La CGT, aux avant-postes contre le bradage du réseau routier depuis 2005, fait campagne pour une maîtrise publique du réseau national. Et rappelle que les revenus financiers doivent revenir à l’investissement et au développement.

HD. Pourquoi la CGT s’oppose à ce plan de relance autoroutier 2015-2020 ?

GÉRARD LE BRIQUER. Parce que ce plan est la poursuite de la privatisation du réseau. Au prétexte qu’il n’y a pas d’argent, l’État poursuit le bradage pour 3,7 milliards d’euros auprès de sociétés qui regorgent déjà d’énormes profits non réinvestis dans l’intérêt général. C’est un mauvais signal qui rapportera des rentes importantes aux grands groupes et privera l’État de recettes.

HD. Quel est le manque à gagner ? Si l’État renationalise, combien ça coûte, combien ça rapporte ?

G. L. B. Lorsque l’État était le seul actionnaire, il récupérait les dividendes pour les réinjecter dans le développement des réseaux routiers. Aujourd’hui, on sait qu’à chaque fois qu’une société privée procède à un investissement, elle l’amortit rapidement grâce au péage et ensuite elle fait du profit net. Le manque à gagner est réel. Il est évalué annuellement à 1 milliard. Auquel il faut ajouter les 800 millions de l’écotaxe qui auraient dû entrer. Par les temps qui courent, l’État se prive de près de 2 milliards, c’est loin d’être négligeable. C’est pour cette raison qu’il faut exiger un retour des sociétés d’autoroutes dans le giron de l’État qui sera bénéfique aux finances publiques et aux usagers.

HD. Vous avez observé une dégradation de l’état du réseau alors que les cahiers des charges qui lient l’État aux sociétés concessionnaires imposent des investissements pour l’entretien et la sécurité.

G. L. B. Les retards sont importants. La norme est que 15 % environ des chaussées doivent être renouvelées chaque année. Ce taux est tombé à 8,8 % en 2009 et à 4 % en 2012 ! C’est dire si l’état de certaines chaussées et de certains ouvrages d’art nécessite une mise à niveau. Selon le rapport Mobilité 21 du sénateur Philippe Duron, il faudrait un budget de 160 millions d’euros par an pendant 8 ans. Or, il est actuellement de 110 millions. À la CGT, nous disons qu’il est urgent de réengager des crédits pour rattraper les retards. Car ils ont des incidences sur la sécurité routière et sur l’emploi.

HD. Quelles incidences sur l’emploi ?

G. L. B. Depuis 2005, il y a eu une perte de 25 % de l’emploi salarié chez les sociétés concessionnaires. La privatisation s’accompagne toujours de suppressions de postes et de dégradation des conditions de travail. Et avec ce plan de relance, il y aura une nouvelle vague de transferts d’agents avec changement de statut, et des incertitudes sur les droits et les conditions de travail.

HD. Quelles conséquences pour l’usager ?

G. L. B. On pouvait penser qu’une fois la concession amortie par les sociétés, on roulerait gratuitement ou on aurait une contrepartie en entretien et en sécurité. Au contraire, l’état des routes se dégrade et les péages augmentent. Il faut savoir que les routes concernées par le plan de relance sont déjà payées par les contribuables et continueront d’être payées par l’usager via les péages pendant les années de concession.

HD. Pourtant l’État a pour mission d’encadrer les tarifs ?

G. L. B. En effet, au moment de la négociation des cahiers des charges. Mais l’État aujourd’hui ne fait plus le poids par rapport à ces mastodontes que sont les sociétés d’autoroutes et les majors du BTP auxquelles elles sont adossées. Le cadre réglementaire est faible. L’État n’a plus les outils suffisants pour peser, ne serait-ce que pour faire l’analyse financière de ce que les sociétés ont acquis avec la hausse des tarifs et ce qu’elles auraient dû consentir en matière d’investissements. Quant au Comité national des usagers, il n’est que consultatif. Or, l’usager doit s’approprier la question au moment où la règle du choix et de la liberté pour la gratuité n’est plus prise en compte. L’usager avait le choix de l’itinéraire. Aujourd’hui, c’est plus difficile. La sécurité maximale est davantage sur les 2x2 voies. On voit mal comment, même si ça lui coûte cher, pour aller travailler notamment, il consentirait à reprendre des routes d’un moindre niveau de sécurité et souvent saturées. C’est la double peine pour l’usager. C’est pour cela que l’intervention citoyenne est primordiale.

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 22:29

Le cri de colère de militants PS contre l’austérité

François Aurel

Lundi, 28 Avril, 2014

Face au Pacte de responsabilité que Hollande et Valls veulent imposer près de 3.000 responsables, élus, militants ou sympathisants socialistes ont signé un appel, « Socialistes contre l’austérité ».

La pétition (www.socialistes-contre-austerite.fr/) se veut un soutien à la centaine de députés socialistes qui avaient souhaité une autre politique et que Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis menacent de représailles s’ils ne votent pas, mardi à l’Assemblée, le texte présenté par le Premier ministre. « Nous voulons la réussite de la gauche au pouvoir, condition de la réussite sociale », affirment les près de 3.000 signataires, mais « elle ne réussira que si elle démontre qu’elle met en place une autre politique que celle de la droite » ajoutent-ils en dénonçant « le caractère néfaste socialement et inefficace économiquement des politiques d’austérité ».

QUI A SIGNE ? Les ténors du Parti socialiste ne sont pas dans la liste, en dehors de l’ancien ministre Jean Gatel et d’une poignée de membres du Bureau national. Mais on relève les noms de ce qui fait le squelette militant de ce parti. Des secrétaires fédéraux de départements emblématiques ont ratifié ce texte : l’Ariège, le Nord, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, la Saône-et-Loire, le Gard, l’Essonne, le Calvados, la Haute-Garonne, les Bouches-du-Rhône, le Doubs, la Charente-Maritime… Plus significatif encore, le nombre de secrétaires de section. On y trouve aussi bien les animateurs de grandes sections urbaines comme Créteil, Blois, Agen, Dax, Valence, Lille, Paris 1er, Trappes, Metz… que des organisations , plus rurales ou rurbaines comme Villeneuve-de-Bec, Cadenet-Mérindol, Gélos, Saint-Cernin, Salies-de-Béarn, Saint-Christol-les-Alès, Blainville-sur-Orne…

De très nombreux élus ont ratifié la pétition : des conseillers régionaux d’Aquitaine, de Champagne-Ardennes, de Basse-Normandie, des Pays-de-Loire ou d’Ile-de-France ; des conseillers généraux de la Somme, du Jura, du Calvados, de Haute-Marne, des Pyrénées-Atlantiques, ou encore du Nord ; la liste des maires et adjoints-au-maire est considérable et on notera pour sourire celle du maire de La Tronche (Corrèze) qui doit faire faire la grimace à l’ancien président du Conseil général.

CE QU’ILS DISENT : Des commentaires, souvent très sévères, accompagnent parfois les noms et qualités des signataires. Ainsi un ingénieur à la retraite écrit : « Ce n’est pas une inflexion de politique, c’est une trahison ». « En colère et atterré », se définit un autre Florence, « électrice de 2012 », juge son « vote trahi par François Hollande » tandis que Marianne « refuse l’action droitisante de ce gouvernement ». Géraldine, conseillère municipale de Noisy-le-Roi (Yvelines) avertit : « Inutile de draguer les gens de droite, il n’y aura jamais assez de libéralisme pour eux !. Par contre le PS est train de perdre le peuple de gauche… »

Bernard, un conseiller municipal, se dit « très déçu par la trop timide loi de séparation et de régulation des activités bancaires. Lamentable capitulation sans condition ! ». Dominique s’affirme « mécontent d’être déçu » tandis qu’Eric répète : « Déçu, déçu, déçu ». « A ce point, je n’y croyais pas », avoue François, un Dijonnais. Hervé s’explique : « je n’ai pas voté Hollande et pour les députés socialistes pour appliquer la politique du président précédent. Il existe d’autres voies plus équitables pour redresser les finances publiques ». Un autre résume : « Virons les énarques ».

Colette de Seyssein, l’affirme : « Je ne peux plus cautionner cette politique, je ne veux pas me parjurer. Je suis de gauche ! » Hélène jette l’éponge : « Conseillère municipale, je quitte le PS. Je n’avais pas voté Sarkozy mais Hollande ; j’avais voté pour une politique plus juste. Marre de ces politiques qui ne tiennent pas leurs promesses. Je suis de gauche ! » Nombreux sont ceux qui le réaffirment comme Martine, « de gauche vraiment ! » Un militant des Landes ouvre une piste : « Attends l’éclosion du nouveau Front populaire ».

- See more at: http://humanite.fr/le-cri-de-colere-de-militants-ps-contre-lausterite-523295#sthash.FlY2oycL.KojbvEfl.dpuf

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 22:15

Alstom : l'indépendance industrielle plutôt que le choix entre la peste et le choléra

Face au projet de démembrement d'Alstom au profit de l'américain Général Electric, le gouvernement tente une opération avec l'allemand Siemens. Cet emballement ne doit pas se conclure par un choix entre la peste et le choléra. Pour l'intérêt de la France et des salariés du groupe, il faut refuser de laisser partir un fleuron industriel stratégique hors du territoire national.

Le gouvernement français n'a pas à accepter que l'issue des enjeux industriels et stratégiques autour d'Alstom se résument à arbitrer entre deux OPA. L'Airbus industriel énergétique européen évoqué ces dernières heures pour contrer Général Electric, aura comme conclusion un Siemens de l'énergie, déconnecté de la branche transport qui n'y résistera pas. Il s'agit donc d'un marché de dupes.

Il existe une alternative : la constitution d’un grand pôle public de l’énergie et des transports, seule garantie de l'indépendance industrielle de la France. La question de la nationalisation d'Alstom est posée. Elle est possible : de grands clients du groupe comme EDF, la SNCF, la RATP, AREVA, pourraient souscrire au capital d’Alstom dans le cadre de nouvelles conventions de coopérations stratégiques, industrielles et financières favorables à l’emploi et à l’efficacité sociale.

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 22:13

Vendredi 25 avril 2014

La reconstruction de la gauche pour de vrai , c'est maintenant ! Avec Jacky Hénin

On entend de plus en plus d'élus et de militants socialistes s'insurger contre la politique du gouvernement. Nous leur disons qu'ils ont raison car il n'y a pas de majorité populaire de gauche pour soutenir les choix politiques actuels de François Hollande. Nombre d'entre eux, à juste titre, ne veulent plus de cette politique menée en leur nom et en réalité dictée par Bruxelles, les marchés financiers et le Medef.

Ce que les communistes peuvent leur dire, c'est qu'ils ne sauveront pas leurs poulains nommés Hollande et Valls tant qu'ils s'accrocheront à cette politique destructrice. Car c'est elle qui nourrit la crise dans laquelle nous sommes aujourd'hui et pas ceux qui s'y opposent !

La question, comme Pierre Laurent le dit, n'est donc pas de sauver le Président, elle est de sauver la gauche avant que la droite et l'extrême droite ne raflent tout.

Il faut urgemment reconstruire un politique qui permette à la Francede combattre le chômage. Pour cela, il faut travailler à des solutions de gauche à la crise sociale, économique et politique ; et nous ne pouvons le faire qu'en tournant le dos aux chois actuels.

La responsabilité des communistes est donc de créer toutes les conditions pour qu'à travers le Front de Gauche, on puisse créer avec tous ceux qui le veulent, les conditions du dialogue et la construction de cette politique alternative. Cela ne sera possible qu'en développant une mobilisation populaire qui engage sans attendre une telle reconstruction.

Le gouvernement ne doit pas continuer de s'entêter en faisant croire qu'il n'y aurait pas d'autres politiques possibles.

Il faut dès maintenant (ça n'a que trop duré) s'attaquer aux énormes coûts du capital car si on continue de protéger les rentes des actionnaires alors il n'y aura aucun assainissement des finances publiques possibles. Une attaque aussi violente contre le pouvoir d'achat des couches populaires et des salariés, accompagnée de coupes brutales dans l'investissement public ne peut que conduire à une augmentation du chômage et au repli de l'activité.

Dans un peu plus d'un mois auront lieu les élections européennes. C'est le moment pour la gauche de changer de braqué et de rejoindre les positions réalistes des communistes et du Front de gauche.

Jacky Hénin, député européen sera la tête de liste pour la Région Nord-Ouest.Avec lui, nous pourrons nous faire entendre pour dire non à l'austérité, pour redonner l'espoir de faire converger les puissantes résistances populaires qui veulent des solutions de progrès. Un occasion formidable en quelque sorte de réélire un Député européen qui mouille la chemise, qui est utile aux gens comme il a su le démontrer lors de la bataille pour sauver la papeterie M-real à Alizay. Avec lui, nous romprons avec l'Europe libérale, nous dirons oui à l'humain d'abord.

Le Front de Gauche porte en lui la résistance et l'espoir d'une vie meilleure. Pour ce faire, il agit et continuera d'agir pour l'arrêt définitif des politiques d'austérité, pour une autre utilisation de l'argent, pour la priorité à l'emploi, pour une Europe de la paix, démocratique et respectueuse des citoyens.

Peuple de gauche, tous aux urnes le 25 mai prochain pour faire réélire notre député européen Jacky Hénin.

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 16:18

Annonces Valls : du chloroforme pour endormir les députés socialistes (Olivier Dartigolles)

Face à la fronde d'une partie de sa majorité, Manuel Valls vient de sortir du chloroforme pour endormir les députés socialistes jusqu'au vote de demain. Une fois les additions faites, rien n'a changé. Les 50 milliards de rigueur budgétaire sont toujours là. 40 milliards d'euros seront offerts aux entreprises, sans contre-partie, mais toujours rien pour le pouvoir d'achat du plus grand nombre.

Les retraités qui touchent moins de 1200 euros ne se verront pas geler la revalorisation automatique cette année mais leur pouvoir d'achat sera très durement attaqué par l'augmentation de la TVA et les coups portés au financement de la protection sociale. Idem pour les fonctionnaires.
Le patronat vit un rêve éveillé, bien réel, quand toutes celles et ceux qui ont cru au changement en 2012 sont matraqués, semaine après semaine, par une politique injuste et inefficace qui aura comme conséquence, sans un changement de politique, une augmentation de la précarité et de la pauvreté.

Ce matin, François Bayrou a apporté son soutien au plan qui sera présenté demain au vote des députés. Avant lui, des parlementaires de l'UMP ont aussi exprimé leur adhésion tout en demandant que cela aille plus vite et plus fort. A l'inverse, des députés PS et d'EELV disent leur très vive préoccupation, leur désaccord avec une orientation pourtant sanctionnée dans les urnes et par l'abstention lors des élections municipales. Le renoncement au changement pour toujours plus d'austérité, voilà ce qui caractérise la politique de Manuel Valls.

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 15:01

Ils ont quitté le secrétariat national du PS et s’expliquent…

Leur prise de distance a fait moins de bruit que le départ de Caroline de Haas ou de l’eurodéputée Françoise Castex, qui ont toutes deux récemment quitté le PS (voirici et ).
Reste que la démission du secrétariat national du PS d’une petite dizaine de socialistes du courant Un monde d’avance (« l’aile gauche » du PS) en dit long sur le malaise qui grandit au sein de la majorité. « Nous avons pris collectivement la décision de quitter la direction du PS et de sortir du Secrétariat national, alors que nos représentants étaient parmi les plus actifs et les plus utiles », ont-ils écrit à l’intention des militants de leur courant au lendemain du conseil national qui aentériné l’arrivée de Jean-Christophe Cambadélis à la tête du Parti.

« Nous ne sommes d’accord sur rien »

Pouria Amirshahi, Stéphane Delpeyrat, Charlotte Brun, Frédéric Hocquard, Delphine Mayrargue, Isabelle Thomas, ainsi que Sandrine Chernoz, Antoine Detourné et Roberto Romero, ont annoncé, la semaine dernière, leur démission du bureau national. Certains se sont contentés de commenter à minima cette décision. Comme Charlotte Brun, ancienne présidente du MJS, nommée en 2008 par Martine Aubry secrétaire nationale en charges des personnes âgées :

D’autres ont été plus diserts. Stéphane Delpeyrat, vice-président du Conseil régional d’Aquitaine, maire de Saint-Aubin (Landes), et (désormais) ex-secrétaire national à la Recherche, a déploré la « méthode » de la direction qui a imposé Cambadélis à la tête du PS sans la moindre consultation : « Il me semble que la situation méritait l’organisation rapide d’un congrès extraordinaire pour que les militants puissent exprimer leurs sentiments face à des orientations contraires au discours du Bourget », a-t-il expliqué à Sud Ouest.

Stéphane Delpeyrat, aux journées de rentrée d’Un monde d’avance, le 18 septembre 2010.

Car ce qui coince, dans le fond, c’est bien l’orientation politique de l’exécutif :

« Face à la politique d’austérité que prône le gouvernement, nous pensons qu’il faut lâcher un peu d’oxygène pour regagner de la croissance et créer des emplois. […] Je ne pense pas que cette politique de centre-droit rassemble la gauche. Aujourd’hui, nous ne sommes d’accord sur rien. »

Autre franche explication - et franc pessimisme - de Delphine Mayrargue, jusqu’alors chargée des questions de l’emploi pour le PS : « Le PS a subi une très lourde défaite aux élections municipales […], écrit-elle dans une « lettre » sans concession publiée sur le site d’Un monde d’avance au lendemain du conseil national. Nous n’avons pas perdu parce que nous n’avons pas su expliquer la politique menée par le Président de la République ; à l’échec n’ajoutons pas le mépris à l’égard des électeurs et des électrices. Nous avons perdu parce que nous n’avons pas fait ce que nous avions dit que nous ferions. Une demande de gauche s’était exprimée en mai 2012, elle n’a pas eu les réponses attendues. La déception, la colère et la défiance sont fortes à gauche. Tout est aujourd’hui à reconstruire ». Puis d’ajouter :

« Le Parti est aujourd’hui replié sur lui-même sourd et aveugle à la réalité sociale et culturelle qui l’entoure. Ce choix de fermeture, les conditions de la désignation du Premier secrétaire par intérim, le refus du débat et du congrès extraordinaire m’ont conduit à quitter la direction du Parti. »

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 11:32

(De Vienne, Autriche) Depuis que 50,3% des Suisses ont dit non à « l’immigration de masse » début février, les populistes de droite sont nombreux en Europe à réclamer des référendums dans leurs pays respectifs. Le Front national ne fait pas exception.

Un de leurs griefs s’adresse à l’Union européenne. Elle ne serait pas apte à refouler les masses affamées qui se tasseraient, paraît-il, devant Lampedusa, attendant la moindre brèche dans la forteresse pour nous envahir.

En Autriche, qui n’est pas le pays le moins sujet à ce genre d’inquiétudes, des chercheurs de l’Institut de démographie viennois viennent de publier une étude des flux migratoires à l’échelle mondiale, qui vient bousculer les préjugés.

Elle montre ainsi que, malgré la mondialisation, l’immigration mondiale n’a pas augmenté ces vingt dernières années. En 2010 comme en 1990, seulement 0,6% de la population mondiale environ a quitté son pays pour s’installer ailleurs. On y apprend aussi à la lecture de cette étude que l’Europe n’est ni la cible, ni la source des flux de migrants les plus importants. Selon les chercheurs, il n’y a aucune raison particulière de penser que l’immigration africaine augmentera dans les années à venir...

Un flou qui inspire des mythes

Nikola Sander(Institut de dé ; mographie de Vienne)

Les auteurs, l’Allemande Nikola Sander et l’Anglais Guy Abel, ont compulsé les données de 196 pays et généré des graphiques.

Ils voulaient rendre leurs résultats compréhensibles pour tous. Résultat : ce diagramme interactif qui permettent de visualiser les migrations mondiales en 1990, 2000 et 2010 en trois clics (cliquer sur les différentes régions pour obtenir les flux pays par pays).

La géographe et statisticienne Nikola Sander espère que ce travail de représentation permettra de lutter contre certaines idées reçues en matière d’immigration. Elle en commente six pour Rue89.

« L’immigration est souvent considérée comme un problème. Je pense que c’est en partie dû au fait que les données en la matière sont complexes. Chaque pays comptabilise et analyse différemment les tendances qui le concernent, de sorte qu’il est très difficile d’établir des comparaisons internationales et, du coup, de mettre en perspective sa propre immigration.

Il y a peu de chercheurs dans ce domaine, alors que ce sont eux qui pourraient établir des données comparables. C’est ce que nous nous efforçons de faire à l’Institut de démographie viennois.

Jusqu’ici, la complexité et l’hétérogénéité des données ont occasionné une spéculation à grande échelle. Certains politiques profitent de ce flou pour créer des mythes. Là où les données ne sont pas disponibles, il est difficile de réfuter les fantasmes.

Nous espérons que notre travail va aider les gens à se faire eux-mêmes une idée sur les migrations. Nos données comparées et nos graphiques permettent à tous ceux qui le veulent de se renseigner sur l’avancée des recherches scientifiques. »

1

L’immigration n’est pas un phénomène de masse

« À l’échelle mondiale, notre étude estime que seulement une personne sur mille change de pays de résidence dans une période de cinq ans. Il est intéressant de comparer cette nouvelle donnée de flux aux données de stock déjà disponibles.

On savait jusqu’ici que 3% de la population mondiale était née dans un autre pays que celui où elle réside. Ce chiffre comprend évidemment une grande partie de personnes installées de longue date à l’étranger, et ne nous renseigne pas sur les flux migratoires actuels.

C’est là que réside la nouveauté de notre travail, qui mesure les flux migratoires à 0,6% de la population mondiale. »

2

Les migrations n’augmentent pas depuis vingt ans

« Dans le monde, ce taux de 0,6% de migrants n’a pas augmenté sensiblement sur les vingt années que couvre notre étude. C’est un chiffre qui prend bien sûr en compte l’accroissement de la démographie mondiale : il y a certes davantage de migrants en valeur absolue, mais aussi plus d’être humains sur la planète. Le nombre de migrants n’a pas augmenté plus rapidement que la population totale.

On observe une intensification des flux au début des années 90. Le nombre de migrants a dépassé les 0,7% de la population mondiale, avant de retrouver son niveau précédent, vers la fin de la décennie. Il est resté stable depuis. Nous attribuons cette fluctuation à des perturbations ponctuelles, comme les conflits afghan et rwandais et la chute de l’Union soviétique.

En ce qui concerne les évolutions futures, l’Institut de démographie viennois travaille actuellement à améliorer les prévisions. Traditionnellement, les Nations Unies, qui sont la référence en la matière, utilisent dans leurs projections l’hypothèse que les flux migratoires dans le monde doivent tendre vers zéro dans un avenir lointain (ce qui est contesté depuis longtemps). Nous pensons plutôt que la tendance actuelle va se maintenir. »

3

La France accueille moins d’immigrants que le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne

« En France, le constat est le même que pour le reste du monde. La structure des flux entrants et sortants est à peu près stable depuis 1990 : le flux entrant le plus important vient d’Afrique du Nord, en raison du réseau historique. Ceci étant, quand on le compare au reste du monde, on voit que c’est un flux d’intensité moyenne.

Dans le même temps, le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne ont enregistré davantage d’arrivées. Quant aux migrants qui partent de France, il est peu surprenant de constater qu’ils partent plutôt pour d’autres pays d’Europe. »

4

L’Europe n’est pas la destination la plus prisée

« En 2005-2010, le flux migratoire le plus important allait du Mexique aux Etats-Unis. Notre étude s’arrête en 2010, mais les données récentes indiquent que ce flux s’est depuis réduit, suite à la croissance économique mexicaine des dernières années.

Le second grand flux part de l’Asie du sud vers l’Asie de l’ouest. Beaucoup de Pakistanais, de Bangladais et d’Indiens partent pour les Emirats arabes unis et le Qatar, où les secteurs du bâtiment sont très demandeurs en main-d’œuvre.

L’Europe, au contraire, est moins prisée que sa puissance économique nous porterait à penser. Par exemple, l’Allemagne attire proportionnellement moins de travailleurs qualifiés originaires des quatre dragons asiatiques [Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong-Kong, ndlr] que les États-Unis, le Canada, l’Australie ou même le Royaume-Uni. Nous sommes à la traîne. »

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On va rarement des pays les plus pauvres vers les plus riches

« Il est vrai que l’émigration se fait généralement vers un pays au revenu moyen supérieur à celui du pays d’origine. Ceci étant, les flux suivent un modèle en échelle : sur une échelle, on ne monte que d’un barreau au suivant, progressivement.

De même, les migrants ne passent pas des pays les plus pauvres aux pays les plus riches, mais des pays les plus pauvres à des pays moins pauvres, tandis que d’autres dans les pays moins pauvres partent vers les pays riches.

Ce ne sont ainsi pas les plus pauvres qui immigrent dans les pays riches, mais plutôt les ressortissants de pays qui sont déjà en transition, des personnes qui ont un certain niveau de formation et qui disposent de ressources financières. Du coup, c’est plutôt en Asie que se trouve un important potentiel d’émigration. Mais les flux migratoires dans cette région sont nettement orientés vers les Pays du Golfe et les États-Unis, pas l’Europe. »

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La destination première des Africains n’est pas la France

« En France, une part importante des migrants arrive d’Afrique. Comme l’Afrique subsaharienne est l’une des régions du monde où l’on attend encore un fort accroissement démographique, on pouvait penser que la France serait confrontée dans les années à venir à une vague migratoire venant de cette région. Or notre étude montre que les populations du sud du Sahara se déplacent en fait au sein de la région, vers les pays d’Afrique de l’ouest.

L’explication plausible est que les personnes qui manquent de tout n’ont pas les ressources pour réaliser un déménagement en Europe. »

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 18:22

Michelle Demessine

Sénatrice PCF du Nord

10 avril 2014

Réforme de la fiscalité : les cadeaux pour le patronat, la pilule amere pour les salariés

Deux groupes de travail, mis en place par le Gouvernement, sur la « fiscalité des ménages » et la « fiscalité des entreprises », annoncés à grands coups de trompe en début d’année, viennent de rendre leurs rapports respectifs. Les parlementaires des groupes CRC et GDR du Sénat et de l’Assemblée Nationale n’ont pas validé les conclusions et préconisations de ces rapports.

Qu’on en juge : le rapport sur la fiscalité des entreprises ne recommande aucune hausse de l’impôt sur les sociétés, au nom de la « compétitivité » des entreprises, alors même qu’entre 1996 et 2012, les dividendes versés sont passés de 65 à 230 Mds d’euros, produit de la productivité et des sacrifices imposés aux salariés !

20 % de la valeur ajoutée produite par le travail servent aujourd’hui à rémunérer le capital, une rente de plus en plus conséquente que les salarié(e)s paient en précarité renforcée, en horaires de travail atypiques, en conditions de travail dégradées, en plans sociaux à répétition, en blocage des salaires, en non reconnaissance des qualifications !

Quant aux ménages, toujours plus mis à contribution (36 % des impôts et cotisations en 2012 contre 25 % en 1978), la seule mesure proposée par le rapport consiste à valider par avance la baisse des cotisations sociales au niveau du SMIC annoncée cette semaine par Manuel Valls. Mais c’est un « cadeau empoisonné » de 500 euros par an. Il peut se traduire par des baisses de prestations dont l’allocation logement, le plafonnement de la taxe d’habitation. Les salariés vont le payer au travers du forfait hospitalier ou du déremboursement de médicaments. La baisse des cotisations sociales ne peut en rien remplacer une nécessaire hausse des salaires.

La baisse des dépenses publiques qui l’accompagne, c’est d’abord moins de service public, moins de prestations sociales, moins de redistribution. Ce sont encore les plus modestes qui en subiront les conséquences.

Il est plus que temps qu’une authentique réforme fiscale, s’attaque aux privilèges des plus grandes entreprises et des ménages les plus riches, assurant une efficacité économique et sociale, accompagnée de la démocratisation nécessaire de la Sécurité sociale. C’est la seule voie acceptable pour sortir de la crise.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 16:09

Quand de jeunes Roms s’intègrent en aidant les autres

Pierre Duquesne

Mardi, 8 Avril, 2014

Dix-neuf Roumains et Bulgares, engagés en service civique avec l’association des Enfants du canal, font chaque jour la démonstration que les Roms ont « vocation » à vivre en France. Enfants des bidonvilles, ils se construisent un avenir en défendant les droits de leurs pairs restés dans la misère.

«Attention au pickpocket », défile sur les écrans lumineux du bus 91. Adrian, Claudiu, Vasile, Claire et Valentin valident leur pass Navigo sans jeter un œil à ce message dont ils pensaient, il y a peu encore, qu’il les visait expressément. Cette joyeuse équipe, en ce vendredi après-midi, prend la direction d’un bidonville de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne). Tous les cinq ont été engagés, ainsi que dix-neuf autres jeunes, en service civique par l’association les Enfants du canal. Une opération baptisée « Romcivic ». Car, mise à part une poignée de Français, la plupart de ces jeunes volontaires sont des Roumains et des Bulgares vivant eux-mêmes dans des bidonvilles ou des squats. En échange d’un premier contrat, et de 467 euros par mois, ils apportent une aide à leurs pairs qui continuent de survivre dans l’un des 150 à 200 campements recensés en région parisienne.

À peine sorti de la gare RER de Noisy-Champs, notre « team » du jour s’engouffre dans une haie dans un petit bois oublié par les plans d’urbanisme. Un « délaissé urbain », comme on dit dans le jargon des architectes, coincé entre la N370 et l’université de Marne-la-Vallée. Au bout du chemin, des hommes et des femmes vivent. Des enfants jouent. Cette clairière serait presque bucolique si les cabanons disséminés ça et là ne rappelaient qu’on y dort sous des bâches d’infortune. Dans ce village niché dans l’envers de la ville, l’eau n’arrive qu’en packs de six bouteilles, portées à bout de bras par des femmes épuisées.

Des contrats se nouent

Arrivés au centre de la « Platz », les jeunes de Romcivic sont immédiatement assaillis par une nuée d’enfants. Leur « vocation » n’est manifestement pas de repartir en Roumanie mais plutôt de jouer à la passe à dix et au jeu du béret. Ce jour-là, une vingtaine d’enfants cesseront, pour quelques heures, de s’amuser avec des bâtons et des roues crasseuses. Les animations sont « un prétexte pour entrer en contact et faire de l’accompagnement social », raconte Nicolas, qui supervise les activités pour les Enfants du canal. Des contacts se nouent, la confiance s’installe peu à peu sur ce terrain où l’association n’intervient que depuis quelques semaines. Et ça marche.

Florin s’approche des jeunes, un courrier à la main. Ce père de quatre enfants est tout heureux d’avoir trouvé « un emploi déclaré » dans les espaces verts à Bretoncelles… à 250 km de là ! Son souci ? Hébergé chez un proche, il n’est plus très sûr de l’adresse à fournir à son futur employeur. Ni une, ni deux, Valentin, dix-neuf ans, lui vient en aide et l’accompagne à la poste. Un autre occupant vient demander de l’aide pour scolariser son enfant. Rendez-vous est pris pour mercredi. « Nous aidons aussi les familles à aller à l’hôpital, à obtenir une domiciliation, à remplir le dossier pour l’aide médicale d’État », explique Adrian, vingt-trois ans. À Montgeron, dans l’Essonne, les Romcivic ont épaulé des dizaines de familles et les associations après l’incendie qui a dévasté le campement, il y a dix jours. Même chose, en février, après la mort de Melisa, emportée par les flammes à Bobigny (Seine-Saint-Denis). « À chaque fois qu’un volontaire fait un accompagnement, confie Nicolas, il revient avec trois nouvelles demandes de soutien. »

En aidant les autres, ces jeunes s’aident aussi eux-mêmes. « Quand nous avons lancé le programme, le service civique était la seule manière de leur offrir un premier contrat, une indemnité et de leur ouvrir des droits à la Sécurité sociale, explique Christophe Louis, directeur de l’association les Enfants du canal. À l’époque, c’était la seule faille pour échapper aux restrictions de travail imposées aux ressortissants roumains et bulgares dans l’Hexagone. » La fin de ces mesures transitoires, effective depuis le 1er janvier 2014, devrait faciliter l’accès au marché du travail des 17 000 à 20 000 Roms de France.

"Faire taire les préjugés"

Les jeunes de Romcivic participent aussi à des cours de français, apprennent à connaître leurs droits avec l’aide de la Ligue des droits de l’homme et travaillent sur leurs propres projets d’insertion. « Une dizaine d’entre eux ont déjà réussi à sortir du bidonville, via une solution d’hébergement », explique Christophe Louis. Arriver à l’heure ou rester assis dans une salle de cours pendant trois heures n’est pas une évidence pour certains jeunes qui n’ont jamais été scolarisés. Autant d’apprentissages qui ouvrent les champs des possibles. Adrian, vingt-trois ans, veut devenir chauffeur-livreur. « Les jeunes volontaires montrent que l’on peut réussir à s’intégrer, résume Christophe Louis. À l’extérieur, ils peuvent faire taire les préjugés, qui les font toujours passer pour des voleurs de poules… »

L’association souhaite élargir l’expérience Romcivic, lancée en grande pompe par trois ministres (logement, lutte contre l’exclusion et jeunesse). Mais Cécile Duflot, Marie-Arlette Carlotti et Valérie Fourneyron ne sont plus au gouvernement. Quelle sera la ligne de Manuel Valls, lui qui estimait que les populations roms ont « vocation à retourner » en Roumanie et Bulgarie ? « Si on ne peut pas s’intégrer, c’est parce que l’on nous empêche de le faire », réplique le jeune Claudiu, dix-sept ans. Il cite l’exemple de son oncle, malade. « Nous avons fait toutes les démarches pour obtenir l’aide médicale d’État. Mais il fallait ouvrir un compte bancaire, avoir un justificatif de domicile...» Impossible pour cet homme qui vit avec sa famille dans un squat à la porte de Choisy, à Paris. « Nous sommes des citoyens européens, nous avons des droits ! » rajoute Cristian, un des anciens du bidonville de Champs-sur-Marne. Fin janvier, son cousin Cosmin, vingt-trois ans, était l’un des trois jeunes refoulés à l’entrée d’un bus malgré un titre de transport valide. « Les Roumains, ils vont à pied, ils montent pas dans le bus », avait déclaré le chauffeur. Sans savoir qu’il avait affaire à un volontaire Romcivic... Le jeune homme n’a pas hésité à porter plainte au commissariat et devant le défenseur des droits.

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BRUNO FORNACIARI

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