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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 11:32

(De Vienne, Autriche) Depuis que 50,3% des Suisses ont dit non à « l’immigration de masse » début février, les populistes de droite sont nombreux en Europe à réclamer des référendums dans leurs pays respectifs. Le Front national ne fait pas exception.

Un de leurs griefs s’adresse à l’Union européenne. Elle ne serait pas apte à refouler les masses affamées qui se tasseraient, paraît-il, devant Lampedusa, attendant la moindre brèche dans la forteresse pour nous envahir.

En Autriche, qui n’est pas le pays le moins sujet à ce genre d’inquiétudes, des chercheurs de l’Institut de démographie viennois viennent de publier une étude des flux migratoires à l’échelle mondiale, qui vient bousculer les préjugés.

Elle montre ainsi que, malgré la mondialisation, l’immigration mondiale n’a pas augmenté ces vingt dernières années. En 2010 comme en 1990, seulement 0,6% de la population mondiale environ a quitté son pays pour s’installer ailleurs. On y apprend aussi à la lecture de cette étude que l’Europe n’est ni la cible, ni la source des flux de migrants les plus importants. Selon les chercheurs, il n’y a aucune raison particulière de penser que l’immigration africaine augmentera dans les années à venir...

Un flou qui inspire des mythes

Nikola Sander(Institut de dé ; mographie de Vienne)

Les auteurs, l’Allemande Nikola Sander et l’Anglais Guy Abel, ont compulsé les données de 196 pays et généré des graphiques.

Ils voulaient rendre leurs résultats compréhensibles pour tous. Résultat : ce diagramme interactif qui permettent de visualiser les migrations mondiales en 1990, 2000 et 2010 en trois clics (cliquer sur les différentes régions pour obtenir les flux pays par pays).

La géographe et statisticienne Nikola Sander espère que ce travail de représentation permettra de lutter contre certaines idées reçues en matière d’immigration. Elle en commente six pour Rue89.

« L’immigration est souvent considérée comme un problème. Je pense que c’est en partie dû au fait que les données en la matière sont complexes. Chaque pays comptabilise et analyse différemment les tendances qui le concernent, de sorte qu’il est très difficile d’établir des comparaisons internationales et, du coup, de mettre en perspective sa propre immigration.

Il y a peu de chercheurs dans ce domaine, alors que ce sont eux qui pourraient établir des données comparables. C’est ce que nous nous efforçons de faire à l’Institut de démographie viennois.

Jusqu’ici, la complexité et l’hétérogénéité des données ont occasionné une spéculation à grande échelle. Certains politiques profitent de ce flou pour créer des mythes. Là où les données ne sont pas disponibles, il est difficile de réfuter les fantasmes.

Nous espérons que notre travail va aider les gens à se faire eux-mêmes une idée sur les migrations. Nos données comparées et nos graphiques permettent à tous ceux qui le veulent de se renseigner sur l’avancée des recherches scientifiques. »

1

L’immigration n’est pas un phénomène de masse

« À l’échelle mondiale, notre étude estime que seulement une personne sur mille change de pays de résidence dans une période de cinq ans. Il est intéressant de comparer cette nouvelle donnée de flux aux données de stock déjà disponibles.

On savait jusqu’ici que 3% de la population mondiale était née dans un autre pays que celui où elle réside. Ce chiffre comprend évidemment une grande partie de personnes installées de longue date à l’étranger, et ne nous renseigne pas sur les flux migratoires actuels.

C’est là que réside la nouveauté de notre travail, qui mesure les flux migratoires à 0,6% de la population mondiale. »

2

Les migrations n’augmentent pas depuis vingt ans

« Dans le monde, ce taux de 0,6% de migrants n’a pas augmenté sensiblement sur les vingt années que couvre notre étude. C’est un chiffre qui prend bien sûr en compte l’accroissement de la démographie mondiale : il y a certes davantage de migrants en valeur absolue, mais aussi plus d’être humains sur la planète. Le nombre de migrants n’a pas augmenté plus rapidement que la population totale.

On observe une intensification des flux au début des années 90. Le nombre de migrants a dépassé les 0,7% de la population mondiale, avant de retrouver son niveau précédent, vers la fin de la décennie. Il est resté stable depuis. Nous attribuons cette fluctuation à des perturbations ponctuelles, comme les conflits afghan et rwandais et la chute de l’Union soviétique.

En ce qui concerne les évolutions futures, l’Institut de démographie viennois travaille actuellement à améliorer les prévisions. Traditionnellement, les Nations Unies, qui sont la référence en la matière, utilisent dans leurs projections l’hypothèse que les flux migratoires dans le monde doivent tendre vers zéro dans un avenir lointain (ce qui est contesté depuis longtemps). Nous pensons plutôt que la tendance actuelle va se maintenir. »

3

La France accueille moins d’immigrants que le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne

« En France, le constat est le même que pour le reste du monde. La structure des flux entrants et sortants est à peu près stable depuis 1990 : le flux entrant le plus important vient d’Afrique du Nord, en raison du réseau historique. Ceci étant, quand on le compare au reste du monde, on voit que c’est un flux d’intensité moyenne.

Dans le même temps, le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne ont enregistré davantage d’arrivées. Quant aux migrants qui partent de France, il est peu surprenant de constater qu’ils partent plutôt pour d’autres pays d’Europe. »

4

L’Europe n’est pas la destination la plus prisée

« En 2005-2010, le flux migratoire le plus important allait du Mexique aux Etats-Unis. Notre étude s’arrête en 2010, mais les données récentes indiquent que ce flux s’est depuis réduit, suite à la croissance économique mexicaine des dernières années.

Le second grand flux part de l’Asie du sud vers l’Asie de l’ouest. Beaucoup de Pakistanais, de Bangladais et d’Indiens partent pour les Emirats arabes unis et le Qatar, où les secteurs du bâtiment sont très demandeurs en main-d’œuvre.

L’Europe, au contraire, est moins prisée que sa puissance économique nous porterait à penser. Par exemple, l’Allemagne attire proportionnellement moins de travailleurs qualifiés originaires des quatre dragons asiatiques [Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong-Kong, ndlr] que les États-Unis, le Canada, l’Australie ou même le Royaume-Uni. Nous sommes à la traîne. »

5

On va rarement des pays les plus pauvres vers les plus riches

« Il est vrai que l’émigration se fait généralement vers un pays au revenu moyen supérieur à celui du pays d’origine. Ceci étant, les flux suivent un modèle en échelle : sur une échelle, on ne monte que d’un barreau au suivant, progressivement.

De même, les migrants ne passent pas des pays les plus pauvres aux pays les plus riches, mais des pays les plus pauvres à des pays moins pauvres, tandis que d’autres dans les pays moins pauvres partent vers les pays riches.

Ce ne sont ainsi pas les plus pauvres qui immigrent dans les pays riches, mais plutôt les ressortissants de pays qui sont déjà en transition, des personnes qui ont un certain niveau de formation et qui disposent de ressources financières. Du coup, c’est plutôt en Asie que se trouve un important potentiel d’émigration. Mais les flux migratoires dans cette région sont nettement orientés vers les Pays du Golfe et les États-Unis, pas l’Europe. »

6

La destination première des Africains n’est pas la France

« En France, une part importante des migrants arrive d’Afrique. Comme l’Afrique subsaharienne est l’une des régions du monde où l’on attend encore un fort accroissement démographique, on pouvait penser que la France serait confrontée dans les années à venir à une vague migratoire venant de cette région. Or notre étude montre que les populations du sud du Sahara se déplacent en fait au sein de la région, vers les pays d’Afrique de l’ouest.

L’explication plausible est que les personnes qui manquent de tout n’ont pas les ressources pour réaliser un déménagement en Europe. »

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 18:22

Michelle Demessine

Sénatrice PCF du Nord

10 avril 2014

Réforme de la fiscalité : les cadeaux pour le patronat, la pilule amere pour les salariés

Deux groupes de travail, mis en place par le Gouvernement, sur la « fiscalité des ménages » et la « fiscalité des entreprises », annoncés à grands coups de trompe en début d’année, viennent de rendre leurs rapports respectifs. Les parlementaires des groupes CRC et GDR du Sénat et de l’Assemblée Nationale n’ont pas validé les conclusions et préconisations de ces rapports.

Qu’on en juge : le rapport sur la fiscalité des entreprises ne recommande aucune hausse de l’impôt sur les sociétés, au nom de la « compétitivité » des entreprises, alors même qu’entre 1996 et 2012, les dividendes versés sont passés de 65 à 230 Mds d’euros, produit de la productivité et des sacrifices imposés aux salariés !

20 % de la valeur ajoutée produite par le travail servent aujourd’hui à rémunérer le capital, une rente de plus en plus conséquente que les salarié(e)s paient en précarité renforcée, en horaires de travail atypiques, en conditions de travail dégradées, en plans sociaux à répétition, en blocage des salaires, en non reconnaissance des qualifications !

Quant aux ménages, toujours plus mis à contribution (36 % des impôts et cotisations en 2012 contre 25 % en 1978), la seule mesure proposée par le rapport consiste à valider par avance la baisse des cotisations sociales au niveau du SMIC annoncée cette semaine par Manuel Valls. Mais c’est un « cadeau empoisonné » de 500 euros par an. Il peut se traduire par des baisses de prestations dont l’allocation logement, le plafonnement de la taxe d’habitation. Les salariés vont le payer au travers du forfait hospitalier ou du déremboursement de médicaments. La baisse des cotisations sociales ne peut en rien remplacer une nécessaire hausse des salaires.

La baisse des dépenses publiques qui l’accompagne, c’est d’abord moins de service public, moins de prestations sociales, moins de redistribution. Ce sont encore les plus modestes qui en subiront les conséquences.

Il est plus que temps qu’une authentique réforme fiscale, s’attaque aux privilèges des plus grandes entreprises et des ménages les plus riches, assurant une efficacité économique et sociale, accompagnée de la démocratisation nécessaire de la Sécurité sociale. C’est la seule voie acceptable pour sortir de la crise.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 16:09

Quand de jeunes Roms s’intègrent en aidant les autres

Pierre Duquesne

Mardi, 8 Avril, 2014

Dix-neuf Roumains et Bulgares, engagés en service civique avec l’association des Enfants du canal, font chaque jour la démonstration que les Roms ont « vocation » à vivre en France. Enfants des bidonvilles, ils se construisent un avenir en défendant les droits de leurs pairs restés dans la misère.

«Attention au pickpocket », défile sur les écrans lumineux du bus 91. Adrian, Claudiu, Vasile, Claire et Valentin valident leur pass Navigo sans jeter un œil à ce message dont ils pensaient, il y a peu encore, qu’il les visait expressément. Cette joyeuse équipe, en ce vendredi après-midi, prend la direction d’un bidonville de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne). Tous les cinq ont été engagés, ainsi que dix-neuf autres jeunes, en service civique par l’association les Enfants du canal. Une opération baptisée « Romcivic ». Car, mise à part une poignée de Français, la plupart de ces jeunes volontaires sont des Roumains et des Bulgares vivant eux-mêmes dans des bidonvilles ou des squats. En échange d’un premier contrat, et de 467 euros par mois, ils apportent une aide à leurs pairs qui continuent de survivre dans l’un des 150 à 200 campements recensés en région parisienne.

À peine sorti de la gare RER de Noisy-Champs, notre « team » du jour s’engouffre dans une haie dans un petit bois oublié par les plans d’urbanisme. Un « délaissé urbain », comme on dit dans le jargon des architectes, coincé entre la N370 et l’université de Marne-la-Vallée. Au bout du chemin, des hommes et des femmes vivent. Des enfants jouent. Cette clairière serait presque bucolique si les cabanons disséminés ça et là ne rappelaient qu’on y dort sous des bâches d’infortune. Dans ce village niché dans l’envers de la ville, l’eau n’arrive qu’en packs de six bouteilles, portées à bout de bras par des femmes épuisées.

Des contrats se nouent

Arrivés au centre de la « Platz », les jeunes de Romcivic sont immédiatement assaillis par une nuée d’enfants. Leur « vocation » n’est manifestement pas de repartir en Roumanie mais plutôt de jouer à la passe à dix et au jeu du béret. Ce jour-là, une vingtaine d’enfants cesseront, pour quelques heures, de s’amuser avec des bâtons et des roues crasseuses. Les animations sont « un prétexte pour entrer en contact et faire de l’accompagnement social », raconte Nicolas, qui supervise les activités pour les Enfants du canal. Des contacts se nouent, la confiance s’installe peu à peu sur ce terrain où l’association n’intervient que depuis quelques semaines. Et ça marche.

Florin s’approche des jeunes, un courrier à la main. Ce père de quatre enfants est tout heureux d’avoir trouvé « un emploi déclaré » dans les espaces verts à Bretoncelles… à 250 km de là ! Son souci ? Hébergé chez un proche, il n’est plus très sûr de l’adresse à fournir à son futur employeur. Ni une, ni deux, Valentin, dix-neuf ans, lui vient en aide et l’accompagne à la poste. Un autre occupant vient demander de l’aide pour scolariser son enfant. Rendez-vous est pris pour mercredi. « Nous aidons aussi les familles à aller à l’hôpital, à obtenir une domiciliation, à remplir le dossier pour l’aide médicale d’État », explique Adrian, vingt-trois ans. À Montgeron, dans l’Essonne, les Romcivic ont épaulé des dizaines de familles et les associations après l’incendie qui a dévasté le campement, il y a dix jours. Même chose, en février, après la mort de Melisa, emportée par les flammes à Bobigny (Seine-Saint-Denis). « À chaque fois qu’un volontaire fait un accompagnement, confie Nicolas, il revient avec trois nouvelles demandes de soutien. »

En aidant les autres, ces jeunes s’aident aussi eux-mêmes. « Quand nous avons lancé le programme, le service civique était la seule manière de leur offrir un premier contrat, une indemnité et de leur ouvrir des droits à la Sécurité sociale, explique Christophe Louis, directeur de l’association les Enfants du canal. À l’époque, c’était la seule faille pour échapper aux restrictions de travail imposées aux ressortissants roumains et bulgares dans l’Hexagone. » La fin de ces mesures transitoires, effective depuis le 1er janvier 2014, devrait faciliter l’accès au marché du travail des 17 000 à 20 000 Roms de France.

"Faire taire les préjugés"

Les jeunes de Romcivic participent aussi à des cours de français, apprennent à connaître leurs droits avec l’aide de la Ligue des droits de l’homme et travaillent sur leurs propres projets d’insertion. « Une dizaine d’entre eux ont déjà réussi à sortir du bidonville, via une solution d’hébergement », explique Christophe Louis. Arriver à l’heure ou rester assis dans une salle de cours pendant trois heures n’est pas une évidence pour certains jeunes qui n’ont jamais été scolarisés. Autant d’apprentissages qui ouvrent les champs des possibles. Adrian, vingt-trois ans, veut devenir chauffeur-livreur. « Les jeunes volontaires montrent que l’on peut réussir à s’intégrer, résume Christophe Louis. À l’extérieur, ils peuvent faire taire les préjugés, qui les font toujours passer pour des voleurs de poules… »

L’association souhaite élargir l’expérience Romcivic, lancée en grande pompe par trois ministres (logement, lutte contre l’exclusion et jeunesse). Mais Cécile Duflot, Marie-Arlette Carlotti et Valérie Fourneyron ne sont plus au gouvernement. Quelle sera la ligne de Manuel Valls, lui qui estimait que les populations roms ont « vocation à retourner » en Roumanie et Bulgarie ? « Si on ne peut pas s’intégrer, c’est parce que l’on nous empêche de le faire », réplique le jeune Claudiu, dix-sept ans. Il cite l’exemple de son oncle, malade. « Nous avons fait toutes les démarches pour obtenir l’aide médicale d’État. Mais il fallait ouvrir un compte bancaire, avoir un justificatif de domicile...» Impossible pour cet homme qui vit avec sa famille dans un squat à la porte de Choisy, à Paris. « Nous sommes des citoyens européens, nous avons des droits ! » rajoute Cristian, un des anciens du bidonville de Champs-sur-Marne. Fin janvier, son cousin Cosmin, vingt-trois ans, était l’un des trois jeunes refoulés à l’entrée d’un bus malgré un titre de transport valide. « Les Roumains, ils vont à pied, ils montent pas dans le bus », avait déclaré le chauffeur. Sans savoir qu’il avait affaire à un volontaire Romcivic... Le jeune homme n’a pas hésité à porter plainte au commissariat et devant le défenseur des droits.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 15:46

Est-ce le premier départ d’une longue série ? Caroline de Haas, ancienne porte-parole d’Osez le féminisme et proche de Benoît Hamon, nommée en 2012 conseillère de Najat Vallaud-Belkacem au ministère du Droit des femmes, a annoncé dans une tribune publiée sur son blog de Mediapart qu’elle quittait le Parti socialiste.

Dans cette lettre publique adressée au secrétaire national du PS, cette militante depuis treize ans explique les raisons de son départ : « La liste de nos renoncements est si longue ces derniers mois que cela donne le tournis. Au lieu de construire un rapport de force et de nous dégager des marges de manœuvres politiques et économiques pour mieux répartir les richesses, nous avons – presque méticuleusement – remis en cause nos fondements politiques ». Se référant au discours du Bourget, où François Hollande avait vigoureusement attaqué son« ennemi » la finance, elle reproche au Parti socialiste non pas « de ne pas avoir renversé la table. Je lui reproche de n’avoir même pas essayé de la faire bouger ». Elle précise qu’elle va « donc aller construire la gauche ailleurs ».

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 13:07

 

POLITIQUE -  le 6 Avril 2014

 

"Les conditions de la confiance" de cent parlementaires PS

 

 

Près de 100 députés socialistes ont signé ce "contrat de majorité" qui entend peser sérieusement sur l’orientation politique du nouveau gouvernement, avant le discours de politique générale de Valls et le vote de confiance. Ils réclament un changement de cap complet : de réelles mesures en faveur du pouvoir d'achat, des investissements pour relancer l’économie et l’emploi, une réorientation européenne mettant fin aux politiques d'austérité, ou encore de vrais efforts pour réguler la finance.

"Agir et ne pas subir. La défaite d’ampleur historique que nous venons d’encaisser nous donne une responsabilité sans précédent. Bien plus qu’une protestation de circonstance, les Français ont exprimé des positions très politiques et, dans leur diversité, des demandes de justice, d’efficacité économique et d’égalité républicaine.

Depuis de longs mois, les élus locaux et les députés avaient alerté sur le fossé qui se creusait entre la gauche au pouvoir et son électorat. Cette défaite électorale ne doit pas se transformer en renoncement démocratique. Au contraire, le temps du Parlement est venu. L’affirmation de la volonté politique est encore plus à l’ordre du jour. Le dialogue avec le nouveau Gouvernement s’engage dès maintenant. La représentation nationale doit être digne de sa mission et à la hauteur de ce moment de notre histoire. Il lui revient de participer aux nouvelles orientations qu’exige cette nouvelle étape.

Dans ce but, il faut aller plus loin que les habitudes et les certitudes. Pour répondre vigoureusement à l’épuisement institutionnel, nous proposons un contrat de majorité dans la durée. En effet, pour restaurer la confiance avec les Français, il faut recréer aussi la confiance avec le Parlement. Celui-ci doit apporter sa légitimité en soutien des choix que les citoyens de tous horizons attendent de la gauche au pouvoir.

  • Notre première contribution au contrat de majorité privilégie les orientations ainsi rappelées :

1-Obtenir une réorientation européenne mettant fin aux politiques d’austérité qui ont enfoncé l’Europe dans la récession. Pour cela, il faut mettre en oeuvre des trajectoires budgétaires soutenables, compatibles avec le retour de la croissance et la baisse du chômage. Les trajectoires budgétaires imposées aux Etats et à l’Union, sans distinguer selon la nature des dépenses, ne sont pas des tabous. Il y a urgence à les rediscuter. La Commission doit enfin changer de cap. L’élection européenne, le 25 mai, sera aussi l’occasion de mener ce combat. Il n’y aura pas d’échappatoire au déclin si les consolidations budgétaires ne sont pas accompagnées d’investissements massifs publics et privés, soutenus par l’Union, dans les énergies renouvelables, les transports, le numérique, la construction de logements et la recherche.

2 - Concentrer les moyens publics sur la création réelle d’emplois et, ainsi, intensifier le redressement productif. Pour cela, substituer un pacte national d’investissement, négocié jusqu’au niveau des entreprises, aux mesures les plus coûteuses et sans conditions actuellement envisagées dans le pacte de responsabilité. Concentrer les marges de manœuvre de la France sur l’emploi, l’investissement, la formation, c’est la condition de la protection des salariés contre le chômage de masse.

3-Défendre des décisions de justice et de pouvoir d’achat : des mesures en faveur des bas salaires, la réforme fiscale et la CSG progressive, l’effort en faveur des retraites les plus modestes, que nous avons demandés depuis des mois. Ces améliorations de pouvoir d’achat, combinées au développement des emplois aidés non marchands pour les jeunes et les chômeurs de longue durée et aux investissements publics, contribueront à soutenir la demande, indispensable à la reprise économique. C’est, par ailleurs, la seule façon de rendre efficaces les politiques d’offre déjà mises en oeuvre.

4-Réaffirmer et amplifier les choix et les engagements de 2012 :

-Muscler les efforts de régulation des activités financières et bancaires, et leur mobilisation pour l’investissement et les territoires. Promouvoir la responsabilité sociale et environnementale des multinationales et leur "devoir de vigilance".
-Rendre populaire la transition écologique : financement et avances pour les travaux de rénovations énergétiques, co-investissements citoyens dans les énergies renouvelables, plan de remplacement des véhicules et équipements anti-écologiques.
- Engager un mouvement de transformation de l’Etat et des collectivités locales, avec les citoyens et les agents publics. Nous soutiendrons les économies efficaces, pas les régressions sociales : non aux économies de dépense qui conduisent à des reculs pour la Sécurité sociale ou à la panne de l’investissement public!
-Défendre l’égalité des territoires par un socle de droits (le "bouclier"), une relance des économies locales, un remaillage des services publics sur deux piliers : l’éducation et la santé.

5- Pour une revitalisation exigeante de la démocratie française. Un sentiment d’abandon exaspère aujourd’hui de nombreux Français. Ils se sentent oubliés, incompris, pas écoutés. Pour écouter les citoyens et mobiliser la société, nous devons inventer des formes participatives nouvelles. 
Le pays ne se sent pas représenté, encore plus quand le Parlement n’est pas entendu. La nouvelle étape doit retrouver les droits et les devoirs du Parlement. Notre majorité sera plus soudée, si elle inaugure des manières modernes de préparer les grandes décisions et de délibérer. 
Si nous ne laisserons pas s’installer de faux clivages entre les « cigales » et les « fourmis », nous savons aussi que jamais la France ne se redressera dans l’austérité et en laissant exploser le chômage et les inégalités.
Nous faisons le choix d’une politique qui marche. Nous recherchons l’équilibre entre les salariés et les entreprises et entre les efforts et la justice, pour toutes les composantes de la société.
Refusant la fuite en avant façon Sarkozy, nous choisissons l’efficacité pour mener les politiques d’investissement, la transformation de l’Etat, l’innovation publique.
Les Français n’ont pas changé depuis le 6 mai 2012, ils sont déçus. Ils ne sont pas versatiles, ni ralliés à l’UMP qui n’a rien d’autre à proposer que la dérégulation et l’austérité. Il est impératif d’exprimer une vision claire et offensive du futur de la France et de son rôle en Europe. Les Français ont le sentiment que la politique qu’ils avaient choisie n’est pas assumée. Ils nous l’ont dit dans les urnes. Il faut maintenant passer des urnes aux choix et, pour nous, des mots aux actes. Les temps qui viennent sont pour tous, et pour chacun d’entre nous, une épreuve de vérité.

Liste des députés socialistes signataires

Amirshahi Pouria
Assaf Christian 
Balas Guillaume 
Bapt Gérard 
Bardy Serge 
Bataille Christian 
Baumel Philippe 
Baumel Laurent 
Beres Pervenche 
Blazy Jean-Pierre 
Bleunven Jean-Luc 
Bouillon Christophe 
Bourguignon Brigitte 
Bouziane Keira 
Bruneau Isabelle 
Bui Gwenegan 
Carrey-Conte Fanélie 
Chabanne Nathalie 
Chauvel Dominique 
Cherki Pascal 
Clément Jean-Michel 
Cottel Jean-Jacques 
Coutelle Catherine 
Crozon Pascale 
Daniel Yves 
Destans Jean-Louis 
Doucet Philippe 
Doucet Sandrine 
Dufau Jean-Pierre 
Dumont Laurence 
Dussopt Olivier 
Eckert Christian 
Emmanuelli Henri 
Féron Hervé 
Ferrand Richard 
Gaillard Geneviève 
Germain Jean-Marc 
Gille Jean-Patrick 
Goldberg Daniel 
Gourjade Linda 
Guedj Jérôme 
Guittet Chantal 
Hammadi Razzy 
Hanotin Mathieu 
Hurel Sandrine 
Jalton Eric 
Janquin Serge 
Juanico Régis 
Kalfon François 
Kalinowski Laurent 
Kemel Philippe 
Khirouni Chaynesse 
Lambert Jérôme 
Le Bris Gilbert 
Le Dissez Viviane 
Lefait Philippe 
Lemorton Catherine 
Leonard Christophe 
Leroy Arnaud 
Lesage Michel 
Lesterlin Bernard 
Lienemann Marie-Noëlle 
Linkenheld Audrey 
Lousteau Lucette 
Maggi Jean-Pierre 
Malle Jean-Philippe 
Marcel Marie-Lou 
Marsac Jean-René 
Maurel Emmanuel 
Muet Pierre-Alain  
Noguès Philippe 
Olivier Maud 
Paul Christian 
Potier Dominique 
Pouzol Michel 
Reynaud Marie-Line 
Robiliard Denys 
Romagnan Barbara 
Sebaoun Gérard 
Sommaruga Julie 
Tallard Suzanne 
Travert Stéphane 
Troallic Catherine 
Valax Jacques 
Vergnier Michel 
Zanetti Paola

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 19:14

Mélenchon drague les Verts et se prend une veste

LILIAN ALEMAGNA 4 AVRIL 2014 À 19:36
Jean-Vincent Placé (debout), chef des sénateurs écologistes, et Jean-Luc Mélenchon (à droite), le 13 septembre. Jean-Vincent Placé (debout), chef des sénateurs écologistes, et Jean-Luc Mélenchon (à droite), le 13 septembre. (Photo Laurent Troude)

Scrutins. Les écologistes, qui refusent de s’enfermer dans une opposition radicale, rejettent la proposition d’alliance avec le Parti de gauche.

On pourrait y voir le premier «effet Grenoble». Trois jours après le refus des écologistes de participer au gouvernement version Valls, le Parti de gauche (PG) retente sa chance. Dans une «adresse» aux dirigeants d’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), Jean-Luc Mélenchon et les siens leur proposent de «construire une convergence».

«Une telle démarche ne reposerait pas seulement sur notre positionnement vis-à-vis du gouvernement mais sur des points essentiels que nous pensons partager : le partage des richesses, la relance de l’activité […] par l’écologie et la VIeRépublique», écrivent-ils. Après les alliances locales aux municipales, le PG rêve d’une union avec les Verts aux prochains scrutins. A commencer par les européennes : s’ils admettent d’«importantes différences» sur l’Europe, les dirigeants du PG envisagent un «rapprochement» sur l’opposition au grand marché transatlantique.«Jean-Luc Mélenchon en parle beaucoup mais ne travaille pas au Parlement, tacle l’eurodéputé EE-LV Yannick Jadot. Ils en font un combat antiaméricain. Nous sommes sur une bataille des sociétés contre les multinationales.» Pourtant, les dirigeants des deux partis se voient très souvent ces derniers temps. Mélenchon et une délégation du PG a été reçu au siège d’EE-LV dans l’entre-deux-tours. Jeudi soir, Mélenchon et le patron des sénateurs écolos, Jean-Vincent Placé, ont même dîné ensemble. Avec omelette pour le premier, lapin à la moutarde pour le second.

Malgré ces contacts, la ligne écolo reste claire : «On ne prendra pas d’initiative. On a des projets européens très différents, fait savoir David Cormand, numéro 2 d’EE-LV. Et puis le Front de gauche est incapable de se mettre d’accord sur ses listes.»Vrai : à gauche, seules celles du Front de gauche ne sont pas bouclées.

Et, pour les élections de 2015, c’est également non pour les écologistes. Si le PG est prêt à un «programme commun pour les régionales» afin d’arriver - comme à Grenoble - «en tête de la gauche», Cormand leur répond : «On est régionalistes, ce qui fait une grande différence» avec un PG très jacobin.

En réalité, EE-LV refuse tout simplement de tomber dans «l’opposition de gauche»portée par le PG et de participer, dit Cormand, «à une coalition de rejet».Mélenchon le déplore : «Je joue souvent de la mandoline sous la fenêtre, a-t-il ironisé jeudi sur RTL. Et à la fin je me prends un seau d’eau sur la tête !»

Lilian Alemagna
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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 08:26

Valls consulte un banquier qui a tiré profit de la crise grecque

Tout un symbole. Jeudi 3 avril, le nouveau Premier ministre a reçu Matthieu Pigasse, directeur de la banque d'affaires Lazard France. Présenté par les grands médias comme un sympathisant socialiste, l'homme s'est enrichi grâce à la dette de la Grèce.

Le 03.04.2014 à 15h53

Il est venu "parler de l'avenir, pas du constat": c'est en ces termes que Matthieu Pigasse a résumé l'entrevue de 45 minutes qui lui fut accordée ce matin par Manuel Valls.

Quel est cet individu suffisamement privilégié pour disposer de toute l'attention du nouveau Premier ministre, deux jours à peine après l'arrivée de celui-ci à Matignon? La plupart des médias présentent souvent Matthieu Pigasse comme un "patron de presse" (co-actionnaire du Mondedu Huffington Post et -bientôt- du Nouvel Observateur, propriétaire des Inrockuptibles), un "ancien conseiller de DSK", un "proche de Laurent Fabius" et un simple "banquier d'affaires" en omettant régulièrement de citer le nom de sa banque pourtant prestigieuse.

Vérifiez par vous-même: l'AFP, ReutersBFM TV, le Figaro, les Échos font ainsi preuve aujourd'hui d'une curieuse lacune journalistique pour évoquer cette entrevue. 

Depuis quatre ans, Matthieu Pigasse est formellement le directeur général délégué de Lazard France, une banque d'affaires franco-américaine qui fut leader -en 2012- sur le marché des fusions-acquisitions. Au terme de cette année florissante pour son employeur, voici ce que rapportait le magazine économiqueCapital à propos de Matthieu Pigasse, présenté avec férocité comme un"conseiller de la Grèce" qui "se paie grassement sur la dette"

Plus les Etats surendettés s’enfoncent dans la crise, plus Lazard, leur banque conseil favorite, se porte bien.

Et plus Matthieu Pigasse en profite, puisque sa rémunération (environ 5 millions d’euros par an) est directement indexée sur les performances de sa boutique.

Après un coup de mou en 2011 (le chiffre d’affaires avait baissé de 19%), les comptes de Lazard ont reverdi en 2012. Un rebond largement dû à la Grèce, qui a versé une commission record de 25  millions d’euros à la banque du boulevard Haussmann.

Cette réalité prosaïque n'a visiblement pas dissuadé Marianne, un hebdomadaireproche des mêmes cercles (ex) strauss-kahniens, de le présenter comme un"héros de la restructuration de la dette grecque". Même story-telling du côté de l'émission Des paroles et des actes de France 2 (présentée par David Pujadas et diffusée la semaine dernière) selon laquelle Matthieu Pigasse serait un  homme "marqué à gauche".

PIGASSE

Comprendre l'importance de la rencontre Valls-Pigasse nécessite de lever le voile sur Lazard, une puissante banque d'affaires dont l'adage résume le mystère : "Le secret de la maison, c'est le secret". Symbole par excellence du capitalisme oligarchique, le dernier héritier de cette institution franco-américaine se nomme Michel David-Weill.

En 2007, l'homme originaire d'Alsace accorda un rare entretien à Libération à la suite de la publication de son autobiographie. Présenté comme "un petit monsieur charmant, propret et bien lustré jusqu’aux boutons de manchette en opaline, si ce n’était des sourcils de démon rouquin qui se hérissent et flamboient tels des brandons de malice et de vivacité", l'ancien patron de Lazard (de 1977 à 2001) -dont le journaliste Luc Le Vaillant précisa au passage qu'il est "un important contributeur de la cause d'Israël"- s'était confié incidemment sur un événement auquel il assista en direct: la destruction du World Trade Center. Au sujet de cette opération co-pilotée par la frange radicale de la mouvance américano-sioniste et financièrement exploitée -à travers des délits d'initiés- par de mystérieux spéculateurs boursiers demeurés impunis, le dandy confessa une vision cynique si l'on en croit le portrait de Libération:

(Il se décrit) en « pessimiste joyeux » (avec) une vision noire de la civilisation.

Le 11 Septembre ne l’a pas pris de court, c’était comme s’il rentrait en territoire connu. A trop fréquenter les requins de la finance, il voit des gueules de raie et des têtes de congre partout.

Et peut lancer en expert : « Ce qui mène le monde, c’est le goût du sang. Les humains aiment tuer ».

HICHAM HAMZA                                                             

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 09:19

Mauvaise réponse à une débâcle


valls2

Ce n’est pas un petit avertissement, c’est une débâcle infligée au pouvoir de M. Hollande. L’électorat de gauche en s’abstenant a sciemment refusé d’aller inverser la courbe qui s’était dessinée au premier tour. C’est cette abstention de la gauche qui a permis à la droite, avec l’apport des voix d’extrême-droite, d’accéder à la direction de plus de cent-cinquante villes et au parti de la famille Le Pen de gagner près de quinze municipalités. C’est dire si le moment est grave et inquiétant. Au lieu d’en tenir compte et de répondre aux demandes de justice sociale qui se sont exprimées dans les urnes et encore plus dans leur silence, le Président de la République n’entend que l’assourdissant tintamarre de la droite, de son extrême et du MEDEF  en nommant M. Valls qui incarnerait « l’ordre et l’autorité à Matignon ». Celui-là même qui a fustigé les lois de réduction du temps de travail ou la proposition de loi des parlementaires du Front de gauche sur l’amnistie sociale. Celui qui a placé au cœur de l’agenda politique ces derniers mois, les thématiques revenant à légitimer celles du parti de l’extrême-droite. En choisissant celui qui, lors de la primaire socialiste, n’a réalisé qu’un peu plus de 5%, F. Hollande signifie, avec un certain cynisme,  qu’il fait un pas de plus dans le libéralisme économique. Il risque ainsi de transformer les défaites en désastre pour nos concitoyens et pour la gauche. C’est un pas de plus dans le brouillage des repères, dans la décapitation des valeurs universelles qui fondent notre République.

 

Déjà les élections municipales confirment sa fragmentation politique. Pour nombre de nos concitoyens, l’extrême droite s’y est banalisée ce qui rend la situation encore plus préoccupante.

 

Le Front de gauche et les communistes ont aussi subi la désaffection de la gauche dans des mairies qu’ils animaient tandis qu’Europe Ecologie-Les Verts résiste plutôt bien, tout en étant dans la majorité gouvernementale.  Ce sont des forces avec lesquelles il faudra compter, à condition qu’elles aient l’ambition de se mettre au diapason des attentes populaires, tant du point de vue de la nature des changements à apporter dans la vie de nos concitoyens que dans leur pratique politique et leur rapport aux institutions. C’est ce à quoi appelle le très haut niveau de l’abstention dans une élection locale, qui jusque là mobilisait plutôt davantage que les autres scrutins. Cette donnée essentielle témoigne du niveau de défiance, de ras le bol, d’écœurement qui parcourt le pays. Il porte en germe une crise de la politique, voir une crise politique aux lourdes conséquences.

 

Un ouvrier, un employé, un petit paysan ou artisan, un retraité, un demandeur d’emploi, ne reconnait plus ce pouvoir comme étant de son côté, mais du côté des puissants. Toutes les forces politiques sont interrogées et mises en cause. La remobilisation des citoyennes et citoyens de gauche passe par leur respect, l’écoute de leurs angoisses et de leur désir de participer aux choix, et par un net changement de cap en faveur de la justice et la solidarité.

 

C’est d’un nouveau projet progressiste, alternatif, dont ils ont besoin, auquel ils souhaiteraient être associés. L’obstination à appliquer le programme de réduction de cinquante milliards de crédits publics pour les transférer aux grandes entreprises, sans contrepartie pour l’emploi, va à l’encontre d’un projet de gauche.

 

Les électrices et les électeurs en ont assez de voter pour une gauche qui ne tient pas ses engagements, qui, une fois élue, ne cesse d’invoquer la dette ou Bruxelles pour justifier l’austérité et le chômage, avec une calculette à la place du cœur. Or, le gouvernement de M. Hollande, comme le gouvernement sarkozyste, enferme les populations dans cette tenaille, en tenant le même discours selon lequel on ne peut pas faire une autre politique. Une gauche authentique doit-elle d’abord écouter les grondements des marchés financiers et les diktats de Bruxelles ou les aspirations populaires ? Si elle cède aux premiers, elle n’est plus reconnue comme étant la gauche par un peuple qui dès lors déserte les urnes ! Pour renouer les fils qui ont été rompus, il faut affronter la finance et l’Europe de l’argent-roi, en mobilisant les populations.

 

Notre République doit pouvoir respirer grâce à la maturation d’un nouvel âge de la démocratie, impliquant de sortir de cette monarchie élective où le Parlement est bâillonné et le gouvernement aux ordres du Palais de l’Elysée avec des citoyens réduits au rang de sujets spectateurs. Le problème n’est pas que le casting de l’équipe gouvernementale ou la pédagogie de celle-ci, mais de savoir si on va enfin écouter le peuple et faire de la politique avec lui et pour lui ?

 

Femmes et hommes de gauche, de toute la gauche et de l’écologie politique, faites-vous entendre au nom même de vos valeurs originelles et de votre refus de la catastrophe annoncée pour le pays, les communes et pour la gauche elle-même.

 

Une première occasion vous en sera  fournie le 12 avril prochain dans une grande marche populaire contre l’austérité, le pacte de responsabilité et le chômage, pour d’autres choix à gauche et pour transformer l’Europe.

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 08:53

Un marché transatlantique porteur de dangers

Europe

Derrière un vocabulaire policé il s’agit bien plus qu’un simple accord de libre-échange. Il s’agit d’un change- ment de société. Les pays européens et les Etats-Unis ne partagent pas les mêmes valeurs. Le pire étant que les gouvernements et l’UE acceptent d être manipulés par les multinationales européennes qui considèrent ne pas pouvoir accéder au marché « états-unien ». Et pour cela ils sont prêts à brader l’ensemble des règles sociales, économiques et de protection des normes de la culture, de l’agriculture, etc. Un exemple : aux USA, l’appréciation des risques sani- taires est très éloignée du principe de précaution. Même sur les droits de l’enfant, les Etats-Unis n’ont pas considéré qu’il était nécessaire de le ratifier. Mais le pire

rapprochent de la logique européenne. Suite à la parution du livre de Patrick Le Hyaric, le PCF a abordé ce sujet à son uni- versité d’été et dans toutes ses réunions qui ont concerné l’Europe. Il contribue à la réflexion du collectif national contre cet accord qui rassemble de plus en plus d’associa- tions, de syndicats agricoles ou de salariés comme des par- tis politiques de gauche, PCF, PG, Verts et l’ensemble du Front de gauche. Le silence de la presse sur le sujet est as- sourdissant. Cette opposition de notre part figure dans la plateforme du PCF et du PGE mais aussi du Front de gauche et dans la déclaration des principaux partis membres de la GUE-NGL au Parlement européen. Nous pouvons mettre en

échec cet accord néfaste en créant ou en participant à des collectifs locaux ou départementaux. Déjà deux conseils régionaux ont l’initiative du FDG, et des Verts ont voté une motion pour demander l’arrêt des négocia- tions. Il faut amplifier le mouvement

et éclairer nos concitoyens sur le caractère néfaste de cet accord. Ne pas admettre que les négociations soient se- crètes. Nous pouvons décortiquer les bribes de texte à notre disposition. Comme en 2005 au moment du débat sur le traite constitutionnel, c’est en éclairant nos concitoyens, en leur donnant des clés de compréhension que nous pourrons convaincre. Cette première bataille peut être gagnée si nous inversons le rapport de forces en France et en Europe. Rup- ture, refondation, avons-nous dit. Eh bien ce combat est notre premier exercice. Les Français et les Européens ne peuvent accepter cette accélération du processus d’inscrip- tion dans le marbre de "la concurrence libre et non faussée."μ

Gilles Garnier, membre de l’Exécutif national

Parti communiste français Paris, le 19 mars 2014

est que malgré les alertes du Parlement européen venues du groupe de la gauche unie et des Verts, malgré les prises de po- sition des parlementaires de gauche y compris socialistes, le gouvernement français, à l’image de la Commission euro- péenne, a décidé de passer outre. Au cours de sa visite aux USA, le Président de la République a plaidé pour l’accéléra- tion du processus de négociation. L’une des mesures prévues par l’accord parmi les plus scandaleuses est la création d’un "mécanisme de règlement des différends". Il serait donc pos- sible qu’un conflit entre entreprises des deux continents soit réglé par un tribunal arbitral qui échapperait aux Etats. Un exemple : depuis la signature de l’accord entre USA, Ca- nada et Mexique, 30 fois le Canada a été attaqué, 5 fois le Mexique et dans tous les cas les entreprises américaines ont gagné. Quant aux plaintes portées par les entreprises cana- diennes et mexicaines, aucune n’a abouti. Déjà aux Etats- Unis deux oppositions s’expriment, celle du lobby agricole et industriel américain qui a peur de perdre ses aides fédé- rales, mais aussi le monde de la culture et les antilibéraux qui, eux, souhaiteraient plutôt que ce soit les USA qui se

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 07:31

Pascal Lamy prône des «petits boulots» payés moins que le Smic

AFP 2 AVRIL 2014 À 19:11
Pascal Lamy, ex-directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Bruxelles le 13 janvier. Pascal Lamy, ex-directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Bruxelles le 13 janvier. (Photo Georges Gobet. AFP)

Pascal Lamy, ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et proche du président François Hollande, a plaidé mercredi pour plus de «flexibilité» sur le marché du travail, avec notamment des «petits boulots» payés en dessous du Smic.

«Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes mais je pense qu’il faut, à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic», a-t-il déclaré lors de «Questions d’Info» LCP/France Info/Le Monde/AFP.

C’est-à-dire moins que le Smic? «Oui absolument», a-t-il ajouté. «Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l’absolu, je n’aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage...»

Pour l’ancien commissaire européen socialiste, «il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer».

Au risque que cela rappelle le «Smic jeunes» de Edouard Balladur ou le «CPE» de Dominique de Villepin, tous deux abandonnés après des semaines de contestation sociale ? «Ce n’est parce qu’une réforme n’a pas marché ou parce qu’on a reculé devant la pression de l’opinion que c’est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu’on a essayées à un moment, qui n’ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age», a lâché M. Lamy.

Revenant sur les baisses de dépenses promises par le chef de l’Etat, il a estimé qu’elles devraient être au final d’environ 60 milliards d’euros: «50 plus probablement une dizaine pour financer» les baisses d’impôts pour les ménages et de cotisations sociales salariales annoncées lundi.

AFP
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BRUNO FORNACIARI

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