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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 15:21

Appel de la gauche du PS: "Non à la politique de l’offre !"

 

 

27 membres du bureau national du PS sur 72 ont signé un appel pour une autre politique. Non à la politique de l’offre ! Non à la baisse du «coût du travail» disent-ils. "Si 35 % de la direction du parti signe, cela, on peut penser que, à la base, c’est bien plus que la majorité des adhérents tellement le mécontentement est grand" écrit Gérard Filoche, également signataire.

  • Texte de l’appel :

La période est instable. De l’extrême droite qui se rassemble derrière des slogans racistes et antisémites à la droite radicalisée qui remet en cause la légitimité du Président de la République à gouverner, un front des conservatismes se constitue. Cette situation appelle une réaction forte. Une réaction essentielle pour reprendre la main, faire reculer le chômage et engager pleinement la transition écologique. Et ne pas donner l’impression que, malgré́ l’arrivée de la gauche au pouvoir, les droites et leurs « valeurs » sont en dynamique.

De toutes nos forces nous voulons que la gauche réussisse. Dix ans de politique de droite ont profondément abimé notre pays. La crise a dévasté nombre de territoires, plongé des millions de familles dans l’angoisse de la précarité ou du chômage.

A l’occasion de la campagne présidentielle, François Hollande a, à juste titre, pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Il avait porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Pour sortir le pays du chômage de masse, il avait proposé une feuille de route qui n’oppose pas la production à la redistribution, l’offre à la demande, l’efficacité́ économique à la justice sociale.

Cette feuille de route, c’est toujours la nôtre.

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, l’Union européenne subit toujours la crise et ses conséquences. Trois pays se trouvent encore sous assistance financière, le chômage atteint 12% dans la zone euro et la croissance est en berne.

C’est pourquoi nous continuons de penser qu’il est nécessaire de faire vivre la promesse de réorientation de la politique Européenne. Plus que jamais, la France doit créer les conditions d’un rapport de force favorable aux politiques de sortie de crise. La situation impose de nous dégager de la logique trop restrictive liée aux normes budgétaires et monétaires européennes.

La réduction des déficits préconisée par la Commission européenne a provoqué des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. Surtout, ces «efforts» imposés aux populations n’ont pas permis de réduction de la dette publique. Elle est passée pour l’Union européenne à 27 de 62% du PIB en 2008 à 85% quatre ans plus tard. Loin de réduire la dette, l’austérité contribue à l’augmenter davantage.

Aujourd’hui, les critiques convergent pour remettre en cause des politiques socialement dangereuses et économiquement inefficaces. Les citoyens, mais aussi de grandes institutions comme le FMI, l’OCDE, le BIT, pointent l’urgence d’une relance coordonnée en Europe.

Dans ce contexte, les élections européennes revêtent une importance particulière. Refonte de la politique commerciale, instauration d’une taxe sur les transactions financières, lutte contre les paradis fiscaux, politique monétaire au service de l’économie réelle, harmonisation sociale et fiscale, relance de l’investissement par la transition énergétique notamment, meilleure répartition du travail, smic européen : les socialistes porteront ces exigences en mai prochain.

Mais nous serons d’autant plus crédibles pour le faire si nous avons administré la preuve, en France, qu’il n’y a pas qu’une seule politique possible.

Or en dépit de la salutaire rupture avec l’ère Sarkozy, l’orientation en matière de politique économique suscite des désaccords et des inquiétudes dans nos rangs.

Nous ne nous reconnaissons pas dans le discours qui tend à faire de la baisse des « charges » et du « coût du travail » la condition d’un retour de la croissance. Il n’y a pas de « charges » mais des cotisations sociales qui sont en réalité du salaire différé.

Et nous sommes inquiets quand nous découvrons que la baisse des cotisations promise aux entreprises s’accompagne d’une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques en trois ans, sans même savoir quels sont ceux qui en supporteront les conséquences. Ce qui risque de rogner sur le modèle social français dont les grands principes ont été établis à la Libération.

La focalisation exclusive sur la baisse du « coût du travail » ne constitue pas une réponse adaptée

Comme l’ensemble de l’Union européenne, la France souffre de la crise. Les libéraux, dont le patronat se fait le porte-­‐parole, associent cette crise à un problème global de compétitivité engendré par une explosion du « coût du travail ». Cette lecture nous semble contestable.

Depuis le début des années 90, des centaines de milliards d’aides, d’exonérations, de subventions ont été́ distribuées sans aucun effet sur l’emploi et la compétitivité de nos entreprises. Pire, elles ont alimenté la rente au détriment des salaires et de l’investissement. Entre 1999 et 2008, alors que les firmes allemandes ont réduit leur taux de dividendes versées de 10%, leurs homologues françaises l’ont augmenté de près de 50%. Le « coût du capital » n’a jamais été aussi élevé.

L’industrie française se délite et les politiques libérales de ces 20 dernières années n’ont fait qu’en précipiter la chute, croyant pouvoir créer une « France sans usine », renonçant à toute politique industrielle ambitieuse. Le renouveau industriel nécessite un renforcement de notre « compétitivité hors-coût » qui ne sera rendue possible que par des aides ciblées et d’une réorientation des bénéfices de la rente vers l’investissement productif.

Or, on ne peut que constater la victoire de la finance sur la production. C’est la conséquence de la concentration de la richesse entre les mains d’un nombre de plus en plus petit. Aujourd’hui, alors que 10 % de la population concentre 60 % du patrimoine, les banques imposent aux entreprises des règles qui donnent la priorité́ à l’accroissement systématique des marges. Dès lors, il ne faut pas s’étonner du mouvement de concentration du capital (les quatre premières banques françaises ont un bilan équivalent à 400 % du PIB) et de financiarisation de l’économie.

Enfin, ne nous voilons pas la face. La finitude des ressources naturelles, la hausse inéluctable du prix des énergies fossiles dont notre modèle de production et de consommation est dépendant, la stagnation de nos taux de croissance déconnectés du bien-être humain, nous obligent à imaginer un nouveau modèle de développement. De même, l’évolution des gains de productivité́ rend indispensable de réfléchir à une nouvelle répartition du travail. Mais ce nouveau modèle de développement est par définition antagoniste des logiques libérales, court-termistes, à l’œuvre de nos jours.

Pour nous, la priorité doit donc être la suivante: favoriser l’emploi et l’investissement productif aux dépens de la rente.

Les préconisations avancées jusqu’à présent sont déséquilibrées.

Les socialistes se sont toujours refusés à opposer offre et demande, production et redistribution, bonne gestion des comptes publics et relance de l’économie. Les propositions contenues dans le « pacte de responsabilité́ » semblent s’écarter de cette position d’équilibre.

  • 1) L’objectif de baisse accélérée des dépenses publiques comporte des risques majeurs.

Le Président de la République s’est engagé à ne pas toucher au modèle social français. Néanmoins, la priorité́ accordée aux 50 milliards d’euros d’économies en trois ans, nous fait craindre une réduction du périmètre d’intervention de l’Etat, nuisible aux politiques sociales existantes et au fonctionnement des services publics.

  • 2) le redressement n’est pas possible sans la justice

A trop se focaliser sur « l’offre » et la « baisse des charges », le « pacte de responsabilité́ » risque de comprimer l’activité́ économique.

Par ailleurs, elle réduit considérablement nos marges de manœuvres pour mener à bien des politiques ambitieuses dans le domaine de l’éducation, du logement ou de la culture. Comment continuer à soutenir l’effort de réinvestissement de l’Etat dans le domaine éducatif mené́ depuis le 6 mai, si les baisses de crédits y sont massives ? Comment soutenir l’exception culturelle si, pour la troisième année consécutive nous baissons le budget du ministère de la culture. Enfin, comment les collectivités territoriales pourront-elles continuer à être le premier investisseur public de notre pays, si elles doivent réaliser des coupes budgétaires massives ?

Notre pays doit partir de ses atouts : qualité de la main d’œuvre, de ses services et infrastructures publics. Agir pour notre compétitivité, c’est penser dès maintenant le monde de demain et notre modèle de développement.

C’est donc d’abord agir sur nos capacités productives (montée en gamme, sobriété énergétique de notre appareil productif, investissement dans les énergies renouvelables, utilité́ sociale) et sur nos infrastructures. Ainsi en 2011, les importations énergétiques pesaient 88% du déficit de notre balance commerciale, entamant d’autant la création d’emplois et les capacités d’investissement de nos entreprises.

L’investissement dans l’éducation, la formation, la recherche, la transition énergétique, sont autant de leviers pour une stratégie de développement durable à moyen et long terme. L’enchainement des crises ces vingt dernières années témoigne d’un système court-termiste à bout de souffle, qui ne répond plus au double impératif d’efficacité́ économique et de justice sociale. Cette option volontariste d’investissement que nous proposons est un moyen d’en sortir.

Mais cet effort serait vain si, faute de consommation, bon nombre d’entreprises n’avaient pas de carnets de commande remplis, si faute de « planification » les industriels n’avaient aucune vision de l’avenir, et si faute d’anticipation ils n’étaient pas au rendez-­‐vous d’une reprise française et internationale.

Dès lors, nous pensons que, dans la mobilisation générale pour l’emploi décrétée par l’exécutif, la consommation populaire doit prendre toute sa place. Elle passe notamment par une réforme fiscale de grande ampleur, comme l’a d’ailleurs proposé le Premier ministre. Loin de s’opposer, redressement et justice vont de pair.

Obtenir un compromis social favorable au monde du travail

La social-démocratie suppose que le parti majoritaire à gauche soutienne les syndicats de salariés pour arracher un compromis au patronat.

Si le Président a été́ très clair sur les avantages accordés aux entreprises, les contreparties demandées restent floues. Il faudra plus qu’un « observatoire » pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, refuse de rentrer dans une logique de « donnant-­‐donnant » qui serait pourtant la moindre des choses. En lien avec les déclarations présidentielles, nous insistons sur la double nécessité́ de ne pas alimenter la rente pour servir l’investissement productif et de faire bénéficier les salariés, par le biais de la rémunération notamment, d’une part de cette aide.

Il n’y aura pas de « compromis social » favorable aux salariés sans mobilisation du parti, des parlementaires, du mouvement social. Salaires, embauches, réduction et partage du temps de travail, droits des salariés, contrôle des licenciements abusifs, modalités de remboursement des aides en cas de non-respect des engagements, politique de redistribution des dividendes : dans tous ces domaines nous devons porter des exigences fortes.

Oui, nous devons les porter, et en toute liberté́. Sachons-nous désintoxiquer des institutions de la Vème République. Tout ne peut procéder d’un seul homme. Les débats politiques ne se règlent pas en brandissant la menace de mesures disciplinaires ou en mettant les parlementaires au pied du mur.

Le PS doit jouer pleinement son rôle. Pour la réussite de la gauche au pouvoir, il faut un Parti autonome, force de propositions, relais des aspirations mais aussi des mécontentements. C’est une des conditions de la réussite commune.

Cette réussite passe aussi par l’implication de la gauche dans toute sa diversité́. Il n’y a aujourd’hui de salut pour la gauche française que dans la construction de convergences entre les forces politiques et sociales qui la composent. Au moment où une partie de la droite radicalisée fait jonction avec une extrême droite plus menaçante que jamais, le rassemblement de la gauche est une ardente obligation.

Signataires
27 membres du Bureau National du Parti socialiste (sur 72)  :  Pouria Amirshahi, Tania Assouline, Guillaume Balas, Marie Bidaud, Sandrine Charnoz, Pascal Cherki, Laurianne Deniaud, Stéphane Delpeyrat, Antoine Détourné, Julien Dray, Henri Emmanuelli, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Olivier Girardin, Jérôme Guedj, Liêm Hoang-­‐Ngoc, Frédéric Hocquard, Régis Juanico, Marie Noelle Lienemann, Marianne Louis, Fréderic Lutaud, Delphine Mayrargue, Emmanuel Maurel, Jonathan Munoz, Nadia Pellefigue, Paul Quiles Roberto Romero, Jean-­‐François Thomas, Isabelle Thomas

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Que penser de cet appel qui vient contredire les votes de ceux qui signent l'appel. Tous ont voté le CICE, le budget et les prinicpaux textes régressifs du gouvernement. Faut-il qu'il y ait le feu dans la maison pour que les socialistes dits de gauche lancent cette alerte ? Il est fort à parier qu'ils seront entendus sur certains points marginaux qui leur permettra de faire bloc derrière Bruno Leroux. Ce qui laisse augurer d'autres déception et pertes de crédibilité. Tentative sincère ou écran de fumée pour freiner le rtecul municipal ? C'est aux actes qu'ils seront jugés...définitivement


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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 18:52

Serge Dassault demande la levée de son immunité parlementaire

Le sénateur UMP l'a annoncé à l'AFP, lundi 10 février.

Le sénateur de l'Essonne, Serge Dassault, à Paris, le 17 octobre 2013.Le sénateur de l'Essonne, Serge Dassault, à Paris, le 17 octobre 2013. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Par 

 

Mis à jour le 10/02/2014 | 19:32 , publié le 10/02/2014 | 19:04

"Je demande la levée de mon immunité parlementaire." C'est ce qu'a annoncéSerge Dassault à l'AFP, lundi 10 février, expliquant vouloir démontrer qu'il n'avait "rien à [se] reprocher". L'industriel et patron de presse a déjà échappé, de justesse, à la levée de son immunité car le bureau du Sénat avait rejeté deux demandes de la justice en ce sens. L'élu est soupçonné d'achat de votes à Corbeil-Essonnes (Essonne).

Dans une tribune publiée  le 12 janvier sur le site du Figaro, il assurait se tenir "à la disposition immédiate de la justice", en réponse "aux déferlements de haine" à son égard après le refus du bureau du Sénat de lever son immunité parlementaire. "Plus tôt je serai interrogé par la justice, mieux ce sera", assurait le sénateur. Et de poursuivre : "Je pourrai enfin prouver que je suis totalement innocent, victime d'une tentative de déstabilisation et de faux témoignages."


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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 18:52

Serge Dassault demande la levée de son immunité parlementaire

Le sénateur UMP l'a annoncé à l'AFP, lundi 10 février.

Le sénateur de l'Essonne, Serge Dassault, à Paris, le 17 octobre 2013.Le sénateur de l'Essonne, Serge Dassault, à Paris, le 17 octobre 2013. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Par 

 

Mis à jour le 10/02/2014 | 19:32 , publié le 10/02/2014 | 19:04

"Je demande la levée de mon immunité parlementaire." C'est ce qu'a annoncéSerge Dassault à l'AFP, lundi 10 février, expliquant vouloir démontrer qu'il n'avait "rien à [se] reprocher". L'industriel et patron de presse a déjà échappé, de justesse, à la levée de son immunité car le bureau du Sénat avait rejeté deux demandes de la justice en ce sens. L'élu est soupçonné d'achat de votes à Corbeil-Essonnes (Essonne).

Dans une tribune publiée  le 12 janvier sur le site du Figaro, il assurait se tenir "à la disposition immédiate de la justice", en réponse "aux déferlements de haine" à son égard après le refus du bureau du Sénat de lever son immunité parlementaire. "Plus tôt je serai interrogé par la justice, mieux ce sera", assurait le sénateur. Et de poursuivre : "Je pourrai enfin prouver que je suis totalement innocent, victime d'une tentative de déstabilisation et de faux témoignages."


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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 10:57

 

SOCIAL-ECO -  le 10 Février 2014

 

Pétoche, l'éditorial de Paule Masson

 

 

Cela va finir par ressembler à une photo de famille. Une famille recomposée, iconoclaste mais qui ne cesse d’afficher sa complicité depuis l’université d’été du Medef de 2012, offrant en spectacle un défilé de ministres socialistes.

Le président de la République s’envole aujourd’hui vers les États-Unis, sans sa compagne, mais avec le président du Medef, Pierre Gattaz, à ses côtés. Les deux hommes, accompagnés de nombreux chefs d’entreprise, vont faire la tournée des marchés, en bon VRP d’un monde économique où la loi de la concurrence et la course 
aux profits s’imposent contre le plus grand nombre. 
Malgré la crise, grands groupes industriels et géants de 
la finance se comportent plus que jamais en prédateurs.

« Un financier, ça n’a jamais de remords. 
Même pas de regrets. Tout simplement la pétoche, grinçait Michel Audiard. Le crash financier de 2008 n’aura effectivement pas servi de leçon à Sanofi, qui vient de publier ses résultats. Le groupe pharmaceutique est en pleine restructuration, a supprimé 4 000 CDI ces cinq dernières années, fermé huit sites, réduit ses moyens de recherche, propose 0 % d’augmentation de salaire pour les employés, mais choisit de consacrer 50 % de ses profits à la rémunération de ses actionnaires. 
La CGT chiffre 
à 5,3 milliards d’euros 
la somme dilapidée 
en dividendes 
et rachats d’actions, 
un jackpot, dénonce 
le syndicat, qui s’avère supérieure à la somme totale des salaires de Sanofi dans le monde. Le PDG est vivement remercié pour appliquer avec zèle ce vol de richesses. En 2010, Chris Viehbacher touchait un revenu équivalant à 16 700 euros par jour. Après dégraissage, 
il en empoche aujourd’hui 20 500. À elle seule, 
la multinationale démontre l’erreur dans laquelle 
se fourvoie le gouvernement.

Pour relancer l’économie, c’est au coût exorbitant du capital qu’il faut s’attaquer. 
Loin de provoquer un réflexe de modestie, la crise 
a nourri les appétits des riches et du patronat. Pierre Gattaz ne se vante-t-il pas d’être à l’origine du pacte de responsabilité ? À en croire les derniers sondages, l’annonce de ce super-bonus pour les entreprises est 
à l’origine d’un nouveau décrochage de François Hollande dans l’électorat. Depuis qu’il assume son virage libéral, le chef de l’État est passé, selon TNS Sofres, 
sous la barre des 20 % de confiance. C’est à gauche 
qu’il recule, de 7 points, sans progresser à droite. L’électorat populaire, qui a grandement contribué 
à son élection, fait maintenant défection alors que 
se profilent d’importantes échéances électorales.

Un vent de panique est en train de gagner 
les rangs du PS, mais plutôt que de renouer avec 
une ambition émancipatrice, les voix qui appellent à serrer les rangs se font chaque jour un peu plus autoritaires. « Alors, à partir de maintenant et jusqu’en juin, c’est silence dans les rangs, on fera les comptes après », s’est autorisé Jean-Christophe Cambadélis. Cet état d’apparente résignation ne devrait pas durer. 
Chez les socialistes, chez Europe Écologie-les Verts aussi, il est des couleuvres trop grosses à avaler. L’esprit de parti a ses limites dès lors que l’accumulation de renoncements touche des valeurs fondatrices. Laisser la gauche mener une politique de droite, la droite flirter avec les idées extrêmes et les réactionnaires manifester dans la rue 
est une situation lourde de dangers pour la démocratie 
et l’esprit républicain. Il faut qu’arrive un sursaut. 
Les financiers se croient les plus forts. Gageons, 
avec Audiart, qu’un jour ils aient la pétoche.

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 07:57

Rencontre entre le CRIF et la CGT

Thierry Lepaon écrit à Roger Cukierman

vendredi 31 janvier 2014

Suite à la rencontre entre le CRIF et la CGT du 28 janvier dernier et la référence qui en est faite sur leur site, voici le courrier que Thierry Lepaon a adressé ce jour à Roger Cukierman, Président du CRIF.

Monsieur le Président,

Je suis très étonné de découvrir un compte-rendu à la fois partiel et erroné de la rencontre que nous avons eue avec vous-même et des représentants de votre association. Rappelons que cette rencontre faisait suite à une invitation de votre part afin d’évoquer les questions d’actualité et notamment la question de la montée de l’extrême droite et notre inquiétude commune face aux relents d’antisémitisme, d’islamophobie et plus globalement de racisme dans notre pays.

Sur la méthode d’abord, lorsqu’une rencontre de ce type est prévue avec des dirigeants de la CGT et notamment le Secrétaire général, il est d’usage de nous faire part au préalable de l’intention de rendre compte publiquement de l’échange et d’en faire vérifier le contenu par les participants. Ce manque de rigueur de la part d’une organisation comme le CRIF est de nature à entacher une relation de confiance entre nos organisations.

Cette démarche aurait permis de corriger une grave inexactitude dans les propos que vous me prêtez concernant la position de la CGT vis-à-vis de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction). En l’occurrence, je n’ai fait que confirmer que la CGT ne s’inscrivait pas dans la campagne BDS. En revanche, la CGT n’a jamais condamné ni ce mouvement ni ses acteurs dont certains sont d’ailleurs des adhérents de la CGT.

Le titre de l’article « La CGT condamne le BDS » posté sur votre site sous la rubrique « Le CRIF en action » me paraît relever d’une intention qui n’est pas respectueuse à l’égard de la CGT et de ses prises de positions.

Je vous demande donc de le supprimer. Afin qu’il ne subsiste aucune ambiguïté sur ce sujet, je me permets de vous rappeler brièvement la position de la CGT et les actions qu’elle mène, aussi bien en faveur de la paix entre les peuples israéliens et palestiniens que de la liberté d’expression des militants du BDS en France.

Ces actions s’inscrivent dans la solidarité de la CGT à l’égard des travailleurs de tous les pays et en faveur de la paix dans le monde. Elles partent du constat de la situation dramatique de la Palestine qui s’enracine dans l’occupation illégale des territoires conquis par Israël et le renchérissement de sa politique de colonisation. La CGT a toujours œuvré aux côtés de celles et de ceux qui se mobilisent pour la paix, en Israël comme en Palestine. Elle entretient des contacts syndicaux avec les travailleurs de cette région et c’est en lien avec ces organisations syndicales qu’elle recherche les moyens les plus efficaces et participe aux campagnes en faveur d’une paix juste et durable au proche-orient.

C’est le sens de la délégation conduite par Bernard THIBAULT en février 2013 en Palestine, à Gaza et en Israël. Forts de cette approche, nous considérons que le boycott global d’Israël ne favorise pas cette stratégie de paix et la coexistence de deux Etats, l’Etat Palestinien et l’Etat d’Israël. Par contre, la CGT s’inscrit totalement dans la campagne d’interdiction des produits fabriqués dans les colonies et dans l’obligation de transparence sur l’origine des produits israéliens destinés à l’exportation afin que l’Etat d’Israël soit contraint de respecter le droit international.

Enfin, je vous rappelle que la CGT, par la voix de Bernard THIBAULT, alors Secrétaire général, est signataire de l’appel initié par Stéphane HESSEL pour la relaxe des militants poursuivis pour leur participation à des actions de boycott. Ce soutien a été renouvelé le 17 décembre dernier, par une délégation de la CGT, de la LDH, de l’AFPS et de parlementaires auprès de la Ministre Christiane TAUBIRA demandant le retrait des circulaires Alliot-Marie et Mercier. Je tiens à vous préciser que je rendrai ce courrier public et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

Thierry Lepaon 
Secrétaire général de la CGT

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 08:39

«Pendant que nous admirons ces réformes, les Allemands, eux, cherchent à en sortir»

Peter Hartz, le père de la libéralisation du marché du travail outre-Rhin, à Braunschweig, en janvier 2007.
Peter Hartz, le père de la libéralisation du marché du travail outre-Rhin, à Braunschweig, en janvier 2007.
AFP PHOTO DDP/ROLAND MAGUNIA

Par Alexandra Cagnard

François Hollande a rencontré mardi, à l’Elysée, Peter Hartz, le père des réformes du marché du travail en Allemagne il y a dix ans. Un chef de l’Etat français qui a perdu son pari d’inverser la courbe du chômage en France fin 2013 et qui est en quête d’une politique susceptible de relancer l’activité et l’emploi. Il a proposé un pacte de responsabilité aux entreprises et voilà que le modèle allemand refait surface. Entretien avec Guillaume Duval, rédacteur en chef du magazine Alternatives Economiques, auteur de Made in Germany : le modèle allemand au-delà des mythes, paru aux éditions du Seuil, en 2013.

RFI : Peter Hartz est le père de la réforme du marché du travail en Allemagne. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’il a fait pour l’économie allemande ?

Guillaume Duval : Peter Hartz était le chef du personnel de Volkswagen. Il a réalisé un rapport qui proposait un certain nombre de réformes sur le marché du travail allemand. Et donc c’est lui qui est à l’origine des quatre lois qui ont suivi en 2003 et en 2004 en Allemagne. Ces lois portaient sur l’introduction de l’intérim qui n’existait pas du tout en Allemagne à ce stade-là, le développement de ce qu’on appelle les « mini-jobs », c’est-à-dire les boulots où les gens gagnent moins de 400 euros par mois et ne sont pas soumis à cotisations sociales, et surtout celle qui a le plus marqué, c’est celle qui a réduit la durée d’indemnisation du chômage et soumis les chômeurs à un régime très strict pour les obliger à prendre du boulot. En gros, c’est ce qu’on appelle la loi « Hartz 4 ».

A (RE) LIRE : Peter Hartz, ce conseiller allemand qui ébranle la classe politique française

Des réformes qui ont aussi et surtout permis à l’économie allemande de se redresser...

Absolument pas. Elles ont beaucoup creusé les inégalités en Allemagne, elles ont développé la pauvreté en Allemagne. L’Allemagne, c’est un pays qui a été géré par les conservateurs quasiment tout le temps. Tant qu’il était géré par les conservateurs, il y avait moins de pauvreté et moins d’inégalité qu’en France. Il y en a plus aujourd’hui et surtout ce sont des réformes aussi qui ont affaibli notablement la négociation sociale en Allemagne. Il n’y a plus qu’une grosse moitié des salariés allemands qui sont couverts par des conventions collectives. Et c’est d’ailleurs parce que c’est très embêtant pour les Allemands que quasiment tout ce qui s’est disputé dans le contexte de la dernière élection législative et du nouveau contrat de coalition entre madame Merkel et l’USPD consistait à justement comment revenir sur les réformes Hartz et les inconvénients très graves qu’elles ont causés à la société et à l’économie allemande. C’est pour cela que pendant que nous, on veut copier les réformes Hartz, les Allemands, eux, introduisent un Smic, comme la France, et ils sont en train d’adopter le système qui existe en France, le système d’extension des conventions collectives. Ils sont en train aussi de remettre en cause les « mini-jobs ». Il y a cinq millions de personnes qui gagnent moins de 400 euros par mois et qui n’ont pas cotisé pour la retraite pendant dix ans. C’est une bombe sociale qui est préparée par ces réformes. Donc ils sont en train d’obliger ces gens-là à cotiser maintenant pour les retraites. Donc pendant que nous, on admire ces réformes, c'est le paradoxe, les Allemands cherchent à en sortir.

A (RE) LIRE : Allemagne: Angela Merkel présente son agenda social

A (RE) LIRE : L'Allemagne aura bientôt un salaire minimum national

C'est une bombe sociale, dites-vous, mais pourtant la recette a tout de même fonctionné sur la baisse du chômage...

Les Allemands ont créé depuis vingt-cinq ans deux fois moins d’emplois que la France. Et même depuis 1999, ils en ont créé moins, mais c’est vrai que sur la dernière période, il y a eu plus d’emplois créés en Allemagne qu’en France. Simplement il y a moins de chômage, parce que l’Allemagne c’est un pays qui est en déclin démographique, c’est un pays qui a perdu 400 000 habitants depuis le début des années 2 000. La France est un pays qui en a gagné 4,9 millions. C’est vrai que ça ne facilite pas les choses.

Sur quel point, la France aurait intérêt à se tourner vers l’Allemagne, à prendre modèle de l’Allemagne ?

Il y a beaucoup de choses intéressantes en Allemagne, mais ce ne sont pas les réformes Hartz. C’est en particulier la gouvernance d’entreprise. Ce qui fait que ça marche bien du point de vue industriel en Allemagne, c’est notamment que les comités d’entreprise en Allemagne ne sont pas consultés pour avis. Ils ont un droit de veto sur beaucoup de décisions managériales importantes. Et d’autre part dans les conseils d’administration des grandes entreprises allemandes, vous avez une moitié de représentants des salariés à côté d’une moitié de représentants des actionnaires. C’est pour cela que les entreprises allemandes ont des politiques « longtermistes » et ne cèdent pas simplement à la dictature du profit pour le prochain trimestre. Les patrons allemands sont obligés de négocier avec leurs salariés et c’est pour cela que c’est solide.

Peter Hartz, nommé conseiller auprès de François Hollande, comme on l’a vu dans la presse. Bien évidemment, vous n’y croyez absolument pas ?

Non. François Hollande a rencontré Peter Hartz et il est certain que les réformes Schröder animent le débat public en France et y compris au plus haut niveau. Mais non, c’est une information qui a été démentie par l’Elysée, je ne pense pas que ça se passe comme ça. Et il n’y a pas besoin que ça se passe comme ça d’ailleurs même y compris pour copier ces réformes.

A (RE) ECOUTER : Aujourd’hui l’économie : Les réformes Schröder, un bilan discuté

Politiquement, qu’est-ce que pourrait engendrer un rapprochement profond avec les méthodes allemandes ? On l’a entendu ce mercredi matin sur notre antenne, Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, parle d’un Hollande dans « les jupons de Merkel ». Qu'en pensez-vous ?

Le rapprochement avec l’Allemagne est fait depuis 2012, depuis l’élection. Simplement le problème, c’est que c’est une dynamique qui risque d’emmener l’ensemble de la zone euro dans la déflation, puisque le gouvernement allemand maintient sa politique qui veut que les autres pays d’Europe aient des politiques très restrictives sans que l’Allemagne elle-même desserre vraiment sa ceinture et relance sa consommation intérieure. C’est ce qui a causé déjà la récession de 2013 dans la zone euro. C’est ce qui empêche de sortir réellement de la récession avec une croissance suffisante pour recréer des emplois. Donc le gros risque, c’est que la zone euro s’enfonce maintenant dans la déflation, une période qui peut être très longue, ça a duré vingt ans au Japon avant qu’il commence tout juste maintenant à s’en sortir. Mais le problème, c’est qu’on aura sans doute pas vingt ans sur le plan politique, ça risque de péter beaucoup plus vite que ça sur le plan social et politique. On risque de le voir notamment au niveau des élections européennes avec les scores qui sont annoncés pour l’extrême droite, non seulement en France, mais aussi dans le reste de l’Europe.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 03:34

Service public

Pour avoir La Poste, il faudra passer au guichet

 

 

Cette semaine dans la Terre: La Poste, l'entreprise délaisse les territoires ruraux. Le contrat de présence postale territoriale assigne à La Poste des objectifs non financés, dont la charge va reposer une fois de plus sur les usagers, les collectivités et les personnels.

Dormez, bonnes gens, tout est tranquille ! L’État, La Poste et l’Association des maires de France (AMF) ont signé le 16 janvier le contrat de présence postale territoriale (CPPT) 2014-2016. Censé garantir l’accès de tous les citoyens de la République à un service public postal de qualité en quelque point du territoire que ce soit, ce texte s’inscrit, nous dit-on « dans la continuité des précédents ». On ne sait s’il s’agit de nous rassurer, tant les moutures qui ont précédé celle-ci n’ont guère empêché la dégradation du service public, la réduction des horaires d’ouverture, la fermeture de nombreux bureaux de poste ou leur transformation en agences postales communales (APC) ou relais-poste, l’allongement des temps de distribution du courrier, l’augmentation du prix du timbre, la fermeture de centres de distribution et de centres de tri...

Six départements hors-la-loi

En réalité, citoyens et salariés n’ont pas intérêt à se laisser endormir par la berceuse des gardiens des dogmes de la concurrence et de la réduction des dépenses publiques. Car derrière des objectifs en apparence louables et un discours rassurant, cette nouvelle mouture du CPPT a pour seule ambition d’accompagner et d’habiller l’aggravation de la politique de dégradation du service postal et de recul du service public. Quitte à travestir et la réalité, et les intentions de ses promoteurs. Quitte aussi à bafouer la loi. Comme le réaffirme le préambule du CPPT, celui-ci s'inscrit dans le cadre de la loi qui depuis 1995 énonce des règles d'accessibilité précises : jamais plus de 10 % de la population d'un département à plus de 5 km ou 20 minutes en voiture d'un « point de contact » avec la poste. Des règles déjà discutables : quand on fait partie des 10 % en question, et/ou qu'on ne peut pas ou plus se déplacer en voiture,comment fait-on ? Mais surtout, la CGT l'affirme : dans six départements de la France métropolitaine (l'Eure, le Gers, le Lot, la Lozère, la Haute-Marne et la Meuse), ces règles d'accessibilité ne sont plus respectées. Et six autres départements - l'Aube, le Cantal, la Creuse, la Manche, la Haute-Saône et les Deux-Sèvres - sont à la limite. Autrement dit, avant même d'être signé, le CPPT est pris en défaut.

Et son contenu n’a rien de rassurant pour les populations rurales et leurs élus. Il est pourtant écrit noir sur blanc qu'il s'agit pour La Poste « d'adapter son réseau de points de contact pour répondre aux besoins des populations ». Passons sur la terminologie qui efface l'idée même de « bureau de poste », lesquels ne représentent plus que 9800 « points de contact » sur un total de 17 000 (avec 5 200 agences postales communales et 2 000 relais poste) : elle révèle qu'il s'agit en réalité de pousser les feux de « l'adaptation » et des « partenariats ». C'est-àdire de substituer à de vrais bureaux de poste, offrant la palette complète des services avec du personnel qualifié, des APC financées à terme par les communes (donc par les impôts locaux) et des relais poste n'offrant que le minimum vital en termes de services.

En fait de rapprocher le service usager, on concentre au contraire les points d'accès

C’est, nous explique un communiqué de l’AMF, que « le groupe La Poste est confronté à une baisse du volume du courrier et de la fréquentation des guichets » : il faut donc trouver d’autres « partenaires » susceptibles d’apporter leur concours fi-nancier. C’est ainsi qu’après les APC, les API (agences postales intercommunales) sont appelées à se développer, y compris dans le cadre de « maisons du service public » là où cela existe. En fait de rapprocher le service de l’usager, on concentre au contraire les points d’accès dans quelques chefs-lieux – et tant pis pour ceux qui peinent à se déplacer.

Pour financer la présence postale, le CPPT s’appuie sur un fonds de péréquation. 170 millions par an pendant trois ans, claironnent ses signataires. Sauf que l’Arcep (Autorité de régulation des communications) chiffre le coût de la présence postale territoriale pour La Poste à plus de 250 millions. Autrement dit, celle-ci est condamnée à perdre de l’argent sur cette mission. Pire : ce fonds est intégralement abondé par des dégrèvements d’impôts locaux, que l’État ne compense pas du tout. Donc la totalité du financement de la péréquation repose sur les collectivités ! Un véritable tour de passe-passe... aux dépens des usagers, des salariés, des collectivités. Les premiers subissent un service dégradé et qu’ils financent plusieurs fois ; les seconds subissent coupes claires dans l’emploi, dégradation des conditions de travail et perte du sens de leur métier ; les collectivités enfin se voient contraintes de financer par l’impôt un service public qui, de par la loi, revient à l’État

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 03:34

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Pour avoir La Poste, il faudra passer au guichet

 

 

Cette semaine dans la Terre: La Poste, l'entreprise délaisse les territoires ruraux. Le contrat de présence postale territoriale assigne à La Poste des objectifs non financés, dont la charge va reposer une fois de plus sur les usagers, les collectivités et les personnels.

Dormez, bonnes gens, tout est tranquille ! L’État, La Poste et l’Association des maires de France (AMF) ont signé le 16 janvier le contrat de présence postale territoriale (CPPT) 2014-2016. Censé garantir l’accès de tous les citoyens de la République à un service public postal de qualité en quelque point du territoire que ce soit, ce texte s’inscrit, nous dit-on « dans la continuité des précédents ». On ne sait s’il s’agit de nous rassurer, tant les moutures qui ont précédé celle-ci n’ont guère empêché la dégradation du service public, la réduction des horaires d’ouverture, la fermeture de nombreux bureaux de poste ou leur transformation en agences postales communales (APC) ou relais-poste, l’allongement des temps de distribution du courrier, l’augmentation du prix du timbre, la fermeture de centres de distribution et de centres de tri...

Six départements hors-la-loi

En réalité, citoyens et salariés n’ont pas intérêt à se laisser endormir par la berceuse des gardiens des dogmes de la concurrence et de la réduction des dépenses publiques. Car derrière des objectifs en apparence louables et un discours rassurant, cette nouvelle mouture du CPPT a pour seule ambition d’accompagner et d’habiller l’aggravation de la politique de dégradation du service postal et de recul du service public. Quitte à travestir et la réalité, et les intentions de ses promoteurs. Quitte aussi à bafouer la loi. Comme le réaffirme le préambule du CPPT, celui-ci s'inscrit dans le cadre de la loi qui depuis 1995 énonce des règles d'accessibilité précises : jamais plus de 10 % de la population d'un département à plus de 5 km ou 20 minutes en voiture d'un « point de contact » avec la poste. Des règles déjà discutables : quand on fait partie des 10 % en question, et/ou qu'on ne peut pas ou plus se déplacer en voiture,comment fait-on ? Mais surtout, la CGT l'affirme : dans six départements de la France métropolitaine (l'Eure, le Gers, le Lot, la Lozère, la Haute-Marne et la Meuse), ces règles d'accessibilité ne sont plus respectées. Et six autres départements - l'Aube, le Cantal, la Creuse, la Manche, la Haute-Saône et les Deux-Sèvres - sont à la limite. Autrement dit, avant même d'être signé, le CPPT est pris en défaut.

Et son contenu n’a rien de rassurant pour les populations rurales et leurs élus. Il est pourtant écrit noir sur blanc qu'il s'agit pour La Poste « d'adapter son réseau de points de contact pour répondre aux besoins des populations ». Passons sur la terminologie qui efface l'idée même de « bureau de poste », lesquels ne représentent plus que 9800 « points de contact » sur un total de 17 000 (avec 5 200 agences postales communales et 2 000 relais poste) : elle révèle qu'il s'agit en réalité de pousser les feux de « l'adaptation » et des « partenariats ». C'est-àdire de substituer à de vrais bureaux de poste, offrant la palette complète des services avec du personnel qualifié, des APC financées à terme par les communes (donc par les impôts locaux) et des relais poste n'offrant que le minimum vital en termes de services.

En fait de rapprocher le service usager, on concentre au contraire les points d'accès

C’est, nous explique un communiqué de l’AMF, que « le groupe La Poste est confronté à une baisse du volume du courrier et de la fréquentation des guichets » : il faut donc trouver d’autres « partenaires » susceptibles d’apporter leur concours fi-nancier. C’est ainsi qu’après les APC, les API (agences postales intercommunales) sont appelées à se développer, y compris dans le cadre de « maisons du service public » là où cela existe. En fait de rapprocher le service de l’usager, on concentre au contraire les points d’accès dans quelques chefs-lieux – et tant pis pour ceux qui peinent à se déplacer.

Pour financer la présence postale, le CPPT s’appuie sur un fonds de péréquation. 170 millions par an pendant trois ans, claironnent ses signataires. Sauf que l’Arcep (Autorité de régulation des communications) chiffre le coût de la présence postale territoriale pour La Poste à plus de 250 millions. Autrement dit, celle-ci est condamnée à perdre de l’argent sur cette mission. Pire : ce fonds est intégralement abondé par des dégrèvements d’impôts locaux, que l’État ne compense pas du tout. Donc la totalité du financement de la péréquation repose sur les collectivités ! Un véritable tour de passe-passe... aux dépens des usagers, des salariés, des collectivités. Les premiers subissent un service dégradé et qu’ils financent plusieurs fois ; les seconds subissent coupes claires dans l’emploi, dégradation des conditions de travail et perte du sens de leur métier ; les collectivités enfin se voient contraintes de financer par l’impôt un service public qui, de par la loi, revient à l’État

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 10:37

 

Pierre Laurent (PCF) : "Hollande est minoritaire dans la gauche"

Invité ce vendredi de France Info, Pierre Laurent, le secrétaire national du parti communiste a réaffirmé qu'il ne voterait pas la confiance au gouvernement sur le pacte de responsabilité. Et il assure que François Hollande est aujourd'hui "minoritaire dans la gauche". Avant de lancer un appel au rassemblement de tous ceux qui pensent comme lui.

PCF : "Hollande est minoritaire à gauche" © FranceInfo

"Moi je crois que François Hollande aujourd'hui est minoritaire dans la gauche. Et minoritaire parmi ceux qui l'ont élu en 2012. Mes alliés, ils sont dans toute la gauche française. J'appelle les socialistes, les écologistes, les syndicalistes qui se reconnaissent dans les valeurs de gauche, tous les citoyens de gauche à se rassembler..." affirme le patron du PCF.

Et il est catégorique : "Vous verrez, nous ne serons pas seuls à dire ce que nous disons sur le pacte de responsabilité".  

Contreparties : "Beaucoup de mots ronflants, pour le moment, rien"

Et Pierre Laurent répète qu'il ne votera pas la confiance au gouvernement quand le pacte de responsabilité arrivera à l'Assemblée nationale. Car ce pacte donne "à nouveau des cadeaux énormes au patronat. Et pour lequel il n'y a pour le moment aucune contrepartie en matière d'emploi", seulement des "mots ronflants".

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 10:28

«Les entreprises ne paient pas 30 milliards de cotisations familiales», assure le président de la Cnaf

 

Jean-Louis Deroussen (CFTC) lance une« ultime alarme » au gouvernement.

Jean-Louis Deroussen (CFTC) lance une« ultime alarme » au gouvernement. MEIGNEUX / SIPA

INTERVIEW - Rencontre avec Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale des allocations familiales...

François Hollande l’a annoncé la semaine dernière : à partir de 2017, les entreprises ne payeront plus de cotisations familiales. Ce qui représente pour elles, affirmait le président lors de sa conférence de presse, 30 milliards de charges. Faux, rétorque Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

 

Vous remettez en question le chiffre de 30 milliards annoncé par François Hollande. Pourquoi ? 


Les cotisations familiales représentent 35 milliards d’euros, dont 5 milliards proviennent de l’Etat en tant qu’employeur et des entreprises publiques (SNCF, EDF…). Le reste est donc censé être financé par les entreprises privées, mais c’est faux : elles ne paient pas 30 milliards de cotisations familiales, seulement 10 milliards.

 

Tout simplement parce que les employeurs paient ces cotisations sur les salaires versés aux employés. Or, ils n’en paient pas pour les salaires au Smic et seulement en partie pour ceux qui représentent jusqu’à 1,6 fois le Smic. Ces exonérations représentent 20 milliards d’euros de cadeau pour les entreprises, que l’Etat paie donc déjà à leur place.

Evidemment, les entreprises et le Medef se sont bien gardés de communiquer clairement sur ce point.

 

Mais la «bonne» nouvelle, c’est que l’Etat n’a donc «que» 10 milliards à trouver ? 


Effectivement. Mais nous nous interrogeons tout de même sur la pertinence de cette décision. La suppression des cotisations familiales sur les petits salaires n’a pas entraîné la création de milliers d’emplois. De même, la baisse de TVA dans la restauration ne s’est pas accompagnée de massifs recrutements… 

 

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine assure que les allocations familiales ne pâtiront pas de cette décision. Mais elle n’évoque pas les crèches ou encore l’allocation de logement (ALF ou ALS), également financées grâce aux cotisations des entreprises. Doit-on s’en inquiéter ? 


J’ose espérer que la ministre a évoqué les seules allocations familialespour simplifier son propos, et non pas parce que le gouvernement envisage des coupes dans nos autres missions.

 

Ce serait d’autant plus dommage que nous venons de signer une convention d’objectif avec l’Etat pour la période 2013-2017 dans laquelle la création de 200.000 nouvelles places en crèche est contractualisée. Mais nous devons bien sûr rester très vigilants. 

 

Propos recueillis par Céline Boff
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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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