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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 06:10

Clash Asselineau/Salamé : la journaliste roule pour l’OTAN…comme son papa

INFO PANAMZA. Samedi, sur France 2, François Asselineau a qualifié Léa Salamé d'"ambassadeur de l'OTAN": une telle expression pourrait également s'appliquer au père de la journaliste. Décryptage.

Le 22.09.2014 à 14h11

Les lecteurs de Panamza connaissent les dérapages de Léa Salamé. En voici le résumé publié le 11 juin:

PROMOTION D'UNE ZEMMOURETTE.

Elle suggère que les "barbus" et les "femmes voilées" dégagent une odeur pestilentielle {http://panamza.com/1982}; elle s'esclaffe quand on présente les Turcs comme des "abrutis" {http://panamza.com/6118}.

Propulsée à l'écran par Jean-Pierre Elkabbach, la journaliste LÉA SALAMÉ, animatrice du débat Zemmour-Domenach sur I Télé, va remplacer Natacha Polony auprès de Laurent Ruquier.

L'information a été confirmée -ce matin, sur Europe 1 {http://panamza.com/ack}- par Catherine Barma, productrice de l'émission (achetée par le service public de France 2) qui fut à l'origine de la censure des propos d'Aymeric Caron relatifs aux exactions commises par l'armée israélienne {http://panamza.com/6427}.

Samedi dernier, la journaliste n'a pas commis de bévue : elle s'est contenté de dévoiler un pan de l'idéologie atlantiste qui semble l'animer.

Face à François Asselineau, président de l'Union Populaire Républicaine, Léa Salamé a fait preuve, comme à son habitude, de pugnacité. Et d'un brin de roublardise.

Abordant la question du maintien de la France au sein de l'OTAN, la chroniqueuse politique a ainsi fait mine d'assimiler le refus d'Asselineau sur le sujet à de "l'anti-américanisme primaire".

A priori, Léa Salamé n'exerce pas la fonction de porte-parole de l'OTAN et n'a pas d'accointances officielles avec la mouvance atlantiste. Pourquoi, dès lors, use-t-elle de la caricature et de la diabolisation de son interlocuteur sur cette question en particulier?

La fille de son père?

Contrairement aux pays anglo-saxons, la France est réputée pour son tabou relatif à l'argent en général et à l'exposition de ses rémunérations en particulier. Un autre sujet est également sous-traité: les carrières construites et consolidées grâce aux réseaux d'influence dans la sphère politico-médiatique.

Prenons l'exemple de Léa Salamé. À l'annonce de son entrée dans l'émission de Laurent Ruquier, deux médias hexagonaux se sont vus accorder un entretien-portrait: Le Monde et Les Inrockuptibles. Ni l'un ni l'autre (appartenant d'ailleurs, tous deux, à Matthieu Pigasse, banquier d'affaires de Lazard) n'ont abordé -de manière sérieuse et approfondie- la question de sa filiation, pourtant particulière.

La rédactrice du Monde se contente ainsi de dépeindre une "catholique à moitié libanaise et arménienne (par sa mère)" et "fille d'un célèbre politologue" non identifié.

La mère, Mary Boghossian, est issue d'une illustre famille de diamantaires. Comme le précise le quotidien libanais L'Orient Le Jour dans un récent papier consacré à sa fille, cette héritière de Robert Boghossian participe aujour'hui à la gestion de la Fondation Boghossian, une structure basée à Bruxelles (comme le Parlement européen et l'OTAN) et vaguement destinée à l'amélioration des"relations Orient-Occident".

Quant au père de la journaliste âgée de 34 ans, il se nomme Ghassan Salamé. Éminent universitaire, il fut ministre de la Culture au Liban de 2000 à 2003 avant de rejoindre l'équipe du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

Sa spécificité? Voici ce qu'avait rapporté incidemment Panamza -le 25 septembre 2013- à son sujet.

Léa Hala Salamé est la fille d'un ancien ministre libanais de la Culture devenu membre de l'Open Society et dirigeant à Sciences-Po Paris.

La figure tutélaire de l'ultra-select Open Society? George Soros, un milliardaire dont la fortune s'est accrue à la faveur de l'invasion anglo-américaine de l'Irak : il est l'un des artisans du groupe Carlyle, puissante société de gestion d'actifs liée au complexe militaro-industriel des États-Unis.

Soros est également à l'origine de la fondation d'un think-tank devenu relais idéologique de l'OTAN et dénommé International Crisis Group. Son vice-président? Ghassan Salamé. Présent dans le comité exécutif pour garder un oeil sur sa création: George Soros.

Evidemment, comme le montre parfaitement le cas Nicolas Domenach, tout journaliste politique ne partage pas nécessairement les convictions ou les allégeances de ses proches.

Mais, au regard du zèle déployé par Léa Salamé pour défendre cet organisme controversé qu'est l'OTAN, il n'est pas interdit de s'interroger sur le poids de ses connexions intimes avec l'intelligentsia atlantiste.

Et pour conclure ce papier sur une note légère, souvenons-nous qu'un ancien président de la République -le pudibond Charles de Gaulle- n'avait pas hésité -selon son ancien ministre Alain Peyrefitte- à utiliser une métaphore sexuelle pour représenter l'influence nocive de l'OTAN (que la France a réintégré sous Nicolas Sarkozy).

HICHAM HAMZA

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 03:26

Pour le Figaro magazine : Plutôt Hitler que l'insurrection populaire

Fabrice Savel

Vendredi, 22 Août, 2014

Crédit:

l'Humanité.fr

Dans son édition de ce week-end, l’hebdomadaire affiche Hitler en une alors que Paris commémore sa Libération.

Dans le jargon on appelle ça “un coup pour vendre du papier”. C’est un sale coup que vient de commettre le Figaro magazine dans son édition de ce week-end, en pleines commémorations du 70e anniversaire de la Libération de Paris.

À sa une le magazine n’affiche pas les Parisiens qui, les armes à la main, ont libéré la capitale de la France de l’occupant nazi. Non. L’hebdomadaire a préféré mettre pleine page une photo d’Hitler qui prend la pose devant la tour Eiffel lors de sa visite éclair en juin 1940, après la capitulation de Pétain, avec ce titre : “Hitler et la France - Histoire d’une obsession”.

Et le magazine, dans l’épisode 7 de sa série d’été consacrée “aux grands conquérants” de nous raconter la visite “touristique” du dictateur dans Paris vaincu.

Des femmes et des hommes, souvent jeunes, sont morts dans les rues de Paris au cours de cette bataille. Sur les murs de la capitale, des plaques gravées de leurs noms, nous rappellent leur combat pour la liberté. C’est à eux que Paris rend hommage aujourd’hui. Sans le Figaro magazine.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 19:14

LISTE des 110 parlementaire français opposés à la reconnaissance d’un Etat Palestinien !

[Les clubs « Penser la France » sont profondément choqués par l’attitude de ces parlementaires, dignes des membres de l’AIPAC qui menacent le Président Obama. Qui sont ces gens ? Une honte pour la France.]

***

110 parlementaires français : “nous nous opposons à la reconnaissance unilatérale palestinienne”

Initié par les présidents des groupes d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale et au Sénat, Claude Goasguen (UMP) et Jean-Pierre Plancade (RDSE), le texte réunit des élus de droite, du centre et de gauche.

Monsieur le Président de la République,

Nous, parlementaires français issus de la majorité présidentielle et des rangs de l’opposition, réaffirmons notre engagement en faveur d’une résolution pacifique et négociée du conflit israélo-palestinien reposant sur le principe de deux Etats pour deux peuples.

Nous sommes convaincus que seule la voie du dialogue peut garantir l’établissement d’une paix juste et durable. Aussi, nous appelons Israéliens et Palestiniens à reprendre sans plus tarder le chemin des pourparlers et les exhortons à s’abstenir de toute démarche unilatérale. C’est la raison pour laquelle, nous nous opposons à la stratégie de contournement des négociations visant à imposer la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien lors de la session de septembre de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Certes, le chemin qui mène à la paix est parsemé d’obstacles et le blocage actuel des pourparlers pourrait conduire un certain nombre d’entre nous à estimer qu’une telle démarche est frappée au coin du bon sens.

Elle est en réalité dangereuse, contreproductive et illusoire. Dangereuse, car loin de résoudre le conflit, elle ne fera que le perpétuer et l’exacerber en suscitant des attentes au sein de la population palestinienne que la réalité du terrain ne saurait combler. La frustration générée par ces attentes déçues pourrait alors rapidement déboucher sur un nouveau cycle de violences. Cette démarche est également contreproductive et illusoire, car aucune « solution miracle » ne soustraira les parties à la laborieuse mais nécessaire négociation des dossiers relatifs au statut permanent (Jérusalem, les frontières, la sécurité, les implantations, les réfugiés, l’eau) sans laquelle aucune paix n’est envisageable.

Il n’y a en effet pas d’alternative aux négociations qui implique de part et d’autre des concessions douloureuses. Comme l’a rappelé le Président américain Barack Obama lors de son allocution du 19 mai 2011 devant le Département d’Etat, une paix durable et équitable n’est possible qu’au moyen d’une approche reposant sur une démarche de type bilatérale. “Les actes symboliques destinés à isoler Israël aux Nations unies en septembre ne créeront pas un Etat indépendant”, a-t-il ajouté.

Cette position a été récemment réaffirmée par le Président du Parlement européen, Jerzy Busek, qui a estimé pour sa part lors d’une conférence de presse le 15 juin 2011 à Ramallah, que la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien serait « … inutile et dangereuse ».

De même, au sein de l’Autorité palestinienne, cette stratégie de contournement des négociations est loin de faire l’unanimité. Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a publiquement fait part de ses doutes quant au bien fondé d’une telle démarche. Elle ne fera, selon lui, pas avancer la cause palestinienne et risquerait au contraire d’éloigner son peuple de la réalisation de sa légitime aspiration.

En outre, cette manœuvre politique sape les fondements juridiques sur lesquels repose le processus de paix et viole les accords conclus entre Israël et l’Autorité palestinienne, accords dont la France et avec elle, l’ensemble de la communauté internationale, se sont portées garantes. En effet, les résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de Sécurité de l’ONU, les accords d’Oslo (1993) et la Feuille de route adoptée par le Quartet (Nations-Unies, Etats-Unis, Russie, Union Européenne), rejettent toute démarche unilatérale et invitent les parties à négocier ensemble une résolution du conflit reposant sur le principe de « deux Etats pour deux peuples vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ». Ce principe à été rappelé à de maintes reprises, notamment en Février 2011 par le Quartet qui « …réaffirme qu’une action unilatérale de l’une ou de l’autre des parties en présence ne peut anticiper sur les négociations à venir et ne serait pas reconnue par la communauté internationale. »

Par ailleurs, la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien conduira les parties dans une impasse et condamnera le processus de paix à une mort certaine. Elle limitera inévitablement les marges de manœuvre de la direction palestinienne et sa capacité à faire des compromis. Toute concession sera à l’avenir interprétée et vécue par la population palestinienne comme un renoncement et un recul inacceptable.

De même, elle enterrera définitivement les espoirs des partisans Israéliens et Palestiniens de la paix qui n’ont cessé d’œuvrer en faveur d’une solution négociée depuis l’inauguration du processus de paix à Madrid en 1991. Elle les marginalisera au profit des extrémistes qui refusent toute concession et n’hésitent pas à recourir à la violence.

Enfin, cette démarche unilatérale mettra en péril la coopération israélo-palestinienne dans les domaines de l’économie et de la sécurité qui a permis une croissance sans précédent en Cisjordanie et l’instauration d’un calme relatif dans les Territoires placés sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Elle conduira les parties à durcir leurs positions et risquerait de précipiter un nouvel affrontement à l’heure où les incertitudes planent sur l’avenir d’une région instable qui connaît de profonds bouleversements. Nous savons toute l’attention que votre gouvernement porte au processus de paix au Proche-Orient et partageons avec vous le souhait que la France et ses partenaires européens jouent un rôle plus actif dans les pourparlers israélo-palestiniens.

C’est pourquoi nous vous demandons solennellement, Monsieur le Président de la République, de réaffirmerl’engagement de la France en faveur d’une solution négociée au conflit en vous opposant à la résolution visant à imposer de manière unilatérale la reconnaissance d’un Etat palestinien. Seul un retour à la table des négociations et des concessions réciproques reposant sur le principe d’une reconnaissance mutuelle garantira l’établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre plus haute considération.

Signataires :

1. Claude Goasguen, Union pour un Mouvement Populaire, Député, ancien ministre

2. Jean-Pierre Plancade, Rassemblement Démocratique et Social Européen, sénateur

3. Jean-Michel Baylet, Président du Parti Radical de gauche, sénateur, ancien ministre

4. Patrick Beaudoin, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

5. Herve Mariton, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, ancien ministre

6. Yvon Collin, Président du groupe du Rassemblement démocratique et social européen(RDSE), Sénateur

7. Michel Hunault, Nouveau Centre, Député

8. Didier Quentin, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission des Affaires européennes, ministre plénipotentiaire, Député-maire

9. Stéphane Demilly, Nouveau Centre, Vice-président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, Député-maire

10. Monique Iborra, membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Vice- président du conseil régional de Midi-Pyrénées, Députée

11. Jean-Marie Le Guen, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche,adjoint au maire de Paris, Député

12. Sylvie Desmarescaux, non affiliée, sénatrice-maire

13. Jean Lasalle, Vice-président du Modem, Député

14. Raymond Couderc, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire

15. Jean-Marie Bockel, Rassemblement Démocratique et Social Européen, sénateur, ancien ministre

16. Serge Blisko, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Député

17. Emile Blessig, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

18. Paul Giaccobi, Apparenté groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Président du Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse, secrétaire de l’Assemblée nationale, Député

19. Eric Raoult, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, ancien ministre20)

20. Madec Roger, Membre du groupe socialiste, sénateur-maire

21. Jacques Remiller, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

22. Jean-Pierre Leleux, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire

23. Faucaunier Alain, Membre du groupe socialiste, Sénateur-Maire

24. Herbillon, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Député-maire

25. Yves Dauges, Membre du groupe socialiste, sénateur

26. Marie-Louise Fort, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

27. Yvan Lachaud, Président du groupe Nouveau Centre, à l’Assemblée Nationale, Député

28. Jean-Luc Préel, Nouveau Centre, Vice-président de la commission des affaires sociales,Député

29. Étienne Mourrut, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

30. George Paul-Langevin, Vice-présidente du Groupe socialiste, radical, citoyen et diversgauche, Députée

31. Jacques Gautier, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire

32. Philippe Gosselin, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

33. Nicole Bricq, membre du groupe socialiste, Vice-présidente de la commission des finances, sénatrice

34. Philippe Vitel, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission de ladéfense nationale et des forces armées, Député

35. Jean-Claude Frécon, Membre du groupe socialiste, sénateur-maire

36. Joëlle Garriaud-Maylam, Union pour un Mouvement Populaire, secrétaire de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Vice-présidente de la commission sur la dimension civile de la sécurité au sein de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, sénatrice

37. Daniel Mach, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

38. Jean-François Mancel Union pour un Mouvement Populaire, Député

39. Valéry Boyer, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

40. Michel Voisin, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, Vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, Député

41. Paul Jeanneteau, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

42. Mélot Colette, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, sénatrice

43. Simon Sutour, Membre du groupe socialiste, Vice-président de la commission des Affaires européennes, sénateur

44. Arlette Grosskost, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

45. Rudy Salles, Vice-président du Nouveau Centre, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député

46. Anne Grommerch, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

47. Herve Maurey, Union centriste, sénateur-maire

48. Bernard Debré, Union pour un Mouvement Populaire, Député, ancien ministre

49. Isabelle Vasseur, Union pour un Mouvement Populaire, Députée-maire

50. Jean-François Humbert, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur

51. Dominique Tian, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

52. Françoise Branget, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

53. Éric Straumann, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

54. Richard Dell’Agnola, Union pour un Mouvement Populaire, Député

55. Marcel Bonnot, Union pour un Mouvement Populaire, Député

56. Jacques Grosperrin, Union pour un Mouvement Populaire, Député

57. Gilbert Barbier, Rassemblement Démocratique et Social Européen, Vice-président de lacommission des affaires sociales, sénateur

58. Laurent Béteille, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire

59. Serge Lagauche, Membre du groupe socialiste, Vice-président de la culture, de l’éducationet de la communication, sénateur

60. Bernadette Dupont, Union pour un Mouvement Populaire, sénatrice

61. Olivier Dassault, Union pour un Mouvement Populaire, Député

62. Armand Jung, membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Député

63. Pierre-Christophe Baguet, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

64. Jacques Kossowski, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

65. Geneviève Lévy, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

66. Brigitte Baragès, Union pour un Mouvement Populaire, Députée-maire

67. Françoise Hostalier, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

68. Marc Bernier, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

69. Michel Sordi, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

70. André Schneider, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-Président de la délégation française à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Député

71. Lionnel Luca, Union pour un Mouvement Populaire, Co-président de la Droite populaire Député

72. Roland Blum, Union pour un Mouvement Populaire, Premier Adjoint au Maire de Marseille, Député

73. Bruno Gilles, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire

74. Richard Mallié, Union pour un Mouvement Populaire, Questeur de l’Assemblée nationale, Député

75. Hoffman-Rispal Danièle, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Députée

76. Jean-Claude Guibal, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire7

77. Colette Giudicelli, Union pour un Mouvement Populaire, sénatrice

78. Marie-Françoise Pérol-Dumont, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Présidente du conseil général de Haute-Vienne, Députée

79. Georges Mothron, Union pour un Mouvement Populaire, Premier Vice-président du conseilgénéral du Val d’Oise, Député-maire

80. Paul Durieu, Union pour un Mouvement Populaire, Député

81. Jean-Christophe Lagarde, Président exécutif du Nouveau centre, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député-maire

82. Dino Cinieri, Union pour un Mouvement Populaire, Député

83. Daniel Spagnou, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

84. Francis Grignon, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur

85. René Beaumont, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur

86. Jean-Marc Lefranc, Union pour un Mouvement Populaire, Député

87. Guy Teissier, Union pour un Mouvement Populaire, Président de la commission de ladéfense et des forces armées, Député-maire

88. Jean-Jacques Urvoas, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Vice- président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Député

89. Jean-Marie Sermier, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

90. Christiane Demontès, Membre du groupe socialiste, Secrétaire du Sénat, Sénatrice-maire

91. Bernard Deflesselles, Union pour un Mouvement Populaire, Député

92. Christian Kert, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Député

93. Jérôme Chartier,Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

94. Claude Gatignol, Union pour un Mouvement Populaire, Député

95. Nicolas Forissier, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, ancien ministre

96. Jean-Marc Roubaud, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

97. David Habib, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Député-maire

98. Henriette Martinez, Union pour un Mouvement Populaire, Présidente déléguée de la section française de l’Assemblée parlementaire de la francophonie, Députée

99. Françoise de Panafieu, Union pour un Mouvement Populaire, Conseillère de Paris, Vice- président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, ancienne ministre, Députée

100. Michèle Tabarot, Union pour un Mouvement Populaire,Présidente de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, Députée-maire

101. Jean René Lecerf , Union pour un Mouvement Populaire,Vice-Président de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale, Vice-Président du conseil général du Nord, sénateur-maire

102. Patrick Bloche, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Conseiller de Paris, Député-maire du 11ème arrondissement de Paris

103. Jean-Luc Bennahmias, Vice-président du Modem, Député européen

104. Alain Moyne-Bressand, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire

105. Christophe-André Frassa, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur

106. Valérie Rosso-Debord, Union pour un Mouvement Populaire, Députée

107. André Vallini, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Conseiller de Paris, Porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Député-maire

108. Guénhaël Huet, Union pour un Mouvement Populaire, Député

109. François Pupponi , Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche,Conseiller de Paris, Député-maire.

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.ep-mir.com/spip.php ?article6455

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 00:28

Durant vos vacances, le PS dépose un projet de loi qui légalise la censure sur les affaires politiciennes

Menace sur le droit à l’information et les lanceurs d’alerte

Les socialistes préparent l’omerta sur la vie des affaires

Le groupe socialiste a déposé le 16 juillet sur le bureau de l’Assemblée une proposition de loi instaurant un délit de violation du secret des affaires. Même si ses concepteurs le démentent, cette réforme constituerait une menace sur le droit à l’information et les lanceurs d’alerte.

C’est une proposition de loi liberticide que les députés du groupe socialiste ont déposée le 16 juillet 2014, sur le bureau de l’Assemblée nationale : sous le prétexte de lutter conte l’espionnage dont les entreprises peuvent être victimes et de défendre leurs intérêts économiques, le texte, qui est une variante de la réforme envisagée par la droite sous Nicolas Sarkozy, constituerait, s’il était adopté – et même si ses auteurs s’en défendent –, une grave menace pour la liberté de la presse, et pour les lanceurs d’alerte ayant connaissance de dérives au sein d’un établissement industriel ou d’un groupe financier. Alors que dans le monde entier, de nombreuses grandes démocraties entérinent des législations progressistes pour accroître la transparence sur les questions d’intérêt public, la France avance, elle, à reculons, et protège le vieux capitalisme opaque qui est, de longue date, l’un de ses signes distinctifs.

Cet inquiétant projet visant à organiser l’omerta sur la vie des affaires n’est, certes, pas récent. Voilà des lustres que le patronat et les milieux financiers parisiens en rêvent. Faute d’obtenir la dépénalisation de la vie des affaires qu’ils ont longtemps espérée, ils ont fait de cette réforme visant à instaurer un délit de violation du secret des affaires l’un de leurs chevaux de bataille. Et sous le quinquennat précédent, celui de Nicolas Sarkozy, la croisade a bien failli aboutir.

Comme l’a fréquemment chroniqué Mediapart (lire en particulier Une proposition de loi pour organiser l’omerta sur l’économie), un élu de l’UMP, Bernard Carayon, s’est longtemps fait remarquer en bataillant pour obtenir une telle loi sur le secret des affaires. Après avoir écrit un rapport en 2003 (on peut le télécharger ici), à la demande du premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, il a souvent mené campagne pour l’adoption de dispositions liberticides, protégeant les entreprises de la curiosité légitime des citoyens et donc des journalistes.

Et il a été à deux doigts d’y parvenir. Le 23 janvier 2012, l’Assemblée nationale a en effet voté, avec les seules voix des députés de l’UMP, une proposition de loi dont il avait pris l’initiative, avec le soutien du ministre de l’industrie de l’époque, Éric Besson, et qui avait pour objet d’instaurer un nouveau délit, celui de violation du secret des affaires. Rendant compte de cette délibération des députés (lire L’Assemblée nationale vote l’omerta sur les entreprises), ma consœur de Mediapart en pointait tous les dangers. Elle signalait d’abord que la notion même de secret des affaires, telle qu’elle était définie dans la proposition de loi, était dangereusement extensive.

Ce secret des affaires était en effet ainsi défini : « Constituent des informations protégées relevant du secret des affaires d’une entreprise, quel que soit leur support, les procédés, objets, documents, données ou fichiers, de nature commerciale, industrielle, financière, scientifique, technique ou stratégique, ne présentant pas un caractère public, dont la divulgation non autorisée serait de nature à compromettre gravement les intérêts de cette entreprise en portant atteinte à son potentiel scientifique et technique, à ses positions stratégiques, à ses intérêts commerciaux ou financiers ou à sa capacité concurrentielle, et qui ont, en conséquence, fait l’objet de mesures de protection spécifiques destinées à informer de leur caractère confidentiel et à garantir celui-ci. »

Pour mémoire, cette proposition de loi de Bernard Carayon peut être téléchargée ici ou consultée ci-dessous :

La proposition de loi de l’UMP by Laurent MAUDUIT

Du même coup, c’est le droit à l’information des citoyens qui s’en trouvait menacé. Et ma consœur le montrait également, en s’interrogeant sur les enquêtes que Mediapart n’aurait pas pu publier dans le passé, sans enfreindre la loi, si une telle législation répressive avait à l’époque existé. Au diable l’enquête sur le scandale Adidas-Crédit lyonnais ! À la poubelle, les enquêtes sur les ramifications luxembourgeoises du groupe Bolloré ! À la poubelle aussi, nos enquêtes sur toutes les dérives de ce qu’il est convenu d’appeler le « private equity », c’est-à-dire le secteur particulièrement opaque des fonds d’investissement qui spéculent sur le dos des PME non cotées ! Et à cette liste d’entreprises dont il serait devenu défendu de parler, il aurait fallu bien d’autres noms : Elf, Vivendi, BNP Paribas… Au diable, en somme, l’investigation économique indépendante qui, en France, n’est pourtant guère florissante…

Les journalistes sommés d’être « de bons patriotes »

Les sanctions prévues par cette proposition de loi étaient en effet très lourdes. « Le fait de révéler à une personne non autorisée à en avoir connaissance, sans autorisation de l’entreprise (…) une information protégée relevant du secret des affaires (…) est puni d’une peine de trois ans d’emprisonnement et de 375.000 euros d’amende », prévoyait le texte. Et Bernard Carayon ne manquait jamais une occasion de rappeler que les journalistes devraient bientôt se dispenser d’être trop curieux. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il faisait en effet valoir que « les professionnels de l’information [seraient] appelés à être aussi de bons patriotes »

Mais pendant un temps, on a pu penser que les choses allaient en rester là. Pour le plus grand déplaisir de ces milieux d’affaires, mais pour la plus grande satisfaction des citoyens attachés à l’indispensable transparence sur les sujets d’intérêt public. L’élection présidentielle a, en effet, monopolisé toutes les attentions. Et le débat parlementaire autour de cette sulfureuse proposition n’a pas dépassé l’examen du texte en première lecture devant l’Assemblée.

Résultat : après l’élection présidentielle et l’accession de François Hollande à l’Assemblée, la réforme a paru définitivement enterrée. Cela semblait d’autant plus probable que, dans les mois précédent le scrutin, la proposition de Bernard Carayon avait déchaîné une vive polémique. Tous les syndicats de journalistes l’avaient dénoncé. Même l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef), qui n’est pourtant pas réputée pour être rebelle, avait dit son indignation par la bouche de son président, Serge Marti : « Il est à craindre que quelques scandales récents (Mediator, implants mammaires…) n’auraient pas éclaté avec une telle loi », s’était-il à juste titre insurgé.

Mais voilà ! En ce domaine comme en tant d’autres, il n’a pas fallu attendre beaucoup pour que les dirigeants socialistes tournent casaque. Dans le cas présent, c’est l’éphémère ministre des finances, Pierre Moscovici, qui s’est surtout distingué à Bercy pour son empressement à devancer les moindres désirs des milieux patronaux, qui a tombé le masque le premier. Dès le 1er octobre 2012, il a ainsi organisé au ministère des finances une première réunion interministérielle pour examiner la possibilité d’exhumer cette réforme en faveur du secret des affaires (Lire Moscovici exhume le secret des entreprises).

Pendant quelques temps, on a pu, cependant, rester incrédule, pensant que Pierre Moscovici conduisait de dérisoires intrigues pour essayer de séduire les milieux d’affaires mais que cela ne préjugeait en rien des intentions réelles du gouvernement.

Et pourtant si, tout est là ! Car depuis plusieurs mois, les choses se sont soudainement accélérées. Et les menaces sur le droit à l’information des citoyens se sont renforcées.

D’abord, une très inquiétante jurisprudence a commencé à s’installer, venant consolider ce secret des affaires, avant même qu’il n’ait force de loi. Dans le courant du mois de mars 2014, le site marseillais d’information Tourmag (adhérent, comme Mediapart, du Spiil, le Syndicat de la presse d’information indépendante en ligne) a ainsi été condamné par la Cour de cassation, pour avoir brisé le secret des affaires et révélé un plan social qui concernait 484 personnes et que comptait mettre en œuvre le tour opérateur TUI (groupe Nouvelles frontières). On peut se reporter aux informations sur ce sujet de nos confrères deMarsactu, également implanté à Marseille.

A l’époque, le Spiil avait très vivement réagi, dans un communiqué (que l’on peut consulter ici): « Depuis plusieurs années, la liberté d’expression et de l’information, garantie par la loi sur la presse de 1881, est mise en danger par des décisions de justice au plus haut niveau, celui de la Cour de cassation. Les incursions de droits spéciaux — protection de la vie privée, responsabilité civile (article 1382 du Code civil), par exemple — dans le droit de la presse se font de plus en plus fréquentes. Ce mouvement s’accélère. Ces derniers jours, Atlantico (écoutes Sarkozy) et Mediapart (affaire Bettencourt) ont été sanctionnés sur le fondement de la protection de la vie privée. Mais aussi il prend de l’ampleur. TourMaG, site de presse spécialisé dans l’actualité économique du secteur du tourisme, vient d’être condamné pour avoir publié des informations économiques et sociales incontestées concernant TUI, un opérateur économique majeur de ce secteur. Pour la première chambre civile de la Cour de cassation, il s’agirait d’une violation du Code du Travail et de la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. Demain, quel autre droit spécial viendra ainsi fragiliser l’autonomie du droit de l’information ? »

Et puis au même moment, les partisans d’une réforme instaurant une chape de plomb sur les entreprises, pour les mettre à l’abri de toute curiosité, sont repartis à la charge. D’abord, comme Mediapart s’en est fait l’écho (Lire Secret des affaires : un projet de directive organisera l’omerta), la Commission européenne a mis au point dès le moins de novembre 2013 une proposition de directive européenne en ce sens.

Pour mémoire, voici ce projet de directive. On peut le télécharger ici ou le consulter ci-dessous :

Secret des affaires: le projet de directive by Laurent MAUDUIT

De fausses garanties pour la presse

Et puis, sans attendre que cette directive aboutisse, un groupe de travail informel s’est constitué peu après, autour de Jean-Jacques Urvoas, président socialiste de la commission des lois à l’Assemblée nationale, pour élaborer une nouvelle proposition de loi, transposant sans attendre le futur texte européen.

C’est donc ce groupe de travail qui a fini par accoucher de la nouvelle proposition de loi sur le bureau de l’Assemblée

Cette proposition de loi, on peut la télécharger ici ou la consulter ci-dessous :

Secret des affaires: la proposition de loi socialiste by Laurent MAUDUIT

Preuve que ce n’est pas une initiative solitaire, elle porte la signature de son principal concepteur, Jean-Jacques Urvoas mais aussi celle de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée, de Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, ou encore de Pierre Moscivici. Traduisons : le danger d’une nouvelle loi liberticide s’est brutalement rapproché.

Dans l’exposé des motifs, les signataires s’appliquent certes à rassurer et prétendent que le secret des affaires sera juste une protection pour sauvegarder les intérêts économiques ou technologiques des entreprises, mais ne pèsera pas sur le droit à l’information des citoyens. Ils soulignent que le secret des affaires ne sera pas opposable « à toute personne dénonçant une infraction, à l’image des journalistes ou des lanceurs d’alerte ». « Avec ces nouvelles dispositions législatives, la dénonciation de violation de la loi demeurerait possible et rien ne s’opposerait au dévoilement d’un scandale tel que celui du Mediator, les médias ne risqueraient aucune condamnation. Comme l’a parfaitement établi la Cour européenne des droits de l’Homme, la presse joue un rôle fondamental dans notre vie démocratique, ce texte n’y changera rien », explique l’exposé des motifs.

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 19:57

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La nationalisation des sociétés d’autoroutes refusée au Sénat

Aurélien Soucheyre

Jeudi, 19 Juin, 2014

Les élus communistes ont proposé jeudi 19 juin une loi relative à la nationalisation des sociétés concessionnaires d’autoroutes, qui a été repoussée par les groupes socialiste, UMP, RDSE et UDI-UC.

Les sénateurs de tous bords politiques étaient unanimes jeudi 19 juin pour dénoncer la privatisation de gestion des autoroutes faite par la droite en 2005. Ils ont cependant repoussé la proposition de loi faite par les élus communistes visant à nationaliser les sociétés concessionnaires. L’UMP, l’UDI-UC, les socialistes et le RDSE ont voté contre, appelant à une simple amélioration du système, jugé trop favorable aux groupes privés par la Cour des comptes. « La privatisation a été une erreur, mais il n’est pas possible de revenir en arrière » a déclaré le secrétaire d’Etat Kader Arif, promettant au passage une annonce du gouvernement sur l’éco-taxe pour la semaine prochaine.

Les socialistes, comme le centre et la droite, ont parlé d’un projet irréalisable face à la dette actuelle de l’Etat. Ils ont également évoqué les pénalités prévues en cas de rupture de contrat avec les sociétés concessionnaires, et les compétences à reconquérir. Seul le groupe écologiste a soutenu la proposition de loi réalisée par Mireille Schurch. La sénatrice de l’Allier a appelé à sortir de « la phobie de la dette » et à investir afin de récupérer la maîtrise d’un « patrimoine national ». « Nous ne pouvons plus privilégier l’intérêt des concessions privées aux dépends des citoyens, de l’Etat et du bien commun » a-t-elle défendu.

Les élus communistes (groupe CRC) considèrent que cette privatisation de gestion est une « faute politique, financière et sociale ». Cédées pour 15 milliards d’euros en 2005 -alors qu’elles étaient estimées à 22 milliards par la Cour des comptes- les autoroutes françaises génèrent 1 à 2 milliards de bénéfices annuels, soit une manne providentielle de 40 milliards d’ici à 2032 dont l’Etat se prive. Les sociétés concessionnaires, très peu contrôlés, bénéficient d’un cahier des charges et d’une surveillance lâches, qui leur ont permis d’augmenter le prix moyen du kilomètre de 16,5% entre 2005 et 2012, soit deux fois plus vite que l’inflation. « Nationaliser les autoroutes est une mesure viable car économiquement vertueuse. C’est aussi une mesure de bon sens, partagée massivement par l’opinion publique » ajoute Mireille Fischer.

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 22:48

5 Juin

2014

[IMPORTANT] La transcription de l’interview de Vladimir Poutine en version intégrale : le scandale des coupes de TF1

Voici la transcription de l’interview de Poutine d’hier. C’est la traduction de la version intégrale issue du site du Kremlin (ou ici en russe, ou ).

En effet, pour faire tenir cette interview de 41 minutes en 24 minutes, TF1 a sabré largement dans certaines parties. Comme il a été décidé de couper des éléments essentiels sur la Crimée, l’opposition dans les médias français, et de laisser des propos sans intérêts genre sur la langue qu’il utilise avec Hollande, le mot censure me semble adapté – vu qu’il y a rétention d’informations importantes qui éclaireraient le public français. D’autant que rien n’empêchait de mettre en ligne sur le web la version complète… Et je reviendrais sur la faute inacceptable de traduction quand il parle d’Hillary Clinton.

Ceci étant, reconnaissons qu’il est salutaire que TF1 et Europe1 aient interviewé Vladimir Poutine…

Tout est donc traduit ici – les passages censurés sont en exergue – à vous de voir s’ils méritaient de l’être…

Voici la version TF1 (24’28) :

TF1.fr l’appelle “la version intégrale”

Et là, eh bien vous avez la version intégrale “intégrale” (en russe) de 41’00 :

En bonus, le making off :

Question (Bouleau) – Bonsoir, M. le président. Merci beaucoup d’accueillir Europe 1 et TF1 dans cette résidence, dans votre résidence de Sotchi pour cet entretien exceptionnel. Jeudi soir, vous serez reçu à l’Élysée par le président François Hollande et le lendemain, le 6 juin, vous participerez aux commémorations du Débarquement. Ce sera la première fois pour vous que vous irez sur les plages de Normandie. Mais c’est aussi la première fois qu’un président russe participera et sera invité à ces cérémonies. Qu’est-ce que cela vous fait en tant que citoyen russe d’être invité à cette commémoration exceptionnelle ?

Vladimir Poutine – C’est un événement important pour l’Europe et le monde entier. Nous allons rendre hommage à ceux qui ont empêché les nazis de réduire l’Europe en esclavage. Je pense que la participation de la Russie à cette commémoration est chargée de symboles. Je veux dire par là que la Russie et les autres pays de la coalition antihitlérienne, y compris la France, étaient alliés dans cette lutte pour la liberté. La participation de notre pays a été très importante, voire décisive pour vaincre le fascisme.

Mais nous n’oublierons jamais non plus les combattants français de la Résistance, notamment ces soldats français qui sont venus combattre à nos côtés sur le front de l’Est, le front germano-soviétique. Et il me semble que c’est quelque chose qui doit nous rappeler notre passé et, en même temps, nous servir à construire nos relations d’aujourd’hui et de demain.

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Justement, vous avez, avec la Russie, votre place sur les plages de la Normandie. Jusqu’à l’âge de quarante ans, vous viviez en Union soviétique. Vous avez vu son effondrement. Et vous participez, vous, activement à la renaissance de la Russie. Qu’est-ce que vous voulez ? Qu’est-ce que vous cherchez ? Votre stratégie est-elle une stratégie de dialogue ou d’expansionnisme et de conquête ?

Vladimir Poutine – Non, bien sûr. Je suis persuadé que dans le monde contemporain une politique basée sur l’expansionnisme et les conquêtes n’a aucun avenir. Il est évident que la Russie, dans le monde d’aujourd’hui et de demain, peut être et doit être partenaire de ses alliés historiques dans le sens large du terme. C’est cela que nous voulons et nous allons continuer d’œuvrer en ce sens. C’est la seule manière dont nous pouvons concevoir nos relations avec nos voisins et tous les autres pays.

Question (Elkabbach) – Mais vous voulez être l’avocat de la nation russe ou le symbole d’un nationalisme russe, d’un empire russe ? On se sait ce que vous avez dit quand l’Union soviétique s’est écroulée : « L’éclatement de l’empire soviétique a été la pire catastrophe géopolitique du XXe siècle. » Cela a été beaucoup interprété. Et vous avez dit : « Celui qui ne regrette pas l’Union soviétique n’a pas de cœur et celui qui veut la reconstituer n’a pas de tête. » Or, vous avez une tête. Qu’est-ce que vous proposez : le nationalisme russe ou un empire russe sur les frontières d’avant ?

Vladimir Poutine – Nous n’envisageons ni de soutenir le nationalisme russe ni de reconstituer un empire. Quand je disais que la disparition de l’URSS était une des plus grandes catastrophes du XXe siècle, je parlais d’une catastrophe humanitaire avant tout. Je voulais dire qu’en URSS existait une population qui – quelle que soit son origine ethnique – vivait dans un pays uni. Par contre, après sa dissolution, 25 millions de Russes se sont soudain retrouvés dans des pays étrangers. Et cela a été une vraie catastrophe humanitaire. Ni politique, ni idéologique, mais un problème d’ordre humanitaire. Des familles ont été séparées, beaucoup de gens ont perdu leur emploi et se sont retrouvés sans ressource, sans moyen de communiquer. C’est là qu’était le problème.

[Passage coupé]

Question (Elkabbach) – Et à l’avenir ? Voulez-vous reconstituer l’empire dans ses anciennes frontières ou voulez-vous continuer à développer votre pays à l’intérieur de ses propres frontières ?

Vladimir Poutine – Nous souhaitons développer notre pays à l’intérieur de ses frontières, bien sûr. Mais – et ceci est très important – comme d’autres pays dans le monde, nous voulons utiliser des moyens modernes pour devenir plus compétitifs, notamment grâce à l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace de l’ex-URSS dans le cadre de l’Union douanière et de l’Union eurasiatique.

Question (Bouleau) – Président Poutine, alors que nous discutons ici un pays voisin qui n’est pas très lointain, l’Ukraine, est en état de guerre. Il n’y a pas d’autre mot. Les pro-russes affrontent ceux qui veulent garder les frontières actuelles de l’Ukraine. Qui va les arrêter et voulez-vous arrêter cette guerre ?

Vladimir Poutine – Vous savez, personnellement, je ne parlerais pas de ces gens-là comme des pro-russes ou des pro-ukrainiens. Il y a des personnes qui ont des droits, politiques, humanitaires et ils ont besoin de pouvoir en jouir.

Par exemple, en Ukraine, jusqu’à aujourd’hui les gouverneurs de toutes les régions sont encore nommés par le pouvoir central. Or, après le coup d’État inconstitutionnel qui a eu lieu à Kiev en février de cette année, la première chose que le nouveau pouvoir a tenté de faire était de supprimer le droit des minorités d’utiliser leur langue maternelle. Cela a provoqué une grande inquiétude chez une grande partie de la population en Ukraine orientale.

Question (Elkabbach) – Et cela vous ne l’avez pas accepté. Mais est-ce que vous dites, président Poutine, que nous sommes rentrés dans une nouvelle phase de la guerre froide, même glaciale entre l’Est et l’Ouest ?

Vladimir Poutine – Premièrement, j’espère qu’il n’y aura pas une nouvelle phase d’une guerre froide. Deuxièmement, et j’insiste là-dessus, les gens, où qu’ils vivent, ont des droits et doivent avoir la possibilité de les défendre. Voilà ce qui est en jeu.

[Passage coupé]

Question (Elkabbach) – Y a-t-il un risque de guerre ? Maintenant, alors que des chars font route depuis Kiev, de nombreuses personnes en France se posent cette question : « Avez-vous été tenté d’envoyer des troupes à l’Est de l’Ukraine ? »

Vladimir Poutine – Il s’agit d’un entretien ce qui suppose des questions courtes et des réponses courtes. Mais si vous êtes patient et me donnez une minute, je vais vous dire comment nous voyons les choses. Voici notre position. Qu’est-ce qui s’est réellement passé là-bas ? Il existait un conflit et ce conflit est survenu parce que l’ancien président ukrainien a refusé de signer un accord d’association avec l’UE. La Russie a une certaine position sur cette question. Nous avons estimé qu’il était en effet déraisonnable de signer cet accord, car il aurait eu un grave impact sur l’économie, y compris l’économie russe. Nous avons 390 accords économiques avec l’Ukraine et l’Ukraine est un membre de la zone de libre-échange au sein de la CEI. Et nous ne serions pas en mesure de poursuivre cette relation économique avec l’Ukraine en tant que membre de la zone de libre-échange européenne.

Nous en avons discuté avec nos partenaires européens. Au lieu de poursuivre avec nous ce débat par des voies légitimes et diplomatiques, nos amis européens et américains ont soutenu une prise du pouvoir armée et anticonstitutionnelle. Voilà ce qui s’est passé. Nous n’avons pas provoqué cette crise. Nous aurions voulu que les choses se passent autrement, mais après le coup d’État anticonstitutionnel – avouons-le, après tout…

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Mais on voit tant de tensions dans la vie politique. Pourtant, malgré cela, vous serez en Normandie pour parler de paix alors que Barack Obama continue d’exhorter l’Europe à s’armer.

Vladimir Poutine – Eh bien, il faut continuer de parler de paix, mais il faut comprendre les causes et la nature de cette crise. Le fait est quepersonne ne devrait être porté au pouvoir par un coup d’État anticonstitutionnel armé, plus particulièrement dans l’espace post-soviétique, où les institutions gouvernementales n’ont pas encore atteint leur pleine maturité. Quand cela s’est produit, certaines personnes ont accueilli avec joie ce régime tandis que d’autres, disons, dans l’Est et le Sud de l’Ukraine ne veulent tout simplement pas l’accepter. Il est essentiel de parler avec ces gens qui n’ont pas accepté cette prise de pouvoir au lieu de leur envoyer des chars, comme vous le dites vous-même, au lieu de tirer à partir d’avions des missiles sur des civils et de bombarder des cibles non militaires.

Question (Bouleau) – Les États-Unis affirment détenir la preuve que, vous, la Russie, intervenez en Ukraine en laissant des combattants franchir la frontière et même en fournissant des armes à ce que les États-Unis appellent des sécessionnistes. Ils disent avoir des preuves. Vous croyez à ces preuves ?

Vladimir Poutine – Preuves ? S’ils ont des preuves, ils n’ont qu’à les présenter. Nous avons vu, et tout le monde a vu, le secrétaire d’État des États-Unis agiter en 2003 au Conseil de sécurité de l’ONU les preuves de détention d’armes de destruction massive en Irak. Ils avaient montré une éprouvette avec une substance inconnue qui était peut-être n’importe quelle poudre…. Finalement, les troupes américaines ont envahi l’Irak, ils ont fait pendre Saddam Hussein, suite à quoi nous avons appris qu’il n’y avait pas, qu’il n’y avait jamais eu en Irak d’armes de destruction massive. Il y a donc une grande différence entre faire des déclarations et avoir des preuves réelles. Je vous le répète : il n’y a pas de militaires russes en Ukraine.

Question (Elkabbach coupant Bouleau et Poutine) – Vous voulez dire que, là, ils sont en train de mentir les Américains ?

Vladimir Poutine – Ils mentent. Il n’y a pas de militaires, aucun instructeur russe dans le sud-est de l’Ukraine. Il n’y en a pas eu et il n’y en a pas.

Question (Elkabbach) – Vous n’avez pas envie d’annexer l’Ukraine ? Et vous n’avez jamais tenté de déstabiliser l’Ukraine ?

Vladimir Poutine – Non. Nous ne l’avons jamais fait et ne le faisons pas maintenant. Et le pouvoir qui est aujourd‘hui en place en Ukraine devrait établir le dialogue avec sa propre population. Et pas à l’aide d’armes, de chars, d’avions et d’hélicoptères, mais en lançant des négociations.

[Passage coupé]

Question (Bouleau) — Le nouveau président ukrainien a été élu le 25 mai par un vote démocratique. Considérez-vous M. Porochenko comme un président légitime ?

Vladimir Poutine — Je vous ai déjà dit et le répète : nous respecterons le choix du peuple ukrainien et nous coopérerons avec les autorités ukrainiennes.

Question (Bouleau) – En d’autres termes, si vous le rencontrez le 6 juin sur les plages de Normandie, et si le président Hollande contribue à rendre possible cette rencontre, vous lui serrerez la main ? Lui parlerez-vous ?

Vladimir Poutine – Vous savez, je n’ai pas l’intention d’éviter quiconque. Le président Hollande m’a gentiment invité à participer à cette commémoration en tant que représentant de la Russie, même si l’événement commémoré fut tragique. C’est avec joie que j’ai accepté son invitation et je suis reconnaissant au Président de m’avoir invité. Il y aura d’autres invités, et je n’en éviterai aucun. Je suis prêt à parler avec chacun d’eux.

Question (Elkabbach) – Mais allez-vous rencontrer M. Porochenko ? Vous avez dit que vous ne travailleriez avec lui qu’à la condition qu’il ne soumette pas totalement à l’influence américaine.

Vladimir Poutine — Je n’ai pas dit qu’il ne doit pas céder à l’influence américaine. Il est libre d’accepter l’influence qu’il désire. Les Ukrainiens l’ont élu et il est libre d’adopter une politique qui lui est propre. S’il choisit d’accepter la forte influence d’un pays tiers, libre à lui. Mais je ne le ferais pas…

Question (Elkabbach coupant Bouleau) – Mais vous acceptez la souveraineté de l’Ukraineet, peut-être, son indépendance entre la Russie et les Occidentaux ? Sa neutralité, son indépendance ? Ça, on peut le dire ?

Vladimir Poutine – Bien sûr, nous reconnaissons la souveraineté de l’Ukraine ! En outre, nous aurions aimé qu’elle se sente elle-même comme un état souverain.

Parce que la participation à un bloc militaire, quel qu’il soit, ou à une structure rigide d’intégration signifie une perte partielle de souveraineté pour ce pays. Maintenant, si l’Ukraine accepte cela et accepte cette perte, c’est son choix. Mais quand nous parlons de l’Ukraine et des blocs militaires, il est évident que cela nous inquiète. Parce que si, par exemple, l’Ukraine rejoint l’OTAN, les infrastructures militaires de cette organisation se retrouvent à côté de nos frontières, et nous ne pouvons y rester indifférents.

[Passage coupé]

Question (Bouleau) – Monsieur le Président, les troupes russes ont récemment annexé la Crimée. Allez-vous jamais la rendre ?

Vladimir Poutine – Il est faux de croire que les troupes russes ont annexé la Crimée. Les troupes russes n’ont rien fait de la sorte. Franchement…

Question (Bouleau coupant Poutine) – Mais la Crimée a été ajoutée à la carte de la Russie, le genre de cartes utilisées à l’école. Elle fait partie de la Russie maintenant. De quoi s’agit-il ? D’une annexion ou d’une réunification ? Quel mot faut-il utiliser ?

Vladimir Poutine – Si vous me permettez de terminer, je pense que vous verrez ce que je veux dire.

Les troupes russes étaient en Crimée en vertu du traité international sur le déploiement de la base militaire russe. Il est vrai que les troupes russes ont aidé la Crimée à organiser un référendum sur leur (a) l’indépendance et (b) son désir de rejoindre la Fédération de Russie. Personne ne peut empêcher ces personnes d’exercer un droit qui est prévu à l’article 1 de la Charte des Nations Unies, le droit des peuples à l’autodétermination.

Question (Elkabbach coupant Poutine) – En d’autres termes, vous ne rendrez pas la Crimée ? La Crimée fait partie de la Russie, c’est ça ?

Vladimir Poutine – Conformément à l’expression de la volonté des personnes qui y vivent, la Crimée fait partie de la Fédération de Russie et de son entité constitutive.

Je veux que chacun comprenne cela clairement. Nous avons mené un dialogue exclusivement diplomatique et pacifique – je veux le souligner – avec nos partenaires européens et américains. Nos tentatives d’organiser un tel dialogue et de négocier une solution acceptable n’ont eu pour toute réponse que leur soutien pour un coup d’État anticonstitutionnel en Ukraine. Nous ne savions donc pas si l’Ukraine ne deviendrait pas une partie de l’alliance militaire de l’Atlantique Nord. Dans ces circonstances, nous ne pouvions pas permettre qu’une partie historique du territoire russe avec une population majoritairement russe puisse être intégrée dans une alliance militaire internationale, en particulier parce que la Crimée voulait faire partie de la Russie. Je suis désolé, mais nous ne pouvions pas agir autrement.

Question (Elkabbach) – François Hollande vous a invité en France, à Paris et en Normandie. Vous le connaissez très bien. Pouvons-nous aller plus loin et dire qu’il existe entre vous une relation de confiance ?

Vladimir Poutine – Oui, je le pense.

Question (Elkabbach) – Le pensez-vous ou en êtes-vous sûr ?

Vladimir Poutine – Je l’ai toujours pensé. Je n’ai pas de raison de penser le contraire. Nous avons de très bonnes relations interétatiques, mais nous avons encore beaucoup à faire pour promouvoir nos relations économiques. Mais nos relations personnelles ont toujours été fondées sur la confiance, ce qui aide également sur le plan professionnel. J’espère que cela continuera.

Question (Bouleau) – Vous parlez de relations basées sur la confiance — à la fois pour ce qui est de la défense et de l’économie.

Vous avez acheté (et même payé) plus d’un milliard d’euros deux porte-hélicoptères Mistral à la France et des marins russes doivent arriver à Saint-Nazaire dans quelques jours, quelques semaines. Est-ce que vous allez autoriser ces marins russes à aller en France dans quelques jours ?

Vladimir Poutine – Oui, bien sûr. J’espère que nous vivons dans un monde civilisé et tout le monde respecte ses obligations contractuelles. J’ai beaucoup entendu parler de l’opinion qui a été exprimée selon laquelle la France ne devrait plus nous vendre ces bâtiments. Et à cela je peux vous dire qu’en Russie également il y a eu beaucoup d’opposants à ce contrat. Si la France décide d’annuler ce contrat – elle peut le faire – nous exigerons alors un dédommagement. Mais cela ne contribuera pas positivement au futur développement de nos relations dans le domaine de coopération technique et militaire. Mais en principe, nous sommes ouverts à la coopération, éventuellement à signer de nouvelles commandes si nos partenaires français souhaitent continuer la coopération.

[Passage coupé] [Note OB. : merci pour les habitants de St-Nazaire]

Question (Elkabbach coupant Poutine) – En dépit des pressions externes, vous avez commandé à la France ces navires d’assaut – et si la France les livre, vous pourriez en commander d’autres, n’est-ce pas ?

Vladimir Poutine – Nous attendons de nos partenaires français qu’ils s’acquittent de leurs obligations contractuelles, et si tout se passe comme convenu, nous n’excluons pas la possibilité de nouvelles commandes, et pas nécessairement dans la construction navale, elles peuvent concerner d’autres secteurs. Dans l’ensemble, nos relations dans ce domaine se développent favorablement, et nous aimerions continuer à les renforcer, dans l’aviation, la construction navale et d’autres secteurs. Nous avons une expérience de coopération réussie dans l’exploration spatiale, au Centre spatial guyanais près de Kourou.

Question (Elkabbach) – La France est-ce qu’elle est pour vous une puissance souveraine, indépendante qui est écoutée ? Il y a l’Allemagne. Vous parlez le russe et l’allemand avec Mme Merkel. François Hollande ne parle aucune des deux langues, est-ce que vous pouvez vous comprendre ? Est-ce que la France a ce statut ?

Vladimir Poutine – La langue n’est pas une barrière, le fait que je ne parle pas français ne nous empêche pas, François Hollande et moi, de dialoguer. Nous avons des interprètes si besoin et, en général, nous pouvons toujours très bien nous comprendre.

Pour ce qui concerne la souveraineté, je répèterai : un pays qui rejoint une organisation militaire consent à céder une partie de sa souveraineté à une institution supranationale. Pour la Russie cela est inacceptable, pour les autres pays, à eux de décider, cela ne nous regarde pas. Mais cela me rappelle la France, la tradition gaulliste, de Gaulle qui était un défenseur de la souveraineté française et qui, selon moi, mérite du respect. Un autre exemple est celui de François Mitterrand qui parlait d’une Confédération européenne où, d’ailleurs, même la Russie pourrait participer. Je pense que rien n’est encore perdu en ce qui concerne le futur de l’Europe.

Question (Bouleau) – Je voudrais qu’on parle des États-Unis. Dans quelques jours vous serez à côté à quelques mètres de Barack Obama. Apparemment, il ne souhaite pas vraiment vous parler. Comment les choses vont-elles se passer entre deux des plus grandes puissances du monde ? Le pays le plus riche du monde, les États-Unis, et de très loin le pays le plus grand, le plus vaste du monde, le vôtre. On image mal que vous ne parliez pas l’un avec l’autre, d’autant plus qu’on a un besoin impérieux puisque la guerre n’est pas très loin à quelques centaines de kilomètres d’ici.

Vladimir Poutine – D’abord, je pense que vous exagérez un peu en disant qu’une guerre approche. Vous êtes un peu agressif comme journaliste, pourquoi pensez-vous qu’une guerre approche ? Pourquoi essayez-vous de faire peur à tout le monde ?

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Parce que l’Ukraine n’est pas loin d’ici.

Vladimir Poutine – Et alors ?

Question (Elkabbach) – C’est là qu’il y a la guerre. (pointant vers l’Ukraine) Et quand il (l’autre journaliste) mentionne la guerre, elle est là.

Vladimir Poutine – Ce n’est pas une guerre, mais une opération de représailles que mène le pouvoir de Kiev contre cette partie de sa population. Il ne s’agit pas d’une guerre entre États, il y a là une grande différence…

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Mais cela doit cesser ? Cette opération punitive pour vous, Vladimir Poutine, elle doit cesser, vite ?

Vladimir Poutine – Je pense que M. Porochenko a une chance unique : pour l’instant ses mains ne sont pas tachées de sang, et il peut suspendre cette opération punitive et commencer un dialogue direct avec ses propres citoyens à l’Est et au Sud de son pays.

Quant à mes relations avec M. Obama – je n’ai pas oublié votre question –, je n’ai aucune raison de penser qu’il ne souhaite plus du tout communiquer avec le président de la Russie. Mais c’est à lui de décider après tout. Je suis toujours prêt pour le dialogue, car le dialogue est le meilleur moyen de se comprendre. Jusque-là nous étions toujours en contact, nous avons régulièrement parlé au téléphone…

[Passage coupé]

Question (Bouleau) – La Russie et les États-Unis connaissent des difficultés. S’agit-il d’un différend entre deux puissances ou deux personnes, entre Barack Obama et Vladimir Poutine ?

Vladimir Poutine – Il existe toujours des tensions entre pays, plus particulièrement avec des pays aussi vastes que la Russie et les États-Unis. Des problèmes se posent toujours, mais je ne pense pas que nous devrions aller à l’extrême. En tout cas, ce ne serait pas notre choix. Je suis toujours prêt à parler à l’un de mes partenaires, y compris le président Obama.

Question (Elkabbach) – Alors vous êtes prêt à discuter et vous regrettez ce qui se passe ? Mais ne pensez-vous pas que les États-Unis tentent d’encercler la Russie, pour vous affaiblir en tant que dirigeant et peut-être vous isoler du reste du monde ? Vous êtes très diplomatique maintenant, mais vous connaissez les faits.

[Note OB : oh, une très bonne question ! Donc une bonne raison de la couper au montage...]

Vladimir Poutine – Les faits ? Vous l’avez dit vous-même : la Russie est le plus grand pays dans le monde. Il est très difficile de l’encercler et le monde change si vite que ce serait essentiellement impossible, même en théorie.

Bien sûr, nous pouvons voir les tentatives des États-Unis qui font pression sur leurs alliés en utilisant leur position dominante évidente dans la communauté occidentale, dans le but d’influer sur la politique de la Russie.

La politique de la Russie est fondée uniquement sur ses intérêts nationaux. Bien sûr, nous prenons les opinions de nos partenaires en compte, mais nous sommes guidés par les intérêts du peuple russe.

Question (Bouleau) – M. le président, il est heureux d’une certaine manière que vous ayez affaire le 6 juin à Barack Obama. Si vous aviez affaire à Hillary Clinton, les choses tourneraient peut-être mal : elle a dit, il y a quelques jours, que ce que faisait la Russie en ce moment en Europe centrale ressemblait à ce qu’Hitler faisait dans les années 30. Vous avez pris cela comme une injure suprême en tant que citoyen et président russe ?

Vous savez, avec les femmes, mieux vaut ne pas s’entêter, et mieux vaut ne pas entrer avec elles dans des altercations verbales.
Vladimir Poutine – Vous savez, il vaut mieux de ne pas trop se chamailler avec une femme.[sourire - à 13'55] Et Mme Clinton, même auparavant, ne se distinguait pas par une exceptionnelle élégance de ses propos. Mais ce n’est pas très grave, nous nous rencontrions quand même lors des différents évènements internationaux après [ses propos] et avions de paisibles conversations. Et je pense que même dans ce cas-ci, il serait possible de s’entendre. Mais lorsque les gens franchissent certaines frontières – les frontières de la bienséance -, cela démontre non pas leur force, mais leur faiblesse. Mais après tout, [geste d’ indulgence avec ses épaules], pour une femme, la faiblesse, ce n’est pas le plus mauvais des défauts [sourire]

Donc Mme Clinton, ancienne chef de la Diplomatie américaine et candidate à la succession d'Obama, a la débilité crasse de comparer à Hitler le chef d'État du pays qui a battu Hitler, au prix de 25 millions de morts (ce qu'elle ne ferait pas du Premier Ministre israélien, j'imagine). Poutine aurait dû protester avec véhémence à ce stade (le terme "grosse conne" aurait été approprié à mon sens, mais il a dû hésiter...), mais il a choisi une pirouette d'humour russe.

Comme il semble assez logique (si, si, réfléchissez) de penser qu'il ne pense pas vraiment qu'il ne faut pas discuter avec les femmes (je rappelle que le Sénat Russe est présidé par une femme - Valentina Matvienko - prévoir un délai pour la France...), il est clair qu'il fait une boutade, et que "chamailler" est le bon terme... Que le traducteur se trompe sur le moment, cela se comprend, mais comme l'interview était enregistrée, cette erreur aurait du être corrigé, car il est évident que cette petite phrase ferait réagir... Ce qui n'a pas manqué, les médias s'étant jeté dessus comme la vérole sur le bas-clergé... Mission accomplie, on n'a presque pas parlé de ses propos - cf Libération ou ci-après... Notons que France Télévisionemploie "se disputer", ce qui est bien plus correct...]

Question (Elkabbach) – Il faut respecter les femmes, bien sûr, et je suis certain que vous les respectez. Mais vous pensez qu’elle est allée loin ? Il y a beaucoup de caricatures des dirigeants du monde et sur vous aussi, vous n’êtes pas épargné. Votre première réaction spontanée, c’est la colère ? Une certaine maîtrise de vous, l’envie de punir ? Ou peut-être un jour de rire ? On ne vous a jamais vu rire.

[Note OB : rôôô, mais si, il rit - surtout face à des journalistes...]

Là, il raconte une blague :

Vladimir Poutine – Oh, je ne voudrais pas vous priver de ce plaisir et je pense qu’un jour nous pourrions avoir l’occasion de rire ensemble d’une bonne plaisanterie. Mais quand j’entends des déclarations de ce genre qui dépassent un peu les limites, j’en conclus que les gens n’ont simplement plus d’arguments. Les déclarations de ce genre ne sont pas un très bon argument.

En ce qui concerne la politique des États-Unis, ce n’est un secret pour personne que le pays qui mène la politique internationale la plus agressive, la plus dure, pour défendre ses intérêts comme ses dirigeants les voient, ce sont les États-Unis. Et ce depuis de nombreuses années.

Nous n’avons pratiquement pas de présence militaire à l’étranger alors que les bases de l’armée américaine sont présentes sur toute la planète. Et partout où ils sont, ils décident activement du sort des autres peuples, à des milliers de kilomètres de leurs frontières. Alors, nous reprocher de ne pas respecter des règles me semble un peu étrange de la part de nos interlocuteurs américains.

Question (Elkabbach) – Mais vous avez fait des efforts en matière de budget militaire. Est-ce que, en ce moment, le président de la Russie, le président Poutine prend des décisions particulières sur la sécurité et la défense, parce que le climat est dangereux ?

Vladimir Poutine – Oui, en ce qui concerne les budgets militaires tout le monde ne le sait pas – sauf peut-être quelques spécialistes – mais le budget militaire des États-Unis est plus élevé que les budgets de tous les autres pays du monde pris ensemble. Et qui mène une politique agressive alors ? En ce qui concerne notre budget militaire : en termes de pourcentage du PIB, il n’augmente pratiquement pas, de quelques dixièmes de pour cent peut-être. Il est vrai que nous souhaitons rééquiper notre armée et notre flotte avec des technologies de pointe, réduire la quantité et améliorer la qualité. Nous avons tout un programme de rééquipement qui ne date pas d’hier, mais qui n’a aucun lien avec les évènements en Ukraine, c’est un projet à long terme que nous allons poursuivre.

Question (Bouleau) – M. le président, le président syrien Bachar el-Assad vient de s’offrir une nouvelle réélection sans suspense. Vous avez de l’influence sur lui. Pourquoi ne lui demandez-vous pas d’arrêter les atrocités que son armée commet et d’arrêter de s’acharner sur son peuple ?

Vladimir Poutine – Saviez-vous que toutes les parties du conflit commettent des atrocités et que les organisations extrémistes, qui sont désormais très nombreuses, ne sont pas en dernière place ? Mais plutôt à la première sur ce point. Mais savez-vous ce qui nous inquiète le plus ?..

Question (Elkabbach coupant Poutine) – Religieuses, extrémistes, islamistes… ?

Vladimir Poutine – Oui, tout à fait. Ce sont des organisations liées directement à Al-Qaïda et il y en a une multitude. Personne n’essaie même plus de démentir cela. C’est un fait connu de tout le monde. Ce qui nous inquiète le plus, c’est que si nous agissons avec trop d’imprudence, la Syrie peut devenir une sorte de deuxième Afghanistan, un nid de terroristes totalement incontrôlable. D’ailleurs, c’est une menace pour les États européens également, parce que les extrémistes présents maintenant en Syrie vont se rendre un jour dans d’autres pays, y compris ceux d’Europe.

Question (Elkabbach) – Ce qu’on ne comprend pas c’est pourquoi vous, Vladimir Poutine qui voulez moderniser la Russie, vous continuez à soutenir, peut-être à donner des armes, à quelqu’un qui continue à massacrer son peuple et qui est comme Macbeth les mains couvertes de sang ? Comment ça se fait ? Et jusqu’à quand ?

Vladimir Poutine – Je vous donnerai une explication courte et facile à comprendre. Et je pense que la plupart des téléspectateurs et des auditeurs français me comprendront. Ce que nous craignons avant tout, c’est le démembrement de la Syrie à l’image de ce qui s’est produit au Soudan. Nous craignons que la situation y devienne similaire à celle que nous voyons aujourd’hui en Irak. Et nous craignons également que la Syrie devienne une sorte de nouvel Afghanistan. C’est pourquoi nous tenons à y conserver le pouvoir légitime, pour ensuite progressivement, avec la participation du peuple syrien et de nos partenaires européens et américains, réfléchir sur la façon de réformer cette société pour la moderniser et l’humaniser.

[Passage coupé]

Question (Bouleau) – Je voudrais vous poser une question sur votre pays, la Russie. Comment décririez-vous son régime politique actuel ? Certains le décrivent comme une Démocratie, tandis que d’autres affirment que la Russie est tellement vaste qu’elle a besoin d’un homme à la poigne de fer. Comment Vladimir Poutine définit-il le régime de Poutine ?

Vladimir Poutine – Le régime actuel n’est pas lié à une personne en particulier, y compris le président sortant. Nous avons des institutions politiques démocratiques habituelles, même si elles reflètent les besoins de la Russie. Lesquels ? L’écrasante majorité des citoyens russes ont tendance à compter sur leurs traditions, sur leur histoire et, si je puis dire, leurs valeurs traditionnelles. Je vois cela comme le fondement et un facteur de stabilité pour l’État russe, mais rien de tout cela n’est lié au Président en tant qu’individu. En outre, il convient de rappeler que nous n’avons commencé à introduire ces institutions démocratiques habituelles que récemment. Elles continuent d’évoluer.

Question (Bouleau) – Est-il possible d’être un opposant en Russie sans mettre en danger ses relations et sa réputation ou éviter la sanction du système judiciaire russe ?

Question (Elkabbach) – Monsieur le Président, est-ce qu’on peut s’opposer à vous en Russie sans risque ? [Note OB : petit montage, la question était posée juste après]

Vladimir Poutine – Mais nous avons plein d’opposants, de nombreux partis d’opposition, nous avons tout récemment libéralisé la création de nouveaux partis politiques. D’ailleurs, plusieurs dizaines de partis sont apparus, ils ont participé aux élections municipales ou régionales.

[Passage coupé]

Question (Elkabbach) – Monsieur le Président, est-ce qu’on peut s’opposer à vous en Russie sans risque ?

Vladimir Poutine – Si vous écoutez certaines de nos stations de radio ou regardez certaines de nos émissions de télévision, je vous assure que vous avez peu de chance de trouver quelque chose de semblable à ce genre d’opposition en France.

Question (Elkabbach) Il y a toujours eu dans la période de la Russie, avec les tsars ou après, l’ordre et l’autorité. Est-ce qu’à l’époque d’Internet, un pays peut s’épanouir sans avoir toutes les libertés ?

[Note OB : c'est une bonne question à poser au Président qui a accueilli Edward Snowden]

Vladimir Poutine – Non, ce n’est pas possible. Et, d’ailleurs nous ne limitons pas Internet.Quoi qu’on fasse il se trouve tout de suite quelqu’un qui commence à chercher des violations de principes démocratiques. Y compris pour ce qui est d’Internet. Avons-nous limité Internet ? Non, à mon avis. Certains de nos contradicteurs vont affirmer cela, dire qu’il existe des limitations intenables. Lesquelles ? Par exemple, nous avons une interdiction de propagande du suicide et des méthodes de suicide, de l’utilisation de stupéfiants, de pédophilie – voilà nos interdictions. Qu’y a-t-il d’exagéré ?…

Question (Bouleau coupant Poutine) – Et de l’homosexualité qui est une chose très distincte de la pédophilie. La propagande en faveur de l’homosexualité a été interdite…

Vladimir Poutine – Non, ce n’est pas le cas. Nous n’avons pas de loi interdisant l’homosexualité, nous interdisons la promotion de l’homosexualité auprès d’un public de mineurs, ce sont deux choses tout à fait distinctes. Comprenez-vous ? Par exemple, certains États des États-Unis ont des lois, qui punissent pénalement les relations homosexuelles. Nous n’avons pas de peines de ce genre. Seulement quand il s’agit de propagande destinée à des mineurs, nous avons le droit de défendre nos enfants et nous allons le faire.

Question (Bouleau) – M. le président, j’aimerais qu’on parle de libertés publiques en Russie. Est-ce que, d’ici la fin de votre mandat en 2018, vous avez l’envie de fermer les camps de travail ? Il y a des gens dans ce pays qui sont condamnés non seulement à une peine de prison, mais à des camps de travail ce qui nous, en Occident, nous étonne. Les Pussy Riot, par exemple, ont été condamnées, me semble-t-il, à deux années de camp de travail avant que vous ne fassiez en sorte qu’elles ne soient libérées. Ce n’était pas une prison normale. Est-ce que vous allez fermer ces camps ?

Vladimir Poutine – Écoutez. Il ne s’agit pas de « camps » à proprement parler. Il s’agit d’endroit où les personnes sont, en effet, privées de liberté, mais peuvent mener une vie plus ou moins normale. Ce ne sont pas des prisons, où la personne, au contraire, n’a pas la possibilité de travailler. Une prison où l’individu ne peut pas travailler est justement la pire punition, et je ne pense pas que tous les condamnés doivent être placés dans ce type d’établissement. Je pense que c’est encore pire que les établissements que vous mentionnez.

[Note OB : dommage que Poutine n'ait pas placé là qu'il était contre la peine de mort, interdite en Russie depuis 1996 - ce qui est une petite différence avec la Chine ou les États-Unis, raison pour laquelle le Parlement russe a voté une résolution demandant au Parlement américain d'établir un moratoire sur la peine de mort]

Question (Elkabbach) – Qui vous a convaincu un jour que vous aviez une mission pour la Russie ? Que vous étiez destiné à vous occuper de la Russie ?

[Note OB : Ben, BELZÉBUTH évidemment !!! Admirez la tête que fait Poutine à 23'15 quand il entend ça...]

Vladimir Poutine – Pourquoi êtes-vous persuadé que je pense avoir une mission particulière ? J’ai la confiance de mes électeurs. Plus de 63 % ont voté pour moi. Je pense avoir le mandat me permettant de gérer la politique intérieure et extérieure de mon pays, et je travaillerai conformément à ce mandat.

[Passage coupé]

Question (Elkabbach) — Avez-vous un modèle dans l’histoire de la Russie ? Êtes-vous guidé par la politique soviétique ou la politique russe ?

[Note OB : mais pourquoi ne demande-t-il pas s'il est guidé par la politique nazie - pour être bien sûr... ?]

Vladimir Poutine — J’ai un grand amour et respect pour l’histoire et la culture russes. Mais le monde change, tout comme la Russie. La Russie est une partie du monde moderne, pas du passé, mais plutôt du monde moderne. Et je crois qu’elle jouera un rôle encore plus important à l’avenir que d’autres pays qui ne prennent pas soin de leurs jeunes, des nouvelles générations, de leurs enfants, et qui pensent qu’ils peuvent simplement se contenter du laisser-faire.

Question (Bouleau) – Et la dernière question, Monsieur le Président. En 2013, [le magazine] Forbes vous a classé comme la personne la plus puissante dans le monde. Avez-vous été flatté par ce titre ?

Vladimir Poutine — Vous savez, je suis adulte et je sais ce que signifie le pouvoir dans le monde moderne. Dans le monde moderne, la puissance est principalement définie par des facteurs tels que l’économie, la défense et l’influence culturelle. Je crois que sur le plan de la défense, la Russie est sans aucun doute l’un des chefs de file parce que nous sommes une puissance nucléaire et que nos armes nucléaires sont peut-être les meilleures dans le monde.

En ce qui concerne l’influence culturelle, nous sommes fiers de la culture russe : la littérature, les arts et ainsi de suite.

Quant à l’économie, nous sommes conscients que nous avons encore beaucoup à faire avant d’atteindre le sommet. Bien que, ces derniers temps, nous ayons fait d’énormes progrès et que nous soyons désormais la cinquième économie dans le monde par sa taille. C’est un succès, mais nous pouvons faire mieux.

Question (Elkabbach) – Vladimir Poutine, l’Histoire ne sait pas encore ce qu’elle retiendra des années Poutine. Elle attend et ces années s’écrivent. Qu’est-ce que vous voulez qu’il reste ?

[Phrase coupée]

Voulez-vous qu’on se souvienne de vous comme d’un dirigeant démocratique ou autoritaire ?

Vladimir Poutine – Eh bien, je voudrais être considéré comme quelqu’un qui a fait son maximum pour le bonheur et la prospérité de son pays et de sa nation.

Question (Elkabbach et Bouleau) – Merci beaucoup de nous avoir reçus tous les deux. Bon voyage en France ! Au revoir.

Vladimir Poutine – merci.

Traduction : Patrick pour www.les-crises.fr

P.S. 1 : À reprendre en entier sur vos blogs, diffuser, propager comme bon vous semblera – c’est copyleft…

P.S. 2 : pensez aux abonnements aux réseaux sociaux pour suivre l’actualité de ce blog :

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P.S. 3 :

“Et ce qui est aussi frappant, dans la préparation de l’entretien, c’est que, autant ils ont été très regardants sur le nombre de minutes, le fait qu’ils ne voulaient pas que les réponses soient coupées – Poutine est très exigeant là-dessus, il ne veut qu’aucune réponse soit coupée, il ne veut aucun montage, il ne veut pas qu’on travestisse ses propos -, en revanche, quand on lui a dit “nous journalistes français, habitués à dire ‘Pour les thèmes, voilà comment on imagine les choses’…”, on nous a dit “Pas de problème pour les thèmes, apprenez vos dossiers, parce que lui, il les connait, donc pas la peine de nous donner les questions à l’avance, de toute façon, il saura y répondre. Ca aussi, ça nous a beaucoup étonné, par rapport à ce qu’on pouvait attendre de lui, à ce qu’on pouvait imaginer.” [Fabien Namias, Directeur général d'Europe 1]

“L’imagination” est un peu succincte en l’espèce : Poutine, depuis qu’il est président, a répondu à plus de 800 questions direct à la télévision aux questions des Russes (Emission Ligne directe)…

Bon, après, c’est vrai qu’ils ont respecté la lettre de la consigne – il n’y a pas eu de coupes à l’intérieur des propos de Poutine – mais quand à l’esprit… J’imagine que Poutine ne pensait pas qu’on supprimerait tous ses propos sur la Crimée quand même…

Note : liste de quelques médias russes d’opposition à Vladimir Poutine :

  • Сайт и радиоэфир “Эхо Москвы”
  • Телеканал “Дождь”
  • Новая газета
  • The New Times
  • Newsru.com
  • Радио “Свобода”
  • РИА «Новый Регион»
  • Slon.ru
  • РБК и РБК daily
  • “Ведомости”
  • Сноб
  • Росбалт
  • Грани.ру *
  • Ежедневный журнал *
  • Lenta.ru
  • Коммерсантъ
  • Русский Журнал
  • Форбс (Россия)
  • Znak.com
  • Московские новости
  • Московский комсомолец

* Et quand on dit “d’opposition”, on peut carrément dire pour ceux-ci “les médias de la haine et du déni quotidien de Poutine”

P.P.S. Un grand merci à l’indispensable site Arrêts sur Images (pensez à la soutenir !) qui a relayé cette information – et à enquêté : la réponse de TF1 à savoir “pourquoi ne pas avoir mis au moins la version intégrale sur le site internet ?” : “On manquait de temps !”

P.P.P.S : les réactions à cette interview se trouvent dans ce billet.

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 21:46

Des milliers de jeunes, de lycéens, d'étudiants qui manifestent à travers toute la France. De Paris à Nantes, en passant par Metz, Toulouse, Bordeaux, etc, nous avons montré que le FN n'est pas majoritaire dans la jeunesse : ce que nous voulons c'est une politique de gauche ambitieuse pour nos formations, nos diplômes et nos emplois. ‪#‎UEC‬ ‪#‎MJCF‬

+ d'infos/d'outils pour lutter au jour le jour contre les idées d'ext. droite:www.jeunes-communistes.org/2014/05/27-rien-ne-va-plus-prenons-en-main-notre-avenir-10861

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 08:35

L’écrivain israélien Amos Oz qualifie des extrémistes juifs de «néo-nazis hébreux»

Afp
samedi 10 mai 2014, 14h19

Le plus célèbre écrivain israélien a qualifié les extrémistes juifs auteurs d’une vague d’actes racistes contre les chrétiens et les musulmans de «néo-nazis hébreux».

Cité par le quotidien Haaretz sur son site, M. Oz a jugé que le terme du «prix à payer», largement employé pour décrire les attaques contre des Palestiniens et Arabes israéliens par des extrémistes juifs, était un euphémisme.

Il existe des «noms gentils pour un monstre qui doit être appelé pour ce qu’il est: des groupes néo-nazis hébreux», a-t-il indiqué vendredi à des invités à l’occasion de son 75e anniversaire. «Nos groupes néo-nazis bénéficient d’un soutien de nombre de nationalistes et même de législateurs racistes, ainsi que de rabbins qui leur fournissent, de mon point de vue, une justification pseudo-religieuse», a ajouté M. Oz.

De nouvelles inscriptions anti-chrétiennes et racistes ont été découvertes vendredi à Jérusalem, où la police a augmenté la surveillance des sites religieux sensibles à l’approche de la visite du pape François en Terre sainte fin mai. «Le prix à payer, le Roi David pour les Juifs, Jésus est une ordure», a été tagué sur le mur de l’église roumaine Saint-George, près d’un quartier juif-orthodoxe de Jérusalem.

L’inscription «Mort aux Arabes» a été peinte sur une maison de la Vieille ville de Jérusalem, et des swastikas -la croix gammée nazie- ont été dessinées sur les murs d’un appartement dans Jérusalem-Ouest, la partie israélienne de la Ville sainte.

Sous l’appellation du «prix à payer», des colons extrémistes et des activistes d’extrême droite ont intensifié ces derniers mois les agressions contre des Palestiniens, des Arabes israéliens ou encore l’armée israélienne, en réaction à des décisions gouvernementales qu’ils jugent hostiles à leurs intérêts ou à des actes attribués à des Palestiniens. Des lieux de culte chrétiens et musulmans sont également visés quasi-quotidiennement.

Bien que la police ait procédé à de nombreuses arrestations, elles n’ont donné lieu pour le moment à aucune poursuite, et les appels au gouvernement de confier le dossier au Shin Beth les services de renseignement, se multiplient.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 07:57

Afin de contribuer au débat sur les annonces institutionnelles du 1er ministre je me permets de vous adresser le texte ci-dessous en vue d’une publication éventuelle.

Bien cordialement.

Bruno Fornaciari

Saint-Varent

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Avec le projet de refonte des cartes régionales et départementales qui constituent un « big-bang » anti-démocratique, Manuel Valls et François Hollande veulent redessiner les répartitions territoriales et institutionnelles issues de la Révolution Française

La France institutionnelle dessinée par Manuel Valls lors de son discours de poli­tique générale, loin d’être seulement tech­nique, s’apparente à un retour en arrière de plus de 200 ans.

La république indivisible inscrite dans la Constitution, principe existant depuis 1791, disparaîtrait au profit d’une république de plus en plus fédérale avec des super régions omniprésentes et des métropoles faisant fi des communes, pour bases territoriales. Les conseils départementaux élus disparaîtraient eux aussi dès 2021 et les communes seraient amenées à se fondre dans les intercommunalités décidées en haut lieu.

La suppression pure et simple de la clause de compétence générale qui per­met aux collectivités territoriales d’inter­venir dans tous les domaines et ainsi de mener des politiques de réductions des inégalités est annoncée par le Premier ministre. Désormais, chaque collectivité se verra attribuer des compétences dont elle ne pourra pas sortir. Le nouvel ensem­ble, hyper cohérent, serait corseté au som­met par les diktats européens sur les dépenses publiques et sociales, déclinés par des régions et métropoles au service des entre­prises et non des citoyens, et qui auront pour mission principale « l’attractivité du territoire ». C’est un grave recul de la démocratie et des libertés des citoyens qui se verront imposer des politiques qu’ils n’auront pas choisi.

C’est la porte ouverte au dumping fiscal et social, qui mine actuellement l’Europe, au cœur même de la République. La montée en puissance de superstructures technocra­tiques, éloignées de la vie des citoyens réduirait d’autant la possibilité de choix démocratiques quant à l’administration de leur vie quotidienne.

Un séisme institutionnel et un virage à 180 degrés faisant passer de l’égalité républi­caine sur tout le territoire à la recherche de rentabilité à tous les niveaux.

Bruno Fornaciari

Saint-Varent

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 12:06

Salaire des patrons du CAC 40, de quelle baisse, on nous parle ?

Ils ont tout de même touché en moyenne 2,25 millions d’euros

Sarah Sudre

Lundi, 5 Mai, 2014

Les grands patrons français ont moins gagné en 2013, la crise ayant affectée la part variable de leurs rémunérations. Même si le rapport annuel des Echos note un recul de 2,1 % des revenus des dirigeants du CAC 40 de 2013/2012, en comparaison à ceux de 2012/2011, chacun a tout de même, touché en moyenne 2,25 millions d’euros. Quant au secteur financier, le salaire des PDG s'envole. Alors de quelle baisse, nous parle t-on ?

Pour la troisième année consécutive, les salaires des dirigeants des groupes du CAC 40 ont encore diminué, d’après un rapport annuel effectué par Les Echos, publié hier. Un recul de 2,1% en 2013 comparé à la variation 2012/2011, s’expliquant par la baisse, dûe à la crise, voir le retrait pour certains, de la part variable des rémunérations annuelles des PDG, comprenant les bonus, primes, performances... C'est le cas de Pierre Pringuet, patron de Pernod Ricard, qui a touché, en 2013, 860 000 euros de part variable contre 1,6 millions en 2012. Autre exemple:le PDG du groupe Danone, Franck Riboud, a vu sa rémunération variable annuelle passer de 1,3 millions à 893 000 euros, entraînant la baisse totale de ses revenus de 22,59% en comparaison à 2012/2011. Quant à Martin Bouygues, cela fait deux ans qu'il renonce totalement à la part variable de ses émoluments pour faire face aux difficultés de l'entreprise mais aussi à la dépréciation de sa participation dans Alstom.

Pour autant, leur situation n'est pas à plaindre. Pour la période 2013/2012, les patrons du CAC 40 ont touché, en moyenne, 2,25 millions d’euros, soit un total des salaires, estimé à 90 millions d’euros. Quant à Maurice Levy, PDG de Publicis, même si son salaire a chuté de 6% en 2013, il arrive en tête du classement des patrons du CAC 40 les mieux payés, avec un sac d’or annuel, entièrement rempli de rémunérations variables, de 4,5 millions d’euros ; loin devant le président de l’Oréal, Jean-Paul Agon et ses 3,9 millions d’euros. Pour compléter le podium, Georges Plassat avec 3,7 millions d’euros. À la tête de Carrefour, le « petit nouveau » a fait un bon de géant dans le classement, avec une hausse de salaire de 39,97% comparée à 2012. L’explication ? Arrivé en avril 2012, il avait perçu un salaire annuel 2012/2011 de neuf mois seulement, contrairement à 2013.

Le salaire du PDG d'EDF, réellement revu à la baisse
La baisse des salaires du top 10 des patrons du CAC 40 les mieux payés reste minime. Il en est tout autre pour Henri proglio, PDG d'EDF, unique entreprise publique cotée au CAC 40, qui a vu son salaire annuel de 2013 faire une chute libre de 65,01%, comparé à 2012. « Le changement, c’est maintenant », annonçait François Hollande durant sa campagne présidentielle, notamment en montrant du doigt les rémunérations des grands patrons. Chose dite, chose faite, pour le coup, le Président validait un décret le 23 juillet 2012, plafonnant le salaire des patrons des entreprises publiques à 450 000 euros, fixe et variable compris. Ainsi s’explique l’arrivée en dernière position, dans le classement des Echos, d’Henri Proglio, président d’EDF, qui touchait jusqu'en 2012, 1,3 millions d'euros par an. Même action pour le président-directeur général de GDF-Suez qui a du renoncé à 50% de sa rémunération variable de 2013. Actionnaire partiel, l’Etat n’a joué qu’un rôle influant sur l’entreprise française, raison pour laquelle le salaire de Gérard Mestrallet s'évalue à 2 millions 215 euros. Mais la baisse de 26,17%, comparée à 2012/201, du président de GDF-SUEZ, s’explique surtout par la dépréciation massive, à hauteur de 14,9 milliards d’euros, de la valeur comptable de certains de ses actifs en Europe.

La finance, à contrario, reste gagnante
Les groupes bancaires sont actuellement dans le vert. Tout comme les rémunérations variables de leurs dirigeants, visiblement non concernées par cette baisse des salaires des patrons du CAC 40. En effet, Jean-Laurent Bonnafé de BNP Paribas a encaissé 3,39 millions d’euros pour la période 2013/2012, grâce à une hausse de salaire de 19,79%. Frédéric Oudéa, dirigeant de la Société, lui, se contente de ses 2,7 millions gagnés, reflétant une hausse de 8,48%. Quant au gros Jackpot, il est attribué à Jean-Paul Chifflet, PDG du Crédit Agricole SA, pour avoir presque doublé son salaire annuel en un an, s’étendant aujourd’hui à 1,97 millions d’euros. En faisant revenir Casa dans le vert, l’organe coté s’est envolé, remerciant son PDG avec cette rémunération variable de 137% !

Une bonne nouvelle pour les banquiers, peut-être, une mauvaise, pour le ministre de l’Economie, du redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg qui « accuse les banques de ne pas financer correctement l’économie, et fustige leurs dirigeants, dont les bonus s’envolent et les rémunérations ont progressé dans des proportions absolument indécentes », relate le journal Les Echos.

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BRUNO FORNACIARI

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