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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 13:19

 

Pourquoi nous quittons le NPA

Jean Ducange (Paris 15e), Thierry Guitrand (Villejuif), Claudette Moraine (Ardennes), Stathis Kouvélakis (Paris 20e), Philippe Marlière (Londres), Danièle Obono (Aubervilliers, ex-membre du CE et de CPN)

 

Juste après son premier congrès, il semble bien que l’heure des comptes a sonné pour le NPA. Le constat qui s’impose de plus en plus largement est celui de l’échec sans appel du projet fondateur. Le NPA a échoué à rassembler les anticapitalistes pour devenir l’élément moteur d’une alternative à gauche du PS. Il a échoué à s’ouvrir à de nouvelles couches et de nouvelles formes d’expérience militante. Il s’est de plus en plus cantonné à une attitude sectaire, refusant systématiquement l’unité avec les autres forces de la gauche radicale et se considérant comme le dépositaire exclusif de l’« anticapitalisme » et des aspirations exprimées dans les luttes sociales. C’est peut-être surtout dans ce dernier aspect que les dégâts sont les plus visibles : à défaut de s’atteler à dégager une perspective politique d’ensemble, le NPA s’est refugié dans une posture para-syndicale et incantatoire, appelant inlassablement à la « grève générale » et cultivant l’illusion que l’agrégation des revendications sectorielles suffit à unifier les mouvements sociaux.

 

Cette ligne sectaire ne s’appuie que sur un seul atout : la popularité de son porte-parole, et ses scores passés et escomptés au premier tour des élections présidentielles. Pourtant, l’expérience de LO et des candidatures d’Arlette Laguiller a déjà montré les limites d’une telle démarche. La comparaison est presque cruelle car le cycle parcouru par le NPA a toutes les chances d’être beaucoup plus court que celui de l’autre organisation de l’extrême-gauche française. Très rapidement en effet, tous les clignotants sont passés au rouge : hémorragie militante, y compris au niveau des instances dirigeantes, pauvreté des débats, reconduction quasiment à l’identique des anciens clivages internes de la LCR, état affligeant de la presse et des matériaux du parti, sans parler des résultats électoraux de plus en plus décevants.

 

Pendant que le NPA ne cessait de se raidir et de cultiver l’isolement, le paysage socialet politique, tout particulièrement au sein de la gauche de gauche, évoluait rapidement. L’exaspération populaire à l’égard du sarkozysme n’a cessé de monter, pour alimenter de larges mobilisations sociales, qui se sont heurtées à de multiples limites, à la fois en termes de stratégie syndicale et de débouché politique, et se sont finalement soldées par des échecs. Le PS se prépare à une alternance avec le visage le plus ouvertement libéral qu’il ait affiché jusqu’à présent, et que l’actuel président du FMI incarnera, sans doute, demain. Pour déjouer cette opération, la seule perspective responsable est celle du regroupement de toutes les forces à gauche du PS qui se situent sur le terrain d’une rupture avec le système. Il faut prendre acte que l’essentiel de ces forces se trouvent aujourd’hui au FdG. Pour l’instant simple cartel d’organisations, dépourvu de structuration « par en bas » et de pratiques correspondantes, le FdG a néanmoins déjà apporté la preuve que le tout est supérieur à la somme des parties. Des expériences locales, tout particulièrement celle du Limousin, ont montré qu’une véritable dynamique est possible. Pourquoi alors ne pas prendre au mot les propositions des  organisations composant le Front de Gauche d'un programme de rupture  avec le système capitaliste et avec le productivisme ?

 

Nous sommes convaincus que la constitution d’un large front politique de la gauche radicale autour d’un tel programme peut bousculer les rapports de forces à gauche, ébranler la domination du PS en son sein et offrir un véritable débouché politique à la hauteur des espérances et des luttes populaires. C’est la seule voie pour sortir enfin de l’impuissance politique et d’une rhétorique radicale dépourvue d’impact et, en réalité, inoffensive pour le système. C’est à une telle perspective que nous tenterons désormais de contribuer.

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 01:15

Spéculation

Pétrole, à qui profite la hausse ?

L’inquiétude sur les approvisionnements paraît pour partie entretenue afin de doper les cours. En France, les prix à la pompe se rapprochent du pic de 2008.

Les prix du pétrole évoluaient légèrement à la hausse vendredi en milieu de journée. Le baril de brent de la mer du Nord s’échangeait à Londres à 112,04 dollars, en hausse de 68 cents par rapport à la veille, après avoir frôlé jeudi les 120 dollars, son plus haut niveau depuis août 2008. À New York, le baril de light sweet crude (WTI) progressait de 34 cents, à 97,62 dollars. Il avait atteint jeudi 103,41 dollars le baril, un sommet depuis deux ans et demi. Selon certains commentateurs, les opérateurs s’inquiéteraient des effets de l’arrêt de la production libyenne et des risques de contagion du soulèvement populaire à d’autres pays producteurs de pétrole. L’Europe est particulièrement concernée. Le pétrole libyen couvre en effet 15,7 % des importations françaises, 22 % des italiennes, 23,3 % des irlandaises, 7,7 % des allemandes.

l’Arabie saoudite prête à pallier les carences

Mais cette inquiétude paraît largement entretenue, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimant que de 500 000 à 750 000 barils par jours de brut, soit moins de 1 % de la consommation mondiale quotidienne, font défaut, en raison de la situation en Libye. L’Arabie saoudite, principal producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), se dit prête à pallier les carences de l’offre de brut et serait déjà « en discussions actives » avec les raffineurs européens, selon plusieurs sources. De son côté, le gouvernement américain a estimé jeudi que les États-Unis et le monde pouvaient faire face à une rupture d’approvisionnement en pétrole. 

Intervenants financiers et majors de l’or noir.

Cette flambée des cours de l’or noir intervient certes sur fond d’un décalage entre la demande et l’offre mondiales. En 2010, la première a été de 87,1 millions de barils par jour contre 86,5 millions pour la seconde. Cet écart a été creusé à la fois par la réduction durant plusieurs années par les grandes compagnies pétrolières de leurs activités de recherche de nouveaux gisements et par la volonté légitime des pays producteurs de maîtriser leur production afin de relever leurs prix de vente. Sur cette base se greffe une spéculation acharnée organisée et entretenue par de grands intervenants financiers et les majors de l’or noir. Une affaire assez récente vient d’en donner une idée dans un autre secteur que le pétrole. Début décembre 2010, le quotidien britannique The Daily Telegraph révélait que le mystérieux trader qui avait acheté entre 50 % et 80 % du stock de cuivre de la Bourse des métaux non ferreux de Londres pour 1,2 milliard d’euros, faisant monter le cours du cuivre à 8 700 dollars la tonne, un niveau record, n’était autre que la grande banque américaine JP Morgan.

En France, les prix des carburants à la pompe se rapprochent du pic de l’été 2008, lorsque le prix moyen du super sans plomb caracolait à 1,49 euro le litre. Pourtant, le prix du baril de brut est en dessous de ce qu’il était à l’époque. On devine à qui profite le crime.

Pierre Ivorra

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 01:22

 


 

 

CAC 40 : 80 milliards de profits se font la malle

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 00:51


 

 

Selon le président de la BCE, qui avoue par ailleurs son impuissance à enrayer la spéculation sur les matières premières, revaloriser les salaires « serait la dernière des bêtises à faire ». En France comme en Allemagne, les luttes se multiplient.

Immuable BCE, toujours prête, décidément, à servir les puissances financières et, pour cela, à écraser les citoyens n’ayant que leur salaire.

 

Dimanche soir, son président, Jean-Claude Trichet n’y est pas allé par quatre chemins en proclamant qu’augmenter les salaires, « ce serait la dernière des bêtises à faire ». « Nous ne pouvons rien contre l’augmentation immédiate des prix du pétrole ou des matières premières. Mais, en revanche, nous devons éviter à tout prix ce que nous appelons les “effets de second tour”, c’est-à-dire que les autres prix se mettent à bouger », explique Trichet. Et parmi ces autres prix, il y a « bien entendu, les salaires ». Traduction : la BCE et les gouvernements se montrant impuissants à mettre en place des dispositifs à même de juguler la spéculation qui fait flamber les matières premières, il faudrait se retourner contre les salaires, leur appliquer une discipline de fer pour empêcher une poussée d’inflation.

 

MANITOWOC : LES SALARIÉS ONT GAGNÉ 60 EUROS


 Derrière ce raisonnement, le même dogme, ressassé depuis trente ans : l’augmentation des salaires doit rester « modérée », sous peine d’entraîner hausse des prix et chômage. Peu importe si la démonstration vient d’être spectaculairement faite, ces deux dernières années avec la crise économique et financière, que cette politique de rigueur, salariale et pour les finances publiques, et son pendant, une liberté totale de spéculer pour les capitaux, conduisent droit dans le mur.

 

L’admonestation du patron de la BCE, par-delà son caractère provocateur, traduit sans aucun doute une inquiétude. Alors que les grands groupes affichent une belle santé financière, comme l’indiquent les premiers résultats 2010 annoncés du CAC 40, et redistribuent généreusement une bonne part de leurs profits aux actionnaires, les salariés revendiquent de plus en plus fort une juste reconnaissance de leur travail.

 

On le voit en Allemagne où, entre autres exemples (voir l’Humanité du 11 février 2011), le syndicat IG Metall vient d’arracher une revalorisation salariale de 3,2 % pour les 100 000 salariés de Volkswagen. En France aussi, l’appétit revendicatif est à la hausse en de nombreux endroits. Chez Manitowoc (les ex-grues Potain, rachetées il y a quelques années par un groupe américain, 1 195 salariés), les travailleurs ont approuvé, vendredi dernier, par un vote en AG, une proposition patronale d’augmentation de 60 euros par mois pour tous, représentant pour les bas salaires une progression de 3,95 % (le salaire de base est porté à 1 614 euros).

 

À l’origine, la direction voulait se cantonner à une rallonge de 25 euros. Entre les deux ? Un mouvement de grève tournante reconductible, déclenché par la CGT et la CFDT, à Moulins (Allier) et à Charlieu (Loire) et suivi à 80 %. Manitowoc a certes souffert du retournement de la conjoncture en 2009 et 2010, mais cela ne l’a pas empêché de « réaliser un bénéfice net moyen équivalent à 8 000 euros par an et par salarié », indique Alain Morand, délégué CGT. Sur la question des bénéfices, la multinationale Unilever se pose un peu là, elle aussi, avec 4,6 milliards d’euros engrangés en 2010.

 

À son personnel de l’usine de Le Meux (Oise), elle ne voudrait pourtant concéder que 2 % d’augmentation en 2011, « car il faut garder notre compétitivité », rapporte Frédéric Briesmalien, délégué CGT. Face à cette « provocation » s’ajoutant à une dégradation des conditions de travail, les salariés, qui fabriquent shampoings et dentifrices, en étaient hier à leur cinquième jour de grève, pour un « talon » (augmentation minimale pour tous) de 100 euros. BAROIN, LE MAUVAIS EXEMPLE

 

Le porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, François Baroin, a tenté hier de prendre ses distances avec les déclarations de Jean-Claude Trichet. « Notre objectif, c’est de faire en sorte que tous les efforts produits n’abîment pas le quotidien et permettent à terme une augmentation des salaires », a-t-il déclaré sur Europe 1. Les propos du président de la BCE constituent « une approche très curieuse parce que, au fond, on mène des politiques publiques pour améliorer le quotidien des gens ». François Baroin gagnerait en crédibilité si le gouvernement dont il est membre ne donnait pas, précisément, le mauvais exemple en imposant un « gel » du point (base de calcul des salaires) aux cinq millions de fonctionnaires.   

 

Social-Eco - le 22 Février 2011

YVES HOUSSON

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 04:14

Février 2011

Communiqué

de la Fédération CGT des Services publics
et de l’Union départementale CGT de la Moselle


Ces dernières semaines, le secrétaire général du syndicat CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange (Moselle) a fait connaître   publiquement sa récente adhésion au Front national et sa candidature sous cette étiquette aux prochaines élections cantonales. Dans une interview publiée sur un site Internet, dans laquelle il se prévaut de son appartenance à la CGT, il défend les thèses du FN sur la préférence nationale, sur l’immigration comme cause du chômage, et contre la régularisation des sans-papiers.

 

Pour nos organisations, cette situation est intolérable à double titre : d’une part, parce qu’un militant CGT se fait ainsi le propagandiste de thèses contraires aux valeurs fondamentales et aux orientations de notre organisation ; d’autre part, parce que sa démarche constitue une tentative d’instrumentalisation de la CGT à des fins politiques.

 

Réunis le 15 février dernier à l’initiative de l’UD CGT 57 et de la Coordination syndicale départementale des Services publics, 26 adhérents du syndicat de Nilvange ont dans leur majorité refusé de désavouer leur secrétaire général.

 

En conséquence, et en concertation avec l’UD CGT 57, la commission exécutive de la Fédération CGT des Services publics, réunie le 16 février, a décidé, sur la base des statuts confédéraux et fédéraux, la suspension immédiate de l’affiliation du syndicat de Nilvange à la Fédération. Cette décision entraîne, dès sa notification au syndicat et à l’employeur, l’arrêt immédiat de toute activité CGT dans la collectivité. La CEF renvoie au Comité national fédéral, qui se tiendra en avril, le soin de statuer sur la situation de ce syndicat et les sanctions définitives à prendre. Celles-ci pourront aller jusqu’à la dissolution dans l’hypothèse où un syndicat ne pourra d’ici là être reconstruit sur des bases conformes aux valeurs et orientations de la CGT, avec les syndiqués qui désapprouvent la dérive actuelle.

 

Cette situation est l’occasion pour nos organisations d’appeler leurs adhérents à la plus grande vigilance, à la combativité et à l’information des salariés face à une organisation politique prônant le rejet de l’étranger comme exutoire à la détresse sociale et développant des thèses économiques et sociales contraires aux intérêts du salariat. Nos organisations seront particulièrement attentives à toute nouvelle tentative d’instrumentalisation de la CGT par un parti politique qui s’est toujours attaqué au syndicalisme démocratique, comme l’ont encore récemment illustré ses prises de position durant le mouvement de lutte contre la réforme des retraites.

 

Le 21 février 2011

Fédération CGT des Services publics – Case 547 – 263 rue de Paris 93515 Montreuil Cedex – Tél. 01 48 18 83 74
Union Départementale CGT de la Moselle – 10 rue de Méric – BP 42026 – 57054 METZ CEDEX 2 – Tél. 03 87 75 19 53
Moselle

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 18:07

Aux prud’hommes, les délais s’allongent, la justice se perd

Manque de greffiers, de magistrats : les tribunaux des prud’hommes engorgés mettent de longs mois, souvent des années, pour juger et faire respecter le droit du travail. Des justiciables attaquent l’État pour délais excessifs. Avocats et syndicats de salariés manifestent demain.

 

Le vent de révolte qui secoue la magistrature ces jours-ci n’épargne pas la justice du travail. Jeudi dernier, déjà, les conseillers prud’homaux, ces juges non professionnels issus du monde de l’entreprise, chargés de régler les litiges individuels entre salariés et employeurs, marchaient aux côtés des robes noires pour riposter aux provocations verbales de Nicolas Sarkozy. Demain , ils battront à nouveau le pavé, cette fois, avec les avocats, pour défendre la cause de la prud’homie.

 

Celle-ci, moins médiatisée que les autres juridictions civiles et administratives, n’est pas moins touchée par les restrictions budgétaires. Au point que de nombreux conseils de prud’hommes (CPH) ne sont plus en mesure de garantir à chaque salarié, dans les conditions prévues par la loi, un accès au juge lui permettant de faire respecter le droit du travail. En cause : des délais de procédures souvent proprement édifiants.

 

Faire appel aux prud’hommes revient aujourd’hui à s’engager, malgré soi, dans une course de lenteur. Au conseil de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le deuxième de France pour le nombre d’affaires traitées, les records sont battus. Quand elle reçoit un client, l’avocate Maude Beckers, qui plaide ici, sait que le traitement de sa plainte pourra prendre « jusqu’à cinq à six ans », explique-t-elle. Le conseil ne manque pas de juges conseillers, ni de salles d’audience – il vient d’hériter de nouveaux locaux, plus vastes –, il souffre avant tout d’un déficit en personnel de greffe, indispensable à la marche du tribunal, indique Jamila Mansour, sa vice-présidente (CGT). « On devrait avoir 32 fonctionnaires, nous en sommes à 27. » Bobigny attend aussi depuis des années la nomination d’un juge départiteur supplémentaire, ce magistrat professionnel, détaché du tribunal d’instance, qui intervient dans un deuxième temps de la procédure, lorsque les quatre juges conseillers (deux représentant les salariés, deux les patrons) ne sont pas parvenus à s’entendre pour trancher. Résultat : faute de pouvoir augmenter la cadence des audiences, des délais à rallonge à toutes les étapes de l’action des prud’hommes. Rien que pour obtenir l’audience de départage : trente-deux mois, quand « le Code du travail prévoit un mois », rappelle Jamila Mansour.

 

Sans être toujours dans une situation aussi dramatique, de nombreux autres conseils à travers l’Hexagone pleurent misère. « Ils fonctionnent à 50 % de leurs effectifs statutaires, beaucoup d’audiences doivent être reportées faute de greffier disponible, ou de magistrat. Il manque du matériel informatique, même les exemplaires du Code du travail sont en nombre insuffisant », constate Ghislaine Hoareau, du service juridique de la CGT. « À Lyon, en 2007, on avait 33 emplois équivalents temps plein (ETP) de greffiers et 5 900 affaires à traiter, note Bernard Augier, président du conseil. En 2010, 27 ETP, soit 6 postes perdus, alors qu’on est passé à 6 800 affaires. Du coup, dans la section du commerce, il faut attendre six mois pour passer en conciliation, là où on devrait être convoqué en quatre à cinq semaines au maximum. »


De tels délais représentent de pures violations de la loi et ont de lourdes répercussions pour les justiciables. Selon le Code du travail, par exemple, les prud’hommes ont un mois pour statuer sur une demande de requalification d’un CDD en CDI. Mission impossible pour la plupart d’entre eux. Contraint d’attendre jusqu’à douze mois pour obtenir un jugement, le salarié voit alors ses chances de rester dans l’entreprise anéanties. Même chose pour les contestations de licenciement économique qui devraient, selon le Code, être tranchées dans les sept mois. Intenable là aussi. Il peut arriver que, lorsque le conseil parvient à trancher, l’entreprise ait mis la clé sous la porte.

L’extrême lenteur des procédures est d’autant plus pénalisante que la plupart des justiciables vivent dans des situations précaires. Du jugement dépend leur réintégration dans l’entreprise, et donc leurs revenus, l’obtention d’indemnités de licenciement… « Le contentieux social, c’est le contentieux de créances qui ont un caractère alimentaire. Il est donc extrêmement crucial d’avoir un accès au juge qui soit efficace, réel », souligne Isabelle Taraud, animatrice de la commission sociale du Syndicat des avocats de France (SAF).

 

Cette justice à vitesse d’escargot a aussi pour effet pervers de pousser le salarié à « accepter une négociation au rabais », à en rabattre, au final, sur les droits légitimes auxquels il aurait pu prétendre devant les prud’hommes. Selon Bernard Augier, « entre la conciliation et le jugement, 40 % des affaires disparaissent, réglées par une autre voie que le jugement, hors de tout contrôle »… « D’une manière générale, la menace d’un contentieux prud’homal est de moins en moins crédible », s’inquiète Isabelle Taraud. L’action collective, syndicale, n’en sort pas indemne non plus : « Allez mobiliser des salariés pour défendre leurs droits quand le contentieux est à ce point difficile ! »


À plusieurs reprises, déjà, s’appuyant sur la Convention européenne des droits de l’homme qui exige « un délai raisonnable » de jugement, des salariés ont attaqué l’État et obtenu sa condamnation. Mais, fatigués de « se battre chacun de son côté », les avocats militants du SAF ont décidé de « sortir le problème de leurs cabinets ». Le 24 janvier, ils ont déposé ensemble au tribunal de grande instance de Paris les dossiers de 71 salariés assignant l’État pour « délais totalement déraisonnables » et réclamant jusqu’à 30 000 euros de dommages et intérêts. Demain, à 13 heures, sur les marches du Palais de justice de Paris, et en province, avec l’ordre des avocats des barreaux de Bobigny, Versailles et Paris, et les syndicats CGT, FO, Solidaires et Unsa, des rassemblements exigeront « les moyens que la prud’hommie mérite ».

 

Yves Houssonp our "l'Humanité"

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 08:06

PARIS — Réactions dans la classe politique à l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi soir sur TF1 :

 

 

- Eva Joly, eurodéputée Europe Ecologie/Les Verts, ex-magistrate : Le président ne procède à "aucune remise en cause de son action depuis 2002 sur la sécurité mais on ajoute de nouvelles lois à toutes les autres. La France a aujourd'hui une justice et une police qui explosent et ne peuvent plus mener à bien leurs missions, et pourtant le président prétend ajouter à cette situation déjà dramatique de nouvelles difficultés, en inventant des +jurys populaires+ en tribunal correctionnel que nous n'avons pas les moyens de payer et qui ne seront absolument pas en mesure de rendre une meilleure justice" (communiqué).

 

- Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice : "Cette émission a démontré que le président de la République est totalement à l'écoute et conscient des problèmes quotidiens des Français et déterminé à maintenir le cap avec pragmatisme et réactivité. Le chef de l'Etat a été dans le concret avec une détermination sans faille à protéger les Français et en proposant un concept de sécurité globale qui s'appuie sur 3 piliers : sécurité pour l'emploi, sécurité face à la maladie et sécurité face à la délinquance" (communiqué).

 

- Parti de gauche : "Ubu Roi sur TF1", "mais les Français ne sont plus dupes. Bientôt comme les Tunisiens et les Egyptiens ils montreront la porte à ce pouvoir à bout de souffle". "Le président aura débité un florilège d'absurdités et de mensonges dans une émission faite sur mesure pour lui servir de faire-valoir. On voudrait zapper, mais surtout qu'il dégage" (communiqué).

 

- Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF : "Sarkozy aurait pu dire: Françaises et Français qui souffrez, je vous méprise ! Il a, cette fois encore, affiché sa surdité totale aux besoins de nos concitoyennes et concitoyens. La seule réponse aux contre-vérités assénées ce soir reste la mobilisation sociale. C'est la seule voie pour dessiner un nouvel avenir pour nos concitoyens et pour le pays" (communiqué).

 

- Stéphane Le Foll, député PS, proche de François Hollande : "On a un président de la République qui cherche à répondre à un ensemble de problèmes mais qui n'a plus aucune capacité à donner un sens, définir un chemin" (déclaration sur France 24).

 

- Gérard Larcher, président du Sénat, salue un "président humain qui cherche à réconcilier les Français, à restaurer la confiance et à sauvegarder notre pacte social" ainsi que "son courage et sa franchise". "Les Français comprennent qu'aucune solution magique n'existe et il leur a apporté ce soir des réponses concrètes et crédibles notamment sur l'apprentissage, l'absentéisme scolaire, la médecine en territoire rural" (communiqué).

 

- Christian Jacob, chef de file des députés UMP : "Sans éluder aucun des grands sujets qui préoccupent les Français, le président de la République a remis en perspective l'action de la majorité depuis 2007. Christian Jacob salue particulièrement les mesures très fortes que Nicolas Sarkozy a annoncées en faveur de l'apprentissage, afin d'atteindre le nombre d'un million d'apprentis en France" (communiqué).

 

- Alain Vidalies, secrétaire national PS à l'emploi : "Nicolas Sarkozy est devant le chômage comme un spectateur impuissant devant une inondation qui se dit que cela finira bien par baisser. Chacun a pu constater que Nicolas Sarkozy était tout aussi spectateur impuissant sur la question du pouvoir d'achat. En 2 heures 30 d'émission", c'était "un président commentateur, spectateur face à la crise économique et aux dérégulations du capitalisme financier" (communiqué).

 

- Pierre Laurent (PCF) : "Sarkozy ne sort pas grandi de cette soirée laborieuse". "Aux policiers, il affirme que les effectifs sont suffisants, aux magistrats que les moyens ne sont pas le problème, aux chômeurs qu'il va les envoyer en stage, aux agriculteurs que les marchés ont fait leur bonheur, aux ouvriers que la +vraie+ pénibilité est d'être sans emploi... Il confirme surtout qu'il est incapable d'écouter les Français". "En taxant +d'échec+, la diversité culturelle de la France, Sarkozy ajoute un tome 2 à son discours de Grenoble" (communiqué).

 

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 06:03

  "paradis fiscaux" outre-mer



Les élus PCF dénoncent un texte créant de vrais "paradis fiscaux" outre-mer

PARIS, 9 février 2011 (AFP) -

 

Le groupe CRC-SPG (Communiste et Parti de Gauche) au Sénat dénonce mercredi dans un communiqué, une proposition de loi UMP qu'il accuse de viser à autoriser "les paradis fiscaux en France", notamment à Saint Barthélemy et Saint Martin, et qui sera examinée lundi par la chambre haute.

"Alors que le président Sarkozy se veut le grand pourfendeur des paradis fiscaux et le partisan de la régulation des marchés, le droite sénatoriale s'apprête, avec l'accord du gouvernement, à débattre de la création de paradis fiscaux", accuse le groupe CRC-SPG.

Une proposition de loi organique visant à approuver quatre conventions en matière fiscale entre l'Etat et les collectivités territoriales de Saint Martin, Saint Barthélemy et la Polynésie française a été déposée par Louis Constant Fleming et Michel Magras, respectivement sénateurs UMP de Saint Martin et de Saint Barthélemy.

"Ces deux éminents parlementaires, élus par un collège électoral plus que réduit (21 électeurs à Saint Martin, 13 à Saint Barthélemy ), issus des familles les plus anciennes et les plus aisées de ces deux îles, entendent en faire de véritables paradis fiscaux", assure le communiqué.

Leur proposition, ajoute-t-il "institutionnalise une fiscalité dérogatoire du droit français dans ces deux collectivités".

"L'impôt sur les sociétés et l'impôt sur le revenu n'existent pas à Saint Barthélemy et sont singulièrement allégés à Saint Martin", poursuit-il.

"Pour Saint Barthélemy, selon des chiffres officiels, la facture du statut fiscal dérogatoire s'élève pour l'Etat à plus de cinq millions d'euros par an, au profit des 25 familles les plus fortunées de l'île, dont l'UMP locale est bien proche", dénonce-t-il.

Les sénateurs du CRC-SPG "appellent à la plus grande vigilance" à l'égard de tels "petits arrangements législatifs entre amis".

Ils citent à l'appui une déclaration du président centriste de la commission des Finances, Jean Arthuis, lors de l'examen du texte en commission. "Est-il légitime de maintenir les dispositifs de défiscalisation à Saint-Barthélémy, île prospère ? Quel gâchis d'argent public ! Certains observateurs locaux disent que les parkings y sont trop petits tant sont nombreuses les voitures défiscalisées !", s'indignait le député.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 10:08


"En deux ans, notre pays a encore reculé de deux places et se situe désormais au 37e rang (sur 43) des pays du Conseil de l'Europe pour la part du produit intérieur brut consacrée à la justice. Entre 2006 et 2008, les pays européens ont augmenté leur budget annuel alloué aux services judiciaires de 18% en moyenne, la France de 0,8%!", remarque encore M. Muzeau.

Les députés communistes "exigent la tenue d'un Grenelle de la justice réunissant tous les acteurs judiciaires, médicaux et sociaux, qui permette enfin de doter la justice des moyens nécessaires pour exercer ses missions en toute indépendance", ajoute le texte.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 03:07

Le M'Pep appelle à l'exclusion de Pascal Lamy et DSK du PS

 

Le mouvement politique d'éducation popoulaire (M'PEP) veut l'exclusion de Pascal Lamy, Directeur Général de l'OMC, et Dominique Strauss Kahn, Directeur Général du FMI, du Parti Socialiste. Car les deux responsables socialistes "ont choisi de se mettre au service de l'ultalibéralisme". Selon le collectif, il ne s'agit pas d'une ingérence dans les affaires du PS :

"les orientations de la gauche française ne relèvent pas de la "cuisine interne" des partis mais du débat public national"

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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