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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 11:21
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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 19:49

L’attaque du convoi humanitaire de l’ONU à Alep relève de la «mise en scène» (experts)

"L’attaque du convoi humanitaire de l’ONU à Alep relève de la «mise en scène.

Selon le rapport des experts du Groupe International de soutien à la Syrie, l’attaque du convoi humanitaire d’Alep relève d’une «mise en scène parfaitement ficelée». En cause, l’état intact de la route contrastant avec les véhicules carbonisés.

L’attaque contre le convoi humanitaire conjoint de l’ONU et le Croissant-Rouge arabe syrien le 19 Septembre dernier est «une mise en scène parfaitement préparée», ont annoncé les conclusions préliminaires d’experts indépendants au sein du Groupe International de soutien à la Syrie.

Après que Washington a annoncé avoir déterminé que le convoi humanitaire avait été victime d’une frappe aérienne, les experts ont procédé à une analyse comparative des photos et des vidéos de l’attaque disponibles, notamment les images capturées par le drone des forces russes qui surveillait l’avancée du convoi.

Sur cette vidéo, «il apparaît clairement que des armes de haut calibre sont acheminées sous couvert de convoi humanitaire», ont annoncé les experts.

«Utm Al-Kubra se trouve sur le territoire contrôlé par les terroristes du groupe al-Nosra. De plus, cette zone est marquée par une forte concentration de militants. Si vous prenez les rapports du 19 septembre, vous trouverez que, dans ce lieu même, en même temps, les militants d’Al-Nosra ont lancé une offensive majeure sur Alep», affirme le document.

Dans ce nouveau rapport, les experts ont noté que l’analyse des photographies présentées dans les médias, indique qu’un poste de pilotage de l’un des véhicules du convoi est resté intact et «n’a aucune trace d’explosion, de débris ou de trous […] seul son stock de marchandises a été touché. Il a entièrement brûlé […] En outre, tout autour, la route est restée en parfait état, ce qui n’aurait pas été le cas si le convoi avait bel et bien subi un bombardement aérien».

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 16:23
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:17

Grande consultation citoyenne - Rendre incontournable ce que demande le peuple !

65 000 ENQUÊTES REMPLIES

400 000 PERSONNES RENCONTRÉES.

C’EST ENSEMBLE QUE NOUS POURRONS ÉCRIRE UN NOUVEAU RÉCIT COMMUN.

1 - Depuis le printemps, les militantes et militants communistes se démultiplient pour venir à votre rencontre. Ils veulent entendre vos préoccupations, vos attentes, vos idées, vos propositions. Et leur donner de l’écho. Ils veulent que le débat politique parle de vos vies et de vos espoirs. Ils veulent que la politique, trop souvent confisquée et mise au service des forces de l’argent, redevienne une propriété populaire.

2 - Cette enquête nous a aussi permis de mettre en débat des idées et nos propositions dans la société. Il y beaucoup à faire et beaucoup est possible !

3 - Cette enquête révèle un visage de la France qu’on ne voit pas dans les médias. Nous allons la faire connaître partout pour que la parole populaire donne le ton du débat politique. Continuons. Emparez-vous de cette enquête, discutez-là, débattons-là et inventons l’avenir !

2017

A l’approche des échéances de 2017, c’est le désintérêt qui domine. Cela peut préparer des catastrophes politiques. L’immense majorité d’entre nous les paierait au prix fort.

Le Parti communiste français ne se résigne pas. Il veut être utile à changer les choses avec vous.

Nous pouvons faire de 2017 une année utile à notre peuple et aux peuples du monde.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 08:12

Les États-Unis accusent la Russie de “crime de guerre”, le risque d’un affrontement américano-russe s’intensifie en Syrie

Par Jordan Shilton le 28 septembre 2016

Crises Droit international Etats-Unis Hégémonie Ingérence Russie

Les diplomates américains et alliés ont attaqué la Russie lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies dimanche, accusant Moscou de façon provocatrice de « crimes de guerre » en Syrie et démontrant qu’ils étaient prêts à risquer une confrontation militaire directe avec cette puissance disposant de l’arme nucléaire.

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité a été convoquée par les membres permanents dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, dans le but explicite de faire des allégations non fondées de crimes de guerre contre la Russie.

Se référant à l’attaque d’un convoi d’aide de l’ONU lundi dernier, l’ambassadeur américain à l’ONU Samantha Power a déclaré à la réunion, « Ce que la Russie fait et sponsorise n’est pas du contre-terrorisme, c’est de la barbarie ».

Elle a ensuite dit que le gouvernement syrien, qui a commencé une offensive jeudi pour reprendre les secteurs d’Alep tenus par les rebelles, a bombardé sans distinction des zones résidentielles avec le soutien russe. « Au lieu de poursuivre la paix, la Russie et Assad font la guerre. Au lieu d’aider à l’acheminement d’une aide de premiers secours pour les civils, la Russie et Assad bombardent les convois humanitaires, les hôpitaux, et les premiers intervenants humanitaires qui tentent désespérément de garder les gens en vie », selon Power.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson est allé encore plus loin, en disant dans une interview sur la BBC dimanche que la Russie devrait être le sujet d’une enquête pour crimes de guerre.

Les gesticulations éplorées des États-Unis et des politiciens britanniques sur les allégations de violations des droits de l’homme sont tout à fait hypocrites. En vérité, l’a rupture du cessez-le-feu d’une semaine au début de la semaine dernière a été déclenchée par le bombardement délibéré des positions de l’armée syrienne par des avions américains, des positions qui étaient bien connues des forces de la coalition. L’attaque a permis aux combattants de l’État islamique de prendre le contrôle de la zone. En outre, les « rebelles » soutenus par les États-Unis, qui sont dominés par le Front al-Nosra, l’ancienne filiale syrienne d’Al-Qaïda, ont systématiquement violé les termes du cessez-le-feu à plusieurs reprises. L’attaque ultérieure sur le convoi d’aide aurait pu être commise par ces forces, qui ont été accusées d’empêcher les civils à s’enfuir.

L’ambassadeur russe à l’ONU Vitaly Churkin a déclaré que parvenir à un accord de paix en Syrie était « presque impossible » en raison de l’appui continu de Washington pour al-Nosra. « Ils sont armés de chars, pistolets mitrailleurs, artillerie, lance-roquettes multiples […] des dizaines et des dizaines d’unités, y compris des armes lourdes […] Bien sûr, ils n’ont pas pu avoir fait cet équipement eux-mêmes. Ils ont reçu tout cela et ce matériel leurs est toujours expédié grâce aux bailleurs de fonds occidentaux généreux, avec les États-Unis qui vraisemblablement ferment les yeux », a commenté Churkin lors de la réunion du Conseil de sécurité. Il a poursuivi en accusant al-Nosra d’avoir bloqué l’aide humanitaire à Alep et lancé des attaques aveugles sur les zones tenues par le gouvernement.

Les affrontements se sont intensifiés dans tout le pays dimanche. Entre 26 et 43 civils ont été tués dans des raids de bombardement sur l’est d’Alep, qui est contrôlé par les forces anti-Assad dominées par al-Nosra. Pendant ce temps, les rebelles ont bombardé Masyaf contrôlé par le gouvernement pour une deuxième journée consécutive.

Il devient de plus en plus évident que Washington et ses alliés n’ont jamais considéré la trêve comme un moyen de mettre fin à ce conflit de cinq ans. Au lieu de cela, ils ont accepté l’accord, le temps de ravitailler leurs forces par procuration, qui subissaient une pression croissante des troupes d’Assad, avec le soutien de combattants iraniens et du Hezbollah, et de préparer une intensification massive de la guerre pour un changement de régime à Damas.

Cela a été rendu évident dimanche, quand une déclaration signée par une grande collection de groupes rebelles, dont beaucoup sont soutenus par les États-Unis, a rejeté tous pourparlers pour mettre fin à la guerre. « Les négociations dans les conditions actuelles ne sont plus utiles et sont dénuées de sens », affirme la déclaration.

Dans une démonstration publique du fait qu’ils n’accepteraient rien de moins que la capitulation totale du gouvernement Assad conformément à leurs plans pour un changement de régime, Samantha Power et les ambassadeurs français et britannique à l’ONU ont quitté la salle du Conseil de sécurité au moment où l’ambassadeur syrien tenait la parole.

L’objectif transparent de la dénonciation agressive de la Russie est de fournir un prétexte frauduleux pour la guerre. De l’affirmation selon laquelle le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se préparait à massacrer des civils à Benghazi en mars 2011, aux allégations que les forces gouvernementales syriennes avaient lancé une attaque au gaz toxique en août 2013 et maintenant les allégations non fondées de « crimes de guerre » contre la population civile par la Russie, Washington et ses alliés ont systématiquement exploité de telle propagande sur les droits de l’Homme pour légitimer une vaste escalade de la violence militaire à travers le Moyen-Orient.

Les médias contrôlés par le grand patronat ont passé à la vitesse supérieure dans leurs efforts pour diaboliser la Russie et dépeindre les États-Unis comme un spectateur moralement outragé. Les articles et reportages de télévision citent régulièrement l’attaque sur le convoi d’aide, qu’ils attribuent à la Russie et au gouvernement syrien sans aucune preuve tangible, comme la cause de la rupture du cessez-le-feu.

Le New York Times a publié un autre billet de propagande samedi intitulé, « Du paradis à l’enfer : comment un convoi d’aide en Syrie a été anéanti » dans lequel les auteurs Anne Barnard et Somini Sengupta tiennent quasiment sans détour la Russie comme responsable. Sur la base de conversations avec des sources anonymes, y compris certaines alignées sur les rebelles pro-américains et anti-Assad, le Times a proclamé, « Dans leur ensemble, les interviews et autres documents indiquent qu’il y a eu une attaque prolongée et coordonnée menée par des avions russes ou syriens, probablement les deux ».

Puis, des reportages sont apparu dimanche alléguant que des bombes à sous-munitions, du phosphore blanc, des armes chimiques et des bombes barils ont été déployés contre les quartiers d’Alep.

La guerre pour le changement de régime en Syrie incitée par les États-Unis a déjà coûté la vie à près de un demi-million de personnes, forcé plus de la moitié de la population du pays à quitter leurs foyers et d’avantage déstabilisé toute la région.

La diabolisation de la Russie prépare le terrain pour une guerre qui entraînerait rapidement les grandes puissances dans un conflit régional et mondial. Cela a été souligné par les remarques du général Joseph Dunford au Congrès la semaine dernière. Interrogé par le sénateur républicain Roger Wicker à savoir si l’armée pourrait prendre des mesures décisives pour imposer une zone d’exclusion aérienne, Dunford a répondu : « Pour l’instant, pour que nous puissions contrôler tout l’espace aérien en Syrie, cela nous obligerait à déclarer la guerre à la Syrie et la Russie. C’est une décision assez fondamentale qui n’est certainement pas de mon ressort ».

La hiérarchie militaire du Pentagone n’a jamais soutenu l’accord de cessez-le-feu et n’a pas eu l’intention de le respecter. Comme Dunford l’a franchement admis aux sénateurs, « La Russie est la menace la plus importante pour nos intérêts nationaux ».

En dépit de la reconnaissance ouverte qu’une zone d’exclusion aérienne signifierait la guerre, cette politique incendiaire trouve un soutien croissant, y compris du ministre des affaires étrangères John Kerry. En août, les États-Unis ont soutenu une incursion turque dans le nord de la Syrie pour évincer les rebelles kurdes de la région frontalière. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis d’établir une zone dite sûre à travers une grande partie du nord de la Syrie. Cela impliquerait la présence permanente de troupes d’un État membre de l’OTAN en Syrie, créant ainsi une autre poudrière avec la Russie ».

La marche téméraire de Washington vers la guerre au Moyen-Orient se heurte à l’ intransigeance croissante de ses adversaires à Damas et Moscou. Prenant la parole lors du débat de l’Assemblée générale de l’ONU la semaine dernière, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem a qualifié le bombardement américain de l’avant-poste de l’armée syrienne, qui a tué plus de 60 soldats et blessé plus de 100 autres, d’acte délibéré. Damas « met toute la responsabilité de l’agression sur les États-Unis », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Cette agression ignoble prouve que les États-Unis et leurs alliés sont complices de l’État islamique et d’autres groupes terroristes ».

Muallem a également dénoncé l’incursion de la Turquie sur des tons véhéments, déclarant que l’opération soutenue par les Américains était une violation flagrante de la souveraineté syrienne.

Dans un long entretien accordé à la télévision russe samedi, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a averti que le Kremlin était de plus en plus réticent à faire des compromis face à des actes de provocation de Washington. Lavrov a accusé qu’aucun progrès n’a été fait pour séparer le Front al-Nosra et d’autres forces djihadistes de la soi-disant opposition modérée. À moins que Washington ne prenne des mesures pour ce faire, « nos soupçons que tout cela est fait pour soulager al-Nosra vont être renforcés », a-t-il déclaré.

Réitérant les commentaires encore plus explicite qu’il a fait jeudi, le ministre des Affaires étrangères a poursuivi : « Si tout se résume à demander de nouveau aux forces aériennes de la Syrie et de la Russie de prendre des mesures unilatérales, telles que ‘Donnez-nous encore trois ou quatre jours et après nous allons persuader tous les groupes de l’opposition que cela est grave et qu’il faut couper les liens avec le Front al-Nosra’, de tels discours ne seront plus pris au sérieux par nous.»

Par Jordan Shilton | 26 septembre 2016

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 17:31

1. Autoroutes Si l’état est le pigeon, les usagers sont les dindons !

JEUDI, 29 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

« L’usage des autoroutes est en principe gratuit. » Le gouvernement devrait relire la loi de 1955 portant sur le statut des autoroutes. Les péages devaient être provisoires… 50 ans plus tard, en 2006, il n’en était plus question. Le gouvernement Villepin vendait les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) 14,8 milliards d’euros – notamment à Eiffage, Vinci et Abertis. Pour la Cour des comptes, les bijoux de famille valaient plus 25 milliards. Les contrats de concession, eux, offrent un boulevard aux groupes privés. Chaque nouvelle demande d’investissement de l’État doit être compensée par un allongement de concession ou une augmentation des tarifs. Par exemple, pour installer du télépéage sous prétexte d’écologie, car ça limite les bouchons, les SCA ont lâché 800 millions d’euros… contre un an de rab de concession. Chaque année de péage leur rapporte 2 milliards. Au passage, elles ont supprimé 2 776 postes. Et engrangent 14,9 milliards de dividendes entre 2006 et 2013.

Sous François Hollande, les SCA ont été servies. Elles ont obtenu deux plans de relance. Le premier, élaboré sous Sarkozy, a été signé le 9 avril 2015. Il prévoit 3,2 milliards d’euros payés par les 7 sociétés concessionnaires d’autoroutes sur 21 chantiers. En échange, un allongement de 2,5 ans de leur concession et donc « une douzaine de milliards d’euros de péage », a calculé la CGT. Et qui fait les travaux ? À 50 %, des sociétés de Vinci ou Eiffage… Derrière ce plan, toujours le même credo, les caisses de l’État sont vides. Un grand plan d’investissement va créer de la croissance et de l’emploi.

Mais quelles contreparties ? Dans le document transmis à la Commission européenne, le gouvernement s’engageait à ce qu’il n’y ait pas d’augmentation tarifaire. Pourtant, en février 2016 : + 1,12 %… Pour Raymond Avrillier, qui est allé jusqu’au tribunal administratif pour obtenir les documents, « en plus de l’allongement, il y a eu augmentation tarifaire ». « C’est la preuve qu’il y a eu un arrangement secret entre les ministres et les SCA. Cette affaire est la parfaite illustration de la privatisation de la décision publique », analyse-t-il.

Les concessions sont une délégation de service public, donc soumises à contrôle. Sauf qu’un seul agent suit le dossier à la direction de la concurrence. De quoi ne pas être tatillon. « Les concessions sont incontrôlées du fait de leur durée, mais aussi de l’absence d’analyse de l’économie des contrats », continue Raymond Avrillier.

Après le fiasco de l’écotaxe, fin 2014 les députés y ont mis le nez. 150 socialistes écrivaient à Valls pour qu’il dénonce les contrats. La nationalisation, proposée par les communistes, a bien été examinée. Mais pas adoptée… « La ligne de défense du gouvernement, c’est que la nationalisation coûterait entre 20 et 30 milliards. Sauf que, d’ici à 2032, le gain serait de 40 milliards », explique Patrice Carvalho, député PCF.

Après la fronde des députés, le gouvernement a consenti à passer par un vote du Parlement pour tout allongement des concessions. Du coup, le nouveau plan de relance sera financé par les usagers et les collectivités. « C’est une opération de contournement du Parlement », continue le député. Les chantiers ne sont pas encore arbitrés. Mais, sur 100 euros de péage, entre 20 et 24 euros vont toujours directement dans les poches des actionnaires.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 15:29

Syrie: Les raisons d'un nouvel embrasement

VADIM KAMENKA ET NADJIB TOUAIBIA

VENDREDI, 30 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

syrie-afp.jpg

AFP

La paix s'éloigne en Syrie. L'accord de cessez-le-feu initié par Moscou et Washington n'aura tenu qu'une semaine. Les violations répétées de la trêve par chacune des parties ont favorisé une reprise du conflit. Encore une fois, les civils en paient le prix fort, comme à Alep. Les 250 000 habitants subissent un nouveau siège et des bombardements quotidiens qui font des milliers de victimes. Le contrôle de la ville syrienne reste le dernier enjeu géopolitique et militaire pour l'avenir du pays, d'où une polarisation des forces sur le terrain et la disparition des « modérés ». Un affrontement est lancé entre les forces de Bachar Al Assad et ses soutiens (Russie, Hezbollah, Iran) et les groupes djihadistes soutenus par les émirats du Golfe et certains pays occidentaux. Une telle imbrication des forces rend une solution militaire impossible. Seule une solution diplomatique au prix d'un effort collectif peut ramener encore la paix. Est-ce la volonté des États-Unis ?

Aux États-Unis, les nouveaux présidents reconduisent généralement la politique extérieure de leurs prédécesseurs. La ligne diplomatique étant assez similaire entre républicains et démocrates accordés sur un même objectif : le maintien de l'hégémonie. Concernant la Syrie, la divergence porte sur l'interventionnisme des candidats à la Maison-Blanche. Donald Trump apparaît moins favorable aux interventions militaires que son adversaire démocrate, la plus rassurante pour « l'establishment » diplomatique. Une élite désormais « entièrement composée de néoconservateurs à droite et d'interventionnistes libéraux à gauche », analyse Benjamin Friedman (1).
Hillary Clinton, à l'instar de son mari et ancien président, n'a eu que peu de divergences avec les républicains en termes de politique étrangère. Lorsqu'elle a été élue sénatrice de New York, elle a soutenu la ligne diplomatique de l'administration Bush (2000-2008), de l'invasion de l'Irak le 10 octobre 2002 jusqu'au concept de guerre préventive.
Face aux « choix de circonstance » opérés par Obama, bien malin qui peut saisir la stratégie américaine.

Et lors de son passage au secrétariat d'État, elle a clairement prôné les bombardements en Libye et défendu une intervention en Syrie. De son côté, Donald Trump n'entend pas se lancer dans une expédition au Proche-Orient.
« Nous y dépensons des milliers de milliards de dollars, alors que l'infrastructure de notre pays est en train de se désintégrer », a-t-il déploré le 3 mars, et il a inscrit « la montée du groupe "État islamique" au bilan de Barack Obama et de son ancienne secrétaire d'État, Hillary Clinton ». Malgré tout, pour John R. MacArthur, le directeur du « Harper's Magazine » : « La tentation du repli, qui hante la politique étrangère de Barack Obama depuis 2009, concerne désormais les deux grands partis. »

La nouvelle doctrine de Washington

Les « faucons budgétaires » l'auraient emporté sur les « faucons militaires » ? C'est loin d'être évident en ce qui concerne la Syrie et l'importance prise par la Russie dans ce conflit et dans la région. Le bombardement des positions de l'armée syrienne, qui a tué 70 soldats et en a blessé plus de 100 autres le 17 septembre, alors qu'un cessezle-feu était en vigueur depuis le 10 septembre, interpelle...
La stratégie menée en Syrie ainsi qu'en Libye par l'administration Obama apparaît comme un choix de circonstance afin de ménager les partisans d'un interventionnisme accru et ceux qui réclament la fin du recours à la force. Cette stratégie est présentée comme celle du « retranchement » relatif pour la plus grande armée au monde, ses dizaines de bases militaires (Irak, Afghanistan, Bahreïn, Djibouti, Italie...) et ses services de renseignements. Pour Benoît Bréville dans « le Monde diplomatique » (2) : « La décision syrienne d'août 2013 (celle de ne pas bombarder la Syrie ­ NDLR) représente un tournant pour la diplomatie américaine. (...)
La fin du réflexe d'une riposte militaire. Cette rupture a confirmé le choix par Washington d'une stratégie de "retranchement" afin de pouvoir se concentrer sur les problèmes intérieurs et remédier à l'activisme déstabilisateur des années Bush. » Une stratégie clairement formulée, explique-t-il, par le « Guide stratégique » publié en 2012 par le département de la Défense : « Pour atteindre nos objectifs de sécurité, nous développerons des tactiques à l'empreinte légère et peu coûteuses. (...) Les forces américaines ne seront plus en mesure de mener des opérations prolongées à grande échelle. »

Affrontements quotidiens à l'ONU

C'est dans cette logique que l'administration Obama semble alterner entre la tentation de trouver un accord de paix en Syrie et de ne pas laisser la Russie devenir un acteur incontournable dans la région. Il y a tout juste un an (3), la Russie a débuté son opération militaire en soutien au régime du président Bachar Al Assad, dévoilant des armements jamais utilisés : bombardiers, systèmes de missiles multirôles, GPS russe (le Glonass), radar, collecte d'informations... Depuis la fin de la trêve, mi-septembre, l'ONU est devenue le lieu d'un affrontement verbal quotidien entre les États-Unis (et ses alliés) et la Russie. Les bombardements sur le convoi humanitaire le 19 septembre et sur Alep le 23 septembre ont encore davantage figé les positions. « Ce que fait la Russie, c'est de la barbarie », a martelé Samantha Power, ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU. De leur côté, les autorités russes ont dénoncé le « peu de discipline des soldats américains », la « passivité » face à Daech et réclamé une enquête minutieuse sur l'attaque du convoi humanitaire détruit le 19 septembre.

Pour Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS : « La situation urgente et tragique de la Syrie ne se prête pas au décompte des bavures où les responsabilités sont par tagées. Jusqu'à aujourd'hui, les États-Unis et la Russie, deux membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ont occupé le terrain. Mais la disposition est asymétrique. La Russie ­ alliée de Bachar Al Assad ­ a un projet politique sur la Syrie, alors que l'administration Obama est totalement en retrait depuis plus de 3 ans et modifiera sa stratégie à la fin de son mandat et à 2 mois des élections présidentielles. »

Le triple jeu turc

Les États-Unis font également face à un autre élément dans le dossier syrien : le rapprochement turco-russe. Un rebondissement jugé inattendu par de nombreux diplomates après l'attaque d'un bombardier russe par les forces turques à la frontière syrienne, en novembre 2015. Si le gel des relations a duré plusieurs mois, les forts liens économiques (gaz, tourisme...) entre les deux puissances les ont incitées à temporiser.
Au Moyen-Orient et sur la Syrie tout particulièrement, l'administration Obama doit faire face à une redistribution des alliances au gré du conflit. « Ce rapprochement (Poutine-Erdogan ­ NDLR) a engendré une révision des positions de la Turquie sur la Syrie.
Neutraliser la Russie, devenue un acteur majeur dans le conflit, reste un objectif prioritaire des états-Unis.

Erdogan, farouche opposant de Bachar Al Assad, rêvait autrefois de sa destitution au profit des Frères musulmans. Depuis sa visite à Moscou, le président turc est plus conciliant avec son homologue syrien », explique Karim Pakzad, de l'IRIS. À Saint-Pétersbourg, les deux chefs d'État ont annoncé davantage de « coopération technico-militaire ». Un rapprochement qui a soulevé des questions sur l'avenir des relations entre la Turquie et l'OTAN.
Les différents acteurs du conflit qui ravage la Syrie et menace toute la région veulent-ils vraiment la paix ?

Ces turbulences ne peuvent réellement aller jusqu'à une rupture. La Turquie demeure un fidèle allié états-unien et un membre prépondérant pour l'OTAN dans la région. Seulement, elle joue de plus en plus sa carte personnelle, comme en atteste sa récente intervention en Syrie avec son opération « bouclier de l'Euphrate ». Le but d'Erdogan est clair: freiner la montée en puissance militaire et politique du PYD (forces kurdes). « Les États-Unis ont donc fait un choix stratégique. Ils préfèrent une alliance forte, efficace et opérationnelle avec la Turquie plutôt qu'avec les groupes kurdes de Syrie. Pour eux, l'enjeu est bien plus important du point de vue géopolitique », résume Didier Billion.

Armes américaines, argent saoudien

Les États-Unis, l'Arabie saoudite et la kyrielle de groupes armés étiquetés « rebelles » constituent le trio infernal, acteur essentiel de la guerre qui ravage la Syrie, mais dont le rôle décisif est placé au second plan par la quasi-totalité des médias occidentaux. Les Américains fournissent les armes, les Saoudiens financent les opérations militaires des « rebelles » en s'assurant surtout de leur continuité sur les lignes syriennes. Durant le très bref cessez-le-feu à la mi-septembre, « plus de 300 attaques ont été menées par les groupes liés à al-Qaida », précise Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO).
L'objectif est en réalité d'empêcher la moindre amorce d'un processus de négociation tant que le régime de Bachar Al Assad est encore en place. Dans une déclaration signée par plus d'une trentaine d'entre eux, ces groupes, soutenus par les pays du Golfe, la Turquie et l'Occident, rejettent le parrainage des négociations par la Russie, soutien de Damas. Ils crient au « crime contre le peuple syrien », en prenant soin de maintenir le siège des quartiers dans leurs zones de contrôle, notamment à Alep, exposant les civils aux bombardements russo-syriens.
Ces groupes sont surtout assurés d'un approvisionnement permanent en armes. « Lorsque le président Obama a secrètement autorisé la CIA à commencer à armer les combattants rebelles de Syrie en 2013, l'agence d'espionnage savait qu'elle aurait un partenaire disposé à aider à financer l'opération clandestine. C'est le même partenaire sur lequel la CIA s'est appuyée pendant des décennies pour son argent et sa discrétion dans les conflits lointains : le royaume d'Arabie saoudite », rappelle un article du « New York Times » (28 janvier 2016), qui revient sur l'importance de cette dimension régionale dans le conflit.
« Le soutien aux rebelles syriens n'est que le chapitre en cours d'une relation qui dure depuis des dizaines d'années entre les services d'espionnage d'Arabie saoudite et les États-Unis, une alliance qui a traversé le scandale Iran-Contra, le soutien aux moudjahidine contre les Soviétiques en Afghanistan et les combats par procuration en Afrique », précise l'article.

L'énergie, nerf de la guerre

« Les États-Unis, les Européens et les Russes sont mus par "la flamme du pétrole et la fumée du gaz" », dénonce le poète syrien Adonis, dans un entretien à l'AFP à l'occasion du Salon du livre de Göteborg (Suède)... La question énergétique intervient en effet à plusieurs niveaux dans ce conflit. Le pétrole, c'est d'abord le nerf de la guerre pour Daech. La longévité de l'« État islamique » a été rendue possible grâce au contrôle de nombreux puits, à l'acheminement de l'or noir à travers les innombrables réseaux, avec la complicité évidente de la Turquie, et à sa vente, jusqu'en Europe. Stopper ces mouvements pour tarir la source de financement de Daech est un enjeu essentiel. Les Russes ciblent d'ailleurs ces milliers de camions-citernes qui se dirigent vers la frontière turque.
Les frappes de la coalition auraient, elles, plutôt tendance à les épargner, selon des sources concordantes. Ce sont les hydrocarbures qui déterminent également les positionnements géostratégiques des puissances occidentales et de leurs alliés.
Mais, « les Américains ne sont plus dépendants du pétrole saoudien. Ils sont indépendants et vont le rester au moins jusqu'à 2030 », rappelle le chercheur Fabrice Balanche. C'est cette marge de manoeuvre qui a facilité leur rapprochement avec l'Iran, au grand dam de l'Arabie saoudite. Les liens entre Riyad et Wasington se sont certes distendus, mais pas au point de remettre en cause les dispositifs de soutien financier et armé aux groupes satellites d'al-Qaida. La Syrie est enfin un corridor stratégique pour le transit de l'énergie, notamment depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières.

(1) www.foreignaffairs.com/articles/united-states/2014-01-28/state-union-wrong. (2) « les États-unis sont fatigués du monde », « le monde diplomatique », mai 2016. (3) le 30 septembre 2015, la russie lançait son opération de soutien au gouvernement syrien et affaiblissait daech.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 09:49

Un plan d'urgence contre le réchauffement climatique !

par Alain Pagano 30 Septembre 2016, 08:46

Les années deviennent de plus en plus chaudes validant chaque jour un peu plus les prévisions alarmistes du GIEC (Groupe International d'Experts sur le Climat) !

Montée du niveau des mers, réfugiés climatiques, sécheresses, catastrophes météorologiques, extinction de la biodiversité ... Je ne développe pas sur les menaces, elles sont connues !

Dorénavant, il y a urgence écologique, pour la planète, pour le genre humain. Il y a besoin d’un grand plan d’urgence contre le réchauffement climatique global !

Concrètement. Rapidement.

Un plan d'urgence dans lequel on mettrait des mesures telles que

- le ferroutage, porteur de développement ferroviaire donc d’emplois ce qui semble bien approprié dans ce contexte de suppressions d’emplois à Alsthom ! L'Etat peut le décider rapidement

- la gratuité des transports en commun (qui a également le mérite de redonner un peu de pouvoir d’achat aux familles et de contribuer à rendre l'air moins pollué dans les grandes agglomérations de notre pays). Chaque municipalité peut le décider de manière volontariste. L'Etat doit accompagner. Il y a besoin d'un effort vigoureux pour le développement des transports en commun.

- la rénovation thermique du logement, pour économiser l'énergie et réduire les factures de nos concitoyens

- la croissance des énergies décarbonées au détriment des énergies carbonées…

Aujourd'hui qu'on soit maire, parlementaire, député européen ou ministre, on devrait tous viser ce même but: l'application rapide de ce plan d'urgence qui n'épargne pas d'autres mesures de court ou moyen terme.

Je suis atterré de tant d'inconséquences et de légèreté de la majeure partie de notre classe politique devant les conséquences de l'inaction... Je mets toutefois à part les communistes qui militent pour cela, notamment dans plusieurs agglomérations pour la gratuité des transports en commun + quelques élus locaux de différentes étiquettes politiques qui ont fait preuve de volontarisme dans ce sens.

C'est ce que j'ai affirmé au conseil municipal d'Angers il y a quelques jours. En cohérence avec la campagne que nous menons depuis plusieurs mois pour la gratuité des transports en commun à Angers.

L'actualité (météorologique) nous oblige à accélérer le mouvement. Avec des mesures plus larges, plus globales (que la seule gratuité des transports en commun, NDLR). Je ne renonce pas à convaincre qu'il est temps d'agir. Rapidement ! Les élections présidentielles et législatives, je l'espère, feront émerger ces propositions concrètes à usage immédiat.

Alain Pagano

Conseiller municipal (et communautaire) d'Angers

Responsable adjoint de la commission Ecologie du Conseil National du PCF

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES ECOLOGIE PCF
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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 16:51

La démocratie contre le piège identitaire

Patrick e Hyarick

Les primaires de la droite donnent lieu à des scènes médiatiques aussi stupéfiantes que dangereuses.

Elles cachent l’unité profonde des candidats autour d’un programme économique et social d’une violence rarement égalée. Un projet de purge sociale d’une brutalité extrême qui se décline par un rabotage sur la dépense publique qui oscille entre 80 et 100 milliards d’euros, par la fin des trente-cinq heures et un « travailler plus pour gagner moins », l’allongement de l’âge de départ en retraite, le sabotage de la sécurité sociale, des offensives antisyndicales, une chasse aux chômeurs et aux pauvres, tous affublés du délicat qualificatif « d’assistés ». Ce ne sont ici que quelques exemples du coup de massue que veut assener l’ensemble des candidats de droite.

Tous s’accordent pour faire la poche aux travailleurs et accélérer le transfert de richesses du travail vers le capital. Ne les séparent que le ton et le temps laissé pour briser encore plus les fondements de notre société.

Ils ne promettent en substance que du sang et des larmes à une population déjà au bord de l’asphyxie sociale, comptant plus de 5 millions de chômeurs, avec l’explosion de la précarité. Pas de quoi faire bondir de joie le citoyen ou l’électeur, quand bien même celui-ci serait sensible aux thèses classiques de la droite ! Lui aussi est peu enthousiaste à ce qui lui est présenté, tandis que dans l’autre camp, ce dernier quinquennat aura largement contribué à entamer les espoirs en des jours meilleurs.

Le consensus des élites sur une prétendue « politique économique unique », dictée par les institutions internationales et européennes, pousse certains à se différencier en empruntant les bourbeux chemins de traverse de l’identité dans le but de construire un récit national falsifié, propre à séduire une base électorale déboussolée, dégoutée et sensibilisée aux thèses de l’extrême-droite.

Ainsi M. Sarkozy peut-il déclarer que «dès que l’on devient Français, nos ancêtres sont Gaulois». S’il s’agit évidemment d’une grossière provocation visant à extraire de la République nos concitoyens d’origines africaines et maghrébines et qui prolonge l’hystérie identitariste de l’été, c’est surtout une opération politique d’envergure visant à restaurer un discours national homogène, un récit cherchant à fédérer une partie de nos concitoyens sur des bases idéologiques, empruntées à la longue tradition réactionnaire et d’extrême-droite.

C’est là un signe extrêmement inquiétant de l’évolution du débat politique. Face aux impasses libérales qui ont produit un divorce profond entre les citoyens et ceux qui prétendent les représenter, certains cherchent à recréer une fiction nationale coulée dans le ciment, figée et édifiante, blanche et nationaliste. Cette démarche s’associe à des saillies verbales, essentiellement contre nos concitoyens de confession musulmane, visant à faire polémique et à créer des divisions mortifères.

Ce populisme de droite parcourt désormais le monde comme une étape nouvelle de la contre-révolution reaganienne. Elle vise à conquérir pour longtemps une nouvelle hégémonie politique et idéologique en tentant d’enfermer les citoyens dans une pensée régressive bouchant pour longtemps toute perspective de progrès humain et écologique. En Europe, ce national-populisme grignote des positions dans de nombreux pays, jusqu’à menacer de devenir majoritaire quand il ne l’est pas déjà dans certains pays de l’est du continent. Ce discours travaille en profondeur les sociétés pour tenter de flatter un peuple sonné par la violence du capital mondialisé et financiarisé. Son objectif fondamental est de construire une base idéologique pour créer des conditions durables à l’acceptation de cette situation jusqu’à discréditer l’action politique ou d’accréditer l’idée de son impuissance alors qu’elle sert précisément la caste contre l’immense majorité des populations. Des points ont été marqués dans ce sens. Ceci souligne l’urgence de ressusciter et de refonder la démocratie et non de lui passer sur le corps dans une démarche de type gaulliste ou bonapartiste. Seule une dynamique populaire, unitaire, pourrait offrir une perspective nouvelle d’émancipation et régénérer nos démocraties agonisantes.

L’enjeu du récit collectif à construire n’est pas anodin. Un nouvel élan démocratique pourrait permettre d’en écrire un nouveau qui, nourri par les travaux des historiens, puiserait dans ce que notre pays a su construire de meilleur, un récit ouvert aux cultures qui composent désormais la République. Il engloberait les luttes anticoloniales, les mouvements de libération nationale, les luttes sociales et politiques pour l’égalité, contre les dominations, pour la survie de la planète, pour le désarmement et la paix. National et internationaliste, il définirait les contours de ce que certains appellent une République cosmopolite, de pair avec une construction européenne refondée. Il porterait en son cœur un projet solidaire de développement des capacités humaines, dans le respect de la planète, mêlant dans un projet commun toutes celles et tous ceux qui la constituent.

Cette République-là prolongerait, dans les conditions de notre temps, le projet républicain à vocation universelle que nous ont légué les révolutionnaires de 1789 et 1793. Une République fondée sur une ambition d’égalité sociale, antiraciste, universaliste, démocratique et écologique.

Patrick Le Hyaric@PatrickLeHyaric

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 07:28

André Chassaigne : « Dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Mélenchon »

Le Parti communiste doit déterminer quelle candidature il propose ou soutient en 2017. André Chassaigne, député PCF et président du groupe Front de gauche à l’Assemblée, exprime ses doutes envers celle de Jean-Luc Mélenchon et n’exclut pas de présenter la sienne.

Regards. Vous sortez d’un conseil national décisif. Serez-vous en mesure d’arrêter une stratégie politique avant la mi-novembre, comme Pierre Laurent s’y était engagé ?

André Chassaigne. Au regard de l’urgence de la situation politique et de l’éclatement de la gauche, le Parti communiste français s’apprête à faire un choix décisif pour l’avenir. Mais comme nous l’avons toujours fait lors des moments cruciaux, nous prendrons nos responsabilités. C’est pour cela que nous nous réunirons en conférence nationale le 5 novembre pour arrêter les options définitivement soumises aux communistes.

Sur quoi reposera la consultation des communistes ?

Il y a trois hypothèses sur la table. La première est celle du statu quo pour marquer notre détermination à faire émerger une candidature de rassemblement. Dans ce cas de figure, le PCF ne ferait pas le choix immédiat d’un candidat pour parvenir à cette candidature de rassemblement. La deuxième hypothèse suggère une candidature issue du PCF. Il ne faudrait pas, pour autant, y voir un repli identitaire. Au contraire, nous aurions là une candidature qui défendrait certes les idées communistes, mais en poursuivant l’objectif d’un rassemblement large pour parvenir une candidature unique. Enfin, dernière option : un soutien à Jean-Luc Mélenchon. Mais il ne se ferait pas sans clarification.

« Avec Jean-Luc Mélenchon, on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. »

Justement, Éric Coquerel, interrogé la semaine dernière parRegards, nous disait que si le PCF privilégiait cette dernière hypothèse – ce qu’il appelle de ses vœux – « ça ne peut conduire à se soumettre aux conditions de ceux qui arriveraient en dernier », dit-il.

C’est terrible de dire cela. Cela veut dire qu’il ferme la porte à toute candidature de rassemblement. Personnellement, je n’exclus pas un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais je ne peux pas admettre que ce soit à prendre ou à laisser. Je crois par ailleurs que l’on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. Nous devrons nécessairement avoir cette discussion avec Jean-Luc Mélenchon, comme nous pourrions l’avoir aussi avec d’autres candidats déclarés. Il nous faut rencontrer tout le monde avant de nous prononcer.

À ce stade, y a-t-il des désaccords de fond avec Jean-Luc Mélenchon et le mouvement des Insoumis ?

Nous avons une base commune qui s’appelle l’Humain d’abord, notre programme de 2012. Nous avons porté et défendu ce programme tout au long de ces cinq dernières années à l’Assemblée nationale avec les députés du Front de gauche. Il faut l’étoffer et l’adapter aux nouveaux enjeux. Je pense notamment aux questions internationales, de conflits, d’évasion fiscale, de migrations.

Pas de quoi vous fâcher avec Mélenchon, donc…

Il y a des expressions qui fâchent et une volonté de grappiller des voix un peu partout qui brouille les pistes. Des mots employés qui ne correspondent pas à ce que l’on souhaiterait d’une politique commune. Je n’entre pas dans les polémiques lancées sur les "migrants" ou les "Gaulois". Sur un sujet moins polémique en apparence, l’agriculture : je crois qu’on ne peut pas apporter des solutions durables en disant simplement qu’il faut changer les pratiques alimentaires. Tout ça pour accrocher un électorat. Ce sont des raccourcis fâcheux qui nourrissent les divergences de fond. Nous n’échapperons donc pas à ce débat. Il sera utile et nécessaire.

« Mélenchon veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche. »

Il n’est pas déjà un peu trop tard pour aborder ces questions programmatiques ?

Non. Il faut tout poser sur la table. Parce que je crois qu’il subsiste un désaccord stratégique qui a son importance. Je ne crois pas aux deux gauches irréconciliables, comme le suggère Mélenchon. Lui, il veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche, parler aux militants et aux élus socialistes en souffrance, aux écologistes, c’est notre combat et notre priorité pour reconstruire une gauche de transformation sociale.

Vous ne semblez pas convaincu par une candidature de Jean-Luc Mélenchon. Votre choix est-il arrêté parmi les trois hypothèses que vous venez de présenter ?

Je pense en effet que dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Jean-Luc Mélenchon : exiger la soumission comme il le fait est contre-productif. Ça ne marchera pas. Mélenchon n’aura d’ailleurs pas le soutien des militants communistes sans un accord préalable avec le PCF. Nous devons construire du commun et réveiller l’espoir. Pour autant, il peut devenir notre candidat commun, mais dans le cadre d’un rassemblement large.

Alors, que privilégiez-vous, finalement ?

L’échec d’une candidature de rassemblement serait lourd de conséquences. Nous devons rassembler toutes celles et tous ceux qui ne résignent pas et qui ne veulent pas renoncer à une vraie politique de gauche. Ensemble, nous sommes la seule alternative à gauche porteuse d’espoir. Mais pour y parvenir, pour être crédibles, nous devons être rassemblés. À la fois pour préparer une stratégie commune à la présidentielle et aux législatives, mais aussi pour reconstruire à gauche, demain. Je crois, à ce titre, qu’une candidature présentée par le PCF pourrait largement y contribuer et ainsi bousculer cette campagne présidentielle.

« C’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat. »

Vous pourriez être ce candidat ?

Si l’option d’une candidature communiste était celle retenue, il y aura sans doute un appel à candidatures. En ce qui me concerne, c’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat.

Au final, cette stratégie ne va-t-elle pas au contraire renforcer les querelles d’ego et ajouter de la division à la division ?

Non, puisque la candidature communiste – si cette hypothèse était retenue par les militants – s’engagera jusqu’au bout à créer les conditions d’une candidature de rassemblement. En mettant tout le monde autour de la table, je crois qu’une candidature peut s’imposer. Il y a celles qui sont présentes aujourd’hui dans le débat public. Et puis il y en a d’autres qui peuvent émerger et faire consensus. Je suis peut-être d’un optimisme béat, mais nous montrerions enfin un nouveau visage de la politique. Nous en sortirions tous grandis. Je crois qu’on ne pourra rabibocher la politique avec les citoyens qu’en lui redonnant ses lettres de noblesse.

Mais vous croyez vraiment qu’un candidat unique de la gauche qui s’oppose à la politique du gouvernement est encore possible aujourd’hui ?

Non seulement j’y crois, mais c’est surtout souhaitable et nécessaire. Je suis désespéré de cette dispersion à gauche. Alors que rassemblée, elle serait majoritaire dans le pays. J’en ai la conviction. Et s’il n’y a qu’un fenestrou [1] pour qu’on puisse passer à travers, il ne faut pas le boucher, mais au contraire l’élargir et saisir cette ouverture jusqu’au bout.

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BRUNO FORNACIARI

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