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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 02:29

Ce que les médias passent sous silence à propos de Cuba

Ce que les médias passent sous silence à propos de Cuba
 

Depuis le décès de Fidel Castro, les mêmes propos sont répétés en boucle par les journalistes et les hommes politiques : Cuba est l’une des dernières dictatures, elle enferme ses opposants, viole les droits de l’homme et affame son peuple. L’occasion est trop belle pour dire tout et n’importe quoi à ce sujet. Réponse aux mensonges et raccourcis à propos de Cuba.

Ségolène Royal, pour avoir osé dire qu’il « n’y a pas de prisonniers politiques à Cuba », a vu un torrent de boue s’abattre sur elle. Simplement parce qu’elle a eu l’outrecuidance de défendre Cuba. Car c’est bien cela qui lui est reproché, puisque personne n’a apporté le moindre élément permettant de démentir son affirmation.

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Vous la voyez l’opposition radicale au régime ? Et la bavure digne de la tyrannie policière la plus arbitraire ? Non ? #HeuresLesPlusSombres

Ah non, pardon, en réalité, seul Amnesty International a tenté un truc. Comme unique exemple à charge, l’organisation cite le cas de l’artiste El Sexto, arrêté pour avoir tagué « se fue » (« il est parti », ce que certains interprètent comme une référence au décès de Fidel Castro) sur le mur d’un grand hôtel de la Havane et de plusieurs bâtiments prestigieux ! (1) Scandaleux ! Il est vrai qu’à Paris, si un artiste avait eu l’idée de taguer le Fouquet’s ou la Cathédrale Notre-Dame, la police l’aurait probablement applaudi et il n’aurait bien sûr encouru aucune poursuite pénale…

Je ne sais pas qui s’occupe de la com’ d’Amnesty International, mais si c’était pour sortir une ânerie pareille, il aurait mieux valu faire comme tous les autres et dénoncer sans preuve, cela aurait été hautement plus crédible… (2)

« Mais peu importe ! » diront les autres. « Cuba est une dictature et rien ne le justifie ! »

Vraiment ? Retour en arrière

De la soumission aux États-Unis à la révolution

Cuba, de 1899 à 1959, était de fait une colonie états-unienne. Connue comme étant « le bordel de l’Amérique », l’île était alors gangrenée par la pauvreté, la prostitution, le jeu, les narcotrafiquants, la mafia et autres malfrats états-uniens venus échapper à la prohibition. Pour se faire une idée, il faut savoir que Miami et Las Vegas n’existaient pour ainsi dire pas avant la révolution cubaine, puisque l’île tenait leur rôle.

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Le dictateur Batista (à droite) en visite aux Etats-Unis en 1938.

Lorsque les guérilleros conduits par Fidel Castro rentrent victorieux à la Havane le 8 janvier 1959, ils viennent de renverser la dictature militaire pro-américaine de Fulgencio Batista, responsable de la mort de 20 000 cubains en sept ans. Beaucoup reprochent à Fidel Castro de s’être alors rendu coupable d’un nettoyage politique contraire aux droits de l’Homme. Mais de quoi parle-t-on ?

Fidel Castro avait maintes fois appelé la population à ne pas se livrer à la vengeance et à un « bain de sang », mais à laisser la révolution rendre justice. Il y eut donc des procès qui ordonneront 631 condamnations à mort et amèneront 146 proches de Batista à être fusillés. Il n’y eut aucun lynchage ou exécution sommaire. Comparons ces chiffres à une situation similaire : en 1944, lorsque la France fut libérée, il y eu près de 9 000 exécutions sommaires et plus de 1 500 condamnés à mort (parmi eux on compte des écrivains et des journalistes, ce qui ne fut pas le cas à Cuba). (3) Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause le gouvernement de l’époque ou le Général de Gaulle pour ces faits.

La guerre meurtrière des États-Unis contre Cuba

Le nouveau gouvernement cubain se heurte rapidement à l’opposition des États-Unis. Ces derniers sont irrités par ses réformes et les nationalisations. Ils mettent fin à l’importation de sucre en provenance de l’île (qui représentait 80 % des exportations de Cuba vers les États-Unis et employait près de 25 % de la population). En 1962, les États-Unis vont jusqu’à imposer un embargo à Cuba qui rompt les relations commerciales entre les deux pays (même alimentaires), et obligent la majeure partie des pays américains et leurs alliés occidentaux à faire de même.

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191 pays ont condamné l’embargo des États-Unis sur Cuba. L’ONU a condamné 18 fois ce qu’elle considère comme un « blocus ».

Tout produit élaboré avec des éléments d’origine cubaine est interdit d’entrée aux États-Unis. Les avoirs de l’État cubain aux États-Unis sont gelés. Les transactions financières sont interdites. Tout échange en dollars avec l’île est sanctionné. Pendant des décennies, il sera interdit aux citoyens états-uniens de se rendre à Cuba. Le but affiché des États-Unis est de profiter des difficultés que provoque l’embargo pour provoquer la chute de Fidel Castro. L’embargo n’a cessé d’être renforcé par les États-Unis (jusqu’en 2009). (4)

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En 1996, la loi Helms-Burton interdit à toute personne ou entreprise dans le monde de commercer des produits issus de biens américains qui ont été nationalisés par le régime cubain après la révolution. (5)

En 2004, l’administration Bush adopte une loi visant à condamner à dix ans de prison et à un million de dollars d’amende tout citoyen états-unien se rendant à Cuba sans autorisation, ou avec autorisation mais plus de 14 jours, ou qui dépenserait sur l’île plus de 50 dollars par jour, ou qui enverrait de l’argent à un proche adhérent du parti communiste local. (6)

L’embargo a donc condamné Cuba à l’autarcie, la poussant dans les bras des soviétiques. Il est encore en vigueur aujourd’hui. C’est l’embargo commercial le plus long de l’époque contemporaine. En 2014, on estimait les pertes directement liées à l’embargo à 116 milliards de dollars pour l’île. (7)

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Le groupe terroriste Alpha 66 fêtant ses 50 ans à Miami.

Mais quand il s’agit de l’Amérique latine, son « pré carré », les États-Unis ne s’attaquent pas qu’au portefeuille. Ils ont aussi financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars toutes sortes d’activités pouvant nuire à Cuba, terrorisme compris. Ainsi, des groupes comme Alpha-66 et Omega 7, entraînés en Floride, se sont rendus responsables de divers sabotages et attentats (rien qu’en 1960-1961, sur une période de sept mois, la CIA a commandité 110 attentats à la dynamite, a fait placer 200 bombes, et déclenché 800 incendies dans des plantations), faisant de Cuba l’un des pays au monde qui déplore le plus grand nombre de victimes d’attentats (3500 morts et 10 000 blessés dont plus de 2 000 handicapés à vie). (8) En 1971, la CIA fit importer une épidémie de peste porcine africaine sur l’île, à l’aide de ces organisations terroristes. En 1981, l’introduction de la dengue hémorragique toucha près de 350 000 personnes à Cuba, et entraîna la mort de 158 d’entre elles dont 101 enfants. (9) Durant toute sa vie, Fidel Castro aura été la cible de 638 tentatives d’assassinats. (10)

Face à toutes ces menaces, Fidel Castro, qui voulait pourtant la démocratie sur l’île, dut se résigner à accroître la répression, la censure et le poids du parti communiste cubain, qui devint peu à peu le parti unique de l’île.

« Imaginez ce que serait la situation aux États-Unis si, dans la foulée de leur indépendance, une superpuissance leur avait infligé pareil traitement : jamais des institutions démocratiques n’auraient pu y prospérer », résume Noam Chomsky. Il est de bon ton de donner, du haut de sa France stable du XXIe siècle, des leçons à Fidel Castro sur le type d’institutions démocratiques qu’il aurait dû mettre en place pour recevoir un brevet de « pays moralement soutenable par l’Occident ». (11) 238 morts causés par le terrorisme djihadiste nous ont récemment amenés à envisager une remise en cause de l’État de droit : multiplions le nombre de victimes par 15, ajoutons-y un blocus terrible, le financement de partis d’opposition par l’étranger et nous comprendrons ce qui a poussé le gouvernement cubain à mettre en place ces mesures autoritaires.

Les droits de l’Homme à Cuba

Il convient encore de citer Noam Chomsky : « Concernant les violations des droits de l’Homme, ce qui s’est produit de pire [à Cuba] ces quinze dernières années a eu lieu à Guantánamo, dans la partie de l’île occupée par l’armée américaine, qui y a torturé des centaines de personnes dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ». »

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Pour ceux qui pensent le contraire (ce qui montre bien le niveau de désinformation qu’il y a quand il s’agit de Cuba) : il y a des élections à Cuba. Ici, le 19 avril 2015 lors du premier tour des élections municipales.

La censure largement assouplie à Cuba depuis les années 1990. Il n’y a aujourd’hui plus un seul opposant politique ou journaliste en prison à Cuba (or, faut-il le rappeler, les États-Unis étaient en 2005 le 6e pays au monde avec le plus de journalistes en prison, selon le CPJ, le Comité pour la protection des journalistes). (12) (13) Cuba n’a condamné personne à mort depuis 2003 (14) ; même en 2006, lorsqu’il y eut de nouveaux attentats, la peine de mort n’a pas été appliquée. Contrairement à la plupart de ses voisins latino-américains, Cuba n’a recours ni à l’assassinat et aux enlèvements d’opposants, ni à la torture. (15) Cuba ne possède pas de police anti-émeute (les CRS en France). Depuis la création du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, l’île est réélue régulièrement pour y siéger auprès d’une cinquantaine de pays. (16)

La liste de « prisonniers politiques » fournie par les opposants cubains, sur laquelle les médias occidentaux se basent, ne comprend aujourd’hui plus que des criminels que même Amnesty International refuse de prendre en compte parce qu’elle est composée « de gens jugés pour terrorisme, espionnage ainsi que ceux qui ont tenté et même réussi à faire exploser des hôtels » (rapport d’Amnesty International de 2010).

Bien qu’il se pluralise de l’intérieur, le parti unique existe toujours à Cuba. Il faut cependant noter l’existence d’institutions démocratiques inconnues en France, comme le référendum d’initiative populaire qui permet de révoquer les élus. Une forme de démocratie directe existe à Cuba : les habitants se réunissent en assemblées de quartier pour délibérer sur le choix d’un candidat et peuvent le révoquer à tout instant. Il est interdit au parti communiste de désigner ou de faire campagne pour un candidat ; ainsi la moitié des députés cubains ne sont pas membres du parti communiste. (17) (18)

Le bilan de Fidel Castro : le socialisme concret

Si Cuba n’a pas choisi la voie de la démocratie libérale, c’est avant tout pour préserver l’héritage de la révolution, à savoir celui d’un socialisme concret qui vient en aide aux plus démunis et qui s’est instauré (avec réussite) malgré l’embargo. En voici quelques exemples :

A Cuba, personne ne dort dans la rue. C’est le seul pays d’Amérique latine et du tiers-monde à s’être débarrassé de la malnutrition infantile, selon l’Unicef. L’île a atteint le plein emploi (le taux de chômage y était de 3,2% en 2011). Les inégalités y ont été réduites de près de 30% depuis la révolution (selon l’évolution de l’indice de Gini, qui sert à calculer les inégalités). En 2016, 60% du budget de l’État correspond aux dépenses courantes de maintien des services gratuits de base dont bénéficient tous les Cubains.

Cuba a, en dépit du blocus, et ce, dès 2015, avant même la date prévue, atteint les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) définis par les Nations Unies.

Au niveau de l’Indicateur de Développement Humain (IDH), Cuba se classe 67e selon l’ONU. Devant le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique, la Turquie, l’Ukraine, l’Afrique du Sud, l’Iran… Hors revenus, Cuba se classe même 26e, devant notamment le Royaume-Uni

A Cuba, le secteur des travailleurs indépendants et d’autres formes de gestion non-étatique sont aujourd’hui en expansion. 504 000 Cubains travaillent à leur compte : ils sont protégés par le système de sécurité sociale et bénéficient du droit à la retraite – on est donc loin du cliché du pays communiste qui bride la liberté d’entreprendre.

Dès 1961, soit deux ans après la révolution, Cuba fut l’un des rares pays à avoir éradiqué l’analphabétisme. Dans le détail, le taux d’alphabétisation des 15-24 ans atteint aujourd’hui les 100%, et celui des adultes 99,8%, ce qui place Cuba dans le top 5 des pays les plus alphabétisés au monde selon l’ONU.

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Trente pays bénéficient du programme d’alphabétisation cubain « Moi aussi je peux » qui a permis d’apprendre à lire et à écrire à plus de 10 millions de personnes.

L’accès gratuit et universel à l’éducation est garanti à tous les citoyens à Cuba. Selon l’UNESCO, Cuba est le pays qui affiche le meilleur résultat d’Amérique Latine et des Caraïbes en matière d’éducation. Cuba est le pays disposant du plus grand nombre d’enseignants par habitant et du plus faible nombre d’élèves par classe dans le primaire et le secondaire (19 élèves par maître dans le primaire et 15 dans le secondaire).

En 1959, Cuba ne comptait qu’une seule université. Aujourd’hui l’île compte 52 établissements d’enseignement supérieur. Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur y était de 95,2% en 2011, soit le 2e meilleur score du monde (derrière la Corée du Sud) selon l’ONU. La télévision cubaine diffuse régulièrement des cours du second degré pour la population adulte.

D’après l’ONU, la mortalité infantile à Cuba est de 4,2 pour 1000, soit le taux le plus faible du continent américain, (à titre de comparaison, il est de 5,9 pour 1000 aux USA). Toujours selon l’ONU, celui-ci était de 69,86 pour 1000 avant la révolution.

L’espérance de vie à Cuba est de 79,4 ans selon l’ONU. Soit 0,3 ans de plus qu’aux États-Unis et seulement 1 an et demi de moins qu’en Allemagne. C’est le 3e meilleur chiffre d’Amérique derrière le Canada et le Chili. C’est 5 ans de plus que la moyenne de la zone Amérique latine et Caraïbes et c’est dans la moyenne des pays riches de l’OCDE.

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L’opération « Miracle », lancée en 2004 par le gouvernement cubain, a été à l’origine de 2,6 millions d’interventions chirurgicales pour rendre la vue à des personnes pauvres dans 30 pays d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique.

A Cuba, l’accès gratuit à tous les services de santé est garanti. Il y a un médecin pour 137 habitants de l’île, soit le meilleur ratio au monde. C’est plus de deux fois plus qu’en France (1 pour 299). Depuis la révolution, 110 000 médecins ont été formés à Cuba. Avant, il n’y en avait que 6 000, dont la moitié a fui le pays lors de la révolution. Cuba est le seul pays au monde à avoir créé un vaccin contre le cancer du poumon et un médicament permettant d’éviter les amputations liées à l’ulcère du pied diabétique.

L’école de médecine de la Havane, « la plus avancée au monde » selon le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, forme aujourd’hui 11 000 jeunes venus de 120 nations. Depuis la révolution, l’île a même déployé 135 000 soignants à travers le monde, lors de catastrophes naturelles ou humanitaires. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro fut le premier chef d’État à recevoir la médaille de la Santé pour tous, décernée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2014, l’OMS qualifiait le système de santé cubain « d’exemple à suivre ».

Un an après la révolution, Cuba a interdit la ségrégation raciale, soit sept ans avant les États-Unis. La même année, la fédération des femmes cubaines fut crée. L’égalité femme-homme est une réalité sur l’île, notamment du point de vue salarial. En 2013, Cuba occupait le troisième rang mondial du plus grand pourcentage de femmes élues députés. Elles président 10 des 15 provinces du pays. Alors que l’île comptait plus de 150 000 prostituées dans les années 50, la prostitution a été éradiquée en 1967 (pas définitivement, hélas, car elle tend à réapparaître ces dernières années : elles seraient entre 12 et 20 000 aujourd’hui selon les opposants). Les prostituées ont été soignées (30 à 40% d’entre elles souffraient de la syphilis), éduquées, logées et réinsérées.

Cuba promeut la prévention en matière d’éducation et de réinsertion sociale pour éviter la délinquance. C’est l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine : le taux d’homicide volontaire y est de 4,2 pour 100 000 habitants (contre une moyenne de 23 pour 100 000 en Amérique latine). Cuba est le pays d’Amérique Latine qui enregistre le moins de violences contre les enfants.

Libertés individuelles ou libertés collectives ?

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« Hop ! Confisqué ! »

Contredire les mensonges répandus à propos de Cuba n’empêche évidemment pas de jeter un regard critique sur les erreurs commises par le gouvernement, comme pour n’importe quel autre pays, à n’importe quel moment de l’histoire. Mais on ne peut déclarer que la révolution a été volée d’un coup par un « régime dictatorial ». Car le gouvernement cubain a toujours été cohérent dans ce qu’il a accompli. La même logique, le même objectif, ont été poursuivis de A à Z.

Le clivage à propos de Cuba devrait se résumer ainsi : si l’on pense que les libertés collectives priment sur les libertés individuelles, alors on soutient Cuba ; si l’on pense l’inverse, alors on condamne. Les deux ne sont évidemment pas contradictoires, et certains gouvernements ont même décidé de ne pas choisir. Prenons l’exemple de deux d’entre eux : le Chili de Salvador Allende et le Venezuela d’Hugo Chavez.

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Salvador Allende et Fidel Castro.

Salvador Allende, malgré les menaces que faisaient planer les États-Unis depuis son élection en 1971, a décidé de rester démocrate jusqu’au bout, avec la fin qu’on connaît : le putsch de 1973 mené par le général Pinochet, qui fit 3 à 4 000 morts et contraignit Allende au suicide, le Chili devenant alors une dictature militaire ultralibérale pour les vingt années qui suivirent.

Au Venezuela, le même scénario faillit se reproduire : en 2002, un coup d’État eut lieu, et Chavez, élu démocratiquement, aurait dû être fusillé dans la foulée. Mais le peloton d’exécution refusa d’obtempérer et il eût la vie sauve. La révolte des militaires et de la population contraignit les putschistes à renoncer.

Au Chili, les États-Unis ont préparé le terrain pour que le coup d’état se produise, l’ont piloté en sous main et l’ont officiellement soutenu. Au Venezuela, les putschistes furent financés par les États-Unis et la CIA fut directement impliquée.

A l’aune de ces exemples, et de toutes les tentatives de déstabilisation états-uniennes à Cuba citées plus haut, on comprend bien qu’il va falloir prendre en compte le fait suivant : non, Cuba n’avait pas, et n’a jamais eu, le choix d’être une démocratie libérale. C’est à contre-cœur, et contraint et forcé par les agressions états-uniennes, que Fidel Castro a mis en place des mesures liberticides à Cuba. Il faut également prendre en compte un autre élément : beaucoup de démocraties dans le tiers-monde sont des farces. Regardez par exemple la Colombie, où l’on compte depuis le début de l’année, 70 assassinats de proches du parti socialiste, ou le Honduras, où dès qu’un président un peu trop de gauche est élu, hop !, les militaires font un coup d’État avant de réorganiser des élections.

Ce sont tous des pays où une large part de la population est maintenue dans l’extrême pauvreté, où la violence et la corruption sont reines et où les gouvernements pratiquent régulièrement les « disparitions », l’assassinat et la torture. Comme Fidel Castro le rappelait souvent : A quoi sert la démocratie ou la liberté d’expression dans un pays qui compte 50% d’analphabètes ? Dans un pays où une grande partie de la population meurt de faim ou de maladie ? L’éducation, la médecine, la répartition des richesses : toute démocratie n’est que comédie sans ces libertés collectives préalables.

Aristote, dans Les Politiques, avait déjà bien compris que l’objectif d’un État n’est en rien la forme de ses institutions, mais sa capacité à agir ou non dans l’intérêt de son peuple. Il n’aura échappé à personne la façon dont les peuples reçoivent, chaque fois, ceux qui tentent d’imposer la « démocratie libérale » dans leur pays. La première volonté des peuples est d’abord de se libérer des puissances qui les étranglent et de pouvoir vivre par eux-mêmes : ça s’appelle la souveraineté nationale. C’est là que réside la clé pour comprendre Cuba : plus que tout, le génie de Fidel Castro, c’est d’avoir su interpréter, et appliquer, la volonté générale de son peuple. Les Cubains lui en sont reconnaissants, notamment car ils ont été les premiers acteurs de la transformation de l’île. Les centaines de milliers de Cubains à s’être réunis aux quatre coins du pays pour saluer la mémoire du Comandante en sont la parfaite illustration.

 

« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Ainsi débute le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau. Discours de Fidel Castro à l’ONU, sur les « fers » dans lesquels se trouvent les peuples pauvres du monde entier. (Pensez à activer les sous-titres !)

Je vous laisse, je m’en vais taguer « Hollande a renoncé » sur le mur du Ritz, comme mon pays démocratique me le permet. Et si tel n’est pas le cas, si par malheur je me fais embarquer au commissariat, alors il faudra en conclure que je suis un prisonnier politique. Amnesty International, j’attends vos retweets.

En complément :

Cuba, tête de gondole du tiers-mondisme, par Sulio Barret–Mahric

Ainsi que les divers livres et articles de Salim Lamrani, de loin le meilleur spécialiste de Cuba en France.

Notes :

(1) : http://www.europe1.fr/international/la-reponse-damnesty-international-a-segolene-royal-a-cuba-il-y-a-eu-620-arrestations-en-octobre-2918420

(2) : https://www.legrandsoir.info/cuba-ou-comment-amnesty-international-saisit-trop-vite-des-batons-visqueux.html

(3) : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89puration_%C3%A0_la_Lib%C3%A9ration_en_France

(4) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Embargo_des_%C3%89tats-Unis_contre_Cuba

(5) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Helms-Burton

(6) https://www.legrandsoir.info/Recrudescence-de-l-agression-etasunienne-contre-Cuba.html

(7) : http://www.20minutes.fr/monde/1440187-20140909-embargo-americain-coute-116-milliards-usd-economie-cubaine

(8) : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/12/LEMOINE/13057

(9) : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_cubains_attribu%C3%A9s_aux_%C3%89tats-Unis_par_le_gouvernement_cubain

(10) : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/11/26/ces-638-fois-ou-la-cia-a-voulu-se-debarrasser-fidel-castro_5038675_3222.html

(11) : https://www.les-crises.fr/ce-qui-a-ete-omis-a-la-mort-de-fidel-castro-par-noam-chomsky/

(13) : Le rapport de 2015 de Reporters sans frontières évoque deux journalistes en prison à Cuba : Yoeni de Jesús Guerra García et José Antonio Torres. Mais ces deux individus ne sont pas en prison du fait de leur profession, mais pour des délits/crimes :
– le premier a été condamné à 7 ans de prison en 2014 pour vol et abatage de bétail ne lui appartenant pas.
– le second a été condamné à 14 ans de prison en 2011 pour espionnage. Il lui est reproché d’avoir envoyé une lettre à un haut fonctionnaire américain où il explique qu’il peut lui offrir « des informations sensibles (sur Cuba), qui peuvent mettre à mal la sécurité du pays ». Il a reconnu à de nombreuses reprises avoir écrit cette lettre.

(14) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Peine_de_mort_aux_Cara%C3%AFbes#Cuba

(15) : Bien que la CIA et l’opposition cubaine aient évoqué des cas de torture, aucun élément n’a jamais confirmé ces accusations, au point qu’Amnesty International n’en a jamais fait mention dans ses rapports.

(16) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_droits_de_l’homme_des_Nations_unies

(17) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_%C3%A0_Cuba

(18) : https://www.legrandsoir.info/cuba-la-france-les-etats-unis-et-la-question-des-droits-de-l-homme.html

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Published by bruno fornaciari - dans Cuba
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 11:31

Ce que les médias passent sous silence à propos de Cuba

Depuis le décès de Fidel Castro, les mêmes propos sont répétés en boucle par les journalistes et les hommes politiques : Cuba est l’une des dernières dictatures, elle enferme ses opposants, viole les droits de l’homme et affame son peuple. L’occasion est trop belle pour dire tout et n’importe quoi à ce sujet. Réponse aux mensonges et raccourcis à propos de Cuba.

Ségolène Royal, pour avoir osé dire qu’il « n’y a pas de prisonniers politiques à Cuba », a vu un torrent de boue s’abattre sur elle. Simplement parce qu’elle a eu l’outrecuidance de défendre Cuba. Car c’est bien cela qui lui est reproché, puisque personne n’a apporté le moindre élément permettant de démentir son affirmation.

Ah non, pardon, en réalité, seul Amnesty International a tenté un truc. Comme unique exemple à charge, l’organisation cite le cas de l’artiste El Sexto, arrêté pour avoir tagué « se fue » (« il est parti », ce que certains interprètent comme une référence au décès de Fidel Castro) sur le mur d’un grand hôtel de la Havane et de plusieurs bâtiments prestigieux ! Scandaleux ! Il est vrai qu’à Paris, si un artiste avait eu l’idée de taguer le Fouquet’s ou la Cathédrale Notre-Dame, la police l’aurait probablement applaudi et il n’aurait bien sûr encouru aucune poursuite pénale…

Je ne sais pas qui s’occupe de la com’ d’Amnesty International, mais si c’était pour sortir une ânerie pareille, il aurait mieux valu faire comme tous les autres et dénoncer sans preuve, cela aurait été hautement plus crédible…

« Mais peu importe ! » diront les autres. « Cuba est une dictature et rien ne le justifie ! »

Vraiment ? Retour en arrière

De la soumission aux États-Unis à la révolution

Cuba, de 1899 à 1959, était de fait une colonie états-unienne. Connue comme étant « le bordel de l’Amérique », l’île était alors gangrenée par la pauvreté, la prostitution, le jeu, les narcotrafiquants, la mafia et autres malfrats états-uniens venus échapper à la prohibition. Pour se faire une idée, il faut savoir que Miami et Las Vegas n’existaient pour ainsi dire pas avant la révolution cubaine, puisque l’île tenait leur rôle.

1938
Le dictateur Batista (à droite) en visite aux Etats-Unis en 1938.

Lorsque les guérilleros conduits par Fidel Castro rentrent victorieux à la Havane le 8 janvier 1959, ils viennent de renverser la dictature militaire pro-américaine de Fulgencio Batista, responsable de la mort de 20 000 cubains en sept ans. Beaucoup reprochent à Fidel Castro de s’être alors rendu coupable d’un nettoyage politique contraire aux droits de l’Homme. Mais de quoi parle-t-on ?

Fidel Castro avait maintes fois appelé la population à ne pas se livrer à la vengeance et à un « bain de sang », mais à laisser la révolution rendre justice. Il y eut donc des procès qui ordonneront 631 condamnations à mort et amèneront 146 proches de Batista à être fusillés. Il n’y eut aucun lynchage ou exécution sommaire. Comparons ces chiffres à une situation similaire : en 1944, lorsque la France fut libérée, il y eu près de 9 000 exécutions sommaires et plus de 1 500 condamnés à mort (parmi eux on compte des écrivains et des journalistes, ce qui ne fut pas le cas à Cuba). Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause le gouvernement de l’époque ou le Général de Gaulle pour ces faits.

La guerre meurtrière des États-Unis contre Cuba

Le nouveau gouvernement cubain se heurte rapidement à l’opposition des États-Unis. Ces derniers sont irrités par ses réformes et les nationalisations. Ils mettent fin à l’importation de sucre en provenance de l’île (qui représentait 80 % des exportations de Cuba vers les États-Unis et employait près de 25 % de la population). En 1962, les États-Unis vont jusqu’à imposer un embargo à Cuba qui rompt les relations commerciales entre les deux pays (même alimentaires), et obligent la majeure partie des pays américains et leurs alliés occidentaux à faire de même.

cuba-embargo
191 pays ont condamné l’embargo des Etats-Unis sur Cuba. L’ONU a condamné 18 fois ce qu’elle considère comme un « blocus ».

Tout produit élaboré avec des éléments d’origine cubaine est interdit d’entrée aux États-Unis. Les avoirs de l’État cubain aux États-Unis sont gelés. Les transactions financières sont interdites. Tout échange en dollars avec l’île est sanctionné. Pendant des décennies, il sera interdit aux citoyens états-uniens de se rendre à Cuba. Le but affiché des États-Unis est de profiter des difficultés que provoque l’embargo pour provoquer la chute de Fidel Castro.

L’embargo sur Cuba est encore en vigueur aujourd’hui. C’est l’embargo commercial le plus long de l’époque contemporaine. Il n’a cessé d’être renforcé par les États-Unis (jusqu’en 2009) : en 1996, la loi Helms-Burton interdit à toute personne ou entreprise dans le monde de commercer des produits issus de biens américains qui ont été nationalisés par le régime cubain après la révolution.

En 2004, l’administration Bush adopte une loi visant à condamner à dix ans de prison et à un million de dollars d’amende tout citoyen états-unien se rendant à Cuba sans autorisation, ou avec autorisation mais plus de 14 jours, ou qui dépenserait sur l’île plus de 50 dollars par jour, ou qui enverrait de l’argent à un proche adhérent du parti communiste local.

L’embargo a donc condamné Cuba à l’autarcie, la poussant dans les bras des soviétiques. En 2014, on estimait les pertes directement liées à l’embargo à 116 milliards de dollars pour l’île.

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Le groupe terroriste Alpha 66 fêtant ses 50 ans à Miami.

Mais quand il s’agit de l’Amérique latine, son « pré carré », les États-Unis ne s’attaquent pas qu’au portefeuille. Ils ont aussi financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars toutes sortes d’activités pouvant nuire à Cuba, terrorisme compris. Ainsi, des groupes comme Alpha-66 et Omega 7, entraînés en Floride, se sont rendus responsables de divers sabotages et attentats (rien qu’en 1960-1961, sur une période de sept mois, la CIA a commandité 110 attentats à la dynamite, a fait placer 200 bombes, et déclenché 800 incendies dans des plantations), faisant de Cuba l’un des pays au monde qui déplore le plus grand nombre de victimes d’attentats (3500 morts et 10 000 blessés dont plus de 2 000 handicapés à vie). En 1971, la CIA fit importer une épidémie de peste porcine africaine sur l’île, à l’aide de ces organisations terroristes. En 1981, l’introduction de la dengue hémorragique toucha près de 350 000 personnes à Cuba, et entraîna la mort de 158 d’entre elles dont 101 enfants. Durant toute sa vie, Fidel Castro aura été la cible de 638 tentatives d’assassinats.

Face à toutes ces menaces, Fidel Castro, qui voulait pourtant la démocratie sur l’île, dut se résigner à accroître la répression, la censure et le poids du parti communiste cubain, qui devint peu à peu le parti unique de l’île.

« Imaginez ce que serait la situation aux États-Unis si, dans la foulée de leur indépendance, une superpuissance leur avait infligé pareil traitement : jamais des institutions démocratiques n’auraient pu y prospérer », résume Noam Chomsky. Il est de bon ton de donner, du haut de sa France stable du XXIe siècle, des leçons à Fidel Castro sur le type d’institutions démocratiques qu’il aurait dû mettre en place pour recevoir un brevet de « pays moralement soutenable par l’Occident ». 238 morts causés par le terrorisme djihadiste nous ont récemment amenés à envisager une remise en cause de l’État de droit : multiplions le nombre de victimes par 15, ajoutons-y un blocus terrible, le financement de partis d’opposition par l’étranger et nous comprendrons ce qui a poussé le gouvernement cubain à mettre en place ces mesures autoritaires.

 

 

 

Les droits de l’Homme à Cuba

Il convient encore de citer Noam Chomsky : « Concernant les violations des droits de l’Homme, ce qui s’est produit de pire [à Cuba] ces quinze dernières années a eu lieu à Guantánamo, dans la partie de l’île occupée par l’armée américaine, qui y a torturé des centaines de personnes dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ». »

Pour ceux qui pensent le contraire (ce qui montre bien le niveau de désinformation qu’il y a quand il s’agit de Cuba) : il y a des élections à Cuba. Ici, le 19 avril 2015 lors du premier tour des élections municipales.

La censure n’a quasiment plus cours à Cuba depuis les années 1990. Il n’y a aujourd’hui plus un seul opposant politique ou journaliste en prison à Cuba (or, faut-il le rappeler, les États-Unis étaient en 2005 le 6e pays au monde avec le plus de journalistes en prison, selon Reporters Sans Frontières). Cuba n’a condamné personne à mort depuis 2003 ; même en 2006, lorsqu’il y eut de nouveaux attentats, la peine de mort n’a pas été appliquée. Cuba ne s’est jamais rendu coupable de torture. Cuba ne possède pas de police anti-émeute (les CRS en France).

La liste de « prisonniers politiques » fournie par les opposants cubains, sur laquelle les médias occidentaux se basent, ne comprend aujourd’hui plus que des criminels que même Amnesty International refuse de prendre en compte parce qu’elle est composée « de gens jugés pour terrorisme, espionnage ainsi que ceux qui ont tenté et même réussi à faire exploser des hôtels » (rapport d’Amnesty International de 2010).

Bien qu’il se pluralise de l’intérieur, le parti unique existe toujours à Cuba. Il faut cependant noter l’existence d’institutions démocratiques inconnues en France, comme le référendum d’initiative populaire qui permet de révoquer les élus. Une forme de démocratie directe existe à Cuba : les habitants se réunissent en assemblées de quartier pour délibérer sur le choix d’un candidat (il est interdit au parti communiste de désigner un candidat) et peuvent le révoquer à tout instant.

Le bilan de Fidel Castro : le socialisme concret

Si Cuba n’a pas choisi la voie de la démocratie libérale, c’est avant tout pour préserver l’héritage de la révolution, à savoir celui d’un socialisme concret qui vient en aide aux plus démunis et qui s’est instauré (avec réussite) malgré l’embargo. En voici quelques exemples :

A Cuba, personne ne dort dans la rue. C’est le seul pays d’Amérique latine et du tiers-monde à s’être débarrassé de la malnutrition infantile, selon l’Unicef. L’île a atteint le plein emploi (le taux de chômage y était de 3,2% en 2011). Les inégalités y ont été réduites de près de 30% depuis la révolution (selon l’évolution de l’indice de Gini, qui sert à calculer les inégalités). En 2016, 60% du budget de l’État correspond aux dépenses courantes de maintien des services gratuits de base dont bénéficient tous les Cubains.

Cuba a, en dépit du blocus, et ce, dès 2015, avant même la date prévue, atteint les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) définis par les Nations Unies.

Au niveau de l’Indicateur de Développement Humain (IDH), Cuba se classe 67e selon l’ONU. Devant le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique, la Turquie, l’Ukraine, l’Afrique du Sud, l’Iran… Hors revenus, Cuba se classe même 26e, devant notamment le Royaume-Uni.

A Cuba, le secteur des travailleurs indépendants et d’autres formes de gestion non-étatique sont aujourd’hui en expansion. 504 000 Cubains travaillent à leur compte : ils sont protégés par le système de sécurité sociale et bénéficient du droit à la retraite – on est donc loin du cliché du pays communiste qui bride la liberté d’entreprendre.

Dès 1961, soit deux ans après la révolution, Cuba fut l’un des rares pays à avoir éradiqué l’analphabétisme. Dans le détail, le taux d’alphabétisation des 15-24 ans atteint aujourd’hui les 100%, et celui des adultes 99,8%, ce qui place Cuba dans le top 5 des pays les plus alphabétisés au monde selon l’ONU.

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Trente pays bénéficient du programme d’alphabétisation cubain « Moi aussi je peux » qui a permis d’apprendre à lire et à écrire à plus de 10 millions de personnes.

L’accès gratuit et universel à l’éducation est garanti à tous les citoyens à Cuba. Selon l’UNESCO, Cuba est le pays qui affiche le meilleur résultat d’Amérique Latine et des Caraïbes en matière d’éducation. Cuba est le pays disposant du plus grand nombre d’enseignants par habitant et du plus faible nombre d’élèves par classe dans le primaire et le secondaire (19 élèves par maître dans le primaire et 15 dans le secondaire).

En 1959, Cuba ne comptait qu’une seule université. Aujourd’hui l’île compte 52 établissements d’enseignement supérieur. Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur y était de 95,2% en 2011, soit le 2e meilleur score du monde (derrière la Corée du Sud) selon l’ONU. La télévision cubaine diffuse régulièrement des cours du second degré pour la population adulte.

D’après l’ONU, la mortalité infantile à Cuba est de 4,2 pour 1000, soit le taux le plus faible du continent américain, (à titre de comparaison, il est de 5,9 pour 1000 aux USA). Toujours selon l’ONU, celui-ci était de 69,86 pour 1000 avant la révolution.

L’espérance de vie à Cuba est de 79,4 ans selon l’ONU. Soit 0,3 ans de plus qu’aux États-Unis et seulement 1 an et demi de moins qu’en Allemagne. C’est le 3e meilleur chiffre d’Amérique derrière le Canada et le Chili. C’est 5 ans de plus que la moyenne de la zone Amérique latine et Caraïbes et c’est dans la moyenne des pays riches de l’OCDE

 

A Cuba, l’accès gratuit à tous les services de santé est garanti. Il y a un médecin pour 137 habitants de l’île, soit le meilleur ratio au monde. C’est plus de deux fois plus qu’en France (1 pour 299). Depuis la révolution, 110 000 médecins ont été formés à Cuba. Avant, il n’y en avait que 6 000, dont la moitié a fui le pays lors de la révolution. Cuba est le seul pays au monde à avoir créé un vaccin contre le cancer du poumon et un médicament permettant d’éviter les amputations liées à l’ulcère du pied diabétique.

L’école de médecine de la Havane, « la plus avancée au monde » selon le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, forme aujourd’hui 11 000 jeunes venus de 120 nations. Depuis la révolution, l’île a même déployé 135 000 soignants à travers le monde, lors de catastrophes naturelles ou humanitaires. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro fut le premier chef d’État à recevoir la médaille de la Santé pour tous, décernée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2014, l’OMS qualifiait le système de santé cubain « d’exemple à suivre ».

Un an après la révolution, Cuba a interdit la ségrégation raciale, soit sept ans avant les États-Unis. La même année, la fédération des femmes cubaines fut crée. L’égalité femme-homme est une réalité sur l’île, notamment du point de vue salarial. En 2013, Cuba occupait le troisième rang mondial du plus grand pourcentage de femmes élues députés. Elles président 10 des 15 provinces du pays. Alors que l’île comptait plus de 150 000 prostituées dans les années 50, la prostitution a été éradiquée en 1967 (pas définitivement, hélas, car elle tend à réapparaître ces dernières années : elles seraient entre 12 et 20 000 aujourd’hui selon les opposants). Les prostituées ont été soignées (30 à 40% d’entre elles souffraient de la syphilis), éduquées, logées et réinsérées.

Cuba promeut la prévention en matière d’éducation et de réinsertion sociale pour éviter la délinquance. C’est l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine : le taux d’homicide volontaire y est de 4,2 pour 100 000 habitants (contre une moyenne de 23 pour 100 000 en Amérique latine). Cuba est le pays d’Amérique Latine qui enregistre le moins de violences contre les enfants.

Libertés individuelles ou libertés collectives ?

Contredire les mensonges répandus à propos de Cuba n’empêche évidemment pas de jeter un regard critique sur les erreurs commises par le gouvernement, comme pour n’importe quel autre pays, à n’importe quel moment de l’histoire. Mais on ne peut déclarer que la révolution a été volée d’un coup par un « régime dictatorial ». Car le gouvernement cubain a toujours été cohérent dans ce qu’il a accompli. La même logique, le même objectif, ont été poursuivis de A à Z.

Le clivage à propos de Cuba devrait se résumer ainsi : si l’on pense que les libertés collectives priment sur les libertés individuelles, alors on soutient Cuba ; si l’on pense l’inverse, alors on condamne. Les deux ne sont évidemment pas contradictoires, et certains gouvernements ont même décidé de ne pas choisir. Prenons l’exemple de deux d’entre eux : le Chili de Salvador Allende et le Venezuela d’Hugo Chavez.

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Salvador Allende et Fidel Castro.

Salvador Allende, malgré les menaces que faisaient planer les États-Unis depuis son élection en 1971, a décidé de rester démocrate jusqu’au bout, avec la fin qu’on connaît : le putsch de 1973 mené par le général Pinochet, qui fit 3 à 4 000 morts et contraignit Allende au suicide, le Chili devenant alors une dictature militaire ultralibérale pour les vingt années qui suivirent.

Au Venezuela, le même scénario faillit se reproduire : en 2002, un coup d’État eut lieu, et Chavez, élu démocratiquement, aurait dû être fusillé dans la foulée. Mais le peloton d’exécution refusa d’obtempérer et il eût la vie sauve. La révolte des militaires et de la population contraignit les putschistes à renoncer.

Au Chili, les États-Unis ont préparé le terrain pour que le coup d’état se produise, l’ont piloté en sous main et l’ont officiellement soutenu. Au Venezuela, les putschistes furent financés par les États-Unis et la CIA fut directement impliquée.

A l’aune de ces exemples, et de toutes les tentatives de déstabilisation états-uniennes à Cuba citées plus haut, on comprend bien qu’il va falloir prendre en compte le fait suivant : non, Cuba n’avait pas, et n’a jamais eu, le choix d’être une démocratie libérale. C’est à contre-cœur, et contraint et forcé par les agressions états-uniennes, que Fidel Castro a mis en place des mesures liberticides à Cuba. Il faut également prendre en compte un autre élément : beaucoup de démocraties dans le tiers-monde sont des farces. Regardez par exemple la Colombie, où l’on compte depuis le début de l’année, 70 assassinats de proches du parti socialiste, ou le Honduras, où dès qu’un président un peu trop de gauche est élu, hop !, les militaires font un coup d’État avant de réorganiser des élections.

Ce sont tous des pays où une large part de la population est maintenue dans l’extrême pauvreté, où la violence et la corruption sont reines et où les gouvernements pratiquent régulièrement les « disparitions », l’assassinat et la torture. Comme Fidel Castro le rappelait souvent : A quoi sert la démocratie ou la liberté d’expression dans un pays qui compte 50% d’analphabètes ? Dans un pays où une grande partie de la population meurt de faim ou de maladie ? L’éducation, la médecine, la répartition des richesses : toute démocratie n’est que comédie sans ces libertés collectives préalables.

Aristote, dans Les Politiques, avait déjà bien compris que l’objectif d’un État n’est en rien la forme de ses institutions, mais sa capacité à agir ou non dans l’intérêt de son peuple. Il n’aura échappé à personne la façon dont les peuples reçoivent, chaque fois, ceux qui tentent d’imposer la « démocratie libérale » dans leur pays. La première volonté des peuples est d’abord de se libérer des puissances qui les étranglent et de pouvoir vivre par eux-mêmes : ça s’appelle la souveraineté nationale. C’est là que réside la clé pour comprendre Cuba : plus que tout, le génie de Fidel Castro, c’est d’avoir su interpréter, et appliquer, la volonté générale de son peuple. Les Cubains lui en sont reconnaissants, notamment car ils ont été les premiers acteurs de la transformation de l’île. Les centaines de milliers de Cubains à s’être réunis aux quatre coins du pays pour saluer la mémoire du Comandante en sont la parfaite illustration.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 07:37

« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »

7 mai 2016

La CIA contre Cuba : éliminer Fidel, Raúl et le Che

Lázaro Barredo Medina

Telle était la mission prioritaire des services de renseignement étasuniens bien avant le triomphe de la Révolution en 1959, afin d'empêcher la victoire des forces révolutionnaires.

Bien avant le triomphe de la Révolution en Janvier 1959, les services de renseignement étasuniens ont eu pour missions prioritaires d’empêcher la victoire des forces révolutionnaires et d’assassiner le commandant en chef Fidel Castro.

Par exemple, dès 1958, au moment où Fidel était dans la Sierra Maestra, le colonel Joseph Caldwell King, chef de la Section de l’Hémisphère Occidental de la CIA en charge des opérations cubaines, en collaboration avec William Pawley, ancien ambassadeur nord-américain au Brésil, au Pérou, et ami du dictateur Fulgencio Batista, avait planifié certaines mesures pour entraver l’avancée des forces révolutionnaires et assassiner le dirigeant cubain. Objectif : éviter l’arrivée au pouvoir de Fidel, et pour ce faire, activer complètement la Estación [base] à La Havane dirigée par James A. Noel, qui a développé une activité subversive intense contre Cuba et a occupé ce poste jusqu’à la fermeture de l’ambassade en Janvier 1961.

En Décembre 1958 le citoyen Alan Robert Nye a été arrêté dans la Sierra Maestra, armé d’un fusil à visée télescopique, et envoyé par le gouvernement yankee avec pour mission l’assassinat de Fidel.

Au début même du triomphe révolutionnaire les frictions avec les États-Unis commencent et les manœuvres conspiratrices pour décapiter la Révolution triomphante s’intensifient.

Dans ses mémoires Les années à la Maison Blanche, publié en 1966, le Président des États-Unis de cette époque, Dwight D Eisenhower, a reconnu : "En quelques semaines, après l’entrée de Castro à La Havane, nous, au gouvernement, nous commencions à examiner les mesures qui pourraient être efficaces pour réprimer Castro."

Le 21 Janvier 1959, treize jours après son entrée triomphale à La Havane, devant un grand rassemblement du peuple au Palais Présidentiel, Fidel a déclaré :

Et il a poursuivi :

"Comme le savent déjà mes ennemis : ils peuvent m’attaquer quand ils le souhaitent, pas de problèmes ! Et d’ailleurs, s’ils agressaient aussi Raúl, il y en viendra un autre derrière lui, et un autre derrière, et ainsi de suite ! Que le peuple de Cuba dans cette lutte ne manque ni de chef, ni de monde, parce que tout sera prévu. Comme nous avons su gagner la guerre contre toutes les ressources, nous saurons également gagner la Révolution contre tous les ennemis qui se placent devant nous."

Dans un bilan du développement des relations bilatérales depuis janvier 1959 présenté au Conseil National de Sécurité des États-Unis, Roy Rubottom, secrétaire adjoint pour les Affaires Inter-américaines, a fait ce résumé :

Livingston Marchant, pour justifier ses mesures punitives, a déclaré lors de cette réunion du Conseil de la Sécurité Nationale que le cas de Cuba était l’un des plus dangereux et difficiles en ce qui concerne les relations des États-Unis avec l’Amérique latine.

Le programme pour remplacer Castro était dans le plan d’une campagne réactionnaire contre le communisme, tandis la propagande contre-révolutionnaire prétendait diminuer l’influence populaire de Raul et du Che, en les attaquant comme les dirigeants révolutionnaires les plus susceptibles d’être communistes. Sans doute, ils étaient ceux qui avaient les idées les plus radicales, avec une profonde formation marxiste et étaient des partisans déterminés à progresser rapidement vers le socialisme.

La présence de Che Guevara dans les secteurs économiques stratégiques tels que le secteur bancaire, tout d’abord, et puis la direction du développement industriel naissant, avec ses premières activités internationales à la mi-1959, ont touché les secteurs du gouvernement étasunien et de la contre-révolution.

Ensuite, comme l’ont expliqué Luis M. Busch et Reinaldo Suarez dans leur livre Premiers pas dugouvernement révolutionnaire cubain, les nécessités de la défense de la Révolution rendaient impérative une profonde restructuration militaire qui garantirait l’identification complète des institutions armées avec les citoyens, une économie administrative et de gestion, et une véritable unité de commandement et d’action.

C’est ainsi qu’est créé le Ministère des Forces armées révolutionnaires le 21 octobre 1959. "Le commandant de l’Armée Rebelle qui réunissait toutes les qualités et les compétences nécessaires pour mener une telle tâche a été, sans aucun doute, Raúl Castro Ruz. En quelques mois de guérilla, il avait formé dans les montagnes d’Extrême-Orient de Cuba, un front méticuleusement organisé et efficace, militaire et civil. Virtuellement un État d’armes, avec des hôpitaux et des gestions administratives, d’éducation, de communications et d’équipements industriels, d’administration de justice et d’arbitrage. Il avait donné des preuves évidentes d’habilité spécifique au commandement et à l’organisation," ont rapporté les deux auteurs.

Raúl, en assumant le commandement, est catégorique sur les principes poursuivis par le concept de la nouvelle institution militaire :

Durant ces jours-là, les tentatives du gouvernement des États-Unis pour dresser des forces alternatives contre la direction révolutionnaire se sont soldées par un échec, car les tentatives traitresses d’Hubert Matos, alors commandant, ont échoué, comme avait déjà été un fiasco la trahison du commandant Pedro Diaz Lanz - chef de la force aérienne rebelle -, ou l’effondrement de la conspiration trujilliste[1. NdT : voir Rafael Leónidas Trujillo Molina], ou encore la crise nationale qui a pris fin avec le départ du noyau réactionnaire du premier Gouvernement Révolutionnaire, y compris celui du président Manuel Urrutia.

Activité subversive intense et phénoménale contre Cuba

En 1975, sur la base d’informations déclassifiées et de témoignages ou de comparutions lors des audiences, a été élaboré un rapport du Comité spécial du Sénat des États-Unis qui a étudié les opérations liées aux activités du renseignement, mieux connu sous le nom du Rapport de laCommission Church, parce que le comité était présidé par le sénateur Frank Church.

Par ces informations déclassifiées et ces témoignages on a pu connaître en détail certaines des opérations secrètes de la CIA pour attenter à la vie des principaux dirigeants de la Révolution cubaine. Le 11 décembre 1959, après avoir fait l’analyse opérationnelle de la Révolution, exprimant ses préoccupations sur le renforcement du processus et les mesures pour la détruire, le colonel J.C. King a envoyé un mémorandum à Allen Dulles, directeur de la CIA, dans lequel il a fait valoir qu’à Cuba il y avait maintenant une dictature "d’extrême gauche" qui, "si" elle était autorisée à continuer, encouragerait des actions similaires contre les positions étasuniennes dans d’autres pays d’Amérique latine.

L’une des quatre "Actions recommandées" par King était de considérer sérieusement l’élimination de Fidel Castro :

Dans l’une des marges du document il y a une note manuscrite où Dulles indique qu’avec l’accord de Richard Bissell, un ancien professeur d’économie qui a servi en tant que sous-directeur des Programmes de la CIA, il approuvait les recommandations. À partir de ce moment là, tous les efforts pour étêter le pays s’intensifient.

En janvier 1960 est organisée la Branche 4 (WH-4) de la Division de l’hémisphère occidental de la CIA en tant qu’Équipe Spéciale pour mener l’opération cubaine, avec pour principale « [...] mission le renversement du gouvernement Castro [...] » et elle avait sous sa responsabilité le Bureau de Cuba au quartier général de la CIA, ainsi que le soutien de la base établie au siège diplomatique de la Havane.

La chaîne de commandement au quartier général était intégrée par le directeur du Renseignement Allen Dulles, le directeur adjoint des Programmes Monsieur Richard M. Bissell, le chef de la Division de l’hémisphère occidental JC King, et le chef des Forces de Mission Jacob D. Esterline.

Selon le rapport de la Commission Church, le 13 janvier 1960, Dulles, au cours de ce qui était apparemment la première discussion du Groupe Spécial sur un programme clandestin pour renverser Castro, "a observé la possibilité qu’à la longue les États-Unis ne pouvaient pas tolérer le régime de Castro à Cuba, et a suggéré la planification de contingences secrètes pour obtenir la chute du gouvernement de Castro ..."

L’une des actions était de prendre en compte la gestion du Gouvernement Révolutionnaire cubain pour l’empêcher de s’approvisionner en armes et de poursuivre sa politique de création de milices populaires. Le 4 mars 1960 se produit le monstrueux sabotage du navire français La Coubre, qui a apporté depuis la Belgique une cargaison de 70 tonnes d’armes et de munitions et dont l’explosion a causé environ 100 morts et 400 blessés.

L’acte terroriste conçu par la CIA, dont les enregistrements sont encore classés 51 ans plus tard, avait prévu qu’après la première explosion, les principaux dirigeants de la Révolution se rendraient probablement immédiatement sur les lieux et c’était alors l’occasion de produire un deuxième bombardement pour en finir avec eux.

Fidel est arrivé à la conclusion qu’à partir du sabotage criminel de La Coubre, l’agression contre la Révolution se déchainerait avec une grande ampleur, et il a accéléré sa stratégie de préparer le peuple à y faire face, à y résister et à la vaincre.

Le rapport de la Commission Church confirme cette analyse et démontre que le gouvernement d’Eisenhower était à la recherche de prétextes.

Selon le mémorandum d’une réunion du 9 mars 1960, cinq jours après la Coubre, le colonel J.C. King a déclaré devant le Groupe Spécial qui était en charge des opérations cubaines, qu’il y avait "de plus en plus de preuves que certains "chefs" du gouvernement Castro font pression pour attaquer les installations de l’Armée des États-Unis à la baie de Guantanamo et disent qu’il est en effet possible d’attaquer l’installation."


Et selon le mémorandum lui-même : "le colonel King a déclaré (...) à moins qu’on élimine Fidel, Raul et Che Guevara, tous ensemble, ce qui est peu probable, cette opération pourrait être une affaire longue et laborieuse, et le gouvernement actuel ne sera vaincu que par la force."

Le rapport du comité sénatorial décrit également d’autres sujets abordés lors d’une réunion le lendemain, le 10 mars, du Conseil de Sécurité Nationale, où on a débattu sur la politique étasunienne de « placer un autre gouvernement au pouvoir à Cuba."

Le compte-rendu de cette réunion rapporte que l’amiral Arleigh Burke, chef de l’Assemblée des chefs d’état-major des Forces de l’armée yankee, a compris qu’on avait besoin d’un dirigeant cubain autour duquel des éléments hostiles à Castro pourraient être regroupés. "Monsieur Dulles a déclaré qu’il existait quelques dirigeants opposés à Castro, mais qu’ils ne se trouvaient pas actuellement à Cuba, et il se demandait ce que nous pourrions faire dans une situation de cette nature (...) ; Il a indiqué qu’on travaillait sur un programme pour changer la situation à Cuba. L’Amiral Burke a suggéré que tout plan pour remplacer les dirigeants cubains devait être mené jusqu’à ses ultimes conséquences, puisque la plupart des dirigeants proches de Castro Castro étaient encore pires que lui."

La Commission Church décrit une autre réunion du Groupe spécial à la Maison Blanche le 14 mars 1960, à laquelle ont assisté Allen Dulles et le colonel J.C. King.

Selon le témoignage sénatorial déclassifié 15 ans plus tard, le procès-verbal archivé de cette réunion informait qu’il y avait une discussion générale sur l’effet que provoquerait la disparition simultanée de Fidel, Raul Castro et Che Guevara sur la situation cubaine. L’Amiral Burke a déclaré que le seul groupe organisé à Cuba à cette époque était les communistes et que, par conséquent, il y avait le danger qu’ils arrivent à prendre le contrôle. M. Dulles était d’avis que cela n’était peut-être pas désavantageux car cela faciliterait une action multilatérale par l’OEA. Le Colonel King a dit qu’il y avait peu de dirigeants identifiés à ce jour capables de prendre en charge la situation.

Le 17 Mars 1960, le président Eisenhower a donné le feu vert au programme d’activités clandestines contre Cuba. (À suivre)

Auteur : Lázaro Barredo Medina

Source : Bohémia,"La CIA frente a Cuba desde 1959 (I) : eliminar a Fidel, Raúl y Che", le 21 avril 2016.

Traduction : Admin site France-Cuba le 27 avril 2016

»» http://www.francecuba.org/cia-contre-cuba-1959-eliminer-fidel-raul-che/

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http://www.legrandsoir.info/la-cia-contre-cuba-eliminer-fidel-raul-et-le-che.html

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Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.

Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:18
Chroniques Latines

Retour à l'accueil du blog« Chroniques Latines »

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

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Photo : AFP /Chris Carlson

Jean Ortiz

Vendredi, 4 Mars, 2016 - 16:22

Obama a Cuba ! Qui l’eut cru ? Qui le croit... Désintéressé ?

"L’heure est à se réjouir des reculs de « l’empire », tout en surveillant ses manœuvres, jamais gratuites. On connaît la fable du renard libre dans le poulailler libre."

Nous n’allons pas bouder notre plaisir. Avec ou sans mea culpa de la part du sieur président Obama, la visite obamesque à Cuba, hier encore « Etat voyou », «portion de l’ empire du mal », « menace terroriste », île satanisée, constitue pour le petit POUCET une énorme victoire diplomatique et politique. D’autant plus, paraît-il, que « tout sera mis sur la table » à l’occasion du voyage en terre rouge. A n’en pas douter, le président finissant, n’ayant plus rien à perdre, profitera de cette opportunité historique... Il annoncera au monde entier la levée du blocus (promise du bout des lèvres en 2007), ce cordon sanitaire qui étouffe l’île depuis 55 ans (depuis les sanctions économiques de juillet 1960, l’opération Mangosta du bon président Kennedy en 1961, etc.). Ce reste de « guerre froide » a coûté plus de 100 milliards de dollars à l’économie cubaine. Au bas mot, le président Obama annoncera urbi et orbi, n’en doutons pas, la restitution à Cuba du territoire cubain de Guantanano, occupé par une base militaire exogène depuis plus d’un siècle. Le brave Obama présentera donc des excuses, au nom de Dieu et de tous ses prédécesseurs, pour tentative d’affamer un peuple afin de le mettre à genoux (crime contre l’humanité), pour violation de pays-domicile, propagation permanente de mensonges à l’égard d’un pays minuscule géographiquement, mais grand par sa dignité. Les Etats-Unis, eux, sont grands géographiquement, mais... Obama devra se souvenir de Bush fils qui, en octobre 2007, clamait, « vatenguerre » : « peu de pays ont défié notre nation autant que Cuba ». Ce que les impérialistes n’ont en réalité jamais pardonné à Cuba la rebelle, c’est son existence... Aujourd’hui les tartuffes se bousculent pour aller y « faire des affaires ». Le gouvernement cubain, averti, joue le jeu (à risques assumés), sans brader l’indépendance ni la souveraineté du pays.

Ce cher Barak nous réhabilitera aussi, en quelque sorte, nous les amis de Cuba qui en avons pris plein la figure depuis des décennies, pour défendre un « goulag tropical », une « dictature castriste », devenus aujourd’hui « l’endroit où il faut être vu ». Nous qui depuis 1959 répétons : Cuba n’est pas une situation virtuelle, ni un petit morceau de l’URSS qui s’obstine à survivre sous le soleil caribéen. Et il est impossible de comprendre sa révolution en contournant le contexte, le bras de fer historique entre La Havane et Washington (qui a toujours rêvé d’annexer Cuba).

La révolution cubaine, surdimensionnée internationalement par Fidel Castro, fruit d’une histoire autochtone, prolongement nécessaire des Guerres d’Indépendance, issue du nationalisme révolutionnaire, d’un processus endogène de libération nationale, n’a pas débarqué des cuirassés de l’Armée rouge. Peu de pays ont payé aussi cher leur liberté (trois Guerres d’Indépendance au 19ième siècle contre les Espagnols, une victoire frustrée), peu de pays ont résisté à 55 ans de siège, de déstabilisations multiples, de sabotages, d’attentats, d’étranglement renforcé par les lois Torricelli en 1992 et Helms-Burton en 1995.

Si les 21 et 22 mars 2016 « tout est mis sur la table » à La Havane, attention elle va craquer. Et à charge contre « l’empire ». Les Etats-Unis devront dédommager une révolution qui, à cause des ingérences et agressions innombrables, n’est sans doute pas tout à fait ce qu’elle aurait souhaité être. Elle a dû composer avec, et compter, sur l’Union Soviétique (« que nous avions déifiée » confia Fidel Castro en 1991 après la chute du Mur de Berlin) pour tenir et afficher un bilan social, éducatif, culturel... à faire pâlir les voleurs de peuples.

Aujourd’hui en crise sévère, la révolution cubaine, engagée dans un processus complexe, difficile, « d’actualisation du modèle », vit, dans un climat de tension sociale, le changement le plus important depuis 1959. Il faut remédier à une économie peu productive, un modèle trop centralisé, trop étatisé, inefficient, une crise de valeurs préoccupante, un égalitarisme excessif, le sous-développement comme forme d’insertion dans l’économie mondiale, des déformations structurelles dues en partie à l’ex-dépendance du « camp socialiste » (réserve sucrière, carence de démocratie...), un dynamisme et des contre-pouvoirs émoussés... Raul Castro et son équipe mettent en place une nouvelle donne économique , une désétatisation de secteurs non stratégiques, des mécanismes d’offre et de demande, stimulent l’initiative individuelle, privée, dans le cadre moins contraignant qu’hier d’une planification souhaitée plus participative, moins bureaucratique. Désormais chacun peut vendre (s’il en a un, une !) son appartement, sa voiture, créer sa petite entreprise, embaucher, les paysans reçoivent la terre en usufruit, vendent directement leur production...Le secteur d’Etat (la quasi totalité des salariés), a été ramené à des proportions plus raisonnables, sans « thérapie de choc ». Le salaires sont désormais calculés en fonction de la quantité et de la qualité de travail fourni... Près de la moitié de la population a accès au dollar, l’autre non... Cela créée des inégalités mal supportées dans une révolution égalitaire en diable, qui les avait bannies. Aux commandes depuis février 2008, le cadet des CASTRO œuvre à une réactivation politique et économique devenue absolument indispensable; elle passe par l’introduction de réformes structurelles, de mécanismes de marché (à surveiller, notamment par l’implication des travailleurs). Pas à pas, Raul Castro jette les bases d’un socialisme « non de marché », mais avec des mécanismes de marché ; il accélère la transition générationnelle (tardive) en cours.

Miguel Díaz Canel (55 ans), premier vice-Président, politique et expert, ancien dirigeant du parti en province (Holguin), ancien ministre de l’Enseignement supérieur, devrait prendre le relais pour deux mandats de cinq ans.

Les mêmes en « occident » qui hier critiquaient « l’immobilisme » castriste... et castrateur, se réjouissent aujourd’hui du « retour au capitalisme », souhaité par l’Europe et les Etats-Unis... mais les changements en cours ne sont pas tout à fait ceux que voudraient F.Hollande et B. Obama. Cuba « s’ouvre » parce qu’elle a besoin d’investissements étrangers, de capitaux, d’entreprises mixtes à capital extérieur (mais à participation majoritaire cubaine et qui embauchent aux conditions négociées avec Cuba), besoin d’accéder à des financements normaux de la part des pays et organismes financiers internationaux (le blocus les rend encore très limités et coûteux)

Comme le reconnaissait Hillary Clinton il y a deux ans environ : « la politique cubaine des Etats-Unis a échoué ». Seul 25% des Nord-Américains considèrent Cuba comme une menace ; la grande majorité souhaite que les familles séparées puissent se retrouver ; les jeunes, hostiles au blocus, veulent « voir Cuba », se bronzer au soleil, se doper à la musique... Dans ce contexte, contraint de lâcher du lest, de rétablir les relations diplomatiques, le président Obama a déclaré : si la politique de Washington a changé, l’objectif final reste le même : avaler, liquider, la révolution cubaine. Et le marché, le dollar, l’ « invasion » de touristes, les vols désormais quotidiens des compagnies aériennes « gringas » entre Cuba et quelques grandes villes nord-américaines, le concert des Stones à La Havane, l’apologie du consumérisme, lui paraissent plus efficaces que GI’s et Marines d’antan.

Le président Obama veut donner l’impression que le conflit cubain est réglé... alors que le blocus reste toujours en place... mais :« je n’y peux rien !!», « c’est la faute aux Républicains », « au congrès ». Eh camarade, tu es président ou débardeur aux halles ? Coquin va ! Pour aller bombarder des peuples tu as plus de pouvoirs ! L’heure est à se réjouir des reculs de « l’empire », tout en surveillant ses manœuvres, jamais gratuites. On connaît la fable du renard libre dans le poulailler libre.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 15:32

CUBA 11 millions : le nombre d’habitants, dont les trois quarts vivent en ville et près d’un quart dans la capitale La Havane (2,1 millions). Cuba est la plus vaste des îles des Caraïbes mais la 2ème la plus peuplée après Hispaniola (qui regroupe Haïti et la République dominicaine).
99,8% : le taux d’alphabétisation. Une performance qui s’explique par la politique éducative instaurée depuis la révolution cubaine. L’île compte 67 universités publiques gratuites qui ont accueilli jusqu’à 750.000 étudiants par an, dont 35% en faculté de médecine. Le budget de l’éducation représente près de 10% du PIB cubain.
82,3 milliards de dollars : le PIB cubain en 2014. Cuba est la 1ère économie des Antilles, dirigée par des entreprises publiques ou semi-publiques, comme Habanos S.A, qui exporte chaque année plus de 100 millions de cigares fait main. Le pays est aussi l'un des premiers producteurs de nickel et de sucre. Malgré l’embargo américain qui dure depuis plus de 50 ans, la croissance cubaine reste très honorable (2,7% en 2013 et 1,4% en 2014) et pourrait repartir fortement avec l’ouverture du pays (+4% attendu en 2015).
77,9 ans : l’espérance de vie. Comme pour l’éducation, Cuba a massivement investi dans la santé avec un budget annuel représentant 12% du PIB. Tous les cubains disposent ainsi d'une sécurité sociale. Malgré le manque de médicaments et de matériel médical, le pays est réputé pour la qualité de ses médecins, dont 40.000 travaillent à l’étranger.
3,5 millions : le nombre de touristes l'an dernier. Les visiteurs viennent principalement d’Europe (Allemands, Anglais, Français surtout), d’Amérique Latine ou du Canada (plus d'un million de Canadiens s’y rendent chaque année). Selon les estimations, ce chiffre pourrait doubler avec le retour des touristes américains.
180 millions d'euros : les échanges commerciaux annuels entre Cuba et la France, principalement de produits agricoles et alimentaires (46%). Plusieurs grandes entreprises françaises sont déjà présentes sur l’île, comme Pernod-Ricard qui y produit le rhum Havana Club, dont les exportations ont atteint 4 millions de caisses en 2014. Dans l'énergie, des sociétés françaises comme Total ou Alstom opèrent aussi sur le sol cubain depuis des années.
4,6 milliards de dollars : la dette cubaine que la France a effacée. En décembre dernier, le Club de Paris a accepté de restructurer 16 milliards de dollars de dettes pour lesquelles La Havane avait fait défaut en 1986. Vladimir Poutine avait, lui, annulé en 2014 l’ancienne dette de l’île envers l’URSS, qui représentait plus de 30 milliards de dollars.
4.085 dollars : le montant du chèque versé chaque année par les Etats-Unis pour la base navale de Guantanamo. Le bail de location perpétuelle signé en 1903 stipulait au départ un loyer de « deux mille dollars en monnaie d'or des Etats-Unis », mais il a été relevé à 4.085 dollars en 1934. Fidel Castro et son frère n'ont jamais voulu l'encaisser.
300 : le nombre de réformes mises en place pour ouvrir progressivement cette économie socialiste à planification centralisée. Parmi ces mesures : la privatisation des terres agricoles (2008), l’autorisation des téléphones portables (2008), des ventes de biens immobiliers et d’automobiles (2011), ou encore l’ouverture à internet (2012).
664 : le nombre de Français vivant à Cuba au 31 décembre 2014, selon l’Ambassade de France à La Havane. De son côté, la communauté cubaine en France compterait environ 2.800 personnes. Aux Etats-Unis, les personnes d'origine cubaine étaient 1,7 million en 2010, soit la 3ème population hispanique (derrière les Mexicains et les Porto Ricains).
Sources : Ambassade de France à Cuba,

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 18:34

16 décembre 2013

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À propos des droits de l’Homme à Cuba (Granma)

José Luis Centella Gomez

Le travail de promotion de l’égalité des genres et de l’autonomisation de la femme se poursuit dans la société cubaine.

Cuba est un pays au développement humain élevé, qui occupe la 51e place sur 187 pays, selon le Rapport mondial sur le Développement humain 2011

Depuis un certain temps, de nombreux personnages de la dénommée dissidence interne cubaine transitent par l’Espagne. Des personnages qui sont reçus par les plus hautes autorités de l’État, y compris par le chef du Gouvernement. Comme par hasard, on ne les voit pas avec les Cubains, arrivés à d’autres moments, qui aujourd’hui manifestent devant le gouvernement du Parti populaire parce que, disent-ils, ils n’ont pas reçu ce qui leur avait été promis, qui n’était rien d’autre que certains privilèges qu’ils pensaient mériter pour leur opposition au gouvernement cubain. Au milieu de ce va-et-vient, il est bon de mettre les choses à plat pour comprendre les allégations de ces personnes.

Le sujet essentiel qu’ils mettent en avant est le débat sur les droits de l’Homme qui serait un élément de discorde avec le gouvernement cubain, et qui justifierait leur dissidence…

Entrons donc dans le débat sur les droits de l’Homme à Cuba, sans complexe, en reconnaissant que Cuba n’est pas un paradis et n’a pas non plus résolu tous ses problèmes, mais en insistant sur des questions évidentes et concrètes, acceptées aujourd’hui par la communauté internationale, qui reconnaît qu’en matière de droits humains de base, malgré le blocus imposé par les États-Unis et son immense poids économique et social – question dont nous pourrions parler à un autre moment –, Cuba est l’un des rares pays à avoir atteint en grande partie les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), concernant la mortalité infantile et maternelle.

Concrètement, nous pouvons souligner que l’Île caraïbe a atteint :

  • l’indicateur No 1, à savoir éliminer l’extrême pauvreté et la faim ;
  • le No 2 : assurer l’éducation primaire pour tous ;
  • et le No 4 : réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans.

Par ailleurs, Cuba avance de façon conséquente vers la réalisation du No 3 : promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Dans ce sens, nous aimerions insister sur le fait que Cuba est un pays au développement humain élevé, qui occupe la 51e place parmi 187 pays, selon le Rapport sur le Développement humain 2011.

Par ailleurs, selon l’Indicateur de développement humain non économique, Cuba figure à la 17e place au niveau mondial, en étant le pays en développement affichant les meilleurs résultats.

Il faut notamment souligner l’importance que Cuba attache au Droit à la santé. Ce pays garantit l’accès universel et gratuit à la Santé publique. En 2012, le taux de mortalité infantile s’élevait à 4,6 pour 1 000 enfants nés vivants, le plus bas d’Amérique latine et de la Caraïbe. En 2013, le taux de mortalité maternelle était de 21,5 pour 100 000, ce qui situait Cuba parmi les pays affichant les taux les plus bas sur le plan international. Quant au Programme de vaccination, il garantit une des plus larges couvertures de vaccination dans le monde, qui assure la prévention contre 13 maladies.

Ceci a permis l’élimination du paludisme, de la poliomyélite, de la diphtérie, de la coqueluche, de la rougeole, de la rubéole, du syndrome de la rubéole congénitale, du tétanos néonatal et de la méningite tuberculeuse. Malgré les restrictions imposées par les blocus des États-Unis dans l’acquisition des ressources et des technologies, les programmes de recherche concernant les vaccins contre les virus du choléra, de la dengue et du sida, entre autres, s’intensifient.

Concernant le Droit à l’éducation, le Rapport de suivi de l’Éducation pour tous de l’UNESCO (2011) reconnaît que Cuba présente un développement éducatif élevé et la situe en 14e position dans le monde pour ce qui est de l’Indice de développement de l’Éducation pour tous.

Cuba continue à promouvoir une approche préventive en matière d’éducation et de réinsertion sociale afin d’éviter la délinquance. Le travail de prévention dans les écoles se base sur la lutte contre la consommation de stupéfiants et de psychotropes, l’élimination des conduites sociales déviantes, le bon usage de la langue maternelle, l’éducation aux valeurs éthiques et le développement d’un comportement sexuel responsable.

Les services de la Ligne d’aide téléphonique pour la prévention de la consommation de stupéfiants, et pour l’éducation sexuelle avec une approche de genre et de droits, se développent.

Je voudrais également signaler les avancées en matière de Droit à une alimentation adéquate, une question qui de nos jours est malheureusement d’actualité, par ces temps de crise. En 2012, une nouvelle politique agro-industrielle a été adoptée, afin de développer les lignes de travail stratégiques concernant ce droit humain. Un nouveau modèle de gestion économique se met en place, avec de nouvelles formes de production non étatiques.

Le gouvernement cubain, malgré le blocus et la crise, continue de garantir les produits alimentaires de base à des prix subventionnés à l’ensemble de la population, ce qui comprend la vente de légumes secs, de céréales, de protéines, d’huile, de sel et de sucre, indépendamment des revenus de chaque personne et de sa famille.

Cuba garantit également un litre de lait par jour aux enfants de 0 à 7 ans. Seulement en 2010, la dépense pour subventionner l’achat des produits de base s’est élevée à 750 millions de dollars. Le Plan intégral pour la prévention et le contrôle de l’anémie par carence en fer se poursuit, pour les enfants et les femmes enceintes, ce qui permet de maintenir ce dérèglement nutritionnel à un taux infime.

Il existe également un Service d’alimentation subventionné pour les personnes âgées, les personnes handicapées et autres en situation à risque. Toutes ces mesures sont appliquées sans les aides d’organismes internationaux que reçoivent d’autres États.

En plus de ces avancées sociales, Cuba continue de développer sa coopération avec d’autres pays :

1. En matière de santé, en réponse à des demandes nouvelles de certains pays, de façon très novatrice, Cuba a participé entre 2007 et 2010 à une étude clinique génétique et psychologique des personnes handicapées en Bolivie, Équateur, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, avec pour objectif de promouvoir l’intégration sans discrimination de ces personnes.

Par ailleurs, le programme Opération Miracle, destiné à rendre la vue à des milliers de personnes dans le monde, démarré en 2004, a permis de réaliser 2 261 987 interventions chirurgicales jusqu’en 2012. 34 pays d’Amérique latine, de la Caraïbe et d’Afrique en ont bénéficié. Dans le cadre de cet effort, 47 centres ophtalmologiques ont été construits à l’étranger, avec 59 blocs opératoires, où travaillent 525 coopérants dans 16 pays.

Depuis la création du Contingent international de médecins spécialisés en situation de catastrophes naturelles et de graves épidémies (Brigade Henry Reeve), 5 490 coopérants cubains ont apporté une assistance médicale à plus de trois millions de sinistrés alors que le nombre de patients pris en charge ne cesse d’augmenter. Ce contingent a réalisé plus de 33 800 opérations chirurgicales et a permis de sauver 468 000 vies.

À signaler également que l’École latino-américaine de médecine (ELAM) et la formation de professionnels de la Santé à Cuba ont permis à 9 960 étudiants de 58 pays d’obtenir leur diplôme entre 2005-2011. Durant l’année universitaire 2011-2012, 21 217 étudiants de 122 pays étaient inscrits en médecine (18 364), psychologie (1), technologie de la santé (417), infirmerie (362), stomatologie (66) et troisième cycle (207).

2. En matière d’éducation, la coopération cubaine se développe aux divers niveaux de l’enseignement. De 2004 à ce jour, la coopération s’est poursuivie dans les programmes d’alphabétisation et de post-alphabétisation grâce aux méthodes cubaines Yo si puedo (Moi, je peux), lauréate du prix Roi Sejong, Ya puedo leer y escribir (Je sais lire et écrire) et Yo si puedo seguir (Moi, je peux continuer). Jusqu’à la fin de novembre 2012, 6 950 693 personnes avaient été alphabétisées avec la méthode Yo si puedo, et 975 837 avaient approfondi leur apprentissage avec la méthode Yo si puedo seguir. Cette méthode est appliquée dans 29 pays.

Actuellement, elle est utilisée dans 16 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, d’Europe et du Canada.

Je tiens à le souligner, parce qu’ils sont moins connus, les progrès en matière d’égalité de genre et d’autonomisation de la femme, en rappelant que Cuba fut le premier pays à signer et le second à ratifier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre la femme. En 2010, le gouvernement cubain a présenté le 7e et le 8e Rapports au Comité établi en vertu de cette Convention.

Comme résultat des stratégies gouvernementales destinées à promouvoir l’accès des femmes à des postes de responsabilité publique, la proportion de femmes à l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire atteint 45%. Proportionnellement, Cuba occupe la troisième place au niveau mondial en ce qui concerne les femmes parlementaires, comme le confirme le Rapport de l’Union interparlementaire (UIP), de janvier 2012. Pour la première fois, on compte une femme vice-présidente du Conseil d’État et une autre vice-présidente de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire (Parlement). Neuf des quinze assemblées provinciales du Pouvoir populaire (législatures provinciales) sont présidées par des femmes. Neuf ministères sont dirigés par des femmes, qui représentent, de plus, 40% du Conseil d’État.

En 2011, les femmes détenaient 41,2% des postes de direction et représentaient 65,5% de la main-d’œuvre professionnelle et technique du pays. Elles représentent 47,3% de la population active.

Les droits sexuels et reproductifs, y compris le droit à l’avortement et le libre choix de la fécondité, sont pleinement garantis et les services du planning familial pour les hommes et les femmes sont accessibles, gratuits et universels. Parmi les défis de la société cubaine, figurent la nécessité de poursuivre la promotion de la perspective de genre, d’assurer un meilleur accès à l’emploi des femmes handicapées et de supprimer les stéréotypes sexistes qui persistent dans la société. À travers le Plan d’action nationale de Suivi des accords de Pékin, cette situation est évaluée avec le concours des institutions de l’État et des organisations de la société civile.

Pour conclure, j’aimerais souligner les bonnes pratiques et la gestion efficace des catastrophes naturelles qui provoquent de sérieux dommages au pays. Cela a permis de limiter au maximum les pertes en vies humaines durant le passage des ouragans. Ce fut le cas en 2008, lorsque Cuba fut touchée par trois ouragans de grande intensité et par deux tempêtes tropicales, qui causèrent dix milliards de dollars de dégâts. Cependant, les pertes en vies humaines sont considérablement inférieures à celles qui se produisent aux États-Unis, malgré les différences de moyens. Il faut dire qu’à Cuba les personnes sont protégées en priorité, tandis que les États-Unis donnent la priorité à la propriété privée.

En conséquence, dans ce débat qui doit être comme je le disais sans complexes, nous pouvons et nous devons témoigner notre reconnaissance aux efforts fournis par Cuba dans la défense des droits de l’être humain, malgré les difficultés que représente le blocus cruel et inhumain, qui devrait être le principal motif de dénonciation de toutes les organisations qui sur la planète parlent des droits de l’Homme. En effet, malgré toutes les limitations, malgré tous les problèmes, malgré toutes les erreurs qui peuvent être commises, l’important, c’est de reconnaître qu’à Cuba, l’économie et la société sont en fonction de l’intérêt général, de l’intérêt de l’être humain et non en fonction du profit économique de quelques uns…

Que chacun l’appelle comme il l’entende. Nous continuons de l’appeler « la construction du socialisme ».

José Luis Centella Gomez - Secrétaire général du Parti communiste espagnol

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 18:40

CUBA / VENEZUELA : Message de Fidel Castro Ruz au Président Nicolas Maduro.
(traduction Gloria Gonzalez Justo, 11/12/2015)

Cher Nicolas,

Je me range à l’opinion unanime de ceux qui t’ont félicité pour ta brillante et courageuse intervention dans la nuit de 6 décembre, dès que le verdict des urnes a été rendu public.
Dans l’Histoire du monde, le plus haut degré de gloire politique que pouvait atteindre un révolutionnaire revint à l’illustre combattant vénézuélien et Libertador de l’Amérique, Simon Bolivar, dont le nom n’appartient plus seulement à ce pays frère mais à tous les peuples de l’Amérique latine.
Un autre officier vénézuélien de pure souche, Hugo Chavez, le comprit, l’admira et lutta pour ses idées jusqu’à son dernier souffle. Dès l’enfance, alors qu’il fréquentait l’école primaire, dans la patrie où les héritiers pauvres de Bolivar devaient aussi travailler pour subvenir aux besoins de la famille, il cultiva l’esprit dans lequel se forgea le Libertador de l’Amérique.
Les millions d’enfants et de jeunes qui aujourd’hui fréquentent la plus vaste et la plus moderne chaîne d’écoles publiques dans le monde sont ceux du Venezuela. On peut en dire autant de son réseau de centres d’assistance médicale et de prise en charge de la santé d’un peuple courageux, mais appauvri par des siècles de pillage de la part de la métropole espagnole, et plus tard par les grandes transnationales, qui ont arraché de ses entrailles durant plus de 100 ans le meilleur de l’énorme quantité de pétrole dont la nature a doté ce pays.
L’histoire doit prendre acte également que les travailleurs existent et que ce sont eux qui permettent de disposer des aliments les plus nutritifs, des médicaments, de l’éducation, de la sécurité, du logement et de la solidarité du monde. Ils peuvent également, s’ils le souhaitent, demander à l’oligarchie : Savez-vous tout cela ?
Les révolutionnaires cubains, à quelques kilomètres de distance des États-Unis qui ont toujours rêvé de s’emparer de Cuba pour en faire un hybride de casino avec maison de prostitution, comme mode de vie pour les enfants de José Marti, ne renonceront jamais à leur pleine indépendance et au respect total de leur dignité. Je suis convaincu que seule une paix pour tous les peuples de la Terre et le droit de transformer en propriété commune les ressources naturelles de la planète, ainsi que les sciences et les technologies créées par l’être humain au bénéfice de tous ses habitants, permettront de préserver la vie humaine sur la terre. Si l’Humanité poursuit son chemin sur les sentiers de l’exploitation, et que le pillage de ses ressources par les transnationales et les banques impérialistes continue, les représentants des États qui se sont réunis à Paris en tireront les conclusions pertinentes.
La sécurité n’existe plus aujourd’hui pour personne. Neuf États disposent d’armes nucléaires, dont l’un, les États-Unis, a lancé deux bombes qui ont tué des centaines de milliers de personnes en seulement trois jours, et causé des dommages physiques et psychiques à des millions de personnes sans défense.
La République populaire de Chine et la Russie connaissent bien mieux que les États-Unis les problèmes du monde, parce qu’elles ont dû supporter les terribles guerres que leur imposa l’égoïsme aveugle du fascisme. Je n’ai aucun doute que, du fait de leur tradition historique et de leur propre expérience révolutionnaire, elles feront le plus grand effort pour éviter une guerre et contribuer au développement pacifique du Venezuela, de l’Amérique latine, de l’Asie et de l’Afrique.

Fraternellement,

Fidel Castro Ruz
Le 10 décembre 2015
18h42

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 13:35

L’ONU demande la levée du blocus contre Cuba

Un vote sous embargo

Maïté PINERO

Il y a huit jours, à l’ONU, les Etats-Unis se sont retrouvés isolés comme jamais. Du réchauffé ? L’événement en a provoqué un autre qui mérite d’être relevé : le vote de la communauté internationale contre le blocus infligé à Cuba a, jusqu’ici, été mis sous embargo par l’ensemble des médias.

Le 27 octobre [2015], à l’ONU, un tonnerre d’applaudissements a salué le résultat du vote sur la résolution demandant la levée du blocus contre Cuba. Où donc avez-vous vu l’image de l’Assemblée générale, ovationnant debout ?

Il y a huit jours, par 191 voix contre deux (USA et Israël), le monde a isolé comme jamais l’empire qui, visiblement, ne durera pas mille ans. Avez-vous lu l’information quelque part ?

Mis à part le Figaro.fr qui donnait la nouvelle le jour même, en quelques lignes, mis à part quelques chaines d’information en continu, pas un titre ni même une ligne dans les journaux télévisés et la presse écrite. C’est pourtant une déculottée sans précédent que viennent de subir les États-Unis à l’ONU. Ils y laissent et leur chemise et leur pantalon. Le vote de la communauté internationale met à nu les calculs de l’Administration et déjoue sa propagande. Raison pour laquelle sans doute, les grands moyens d’information ont mis ce vote sous embargo.

En décembre 2014, précédant l’annonce des présidents des deux pays de renouer des relations normales, le New York Times, dans le secret des dieux et très inspiré par la maison Blanche, avait multiplié les éditoriaux : « Le blocus est inefficace et a échoué.... Même notre opinion publique, celle de Floride y compris, y est hostile... Cuba se développe et nous perdons de l’argent... Loin d’isoler Cuba, c’est nous qui nous isolons. ». Preuve que le ver est dans le fruit, la suppression du blocus était présentée comme condition sine qua non « pour reconquérir notre Hégémonie en Amérique Latine ».

Enfin, argument choc, Le New York Times y voyait le moyen de reconquérir une légitimité internationale : « Devant la carte du monde, le président Obama doit ressentir de l’angoisse devant le lamentable état des relations internationales...il serait judicieux qu’il réfléchisse sérieusement sur Cuba où un changement de politique pourrait représenter un grand triomphe pour son gouvernement ». La preuve par l’ONU, c’est raté cher confrère.

AUCUN CHANGEMENT TANGIBLE

Barak Obama, en fin de mandature, semble décidé à passer la postérité ; La levée du blocus lui permettrait d’étoffer son prix Nobel de la paix. Il a multiplié les arguments, entre autres celui-ci : la levée du blocus est un moyen de peser sur le gouvernement cubain, de favoriser le secteur privé et l’émergence d’une opposition dans l’ile. Les premières mesures d’assouplissement vont toutes dans ce sens. C’est sans doute la raison pour laquelle, bien que ses pouvoirs lui en donnent les moyens, le président se refuse à vider le blocus de son contenu. Ce dernier a échoué dans son application ? Certes, mais même inefficace il peut servir quand même : sévir dorénavant comme instrument de chantage. Il sera levé mais au compte-gouttes et si seulement Cuba se tient bien et selon notre bon plaisir.

Le calcul rend inapplicables les « mesures d’assouplissement » mises en exergue par nos médias comme preuves du démantèlement du blocus. Y compris celles destinées à accroitre l’influence étasunienne dans l’Ile. C’est ainsi que le premier versement de la compagnie Sprint qui devait inaugurer le rétablissement de communications téléphoniques directes entre les deux pays a été bloqué par l’OFAC, l’organisme du [Ministère du] Trésor [des Etats-Unis]. Même chose pour plusieurs transferts bancaires destinés à financer des vols charters.

Cela ne devrait pas se savoir, cela ne devrait pas être dit. Le monde devrait se contenter des risettes d’Obama, saluer son « courage » ou sa « lucidité », dauber sur ses déclarations d’intention en faisant mine d’ignorer que le blocus sévit toujours. Que l’ONU circule, il n’y a rien à voir. Cuba ne l’entend pas de cette oreille ni se priver du prestige acquis devant la communauté internationale qui a contribué à infléchir la politique de l’Administration.

« Tant que le blocus durera, nous continuerons à le dénoncer » avait averti Raul Castro le 26 septembre, lors de l’ouverture de l’Assemblée générale à New York. Rappelant les progrès réalisés, l’ouverture des ambassades respectives, il précisait cependant : « s’enclenche maintenant une évolution longue et complexe pour la normalisation de nos relations, laquelle ne sera réalité que lorsque le blocus sera levé, que le territoire occupé illégalement par la base navale des États-Unis, dans la baie de Guantánamo, nous sera rendu, que les émissions de radio et de télévision ainsi que les programmes de subversion et de déstabilisation auront cessé et que notre peuple aura été indemnisé pour les pertes humaines et économiques subies » (121 milliards 192 millions de dollars).

S’exprimant devant l’ONU deux jours plus tard, Barak Obama avait déclaré : « J’ai confiance que notre Congrès lèvera inévitablement l’embargo qui ne devrait plus être en place ». Mais il sévit toujours. Économique, commercial et financier, il affecte la vie de plus de 11 millions de personnes et constitue le principal obstacle au développement de l’ile du crocodile verte. Il viole les accords et les règles qui régissent, en tous domaines, les relations entre États. Il attente au droit des citoyens étasuniens puisque Cuba est le seul pays du monde où ils ne peuvent voyager librement.

UNE VIOLATION MASSIVE DES DROITS DE L’HOMME

Dés sa publication, les États-Unis ont fait pression pour que la résolution cubaine présentée à l’ONU soit, sinon retirée, au moins amendée. Auquel cas, faisaient-ils savoir, ils auraient condescendu à… s’abstenir. La résolution a été maintenue et ils se sont pris les pieds dans leurs propres calculs. Leur vote, contre la levée de l’embargo, réduit à néant leur propagande et met à nu leurs intentions véritables. Il jette le discrédit sur la politique extérieure de l’empire qui frise la schizophrénie et ridiculise le président Obama.

Pour tenter de justifier le vote lors du débat devant l’Onu, le représentant nord-américain Ronald Godard, a déclaré : « Nous regrettons que le gouvernement de Cuba ait décidé de continuer à présenter sa résolution » qui « ne souligne pas les pas significatifs effectués ni l’esprit de compromis du président Obama ». Faux car le texte se félicite du « rétablissement des relations diplomatiques » , reconnaît « la volonté exprimée par le président Obama de travailler à l’élimination du blocus économique, financier et commercial ». Mais, malgré ces progrès, a souligné le ministre des relations extérieures de Cuba, « il n’y a eu aucun changement tangible . » Il a souligné : « Nous ne devons pas confondre nos désirs ou les manifestations d’intention avec la réalité. Il faut juger à partir des faits. Ils démontrent que le blocus contre Cuba bat son plein (…..) Il s’agit d’une violation flagrante, massive et systématique des droits de l’Homme. »

Ce qui vient de se passer à l’ONU confirme que c’est bel et bien la résistance et la volonté cubaine qui imposent la levée du blocus. Qu’elle n’aura pas lieu si Cuba et la communauté internationale ne l’imposent pas. Que les États-Unis devront s’y résoudre, dans leur propre intérêt, au lieu de faire semblant. En attendant, l’empire se retrouve gros Jean comme devant et cul nu devant l’ONU. Indécent et dérangeant spectacle pour nos « moyens d’information » qui l’ont censuré en chœur.

Maïté Pinero

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http://www.legrandsoir.info/un-vote-sous-embargo.html

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 12:33

VENEZUELA / CUBA / ETATS-UNIS : Le Président Maduro exige que justice soit rendue à l'encontre des terroristes criminels, auteurs de l'attentat sur un avion de ligne cubain en 1976.
(Traduction Michel Taupin)

Caracas 6 Octobre (Prensa Latina) Le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, a exigé la justice pour l'attaque terroriste commise le 6 Octobre, 1976 au large des côtes de la Barbade contre un avion cubain en vol.
Au cours de l'émission dea télévision "contacter Maduro", le président a rendu hommage aux 73 victimes de l'attentat criminel, dont les 24 membres de l'équipe junior d'escrime cubaine qui rentraient dans leur pays après avoir remporté toutes les médailles d'or de la discipline en Amérique centrale et Caraïbes.

Le Chef de l'Etat a rappelé que l'attentat a été planifié à Caracas par les terroristes d'origine cubaine Luis Posada Carriles et Orlando Bosch, qui ont utilisé deux Vénézuéliens (Hernan Ricardo et Freddy Lugo) pour placer les bombes à l'intérieur de l'avion.

Les auteurs ont été condamnés à 20 ans de prison, mais Bosch a été acquitté pour défauts de procédure et Posada Carriles a réussi à s'enfuir de la prison.

Maduro a déclaré que les deux derniers individus appartenaient à la Central Intelligence Agency (CIA) des États-Unis, de sorte que les Etats-Unis ontdressé de nombreux obstacles au cours des différents processus juridiques.

Le 13 Avril 2005, Posada Carriles est entré en territoire américain, de manière illégale.

Le mois suivant, la justice vénézuélienne a approuvé une demande d'extradition et en Juin le ministère des Affaires étrangères présentait au Département d'Etat américain, un dossier soutenant la demande.

Le Venezuela a fait valoir que Posada Carriles est un fugitif de la nation sud-américaine, parce qu'il a fui pour échapper au procès de l'attentat.

Cuba dénonce sur toutes les scènes internationales que cet individu coule une retraite tranquille dans la ville américaine de Miami, sans jamais s'être repenti de ses crimes.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:10

ONU / CUBA :

Discours du Président des Conseils d’État et des Ministres de la République de Cuba, Raul Castro Ruz, au Sommet des Nations Unies dédié à l'approbation de l'Agenda pour le Développement Post-2015.


NEW YORK, le 26 septembre 2015.
(traduction Michel Taupin)

Chers chefs d’États et de gouvernements,
Mesdames et Messieurs les chefs de délégations,
Monsieur le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies,
Monsieur le Président,

L'instabilité dans de nombreuses régions prend ses racines dans la situation de sous-développement dans lequel les deux tiers de la population mondiale vivent.

L'Agenda pour le développement post-2015 semble être ambitieux, mais l'enthousiasme ne doit pas nous faire oublier les réalités.

Les progrès, quinze ans après l'adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement, sont insuffisants et inégalement répartis. Ces réalités persistent, voire s'aggravent dans de nombreux cas, à des niveaux inacceptables de pauvreté et d'inégalité sociale, même dans les pays industrialisés eux-mêmes. La fracture entre le Nord et le Sud et la confiscation des richesses ont augmenté.

Nous notons que nous sommes encore très loin d'avoir un véritable partenariat mondial pour le développement. Pas moins de 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent dans la pauvreté. Le taux global de mortalité infantile, chez les enfants de moins de cinq ans, est encore plusieurs fois supérieur à celui des pays développés. La mortalité maternelle dans les régions en développement est 14 fois plus élevée que dans ceux-ci.

Au milieu de la crise économique et financière actuelle, les riches et les sociétés transnationales sont de plus en plus riches et la pauvreté a considérablement augmenté comme les chômeurs et les sans-abri à cause des politiques cruelles dites "politiques d'austérité". Des vagues d'immigrants désespérés arrivent en Europe fuyant la pauvreté et les conflits que d'autres ont déchaînés.

Les moyens à mettre en œuvre à l'ordre du jour, sans engagements mesurables ni calendrier, ne sont pas à la hauteur des 17 objectifs de développement durable.

Si nous voulons un monde vivable, la paix et l'harmonie entre les nations, la démocratie, la justice sociale, la dignité et le respect des droits humains de tous, nous devrions prendre des engagements tangibles rapides en matière d'aide au développement et résoudre le problème de la dette déjà payée plusieurs fois.

Il faut construire une autre architecture financière internationale, éliminer le monopole des connaissances technologiques et modifier l'ordre économique international actuel.

Les pays industrialisés devraient accepter leur dette historique et exercer le principe de "responsabilités communes mais différenciées". On ne peut l'utiliser comme prétexte à un manque de ressources quand 1,7 milliards de dollars sont dépensés chaque année pour l'armement. Sans réduction de cette dette, le développement d'une paix stable et durable ne sera pas possible.

Monsieur le Président,

Le rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis, l'ouverture des ambassades et les changements que le président Barack Obama a évoqués sur la politique envers notre pays, sont une étape importante qui a obtenu le plus large soutien de la communauté internationale. Cependant, l'embargo économique, commercial et financier contre Cuba persiste depuis plus d'un demi-siècle, provoquant des privations au peuple cubain. Il est le principal obstacle au développement économique de notre pays, il affecte les autres nations par son application extraterritoriale et continue de nuire aux intérêts des citoyens américains et des entreprises. Cette politique est rejetée par 188 États membres de l'Organisation des Nations Unies qui exigent sa fin.

Néanmoins, Cuba a réalisé les Objectifs du Millénaire pour le développement et a offert sa coopération à d'autres pays en développement dans divers secteurs, et continue de le faire autant que nos modestes moyens le permettent.

Nous n'abandonnerons jamais la dignité, la solidarité humaine et la justice sociale, qui sont les convictions profondes de notre société socialiste.

Merci beaucoup

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BRUNO FORNACIARI

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