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Nous, intermittent-e-s, précaires, étudiant-e-s, salarié-e-s, nuit deboutistes, zadistes, chômeur-se-s, postier-e-s avons investi la salle Richelieu de la Comédie Française

Publié le 27 avril 2016 | Maj le 28 avril

1er arrondissement | violences policières | précaires | intermittence | Unedic | occupation

Communiqué des occupant-es de la Comédie Française le 27 avril 2016 :

Nous, intermittent-e-s, précaires, étudiant-e-s, salarié-e-s, nuit deboutistes, zadistes, chômeur-se-s, postier-e-s avons investi la salle Richelieu de la Comédie Française et fait annuler la représentation d’hier soir.
Cette initiative dénonce les violences policières qui ont eu lieu devant le théâtre de l’Odéon lundi soir et mardi. Il est inacceptable qu’un lieu public et culturel soit assiégé par les forces de l’ordre : nous exigeons l’ouverture de ce théâtre.

Nous, intermittent-e-s, précaires, étudiant-e-s, salarié-e-s, nuit deboutistes, zadistes, chômeur-se-s, postier-e-s avons investi la salle Richelieu de la Comédie Française et fait annuler la représentation d’hier soir.

Cette initiative dénonce les violences policières qui ont eu lieu devant le théâtre de l’Odéon lundi soir et mardi. Il est inacceptable qu’un lieu public et culturel soit assiégé par les forces de l’ordre : nous exigeons l’ouverture de ce théâtre.

Nous nous inscrivons dans la vague coordonnée d’occupations de théâtres en cours : les Théâtres Nationaux de l’Odéon et de Strasbourg, les Centres Dramatiques Nationaux de Bordeaux, Caen, Lille et Montpellier.

Ces occupations ont pour but de dénoncer la négociation en cours de l’assurance chômage du régime des intermittent-e-s. D’une part, le cadrage organisé par le Medef et la Cfdt est inacceptable : nous refusons le chantage du patronat qui voudrait, d’ici 2020, sous prétexte « d’économies », réduire de 25% les allocations des intermittent-e-s qui s’amenuisent déjà d’années en années.
D’autre part, nous exigeons un système d’indemnisation qui serait enfin solidaire, adapté à la discontinuité de l’emploi et pérenne : la Coordination des Intermittent-e-s et Précaires ainsi que la Cgt-Spectacle ont des propositions dans ce sens.
Enfin, nous exigeons l’exclusion du Medef de l’Unedic en attendant une refonte du paritarisme. Toute économie sur le dos des chômeur-se-s et précaires est inadmissible !

Nous luttons contre un système fondé sur l’exploitation et la précarité. Le projet de loi-travail, le décret socle et la nouvelle convention collective des cheminot-e-s, le plan Hirsch des hospitalier-e-s servent en effet les mêmes intérêts, ceux du patronat. Depuis plusieurs semaines, ces différents secteurs organisent la riposte et se mobilisent à travers des journées d’actions et de grèves communes. N’en restons pas là : les intermittent-e-s ont d’ores et déjà voté en faveur de la grève reconductible à partir du 28 ; les cheminot-e-s d’Austerlitz réunis en Assemblée Générale ont voté hier matin la grève reconductible à partir du 26 et jusqu’au 28 au moins. Nous voulons pouvoir nous réunir librement et exigeons la tenue d’une assemblée générale ouverte à tou-te-s au théâtre de l’Odéon mercredi 27 avril.

Cette détermination dont nous avons fait preuve jusqu’ici montre que nous sommes prêt-e-s à nous organiser ensemble pour la journée du 28 et la suite : seule la grève générale reconductible fera plier le gouvernement. C’est à celles et ceux qui luttent de décider de leurs moyens d’action : nous nous joindrons aux rencontres des secteurs en lutte pour la convergence ce jeudi à partir de 18h à République appelé par Nuit Debout, le collectif syndical Bloquons Tout et la Coordination Nationale Etudiante et appelons les autres secteurs à faire de même.

Tous et toutes ensemble en grève et dans la rue jeudi 28 avril et après !

Les occupant-e-s de la Comédie Française

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 03:50

ÉTRANGES ÉTRANGERS, Jacques Prévert

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
Hommes de pays loin
Cobayes des colonies
Doux petits musiciens
Soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
Au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
Embauchés débauchés
Manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
Rescapés de Franco
Et déportés de France et de Navarre
Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
La liberté des autres.

Esclaves noirs de Fréjus
Tiraillés et parqués
Au bord d’une petite mer
Où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
Qui évoquez chaque soir
Dans les locaux disciplinaires
Avec une vieille boîte à cigares
Et quelques bouts de fil de fer
Tous les échos de vos villages
Tous les oiseaux de vos forêts
Et ne venez dans la capitale
Que pour fêter au pas cadencé
La prise de la Bastille le quatorze juillet.

Enfants du Sénégal
Départriés expatriés et naturalisés.
Enfants indochinois
Jongleurs aux innocents couteaux
Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
De jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
Qui dormez aujourd’hui de retour au pays
Le visage dans la terre
Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.
On vous a renvoyé
La monnaie de vos papiers dorés
On vous a retourné
Vos petits couteaux dans le dos.

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville
Vous êtes de sa vie
Même si mal en vivez
Même si vous en mourez.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 10:11
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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 10:08
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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 07:12
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 04:24

Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France - Régime des intermittents du spectacle ...

Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France - Régime des intermittents du spectacle ...

Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France - Régime des intermittents du spectacle ...

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 08:35

L'AUBE DISSOUT LES MONSTRES

Ils ignoraient

Que la beauté de l'homme est plus grande que l'homme

Ils vivaient pour penser ils pensaient pour se taire

Ils vivaient pour mourir ils étaient inutiles

Ils recouvraient leur innocence dans la mort

Ils avaient mis en ordre

Sous le nom de richesse

Leur misère leur bien-aimée

Ils mâchonnaient des fleurs et des sourires

Ils ne trouvaient de cœur qu'au bout de leur fusil

Ils ne comprenaient pas les injures des pauvres

Des pauvres sans soucis demain

Des rêves sans soleil les rendaient éternels

Mais pour que le nuage se changeât en boue

Ils descendaient ils ne faisaient plus tête au ciel

Toute leur nuit leur mort leur belle ombre misère

Misère pour les autres

Nous oublierons ces ennemis indifférents

Une foule bientôt

Répétera la claire flamme à voix très douce

La flamme pour nous deux pour nous seuls patience

Pour nous deux en tout lieu le baiser des vivants.

Paul Eluard ( "Le lit la table", 1943)

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:22

L'ULTRALIBÉRAL-BOUDDHISME EST EN MARCHE

Jacques Attali a-t-il basculé du côté obscur de la force ?

Dimanche 14 Décembre 2014 à 05:00

RÉGIS SOUBROUILLARD - MARIANNE

Omniprésent dans les médias pour faire la promo de son dernier ouvrage, Jacques Attali, tel un phare dans la nuit, n'est interrogé que sur la politique gouvernementale. En cette fin d'année, "Marianne" s'est donc imposé une épreuve : lire "Devenir soi", son best-seller du moment. L'ancien conseiller de François Mitterrand s'y donne le rôle de coach universel de l'humanité, ultralibéral et un peu bouddhiste. La politique ne peut plus rien pour vous ? Attali a la solution à tous vos problèmes ! Une lecture loin d'être indispensable.

On avait connu Jacques Attali en sherpa de François Mitterrand, puis cher — très cher — président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), fondateur de Planet finance, mais aussi chef d’orchestre, essayiste un peu plagiaire, rédacteur de rapports pour Sarkozy, conseiller officieux d’Hollande et tout récemment tuteur légal d’Emmanuel Macron. On le retrouve dans son dernier livre en coach new age, tendance bouddhiste 2.0.

Dans Devenir soi, Attali endosse son costume à col mao de gourou universel. Il tente de définir une nouvelle forme de spiritualité du mieux-être libéral, sans aucune contrainte, alliant les objectifs d’enrichissement financier et spirituel. Un « ultralibéralisme bouddhiste » de bazar adapté à la mondialisation pour les gens « qui n’en veulent » mais qui ont du mal quand même. Et c'est la faute à qui ? A l’Etat pardi, répond Attali.

« Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays » disait Kennedy. Au président américain, Attali répond : « Demandez vous ce que vous pouvez faire pour... vous ». L’individualisme extrême prônée par Attali conduirait sans doute rapidement à l'état de Nature, soit la lutte de tous contre tous. Pour tempérer la sauvagerie humaine de l’individu motivée par sa seule réussite, Attali fait donc intervenir la religion la plus tendance du XXIe siècle : le bouddhisme, érigée de façon largement fallacieuse par nos élites paresseuses en religion de la paix et de la tolérance. A charge au bouddhisme d'édicter des règles de vie dans ce monde anarchique.

Derrière cette ode à l'entrepreneuriat individuel teintée d’éveil spirituel low cost pour calmer les bas instincts, Attali remet au goût du jour, sans jamais le citer, un courant philosophico-spirituel qui eut son heure de gloire aux Etats-Unis au milieu du XIXe siècle : le transcendantalisme prônait la réforme de soi selon l’idée que seul l’individu, et non la société, est capable d’une authentique réforme. Un individualisme extrême dirigé par des « lois supérieures », en connexion permanente avec la nature, sur fond de critique radicale de la modernité et de désobéissance civile, le tout saupoudré de techniques de méditations asiatiques, essentiellement bouddhistes et hindouistes. Une croyance en l'unité du monde et l'accomplissement personnel dans la solitude, hors de toute société organisée. Le transcendantalisme influencera notamment la beat generation et les mouvements hippies, sans échapper à une dérive mystique.

Adapté au monde globalisé, Attali signe en fait l'acte de décès à venir de l'Etat républicain, et la fin de toute ambition d'unité nationale. Sans remords, ni regrets. Au contraire, pour lui, cela sonne comme une libération. La trajectoire de notre coach universel est, en théorie, cohérente. Après des années de soutien à la destruction de la régulation étatique, Attali invite à ne compter que sur soi-même. L'auteur dresse en effet un tableau très sommaire et complètement apocalyptique de l’époque : les dérives du progrès technique, la pollution, les guerres, le chômage, la criminalité, la « somalisation » du monde, « le Mal semble partout l’emporter », assure Attali. Et contre toutes ces dérives, « l’Etat ne peut rien ».Evidemment, aucun argumentaire ne précède jamais ces affirmations péremptoires. En pratique, coach Attali est beaucoup plus confus. Business oblige — Attali ne vend jamais que lui-même —, s’il ne croit plus dans le pouvoir des politiques, le conseiller des princes de tous bords n’en continue pas moins de les fréquenter et de les conseiller avec assiduité. Preuve que cet état qui ne peut rien, peut encore un peu. Au moins pour Attali...


Ainsi de Jacques Attali, ce hippie...

Creuser la question aurait contraint l'auteur à avouer que les politiques ont, au fil des années, fomenté leur propre déligitimation et leur impuissance en cédant à des institutions supranationales toute leur autorité et capacité de décision. Problème : Attali est un ardent défenseur du « supra-étatisme » et milite depuis des années pour un gouvernement mondial dont l’hypothétique avènement enterrerait définitivement nos dirigeants politiques nationaux. Mais dans ce livre, Attali survole les questions en mode planeur de haute altitude.

S’en suivent ainsi plusieurs dizaines de biographies très vite bâclées d’artistes ou d’entrepreneurs privés « devenus eux », sans l'aide de personne. Les biographies de dix lignes rapidement trouvées sur Wikipedia — en fin d’ouvrage Attali remercie ses « petites mains » qui ont fait l'essentiel du travail — constituent les deux tiers du livre sans un quelconque effort de mise en forme : « Ainsi de Thomas Edison,(…) Ainsi d’Arianna Huffington, (…) Ainsi d’Arthur Rimbaud, (...) Ainsi de Bill Gates... » Le tout dure une centaine de pages accompagnés de la date, du lieu de naissance et de quelques lignes mal écrites sur la vie de ces personnalités. La fragile démonstration laisse dubitatif.

L'économiste américaine Mariana Mazucatto a largement montré que sans investissements publics massifs et sans structures étatiques, la Silicon Valley ne serait jamais sortie de terre. Un exemple entre mille. L'intéressée a étayé sa thèse, contrairement à Attali qui assène évidences sur évidences qui, au fil des pages, apparaissent pour ce qu'elles sont : des absurdités. On tourne donc très vite les pages, en cherchant le vrai début du livre. En vain.

Les 30 dernières pages sont un bloubiboulga insipide de phrases creuses dignes d’un mauvais Psychologies magazine avec un zeste de sagesses asiatiques pour l’évasion. Il est ainsi question de trouver son chemin vers la pleine conscience et le « devenir soi » à travers plusieurs étapes : prendre conscience de son aliénation, prendre conscience de son corps, se respecter, avoir une image positive de soi, prendre conscience de sa solitude, prendre conscience de son unicité, apprendre à sur-vivre (tout est dans le tiret…). Après le supra-national, Attali est maintenant dans le surnaturel et bientôt l'au-delà. Qui sait si à Neuilly, il n'entend pas déjà des voix.

Arrivé péniblement au bout du « bidule », on se dit que Jacques Attali a basculé définitivement du côté obscur de la force, comme en témoignent les séances de méditation collective qui inauguraient, cette année, les journées de son Forum pour l’économie positive au Havre. Fais tourner, Jacques, c’est de la bonne !

* Devenir soi. Jacques Attali, Ed. Fayard, octobre 2014, 192 p.

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BRUNO FORNACIARI

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