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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 23:34

Lucien Sève "L’urgence historique de penser avec Marx le communisme"

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUCIEN DEGOY

VENDREDI, 30 AOÛT, 2013

Les séries d'été de l'Humanité : Penser un monde nouveau Pour le philosophe, avec un capitalisme confronté à des crises ultra-profondes, les présupposés du communisme sont là. L’enjeu anthropologique est posé pour réactualiser la visée communiste.

Lucien Sève, agrégé de philosophie en 1949, a publié ses premiers travaux au milieu des années 1950, qu’il consacre à la philosophie universitaire française, adversaire impitoyable du matérialisme et de la pensée dialectique. Son engagement politique au Parti communiste lui fermera les portes de l’enseignement supérieur en dépit de la notoriété qu’acquièrent ses recherches qu’il consacre à la question de l’individualité et de la personne. Marxisme et Théorie de la personnalité (Éditions sociales, 1969) sera plusieurs fois réédité et augmenté. Durant les décennies ultérieures, l’histoire du matérialisme, la dialectique, les sciences de la nature et la bioéthique, l’anthropologie, la religion occupent une part notable de ses recherches, l’autre versant étant consacré à l’étude de la philosophie de Marx dont il traduit nombre de textes, à la théorie de l’État et à la question du communisme. Communisme, quel second souffle ? (Messidor-Éditions sociales, 1990) développe ses conceptions sur la nécessité impérieuse d’une « refondation » du communisme et de l’intervention politique initiée en 1984. Il entend replacer paradoxalement Marx à la croisée des interrogations contemporaines : le politique, l’anthropologique, le philosophique, le communisme. Il s’investit alors dans le projet colossal d’écrire une tétralogie, Penser avec Marx, qui devrait lui demander une quinzaine d’années de labeur. Marx et nous inaugure la série (2004) aux éditions la Dispute. Vient ensuite l’Homme (2008). La Philosophie et le Communisme devraient suivre.

« Penser un monde nouveau », nous a suggéré cette série d’été de l’Humanité. Depuis que vous êtes entré en philosophie n’est-ce pas aussi votre propos ? Penser la nouveauté, le renouvellement, osons le mot, la révolution ?

Lucien Sève. Oui, osons le mot révolution, il en est grand besoin, mais pensons la chose à neuf, de cela aussi il est grand besoin. Quand j’ai commencé à penser, au lendemain de la guerre, il y avait – ça m’a énormément impressionné – une très grande pensée de la révolution communiste nécessaire. Marx, Lénine, Rosa Luxemburg, Gramsci, Jaurès, Lukacs, Mao… La plus ambitieuse action politique coïncidait avec la plus haute réflexion. Mais la visée communiste était alors immature, dans les faits et dans les consciences. Et alors qu’aujourd’hui elle revient plus fort encore à l’ordre du jour, où est la grande pensée actualisée du communisme ? On la cherche… Or sans cela comment changer le monde ? C’est mon souci d’origine, et c’est ce que je cherche à nouveau avec cette tétralogie Penser avec Marx aujourd’hui – je suis dans la longue écriture du tome 3 sur la Philosophie –, dont le dernier volume portera sur le communisme…

Dans quelle mesure cette tâche est aussi celle de tout un chacun ? Faut-il être philosophe pour penser vraiment ?

Lucien Sève. Si c’est bien un communisme qu’on vise, alors oui vraiment c’est à « tout un chacun », et chacune, de le penser… Nul besoin d’être philosophe pour ça, je dirais même : surtout pas, s’il s’agit de cette philosophie qui se borne à interpréter le monde pour ne pas le transformer. En même temps, pas de démagogie : penser, ça s’apprend. « Tout homme est philosophe », a écrit Gramsci. En puissance, certainement. Mais en fait, sûrement pas, tant qu’on n’a pas appris cette chose cruciale qu’est le maniement des concepts scientifiques et des catégories philosophiques – par exemple, socialisme et communisme, ce n’est pas du tout la même idée. Et penser théoriquement, ça ne s’apprend avec personne mieux qu’avec Marx… D’où ma tétralogie, où je vise en permanence à une érudition largement accessible…

« Apprendre », dites-vous avec Marx. Il est vrai qu’on parle désormais d’un « retour » de Marx, quoique ce retour soit très disparate. Y aurait-il autant de Marx que de lectures possibles de Marx ?

Lucien Sève. Grave question. Je maintiens qu’hélas nous manquons dramatiquement d’une grande pensée actualisée du communisme, et pourtant il se fait beaucoup de travail théorique sur Marx. Mais pour une très grande part c’est sans cohérence globale, ça ne construit rien de bien utilisable parce que ça va dans des sens disparates. Par exemple, le thème majeur de l’aliénation est très heureusement redevenu d’actualité. Mais il n’a ni le même sens ni les mêmes conséquences pratiques selon qu’on a en vue l’aliénation telle que la pensait le jeune Marx dans les Manuscrits de 1844, c’est-à-dire comme une malédiction pesant on ne sait trop pourquoi sur le travail salarié, ou comme elle devient dans le Capital, la métamorphose des immenses puissances sociales humaines en forces aveuglément destructrices faute d’être appropriées par tous, ce qui met à l’ordre du jour un communisme… La pluralité des regards sur Marx est féconde, mais la pluralité des Marx est ravageuse. S’entendre davantage sur Marx, aux divers sens du verbe s’entendre, est une urgence majeure. Encore faut-il d’abord se lire… Qui dira le mal que nous font certaines exclusives concurrentielles ?

À ce propos, il existe une école de pensée historique qui fait de Marx et de ses successeurs du mouvement ouvrier des utopistes, comme le furent avant eux de grands penseurs politiques. Vous récusez pourtant l’utopisme de Marx ?

Lucien Sève. Voilà justement un bel exemple de divergence qui n’a nul lieu d’être. Parce qu’il y a trois choses incontestables à dire sur le sujet, et qui règlent la question. D’abord, l’évidente richesse de pensée des grands utopistes ; chez Saint-Simon, Fourier, Owen, même dans un premier temps Proudhon, Marx apprend des choses dont certaines le marqueront jusqu’au bout, et qui peuvent encore nous donner à penser à nous-mêmes. Ensuite, la très grave limite de toutes les pensées utopiques, c’est-à-dire leur incapacité à résoudre la question décisive du « que faire ? » – d’où l’espoir naïvement mis dans l’aide d’un riche philanthrope, voire de l’État bourgeois… C’est de cette démarche utopiste que Marx est l’impitoyable critique, comme l’a bien montré Jean-Jacques Goblot dans ses Essais de critique marxiste (1). Et en troisième lieu – c’est le plus important –, la façon dont Marx pense et nous invite à penser le futur : aux antipodes du vœu pieux, à partir du mouvement réel. Parce que, vue matérialiste historique capitale, les contradictions de toute formation sociale tendent à produire aussi des présupposés de son propre dépassement. Aujourd’hui même, à travers les pires gâchis capitalistes, du possible communisme s’esquisse dans une productivité réelle du travail sans précédent, un développement multiforme des individualités, une planétarisation de la vie sociale… Dans les Grundrisse, Marx écrit que si les conditions matérielles d’une société sans classes ne se formaient pas sous le masque dans la société actuelle, toute tentative d’en finir avec elle « ne serait que donquichottisme ». On veut savoir ce que sera le futur ? Regardons bien ce qui mûrit au présent. C’est pourquoi faire de Marx un utopiste est pire qu’un contresens : une vraie faute politique.

Mais cette idée de présuppositions objectives ne relève-t-elle pas d’un déterminisme historique qui a été beaucoup reproché aux marxistes et à Marx lui-même (le capitalisme produirait fatalement ses propres fossoyeurs), et que le XXe siècle a bien mis à mal ?

Lucien Sève. On peut certes la prendre en un sens naïvement déterministe régulièrement démenti par les faits… Mais ce n’est pas obligé, et pour l’essentiel ce n’était pas du tout le point de vue de Marx. Les présupposés objectifs du futur, ce sont des possibles, seulement des possibles, qui ne se déploieront pas tout seuls. C’est pour ça qu’il est si important que nous les percevions bien et les aidions à se développer, mais ils n’en sont pas moins de majeure importance, parce que sans eux le futur que nous rêvons resterait en effet à jamais un rêve. Est-ce que, par exemple, il y a dans la réalité présente des présupposés majeurs économiques, technologiques, sociétaux, politiques, culturels… d’une complète émancipation des femmes ? Oui, et de maintes sortes. Ce qui ne rend pas cette émancipation fatale, ni facile, mais constitue un atout crucial pour parvenir à l’imposer.

Et qu’est-ce qui vous fait croire que cette émancipation et ce monde à venir ne peuvent être portés par le capitalisme lui-même ? N’a-t-il pas démontré, en un siècle et demi et en dépit de ses monstruosités, des capacités d’adaptation, de plasticité qui lui ont épargné jusqu’ici toutes les fins qu’on lui prédisait ?

Lucien Sève. Je tiens en effet pour capital de mesurer que nous sommes entrés dans la phase historique terminale du capitalisme, c’est pour cela qu’actualiser la visée du communisme est d’une telle importance. À moins de ça, on est complètement au-dessous de la tâche. Je connais par cœur les objections : ce serait sous-estimer ridiculement le dynamisme du capitalisme qui s’en sort toujours, ou encore les marxistes ont d’ailleurs passé leur temps à annoncer la chose sans qu’elle ne se produise jamais… De mémoire de rose, on n’a jamais vu non plus mourir de jardinier, et puis un beau jour… Pour autant qu’on puisse répondre en deux phrases à cette question colossale, je dirais qu’il y a deux groupes impressionnants de raisons de penser que vient bien la fin du capitalisme. D’abord, justement, il parvient à l’évidence de plus en plus mal à surmonter ses crises ultra-profondes : crise des dettes, crise d’efficacité, crise écologique, crise anthropologique, et par-dessus tout sans doute crise de sens historique. Et en même temps, on voit monter en nombre des présupposés d’un ordre social et planétaire de vaste mise en commun et gestion concertée de puissances sociales humaines en train de changer d’ordre de grandeur, qui ne peuvent d’évidence plus tenir dans la camisole dérisoire de l’appropriation privée et du pilotage de caste. Ce ne sera ni bref ni simple, nous sommes dans une zone de tempêtes historiques, mais on commence à voir nettement, en même temps que l’éventualité de catastrophes indicibles, une sortie lumineuse possible…

Justement, tout un pan de vos recherches a porté sur la théorie de la personnalité, sur les rapports interindividuels et leur évolution. Considérez-vous que le capitalisme a façonné un individu entièrement soumis à la loi de l’argent ? Ou bien plutôt que cet individu est déjà mûr pour le communisme ?

Lucien Sève. Le marxisme traditionnel ne voit en Marx qu’un théoricien du social. Je travaille depuis plus d’un demi-siècle à faire corriger cette dramatique erreur. Marx est un penseur de l’essentielle dialectique entre socialité et individualité humaines, donc des conditions de l’émancipation historique plénière de tous les individus, laquelle est le sens même du communisme marxien. Or, en cette matière, nous vivons un antagonisme extraordinaire entre deux tendances. Dans ses efforts pour émerger de ses crises, le capitalisme pousse à un point inouï à la fois le déchaînement de l’individualité marchande-concurrentielle et le sacrifice de masse des individus ; de sorte que le genre humain est maltraité par lui d’aussi grave façon que la planète. C’est pourquoi je milite pour que la cause anthropologique soit prise au sérieux tout autant que la cause écologique. Nous vivons contradictoirement une montée multiforme, impressionnante de l’individualité autonome, qui va d’un accès sans précédent aux savoirs et la culture à une ardente exigence d’égalité en droits, d’une indépendance revendiquée envers tous les pouvoirs aliénants à un début de floraison d’initiatives pour prendre son sort en main. En ce sens, oui, sans se raconter d’histoires car les choses sont violemment contrastées, je pense que nous vivons le manifeste essor d’un présupposé majeur de communisme.

En fin de compte, l’individu communiste, ce serait un individu totalement émancipé ?

Lucien Sève. Autant que le permettra le niveau de développement historique atteint, mais d’abord un individu pleinement développé comme producteur qualifié, citoyen compétent, individu inventif, apte à l’initiative autonome et concertée. Acteur d’une forme sociale où, comme il est dit dans le Manifeste communiste, « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Quelle relation établir entre cette émancipation souhaitable des individualités et l’intervention politique concrète aujourd’hui ?

Lucien Sève. Si l’on partage l’idée que le communisme c’est vraiment pour maintenant – un maintenant à l’échelle du siècle –, et que l’essor contrarié mais inarrêtable des individualités en est le présupposé le plus significatif, alors il y a d’évidence à en tirer des conséquences politiques révolutionnaires. Pour le dire d’une phrase, c’est vraiment le moment de prendre au sérieux comme on ne l’a jamais fait le mot d’ordre de Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Veut-on savoir ce qu’il y a à changer dans nos idées et nos pratiques ? Qu’on passe en revue tout ce en quoi la façon toujours dominante de faire de la politique se propose en fait d’apporter l’émancipation aux travailleurs. Tout ça tourne le dos au communisme, roule pour une façon de faire de la politique dont bientôt plus personne ne voudra… Pourquoi la cause communiste, d’une criante urgence historique en son principe, reste-t-elle depuis des décennies si peu mobilisatrice ? Voilà la question qui doit obséder. J’avance une hypothèse : parce qu’on ne la traite toujours pas de façon vraiment communiste, c’est-à-dire en misant tout sur l’initiative responsable des acteurs sociaux eux-mêmes, le rôle de l’organisation n’étant autre que de les y aider. Il va y avoir trente ans, avançant devant ce qu’on appelait alors au Parti communiste le Comité central ce qui me paraissait être l’exigence d’une « refondation communiste », j’avais cru pouvoir dire : « Nous mourons de soif auprès de la fontaine… » Je le pense toujours.

(1) L’Utopie en débat. Éditions la Dispute, 2011, p. 187-203.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 23:10
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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 08:41

Disparition de Pierre Vassiliu

Eugénie Barbezat

Dimanche, 17 Août, 2014

L' interprète du célèbre titre "Qui c'est celui-là ?", est décédé dimanche matin à l'âge de 76 ans. Chaque année, il donnait rendez-vous à ses fans à la fête de l'Humanité qu'il considérait comme " le plus grand rassemblement fraternel en Europe, et probablement au monde."

Atteint de la maladie de Parkinson depuis de nombreuses années, le chanteur s'est éteint "dans son sommeil" dans un établissement médical de Sète a annoncé sa fille ce dimanche matin.

Qui c'était celui-là ?

Né le 23 octobre 1937 à Villecresnes (Val de Marne), le chanteur, auteur et compositeur à la célèbre moustache a débuté comme Jockey. À l'hippodrome du Tremblay, le hasard va lui permettre de rencontrer deux apprentis cavaliers qui ne sont autres que Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Ceux-ci apprennent qu'il meuble son temps libre à écrire et composer des chansons, auront tôt fait de le faire sortir des paddocks (et du sien en particulier), pour commencer à chanter ces textes mais également ceux de Georges Brassens à « l'Écluse » et « l'Échelle de Jacob », cabarets parisiens très populaires à l'époque.A la fin des années 50 il passe dans les cabarets parisiens, et signe nombre d'autres chansons comme "La femme du sergent" (censuré durant la guerre d'Algérie), ou "Dans ma maison d'amour".

C'est l'adaptation d'une chanson du Brésilien Chico Buarque qui le rend célèbre en 1973. Avec 300.000 disques vendus en quatre mois, il dira avec le franc parler qui le caractérisait, avoir "vécu une quinzaine d'années avec le fric de cette chanson"

C'était un "noble artisan du métier de la chanson" et non un de ces "artistes fabriqués en deux mois", dira de lui l'ancien président de la Sacem, Laurent Petitgirard. Avec Qui c'est celui-là ? "il a eu un grand coup de bol. Mais même si sur un plan médiatique, il n'a plus vécu une telle heure de gloire", il n'en a pas été "frustré puisqu'il n'a jamais cherché à se placer" dans cette dernière catégorie.

Grâce à son autre passion, le voyage, Pierre Vassiliu a ramené de ses périples en Afrique ou encore au Brésil un goût pour les sons d'ailleurs. Il s'était installé au Sénégal entre 1985 et 1989 où il avait ouvert un club de jazz .

Une carrière en pointillés pour cet ancien jockey, qui a également été restaurateur, compositeur de musiques de film et qui avait aussi créé une salle de concert à Apt (Vaucluse).

Habitué de la fête de l'Humanité

Il confiait en 1995 : "C'est la fête où tous les gens se mélangent.Je l'aime. Bien sûr, je l'aime. J'y vais depuis des années. J'y allais même avant de m'engager politiquement... avec moi-même. Je l'aime parce que c'est la seule fête en France amicale, conviviale, où tous les gens se mélangent. J'aime ses petites baraques de tous les pays, avec leurs spécialités. A la cité internationale, où je joue cette année et où j'ai joué d'autres fois, contre les essais nucléaires notamment, on joue avec des musiciens cubains, créoles, portoricains. On va chez les Iraniens, chez les Coréens. On fait des découvertes, des rencontres. L'an dernier, nous avons joué avec un groupe de Gitans: Romane, on a improvisé, on a fait un boeuf ensemble. Bon, bien sûr, il y a de la boue, mais en même temps, elle est nécessaire pour que les capitalistes qui viennent aient les pieds dans la merde. Comme ça, on se retrouve tous au même niveau! Et puis, on y mange bien. Une année, on est allé déjeuner au stand de l'Auvergne, une autre, chez les Bretons, ou encore à la Maison de Cuba, où tout le monde se bat pour avoir une langouste, un mojito. Je souhaite longue vie à cette fête extraordinaire !"

La fête lui aura donc survécu, et gageons qu'elle donnera l'occasion à nombre d'artistes qui s'y produiront les 12,13 et 14 sptembre prochains de rendre un hommage chaleureux au chanteur disparu.

Lire aussi : http://www.humanite.fr/node/163887

- See more at: http://www.humanite.fr/disparition-de-pierre-vassiliu-549364#sthash.QekQxtah.dpuf

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 22:43
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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 11:44

Montreuil : une victoire pour l'éducation populaire au Méliès !

Eugénie Barbezat

Vendredi, 30 Mai, 2014

En réintégrant dans ses fonctions l'équipe du cinéma le Méliès évincée par Dominique Voynet, la nouvelle municipalité affirme un engagement fort en termes de politique culturelle, de recherche cinématographique et d'éducation à l'image.

Les "trois du Méliès" sont de retour. La nouvelle, enfin officielle, est tombée. Pour Stéphane, Marie et Maud, c’est un véritable cauchemar auquel, en tenant sa promesse de campagne, le nouveau maire de Montreuil vient de mettre un terme. "Une sale histoire" qui finit bien ! A Montreuil, en Seine Saint Denis, une équipe de passionnés va continuer à promouvoir le cinéma comme instrument nécessaire et précieux de culture de savoir et d'émancipation, pour tous.

Rappel des faits

Aux yeux de la nouvelle maire, élue en 2008, Stéphane Goudet, le directeur artistique et de la programmation du Méliès a trois principaux défauts : avoir porté le projet du nouveau Méliès, être catalogué comme proche de Jean-Pierre Brard et être un peu trop souvent cité dans les médias.

Stéphane Goudet a en effet convaincu l’ancien maire de porter le projet du nouveau Méliès, un cinéma de 6 salles, dont le déménagement est prévu dans de nouveaux locaux au cœur du quartier rénové de la Mairie. Cela donna lieu à un combat acharné contre les mastodontes UGC et MK2, pour que le cinéma de Montreuil reste municipal* et indépendant.Or, cela n’a pas eu l’heur de plaire à l’ex maire (EELV) de Montreuil sous bois (93) qui aurait asséné : « Pourquoi laisser au secteur public ce que le privé sait faire en moins cher et en mieux.» Pour Stéphane Goudet : « Il s’agit ici d’une opposition idéologique, la position de D. Voynet étant à la « privatisation » d’un cinéma qui, à nos yeux relève du secteur public de par les missions d’éducation à l’image et de recherche qu’il assure.»

Il se trouve aussi que la passion pour le cinéma de son directeur étant contagieuse, le Méliès a très vite été connu et reconnu par le public, et aussi par un grand nombre de réalisateurs et de personnalités du 7e art. Cela se traduisait par des partenariats, des festivals, des rencontres, des débats, le tout relayé assez largement par la presse… Cette "éditorialisation" forte, le petit cinéma niché au milieu d’un centre commercial du 9-3 la doit à son directeur artistique, qui incarne ce lieu autant qu’il l’habite. Une attitude jugée « arrogante » par l’élue verte qui va faire de son limogeage une affaire personnelle.

Commence alors une véritable guerre, durant laquelle vont être employées pour abattre Stéphane Goudet les armes les plus douteuses : noyautage de l’équipe de salariés du cinéma, délation calomnieuse, multiplication des enquêtes administratives et des contrôles on ne peut plus pointilleux, harcèlement…

Aucune des enquêtes n’aboutira à quelque condamnation que ce soit.** Néanmoins, fin 2012, Stéphane Goudet finira par être licencié au motif de ses "épanchements"*** sur son affaire dans les réseaux sociaux. Ses deux principales collaboratrices sont mutées dans d’autres services de la ville. Benedicte, la programmatrice, n'est pas reconduite, mais retrouve un poste, quelques mois plus tard au sein de la Société des Réalisateurs de Films.

Mobilisations

Pétitions, mobilisation des spectateurs qui se regroupent en association pour défendre leur cinéma. Soutien appuyé de nombreux cinéastes, qui avaient l’habitude de venir rencontrer les spectateurs du Méliès. Solveig Anspach, Dominique Cabrera, Robert Guédiguian, Dominik Moll, Gérard Mordillat, Chantal Richard, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Thorn et bien d’autres interpellent la mairie pour obtenir des explications et défendre Stéphane Goudet contre les accusations fantaisistes auxquelles il doit faire face. Les candidats aux élections municipales sont appelés à se prononcer. Tous, sauf les verts promettent de redonner son poste à Stéphane Goudet s’ils sont élus ! Pendant des mois, la ville bruisse de cette affaire, qui a été un des enjeux centraux de la campagne pour les élections municipales, l’effondrement des entrées (qui ont chuté de 70 000 en 2013, soit plus de 300 000 euros de manque à gagner), faisant apparaitre l’éviction de l’ancienne équipe comme une perte "objective" pour la commune.

Heureux dénouement

Le 7 Mai dernier, lors du premier Méliès Éphémère d’après élections municipales, Alexie Lorca, l’adjointe (socialiste) à la culture de la Mairie de Montreuil est venue annoncer la réintégration de l'équipe du cinéma, conformément aux promesses de campagne de Patrick Bessac (voir vidéo ci-dessous). Le retour des trois personnes en question, à leur poste et avec l’intégralité pleine et entière de leurs anciennes attributions est imminent. « Les deux filles reprennent lundi », confie Stéphane Goudet, dont le cas, légèrement plus complexe administrativement et objet d’un ultime bras de fer au sein de la nouvelle majorité municipale, a finalement été tranché par une décision qui le remplit de joie et le conforte dans la mission qu’il va s’atteler à poursuivre dans les semaines à venir. « Je suis vraiment très heureux, j’ai appris la confirmation de cette bonne nouvelle durant le festival de Cannes, où, du coup, j’ai trouvé tous les films formidables », plaisante aujourd’hui celui qui a toujours été soutenu par les cinéastes fidèles du lieu et aussi par les spectateurs qui à travers l’association Renc'art au Melies et le Collectif Indépendant des spectateurs du Melies lui ont permis de ne pas renoncer à se battre, même si d’emblée, le combat semblait inégal.

Avanti !

« Maintenant que nous avons retrouvé nos fonctions et notre honneur, l’important c’est de poursuivre le travail engagé depuis des années, avec les publics, les cinéastes, les scolaires... Il va falloir aussi « réparer » ce qui a été cassé durant notre absence en renouant des partenariats avec certaines institutions comme Périphérie ou le Collège international de philosophie dont nous étions, avant mon départ, la salle référente …

Il faut aussi relancer la fréquentation et la politique d’animation du Méliès donc on fera sans doute un festival de rentrée avec l’association des spectateurs Renc’art au Meliès au cours duquel on va tâcher de présenter pas mal de films en avant-première ! Mon vrai désir maintenant c’est d’ouvrir le nouveau Méliès, un projet que je porte depuis dix ans et dont l’aboutissement le succès vont, je l’espère, dépasser le scepticisme de ses détracteurs. »

Epilogue

Au delà de l'histoire d'une édile qui a préféré mettre en péril le précieux outil d'éducation populaire qu'est le cinéma Le Méliès plutôt que de voir quelqu'un d'autre qu'elle en tenir le manche, c'est surtout celle d'une promesse tenue. Fait assez rare pour être souligné, l’homme politique nouvellement élu à la tête de la ville ne s’est pas contenté d’entériner une situation provoquée par l'ancienne maire en utilisant des méthodes n'honorant guère ceux qui les emploient. Un acte politique de très bon augure pour la politique culturelle montreuilloise !

Enfin, si le scénario de cette saga d’un an et demi qui a vu s’affronter le directeur du Meliès et ses soutiens à une municipalité, verte de rage face à sa popularité et déterminée à sa perte, le tout sur fond de harcèlement, calomnies et coups bas en tous genre…est hélas devenu presque banal, le dénouement de cette « sale histoire » est, pour le coup, assez exceptionnel.D’ailleurs, de ce qui aurait pu rester dans les mémoires comme un « mauvais film », le réalisateur Abraham Cohen, est en train de faire un docomentaire, co-produit par la cinéaste Dominique Cabrera. Selon Stéphane Goudet : « Ce sera un film intéressant sur le pouvoir de la parole, de la mobilisation citoyenne dans l’espace public.» On peut imaginer sans trop de risque de se tromper que l’avant-première aura lieu au Méliès !

*La gestion du Méliès va revenir à la communauté d’agglomération Est-ensemble (sous présidence socialiste) au premier juillet 2014.

**Les deux enquêtes administratives internes seront soupçonnées de partialité et la seule enquête pénale ayant réellement avancé 18 mois après une plainte contre X de la ville... est la mise en examen de Dominique Voynet pour complicité de diffamation publique.

*** « Ils sont en train de me licencier, cela va réagir fort. », cette phrase publiée sur facebook a motivé le licenciement pour faute grave de son auteur, accusé de ne pas avoir respecté son devoir de réserve, l'autre raison invoquée étant la "non dénonciation" du mode de gestion "irrégulier" de 15 séances non commerciales par an, gestion réformée depuis cette affaire par le CNC, qui a reconnu un "flottement".

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 19:32

 

NOUVELLE LETTRE DE JACK RALITE AU PRÉSIDENT FRANÇOIS HOLLANDE

Le 13 mars 2014

Monsieur le Président de la République

Palais de l’Elysée

55 rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

 Monsieur le Président,

Le 13 février dernier nous vous adressions une lettre relative à la situation très difficile de l’actuelle politique culturelle française.

Elle était signée par 157 personnalités représentant tout le monde concerné et exprimant un pluralisme rarement atteint : pluralisme des métiers, des sensibilités, des esthétiques, des territoires, des équipements du plus grand au plus petit, des artistes consacrés ou débutants. A cette diversité culturelle s’étaient ajoutés le monde des chercheurs et les cinq syndicats (CGT, CFDT, FSU, SNSC-UNSA, SUD) du ministère de la Culture.

Ce courrier vous l’avez senti parlait de sens, de conscience, il avait aussi comme dirait Pasolini « le sourire de la véritable espérance ».

Depuis chaque jour, nous recevons des soutiens.

Un mois après les signatures ont afflué et affluent. Beaucoup d’équipements l’ont répercuté auprès de ceux qui les fréquentent et nous sommes aujourd’hui comptables de plus de 6000 signatures.

De plus, nous avons pris connaissance du communiqué des huit grandes organisations culturelles que vous avez reçues le lundi 24 février dernier et nous y avons noté :

« Le Président de la République s’est voulu rassurant face aux difficultés sans précédent que rencontre le secteur. Mais dans l’attente d’engagements plus précis et de décisions concrètes, la profession ne doit pas relâcher sa vigilance ni ses exigences. Les organisations professionnelles appellent donc à rester très mobilisés sur ces enjeux de politiques publiques et d’emploi culturel qui engagent l’ensemble de la vie culturelle de la France ».

C’est pourquoi nous vous adressons aujourd’hui une deuxième liste de 226 signataires, tout aussi pluraliste que dans le premier courrier et qui indique combien est profonde et assurée la revendication d’une véritable politique culturelle corrigeant les manques et les remises en cause d’aujourd’hui qui ne concernent pas seulement des pierres, mais des valeurs humanistes et populaires.

Nous continuerons régulièrement à vous informer de l’ampleur de ce mouvement où commence à circuler l’idée qu’étant donné le bas niveau du budget de la culture, continuer de toucher à ses crédits peut apparaître comme une décision et non comme une impossibilité. On parle de plus en plus de décision d’abandon et il est souhaité que vous en mesuriez bien toutes les conséquences.

Un écrivain a pu dire : « Attention à l’inaccompli, attention aux retards d’avenir ».

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération et à notre engagement indéfectible pour la culture et la création artistique.

 Pour Dominique Blanc, Catherine Tasca et Michel Piccoli.

Jack Ralite – 2 allée Henri Matisse – 93300 Aubervilliers



 
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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 00:20
culture3.jpg

Culture - humanitefr.png le 20 Février 2014

Appel: la construction culturelle en danger

Des centaines de pétitionnaires ont écrit au Président de la République pour l'alerter sur la situation de la politique culturelle française qui s'aggrave de jour en jour. Parmi les premiers signataires, on trouve des artistes de toutes les disciplines, des chercheurs mais aussi cinq syndicats (CGT, CFDT, FSU, UNSA et SUD-SOLIDAIRES).  Pour vous associer à cette démarche, adressez votre accord à Jack Ralite.


Monsieur le Président

 

Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître. Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme, l’écriture, les arts plastiques, les arts de l’image et l’action culturelle sont en danger. Faute de crédits suffisants, de personnels, de négociations, de considération et de reconnaissance du travail humain, du respect des métiers, se répandent des malaises, des souffrances, des colères. Le ministère de la culture risque de n’être plus le grand intercesseur entre les artistes et les citoyens. Il perd son pouvoir d’éclairer, d’illuminer. Les collectivités territoriales dont le rôle est devenu immense en culture et en art voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. L’Europe continue d’avoir une médiocre politique culturelle alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre échange gravissime pour la culture. Google, l’un des accapareurs des nouvelles technologies à civiliser, limite les citoyens à n’être que des consommateurs et s’installe en Irlande pour ne pas avoir à payer d’impôts en France.

 

Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.

 

On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi le meilleur antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

 

Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.

 

On est arrivé à l’os et 50 ans de constructions commencent à chanceler. Les êtres eux-mêmes sont frappés, le compagnonnage humain s’engourdit. L’omniprésence d’une logique financière d’Etat installe une dominance sur les artistes. Nous craignons le risque du pire dans la demeure culturelle. Le Medef ne vient-il pas de réclamer le transfert à l’Etat des annexes 8 et 10 de l’Unedic relatives aux intermittents du spectacle.

 

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L’urgence est de stopper l’agression contre « l’irréductible humain », là où la femme, l’homme trouvent le respect d’eux-mêmes et le pouvoir de reprendre force contre tous les raidissements normatifs, les coups de pioche, le mépris, l’arrogance.

 

Il est temps à ce « moment brèche » d’accomplir la fonction du refus à l’étage voulu. Il y a besoin d’une nouvelle conscience alors que croît la tentation de réduire la culture à un échange : j’ai produit, tu achètes. La culture se décline au contraire sur le mode : nous nous rencontrons, nous échangeons autour de la création, nous mettons en mouvement nos sensibilités, nos imaginations, nos intelligences, nos disponibilités. C’est cela qui se trouve en danger et requiert notre mobilisation et notre appel en votre direction.

 

L’histoire garde un geyser de vie pour quiconque a l’oreille fine et écoute éperdument. Encore faut-il renoncer au renoncement. L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche.

 

C’est avec ces idées en tête et au cœur que nous souhaitons, Monsieur le Président, vous faire part de notre vive inquiétude et vous demander de maintenir et de développer la politique culturelle.

Un budget minoré pour ce travail indispensable serait grave. Même le surplace conduirait à des agios humains et politiques, à un freinage dans la culture.

 

La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René CHAR.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération.

  • Pour vous associer à cette démarche, adressez votre accord à Jack Ralite.

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  • Les signataires

Anne

ABEILLE, Sylvie GIRON, Michèle RUST

« Les Carnets Bagouet »

Sophie

AGUIRRE

secrétaire générale de Sud – Culture - Solidaires

José

ALSARROBA

directeur du théâtre de Vanves et du Festival Artdanthe

Anne

ALVARO

comédienne

Ariane

ASCARIDE

comédienne

Georges

BALANDIER

professeur honoraire à la Sorbonne (sociologie - anthropologie)

Jean Daniel

BARBIN

comédien

Marie-Christine

BARRAULT

comédienne

Michel

BATAILLON et Laurent MUHLEISEN

président et directeur de la Maison Antoine Vitez, centre international de la traduction théâtrale

Jean-Louis

BEAUVIEUX

directeur du Grand Logis à Bruz

Christian

BENEDETTI

metteur en scène, directeur du Théâtre Studio (Alfortville)

Francine

BERGER

comédienne

Jean-Claude

BERUTTI

metteur en scène

Didier

BEZACE

comédien, metteur en scène

Dominique

BLANC

comédienne

Bernard

BLANCAN

acteur, réalisateur

Monique

BLIN

directrice du Festival des Francophonies en Limousin (1984-2000)

Christian

BOLTANSKI

artiste

Jacques

BONNAFFE

comédien

Marie-Christine

BORDEAUX

maitre de conférence à l’université Stendhal (Grenoble)

Denis

BOUFFIN

directeur du Développement Culturel - Théâtre de Cusset - Scène conventionnée Cirque - Label Scène Régionale Auvergne

Stéphane

BRAUNSHWEIG

metteur en scène, directeur du théâtre nationale de La Colline (Paris)

Stéphane

BRIZE

cinéaste

Julie

BROCHEN

metteure en scène, directrice du Théâtre National de Strasbourg

Pierre

BURAGLIO

peintre, professeur honoraire à l’ENSBA de Paris

Guy

CARRERA et Raquel RACHE DE ANDRADE

co-directeurs de Archaos-CREAC/Pôle National des Arts du Cirque Méditerranée

Pascal

CAUBERE

directeur de la photographie

Alain

CHAMFORT

chanteur, compositeur

Guy

CHAPOUILLE

directeur de l’école de cinéma de Toulouse

Yvane

CHAPUIS

historienne de l’art, présidente de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Dijon

Boris

CHARMATZ

danseur, chorégraphe

Noëlle

CHATELET

écrivain

Malik

CHIBANE

réalisateur

Régine

CHOPINOT

danseuse, chorégraphe

Christine

CITTI

comédienne

Yves

CLOT

titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire National des Arts et Métiers

Catherine

CORSINI

réalisatrice

Henri

CUECO

peintre

Pablo

CUECO

musicien

Catherine

DAN

directrice du Centre International de Recherche, de Création et d'Animation (CIRCA) de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon

Jean-Pierre

DAROUSSIN

acteur, réalisateur

Massimo

DEAN

metteur en scène (Rennes)

Mireille

DELMAS-MARTY

professeur honoraire au Collège de France

Emmanuel

DEMARCY

metteur en scène, directeur du théâtre de la Ville (Paris) et du Festival d’Automne

Jean-Paul

DEMOULE

archéologue, ancien directeur de l’INRAP

Jean

DIGNE

expert des cultures du Monde

Emmanuel

DONGALA

auteur francophone (Congo Brazzaville)

Jean-Marie

DROT

écrivain, homme de télévision, ancien directeur de la Villa Médicis

Jacques

DUTRONC

chanteur, compositeur

Emmanuel

ETHIS

sociologue de la culture, président de l'université d'Avignon, vice président du Haut conseil pour l'éducation artistique et culturelle

Jacques

FANSTEN

réalisateur, scénariste, producteur

Eric

FAVEY

secrétaire général adjoint de la ligue de l’enseignement chargé de la culture

Pascale

FERRAN

réalisatrice

Laurent

FLEURY

professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot

Bruno

FONTAINE

pianiste, compositeur, chef d’orchestre

René

FONTANARAVA

administrateur, CFDT-Culture

Alain

FRANCON

metteur en scène

Nicolas

FRIZE

compositeur

Louis

GAREL

comédien

Gabriel

GARRAN

metteur en scène, fondateur du Théâtre de la Commune à Aubervilliers

David

GERY

metteur en scène

Philippe

GIRARD

comédien

Vincent

GOETHALS

directeur du théâtre de Bussang

Denis

GRAVOUIL

secrétaire général de la Fédération CGT / spectacle

Juliette

GRECO

artiste, interprète

Anouk

GRINBERG

comédienne

Robert

GUEDIGUIAN

cinéaste, producteur

Alain

GUIRAUDIE

cinéaste

Adel

HAKIM

directeur du théâtre des quartiers d’Ivry

Catherine

HIEGEL

comédienne, metteur en scène

Agnès

JAOUI

comédienne, scénariste, réalisatrice

Gérard

JOUANNEST

compositeur, musicien

Cédric

KLAPISCH

réalisateur

Yannis

KOKKOS

scénographe / metteur en scène

Kofi

KWAHULE

auteur francophone (Côte d’Ivoire)

Isabelle

LAFON

comédienne, metteure en scène

Jacques

LASSALLE

metteur en scène

Emmanuel

LATREILLE

président du CIPAC (fédération des professionnels de l’art contemporain)

Georges

LAVAUDANT

metteur en scène

Bernard

LAVILLIERS

auteur, compositeur, interprète

Anne-Marie

LAZARINI

metteure en scène

Patrick

LE MAUFF

metteur en scène

Roger

LE ROUX

directeur du Cirque théâtre d’Elbeuf, Pôle National des Arts du Cirque de Haute-Normandie

Françoise

LETELLIER

directrice de la Scène Nationale « Les Gémeaux »

Madeleine

LOUARN

présidente du Syndeac

Frédéric

MAGUET

secrétaire général du syndicat national des affaires culturelles - FSU

Marie-José

MALIS

metteure en scène, directrice du Théâtre de la Commune à Aubervilliers

Jean-Louis

MARTINELLI

metteur en scène

Bernard

MENEZ

acteur

Daniel

MESGUICH

comédien, metteur en scène

Annette

MESSAGER

artiste plasticienne

Arnaud

MEUNIER

directeur du Centre Dramatique de Saint-Etienne

Claude

MICHEL

membre du Conseil Economique, Social et Environnemental

Clotilde

MOLLET

comédienne

Denis

MONFLEUR

sculpteur

Mathilde

MONNIER

directrice du Centre National de la Danse

Nicolas

MONQUAUT

secrétaire général de la CGT-Culture de 2004 à 2010

Claude

MONTAGNE et Sylvie PEYRONNET

co-directeurs de » La Chelidoine » à Saint-Angel en Corrèze

Magali

MONTOYA

comédienne, metteure en scène

Chantal

MOREL

metteure en scène

Christine

MURILLO

comédienne

Pierre

MUSSO

professeur de communication à l’université de Rennes 2

Philippe

NAHON

acteur

Jean-Luc

NANCY

philosophe

Bernard

NOEL

poète, essayiste

Jacky

OHAYON

metteur en scène, directeur du théâtre Garonne à Toulouse

Carlo

OSSOLA

professeur au Collège de France

Marc

PAQUIEN

metteur en scène

Cécile

PAUTHE

metteure en scène, directrice du CDN de Besançon

Marie

PAYEN

actrice

Henri

PENA-RUIZ

philosophe, écrivain

Patrick

PENOT

théâtre des Célestins à Lyon, directeur artistique du Festival « Sens Interdits »

Jean-Claude

PETIT

compositeur, chef d’orchestre

Laurent

PETITGIRARD

compositeur, chef d’orchestre

Michel

PICCOLI

comédien

Hervé

PIERRE

sociétaire de la Comédie Française

Ernest

PIGNON ERNEST

artiste plasticien

Laurent

POITRENEAUX

comédien

Marion

POUPINEAU

responsable de l’action culturelle du Grand Logis à Bruz

Olivier

PY

metteur en scène, directeur du Festival d’Avignon

Jack

RALITE

ancien ministre, animateur des Etats généraux de la culture

Aurélien

RECOING

acteur, metteur en scène

Serge

REGOURD

professeur à l’université Toulouse-I-Capitole, directeur de l’institut du droit de l’espace, des territoires et des communications

Yvan

RENAR

président de l’association française des orchestre

Valérie

RENAULT

secrétaire générale de la CGT-Culture

Robin

RENUCCI

comédien, metteur en scène, directeur des « Tréteaux de France »

Rudy

RICCIOTTI

architecte, Grand Prix National d’Architecture, concepteur du MUCEM de Marseille

Jean

RISTAT

poète

Pascal

ROGARD

 

Jean

ROUDON

musicien, directeur du CRR93

 

RUFUS

comédien

Céline

SALLETTE

comédienne

Pierre

SANTINI

comédien

 

SAPHO

chanteuse

Jean-Luc

SARROLA

secrétaire général SNSC / UNSA

Christian

SCHIARETTI

directeur du Théâtre National Populaire à Villeurbanne

Patrick

SOMMIER

directeur de la Maison de Culture 93

Jean-Marie

SONGY

directeur du Parapluie Centre national des arts de la rue et du festival international de théâtre de rue d'Aurillac

François

STEVENIN

acteur, réalisateur

Nada

STRANCAR

actrice, professeur au conservatoire national supérieur d’’art dramatique

Brigitte

SY

comédienne

Catherine

TASCA

ancien ministre, sénatrice

Jacques

TEPHANY

directeur délégué de l’association Jean Vilar (Maison Jean Vilar – Avignon)

Emmanuel

TIBLOUX

directeur de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, président de l’ANdEA – Association nationale des écoles supérieures d’art

Dominique

VALADIE

comédienne

Julia

VIDIT

comédienne, metteur en scène

Jean-Pierre

VINCENT

metteur en scène

Jacques

VINCEY

directeur du CDR Tours

Emmanuel

WALLON

professeur de sociologie politique à l’Université de Paris Ouest - Nanterre

Jean-Pierre

WURTZ

inspecteur général honoraire de la création et des enseignements artistiques

Claude

YERSIN

directeur du  Nouveau Théâtre d’Angers (CDN) de 1986 à 2006.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 20:19

Lettre de Jack Ralite au Président de la République

Lettre de Jack Ralite au Président de la République.

            Scenes  Jack Ralite, ancien ministre, animateur des Etats généraux de la culture,  avec Catherine Tasca, sénatrice et  ancienne ministre de la Culture et Dominique Blanc, comédienne,  a rédigé ce courrier à l’intention de François Hollande sur les questions culturelles.
Si vous souhaitez prendre part à cette initiative, vous pouvez par retour de mail avant mercredi prochain 10 heures et indiquer que vous souhaitez apposer votre signature, et bien évidemment le faire circuler à vos contacts artistes et professionnels de l’art, en leur indiquant de m’envoyer leurs signatures et qualités sur contact@andea.fr.


Monsieur le Président,

  Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître. Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme, l’écriture, les arts plastiques, les arts de l’image et l’action culturelle sont en danger.
Faute de crédits suffisants, de personnels, de négociations, de considération et de reconnaissance du travail humain, du respect des métiers, se répandent des malaises, des souffrances, des colères. Le Ministère de la Culture risque de n’être plus le grand intercesseur entre les artistes et les citoyens. Il perd son pouvoir d’éclairer, d’illuminer. Les collectivités territoriales, dont le rôle est devenu immense en culture et en art,  voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. L’Europe continue d’avoir une médiocre politique culturelle alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre échange, gravissime pour la culture. Google, l’un des accapareurs des nouvelles technologies à civiliser, limite les citoyens à n’être que des consommateurs et s’installe en Irlande pour ne pas avoir à payer d’impôts en France.
Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.
On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi le meilleur antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.
On est arrivé à l’os, et cinquante ans de constructions commencent à chanceler. Les êtres eux-mêmes sont frappés, le compagnonnage humain s’engourdit. L’omniprésence d’une logique financière d’Etat installe une dominance sur les artistes. Nous craignons le risque du pire dans la demeure culturelle. Le Medef ne vient-il pas de réclamer le transfert à l’Etat des annexes 8 et 10 de l’Unedic relatives aux intermittents du spectacle.
L’urgence est de stopper l’agression contre « l’irréductible humain », là où la femme, l’homme trouvent le respect d’eux-mêmes et le pouvoir de reprendre force contre tous les raidissements normatifs, les coups de pioche, le mépris, l’arrogance. Il est temps à ce « moment brèche » d’accomplir la fonction du refus à l’étage voulu. Il y a besoin d’une nouvelle conscience alors que croît la tentation de réduire la culture à un échange : j’ai produit, tu achètes. La culture se décline au contraire sur le mode : nous nous rencontrons, nous échangeons autour de la création, nous mettons en mouvement nos sensibilités, nos imaginations, nos intelligences, nos disponibilités. C’est cela qui se trouve en danger et requiert notre mobilisation et notre appel en votre direction.
L’histoire garde un geyser de vie pour quiconque a l’oreille fine et écoute éperdument. Encore faut-il renoncer au renoncement. L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche. C’est avec ces idées en tête et au cœœur que nous souhaitons, Monsieur le Président, vous faire part de notre vive inquiétude et vous demander de maintenir et de développer la politique culturelle. Un budget minoré pour ce travail indispensable serait grave. Même le surplace conduirait à des agios humains et politiques, à un freinage dans la culture.
La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René Char.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération.
Anne ABEILLE, Sylvie GIRON, Michèle RUST « Les Carnets Bagouet »
Sophie AGUIRRE secrétaire générale de Sud – Culture – Solidaires
José ALFARROBA directeur du théâtre de Vanves et du Festival Artdanthe
Anne ALVARO comédienne
Ariane ASCARIDE comédienne
Georges BALANDIER professeur honoraire à la Sorbonne (sociologie – anthropologie)
Jean Damien BARBIN comédien
Marie-Christine BARRAULT comédienne
Michel BATAILLON dramaturge,  et beaucoup d’autres
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 18:11

Culture - le 15 Février 2014

Stromae triomphe aux Victoires avec Vanessa Paradis, sur fond de lutte des intermittents du spectacle

Lors de la 29ème édition des Victoires de la musique vendredi au Zénith, le chanteur belge a été sacré artiste masculin de l’année et la chanteuse meilleure artiste féminine. Virginie Guilhaume la présentatrice a fait écho à la lutte des intermittents en lisant un message au nom de toute la profession qui demande au «gouvernement de ne pas casser la création artistique et culturelle» et appelle à une manifestation le 27 février pour «dénoncer le coup de force du Medef» contre leur régime spécifique d’assurance-chômage.


Plus de trois heures de cérémonie! La soirée des Victoires de la musique (à revoir ici) a été, comme d’habitude, d’une longueur interminable. La 29ème édition des Victoires qui se sont déroulées vendredi soir au Zénith, retransmise en direct sur France 2, n’a offert aucun suspense. Sans surprise, Stromae  nommé dans six catégories, a été le champion de la soirée avec trois trophées, le chanteur belge ayant remporté la Victoire de l’artiste masculin, celle du meilleur album de chanson ( Racine Carrée vendu à plus d’1,5 million d’exemplaires) celle du vidéo-clip pour «Formidable».

Un peu éclipsée par le triomphe de Stromae, Vanessa Paradis a été couronnée de la Victoire de l’artiste féminine de l’année, pour la troisième fois de sa carrière. Les organisateurs des Victoires avaient voulu mêler artistes populaires et découvertes. Côté prestation live, on a vu se produire Christophe Maé, Zaz, repartis bredouilles ainsi qu’Etienne Daho à l’origine d’une interprétation très émouvante de La Peau dure extraite de son dernier album Les chansons de l’Innocence retrouvée.

Un hommage a également été rendu  à un autre chanteur belge, Salvatore Adamo à qui a été remis une Victoire d’Honneur pour ses cinquante ans de carrière. L’occasion de réentendre l’un de ses grands classiques Laisse mes mains sur tes hanches en duo avec Julien Doré, lequel a été l’un des rares à réveiller les Victoires grâce à  son interprétation du dansant Paris-Seychelles tiré de son dernier album «Love».

 

Pour les jeunes talents, il a fallu attendre la  deuxième partie de soirée. Le groupe La Femme a remporté la Victoire de l’album révélation, Woodkid celle de l’album révélation scène, Kavinsky, l’album de musiques électroniques et 1995, l’album de musiques urbaines.

Tandis que le trompettiste d’origine  libanaise Ibrahim Maalouf a logiquement été couronné du meilleur album de musiques du monde (Illusions).

 

Côté performance, on retiendra la prestation très classieuse de la chanteuse Christine and the Queens, qui a scotché le public en interprétant un titre de son EP Nuit 17 à 52. Joli prélude à la sortie du premier album de l’artiste nantaise prévu au printemps chez Because music.

 

L'appel des intermittents


Enfin parmi les moments forts, les Victoires ont mis en lumière la lutte des intermittents du spectacle. La présentatrice de l’émission, Virginie Guilhaume a ainsi rappelé qu’ils étaient 400 à rendre la soirée possible. A travers la lecture d’un message, elle s’est fait la porte-parole de la profession, dénonçant «l’attaque sans précédent» menée contre les intermittents par le Medef, qui la veille a proposé de supprimer leur régime spécifique d’indemnisation d’assurance chômage. L’animatrice a parlé au nom de «tous» les intermittents «puisqu’on l’est tous ici» a-t-elle lancé : «Aujourd'hui, bon nombre d'entre nous peinent à vivre de leur art et de leur métier. Et c'est parce que nous avons des droits sociaux que chaque jour, sur tous les territoires, nous pouvons rencontrer tous les publics, dans toutes les salles de spectacle, des plus petites aux plus grandes. Que serait demain une société sans artistes, sans techniciens, sans musique, sans théâtre, sans cinéma (…) Le gouvernement ne peut pas laisser casser la création artistique et culturelle. Aidez-nous à donner un avenir à l’art et à la création». Et l’animatrice d’ajouter : «Sachez que le 27 février prochain, nous manifesterons tous ensemble contre ce coup de force».  Rendez-vous est pris!


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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 10:23
Le Survivant de la Nakba

 
Est un film inspiré du livre « Celui qui retourne à Haïfa » "عاءد إلى حيفا" du Palestinien Ghassan Kanfani (1936
– 1972). Le film relate le récit d’un nourrisson, qui a perdu sa mère et son père lors de la Nakba en 1948. Une
famille sioniste d’origine polonaise le trouve au sein de son foyer, occupe la maison de la famille du nourrisson
et décide de l’appeler Moshé. Sa grand-mère, Safiya, fait son possible pour le retrouver et le reprendre. 

Film de 1994 en langue arabe et sous titré en français.
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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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