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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 17:41

 

Appel du Front de Gauche pour l’Art et la Culture : quelle humanité voulons-nous être ?

Posté le 3 février 2012 par Front de Gauche dans APPELS, MILITER
 




 

L'appel


Le Front de Gauche affirme que l’art et la culture sont le moteur de l’émancipation, de l’affranchissement, de la subversion, de l’invention, de la libération du joug des obsédés du profit.
Les propositions du Front de gauche concernant l’art et la culture visent à mettre en œuvre un recentrage vital : l’humain d’abord. La démocratie sera culturelle ou ne sera pas.


« Il n’y a pas d’alternative », répètent en boucle jusqu’à l’écœurement les néolibéraux depuis les années Thatcher et Reagan. Cette injonction, insulte à la pensée, à un conformisme résigné à la loi du marché donnée comme la forme achevée et indépassable de la civilisation, est en fait le symptôme le plus voyant de la faillite du libéralisme qui proclamait avec arrogance la fin de l’Histoire : l’énorme machine technico-financière est en train de dévorer la planète et l’humanité qui l’habite. Les métastases inhérentes au système financier se sont propagées de façon pernicieuse au point de provoquer une crise de civilisation remettant en question jusqu’aux fondements de l’humaine condition dans son environnement naturel: l’homme d’aujourd’hui n’aurait donc plus d’autre horizon que de celui de satisfaire son supposé intérêt individuel en obéissant à des réflexes conditionnés de consommation. La conscience claire de ce qu’est d’être humain sur la terre, de ce que cela implique de solidarité avec le prochain, est ainsi brouillée à dessein par les usuriers. L’homme est devenu gage pour les prêteurs sans scrupules.

Appel du Front de Gauche pour l’Art et la Culture : quelle humanité voulons-nous être ?


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Alors bien entendu, l’art et la culture pouvant présenter un danger majeur pour les agioteurs, – le danger de la pensée critique et créative source de renouvellement et de changement -, ces derniers ont programmé et entrepris le saccage du service public de la culture, la déstabilisation des créateurs et l’égarement de tous les citoyens: faire du profit sur le divertissement, oui ; laisser penser les artistes et spectateurs, non !

Car dans cette relation de dialogue entre l’individu et son semblable, d’offrande réciproque, de création de pensées et de rêves, de poésie et de beauté, d’harmonie et de disharmonie, d’observation et de conscience, de transformation, de jouissance du temps, d’introspection et d’expression, bref, tout ce que l’art et la culture favorisent ou fabriquent pour nos humanités singulières et plurielles, il y a risque de bonheur certes, mais aussi risque d’affrontement radical avec la doctrine culturelle des sectateurs de la concurrence faussée et servile farouchement opposés à l’intelligence et la sensibilité, à la jouissance du partage, à la complémentarité et la solidarité. Le comploteur craint toujours la lumière, l’oxygène, la liberté et le cri.

 

Le Front de Gauche considère que le champ culturel est un enjeu primordial et déterminant dans la lutte contre la déshumanisation de la société contemporaine. Il veut réinviter l’art à occuper l’espace du débat public.


Le Front de Gauche veut rebâtir un service public de l’art et de la culture en le chargeant de composer et entretenir le terreau qui rend possible toute création artistique, en lui demandant d’organiser une éducation réellement populaire, en lui confiant les clés des patrimoines passés, présents et futurs.


Le Front de Gauche reconnaitra l’artiste dans sa fonction de chercheur indispensable à la société, et le protégera comme tout travailleur.


Le Front de Gauche confiera à chaque citoyen les outils du symbolique pour devenir co créateur du futur partagé.

En œuvrant pour la démocratie culturelle, le Front de Gauche entend assurément servir d’abord l’humain.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 08:55

Société

Jack Ralite devant le Sénat contre la réforme des collectivités territoriales en 2010 Photo : Romani, photothèque du mouvement social

Société - le 1 Janvier 2012

Légion d'honneur : Jack Ralite et Bernard Lubat dans la promotion du nouvel an

L'académicienne Hélène Carrère d'Encausse, le premier vainqueur de l'Anapurna Maurice Herzog, l'ancien ministre communiste Jack Ralite ou le fondateur du festival Uzeste Musical, le jazzman Bernard Lubat et plus de 800 autres personnes figurent dans la promotion du Nouvel An de l'Ordre national de la Légion d'honneur parue dimanche au Journal officiel.


L'historienne de la Russie Hélène Carrère d'Encausse, 82 ans, et l'alpiniste et ancien ministre Maurice Herzog, 92 ans, sont les deux seules personnalités élevées à la dignité de grand'croix. La secrétaire perpétuelle de l'Académie française est la dixième femme grand'croix, honneur qu'elle partage notamment avec les anciennes résistantes Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, ou encore l'helléniste Jacqueline de Romilly et l'égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt.

 

François Pinault, PDG du groupe Pinault-Printemps-La Redoute, est élevé à la dignité de grand officier, ainsi que Yves Pouliquen, président de la banque française des yeux, et Bernard Esambert, président de la Fondation Française pour la recherche sur l'épilepsie et de la Fédération pour la recherche sur le cerveau.

 

Sont promus commandeurs le PDG d'Aéroports de Paris Pierre Graff, l'ancien président d'EDF François Roussely, le producteur de cinéma Alain Terzian, l'ancien premier président de la cour d'appel de Paris Jean-Claude Magendie, l'ancien ministre Robert Poujade ou encore l'ancienne vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme Joëlle Kauffman.

 

Sont promus officiers le prix Nobel de médecine et de physiologie Jules Hoffmann, le climatologue Jean-Jouzel, vice-président du GIEC et président du Haut conseil de la science et de la technologie, Mgr André Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France, le rabbin Daniel Farhi.

Le président de la CGPME Jean-François Roubaud, l'ancien pilote et directeur du Musée de l'air et de l'espace Gérard Feldzer, l'actrice Anny Duperey, l'ancien PDG de France Télévision Patrick de Carolis, le président du Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire Jean Revol, le neurophysiologiste Alain Berthoz, professeur au Collègue de France, sont également promus officiers.

 

Sont nommés chevaliers l'actrice Salma Hayek, épouse à la ville du fils de François Pinault, les comédiennes Marthe Keller et Dominique Blanc, le dessinateur Edmond Kiraz, l'historienne Claude Mossé, le grand chef cuisinier Hélène Darroze, ou encore Marie-Odile Amaury, présidente du groupe de presse du même nom et l'homme de télévision Takis Candilis. Sont également distingués la championne du monde de judo Lucie Decosse, le journaliste Georges Pernoud, le jazzman Bernard Lubat, fondateur du festival Uzeste Musical en Gironde, ou encore le pensionnaire de la Comédie Française Bakary Sangaré. Parmi les autres chevaliers à l'honneur, on trouve les anciens ministres Roger Romani et Jack Ralite (sénateur PCF), Amaury de Hauteclocque, commandant la Force d'intervention de la police nationale et le RAID, et les historiens Jean-François Sirinelli et Michel Winock.

 

 

La promotion du 1er janvier est une des trois promotions annuelles à titre civil avec celles de Pâques et du 14 juillet. Au total 3.500 personnes sont décorées chaque année, dont environ 2.200 civils et 1.300 militaires (d'active, de réserve et anciens combattants). La Légion d'honneur compte 93.000 membres, un chiffre stable depuis une dizaine d'années, selon la Grande Chancellerie. Les légionnaires peuvent accéder à un grade supérieur s'ils ont fait preuve de "nouveaux mérites" et après une durée minimale: huit ans pour passer de chevalier à officier, cinq ans pour le grade de commandeur, trois ans pour être élevé à la dignité de grand officier et à nouveau trois ans pour celle de grand'croix.

 

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 09:08

 

 

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 16:07

 

  http://youtu.be/A2-MO38c-4w

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:59

 

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:25

L’interrogation de l’histoire à travers la fiction, entretien avec Didier Daeninckx, écrivain

La vérité vraie est beaucoup plus dynamique que la vérité construite


Nicolas Dutent : Si on opère un retour rétrospectif sur votre œuvre, une question qui s’impose est de savoir de quelle manière vous avez décidé de permettre et de réussir la synthèse entre mémoire historique et démarche romanesque.

 

Didier Daeninckx : Au départ ce n’est pas une volonté théorique de choisir cette manière d’interroger l’histoire par le biais de la fiction. Cela tient vraiment à un parcours personnel. Dans une première période, le roman m’a permis d’interroger des moments de ma propre histoire, et d’élucider certaines interrogations en jetant des hypothèses. Mon premier roman, avant Meurtres pour mémoire (1984), évoquait la construction de la centrale de Fessenheim et traitait des enjeux liés au nucléaire dès les années 1970. Il interrogeait par exemple la manière dont une société est saisie d’une technique qui peut la conduire à sa destruction.Je venais d’un milieu extrêmement confiant dans l’idée de progrès, qui était alors considéré comme quelque chose d’obligatoirement positif et libérateur et, d’un seul coup, cet espace était confronté à quelque chose qui disait le contraire, pointant l’incapacité  d’aborder cette interrogation environnementale.Juste derrière j’ai écrit Meurtres pour mémoire, qui questionnait la guerre d’Algérie, les répressions, le fossé qui s’était creusé entre des gens qui portaient un discours et une action indépendantistes et des forces progressistes qui les avaient lâchés. Je m’étais alors inscrit dès 1983 dans l’interrogation du silence d’une société sur les responsabilités de gens arrivés aux plus hautes instances du pouvoir. Tels Maurice Papon ou Bousquet en embuscade. Il y a dans mes livres d’une part une critique de l’état de la société mais aussi un regard parfois effaré sur mon propre camp, une forme de désespoir raisonné sur ses insuffisances et petites lâchetés.

 

Guillaume Quashie-Vauclin : Ce qui est justement frappant dans Missak, c’est cette sorte d’état d'esprit historien qui est le vôtre à certains égards, votre volonté de comprendre et de faire comprendre qui est Dragère. Sans amener le lecteur à juger de manière trop frontale. Cette démarche, pourtant ancrée dans le code génétique de la discipline historique, un certain nombre d’historiens s’en écartent paradoxalement aujourd’hui… Comment conciliez-vous donc l’exigence de la méthode historienne et son articulation avec les « droits imprescriptibles de l’imagination » (La Semaine Sainte, Aragon) ?

 

DD : Pour Missak, cet enjeu a été encore plus évident que dans mes autres romans. Par l’intermédiaire d’un personnage clairement identifié, ma recherche a été celle du vraisemblable. Constatant des « trous » énormes dans la biographie de Missak Manouchian, ma volonté a été de rechercher ses actes à partir d’éléments concrets datant par exemple de 1938/40 et en tirer des éléments romanesques vraisemblables. Confronté au pacte germano-soviétique et apatride, les Allemands ayant eu à l’époque une responsabilité majeure dans le génocide arménien, comment va-t-il se comporter ? Si nous n’avons pas de textes, nous savons comment il va agir, il le fera en s’enrôlant dans l’armée française dès 1939. Il est ainsi tout sauf dans une position attentiste ; il est dans une démarche de lutte contre le nazisme qui le pousse à se retrouver instructeur en Bretagne. Tout ce parcours est vérifiable. Si ce travail est à base historique, sans que je sois pour autant historien, j’emprunte effectivement ces techniques d’interrogation de la réalité. Mais l’historien, lui, ne s’autorisera jamais à constituer des scènes et à « placer » le personnage. Ce travail s’est accompagné par ailleurs de nombreuses découvertes d’archives, avec l’injonction correspondante de ne jamais excéder la réalité vérifiée du personnage. Sans pour autant se priver de l’invention romanesque : cette voie est donc extrêmement étroite. Aragon avait si bien montré dans le Cycle du Monde réel sa capacité à interroger à la fois son époque et sa relation à son père, préfet de police ; la filiation est donc là, en abîme, elle devient un enjeu essentiel à côté du travail de retranscription historique.

 

ND : Envisagez-vous donc la fiction comme un moyen, si ce n’est d’accéder à la vérité (entreprise fort risquée et incertaine), mais de la rétablir lorsque celle-ci pour des raisons parfois obscures a été bafouée, comme par exemple le 17 octobre 1961 ?

DD : C’est dire en effet une partie des éléments de la vérité qui ont été dédaignés, mis de côté, rabaissés. Mais au moment de la production du livre, cette intention ne préexiste pas. C’est un constat a posteriori, possible rétrospectivement. Le plus essentiel demeure pour moi le point de vue adopté pour faire en sorte d’être au plus près de la réalité. Cette question du point de vue est résolue de manière différente dans Meurtres pour mémoire où j’entreprends un travail sur trois époques par un jeu de miroir, tandis que dans Missak, c’est choisir le moment où on peut débusquer les non-dits quand les choses ne sont pas encore dites vers 1955/56 (Budapest, rapport de Khrouchtchev). On navigue entre le mensonge absolu et le début des aveux. C’est là qu’Aragon, personnage non central mais important de ce roman, écrit son magnifique poème « l’Affiche rouge » qui pose le problème de la vérité et montre les contradictions et les tensions du moment, de ce qu’on nous a rabâché, de ce qu’on a pris alors pour vérité [...].Ce qui me passionne dans l’écriture c’est ce passé récent qui a encore une charge sur le quotidien. Meurtres pour mémoire n’est ainsi pas écrit n’importe quand : il prend forme en 1983 au moment de la marche des Beurs, quand un mouvement profond se développe dans notre pays où une partie de la population discriminée se rend compte qu’elle est discriminée aussi parce qu’on l’a privé non pas seulement de territoires, mais de territoires imaginaires notamment. Cette irruption-là, comme le 17 octobre 1961, est centrale car les acteurs de cette nuit-là ne sont pas à considérer en premier lieu comme des victimes – certains l’ont été et ce, horriblement – mais j’y vois avant tout une exigence de dignité et de citoyenneté dont le cœur de Paris est le théâtre (les manifestants devaient confluer place de l’Étoile) et qui s’exprime dans le défi suivant : « on vous regarde en face comme votre égal et ce territoire, nous avons le droit de le fouler des pieds ». Cette irruption de dignité est essentielle et traverse le 17 octobre 1961. C’est un défi historique majeur, tellurique, avec un peuple colonisé qui défie un empire en son sein, au cœur de sa capitale. Le travail de mémoire autour du 17 octobre 1961 est décisif car il met en lumière le dépassement en acte du statut de victime ou de colonisé et valorise une pleine phase avec la citoyenneté et l’histoire. Quand je travaille, j’utilise mes intuitions au service de hasards, mais de « hasards objectifs » comme le dit l’ami contradictoire d’Aragon (André Breton). Dans ce que j’ai envie d’écrire, il y a des choses qui ont été disposées dans l’histoire contemporaine qui me permettent de les aborder et de les mettre en perspective aujourd’hui.

 

ND : Votre roman Missak, tout en donnant des clés de lecture et de compréhension nouvelles et précieuses pour ce qui est du parcours du poète arménien M. Manouchian, opère un retour attendu sur la polémique liée à l’Affiche rouge. Avez-vous eu l’intention, consciente ou inconsciente, de faire découvrir enfin à un plus grand nombre le destin pour le moins exceptionnel des vingt-trois membres des FTP-MOI de la région parisienne ?

 

DD : J’ai toujours été fasciné par le personnage de Missak Manouchian, par tout ce qu’il peut dire ; j’avais des éléments de lecture et de rencontres mais j’avais le sentiment que sa statue lui faisait de l’ombre. Comme c’est le cas pour certains héros. Le personnage était trop insuffisamment exprimé, avec des manquements énormes. Il y avait aussi les promesses non tenues, comme sa dernière lettre qui fait figure d’icône littéraire et donne naissance au poème d’Aragon et à la chanson de Ferré. Dans cette lettre, des choses sont demandées mais ne sont toujours pas tenues. Il demande à ses camarades d’éditer par exemple ses poèmes. C’était en février 1944 ; nous sommes en octobre 2011. Qu’on me montre une seule traduction française, ne serait-ce que d’une vingtaine de ses poèmes ! Le point de départ était donc celui-là : restituer une partie  de sa parole et de son itinéraire qui n’étaient pas apparents. On s’interroge ainsi peu ou pas sur son parcours politique. Comme s’il était né avec la carte du PC arménien... J’ai voulu traduire l’histoire d’une prise de conscience qui tient dans la rencontre avec la langue française, ce qui n’est pas banal. Il y avait aussi un flou à résoudre sur la présence et l’action près de lui du militant trotskiste de la bande, Manoukian. Il m’a fallu voir comment les pièces qui semblaient appartenir à un autre puzzle pouvaient prendre place dans le « puzzle Missak Manouchian ». Par ailleurs, en décidant que le point de vue adopté serait l’inauguration en mars 1955 de la rue du Groupe-Manouchian à Paris (XXe), j’ai pu aussi bien donner un rôle déterminant au journal L’Humanité (à partir de recherches réalisées à Bobigny, aux archives) ou à Willy Ronis que m’inspirer pour une bonne part de Jean-Pierre Chabrol pour fabriquer et asseoir mes personnages dans le roman.Dans ce paysage de nuages, on parvient progressivement à lever ces mystères, au milieu de certaines impossibilités toutefois. Ma méthodologie a ensuite été facilitée par certains épisodes romanesques comme la découverte d’archives personnelles le concernant. Pour la petite histoire, alors que je commençais le travail de lecture, j’ai appris qu’une exposition sur la résistance arménienne se tenait au musée Jean-Moulin au dessus de la tour Montparnasse. Il y a de nombreux documents de la préfecture de  police, de filatures, de comptes rendus et diagrammes établis à l’époque et certaines choses émouvantes comme la Bible sur laquelle Jean Epstein écrivit le nom de son fils en prenant ce faisant un risque incroyable. Et il y avait un tableau datant de 1925/27, une huile de très bonne facture représentant M. Manouchian, nu et sportif. Je relève le prénom du peintre et me renseigne naturellement sur sa provenance. Après des recherches, je retrouve la personne ayant prêté le tableau et je tombe sur Katia Guirogossian qui se trouve être la nièce de M. Manouchian. Mélinée avait une sœur, Armène, qui est la grand-mère de Katia dont je suis devenu assez proche. Elle m’apprend alors qu’elle possède des sanguines, des études, des photos et plusieurs cartons de documents appartenant à Missak et Mélinée, ainsi qu’à Armène passée sous silence dans l’histoire du groupe Manouchian... Elle me confie qu’elle n’a jamais osé lire dans le détail tout cela, le poids de l’Histoire étant trop massif. Croyant être engloutie par ce passé, elle me demande si je veux bien lire ce qui se trouve dans ces témoignages divers. C’est essentiellement là-dedans que j’ai trouvé et puisé une grande partie de ce qui se trouve dans le livre. Comme le fait de tomber sur l’original de la dernière lettre de Manouchian glissé dans la lettre qui porte le nom de Mélinée, et dont on s’aperçoit quand on la retourne qu’il est inscrit : « Missak Manouchian, section allemande de la prison française de Frênes. » Il domine le moindre mot qu’il trace : tout est net, calibré. On sait qu’il s’adresse à l’Histoire.Quand je repose cette lettre, il y a la sœur de cette lettre, avec une enveloppe et un papier identiques. L’avant-dernière qu’il écrivait à Armène, la sœur de Mélinée et dans laquelle il y a le début de « l’énigme Manoukian » et sa résolution : dans cette lettre – document inédit et authentique que personne n’a eu entre les mains hormis sa famille, document reproduit pour la première fois dans mon roman – il confie à Armène un devoir sacré, celui de prendre en charge et de défendre la mémoire de son ami Dav’tian dit Armenek Manoukian. Le fait que ce soit le seul de ses compagnons cité représente une importance capitale et un enjeu considérable.

 

GQV : Ce Dragère enquêteur, curieux et admiratif de la figure communiste peut-être exemplaire de M. Manouchian, n’est-ce pas finalement une certaine projection de l’objet et du contenu de votre travail ?

 

DD : Il y a de cela. Il y a en germe également cette interrogation : comment gérer les désillusions ? Considérons néanmoins qu’il s’agit non pas d’un travail de déconstruction mais d’« amplification » de la figure de Manouchian. Un personnage meurtri mais dont l’image n’est jamais abîmée. Il est en échec dans tout son univers mais il se fortifie sur des adhésions et des principes. Il y a ce double mouvement qui fait que la vérité sur Manouchian est bien plus enthousiasmante que ce qui avait été compris ou construit. Cette complexité nous conforte dans l’idée que la vérité vraie est beaucoup plus dynamique que la vérité construite.

 

Entretien réalisé par Nicolas Dutent et Guillaume Quashie-Vauclin

 

La Revue du Projet, n° 11, octobre-novembre 2011

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 09:10

Roger Martelli

 

Comment un parti qui a récolté jusqu’à 28,6 % des voix aux élections législatives (en novembre 1946) a-t-il pu sombrer à 4,4 % (en 2007) ? L’« empreinte communiste » sur la société française est-elle morte ? C’est à ces questions — parmi d’autres — que répond l’historien Roger Martelli. Il retrace l’histoire de l’influence du Parti communiste français (PCF), apporte un éclairage neuf sur ses liens avec le parti de Lénine et les traditions révolutionnaires, ses amours soviétiques et ses racines françaises, ainsi que sur son implantation communale et son inévitable déclin. Il montre également le décrochage du PCF au sein des couches populaires, et notamment chez les ouvriers. Martelli fait le parallèle avec l’évolution du capitalisme ; ce qui le conduit à penser que l’idée communiste n’est pas morte. Mais il se garde bien — et avec raison — de conclure à un renouveau…

Maud Pascal.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 10:26
Décryptage : le "solo funèbre" des trotskistes
Décryptage : le "solo funèbre" des trotskistes
Claude Cabanes, écrivain et journaliste communiste, estime que le fait que les formations trotskistes présentent leurs propres candidats à la présidentielle s'inscrit dans la longue histoire de l'extrême-gauche.
Par Thibault LIEURADE (texte)
 

Alors que Jean-Luc Mélenchon se lance dans la campagne présidentielle sous la bannière du Front de gauche, qui rassemble notamment le Parti communiste français (PCF) et le Parti de gauche (PG), les partis trotskistes Lutte ouvrière (LO) et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) font cavaliers seuls en présentant chacun leur propre candidat.

Pour Claude Cabanes, chroniqueur à la radio RTL, auteur de l’ouvrage "Éloge de la vulgarité"* paru récemment et ancien rédacteur en chef au quotidien communiste "L’Humanité" lorsque le journal fondé par Jean Jaurès était l’organe central du PCF, cette multiplication des candidatures illustre les difficultés rencontrées par une extrême-gauche "malade de ses divisions". Selon lui toutefois, les idées communistes restent très ancrées chez les Français.

FRANCE 24 : Comprenez-vous que les trotskistes de LO et du NPA ne se rallient pas au Front de gauche pour la présidentielle ?

Claude Cabanes :
Dans une frange de l’extrême gauche, il existe une tradition que Karl Marx appelait "le solo funèbre". Il s’agit d’une forme de dogmatisme qui pousse certaines formations à faire cavalier seul. Je ne comprends pas cette stratégie, d’autant plus que le NPA est en pleine déconfiture. Depuis la révolution de 1789, il y a toujours eu deux gauches en France. Marx - encore lui - disait que notre pays se partageait entre "révolutionnarisme" et "césarisme", c’est-à-dire entre bouffées révolutionnaires et tentation de s’en remettre à un  sauveur suprême. C’est cela qui explique que ces petits partis existent encore.

Parmi les candidats situés à la gauche de la gauche, il y aura Nathalie Arthaud et, sans doute, Philippe Poutou. Ne risquent-ils pas de souffrir d’un déficit de notoriété ?

C. C. : Il y a chez LO et au NPA ce que j’appelle de "l’ouvriérisme". L’une et l’autre pensent qu’en présentant un candidat d’origine ouvrière, ils rassembleront les suffrages de la classe ouvrière. Mais il s’agit d’une vision "livresque". Et, quoi qu’il en soit, le système de l’élection présidentielle, qui selon moi détruit la démocratie en s’attachant uniquement à la personnalité des candidats, ne convient absolument pas à ces formations politiques.

Selon vous, le ralliement du PCF à l’ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon est-il lié à l’absence, dans ses rangs, d’une personnalité charismatique capable de le représenter pendant la campagne ?

C. C. :
Il y a certainement de cela. Mais il ne faut pas oublier non plus qu’en 2007, la candidate du PCF, Marie-Georges Buffet, avait recueilli 1,9 % des voix. Une catastrophe électorale qui a laissé des traces…

Pensez-vous que le communisme est mort en France ?

C. C. :
Je reste persuadé qu’il existe une "nappe phréatique" des idées communistes, encore largement diffusées dans la société française. Mais, politiquement, l’extrême gauche est malade de ses divisions creusées dans les sillons de l’Histoire. Seul un candidat qui s’adresserait à l’ensemble du peuple de gauche sur des vrais sujets de fond pourrait la faire revivre. Pour ma part, je souhaite que Jean-Luc Mélenchon fasse une campagne allant dans ce sens, sans s’attarder sur les polémiques et les petites querelles.

*"Éloge de la vulgarité", Éditions du Rocher, 136 pages, 12,90 euros.

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 00:48

Publication de l'Humanité

le pacte des Rapaces

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 16:13

 

Investig'Action - michelcollon.info


Les sept péchés capitaux de Dominique Strauss-Kahn - François Ruffin
Les « succès de ce modernisateur », point par point.

La Tunisie et les dictats du FMI : Comment la politique macro-économique entraîne la pauvreté et le chômage dans le monde - Michel Chossudovsky
Si seulement les recettes strauss-kahniennes contre la révolution étaient abandonnées...

Le FMI épaulé par la Commission européenne organise le pillage de la Grèce - Jérome Duval
Après l'Afrique et l'Amérique latine, le néolibéralisme s'attaque à l'Europe.

Strauss-Kahn ? Une catastrophe pour la gauche, et pour la France ! - Eva R-sistons
Ce qu'est le Fonds Monétaire International ? Et qui est ce DSK ?

Le FMI, DSK, la réforme des retraites et le gel des salaires - Ivan du Roy et Nadia Djabali
Ses projets pour la France ? Une politique de sous-développement.

Stéphane Hessel, je suis indigné par votre soutien au directeur général du FMI - Alain Vidal
Votre ami préconise des mesures à l'opposé du programme de la Résistance dont vous vous réclamez.


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BRUNO FORNACIARI

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