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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 08:21

Essai

 

Capitalisme, socialisme(s), communisme  de Léo Figuères. Éditions Le Temps des Cerises, 145 pages, 
10 euros.

 

Reprendre le fil du « socialisme pour la France ». C’est là l’invitation qu’adresse Léo Figuères à ses camarades communistes dans un essai publié en 2010. Cette problématique conserve toute son actualité en cette période de commémorations d’événements qui ont marqué l’histoire de la gauche : le 90e anniversaire du congrès de Tours, acte de naissance du PCF et, ces jours-ci, le 30e anniversaire du 10 mai 1981

On sait la passion de Léo Figuères pour l’histoire du mouvement ouvrier, dont il n’a cessé d’être un acteur de premier plan et pour le débat idéologique pour lequel il sait mobiliser la force de ses convictions. Son livre s’intitule sobrement « Capitalisme, socialisme(s), communisme ». Avec, pour sous-titre « Leçons d’une histoire et regard d’avenir ». La crise a montré les limites du capitalisme. Les thèses eschatologiques, qui présentaient, après l’effondrement de l’URSS, le libéralisme comme le dernier stade du développement des sociétés, sont passées de mode, mais une autre organisation libérée de l’exploitation humaine tarde à émerger. Pourtant, « seul un ordre social fondé sur les intérêts de la masse des êtres humains et non sur l’avidité du gain de quelques-uns peut faire face à de tels défis ».

Or, la conviction que l’ordre actuel n’est pas immuable a été mise à mal par les expériences socialistes duXXe siècle. Le regard que porte Léo Figuères sur le développement tourmenté de l’histoire, entre les espoirs formidables suscités par la révolution d’octobre 1917 en Russie et les chemins de déviation empruntés par l’URSS sous l’influence de Staline, est dénué de complaisance. Cette évolution est un produit de l’histoire mondiale et l’auteur estime que le stalinisme fit l’objet au XXe congrès du PCUS en 1956 d’une « analyse très superficielle », Khrouchtchev se contentant d’énumérer « les abus et les exactions criminelles de Staline en omettant d’analyser profondément les racines économiques et politiques ». Les corrections n’ont pas été faites. Quant aux réformes des années 1980 engagées par Gorbatchev, elles visaient, pour Léo Figuères, à liquider le système. Dans les autres pays d’Europe centrale et orientale, des occasions ont été manquées, « des chemins nouveaux ouverts et trop vite refermés ».

Le PCF eut à faire avec cette réalité-là. Il s’est efforcé de se dégager du modèle soviétique, de dessiner les contours d’une voie autonome et progressivement de choisir une stratégie conforme aux acquis des révolutions en France. Comment passer du capitalisme aliénant à une société émancipée de l’exploitation ? Selon Léo Figuères, les étapes avec des objectifs déterminés sont nécessaires. « Démocratie avancée » selon la formule de Waldeck Rochet, « socialisme aux couleurs de la France » proposé au 22e congrès, ont inspiré les programmes politiques défendus par les communistes : notamment« Changer de cap », puis le programme commun, et jusqu’au debut des années 1990.

Aujourd’hui, Léo Figuères estime que son parti manque de lisibilité. « Le PCF, écrit-il, a intérêt à faire la clarté sur la perspective qu’il propose. Si le dépassement du capitalisme signifie pour lui la volonté de réduire progressivement par la voie démocratique la domination économique et étatique du capital dans la société, soit une avancée sur le chemin du socialisme et aussi par là du communisme, qu’il le dise clairement et reprenne le travail d’actualisation laissé en friche depuis quelques années. »

Jean-Paul Piérot

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