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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 04:31

Politique - le 8 Mai 2011

10 mai 1981: la genèse d'une victoire (document)

A la veille du trentième anniversaire du 10 mai 1981 et de l'élection de François Mitterrand, humanite.fr ouvre les archives de l'Humanité pour vous fait revivre la victoire de la gauche et ses principales réalisations, à travers les unes, éditoriaux, dessins ou articles de l'époque. (retrouvez notre hors-série spécial 1981: histoire d'une espérance)

Aujourd'hui: la montée vers le 10 mai.

 

  • Jeudi 8 janvier, la une

L'Humanité débute l'année comme un journal d'opposition radicale au pouvoir giscardien et se reconnaîtra dans la majorité qui gouverne le pays six mois plus tard. Alors organe central du PCF, l'Huma est partie prenante de la campagne de Georges Marchais, le candidat "anti-Giscard".

D'où L'ampleur du drame, l'éditorial de Charles Silvestre, réagit ce jour-là à l'annonce par Valéry Giscard d'Estaing d'un plan quinquennal en faveur des jeunes. Il y écrit notamment: "Il faut avoir connu un jeune homme ou une jeune fille de 17 ans trimer dix heures par jour dans un travail où ils n'apprennent rien et recevoir royalement 300 francs à la fin du mois pour mesurer ce qu'il y a de honteux et de révoltant dans les proclamations du Conseil des ministres. Qui d'autre que nous aura non le mérite mais l'élémentaire honnêteté de dire que le tour de passe-passe élyséen est destiné à masquer ce que le capitalisme produit de plus scandaleux, de plus lamentable pour notre époque, le massacre économique de générations entières?"

 

  • 12 mars 1981, dessin de Wolinski en une

Les éditoriaux comme les dessins polémiquent régulièrement avec le PS et François Mitterrand, dénonçant "le virage à gauche" ou les ambigüités entretenues sur la composition du futur gouvernement. L'entrée des communistes est réclamée comme une garantie d'un ancrage à gauche et, thème souvent traité, comme la représentation de la classe ouvrière dans le processus de changement.

 

  • 18 mars 1981: article sur les développements du marketing politique

Le marketing politique est déjà dénoncé par l'Huma. "Jacques Séguéla, le P-DG de l'agence de publicité RSCG, semblait le 14 février 1978 fort satisfait de ses "oeuvres": la "vente" de François Mitterrand, d'une part, et celle du parti giscardien, d'autre part, à quelques semaines d'intervale..."

 

  • 22 mars 1981: billet sur une campagne tendue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • 26 avril 1981: une le jour du premier tour

Cette édition publie un texte de Georges Marchais, "Encore un effort", dans lequel est notamment écrit ceci: " De son côté, François Mitterrand essaie de faire face à la volonté de changement et d'union qui monte du pays en multipliant les phrases à résonance de gauche. Mais il continue à se maintenir dans le flou sur les objectifs concrets et les moyens de changement. Il continue à dire non à des ministres communistes."

 

  • 27 avril 1981: une sur les résultats du premier tour des présidentielles

Le score de Georges Marchais est considéré comme "un recul grave". Le mardi d'après le premier tour, René Andrieu analyse: "Ce recul est grave (...) de là à le présenter comme un séisme qui aurait définitivement balayé nos espoirs, il y a une marge... En vérité, les 4,56 millions de voix qui se sont portées sur le nom de Georges Marchais représentent une force populaire considérable dans une élection difficile pour notre parti par son caractère même et aussi parce que deux fois nous n'avions pas présenté nous-mêmes de candidat."

 

  • 29 avril 1981: une qui appelle à voter pour François Mitterrand au second tour

 

  • 11 mai 1981: une de l'édition annonçant la victoire de François Mitterrand

Dans l'éditorial "Le rejet", René Andrieu explique: "Le vote montre à l'évidence le rejet par le peuple français de la politique giscardienne et la profonde volonté de changement qui l'anime. Il s'agit maintenant de faire en sorte que celle-ci ne soit pas déçue, comme par le passé. Dans cet ordre d'idées, tout ne dépend pas de nous, mais beaucoup dépend de notre lutte et de notre capacité à convaincre les travailleurs de l'importance de l'enjeu".

 

  • A retrouver notre hors-série spécial:

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 09:38

Le rejet

 

 

Ainsi Giscard d'Estaing a été largement battu et François Mitterrand élu président de la République avec une marge de voix considérable. Cette élection a suscité une grande joie dans le pays. Comment ne pourrions-nous pas la partager ? Comment n'aurions-nous pas éprouvé hier soir une immense satisfaction à voir la mélancolie de M. Lecanuet, de M. Chirac et des autres étoiles de la majorité sortie ! Depuis toujours, nous avons été à la pointe de la lutte contre le pouvoir actuel. Nous avons appelé les 4.500.000 électeurs communistes à voter pour F. Mitterrand, et cet appel a été entendu. Le report massif de nos voix sur le candidat socialiste a été décisif.

Ce résultat est un test éclatant de l'impopularité de la politique du président sortant. On ne saurait oublier qu'au premier tour, de son propre aveu, les trois quarts des électeurs avaient émis à son égard un vote de franche protestation ou de défiance.

Sans doute s'est-il efforcé entre les deux tours d'appeler au rassemblement de la droite autour de lui. Il se rendait compte en effet qu'en votant pour M. Chirac, 18 % de l'électorat avait condamné une politique gouvernementale dénoncée publiquement par le chef du RPR comme catastrophique pour la France. Il espérait tout au moins un vote de résignation et de peur dans lequel le spectre du désordre qu'il agitait désespérément devait jouer un rôle non négligeable.

Eh bien, c'est raté.

Le ras-le-bol anti-Giscard l'a emporté, à l'évidence, sur toute autre considération. Le retournement de veste de Chirac n'a pas fait oublier qu'il avait hier voué aux gémonies le président sortant.

En choisissant de voter pour F. Mitterrand nous voulions battre Giscard et préserver les chances d'imposer une politique fondamentalement neuve, capable d'arracher notre pays à la crise, grâce à de profondes réformes de structures et à un grand rassemblement majoritaire qui aurait sa tradction dans la constitution d'un gouvermement où socialistes et communistes seraient présents.

Dans des conditions qui étaient loin d'être les meilleures, notre électorat a fait la preuve une fois de plus de sa passion unitaire, en votant pour le candidat socialiste.

Le vote d'hier montre à l'évidence le rejet par le peuple français de la poliitique giscardienne et la profonde volonté de changement qui l'anime. Il s'agit maintennant de faire ensorte que celle-ci ne soit pas déçue, comme ce fut trop souvent le cas dans le passé. Dans cet ordre d'idées, tout ne dépend pas de nous, mais beaucoup dépend de notre lutte et de notre capacité à convaincre les travailleurs de l'importance de l'enjeu.

Par la voix de Georges Marchais, notre Parti a fait savoir hier soir qu'il était prêt à prendre toutes ses responsabilités. Il est bien évident que la vocation d'un président porté au pouvoir par la gauche ne doit pas être de poursuivre la politique de la droite mais d'avancer hardiment dans la voie des réformes, de donner satisfaction aux revendications des syndicats, de former un gouvernement avec la gauche et non avec la droite, et de prendre les mesures qui s'imposent pour mettre un terme au chômage et à la domination insolente de l'argent sur la vie de la nation.

 

René Adrieu

Rédacteur en chef de ""l'Humanité

 

Éditorial paru dans  "l'Humanité" datée 11 mai 1981


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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 09:00

BALISES DE COMMEMORATION DES SITES DE LA RESISTANCE

DANS LES DEUX SEVRES

 

SITE DE LA RESISTANCE

Ancienne usine RUSZ - Thouars -

Dès 1941, 24 membres du groupe OS-680
luttent contre l'occupant et les collaborateurs
Le 5 juin 1942, dix-huit d'entre eux sont arrêtés ici,
Par la Police Française.

Le 24 novembre 1942, ces 24 Résistants sont condamnés

A POITIERS, par un Tribunal militaire Allemand.
Le 3 décembre 1942, huit sont fusillés à BIARD.
Le 13 décembre 1943, un à ANGERS.
Dix seront Déportés et cinq internés

POUR LA LIBERATION DE LA FRANCE

 

C’est dans un des bâtiments du château, où s’était installée en 1939, l’usine RUSZ, que naquit le groupe FTPF, OS-680 appelé aussi le " groupe de THOUARS ".

Créé par Maxime BACQUET au cours du premier semestre 1941, il devait réunir 24 patriotes : 6 femmes et 18 hommes originaires de THOUARS et de ses environs, de la région parisienne, enfin d’ANGERS.

Ils étaient cadres et ouvriers métallurgistes, mais également agriculteurs, cheminots, employés... D’opinions diverses, ils étaient animés par le même idéal : celui de résister par tous les moyens à l’occupation nazie et à ses auxiliaires français : les collaborateurs.

Le groupe subdivisé en unités de quelques membres chacune, s’est mis immédiatement en action, en :

- combattant la propagande allemande et vichyssoise, par la fabrication et la diffusion de tracts et d’inscriptions murales, exaltant la Résistance et son chef le Général Charles de GAULLE.

- créant un arsenal de guerre par la récupération, le transport et le stockage d’armes et de munitions.

- organisant des manifestations hostiles. Par exemple, le drapeau à croix gammée, amené de son mât, Place Lavault et remplacé par un drapeau français, dans la nuit qui suivit l’invasion de la Yougoslavie.

- préparant la fabrication d’engins explosifs et en exécutant, parfois sans succès, des actes de sabotage au dépôt des locomotives et sur les organes vitaux d’avions fabriqués par l’usine RUSZ.

Le 05 juin 1942, l’arrestation de 23 de ses membres par la police judiciaire française d’ANGERS, dirigée par le Commissaire POUPAERT, de sinistre mémoire, décima le groupe. Ces policiers devaient montrer par la brutalité de leur comportement, toute la haine qu’ils portaient à l’encontre de la Résistance. Seul, Maxime BACQUET, le chef de groupe, échappa à la rafle.

En juillet 1942, ces patriotes furent jugés par la Cour de Justice de POITIERS, présidée par un gaulliste et condamnés à des peines légères. Les allemands mécontents, reprirent l’affaire en main et en confièrent l’instruction à la Gestapo.

Rassemblés à la prison de la " Pierre Levée " à POITIERS, les 23 résistants subirent pendant plus de 3 mois des interrogatoires souvent assortis de tortures ignobles. Mais, malgré les conditions très dures de détention, malgré les manoeuvres de la Gestapo, la solidarité du groupe devait sortir intacte de cette terrible épreuve.

Du 18 au 24 novembre 1942, ce fut la session du tribunal militaire allemand, présidée par le Général Von SHAUMBURG, qui après le réquisitoire d’une très grande sévérité du procureur, prononça :

- 11 peines de MORT, dont 3 furent commuées en TRAVAUX FORCÉS

- 3 peines de RÉCLUSION

- 1 peine de PRISON

- 8 ACQUITTEMENTS (mais seuls 3 des acquittés furent libérés le 23/12/1942,

tandis que les autres étaient DÉPORTÉS)

Le 03 décembre 1942, vers 16 heures, après qu’ils eurent à nouveau manifesté leur patriotisme en rossant le Directeur allemand de la prison et après que les détenus de la " Pierre Levée " leurs eurent rendu un dernier hommage, en observant un silence total au moment de leur départ, ces Patriotes tombèrent avec une dignité qui impressionna jusqu’au plus fanatique des Allemands, sous les balles du peloton d’exécution.

Un an plus tard, Maxime BACQUET, qui avait poursuivi le combat dans le Maine & Loire, était arrêté, condamné à mort et exécuté à ANGERS, le 13 décembre 1943.

Au mois de janvier 1943, 11 membres du groupe était déportés dans les camps de concentration allemands et 3 y décédèrent. Aujourd’hui le groupe compte 8 survivants.

 

 

LES CONDAMNATIONS

La section spéciale de la Cour de Justice de POITIERS (Vienne), chargée de réprimer les délits antinationaux (communistes & anarchistes), s’est réunie le samedi 18 juillet 1942.

Quinze personnes de THOUARS (Deux-Sèvres) et des environs comparaissaient comme prévenues d’activité communiste et anarchiste, détention d’armes et munitions, de poudre de guerre, distribution de tracts et tentative de destruction par explosion.

Il s’agissait de :

BERTHOU Yves (36 ans) - tourneur à l’usine - Belleville de ST VERGE

BRUNET Jean (27 ans) - contrôleur à l’usine - 16 rue Président Tyndo à THOUARS

CHAIGNON Mathilde (64 ans) - Institutrice retraitée - 25 av. Jean Jaurès à THOUARS

CHENIER Edouard (20 ans) - tourneur à l’usine - " Le Dery " cne de ST SYLVAIN D’ANGERS

DRAPEAU René (20 ans) - manoeuvre à l’usine - 11 rue Porte Maillot à THOUARS

FORESTIER André (18 ans) - tourneur à l’usine - rue Franklin à THOUARS

GAUCHER Roger (29 ans) - rectifieur à l’usine - 156 rue Louis Blanc à THOUARS

GUÉRINEAU Claire (32 ans) - (épouse LINÉ) - Cultivatrice à MAUZÉ-THOUARSAIS

LOSTANLEAU Marie (37 ans) - (épouse BERTHOU) - Belleville de STE VERGE

MAROLLEAU Marcel (19 ans) - rectifieur à l’usine - 17 rue Jules Guesde à THOUARS

RICHET Jean (20 ans) - idem - 18 rue Richou à THOUARS

SIBILEAU Robert (20 ans) - idem - route de Doué à THOUARS

THIBAULT Simone (25 ans) - (employée de maison) - 25 av. Jean Jaurès à THOUARS

VIOLEAU Simone (22 ans) - (veuve TURQUOIS) - Coiffeuse, route de Vrines à THOUARS

WADOU Julienne (25 ans) - (employée PTT) - 61 rue de la Perche à NIORT

 

 

AUTRES INCULPES

 

ALEXANDRE René (38 ans) - contremaître à l’usine - THOUARS

BERTHOU Joseph (38 ans) - Originaire de CONCARNEAU

COUTANT Martial (18 ans) - rectificateur à l’usine - BRION PRES THOUET

JOURDAIN Lucien (21 ans) - idem - BRION PRES THOUET

LAGRUE Paul (40 ans ) - chef d’équipe à l’usine - THOUARS

NOÉ Jean (39 ans) - chef d’entretien - THOUARS

POUANT Jean (20 ans) - rectificateur à l’usine - rue René Cailler à THOUARS

 

Les débats ont duré 3 jours, le verdict a été prononcé le mardi 21 juillet 1942. Les peines sont les suivantes :

 

BERTHOU Marie, receleuse communiste : ACQUITTÉE

BERTHOU Yves, activité communiste, receleur : 2 ans de PRISON

BRUNET Jean, chef de bande, activité communiste, distribution de tracts, détention de poudre revolvers, tentative d’explosions : 10 ans de PRISON

CHENIER Edouard, idem : 5 ans de PRISON

DRAPEAU René, idem : 8 ans de PRISON

FORESTIER André, détention d’armes et munitions : ACQUITTÉ

GAUCHER Roger, activité communiste, détention de revolver et machine à écrire (sans preuve)

LINÉ Claire, détention d’une ronéo (sans preuve) : ACQUITTÉE

MAROLLEAU Marcel, activité communiste, distribution de tracts : 1 an de PRISON

RICHET Jean, activité communiste, distribution de tracts : 1 an de PRISON

SIBILEAU Robert, activité communiste, distribution de tracts : 1 an de PRISON

THIBAULT Simone, activité communiste, détention de poudre, revolvers, tracts : 2 ans (sans preuve)

VIOLEAU Simone, activité communiste (sans preuve) : ACQUITTÉE

WADOU Julienne, activité communiste, détention de poudre, distribution de tracts : 5 ans (sans preuve)

NOMS DES POLICIERS DE LA SINISTRE BANDE

DE LA POLICE JUDICIAIRE D’ANGERS (Maine & Loire)

 

Commissaire principal : POUPAERT

Inspecteurs : BAIL - STÉPHAN - GARNIER - GESCA - MANDROIT

avec la collaboration de la sûreté de THOUARS, ainsi que de la Gendarmerie

 

_____________________

La Feldkommandantur 677 (siège à POITIERS) ne trouvant pas les peines prononcées par la section spéciale de la Cour de Justice (Président DESCHAMP (gaulliste) assez fortes, reprit l’affaire avec la Gestapo.

Le tribunal de guerre de la Feldkommandantur 677 rendit son jugement à huit clos les 18, 19, 20, 22, 23, 24 novembre 1942.

Le procureur général demanda 14 condamnations à mort sur 23 personnes.

Voici les noms : BERTHOU Joseph - BERTHOU Yves - BRUNET Germaine - BRUNET Jean - CHENIER Edouard - DRAPEAU René - GAUCHER Roger - MAROLLEAU Marcel - REVAIRAULT Antonin - RICHET Jean - SIBILEAU Robert - THIBAULT Simone - VIOLEAU Simone - WADOU Julienne

Le verdict du 24 novembre 1942 par le tribunal de guerre de la Feldkommandantur 677 a été le suivant :

Condamnés à mort et fusillés le 03 décembre 1942 à 16 h, au camp de BIARD à POITIERS :

BERTHOU Joseph, BERTHOU Yves, BRUNET Jean, CHENIER Edouard, DRAPEAU René, MAROLLEAU Marcel, REVAIRAULT Antonin, RICHET Jean.

Condamnées à mort, graciées, déportées en Allemagne :

BRUNET Germaine, THIBAULT Simone, WADOU Julienne.

Cinq ans de réclusion, déporté :

SIBILEAU Robert

Un an de prison, déportées :

CHAIGNON Mathilde, LINÉ Claire.

 

Six mois de prison :

FORESTIER André

Acquittés faute de preuve, déportés en Allemagne :

BERTHOU Marie, GAUCHER Roger, LAGRUE Paul, NOÉ Jean, VIOLEAU Simone.

Acquittés et libérés le 23 décembre 1942 :

COUTANT Martial, JOURDAIN Lucien, POUANT Jean.

Condamné à mort et fusillé le 13 décembre 1943 à ANGERS :

BACQUET Maxime, chef de groupe

 

  

Retour à la carte

usine Rusz vue aérienne du château et de l'usine Rusz
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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 08:43

Social-Eco - le 28 Avril 2011


Les Français les plus aisés ont continué à s'enrichir ces dernières années, creusant encore les inégalités avec les plus modestes même si le taux de pauvreté est resté relativement "stable", selon une étude de l'Insee publiée jeudi.

Globalement, "entre 1996 et 2008, les inégalités de niveau de vie évoluent peu", note l'Insee dans l'édition 2011 de Revenus et patrimoines des ménages. Ainsi, si l'on compare le niveau de vie maximum des 10% de ménages les moins riches (10.520 euros) au niveau de vie minimum des 10% les plus riches (35.550 euros), on constate en 2008 un rapport "relativement stable" (3,4 contre 3,5 en 1996), a expliqué en conférence de presse Jean-Louis Lhéritier, chef du département Ressources et conditions de vie des ménages. Le "niveau de vie" se calcule en divisant les revenus du ménage par le nombre de personnes qui le composent mais en tenant compte des économies d'échelle induites par la vie en commun (un seul réfrigérateur...) et du fait que les enfants consomment moins que les adultes. Cette notion permet de comparer des ménages de taille et de composition différentes. Le niveau de vie moyen est de 22.110 euros, le niveau de vie médian de 19.000.

Toutefois, nuance l'Institut de la statistique, ces moyennes "ne rendent pas compte des tendances aux extrémités". Or, avant 2004, les inégalités avaient tendance à se réduire parce que les ménages les plus pauvres voyaient leur niveau de vie se rapprocher des classes intermédiaires. A l'inverse, à partir de 2004, "on a une tendance à l'augmentation des inégalités par le haut" de l'échelle, selon M. Lhéritier. Car depuis cette date, "les niveaux de vie des personnes les plus modestes cessent d’augmenter plus rapidement que les niveaux de vie intermédiaires alors que ceux des plus aisées continuent leur progression", note cette étude, qui s'arrête juste avant les premiers effets de la crise financière. Résultat, le ratio de richesses (en niveau de vie) détenues par les 20% les plus aisés et celle détenue par les 20% les plus modestes a augmenté de 4 à 4,3 entre 1996 et 2008. Cette progression "est liée à une forte hausse des revenus, en particulier des revenus du patrimoine, qui sont fortement concentrés chez les personnes les plus aisées", note l'étude, qui précise que ces revenus ont augmenté de 11% par an.

Parallèlement, entre 1996 et 2008, le taux de pauvreté monétaire (personnes vivant sous le seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian soit 950 euros mensuels en 2008) est passé de 14,5% de la population à 13% en 2008. Mais là encore, cette moyenne cache de fortes disparités. Ainsi, la baisse de la pauvreté est "concentrée de 1997 à 2001, période de forte croissance et de baisse du chômage" avant de rester stable jusqu'en 2008, a noté Jean-Louis Lhéritier. Malgré la baisse globale, la pauvreté touche autant les chômeurs, qui sont en 2008 comme en 1996 toujours 35% à vivre avec moins de 950 euros par mois. Elle touche davantage les familles monoparentales (26% en 1996, 30% en 2008) et les personnes seules. Les familles nombreuses sont elles aussi toujours largement touchées par la pauvreté mais beaucoup moins en 2008 qu'en 1996 (27,8% contre 19,7%), essentiellement grâce aux "revalorisations des prestations sociales", selon Magda Tomasini, chef de la division Revenus et patrimoines des ménages. Les couples, avec ou sans enfant, sont les seuls à avoir bénéficié de la baisse du taux de pauvreté.

A lire :

--> La richesse dévorante des riches

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 13:27

Europe Document

Pacte caché. Décryptage

Les Parlements dépossédés

Réduits au simple rôle d’exécutants, les Parlements nationaux – donc les peuples – n’auraient plus la maîtrise de certaines politiques.

En quelque sorte l’acte trois du coup de force contre la démocratie. Après le traité constitutionnel de 2005 et son avatar de Lisbonne, ce texte entend coordonner les politiques « en particulier dans les domaines qui relèvent de la compétence nationale » afin d’accroître la « compétitivité ». Ainsi, les États sont-ils invités à mener à bien des politiques afin de parvenir aux objectifs fixés par l’UE. En ce sens, les pouvoirs sont désormais encore plus concentrés entre les mains d’une Commission européenne non élue.

La retraite en ligne de mire

Aucune limite n’est donnée pour repousser l’âge de départ à la retraite et diminuer le niveau des prestations sociales.

« La viabilité des allocations sociales et de retraite sera évaluée » (!). Quand un tel texte est porté par Nicolas Sarkozy, celui qui, il y a quelques mois, imposait aux Français, majoritairement en désaccord, le recul du droit de départ à la retraite à 62 et à 67 ans à taux plein, ainsi que l’allongement à plus de 40 ans de la durée de cotisation, on peut être certain que les ajustements entre pays européens s’établiront au détriment des populations. D’ailleurs, il est précisé que « l’alignement de l’âge de la retraite se fera avec l’espérance de vie ». Au nom de quoi l’âge légal du départ à la retraite pourrait être, à terme, repoussé jusqu’à soixante-cinq ans, voire plus. Ce qui existe déjà dans certains pays européens comme, par exemple, l’Angleterre.

Ce passage ne vise pas simplement l’âge de départ mais les conditions financières du départ. Les prestations sociales sont en ligne de mire. Les différentes réformes Balladur (1993) et Fillon (2003) ont déjà conduit, en quelques années, à des pertes de 15 % à 20 % du montant des retraites. «Ils» veulent poursuivre en ce sens.

Le but reste de mettre sous tutelle toutes les politiques qui échappaient à l’emprise du droit européen par le biais d’une surveillance régulière et du pacte de stabilité. Enfin, la décision sur les objectifs resterait du ressort des chefs de gouvernement de la zone euro ; ce qui permettrait de contourner les autres pays. De même, afin d’atteindre les objectifs fixés par ces chefs de gouvernement « dans les douze mois », la Commission exercera un rôle d’audit afin de valider les « progrès » des États tandis que le Parlement européen, instance la plus démocratique des institutions, n’est guère évoqué.

 Les salariés au régime sec

Sous le diktat de la compétitivité, les États devront « garantir une modération salariale » dans le privé comme dans le public.

La Commission européenne fait le choix d’inscrire la compétitivité d’un pays en seul lien avec son évolution salariale et la recherche de gains de productivité, épousant ainsi le modèle allemand. Fixant les objectifs de modération salariale, en fonction des autres partenaires européens, la Commission va plus loin en comparant les coûts unitaires de main-d’œuvre « aux principaux partenaires commerciaux ». La course au moins-disant social est ainsi lancée. Pourtant, la modération salariale a freiné la demande interne outre-Rhin – les gains de productivité non distribués aux salariés n’ont pour l’essentiel pas été consommés. Cette modération salariale a également renforcé la tendance à l’exportation de l’économie allemande. Pour ce faire, il est prévu une remise en cause de l’ensemble des systèmes de négociation. Il s’agit de rompre avec les négociations collectives, de les fragmenter par secteur, voire par territoire. À cela s’ajoute l’abolition de l’indexation des salaires sur les prix en Belgique ou en Autriche. Enfin, pour émettre « un signal important », les États sont tenus de pratiquer la modération salariale dans le secteur public.

Commercer sans entraves

Si le traité de Lisbonne avait déjà contribué à lever certaines barrières concurrentielles, ce texte propose d’aller encore plus loin.

L’UE n’a jamais été amie de ce qu’elle nomme les « restrictions ». Il est ainsi envisagé d’ouvrir les secteurs dits protégés afin de « lever les entraves injustifiées » et de « favoriser la concurrence ». Par le biais de ce texte, le travail du dimanche, de soir, voire de nuit est encouragé pour les magasins. En clair, un nouveau coup serait porté au droit du travail. Dans la même veine que le rapport Attali sur la « libération de la croissance », le pacte de compétitivité tend à déréguler l’activité économique en levant les restrictions pour les professions à numerus clausus telles que les notaires, les pharmaciens, les taxis ou les huissiers. Enfin, la référence aux « industries de réseau » (postes, énergie, transports, télécoms) est loin d’être anodine. Jusqu’ici, même si la « séparation patrimoniale » a eu lieu dans certains secteurs, les opérateurs historiques détiennent toujours certains accès privilégiés, véritables cauchemars pour la Commission. Autant d’éléments qui contribuent à surpasser le traité de Lisbonne et ses objectifs dérégulateurs et concurrentiels, à la fois dans le secteur public et dans le privé.

 

Le choix de la précarité

Comme la stratégie de Lisbonne, le document promeut la « flexicurité ». Une notion qui a permis de déréglementer le marché du travail.

C’est un leitmotiv depuis la définition des objectifs de la Stratégie de Lisbonne en 2000 qui est repris dans ce texte : «Les réformes politiques peuvent inclure : des réformes du marché du travail, pour promouvoir la flexicurité. » Cette notion, instaurée d’abord dans les social-démocraties nordiques, allierait flexibilité du marché du travail, et sécurité de revenu. En échange d’une facilité à licencier, les chômeurs reçoivent des allocations de l’ordre de 80 % de leur ancien salaire. Cette «flexicurité» est censée être la réponse à tous les maux. Hors de Scandinavie, elle a servi à précariser les travailleurs. Sa mise en œuvre a été couplée à la stratégie du « workfare » de Tony Blair. Culpabiliser les chômeurs et les remettre au travail (mal payé). C’est ce qui est proposé indirectement dans ce texte, en liant allocation et formation. Dans les pays nordiques, le modèle bat de l’aile. Même avant la victoire de la droite depuis 2000. Le chômage augmente. En Suède, seuls 55 à 60 % des chômeurs sont indemnisés par l’assurance chômage. Et un salarié sur cinq seulement est indemnisé à hauteur de 80 % de son ancien salaire.

 

Une TVA antisociale

La Commission veut transférer les cotisations sociales payées par les entreprises vers une hausse de la taxe à la consommation. 

Outre les réformes sur le marché du travail, les gouvernements devront mettre en place des réformes fiscales. Le texte vise tout particulièrement à «déplacer la fiscalité du travail vers la consommation par la fiscalité indirecte», autrement dit il s’agit d’instaurer la TVA dite « sociale ». Le principe de la TVA dite sociale est d’augmenter le taux de TVA pour financer la protection sociale et de diminuer les cotisations sociales payées par les entreprises. Or cet impôt est le plus injuste de tous puisqu’il est payé par tout le monde au même taux, quel que soit le revenu. Une nouvelle ponction du pouvoir d’achat qui sera particulièrement douloureuse pour des millions de salariés, de privés d’emploi et de retraités, mais constituera un nouveau cadeau aux entreprises. Avec cette mesure, le risque est grand de voir une baisse significative de la consommation. De plus, les recettes pour financer la protection sociale deviendront entièrement dépendantes de la croissance. Si celle-ci venait à faiblir, les rentrées d’argent diminueraient et le déficit de la protection sociale s’aggraverait encore plus rapidement.

 

La rigueur devient la norme

Pour garantir que les budgets nationaux répondent aux besoins du capital, «ils» proposent de constitutionnaliser l’austérité 

«Rendre contraignantes, y compris en les inscrivant dans notre Constitution, les règles budgétaires européennes». Avec un tel diktat, les dirigeants européens visent, ni plus ni moins, qu’a constitutionnaliser, dans les États membres de l’Union européenne, les politiques d’austérité. En effet, le traité de Maastricht, adopté par les libéraux et les sociaux-démocrates, limitait les déficits des budgets nationaux à 3 %. Au nom de ce texte, la casse des services publics, la remise en cause des politiques sociales, la pression sur les salaires étaient mises en œuvre. Si l’obligation est faite d’inscrire dans notre texte fondamental cette « règle d’or », comme disent pudiquement tous les tenants des politiques dites de rigueur, la représentation nationale, députés et sénateurs, donc le peuple, sera privée de toute alternative à l’austérité. Le maître mot sera alors la baisse des dépenses sociales et des investissements, même s’ils sont utiles, plutôt que de remettre en cause les cadeaux fiscaux de toute nature aux entreprises et aux hauts revenus dont le manque à gagner pour la nation a été de 150 milliards d’euros en 2010.

Lina Sankari

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 18:53

 

jeudi 10 février 2011

Ambroise Croizat, 60 ans après sa mort

Le militant de la Sécu

Son nom ne figure pas dans le dictionnaire, ni le Larousse, ni le Petit Robert.

C’est pourtant à lui, à Ambroise Croizat, ministre communiste à la Libération,

que l’on doit la Sécurité sociale et les retraites. A lui et à ce peuple qui a poussé,

derrière lui, des millions d’anonymes qui ont réclamé ces mesures,

qui de leurs mains ont bâti les premières caisses.

Mais ce fondateur de la Sécu nous prévenait, déjà : « Ne parlez pas d’acquis.

En face, le patronat ne désarme jamais. »

Un reportage de François Ruffin, avec l’historien Michel Etiévent.


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livre

Michel Etiévent

Ambroise Croizat, l’invention sociale

A retrouver sur le site de l'historien :

www.micheletievent.lautre.net

 

Marcel Paul, Ambroise Croizat. Chemins croisés d'innovation sociale. (logo)Marcel Paul, Ambroise Croizat. Chemins croisés d’innovation sociale.

Au travers du récit de la vie de ces deux hommes (Le "fils de manoeuvre" Croizat et Marcel Paul le "pitau" du nom que l’on donnait à l’aube du siècle dernier aux "enfants trouvés" ) ayant marqués leur siècle et l’histoire du mouvement ouvrier, c’est un certain engagement communiste,intransigeant que nous propose de redécouvrir Michel Etièvent, avec sa sensibilité d’écrivain, sa rigueur d’historien et sa conscience de journaliste en prise avec les enjeux et les luttes d’aujourd’hui. ... (Humanité Laurent Etre 8 novembre 2008)

Marcel Paul, Ambroise Croizat. Chemins croisés d’innovation sociale.

Marcel Paul. Etat civil : « enfant trouvé ». Raison sociale : ministre de la production industrielle à la Libération. Ambroise Croizat. Etat civil : « fils de manœuvre ». Raison sociale : ministre du travail et de la sécurité sociale de 1945 à 1947. Au fil de cet ouvrage, Michel Etiévent, historien, retrace entre documents inédits, les parcours féconds de Marcel Paul et d’Ambroise Croizat, deux personnages essentiels du vingtième siècle qui ont consacré leurs vies à l’invention sociale. Il suit l’extraordinaire chemin de Marcel Paul, enfant abandonné sur un banc, tour à tour secrétaire général de la fédération CGT de l’Energie, ministre communiste de la production industrielle du Général de Gaulle à Libération. Entre luttes, résistance, déportation, l’homme forge les plus grands acquis du siècle. Du conseiller de Paris, père des secours d’urgence et des crèches, au fondateur d’EDF-GDF et du statut des électriciens et gaziers, c’est une vie entière vouée à l’innovation sociale. A ce chemin s’enchevêtre celui d’Ambroise Croizat, secrétaire de la Fédération CGT des métaux, député de Paris, ministre communiste du travail à la Libération. Bâtisseur de la sécurité sociale, créateur de la retraite pour tous, il laisse un héritage impressionnant : médecine du travail, comités d’entreprises, conventions collectives…Michel Etiévent entrelace les parcours de ces deux complices de luttes qui forgèrent ensemble ce qui fonde aujourd’hui l’identité sociale de notre pays. Avec ces biographies croisées, il nous livre le passionnant roman de deux hommes qui ont su donner au siècle le goût de la solidarité et de la dignité. Un livre brûlant d’actualité…

 

- extrait article Laurent Etre "Humanité" 8 novembre 2008

"Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès" . ’est par ces mots qu’Ambroize Croizat, ministre du travail et de la Sécurité social de 1945 à 1947, infatigable militant de la dignité humaine et du monde du travail, acheva son dernier discours à l’assemblée nationale le 24 octobre 1950...

"je ne vous pais pas pour que vous m’indiquiez les articles du code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre" lance Marcel Paul quelques années plus tôt, un jour de 1946, aux juriste de son ministère de la production industrielle.

Le "fils de manoeuvre" Croizat et Marcel Paul le "pitau" du nom que l’on donnait à l’aube du siècle dernier aux "enfants trouvés" ayant marqués leur siècle et l’histoire du mouvement ouvrier, c’est un certain engagement communiste,intransigeant que nous propose de redécouvrir Michel Etièvent, avec sa sensibilité d’écrivain, sa rigueur d’historien et sa conscience de journaliste en prise avec les enjeux et les luttes d’aujourd’hui.

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Ci-joint le chèque correspondant à l’ordre de Michel Etiévent-520, avenue des thermes- 73600 Salins les Thermes.

Tel 04 79 22 54 69.

(Frais de port en sus : 1 exemplaire=5 euros. 3 exemplaires ou plus = 6euros)

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