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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 08:41

Marée noire au Bangladesh : « rompre le silence et agir avec urgence » (PCF)

MERCREDI, 17 DÉCEMBRE, 2014

Nous apprenons qu'une catastrophe environnementale et humaine se déroule actuellement au Bangladesh : une marée noire est en train de détruire la plus grande forêt de mangroves du monde dont 200 000 personnes, souvent très pauvres, dépendent pour leur nourriture. Située dans le Sundarbans, dans le delta du Gange, ce sont déjà près de 50km2 qui sont recouverts par les 350 000 litres de pétrole qui se sont échappés lors d'une collision entre deux bateaux. Sur place, on assiste à des scènes irréelles où, livrés à eux-mêmes, les Bangladais tentent seuls de lutter contre la marée noire, armés de pelles et de filets de pèche. Le pétrolier quant à lui se contente de racheter aux Bangladais le pétrole qu'ils ramassent : le cynisme et la cupidité atteignent ici leur paroxysme. Aussi, au-delà du drame humain ce sont aussi près de 260 espèces d'oiseaux, des espèces déjà menacées, comme le tigre du Bengale, le crocodile marin ou le python indien qui sont directement mis en danger dans une forêt classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le PCF déplore que cette catastrophe, touchant un pays pauvre, ne provoque pas de réactions à la hauteur du drame. 30 ans après la catastrophe de Bhopal presque jour pour jour, c’est encore la préservation des profits qui passe avant la protection de l’environnement et des populations qui y vivent. Ces populations sont victimes d’une double injustices : la pauvreté qui les rend très vulnérables pour faire face à de tels événements et l’indifférence générale de la communauté internationale. Au contraire, des moyens d’urgence pour enrayer cette pollution devraient être débloqués dès maintenant, et, à plus long terme, devrait être instauré une solidarité internationale pour permettre à ces pays de sécuriser leurs moyens de transports de combustibles et pouvoir se doter d’une législation environnementale du même niveau que celle des pays riches.

Parti communiste français

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 20:51

Hollande/PS-EELV : Le changement c'est pour quand ?

PS, EELV et UDI votent pour la privatisation des barrages hydrauliques !

Dans la nuit du vendredi 10 octobre au samedi 11 octobre 2014, lors de l’examen du projet de loi pour la Transition Énergétique, l’assemblée nationale a voté en première lecture l’article du texte de loi permettant la privatisation du secteur hydroélectrique français.
Mr Chassaigne, au nom du groupe GDR a demandé un scrutin public afin que chacun se positionne sur un sujet d’une telle importance.

Si L’UMP n’a pas participé au vote, étant absente de l’hémicycle car elle avait épuisée son temps de parole, nous rappelons que le processus de l’ouverture à la concurrence des barrages hydrauliques avait été enclenchée sous un gouvernement de droite.

Néanmoins, la rapporteur Mme Battistel (PS) avait noté dans un rapport à l’assemblée la dangerosité d’un tel procédé pour la sécurité du système électrique français, pour la gestion de l’eau .

Ce rapport avait également pointé le manque de réciprocité puisque la France serait le seul pays à offrir à la concurrence ce joyau. Pourtant, et malgré l’opposition des organisations syndicales du secteur, les députés PS, EELV et UDI se sont retrouvés lors de ce vote qui fera date. Mme la Ministre a réussi l’exploit à faire passer un montage ou le public ne serait plus propriétaire qu’à 34% de ces moyens de production pour une reprise en main par un pôle public ! (aujourd’hui ces barrages sont pour 80% d’entre eux exploités par EDF possédé à 85% par l’État et pour le reste à 51% propriété publique…)

Résultat :
32 votants
pour la privatisation : 29
contre : 3

Les usagers payeront la facture...

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 04:24

Projet de loi de la transition énergétique: du chemin à faire pour nous satisfaire !

Dans le débat engagé sur le projet de loi de transition énergétique, les communistes mettent tout en œuvre pour aboutir à un texte qui soit à la hauteur des défis énergétiques de notre époque. Ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. En l'état le projet, que nous considérons « petit bras » manque de l'ambition nécessaire pour répondre aux besoins sociaux et affronter la nécessaire évolution énergétique dont la France a besoin. Il comporte également plusieurs mesures dangereuses sur lesquels nous entendons être vigilants. Tout au long du débat parlementaire nous veillerons particulièrement à plusieurs points cruciaux. Nous déplorons les conditions dans lesquelles le débat parlementaire se tient du fait de la procédure d’urgence déclarée sur le texte !

L’objectif de diminuer par deux notre consommation d’énergie à l’horizon 2030 sous estime l’évolution démographique de notre pays dont les prévisions s’acheminent vers 70 millions d’habitants en 2050 et il est incohérent avec la satisfaction des besoins sociaux. Les hypothèses de consommation comme la nature du mix énergétique envisagés risquent de nous conduire à ne plus pouvoir répondre aux besoins ou à augmenter nos émissions de C02. En France, la précarité énergétique augmente ; plus de 8 millions de personnes sont touchées par ce fléau, et le projet fragilise le dispositif des tarifs sociaux. Les baisses de consommation observées ne sont que les conséquences de la crise sur l’activité économique et de l'austérité. Le PCF ne se résigne pas à désindustrialisation de notre pays.

Le maintien prévu dans le mix électrique de notre niveau de production nucléaire (63.2 GW) exige la redynamisation de cette filière industrielle en y intégrant toutes les avancées technologiques possibles. Le développement des énergies renouvelables doit se concevoir en repensant totalement leur mode de financement (CSPE) par la création d’une véritable filière industrielle et surtout en regard de leur efficacité réelle (solaire thermique ou pompes à chaleur, par exemple, dont on parle peu).

La transition énergétique ne peut pas se résumer au seul mix énergétique électrique surtout lorsque l’on a comme objectif la lutte contre le réchauffement climatique dans la perspective de Paris Climat 2015. Il aurait été judicieux de s’attaquer au secteur le plus émetteur de CO2, le transport, ainsi qu’à celui le plus consommateur d’énergie, le logement.

Cette problématique n’est que très peu abordée. Le transport ne l’est que sous l’angle de la voiture électrique, sans jamais aborder les sujets essentiels comme celui du fret ferroviaire, de l’étalement urbain, de la faiblesse de l’appareil productif. L’objectif ambitieux, de rénovation thermique de 500 000 logements par an n’est accompagné d’aucun plan de financement précis, ni d’une relance de la filière industrielle (emplois, formation).

Ce projet de loi ne parvient en rien à masquer la volonté du gouvernement de libéraliser encore plus le secteur énergétique à travers, par exemple, la privatisation pure et simple de nos barrages hydroélectriques. Ils jouent pourtant un rôle majeur dans les multi-usages de l'eau, comme la gestion des crues, la sécurité des biens et des personnes et permet de répondre aux exigences des périodes de pointe de consommation. Ce serait la grande braderie de notre plus grande filière d’énergie renouvelable ! Au regard des différents débats et auditions, nous notons la volonté de certains élus d’aller vers un éclatement du service public de l’électricité et du gaz remettant en cause de fait l’égalité de traitement, la solidarité entre les territoires et la péréquation tarifaire.

Dans ce débat, les communistes et leurs élus n'auront qu'un seul objectif la défense de l’intérêt général et du service public.

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 02:50

Il y a urgence à maîtriser dès maintenant nos émissions de Gaz à effet de serre !

Le GIEC vient de rendre public le contenu du rapport de son 3ème groupe de travail. Il porte sur l’évolution récente des émissions de gaz à effet de serre, leurs conséquences prévisibles quant à l’évolution des températures planétaires d’ici la fin du siècle et propose des mesures technico-économiques susceptibles de contenir cette évolution dans la limite d’une augmentation de 2°C. L’enjeu est d’éviter un dérèglement catastrophique du seul écosystème permettant d’accueillir l’humanité.

Ce document traduit une prise de conscience grandissante des opinions publiques quant à la gravité de ce qui va se jouer dans les deux à trois prochaines décennies à propos de la maîtrise des transitions énergétiques et climatiques.

Le rapport confirme tout d’abord les réticences coupables des pays développés et des grands pays émergents, au nom de leurs intérêts particuliers, à suivre les recommandations successives du GIEC, à respecter le Protocole de Kyoto, et mettre en œuvre les engagements de la Conférence de Copenhague : plafonner les émissions planétaires de gaz à effet de serre (GES) dès que possible, les diviser par quatre dans les pays développés et par deux à l’échelle de la planète d’ici 2050.

Cela est d’autant plus urgent que le rapport du GIEC confirme qu’entre 2000 et 2010, le rythme de croissance planétaire des émissions de GES a doublé par rapport à la moyenne de la période 1970-2000. Malgré cela, l’objectif d’une augmentation des températures limité à 2°C reste atteignable, mais il nécessite de prendre toutes les mesures nécessaires, alors que le délai se raccourcit encore.

Nous partageons la conviction de ce rapport : il faut à tout prix faire reculer massivement les émissions de GES provenant des énergies carbonées. Cette évolution doit s’appuyer sur un mix énergétique nouveau permettant de répondre aux besoins énergétiques croissants exprimés à travers monde et associant toutes les énergies décarbonées, l’hydraulique, les énergies renouvelables (éolien, solaire,…), sans que soit oublié le nucléaire.

En France, la nouvelle ministre en charge de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a annoncé une loi sur la transition énergétique d’ici l’été. Les communistes demandent à ce que le processus législatif soit accompagné d’un débat réellement public, qui associe les populations à la définition d’un nouveau mix-énergétique faisant face aux enjeux énergétiques et climatiques mondiaux, tout en préservant un prix de toutes les énergies accessibles pour les consommateurs et permettant le développement industriel.

Dans ce cadre, le Parti Communiste propose un bouquet énergétique diversifié incluant toutes les énergies disponibles, y compris le nucléaire, en privilégiant celles émettant le moins de CO2. Il s’agit de prendre en compte le niveau de maturité des différentes technologiques (coût, stockage de l’électricité, stockage du Co2) à la lumière de trois critères : l’impact social, environnemental et économique. En outre, cette loi doit mettre en évidence les réponses effectivement nationales aux problèmes énergétiques ; en premier lieu parce que notre pays ne dispose pas de ressources énergétiques, notamment fossiles, propres à satisfaire ni la totalité, ni une part significative des besoins nationaux. Et cette réalité est a fortiori celle de toutes les régions françaises. Toute solution législative allant dans le sens d’un éclatement de la solidarité nationale au bénéfice d’une prétendue régionalisation des solutions serait à terme vouée à l’échec au bénéfice exclusif des rentes de situation et au désavantage des plus pauvres condamné à payer plus cher une énergie plus rare, derrière « l’économie de l’offre » chère à certains.

Par ailleurs, l’Europe a besoin d’une politique commune de l’énergie, qui intègre la spécificité des situations des différents pays membres et encourage de grands services publics nationalisés et intégrés de l’énergie.

Alors que plusieurs pays dans le monde et en Europe ont fait le choix de développer l’énergie nucléaire pour répondre à l’enjeu climatique, l’exemple allemand d’une transition énergétique bâtie sur la sortie de l’énergie nucléaire nous interroge et souffre à notre sens d’un double écueil : celui d’un coût de l’électricité exorbitant pour le consommateur, qui engendre la précarité énergétique de milliers de familles, et celui d’un recours massif à des centrales thermiques à gaz ou à charbon - pour compenser l’intermittence de la production des énergies renouvelables, au détriment de l’objectif d’une réduction des émissions de GES.

Par ailleurs, nous continuons à nous opposer à la marchandisation, préconisée par le GIEC, des droits à polluer ou a émettre des GES (systèmes de permis d’émissions, taxes carbone), dont l’échec est pourtant patent, comme l’ont reconnu, il y a peu, les ministres de l’environnement de toute l’union européenne ! La lutte contre le dérèglement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait plutôt appeler la mobilisation d’énormes moyens financiers, au service d’un plan ambitieux d’économies d’énergie dans les secteurs les plus consommateurs comme le transport et le bâtiment. Ces investissements indispensables sont inconciliables avec la politique de réduction des déficits publics, d’austérité et de libéralisation des services publics pratiquée en France et décidée au niveau européen.

Les coûts de la transition énergétique et de la réduction des gaz à effet de serre ne doivent pas être supportés par les salariés et les consommateurs.

Il est urgent d’ouvrir la voie à un changement de société, basé sur un nouveau mode de développement, de production et de consommation qui réponde à l’intérêt général, aux besoins sociaux et à l’urgence écologique.

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 09:08

3 ans/Fukushima : pour un véritable débat démocratique sur la transition énergétique

 

Le 11 mars 2011, la puissance dévastatrice des flots a endeuillé le Japon, causant près de 20 000 victimes et provoqué à sa suite l’accident majeur survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima Daïchi. Le PCF s’associe à la peine des familles des victimes meurtries par ce tsunami. Trois ans après, Fukushima reste dans toutes les mémoires, en raison de la contamination radiologique du site et de ses alentours qui a poussé 160 000 riverains à devoir reconstruire leurs vies ailleurs.

Toutes les enquêtes confirment que la responsabilité de l’entreprise TEPCO est pleinement engagée dans cette catastrophe. L’énergie nucléaire est trop sérieuse pour être confiée à des intérêts exclusivement privés. A l’heure où la construction de centrales nucléaires est relancée dans le monde, le PCF appelle à la mise en place, sur la base de ce que sont l’ASN et l’IRSN en France, d’une autorité mondiale de contrôle de la sûreté du nucléaire civil, permettant de vérifier le respect de hautes exigences de sécurité communes.

La lutte contre le dérèglement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre est l’enjeu de notre siècle. C’est en ce sens que le PCF pendra les initiatives internationales - politiques et citoyennes - utiles à la signature d’un accord global sur la réduction des GES, lors de la conférence Paris-Climat 2015.

Le gouvernement présentera, à l’automne, son projet de loi sur la transition énergétique. Les conditions d’un réel débat démocratique sur la composition du futur mix-énergétique, alliant énergies renouvelables et nucléaires, devront alors être sereinement réunies, sans jouer sur les peurs et l’irrationnel. Le nucléaire civil constitue, pour le PCF, un atout qui doit être maintenu et développé pour relever les défis d’une énergie décarbonée. Le PCF portera également dans ce débat sa proposition d’un pôle public national de l’énergie, alliant la maitrise publique au service du droit à l’énergie pour tous, l’exigence de sécurité et un prix de l’énergie abordable !

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 00:41

Août 2012

 

Les centrales nucléaires françaises


Ce document vise à rappeler brièvement quelles sont les centrales nucléaires françaises, leur état et leurs conditions de fonctionnement, voire les perspectives d’extension. Un point de vue à enrichir, car l’approche retenue ici pourra facilement se voir reprocher d’être incomplète, entre autres parce que le sujet est extrêmement vaste et il serait présomptueux de prétendre faire un tour complet du dossier en conservant une présentation accessible au plus grand nombre.

 

En outre, il n’appartient pas à un parti politique – et au PCF pas plus qu’aux autres – de déterminer l’état d’une installation industrielle (les dérives de l’affaire Lyssenko ne seraient pas très loin, ou tout du moins, la confusion entre parti politique et appareil d’Etat, dont l’ex-URSS a donné de fâcheux exemples), mais d’apprécier si les organismes qui en sont chargés, sont en mesure de le faire dans de bonnes conditions et correctement.

 

Or, il existe en France une Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) historiquement issue du ministère de l’Industrie et aujourd’hui autorité indépendante, qui dispose d’un appui technique, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) lui-même historiquement issu du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA).

 

Ils disposent aujourd’hui d’une belle expérience commune, sont habitués à travailler ensemble et ont fini par disposer d’une vision complète et contradictoire des activités de l’ensemble des opérateurs du secteur nucléaire. Et c’était loin d’être acquis d’avance vis-à-vis d’un exploitant reconnu comme EDF et d’un constructeur comme AREVA (résultant de la fusion en 2000 de Framatome et de la Cogema), qui est parmi les tout premiers au monde.

 

La description du fonctionnement de l’ASN (et de l’IRSN) mériterait de plus longs développements. On peut cependant considérer que l’ASN (avec l’IRSN comme appui) dispose d’une compétence solide et d’une grande indépendance de vue. Elle est reconnue à travers le monde comme une des meilleures autorités de contrôle en matière nucléaire, si ce n’est la meilleure.

 

On peut également penser que la loi TSN (Transparence et Sécurité Nucléaire) lui a donné une indépendance accrue vis-à-vis du gouvernement. Bien que les parlementaires communistes n’aient pas approuvé cette loi car elle correspond de fait à un certain désengagement de l’Etat (l’ASN connaît des problèmes budgétaires qui ont amené le collège des commissaires à adopter une résolution sur le sujet), il faut reconnaître qu’elle a depuis conféré à l’ASN davantage d’indépendance et d’autorité, l’a orientée vers une meilleure prise en compte des préoccupations « de la société civile » et une diminution du souci de « réussite industrielle » qui avait pu un peu trop guider l’ASN dans les décennies 1970 à 1990.

 

Toutefois il faut observer que l’autorité de l’ASN reste tributaire de l’aura de son président emblématique, A.C. LACOSTE, dont le mandat arrive à terme fin 2012 et dont le remplacement aura une grande importance (et sera un des premiers gestes en matière énergétique du gouvernement élu au printemps 2012). Car l’autorité dont dispose aujourd’hui cet organisme, lié au travail fourni comme à l’équilibre de ses positionnements et financements, n’est pas éternellement garantie, et peut venir le moment où des critiques de son activité pourraient être nécessaires....

 

Il faut considérer également que l’ASN peine à prendre réellement en compte les problèmes humains et sociaux dans les centrales, bien que ses représentants y exercent les fonctions d’inspecteur du travail. Elle a fait cependant quelques efforts en ce sens (y compris sur le chantier de Flamanville) mais ils restent sans doute largement insuffisants, à la fois quant à la perception des conditions de vie et de travail de l’ensemble des salariés et quant aux conséquences potentielles ou immédiates de l’organisation du travail et de la vie en centrale sur la sûreté de celle-ci.

 

Il faut aussi noter que les missions de l’ASN ne se limitent pas aux installations de production d’électricité (y compris phase de construction et fabrication de matériels et du combustible). Elles s’étendent au contrôle de l’ensemble des activités engageant des rayonnements ionisants, dont le secteur médical, ainsi que le traitement des déchets et le démantèlement des installations. Son champ d’activités comprend également la radioprotection.

 

En l’état actuel des choses, on peut considérer que l’avis de l’ASN (et de l’IRSN) sur les centrales de production d’électricité, leur entretien, leur état, leur avenir est fondé et pertinent, et de plus plutôt en amélioration. En outre, l’effort consenti après Fukushima a été considérable et conduira certainement à de nouvelles exigences et à une amélioration de la sûreté des installations nucléaires.

 

Dans ces conditions, il serait incompréhensible - voire inconséquent - de ne pas prendre en compte l’avis de l’ASN (avec l’appui de l’IRSN) sur l’état du parc électronucléaire français. Or l’ASN inscrit dans la partie de son rapport 2010 (rédigé avant Fukushima) consacrée aux centrales électronucléaires : les cinquante huit réacteurs à eau sous pression qui équipent les centrales électronucléaires françaises sont de conception globalement semblable. Ces centrales sont exploitées par un opérateur unique, EDF.

Elle note également qu’EDF dispose en son sein de capacités d’ingénierie importantes et d’une organisation permettant de tirer parti des avantages de cette standardisation, mais aussi d’en gérer les inconvénients ; étant donné que les centrales nucléaires d’EDF contribuent à près de 80 % de l’approvisionnement électrique de la France, il importe de prévenir la survenue d’une anomalie grave et générique. L’ASN est particulièrement attentive aux mesures prises par EDF à cet effet.


Dans ce même document, l’ASN mentionnait avoir pris position en 2009 sur les aspects généraux de la poursuite de l’exploitation des réacteurs de 900 MW (34 réacteurs sur les 58) et avoir considéré que le réacteur n° 1 de Tricastin était apte à être exploité pour dix années supplémentaires, soit jusqu’à quarante ans.

 

Sans retranscrire ici tous les éléments contenus dans ce rapport, on peut estimer que le processus - visant à assurer le fonctionnement pour dix années supplémentaires des conditions approuvées par l’ASN de l’ensemble des tranches du parc EDF - était engagé.

 

Il doit être compris que ce processus concerne chaque tranche individuellement et non pas telle ou telle série en bloc (comme chaque voiture passe au contrôle technique individuellement pour deux ans supplémentaires et il n’y a pas de contrôle global ni sur tel ou tel type de voiture, ni pour toutes les voitures du même propriétaire).

 

Ce processus peut à tout moment rencontrer des difficultés ou des échecs, ceux-ci pouvant provenir soit d’une modification des exigences, soit d’une attitude inappropriée de l’exploitant EDF, soit d’observations négatives faites individuellement sur telle ou telle tranche (les 58 tranches exploitées par EDF se répartissent sur 19 sites à raison de 2 à 6 par sites).

 

Avant de revenir sur ces questions, il convient d’observer que dans cette analyse, l’âge des centrales n’est pas un facteur direct, ni même primordial de la capacité des centrales à continuer à fonctionner ; l’essentiel est bien la façon dont les centrales sont exploitées, entretenues et améliorées.


Concernant l’exploitation, le résultat de ces dernières années est resté satisfaisant, mais il faut observer que si les principaux indicateurs relatifs à la sûreté sur sites restent stables, le mécontentement du personnel a été croissant jusqu’à amener en 2009 une situation de conflit se traduisant par une baisse sensible de la disponibilité des centrales (une moindre production d’électricité, pour simplifier).

 

recours exagéré et croissant à la sous-traitance [ alors que le succès du nucléaire français repose pour une large part sur le statut social élevé dont bénéficie le personnel qui l’exploite, une part importante du travail d’exploitation est effectué par du personnel exclu de ces garanties sociales, et de plus en plus soumis à des pratiques de type « dumping social » massivement en vigueur dans d’autres secteurs professionnels]

mécontentement du personnel lié à des conditions de travail en dégradation, et à une réduction de son autonomie,

insuffisance des crédits d’entretien

 

Alors que le succès industriel et économique du parc électronucléaire français, comme son acceptation par l’opinion publique, s’appuyait sur les valeurs de service public portées par EDF, tout s’est passé dans cette période comme si la direction d’EDF, obnubilée par la dérèglementation du secteur de l’énergie, tournait délibérément le dos à ces valeurs.

On peut se demander comment, dans cette période, la sûreté proprement dite des tranches ne s’est pas sensiblement dégradée : c’est sans doute lié au fait que les crédits et le personnel dédié à ces fonctions aient été relativement préservés, en lien avec la présence d’une autorité de sûreté compétente et exigeante.

 

Tout ceci a entraîné des mauvais résultats d’exploitation qui ont certainement largement contribué au remplacement de M. Gadonneix par M. Proglio, à une augmentation (momentanée ?) des effectifs et à une hausse importante des commandes de gros matériels de remplacement.

 

Depuis deux ans, l’orientation affichée (et pour le moment suivie) par la direction d’EDF au plus haut niveau, et donc du parc nucléaire consiste à tabler sur un effort d’entretien important sur la durée, en lien avec la volonté affichée de poursuivre l’exploitation des tranches « le plus longtemps possible ». Ceci en partant du principe qu’il est beaucoup moins coûteux de maintenir une tranche nucléaire en bon état que d’en construire une nouvelle (c’est la même chose pour les voitures...) et en sachant que dans une centrale nucléaire la plupart des composants principaux peuvent être remplacés (turbine, alternateur, transformateurs, pompes et robinets divers, générateurs de vapeur, etc.) à l’exception essentiellement de l’enceinte en béton précontraint et de la cuve qui contient l’uranium.

 

Tous ces éléments font l’objet de contrôles réguliers, plus particulièrement lors des visites décennales et leur remplacement doit intervenir de façon préventive. Bien entendu (comme pour les voitures) il viendra un moment où le remplacement de certains composants ne sera plus rentable compte tenu de l’état général de l’ensemble de l’installation et c’est ce qui fait retenir aujourd’hui une durée de vie probable des tranches de 50 à 60 ans, le cas de chacune faisant l’objet d’un examen individuel, tant côté EDF que ASN, en particulier quant à l’état de l’enceinte et de la cuve.

 

Les centrales françaises étant très voisines en termes de conception et de conditions de réalisation, il est probable que les jugements seront voisins, ce qui n’exclut pas cependant des écarts sensibles de durée de vie liés par exemple à la métallurgie de telle ou telle cuve, ou à l’étanchéité des bétons de telle ou telle enceinte. Une attention constante doit être portée à tout ce qui se passe dans le nucléaire à l’étranger (Fukushima, mais aussi les cuves de Doel en Belgique), voire dans d’autres secteurs industriels, avec le souci d’en tirer tous les enseignements, comme cela avait été le cas au moment de la mise en service des premières tranches françaises, ou après l’accident de Three Miles Island

 

Ce renouvellement des matériels des centrales s’accompagne d’un effort d’amélioration régulière de la sûreté, au moyen de modifications réalisées au cours des arrêts annuels et principalement des visites décennales. En effet, s’il est impossible de garantir une centrale nucléaire sans accident (pas plus qu’on ne peut garantir que les trains ne déraillent jamais ou que les avions ne tomberont plus), il existe un effort régulier d’amélioration de la sûreté tenant compte du retour d’expérience du parc français et international (Tchernobyl et Three Miles Island compris), et de l’évolution de la réflexion sur ces sujets. Cet effort d’amélioration s’exerce en parallèle sur l’ensemble des tranches suivant un processus établi entre EDF et ASN et qui concerne l’ensemble des tranches. Avec l’objectif réaliste d’aboutir à des résultats équivalents sur chacune, Fessenheim compris.

 

Telle était la situation qui prévalait avant Fukushima : parc homogène, exploitant unique, société publique à l’origine, sûreté satisfaisante, efforts d’amélioration régulier. Avant d’examiner l’incidence de cette catastrophe, il convient de préciser qu’une centrale nucléaire ne peut fonctionner sans son personnel et même avec beaucoup de personnel, puisqu’aux 20 000 agents EDF qui exploitent les centrales s’ajoutent environ autant de personnels d’autres entreprises : le nucléaire est une industrie de main-d’œuvre, et de main d’œuvre très qualifiée (c’est une tare aux yeux des financiers qui nous gouvernent !). Il faut en outre savoir qu’une tranche nucléaire à l’arrêt pendant une journée c’est environ un million d’euros de manque à gagner, et que tout agent est à la fois un gréviste potentiel et source « d’erreur humaine » dans le processus technique ; il est donc souvent considéré plus comme un facteur de trouble que comme un élément indispensable du processus de production.

 

Il y a eu une tendance à élaborer la sûreté indépendamment de lui, voire contre lui, et ce n’est pas positif, même s’il ne faut pas établir de lien mécaniste entre conditions de vie et de travail du salarié et sûreté nucléaire. Il est clair que le nucléaire a besoin de davantage de démocratie (et les opérations coup de poing de Greenpeace et autres ne sont pas une bonne chose dans ce domaine, car elles entrainent forcément des exigences supplémentaires et des contrôles encore plus tatillons que les seuls salariés devront supporter, et qui rendent encore plus difficile une vision externe de ce qui se passe à l’intérieur de la centrale).

 

L’après-Fukushima


La catastrophe de Fukushima a suscité à juste titre un profond émoi dans le monde, et tout particulièrement dans le milieu du nucléaire.

 

Même si la catastrophe nucléaire proprement dite n’a fait que peu de victimes directes, les conséquences en seront considérables : les rejets de matières radioactives dans l’atmosphère et dans le milieu marin, l’évacuation de dizaine de milliers de personnes (sans même parler de la destruction des centrales et des difficultés du Japon en fourniture d’électricité) montrent que tout doit être fait pour prévenir des catastrophes de ce type. Le fait même que l’énergie nucléaire soit indispensable dans les prochaines décennies à notre pays et à l’ensemble de la planète renforce la nécessité de ces efforts.

 

L’attitude de TEPCO (société privée) et des autorités japonaises avant et pendant la crise - comme la conception et l’implantation même de ces centrales - fait l’objet de débats passionnés parmi les spécialistes et ailleurs. Même si les tranches nucléaires françaises ne peuvent pas subir de tsunami de ce type, il est clair que les conséquences de cette catastrophe doivent être tirées pour les centrales françaises et qu’elles doivent faire l’objet d’amélioration auxquelles on n’aurait pas pensé auparavant.

 

Le travail de réflexion – considérable – engagé entre EDF, ASN et IRSN, en lien avec ce qui se fait à l’étranger - va dans ce sens (stress-test, ECS [Etudes Complémentaires de Sûreté], etc.). Il doit être poursuivi et concrétisé le plus rapidement possible. Il faut à ce propos noter que la réorganisation d’AREVA et le plan social qui l’accompagne vont exactement à l’opposé de ce qu’il faudrait faire.

 

L’objectif n’est pas, répétons-le, de viser une centrale nucléaire sans accident mais d’en rendre les conséquences éventuelles les plus faibles possible, de « resserrer les mailles du filet » enquelque sorte, à la lumière de l’expérience acquise, dans laquelle ce qui s’est passé au Japon est un élément important. Il faut franchir une étape qualitative comme cela a été fait après Tchernobyl et auparavant après Three Mile Island car ce qui s’est passé au Japon met en évidence qu’il peut exister des conjonctions d’événements peu probables auxquelles les centrales ne sont pas préparées à faire face.

 

Sans préjuger aujourd’hui ce que seront les conclusions de l’autorité de sûreté et de l’exploitant EDF, on peut penser possible d’améliorer sensiblement la résistance des centrales françaises à des événements exceptionnels. En l’état des informations actuellement disponibles (mi 2012), ces améliorations pourraient être faites de façon homogène sur toutes les centrales EDF, homogènes ne voulant pas dire identiques (les différences peuvent être dues à la topographie des sites, leurs ressources en eau, les liaisons électriques, etc. Le coût restant modéré pour chacune :

 

Quelques ordres de grandeurs :

 

• remplacement d’une tranche ancienne par une tranche neuve : plusieurs milliards d’euros,

• amélioration de la sûreté prévue avant Fukushima et prolongation de la durée de vie : quelques centaines de millions d’euros par tranche, échelonnés sur une vingtaine d’années pour l’ensemble du parc (estimation EDF : 50Mds€ sur 20 ans pour les 58 tranches du parc actuel, à comparer aux 65 Mds€ de son chiffre d’affaire annuel),

• amélioration de la sûreté supplémentaire à prévoir après Fukushima : difficile à estimer aujourd’hui. Peut-être deux centaines de millions d’euros par tranche, à réaliser le plus vite possible. Sur les 58 tranches du parc, cela peut faire de autour de 10 milliards d’euros en ordre de grandeur. Sans garantie du rédacteur !!!

 

EDF envisage également de se doter d’une force d’intervention qui viendra en soutien des équipes confrontées à une situation de crise (FARN, selon la dénomination actuellement retenue), chose qui a fait défaut au Japon ; mais sa création ne dispensera pas de modifications matérielles coûteuses.

 

Un coût modéré pour chacune entraîne néanmoins des sommes conséquentes sur le nombre de tranches concernées. Et il peut y avoir tentation pour EDF de limiter l’ampleur des modifications à réaliser, d’une part pour réduire l’enveloppe financière, d’autre part pour raccourcir les arrêts techniques nécessaires à leur mise en œuvre, qui affecteront forcément la sacro-sainte rentabilité.

 

Il va donc y avoir une partie de bras de fer entre ASN et exploitant, sous l’arbitrage discret du gouvernement, à la fois finançant l’ASN et actionnaire principal d’EDF. Ce n’est pas satisfaisant. A delà du rôle joué aujourd’hui par les CLI, un surcroît de démocratie réelle est indispensable, à la fois interne (avec le personnel de toutes les entreprises) et externe (avec les experts en disciplines diverses, dont on a vu l’importance à Fukushima – séisme, tsunami – et en France – inondation, marée et houle comme au Blayais en 1999) et bien entendu les élus représentant les populations. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet effort de démocratie n’a pas réellement existé au cours des décennies écoulées, et si la loi TSN de 2006 représente une avancée, elle a du mal à se concrétiser pour les citoyens et les salariés en particulier parce que l’Etat ne joue pas son rôle de puissance publique et de porteur de démocratie effective (quand il ne rogne pas sur les moyens financiers en tant que principal actionnaire).

 

Et l’EPR dans tout ça ?


Il y a quelques années, l’un des concepteurs de l’EPR a eu cette formule « l’EPR n’est pas un réacteur révolutionnaire, c’est un réacteur évolutionnaire ». C’est toujours vrai. Et il présente donc avec ses 58 devanciers beaucoup de points communs.

 

Les 58 réacteurs à eau pressurisés en fonctionnement peuvent se comparer à une flotte de 58 voitures, assez homogènes, par exemple des Peugeot de la 306 à la 407 en passant par 307, 308, 405 et 406 fonctionnant les unes à l’essence (combustible uranium naturel), les autres au diesel (combustible MOX ). Et bien alors, l’EPR serait une Peugeot 4008, plus grande, plus luxueuse, plus chère, mais pas tellement différente dans sa conception.

 

On imagine dans ces conditions que l’appréciation portée sur l’EPR vis-à-vis de la sûreté n’est pas fondamentalement différente de celle exprimée sur les tranches antérieures. Tout au plus peut-on noter que certaines améliorations à intégrer sur le parc actuel le sont déjà dans la conception de Flamanville 3. Mais les analyses consécutives à Fukushima sont encore à réalisées pour l’EPR et il devrait être hors de question de démarrer Flamanville 3 sans que les améliorations correspondantes aient été mises en œuvre. Mais elles ne seront pas plus prohibitives ni en conception ni en coût que sur les tranches antérieures.

 

Ceci dit, l’EPR « se révèle » plus coûteux, plus difficile et plus long à construire que ce qui avait été annoncé au départ. Plusieurs raisons peuvent être évoquées :

 

la première, c’est qu’EDF et AREVA ont prétendu qu’il était possible de construire une 4008 en petite série, plus vite et moins chère que ce qu’on avait fait pour des 406 en série, alors même que la chaîne n’avait pas tourné depuis vingt ans ! Ceci a eu des conséquences tant pour les études générales qu’en métallurgie et fabrication des matériels ou en génie civil. Les Chinois, qui ont construit des tranches nucléaires en continuité depuis vingt cinq ans ont à peu près réussi à réaliser le génie civil dans les limites du planning initial alors qu’EDF (avec Bouygues) accumulait deux ans de retard en deux ans de travaux... Par exemple, la réalisation de la peau métallique d’étanchéité de l’enceinte a été une source de déboires alors qu’on en a fait 34 dans les décennies 1970 et 1980 et que les Chinois l’ont réalisée sans encombre en utilisant sur l’EPR les techniques qu’ils utilisent sur les autres tranches en construction,

 

la deuxième, c’est que depuis la construction du parc existant (1969-1985 pour l’essentiel) les ressorts de l’économie française ont changé. La financiarisation de l’économie ne s’est pas arrêtée aux portes du chantier EPR, au contraire. A l’époque, il s’agissait de faire des profits en utilisant les succès techniques. Aujourd’hui, la réalisation technique n’est plus que l’occasion de réaliser des profits (via la sous-traitance et l’externalisation, avec baisse

des coûts de réalisation mais augmentation des marges) y compris au détriment de la réussite technique. En parallèle le pouvoir politique s’est désintéressé de la problématique industrielle,

 

la troisième, c’est que la complexité du modèle 4008 est liée à l’adjonction d’améliorations diverses dont certaines sont probablement peu justifiées, voire inefficaces, et dont une partie correspond à des exigences des Allemands soucieux de placer des éléments de conception conformes à leurs habitudes et leur permettant de placer leurs matériels. Ils se sont aujourd’hui retirés du projet, mais certaines de leurs exigences perdurent. Il semble d’ailleurs qu’EDF réfléchisse aujourd’hui à un EPR modifié (pour ne pas dire simplifié), plus facile et moins cher à construire. Encore conviendra-t-il de vérifier (et c’est le rôle de l’ASN et de l’IRSN) que ce projet modifié présente des caractéristiques toujours satisfaisantes vis-à-vis de la sûreté et intègre les conséquences de Fukushima dès sa conception.

 

C’est dans ce contexte qu’il convient semble-t-il d’analyser les perspectives de lancement de nouveaux chantiers, et en premier lieu celui de Penly. Malgré la crise qui s’est accentuée depuis 2009, il y aura besoin de deux ou trois nouvelles tranches nucléaires pour une mise en service d’ici à 2025. En même temps, il faut que ce soit des unités qui intègrent dès leur construction les conséquences de Fukushima et le retour d’expérience de Flamanville. Il faut donc à la fois ne pas prendre un retard qui serait à terme préjudiciable, ni faire dans la précipitation. Une mise en chantier de Penly dans les trois années qui viennent serait sans doute un bon compromis.

 

En parallèle, la réflexion doit se poursuivre sur le retraitement des déchets et le démantèlement des centrales désaffectées. Non pas qu’il ne se soit rien fait sur ces questions. Au contraire, on peut considérer que beaucoup des problèmes théoriques posés par ces activités sont quasiment résolus. Mais ce qui manque c’est la mise en pratique des solutions, avec bien sûr l’approfondissement encore nécessaire, tant en matière de recherche et développement, que d’ingénierie ou de développement du savoir faire et des technologies. Mais tout cela nécessitedes moyens financiers hors de proportion avec ceux qui y sont actuellement consacrés, tout en restant à des niveaux acceptables Mais il faut dire que déconstruction et gestion des déchets n’ont jamais dégagé de profits, et c’est bien ce qui coince, tant du côté de l’état que de celui des entreprises de l’énergie et plus généralement du nucléaire : c’est tout un état d’esprit relatif à ces questions qui doit changer, et si c’était effectivement le cas, la réticence des populations concernées serait largement diminuée !

 

Mais l’avenir de l’électronucléaire peut-il se réduire en France (et dans le monde) à l’exploitation du parc existant avec l’adjonction ici ou là de quelques EPR ? Certainement pas ! Compte tenu de ce qui précède, on voit bien que ce serait se condamner à avoir tous les œufs dans le même panier ! Sans cultiver la nostalgie d’un passé toujours mythique, mais bien entendu révolu, il faut savoir que dans les années 1970, par exemple, la France, via EDF et le CEA, exploitait des centrales de production électronucléaire dans quatre filières différentes (eau pressurisée, qui a seule été pérennisée, graphite gaz à Chinon, Saint Laurent et Bugey, Candu à Brennilis, et rapide sodium (surgénérateurs) et avait fermement envisagé d’en développer une cinquième (eau bouillante, style Fukushima) avant d’y renoncer. Aujourd’hui, seule la filière à eau pressurisée existe depuis les arrêts de Superphénix (décision funeste du gouvernement Jospin) puis de Phénix, qui ont conduit la France à avoir aujourd’hui dix ans de retard sur les Russes ou les Japonais sur la filière à neutrons rapides alors qu’elle avait dix ans d’avance dans les années 1990.

 

Or, il faut savoir que les filières type eau pressurisée (ou eau bouillante) ne permettront d’utiliser que quelques % de l’énergie disponible dans le minerai d’uranium actuellement 2% environ sur le parc nucléaire français), alors que les surgénérateurs permettent d’en exploiter la quasi-totalité, soit 50 fois plus !! On comprend bien que l’affirmation de ces technologies dans des conditions de sûreté et d’économie mieux affirmées ouvrirait des perspectives énergétiques intéressantes à l’ensemble de la planète.

 

En même temps, un pays comme l’Inde a développé une filière à partir du thorium (combustible analogue à l’uranium), à un stade toutefois moins avancé que les filières à uranium. Il est hors de question d’opposer un combustible par rapport à l’autre, ni de prétendre qu’il existe ailleurs des solutions miracle ; mais ceci montre que diverses voies peuvent être envisagées, avec des avantages et inconvénients divers, mais toutes requièrent des efforts de recherche et développement hors de proportion avec ce que la France consent aujourd’hui. A l’heure où le surcoût des énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque principalement) va représenter chaque année pour les Français l’équivalent de la construction d’un demi EPR, il serait suicidaire que les entreprises de notre pays en restent à la seule exploitation de la filière à eau pressurisée et négligent d’explorer et de développer d’autres pistes qui seront indispensables demain et après demain à la fourniture d’énergie électrique dont notre pays et nos concitoyens auront un besoin sans doute accru

 

Le rapport à la finance


Le cœur des questions relatives à l’énergie nucléaire, bien plus que sa proximité (historique, mais de plus en plus atténuée) avec le nucléaire militaire, c’est son rapport à la finance, alors que celle-ci détient tout le pouvoir dans le monde économique actuel. L’énergie nucléaire est une activité hautement capitalistique et n’attire donc pas les financiers qui gouvernent la planète quand bien même il est avéré que cette énergie permet de produire les kWh les moins chers ! Ceux-ci estiment que le nucléaire souffre de plusieurs tares irrémédiables : les temps de retour sur investissements sont trop longs et il existe d’autres moyens de production d’électricité pour lesquels ce n’est pas le cas (thermique à flamme charbon ou gaz, renouvelable) même si les coûts de production du kWh y sont plus élevés. En outre, comme il est avéré que le nucléaire permet de produire les kWh les moins chers, il est moins que d’autres sources d’énergie (renouvelable notamment) susceptible de bénéficier d’aides publiques directes ou déguisées. Enfin, elle exige des efforts d’entretien permanents, qui, s’ils sont loin d’être prohibitifs, nécessitent une continuité dans l’approche technico-économique peu compatible avec les appétits immédiats des actionnaires. Donc, partout dans le monde, les responsables financiers se battront bec et ongles pour faire le moins possible d’investissements dans le nucléaire, et construire le moins possible de nucléaire neuf.

 

Par contre, les financiers aimeraient bien avoir les mains libres pour tirer le maximum d’argent des investissements réalisés dans le nucléaire, et aujourd’hui largement rentabilisés. C’est ce qui motive l’acharnement mis par le gouvernement Sarkozy-Fillon à faire passer la sinistre loi NOME (avec une opposition de principe des parlementaires socialistes). C’est ce qui explique au Japon les défaillances de TEPCO dans la gestion de ses centrales. C’est ce qui rend indispensable (en France et ailleurs) l’existence d’autorités de sûreté le plus indépendantes possible, et surtout compétentes pour vérifier et faire améliorer autant que de besoin le fonctionnement des centrales actuelles comme la construction des prochaines. C’est ce qui rend indispensable aussi l’amélioration du débat démocratique autour du nucléaire.

 

Il y a encore beaucoup à gagner en France où certaines forces politiques (les Verts, mais ce ne sont pas les seuls) prétendent réduire le débat à pour ou contre le nucléaire. On peut penser que ce type de positionnement arrange bien le secteur financier, car il tend à occulter le nécessaire débat sur les moyens pour améliorer le nucléaire existant. Et regarder sereinement quelle doit être la place de ce type d’énergie dans l’équilibre énergétique (le moins carboné possible) qu’il faut prévoir pour les besoins généraux des habitants de la planète. Et de ce point de vue, le nécessaire avis des Français, que veut solliciter le Front de gauche, ne peut se réduire à un référendum pour ou contre, mais doit reposer sur un réel débat mettant à plat toutes les questions, y compris économiques (coût des différentes sources d’énergie) et financières (besoins de capitaux) en même temps qu’écologiques (nuisances des différentes sources, notamment vis-à-vis du réchauffement climatique), sociales (satisfaction des besoins et réduction des inégalités, y compris internationales) et ceci pour l’ensemble des filières énergétiques envisageables.

 

JEAN BARRA

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 08:34

 

MONDE -  le 26 Décembre 2013

Allemagne

Energie solaire: stress électrique en Bavière

Allemagneenvoyé spécial. Depuis l’abandon du nucléaire en 2011, la transition énergétique allemande s’appuie sur la production d’électricité photovoltaïque et éolienne. Mais des obstacles s’accumulent et un sentiment d’insécurité gagne du terrain.

Un voyage à travers le sud de l’Allemagne a de quoi réjouir les yeux d’un partisan des énergies renouvelables : partout, panneaux solaires et éoliennes parsèment le paysage. La Bavière se distingue. Championne de l’énergie solaire, ses quelque 400 000 installations totalisent une capacité de production d’électricité photovoltaïque supérieure à celle des États-Unis. Encouragé par les autorités, le mouvement paraît irrésistible. De 3 % de la consommation d’électricité en Bavière en 2009, le photovoltaïque en représente 8 % en 2011. Le gouvernement de Bavière espère encore doubler ce taux d’ici à 2021. À cet horizon, la part de l’électricité aux origines renouvelables devrait atteindre 50 % dans le Land, contre 25 % en 2010.

Particularité allemande, la transition énergétique est menée dans le cadre d’un abandon du nucléaire. Le 6 juin 2011, trois mois après la catastrophe de Fukushima, la chancelière Angela Merkel annonce l’arrêt immédiat de 8 des 17 réacteurs nucléaires ; 
les 9 autres doivent fermer d’ici à 2022. Les énergies renouvelables sont appelées à la rescousse. L’urgence est palpable en Bavière. Le Land cumule les défis et apparaît comme un laboratoire de la transition énergétique. Il compte 
4 des 9 réacteurs nucléaires encore en activité, qui produisent près de 60 % de l’électricité consommée. C’est aussi le Land le plus éloigné des puissantes fermes éoliennes de la mer du Nord. Handicap supplémentaire : les nouvelles lignes à haute tension qui doivent transporter cette électricité vers le sud tardent à se concrétiser. En Bavière, la fermeture d’un réacteur en 2011 a pu être surmontée sans réelle difficulté. Mais plus on approche du prochain arrêt, programmé en 2015, plus l’inquiétude croît. En l’absence de solution de rechange, les doutes s’élèvent sur le bien-fondé de la politique suivie. Le premier constat est celui d’une forte augmentation du prix de l’électricité. En 2013, elle approche les 10 %. La totale libéralisation du marché de l’électricité l’explique en partie. S’y ajoutent les subventions prévues par la loi sur les énergies renouvelables (EEG). L’État fédéral s’engage à subventionner pendant vingt ans les producteurs d’électricité renouvelable : l’aide était de 1,3 cent le kilowattheure en 2009, elle atteint 5,3 cents en 2013. De plus, la loi oblige les distributeurs à acheter en priorité l’électricité produite à partir de sources renouvelables.

Deuxième constat : l’EEG génère des gâchis financiers et technologiques. Par exemple, les producteurs d’électricité éolienne sont subventionnés même quand leurs installations ne sont pas raccordées au réseau. Par ailleurs, la priorité donnée aux énergies renouvelables réduit la rentabilité des centrales à énergies fossiles. Ces dernières voient leur temps de production réduit tandis que leurs coûts d’entretien restent fixes. Ces centrales sont pourtant nécessaires pour garantir l’approvisionnement en électricité quand la production tirée du photovoltaïque et de l’éolien baisse en raison de conditions météorologiques défavorables.

Côté économie, les partisans de la transition énergétique vantent le développement d’une branche industrielle verte dont l’Allemagne occuperait la pointe technologique. Le pari est gagné dans l’éolien, notamment avec Siemens. En matière d’emploi, le nombre de personnes occupées dans les énergies renouvelables a plus que doublé entre 2004 et 2011. Mais les suppressions d’emplois dans d’autres secteurs s’accumulent, notamment dans le nucléaire que Siemens a abandonné. E.ON et RWE, deux des principaux producteurs d’électricité, ont chacun annoncé plus d’une dizaine de milliers de suppressions d’emplois. La filière photovoltaïque, elle, a perdu 30 000 emplois depuis 2011, soit près d’un tiers, en raison de la concurrence chinoise. De surcroît, « les nouveaux emplois sont caractérisés par des salaires, des qualifications, des droits, des taux de syndicalisation nettement moins élevés que dans les secteurs traditionnels de l’énergie », constate Martin Marcinek, directeur de la branche énergie et déchets du syndicat Ver.di en Bavière.

Professeur de physique à l’université de Constance, Gerd Ganteför va plus loin. Selon lui, la transition énergétique pourrait entraîner une diminution du niveau de vie en Allemagne. « Augmenter la part des énergies renouvelables reste acceptable si le prix de l’électricité reste à 150 euros par mois par ménage. En revanche, si l’Allemagne veut atteindre un taux de 60 % d’énergies renouvelables en 2050, alors il en coûtera plus de 500 euros par mois par ménage. Ce sera insoutenable », calcule-t-il.

Mais le plus inquiétant reste sans doute la diffusion d’un sentiment d’insécurité économique. Quelques années en arrière, l’Allemagne jouissait d’un des meilleurs réseaux électriques au monde. « Maintenant nous avons des soucis avec la stabilité de la tension électrique. L’outil de production industriel commence à souffrir, affirme Bertram Brossardt, directeur général de l’Union de l’industrie bavaroise (vbw). Sans solution à ce genre de problème, la transition énergétique devient inacceptable. »

Quid enfin de l’objectif écologique de réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Là encore la réponse est négative. Le solaire et l’éolien compensent en partie l’arrêt de centrales nucléaires, mais pas en tout. Le solde est assuré par le charbon au prix d’une hausse des émissions de CO2. Alors que l’Allemagne a réduit de 19,4 % ses émissions de CO2 entre 1996 à 2011, elle a envoyé 2,2 % de gaz à effet de serre supplémentaires dans l’atmosphère en 2012. Explication : pour compenser l’arrêt de 8 réacteurs, le pays a augmenté sa consommation de charbon de 4,3 %. La transition énergétique allemande révèle ainsi un paradoxe écologique majeur.

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 09:23

L’écologie peut-elle se montrer révolutionnaire ?

Dans le monde du travail, l'écologie suppose 
d’en finir avec le Wall Street management

Documents à télécharger : La revue "Progressistes" n°2 oct-nov-déc -

 

Par Jean-François Bolzinger, membre du comité national du PCF, codirecteur de Progressistes. La transition écologique ne peut être que politique. Produire et consommer autrement suppose d’inscrire l’écologie dans son rapport au travail, d’en finir avec le management financier, le Wall Street management, fondé sur la performance financière.


En ce sens, l’écologie est révolutionnaire. Le levier est au cœur de l’entreprise avec la promotion d’un management de rupture, de long terme, qui exige donc de définanciariser l’entreprise et le travail. Elle doit aussi être portée par la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) avec des préconisations plus contraignantes qui rendent, grâce au poids du collectif de travail, l’entreprise solidaire du bien commun et du territoire.

 

Aujourd’hui, le Wall Street management procède par objectifs quantitatifs de court terme, incompatibles avec le développement social et durable : il tue le travail et tue au travail, impose un mode de surexploitation de la part intellectuelle du travail. Il génère la démobilisation, la non-qualité et provoque des accidents industriels majeurs comme celui d’AZF.

 

Nous avons besoin donc d’un management qui accepte le rôle contributif des salariés, conjugue social, économie et environnement. Mais sans reconnaissance et paiement des qualifications, on ne peut obtenir qu’une société du low cost, ignorante des ambitions écologiques.

 

Déjà, des cadres supérieurs du nucléaire déplorent la disparition des disputes professionnelles sur la sécurité des centrales, remplacées par des procédures normatives et comptables. Or la révolution écologique a besoin de réflexions, d’innovations et d’investissements.
 Elle appelle une conception de l’entreprise différente de la société d’actionnaires. Elle induit une entreprise qui soit communauté de travail, créative et qui redéfinisse ses liens avec la société. Cette révolution écologique passe par une 
nouvelle conception de l’industrie et impose de faire le choix du progrès social, scientifique et environnemental.

 

La production marchande incontrôlée et le productivisme doivent laisser place à une production satisfaisant les besoins de tous. Une révolution écologique démocratique, qui intègre les choix écologiques dans les procès de travail.

 

Le partage des rôles qui prévaut est aujourd’hui mortifère : le social aux syndicats, l’économie aux employeurs, l’écologie aux associations ! Si nous ne brisons pas cette trinité, l’écologie sera récupérée par les stratèges de l’économie libérale.

 

Il y a urgence car le processus a déjà débuté. Le détournement des aspirations des salariés à mieux vivre le travail s’exprime par l’individualisation, la psychologisation du mal-être. Les préoccupations environnementales des salariés se retrouvent sur le papier glacé de chartes largement diffusées, mais exposer à longueur de communication un problème ne veut pas dire le résoudre.

 

Il est aussi légitime de s’intéresser à l’utilisation des subventions ou crédits de tous ordres comme le crédit impôt recherche (CIR), le crédit impôt innovation (CII)… comme il aurait été légitime de s’interroger sur l’utilisation d’un partenariat public-privé (PPP) pour gérer l’écotaxe : une manne pour la société privée, un déficit pour les finances publiques.

 

L’information et la transparence doivent être la règle.

 

L’enjeu écologique doit être pensé globalement, sur le long terme, car il touche au bien commun. Il ne peut donc être question d’une écologie de repli alors même que l’action locale fait de chacun un acteur du processus. C’est à ce prix que nous ferons échec à la financiarisation de l’écologie. Nous sommes pour une écologie de développement qui s’appuie sur l’élévation et la reconnaissance des qualifications, la formation, le développement des droits démocratiques dans les entreprises, l’interactivité avec la société civile. Nous sommes en fait pour une écologie non politicienne et qui redonne sens au progrès.

 

(1) Le numéro 2 de la revue trimestrielle Progressistes, sur le thème « Commune et environnement », est paru. En téléchargement ci-dessous.

Jean-François Bolzinger

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 09:20

GIEC/dérèglement climatique : « Pour une intervention des Etats et des peuples »

 

Les experts du GIEC ont rendu publique, aujourd’hui à Stockholm, le résumé du 5ème rapport sur le Climat. Ce nouveau signal d’alarme dresse un bilan sans appel : l’intervention humaine sur son environnement est bien responsable de profonds dérèglements tant dans les airs, que sur terre et dans l’océan, qui menacent à terme un écosystème propice à un développement humain durable.

 

Dans ce rapport, les experts du GIEC confortent leur constat sur l’étendue des dégâts du siècle passé et revoient à la hausse leurs prévisions des dérèglements climatiques d’ici à 2100. C’est ainsi, si rien ne bouge, que la concentration de CO2 dans l’atmosphère pourrait doubler, que le stockage du carbone par l’océan augmentera son acidité, nuisant à des pans entiers de la faune et de la flore marine, que la température serait de +5°C depuis l’ère préindustrielle et que la hauteur des océans augmenterait de 40 à 60 centimètres. A moyen terme, la vie de centaines de millions de personnes serait modifiée, voire menacée, qu’elles soient réfugiées climatiques, que l’aridité les prive de moyens de subsistance, ou qu’elles soient confrontées à des évènements climatiques extrêmes.

 

La certitude du dérèglement climatique force à une intervention résolue des Etats et des peuples pour endiguer ces phénomènes chaotiques.

 

La conférence internationale sur le climat prévue à Paris en 2015 confère, au peuple, à l’Etat français, aux forces sociales et politiques, une responsabilité particulière ! Les voyants sont au rouge. C’est dans ce cadre que le PCF appelle à l’irruption populaire, sociale et citoyenne dans le débat climatique, pour peser sur les choix gouvernementaux.

 

Les communistes travaillent à rassembler les forces progressistes, européennes et mondiales, derrière une grande campagne citoyenne internationale pour sortir les Etats de l’inaction.

 

Toutefois, la crise écologique ne saurait servir de prétexte à des formes de coercitions environnementales, de fiscalités punitives, ou à une super-austérité, ne renvoyant pour solutions qu’à des changements de comportements individuels. Elle doit au contraire conduire à des choix collectifs raisonnés pour un nouveau type de croissance, alliant satisfaction des besoins humains, protections de la planète et un développement humain durable tenant compte des facultés de chaque Etat.

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 00:26


DECLARATION DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS SUR LE PROJET CIGEO

 

 

La loi du 28 juin 2006 a entériné le choix du stockage réversible, dans une couche géologique profonde, pour la gestion à long terme des déchets radioactifs de haute activité [HA] (pour l'essentiel des déchets vitrifiés issus du retraitement des combustibles usés retirés des centrales nucléaires) et des déchets de moyenne activité à vie longue [MA-VL] (déchets solides issus de l'exploitation et du démantèlement des installations nucléaires). Cette loi a confié à l'Andra la mission de concevoir, de construire puis d'exploiter ce stockage dont le projet a été appelé CIGEO (centre industriel de stockage géologique).

 

En effet, aujourd’hui, les déchets les plus radioactifs [HA et MA-VL], « n’ont pas de filière définitive opérationnelle de stockage ». Dans l’attente d’un site de stockage définitif, ils sont conditionnés et entreposés dans des installations ad hoc par leurs producteurs (Areva, le CEA, EDF). Bien qu’ils ne représentent que 3 % environ du volume des déchets radioactifs français existants - pour un volume équivalent à deux piscines olympiques - c’est une affaire importante car ils concentrent plus de 99 % de la radioactivité totale de ces déchets. Il est donc clair qu’il vaut mieux garder ces déchets rassemblés dans un endroit contrôlé, plutôt que dispersés dans un grand nombre de sites. De plus, cette exigence de stockage est réelle, quel que soit l’avenir réservé au nucléaire français.

 

La solution du stockage en formation géologique profonde fait l'objet d'un consensus international et est recommandée par l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui dépend de l'ONU.

 

Le débat public prévu par la loi sur le projet CIGEO en Meuse/Haute Marne est prévu du 15 mai jusqu’au 15 octobre 2013. Organisé par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), le débat devait s’articuler autour de quinze réunions publiques et d’un site internet participatif. Or, compte tenu de l’impossibilité avérée de tenir les réunions publiques, la CNDP a décidé de les annuler et de poursuivre le débat essentiellement via Internet.

 

Pour le PCF, le débat public sur le projet CIGEO constitue un moment important du projet. Il est non seulement nécessaire parce que prévu par la loi, mais il est utile parce qu’il conduit à confronter tous les avis et à sensibiliser l’opinion. Il doit permettre à l’ensemble des citoyens de faire entendre son point de vue. Il est un moment d’échanges avec les citoyens qu’ils vivent dans la Meuse, la Haute Marne ou partout en France. Quoi de plus normal de vouloir apporter des réponses aux légitimes questions que peuvent se poser nos concitoyens. Pour nous, les débats doivent être soumis à la pluralité et à la contradiction des participants quelque soient leurs avis. Nous souhaitons donc la relance de ces réunions publiques utiles à la démocratie.

 

Sans vouloir donner un pouvoir décisionnel au seul échelon local, les pouvoirs publics doivent entendre, comprendre et prendre en compte l’émotion que le débat sur CIGEO peut engendrer auprès des populations. Si l’on veut que toute la filière nucléaire civile soit portée et assumée par nos concitoyens, il faut qu’ils se sentent écoutés et respectés.

 

Le Parti Communiste Français rappelle qu’il a fait le choix, pour la production d’électricité, d’un bouquet énergétique composé d’énergies renouvelables, d’hydraulique et de nucléaire. La filière nucléaire civile, porteuse d’indépendance nationale - vecteur de développement industriel et de qualification des salarié-e-s- est aujourd’hui à même de pouvoir répondre aux besoins énergétiques et à l’urgence climatique. Pour nous la transparence est une exigence. Elle nécessite une information accessible à tous. C’est une condition incontournable à l’acceptation par les populations de la réalisation de tout grand projet essentiel.

 

Dans ce débat public, le Parti Communiste Français prendra part toute sa part via un cahier d'acteurs qu’il publiera très prochainement.

 

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BRUNO FORNACIARI

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