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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 08:15

Trois dirigeants de l’Institut de l’entreprise intègrent le Conseil National Education Economie : mauvaise nouvelle pour la diffusion de la culture économique et sociale à l’Ecole (Communiqué de presse de l’APSES)

APSES 2 avril 2015

jeudi 2 avril 2015

Trois dirigeants de l’Institut de l’entreprise intègrent le Conseil National Education Economie : mauvaise nouvelle pour la diffusion de la culture économique et sociale à l’Ecole

Par Arrêté du 28 mars 2015, le Ministère de l’Education nationale renouvelant les membres du Conseil National Education Economie a notamment accueilli 3 anciens ou actuels dirigeants de l’Institut de l’entreprise : Jean-Pierre BOISIVON (ancien délégué général du think tankpatronal), Xavier HUILLARD (son actuel président), et Michel PEBEREAU (ancien président).

Depuis de nombreuses années, l’Institut de l’entreprise s’emploie à transformer le contenu de l’enseignement de Sciences économiques et sociales (SES) au lycée avec un objectif idéologique clairement assumé, comme en attestent les propos tenus par Michel Pébereau en 2006 lors d’une conférence publique : « il serait peut-être bon d’effectuer un travail pédagogique de fond sur nos lycéens, comme cela a été fait par les entreprises depuis 20 ans auprès de leurs salariés, afin de les sensibiliser aux contraintes du libéralisme et à améliorer leur compétitivité, en adhérant au projet de leur entreprise … ».

Suite à un lobbying efficace, ce projet s’est traduit par un appauvrissement de l’étude des entreprises en SES. En classe de seconde, le programme en vigueur depuis 2010 présente l’entreprise uniquement comme une entité abstraite qui cherche à combiner le plus efficacement possible ses facteurs de production, et a supprimé toute étude du contrat de travail et des relations professionnelles. De même, en terminale les enjeux liés à l’organisation du travail ont été tout bonnement supprimés du nouveau programme de 2012. Des questions essentielles à la formation économique et sociale de tout citoyen et qui passionnaient pourtant les élèves.

Plus récemment, Michel Pébereau a présidé une commission du CNEE consacrée à la culture économique des élèves. Les conclusions de ce groupe étaient atterrantes : opposition entre l’économie comme discipline d’enseignement qualifiée de « théorique et macroéconomique » et une pseudo « culture économique », fondée sur « une approche plus individuelle et microéconomique » qu’il faudrait promouvoir. Pour Michel Pébereau, il ne s’agit donc pas de former des citoyens aptes à comprendre la complexité des enjeux entourant les entreprises, mais de « susciter le goût d’entreprendre ».

Contre cette vision partiale d’une culture économique réduite au point de vue des seuls dirigeants de (très grandes) entreprises et visant à réanchanter ces dernières, l’APSES appelle le CNEE à promouvoir au contraire une culture économique et sociale ambitieuse, ouverte et pluraliste, qui n’évacue pas les débats suscités par les grands enjeux contemporains. Il faut donc s’inspirer de la réussite des sciences économiques et sociales au lycée, qui ont contribué à développer avec succès la culture économique et sociale de générations de bacheliers depuis bientôt 50 ans.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 14:31
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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 17:10





 

 

 

 

Pierre Laurent : un discours important sur l’Economie Sociale et Solidaire 

 

> Le 22 janvier, au siège du PC, à l'espace Niemeyer,le Parti Communiste organisait une rencontre sur le thème "Citoyens, Militants, Candidats, Élus locaux : comment agir ensemble pour la transformation sociale et solidaire de nos territoires ?".  Sylvie Mayer et Jean-Luc Gibelin, animaient cette manifestation.Pierre Laurent,au nom du Parti communiste à livrer leur rélexion  sur l’actualité et sur les enjeux de l’Economie sociale et solidaire. Ce discours par sa réflexion et son engagement montre une attitude nouvelle à l’égard de l’ESS et marque des convergences avec ceux qui se battent pour une Economie sociale émancipatrice.


> "Cette initiative pilotée en transversalité par plusieurs secteurs de travail du Parti communiste est de pleine actualité : au mois d’avril sera votée à l’Assemblée nationale la loi-cadre sur l’économie sociale et solidaire que nombre d’entre vous attendaient. Mais elle ne nous semble pas à la hauteur de ces attentes, j’y reviendrai.

> Cette année est celle de deux échéances électorales, les élections municipales dont on sait l’importance pour les territoires, et les européennes dont les résultats auront des conséquences économiques, écologiques et sociales très sérieuses.

> Face aux crises qui affectent durement les territoires de notre pays, l’économie sociale et solidaire organise des ilots de résistance, de solidarité. Avec les coopératives, les mutuelles, les associations, même si elle n’est pas sans défauts ni dérives, elle offre des solutions innovantes, construit des entreprises pérennes, organise la solidarité avec les plus fragiles, crée du lien social. Elle grandit, et les sociétés coopératives participatives, les Scop, comme les SCIC, créent de nouveaux emplois, contrairement à l’économie capitaliste.
> Depuis quelques années, nous avons été plus attentifs à son développement, et nous souhaitons contribuer à ce qu’elle soit plus encore un pilier d’une véritable alternative.
> Une personne égale une voix, c’est dans cet esprit démocratique que nous souhaitons coconstruire avec vous des propositions qui fassent front à la crise globale, aux graves dérives du capitalisme financier. Nous pouvons le faire en nous appuyant sur toutes les expériences d’actions citoyennes solidaires, innovantes, participant à la relocalisation des activités économiques dans un esprit éthique, préservant l’environnement et donnant toute leur place aux aspirations des citoyennes et des citoyens.

> Du local au global, du territoire de la commune à la France et à l’Europe, il y a des réponses concrètes à apporter aux difficultés toujours plus grandes que connaissent les populations, et l’économie sociale et solidaire y contribue largement. Mais elle a besoin d’une volonté politique.
> Cette volonté, elle est déjà présente chez les élus municipaux communistes et du Front de gauche, et se traduit par de multiples initiatives concrètes, je pense à quelques lieux symboliques de ce point de vue : Tarnos, Toulouse, Barjac, Chevilly Larue…mais la campagne des municipales, l’élaboration des programmes municipaux peut- avec votre participation y contribuer encore plus.
> Organiser la veille pour que plus une entreprise saine ne ferme faute de repreneur, et que les salariés soient associés à leur devenir
> Etre attentifs à l’utilisation de l’argent déposé dans les agences des banques locales à des projets de développement utiles au territoire local
> Soutenir toutes les initiatives de circuits courts alimentaires et être à l’initiative pour ce qui est du ressort de la commune et de l’intercommunalité, maison de retraite, écoles, repas des personnes âgées, restaurants interentreprises
> Veiller aux clauses sociales et environnementales des appels d’offres
> Soutenir les initiatives citoyennes en matière de logement, notamment d’habitat coopératif
> développer et soutenir tout ce qui peut contribuer aux solidarités intergénérationnelles
> Revenir à une politique de subventions pluriannuelles aux associations, plutôt qu’à la course aux appels à projet
> Créer avec les citoyens et les entreprises sociales et solidaires des monnaies locales qui contribuent au développement économique local
> Revenir à une gestion démocratique de l’eau
> Soutenir les associations de solidarité internationale
> Et associer les habitants à toutes les décisions qui les concernent, à la gestion de leur commune, de ses équipements…

> Voilà quelques une des pistes qui peuvent non seulement contribuer à une meilleure vie de nos concitoyens, à leur plus grande insertion dans la vie civique et sociale de leur lieu d’habitation, mais aussi à élargir leurs droits, en tant que citoyens, en tant que salariés.
> Toutes ces pistes, et toutes celles que nous pouvons construire ensemble, sont évidemment complémentaires, je dirai même parties prenantes des luttes que nous menons pour des changements radicaux. _ Ainsi, nous voulons, sous de multiples formes, engager un grand mouvement d’appropriation sociale. Tout à la fois, des nationalisations doivent être opérées dans plusieurs secteurs stratégiques et pour reconquérir la gestion de biens communs, un pôle public financier doit être créé auquel les banques coopératives seront associées, et le secteur coopératif doit être développé pour « entreprendre autrement ».

> Dans ce cadre d’exigences, que peut apporter la loi sur l’économie sociale et solidaire ?

> Tout d’abord elle présente des ambiguïtés que nombre des acteurs de l’économie sociale ont souligné.
> En ouvrant le périmètre de l’ESS à de nouveaux entrepreneurs dits « sociaux » dont l’activité répond à certains critères d’utilité sociale avec une « lucrativité limitée », sans pour autant adopter le statut qui caractérise l’économie sociale, notamment « une personne = une voix » et l’impartageabilité des réserves, la loi peut devenir une aubaine pour donner à des entreprises capitalistes une image sociale. Après le green washing, le social washing ? Attention aux dangers d’une pollinisation qui pourrait se muer en pollution du secteur de l’économie sociale et solidaire…
> Dans le même temps, la loi offre peu de possibilités de lutter contre les dérives que connaissent certaines structures de l’économie sociale. Les entreprises de l’économie sociale, si leurs statuts les distinguent nettement des sociétés d’actionnaires sont loin d’être toutes vertueuses en matière de gouvernance, de transparence et de parité dans les organes de direction. Nous sommes satisfaits du renforcement de la révision coopérative, mais il y a besoin aussi, de renforcer les contre-pouvoirs des salariés et des sociétaires, notamment dans les banques coopératives, les très grandes mutuelles, les grandes coopératives agricoles, les grandes associations de santé.
> Il faut contribuer à la réappropriation de l’Economie sociale par ses mutualistes, ses sociétaires, ses bénévoles et adhérents associatifs.

> Ensuite, le présent texte, s’il est adopté, ne garantira pas que lors de cession d’une entreprise, le projet des salariés soit retenu en priorité, même s’il maintient davantage d’emplois. Ce texte ne garantit en aucune manière la localisation des emplois et de l’activité économique, la protection de tout ce qui permet à l’entreprise de vivre, et notamment les titres de propriété intellectuelle, les brevets, les marques. L’exemple de Fralib luttant pour récupérer la marque Eléphant montre où cela mène. En 2012, près de 3000 entreprises, avec 130000 salariés dont 90 000 dans des entreprises de moins de 250 salariés ont mis la clé sous la porte, faute de repreneurs !
> D’autres emplois- 100 000 en 2012- sont détruits, à l’occasion des fermetures judiciaires, au nom de la rentabilité financière. Dans de nombreux cas, des salariés se sont engagés dans des luttes intégrant la reprise coopérative. Des succès ont été remportés, les imprimeurs d’Hélio Corbeil, les marins de MyFerryLink les salariés d’Arféo (mobilier), et d’autres sont encore en lutte comme les emblématiques Fralib ou les glaciers de Pilpa. Il est temps de donner aux salariés qui le souhaitent les outils leur permettant de reprendre leur entreprise et de défendre leurs emplois. Les entreprises européennes ont accumulé 346 milliards d’euros de trésorerie de 2007 à 2013. A l’heure où la croissance via des productions utiles stagne, à l’heure où les banques refusent aux TPE, PME, PMI les fonds nécessaires pour investir, créer de l’emploi et produire pour répondre aux besoins, cet argent serait bien utile à toutes ces entreprises de l’économie sociale qui ne cherchent pas le profit pour des actionnaires mais des bénéfices pour améliorer leurs productions, les salaires des ouvriers et assurer la pérennité de leur entreprise.
> Ainsi, nous souhaitons, comme le préconisait d’ailleurs le Conseil économique, social et environnemental, instaurer un droit de reprise dans un délai raisonnable, prévoir un véritable droit de préférence au profit des salariés, renforcer le rôle des banques coopératives et ouvrir l’épargne salariale pour l’octroi des prêts et garanties en appui aux projets de ces derniers. Là encore Le gouvernement doit cesser de céder au patronat qui refuse ce droit de reprise, alors qu’il est incapable d’assurer cette reprise des entreprises. Non que ce droit porte atteinte au droit de propriété comme le clame le ministre en charge de l’ESS, mais parce les dirigeants du MEDEF et de la CGPME sont bien conscients que la reprise en coopérative change la structure de la propriété, et donne des droits nouveaux aux salariés.

> En ce qui concerne les mutuelles, il reste aujourd’hui, 623 mutuelles d’assurance, il y en avait 6000 dans les années 1990. Elles ont longtemps joué un véritable rôle solidaire en matière de couverture des risques santé et accident. Aujourd’hui, ce mouvement issu de plus d’un siècle de conquêtes syndicales, déjà attaqué par les directives européennes, est à nouveau menacé par la loi Hamon. Parmi elles, 550 sont des mutuelles territoriales ou professionnelles à taille humaine, qui gardent un lien direct avec leurs adhérents. Seules une vingtaine de mutuelles font aujourd’hui un chiffre d’affaires supérieur à 120 millions d’euros. Les articles de la loi concernant directement la mutualité, sont rédigés pour que ces grandes mutuelles qui, pour certaines, aspirent à devenir de «  grands opérateurs de marché  » puissent être assimilées aux assurances. Parmi les dispositions prévues pour cela ; il en est une qui me parait particulièrement grave au regard du fonctionnement démocratique qui caractérise le mutualisme :
> La modification de l’article L. 114-17 qui suspend le rôle de l’assemblée générale dans la fixation des montants des cotisations et des prestations au profit du conseil d’administration, voire, dans le cadre d’une délégation, du seul président. Ceci supprime de fait ce qui constitue la base de la vie mutualiste
: décider démocratiquement de la nature et du niveau des prestations, c’est-à-dire décider des solidarités. Pour le reste, chaque article est conçu pour permettre l’entrée des assurances privées dans le champ mutualiste.
> Au bout du compte, ce projet de loi s’il reste en l’état conduira, comme l’écrivait Jean Sammut dans, dans l’encart 4 pages consacré chaque mois à l’économie sociale et solidaire par l’Humanité, « à insérer un peu mieux, voire un peu plus, l’ESS dans le marché ».
> Si le Pcf et le Front de gauche portent la proposition d’une sécurité sociale solidaire qui prenne en charge à 100% les soins prescrits ce qui modifie sensiblement les réponses et les rôles dans la protection sociale, nous sommes convaincus que les mutuelles continueront de jouer un rôle significatif en matière de prévention, de protection, d’éducation à la santé. Elles ont aussi une place à tenir dans une démocratie sanitaire réelle en étant des représentantes des ayants-droit à la santé. Les outils médicaux et paramédicaux, cliniques, centres de santé, maisons de retraites et de convalescence, dont les mutuelles se sont dotées devront être préservés et développés.

> Nos sénateurs ont défendu des amendements à la loi-cadre sur ces différents aspects de la loi. Ils n’ont pas été entendus, nos députés à leur tour défendront des amendements pour modifier la loi en profondeur. Mais nous savons que c’est dans les luttes et les constructions de terrain que nous pourrons contribuer à la défense d’une économie sociale et solidaire qui contribue réellement à démocratiser l’économie.

> Nos concitoyens sont aujourd’hui taxés d’individualisme. C’est faire peu de cas des millions de bénévoles associatifs, qui font vivre les associations solidaires, les associations d’éducation populaire, les associations sportives qui dimanche après dimanche accompagnent des enfants dans les stades et les gymnases, les associations qui se dévouent souvent sans les moyens nécessaires à l’aide aux devoirs ou au maintien à domicile de nos anciens.
> La vie associative subit durement la crise et la politique actuelle : l’état se désengage, incite les associations à recourir aux appels à projet, voire au financement privé au détriment de la subvention. Il veut un engagement plus important des collectivités territoriales au moment où il leur impose l’austérité. L’emploi associatif diminue et se précarise. La baisse du pouvoir d’achat aboutit à une baisse des dons. Si la redéfinition de la subvention peut conduire nos élus à refaire du lien avec ces associations, les économies drastiques imposées par le gouvernement ne permettront pas réellement un nouveau développement de la vie associative. Trop d’associations mettent aujourd’hui la clé sous la porte faute des moyens nécessaires à leur fonctionnement. Tout cela contribue au recul de la vie démocratique, de l’engagement citoyen, malgré le dévouement des bénévoles. Le recul de la démocratie très préoccupant dans notre pays n’épargne pas la vie associative.
> La vie associative et le bénévolat constituent une richesse de notre pays. Imaginons un seul instant une grève de tous ces bénévoles. Pas besoin de commentaire !

> Vous avez discuté dans l’un des ateliers, de la constitution d’un Arc solidaire, à l’initiative de Maurice Décaillot, économiste communiste, auteur d’ouvrages sur l’économie équitable. J’espère que cette expérimentation innovante, destinée à renforcer la solidarité entre acteurs de l’économie solidaire au moyen de lieux d’échanges équitables, à créer de nouvelles coopérations, à inventer de nouveaux modes socialisés, mutualisés, de financements, à établir de nouveaux rapports entre acteurs de l’économie sociale et collectivités locales va prendre corps, et contribuer à changer les rapports sociaux, à changer le travail, de sorte que les travailleurs en soient les maîtres.

> Nous entamons un processus d’élaboration devant mener dans quelques mois, à une convention sur un nouvel essor de l’industrie dans un modèle productif transformé.
> Vous êtes bien sur invités, car vous avez toute votre place dans cette co-construction, avec vos compétences, votre expérience et vos convictions.
> J’espère que ce dialogue qui n’est pas le premier va se poursuivre sur le long terme, pour que nous puissions construire ensemble une Economie sociale et solidaire de changement social, dans un esprit mutualiste, associatif et coopératif qui contribue à refaire de notre pays une terre de solidarité, d’égalité et de fraternité.

 


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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 19:57
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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 10:06

Contacter l'auteur de la pétition

Clôture de la pétition

2013-07-03 18:43

Chers signataires,

 

Au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Aubervilliers-La Courneuve, l’Etat avait diminué de 132000 euros sa subvention annuelle.

 

Grâce à vos signatures, à celles des citoyens des deux villes sur la version papier; suite à une grève des professeurs et des personnels suivie à 83 %, aux actions revendicatives au Ministère; le tout soutenu par l’association des parents d’élèves et le collectif des étudiants, nous avons obtenu l’annulation de cette décision.

 

Le Ministère a reconnu: " Il y a eu rupture d'équité et en conséquence, nous sortons du bien commun pour rétablir cette subvention."

 

Forts de cette première étape, les villes se sont engagées à voter en Conseil d'Administration le budget du CRR93 en équilibre pour l'année 2013.

 

La pétition que vous avez signée est clôturée, la subvention ayant été rétablie. Merci à tous de votre mobilisation.

 

Nous restons vigilants pour que la Culture reste un vecteur d’intégration sociale, d’éducation et d’émancipation.

Le collectif des personnels

 

collectif du personnel

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 07:44

ESR : « Coup de force et manœuvres scandaleuses au Sénat » (PCF)

 

Après un vote difficile à l’Assemblée nationale, la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, se prête au Sénat à des manœuvres indignes.


Elle convient que les responsabilités et compétences élargies ont été une catastrophe mais, devant un amendement du groupe Front de gauche qui les supprime, elle les maintient avec des attendus extravagants.


Dans la même séance, l’article qui créait le grand désordre des fusions d’universités dans une conception bureaucratique et totalement inspirée de l’Europe des régions est retoqué à la suite de l’intervention du Groupe Front de gauche. Qu’à cela ne tienne, la ministre, qui tient à ce mécano digne d’Ubu, trouve un biais pour rétablir ces dispositions.


Enfin, un amendement soudain proposé par le Groupe EELV supprime la procédure de qualification nationale par le CNU pour les recrutements et promotions des enseignants-chercheurs, et fait sauter d’un coup les dispositions statutaires relatives aux enseignants-chercheurs qui leur assuraient les garanties de la fonction publique, la reconnaissance nationale et l’instance nationale qui les valide. Par contre, la Ministre accepte sans broncher et l’amendement est adopté avec l’appui du groupe centriste.

 

Coup de force et manœuvres scandaleuses, le gouvernement perd la raison. Le PCF, à plusieurs reprises, l’a mis en garde. Ces choix répétés qui doivent tout au MEDEF, à la troïka, à la pression des marchés financiers, conduisent la gauche dans le mur.


Ce n’est pas pour cette politique que la majorité de nos concitoyen-ne-s s’est prononcée en chassant Sarkozy et sa bande. Chaque élection partielle le démontre avec éclat.


La construction collective de choix majoritaires alternatifs de gauche est plus urgente que jamais. Le PCF s’y engage totalement en proposant à toutes les forces politiques et syndicales disponibles d’en débattre ensemble.

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:04

 

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Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

par Olivier Pochele 24 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9mn inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3mn sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4mn 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4mn 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?

Le lancement de David Pujadas indique assez quel sera l’angle du reportage : « Gros plan sur un atout qui manque souvent aux élèves dans les zones sensibles : la confiance, la confiance en soi, la confiance en son potentiel. Eh bien le CAC 40 s’en mêle. Depuis quelques années des cadres de très grandes entreprises viennent parler aux collégiens, ils viennent les coacher comme on dit aujourd’hui, les secouer aussi parfois : les managers au service des élèves […] »

Nous voilà prévenus : il ne s’agit nullement d’interroger le principe même de faire intervenir des patrons au sein d’un collège, mais uniquement de rendre compte de l’initiative, et sous un angle positif, puisqu’elle est d’emblée jugée (ou, en tout cas, présentée) favorablement : le sujet est cet « atout », la « confiance en soi », que des cadres supérieurs, se mettant « au service » d’élèves de « ZEP » [1], sont en mesure de leur apporter. Quitte à les« secouer » quelque peu, car on ne le sous-entend jamais assez, les « élèves de ZEP », s’ils ont leurs problèmes (que le reportage n’évoquera pas), gagneraient tout de même à se secouer un peu.

Signe de cet a priori positif, le titre du reportage tel qu’il apparaît derrière Pujadas : « Réussite : les patrons enseignent en ZEP ».


On commence par un aperçu du collège « de banlieue parisienne au bord de l’autoroute », et où pourtant « on a des rêves, comme ces élèves de sixième » – qui déclarent à l’écran ce qu’ils veulent devenir plus tard : architecte, cosmonaute, etc. Un problème, une solution : telle semble être la logique implicite du commentaire qui enchaîne : « Pour accroître les chances de réussite de ses élèves, le collège a mis en place des séances de coaching avec des cadres supérieurs de grands groupes. Ses méthodes pour gagner, cette responsable du groupe Orange les a adaptées des adultes aux enfants, du CAC 40 à la cité. »

Sans présentation synthétique de la part des journalistes, il est difficile de se faire une idée précise du contenu exact des « séances de coaching ». Mais ce que l’on en voit, par bribes, est assez consternant. Ainsi l’on peut admirer l’intervenante, descendue des sommets du groupe Orange, conseiller aux élèves de « se brosser les dents », « faire de l’exercice et manger équilibré », et le commentaire de résumer : « se coucher tôt, ne pas regarder la télé pendant qu’on fait ses devoirs, des règles simples mais difficiles à appliquer dans certaines familles [2]. »

Que des grands patrons se déplacent en banlieue parisienne pour apprendre aux collégiens à se brosser les dents ne laisse pas de surprendre – et n’est pas sans évoquer un certain paternalisme qui, au XIXe siècle, prêchait aux pauvres l’hygiène et les bonnes mœurs… Mais que ne ferait-on pas pour la « réussite » des élèves ?

Autre aperçu du contenu de ces séances de coaching : « Pour encourager ces élèves à s’accrocher, Hélène s’appuie sur la vidéo d’un psychologue, le professeur Marty : “Cette idée qu’on a envie de devenir quelqu’un, c’est une idée qu’il faut conserver et qu’il faut conserver toute sa vie, cette idée qu’on veut devenir le meilleur par exemple.” » « Devenir quelqu’un » (cadre chez Orange par exemple), « devenir le meilleur », voilà en effet de belles idées saines, négligées par l’Éducation nationale, et que seuls des « winners » du monde merveilleux de l’entreprise pouvaient transmettre aux élèves qui décrochent parce qu’ils ne« s’accrochent » pas. 


Ces « méthodes pour gagner »… gagnent, évidemment : c’est la conclusion tirée par tout le monde. Le commentaire, d’abord, qui tire un bilan qu’il est « trop tôt pour tirer », sur la base d’un sondage rigoureux de « l’équipe enseignante » : « S’il est encore trop tôt pour tirer un bilan, l’équipe enseignante a remarqué que les élèves sont déjà plus attentifs, moins fatigués. »

Par la principale du collège, ensuite : « En ZEP on a de nombreuses problématiques, donc on doit avoir de nombreuses réponses diversifiées, donc les professeurs en sont une, les intervenants extérieurs en sont d’autres. »

Par David Pujadas enfin, qui conclut logiquement : « Voilà. La rencontre de deux mondes et chacun visiblement y trouve son compte. » Et c’est en effet ce que montre le reportage. Sans jamais paraître se poser la moindre question sur le bien-fondé de ce genre d’intervention, qui, à écouter son commentaire et les intervenants qu’il filme, semble aller de soi. Aucune prise de distance, à moins de considérer comme telle la question posée à l’intervenante : « Ce sont des messages que les profs, que l’Éducation nationale ne peut pas passer ? »

Si cette question est l’occasion pour l’intervenante de servir sa soupe (non sans dévoiler quelque peu ses batteries : « je crois qu’on est complémentaires […] Pourquoi ne pas amener des méthodes d’entreprise dans l’Éducation nationale, ça s’appelle du management, tout simplement »...), elle montre que même un journaliste de France 2 peut s’interroger. En creusant un peu, il pourrait se demander ce qui peut pousser des patrons de grandes entreprises, leur légendaire philanthropie mise à part, à enseigner le secret de la « réussite » à des élèves de quartiers défavorisés. Sur sa lancée, il pourrait se renseigner sur la gentille cadre d’Orange et sa gentille association, « Énergie Jeunes », qui, à la différence d’Acrimed, est reconnue d’intérêt général [3], et qui a, selon son site internet, « pour mission principale la prévention du décrochage scolaire », sur la base d’un diagnostic imparable :« L’échec scolaire résulte le plus souvent d’un cercle vicieux dans lequel se mêlent un manque de travail, de mauvais résultats, la perte de l’estime de soi et le découragement. Sa meilleure prévention est la régularité dans l’effort. Cela suppose l’engagement, c’est-à-dire l’implication personnelle dans l’action, ainsi que l’autodiscipline [...] ».

Diagnostic qui fait de l’échec scolaire un problème individuel, en évacuant toute considération sociale ou sociologique, diagnostic parfaitement neutre par conséquent, partagé par les partenaires de l’association qui l’aident à mener à bien sa mission, comme L’Oréal [4], Manpower, Orange, etc. Enfin, mais cela va sans dire,« l’association est indépendante et n’a aucun caractère politique, religieux ou commercial. » 

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 07:00

 

 

 

 

Éducation. « La Cour des Comptes a pollué le débat » selon Brigitte Gonthier-Maurin

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ENTRETIEN. Sénatrice CRC, en charge des questions d’éducation, et auteur, en juin 2012, d’un rapport remarqué sur « le métier d’enseignant », Brigitte Gonthier-Maurin conteste l’analyse de la Cour des Comptes. Elle fait aussi le point sur la loi Peillon, dont elle juge l’ambition trop limitée.

Avez-vous été surprise par cette charge de la Cour des Comptes contre les recrutements d’enseignants?
Brigitte Gonthier-Maurin. Pas vraiment, ni d’ailleurs par ses préconisations, comme les primes au mérite... Ce rapport pointe une question qui peut faire débat, mais il l’enferme tout de suite. Il faut redonner des moyens à l’éducation nationale, c’est-à-dire recréer des emplois, après la vague massive de suppressions de postes engagée sous Nicolas Sarkozy. Mais il ne faut pas s’arrêter là ! En parallèle, une réforme pédagogique d’ampleur est nécessaire pour permettre de faire entrer tous les enfants dans des apprentissages devenus de plus en plus complexes. Ce que je reproche à la Cour des Comptes, c’est de polluer ce débat, derrière la fausse question des moyens. C’est un peu gonflé, d’autant qu’il a été impossible, dans la dernière période, de se pencher sur la souffrance ordinaire des enseignants, sur leur métier, sur la gestion des carrières...

Le ministre promet une réflexion à l’automne sur le sujet...
Brigitte Gonthier-Maurin. Tant mieux. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais cela fait longtemps qu’on aurait du se préoccuper de cela. Car cette souffrance au travail – avec à la clé, comme dans d’autres professions, des suicides -, est vraiment très présente dans le corps enseignant. Par exemple, il faut réfléchir au temps des enseignants. Car ils ont besoin de pouvoir échanger sur leurs pratiques, sur leurs difficultés, avec les parents, avec les conseillers d’orientation/psychologues, avec les professeurs Rased (spécialisés dans la lutte contre l’échec scolaire – NDLR). Or, ce temps, ils ne l’ont plus. On a beaucoup trop tardé à prendre à bras-le-corps ces questions.

Depuis mardi, le Sénat examine la loi de refondation de l’école. Les discussions en cours peuvent-elles inciter les parlementaires du groupe CRC à voter ce texte?
Brigitte Gonthier-Maurin. Pour l’heure, notre décision n’est pas arrêtée. Nous attendons la fin de l’examen du texte. Ce qui est sûr, c’est qu’il fallait bien une « refondation ». La politique de la droite sur le sujet avait profondément brouillé le sens de l’école, pour les enseignants comme pour les parents. Mais cette loi n’aborde pas la nécessaire refondation de la pédagogie et ne s’interroge pas sur les rapports au savoir. Sommes-nous capables de reconnaître que tous les enfants sont capables d’apprendre? Nous pensons que oui. Mais il faut alors repenser tous les contenus, ainsi que la formation des enseignants. La loi ne fait que survoler ces questions. Elle n’a pas intégré la proposition que nous faisions de mettre en place des pré-recrutements d’enseignants pour répondre à la crise des vocations et assurer une mixité sociale. Idem pour la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans, que nous appelons de nos vœux, qui permettrait de donner plus de temps aux enfants dont les difficultés sociales se traduisent parfois en difficultés scolaires. Enfin, nous allons aussi batailler sur la régionalisation de la carte des formations professionnelles, qui risque de soumettre celle-ci au seul critère utilitariste d’employabilité. Bref, même s’il y a des avancées, des sujets d’inquiétude demeurent. Pour évaluer au mieux cette loi, nous sommes en lien étroit avec les syndicats, les militants du Font de gauche de l’Education, le Réseau Ecole… Ce sera donc une décision collective. En tout état de cause, il est exclu que nous votions contre. 

 

  • Lire aussi sur le même sujet :

Pour Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES : «Le rapport de la Cour des comptes sur l'Education est au niveau du café du commerce»

"Faire taire la Cour des comptes", par le SNALC-FGAF

2000 assistants d'éducation de moins à la rentrée 2013

Entretien réalisé par Alexandre Fache

Documents à télécharger: 
L’intégralité du rapport de Brigitte Gonthier-Maurin : « Le métier d'enseignant au coeur d'une ambition émancipatrice »
L’intégralité du rapport de Brigitte Gonthier-Maurin : « Le métier d'enseignant au coeur d'une ambition émancipatrice »
L'intégralité du rapport de la Cour des comptes
L'intégralité du rapport de la Cour des comptes
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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 13:22

Esprit d'entreprise: François Hollande veut éduquer les jeunes à la morale du Medef

 

 

le 30 avril 2013

 

 

Le candidat des jeunes est le président de l’austérité

Instaurer « des cours d’esprit d’entreprise » à l’école… C’est l’idée géniale de François Hollande qui recevait hier un cortège de grands patrons, les propriétaires de la France et quelques âmes bien faites, pour « promouvoir l’esprit d’entreprendre ». En plus de petits et de gros cadeaux présentés par le président à ses hôtes, celui-ci annonce des cours de la sixième à la terminale pour que « l’école » assume « son rôle » de « stimuler l’esprit d’entreprise ».

Et comme il y a une cohérence en toute chose, si l’on regarde l’ensemble des annonces d’hier, stimuler l’esprit d’entreprise consistera donc à apprendre pendant sept années comment opérer des plus-values sur des cessions d’actions ? Comment optimiser ses embauches de salariés en réduisant ses couts par de l’optimisation fiscale et le recours massif aux contrats aidés et exonérés de toutes les solidarités ?

Monsieur Hollande est-il en train de vendre du temps de cerveau disponible pour les leçons périmées d’un libéralisme que tout appel à jeter très vite aux oubliettes de l’histoire ?

 

Monsieur le président, dans l’entreprise ce sont les salariés qui créent la richesse, pas les patrons !

La France bat des records de chômage. Il y a 550 000 jeunes de moins de 25 ans au chômage dans ce pays et le président de la République propose de soumettre toutes les futures générations à la morale de ces rapaces qui nous enfoncent dans la crise ?! Il veut nous apprendre que les salariés sont un cout pour l’entreprise et qu’il faut menacer chacun d’entre eux de prendre la porte s’il ne se plie pas aux exigences ?

La refondation de l’école doit être un projet ambitieux pour la réussite de chacun des élèves qui lui est confié. L’école n’est pas une marchandise que l’on offre en cadeaux aux maitres de l’économie pour apaiser leur colère. Elle est à nous et nous en ferons un outil de partage des savoirs et d’émancipation !

François Hollande a fait hier le choix inique de donner des signes de confiance à ceux qui nous ont plongés dans la crise par leur voracité sans limite. Il propose de renforcer leur droit à spéculer et veut éduquer les jeunes à cette logique de pensée. Nous ne laisserons pas faire !

Le 1er mai, le 5 mai, nous défilerons par milliers contre l’austérité que nous impose son gouvernement, contre la dictature de la finance dont il devient le serviteur, contre cette pensée unique qui nous enfonce dans la crise !

Ils ont les milliards, nous sommes des millions !

Paris le 30 avril 2013

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 10:14

 

MONDE

Bernadette Groison est secrétaire générale de la FSU depuis février 2010

MONDE -  le 11 Février 2013

Rencontre. Syndicalisme

Bernadette Groison : " Ce gouvernement ne peut se contenter d’être élu, il doit agir "

 

 

Malaise des personnels, rapport avec les ministres, rapprochement avec la CGT… la secrétaire générale de la FSU fait le point sur l’actualité de la fédération syndicale, dont le 7e congrès s’ouvre aujourd’hui à Poitiers.

C’est aujourd’hui que s’ouvre, à Poitiers, le 7e congrès national de la Fédération syndicale unitaire. Née en avril 1993 après l’éclatement de la FEN (Fédération de ­l’éducation nationale), la FSU fête donc ses vingt ans d’existence. Avec 163 000 adhérents, dont 80 % d’enseignants, elle est la première fédération de l’éducation et la deuxième force syndicale dans la fonction publique d’État. Austérité, refondation de l’école, rapprochement avec la CGT… Bernadette Groison, secrétaire générale depuis février 2010, passe en revue les dossiers chauds du moment.

 

Après la grève du 31 janvier dans 
la fonction publique et celle à venir, 
demain, dans les écoles primaires, dans quel état d’esprit la FSU 
aborde-t-elle ce congrès ?

Bernadette Groison. C’est un congrès qui tombe au bon moment. On ­arrive à une période où l’intervention des ­personnels est indispensable pour peser sur les choix du gouvernement et faire qu’ils aillent dans le bon sens. Nous devons être une organisation qui soit une vraie force de propositions, qui travaille des alternatives ­aujourd’hui indispensables. Ce congrès, à l’occasion duquel nous fêtons nos vingt ans d’existence, est porteur d’espoir et résolument placé sous le signe de l’avenir.

 

De quoi allez-vous débattre ?

Bernadette Groison. Il y a, déjà, un enjeu crucial autour des services publics. Avec la crise, nous pensons qu’il faut les renforcer. Or que constate-t-on ? Un gouvernement qui continue de vouloir réduire les dépenses publiques et ­prépare un nouvel acte de décentralisation sans débattre réellement de la place que doit avoir l’État dans la réduction des inégalités… C’est une erreur. La FSU va réaffirmer clairement que notre pays a, aujourd’hui plus que jamais, besoin des services publics, que ce soit pour mener à bien la relance industrielle ou répondre au défi ­écologique futur. L’autre grande question sera celle de l’éducation avec, en toile de fond, la loi de refondation de l’école. La FSU ­rappellera, notamment, la ­nécessité d’ouvrir rapidement d’autres ­chantiers que ceux abordés jusqu’ici par le ministère. Si l’on veut vraiment refonder l’école, il faut ­travailler sur chaque échelon du système éducatif, de la maternelle à l’université. Ce n’est pas le cas actuellement. Le congrès débattra enfin de l’avenir du syndicalisme. Quelles orientations propose la FSU ? Comment peser sur les choix du gouvernement ? Comment sortir de la division actuelle du paysage syndical et construire le rassemblement dont ont besoin les travailleurs et les chômeurs ?

 

La question d’un rapprochement 
avec la CGT se pose-t-elle encore ?

Bernadette Groison. La question n’est pas de se rapprocher, mais de mieux travailler ensemble. L’un des enjeux de ce congrès est de s’interroger sur ce qui peut favoriser des collaborations qui aillent plus loin que les seules initiatives d’affichage. Si l’on veut avancer sur l’idée d’un rassemblement syndical, on doit en passer par ces phases de travail plus étroit. J’ajoute que ce qui paraît possible aujourd’hui avec la CGT, puisqu’un travail est entamé, est ouvert à toutes les organisations. Il n’y a pas ­d’exclusive de la part de la FSU sur cette question.

Comment se porte la FSU après 
vingt ans d’existence ?

Bernadette Groison. Bien. La FSU a conforté son assise dans l’éducation nationale et elle reste une force incontestable dans la fonction publique. Nous nous sommes également élargis à d’autres secteurs, comme Pôle emploi. Nos adhésions sont stables, ce qui, dans la période, n’est pas rien, et nous gardons une capacité de mobilisation qui montre qu’il y a une vraie vivacité de la FSU et un réel ancrage.

 

Face à ce gouvernement, on sent monter le malaise des personnels. Dans ce contexte, quel peut être 
le rôle de la FSU ?

Bernadette Groison. Nous voulons être présents dans toutes les discussions pour peser, mais aussi agir chaque fois que nécessaire, comme nous l’avons montré ces dernières semaines. S’il y a des choses à négocier pour les personnels –  comme bientôt avec Vincent Peillon –, nous en serons évidemment. Mais la FSU regardera toujours plus haut que ces négociations. Nous sommes porteurs d’un projet syndical de transformation sociale et l’on voit bien que ce gouvernement a besoin que l’on pèse sur ses orientations pour faire les bons choix.

 

Quel est l’état des négociations 
avec le gouvernement ?

Bernadette Groison. Marylise Lebranchu a un discours sur la fonction publique beaucoup plus positif qu’auparavant. Elle la remet sur les rails de l’intérêt général et tient des propos beaucoup moins stigmatisants à l’égard des personnels. Mais après, les mesures concrètes ne viennent pas. Le gouvernement doit montrer qu’il est capable de se mobiliser pour les agents de la fonction publique. Idem dans l’éducation nationale. Et si j’avais un message à faire passer à Marylise Lebranchu et à Vincent Peillon, ce serait : écoutez. Certes, il y a un malaise très profond lié à l’héritage de la droite. Mais ce gouvernement de gauche ne peut faire comme s’il suffisait d’être élu pour que tout change. Si rien ne bouge sur le terrain, le malaise ne fera que grandir.

 

Les contraintes budgétaires 
que s’impose le gouvernement 
ne condamnent-elles pas 
toute réponse ambitieuse ?

Bernadette Groison. Oui, elles font ­l’effet d’un filtre. Elles ôtent des moyens d’action aux ministres qui adoptent la méthode Coué, en attendant un retour hypothétique de la croissance. C’est un très mauvais calcul. Nous ­faisons partie de ceux qui pensent que la relance passe par le pouvoir d’achat et l’investissement dans les services publics. Et, encore une fois, cette politique de rigueur va accroître le malaise des personnels. Il faut le traiter et non pas faire comme s’il n’existait pas. Les agents ont été très maltraités ces dernières années et je pense que l’on ne prend pas la mesure de cette réalité : 20 % des agents au Smic, des salaires moyens à 1 700 euros dans la territoriale… Avec le gel du point d’indice ou encore la mise en place de systèmes d’individualisation, on constate chez les personnels la montée d’un sentiment d’abandon que le gouvernement ferait bien de traiter d’urgence.

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BRUNO FORNACIARI

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