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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 05:45

Il y a quelque chose que je ne comprend pas. J'ai l'impression que les présidentielles continuent. Sur les affiches des candidats en bonne place souvent, la photo du candidat des présidentielles, est accolée à celle des candidats aux législatives. Comme si nous rejouions la partie perdue. Pourtant, il ne s'agit pas d'élire Mélenchon dans chaque circonscription ! Alors pour ce "Kim Il Mélenchon" ? Que nous ayons mené campagne pour lui, cela se sait, cela s'est vu. Nos tracts et affiches, notre présence un peu partout n'est pas passée inaperçue. Les paroles prononcées les discussions, les écrits, tout cela reste. C'est même cela qui a permis en partie le score électoral. Aussi, plutôt que de présenter Mélenchon dans toutes les circonscriptions, dont l'attitude sectaire ne lui a pas permis de passer le 1er tour, nous devrions peut-être, en tirer les conséquences et valoriser sur tout le territoire les candidats unitaires que sont les personnes que soutien le PCF. Il est incontestable que Mélenchon et une partie des "insoumis" se croient "appelés" et "parvenus". Ils croient, cela est inquiétant, que le joli score réalisé ne tient qu'a eux. Leur conception hégémonique, méprisante et imbécile finalement, des rapports de forces supposés leur confère des attitudes arrogantes et d'exclusion à l'égard notamment de ceux (élus et militants communistes) qui on permis sa candidature et le résultat. Cette position destructrice invalide et contredit complètement "L'avenir en commun" qui s'avère n'être qu'un slogan. Car quel est le commun dans l'affaire ? Refus de discuter du programme, d'une candidature commune aux présidentielles, refus de concevoir des candidatures uniques aux législatives préservant et amplifiant le rassemblement, volonté de s'accaparer la totalité des voix qui se sont portées sur le candidat Mélenchon, sans s'apercevoir que c'est cette attitude qui n'a pas permis de franchir le 2e tour et hypothéqué tous les espoirs mis en lui. Et il faudrait recommencer ? J'en perd mon latin. Je suis dégoûté. Et sur les réseaux sociaux les "insoumis" se lâchent et s'expriment, faut voir comme. C'est à pleurer...de rage. Bref ! Je reprends mon souffle, je respire et me calme. Que fait-on pour les législatives, là où nous présentons des candidats puisque les discussions ont échouées ? Je crois qu'il faut poursuivre jusqu'au bout, là encore, avec nos candidats, la recherche de candidatures communes ou uniques, partout ou cela est possible, avec les "insoumis", "Ensemble" ou d'autres démocrates de gauche qui en exprime ou acceptent l'idée. Notre bataille pour le rassemblement se poursuit dans des conditions nouvelles et difficiles. La stratégie isolationniste et hégémonique des "insoumis" est dangereuse pour toute la gauche de transformation, pour aujourd'hui, et pour demain. La situation est grave de danger d'une domination sans partage du pouvoir de la droite, de la l'extrême droite et du libéralisme, et le crime prépare.

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 05:05

 

 

Verbatim Conférence de presse - Pierre Laurent - Mardi 9 mai 2017

 

 

48 heures après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, la bataille des élections législatives bat déjà son plein.


Jeudi 11 mai, à 19 heures, au gymnase Japy à Paris, je lancerai en présence de nombreux candidats soutenus par le Parti communiste la campagne nationale des communistes. Nos ambitions sont claires :
- concrétiser l'espoir ouvert par les 7,5 millions de voix recueillis le 23 avril par le vote Jean-Luc Mélenchon. Nous voulons donner à cette force nouvelle une représentation maximale dansl'Assemblée nationale, pour faire entendre l'exigence d'un nouveau progrès


social et écologique pour le pays et refuser les projets libéraux d'Emmanuel Macron ;


- élire le maximum de députés qui refuseront de signer un chèque en blanc au Président pour légiférer dès cet été par ordonnances contre la casse du Code du Travail ;
- après la défaite infligée à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, à laquelle nous sommes fiers d'avoir contribué avec clarté, barrer maintenant la route à une entrée massive du Front national à l'Assemblée ;


- renouveler en profondeur l'Assemblée nationale en faisant entrer des députés représentant vraiment le peuple, c'est-à-dire des ouvriers, des infirmières, des cheminots, des professeurs des écoles, des employés, des chômeurs, des étudiants, des jeunes travailleurs dans la précarité, etc., des salariés, femmes et hommes à parité, de toutes conditions et de tous métiers, que ni En Marche, ni la droite, ni le FN ne présenteront. Nos candidats, dont près de 70 % n'ont aucun mandat électif, sont à l'image de cette France du travail.

Pour concrétiser ces objectifs, je renouvelle avec gravité et colère mon appel à la France insoumise pour que nous allions, non dans quelques circonscriptions, mais le plus largement et nationalement possible à la bataille sous une bannière commune, qui puisse rassembler France insoumise, le Parti communiste, Ensemble !, les forces citoyennes du Front de gauche, et toutes les forces de gauche et écologistes qui pourraient alors souhaiter se joindre à nous pour mener ensemble les combats qui s'annoncent.


Que cherche-t-on ? La défense d'intérêts de recomposition partisane ou une victoire du peuple qui rebatte les cartes après la présidentielle et redonne une chance à notre peuple de peser sur son avenir? Sans accord national, nous diviserons les électeurs de Jean-Luc Mélenchon du 23 avril, alors qu'ils nous demandent une seule candidature, la plus à même de gagner, dans le maximum de circonscriptions. C'est la condition de l'élection du maximum de députés et de la mise en échec des tentatives de main mise sur la représentation nationale d'En Marche, de la droite et de l'extrême droite, qui, on le sait, peuvent être facilitées par la logique institutionnelle des mécanismes de la Vème République, contre la volonté de millions et de millions de nos concitoyens.


A ce jour, et alors que la bataille s'engage, cet accord fait toujours défaut. C'est pour nous incompréhensible. J'alerte sur le gâchis qui se prépare. Les discussions entre deux formations n'ont pu porter encore hier soir, malgré nos demandes, que sur un échange de retraits réciproques de candidatures portant sur moins de quinze circonscriptions pour chaque formation sur 577. Nous poursuivons nos échanges, mais les électeurs et électrices de Jean-Luc Mélenchon, de toute la gauche, la jeunesse, le monde du travail, les quartiers populaires ne comprendraient pas que nous en restions là. Il reste quelques heures pour élargir le périmètre de la discussion et lui redonner l'ambitionattendue. L'incompréhension est grande dans le pays et je la partage. Nous sommes prêts nationalement à tout moment pour avancer et nous avons fait des propositions pour le permettre. Et je demande à tous nos candidats, dans tous les départements, d'entrer en campagne la main tendue, ouverte à tout accord qui puisse débloquer cette situation.
Face aux candidats, à la droite, au FN qui travaillent tous à élargir le rassemblement opéré autour de leur candidat présidentiel, nous ne pouvons offrir à nos électeurs le terrible dilemne de la division.
Je veux lancer un second appel. Si nous avons battu Marine Le Pen au second tour. Le combat continue. Dans 45 circonscriptions où Marine Le Pen a réuni plus de 50 % des voix le 7 mai, j'invite à la mobilisation et à la convergence de toutes les forces démocratiques pour empêcher l'entrée massive du Front national à l'Assemblée nationale. Dans nombre de ces circonscriptions, il est possible de ne pas laisser les électeurs prisonniers d'un second tour droite ou En Marche face au FN.


Nous sommes prêts à la discussion pour créer les conditions d'un rassemblement maximum pour qualifier, dans ces circonscriptions, une candidature porteuse d'un projet de justice, de démocratie et d'égalité.
Enfin, je veux dire que derrière l'énorme opération de com' lancée par le Président de la République sur le thème du renouvellement et de l'audace, se cache de vieux projets du Medef et des méthodes anti-démocratiques archaïques. Le recours aux ordonnances pour légiférer contre le Code du Travail en contournant la négociation avec les syndicats n'est pas une fatalité. Le Président de la République n'a pas le pouvoir d'enclencher à lui seul cette mécanique. Une loi d'habilitation des ordonnances doit être votée au Parlement.


Nous appelons à la mobilisation sans attendre et nous disons : élisons le maximum de députés quirefuseront une telle loi habilitant les ordonnances et organisons le débat législatif en direct et sous le contrôle du monde salarié, dans le dialogue avec les organisations syndicales. Nos députés, s'ils sont élus, seront porteurs de propositions pour un Code du Travail du 21e siècle et des droits nouveaux de sécurité d'emploi et de formation pour tous. Nous avons déjà déposé despropositions de loi en ce sens. Nous les verserons au débat de la campagne des électionslégislatives. C'est ce grand débat national et démocratique que nous voulons, pas un blitzkrieg antisocial durant l'été.


Nous ferons de cette question un enjeu majeur et premier de la campagne législative qui s'annonce.

 

 
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Published by bruno fornaciari - dans ELECTIONS PCF
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 13:02
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 10:59

Il ne faudrait pas que Mélenchon; Garrido, Corbière et les "insoumis" refusent la main tendue par les communistes, les verts, les Ensemble, les Hamonistes, et soient accueillies par une gifle et des insultes en retour. au risque de paraitre pour des diviseurs. Il serait dommageable de persister dans la seule offre de ralliement ou de soumission, qui pourrait être considérée comme du sectarisme et une volonté hégémonique à l'esprit totalitaire. Il serait dommageable que la déception et la visée dominatrice accélère les comportements politiciens éloignés de l'attente des forces populaires progressistes. Il serait dommageable que les ambitions électorales à tout pris contredisent l'insoumission supposée et fasse passer "la France en Commun" pour une imposture.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 22:37

Sondage : 43% des électeurs de Macron ont voté en opposition à Le Pen

D’après l’étude réalisée par Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France LCP/Public Sénat, RFI-France 24, Le Point et Le Monde pour comprendre le vote des Français, le choix d’Emmanuel Macron serait principalement un vote contre Marine Le Pen et la forte abstention serait, elle, plutôt motivée par le rejet des candidats, qu’il s’agisse de leur programme ou de leur personnalité.

Par Alice Bardo
3mn

D’après l’étude réalisée par Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France LCP/Public Sénat, RFI-France 24, Le Point et Le Monde pour comprendre le vote des Français, le choix d’Emmanuel Macron serait principalement un vote contre Marine Le Pen et la forte abstention serait, elle, plutôt motivée par le rejet des candidats, qu’il s’agisse de leur programme ou de leur personnalité.

43% des Français interrogés par Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France LCP/Public Sénat, RFI-France 24, Le Point et Le Monde ont confié vouloir voter pour Emmanuel Macron afin de faire barrage à Marine Le Pen.  La grande majorité des électeurs du leader d’En Marche (84%) ont confié ne pas être convaincus par son programme, et encore moins par sa personnalité, qui a motivé le vote de seulement 8% d’entre eux.  

Marine Le Pen a plus rassemblé sur son programme que son rival puisqu’elle a convaincu 30% de ses électeurs. Mais à l’image de celle du leader d’En Marche, sa personnalité a motivé le vote de seulement 7% d’entre eux. 41% de ses électeurs ont fait le choix de la candidate FN pour le renouvellement politique qu’elle représente, contre 33% de ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron. Enfin, 22% des électeurs frontistes ont glissé un bulletin « Marine Le Pen » dans l’urne par opposition à Emmanuel Macron.

L’abstention et le vote blanc, résultats d’un rejet des candidats

L’autre grand enseignement de cette étude est que l’abstention, particulièrement élevée cette année (25,3%), est le résultat d’un rejet des candidats, aussi bien de Marine Le Pen que d’Emmanuel Macron. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont ceux qui représentent le plus cette tendance car la moitié d’entre eux ont refusé de voter pour cette raison. Ceux qui avaient choisi Benoît Hamon au premier  tour et qui se sont abstenus au second ont quant à eux justifié leur vote blanc aussi bien par la distorsion qui existe entre leurs convictions et les idées portées par les candidats (39%) que par le rejet de ceux-ci (37%).

Le vote blanc ou nul est lui aussi le fruit d’un rejet des deux candidats, et même encore plus que l’abstention (51%). Là encore, ce sont les électeurs du leader de La France insoumise qui ont le plus exprimé ce rejet (68% d’entre eux), suivi des électeurs de François Fillon (52%) et de ceux du candidat socialiste déchu (49%).

L’étude s’est aussi attachée à savoir comment les Français avaient perçu les candidats pendant la campagne d’entre-deux-tours, notamment marquée par les visites d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen à l’usine Whirlpool d’Amiens, mais aussi par un face-à-face particulièrement offensif lors du débat de mercredi dernier.

Marine Le Pen a inquiété les électeurs pendant la campagne d’entre-deux-tours

Concernant la campagne dans son ensemble, 58% des électeurs sondés disent ne pas avoir été surpris par l’attitude du leader d’En Marche. Les électeurs de Marine Le Pen sont, sans surprise, les plus nombreux à avoir été « surpris en mal » par le candidat (47%), suivi par ceux de Nicolas-Dupont-Aignan (27%) et ceux de Jean-Luc Mélenchon (23%).  Les électeurs de Benoît Hamon sont, à l’inverse, ceux qui ont été les plus « surpris en bien » par la campagne d’Emmanuel Macron » (27% d’entre eux). C’est évidemment moins que ceux qui avaient voté pour le candidat d’En Marche dès le premier tour (56%), mais bien plus que ceux qui avaient glissé leur bulletin dans l’urne pour François Fillon, Jean-Luc Mélenchon ou encore Nicolas Dupont-Aignan au premier tour.

Si Emmanuel Macron a « surpris en mal » 21% des sondés, ils sont 35% à l’avoir été par sa rivale. La plupart est issue de l’électorat d’Emmanuel Macron, mais ils sont également nombreux à avoir voté Benoît Hamon au premier tour.

Le comportement de Marine le Pen pendant le débat d’entre-deux-tours a inquiété une majorité d’électeurs (56% d’entre eux). La candidate du Front national s’était montrée particulièrement offensive à l’égard de son adversaire, multipliant les invectives à son encontre. Emmanuel Macron avait gardé son calme mais cela ne lui a pas permis de rassurer une majorité d’électeurs puisque seulement 28% d’entre eux l’ont été, contre 33% qui ont dit, au contraire, que son attitude les avait inquiétés.

Les électeurs veulent un Premier ministre issu de la société civile

Il y a deux jours, Emmanuel Macron avait annoncé avoir choisi son Premier ministre mais n’a pas souhaité divulguer son nom. Si on s’en tient à l’étude réalisée par Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France LCP/Public Sénat, RFI-France 24, Le Point et Le Monde, les électeurs sont favorables à la nomination d’un chef de gouvernement issu de la société civile (43%), à commencer par les électeurs d’Emmanuel Macron (55% d’entre eux contre 34% des électeurs de Marine Le Pen), qui a fait du renouveau politique un argument phare de sa campagne. Les opinions favorables (24%) à la nomination d’un Premier ministre issu de la droite modérée sont quasiment aussi nombreuses que celles favorables à la nomination d’un chef de gouvernement d’une gauche modérée (20%).

Pas de majorité à l'Assemblée nationale souhaitée

Les 11 et 18 juin prochains se tiendront les élections législatives. Emmanuel Macron saura s’il devra composer avec une majorité absolue ou hétéroclite à l’Assemblée nationale. Mais d’après l’étude, 61% des électeurs sondés ne souhaitent pas qu’il dispose d’une majorité absolue.

Sondage réalisé par Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France LCP/Public Sénat, RFI-France 24, Le Point et Le Monde entre les 4 et 6 mai derniers auprès 4838 personnes inscrites sur les listes électorales.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 21:38

Election présidentielle 2nd tour: Déclaration de Pierre Laurent

 

Ce soir, la candidate du Front national n'est pas élue. C'est un soulagement ! Une large majorité d’électrices et d’électeurs n’a pas voulu porter à la tête de l’Etat ses idées de haine et de division, son projet raciste et xénophobe, sa politique violemment discriminatoire, libérale et guerrière.

 

Nous, communistes, sommes fiers d'avoir oeuvré avec clarté à cette défaite, car nous savons qu'elle continue à menacer la République et son unité.

Nous n'en voulons à aucun prix, ni aujourd'hui, ni demain.

 

Mais ce soir, notre coeur n'est pas à la fête. Notre pays vit des heures graves. Ce second tour est, à nouveau, une très sérieuse alerte pour toutes celles et ceux qui sont attachés à la démocratie et à l'égalité. Marine Le Pen, avec … % , obtient x millions de voix supplémentaires par rapport au premier tour. C’est le résultat de la banalisation des idées d’extrême droite que nous sommes plus que jamais décidés à combattre. C'est aussi le résultat de décennies d’alternances politiques défavorables aux intérêts populaires, de trahisons et de renoncements des gouvernements successifs. Nous partageons ce soir la profonde colère des millions de personnes qui se sont senties piégées par ce second tour. Piège orchestré par les mécanismes de la Ve République usée et perverse. A l'avenir, nous ne voulons plus être obligés de voter par défaut pour battre l'extrême droite. Nous ne voulons plus la voir aussi haut. Pour cela, il faut construire la victoire d'un vrai changement de politique qui libère la France de la tutelle des marchés financiers, qui proclame « l'humain d'abord » et s'attaque à la domination de la finance en conquérant de nouveaux pouvoirs à tous les niveaux, qui ouvre le chemin d'une nouvelle société de bonheur, de solidarité, de justice, d'écologie, de paix et d’égalité.

 

Ces choix politiques de progrès, ce n'est pas Emmanuel Macron, candidat des milieux financiers, élu ce soir Président de la République qui les fera. Il veut tout marchandiser dans la société. Son élection est fragile. Les millions d’électeurs qui ont voté Macron ont d'abord voulu barrer la route de l’Elysée à Marine Le Pen. Déjà au premier tour, ils et elles étaient nombreux à voter pour lui par défaut pour éviter un duel entre Fillon et Le Pen. Son projet, très néo-libéral et porteur de graves régressions sociales et démocratiques, est minoritaire dans le pays. Ce qui reste à l'ordre du jour, c'est la construction d'une alternative de transformation sociale, écologique et démocratique à sa politique, et celle d'une nouvelle majorité de gauche pour la porter. Dès demain, et tout au long du quinquennat, les communistes seront mobilisés pour avancer dans cette voie avec toutes celles et ceux qui seront disponibles.

 

 

 

A la casse du Code du Travail qui affaiblirait les droits des travailleurs, nous opposerons une sécurité de l'emploi et de la formation pour éradiquer le chômage et la précarité, en créant de nouveaux pouvoirs dans les entreprises et sur les banques face aux marchés financiers. Au recul du droit à la retraite et à la privatisation de la Sécurité sociale facilitée par la suppression annoncée de cotisations sociales, nous opposerons un plan de défense et de développement de la Sécurité sociale. A la baisse de 60 milliards d’euros des dépenses publiques et à la suppression de 120 000 fonctionnaires, nous opposerons un plan de relance des services publics de proximité dans tous les domaines. Au recours aux ordonnances pour gouverner autoritairement, nous opposerons le respect de la démocratie. Nous serons de tous les combats contre les projets anti-sociaux de Macron, contre les projets ultra-réactionnaires de la droite et de l'extrême-droite.

 

C'est dans cet esprit que nous voulons conduire les élections législatives des 11 et 18 juin. Le PCF y engage dès ce soir toutes ses forces. Aucune majorité parlementaire n'est acquise pour personne. Notre peuple a une nouvelle chance pour décider de son présent et de son avenir.

 

Fort du vote de millions de citoyens pour Jean-Luc Mélenchon le 23 avril, avec toutes les forces qui ont soutenu sa candidature et toutes celles qui peuvent se joindre à nous, nous pouvons aller très haut ensemble pour élire à l'Assemblée nationale une forte représentation nationale. Unis, nous pouvons gagner dans de très nombreuses circonscriptions. Désunis, les gains seront limités et cela laisserait la place à des députés « En Marche ! », de droite ou d'extrême droite. Nous avons une grande responsabilité commune devant tous les électeurs de gauche et écologistes. Ils et elles nous demandent de nous unir.

 

Pour cela, un accord national large, équitable et représentatif, sous une bannière commune qui nous rassemble tous, France insoumise, Parti communiste, Ensemble !, citoyens du Front de gauche est nécessaire. Cela correspond à l'attente et à l'espoir de la majorité des électeurs qui ont porté leurs suffrages le 23 avril sur Jean-Luc Mélenchon. Le Parti communiste est prêt à un tel accord.

 

Dans tous les cas, ensemble nous pouvons agir pour barrer la route au Front national dans de nombreuses circonscriptions où il peut s'ancrer durablement. Nous pouvons choisir dans chaque circonscription le candidat qui nous donnera les chances maximales de gagner. Nous lançons à nouveau ce soir un appel solennel aux dirigeants politiques de la France insoumise : il n'est pas trop tard pour aboutir à un tel accord national. Et nous restons prêts, si cette ambition n'est pas partagée, à un accord même plus limité. Nous en appelons au dialogue sur tout le territoire dans les heures qui viennent.

 

Notre parti est engagé dans ces élections avec une ambition : « Faire entrer le peuple à l’Assemblée ». Les candidat-e-s communistes - Front de gauche que nous soutenons dessinent le visage de la France du monde du travail, du privé comme du public, travaillant dans tous les métiers, syndicalistes, citoyen-ne-s engagé-e-s dans leurs territoires, aux diverses origines, jeunes candidatures porteuses d’un renouveau politique ainsi que des femmes et des hommes d’expérience, forts de leur responsabilité d'élu-e local-e.

Avec eux, ce jeudi 11 mai à 19h, Pierre Laurent lancera notre campagne nationale lors d’un grand meeting au gymnase Japy, à Paris.

 

Soyons forts et unis dès demain pour poursuivre le combat contre l'extrême droite et faire reculer les idées de repli, pour engager dès maintenant la résistance et les projets alternatifs à la politique de casse sociale et d'aggravation de la crise et des inégalités que le nouveau Président compte mettre en œuvre.

 

Concrétisons ainsi la promesse d'une gauche nouvelle, née dans les urnes le 23 avril.

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Published by bruno fornaciari - dans ELECTIONS PCF
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 17:14
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 06:05

POUR CEUX QUI CROIENT ENCORE QUE VOTER BLANC, NUL OU S'ABSTENIR C'EST LUTTER CONTRE MACRON ET CONTRE LE PEN 
Renée Le Mignot co présidente du MRAP
"....La situation est grave, elle nécessite une mobilisation de tous les citoyens et citoyennes de France et d’Europe pour une véritable égalité des droits, seul moyen de faire reculer les idéologies de haine et de rejet propagées par les extrêmes droites .Il y a urgence! C'est à cette tâche que les antiracistes doivent s'atteler, et dans l'immédiat il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le score de Marine Le Pen soit le plus bas possible le 7 mai prochain. Pour cela il n'y a qu'une solution, utiliser le seul bulletin possible pour battre l'extrême droite même si cela ne signifie aucunement un soutien au candidat Macron."1er mai 2017 :
contre le racisme et l'extrême droite
Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée. Il ne savait pas que des mains criminelles allaient le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les auteurs de ce crime venaient de quitter le défilé du Front national. 22 ans après l'assassinat de Brahim, Marine Le Pen est au second tour des élections présidentielles avec un score de plus de 21 % jamais atteint dans un tel scrutin. Elle est aux portes du pouvoir, la possibilité qu'elle soit élue au second tour n'étant pas à exclure.
Profitant du désarroi d'une partie de plus en plus grande de la population, en France comme dans l’ensemble de l’Europe, l’extrême droite a tenté de faire oublier l’inadéquation et la dangerosité de son « projet ». On a voulu nous faire croire que Marine ce n'est pas Jean Marie. Le désir de s'abstenir ou de voter blanc de certains prouve qu'elle a gagné son pari : Nous ne sommes plus en 2002, le FN a été banalisé et la vraie nature de ce parti n'apparaît plus aux yeux de beaucoup. Marine Le Pen n'en est que plus dangereuse. Alors nous le réaffirmons avec force le FN n'est pas un parti républicain mais un parti fasciste.
Nous savons par notre action quotidienne, les procès que nous engageons, que la nature profonde et réelle du FN n’a pas changé. Marine Le Pen a beau démissionner provisoirement de la présidence du
FN, elle reste avec son père et sa nièce la responsable des idées nauséabondes de l’extrême droite française.
Preuve en est : elle est dans l’impossibilité de trouver un nouveau président qui n’a jamais été condamné pour haine, racisme, homophobie ou révisionnisme…
Nous le disons avec force : Marine Le Pen est un danger pour les libertés, la République et la Paix.
N'oublions pas que l'extrême droite une fois au pouvoir cède rarement sa place par la voie démocratique.
Mais l’extrême droite n’est pas seule en cause. Les préjugés xénophobes et racistes continuent d’imprégner le discours politique français, bien au-delà des partis qui en ont fait leur honteux fonds de commerce.
Lorsque des responsables gouvernementaux vont jusqu’à tenir des propos stigmatisants qui ne peuvent être perçus que comme une justification d’un rejet par nature raciste, comment s’étonner de la banalisation du racisme et de la recrudescence des actes racistes qui en découlent au quotidien ?
Après les terribles attentats qui ont endeuillé notre pays, la reprise de l' idée de déchéance, défendue de longue date par l’extrême-droite qui veut bannir le droit du sol, a créé et renforcé les préjugés xénophobes et les aveuglements identitaires.
Les discours de stigmatisation, de discrimination, ont fait tache d’huile, un vent mauvais souffle sur la France. On assiste à une montée sans précédent de toutes les formes de racisme et du rejet de l'Autre parce que différent. Les vieux démons réapparaissent : comme dans les années 30, l’étranger, le Juif, le Rom, le Musulman - ou supposé tel - ou encore le sans papier, sont les « boucs émissaires » auxquels est attribuée la responsabilité de tous les maux et de toutes les injustices de la société, qu’ils sont pourtant parmi les premiers à subir. Dans le même temps on assiste à une montée de l'homophobie et à une remise en cause réactionnaire des droits des femmes.
Quand les droits des migrants sont sans cesse remis en cause, au mépris des engagements internationaux de la France, quand le droit de vote pour les résidents non communautaires, pourtant promis par le candidat François Hollande a été « oublié »., quand en France, les expulsions d’étrangers n’ont jamais été aussi nombreuses, quand les contrôles au faciès perdurent, quand les Roms sont violemment expulsés de bidonville en bidonville, quand des responsables gouvernementaux parlent « d'ennemis de l'intérieur », quand la persistance des discriminations minent le vivre ensemble, comment s’étonner de la banalisation du racisme ?
Enfin, comment ne pas penser à cette Europe de la honte qui fait de la Méditerranée le cimetière de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, victimes de trafiquants sans scrupules mais aussi à cette Europe forteresse qui conduit à ces insoutenables tragédies des naufrages méditerranéens dont l'ampleur rejoint celle de l'Océan Indien. Ne sont-ils pas victimes de cet » empire de la honte » dont parlait Jean Ziegler ?
A côté de discours et de politiques inacceptables, ce sont aussi les inégalités sociales qui bafouent les valeurs de la République et créent un terreau favorable à la montée du rejet raciste de « l’autre ».
Le désarroi social, le sentiment d'abandon de larges secteurs urbains et ruraux expliquent aussi le vote Front National même si nous savons que l’extrême droite n’a jamais et nulle part, été synonyme de progrès social et économique, bien au contraire.
La solution n'est pas dans de futurs matins bruns, mais dans une mobilisation de tous pour faire reculer
les problèmes sociaux, générateurs de souffrances, d’inégalités, de concurrence et de ghettoïsation.
L'histoire nous a appris que le discours social de l'extrême-droite n'est qu'un leurre le temps d'une conquête du pouvoir, elle se retourne toujours contre les couches populaires dès qu'elle a pris le pouvoir.
La situation est grave, elle nécessite une mobilisation de tous les citoyens et citoyennes de France et d’Europe pour une véritable égalité des droits, seul moyen de faire reculer les idéologies de haine et de rejet propagées par les extrêmes droites .Il y a urgence! C'est à cette tâche que les antiracistes doivent s'atteler, et dans l'immédiat il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le score de Marine Le Pen soit le plus bas possible le 7 mai prochain. Pour cela il n'y a qu'une solution, utiliser le seul bulletin possible pour battre l'extrême droite même si cela ne signifie aucunement un soutien au candidat Macron."


Intervention de Renée Le Mignot, co-présidente du MRAP à Paris le 1er mai 2017, Pont du Carrousel

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 13:17

L'ANALYSE DE JEAN BIRNBAUM ("LE MONDE")

Le 4 août de Mélenchon, ou l'antifascisme trahi

Quel que soit le dénouement de la présidentielle, on peut d'ores et déjà constater que l'année 2017 y aura marqué l'agonie de l'antifascisme. Encore récemment, ce combat mobilisait les consciences au-delà des clivages partisans. Désormais, c'est la critique de cette tradition qui a le vent en poupe : un peu partout, face à l'antifascisme, on fait front. Longtemps, cette offensive passa pour réactionnaire, parce qu'elle visait la gauche. Depuis les années 1990, nombreux sont les intellectuels qui ont fustigé l'antifascisme comme une obsession aveuglante : à force de tout rabattre sur la " peste brune ", firent-ils valoir, les progressistes sont devenus incapables d'affronter les nouvelles menaces, et d'abord le péril islamiste. D'où les charges d'un Pierre-André Taguieff contre " la diabolisation néoantifasciste ". Ou d'un Alain Finkielkraut contre l'antifascisme " incontinent "…

Or, quinze ans après le choc du 21 avril, voilà que ces pourfendeurs de l'antifascisme sont rejoints par une partie de ceux-là même qu'ils accablaient. Bien sûr, on pense d'emblée à Jean-Luc Mélenchon, qui appelait, en 2002, à " abaisser le plus bas possible Le Pen ". Au soir du récent premier tour, sa façon de renvoyer dos-à-dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron a paru d'autant plus emblématique que Mélenchon est un militant à la mémoire longue, formé à l'école d'un courant où l'antifascisme représente un repère identitaire : le trotskisme.

Pour en prendre la mesure, il faut rappeler quelques éléments historiques. Tout part du traumatisme fondateur : la victoire d'Hitler, en 1933, et la " défaite sans combat " du mouvement ouvrier allemand, le plus puissant et le plus cultivé d'Europe. De génération en génération, les trotskistes ont appris que le principal responsable de cette catastrophe était le Parti communiste allemand (KPD) aux ordres de Staline. Dans la période qui précéda l'avènement du nazisme, en effet, le KPD refusa obstinément de faire alliance avec les socialistes pour faire barrage à Hitler. Au contraire, ses chefs désignèrent les sociaux-démocrates comme leurs ennemis prioritaires, allant jusqu'à les qualifier de " sociaux-fascistes ".

En 1931, le leader du KPD, Ernst Thälmann, écrivait ceci : " La social-démocratie essaie, en évoquant le spectre du fascisme d'Hitler, de détourner les masses d'une action vigoureuse contre la dictature du capital financier. Et c'est ce plat empoisonné qui constitue, en réalité, l'un des aspects de sa politique ordinaire du “moindre mal” qu'elle s'apprête à accommoder à la sauce d'une prétendue amitié soudaine pour le Parti communiste (…). Et il y a des gens à qui les arbres du national-socialisme cachent la forêt de la social-démocratie ! "

" Un front unique au cimetière "

Pour Léon Trotski, cette position suicidaire constituait " une trahison d'une ampleur historique au moins égale à celle de la social-démocratie le 4 août 1914 ", lorsque les socialistes votèrent les crédits de guerre. Depuis l'île turque de Prinkipo, où il était exilé, l'ancien chef de l'Armée rouge mena la bataille contre ce " 4 août " du stalinisme. Il appela l'ensemble des militants ouvriers, communistes, socialistes ou sans parti, à constituer un " front unique " contre le nazisme.

Si Hitler devait l'emporter, affirmait-il, c'en serait fini de la démocratie ouvrière, de ses syndicats, de ses associations culturelles et sportives… car c'en serait fini de la démocratie tout court. " Identifier la social-démocratie avec le fascisme est tout à fait insensé ", écrivait-il en 1932. " Sous cette phraséologie radicale se cache la passivité la plus lâche ", accusait-il, résumant ainsi sa position : " Dans la lutte contre le fascisme, nous sommes prêts à passer des accords pratiques avec le diable et avec sa grand-mère. "

Face à la " peste brune ", l'ensemble des forces de gauche doivent faire front ; faute de quoi, elles connaîtront un " front unique au cimetière ", selon l'expression du révolutionnaire argentin Juan Rustico. Telle est donc la leçon politique qui a été transmise à des générations de militants trotskistes, celle-là même que Jean-Luc Mélenchon et ses amis semblent avoir oublié de léguer à la jeunesse.

On dira que le contexte actuel est différent, et on aura raison. La rupture des gauches radicales avec la tradition antifasciste n'en est pas moins remarquable. D'abord parce que cet héritage a nourri leur culture commune. Ensuite parce que, malgré les différences de fond, cet héritage trouve des résonances formelles au cœur de notre actualité. A l'époque, déjà, ceux qui refusaient le " front unique " avançaient un argument à double détente. Premier coup : la social-démocratie, c'est le libéralisme, donc le capitalisme, donc la barbarie, donc le fascisme. Deuxième coup : après tout, le fascisme au pouvoir, ce serait la possibilité d'y voir clair, l'obligation de rester mobilisés et, demain, d'être victorieux. " Nous sommes les vainqueurs du lendemain ", clamaient les communistes allemands, persuadés que l'avènement du nazisme préparerait leur victoire.

Ils péchaient à la fois par optimisme et par rationalité. Car de la base au sommet de la société, au-delà des partis et en deçà des discours, on sentait monter un désir " d'en finir ", une pulsion confuse où se mêlaient la douce soif du renouveau et l'âpre séduction du chaos. Ce dernier aspect, plus difficile à documenter, est omniprésent dans les romans consacrés à la montée du fascisme à travers l'Europe des années 1930.

Comment expliquer que la mémoire de ces choses paraisse maintenant si enfouie ? En rappelant qu'elle a été enterrée de façon volontariste, notamment par deux catégories d'intellectuels que l'on pourrait nommer les dissociateurs, et les amalgameurs.

Les premiers, nous l'avons dit, ont pesé pour qu'on cesse d'associer le nouveau national-populisme au fascisme ancien, et cette dissociation a facilité le processus de " dédiabolisation " du Front national. Les seconds, eux, ont tout fait pour amalgamer définitivement démocratie et dictature, libéralisme et fascisme. Ce sont les propos d'un Alain Badiou, désignant la " sentimentalité démocratique " et le " capitalo-parlementarisme " comme l'ennemi principal ; ou ceux d'un Emmanuel Todd déclarant " qu'il n'y a pas de hiérarchie dans l'inacceptable entre Le Pen et Macron. Entre la xénophobie et la soumission aux banques ".

Ce qui est en jeu, ici, c'est donc l'escamotage du XXe siècle. C'est aussi l'amnésie qui frappe la tradition de gauche antitotalitaire. Selon cette tradition, on devait pouvoir se battre contre la domination marchande sans pour autant fermer les yeux sur d'autres menaces.

Dans cette tradition, on n'avait pas peur d'affirmer que, si le socialisme est un progrès par rapport à la démocratie " bourgeoise ", celle-ci en est un par rapport aux régimes autoritaires. Bref, dans cette tradition, on jugeait possible de conjuguer deux gestes devenus aujourd'hui apparemment irréconciliables : d'un côté, lutter contre les violences du monde capitaliste ; de l'autre, accorder au moins un peu de légitimité aux sociétés dans lesquelles nous vivons, au miroir des tyrannies (brunes et rouges) qui ont ensanglanté le XXe siècle.

La fin du " front unique " antifasciste marque l'enterrement de cette sensibilité antitotalitaire. Simultanément, elle signe la victoire posthume d'un certain esprit stalinien. Ainsi, un quart de siècle après la chute du mur de Berlin, et alors que le pouvoir russe renoue avec les méthodes de la guerre froide, la gauche française, l'une des plus stalinisées au monde, pourrait bien connaître, à son tour, quelque chose comme son 4 août.

Jean Birnbaum

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES ELECTIONS
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 12:53

Propatronale

Vent debout contre les puissants, les grands groupes, étrangers surtout, à l’instar des Gafa1 dont elle déplore les pratiques d’évasion fiscale sans toutefois préciser comment y remédier, Marine Le Pen adopte volontiers les accents de Nathalie Arthaud. On ne l’entend pourtant guère s’époumoner contre les géants français du CAC 40. Discrète vis-à-vis de la grande entreprise, auquelle elle promet le maintien de l’euro, depuis son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, elle se montre en revanche très magnanime vis-à-vis des plus petites dont elle allège la fiscalité. L’impôt sur les sociétés reste fixé à 15 % pour les TPE, mais passe de 33 % à 24 % pour les PME. Et pour fluidifier la transmission d’entreprise, les plus-values sur la cession des actions et parts sociales des PME-PMI seront totalement exonérées au bout de sept ans. Un cadeau non négligeable pour les entrepreneurs qui avaient déjà obtenu des allégements fiscaux en 2013, après la révolte des « pigeons », des « tondus » et autres « déplumés ».

Les plus-values sur la cession
des actions et parts sociales
des PME-PMI seront totalement
exonérées au bout de sept ans

Convertie à la politique de l’offre, elle veut, pour favoriser l’embauche, baisser les « charges » sociales qui pèsent sur les entreprises. Tous les allégements doivent être fusionnés en un dispositif unique et plus lisible. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) ne disparaît pas, mais il sera conditionné au « maintien » de l’emploi. Une façon habile pour la candidate frontiste d’éviter de s’engager sur des « créations ». Elle propose également de ressusciter le contrat première embauche (CPE) créé et enterré sous le mandat de Jacques Chirac en 2006 : toute entreprise qui embaucherait un jeune de moins de 21 ans serait totalement exonérée de cotisation pendant deux ans.

Marine Le Pen n’évoque pas de simplification du code du travail. Celle qui fustige le projet « El Khomri puissance 1 000 » d’Emmanuel Macron veut supprimer la loi travail. Toute la loi travail ? Si la candidate affirme la primauté de l’accord de branche sur l’accord d’entreprise – ce qui reviendrait donc à supprimer l’article 2 du texte qui donne plus de poids à la négociation d’entreprise –, elle souhaite néanmoins que les branches professionnelles puissent déroger aux 35 heures. Dans quelles limites ? La candidate ne le précise pas. En revanche, elle entend bien réintroduire la défiscalisation des heures supplémentaires instaurée sous le mandat de Nicolas Sarkozy et supprimée sous celui de François Hollande. En période de chômage massif, ce type de dispositif ne crée pas d’emplois. Au contraire, il favorise l’emploi des salariés qui sont déjà en poste. Marine Le Pen ne supprime pas officiellement les 35 heures, mais allonge le temps de travail.

Antisyndicale

Autre coup de communication, l’arrivée impromptue de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens est symptomatique de son rapport aux syndicats. Elle a raillé la réunion avec le candidat d’En marche ! dans une salle de la chambre de commerce voisine. Parler aux « vrais » salariés plutôt qu’à leurs représentants… Là encore, Marine Le Pen marque son aversion pour les corps intermédiaires.

Pour empêcher une réorganisation, voire la fermeture d’un site, des pistes relevant du dialogue social peuvent pourtant être appelées à la rescousse. Renforcer la représentation des salariés dans les conseils d’administration, mieux partager les informations stratégiques avec les élus du personnel en amont d’une décision, pouvoir contester en justice la justification économique d’un plan de sauvegarde de l’emploi avant et non pas après que les salariés sont licenciés (comme c’est le cas aujourd’hui)… Aucune de ces mesures ne figurent dans son programme. Loin d’un modèle de codétermination ou de cogestion à l’allemande, Marine le Pen préfère éviter la case syndicats.

Loin d’un modèle de cogestion à l’allemande, Marine le Pen préfère éviter la case syndicats

Elle propose même de « libérer les syndicats » via la « suppression du monopole syndical » qui n’existe d’ailleurs plus depuis la réforme de 2008 sur la représentativité syndicale. La légitimité d’un syndicat est désormais assise sur son score aux élections professionnelles2. Mais au-delà du flou qui entoure la formule, la mesure vise, comme le souhaitait François Fillon, à permettre à de nouveaux syndicats de se présenter dès le 1er tour des élections dans l’entreprise, alors qu’ils doivent attendre le 2tour. Une façon de faire entrer plus facilement des syndicats « maison » proches des intérêts d’une direction.

Elle envisage également une « moralisation de la vie syndicale », via un organisme de contrôle étatique du financement des organisations syndicales. Depuis la loi de 2008, les organisations syndicales sont pourtant déjà tenues d’être plus transparentes. Elles doivent publier leurs comptes tous les ans et, au-delà de 230 000 euros de ressources, les faire certifier par un commissaire aux comptes. Certes, il y a encore des efforts à fournir en matière de transparence mais que viendrait faire une officine de l’Etat dans les organisations syndicales sinon contrôler leurs activités ?

Marine le Pen s’engage à supprimer le compte pénibilité, une demande forte du patronat

Pour alléger les contraintes des entreprises, Marine Le Pen entend réduire le nombre d’obligations administratives liées au seuil des 50 salariés. Et fusionner les instances représentatives du personnel entre 50 et 300 salariés en une structure unique. La loi Rebsamen d’août 2015 prévoit déjà un regroupement des instances au sein d’une délégation unique du personnel pour les entreprises de cette taille. On passerait donc d’un regroupement à une fusion des mandats.

Les signaux positifs envoyés aux entreprises pour simplifier leur quotidien ne manquent pas. Alors qu’Emmanuel Macron veut « suspendre » le compte personnel de prévention de la pénibilité, Marine Le Pen s’engage à le supprimer. Elle répond à une demande forte du patronat qui juge le C3P trop contraignant à appliquer. A l’instar de ce que proposait également François Fillon, elle le remplacerait par une visite chez le médecin du travail. Ce retour en arrière aurait deux conséquences négatives pour les salariés. Il anéantirait tous les efforts – déjà bien difficiles à déployer – de prévention. Le praticien n’interviendrait en effet que lorsque les salariés subissent déjà les effets de la pénibilité. Ce constat conduirait ensuite à ce qu’ils soient licenciés pour inaptitude.

Antiprogressiste

Conservatrice à bien des égards, Marine Le Pen ne va pas à l’encontre des intérêts des entreprises. Pas un mot sur la simplification de l’étiquetage nutritionnel des produits, bête noire de l’industrie agroalimentaire. Elle lui préfère l’étiquetage des produits 100 % fabriqués en France. Pas un mot non plus sur une sortie éventuelle du nucléaire… Bien au contraire, c’est une industrie qu’elle entend conforter, demandant même un « moratoire » immédiat sur l’éolien.

Le monde du travail n’intéresse pas la candidate frontiste

Le monde du travail n’intéresse pas la candidate frontiste. Ni les conditions dans lesquelles il est exercé, ni les différentes formes qu’il peut prendre. Epuisement professionnel, CDD, temps partiel, égalité hommes-femmes… sont absents de son vocabulaire. Incohérente sur ce dernier point, elle évoque un grand plan national égalité hommes-femmes, mais prône aussi la libre répartition du congé parental entre les deux parents. Aujourd’hui, pour éviter que les mères continuent à prendre majoritairement ce congé, la loi prévoit que les six mois de congés réservés aux pères soient perdus s’ils ne s’en saisissent pas. Renoncer à cette mesure revient à pousser les mères à rester à la maison et à les écarter du marché du travail. Marine Le Pen souhaite une véritable politique nataliste. Elle redessine un monde à l’ancienne où chacun reste à sa place : employeurs, salariées et salariés, et syndicats.

 

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BRUNO FORNACIARI

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