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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 16:30

Source : http://vivelepcf.over-blog.fr/

Jean-Luc Mélenchon : « Maastricht est un compromis de gauche » blog de Vive le PCF.

Sénat, séance du 9 juin 1992

samedi 20 juin 2015, par Comité Valmy

Intoduction de Vive le PCF :

Nous reproduisons ci-dessous l’intervention de Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS de l’Essonne, le 9 juin 1992, dans la discussion au Sénat sur le projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du traité de Maastricht. Le texte est copié du Journal officiel. Les passages soulignés le sont par nous.

Rappelons le contexte dans lequel le débat a lieu. Quelques jours auparavant, le NON à Maastricht vient de l’emporter au référendum au Danemark. En France, Mitterrand annonce juste la tenue d’un référendum. Les sondages prédisent une victoire massive du oui.

L’intervention de Mélenchon a suscité l’indignation des sénateurs communistes. On les comprend. Loin de toute critique de l’Europe capitaliste ou « libérale », il défend en « homme de gauche », le « compromis de gauche » que représente selon lui Maastricht.

Son adhésion à l’intégration européenne est totale. Il célèbre la monnaie unique. Dans la foulée, il se livre à un véritable hymne à l’Europe, au « patriotisme européen », aux « éléments de puissance » que l’UE donne avec Maastricht. C’est du pur nationalisme européen, sinon une invitation au développement d’un impérialisme européen.

Mélenchon a-t-il changé ?

En 1992, il manifeste un mépris outrancier pour le choix démocratique du peuple danois qu’il caricature. En 2008, il prétend qu’il faut respecter le Non irlandais à Lisbonne.

En 2005, il se prononce pour le Non au projet de constitution européenne, comme d’autres chantres de Maastricht tels Fabius. Il faut dire que depuis 1992, l’opinion publique rejette de plus en plus massivement la « construction » européenne.

Mais au-delà des postures politiciennes, ne doit-on pas constater une permanence dans l’engagement ultra pro-européen de Mélenchon, teinté maintenant de la couleur de « l’Europe sociale » ?

En tout cas, le choix du « Front de gauche » et la place accordée dans celui-ci par la direction du PCF à Jean-Luc Mélenchon n’en finit pas de poser question. Sur la forme comme sur le fond ; sur la campagne d’ici le 7 juin comme sur les projets de recomposition politique qui pourraient suivre.

La rédaction de vivelepcf

NOTE du COMITE VALMY :

Mélenchon n’a pas modifié ses analyses supranationales rejetant à court terme la France en tant qu’Etat- nation républicain, pas plus qu’il ne s’est réveillé de son rève dogmatique et illusoire, qui l’amène à attendre de voir surgir du néant, une nation européenne fantasmée autour du mythe d’un peuple européen inexistant.

A noter que les dirigeants du PCF, dans les faits, se sont ralliés à ce type de démarche social-démocrate. Françis Wurtz ayant quant à lui, réalisé un virage à 180° par rapport aux idées hostiles à l’Europe supranationale, qu’il défendait, il n’y a pas si longtemps.

Jean Pierre Chevènement qui appelle au vote blanc ou nul pour ces élections européennes déclare dans un communiqué du 14 mai :" Le Front de Gauche méconnaît le ressort que peux constituer l’exercice de la souveraineté nationale, c’est-à-dire, la démocratie, dans une Europe qui est faite d’une trentaine de nations".

Voir en ligne : Mélenchon : l’Euro et l’outrance

Sénat, séance du 9 juin 1992

Examen du projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du Traité de Maastricht.

Extrait du Journal officiel.

M. le Président. La parole est à M. Mélenchon. (applaudissements sur les travées socialistes).

M. Jean-Luc Mélenchon. Monsieur le président, monsieur le ministre d’Etat, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, le vote du Danemark a pesé assez lourd sur le déroulement de nos débats pour que certains de nos collègues aient, à un moment, jugé opportun de faire un tableau justifié et apprécié des vertus de ce « grand petit peuple ».

Tableau justifié et apprécié, certes, mais incomplet : que de leçons seraient encore à tirées des vertus des Danois, clamées ici et portées si haut ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

J’ai pensé, mes chers collègues, que vous apprécierez que l’on complétât ce tableau en rappelant qu’il y aurait peut-être quelque chose à apprendre des Danois en examinant le régime qu’ils appliquent aux étrangers aux élections locales ! (applaudissements sur les travées socialistes.)

M. Guy Allouche. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Sans cette précision, que vaut ce portrait ? Rien, comme bien des prétextes qui ont été avancés dans la discussion.

Le vote des étrangers aux élections locales, qui a occupé tant de place dans la presse, a pris parfois un tour dur, injuste, blessant, lorsque, le prétexte se révélant trop inconsistant, il a fallu ajouter derrière le Belge ou l’Italien, qui ne faisaient peur à personne, l’ombre de l’Africain et du Maghrébin, qui paraît-il, sont ce qu’il y a de pire. Or, pour la majorité d’entre nous, Africains et Maghrébins sont des amis et nous espérons bien voir un jour le suffrage universel étendu à tous.

Certains ont prétendu que nous serions incapables de répliquer à l’argument selon lequel toute la procédure engagée devant notre assemblée résulterait d’un contresens, le traité étant devenu inapplicable et caduc.

L’essentiel a déjà été dit à ce sujet. Mais quoi ? après tant de gargarismes sur la grandeur de la France, sur son rôle dans le monde, on trouverait bon, un des partenaires venant à faire défaut, de renoncer à tout, en particulier à la volonté que nous portons en nous de faire l’Europe ?

N’ayons pas honte de ce traité. Déjà, il va au-delà de la situation actuelle, il constitue une avancée.

En tant qu’homme de gauche, je souhaiterais me tourner un instant vers certains de nos amis (l’orateur se tourne vers les travées communistes) pour leur faire entendre que Maastricht est un compromis de gauche : pour la première fois, dans un traité de cette nature, des mesures d’encadrement du marché sont prévues ; pour la première fois, citoyenneté et nationalité sont dissociées ; pour la première fois, les syndicats vont être associés aux processus décisionnels. (protestations sur les travées communistes. – Applaudissements sur les travées socialistes.)

Mme Marie-Claude Beaudeau. Les chômeurs vont disparaître ?

M. Jean-Luc Mélenchon. Si l’on veut dresser un tableau complet, tout cela doit être dit.

Politique politicienne, paraît-il. Nous gouvernerions ce pays l’œil rivé sur le rétroviseur, nous demandant ce que les uns ou les autres vont penser de ce que nous avons conclu. Vous plaisantez ! Aucune cause franco-française, à plus forte raison aucune cause de lutte politicienne ne parvient au niveau auquel se situent les enjeux de Maastricht. S’il en résulte un peu de désordre parmi vous, nous ferons avec !

Mme Hélène Luc. Pour le désordre, vous pouvez parler, parce que chez vous…

M. Jean-Luc Mélenchon. Le fil noir de l’intégration serait, a-t-on dit, un projet sans flamme ; on vérifie une fois de plus que la flamme ne s’allume pas aux mêmes objets pour tous !

Mais l’intégration représente un plus pour nous ; la construction de la nation européenne est un idéal qui nourrit notre passion. Nous sommes fiers, nous sommes heureux de participer à cette construction.

Nous sommes fiers de savoir qu’il va en résulter des éléments de puissance, qu’un magistère nouveau va être proposé à la France, à ma génération, dans le monde futur, qui est monde en sursis, injuste, violent, dominé pour l’instant pas une seul puissance.

Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse d civilisation, de culture, de réseaux de solidarité, come aujourd’hui le dollar porte la violence dans les rapports simples et brutaux qu’entretiennent les Etats-Unis d’Amérique avec le reste du monde.

M. Emmanuel Hamel. Et la violence du 6 juin 1944 !

M. Jean-Luc Mélenchon. Il ya ici assez d’Européens de longue main pour regretter la décision des Danois sans se laisser pour autant détourner des objectifs qu’ils poursuivent et poursuivront sans relâche.

Il y va, je le répète, d’un enjeu de civilisation. L’alternative au monde violent et injuste, où la chute du mur de Berlin reçoit en écho les émeutes de Los Angeles, c’est l’avènement de la nation européenne porteuse de paix, de civilisation et de solidarité.

M. Félix Leyzour. Cela commence bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Et nous ne serons jamais autant Français qu’en y jetant toutes nos forces.

On a invoqué ici, de nombreuses fois, la tradition républicaine de la France pour argumenter contre le progrès de la citoyenneté européenne que constitue le droit de vote accordé aux étrangers communautaires. C’est à mes yeux commettre un contresens et faire preuve d’un archaïsme totalement contraire à la philosophie politique qui a présidé à la fondation de la République dans notre pays et qui garantit la continuité du principe républicain et sa formidable prégnance.

On a dessiné devant nous une identité de la France quasi métaphysique, dans laquelle la souveraineté nationale est confondue avec ses instruments, dont la pérennité tracerait la frontière entre la vie et la mort de la nation. Contresens !

La nation est un mot nouveau qui est né pendant la Révolution française, par opposition au morcellement féodal des peuples de France sous la monarchie.

La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni éthique, ni religieuse, ni linguistique. La citoyenneté est dans l’exercice collectif du pouvoir. Là où est le pouvoir réel, là doit s’exercer la citoyenneté. Là où est la citoyenneté, là est la nation.

Tout se tient dans la tradition française entre la démocratie et la nation. Si le pouvoir réel de maîtriser notre destin ne peut prendre toute sa réalité économique et sociale qu’à l’échelle de l’Europe, alors, les vrais démocrates ne peuvent que vouloir l’avènement de la nation européenne et, avec elle, de la citoyenneté européenne.

Mes chers collègues, quand on aime la France – et on peut l’aimer de bien des façons – on sait qu’on ne peut la faire dans un seul pays.

La véritable polarisation du débat politique est là, elle traverse l’histoire de nos deux siècles de République. D’un côté, le conservatisme – ce n’est pas honteux – qui s’oppose à chaque étape au processus qui voit la citoyenneté étendre son rôle. De l’autre, le camp du progrès, qui saisit toutes les occasions de confier le pouvoir réel au plus grand nombre et qui, pour cela, parie toujours sur la dimension universelle de la personne, renvoie les différences les plus essentielles – la fois, la langue, l’attachement aux identités locales dans le domaine privé – pour ne reconnaître comme sujet de l’histoire que le citoyen défini par les droits mutuels universels.

Ces principes, nous les portons avec fierté. A l’heur où nous travaillons à une cause aussi fondamentalement française, il ne peut être question de délibérer sous la pression des mots, des fantasmes et même des leçons de patriotisme.

Si j’adhère aux avancées du Traité de Maastricht en matière de citoyenneté européenne, bien qu’elles soient insuffisantes à nos yeux, vous devez le savoir, c’est parce que le plus grand nombre d’entre nous y voient un pas vers ce qui compte, vers ce que nous voulons et portons sans nous cacher : la volonté de voir naître la nation européenne et, avec elle, le patriotisme nouveau qu’elle appelle. (applaudissements sur les travées socialistes).

Mise en ligne : mai 2009

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 08:44

Pierre Laurent interpelle Laurent Joffrin à propos de son analyse de la crise grecque.

Révisez vos leçons !

En annonçant à la une de Libération du 11 août un grand dossier sur «les leçons de la crise grecque», votre journal a fait une promesse à ses lecteurs qu’il n’a absolument pas tenue. Votre dossier et l’analyse introductive que vous signez ne tirent aucune leçon de l’expérience grecque de ces huit derniers mois. En tout cas aucune de celles que devrait logiquement tirer quiconque se réclame de la gauche. Une fois de plus, vous faites totalement fi de la position réelle et maintes fois exprimée d’Aléxis Tsípras. Cherchant en fait à justifier la politique d’austérité menée en France par François Hollande, vous présentez sa décision de signer l’accord qui lui a été imposé comme un reniement à ses promesses démagogiques, la reconnaissance par lui-même que rester dans l’euro vaut bien «une certaine dose d’austérité» et qu’il aurait mieux valu l’admettre tout de suite plutôt que de «jouer au poker avec l’avenir de la Grèce». Ainsi, selon vous, Aléxis Tsípras pourrait maintenant être soutenu parce qu’il s’est converti au réalisme d’une austérité qu’il combattait hier. Cette position est l’exact contraire de celle qu’a exprimée le Premier ministre grec, le 29 juillet dans une longue interview à la radio hellénique Sto Kokkino, dont seule l’Humanité a publié la traduction intégrale. Je cite : «Nous avons tenté, dans des conditions défavorables, avec un rapport de forces difficile en Europe et dans le monde, de faire valoir la raison d’un peuple et la possibilité d’une voie alternative. Au bout du compte, même si les puissants ont imposé leur volonté, ce qui reste c’est l’absolue confirmation, au niveau international, de l’impasse qu’est l’austérité.»Si réalisme il y a, on le voit, c’est celui de la lucidité face au rapport de forces et aux conditions draconiennes de l’accord qui a été imposé à la Grèce. La transparence avec laquelle Aléxis Tsípras conduit son combat est d’ailleurs une belle leçon de démocratie.

Alors, pourquoi avoir signé, quand vous nous dites, monsieur Joffrin, qu’il ne tenait qu’à Aléxis Tsípras d’écarter ce chantage «en négociant un Grexit temporaire et ordonné que lui proposaient ses interlocuteurs allemands» ? Précisément, parce que le Grexit, souhaité de bout en bout par le gouvernement allemand, aurait signifié une faillite catastrophique pour les couches populaires en Grèce. La décision revancharde de contraindre à la fermeture des banques, prise par l’Eurogroupe à la veille du référendum, préparait le terrain au Grexit et à la liquidation politique du gouvernement Tsípras. Sait-on suffisamment que les Allemands ont été les plus zélés à proposer un Grexit dit «ordonné» de la Grèce, en gros un accompagnement musclé vers la sortie ? Ceci dit, Aléxis Tsípras reconnaît lui-même que la Grèce a dès lors été enfermée dans un «dilemme coercitif». En acceptant, contraint, les conditions draconiennes de l’accord, c’est donc en quelque sorte maintenu dans la prison de l’austérité que Tsípras a décidé de continuer à mener le combat, parce que le choix alternatif du Grexit n’était pas celui de la liberté mais celui du condamné à mort. Reconnaissant le caractère douloureux de ce compromis, il a souligné combien il s’agissait «d’une victoire à la Pyrrhus de nos partenaires européens et de nos créanciers». Nous sommes donc loin, convenez-en, d’un ralliement à l’austérité.

Dans ce combat inégal, la Grèce a également marqué des points. Au plan politique, en élevant le niveau du débat sur la viabilité des politiques d’austérité et la soutenabilité de la dette dans toute l’Europe. Le gouvernement grec a ouvert une voie vers laquelle nous devrions désormais tous pousser. Au plan économique, en obtenant 83 milliards de financement sur trois ans là où le compromis d’avant-référendum avec les mêmes mesures d’austérité n’assurait que 10 milliards sur cinq mois. Il y a quelques jours encore, les Allemands plaidaient plutôt pour un «prêt relais» qu’un accord de financement durable en échange du plan d’austérité.

Dans ces conditions, le devoir d’une gauche digne de ce nom n’est pas de prétendre soutenir Tsípras en vantant son imaginaire ralliement à l’austérité, ce qui reviendrait à le soutenir comme la corde soutient le pendu, mais de le soutenir vraiment en élargissant le front de lutte européen contre l’austérité, pour des financements allant à la création d’emplois et de richesses, aux services publics et non plus à l’enrichissement des créanciers, pour la restructuration européenne de la dette. L’engagement de la France dans ce combat s’avérerait immédiatement décisif, quand on voit ce que celui de la Grèce, seule et isolée, a déjà fait bouger dans les consciences.

C’est là que votre responsabilité, cher Laurent Joffrin, et celle du gouvernement français sont gravement engagées. Jusqu’à quand allez-vous plaider des vieilles lunes qui condamnent chaque jour un peu plus l’idée européenne dans la tête de millions d’Européens plutôt que de regarder vers l’avenir d’une nécessaire refondation démocratique et sociale en Europe ? Le débat sur la fédéralisation accrue de la zone euro est une fausse fenêtre car elle esquive encore une fois le fond du problème : la nature des politiques mises en œuvre. La voie ouverte par les Grecs place la barre plus haut : reconquérir le pouvoir confisqué en Europe par les marchés financiers avec la complicité des gouvernements de la zone euro pour le rendre aux peuples et à leurs choix souverains. Nations et Europe ne s’opposent pas si la règle démocratique d’une Europe à géométrie choisie remplace celle d’une Europe régie par la loi du plus fort. Tout votre dossier est traversé une nouvelle fois par cette fausse opposition qui expliquerait tout : les pro-Européens d’un côté, les souverainistes de l’autre. Votre analyse date, cher Laurent Joffrin. Aujourd’hui, les tenants de l’ordre libéral en Europe et les partisans du retour au choc des nationalismes sont les deux protagonistes d’une même impasse mortifère. L’avenir appartient à ceux qui feront le choix d’une refondation sociale et démocratique de l’Europe. Aléxis Tsípras et les siens, avec les forces de la Gauche européenne que je préside, mènent ce combat. C’est le seul combat d’avenir pour les forces de gauche en Europe.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 11:07

DÉCLARATIONS DE LA PRÉSIDENTE DU PARLEMENT GREC ,ZOE KOSTANTOPOULOU

Publié le juillet 2, 2015 par VangelisGoulas

Déclarations de la Présidente du Parlement au sujet des ingérences grossières dans le processus du référendum et la tentative d’en changer la question.

« Ces derniers jours et ces dernières heures on a enregistré un déluge d’ingérences grossières dans le processus démocratique du référendum, proclamé pour la première fois en 41 ans depuis la fin de la dictature des colonels, à l’instigation du Premier ministre, puis sur proposition du gouvernement et décision du Parlement.

Les représentants d’hier, les co-responsables de la destruction du pays et du peuple, et leurs partenaires nationaux et étrangers, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour empêcher l’expression de la volonté populaire.

Pour empêcher ou annuler le référendum.

Et maintenant, puisqu’ils ont échoué dans cette tentative,

ils font tout ce qu’ils peuvent pour en modifier le résultat, rendre floue et dénaturer la question très claire, en adressant au peuple un nouveau chantage:

Que soi-disant, si les citoyens disent « non », nous devrons quitter l’Union Européenne ou la zone euro

Que si’ls disent « non », il n’y aura aucune nouvelle négociation

Que si ils disent « non », cela signifiera qu’ils « ne veulent pas d’aide ».

Certains, chefs d’État mais aussi représentants de la Commission et d’autres institutions et organismes, n’hésitent pas à interférer grossièrement dans les affaires internes du pays et à suggérer au peuple ce qu’il doit voter au référendum, en modifiant la vraie question.

Ce qui est important c’est non seulement ce qu’ils disent, mais qui le dit.

Le disent les représentants des gouvernements qui se sont alliés aux gouvernements qui ont détruit le pays et ont fait des échanges avec eux.

Le disent les représentants d’organisations internationales qui ont participé à des programmes catastrophiques qui ont décomposé la société et causé d’ indicibles malheurs.

Le disent des dignitaires, qui ont admis s’être trompés dans le cas de la Grèce, encore et encore.

Mais le disent aussi les représentants du système politique corrompu des anciens partis, de la corruption et des combines, ceux qui ont créé une dette illégale, honteuse et insoutenable et qui veulent la mettre sur le dos du peuple, de la jeunesse et des générations futures, sans rendre de comptes.

Le oui ne signifie pas oui à l’Europe.

Il signifie oui à l’ultimatum adressé par la Troïka au gouvernement grec.

Le oui signifie oui aux mémorandums, à la soumission et à la servitude.

Oui à des diminitutions suplémentaires des salaires et des retraites,

Oui au chômage et à la précarité de l’emploi,

Il signifie oui à l’abandon de la souveraineté et de la démocratie,

au bradage des biens publics,

à de lourds impôts sans fin.

Il signifie aussi oui à la dégradation de la Grèce de pays membre à part égale de l’UE en pays paria et en colonie de la dette.

Le non signifie non aux tactiques et pratiques antidémocratiques

Non aux chantages anti-européens et aux ultimatums

Non aux blocages artificiels

Non à l’asphyxie du peuple, avec les banques fermées

Non à l’asservissement d’États-membres par d’autres États-membres

Non à la soumission économique et politique.

Le Gouvernement s’est redressé.

Il n’a pas cédé, il n’a pas capitulé en trahissant la confiance des citoyens.

Le Parlement en 2015 a été à sa hauteur.

Il n’a pas fait loi d’État les mesures qui ont condamné de nombreuses générations à un esclavage mémorandaire.

Pour la première fois le peuple peut réellement décider de son avenir.

Pour la première fois il peut repousser lui-même, par son vote, le dernier chantage.

Pour la première fois, le peuple peut lever la tête et avec son vote, avec le non, secouer le joug des mémorandums.

Qu’il vote et se batte pour sa dignité et son avenir.

Et qu’il défende le seul gouvernement qui lui a fait confiance et lui a rendu le pouvoir qui lui appartient et qu’il défende le Parlement qu’il a lui-même élu et qui lui a rendu le pouvoir qu’il en tire et exerce en sa faveur.


Qu’il ne permette pas le renversement du gouvernement par ceux qui, depuis des mois élaborent des scénarios de déstabilisation et de détournement, pour remettre le pays et le peuple aux forces de la corruption, des combines et de la tromperie, qui ont tirer profit des mémorandums sur le dos de la société.


Et qu’il envoie le message retentissant et optimiste aussi aux autres peuples d’Europe, que la démocratie est l’affaire des hommes et des peuples, non des banques, des banquiers et des marchés.


Les « non » du peuple grec ont, dans l’Histoire, rendus fiers non seulement les Grecs, mais l’humanité toute entière.

Un tel « non » rendra fières les générations futures et défendra la véritable âme de l’Europe, qui ne se base pas sur des ultimatums et des chantages, mais sur une coexistence égalitaire, la démocratie et la solidarité. «

traduction Frédérique Bouvier

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 13:09

LA PROPOSITION DE LA TROÏKA ET LA RÉPONSE DU GOUVERNEMENT GREC

Publié le juin 29, 2015 par VangelisGoulas

La Commission européenne a rendue publique la proposition des institutions, dans l’optique du référendum du dimanche 5 juillet.

En effet, son président Jean-Claude Juncker, renvoie,via Twitter, au communiqué de la Commission, afin que le peuple grec soit informé avec « une plus grande transparence ».

Détail du communiqué de la Commission européenne au sujet de la Grèce:

« Information de la Commission européenne relative aux dernières propositions dans le cadre des négociations avec la Grèce

Bruxelles, le 28 Juin 2015
Pour l’information du peuple grec et dans un esprit de transparence, la Commission européenne publie ses dernières propositions en accord avec les institutions (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), lesquelles prennent en compte les propositions des autorités grecques des 8, 14, 22 et 25 Juin 2015 ,mais aussi les négociations au niveau politique et technique tout au long de la semaine.

Les discussions sur ces propositions ont continué avec les autorités grecques dans la soirée de vendredi soir en vue de l’Eurogroupe du 27 Juin 2015. Il y a eu une compréhension commune, de la part de toutes les parties concernées, que cette réunion de l’Eurogroupe pouvait permettre d’atteindre un accord global pour la Grèce, qui aurait contenu non seulement des mesures en vue d’un commun accord, mais aurait couvert les besoins futurs de financement ainsi que la viabilité de la dette grecque. Elle comprenait également le soutien d’un paquet pour un nouveau départ pour la croissance et l’emploi à l’initiative de la Commission soutenant la reconstruction et l’investissement dans l’économie réelle, comme cela a été discuté et adopté lors de la réunion du Collège des commissaires le mercredi 24 Juin 2015.
Malgré cela, il n’a pas été possible de finaliser formellement et de présenter à l’Eurogroupe la version finale de ce document, ni le résumé d’un accord global, en raison de la décision unilatérale des autorités grecques d’abandonner la procédure le soir du 26 Juin, 2015″.

La proposition publiée par la Commission européenne (PDF)

De la part du bureau du Premier ministre grec: La proposition de la Commission européenne met fin aux arguments des partisans du « oui à tout »

Le texte rendu public par la Commission européenne met fin à la para-littérature, comme il met fin aussi aux arguments des partisans du « oui à tout », lesquels affirmaient jusqu’ici qu’il n’y avait pas de texte des institutions, selon des sources gouvernementales.

Comme il est mentionné, dans le texte d’aujourd’hui et celui du 25 juin, posé comme un ultimatum, les institutions exigent, entre autres:

  • l’imposition d’une TVA à 23% sur la restauration collective
  • l’abolition de la baisse de la TVA dans les îles

  • l’application d’une avance d’impôt de 100% sur les sociétés et les travailleurs indépendants

  • l’abolition des réductions pour les agriculteurs (pétrole, impôt sur le revenu)

  • que soient baissées de 900 millions € (0,5% du PIB) les dépenses de l’aide sociale (subventions, etc.).

  • la limitation immédiate des pré-retraites

  • l’abolition progressive de la retraite complémentaire.

  • l’application complète de la loi de mémorandum 3863/2010 sur la sécurité sociale

  • l’application de la clause de déficit zéro et que le financement des caisses complémentaires soit réalisé uniquement par des fonds particuliers

  • l’abolition de toutes les participations en faveur de tiers qui financent les caisses de sécurité sociale, qui a pour conséquence une baisse de leurs recettes de plus de 700 millions €

  • l’augmentation des prélèvements pour soins de santé sur les pensions de 4% à 6%

  • le gel des retraites jusqu’en 2021

  • une législation sur les licenciements collectifs et la non-réintroduction des conventions collectives, si les institutions ne le permettent pas

-la diminution à 1500€ du montant des dépôts non saisissable

  • l’augmentation du taux en vigueur pour le règlement des dettes
  • la réduction des salaires dans le secteur public

  • la mise en oeuvre complète des boîtes à outils de l’OCDE (lait, pain, pâtisseries, dimanches, …)

  • un coup important contre les médicaments grecs

  • la poursuite de la privatisation du secteur de l’éléctricité.

-la vente des actions de l’OTE(Compagnie du téléphone) détenues par l’État

  • la non-application d’une taxe spéciale de 12% sur les bénéfices supérieurs à 500.000 pour l’exercice 2014
  • le non-retour des cotisations sociales patronales au niveau de l’année 2014

Tout ceci constitue un ensemble de propositions qui s’inscrivent dans la conception du Fonds monétaire international, qui ont été posées comme ultimatum à la Grèce, ce qui ressort aussi de l’Eurogroupe, rapporte le bureau du Premier ministre grec qui ajoute: la seule différence concerne la TVA sur les hôtels dont le taux, dans le texte actuel posté sur le site Web de la Commission européenne, est passé de 13% à 23% pour le 25 Juin.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 12:53

- Christine Lagarde est mise en examen dans l'affaire de l'arbitrage favorable rendu à Bernard Tapie (403 millions d'€) : elle était alors ministre de l'économie.
> http://www.liberation.fr/…/la-mise-en-examen-une-bonne-et-u…

- Jean-Claude Junker a été premier ministre du Luxembourg, favorisant l'évasion fiscale massive vers son pays au détriment de ses partenaires européens.
> http://www.lemonde.fr/…/evasion-fiscale-tout-sur-les-secret…

- Mario Draghi était vice-président Europe de Goldman Sachs lorsque la banque privé a aidé le gouvernement grec de l'époque a maquiller son déficit avec des produits dérivés.
> http://www.humanite.fr/goldman-sachs-et-la-grece-une-histoi…

Voici les visages de la Troïka qui donne des leçons à Alexis Tsipras et qui appelle à voter Oui-Oui et à accélérer l'austérité en Grèce !

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:15
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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 08:41

RÉSOLUTION DU COMITÉ CENTRAL DE SYRIZA : POUR LA VICTOIRE DE L’ESPOIR EN GRÈCE ET EN EUROPE

Publié le mai 27, 2015 par VangelisGoulas

24/05/2015
Résolution du Comité Central de SYRIZA

Depuis le 25 Janvier, le gouvernement mène avec constance et ténacité un combat politique singulier. Un combat pour la sortie définitive du pays du bourbier mémorandaire ; pour réconforter ceux qui ont du mal à survivre à cause des politiques menées pendant les cinq dernières années; pour relancer l’économie sur la voie d’un développement durable et socialement équitable; pour mettre fin au cercle vicieux de la dette et l’austérité.

Une combat pour faire naître l’espoir non seulement en Grèce mais partout en Europe. Parce que la confrontation avec les forces conservatrices qui insistent sur les politiques d’austérité en faillite, est un combat pan-européen. De son aboutissement ne dépend pas seulement l’avenir de la Grèce. C’est pour cela que tout est mis en œuvre pour faire avorter l’espoir représenté par SYRIZA et le gouvernement du salut social. C’est pour cela que nous sommes la cible des attaques de l’ Alliance sacrée – internationale et nationale – de l’austérité. Voilà pourquoi le combat que nous livrons est d’une importance historique pour l’avenir de l’Europe.

Tout au long de son parcours SYRIZA soulignait que la lutte contre la Sainte-Alliance de l’austérité ne sera pas sans embûches. Nous avions prévu qu’il serait long et rude notre combat. Malheureusement, les faits ont vérifié nos prévisions. Mais la gauche est résistante et promise aux victoires difficiles.

SYRIZA a par ailleurs toujours insisté sur sa singularité par rapport aux autres partis. Nous avons dit que nous sommes le parti qui défend les intérêts populaires d’aujourd’hui et les valeurs intemporelles de la Gauche. Et depuis quatre mois, nous prouvons chaque jour notre lien indissoluble avec le désir populaire pour la justice et la dignité. Depuis quatre mois, nous refusons les ultimatums insolents. Nous résistons à la tentative d’étranglement de l’économie et de la société. Nous bravons délibérément la campagne internationale de calomnie contre nous. Nous fermons les oreilles aux sirènes du ralliement et de la subordination.

Depuis quatre mois, jour après jour, nous défendons avec insistance les lignes rouges définies par le peuple lui-même le 25 Janvier. Le gouvernement ne signera aucun accord mémorandaire.

Le fait que nous rejetons les ultimatums ne signifie pas pour autant que nous ne cherchons pas une solution mutuellement bénéfique. Pendant tout ce temps, nous avons fait tous les efforts possibles pour sortir de l’impasse. La patience et l’ouverture d’esprit que nous avons démontrées ne doivent pas être interprétées comme une expression de faiblesse ou d’assimilation des conceptions prévalentes. Il s’agit plutôt d’ un acte de responsabilité envers la société grecque et les autres peuples de l’Europe.

Nous avons cherché et continuons de chercher un accord qui permettra la sortie du cercle vicieux de : « dette -austérité – augmentation de la dette ». Nous avons cherché et nous continuons de chercher un accord qui permettra de renforcer la cohésion des peuples européens. Et nous dénonçons tous ces défenseurs zélés de l’austérité qui minent le processus de négociation qui par leurs attitudes intransigeantes et par leurs tentatives d’ étranglement de l’économie grecque détruisent aussi la cohésion des peuples européens. Ceux qui croient qu’ils pourront ainsi humilier la Grèce jouent avec le feu.

Le difficile compromis du 20 Février a enregistré une partie importante de nos positions et a permis au gouvernement d’éviter le piège mortel tendu par des cercles internationaux et nationaux. Ainsi les actions sournoises mises en place par certains pour miner cet accord sont facilement compréhensibles. Dès le lendemain du 20 Février tous les moyens ont été mis en œuvre pour annuler insidieusement les points clés de l’accord du 20 Février et réintroduire progressivement la condition de la cinquième évaluation – prévue par le deuxième mémorandum – comme point de référence pour l’avancement de la négociation. Ce glissement vers la réhabilitation de la 5ème évaluation n’a pas été et ne peut pas être accepté par la partie grecque.

Malgré les tentatives de certains cercles de créanciers de miner l’accord du 20 Février, le gouvernement grec a agi en conformité de ses règles. En outre, alors que le gouvernement a activement démontré son engagement politique pour honorer les obligations internationales et internes du pays, l’économie grecque a été mise en épreuve et le pays subit un étranglement financier sans précédent dicté par des intentions politiques manifestes. Si l’asphyxie économique imposée se poursuit et nous sommes confrontés à une situation limite, il est évident que la priorité sera mise sur le paiement des salaires et des retraites et non pas sur les remboursements des prêts. Les gens sont au dessus de la dette.

Cependant, l’adversaire ne se trouve pas seulement à l’extérieur mais il se trouve aussi entre les murs. C’est cette oligarchie qui a été favorisée et renforcée les 25 dernières années, et elle a vu sa puissance s’envoler avec les politiques mémorandaires de l’extrême austérité et de déréglementation du marché du travail. C’est sur le résultat de ce duel par ailleurs que seront jugés à la fois le nouveau gouvernement et SYRIZA. Notre combat vise à promouvoir un modèle social et économique radicalement différent, fondé sur la redistribution des richesses, sur la promotion de l’égalité, sur la solidarité, sur le respect de la propriété publique, sur le soutien des biens publics, du travail salarié, du respect de l’environnement. C’est pour cela que certains s’y opposent farouchement.

Le réseau des oligarques a depuis quelque temps quitté le masque d’ impartialité et il a opté pour une confrontation directe avec le gouvernement sans intermédiaires politiques cette fois et sans faux semblants. Ce n’est pas un hasard si nous sommes la cible des attaques quotidiennes des médias impliqués depuis toujours dans le système de la collusion d’intérêts privés et politiques.

Cependant, SYRIZA a déjà démontré dans le passé et le démontre encore aujourd’hui dans la pratique qu’il ne se laisse pas intimider par la propagande grise. Parce qu’il a confiance au jugement du peuple grec. E les oligarques doivent enfin comprendre: Il est temps de mettre la main dans la poche. Il est temps de payer des impôts, de rembourser leurs prêts aux banques, de payer les fréquences de télévision, de remplir leurs obligations financières selon la loi et comme le reste de la population. Il est temps de payer ce qui n’a pas été payé depuis bien longtemps. Malgré la propagande grise qui se déchaîne contre nous, nous imposerons la justice quoi qu’il en soit. Nous avons devant nous quatre ans moins quatre mois pour le faire.

Et alors que nous abordons la dernière ligne droite des négociations, nous soulignons nos exigences spécifiques pour un compromis acceptable par nous :

A) des excédents primaires faibles,
B) aucune nouvelle baisse des salaires et des pensions,
C) restructuration de la dette,
D) paquet soutenu pour des investissements publics, notamment dans les infrastructures et les nouvelles technologies.

En outre, la restauration des conventions collectives et l’augmentation progressive de salaire à 751 euros constituent une condition sine qua non. L’exigence que tout changement de la politique fiscale doit contribuer au progrès de la justice sociale en réduisant les charges pour les revenus faibles et en enrayant la fraude fiscale des hauts revenus et des grosses fortunes est tout aussi nécessaire.

Le Comité central estime que l’adoption des initiatives législatives telles que l’adoption immédiate des projets de loi pour le rétablissement des négociations collectives et l’abolition de la clause du déficit zéro enverra un signal politique fort dans toutes les directions et renforcera la position du gouvernement.

Le travail législatif du gouvernement accompli jusqu’ici constitue la meilleure preuve de ses objectifs pour la négociation. Et même entravé par l’asphyxie financière qui a été imposée le gouvernement avance fermement dans la mise en œuvre du Programme de Thessalonique.

Nous rappelons :

  1. Le programme adopté pour faire face à la crise humanitaire et couvre les besoins d’alimentation-du logement-de l’accès à l’électricité, de la couverture sociale, et la suppression du « ticket d’entrée » de 5 euros pour les hôpitaux

  2. La première étape de relance de l’économie par la régularisation – très réussie – des dettes envers l’État et les Caisses d’assurance en 100 versements .

  3. La réintégration de 4500 fonctionnaires (femmes de ménage, gardiens scolaires, enseignants, etc.) qui avaient été illégalement licenciés par les gouvernements mémorandaires.

  4. La suspension de la clause du déficit zéro dont l’ application se traduirait par une réduction de 15% des pensions complémentaires en 2015, et aussi la suspension des réformes mémorandaires qui prévoyaient de nouvelles réductions des retraites et la limitation des bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux retraités.

  5. Le recrutement des personnels hospitaliers qui donnera un nouveau souffle au Système national de santé.
  6. Le début du rétablissement des libertés démocratiques avec la reconstitution de l’ERT [audiovisuel public], la réforme humanitaire du système pénitentiaire, l’attribution de la nationalité grecque aux enfants d’origine immigrée nés sur le sol grec, le rétablissement de l’heure du premier ministre au Parlement et de l’information régulière des journalistes par le porte-parole du gouvernement.

  7. Redressement des torts causés à l’État par l’ancien système de collusion des intérêts privés et politiques et par la cupidité de quelques oligarques avec la taxation des transactions triangulaires, la vérification de toutes les listes des fraudes fiscales, l’imposition des chaînes de télévision, la réglementation du paysage audiovisuel.

  8. La réintroduction des normes de légalité dans le football professionnel.

  9. Les premiers changements progressifs dans le système éducatif.

  10. Le choix d’une politique étrangère multidimensionnelle en faveur de la paix et de la stimulation de l’économie.

Nous devons également mentionner la mise en place par le Parlement des Commissions :pour les réparations allemandes, sur les conditions d’introduction des mémorandums, d’audit de la dette publique, des institutions et de la transparence.

En quatre mois beaucoup de choses ont été faites et nous pouvons faire encore plus si nous gagnons la bataille de la négociation. Mais malgré le travail important accompli par le gouvernement, nous ne devons pas passer sous silence que des erreurs importantes d’appréciation ont été commises concernant certains choix politiques, des personnes et des arguments rhétoriques qui ont créé des interrogations tant au niveau du parti qu’au niveau des groupes sociaux qui nous soutiennent.

Le gouvernement doit procéder à la démocratisation de l’appareil étatique en abordant avec détermination les problèmes liés aux structures et aux enclaves du système mémorandaire précédent, donnant un autre exemple de gouvernance par la gauche. Les options du gouvernement doivent inspirer la société et les mouvements. Compte tenu des grandes difficultés qui nous attendent, il est nécessaire de renforcer les liens entre le gouvernement avec le parti et le groupe parlementaire.

Le gouvernement qui mène actuellement un combat historique a trois principaux alliés:

Le premier est notre parti. SYRIZA n’est pas seulement la synthèse de l’expression politique des travailleurs, des jeunes et des mouvements. Dans ce contexte particulier, il est à la fois le dépositaire du programme et des valeurs de la gauche, le bouclier du gouvernement contre les attaques abjectes dont il fait l’objet, et le veilleur prompt qui signale rapidement les excès et les dérives pour redresser immédiatement les torts.

Le rôle du parti est en effet plus important que jamais. Il est donc nécessaire d’accélérer les procédures de réorganisation qui ont déjà commencé. Les jours suivants les organisations des membres doivent discuter de la décision du Comité Central et du cours de la négociation. En même temps, les membres du parti doivent travailler intensivement pour organiser la mobilisation populaire contre le chantage exercé au gouvernement.

Le second allié du gouvernement est la solidarité internationale. Des mouvements, des syndicats, des partis progressistes, des intellectuels et des citoyens ordinaires d’Europe et du monde entier ont exprimé leur soutien sans réserve à notre juste lutte. Ils comprennent que la bataille que nous donnons ne concerne pas seulement la défense du droit inaliénable de notre peuple à déterminer lui-même son avenir, mais aussi la perspective d’une autre Europe sans mémorandums, sans la Troïka et l’austérité. Le Comité Central de SYRIZA salue la solidarité internationale et demande à tous les amis du peuple grec de renforcer leur mobilisation. Nous avons besoin que leurs voix se fassent entendre plus fort que jamais.

La troisième et plus décisif allié du gouvernement est le peuple lui-même. Face aux intérêts organisés, à la Sainte-Alliance de l’austérité, au pouvoir de la richesse, à la corruption et aux oligarques, le gouvernement compte sur le soutien actif de la grande majorité des citoyens. De la majorité citoyenne qui reconnaît dans ce gouvernement du salut social un gouvernement par le peuple, avec le peuple et pour le peuple. De la grande majorité qui réclame la fin de l’austérité et une nouvelle voie pour le pays. De la grande majorité qui rejette les ultimatums arrogants et demande au gouvernement de ne pas reculer et de défendre ses lignes rouges. De la grande majorité qui malgré les difficultés garde un esprit combatif. De la majorité qui est prête à descendre dans la rue pour réclamer le droit inaliénable à la dignité et à la justice.

Pour la victoire de l’espoir en Grèce et en Europe !

Αthènes (24/5/2015)

Traduction:Vassiliki Papadaki

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 16:20
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 22:05

La gauche européenne contre l’austérité

Politique. Un premier Forum européen des alternatives se tient ce week-end à Paris. L’enjeu est d’imaginer des rassemblements progressistes pour une véritable alternative.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Président du Parti de la Gauche Européenne (PGE), Emmanuelle Cosse, son homologue écologiste, Pouria Amirshahi socialiste « frondeurs », Zoé Konstantopoulou, Présidente du parlement grec, étaient réunis sur scène samedi, illustrant leur volonté de « convergence politique ».

Tous les quatre participaient à une plénière intitulée « l’austérité ça suffit. Notre objectif : le développement humain en Europe ». Dans la salle, Jean-Luc Mélenchon, leader du parti de gauche, et Marie-Noëlle Lienemann, Sénatrice PS, étaient assis au premier rang.

La plénière se tenait dans le cadre du forum européen des alternatives organisé samedi et dimanche à Paris par le Parti de la Gauche Européenne (PGE) dix ans après la victoire du « Non » des Français au référendum sur la Constitution européenne.

« Un moment crucial »

« Il faut trouver tous les moyens de discuter et de trouver des lieux de controverse, de discussion, de construction commune », a expliqué à la presse Emmanuelle Cosse, pour qui « ces échanges ne se traduisent pas obligatoirement par une question électorale ».

« La question est comment on construit une réponse commune à la crise actuelle et qu’on sort de cette impression qu’il n’y a qu’une seule ligne possible et qu’on ne peut pas débattre », a-t-elle dit.

« Au delà des débats qui nous traversent, il faut être capable dans des circonstances de plus en plus nombreuses d’affirmer des convergences, des idées qui nous rassemblent. Le faire sur la question européenne dans un moment aussi crucial pour l’Europe a beaucoup de signification », selon Pierre Laurent.

« On ne va pas lever avec un coup de baguette magique toute une série de différences (…) C’est un chemin, ce n’est pas une ligne droite, ce qui compte, c’est la boussole », a souligné le patron des communistes. « Cette convergence ne se décrète pas, elle se construit », a-t-il insisté.

Pour le socialiste Pouria Amirshahi, ce genre de rendez-vous est un pari sur l’avenir. « Il y a bien des questions qui nous rassemblent. Ces rapprochements politiques sont utiles pour demain », a-t-il dit.

« La Grèce montre le chemin et il est important dans cette période historique que chacun et chacune fasse des choix pour lesquels nous serons fiers d’ici deux ou trois décennies », selon Zoé Konstantopoulou.

« Les images de l’austérité en Grèce sont les images du futur européen si on ne met pas fin à ces politiques » d’austérité, a-t-elle prévenu. « L’austérité tue », a-t-elle lancé quelques minutes plus tôt sur scène.

Dans toute l’Europe, l’expérience grecque essaime. Les succès aux élections municipales en Espagne des forces progressistes qui ont su se rassembler est un autre signe que les peuples européens rejettent l’orientation ultra-libérale et austéritaire de l’UE. En France, où le « non » avait ouvert la voie, les forces progressistes ont donc un devoir de réussite.

La Marseillaise, le 31 mai 2015

Le mois de juin sera grec

En clôture ce dimanche du premier Forum européen des alternatives, qui se tient depuis samedi à Paris, Tasos Koronakis, Secrétaire général de Syriza et Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Président du Parti de la gauche européenne (PGE) lanceront un appel pour la Grèce.

Ce pays, berceau de la démocratie, cristallise les enjeux qui se jouent en Europe. Soit la poursuite d’une politique austéritaire qui tourne le dos aux peuples, soit, avec la réussite de la Grèce, une réorientation profonde. Comme le dit le Député européen honoraire Francis Wurtz, « Tout changement significatif sera un puissant encouragement à la recherche d’alternatives progressistes, coopératives et solidaires dans toute l’Union européenne ».

Pour ce premier Forum, qui se tient 10 ans après la victoire du « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européen, « la date n’a pas été choisie au hasard », explique Pierre Laurent. « La réponse que les Français avaient apportée reste la réponse d’avenir (…) L’Europe n’a pas d’avenir sans réorientation. Nous avons perdu 10 ans.(…) Ceux qui s’obstinent à suivre ces politiques sont des irresponsables », ajoute-t-il. « Le non a été fondateur en Europe. Tous les mouvements qui posent la question du changement en Europe sont nés de cette bataille pour le non ».

Au programme de ce premier Forum, Place de la République à Paris : 3 plénières, 30 ateliers, un concert et des invités tels que invités Giorgos Katrougalos, Ministre grec de la fonction publique ; Hervé Falciani, ancien salarié d’HSBC, lanceur d’alerte ; Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d’EELV ; Jean-Luc Mélenchon, leader du PG, Pouria Amirshahi, Député PS « frondeur »…

De nombreuses formations européennes comme Die Linke (Allemagne), EUIA (Catalogne), Sinn Fein (Irlande), Syriza (Grèce) sont notamment représentées.

L’appel lancé aujourd’hui, précise Pierre Laurent, vise « à faire du mois de juin un mois de mobilisation au côté du gouvernement grec. Je renouvellerai l’exigence qui est la nôtre à l’égard du gouvernement français d’appuyer le gouvernement grec dans la demande de respect du programme sur lequel il a été élu ».

La Marseillaise, le 31 mai 2015

Repères

30 ateliers au programme du premier Forum européen des alternatives qui se tient jusqu’à aujourd’hui à Paris. Pour suivre en direct les temps forts de la journée de dimanche : http://www.forum-des-alternatives.eu.

Georges Katrougalos, Ministre grec de la Fonction publique et de la réforme de l’État : « J’espère que la Grèce deviendra le miroir de l’avenir politique de l’Europe, qu’il naîtra un mouvement paneuropéen contre l’austérité.(…) On ne peut pas gagner dans un seul pays. La solidarité des peuples est essentielle pour réussir ».

La Marseillaise, le 31 mai 2015

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 07:12

Édition : La Revue du Projet

Le PCF et l’Europe, quelle souveraineté dans une union de nations ?, Patrick Le Hyaric

30 AVRIL 2015 | PAR LA REVUE DU PROJET

  • La nation est le cadre vivant de l’expression démocratique, l’espace privilégié des luttes, des rassemblements et du combat politique. Elle est un outil précieux dans le cadre d’une coopération internationale et de la solidarité internationaliste pour ouvrir des brèches face aux politiques libérales.

Entretien avec Patrick Le Hyaric*

Lors de sa dernière convention nationale sur l’Europe, le PCF a choisi de redéfinir son projet européen comme celui d’une « union de Nations et de peuples souverains, libres et associés ». Qu’entendez-vous par là ?

Favorables à la construction européenne, nous voulons profondément la transformer. Les peuples se détourneront de plus en plus d’une Europe qui se fait sans eux et contre eux. On est passé de l’idée de Communauté européenne au concept politique d’« Union européenne ». Cela signifie une intégration toujours plus poussée sur la base de politiques unifiées, uniques, régies par deux traités, le traité de Maastricht et de Lisbonne, complétées par le traité budgétaire et le pacte dit « Euro Plus » (voir le Le pacte des rapaces, éditions de l’Humanité). On voit ainsi comment les institutions européennes pilotent nos politiques budgétaires et monétaires et déterminent des choix quotidiens comme, par exemple, avec la loi Macron qui découle du pacte « Euro-plus ». Ce sont des instances supranationales, non élues au suffrage universel, comme la Commission de Bruxelles, la Cour de Justice et la Banque centrale européenne, qui gouvernent le dispositif.

L’actuelle construction européenne se fait donc contre la souveraineté populaire, au service de la finance et du capital international. Notre objectif de refondation vise à renverser ce type de construction à partir du respect des spécificités historiques, culturelles, politiques de chaque nation. Chacune d’elle serait dans une démarche d’union choisie parce que bénéfique pour tous, respectueuse de la singularité de chacun et, en même temps, porteuse de ce que les nations auront librement décidé de faire solidairement ensemble. Le contraire d’une uniformisation qui, comme on le constate, conduit à une exacerbation des nationalismes. Cela suppose, à l’échelle du continent, d’inventer des procédures démocratiques qui permettent aux citoyens, dans leur cadre national, de choisir librement ce qu’ils veulent réaliser en commun. Ce processus est à l’opposé de la mise en concurrence actuelle.

Prenons la question essentielle des services publics. Alors que la conception française du service public s’est traditionnellement référée aux principes d’égalité, de continuité et d’adaptabilité, une autre logique lui est opposée. Cette logique est de nature essentiellement économique et financière, c’est l’option d’une économie de marché et de concurrence dont les critères sont essentiellement monétaires comme le taux d’inflation, les fluctuations monétaires, les déficits des finances publiques, les taux d’intérêt à long terme, les taux de rentabilité. Cette conception ne permet pas de garantir le respect de l’idée d’intérêt général et du principe d’égalité, qui se retrouvent indexés aux dogmes ultralibéraux inscrits dans les traités, et ainsi relégués aux marges des politiques menées par les institutions européennes. Il en est de même des enjeux de l’accès au crédit pour un nouveau développement humain. La Banque centrale européenne ne se fixe pas cet objectif mais celui « prioritaire pour elle », de la valeur de la monnaie unique comme outil de spéculation. Dire cela ne signifie pas que nous voulions imposer aux autres notre conception mais que nous voulons que les autres peuples puissent avec nous dégager des principes communs pour que la vie s’améliore pour toutes et tous, que l’environnement soit sauvegardé.

Nul ne doit être entraîné dans un engrenage aboutissant à un type de société violant ses choix fondamentaux et les droits humains à vivre mieux. Tous doivent pouvoir s’engager dans tel ou tel champ de la politique européenne si et seulement si ils en ont choisi souverainement le cadre et la finalité. Une clause de sauvegarde permettrait à un peuple souverain de se soustraire d’un pan de la politique européenne ou d’une directive, dès lors qu’il considère qu’elle remet en cause ses choix souverains.

Cela ne l’empêcherait pas de poursuivre les débats voire les négociations avec les autres États pour des projets communs. Les parlements na­tio­naux seraient impliqués en amont de l’élaboration des lois et règles européennes. Un tel projet implique nécessairement de profon­des transformations structurelles et institutionnelles.

Comment, dans la forme que vous avez définie, parvenir à unir les peuples européens autour de projets et d’objectifs communs ?

De nombreux enjeux auxquels sont confrontés les citoyens de tous les pays européens leur sont communs et nécessitent des projets coopératifs. De grandes questions ne peuvent être résolues qu’à l’échelle du continent : mouvements migratoires internationaux, défi climatique, développement industriel selon des principes écologiques, nouveaux choix agricoles et alimentaires, développement numérique, création monétaire au service d’un nouveau développement hu­main, mais aussi droits nouveaux des salariés dans les comités de groupes, transition énergétique et autonomie énergétique, ou encore nouvelles coopérations avec les pays du Maghreb et de l’Afrique. Ce ne sont là que quelques exemples. J’y ajouterai l’indispensable projet de faire de l’avenir de la petite enfance et de la jeunesse une grande cause européenne. Prise sous cet angle, la construction européenne n’est pas un pis-aller subi mais bien une nécessité choisie.

Une des conditions de la réalisation de ces objectifs est évidemment le respect des choix démocratiques de chacun des peuples qui composent l’Union. À l’opposé de l’actuelle situation, l’exercice partagé de la souveraineté des nations peut et doit permettre l’émergence de grands projets européens, utiles, créateurs d’emplois. À la condition qu’ils fassent l’objet d’une concertation préalable, non seulement avec les parlements nationaux mais aussi avec les assemblées locales, les citoyens, particulièrement celles et ceux qui s’organisent en associations ou en syndicats. C’est le ciment du principe coopératif que nous avons à cœur de substituer au règne de la compétition de tous contre tous, dont on voit bien actuellement qu’elle est la loi d’airain qui permet la mise au pas de certains pays au profit des plus puissants. Bref, la démocratie serait un facteur d’efficacité sociale, économique et écologique. Une confiance mutuelle peut alors s’instaurer entre les peuples et fédérer une espérance commune à l’échelle du continent.

La victoire de Syriza en Grèce s’est faite dans un cadre national. Est-ce à dire que seul le cadre national est susceptible de permettre l’émergence de politiques de progrès social ?

Il y a une tension entre le cadre national et les institutions européennes qui n’est pas due à l’idée de la construction européenne, mais aux politiques mises en œuvre au nom de l’Union européenne – qu’on confond trop souvent avec tout projet européen – et à des conceptions qui n’ont plus rien à voir avec l’esprit de solidarité et de coopération. On a vu comment, en quelques semaines, le gouvernement Syriza a ouvert un débat fondamental sur la sortie de l’unicité des politiques imposant l’austérité, le chômage, la précarité de vie. L’enjeu de la solidarité des salariés, des privés d’emploi, des créateurs, des petites entreprises, des autres pays est considérable pour le peuple grec certes, mais pour tous les peuples européens.

Les cadres nationaux en Grèce, en Espagne, en Irlande, au Portugal, en Italie ou en France, s’alimentent l’un et l’autre comme les maillons d’une chaîne qui un à un se brisent pour faire émerger une autre cohérence européenne. En ce sens, la réussite du gouvernement d’Alexis Tsipras intéresse chacune et chacun d’entre nous au nom d’une alternative progressiste possible. C’est d’ailleurs ce que redoutent les puissances d’argent.

Il est donc indispensable de créer un rapport de forces solide et de manifester notre solidarité avec le peuple grec qui traverse et va traverser des moments de forte turbulence sous les coups de boutoir des marchés financiers et de leurs relais politiques.

Agir ainsi, c’est défendre et faire vivre la démocratie. Jusqu’ici la nation reste l’espace privilégié des luttes, des rassemblements et du combat politique. Mais l’horizon d’une coopé­­­­ration internationale et de la solidarité internationaliste me paraît indispensable pour engager le bras de fer avec le capitalisme mondialisé et financiarisé.

On remarquera d’ailleurs avec une certaine ironie que ce sont les adulateurs de l’actuelle construction européenne qui brandissent l’argument – fallacieux qui plus est – des 750 euros que chaque Français devrait payer pour le peuple grec, utilisant par là d’étroits ressorts nationalistes pour briser la solidarité européenne susceptible d’émerger.

La nation est donc le cadre vivant de l’expression démocratique, avec, pour les individus qui la composent, des réflexions qui, et de plus en plus, vont bien au-delà des frontières géographiques. Elle est un outil précieux pour ouvrir des brèches face aux politiques libérales. En même temps, les politiques de progrès social, de développement humain, écologique, imbriquées plus que jamais à l’échelle européenne et planétaire, nécessitent de penser l’intervention citoyenne, sociale et politique, au-delà du cadre strictement national. La pertinence de l’échelon pour mener des politiques de progrès est un vieux débat qui a autrefois divisé le mouvement ouvrier sur la construction du socialisme. Il serait judicieux de repenser cette question à l’aune de la mondialisation et des actuelles mutations du capital et du travail.

« Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’internationale, beaucoup de patriotisme y ramène » clamait Jean Jaurès.

*Patrick Le Hyaric est membre du Comité exécutif national du PCF. Il est responsable du projet européen du PCF et député européen.

Propos recueillis par Clément Garcia.

La Revue du projet n°46, avril 2015.

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BRUNO FORNACIARI

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