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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 18:50
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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 18:13
Patrick Le Hyaric interroge la Commission sur la mise en oeuvre de la stratégie de lutte contre le sans-abrisme dans l’Union européenne

Posté le 5 novembre 2014

En septembre 2011, l’Union européenne avait mis en place la stratégie « Europe 2020 » ayant pour objectif de sortir de la pauvreté 20 millions de personnes.

Le 16 janvier 2014, les députés au Parlement européen ont adopté à une large majorité (349 voix pour, 45 voix contre et 113 abstentions) une nouvelle résolution sur une « stratégie de l’Union européenne pour les personnes sans abris ».

Dans cette nouvelle résolution il a été demandé à la Commission européenne d’élaborer une stratégie centrée sur le logement, la qualité des services accessibles aux sans-abris, la prévention et la situation des jeunes.

Le Parlement européen a exhorté la Commission à élaborer une nouvelle stratégie pour les personnes sans-abris, sur la base des orientations contenues dans sa résolution précédente du 14 septembre 2011, ainsi que dans les propositions émanant des autres institutions et organes de l’Union européenne.

Aujourd’hui le nombre de sans-abris dans l’Union européenne est estimé à 4,1 millions. Patrick Le Hyaric a donc interrogé la Commission sur la mise en oeuvre de la stratégie de lutte de l’Union européenne contre le sans-abrisme.

Question de Patrick Le Hyaric à la Commission européenne:

Objet: Stratégie de lutte contre le sans-abrisme de l’Union européenne

Le Parlement européen a adopté, au cours de la législature 2009-2014, un rapport d’initiative sur le logement social dans l’Union européenne (A7-0155/2013). Dans ce rapport, le Parlement européen demandait à la Commission de mettre en œuvre sans délai la résolution du Parlement sur la stratégie de lutte de l’Union européenne contre le sans-abrisme.

En janvier 2014, le Parlement européen a une nouvelle fois pressé la Commission de lancer une stratégie européenne pour les sans-abri, à la suite d’un appel similaire dans une résolution datant de 2011 (B7-0475/2011) et des propositions des autres institutions et organes de l’Union européenne.

1. La Commission peut-elle donner des informations sur l’état d’avancement du logement social dans l’Union européenne?

2. La Commission peut-elle dire où en est la mise en œuvre de la stratégie de l’UE de lutte contre le sans-abrisme?

Réponse du commissaire européen, M. Andor, chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion.

La Commission a répondu aux rapports mentionnés par l’honorable parlementaire, comme prévu par l’accord-cadre, dans la communication de suivi normale qui est publiée à terme sur le site internet du Parlement[1].

Comme l’énoncent les communications de suivi, la Commission fournit aux États membres un soutien financier et des orientations pour les réformes structurelles de leurs politiques sociales, tandis que la résolution du problème des sans-abri et la mise en œuvre des politiques en matière de logement social leur incombent en premier lieu.

En ce qui concerne les sans-abri, la Commission continue à mettre en œuvre l’approche stratégique présentée dans le paquet «investissements sociaux»[2] en suivant une feuille de route d’actions concrètes[3] et en mobilisant les Fonds de l’UE, comme elle l’a indiqué dans sa réponse au rapport du Parlement de janvier dernier. Les principales actions prévues comportent la réalisation d’une étude paneuropéenne sur les liens entre les expulsions et la situation des sans-abri[4] et l’élaboration de données en coopération avec Eurostat, l’OCDE et Eurofound.

L’Union européenne soutient le logement social surtout au moyen d’interventions intégrées du Fonds européen de développement régional visant à améliorer l’efficacité énergétique et à étendre l’utilisation des énergies renouvelables dans le logement, ainsi que la revitalisation des zones urbaines et rurales défavorisées, y compris la construction de logements sociaux. Cette action est complétée par le soutien du Fonds social européen à l’amélioration des services sociaux. La Commission a également fourni des orientations aux États membres dans le paquet «investissements sociaux», qui a défini des bonnes pratiques pour garantir un meilleur accès au logement et a recommandé des mesures visant à prévenir les expulsions. En outre, la Commission surveille les déséquilibres du marché du logement et aide les États membres à améliorer les résultats de leur politique du logement.

[1] http://www.europarl.europa.eu/plenary/en/minutes.html?language=fr

[2] Voir le document de travail sur la lutte contre le problème des sans-abri dans l’Union européenne [(SWD (2013) 42 final)] accompagnant la communication de la Commission intitulée «Investir dans le domaine social en faveur de la croissance et de la cohésion, notamment par l’intermédiaire du Fonds social européen, au cours de la période 2014-2020» [COM(2013) 83 final].

[3] http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1044&langId=fr

[4] Projet pilote — Promotion de la protection du droit au logement – Prévention du sans-abrisme dans le contexte des expulsions, voir à l’adresse suivante: http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=624&langId=fr&callId=387&furtherCalls=yes

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 03:10

L’audition de Pierre Moscovici au Parlement européen: « Les règles, les règles et encore les règles austéritaires »

Posté le 3 octobre 2014

Jeudi 2 octobre, Pierre Moscovici « planchait » devant le Parlement européen pour que sa candidature au poste de Commissaire européen en charge des « affaires économiques et financières, fiscalité et douanes » soit acceptée.

Une audition où dans un premier temps le commissaire postulant expose son programme en 15 minutes, avant d’être interrogé par les députés européens. Les questions venant des différents groupes au prorata de leur importance dans l’assemblée. Le commissaire répond en deux minutes.

Nous avons assisté à un incroyable et piteux spectacle où les députés de la droite (PPE, Libéraux et conservateurs) n’ont cessé de harceler M. Moscovici sur le fait que la France ne respectait pas les critères européens pour la dette et les déficits publics. Sur onze questions posées par les députés de droite, huit ont porté sur la France, pour réclamer plus… d’austérité. Et plus P. Moscovici donnait des gages sur sa volonté de faire « respecter les règles » plus les députés de droite lui en demandaient dans une surenchère indécente.

Voilà qui a empêché un réel débat, voir une réelle confrontation sur des hypothèses nouvelles pour sortir l’Union européenne de l’austérité et donc de la crise.

En fait, Pierre Moscovici ne faisait l’objet que d’un petit marchandage politicien. Dès lors que la commission est composée d’une coalition – avec le PPE- les socialistes et les libéraux- la droite a mis Pierre Moscovici en tension pour que les socialistes ne rejettent pas ses candidats contestés, comme M. Canete proposé à l’énergie et au climat, dont il est avéré qu’il est lié à l’industrie pétrolière et sans doute M. Hill proposé par les britanniques pour les « services financiers ». Où sont les peuples là dedans ? Où sont les options politiques pour sortir du marasme actuel ? Nulle part.

Ceci confirme bien, que la commission européenne devrait être supprimée ou ne devenir qu’une administration centrale chargée de mettre en œuvre des orientations politiques.

Il faut donc que les peuples s’en mêlent plus et ne laissent pas faire ce système de grande coalition de co-gestion d’intérêts des puissants.

Revenons, toutefois sur des sujets qui ont pu être abordés et sur lesquels le futur commissaire est loin de me donner satisfaction.

Il n’a cessé de se justifier en donnant des gages sur le fait qu’il « ferait respecter les règles », notamment celles de la surveillance budgétaire.

En effet, depuis la mise en place de nouveaux mécanismes de surveillance budgétaire, la Commission dispose de pouvoir économique considérable: non seulement elle valide les budgets nationaux sous peine de sanctions, mais en plus elle donne des recommandations de politiques économiques qui donnent le ton des réformes à venir. C’est par exemple dans ce cadre européen de supervision économique que sont demandés régulièrement à la France la hausse de l’âge de départ à la retraite, la flexibilisation des contrats de travail, l’ouverture des secteurs et professions protégées et un nouveau système fiscal basé davantage sur des taxes indirectes comme la TVA ou les taxes sur l’énergie.

Ces sujets fondamentaux ont été évités. Afin de plaire à tout le monde et s’assurer que la droite européenne n’invaliderait pas sa nomination, Moscovici s’est contenté de les aborder partiellement, concentrant ses réponses sur ses convictions européennes, sans que l’on comprenne ce qu’elles impliquent, et insistant sur sa neutralité en tant que Commissaire lorsqu’il aura à juger le prochain plan de budget français.

Ses réponses sur la nécessaire lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux sont restées trop générales. Ses déclarations sur la politique fiscale se sont limitées à proposer vaguement une harmonisation des bases de l’impôt (qui contribue), alors que ce sont aussi les taux (à quelle hauteur on contribue) qu’il faut harmoniser pour mettre un terme à la concurrence fiscale. En soustrayant à l’impôt les capitaux des entreprises et des grandes fortunes la concurrence fiscale continue de réduire significativement les moyens des États.

Pire encore: plutôt que de proposer une nécessaire harmonisation des taux il a fait sienne les suggestions de la Commission d’une « convergence » des systèmes fiscaux européens en qui visent à minorer les taxes sur le travail et à augmenter les taxes indirectes comme la hausse de la TVA ou des taxes sur le carburant. Concrètement cela représente moins de charges pour les entreprises et plus pour les consommateurs. Donc un système encore plus inégalitaire alors que c’est davantage de justice fiscale qu’il nous faut.

Concernant les orientations économiques là aussi la filiation avec la doctrine libérale de la Commission était évidente: refus de la dépenses publique et croyance aveugle dans la mobilisation de capitaux privés pour relancer l’économie. C’est dans cette optique qu’a été annoncé un plan de relance européen de 300 milliards d’euros qui consiste avant tout à additionner des crédits déjà existants dans le budget européen et peut-être en offrant des facilités de prêts de la Banque européenne d’investissement pour les entreprises.

Mon temps de parole étant en 32ème position, j’ai posé cette question: « Ne croyez-vous pas que le crédit public puisse être un outil de nature à relancer l’investissement et l’emploi ? Puisque la Banque centrale européenne fait de la création monétaire pour les banques mais qu’en retour celles-ci n’aident pas l’économie réelle et les ménages populaires avec des taux du même ordre c’est-à-dire très faibles, ne faut-il pas conditionner la création monétaire pour les banques à l’efficacité économique et sociale ? »

D’autre part, à partir de l’article 123 du traité ne pourrait-on pas créer en lien avec la BCE et la Banque d’investissement un fonds européen pour le développement humain, le progrès social et écologique qui aurait pour fonction de racheter de la dette d’Etats, de distribuer des crédits sur la base de critères favorisant l’emploi, le développement des services publics et les infrastructures européennes ?

Dans sa réponse Pierre Moscovici a donné acte à la nécessité de favoriser le crédit mais il a éludé mes questions en évoquant le « fameux plan de relance » de 300 milliards annoncé par Juncker qui n’est que le redéploiement de crédits déjà inscrits au budget européen.

Il faudra que les syndicats, les associations, les progressistes et bien sûr les citoyens se mêlent de ces grandes questions

Car c’est très mal parti !

Les règles ! Il faut les changer M. Moscovici !

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 06:25

LE "MODELE ALLEMAND" NOURRIT LA PANNE EUROPEENNE

Stagnation en France, croissance négative (- 0,2%) en Allemagne, les chiffres rendus publics ce 14 août montrent combien les pays de la zone euro ont besoin d’urgence de changer de route s’ils veulent éviter le désastre d’une entrée dans la déflation dont la menace se rapproche à grande vitesse.

Les chiffres rendus publics ce 14 août par l’office fédéral des statistiques ( Destatis) se révèlent encore plus mauvais que ne le suggéraient les anticipations des principaux instituts de conjonctures germaniques (voir précédent article). L'activité s'est contractée outre Rhin à – 0,2% au second trimestre. La première économie de la zone euro est en panne et les perspectives de relance s’éloignent encore un peu plus dans le reste de l'Europe. En particuliers en France où le PIB a stagné au second trimestre comme au premier.
En Allemagne plusieurs instituts de conjoncture qui, jusqu’alors, se répandaient en communiqués optimistes – tablant souvent sur une croissance d’environ 2% en 2014 – ont commencé à revoir fébrilement leurs prévisions à la baisse. De nombreux signaux sont en effet passés au rouge. Les investissements sont en berne. Le rythme des exportations continue de ralentir, selon les chiffres communiqués par la chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK) . Et l’indice du climat des affaires de plusieurs organismes enregistrent de gros accès de faiblesse comme la référence en la matière, celui de l’institut Ifo qui vient de reculer pour le troisième mois consécutif.

Paris a annoncé qu’il révisait son objectif de croissance à 0,5% en 2014 ce qui rendra impossible le respect des engagements pris en matière de réduction budgétaire. Le gouvernement Hollande laisse entendre qu’il se fait fort de négocier un nouveau délai auprès de la commission européenne. Des ministres plaident pour un aménagement du pacte de stabilité. Mais il faudrait être bien plus ambitieux. Car ce sont les contradictions inhérentes aux règles de fonctionnement même de la zone euro qui éclatent au grand jour. L’alignement sur les critères restrictifs en matière de dépenses publiques, de salaires et de crédits sur les dogmes du "modèle allemand" emmène de plus en plus manifestement l’Europe dans le mur.
Le regain de croissance en Allemagne au premier trimestre ( 0,8% révisés à 0,7% ce 14 août) avait été saisi par les promoteurs du prêt à penser libéral de ce côté ci du Rhin pour célébrer le retour en force du modèle après la contre-performance enregistrée par l’Allemagne en 2013 (seulement 0,4% de croissance, soit à peine mieux que les très maigres 0,3% de l’économie française). Mais le bon chiffre des trois premiers mois de l’année en Allemagne était surtout imputable à des variations saisonnières particulièrement favorables, l’hiver très doux ayant permis aux entreprises de construction ( BTP) d’avancer le démarrage de leurs travaux. Sachant que ce boom du BTP est lui même source d’inquiétudes puisqu’il se nourrit essentiellement de la formation d’une bulle immobilière sur les grande villes.
Continuer d'expliquer que les normes allemandes demeurent bien la référence pour retrouver la santé économique en France et en Europe, va devenir très compliqué. Tant il apparaît que l’Allemagne, elle même, est prise au piège du "modèle".

Première raison de la grosse fatigue allemande enregistrée au second trimestre, l’industrie tournée vers les exportations subit de plein fouet la chute des commandes des pays émergents. Tous les pays du groupe dit des BRICs (Brésil , Russie, Inde , Chine) marquent le pas depuis plusieurs mois. Les aléas de la crise ukrainienne, et notamment les sanctions contre la Russie, sont invoquées par Sigmar Gabriel, ministre allemand de l’économie et président du SPD, pour justifier la contre-performance du secnd trimestre. Mais l’argument manque singulièrement d’épaisseur. Si le capital allemand cherche à étendre son influence plus à l’est de son Hinterland d’Europe orientale, le volume des affaires n’est pas suffisamment important avec la Russie pour induire, à lui seul, un tel retournement de tendance.

Bien plus sérieusement c’est la léthargie des partenaires de la zone euro qui réduit les débouchés de l’industrie germanique. La zone en question "pèse" toujours pour plus de 40% de ses exportations. Et l'activité y reste atone, étouffée par l’austérité et ces "réformes structurelles" qui lui sont si fortement recommandées par… Berlin de sommet de crise en sommet de crise européenne.
L’alignement sur "la règle d’or" qui interdit quasiment tout déficit public, le rationnement des dépenses sociales, le processus de privatisation de la protection sociale et la soumission à des règles de flexibilisation du marché du travail, au nom de la compétitivité, paralysent toute l’Europe. Avec effet boomerang sur l’Allemagne elle même.
L’urgence n’est donc pas tant de quémander des délais supplémentaires pour se raccrocher aux wagons d’un "modèle" en faillite ou même de bricoler des amendements au pacte de stabilité. C’est le besoin comme jamais d’une réorientation radicale qui émerge aujourd’hui en Europe. En renforçant les solidarités et les aspirations au changement qui se font jour partout, y compris en Allemagne. Comme le prouve la réaction immédiate des syndicats.de la confédération syndicale DGB. Stefan Körzell, membre de la direction de la confédération DGB a, le mauvais chiffre de la croissance au second trimestre à peine tombé ce 14 août, déclaré que "des hausses importantes de salaires", étaient le seul moyen d'éviter de chuter dans la déflation. Le DGB avance également un "plan Marshall" pour l'Europe prenant l'exact contrepied des logiques restrictives du "modèle" germanique. Signe de l'exacerbation des contradictions et de la forme de plus en plus concrète prise par la menace déflationniste: Même la Bundesbank, gardienne du temple ordo-libérale, appelle de ses voeux des augmentations de salaires de l'ordre de 3% outre Rhin (l'humanité du 13 août).

Un tournant radical vers une politique expansionniste, un financement direct des Etats par la BCE à taux zéro et la création d'un Fonds européen de développement, financé également par la BCE, qui permettrait d'investir dans de nouveaux services publics et de stimuler l'efficacité de ceux qui existent conformément aux besoins des peuples européens et aux moyens de faire face aux immenses défis environnementaux. Selon une logique qui suppose de se décrocher de la funeste dépendance aux marchés financier. Il est minuit moins cinq au plan économique. Comme au plan politique, quand les menaces populistes et nationalistes assombrissent si fortement le ciel européen.

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 21:44

« L'effet Tsipras » donne des ailes à la gauche de la gauche européenne

LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par 

 

 
Le chef de file de la gauche européenne Alexis Tsipras entouré de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et de Pierre Laurent (PCF) à Saint-Denis en avril.

 

La scène se passe début avril à Palerme, en Italie. Une foule compacte se précipite pour toucher « l'ami Alexis », lui glisser trois mots d'encouragement ou l'embrasser dans des accolades fraternelles. Le chef de l'opposition grecque, Alexis Tsipras, bien que visiblement fatigué par des semaines de tournée européenne, se prête au jeu et distribue sourires et poignées de main, encore un peu étonné de rencontrer la même ferveur dans tous ses déplacementseuropéens. « C'est comme ça dans chaque ville où nous nous rendons. Je suis reçu comme une star du foot », raconte-t-il. Un tourbillon dans lequel il est pris depuis que le Parti de la gauche européenne (PGE) a décidé d'en faire son candidat à la présidence de la Commission européenne.

A Palerme, Alexis Tsipras venait pour quelques heures soutenir « L'Altra Europa con Tsipras » (« L'Autre Europe avec Tsipras »). Une initiative de la gauche radicale italienne qui, en portant le Grec Tsipras à la tête de sa propre liste pour les européennes, essaie de dépasser ses divisions internes.

Lire sur les sondages : La gauche radicale en passe de supplanter les Verts au Parlement européen

Encore inconnu en dehors de la Grèce, il y a deux ans, Alexis Tsipras a fait la « une » des journaux du monde entier et surgi dans un anglais balbutiant sur les écrans de CNN après que son parti Syriza eut récolté 27 % des suffrages, lors des législatives de 2012. Depuis, il a fait des progrès et peut tenir un entretien dans la langue de Shakespeare. Il est surtout devenu la principale force d'opposition en Grèce et l'enfant chéri de la gauche de la gauche européenne à la recherche d'un porte-drapeau capable à la fois d'incarner l'opposition au dogme de l'austérité et en mesure de porter un parti de gauche radicale au pouvoir.

Pour les élections européennes, le Syriza est en effet au coude-à- coude dans les sondages avec les conservateurs au pouvoir de la Nouvelle Démocratie (ND). Et M. Tsipras l'affirme à longueur de meeting : « Si nous passons devant la ND avec une large avance aux européennes, alors nous réclamerons des législatives anticipées en Grèce et nous prendrons le pouvoir. » Un rêve inaccessible pour la plupart des autres partis de gauche radicale européens qui ont fait de M. Tsipras leur champion, porteur de tous leurs espoirs.

D'Athènes à Bruxelles, en passant par Madrid, Rome, Berlin ou Paris, ce presque quadragénaire sillonne le continent pour défendre son projet pour l'Europe et pour la Grèce. Un projet qui tient en trois grandes lignes : annulation des dettes au-delà du seuil de 110 % du PIB, abrogation des plans d'austérité et lancement d'un plan Marshall pour relancer la croissance. « On doit comprendre que le modèle de l'Europe n'est pas celui de Weimar, mais celui du New Deal de Roosevelt », expliquait-il lors d'un passage à Paris.

HÉRITIER D'UN COURANT COMMUNISTE PROEUROPÉEN

Très sollicité, Alexis Tsipras a du mal à tenir le rythme de son emploi du temps et accumule les retards et les annulations de dernière minute, notamment avec la presse. Les télés et journaux du monde entier se battent auprès de son service de presse, débordé, pour obtenir un entretien. « Tous ont bien compris que se joue en Grèce l'avenir de la gauche européenne », affirme sans complexe un responsable de Syriza. « Cela a fait de Tsipras un symbole qui le dépasse un peu et sans grand rapport avec son image auprès des Grecs eux-mêmes », ajoute, un poil ironique, cet homme souhaitant garder l'anonymat.

Il est vrai que le héros européen a parfois du mal à convaincre en Grèce et surtout au sein de son propre parti. Syriza est une coalition turbulente qu'Alexis Tsipras, héritier d'un courant communiste proeuropéen, a jusqu'ici réussi à contenir. Il doit aujourd'hui souvent ferrailler avec une minorité plus radicale hostile à l'Europe et à l'euro, dont les positions sont abondamment répercutées dans les médias grecs. Les récentes négociations internes, longues et difficiles, pour l'établissement des listes pour les scrutins municipaux et européens ont révélé ses divisions. Plus largement encore, sa base électorale la plus à gauche lui reproche ses compromissions pour devenir un parti de gouvernement européen.

Ces contradictions l'empêchent, pour l'instant, de surpasser son score de 2012 dans les sondagesEt le très rigide Parti communiste grec attire des déçus du Syriza. « On ne peut pas dire que Syriza a réussi à capitaliser après notre succès de 2012 », se désole cet interlocuteur critique du parti. « Si Nouvelle Démocratie est devant Syriza, alors Tsipras sera contesté en interne », confirme le politologue Elias Nikolakopoulos.

« PRÊT À PRENDRE LE POUVOIR »

La personnalité d'Alexis Tsipras n'a jamais véritablement fait l'unanimité au sein du parti, mais son réel talent d'orateur et sa capacité à verrouiller les conflits internes à Syriza en ont fait la figure politique incontournable du parti.

Agé de 39 ans, cet ingénieur civil, père de deux enfants, est déjà un politicien de carrière, un apparatchik de la gauche radicale. Encore lycéen, ce fils d'un petit entrepreneur en bâtiment s'est enrôlé dans les rangs du Parti communiste avant de rejoindre Syriza. Ses premiers talents d'orateur et de dirigeant apparaissent lors de la mobilisation lycéenne de 1990-1991. Il rejoint le comité central du parti en 2004 et en prend la tête en 2008. Une ascension qui ne plaît pas toujours aux plus anciens, qui se sentent aussi menacés par l'équipe de jeunes conseillers ambitieux dont s'est entouré Alexis Tsipras.

Ces hommes du président forment une garde rapprochée qui décide de tout. Et notamment de la tonalité de la campagne pour les européennes. « Pour la première fois, la gauche »« La Grèce montre la voie »… autant de slogans imposés par le jeune directeur de campagne, Alexandros Bitsis, et qu'Alexis Tsipras décline à l'envi.

Il les a utilisés lors du grand débat l'opposant aux quatre autres candidats pour la présidence de la Commission, jeudi 15 mai. Si la pétillante candidate des Vertes Ska Keller lui vole désormais l'argument de la jeunesse, il a plutôt réussi son examen de passage, en interpellant directement ses adversaires à plusieurs reprises sur leur collaboration aux politiques d'austérité appliquées en Europe ces dernières années.

Tout l'enjeu pour Alexis Tsipras est de montrer aujourd'hui qu'il est « prêt àprendre le pouvoir », comme il l'affirme. Et surtout de trouver avec qui il peutgouverner – à l'intérieur comme à l'extérieur de son parti – pour mettre en place cette autre politique qu'il promet à la Grèce et à l'Europe.

 
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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 07:41

Analyses prémonitoires ?

Européennes : Mélenchon toujours flamboyant, le Front de gauche un peu moins

Créée à l'occasion des dernières européennes en 2009, la coalition entre le PG de Jean-Luc Mélenchon et le PCF de Pierre Laurent peine à trouver une dynamique.

Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, en campagne dans le Sud-Est le 25 avril. MALAFOSSE XAVIER/SIPA

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Le scrutin européen de 2009 avait été son acte de naissance. Cinq ans plus tard, le Front de gauche sera-t-il victime dimanche d'une crise d'adolescence ? Créé à l'occasion des dernières élections européennes, le parti regroupe sous une même bannière le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon, et le Parti communiste français(PCF), aujourd'hui dirigé par Pierre Laurent, et la Gauche unitaire, le parti de Christian Picquet.

Trois composantes avec leur identité propre, parfois au bord du schisme. Les dernières élections municipales ont donné lieu à de violentes passes d'arme entre le PG et le PCF. Le premier, partisan de listes autonomes, s'était alors violemment opposé au second, enclin à former des alliances au cas par cas avec le PS. Dernière querelle : celle de Christian Picquet, qui a annulé sa participation aux instances nationales de la coalition, lorsque les listes européennes ont été bouclées. En cause, des "divergences" avec le parti. Le conseiller régional de Midi-Pyrénées et porte-parole de la Gauche unitaire estime aussi que le Front de gauche n'a plus la flamme de ses débuts.

L'harmonie fondatrice de 2009 aurait-elle disparu ? "Non", répond Marie-Pierre Vieu, issue du PCF et deuxième sur la liste menée par Jean-Luc Mélenchon dans le sud-ouest :

Un élan retrouvé qui invite Jean-Luc Mélenchon à parier sur une progression par rapport aux 6% obtenus en 2009. Voire sur un score à deux chiffres : "Si on passe de 6 à 10%, c'est bien", a déclaré le 11 mai sur "France 3" le flamboyant coprésident du PG.

A l'orée du scrutin, les électeurs, eux, semblent moins passionnés. Malgré un discours anti-austérité plutôt porteur dans toute l'Europe - qui a notamment bénéficié au parti grec Syrisa - seuls 6% des sondés confiaient il y a une semaine vouloir voter pour les listes Front de gauche.

Chez les cadres du PG, quand on entend "sondages", on répond systématiquement "terrain". Eric Coquerel, en deuxième position sur la liste du sud-est, s'attend à déjouer les pronostics :

Impossible de le nier : Jean-Luc Mélenchon, reconnu pour ses talents de tribun, remplit toujours les salles. Ils étaient plusieurs centaines mardi dernier à Toulouse. Le lendemain, à Montpellier, la salle était tout aussi comble, "et même dans les petites villes et les villes moyennes, comme le 15 mai à Ondres, on a toujours du monde", soutient François Delapierre, secrétaire national du Parti de gauche, pour qui la campagne "se passe très bien" :

Une pique destinée au leader de la Gauche unitaire, Christian Picquet. L'intéressé continue de soutenir que l'appareil se dégonfle :

Passée la ferveur des premières années, le Front de gauche apparaît de plus en plus réduit à souhaiter l'effondrement de la majorité, plutôt qu'à proposer un vrai contre-modèle de société. "L'important dimanche, c'est que le nombre de sièges obtenus par la gauche non-gouvernementale, rejointe récemment par les écolos, dépasse celui du PS", glisse un cadre du parti.

L'affrontement systématique avec le gouvernement sera-t-il payant ? Réponse le 25 mai.

Clément Quintard - Le Nouvel Observateur

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 16:11

Les communistes portugais au plus haut, à près de 13 %, troisième force du pays loin devant un Bloc de gauche en faillite

Les sondages le laissaient pressentir, mais l'annonce des résultats offre un fait saillant au Portugal : pendant que les communistes du PCP (dans la coalition de la CDU) continuent à voir leurs résultats progresser, le Bloc de gauche se révèle en pleine décrépitude. En attendant l'ensemble des résultats européens, le cas du Portugal est sans doute le plus intéressant et le plus clair pour étudier ce qui différencie les communistes porteurs d'une ligne de rupture avec le capitalisme et l'UE du Capital et la « gauche européenne » d'accompagnement. L'analyse des résultats globaux montre tout d'abord une déroute historique pour la droite portugaise. Loin des discours optimistes dans la presse portugaise sur la soi-disant reprise économique au Portugal, le peuple portugais a sanctionné les artisans de l'austérité depuis 2011. Le Parti populaire (PP)/Centre démocratique et social (CDS) ainsi que le Parti social-démocrate – les trois formations de droite traditionnelles – n'obtiennent que 27,8 % des voix en 2014, contre 40 % en 2009. Une parte partiellement compensée par l'émergence du Parti écologiste de droite, libéral « Mouvement pour notre terre », crédité de 7 % des voix, obtenant un député européen.

Le Parti socialiste, lui, profite de l'impopularité de la droite : avec 31,5 % des voix, il gagne 5 points par rapport à 2009 et redevient la première force politique du pays. Frappant également de constater l'absence d'extrême-droite organisée au Portugal, frappant de le lier à la « gauche de la gauche » avec la vigueur de la force organisée des communistes du PCP, réunis dans la coalition de rassemblement de la CDU, avec les Verts et des candidats indépendants. Fortement ancré dans le monde ouvrier, bénéficiant de ses liens avec la CGTP, dans les quartiers populaires, les « terres rouges » de l'Alentejo, le Parti communiste continue son irrésistible progression.

En 2009, le Parti communiste et le Bloc de gauche étaient au coude-à-coude, chacun frôlant les 11 %. C'était alors le Bloc de gauche qui avait gagné ce duel d'une courte tête, avec 10,73 % contre 10,66 % pour le PCP … empochant à l'occasion un troisième siège dont sont privés les communistes. En 2014, c'est la grande divergence. D'abord par l'écroulement du Bloc de gauche qui passe donc d'un score à deux chiffres à 4,5 %. Sur ces trois députés, le Bloc de gauche ne devrait en sauver qu'un seul. Ironie de l'histoire, le Bloc de gauche a subi les effets dramatiques du départ en plein mandat d'un député européen élu sur ses listes, Rui Tavares, débauché par Daniel Cohn-Bendit et les Verts Européens. Le parti « Libre » fondé par Tavares se revendique d'une « gauche libre », libertaire, écologiste et profondément européiste. Sans faire de miracles, ce parti a obtenu toutefois 2 % des voix, puisant dans l'électorat traditionnel du Bloc. Pour les communistes du PCP, le passage de 10,6 à 12,7 % constitue un résultat historique : il s'agit tout simplement du meilleur score du Parti depuis 20 ans, dépassant les 11,2 % réalisées en 1994 par la coalition de la CDU. La conquête d'une troisième place de député est encore incertaine, mais elle se dessinerait. Une victoire qu'on ne peut pas minimiser quand on sait que le Portugal a encore perdu un député avec l'entrée de la Croatie dans l'UE. La CDU s'ancre incontestablement comme troisième force du pays, le succès aussi d'une campagne ancrée sur le rejet de la politique de la « troika » à la fois européenne (FMI, BCE, UE) et nationale (les trois partis dominants : PSD, CDS-PP, PS). Une campagne qui a posé la question de la sortie de l'euro, sans pour autant évacuer la complexité des modalités pratiques, et tout en la liant à la construction d'une alternative patriotique et de gauche. Face à cette ligne cohérente, portée par les communistes depuis l'adhésion du Portugal à la CEE, le Traité de Maastricht, l'adhésion à la monnaie unique, le Bloc de gauche s'est empêtré dans ses contradictions, révélant un européisme de fond de moins en moins compatible avec l'esprit du peuple portugais. La tête de liste pour les européennes, Joao Ferreira, a salué ce soir : « un des meilleurs résultats de l'histoire du parti dans un scrutin européen », tout en soulignant « la lourde défaite des partis du gouvernement (de droite, qui atteignent un minimum historique » et en mettant dans le même sac le PS puisque « les partis de la droite enregistrent un recul de ses performances électorales ». Le secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa a insisté sur l'importance de ce vote pour les luttes à venir au Portugal : « Nous sortons plus forts de ces élections, cette force croissante, tous pourront compter sur elle pour être de son côté pour défendre leurs intérêts, pour ouvrir une fenêtre de confiance, pour que oui nous puissions mettre en échec cette politique. Oui, nous sortons plus forts, et plus forte est la confiance qu'il est possible d'avancer vers la rupture avec les politiques de droite, et de construire une politique alternative patriotique et de gauche. Oui, nous sortons déterminés pour que la voix renforcée de la CDU au Parlement européen donne plus de force à la défense des intérêts du peuple et du pays, contre les diktats du grand capital, de l'euro et de l'Union européenne. Oui, nous apporterons avec ce résultat, une expression plus authentique des multiples raisons de lutte et de protestation des travailleurs et du peuple, et l'expression conséquente de tous ceux qui ont voulu ajouter leur vote à ce courant d'action, de militantisme, une fort élan pour que les travailleurs, le peuple, le pays récupèrent leurs salaires, leurs revenus, leurs droits et leur souveraineté confisqués. » Au moment où la plus grande confusion règne au sein des forces héritières de la famille communiste, où le PGE (Parti de la gauche européenne) essaie de faire passer ses poulains européistes et réformistes – aux réussites très inégales – comme une alternative : le cas du Portugal est définitivement à méditer et à saluer pour les communistes décidés à porter la ligne de la rupture avec cette Union européenne du capital, et avec cet Euro, mécanisme destiné à broyer les peuples.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 13:58

Traité transatlantique : les députés oublient l'intérêt général

Lundi 19 Mai 2014 à 05:00 | Lu 8252 fois I 29 commentaire(s)

BRUNO RIETH de "marianne"

Ce jeudi 22 mai, trois jours avant les européennes, l'Assemblée va enfin débattre, en séance plénière, du traité transatlantique. L’enjeu : adopter une résolution pour que le gouvernement se saisisse du traité transatlantique, jusque-là abandonné aux mains des négociateurs de la Commission européenne. Alors que l’opacité des échanges, ainsi que certaines orientations du traité, attisent les critiques de la gauche comme de la droite, on pourrait s’attendre, sur une question aussi cruciale, à voir naître une opposition transpartisane. C’était sans compter avec la petite politique politicienne et les querelles de chapelles...

LCHAM/SIPA

Il est des sujets qui mériterait qu'on enterre, au moins un temps, les clivages partisans. Le traité transatlantique est de ceux-là. Et pourtant... Alors qu'une proposition de résolution européenne visant à ce que la France réinvestisse le champ du traité transatlantique sera débattue jeudi dans l’hémicycle, nos députés risquent bien, au lieu de faire front commun, de nous rejouer une très classique querelle de chapelles. Pourtant, face à une Amérique offensive et une Commission européenne dure de la feuille, nos élus devraient plutôt se serrer les coudes. Surtout lorsqu’ils sont pratiquement tous d’accord entre eux…

UNE INITIATIVE COMMUNISTE AMPUTÉE

Du côté du Front de gauche, André Chassaigne, le président du groupe à l’Assemblée, ne sait pas encore quel sera son vote. Son cœur balance entre l’abstention et le vote contre. C'est lui pourtant qui avait déposé le texte le 10 avril dernier. Mais il ne digère pas son passage à la moulinette des commissions et notamment les « amendements édulcorants » déposés par les socialistes. En effet, un paragraphe du texte est passé à la trappe. Celui-ci invitait « le gouvernement français à intervenir auprès de la Commission européenne afin de suspendre les négociations sur le projet de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique, afin que puisse être organisée une consultation publique et démocratique permettant aux peuples souverains et à leurs représentants de se prononcer sur la poursuite ou non des négociations ». Un escamotage auquel s'ajoutent quelques modifications, de forme plus que de fond, qui rendraient le texte « moins offensif » selon l’élu.

Insolite : l’Abbaye de la pointe Saint-Mathieu !

Actualité des marques

UNE UMP CONTRE, TOUT CONTRE LE LIBRE-ÉCHANGE...

Du côté de l’UMP, l’ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand hésite encore. Contre ou abstention, il se réserve pour jeudi. Il fut pourtant un des premiers à s'emparer du sujet, en publiant notamment dès le 20 juin 2013, dans les colonnes du Figaro, une tribune intitulée « Libre-échange transatlantique : un piège pour la France et l’Europe ». Et aujourd'hui encore, le député-maire de Saint-Quentin a la dent dure contre les négociations en cours : « On voit très bien que les Etats-Unis sont en train de se tailler la part du lion. Normal, lorsque l'on constate le manque d’implication du gouvernement. Alors qu’en 2013, Obama se saisissait lui-même de la question, on a laissé à Nicole Bricq la responsabilité de discuter avec la Commission européenne », explique-t-il à Marianne. « Ça aurait dû être au président de la République en personne de s’en charger. Il y a un manque d’implication de Hollande sur la question. Du coup, on a un commissaire européen qui n’en fait qu’à sa tête. Et, si nous avons obtenu cette maigre consolation qu’est la préservation de “l’exception culturelle” et de la Défense, nous ne négocions pas d’égal à égal. D'autant que les Américains, eux, ont un « Buy American Act » qui les oblige à acheter des biens produits aux Etats-Unis », poursuit l’ancien ministre. Mais jeudi donc, il ne devrait pas voter la résolution. Même s’il dénonce, « l’opacité la plus complète des négociations », le fait que les documents de travail ne soient pas « en accès directs », que les Parlements nationaux ne soient pas « plus étroitement associés » et la mise en place d’une « justice arbitraire supranationale ». Eléments que l’on retrouve pourtant dans le texte. « C’est une résolution opportuniste », justifie-t-il avant d'ajouter : « Même si je suis pour la suspension des négociations depuis le début, le libre-échange transatlantique en soi, n’est pas une mauvaise idée ».

Pour Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Agriculture et député de l’Eure, qui tente de se construire une stature présidentielle, le constat est le même : « Personne n’a de droit de regard sur les négociations. Du point de vue démocratique, ce mandat confié sans qu’on soit informé, est inacceptable ». Tout comme « l’idée d’un tribunal d’arbitrage privé, exonéré de contrôles de la part des Etats-membres ». « Surtout, poursuit-il, l’alignement des normes vers le bas n’est pas acceptable ». Difficile effectivement pour l’ancien ministre de l’Agriculture d’expliquer aux producteurs français par exemple, que les investissements qu’ils ont dû faire pour s’adapter à des normes européennes exigeantes, ne serviront à rien si, demain, le poulet chloré ou le bœuf aux hormones faisaient leur entrée en Europe. « C’est une position intenable »nous glisse-t-il. Son analyse ressemble trait pour trait au texte qui sera débattu jeudi. Mais il ne le votera pas non plus car « cet accord commercial peut-être une bonne chose pour les citoyens européens et français » : « Il peut développer le commerce transatlantique et permettre une définition commune des normes, ce qui limiterait les différentes formes de dumping ». Certes, mais la résolution n’appelle pas à un refus du commerce transatlantique, simplement à un nivellement par le haut des exigences européennes…

Pierre Lellouche, ancien secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur dans le gouvernement François Fillon III et député de Paris semble, lui, résigné. « Il est trop tard », juge-t-il, « Ceux qui disent que l’on pourra redonner notre avis lors de la ratification se mettent le doigt dans l’œil. Etant donné qu’il s’agit d’un accord commercial sans aucune clause politique, il relève de la compétence exclusive de l’Union. C’était avant qu’il fallait agir. C’est ce que j’avais tenté de faire en alertant le gouvernement l’année dernière. Mais ils ne voulaient rien entendre et avaient même censuré un débat sur la question », déplore-t-il. Et même si le manque de transparence et la mise en place de tribunaux privés le dérangent, l’élu parisien aux penchants très atlantistes s’abstiendra ou votera contre : « Malgré tout ce traité est nécessaire pour réussir à pénétrer les marchés publics américains qui sont très protégés. On pourrait y gagner de l’emploi et de la croissance ».

Il faut croire qu'à l'UMP, on aime bien se montrer critique à l'égard du « laisser-faire » du gouvernement à propos des négociations, mais qu'on a un peu plus de mal à s'opposer, dans les faits, au « laisser-faire » en matière de commerce...

DES « FRONDEURS » PS À LA MÉMOIRE COURTE ?

De l'autre côté de l'hémicycle, du côté du PS, il faut bien le reconnaître, c'est à peine plus réjouissant. Le travail de sape, on l'a vu, a commencé par des amendements en commission. De toutes façons, les députés socialistes n'ont d'yeux et d'attention aujourd'hui que pour le projet de loi de finances rectificative de juin prochain. Oublié donc le traité transatlantique. Pourtant, s'il y a un sujet où certains parlementaires pourraient prendre leur courage à deux mains et décider de défier à juste titre l'exécutif, c'est bien celui-là. A commencer par les fameux « frondeurs » du PS. Encore leur faudrait-il faire preuve de constance et de cohérence.

Il y a tout juste un an, rappelons-le, à l'occasion de la convention Europe du parti, l'aile gauche rassemblée du PS présente un amendement intitulé « Refuser le traité transatlantique » qui en appelle à « suspendre les négociations ». Celui-ci réunit alors plus de suffrages en sa faveur que de votes contre chez les militants. Mais par un tour de passe-passe de la direction du PS, consistant à agréger les contre, les abstentions, les blancs et les nuls, il est finalement rejeté. Une « commission des résolutions » plus tard, il n'est plus question de « suspendre les négociations ». Le texte sur lequel s'accordent alors les caciques du parti, affirme que « les socialistes ne pourront accepter de ratifier un traité qui mettrait en cause les intérêts économiques, stratégiques et le modèle social de la France ». S'en souviennent-ils les « frondeurs » du PS ? Ont-ils entendu Jean-Christophe Cambadélis, leur nouveau premier secrétaire, déclarer tout récemment qu'en l'état actuel des choses, il était impensable d'accepter de valider un accord commercial avec les Etats-Unis ? La proposition de résolution européenne qui serra débattue ce jeudi ne va pourtant pas aussi loin. Elle en appelle juste à plus de transparence et d'information et refuse ce dispositif insensé qui permettrait à des multinationales d'attaquer en justice de Etats. Mais sans doute qu'il y a un hic pour nos chers députés PS : le texte est présenté par la gauche de la gauche et, dans leur logique, aurait tout d'une manœuvre politique...

Etrange classe politique, donc, qui tente toutes les contorsions possibles et inimaginables pour éviter d’avoir à admettre qu’un consensus est parfois possible sur des sujets qui dépassent le petit théâtre de la politique politicienne. Surtout qu’à la veille d’élections qui risquent de voir s’exprimer dans les urnes un désaveu de la classe politique dans son ensemble, il serait souhaitable — le mot est faible — que nos élus montrent que l'intérêt général passe avant les calculs politiques et petites querelles de chapelles.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 13:37

Grèce: percée de Syriza aux élections locales

Lundi, 19 Mai, 2014

Ce dimanche, de nombreux Grecs étaient appelés à voter dans 325 municipalités et 13 régions. Le parti de gauche Syriza s’est affirmé comme la première force politique dans la région d’Athènes, qui compte un tiers des électeurs grecs.

Dans la région de l'Attique qui compte trois des dix millions d'électeurs du pays, la candidate de Syriza Rena Dourou arrive en tête pour le poste de préfet avec près de 24% des suffrages. Le candidat de la gauche anti-austérité Gabriel Sakellaridis à la mairie d'Athènes, est lui en position de se maintenir au second tour avec 20%, soit un point de retard sur le maire sortant soutenu par le Pasok, Georges Kaminis. Pour la première fois dans la capitale, la droite de Nouvelle Démocratie ne sera pas au second tour. En revanche, le candidat et porte-parole du parti néonazi Aube dorée, Ilias Kassidiaris, arrive en quatrième position avec un score inquiétant de 16% malgré son inculpation, comme la plupart des parlementaires du parti, pour participation à "une organisation criminelle".

Le succès de Syriza s’amplifierait encore pour les Européennes, selon un sondage à la sortie des bureaux de vote pour l'hebdomadaire Vima. La gauche anti-austérité réaliserait dimanche prochain aux européennes 27,4% contre 22,7% pour la droite qui arriverait en deuxième position. Le scrutin des Européennes coïncide avec le second tour des élections locales, ce qui offre de beaux espoirs pour Syriza qui se maintient dans cinq régions. Huit provinces sont actuellement détenues par le Pasok qui limite la casse au niveau local, alors que les intentions de vote au niveau national et pour les européennes le font apparaître en chute libre.

Avec jusqu’à 9 % des voix au niveau national, et 10,6% dans l’Attique, le KKE se dit satisfait et double son score depuis les législatives de 2012. Il devrait être en mesure de se maintenir au second tour dans plusieurs municipalités.

Un espoir pour les Européennes

Pour Syriza, un tel succès est un signal fort. "Les gens ont, avec leur vote, ouvert une nouvelle voie pour le gouvernement local" s'est réjouit Alexis Tsipras, président de Syriza. "Les élections du 25 mai seront le référendum qui n'a jamais eu lieu sur la politique d’austérité. Ce sera le votre grâce auquel notre pays va retrouver la dignité et une voix en Europe ". Notre pays va envoyer un signal fort à l'Europe et au monde, et la participation sera élevée, plus fort sera le message. Et ce message est: la Grèce n'appartient à personne sauf à ses citoyens. Ils ont le droit de définir leur politique avec comme premier critère le bien communs et les intérêts et les besoins de sa propre population."

Le secrétaire national du PCF Pierre Laurent s'est réjoui des résultats de Syriza. "C'est un premier pas vers une bonne implantation locale qui sera déterminante pour protéger les populations de l'austérité et renforcer la solidarité de proximité. C'est également un bon signe pour les échéances politiques du week-end prochain. Tout indique que Syriza peut remporter les élections européennes dimanche. C'est un formidable encouragement pour toutes les listes qui, en Europe sont rassemblées derrière la candidature d'Alexis Tsipras à la Présidence de la Commission européenne. Nous pouvons être la bonne surprise du 25 mai!".

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 05:27
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BRUNO FORNACIARI

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