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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 06:24
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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:39

Le grand marché, ce projet caché désormais en pleine lumière

Lionel Venturini

Jeudi, 15 Mai, 2014

 

Un « mur du silence » se brise dans cette campagne européenne, concernant les négociations secrètes sur le traité transatlantique, selon Pierre Laurent. Le Front de gauche entend pousser cet avantage avec une journée de mobilisation, jeudi prochain, à trois jours du scrutin.

« On a besoin d’agitateurs ce soir », s’esclaffe le militant Front de gauche à l’entrée, distribuant les drapeaux par brassées. Et c’est vrai que ce soir-là, à Ludres dans la banlieue de Nancy, on n’a pas seulement agité des drapeaux, mais des idées pour « rompre et refonder l’Europe ». Un meeting du Front de gauche dans le Grand Est, où il fut beaucoup question du grand marché transatlantique (GMT). Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, devait à cette occasion appeler à une journée de mobilisation nationale, le 22 mai, coïncidant avec la discussion à l’Assemblée de la résolution, à l’initiative des députés Front de gauche, visant la suspension des négociations secrètes. « Des centaines de milliers d’emplois sont menacés dans toute l’Union », a lancé le sénateur communiste, jugeant qu’avec le travail de pédagogie entamé depuis 2009, « on commence à crever le mur du silence » sur ces négociations. Désormais, il faut « ouvrir la route à une bataille durable qui mette en échec ce projet néfaste », lance le responsable communiste. Car « le débat européen cessera dès que ce traité transatlantique sera signé, car alors il sera supérieur aux lois nationales », prévient, de son côté, Jean-Luc Mélenchon. « Vous ne me croyez pas ? ajoute-t-il, voyez comment une multinationale s’attaque au Canada, suite au moratoire sur la fracturation hydraulique mis en œuvre par le Québec. » Que le FN affirme se rallier à la résolution du Front de gauche est un piège, selon Pierre Laurent, « qui ne doit pas détourner la gauche de l’objectif » à l’heure où les « frondeurs » du PS, et les écologistes, font aussi du traité un cheval de bataille. Surtout quand, rappelle la tête de liste dans l’Est, Gabriel Amard (PG), avec Mélanie Tsagouris (PCF) en seconde position, « le 8 avril 2008, les trois députés FN, Marine Le Pen, son père et Bruno Gollnisch ont voté pour l’accélération du calendrier des négociations du grand marché transatlantique ».

« La comédie recommence, lance Gabriel Amard, on promet un peu plus d’écologie, un peu plus de social, alors que les gouvernements font les compromis qui conduisent l’idéal européen à l’agonie, et les peuples aux abois. » Poulets OGM et javellisés, faiblesse de la réponse publique sur le dossier Alstom, transition écologique à l’arrêt… c’est en faisant le lien avec l’élection que, sur tous ces dossiers, le coprésident du Parti de gauche a jugé que François Hollande était « une offense à Jaurès », tandis que Gabriel Amard brocardait « les capitulards, les dégonflés ». « Le Parlement européen a le pouvoir de bloquer toute directive, souligne Pierre Laurent, s’il les vote, c’est un choix. D’autres sont possibles avec un Parlement renouvelé. »

Les deux responsables nationaux de partis se retrouvaient dans cette campagne, avant un autre meeting commun à Toulouse, mardi prochain. « Cette élection, assure Jean-Luc Mélenchon, se jouera sur le niveau de mobilisation de chaque formation. » « Une nouvelle force est en train d’émerger », ajoute Pierre Laurent, citant la Grèce, l’Espagne, la possibilité même du retour de la gauche italienne dans l’enceinte européenne, certain qu’en dix jours, « tout peut changer. L’abstention record n’est pas seulement pronostiquée, elle est souhaitée par les tenants du système. Or, il est possible d’ouvrir un autre chemin en Europe, avec un débat adulte », ajoute-t-il. « Si le social-démocrate Martin Schulz (candidat des socialistes français à la présidence de la Commission – NDLR) a préféré un accord avec Angela Merkel plutôt qu’avec Die Linke, c’est bien par choix politique », dénonce le secrétaire national du PCF. Mettant en garde, lui aussi, contre la tentation FN, lequel « n’a pas voté contre la directive relative aux travailleurs détachés, ni dans les assemblées régionales pour se placer hors GMT comme en Paca », rappelle-t-il. « Les députés européens Front de gauche ne se sont jamais trompés de vote », lance Jean-Luc Mélenchon ; « c’est grâce aux élus de la Gauche unie européenne (GUE) que le programme alimentaire a été maintenu », renchérit Pierre Laurent. Il faut comprendre de leurs propos qu’ils ne se tromperont pas plus à l’avenir.

 

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Le grand marché, ce projet caché désormais en pleine lumière

Lionel Venturini

Jeudi, 15 Mai, 2014

 

Un « mur du silence » se brise dans cette campagne européenne, concernant les négociations secrètes sur le traité transatlantique, selon Pierre Laurent. Le Front de gauche entend pousser cet avantage avec une journée de mobilisation, jeudi prochain, à trois jours du scrutin.

« On a besoin d’agitateurs ce soir », s’esclaffe le militant Front de gauche à l’entrée, distribuant les drapeaux par brassées. Et c’est vrai que ce soir-là, à Ludres dans la banlieue de Nancy, on n’a pas seulement agité des drapeaux, mais des idées pour « rompre et refonder l’Europe ». Un meeting du Front de gauche dans le Grand Est, où il fut beaucoup question du grand marché transatlantique (GMT). Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, devait à cette occasion appeler à une journée de mobilisation nationale, le 22 mai, coïncidant avec la discussion à l’Assemblée de la résolution, à l’initiative des députés Front de gauche, visant la suspension des négociations secrètes. « Des centaines de milliers d’emplois sont menacés dans toute l’Union », a lancé le sénateur communiste, jugeant qu’avec le travail de pédagogie entamé depuis 2009, « on commence à crever le mur du silence » sur ces négociations. Désormais, il faut « ouvrir la route à une bataille durable qui mette en échec ce projet néfaste », lance le responsable communiste. Car « le débat européen cessera dès que ce traité transatlantique sera signé, car alors il sera supérieur aux lois nationales », prévient, de son côté, Jean-Luc Mélenchon. « Vous ne me croyez pas ? ajoute-t-il, voyez comment une multinationale s’attaque au Canada, suite au moratoire sur la fracturation hydraulique mis en œuvre par le Québec. » Que le FN affirme se rallier à la résolution du Front de gauche est un piège, selon Pierre Laurent, « qui ne doit pas détourner la gauche de l’objectif » à l’heure où les « frondeurs » du PS, et les écologistes, font aussi du traité un cheval de bataille. Surtout quand, rappelle la tête de liste dans l’Est, Gabriel Amard (PG), avec Mélanie Tsagouris (PCF) en seconde position, « le 8 avril 2008, les trois députés FN, Marine Le Pen, son père et Bruno Gollnisch ont voté pour l’accélération du calendrier des négociations du grand marché transatlantique ».

« La comédie recommence, lance Gabriel Amard, on promet un peu plus d’écologie, un peu plus de social, alors que les gouvernements font les compromis qui conduisent l’idéal européen à l’agonie, et les peuples aux abois. » Poulets OGM et javellisés, faiblesse de la réponse publique sur le dossier Alstom, transition écologique à l’arrêt… c’est en faisant le lien avec l’élection que, sur tous ces dossiers, le coprésident du Parti de gauche a jugé que François Hollande était « une offense à Jaurès », tandis que Gabriel Amard brocardait « les capitulards, les dégonflés ». « Le Parlement européen a le pouvoir de bloquer toute directive, souligne Pierre Laurent, s’il les vote, c’est un choix. D’autres sont possibles avec un Parlement renouvelé. »

Les deux responsables nationaux de partis se retrouvaient dans cette campagne, avant un autre meeting commun à Toulouse, mardi prochain. « Cette élection, assure Jean-Luc Mélenchon, se jouera sur le niveau de mobilisation de chaque formation. » « Une nouvelle force est en train d’émerger », ajoute Pierre Laurent, citant la Grèce, l’Espagne, la possibilité même du retour de la gauche italienne dans l’enceinte européenne, certain qu’en dix jours, « tout peut changer. L’abstention record n’est pas seulement pronostiquée, elle est souhaitée par les tenants du système. Or, il est possible d’ouvrir un autre chemin en Europe, avec un débat adulte », ajoute-t-il. « Si le social-démocrate Martin Schulz (candidat des socialistes français à la présidence de la Commission – NDLR) a préféré un accord avec Angela Merkel plutôt qu’avec Die Linke, c’est bien par choix politique », dénonce le secrétaire national du PCF. Mettant en garde, lui aussi, contre la tentation FN, lequel « n’a pas voté contre la directive relative aux travailleurs détachés, ni dans les assemblées régionales pour se placer hors GMT comme en Paca », rappelle-t-il. « Les députés européens Front de gauche ne se sont jamais trompés de vote », lance Jean-Luc Mélenchon ; « c’est grâce aux élus de la Gauche unie européenne (GUE) que le programme alimentaire a été maintenu », renchérit Pierre Laurent. Il faut comprendre de leurs propos qu’ils ne se tromperont pas plus à l’avenir.

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 10:08

La Gauche européenne veut rompre avec l’austérité

En Europe, la gauche radicale est représentée par le Parti de la Gauche européenne (PGE).

16/5/14 - 11 H 03

(DOMENICO STINELLIS/ASSOCIATED PRESS)

Alexis Tsipras, le 7 février 2014.

En France, le Parti communiste et le Parti de gauche, alliés dans le Front de gauche, en sont membres.

Le groupe de la Gauche unitaire européenne au Parlement européen compte 34 députés mais espère doubler le nombre de ses élus.

LE CHEF DE FILE : ALEXIS TSIPRAS

Depuis la crise financière de 2008 et les plans de restructurations sévères imposés à la Grèce, le président du parti Syriza, Alexis Tsipras, 39 ans, incarne le visage de la gauche radicale européenne.

« Il est le symbole des luttes contre les plans d’austérité. À double titre, parce que la Grèce a été le cobaye de l’action de la troïka (1) et parce qu’il a été à la tête des résistances », explique Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et président du Parti de la gauche européenne (PGE).

C’est lui qui a proposé au « Mélenchon grec », qui toutefois défend le maintien de son pays dans la zone euro, de briguer le fauteuil de José Manuel Barroso à la tête de la Commission de Bruxelles.

Formé dans les Jeunesses communistes puis la coalition Synaspismos, après son détachement du Parti communiste grec, Alexis Tsipras a sorti Syrisa de la marginalité pour l’emmener aux portes du pouvoir en seulement deux ans. Le parti fait jeu égal avec la formation de droite Nouvelle Démocratie dans les sondages pour les élections locales prévues les 18 et 25 mai. Cet ingénieur, père de deux garçons, « a pris très vite la mesure d’importantes responsabilités », estime Pierre Laurent, qui souligne « sa capacité à endosser le costume d’un homme d’État et à rester accessible, ce qui lui vaut d’être très populaire dans son pays ».

L’IDÉE-FORCE : REJETER LES POLITIQUES LIBÉRALES

Lors d’un passage au siège du PCF, le 3 février, Alexis Tsipras désignait son ennemi : « un nouveau “mur de l’argent” est bâti en Europe par le néolibéralisme et son “gros bras”, la soi-disant Banquecentrale européenne, qui est la réplique parfaite de la Bundesbank ». Cible visée : «les politiques d’austérité », à commencer par les coupes budgétaires opérées en France.

« L’austérité de Monsieur Hollande est, pour la zone euro, encore une poussée dans la récession. Est-il possible que Monsieur Hollande n’ait rien entendu du débat international sur l’échec de l’austérité en Grèce ? », interroge encore Alexis Tsipras. Il accuse les socialistes français d’être «les comanagers du consensus néolibéral, avec Madame Merkel ».

LES PROPOSITIONS : REFUSER LE GRAND MARCHÉ TRANSATLANTIQUE

La Gauche européenne suggère de « désobéir et rompre avec les traités » de l’Union européenne. « Il faut arrêter les plans d’austérité qui ne permettent pas de résoudre le problème de la dette » et « changer le rôle de la Banque centrale européenne », résume Pierre Laurent. Elle devrait pouvoir prêter directement aux États et aux collectivités territoriales. Le programme propose de tenir une conférence sur les dettes afin d’aboutir à leur annulation, de lancer un « New Deal » pour relancer la croissance et de favoriser des mesures d’harmonisation sociale, mais pas de mettre en place un smic européen.

La gauche radicale met en avant son refus du grand marché transatlantique qui « autoriserait le poulet à la javel ». « Cela créerait une zone de libre-échange, avec une mise en concurrence décuplée et des menaces sur nos atouts industriels et notre exception culturelle », estime Pierre Laurent. Il dénonce en outre « l’absence de transparence sur le mandat de négociations » entre l’Union européenne et les États-Unis.

> Voir aussi : notre dossier spécial Européennes 2014

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 09:02

TTIP : le débat explosif qui attend les députés

L’Assemblée discute le 22 mai d’une résolution sur le grand marché transatlantique UE-USA, présentée par le Front de gauche mais édulcorée en commission par le PS. Le débat, au cœur des élections européennes, s’annonce houleux.

Les députés français débattront le 22 mai du traité transatlantique en cours de négociation entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, un sujet majeur des élections européennes dont ils ignorent quasiment tout. Les négociations autour d’un vaste programme de libéralisations menées par Karel De Gucht, commissaire européen au commerce et négociateur en chef, ont lieu dans la plus grande discrétion. De quoi agacer les députés qui n’ont pas leur mot à dire sur la création de ce grand marché transatlantique baptisé Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI, TTIP en anglais). Ils le feront savoir lors de l’examen à l’Assemblée nationale d’une proposition de résolution européenne sur« le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique », déposée par le Front de gauche.

Caviardage en commission

Le contenu de la résolution a cependant été modifié par les députés socialistes en commission. Dans le texte initial, les députés du Front de gauche invitaient le gouvernement français « à intervenir auprès de la Commission européenne afin de suspendre les négociations » sur le projet d’accord de libre-échange et demandait d’y associer les Parlements nationaux (lire ci-dessous l’extrait ainsi que l’intégralité de la proposition de résolution européenne). Amendé le 13 mai en commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale, le texte a été édulcoré par le PS, avec le soutien de la droite. Les députés EELV présents étaient, eux, favorables à la résolution initiale du Front de gauche.

Extrait de la version initiale de la résolution

Les députés socialistes présents, emmenés par Estelle Grelier, « ont supprimé la disposition qui prévoyait la suspension des négociations de l’accord bilatéral qui se mènent dans la plus totale opacité », a réagi André Chassaigne, député Front de gauche et rapporteur du texte. « Ils ont ainsi vidé notre proposition de résolution de sa substance et validé la poursuite des négociations sur un grand marché transatlantique au service du pouvoir financier des multinationales. La démarche des socialistes atteste de leur soutien, de fait, à ces négociations menées contre les peuples. » Le groupe Front de gauche compte présenter des amendements en séance le 22 mai pour rétablir le texte initial.

André Chassaigne (photo : Michel Soudais)

La mémoire courte des socialistes

Surtout, rappelle André Chassaigne, une précédente résolution de députés socialistes déposée en mai 2013 et considérée comme « définitive » par l’Assemblée nationale le 15 juin 2013 demandait notamment « à ce que soit exclu du mandat le recours à un mécanisme spécifique de règlement des différends entre les investisseurs et les États pour préserver le droit souverain des États », ce qui n’est pas le cas dans le mandat de la Commission européenne qui a fuité.

Lire > Marché transatlantique UE-Etats-Unis : le mandat explosif de la Commission européenne

Lire > Marché transatlantique UE-Etats-Unis : le mandat secret de la Commission européenne

De plus, les députés socialistes demandaient aussi « à ce que la représentation nationale qui, en fonction du résultat des négociations, sera amenée à se prononcer par son vote sur la ratification de cet accord soit dûment associée au suivi des négociations à travers une information régulière du gouvernement des questions examinées dans le cadre du comité de politique commerciale (CPC) du Conseil de l’Union européenne », ce qui n’est pas le cas.

Autre sujet de conflit parmi les députés socialistes à l’Assemblée nationale, le fait que le mandat de la Commission reprenne la quasi-intégralité de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) dans son article 23. Cet accord négocié secrètement par les vingt-neuf pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 1995 et avril 1997 a été rejeté en 1998 par le gouvernement de Lionel Jospin. « L’accord tel qu’il est conçu actuellement n’est pas réformable », avait alors jugé le Premier ministre socialiste, qui avait proposé« une nouvelle négociation sur des bases totalement nouvelles et dans un cadre associant tous les acteurs ».

Les normes sociales et environnementales sur la sellette

Double discours. Cette volonté de poursuivre les négociations apparaît en contradiction avec la campagne du PS pour les élections européennes pour une« Europe qui protège ses travailleurs » et une « Europe du progrès social ». « Tous les accords commerciaux doivent garantir nos intérêts et la spécificité de notre modèle, social, culturel, mais aussi les normes sociales et environnementales », avait déclaréHarlem Désir, alors premier secrétaire, lors d’une conférence de presse destinée à lancer la campagne européenne du PS, le 3 mars dernier.

Or, la Commission est officiellement chargée « d’aligner les règles et les normes techniques applicables aux produits, qui, à l’heure actuelle, constituent le principal obstacle aux échanges transatlantiques ». Cet objectif de libéralisation tous azimuts met en danger les normes sociales et environnementales, au profit de gains économiques considérables annoncés par la Commission, avec notamment l’élimination des barrières non tarifaires : de 119,2 milliards de dollars pour l’Union européenne et de 94,2 milliards de dollars pour les États-Unis.

Un enjeu démocratique

Le débat promet donc d’être explosif à gauche trois jours avant les élections européennes, et alors qu’un cinquième cycle de négociations autour du PTCI entre l’Union européenne et les États-Unis est prévu à Arlington (Virginie) du 19 au 23 mai.

Les députés aborderont un sujet fort sur le plan démocratique. La résolution du Front de gauche reproche l’absence de « transparence sur ces négociations » qu’il juge « inacceptables sur la forme et sur le fond » :

« Non seulement elles sont menées de manière totalement opaque par des acteurs illégitimes, mais la logique néolibérale qui les guide ne peut aboutir qu’à une régression de la protection sociale, sanitaire, environnementale due à nos concitoyens. »

Devant la montée de ces critiques dans la campagne électorale et l’annonce d’un débat le 22 mai autour de la résolution du Front de gauche, Fleur Pellerin, secrétaire d’État au Commerce extérieur, a voulu rassurer et « dédramatiser ». Elle estime que « des lignes rouges ont été tracées » dans le mandat de négociation de la Commission européenne, notamment dans le domaine agroalimentaire : il n’y aura« pas d’OGM, pas de poulet chloré, pas de bœuf aux hormones », a-t-elle assuré, sans dévoiler l’intégralité du mandat de la Commission. Or, celui-ci n’a pas été rendu public : seuls quelques points du mandat européen (pharmacie, textile et cosmétiques) ont été publiés le 14 mai sur le site de la Commission. De plus, le Parlement européen et les Parlements nationaux ignorent les secteurs à libéraliser déjà négociés dans les différents cycles de négociations.

Fleur Pellerin a ajouté que « la France n’était pas demandeuse » de l’inclusion du très controversé mécanisme de règlement des différends dans le chapitre de la protection des investissements des grandes entreprises. Mais « pour l’Union européenne et les États membres, s’opposer très fermement à la présence de ce type de mécanisme créerait un précédent qui nous mettrait dans une situation délicate dans de futures négociations » si l’UE demande à son tour ce type de clause à des pays émergents ou en développement.

Un processus ancien et très opaque

Le gouvernement ne répond pas à la critique montante sur le caractère peu démocratique des négociations autour du grand marché transatlantique. Le « déficit démocratique de ces négociations est renforcé par leur propre objet. Loin de se borner à des questions purement économiques et commerciales, le mandat de négociation permet d’ores et déjà à la Commission européenne de négocier un accord “global”, touchant des domaines stratégiques et vitaux pour l’indépendance des nations et l’autonomie des peuples », relève la résolution du Front de gauche. Et de citer les dizaines de secteurs concernés, comme l’agriculture, la chimie, l’énergie et les matières premières, les marché publics, les services médicaux, les services publics, la pharmacie, etc.

« L’objectif est de créer une vaste zone de libre-échange en démantelant l’ensemble des règles tarifaires, réglementaires et environnementales qui protègent les salariés et consommateurs européens. La perspective de cet accord fait peser une grave menace sur les règles de santé publique, écologiques, sociales et culturelles en France et en Europe ».

Le processus très opaque de création d’un grand marché transatlantique remonte à loin, bien avant que les dirigeants européens s’engagent, lors du Conseil européen des 18 et 19 octobre 2012, à lancer des négociations pour un accord de libre-échange « global » sur le commerce et les investissements.

Lire > L’Europe états-unienne qu’on nous cache

Lire > L’élargissement atlantiste de l’Europe

Le secrétaire d’Etat américain au commerce Ron Kirk le commissaire européen au commerce Karel De Gucht à Washington, le 16 décembre 2010. (Photo : KAREN BLEIER / AFP)

Un « Groupe de travail de haut niveau sur l’emploi et la croissance » a été créé lors d’une réunion au sommet, le 28 novembre 2011. Présidé par Ron Kirk, représentant des États-Unis pour les questions commerciales, et par Karel De Gucht, commissaire européen au Commerce, ce comité d’experts a été chargé d’identifier« les politiques et les mesures pour accroître le commerce et les investissements transatlantiques », et de travailler « en étroite concertation avec tous les groupes publics et privés intéressés ».

Les lobbies à la manœuvre

Loin des représentations démocratiques des pays membres de l’UE, le projet d’accord de libre-échange a été élaboré avec les lobbies liés au monde des multinationales, au sein du Dialogue transatlantique du monde des affaires(Transatlantic Business Dialogue, TABD) partenaire officiel du processus avec un autre lobby des multinationales, l’European American Business Council. Les échanges ont donné lieu à la création du Transatlantic Business Council, une organisation réunissant une soixantaine de multinationales (parmi lesquelles Audi, BP, Coca-Cola, Ernst & Young, IBM, Microsoft, Siemens, Total, etc.). La défense des intérêts des grandes entreprises est donc privilégié dans le rapport final du Groupe de travail de haut niveau sur l’emploi et la croissance publié en février 2013, au point que l’UE et les États-Unis « continuent de partager les mêmes objectifs énoncés »dans ce rapport, peut-on lire dans la déclaration conjointe du sommet UE-États-Unis, qui s’est tenu à Bruxelles en mars.

Le déficit démocratique autour de telles négociations est aussi flagrant au sein de l’UE, comme le montrent les documents obtenus par Corporate Europe Observatory, en réponse à une demande d’accès aux documents des rencontres que la direction générale du commerce de la Commission a eu avec ses « parties prenantes » dans le cadre du grand marché transatlantique. La Commission a publié une liste de 135 réunions qui se sont tenues entre janvier 2012 et avril 2013, qui concernent les négociations entre l’Union européenne et les États-Unis sur le libre échange. « Au moins 119 impliquaient des rencontres avec des grandes entreprises et leurs groupes de pression. Ce qui signifie que plus de 93 % des rencontres de la Commission avec les parties prenantes pendant les préparations des négociations ont eu lieu avec le monde des affaires ». Cette liste de rencontres démontre qu’en plus des « dialogues pour la société civile » signalés sur le site Internet de la direction générale du commerce, « il existe un monde parallèle fait de nombreuses réunions à huis clos avec les lobbyistes des multinationales ».

Trois UMP au cœur du projet

Les relations qu’ont les parlementaires européens avec les lobbies des industriels, source de conflits d’intérêt, sont un autre aspect du déficit démocratique. Nous l’avions abordé dans un entretien avec Bruno Poncelet, spécialiste des accords de libre-échange [1], publié le 30 mai 2013 par politis.fr :

« Les entreprises multinationales sont au cœur du processus de préparation des négociations, et ce depuis que dans les années 1990 des tentatives de projets d’accord pour un partenariat transatlantique entre les États-Unis et l’UE ont été lancées. Ces initiatives ne viennent pas des politiques mais des multinationales qui sont présentes dans différents lobbies. Les chambres américaines de commerce et le Transatlantic Business Council (TBC), un lobby d’affaires, en font partie. Un troisième est plus inquiétant : le Transatlantic Policy Network (TPN) est constitué pour moitié de firmes multinationales dont Nestlé, AT&T, Hewlett Packard, BASF, Dow Chimical, Bayer, Walt Disney Company, Time Warner, etc.

Des parlementaires européens et des élus du Congrès des États-Unis constituent l’autre moitié du TPN. Les principaux groupes politiques au Parlement européen sont présents : les conservateurs du PPE, les socialistes de S&D et l’ADLE, qui représente une partie de la droite, ainsi que deux eurodéputés Verts. Le seul groupe politique qui n’a aucun de ses membres dans le TPN est la Gauche unitaire européenne (GUE). En tout, 60 députés européens, plus de 8 % du Parlement, sont membres du TPN. Une majorité écrasante sont des élus allemands, des élus du Royaume-Uni et de l’Espagne. La France est en quatrième position avec trois parlementaires de l’UMP : Françoise Grossetête, Joseph Daul et Alain Lamassoure. »

Lire > Union européenne-Etats-Unis : dans les coulisses du projet de grand marché transatlantique

Le débat du 22 mai sera sans doute l’occasion d’un grand déballage public salutaire autour de ces informations absentes de la campagne pour les élections européennes.

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 05:09
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 20:09

Social-Eco

austérité

catherine mills

denis durand

yves dimicoli

paul boccara

frederic boccara

jean-claude durand

Contre l’austérité en Europe, luttons pour un autre euro !

Paul BOCCARA, Frédéric BOCCARA, Yves DIMICOLI, Denis DURAND, Jean-Marc DURAND, Catherine MILLS

Jeudi, 13 Juin, 2013

Tribune, par Par Paul Boccara, Frédéric Boccara, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Catherine Mills, membres de la commission économie du PCF. La colère contre l’austérité monte de partout en Europe, mettant en accusation la faillite morale des dirigeants qui, en alternance, prônent la soumission aux exigences des marchés financiers. Le chômage fait rage, frappant de façon brutale et massive les jeunes.

La souffrance sociale terrible fait grandir des illusions de fausse radicalité. D’un côté, comme l’ont confirmé les Grecs eux-mêmes, le refus est majoritaire de sortir de l’euro. Il ne s’agit pas de rester isolé face aux marchés financiers et à la spéculation déchaînée. Mais, d’un autre côté, gronde la protestation contre l’utilisation qui est faite de l’euro, si favorable à la domination des marchés financiers et des grandes banques. D’où les propositions de certains pour sortir de l’euro.

François Hollande répète que la crise de l’euro est finie. Le diagnostic est aussi erroné et trompeur que la promesse d’une inversion de la courbe du chômage en France fin 2013.

Le reniement de celui qui avait promis, « si (il était) élu président », de « renégocier » le traité Merkozy, de « réorienter la BCE », de s’attaquer à son « ennemi » la finance, et de « défendre la croissance » est d’autant plus nocif que la France, à la fois dominée et dominante dans l’Union européenne, occupe une place charnière pour transformer la zone euro. Il se plie devant les exigences d’Angela Merkel et de la finance allemande, tout en prétendant servir les intérêts français.

Face à ces blocages, certains agitent l’idée de sortir de l’euro. Cela reviendrait à fuir devant la lutte décisive pour une autre utilisation de celui-ci et de la BCE.

C’est une illusion démagogique et dangereuse, pour cinq grandes raisons.

1 – Le commerce extérieur de la France souffre d’un déficit annuel de 60 à 70 milliards d’euros. Le retour au franc, qui se ferait alors au prix d’une dévaluation de l’ordre de 25 % par rapport à l’euro, entraînerait automatiquement un enchérissement du même ordre du coût de nos importations.

2 – Ce ne serait pas très grave, nous dit-on, parce que, grâce à la dévaluation du franc, nos exportations s’envoleraient. Mais c’est ne pas voir combien la croissance est durablement lente de partout. C’est ne pas comprendre à quel point le surcroît de compétitivité-prix que cela prétendrait donner aux exportations françaises se ferait surtout au détriment de nos partenaires d’Europe du Sud, l’Allemagne voyant au contraire son excédent commercial gonflé par une dévalorisation du travail des Français qui rendra meilleur marché ses importations en provenance de son principal partenaire commercial. Tout cela dans un contexte de spéculation déchaînée. Bref, ce serait là le scénario noir de la surenchère entre dévaluations compétitives et rétorsions protectionnistes qui ferait s’entre-déchirer les pays européens. Ce sont les politiques d’austérité qu’il faut mettre en cause, avec les luttes pour la relance d’une croissance de progrès social que permettraient précisément un autre euro et une autre utilisation de la BCE de façon solidaire.

3 – Notre dette publique a été très internationalisée depuis les années 1980. Aujourd’hui elle est détenue à 60 % par des opérateurs non résidents, banques, sociétés d’assurances, fonds de pension… Le retour au franc dévalué entraînerait automatiquement un enchérissement de 25 % sur les quelque 1 140 milliards d’euros de titres de dette détenus hors de France. Exprimés en francs, les intérêts payés bondiraient, alors même qu’ils absorbent déjà quelque 50 milliards d’euros par an ! Par contre, la dévaluation du franc permettrait à des capitaux étrangers, allemands notamment, de mettre la main à très bon compte sur nombre de nos atouts productifs.

4 – La raison la plus importante, c’est qu’en sortant de l’euro, on déserterait le terrain de la bataille pour un autre euro et pour une construction solidaire de l’Union européenne, au mépris d’une nouvelle croissance fondée sur le développement des peuples et, notamment, sur l’aide aux pays d’Europe du Sud. On passerait à côté d’une opportunité historique pour changer la situation économique et sociale en France, en Europe et dans le monde. Une nouvelle politique solidaire dans l’Union européenne s’appuierait sur la force de la monnaie que peut créer la BCE. Alors que chaque pays européen dispose, isolément, d’un potentiel restreint, la création monétaire en commun, avec l’euro, offre des potentiels bien plus importants, car elle est assise sur la capacité de production de richesses et la créativité de 322 millions de personnes.

Appuyons-nous sur l’échec de la construction actuelle de l’euro non pour régresser par rapport aux besoins de changements et de solidarité entre Européens, mais pour un nouveau type de croissance et de développement.

À partir de la protestation qui enfle dans tous les peuples de l’Union contre l’austérité, le pacte de stabilité et le sabordage des services publics, exigeons que la BCE finance directement un très grand essor des services publics et de leur coopération en Europe. Pour cela, chaque pays émettrait des titres de dette publique rachetés par la BCE. L’argent serait affecté à un fonds social solidaire et écologique de développement des services publics européens, géré démocratiquement, qui le répartirait entre chaque pays proportionnellement à ses besoins.

À partir des luttes pour l’emploi et les salaires, contre le rationnement du crédit pour les PME, exigeons que la BCE cesse de refinancer les crédits accordés aux spéculateurs et aux entreprises qui suppriment des emplois, précarisent ou délocalisent. Exigeons qu’elle refinance les crédits pour les investissements matériels et de recherche des entreprises à des taux d’intérêt d’autant plus abaissés, jusqu’à 0 %, voire en dessous, que ces investissements programmeraient plus d’emplois et de formations correctement rémunérés, plus de progrès écologiques.

5 – Sur le terrain mondial, si l’on supprime l’euro, il ne resterait plus que le dollar comme monnaie de réserve internationale. Son hégémonie en serait confortée. La création monétaire du dollar permet aux États-Unis de financer leur domination économique, culturelle et militaire. Elle leur permet aussi de s’endetter dans leur propre monnaie auprès du reste du monde. La Chine, la Russie, des pays latino-américains veulent s’émanciper de cette domination par la promotion d’une monnaie commune mondiale à partir des droits de tirage spéciaux du FMI, proposition avancée dans les rangs du PCF et dans le programme du Front de gauche « l’Humain d’abord ! ». Mais si l’euro disparaît, comment peser dans une négociation mondiale en alliance avec les pays émergents contre le dominateur commun américain ?

On voit donc qu’une autre utilisation de l’euro peut contribuer, de façon décisive, non seulement à une autre croissance de progrès social dans l’Union européenne, mais à un changement fondamental sur le plan monétaire, économique et social dans le monde.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 17:24
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 16:58
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 10:19

André Chassaigne

1 min ·

Communiqué de presse des députés du Front de Gauche

Traité transatlantique : le renoncement socialiste

Aujourd’hui, la commission des affaires européennes a examiné notre proposition de résolution européenne sur le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis.
A cette occasion, les députés socialistes présents ont supprimé la disposition qui prévoyait la suspension des négociations de l’accord bilatéral qui se mènent dans la plus totale opacité. Ils ont ainsi vidé notre proposition de résolution de sa substance et validé la poursuite des négociations sur un grand marché transatlantique au service du pouvoir financier des multinationales. La démarche des socialistes atteste de leur soutien, de fait, à ces négociations menées contre les peuples.
Demain, le texte sera examiné en commission des affaires étrangères. Le 22 mai, dans l’hémicycle, trois jours avant les élections européennes, chaque député devra faire face à ses responsabilités et décider s’il souhaite, ou non, faire barrage à ce Traité.

Les député-e-s du Front de gauche

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 10:17

Pour Chassaigne, Mélenchon la joue trop «personnalisé»

LILIAN ALEMAGNA 13 MAI 2014 À 20:06

HISTOIRE

Entre André Chassaigne (PCF) et son camarade du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, les relations étaient déjà très fraîches. Les déclarations du chef de file des députés Front de gauche, hier sur RFI, ne vont pas les réchauffer. A propos des difficultés auxquelles le Front de gauche est confronté, Chassaigne a évoqué «la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, l’hyperpersonnalisation de la politique qu’il porte» et le «manque de lisibilité» du mouvement. Critique depuis longtemps, il interroge à nouveau la stratégie choisie par Mélenchon : «Est-ce que c’est front contre front contre le PS, en considérant que nous, on est la gauche vertueuse, la bonne gauche, et que le PS est perdu pour toujours ? Ou est-ce qu’on considère qu’on fait bouger l’ensemble de la gauche ?» Entre Mélenchon et les communistes critiques, l’après-européennes promet (déjà) d’être agité.

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BRUNO FORNACIARI

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