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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 11:31

Le Parti de Gauche (PG) a déploré, dans un courrier adressé à la direction du Parti Communiste (PCF) rendu public aujourd'hui, "l'échec à ce stade" des négociations avec le PCF pour se "présenter ensemble" aux élections européennes, dans la balance, plus de sièges pour le PG, ou comment les vieilles méthodes socialistes ressortent au profit de la "lutte des places"


Européennes : Le PG menace de faire exploser le Front de gauche pour des places
Le PG, co-présidé par Jean-Luc Mélenchon, reproche au PCF de revendiquer quatre têtes de liste "dont les trois meilleures régions du pays (Ile-de-France, Sud-Est, Nord en plus du Centre)" pour ce scrutin européen alors que les deux formations avaient convenu en janvier qu'elles auraient trois têtes de liste chacune, plus une accordée au parti Ensemble, composante du Front de Gauche. La lutte des places est lancée pour loger les tenants de l'écosocialisme (tous issues du PS) comme l'anticommuniste Coquerel (dont on se souvient tous la haine qu'il a déversé sur Marie George Buffet en 2007) et Garrido. 

I - C'est un accord équilibré qui est proposé par le PCF 

L'accord proposé par le Parti communiste français est équilibré et ne présente qu'une ambition, conquérir de nouvelles position par un programme européen tourné contre l'austérité (je tiens a rappeler que je ne partage pas la finalité de ce programme, puisque pour moi l'Europe sociale est un mythe, l'UE, la BCE sont irréformables et doivent être abattus). 

Que contient cet accord : 

1- Reconduire les députés européens sortants dans leurs circonscriptions, Patrick le Hyaric (PCF) pour l'Île de France, Jacky Henin (PCF) pour le Nord-Est, Marie Christine Vergiat (sans étiquette) pour le Sud-Est et jean Luc Mélenchon (PG) pour le Sud-Ouest. Je ne tiens pas compte de l'outre-mer qui est réservée aux partis progressistes de ces régions (et qui auront fort a faire pour ne pas perdre leur député avec les tensions chez les communistes réunionnais). 

2- Proposer une répartition représentative des composantes du Front de Gauche sur un espace limité à 7 circonscriptions : 3 circonscriptions pour le PCF (dont les deux ou il y a des députés sortants), 2 circonscriptions pour le PG (dont celle de Jean Luc Mélenchon), 1 circonscription pour Ensemble et 1 circonscription pour la députée européenne sortante, Marie Christine Vergiat (qui n'appartient a aucun parti).

Européennes : Le PG menace de faire exploser le Front de gauche pour des places
Mais voilà le PG refuse de payer pour Ensemble clamant haut et fort que c'est au Parti communiste de se sacrifier pour les autres. Cet accord a été approuvé par tous les partenaires du Front de Gauche. 

Cette situation est a mettre en lien avec les frasques de ce dernier lors du congrès du PGE ( pour vous rappeler). La situation est pourtant claire, EELV leur a tourné le dos pour les européennes, ils refusent de sacrifier leurs 15 députés européens sortants (pas de place pour le PG) et ils soutiennent Michel Barnier, ancien ministre, actuel Commissaire européen au Marché intérieur et aux Services et surtout membre de l'UMP. Alors face a cette situation, le PG revient à la charge alors que le PCF attend depuis fin 2013 de bosser pour ces élections. 

II- Calendrier perturbé par le PG et les humeurs de son tribun 

Pierre Laurent «Depuis la fête de l’Humanité, depuis septembre dernier, je demande que nous engagions la campagne des élections européennes. Donc c’est évident pour moi, ça va de soi, c’est une évidence : listes Front de gauche pour les élections européennes et le plus vite sera le mieux !» 

«Pour moi, ça fait des mois que ça va de soi», a-t-il martelé, «parce que sur les élections européennes, nous avons la même analyse et nous sommes opposés de la même manière à la version libérale actuelle de l’Union européenne.» «Je suis président de la gauche européenne, j’ai œuvré à ce que nous ayons un candidat même à l’échelle de toute l’Europe avec le leader de la gauche grecque, Alexis Tsipras, donc si j’ai fait tous ces efforts, c’est bien pour qu’en France il y ait des listes Front de gauche aux élections européennes», a insisté le sénateur de Paris. 

Tout est fait pour brouiller les cartes à 1 mois et demi des européennes: 

En septembre 2013, le PG nomme ses chefs de files 
En décembre 2013, le PG s'auto-suspend du PGE 
En janvier 2014, Jean Luc Mélenchon veut attendre la fin des municipales pour relancer la machin européenne 
En février 2014 Jean Luc Mélenchon veut des alliances avec EELV et fédérer l'aile gôche du PS 
En mars 2014, Jean Luc Mélenchon n'est pas sûr de vouloir être candidat 
Et enfin, en avril 2014, le PG veut le beurre, l'argent du beurre et la crémière sinon il quitte le Front de gauche.

Européennes : Le PG menace de faire exploser le Front de gauche pour des places
Marie Christine Vergiat la variable d'ajustement du PG ? Un tollé pour de nombreux militants du Front de gauche 

Marie Christine Vergiat, eurodéputée déclare sur Facebook : "Bon me voilà devenue variable d ajustement. Élue en 2009 comme candidate d'ouverture à la société civile. Je croyais que toutes les composantes du Front de Gauche était attachées à cette ouverture. 

Ne serais je pas devenue un prétexte. Je suis candidate à la tête de liste dans la circonscription du Sud Est et pense que mon bilan peut être utile à tout le Front de Gauche. Je tiens à conserver ma singularité et à travailler avec tous ceux et toutes qui pensent qu il est possible d être au Front de Gauche sans appartenir à l'une de ses composantes. " 

Des militants de Front de gauche (au delà du PCF) affirment leurs soutiens à Marie Christine Vergiat, ils saluent son bilan et pour beaucoup si le PG tente le coup de force contre elle, se sera l'abstention. "Ton travail est exemplaire" déclare Fred Chich (Lyon), "vu ton engagement et ton efficacité au service des citoyens, des droits de l' homme, de la solidarité internationale, ... tu as toute ta place dans le Front de gauche." explique Laurent Carratala de Brignoles, "Ton travail tu l’accomplis avec justesse et détermination, tu es dans le juste , dans le droit !" affirme Catherine Lecoq de Marseille, "Cette situation me désole Marie-Christine, moi qui ait commencé au FDG en faisant ta campagne, je suis sidéré qu'on puisse remettre en cause ta candidature pour conduire la liste dans le Sud Est. Comment peut-on remettre en cause un des premier symbole de ce que doit être le Front de Gauche ? De plus, ton mandat parle pour toi ! J'espère que tout ceci se réglera dans les plus bref délais afin que nous puissions entrer rapidement en campagne à tes côtés." pour Mika Mendoza de Grenoble. "Pour suivre ton activité de députée européen je pense qu'il serait injuste de ne pas tenir compte de ton travail et donc de te sortir de la tête de liste"souhaite Didier Ochoa de Bordeaux. 

Marie Christine Vergiat a reçue le soutien du journaliste Pascal Boniface qui déclare "Donc on va ici aussi sacrifier une élue dont le travail est reconnu au parlement européen". 

Voilà les militants du Sud-Est ne veulent pas de parachuté du PG à la place de Marie Christine Vergiat.

Européennes : Le PG menace de faire exploser le Front de gauche pour des places

Nicolas Maury
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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 14:50

En Allemagne, les patrons votent à droite mais remercient la gauche

Propulsée au rang de modèle européen, l’industrie allemande ne correspond plus à l’image stéréotypée de son patronat réputé ingénieux et familial, social et conquérant. Les dirigeants d’entreprise germaniques représentent une force économique et financière qui pèse sur les arbitrages européens autant que sur la politique nationale. A l’approche des élections fédérales, prévues ce 22 septembre, à quoi pensent les patrons allemands ?

par Olivier Cyran, septembre 2013

Avec son physique hollywoodien et son léger accent bavarois, M. Klaus Probst incarne la synthèse parfaite du citoyen du monde et de l’industriel ancré dans son château fort. Le « modèle allemand » si souvent invoqué a beau craquer aux coutures, aucun doute n’effleure cet ancien ingénieur devenu grand patron. « Notre système constitue bel et bien un modèle, assure-t-il d’une voix posée. Quand nous voyons la France et la manière dont les syndicats y réagissent aux suppressions d’emplois, nous mesurons l’avantage dont nous disposons ici, en Allemagne, où tout le monde réussit à s’entendre sur des solutions raisonnables. Le partenariat social qui règne dans notre pays me paraît d’une grande stabilité ; je ne vois pas de menace à l’horizon. »

Indestructible, l’optimisme de M. Probst est à la mesure de la multinationale qu’il préside : Leoni AG, le plus gros fournisseur européen de systèmes de câblage pour l’industrie automobile, a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros et un bénéfice avant impôts de 236 millions, en nette progression par rapport aux années précédentes. C’est aussi l’un des membres les plus prestigieux de l’Association de l’industrie métallurgique et électronique de Bavière (VBM), qui représente six cents entreprises et plus de sept cent mille emplois. « La VBM est une structure assez puissante, admet M. Probst. Elle défend les intérêts de notre branche auprès des politiques, en particulier auprès de Horst Seehofer, le président de la Bavière, mais aussi auprès de [la chancelière] Angela Merkel. Nous intervenons notamment sur les questions de politique énergétique, car l’électricité coûte de plus en plus cher, ce qui met en danger certaines de nos entreprises. »

Le but est de contourner les dispositions du « tournant énergétique », censé promouvoir les énergies alternatives, mais édulcoré par une série d’amendements consentis sous la pression des lobbyistes. Depuis une modification législative de juin 2011, plus de deux mille grandes entreprises ont été exonérées de l’écotaxe, un impôt prélevé sur les gros consommateurs d’énergie fossile. Le coût de ces accommodements pour le Trésor public est estimé à 4 milliards d’euros en 2013 (1).

En Allemagne, le lobbying prend aussi la forme d’espèces sonnantes et trébuchantes. De 2002 à 2011, la VBM a ainsi distribué 4,16 millions d’euros à différents partis, dont 3,7 millions à l’Union chrétienne-sociale (CSU) de M. Seehofer (2). Seuls BMW et la Deutsche Bank se sont montrés plus généreux.

Enfermés dans une bulle

Face à ces chiffres, l’épidémie nationale de bas salaires et de précarité paraît soudain hors de propos. Que l’Allemagne fasse partie des trois pays européens — après la Bulgarie et la Roumanie — où l’écart de revenus entre les 20 % les plus aisés et les 20 % les plus pauvres s’est le plus creusé entre 2000 et 2010 (3) n’altère pas l’humeur affable de M. Probst. « Même si plusieurs études confirment ce que vous dites, autour de moi je ne vois rien de tel, assure le président-directeur général (PDG). Grâce aux aides sociales, chacun ici dispose d’une source de revenus qui lui permet de vivre décemment. J’ai moi-même deux enfants qui font des études ; je n’ai aucune crainte que la société dans laquelle ils vivent se fissure ou sombre dans le chaos. » M. Probst regarde sa montre. Dans quelques instants, il doit donner une conférence dans les luxueux salons du Club de la presse de Nuremberg sur le thème « Les innovations ne tombent pas du ciel ».

En matière d’innovations, le groupe Leoni a beaucoup donné au cours de sa longue histoire, où se reflète l’épopée du capitalisme rhénan. Fondé au XIXe siècle, au mitan de la révolution industrielle, coté en Bourse depuis 1923, le fabricant de câbles se renforce durant la période nationale-socialiste en bénéficiant du travail obligatoire des déportés. Il s’épanouit ensuite à la faveur du « miracle allemand » de l’après-guerre et du boom de l’industrie automobile. L’euphorie de l’époque, conjuguée à l’interdiction des « grèves politiques » et à un anticommunisme d’autant plus robuste qu’il s’adosse au mur de Berlin, favorise l’émergence d’un consensus social inédit en Europe. La jeune République fédérale peut ainsi déléguer aux organisations patronales le soin de négocier elles-mêmes les conventions collectives, branche par branche.

L’Etat renonce à toute intervention : c’est aux employeurs de fixer, en accord avec les syndicats, les conditions de travail et de rémunération. En contrepartie de ce droit souverain, ils s’engagent à associer étroitement les représentants du personnel à l’administration de leurs entreprises. C’est ainsi que naît le système de la cogestion paritaire, qui attribue aux syndicats la moitié des sièges dans les instances dirigeantes, que ce soit au conseil d’établissement (Betriebsrat) pour les entreprises petites ou moyennes ou au conseil de surveillance(Aufsichtsrat) pour celles comptant plus de cinq cents employés. Paritaire, le système ne l’est en réalité que dans la métallurgie : dans toutes les autres branches, la direction dispose d’une majorité d’une voix pour trancher en cas de conflit.

Jalousée par les patronats latins, la cogestion à l’allemande est pourtant en voie de dislocation. « Sur le papier, tout reste parfait, mais en réalité le partenariat social n’existe plus que dans les industries traditionnelles », déplore M. Jürgen Bothner, secrétaire général du syndicat Ver.di pour le Land de Hesse. La montée en puissance d’une industrie des services largement indifférente à ses charmes a fait fondre le « modèle allemand » comme neige au soleil. En 2012, seuls 58 % des salariés d’outre-Rhin bénéficiaient d’une convention collective : 60 % dans l’ouest du pays et 48 % dans l’est, contre respectivement 75 % et 63 % quinze ans plus tôt. Et dans les secteurs où elle s’applique encore, la délicate balance entre partenaires sociaux penche de plus en plus lourdement d’un seul côté. « Entre les centrales syndicales et les représentants du personnel qui siègent dans les directoires des entreprises, les liens sont de plus en plus distendus, quand ils ne sont pas rompus, soupire M. Bothner. Il n’est pas rare que les élus censés défendre les intérêts des salariés pactisent avec l’employeur. »

M. Probst, lui, salue le « sens des responsabilités » de ses partenaires sociaux. De fait, ces derniers savent se montrer accommodants : en 2000, puis entre 2008 et 2010, les représentants des salariés de la branche métallurgie et électronique, à laquelle est affilié le groupe Leoni, ont accepté sans broncher l’exigence patronale d’un blocage des salaires. Moyennant quoi le fabricant de câbles a « surmonté la crise et se porte aujourd’hui fort bien, dans l’intérêt de tous ses employés », se félicite son PDG. Lequel s’est montré moins rigoureux avec lui-même, ses propres revenus ayant progressé de 8,8 % entre 2008 et 2009. Il est aujourd’hui classé cinquante-cinquième au palmarès des managers les mieux payés d’Allemagne, avec un salaire annuel de 1,87 million d’euros, auquel s’ajoutent ses revenus financiers (4).

Un autre facteur a contribué à vider le partenariat social de sa substance : les vagues de délocalisations qui ont balayé l’Allemagne depuis deux décennies. Dans ce domaine aussi, Leoni AG a fait partie des précurseurs. Sur les soixante mille employés du groupe, quatre mille seulement travaillent encore sur le sol allemand. « Quand le mur de Berlin est tombé, en 1989, se souvient M. Probst, nous avons décidé sur-le-champ de délocaliser une partie de notre production en Hongrie, en Pologne, en Slovaquie et en République tchèque. »

Après une deuxième vague à la fin des années 1990, vers l’Ukraine et la Roumanie, une troisième a suivi dans les années 2000, en direction cette fois de la Tunisie, du Maroc et de l’Egypte. Les révolutions arabes ont-elles affecté cette stratégie de compétitivité « Pas du tout,rétorque le patron. Le calcul est vite fait : en Allemagne, le coût du travail dans le secteur de l’électronique est de 25 euros de l’heure, cotisations sociales comprises, alors qu’il est de 6 euros en Pologne et de 2 euros en Tunisie. » Inutile de préciser que les douze mille ouvriers du site tunisien de Sousse, majoritairement des femmes payées 300 euros par mois, ne sont pas concernés par les avantages du « modèle allemand ». Pour M. Probst, leur embauche relève plutôt d’une « forme moderne d’aide au développement ».

« L’Allemagne va très bien. Nous n’avons jamais été aussi proches du plein-emploi », professe-t-il encore. Dans un pays où quatre millions de travailleurs — soit 12 % de la population active — touchent un salaire horaire brut inférieur à 7 euros (5), et où une agence pour l’emploi juge utile de publier une brochure conseillant aux chômeurs de boire de l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille (6), des propos aussi débonnaires peuvent surprendre. Ce serait oublier que les grands patrons allemands vivent dans une bulle de plus en plus étanche.

Professeur de sociologie à l’université de Heidelberg, Markus Pohlmann dirige depuis six ans une ambitieuse étude sur les élites économiques aux quatre coins du globe. En Allemagne, son équipe a mené quatre-vingt-deux entretiens avec des top managers (hauts dirigeants) de deux générations : ceux qui étaient en poste dans les années 1980 et 1990, et ceux qui tiennent les commandes aujourd’hui. Avec pour objectif, dit-il, d’« évaluer jusqu’à quel point les principes du néolibéralisme ont imprégné l’esprit des décideurs et leur gestion des affaires ».

Selon Pohlmann, les patrons allemands « se consacrent corps et âme à leur entreprise, beaucoup plus aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Leur temps de travail oscille en moyenne entre quatorze et seize heures par jour durant la semaine, puis encore entre dix et douze heures le week-end. L’entreprise est l’unique filtre à travers lequel ils perçoivent le monde social. » Le sociologue note un autre changement majeur :« Pour l’ancienne génération, il existait une sorte de pacte social en vertu duquel la recherche du consensus tempérait la froide obligation d’accumuler les profits. Cette conception a disparu. Ce qui prévaut désormais, c’est le principe du capital humain, selon lequel chaque individu est responsable de son sort. Ceux qui réussissent moins bien — les “personnes à performance limitée”, comme on les appelle dans ce milieu —, on les écarte sans aucun scrupule. »

« La main-d’œuvre a un coût, comme le porc »

Cette évolution se traduit dans les discours autant que dans les pratiques. Depuis quelques années, les professions de foi des grands patrons contrastent, par leur rudesse décomplexée, avec le ton plus patelin des barons de la vieille école. « En Allemagne, nous avons tendance à nous imaginer qu’il incombe au chef d’entreprise de verser au travailleur un salaire suffisant pour faire vivre toute sa famille. Mais c’est impossible sur le plan économique », lançait par exemple en 2005 Walter Norbert, alors économiste en chef de la Deutsche Bank (7). A la même époque, M. Michael Rogowski, alors président de la puissante Fédération de l’industrie allemande (BDI), recourait à une métaphore animalière pour expliquer le fonctionnement du marché du travail : « La main-d’œuvre a un coût, exactement comme le porc. Dans le cycle commercial, les prix sont élevés quand le porc est rare. Quand il y a beaucoup de porc, les prix baissent (8). » Depuis, l’amateur de cochonnailles est devenu consultant du groupe d’investissement américain Carlyle, puis animateur d’une émission sur la chaîne privée allemande N-TV.

Mais c’est sur le plan des « valeurs éthiques », selon l’expression de Pohlmann, que les dirigeants actuels se démarquent le plus franchement des générations précédentes. La retenue protestante traditionnellement associée au capitalisme rhénan semble avoir volé en éclats, comme torpillée par l’appât du gain. « Avec un revenu moyen de 2,9 millions d’euros, les principaux dirigeants des entreprises cotées au Dax [l’indice de la Bourse de Francfort] ont touché en 2010 des revenus quatre fois et demie plus élevés qu’en 1995 : une hausse fulgurante en seulement quinze ans. En 2011, leurs revenus ont encore substantiellement grimpé, avec une moyenne de 3,14 millions d’euros par membre de directoire », observe le sociologue Michael Hartmann dans son dernier ouvrage (9).

Autre marqueur de ce délitement : la multiplication, au cours des dernières années, des affaires de fraude fiscale. Non que la tricherie soit d’invention récente chez les gros contribuables : dans les années 1970, il était déjà « de bon ton d’abriter son argent à l’étranger », comme l’admet M. Albert Eickhoff, un industriel de la haute couture poursuivi en 2012 pour fraude fiscale avec plusieurs centaines d’autres millionnaires allemands (10). Ce qui a changé, constate Pohlmann, c’est l’ostentation avec laquelle les chefs d’entreprise affichent leur tolérance pour ces pratiques. « En 2009, dit-il, après la condamnation du patron de la Deutsche Post, Klaus Zumwinkel, presque tous nos interlocuteurs s’accordaient à souligner que les 2 à 3 millions d’euros dissimulés par leur infortuné collègue n’étaient que de la petite bière, et qu’il n’y avait pas de quoi faire un scandale. »

Membre du conseil de surveillance de DZ Bank, troisième établissement bancaire d’Allemagne avec un capital en fonds propres de 11 milliards d’euros, M. Sigmar Kleinert détonne dans le milieu ouaté des cols blancs par ses coups de colère contre ce qu’il appelle la« berlusconisation » du pays. Depuis que M. Gerhard Schröder monnaie son carnet d’adresses auprès du groupe énergétique russe Gazprom, « les digues ont lâché, il n’y a plus de limites aux conflits d’intérêts », dénonce-t-il. Et de citer en exemple le parcours de M. Wolfgang Clement, ministre de l’économie et du travail dans le gouvernement Schröder, devenu par la suite conseiller du géant de l’intérim Adecco et de la banque Citigroup. Ou encore les « ménages » de M. Peer Steinbrück, le chef de file du Parti social-démocrate (SPD) aux prochaines élections législatives : entre novembre 2009 et octobre 2012, le candidat à la chancellerie a tenu soixante-quatorze conférences pour des établissements tels que la Deutsche Bank, Citigroup, BNP Paribas et JP Morgan. Il aurait empoché à chaque fois entre 15 000 et 25 000 euros.

Savoir tirer profit du malheur des autres

Le pantouflage des secrétaires d’Etat (les directeurs de cabinet ministériel) illustre la porosité croissante entre le monde politique et les milieux d’affaires. Hartmann a calculé qu’entre 1949 et 1999, sur les vingt secrétaires d’Etat qui se sont relayés au ministère des finances, seuls cinq ont rejoint le privé après avoir quitté leur poste, soit un sur quatre ; une proportion restée stable durant un demi-siècle. Depuis 2000, en revanche, sept des huit personnes ayant occupé successivement ce même poste ont ensuite fait carrière dans les hautes sphères de l’économie ou de la finance.

Les passerelles entre public et privé se franchissent d’ailleurs allègrement dans les deux sens. Haut fonctionnaire au ministère des finances et membre du SPD, M. Axel Nawrath est recruté en 2003 par la Bourse de Francfort pour assurer la direction des relations publiques ; deux ans plus tard, il réintègre le service public au poste de secrétaire d’Etat du ministre des finances, M. Hans Eichel. Aujourd’hui, il siège au directoire de KfW, l’une des quinze plus grandes banques d’outre-Rhin.

On devine que les liens noués entre les pouvoirs publics et les puissances d’argent ne sont pas sans avantages pour ces dernières. Le cas de Heribert Zitzelsberger corrobore ce pressentiment. Ancien responsable financier du géant de l’industrie chimique Bayer, où il s’occupait notamment des stratégies d’optimisation fiscale, il est débauché en 1999 par le gouvernement rouge-vert de M. Schröder pour devenir le secrétaire d’Etat au ministère des finances. « Nous avons envoyé notre meilleur fiscaliste à Bonn. J’espère qu’il a été suffisamment “infiltré” par Bayer pour qu’il engage les réformes nécessaires », annonce le PDG du groupe, M. Manfred Schneider, sous les vivats de l’assemblée des actionnaires (11).

Il ne sera pas déçu. Zitzelsberger pilotera une réforme fiscale consistant à abaisser l’impôt sur les sociétés de 34 % à 25 % et à défiscaliser les profits réalisés par les entreprises cotées en Bourse sur leurs reventes d’actions. A l’annonce de ces mesures de « soutien à la compétitivité »,d’un coût de 23 milliards d’euros par an pour les caisses de l’Etat, l’indice Dax bondit de 4,5 %. Grâce à son ancien fiscaliste, le groupe Bayer empoche en 2001 une ristourne fiscale de 250 millions d’euros, qu’il reverse intégralement à ses actionnaires. Décédé deux ans plus tard, Zitzelsberger recevra les hommages du patronat allemand, peiné de voir disparaître l’homme qui lui a fait « le plus gros cadeau de tous les temps (12) ».

M. Berthold von Freyberg reste lui aussi confondu de gratitude envers M. Schröder. Issu d’une vieille et puissante famille aristocratique — son frère, Ernst, préside la Banque du Vatican —, ce quinquagénaire aux allures de champion de tennis a fondé avec deux associés un fonds d’investissement de capital-risque, Target Partners, qui mise les millions de ses clients sur des start-up de haute technologie. Dans ses somptueux bureaux de Munich, il se désole de l’injustice qui frappe sa profession : « Sur 100 millions que tu investis, tu touches pendant cinq ans une commission annuelle de 2,2 %, soit 2,2 millions. Or, depuis un an, les fonds d’investissement allemands doivent payer une taxe de 19 % sur ces commissions. L’Allemagne est le seul pays d’Europe à avoir mis en place cette mesure. Cela cause un tort immense à tout le secteur en décourageant les investisseurs. Du coup, nous prenons ces taxes à notre charge, ce qui se traduit par une perte de 19 % sur nos gains. C’est catastrophique. On doit se serrer la ceinture. »

A entendre M. von Freyberg, ce n’est pas l’ancien chancelier social-démocrate qui aurait commis pareille indélicatesse : « M. Schröder a créé les conditions de la prospérité que nous connaissons aujourd’hui. Nous lui devons infiniment plus qu’à Mme Merkel, dont je ne critique pas la défense de l’euro, mais qui n’a pas réalisé le quart de ce qu’a accompli son prédécesseur en matière de réformes structurelles du marché du travail. »

Malgré cela, selon une étude réalisée par le groupe de conseil en management Kienbaum, une écrasante majorité des chefs d’entreprise allemands accordent leur confiance avant tout à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel (78 %). Des patrons qui apprécient la gauche mais votent à droite : la spécificité allemande a décidément du plomb dans l’aile.

Le même sondage indique par ailleurs que la monnaie unique conserve la pleine confiance des milieux d’affaires, deux chefs d’entreprise sur trois la jugeant bénéfique pour leur pays. L’ancien dirigeant de la Fédération de l’industrie allemande (BDI) Hans-Olaf Henkel, engagé aux côtés de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans une tapageuse campagne contre la devise européenne, s’essouffle en vain à convaincre les siens : seuls 1 % des patrons souhaiteraient le retour au Deutsche Mark. « Pour les entreprises allemandes, l’euro est un formidable succès. Malgré les incertitudes, elles ont confiance dans la monnaie unique et dans la politique de sauvetage du gouvernement Merkel »,déclare un responsable de Kienbaum (13).

Avec sa franchise déconcertante, M. Probst, le patron de Leoni, confirme : « La dépréciation de l’euro par rapport au dollar, consécutive aux mauvais résultats économiques de nos voisins européens, a évidemment donné un coup de fouet à nos exportations et conforté notre compétitivité sur les marchés mondiaux. Si l’Allemagne revenait au Deutsche Mark, cela provoquerait un renchérissement de notre monnaie qui serait désastreux pour l’industrie allemande. Il faut le reconnaître en toute honnêteté : la pression financière exercée sur l’Europe maintient l’euro à un niveau artificiellement bas qui nous avantage énormément. »

Savoir tirer profit du malheur des autres : serait-ce donc cela, le nouveau modèle allemand ? Pour en avoir le cœur net, on se tourne vers un « petit » industriel du Mittelstand — terme qu’affectionnent les Allemands pour désigner les petites et moyennes entreprises, mais aussi les valeurs de probité, de travail et de persévérance qui leur restent associées. M. Lothar Reininger dirige avec son frère la société Reininger AG, spécialisée dans la fourniture de matériels médicaux : fauteuils roulants importés de Chine, lits spéciaux fabriqués en Pologne, produits d’hygiène venus de Thaïlande, etc. Il emploie cent quatre-vingt-dix salariés. M. Reininger tique pourtant lorsqu’on le qualifie d’entrepreneur. Ancien ouvrier des chantiers Triumph-Adler, dont il fut évincé en 1994 à l’issue d’une grève « dure » contre la restructuration du groupe par un fonds d’investissement américain, il siège depuis 2006 au conseil municipal de Francfort dans les rangs de Die Linke, le parti de gauche. S’il incarne très imparfaitement les mythes duMittelstand, il en connaît toutes les contradictions.

« Dans notre branche, explique-t-il, il y a beaucoup de travailleurs précaires, dits “indépendants”, qui gagnent 5 à 6 euros l’heure pour de petits boulots de livraison, de nettoyage, de désinfection, etc., que nos concurrents leur sous-traitent. Chez nous, ce sont nos propres salariés qui assurent ces tâches pour un minimum de 10 euros l’heure. Même dans un contexte de concurrence effrénée, et quoi qu’en disent les organisations patronales, il est encore possible d’assurer un revenu et un statut décents à ses employés. Mais pour combien de temps ? Seule l’instauration d’un salaire minimum de 9 ou 10 euros au niveau fédéral pourrait mettre un frein au dumping social. En s’y refusant, le gouvernement Merkel menace la survie des quelques employeurs qui souhaitent travailler correctement. » En 2012, la Reininger AG est parvenue à dégager une marge de 414 000 euros, redistribuée aux salariés actionnaires — « l’équivalent de deux semaines de salaire par personne, pas de quoi partir aux Bahamas ». Pas sûr qu’elle puisse rééditer cette performance en 2013.

Olivier Cyran

Journaliste.
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 03:38

Patrick Le Hyaric, la presse, l'agriculture et l'Europe

Par Dominique Voegele | Publié le 19/03/2014 à 11H01, mis à jour le 19/03/2014 à 11H08

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Patrick Le Hyaric
© European Union 2013-EP

Certains noms ne vous seront pas inconnus, d’autres n’éveilleront sans doute rien en vous. Ils ne sont pas tous français, après tout ce Parlement est européen ! Une rapide fiche signalétique, un court portrait pas toujours totalement objectif et surtout trois questions : 1. Avez-vous l’impression d’être écouté, influent ? 2. Quelle est votre plus belle réussite ? 3. Votre plus beau flop ?


Patrick LE HYARIC
 
Groupe confédéral de la gauche unitaire européenne/gauche nordique
Vice-président
Front de gauche pour changer l’Europe
Né le 4 février 1957 à Orléans

http://patrick-le-hyaric.fr/
 
Ils ne sont pas bien nombreux dans ce Parlement européen. Les membres du parti Communiste Français, notre bon vieux PCF. Patrick Le Hyaric en est un. Personnage discret, bien moins tonitruant que son compagnon de banc parlementaire Jean Luc Mélanchon. Mais sans doute aussi plus présent, plus travailleur, bref plus député européen. Allez sur son blog, son titre résume assez bien le personnage sans manquer le jeu de mot… » L’engagement enquête  d’Humanité. » Eh oui, Patrick Le Hyaric est aussi le patron du Journal l’Humanité. Et pour être complet le directeur de l’hebdo La Terre. Il serait donc journaliste, notre homme. Que nenni, technicien agricole de son état, il se passionne pour les dossiers agricoles et il est membre de la commission AGRI du Parlement européen. Moi qui pensais bêtement qu’un bon communiste s’attelait avant tout à l’amélioration de la condition ouvrière ! Alors bien entendu l’Europe que souhaite Patrick le Hyaric n’est pas celle qu’il voit se construire sous ses yeux. Le Traité de Lisbonne n’est pas sa tasse de thé. Il n’empêche à travers ses écrits on est en droit de se demander si une pointe de virus européen ne l’a pas piqué. Ainsi il a rédigé un avis pour la commission emploi du Parlement dont il est aussi membre, avis adopté, sur les bonnes pratiques dans les entreprises. Agriculture, social et emploi, finalement Patrick le Hyaric concilie au Parlement européen ses deux grandes passions politiques.
 
1.           Pensez-vous avoir joué un rôle important lors de cette mandature ? Avoir été écouté ?
 
« Rôle important » ! J’ai joué tout mon rôle à l’extérieur et dans l’enceinte du Parlement sur tous les grands sujets. Qu’il s’agisse du travail et de l’emploi, de la directive « travailleur détaché », le budget, les dossiers liés aux surveillances budgétaires et la crise, contre la limitation des dépenses sociales utiles, pour un autre budget européen, contre la libéralisation encore plus grand du rail, pour une autre réforme de la politique agricole commune.
J’ai en permanence fait le lien avec nos concitoyens, les syndicats, les associations en les rencontrant et avec des comptes-rendus exhaustifs sur mon blog parlementaire (http://patrick-le-hyaric-/), de telle sorte que chacune et chacun puisse se faire son opinion et intervenir.
J’ai même publié trois livre sur ces enjeux. L’un sur le pacte « euro plus » que j’ai appelé « Le pacte des rapaces ». Le second contre le traité budgétaires et les two-pack et six-pack « L’Europe des peuples nous appelle » et le dernier contre la signature du traité transatlantique « Marché transatlantique, Dracula contre les peuples ».
Donc un travail d’explication, de pédagogie, d’aide à l’intervention citoyenne, combiné avec un travail parlementaire, d’amendements, de propositions, d’élaboration pour infléchir les textes dans le sens des intérêts des citoyennes et des citoyens.
 
2.                Votre plus belle réussite, fierté, gros coup ?
 
Probablement le sauvetage de l'aide alimentaire européenne. Ce programme qui bénéficie pourtant à plus de 18 millions d'européens devait faire l'objet de coupes drastiques faisant passer son budget de 500 à 350 millions d'euros par ans, soit un milliard en moins pour les 7 prochaines années à venir.
En commission parlementaire de l'emploi et des affaires sociales, j'ai suivi ce dossier pour mon groupe, et me suis battu d'abord pour maintenir ce programme, ensuite contre le fatalisme de mes collègues qui s'accommodaient d'une perte pour les 240 banques alimentaires dépendantes de ses fonds. Plutôt que de passer par les procédures habituelles qui poussent le Parlement à négocier avec le Conseil directement au niveau des commissions parlementaire, j'ai poussé pour que nous ayons un mandat de l'ensemble de la plénière pour avoir plus de poids face aux gouvernements européens qui ne veulent pas de l'aide alimentaire. Ce fut compliqué, j'ai même été attaqué par ceux qui y voyaient là une position maximaliste. Mais au final nous avons obtenus ce mandat fort du Parlement pour 3,5 milliards d'euros pour les 7 prochaines années et nous les avons obtenus du Conseil.
Ce travail démontre que le Parlement peut obtenir des choses s'il les défend de manière déterminée et s'appuie sur la société civile comme nous l'avons fait avec  les organisations caritatives notamment les Restau du cœur et la croix rouge française.
 
3.             Votre plus beau loupé, flop ? 
 
Toutes les fois où le Parlement a pris une position forte avant de capituler devant les exigences du Conseil. Ces ratés collectifs ne sont pas sans conséquences.
D'abord concrètes, comme sur le budget européen, l'accord SWIFT avec les États-Unis sur la protection des données personnelles, ou plus récemment la directive détachement des travailleurs. Ensuite politiques, car pour les citoyens elles confirment la vision d'un Parlement qui accompagne les politiques de la Commission et du Conseil, et qui refuse de faire de la politique en les contestant ou en proposant d'autres alternatives.
Si nous voulons intéresser les citoyens au débat européen, il faut créer les conditions de ce débat, battre en brèche ce sentiment que tout est déjà joué d'avance, et proposer. Faire de la politique et la faire d'une façon intelligible. Sans quoi le détournement du projet européen se poursuivra et les populismes n'en seront que renforcé.

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:17
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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 13:03

 

LA GAUCHE EUROPÉENNE A LE VENT EN POUPE !

27 février 2014 at 11:58   Poster un commentaire

wurtz-l-humanite-dimanche"La GUE (Gauche unitaire européenne) pourrait presque doubler" le nombre de ses députés lors des élections européennes du 25 mai prochain, notait il y a quelques jours une agence de pressespécialisée dans les affaires européennes ! (1) Se fondant sur les enquêtes d’opinion les plus récentes, l’étude souligne que "notre"groupe au Parlement européen est crédité de 55 à 60 sièges (contre 35 aujourd’hui) , soit autant que le groupe libéral (qui en compte 85 actuellement) ! (2) La GUE pourrait donc devenir le troisième groupe de l’Assemblée de Strasbourg, derrière les deux formations dominantes: celle des "Socialistes et Démocrates" (S&D)  et celle du "Parti populaire européen" (PPE) qui seraient "au coude à coude" avec plus de 200 parlementaires chacun.

Certes, comme c’est le cas pour tout sondage, il s’agit d’une photographie des intentions de vote à un moment donné. Des évolutions sensibles sont naturellement possibles -dans un sens comme dans l’autre- et nous ne prétendons nullement vendre la peau de l’ours à trois mois du scrutin! Il n’en est pas moins instructif d’observer les tendances lourdes à l’œuvre dans la plupart des pays membres de l’UE, alors même que la campagne électorale n’a pas vraiment démarré.

Or, que nous apprennent ces enquêtes? D’abord, que tous les groupes de droite seraient en recul: aussi bien les "européïstes" qui sont aux leviers de commande de l’actuelle construction européenne (PPE et Libéraux) que les "europhobes"des deux groupes les plus réactionnaires de l’actuel parlement, et qui rassemblent notamment les conservateurs britanniques , d’une part, et les ultra de l’UKIP britannique, de la Ligue du Nord italienne et du parti de Philippe Devilliers, de l’autre. Ensuite, il apparaît que le groupe des Verts et des Régionalistes connaîtrait, lui aussi, un repli sensible -à l’opposé des "Socialistes et Démocrates"qui, eux, progresseraient, bien que dans une proportion nettement moindre que la Gauche unitaire européenne.

Reste le cas de l’extrême droite affirmée. Ses élus siègent aujourd’hui parmi les 32 "Non inscrits", d’origines très diverses. Pour pouvoir, demain, constituer un groupe, ils devront rallier 25 députés de sept nationalités différentes. Cette hypothèse n’est , hélas, pas exclue. Mais, à ce stade, pas assurée non plus. On le voit: il n’y a aucune fatalité à voir le "raz-de-marée populiste" annoncé déferler sur le Parlement européen, le 25 mai prochain ! Les progressistes légitimement révoltés par les politiques et le fonctionnement de l’actuelle construction européenne sont loin d’être cloués au sol ! À ce stade, ils ont même le vent en poupe ! Les partismembres du groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE) sont quasiment tous donnés en progression: du Front de gauche à "Die Linke"; de Syrisa de Grèce à la Gauche Unie d’Espagne; du Parti de gauche de Suède aux "Rouges et Verts" du Danemark; du Sinn Fein irlandais  au Parti socialiste des Pays-Bas; du Parti communiste portugais au Parti socialiste de Lettonie…En outre, des députés de partis non encore membres de notre groupe aujourd’hui envisageraient de le rejoindre,comme ceux du Parti travailliste de Croatie et de l’Alliance Rouge-Verte de Finlande. Quant au Parti de la Gauche européenne (PGE), auquel sont affiliés nombre de ces formations, il s’est donné, on le sait,avec la candidature officielle de notre ami grec, l’emblématique leader du parti Syrisa, Alexis Tsipras, à la présidence de la Commission européenne, un porte-parole convaincant et rassembleur à l’échelle de toute l’Union européenne.

Le résultat final dépendra désormais pour beaucoup de la capacité de chacune de ces forces à mobiliser sans étroitesse quiconque aspire à saisir l’occasion de cette élection pour apporter sa pierre à la patiente édification d’une Europe refondée. Cela vaut pour le Front de gauche.

——–
(1) "Europolitique" du 17/2/2014

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 22:33

Alexis Tsipras en France (archive)

MONDE -  le 15 Février 2014

 

Tspiras: "La Grèce a servi de cobaye à la théorie du choc"

 

 

Dans un entretien à un quotidien allemand ce samedi, le candidat du Parti de la gauche européenne (PGE) à la présidence de la Commission européenne dénonce les cures d'austérité imposées à la Grèce par l'Union européenne qui ont eu pour résultat de faire exploser la dette du pays.

"La Grèce a servi de cobaye", affirme le chef du principal parti d'opposition Syriza (gauche radicale) dans un entretien au quotidien Süddeutsche Zeitung. "Avec cette thérapie de choc (imposée à la Grèce par ses créanciers), on a voulu tester ce qu'un peuple pouvait endurer".

Des programmes d'économies qui créent... de la dette

Alexis Tsipras, dont le parti est en tête des intentions de vote en vue des prochaines élections locales et européennes, explique ainsi froidement que lorsque le premier plan d'aide à la Grèce a été adopté en 2010, "le déficit public de la Grèce atteignait 120% du Produit intérieur brut (PIB). Aujourd'hui il a grimpé à 175%"! "C'est absurde. Nous devions épargner afin de ne pas avoir besoin de nouveaux crédits mais les programmes d'économie n'ont fait que créer de nouveaux besoins de crédits", selon lui.

La Grèce a été placé en 2010 sous assistance financière de la Troïka UE-BCE-FMI qui lui a accordé deux programmes de prêts d'un montant total de 240 milliards d'euros pour éviter la faillite. En échange, des mesures draconiennes d'économie qui pèsent lourdement sur le quotidien de la population lui ont été imposées.

Depuis la forte percée de son parti aux élections grecques en 2012, Alexis Tsipras a vivement critiqué la chancelière allemande Angela Merkel, accusée d'avoir privilégié la rigueur en Europe aux dépens des populations. De passage à Paris fin janvier, le leader de Syriza avait affirmé: "Nous serons la surprise lors des prochaines élections européennes".

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 10:59

 

POLITIQUE -  le 14 Février 2014

 

 "La braderie américaine de M. Hollande"

 

 

L'éditorial de Patrick Le Hyaric.

 "On est stupéfait de la manière 
dont le voyage de François Hollande aux États-Unis consacre 
une entente libérale, occidentaliste 
et militariste avec les dirigeants 
et le capital nord-américains."

Alors que de partout 
dans la société, comme au Sénat ou au Parlement européen, est posée de plus en plus fort la question 
de l’utilité et des conséquences négatives de la création d’un marché de libre-échange transatlantique, 
François Hollande, sans aucun mandat du Parlement 
et à l’opposé de ses engagements électoraux, a demandé devant le président Obama « d’accélérer la création 
de ce vaste marché », dont les termes de la négociation, entamée depuis le mois de juillet, sont totalement secrets. Même le texte du mandat sur lequel négocie, au nom 
de tous les États européens, la Commission européenne, est classé « diffusion restreinte ».

Depuis, aucun débat public, aucune communication gouvernementale n’est organisée sur ce funeste projet qui concerne pourtant nos vies quotidiennes : notre alimentation, notre santé, notre protection sociale, nos services publics. Faisant fi de tout cela, le président 
de la République n’a pas hésité à déclarer dans l’euphorie de l’air nord-américain, à l’adresse vraisemblablement des puissances industrielles et financières : « Dès lors 
que les priorités sont fixées, que les mandats sont donnés, que les intérêts sont connus, aller vite n’est pas un problème, c’est une solution. » Autant décréter que 
les négociations sont terminées. C’est d’ailleurs la suite 
de cette déclaration qui nous fait mieux percevoir 
à qui elle s’adresse quand M. Hollande dit tout de go : « Nous avons tout 
à gagner à aller vite. Sinon nous savons bien qu’il 
y aura une accumulation 
de peurs, de menaces, de crispations. » Terrible ! C’est l’organisation de la grande braderie des intérêts nationaux et européens. C’est le sacrifice de notre élevage et de notre gastronomie. C’est la poursuite de la destruction de notre industrie, de la culture, de nos services publics et des marchés publics ouverts au pied de biche, jusqu’à la livraison en pâture de nos données personnelles et de nos vies intimes aux mastodontes Google et Yahoo pour nous surveiller et en faire commerce. C’est notre liberté sacrifiée sur l’autel du libre-échangisme capitaliste, dont on n’a vu jusque-là que les longues et tristes files de chômeurs et de travailleurs précarisés, voisinant avec celles qui n’ont d’autre choix que la soupe populaire.

Et ce n’est pas tout ! Il ne faut surtout pas ignorer le projet de camisole intégrale envisagé contre nos vies, contre nos lois protégeant les droits sociaux humains et environnementaux. Avec ce traité, toute multinationale jugeant que les législations entraveraient ses possibilités d’exploiter les hommes et la nature à sa guise se verrait octroyer la possibilité de poursuivre les États devant des tribunaux spéciaux conçus par elle et pour elle. Ainsi, ce ne serait plus ni 
les parlements ni les gouvernements qui décideraient 
des lois. Les multinationales créeraient leurs propres droits. C’est la dictature programmée au service 
des puissances industrielles et financières, sans besoin 
de généraux bottés et casqués.

Derrière ce vaste projet, se cachent à la fois la 
volonté du camp occidental de retrouver son hégémonie sur le monde et une tentative pour 
les multinationales de contourner les dégâts qu’elles provoquent avec leur terrible politique d’austérité 
en recherchant des marchés nouveaux à l’exportation. C’est un schéma de guerre économique mortifère. Il ne faut pas laisser faire. Refusons le marché transatlantique.

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 06:37

Campagne du Front de gauche pour la présidentielle 2012 (archive)

POLITIQUE -  le 14 Février 2014

Européennes

Européennes: le Front de gauche se cherche

 

 

Alors que la coalition peine à se mettre en mouvement pour les élections européennes, Jean-Luc Mélenchon a lancé, ce jeudi, un appel au rassemblement de «l’opposition de gauche».

«Mais qu’est-ce qu’on attend pour faire campagne?» s’agace un militant du Front de gauche, pour qui les élections européennes du 25 mai prochain offrent un «boulevard» à la coalition. «Nous sommes les seuls à proposer un projet alternatif aux politiques d’austérité face à l’urgence sociale et démocratique, rappelle-t-il. Les seuls à pouvoir porter l’espoir du peuple de gauche. Mesurons bien notre responsabilité plutôt que de nous bagarrer de manière ridicule sur des affaires de logos.»

Un sentiment partagé de part et d’autre des rangs du Front de gauche, paralysé par ses divergences stratégiques pour les municipales. Le lancement de la campagne européenne avait été hypothéqué en décembre, après que le Parti de gauche a décidé «jusqu’aux municipales» de «suspendre sa participation» au Parti de la gauche européenne (PGE). En cause, le choix du PCF de se présenter sur des listes de rassemblement avec le PS dès le premier tour dans plusieurs villes, notamment dans la capitale. «On considère que préparer une campagne européenne avec un président du PGE qui appelle à aller à Paris aux municipales avec des représentants de la social-démocratie brouille notre message», avait alors fait valoir Martine Billard, coprésidente du PG.

Pour un document commun d’orientation politique

«Nous pensons que l’engagement de cette campagne est urgent et devrait se mener en concomitance avec les élections municipales, affirmait pourtant Pierre Laurent, lors du Conseil national du PCF, le 23 janvier. Nous avons insisté sur cette urgence auprès de nos camarades du PG. Je crois pouvoir dire qu’elle est largement partagée dans les composantes du Front de gauche.» D’ores et déjà, des représentants de chacune des formations de la coalition se réunissent toutes les semaines pour travailler sur un document commun d’orientation politique. «Il faut vite recoller les morceaux, abonde la dirigeante communiste Marie-Pierre Vieu. On a la possibilité de mener une belle campagne, avec des listes ouvertes au mouvement social. Il faut vite se remettre autour d’une table pour faire aboutir notre plateforme commune, à laquelle on peut donner corps dans chaque grande région, en lien avec les luttes sociales locales. Rappelons-nous que l’exigence d’une autre Europe est à la base de la création du Front de gauche en 2009.»

Opposition de gauche

Interrogé jeudi sur France 2 sur sa stratégie en vue des élections européennes, Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel au rassemblement de «tous ceux qui se définissent comme l’opposition de gauche», des écologistes à la gauche du Parti socialiste, en vue de listes communes aux élections européennes. «Montrons au pays qu’on peut tracer une ouverture», a proposé le coprésident du Parti de gauche.

Un appel violemment rejeté dans la journée par une partie d’EELV, son ancien secrétaire national, Pascal Durand, dénonçant une «pure opération de communication, qui ne repose sur aucune proposition européenne, ni aucune vision de l’Europe à partager».

Joint par l’Humanité, le député européen EELV Yannick Jadot a jugé «inenvisageable » un tel rassemblement, fustigeant «l’instrumentalisation par Jean-Luc Mélenchon du débat européen à des fins personnelles». «Tout le monde voit bien qu’il cherche ainsi à régler ses comptes avec le PCF, en regardant si l’herbe est plus verte ailleurs.» Mêmes réactions au sein de l’aile gauche du PS, qui ne se retrouve pas dans l’idée d’une «opposition de gauche». «Nous ne sommes pas rigides. Si des écologistes ne se retrouvent pas dans cette idée, rassemblons-nous autour de celle d’une majorité alternative. L’essentiel est de faire échec à la politique actuelle et de redonner de l’espoir à la gauche», répond Éric Coquerel.

Soulever les ambigüités

«Le conseil national de notre parti se réunit ce week-end pour réfléchir à ce qu’il convient de faire comme rassemblement le plus large possible», indique le secrétaire national du PG. La réunion devrait aboutir à l’écriture d’une résolution apte à soulever les ambiguïtés qui pèsent encore autour des intentions du parti de Jean-Luc Mélenchon. « Le Front de gauche ne doit pas se louper », plaide Olivier Dartigolles, pour qui, « rien ne peut justifier qu’on ne se mette pas en ordre de bataille ». Et le porte-parole du PCF de rappeler que « tout ce qui a présidé à la construction du Front de gauche est là, reconvoqué d’une manière d’autant plus décisive que si nous échouons, nous porterons une part de responsabilité face à la montée du populisme en Europe ».

Une Marche contre l’austérité. Pierre Laurent propose que la campagne du Front de gauche 
soit lancée, mi-avril à Paris, par une marche européenne permettant une grande mobilisation populaire « contre 
l’austérité en France et en Europe». Marche à laquelle 
pourrait participer le dirigeant grec de Syriza, Alexis Tsipras, 
qui est, pour le PGE, candidat à la présidence de la 
Commission européenne. Pour le secrétaire national du PCF 
et président du Parti de la gauche européenne (PGE), l’ambition est «de mettre la gauche européenne anti-austérité, celle 
que nous incarnons avec Alexis Tsipras, le plus haut possible 
dans le maximum de pays».

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 11:29

Rejeter tout le marché transatlantique

22-2

J’ai alerté ici même à plusieurs reprises et dans un ouvrage (Marché transatlantique : Dracula contre les peuples) sur les lourds dangers qu’induit le projet de création d’un marché unique entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Depuis des mois, des syndicats, des associations de consommateurs, des mouvements citoyens, des élus progressistes éclairent sur ces dangers des deux côtés de l’Atlantique. Le projet est en effet une machine de guerre d’une puissance inégalée jusque là contre le monde du travail, les consommateurs, les assurés sociaux et contre nos systèmes productifs industriels et agricoles.

 

Le projet consiste à la fois à supprimer tous les mécanismes de protection aux frontières et à abaisser tous les droits sociaux et environnementaux. Et pour une part ceci se ferait par une mécanique infernale en dehors des parlements et des gouvernements, en violation des lois, code du travail, code pénal ou civil, code environnemental que se donnent les Etats – Nations, celui de la création de tribunaux arbitraux privés, permettant à des sociétés transnationales de poursuivre un Etat, dés lors qu’elles considéreraient que les législations des pays iraient à l’encontre de leurs intérêts de rentabilité et de profit. Ainsi, caché dans les dernières lignes du mandat de négociation européen, sous le chapitre intitulé « Cadre institutionnel et dispositions finales », il est indiqué que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis « comprendra un mécanisme de règlement des différents approprié ». Plus loin, dans la partie concernant le commerce des services et la protection des investissements, on peut lire que l’accord « devrait viser à inclure un mécanisme de règlement des différends investisseurs-Etats efficace ». Ce mécanisme antidémocratique est déjà présent dans certains accords de libre-échange. Il a déjà permis à des entreprises européennes de poursuivre l’Egypte contre l’augmentation du salaire minimum ou le Pérou parce que celui-ci limitait l’émission de gaz toxiques ou des entreprises américaines du pétrole poursuivant le Canada parce qu’il veut enlever des substances toxiques dans les carburants. Autres exemples : en Uruguay comme en Australie, le géant du tabac Philip Morris, basé aux Etats-Unis a mené des poursuites contre les avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes. La multinationale suédoise de l’énergie Vattenfall réclame 3,7 milliards d’euros à l’Allemagne, suite à sa décision d’abandonner l’énergie nucléaire.

 

Sans rien demander à personne et dans le plus grand secret, la Commission européenne s’est elle-même donnée son mandat de négociation, dans lequel est prévu ce système de tribunal privé contre le droit que se donnent les Etats. Mais voici que la pression qui commence à monter de toute part, vient d’obliger le commissaire européen chargé de négocier avec les dirigeants européens, à prendre en compte, il y a quelques jours, ce mouvement et à suspendre pour quelques mois les négociations pour dit-il « trouver le bon équilibre entre la protection des intérêts des investisseurs européens et la préservation du droit gouvernemental à réglementer l’intérêt public ». Cela le contraint à organiser enfin une consultation publique jusqu’au mois de juin. C’est une nouveauté puisque le mandat de négociation était jusque là classé « diffusion restreinte »(1). Nous ne sommes évidemment pas dupes. Il s’agit ici pour la Commission européenne de tenter de passer les élections européennes à venir sans que le sujet ne mette le feu à la prairie du capital et des sociétés multinationales. Précisément, cela prouve que la mobilisation populaire et le relais de parlementaires qui ont fait éclater au grand jour cet enjeu qui, jusque là, était totalement caché, est utile aux citoyens et aux intérêts populaires.

 

Raison de plus pour enfoncer le clou, continuer de se mobiliser et choisir, aux élections européennes, le 25 mai, des parlementaires sur qui on peut réellement compter. Il faut d’autant moins baisser la garde que le traité de Lisbonne, en application depuis décembre 2009, donne à la Commission une compétence exclusive sur ces sujets. Le rapport de forces au parlement européen sera donc décisif. Evidemment, après cette décision, il ne manquera pas de députés européens qui déclareront que telle était leur position. Mais pourquoi alors ne disaient-ils rien jusque là ou votaient-ils les textes allant en ce sens ?

 

Voici un premier recul qu’il faudra donc conforter dans l’action et dans les urnes.

 

 

(1) Je révèlele contenu de ce texte dans le livre : Marché transatlantique : Dracula contre les peuples (éditions de l’Humanité).

 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 07:03
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BRUNO FORNACIARI

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