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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 23:13

International

Ukraine: le parti communiste crée un "Front populaire antifasciste" à Kiev

Dossier: Manifestations pro-européennes en Ukraine

Ukraine: le parti communiste crée un "Front populaire antifasciste" à Kiev
13:23 07/02/2014
KIEV, 7 février – RIA Novosti

Un "Front populaire antifasciste" a été créé à Kiev afin de lutter contre les forces néofascistes et néonazies qui opèrent dans la capitale, annonce vendredi le Parti communiste ukrainien.

Selon le PC, le Front populaire regroupe des représentants de différentes associations "liées par le principal: la lutte contre la menace de soulèvement fasciste qui monte dans notre pays".

"L'objectif principal du Front populaire antifasciste dans la capitale est de consolider l'effort hostile aux groupes néofascistes et néonazis, de coordonner et de concevoir des décisions communes pour lutter et contrer ces forces à Kiev, et de créer des milices populaires dans les différents quartiers de Kiev", indique le service de presse du Parti communiste.

Auparavant, le Parti communiste a déposé un projet de loi au parlement du pays d'interdire l'idéologie néofasciste et néonazie.

Depuis le 21 novembre, l'Ukraine connaît une vague de protestations populaires déclenchées par la décision du pouvoir de suspendre le processus d'association avec l'Union européenne. Le mouvement de protestation s'est radicalisé à la mi-janvier suite à l'adoption par le parlement d'une série de lois sur les manifestations. Les violences qui s'en sont suivies ont fait trois morts, selon les autorités ukrainiennes. Face à la pression populaire, le président Viktor Ianoukovitch a accepté le 28 janvier la démission du premier ministre Nikolaï Azarov.

Le noyau dur des protestataires est constitué par les militants ultranationalistes violents de Pravi Sektor ("Secteur droite") et de Spilna Prava ("Cause commune"). Ceux du parti d'extrême-droite Sloboda ("Liberté") ont de leur côté contribué à la mise en place des barricades, à approvisionner les manifestants, et ont soutenu la résistance face aux premiers assauts de la police.

Le chef de file de Sloboda, Oleg Tiahnybok, a fait adopter par la foule le slogan "Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros", cri de ralliement de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), qui a collaboré avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

 
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Published by bruno fornaciari - dans EVENEMENT
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 22:55

L’UKRAINE, LA RUSSIE ET L’OCCIDENT. DOSSIER.

 
Commençons par quelques précautions d’usage. Je ne partage pas, loin s’en faut, toutes les positions de Giuletto Chiesa. Dans l’article qui suit, on ne peut cautionner une phrase telle que « le gouvernement américain (s’est) marié avec les nazis ukrainiens émigrés aux USA ».  Il est néanmoins bon de rappeler  que le recyclage d’anciens nazis par les États-Unis a servi dans bien des cas -et ce n’est du reste un secret pour personne.

De même, Otpor n’a pas été fondé, mais a bien été largement financé, par des organisations occidentales de « soutien à la démocratie » telles que le National Endowment for Democracy, l’Open Society Institute du milliardaire américain George Soros ou encore la Freedom House. On retrouve d’ailleurs deux activistes serbes d’Otpor, Stanko Lazendic et Aleksandar Maric, comme conseillers de cette dernière organisation en Ukraine en 2004, lors de la « Révolution orange ».

Ces précisions faites, si j’ai choisi de traduire et de publier l’article de ce journaliste italien -plutôt que de le citer dans un compte-rendu – c’est qu’il me semble apporter plusieurs éléments intéressants.

La presse française a largement accrédité la thèse d’une opposition pro-européenne et d’un gouvernement pro-russe.

Cette thèse a été battue en brèche, souvent de manière outrancière, et de ce fait inaudible, par ceux qui se sont inquiétés de la présence d’éléments d’extrême-droite -ouvertement néonazis- aux avant-postes de la contestation, tendant de ce fait à réduire le mouvement à cette seule composante. Sur ce sujet, je vous invite à lire l’appel des chercheurs ukrainiens en deuxième partie du dossier.

D’autres personnes, séduits par les images spectaculaires des affrontements, ont cédé à l’exaltation insurrectionniste, au nom de la « spontanéité révolutionnaire » théorisée en d’autres temps et dans d’autres circonstances par Rosa Luxemburg. Derrière la spontanéité des manifestants – dont rappelons-le, environ quatre-vingts sont morts sous les coups et les balles de la police et des services spéciaux – il y a de toute évidence des intérêts très divers -on ne peut donc qualifier de révolutionnaire un mouvement qui mêle des mouvances totalement opposées – et surtout des pressions extérieures considérables. Comment croire par exemple que Bernard-Henri Lévy ne ment pas effrontément quand il dit « ne pas avoir vu de néo-nazis » à Kiev, alors même que les drapeaux du parti national-socialiste ukrainien Svoboda flotte dans le décor filmé derrière lui?

Giuletto Chiesa, on le sait, se garde bien d’avoir des mots trop durs pour Vladimir Poutine. Pour autant, si des médias italiens aussi divers que Il fatto quotidiano ou Il Manifesto continuent de le publier, c’est d’abord pour son accès à d’autres perspectives qui peuvent permettre, avec quelque distance critique, de corriger celles non moins partielles du discours dominant.

Ce qui a manqué cruellement dans la presse française, alternative ou non, c’est bien une analyse fouillée du rôle joué par les États-Unis et l’Union européenne dans un pays qui, rappelons-le, est une pièce maîtresse dans l’échiquier géostratégique et économique de la Russie. Que cette dernière ne soit plus la grande puissance « communiste » d’avant 1989 n’a pas pour autant mis fin aux scénarios hérités de la Guerre froide: ceux-ci ont simplement perdu leurs prétextes idéologiques tranchés qui donnaient jusque-là une caution idéologique aux rivalités internationales.

Une fois de plus cependant, si la situation devait dégénérer en Ukraine, comme elle l’a fait en Irak, en Syrie ou en Afghanistan, ce ne serait en rien le fruit du hasard.

Le lecteur trouvera enfin, à la suite de cet article et de l’appel des chercheurs ukrainiens, d’autres éléments glanés dans la presse de ces dernières semaines.

Bernard-Henri Lévy, Kiev, février 2014.

Bernard-Henri Lévy, Kiev, février 2014.

En Ukraine, l’Occident ouvre la boîte de Pandore, par Giuletto Chiesa.

«L’adjoint du Secrétariat d’État Victoria Nuland a dit au National Press Club de Washington, en décembre dernier, que les États-Unis ont investi 5 milliards de dollars (…) afin de donner à l’Ukraine le futur qu’elle mérite» écrit Paul Craig Roberts sur son blog. C’est un ancien adjoint au Trésor des USA et ce qu’il dit est documenté. Et j’ai lu que Nuland a déjà choisi les membres du futur gouvernement ukrainien pour le moment où Ianoukovytch serait évincé (ou descendu). L’Ukraine pourra ainsi avoir «le futur qu’elle mérite».

Mais quel futur mérite l’Ukraine, les Ukrainiens ? À voir comment les choses tournent aucun: il n’y aura pas d’Ukraine. Dans le fracas indescriptible de mensonges que font gronder les médias mainstream la principale chose qui manque dans l’absolu est la constatation banale que Viktor Ianoukovytch, l’énième «dictateur sanguinaire» de la série, a été élu par une large majorité des Ukrainiens. Personne ne contesta l’élection quand il battit Viktor Iouchtchenko, même si ce fut dur à avaler pour ceux qui avaient financé l’ascension de Iouchtchenko. Et lui avait même procuré une épouse. Peu de gens savent que la seconde femme de Iouchtchenko s’appelle Kateryna Tchoumatchenko, qu’elle venait directement du Département d’État américain (chargée des «droits de l’homme»). Encore moins de gens savent que Kateryna, avant de faire carrière à Washington, avait été une des membres les plus actives et influentes de l’organisation néo-nazie OUN-B de sa ville natale, Chicago. OUN-B pour Organisation des Nationalistes Ukrainiens de Stepan Bandera.

L’OUN-B, rien moins que défunte, a donné vie au Parti Svoboda, dont le mot d’ordre est «l’Ukraine aux Ukrainiens», le même que Bandera brandissait en collaborant avec Hitler durant la seconde guerre mondiale. Du reste Kateryna avait dirigé le Comité du Congrès ukrainien, dont l’inspirateur était Jaroslav Stetsko, bras droit de Stepan Bandera. Ce qui revient à dire que le gouvernement américain s’était marié avec les nazis ukrainiens émigrés aux USA, avant de mettre Kateryna dans le lit de Iouchtchenko.

Les résultats électoraux du parti national-socialiste ukrainien région par région en 2012. Son succès est évidemment moindre dans l'Est du pays, majoritairement russophone. Il obtient ses meilleurs résultats notamment dans la région de Lviv, polonaise avant la seconde guerre mondiale.

Les résultats électoraux du parti national-socialiste ukrainien région par région en 2012. Son succès est évidemment moindre dans l’Est du pays, majoritairement russophone. Il obtient son meilleur résultat dans la région de Lviv, polonaise avant la seconde guerre mondiale.

De cela non plus la presse mainstream ne parle pas. Mais j’ai fait cette digression pour dire que, bien sûr, les Ukrainiens ont tout à fait le droit d’être mécontents, très mécontents de Ianoukovytch. Et d’avoir changé d’idée. Nous aussi nous avons tout à fait le droit d’être mécontents de Napolitano ou du gouvernement, mais cela ne signifie pas que nous pensons qu’il soit juste de prendre d’assaut le Quirinal [Palais présidentiel] à coups de cocktails Molotov d’abord, puis de fusils d’assaut.
Il aurait été essentiel de tenir compte de ces données. Mais le plan, de longue date, des États-Unis, était celui d’absorber l’Ukraine dans l’Occident. Toute entière si possible.

Voyez ce qu’écrivait en 1997 le polonais Zbigniew Brzeziński: «Si Moscou reprend le contrôle de l’Ukraine, avec ses 52 millions d’habitants et ses ressources importantes, en reprenant le contrôle sur la Mer Noire, la Russie retournera automatiquement en possession des moyens nécessaires pour redevenir un état impérial». Voilà donc la raison des 5 milliards dont parle Victoria Nuland. Après la chute de Iouchtchenko, durant ces années des dizaines d’Ong, de fondations, d’instituts de recherche, d’universités européennes et américaines, et canadiennes, ont envahi la vie politique de l’Ukraine. Quelques noms ? Freedom House, National Democratic Institute, International Foundation for Electoral Systems, International Research and Exchanges Board. Et, pendant qu’on «faisait de la culture», et qu’on achetait toutes les plus importantes chaînes de télévision et de radio du pays, une partie des fonds servaient pour financer les formations paramilitaires que nous voyons à l’œuvre sur la place Maïdan. Qui, grâce à ces aides, se sont multipliées.

C’est le Pravij Sector («Secteur droit» et «Spilna Prava») qui émerge aujourd’hui, mais le journal polonais Gazeta Wiborcza a parlé de formations paramilitaires polonaises qui agissent à Maïdan. Et la place pullule d’agents de services secrets occidentaux: ils l’ont fait en Syrie, pourquoi ne le feraient-ils pas à Kiev? C’est même plus facile: Ianoukovytch, dictateur sanguinaire, se montre plus mou que Milosevic, autre dictateur sanguinaire qui fut battu électoralement par Otpor (fondé et largement financé par les Usa). Du déjà vu donc. Demeure un problème: Poutine n’est pas un pèlerin ingénu.

C’est cela le peuple ukrainien? Bien sûr ils sont des milliers, et même des dizaines de milliers, à montrer le niveau de colère populaire contre un régime inepte (pas davantage de ceux des précédents amis de l’Occident, Kravtchouk, Koutchma, Iouchtchenko, Tymochenko), mais l’identité de leurs guides est claire jusque sur les images télévisées. C’est l’ancienne Galicie, précédemment polonaise, et la Transcarpathie.

Si Ianoukovytch tombe ce seront eux qui prendront le pouvoir, ce sera une diaspora sanglante. Les premiers à s’en aller seront les Russophones de l’est et du nord, du Donbass des mineurs, qui sont déjà en train de dresser leurs défenses. Et aussitôt après ce sera la Crimée, qui a déjà dit presque unanimement qu’elle entend rester du côté de la Russie, aussi pour se préserver de la fureur anti-russe de ceux qui prendront le pouvoir. C’est le début des sécessions, difficilement prévisibles à ce jour, aux contours indéfinis, qui produiront non pas des fronts militaires mais des représailles sauvages à l’intérieur de communautés qui ne seront plus solidaires.

L’Europe, fidèle exécutrice des plans de Washington, a ouvert la boîte de Pandore. Qui maintenant va lui exploser entre les mains. Les nouveaux locataires se seront bien sûr mis d’accord (tant que Poutine aura la garantie que le Rubicon de l’entrée dans l’Otan ne sera pas franchi), mais ceux qui seront descendus armés dans la rue ont en tête une idée de l’Europe bien différente de celle que se figure Bruxelles. Et ceux qui de bonne foi ont marché derrière les néonazis – et ils sont sûrement nombreux – s’attendent à entrer en Europe demain. Ils seront terriblement déçus quand ils devront commencer à payer, et ne pourront toutefois pas entrer, parce que cela n’est pas prévu dans les documents de Vilnius.

Le seul parmi les commentateurs italiens qui ait écrit des choses sensées a été Romano Prodi, mais il les a écrites sur l’International New York Times. Tourné vers les Européens ils les a invités à ne pas mettre dans leur viseur le seul Ianoukovytch, mais à condamner aussi les révoltés. Et il a ajouté : «Impliquer Poutine», vu que que toutes les parties ont « beaucoup à perdre et rien à gagner à des violences ultérieures ». Juste mais optimiste. Ceux qui ont préparé le dîner veulent maintenant manger et ils ne s’arrêteront pas. Et l’hystérie anti-russe est le meilleur condiment pour d’autres aventures.

Article originellement paru sur Il Manifesto, 21/02/2014. In Ucraina, l’Occidente apre il vaso di Pandora. Traduit par Olivier Favier.

Provocateur Dmytro Korchynskiy is the leader of the Ukrainian radically nationalist "Brotherhood" group. He was the most prominent participant of the supposedly far right attack on the Ukrainian Presidential Administration on December 1st, 2013. Before, he had been cooperating with Russian anti-Western organizations like the International Eurasian Movement and the Kremlin-organized youth organization "Nashi" (Ours). Korchynskiy is now on Ukraine's international wanted list, and is hiding in Russia.

Le provocateur Dmytro Korchynskiy est le leader du groupe nationaliste ukrainien radical « Fraternité ». C’était l’un des plus importants participants de l’attaque soit-disant d’extrême-droite de l’administration présidentielle ukrainienne, le 1er décembre 2013. Auparavant, il avait coopéré avec les organisations russes anti-occidentales comme le Mouvement Eurasien et l’organisation de jeunesse   »Nashi » (Ours), pilotée par le Kremlin. Korchynskiy est maintenant sur la liste des personnes recherchées par l’Ukraine au niveau international, et il se cache en Russie.

L’Euromaïdan de Kiev est un mouvement de masse de libération non extrémiste de désobéissance civique.

Tel est le titre donné par une déclaration collective d’experts du nationalisme ukrainien sur le rôle des groupes d’extrême droite au sein du mouvement protestataire en Ukraine, et un avertissement sur les services rendus à l’impérialisme russe par des reportages à Kiev, supposément antifascistes. En voici la traduction:

Nous sommes un groupe de chercheurs comprenant des spécialistes dans le domaine des études sur le nationalisme ukrainien, et nous sommes pour la plupart des experts de la droite radicale ukrainienne post-soviétique. Plusieurs d’entre nous publient régulièrement dans des journaux scientifiques et dans la presse universitaire. D’autres mènent leurs recherches au sein d’organisations gouvernementales ou non-gouvernementales, spécialisées dans l’observation de la xénophobie en Ukraine.

Du fait de notre spécialisation professionnelle et de notre expérience de recherche, nous sommes conscients des problèmes, des dangers et des conséquences potentielles de l’engagement de certains groupes extrémistes de droite dans les manifestations ukrainiennes. Après des années d’études approfondies sur ce sujet, nous comprenons mieux que beaucoup d’autres commentateurs, les risques que cette participation de l’extrême droite entraîne pour l’Euromaïdan. Plusieurs de nos commentaires critiques envers les tendances nationalistes ont déclenché des réponses de colère de la part d’ethnocentristes en Ukraine et dans la diaspora ukrainienne en Europe de l’ouest.

Bien que nous soyons critiques envers l’activisme de l’extrême droite dans l’Euromaïdan, nous sommes néanmoins choqués par une dangereuse tendance qui se manifeste dans trop de reportages des médias internationaux au sujet des récents événements en Ukraine. Un nombre croissant d’évaluations du mouvement protestataire ukrainien, à un degré ou à un autre, déforment le rôle, la prépondérance et l’impact de l’extrême-droite ukrainienne dans le mouvement protestataire. De nombreux reportages prétendent que le mouvement pro-européen a été infiltré, qu’il est conduit ou dominé par des groupes radicaux ethnocentristes et fanatiques. Plusieurs présentations donnent l’impression trompeuse que les acteurs ultranationalistes et leurs idées sont le cœur ou le moteur des manifestations ukrainiennes. Les photographies graphiques, les citations croustillantes, les comparaisons excessives et les sombres références historiques sont très demandées. Tout cela se mêle avec une prise en compte disproportionnée d’un élément particulièrement visible, bien que politiquement mineur, dans la mosaïque confuse formée par les centaines de milliers de manifestants avec leurs motivations aussi diverses que le sont leurs parcours et leurs buts.

La résistance à Kiev, qu’elle soit violente ou non, inclut des représentants de toutes les tendances politiques, aussi bien que des personnes sans idéologie qui auraient du mal à se situer politiquement. Non seulement les manifestants pacifiques, mais aussi ceux qui font usage de bâtons, de pierres et même de cocktails Molotov dans leur confrontation physique avec les unités spéciales de la police et les voyous employés par le gouvernement, constituent un vaste mouvement, qui n’est pas centralisé. La plupart des manifestants n’usent de violence qu’en réponse à la férocité policière grandissante et à la radicalisation du régime de Ianoukovytch. Les manifestants comprennent des conservateurs, des socialistes et des libéraux, des nationalistes et des internationalistes, des chrétiens, des non-chrétiens et des athées.

Il est vrai qu’il existe, parmi les manifestants violents et non-violents, une diversité de radicaux d’extrême droite comme d’extrême gauche. Pourtant, le mouvement considéré dans son ensemble reflète la totalité de la population ukrainienne, jeune et âgée. La focalisation pesante sur les extrémistes de droite dans les reportages des médias internationaux est donc injustifiée et erronée. Une telle sur-représentation a plus à voir avec le potentiel sensationnaliste des slogans, des symboles ou des uniformes extrémistes ethno-nationalistes, qu’avec la situation actuelle, sur le terrain.

Nous soupçonnons même que, dans plusieurs reportages semi-journalistiques, spécialement ceux des médias sous influence du Kremlin, l’attention excessive portée aux éléments d’extrême-droite dans le mouvement protestataire en Ukraine n’ait rien à voir avec l’antifascisme. Paradoxalement, la production, l’influence et la diffusion de tels reportages peuvent eux-mêmes êtres motivés par une forme d’impérialisme ultranationaliste — russe, en ce cas précis. En discréditant fondamentalement l’une des plus impressionnantes actions de masse de désobéissance civile dans l’histoire de l’Europe, ces reportages contribuent à fournir un prétexte pour une implication politique de Moscou, voire peut-être même à une intervention militaire russe en Ukraine, comme en Géorgie en 2008. (Dans un blog éclairant, Anton Shekhovstov a récemment détaillé les activités d’institutions clairement pro-Kremlin, leurs connections et leurs responsables. La liste n’est probablement pas exhaustive.)

Étant donné ces menaces, nous appelons les commentateurs, spécialement ceux situés politiquement à gauche, à prendre des précautions lorsqu’ils expriment des critiques justifiées sur l’ethno-nationalisme ukrainien. Les déclarations les plus alarmistes sur l’Euromaïdan sont susceptibles d’être instrumentalisées par les “techniciens politiques” du Kremlin, afin de servir la mise en œuvre des projets géopolitiques de Poutine. En fournissant des munitions à la lutte de Moscou comtre l’indépendance de l’Ukraine, un tel alarmisme aide involontairement une force politique qui est une menace beaucoup plus sérieuse pour la justice sociale, les droits des minorités et l’égalité politique, que tous les etnocentristes ukrainiens rassemblés.

Nous appelons aussi les commentateurs de l’Ouest [de l’Europe] à montrer de l’empathie pour un état-nation qui est très jeune, encore fragile, et qui subit une grave menace étrangère. La situation fragile dans laquelle se trouve encore l’Ukraine et les complications énormes de la vie quotidienne dans une telle société en transition donnent naissance à une grande diversité d’opinions, de comportements et de discours étranges, destructeurs et contradictoires. Le soutien au fondamentalisme, à l’ethnocentrisme et à l’ultra-nationalisme a souvent plus à voir avec la confusion permanente et l’angoisse quotidienne d’un peuple vivant dans de pareilles conditions, qu’avec ses convictions profondes.

Enfin, nous appelons tous ceux qui n’ont pas d’intérêt particulier ou pas de connaissance particulière de l’Ukraine, à ne pas commenter les questions nationales complexes de cette région sans s’être livré au préalable à une recherche approfondie. Étant des spécialistes de ce domaine, plusieurs d’entre nous luttent quotidiennement pour interpréter la radicalisation politique grandissante et la dérive paramilitaire du mouvement protestataire ukrainien. En contrepartie, on doit toujours rappeler que face à la terreur d’État exercée contre la population ukrainienne, un nombre grandissant de personnes ordinaires ou d’intellectuels ukrainiens à Kiev, arrivent à cette conclusion que, pour être préférable, la résistance non-violente n’est plus possible concrètement. Les reporters qui ont le temps nécessaire, l’énergie et les moyens, doivent venir visiter l’Ukraine, et / ou faire des lectures sérieuses sur les publications qui leur servent de références pour leurs articles. Ceux qui n’ont pas la possibilité de le faire doivent plutôt se consacrer à des sujets qui leur sont plus familiers, plus accessibles et présentent moins d’ambiguïté. Cela permettra d’éviter, à l’avenir, les nombreux clichés hélas, les erreurs factuelles et les opinions mal informées qui accompagnent souvent les débats sur les événements en Ukraine.

Iryna Bekeshkina, researcher of political behavior in Ukraine, Sociology Institute of the National Academy of Sciences, Ukraine;Tetiana Bezruk, researcher of the far right in Ukraine, Kyiv-Mohyla Academy, Ukraine; Oleksandra Bienert, researcher of racism and homophobia in Ukraine, PRAVO. Berlin Group for Human Rights in Ukraine, Germany; Maksym Butkevych, researcher of xenophobia in post-Soviet Ukraine, “No Borders” Project of the Social Action Center at Kyiv, Ukraine; Vitaly Chernetsky, researcher of modern Ukrainian and Russian culture in the context of globalization, University of Kansas, USA; Marta Dyczok, researcher of Ukrainian national identity, mass media and historical memory, Western University, Canada; Kyrylo Galushko, researcher of Ukrainian and Russian nationalism, Institute of Ukrainian History, Ukraine; Mridula Ghosh, researcher of human rights abuses and the far right in Ukraine, East European Development Institute, Ukraine; Olexiy Haran, researcher of Ukrainian political parties, Kyiv-Mohyla Academy, Ukraine; John-Paul Himka, researcher of Ukrainian nationalist participation in the Holocaust, University of Alberta, Canada; Ola Hnatiuk, researcher of right-wing tendencies in Ukraine, University of Warsaw, Poland; Yaroslav Hrytsak, researcher of historic Ukrainian nationalism, Ukrainian Catholic University at L’viv, Ukraine; Adrian Ivakhiv, researcher of religio-nationalist groups in post-Soviet Ukraine, University of Vermont, USA; Valeriy Khmelko, researcher of ethno-national structures in Ukrainian society, Kyiv International Institute of Sociology, Ukraine; Vakhtang Kipiani, researcher of Ukrainian nationalism and samizdat, « Istorychna pravda » (www.istpravda.com.ua), Ukraine; Volodymyr Kulyk, researcher of Ukrainian nationalism, identity and media, Institute of Political and Ethnic Studies at Kyiv, Ukraine; Natalya Lazar, researcher of the history of the Holocaust in Ukraine and Romania, Clark University, USA; Viacheslav Likhachev, researcher of Ukrainian and Russian xenophobia, Euro-Asian Jewish Congress, Israel; Mykhailo Minakov, researcher of Russian and Ukrainian political modernization, Kyiv-Mohyla Academy, Ukraine; Michael Moser, researcher of languages and identities in Ukraine, University of Vienna, Austria; Bohdan Nahaylo, researcher of ethnic tensions in Eastern Europe and the CIS, formerly with UNHCR, France; Volodymyr Paniotto, researcher of post-Soviet xenophobia, Kyiv International Institute of Sociology, Ukraine; Olena Petrenko, researcher of war-time Ukrainian nationalism, Ruhr University of Bochum, Germany; Anatolii Podolskyi, researcher of genocide history and antisemitism, Ukrainian Center for Holocaust Studies at Kyiv, Ukraine; Alina Polyakova, researcher of radical right movements, University of Bern, Switzerland; Andriy Portnov, researcher of modern Ukrainian, Polish and Russian nationalism, Humboldt University of Berlin, Germany; Yuri Radchenko, researcher of war-time Ukrainian nationalism, Center on Inter-Ethnic Relations in Eastern Europe at Kharkiv, Ukraine; William Risch, researcher of Ukrainian nationalist thought and politics, Georgia College, USA; Anton Shekhovtsov, researcher of West and East European right-wing extremism, University College London, United Kingdom; Oxana Shevel, researcher of Ukrainian national identity and historical memory, Tufts University, USA; Myroslav Shkandrij, researcher of inter-war Ukrainian radical nationalism, University of Manitoba, Canada; Konstantin Sigov, researcher of post-Soviet discourse strategies of the “Other,” Kyiv-Mohyla Academy, Ukraine; Gerhard Simon, researcher of contemporary Ukrainian history and nationality affairs, University of Cologne, Germany; Iosif Sissels, researcher of hate speech and antisemitism, Association of Jewish Organizations and Communities (VAAD) at Kyiv, Ukraine; Timothy Snyder, researcher of historic Ukrainian nationalism, Yale University, USA; Kai Struve, researcher of Ukrainian radical nationalism and the Holocaust, University of Halle, Germany; Mykhaylo Tyaglyy, researcher of genocide and antisemitism, Ukrainian Center for Holocaust Studies at Kyiv, Ukraine; Andreas Umland, researcher of the Russian and Ukrainian post-Soviet extreme right, Kyiv-Mohyla Academy, Ukraine; Taras Voznyak, researcher of Ukrainian intellectual life and nationalism, Magazine “JI” (L’viv), Ukraine; Oleksandr Zaitsev, researcher of Ukrainian integral nationalism, Ukrainian Catholic University at L’viv, Ukraine; Yevgeniy Zakharov, researcher of xenophobia and hate crimes in today Ukraine, Kharkiv Human Rights Protection Group, Ukraine

[Coordinateur du projet: Andreas Umland. La déclaration a été aussi déposée sur le site du journal de Kiev  “Le Jour.”] Traduit de l’anglais par Olivier Favier. Texte original.

La place Maïdan, avant-après.

La place Maïdan, avant-après.

Pour aller plus loin:

 

L’UKRAINE, LA POLOGNE ET LEURS DROITES : LE « PARADOXE EUROPÉEN », PAR GUIDO CALDIRON.

 
Le journaliste et essayiste Guido Caldiron est l’un des spécialistes les plus brillants et les mieux informés de l’extrême-droite italienne et européenne. On lui doit entre autres choses les remarquables Populismo globale, culture di destra oltre lo stato-nazione [Populisme global, les cultures de droite au-delà de l'état-nation] (2008) La destra sociale da Salò a Tramonti (2009) [La droite sociale de Salò à Tramonti], tous deux publiés chez Manifestolibri et non traduits en français. Chez Newton Compton libri en 2013, il a récemment publié une large synthèse intitulée Estrema Destra [Extrême-droite], qui couvre l’Europe et les États-Unis. 

Guido Caldiron aborde ici un autre aspect de la crise ukrainienne peu traitée dans la presse française, les paradoxes révélés par le parti de droite polonais « Droit et justice », formation eurosceptique qui a volé au secours d’une contestation supposée pro-européenne. Ce parti, crédité de 29 à 34 %, pour les prochaines élections européennes, devrait devenir la première force politique du pays. On rappellera au passage que le Front national, par la voix de Floriant Philippot, s’est récemment prononcé contre le soulèvement de la place Maïdan et pour la non-ingérence, invitant à « remettre la Russie dans le jeu », preuve s’il en est que l’affrontement qui s’annonce pourrait voir se placer en première ligne des mouvances nationalistes de droite et d’extrême-droite au service d’intérêts opposés, mais guidés par un même opportunisme. Dans tous les cas, l’influence de ces courants dans la déstabilisation de la zone, de part et d’autre, pose de graves questions sur l’avenir de l’Europe.

Cette traduction fait suite au dossier L’Ukraine, la Russie et l’Occident publié sur ce site le 23 février dernier. 

« En Pologne, la crise ukrainienne a fait émerger un paradoxe. Le leader de la droite Jarosław Kaczyński, qu’à Varsovie nous considérons comme un eurosceptique convaincu, a couru à Kiev en se présentant comme un défenseur de l’Europe politique et de ses vertus ». Le mots du philosophe Woj­ciech Sadur­ski donnent une bonne synthèse de l’écho que la situation de l’Ukraine connaît en Pologne. Dans un pays qui le premier a reconnu l’indépendance de Kiev par rapport à Moscou en 1991, qui se fait fort d’un partenariat économique et d’une stricte collaboration militaire avec l’Ukraine, où il existe enfin depuis 1997 un bataillon mixte polonais et ukrainien dans le cadre de l’Otan, l’Euromaïdan est devenue rapidement un sujet de provocation pour la politique intérieure.

C’est en particulier le leader de l’opposition ultra-­con­ser­va­trice Jarosław Kaczyński qui a utilisé le drame de Kiev pour s’opposer au premier ministre libéral Donald Tusk, jugé «trop atten­ti­ste». Kaczyński, lui, n’a pas perdu de temps pour se ranger dès décembre aux côtés des leaders de l’opposition à Ianoukovytch tant sur la place de l’Indépendance de Kiev que dans différents centres de l’Ukraine occidentale, à majorité catholique. Pour la population de cette dernière, l’Église polonaise s’est elle aussi mobilisée. Tout cet activisme ne doit rien au hasard. Depuis quelques mois les sondages donnent en effet son parti en tête tant en vue des élections européennes que des élections municipales de mai, ou encore des élections législatives qui auront lieu l’an prochain. Le partiDroit et justice [Prawo i Sprawiedliwość, ou PiS], que Kaczyński avait contribué à fonder en 2001 avec son frère Lech, mort avec 95 autres personnes dans un accident aérien à Smo­lensk en 2010 – affaire qui a alimenté les théories complotistes et un large sentiment anti-Moscou — est crédité de 29 à 34%, largement devant la Plateforme civique[Platforma Obywatelska] de Donald Tusk. Pro­ta­go­ni­stes de la vie politique polonaise depuis plus d’une décennie, Lech était président de la République au moment de sa disparition, et Jarosław premier ministre de 2006 à 2007. Les jumeaux Kaczyński ont incarné pendant longtemps le profil de la nouvelle droite polonaise «national-catholique», c’est-à-dire nationaliste en politique extérieure, avec de forts accents eurosceptiques, traditionaliste et ultraconservatrice sur les questions de société, opposante acharnée aux droits des femmes et des homosexuels mais favorable au marché. Aujourd’hui encore, Droit et Justice est le principale porte-voix de la droite catholique de Radio Maryja, souvent taxée d’antisémitisme et d’homophobie. «Par rapport au passé — souligne Mar­cin Zabo­ro­w­ski, directeur de l’Institut polonais pour les affaires internationales — le PiS a pourtant accentué ses critiques par rapport à l’Union européenne et ce qu’il définit comme l’incompétence du gouvernement de Varsovie. Aujourd’hui Kaczyński s’adresse surtout aux jeunes inquiets pour leur avenir».

L’ascension électorale annoncée de PiS correspond au coup d’arrêt enregistré par l’économie du pays, dont le petit boom avait servi de viatique à la victoire de 2007, confirmée quatre ans plus tard, du conservateur modéré Donald Tusk. Après la saison frénétique dominée par le populisme des Kaczyński, le nouveau premier ministre avait essayé de mener une politique concrète qui ne s’en était pas moins traduite par des coupes sociales significatives, une réforme musclée des retraites et qui, de manière générale, n’a pas mis l’exécutif à l’abri des scandales et d’une défaite sans appel sur le front du travail.

Entre temps Tusk a dû se confronter à un grippage interne. Son ancien ministre de la justice, Jarosław Gowin, l’a d’abord critiqué durement pour ses ouvertures sur le mariage homosexuel, mais aussi pour son recours excessif aux taxes, pour finalement abandonner Plateforme civique et donner vie à un autre parti, Pologne ensemble, toujours libéral mais plus à droite, désormais crédité de 5% d’intentions de vote. Mais ce n’est pas tout. Les néofascistes aussi espèrent tirer quelque chose du climat de mécontentement qui croît dans le pays. Le Mouvement national[Ruch Naro­dowy], qui fera ses premières armes aux élections européennes, est une formation qui a fédéré une demi-douzaine de groupes extrémistes, parmi lesquels Camp nationaliste radical [Obóz Narodowo-Radykalny], très actif dans les tribunes de football, et la diteJeunesse de la Grande Pologne. Proches des néofascistes ukrainiens de Svoboda, des Hongrois de Job­bik et de Forza Nuova en Italie, ils annoncent vouloir faire un front commun à Bru­xel­les avec les eurosceptiques et les nationalistes «pour faire sauter l’Ue», comme dit Robert Win­nicki, 29 ans, leur porte-parole. Homophobes, ultra-catholiques, opposés à l’euro, partisans de l’idée d’une unique grande nation polonaise de la Baltique à la Mer Noire et héritiers des thèses antisémites diffusées dans les années trente par Roman Dmo­w­ski, le théoricien de la «démocratie nationale», les extrémistes polonais se sont surtout faits remarquer ces dernières années par leur violence. Scène privilégiée de leurs incursions, la manifestation du 11 novembre qui commémore dans les rues de Varsovie l’indépendance du pays du joug de l’Empire Habsbourg en 1918, et se conclue inévitablement par des heurts et des agressions. Pourront-ils porter cette menace jusque dans les urnes?

Article original publié sur Il Manifesto le 28/02/2014 sous le titre: « La destra di Varsavia si ispira ai nazi di Majdan. » Traduit par Olivier Favier.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 08:58
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 06:53

O

 

SOCIAL-ECO -  le 25 Mars 2013

Evénement. CGT

Thierry Lepaon "Notre boussole c’est la défense du travail"

 

 

Successeur de Bernard Thibault, le nouveau secrétaire de la confédération, Thierry Lepaon entend appuyer sur l’accélérateur de la ­syndicalisation. Il en appelle à un syndicalisme rassemblé pour élever le rapport de forces et considère la CGT capable de faire bouger la loi sur l’emploi.

Vous venez d’être 
élu secrétaire général de la CGT. Quelles sont les décisions importantes de ce 50e  Congrès ?

Thierry Lepaon. C’est, tout d’abord, le vote de notre ­bilan d’activité et des résolutions qui ont été approuvés à une immense majorité. Ces résultats rendent confiant, à la fois sur le renforcement de la CGT, mais également sur le climat de confiance entre les organisations qui font la CGT. La confédération a su impulser l’activité revendicative. C’est très important dans la conduite des luttes. Nous venons de traverser une période difficile avec une droite au pouvoir opérant des choix conformes en tout point aux attentes du Medef. La CGT a pris ses responsabilités concernant le processus d’action, et les syndiqués ont bien ­compris que, même si les résultats n’étaient pas toujours à la hauteur des espérances, l’image de la CGT est celle d’une organisation combative et en phase avec eux.

Les décisions du congrès 
vont-elles permettre d’avancer, sur le terrain des luttes, 
contre l’accord du 11  janvier sur l’emploi ou pour sauver 
les retraites ?

Thierry Lepaon. Oui. D’abord parce qu’il y a eu l’action du 5 mars qui a permis de sensibiliser les salariés aux dangers de l’ANI et de la loi telle qu’elle est débattue à l’Assemblée nationale. Les salariés que nous avons rencontrés lors de la distribution de notre matériel, tiré à plus de deux millions d’exemplaires, avaient la perception, comme la plupart des médias, d’un accord donnant-donnant. Mais, dans les faits, quand on en regarde les termes, ils se rendent bien compte qu’ils vont devoir accepter de donner du temps de travail, du salaire, de la flexibilité, de la mobilité, d’abandonner du droit sur le recours au juge, à l’expert… Cette phase de mobilisation a permis d’argumenter sur le contenu de l’accord. Il y a besoin d’explications. Et pas seulement pour les salariés. Les députés, bien souvent, ne connaissent ni le texte ni les incidences qu’il pourrait avoir sur la vie des salariés au travail. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si seulement 100 députés se disent prêts à le signer en l’état. Cela signifie que plus de 200 autres s’interrogent sur leur vote, et donc, sur le contenu et le sens du texte.

La CGT demande-t-elle 
son retrait ou cherche-t-elle à en rediscuter les contenus ?

Thierry Lepaon. La stratégie c’est d’avancer. D’abord, nous voulons empêcher la transposition de l’accord dans la loi. Mais nous ne pouvons pas nous en contenter, car cela ne résoudra pas le problème des salariés confrontés aux stratégies financières des entreprises. Nous voulons changer de cap et nous sommes en capacité d’influencer le vote des députés pour que ce texte, rédigé par le Medef et ratifié par d’autres syndicats, ne soit pas transcrit en l’état. Notre démarche doit viser à changer le travail par une loi favorable aux salariés et qui leur permette, à travers les organisations syndicales, d’influer sur les choix stratégiques des entreprises. La CGT n’entrera pas en guerre contre le gouvernement en le qualifiant de libéral. Ce serait une vision simpliste. Nous allons rester sur le fond du dossier. Quitte à paraître ultrapragmatiques. Notre boussole, c’est la défense du travail et des droits des salariés, et nous nous savons capables de faire bouger la loi.

Comment réussir, dans 
cette lutte, à mobiliser 
le service public alors 
que le projet de loi 
concerne le secteur privé ?

Thierry Lepaon. Nous sommes en train d’y travailler. L’accord, présenté comme une modification du Code du travail, ne concernerait pas les salariés de la fonction publique. Or, on voit bien que sur la mobilité par exemple, l’État va transposer les prescriptions du privé au public. Il faut savoir qu’il n’y a jamais eu de mauvais accord dans le privé qui ait eu des répercussions positives dans le public. Et inversement.

Êtes-vous prêt à un nouveau bras de fer sur une nouvelle réforme des retraites ?

Thierry Lepaon. Le gouvernement se prépare à continuer dans la même voie que le précédent. En 2010, la réforme a été rejetée par des millions de salariés et de retraités. Sur ce dossier, la problématique est double : d’une part, le patronat veut faire payer les salariés et les retraités, et leur faire assurer le financement du système sans s’engager dans une dynamique en faveur de l’emploi et des salaires ; d’autre part, il défend l’idée d’aides aux entreprises, y compris si elles n’en ont pas besoin. Sur ce point, on est passés d’une politique d’aides à une politique de droits pour le patronat. Les fameux 200 milliards d’euros qu’on donne en cadeau chaque année aux entreprises équivalant à l’ensemble des richesses créées par l’industrie. Par ailleurs, il est évidemment question de solidarité entre les générations, qui est indispensable à la confiance des salariés dans le système. Sans cette garantie, le système va s’effondrer, alimenter les assurances privées et transformer un droit collectif en droit individuel. Nous avons bien l’intention de mettre toutes nos propositions sur la table.

La question du syndicalisme rassemblé est revenue en force dans ce congrès. Y a-t-il une différence entre cette notion et l’unité syndicale ?

Thierry Lepaon. C’est une question historique et qui bouscule la CGT depuis sa création. Le syndicalisme rassemblé, c’est une vision différente de l’unité ponctuelle et momentanée réalisée sur un sujet précis. Nous ne pouvons pas revendiquer être un syndicat de classe, celle des travailleurs, et accepter l’idée que cette classe soit divisée dans des formes de représentation syndicale qui n’ont pas la même conception de l’intérêt des salariés. Aujourd’hui, c’est le Medef qui prend les décisions, et face à cela, les syndicats de salariés doivent trouver des points de convergence.

Pourtant, on sent bien, au travers des différentes interventions au congrès, une forme d’« anti-CFDT ». Exaspération 
ou radicalisation ?

Thierry Lepaon. La situation économique et sociale est violente. Les salariés sentent le mépris des patrons, et leurs réactions sont à la hauteur de cette violence. Cela ne me gêne pas que, au congrès, certains salariés expriment leur colère, qu’ils en veuillent aux autres syndicats et même à la CGT, qu’ils peuvent ne pas trouver assez combative. On a beaucoup entendu parler également de convergence des luttes. L’idée revient souvent. C’est naturel. La difficulté, c’est de parvenir à ne pas isoler les salariés en lutte des autres, et qu’une partie des travailleurs de notre pays deviennent spectateurs de la lutte menée par quelques-uns. La CGT n’est pas observatrice de la bataille sociale. Elle en est actrice. Notre ambition est d’élargir le front des luttes, et de faire des salariés un pôle moteur de l’action revendicative.

C’est tout l’enjeu 
de la syndicalisation…

Thierry Lepaon. Oui. Et en la matière, nous avons de grands défis à relever : celui d’un syndicalisme utile, accessible et solidaire. Il faut se donner les moyens de construire et d’impulser les luttes. C’est une question essentielle. Nous avons déjà réussi à stopper l’hémorragie de la perte d’adhérents, et aujourd’hui, nous avons des signes de confiance avec les résultats des élections professionnelles et la progression de nos effectifs syndiqués. Mais si nous ne modifions pas notre organisation pour qu’elle soit plus accessible, ces signes risquent de rester éphémères. D’une part, faire des adhésions n’est pas suffisant. Les syndiqués ne sont pas là simplement pour apporter leur quote-part au nombre d’adhérents, il faut qu’ils y trouvent leur compte. D’autre part, la structuration de notre organisation ne correspond plus au salariat. Ça me rend malheureux de voir qu’il y a 1 000 adhésions en suspens parce qu’il n’existe pas de syndicat de proximité où les affecter. Nous devons avoir la préoccupation collective de notre organisation. Si on se syndique, c’est pour être organisés.

Qu’est-ce qui vous rend confiant en ce qui concerne une avancée sur ces chantiers en discussion depuis plusieurs congrès ?

Thierry Lepaon. Ce congrès est celui de la prise de conscience. Nous avons beaucoup travaillé du décloisonnement de nos syndicats et commencé à faire quelques expériences. Aujourd’hui, nous avons plus de 50 syndicats de site, contre une dizaine il y a trois ans. Ces expériences nous permettent de valoriser le débat collectif. J’ai coutume de dire que dans « interpro, il y a pro ». Il faut arrêter d’opposer syndicalisme de filière professionnelle et syndicalisme interprofessionnel, et apprendre à travailler ensemble. Et, sur ce point, la CGT avance.

Vendredi, vous avez succédé à Bernard Thibault. Que retenez-vous de son action ?

Thierry Lepaon. Bernard, c’est un grand personnage. Il a incarné une image nouvelle du syndicalisme, en ouvrant la CGT sur la réalité de la société et du salariat d’aujourd’hui, sans rien concéder sur l’identité de la CGT. C’est aussi un camarade qui a fait bouger la CGT sur la position européenne, qui l’a ouverte aux autres continents. Il laisse une organisation très bien positionnée pour l’avenir.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 21:37

Amnistie !

C'est un cortège des salariés de PSA arrivant droit sur la petite tribune montée devant le Sénat, qui a ouvert le rassemblement pour l'amnistie des syndicalistes. Le symbole est fort : le mouvement social est indispensable dans une démocratie.

Alors que la proposition de loi défendue par les sénateurs du Front de gauche était débattue cet après-midi, près de 500 militants politiques, syndicalistes, associatifs et citoyens se sont rassemblés scandant à l'unisson « L'amnistie c'est maintenant, sénateur choisis ton camp ! »

Les témoignages des militants syndicalistes et associatifs s'enchainent. Des militants accusés, stigmatisés, traités de terroristes ou de criminels pour avoir défendu des salariés, s'être exprimés contre des licenciements abusifs, s'être opposés à une privatisation, avoir empêché l'expulsion de sans-papiers...

Didier Le Reste, animateur du Front des luttes, rappelle le préambule de la Constitution de 1946 « Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ». Visiblement certains procureurs ont des lacunes ou préfèrent déverser leur haine envers les syndicalistes lorsque, sans preuve de violence, un procureur de Nîmes les qualifie de « casseurs, voleurs, démonteurs de matériel ». Le ras-le-bol général, Patrick Picard, secrétaire général de l'Union départementale CGT de Paris, l'exprime clairement : « il y en a assez que nos militants se voient sanctionnés pour défendre les salariés ».

Après que Jean-Luc Mélenchon ait déploré que la loi n'ait pas été votée en juillet, Éliane Assassi, présidente du groupe Front de gauche au Sénat réaffirmait la détermination du groupe : « Cette loi, nous allons l'arracher » et c'est ce qu'ils ont fait même si des amendementsatténuant la portée de ce texte ont été rajoutés.

C'est un message d'espoir au monde du travail que ce rassemblement a voulu faire passer, les députés de gauche à l'Assemblée nationale doivent maintenant voter la loi !

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 04:52

  - le 10 Juillet 2012

Fête de l'Humanité 2012

Patti Smith, la religion du rock déboule sur la Grande Scène de la Fête de l'Humanité

Portrait avec lacunes d’une artiste qui  navigue d’éclats  en retraits et viendra, emblématique de  son ardeur contenue  de silences, illuminer  la Grande Scène.

 

Débordante de littérature et d’inventivité musicale, Patti Smith livre un nouvel album au terme de huit ans d’attente de son public. Elle convoque dans Banga lunes noires et chers fantômes, oiseaux de saint François et fresques du rêve debout que son imaginaire d’artiste relie au monde. Voix douce parfois, ailleurs assourdie comme les tambours sacrés qui soutiennent la révélation du mystère de la communion des arts. Ainsi du morceau titre intitulé d’après le nom du chien inventé par Boulgakov dans le Maître et Marguerite.

 

Patti Smith depuis toujours édifie cette sorte de passerelle, arpente le blues du ciel et s’éblouit des illuminations de l’asphalte. Celles de Rimbaud avaient bouleversé l’adolescence de cette fille d’une serveuse chanteuse de jazz et d’un ouvrier, née en 1946, élevée dans le New Jersey. De son propre passage à l’usine elle produira une pice parlée, Piss Factory, qui deviendra en 1974 l’un de ses premiers titres chantés, enregistré en compagnie du pianiste Richard Sohl et du guitariste Tom Verlaine. Patti avait travaillé à la chaîne pour rompre les siennes et rejoindre la scène artistique d’avant-garde dont l’effervescence se jouait à New York dans les années 1960. Elle y parvient battante des pulsions primitives du rock de Little Richard, de ses admirations pour Hendrix, James Brown, Bob Dylan ou Jim Morrison, des contributions au rythme que s’accordent musique et poésie. Incandescence de William Burroughs et d’Allen Ginsberg, phrasé racinaire de William Blake, spleen de Charles Baudelaire dont elle remerciera les étoiles du ciel de Paris lors du séjour qu’elle y accomplira en 1969 avec son ami d’amour, le photographe Robert Mapplethorpe, rencontré lors de son arrivée à Manhattan.

 

Dès ce moment, Patti Smith transmute la vie en art, écrit des articles pour des revues de rock, des pièces parlées qui la font connaître sur la scène underground. Elle écrit également des poèmes dont elle donne lecture, parés en 1971 de l’accompagnement musical du guitariste Lenny Kaye. Jours de libres expérimentations, nuits de concerts et de performances au CBGB, frissons brûlants de Janis Joplin, orages de velours noirs et pourpres du Velvet.

 

 

 

Depuis lors, le rock est à Patti Smith le courant originel de la création, éclairage divin au prisme des clignotements d’une enseigne dans une chambre du Chelsea Hotel. Elle y a séjourné avec Mapplethorpe. De lui, la photo de l’album Horses qui en 1975 cristallise les talents de Patti Smith et lui ouvre la reconnaissance au plus fort. L’image de grâce androgyne à peine posée sur l’armature fine du corps, une seule prunelle haute et sombre sous la crinière emmêlée qui réfute les séductions ordinaires, ne la résume pas. Elle demeure emblématique de son ardeur contenue de silences, d’une présence dont la sensualité sourd dans les réserves ainsi que l’on nomme les parties invisibles d’un tableau, d’une aptitude à la limpidité à condition d’en faire le choix. La route s’est poursuivie jusqu’à l’actuel croisement céleste.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 20:24

 

Le premier ministre

s’affiche avec les patrons 


Jean-Marc Ayrault minimise l’événement, mais un Premier ministre de gauche qui ouvre l’université d’été du Medef,  c’est 
une première.

S’afficher avec le patronat dans une ren­trée marquée par une hémorragie 
de licenciements ne passe pas inaperçu et n'est pas anodin. Le premier ministre «(s)’étonne de l’étonne­ment» de certains, considérant sans doute que dialoguer avec les chefs d’entreprise fait partie des prérogatives «normales» de tout gouvernement. 
Certes. Mais rien n’est jamais totalement anodin 
en politi­que. Et la portée symbolique de ce choix tient aussi au fait que plusieurs représentants du gouvernement à foulent allègrement l’herbe du campus HEC de Jouy-en-Josas: 
une dizaine de ministres font le déplacement. «Je tiens le même discours pour les chefs d’entreprise que pour les salariés», se défend 
Jean-Marc Ayrault, (domage de ne pas relever les responsabilités de la crise) manière de dire que la gauche 
au pouvoir ne varie pas de ses objectifs, que, dans 
le paquet fiscal 
de la rentrée, continue 
de figurer l’alourdissement de l’ISF, la fisca­lisation 
du capital au même 
niveau que le travail 
ou encore la taxation 
des hauts revenus supérieurs à 1million d’euros à 75%, mesures combattues par le Medef.


Mais le message 
«de confiance» adressé par le Premier ministre 
aux patrons est, c’est le moins que l’on puisse dire, 
assez loin de la thématique de campagne si chère 
à François Hollande: «Mon adver­saire, c’est la finance.» La finance… Ces banquiers, actionnaires, barons de l’indus­trie, qui continuent de s’enrichir pendant la crise et présentent la facture aux peu­ples 
ne deviendront pas raisonnables avec de vibrants 
appels à la responsabilité et au patriotisme économique. 
Pour montrer aux marchés financiers qu’ils n’ont pas tous les pouvoirs, il y a besoin de poser des actes, des lois, des obligations, des sanctions, qui permettent réellement d’af­fronter la finance, de lui enlever des parts de marché au profit du droit social, d’un autre partage des richesses, du bien com­mun, des services publics, de l’humain.


Laurence Parisot, elle, est loin, très loin de l’idée 
que le dialogue social pourrait générer des compromis 
qui améliorent le sort et les droits des salariés. La patronne des patrons se pose en championne de la négociation sociale mais menace de boy­cotter celle sur la sécurisation des par­cours professionnels si le gouvernement n’inscrit pas dans sa lettre de cadrage la garantie pour 
les entreprises d’une plus grande flexibilisation du travail. «Le gou­vernement va s’apercevoir qu’il ne pourra pas être d’accord avec tout le monde», a rétorqué Bernard Thibault. Le secrétaire général de la CGT 
a invité «à prendre la mesure de l’urgence et des attentes». Le patronat, lui, reste sur le même tempo, obnubilé par la baisse du coût du travail et la saignée dans les dépenses publiques. Ce faisant, Laurence Parisot a appelé 
à «signer des deux mains» le traité budgé­taire européen.


Dans son discours devant les patrons, Jean-Marc Ayrault a promis qu’il n’y aura pas de «hara-kiri» pour 
les entreprises. Pour l’heure, l’austérité adoptée 
en Europe comme «réponse» à la crise, c’est le hara-kiri des peuples. C’est la raison pour laquelle le nouveau traité européen provoque un sérieux débat à gauche, jus­que dans les rangs du PS n


 

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 05:30

 

Les amis de Benoît Hamon s'interrogent sur leur stratégie

25 août 2012 à 16:48
Benoît Hamon au ministère des Finances le 17 mai 2012.
Benoît Hamon au ministère des Finances le 17 mai 2012. (Photo Charles Platiau. Reuters)

de notre envoyé spécial Traité européen, motion au prochain congrès de Toulouse : l'aile gauche du PS cherche à exister sans rompre la solidarité gouvernementale à laquelle est tenu son leader.

Par LILIAN ALEMAGNA Envoyé spécial à La Rochelle

Dans le calme qui berce cette année l’université d'été du PS à La Rochelle, les amis de Benoît Hamon ont eu droit vendredi soir à leurs premiers remous. Au sous-sol d’un hôtel proche de l’espace Encan où se réunissent à chaque rentrée les socialistes, les militants de l’aile gauche se rassemblent pour échanger. La salle est bondée. Les journalistes priés de rester à l’extérieur.

 

Vient une question sur les conséquences d’un vote des parlementaires du courant (dont les 22 députés) contre le traité européen sur la présence de Hamon au gouvernement. «Il faut déconnecter cette question de mon enjeu personnel», dit à ses troupes le ministre délégué à l’Economie solidaire, l’air détendu. Mais les proches de Hamon sont énervés. Sur leurs téléphones, ils viennent de découvrir ce que vient de répondre Martine Aubry à la question du traité européen. «Si j'étais au gouvernement et si je ne partageais pas une décision aussi importante, j’en tirerais moi-même les conséquences.»

«C’est stupide»

La première secrétaire répondait à une question sur les écologistes, prêts à voter contre ce texte. Sauf qu’indirectement, ces propos concernent aussi Hamon, opposé à ce traité sans le dire haut et fort - solidarité gouvernementale oblige. «Elle fait comme si elle était Premier ministre alors qu’elle ne l’est pas. C’est stupide, déplore un ténor de l’aile gauche du PS. Martine ne contrôle rien. Personne chez nous ne votera ce traité.» «Virer Benoît pour ça, ce serait contraire à la méthode Hollande», se rassure le député de l’Essonne, Jérôme Guedj.

 

Ce coup de chaud illustre la difficulté supplémentaire que la gauche du PS doit surmonter - et que connaissent aussi les écologistes : comment garder sa capacité critique lorsqu’on est au pouvoir et que son leader est membre du gouvernement? «On ne veut pas que le parti soit seulement la courroie de transmission des projets de lois gouvernementaux, assure Barbara Romagnan, députée du Doubs. Notre aspect critique restera.» Pour celle qui pourrait porter l'éventuelle motion de l’aile gauche au prochain congrès de Toulouse en octobre, le rôle de ses camarades est «d’alimenter le parti, en lien avec la société, participer à la pédagogie de l’action gouvernementale et anticiper, notamment sur les questions européennes, les futurs débats.» Avec un objectif : la réélection de François Hollande en 2017.

«Le parti n’a pas réussi à trouver cette équation dans la période 1997-2002, souligne Guedj. On doit trouver un espace d’existence pour lancer des alertes. Le projet du candidat Hollande ne devra pas être le bilan du président Hollande.»

Poussée

Pour cela, les amis de Hamon réclament un «parti de débat». Et se posent une question: après leur contribution, faut-il aller au congrès de Toulouse fin octobre avec une motion – texte qui définirait leurs propres orientations – ou bien rejoindre leurs camarades sur un texte ultra-majoritaire autour de Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault? Dans leur réunion de vendredi soir, «c'était clair, c'était majoritairement pour», dit un des participants.

 

La direction du courant décidera en fin de semaine prochaine si elle présente, après le conseil national de synthèse du 12 septembre, une motion au vote des militants prévu le 11 octobre. Et prépare le terrain: «Si on le fait, ce doit être dans une poussée collective pour aider François Hollande, défend Pouria Amirshahi, un des responsables du courant. Si c’est pour jouer aux procureurs ou planter le drapeau rouge, ça ne sert à rien.»

«Ils veulent des places, comme tout le monde»

Au congrès de Reims en 2008, les 18% de la motion portée par Hamon avaient permis à la gauche du parti de s’installer dans la direction de Martine Aubry. Mais dans un contexte de victoire post-présidentielle et de prime à l’unité, n’est-ce pas prendre le risque de se planter? «Ils veulent des places, comme tout le monde», dit une ministre.

 

De l’avis d’un socialiste rompu aux congrès PS, «ils ne prendront pas le risque de faire un petit score car ils doivent pouvoir peser sur les prochaines investitures pour avoir plus d'élus.» «Barbara Romagnan contre l’ensemble de la terre, ça ne fait pas 17%!», poursuit un ténor du PS. «Je pense qu’il feront un très bon résultat, rétorque un député, fin connaisseur de la cuisine interne. Dans le contexte, les 15% tu les fais toujours. Et à deux motions, tu ramasses toujours un peu plus.» «On va faire le tour de nos premiers fédéraux, de nos parlementaires, poursuit Amirshahi, dont le choix personnel n’est pas arrêté. Certains disent aussi qu’ils ne se sentent pas prêts à la confrontation et ne veulent pas donner un sentiment de division.»

«Caporalisme»

Car en présentant un texte commun en juillet, Aubry et Ayrault ont appelé au «rassemblement» derrière eux. «La tradition à gauche, ce n’est pas le caporalisme. Ce n’est pas parce que c'était le cas sous Sarkozy que ça doit l'être chez nous», répond Jérôme Guedj, qui ira quoi qu’il arrive à la motion avec la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. «Si on a des axes stratégiques différents, ce n’est pas un drame! appuie l’ex-ministre du Logement. Il faut montrer aux électeurs socialistes que les débats qui traverse la gauche vivent aussi au PS!» Sinon, disent les deux camarades, «on laisse un boulevard à Mélenchon». «J’ai des doutes sur la pertinence d’une telle motion», défend de son côté Razzy Hammadi, partisan plutôt d’un «amendement» au texte Aubry-Ayrault.

 

Pourtant, plutôt réticents il y a quelques mois à accorder un bon de sortie à l’aile gauche au congrès, les soutiens d’Aubry et Ayrault sont aujourd’hui plus enclins à laisser s’affirmer une zone tampon anti-Mélenchon. «Ça peut avoir une utilité de montrer qu’il y a plusieurs alternatives qui s’expriment, dit un proche du Premier ministre. Après, tout dépend de comment ils l’affichent. C’est sûr que si on a un ministre qui fait de la retape auprès des fédérations, ça posera un problème.» «Autant qu’il y ait une autre motion pour que nous ne soyons pas perçu comme un parti godillot», glisse un proche de Hollande.

 

«Tout le monde est libre», a répondu Martine Aubry vendredi soir aux journalistes, avertissant toutefois que les socialistes ne sont «pas là pour se compter». «J’accepte qu’il y ait d’autres motions, a poursuivit la première secrétaire. Mais cette question est moins importante que le traité européen.» Hamon est prévenu.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 09:09

Nous somme le 3 juillet 2011

 

Après un passage éclair chez le juge américain, voilà DSK libre de ses mouvements et n'est plus assigné à résidence, ni n'a l'obligation de porter le bracelet électronique.

En effet, après enquête sur Mlle Dialo, accusatrice de DSK, cette dernière aurait une moralité douteuse, ce qui permettrait de mettre en cause son témoignage dans "l'affaire" de tentative de viol. Elle a menti sur divers sujet, ce qui ferait passer DSK de coupable à victime. La justice américaine a des vertus qui ne sont pas encore louées à ce jour, mais cela viendra.

Car en effet, des preuves de "contacts" et de tentative de ralations sexuelles sont pourtant avérées. Les traces d'ADN relevées sur les vêtements de Dialo et  sur la moquette, n'ont pas été extorquées à DSK.

DSK a MENTI lui AUSSI. Car dans ses premières déclarations il niait "tout en bloc" puis, quelques jours suivants, selon le conseil de ses avocats, il plaidait pour une relation consentie. Donc il a mentti et n'est pas plus crédible en la circonstance que Mlle Dialo.

 

Que Mlle Dialo ait menti sur les conditions de son arrivée aux Etats-Unis en 2004 est une chose, que son état civil soit troublé par le fait qu'elle soit passé à l'église avec un conjoint aujourd'hui en prison, et qu'elle ne soit pas mariée civilement (aujourd'hui elle est toujours Mlle Dialo) en est une autre.

Que Mlle Dialo, fort d'avoir appris que son agresseur soit une personnalité politique, riche de surccroit, tente d'en user et abuser pour obtenir des avantages pécuniers est moralement condamnable, judiciarement peut-être aussi.

Mais cela fait-il de DSK un innocent ?

Selon des dirigeants du PS, qui n'ont rien appris semble-t-il, puisqu'ils ils se précipitent pour déclarer leur "amour" à DSK, voire leur allégeance, en tout cas son INNOCENCE, avant mêmme que la justice américaine se soit prononée (à qui l'on trouvera des vertus puisque, malgré les mensonges  de DSK, elle peut ne pas le poursuivre en raison de la moralité douteuse de la victime présummée) et  ait statué. Selon les conseils du Nl Obs, DSK pourrait, ou devrait demander des dommages et intérêt, à la justice américaine ? à Mlle Diallo ?

 

Ce qui donne crédit à ma pémonition, écrite en tout début de l'affaire à la mi-mai, où je pensais pourtant que la réalité ne pourrait dépasser la fiction. Eh bien si, cela se peut. Comme quoi, en fonction d'enjeux politiques, et  l'infuence que confère beaucoup d'argent, tout devient possible, comme le proclamait la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007.

 

Ainsi, en France "le Nouvel Observateur" (c'est le cas de le dire) peut écrire :

 

 "A la sortie de l’audience, on a enfin vu le sourire de DSK et celui de sa femme Anne Sinclair,  femme courageuse qui l’a soutenu contre vents et marées et qui a toujours estimé que des doutes planaient sur la crédibilité de Nafissatou Diallo. Pour Anne Sinclair, son séducteur de Dominique qui aime plaire aux femmes, n’est pas capable de les agresser pour obtenir leurs faveurs. C’est un point de vue que seule une femme aimante peut avoir.(souligné par moi BF) Nous sommes dans une situation inédite concernant Strauss-Kahn qui d’agresseur putatif est en train de devenir la victime et de ce point de vue est en droit de demander des dommages et intérêts pour préjudice moral et physique subi (emprisonnement, assignation à résidence et frais financiers relatifs à celle-ci, démission forcée du poste de Directeur du FMI) à l'Etat de New York. Pour le procureur Vance, il y a fort à parier que sa réélection est compromise. L'affaire DSK a une connexion évidente avec la vie politique française en vue de l'élection présidentielle de 2012"

 

Voilà, le tour est joué. "DSK revient VIIIITE !!!" lui lance en coeur une partie de la gauche (PS) et la droite qui voit là le moyen de réhabititer leur candidat préféré, ex-directeur du FMI dans les pas duquel Christine LAGARDE à chaussé la responsabilité, aboubée par Nicolas Sarkozy et Martine AUBRY et de "pourrir" la primaire du PS.

Attendra-t-elle le retour du Messie? Certains le souhaitent, d'autres pas,qui,  après avoir fait semblant, ne veulent rien changer ni au casting, ni au calendrier.

 

La vérité dans cette affaire, la connaîtra-t-on ? semble être le cadet des soucis du Nl Obs et des dirigeants socialistes, dès lors que "l'affaire" se termine bien pour lui (où le mieux possible).

 

il reste que le viol est un crime fût-il exercé contre une délinquante ou même une prostituée. Qui demeure un être humain que l'on a pas le droit de forcer. Et donc, que le crime ne puisse pas être confirmer ou infirmer, ne relève pas de la justice, mais d'une carence d'elle-même ou de petits arrangements entre amis, ce qui serait pire encore.

 

 

 

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Published by bruno fornaciari - dans EVENEMENT
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