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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 04:45

COMMUNIQUE DE PRESSE

L'interdiction de l'entrée des parlementaires français en Israël est une nouvelle grave (Pierre Laurent)

L’annonce du gouvernement israélien d’interdire l’entrée sur son territoire à plusieurs parlementaires français partie prenante d’une délégation d’élus en Palestine et en Israël la semaine prochaine est une nouvelle grave.

Si elle était maintenue jusqu’au bout, cette décision marquerait un enfoncement supplémentaire dans le déni du droit international et du respect des libertés fondamentales.

Les prétextes invoqués, déjà récemment utilisés à l’égard d’un ministre sud africain et de parlementaires belges, mais jamais jusqu'à présent à l’égard de parlementaires français, ne tiennent pas. Il serait inquiétant qu’ils soient utilisés aujourd'hui alors que le gouvernement israélien a accueilli à bras ouverts le secrétaire général du Front national.

Nous nous rendons en Israël et en Palestine pour encourager la solidarité avec les artisans de la Paix juste et durable, les forces qui travaillent pour l’application des résolutions de l’ONU en faveur de la pleine reconnaissance d’un Etat palestinien, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem Est pour capitale, aux cotés d’un Etat israélien souverain et démocratique, pour le respect du droit international et des conventions pour les droits humains universels, pour la libération de tous les prisonniers politiques, dont Marwan Barghouti, ou du jeune franco-palestinien Salah Hamouri, victime d’une détention administrative arbitraire.

Quant à la campagne BDS internationale invoquée par le gouvernement israélien, et qui n’est pas l’objet de la délégation de cette semaine, rappelons qu’elle est le résultat d’un appel de la société civile palestinienne lancé en juillet 2005 pour protester contre l’accélération de la colonisation illégale des territoires palestiniens et le développement d'une politique discriminatoire en Israël à l’encontre de la composante arabophone de la population. Il s’agit d’un mode d’action non violent et pacifique qui entend rouvrir le chemin d’une paix négociée. Elle a débouché notamment par la décision de l’Union Européenne d’étiqueter les produits issus des colonies illégales, seules visées par la campagne BDS internationale.

A cette heure, portés par le désir de paix et de dialogue qui motive notre démarche, nous continuons à œuvrer à la levée de cette interdiction que rien ne justifie.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

Paris le 16 novembre 2017

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 08:57

Catalogne : « Pas d’autre issue que les urnes, dans un cadre négocié et apaisé » (Pierre Laurent)

 

 

En Catalogne, l’engrenage tant redouté se met en place. Soutenu par les dirigeants de l’Union européenne, le gouvernement Rajoy, lourdement responsable de la crise par son intransigeance et sa violence, a placé la Catalogne sous tutelle en réponse à une déclaration unilatérale d’indépendance de la Generalitat, elle-même contestée par les organisations progressistes de la gauche catalane et espagnole. Le scénario du pire s’installe et on ne peut être qu’affligé devant tant d’irresponsabilités.

 

Je ne vois d’autre issue qu’une nouvelle expression populaire dans les urnes, après un débat mettant toutes les options sur la table. Le refus de Mariano Rajoy, depuis des années, d’ouvrir des négociations sérieuses et respectueuses sur la nature des relations entre la Catalogne et l’État espagnol n’aura fait que renforcer un choix binaire insatisfaisant tant socialement que politiquement.

 

Les élections annoncées par Mariano Rajoy pour le 21 décembre sont malheureusement déjà entachées par les violences et les décisions brutales prises au nom de la Constitution par une droite et un chef de gouvernement totalement discrédités et illégitimes. La destitution de Carlos Puidgemont et les mises en cause des principales institutions espagnoles ne font que jeter de l’huile sur le feu.

 

La sortie de crise passe par la suspension de l’application de l’article 155 par le gouvernement espagnol, le rétablissement de la légalité démocratique en Catalogne, la suspension de la déclaration unilatérale d’indépendance et la convocation de nouvelles élections par la présidence de la Generalitat, pour un processus électoral garantissant les conditions élémentaires d’expression démocratique de toutes les options.

 

Au delà, cette situation met en évidence un défi crucial : les peuples d’Espagne doivent pouvoir engager un processus de régénération démocratique et de dépassement du cadre actuel de la Constitution de 1978 mise en place après la mort de Franco. Ces exigences sont d’ores et déjà en cours avec l’émergence des mobilisations citoyennes et leur expression lors des dernières élections.

 

 

 
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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 20:59

LA RUSSIE ET LA CHINE METTENT UN FREIN À L’OPTION MILITAIRE DE TRUMP AU VENEZUELA

Face à l’intention des Etats-Unis d’intervenir au Venezuela et de contrôler le pays, se place le facteur des alliances avec la Chine et la Russie, puissances qui remettent en cause l’hégémonie étasunienne au niveau mondial.

Une investigation de Mision Verdad,  23 Octobre  2017.

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La Chine: une ceinture, une route

La Chine s’est  proposé de réactiver la Route de la Soie, cette ancienne route commerciale  qui s’étendit autrefois de la Chine à l’Occident sous l’Empire romain et par laquelle la soie orientale arriva pour la première fois en Europe. C’est par ce double couloir de commerce et de distribution de ressources énergétiques et de matières premières,  que le président Xi Jinping cherche à rouvrir les canaux entre la Chine et l’Asie Centrale, le Moyen Orient et l’Europe.

L’Initiative «  la Ceinture et la Route » (ICR) a été lancée en 2013. Elle englobera des routes terrestres (la Ceinture) et des routes maritimes (la Route) afin que le pays devienne moins dépendant du marché étasunien pour ses exportations et améliore ses relations commerciales dans la région, principalement à travers des investissements en infrastructure qui visent à renforcer le leadership économique chinois. La Chine prêtera à hauteur de 8000 milliards de dollars pour de l’infrastructure dans 68 pays, pour une population totale de 4400 millions d’habitants (65% de la population mondiale  et un tiers du PIB mondial) et une part de 30% de l’économie mondiale. Cela représente 7 fois plus que le Plan Marshall des Etats-Unis pour reconstruire  l’Europe après la Deuxième Guerre Mondiale.

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La Ceinture couvre  six couloirs  économiques: le Nouveau Pont Continental Euro-asiatique, le couloir Chine-Mongolie-Russie, le couloir Chine-Asie Centrale-Asie Occidentale, le couloir Chine-Péninsule Indochinoise, le couloir Chine-Pakistan  et le couloir Bangladesh-Chine-Inde-Myanmar. Elle s’étendra également vers l’Amérique Latine par voie maritime.

Au-delà d’évacuer le surplus de produits, avec l’ICR, le gouvernement chinois envisage de déplacer les excédents manufacturiers moyennant la délocalisation industrielle vers les pays périphériques, le long des divers couloirs de l’Initiative. Par la fabrication de produits industriels de haut de gamme il parviendrait à commercialiser des trains à grande vitesse, des générateurs d’énergie et des équipements de télécommunications.

La Russie en réajustement géostratégique 

De son côté, la Russie maintient une politique extérieure qui a été considérée comme « intelligente » par différents  analystes  et lui a permis de contourner une crise provoquée par le ralentissement économique, les sanctions de l’Occident et la chute des prix du pétrole.  Sa stratégie  est dirigée par la création de l’Union Economique Euro-asiatique qui réunit le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizistan  et l’Arménie, dans l’intention de constituer un marché commun unique avec la libre circulation des marchandises, des services, du capital et des personnes, et, en outre, un espace doté d’une politique migratoire, éducative,  englobant même l’information.

Après l’adhésion de la Crimée, la guerre à l’est de l’Ukraine et son engagement en Syrie,  le Kremlin poursuit de multiples objectifs de stabilité interne et de présence internationale qui sont passés par la stabilisation de sa relation avec la Turquie, ce qui lui a aussi permis de consolider son influence dans la victoire contre les groupes terroristes en Syrie.

La Russie a réorienté ses alliances géopolitiques après que les Etats-Unis ont conçu et soutenu le renversement du gouvernement ukrainien de Viktor Ianoukovitch et installé un régime d’extrême droite dans le but de resserrer l’encerclement.  Washington et ses agences ont pour cela dépensé 5 milliards de dollars dans le financement de « programmes de diffusion de valeurs et de formation politique » en Ukraine, ont fomenté une révolution orange avec la prise de la place de Maïdan et tout le processus de tensions bien connu qui déboucha sur les sanctions imposées à Moscou, aux côtés de l’Europe.

Un des objectifs de sa conception de la politique extérieure énoncée en Novembre  2016, est de renforcer la position de la Russie comme un pays prédominant dans le monde moderne et de retrouver son influence dans la stabilité et la sécurité du système démocratique mondial. Voici, parmi d’autres,  quelques directions spécifiques:

  • Lutter  contre la pression politique et économique des Etats-Unis et de leurs alliés, qui conduisent à la déstabilisation mondiale.
  • Poursuivre le travail conjoint avec l’Union Européenne (UE) qui reste pour la Russie un important partenaire politique et économique.
  • Maintenir l’objectif de stabilisation de la situation au Moyen  Orient et en Afrique du
  • Nord.
  • S’opposer aux tentatives d’ingérence dans les affaires intérieures de la Russie afin d’obtenir des changements de pouvoir  non constitutionnels.
  • Utiliser les nouvelles technologies pour renforcer la position des moyens de communication de la Russie à l’extérieur et accroître la sécurité informatique du pays.
  • Considérer le projet de construction d’un système de défense antiaérien des Etats-Unis comme une menace pour la sécurité nationale, ce qui donne à la Russie le droit de prendre les mesures de réponse nécessaires.
  • Considérer comme intolérable toute tentative de pression des Etats-Unis et réagir avec force à toute action hostile.
  • Construire des relations mutuellement bénéfiques avec les Etats-Unis.
  • Renforcer les liens de la Russie avec l’Amérique Latine et la Caraïbe.

A cause des sanctions occidentales, qui ont réduit l’accès des compagnies russes à la technologie, aux investissements et au crédit de l’Occident, ainsi qu’en raison de  la chute du prix du pétrole, s’est  développé un processus d’intégration économique et d’alignement politique qui servirait de contrepoids à l’UE , avec un espace économique qui ira de Saint-Pétersbourg à Shanghai.

Le bloc Chine-Russie gagne des  espaces par une vision multipolaire

Les deux nations partagent de plus en plus les éléments d’une vision du monde pluri-polaire,  elles privilégient l’importance de maintenir des Etats-nations forts qui jouissent d’une pleine liberté d’action au niveau international.

Elles partagent des critiques envers les gouvernements occidentaux et dénoncent ce qu’elles considèrent comme une couverture médiatique occidentale biaisée. Elles dénoncent aussi le financement étranger d’organisations non gouvernementales (ONG) et l’utilisation de techniques de mobilisation sur les réseaux sociaux pour fomenter l’instabilité. En 2011-2012, Poutine a rejeté sur les ONG parrainées par les Etats-Unis la responsabilité des manifestations de rue tenues à Moscou ; en 2014 Pékin a vu une main étrangère derrière le mouvement de protestation à Hong Kong.

Récemment le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a menacé la Chine de l’exclure du système international du dollar américain si elle n’appuie pas les nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, ce qui a suscité chez l’analyste Paul Craig Roberts la réflexion suivante : « le Gouvernement des Etats-Unis, Etat en faillite, dont la dette dépasse les 20000 milliards  de dollars, qui se voit obligé de créer de la monnaie pour acheter ses propres titres de créance, menace la deuxième plus forte économie mondiale, dont le pouvoir d’achat est supérieur à celui de l’économie des Etats-Unis « , et cela à partir du scénario prévu selon lequel une énorme quantité de transactions économiques sortiraient du système du dollar provoquant la réduction de son volume et de son importance.

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La Russie et la Chine achètent de plus en plus d’or pour soutenir leurs économies et faire face à la valeur artificielle du dollar pendant que les pays de l’axe asiatique commencent à réaliser des échanges commerciaux dans leurs propres monnaies, y compris pour le pétrole, coup sévère porté au pétrodollar.

L’Amérique latine à l’horizon 

Des analystes affirment que l’existence même du groupement des Brics (Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud) favorise l’autonomie des Etats latino-américains au niveau international et élargit leur marge de manœuvre en politique extérieure. Il s’agit d’un groupe qui occupe 29% de la terre ferme de la planète (sans compter l’Antarctique), concentre 43% de la population mondiale et près de 27% du PIB mondial en termes de parité du pouvoir d’achat.

Au cours du sommet qui s’est tenu en septembre dernier, le bloc est convenu de créer la Nouvelle  Banque de Développement, qui prévoit d’accorder des prêts à hauteur de 4 000 millions de dollars en 2018 tout en finançant des projets à moyen terme du secteur privé. Il a aussi été convenu de créer un fond d’obligations en devises nationales  pour « contribuer à assurer la stabilité des investissements dans les pays du Brics, stimuler le développement de marchés obligataires nationaux et régionaux des pays du Brics,  y compris l’augmentation de la participation du capital privé étranger et l’amélioration de la stabilité financière des pays du Brics « .

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De nombreux analystes affirment que si la Chine parvient à redessiner la carte du commerce mondial, elle créera des opportunités pour que les exportations latino-américaines trouvent de nouveaux débouchés en Asie. On parle également d’un câble de fibre optique Trans-Pacifique pour unir les deux régions, tandis que la Chine s’intéresse au financement de tunnels, routes et chemins de fer qui aideront à acheminer les produits des pays de la côte atlantique de l’Amérique Latine vers la Chine et vice-versa.

Le commerce et les investissements de la Chine en Amérique latine ont connu une croissance exponentielle depuis l’an 2000, les exportations de l’Amérique latine vers la Chine, après l’escalade des sanctions de 2014, ont augmenté de 5000 millions de dollars en 2000 à 120000 millions de dollars en 2012, de même qu’ont augmenté les importations depuis la Chine, générant une balance commerciale totale d’environ 230 000 millions de dollars par an. Pour plusieurs des principales économies de l’Amérique latine, comme le Brésil, l’Argentine, le Chili et le Pérou, la Chine a remplacé les Etats-Unis en tant que principal partenaire économique, mais non en tant qu’investisseur. Voilà un défi crucial pour l’hégémonie économique dont ont joui les Etats-Unis dans la région,  depuis le déclin de l’empire britannique, fruit de la Seconde Guerre Mondiale.

La collaboration stratégique de la Russie avec le Brésil, en particulier dans le cadre des Brics, ainsi que la coopération avec l’Argentine, le Venezuela, Cuba, le Nicaragua et d’autres Etats de l’Amérique latine et de la Caraïbe, recherche des réponses aux nouveaux défis et menaces. L’incorporation d’entreprises russes dans les secteurs dynamiques de l’industrie, l’énergie, les communications et le transport dans les pays de la zone s’est vue accompagnée de la consolidation des liens à travers la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (Celac).

La relation de la Russie avec  les partenaires latino-américains (en particulier l’Argentine, le Brésil, le Chili, l’Uruguay et l’Equateur)  a franchi un nouveau pas après l’escalade des sanctions de 2014, qui limitaient l’importation de produits alimentaires en provenance de l’UE, des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Norvège. La Russie les a remplacés par des livraisons venues de l’Amérique latine  et a mis en route  la mission de rendre leur économie plus compétitive et plus diversifiée en accordant un plus fort appui  au développement de leur  économie agricole.

Le commerce estimé de la Russie avec l’Amérique latine et la Caraïbe s’est élevé à 24000 millions de dollars en 2013  tandis que la Chine continue à détrôner d’autres concurrents étrangers,  par le biais de fusions et rachats qui ont atteint 102200 millions de dollars investis par la Banque de développement de Chine  (CDB) et la Banque Chinoise d’import-export (Chexim) entre 2005 et 2013.

Il faut souligner qu’aucun des pays de la dite Alliance du Pacifique, bloc commercial latino-américain qui inclut actuellement le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou, n’a pris la décision, en son temps, de rompre les relations avec la Chine, alors même que ce bloc apparaissait comme un partenaire proche des Etats-Unis et du Canada. Ses membres (moins la Colombie) figuraient parmi les pays désireux d’établir le Partenariat Trans-Pacifique (TPP) annulé par Trump en janvier dernier.

Comme elle compte peu de positions dans le Pacifique en raison de la barrière de contention géographique que représentent le Japon, Taiwan, l’Indonésie et d’autres lieux contrôlés par les USA, la logique d’expansion chinoise est orientée vers le Pacifique sud.

La dissuasion au Venezuela

Le Venezuela est la première destination latino-américaine des investissements chinois. Depuis 2001, se sont développés quelques 800 projets de coopération qui ont permis le développement de secteurs aussi stratégiques que l’énergie, le pétrole, l’éducation, la santé, la technologie, le commerce, l’agro-industrie, l’agriculture, l’infrastructure, l’industrie, la culture et le sport. En 2013, le commerce bilatéral avait été multiplié  par 13714, passant de 1,4 million de dollars en 1974 à 19 200 millions de dollars.

La Russie dispose d’importants investissements dans la Ceinture Pétrolifère de l’Orénoque au travers de l’entreprise Rosneft qui ont été consolidés et seront augmentés après la rencontre à Moscou des présidents Poutine et Maduro début octobre.  La coopération agricole également devrait augmenter, au moyen de la mise en route d’usines de transformation de denrées alimentaires de haute technologie.

La coopération militaire engage plus de 11000 millions de dollars dans divers systèmes de missiles, de défense, sol-sol, sol-air, des systèmes d’artillerie,  défense antiaérienne,  fusils, hélicoptères, avions de combat et équipement logistique. L’échange commercial entre les deux pays a connu son apogée en 2013, lorsqu’il atteignit 2 450 millions de dollars.

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En mai 2013 un accord de confidentialité  permit à Rosneft d’obtenir des données géologiques sur les blocs pétrolifères en mer du Venezuela pour leur possible future exploitation, dans la claire intention de protéger les intérêts commerciaux chinois et d’assurer l’accès russe aux futurs gisements de pétrole et de gaz au Venezuela.

La Chine et la Russie déjouent l’intérêt qu’ont les Etats-Unis à intervenir d’une manière plus décisive dans la politique vénézuélienne car les alliances passées par le pays caribéen sont vitales pour leurs objectifs géostratégiques. Les déclarations depuis Moscou et Pékin à chaque agression réalisée par les Etats-Unis ces dernières années, ont été claires. Les deux gouvernements ont appelé à la résolution souveraine des conflits et à la non-ingérence, car les sanctions imposées par l’Administration Trump représentent une attaque directe aux alliances passées avec le pays sud-américain. D’où précisément leur appui à une résolution des conflits au Venezuela par la voie des élections, sous l’autorité de l’Etat vénézuélien et de son institution électorale, objet des attaques, le CNE.

Une partie du conflit global se déroule sur un territoire local, ce qui permet au Venezuela, dans les reconfigurations des dynamiques géopolitiques, de jouer un rôle décisif en faveur du multipolaire comme recherche d’un équilibre politique global qui lui permette d’exercer son droit à exister de manière souveraine.

Source : http://misionverdad.com/trama-global/china-y-rusia-apoyan-a-venezuela-contra-la-intervencion

Traduction : Michele ELICHIRIGOITY

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 11:31

Garzón rejette l’indépendance catalane et appelle à travailler pour une République fédérale

28OCT
 

Le coordinateur général d’IU a déclaré que le PP, le PSOE et ciuademos recherchent une «sortie autoritaire» basée sur «la répression policière, judiciaire et administrative» qui mènera à «un pays moins démocratique et plus centralisé ». Il réclame une négociation pour que soit créée une République fédéraliste, multinationale incluant la possibilité d’autodétermination (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Alberto Garzón. Archive / José Camó / Presse Europa
 

Alberto Garzón. Archive / José Camó / Presse Europa

Le coordinateur général de la Gauche Unie (IU), Alberto Garzón rejette la déclaration d’indépendance de la Catalogne en considérant qu’elle s’inscrit  « en dehors de la moitié de la population » et que « elle approfondit les défauts de la feuille de route » des séparatistes, et IU veut travailler pour un amendement constitutionnel qui permette de proclamer une République fédérale en Espagne pour reconnaître la plurinationalité et de permettre le droit à l’autodétermination – détermination pour les Catalans.

Garzón explique cela dans le projet de résolution politique sur la Catalogne qui sera discuté et voté samedi à l’Assemblée politique et sociale de l’UI, le corps de formation le plus élevé. Bien entendu, le texte n’est pas encore définitif et peut faire l’objet de modifications.

 

La déclaration commence par réitérer le rejet frontal de UI à l’application de l’article 155 de la Constitution, qui, à son avis « est disproportionnée et est une mesure anti – démocratique » , il est « un abus des pouvoirs du gouvernement auquel il convient de  mettre fin», et rétablir la légalité constitutionnelle. Il ajoute « qu’il ne faut pas » augmenter la tension en Catalogne et en Espagne il y a là une persistance dans une grave erreur politique qui renforce aussi les positions intransigeantes ».

Mais elle rejette aussi la déclaration unilatérale d’indépendance, car elle soutient que la mobilisation du 1er Octobre n’est pas légitime et elle se développe « en dehors de la moitié de la population catalane, dénonçant encore le manque de contenu social et de régénération démocratique Junts route Oui et CUP « .

« Bloc réactionnaire et monarchiste »

Selon lui, le PP, le PSOE et les citoyens ont formé un « bloc monarchiste réactionnaire » à la recherche d’une « solution réformiste et autoritaire » basée sur « la police, la répression judiciaire et administrative » qui conduirait à « moins de démocratie et plus de centralisme « .

Dans ce bloc, il inclut le roi, qu’il accuse de jouer un «rôle partisan non neutre» pour «attiser encore plus les esprits du nationalisme espagnol», qui à son avis «compromet nécessairement l’avenir de la monarchie en Espagne en tant que bloc réactionnaire et monarchique « .

Ainsi, Garzon estime que ni le « bloc monarchiste réactionnaire » ni l’indépendantisme ne sont utiles pour fournir des solutions, et il soutient, comme « la meilleure solution » un processus constitutionnel qui inclut « un renouveau républicain et une Constitution fédérale » qui reconnaisse le droit à l’autodétermination des peuples.

« Il ne faut pas ignorer que 80% de la société catalane a manifesté son intérêt pour l’exercice du droit de décider » et comprend donc que « le seul moyen de résoudre le conflit politique actuel passe par un processus de dialogue et de négociation », qui garantisse l’exercice du droit de décider et d’incorporer comme un mécanisme démocratique un référendum, qui facilite la participation massive de la société catalane à l’expression possible des différentes options et qui implique un débat sérieux et profond sur le modèle de l’Etat.

Médiation internationale

Pour ce faire, Garzón admet maintenant que « il est possible que la médiation nationale ou internationale pour permettre aux moyens politiques pour résoudre les acteurs du conflit est nécessaire » et elle est justifié par « la réaction du bloc réactionnaire et monarchiste ».

Dans tous les cas, il faut une partie reconnaissant l’autodétermination dans la réforme constitutionnelle. « Nous défendons le droit de décider de Catalunya comme une question démocratique dans notre proposition d’une Espagne plurinationale. Elle doit se terminer par le début d’une nouvelle étape pour l’Espagne marquée par le respect de la plurinationalité et la garantie du respect des droits de l’homme. « 

A cette fin,  UI propose de lancer une campagne pour promouvoir en Espagne un débat sur le nouveau cadre constitutionnel: « Nous exposerons notre proposition de l’Espagne républicaine et fédérale à toutes les parties du pays, en impliquant toutes les parties prenantes de partager ces projets et en veillant à ce que le résultat final soit un projet de Constitution fédérale largement débattu et discuté », a-t-il déclaré.

Enfin, la résolution « condamne fermement la répression policière appliquée par le gouvernement du PP » et rejette la « peine de prison ferme » des responsables de l’ANC et omnium « avec accusation injustifiée de la sédition et un tribunal non – compétent . »

 
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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 06:54
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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 06:39

TUER DES ENFANTS PALESTINIENS N'EST PAS UN CRIME 
Je voudrais dédier ces mots aux mères de ces enfants assassinés, elles qui continuent à mettre au monde des enfants et à fonder des familles, elles qui se dépêchent de préparer des sandwiches en voyant les bulldozers approcher pour détruire leurs maisons, elles qui accompagnent chaque jour leurs enfants jusqu’à l’école sur des kilomètres de destruction et de saletés, devant les fusils brandis par des soldats apathiques, elles qui savent que ces soldats, assassins de leurs enfants, ne seront jamais amenés à comparaître devant un tribunal et que même s’ils devaient l’être, ils ne seraient jamais jugés coupables, parce que le meurtre d’enfants palestiniens n’est pas un crime dans l’Etat d’Israël, juif et démocratique.

Nurit Peled Elhanan 
Intellectuelle israelienne

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 04:07

PCF Europe

10 h

Défaite des partisans de l'austérité aux élections municipales portugaises (Communiqué du PCF - Parti Communiste Français)

Le PCF se félicite de la débâcle de la droite portugaise aux élections municipales qui se sont déroulées le dimanche 1er octobre. Le Parti Socialiste enregistre une forte progression en remportant 158 des 308 municipalités.

Ce résultat est un appel et une exigence lancés au premier ministre Antonio #Costaà renforcer sa politique de pas de côté par rapport à l'austérité menée depuis novembre 2015, en rompant avec la politique menée par la droite, en faisant par exemple le choix de l'augmentation du salaire minimum et des petites retraites. Ces mesures sociales, qui n'auraient sans doute pas été adoptées sans la majorité parlementaire où Parti Communiste Portugais et Bloc de gauche jouent un rôle décisif, semblent enrayer la progression du chômage et offrir une meilleure conjoncture économique au pays.

Il est possible de s'affranchir de l'austérité qui ravage les pays de l'Union Européenne. Cela est même efficace économiquement et recueille l'assentiment populaire. Emmanuel Macron qui n'a que "refondation" à la bouche, devrait en tirer quelques leçons pour le budget 2018.

Le PCF salue fraternellement les résultats obtenus par le Parti Communiste Portugais (CDU), 3e force politique de ces municipales et la progression du Bloc de Gauche.

Parti communiste français
3/10/2017

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 07:41

Le massacre des communistes indonésiens de 1965 : retour sur un des plus grands crimes contre l’Humanité du XX ème siècle

L’idéologie dominante ne se contente pas de ré-écrire l’histoire, elle pratique la mémoire sélective. A côté des crimes qu’elle commémore, ceux attribués aux forces communistes et progressistes, il y a ceux qu’elle passe sous silence, tente d’oublier

La sortie dans les salles françaises du banalement sordide « The act of Killing » nous rappelle un des plus grands massacres du XX ème siècle, absents de nos manuels scolaires, de la scène médiatique, du débat historique : le massacre de masse des communistes indonésiens, en 1965.

Les cadavres remontent désormais à la surface, en Indonésie même, où toute référence aux « événements de 1965 » était proscrite sous le dictateur Suharto et encore largement tue.

Un rapport de la Commission indonésienne des droits de l’Homme (Komnas-HAM) a reconnu en 2012 pour la première fois le « crime contre l’humanité » qu’a constituée la répression anti-communiste de 1965.

En l’absence d’enquête internationale, de nature judiciaire ou historique, les chiffres exacts restent inconnus. Si les estimations ne descendent pas en-dessous de 500 000 morts, la fourchette actuelle – reprise dans The Act of Killing– serait de 1 à 3 millions de victimes.

Le massacre s’intégrait dans un coup d’État de Suharto visant à liquider le PC indonésien (PKI), avec le soutien bienveillant des États-Unis déterminés à éliminer une « menace rouge » qui, après la Chine et le Vietnam, risquait de faire tomber un des États les plus peuplés du monde.

Le premier parti communiste du tiers-monde et l’alliance anti-impérialiste de Soekarno

L’Indonésie d’après-guerre est associée à la figure de Soekarno, dont l’œuvre est résumée dans les cinq principes (Pancasila) qui posent comme fondement un nationalisme unitaire, lui-même inscrit dans une perspective internationaliste, teinté de « socialisme » et de tolérance religieuse.

Dans un État constitué de six grandes religions, 300 dialectes, 17 000 îles et 100 millions d’habitants, Soekarno se posait comme l’arbitre entre les forces sociales et politiques antagonistes, le garant de l’ « unité nationale ».

Sa politique du front national, le « NASAKOM », consiste en une direction par le Parti national indonésien (nas) d’un mouvement unitaire avec d’un côté les groupements religieux conservateurs (agama), de l’autre les communistes indonésiens (kom).

La ligne du PKI était de constituer un « front populaire national » en vue de fonder une nation indépendante de l’impérialisme, une démocratie avancée sociale qui constituerait une étape vers le socialisme. Ce qui était pour Soekarno un but était pour le PKI une période transitoire.

Dans cette politique d’alliances, les communistes connurent une irrésistible ascension : le PKI avait obtenu 16% des voix aux élections de 1955 mais en 1965, le PKI comptait 3,5 millions d’adhérents.

Ses organisations de masse rassemblaient plus de 20 millions de sympathisants, soit un cinquième de la population indonésienne en 1965.

Le syndicat de classe SOBSI contribuait à mener la lutte de classe externe contre les vestiges de l’impérialisme néerlandais et britanniques, interne contre les éléments petit-bourgeois de l’alliance nationale, et la vieille classe dominante « nationale », celle des propriétaires terriens islamiques.

Puissant chez les travailleurs du pétrole, du caoutchouc ainsi que chez les petits paysans de Java et Sumatra,le PKI et ses organisations de masse donnent une perspective aux luttes : réforme agraire pour les paysans, nationalisation des ressources nationales.

Le massacre replacé dans un contexte international : la main de l’impérialisme

Après la chute de la Chine et l’enlisement au Vietnam, la montée du communisme indonésien inquiétait l’impérialisme américain, craignant tant la radicalisation du nationalisme anti-impérialiste de Soekarno qu’une révolution communiste.

Dans un premier temps, les Etats-unis vont apporter un soutien à tous les opposants de la « révolution nationale », finançant notamment le Parti socialiste (PSI), farouchement anti-communiste, et le parti islamiste Masyumi.

En 1958, la CIA offre les bases logistiques et militaires d’une rébellion armée à Sumatra, riche en pétrole. Le « gouvernement révolutionnaire » indonésien, sans base populaire, appuyé par les États-Unis et par les Partis socialistes et islamistes est défait en quelques mois par l’armée indonésienne.

Les Etats-unis changent de stratégie. L’armée constituant le seul rempart contre le communisme, ils lui apportent une aide de 65 millions de $ entre 1959 et 1965. Conscient de la manœuvre, Soekarno avait apostrophé l’ambassadeur américain : « Allez en enfer avec votre aide ! ».

Pour les services secrets américains et britanniques, il s’agissait de favoriser la faction « de droite », anti-Soekarno et pro-impérialiste, conduite d’abord par Nasrution puis par Suwarto, lui-même formé par les Etats-unis, face à la faction dominante « centriste », dirigé par Yani, pro-Soekarno.

Le prétexte à la vague sanguinaire contre-révolutionnaire survient le 30 septembre 1965 : un coup de force d’un quarteron de colonels qui proclame un « gouvernement révolutionnaire » après avoir exécuté six membres de l’Etat-major de la faction « centriste » de l’armée, dont le général Yani.

Suharto, en charge des troupes de réserves nationales (KOSTRAD), prend le contrôle de Djakarta, au nom du maintien du régime de Soekarno. En attribuant le putsch aux communistes, il déclenche « le plus grand massacre du XX ème siècle » selon les termes même d’un rapport de la CIA de 1968.

L’implication de la CIA, de l’ambassade américaine mais aussi des services britanniques ne fait aucun doute. Sans archives complètes américaines et indonésiennes, seule l’ampleur de la collaboration est encore à préciser.

Parmi les certitudes, ce sont les Etats-unis qui contribuent à former les officiers indonésiens, dans l’École des officiers de l’armée indonésienne à Bandoeng (SESKOAD), à la « guerre contre-insurrectionnelle » (territorial warfare).

De 1958 à 1965, la SESKOAD va former les différents échelons de l’armée pour lutter contre toute « insurrection » communiste, jusqu’à former les embryons de milices locales dans les quartiers et villages. Elles furent au cœur de la terreur de 1965.

La CIA va aussi jouer un rôle capital en élaborant la propagande anti-communiste des putschistes : non seulement faire circuler des faux sur les atrocités commises par les communistes mais surtout attiser les haines raciales (contre les Chinois) et religieuses (contre les athées).

L’ambassade et les services secrets auraient même rendu une liste de 5 000 cadres, à tous les niveaux, du PKI à l’armée indonésienne, facilitant ainsi sa traque et la décapitation du parti.

Alors que la répression faisait rage et que les journaux occidentaux étaient contraints, en les minimisant, de faire état du carnage, les ambassades et chancelleries occidentales maintenaient un silence officiel tout en louant en coulisses l’efficacité de la liquidation du PKI.

Le fruit du crime : 35 ans de dictature obscurantiste au service des multi-nationales américaines

Le bilan comptable de la répression ne peut rendre compte de la barbarie des actes : exécutions sommaires par balles ou décapitation, rivières jonchées de cadavres, déportation dans des camps, viols puis prostitution forcée, ce que reconnaît le rapport de 2012 de la Commission indonésienne des droits de l’Homme.

Pour les services secrets américains, le succès de la liquidation du mouvement révolutionnaire en Indonésienne fut une source d’inspiration pour les opérations ultérieures : de l’opération Phoenix au Viet-Nam jusqu’aux coups d’Etat et dictatures latino-américaines, Pinochet en tête.

Le déroulé de la répression est révélateur :

D’une part, le rôle d’impulsion de l’Armée, financée et formée par les États-Unis, comme en Amérique latine : c’est elle qui a lancé la « Terreur », identifiant et listant les ennemis, donnant le mot d’ordre de « Sikat » (liquidation, nettoyage) et surtout armant, formant et encadrant les milices.

Car l’essentiel des massacres revient à des milices civiles issues des partis religieux : NU (Nahdaltul Ulama) – avec sa branche de jeunesse fanatisée, l’ANSOR – et Muhammadiyah, deux organisations islamistes de masse, ancrés dans les communautés rurales, appelant à un djihad anti-communiste.

Ce rôle de bras armé joué par les islamistes ne doit pas occulter l’implication massive des autres forces religieuses : hindous à Bali, pour la défense du système de caste et contre les influences chinoises ; chrétiennes à Java où les forces catholiques ont participé notamment à la formation du KAMI (Forum d’action étudiant), mouvement étudiant qui participa à l’épuration des communistes.

Il ne doit pas non plus masquer l’antagonisme social qui en est à l’origine. Loin d’être tous athées, les sympathisants communistes étaient souvent eux-mêmes musulmans, notamment dans les régions rurales javanaises.

L’antagonisme pendant la crise de 1965 s’est structuré entre santri, musulmans fondamentalistes, proches des propriétaires terriens, colonne vertébrale des milices islamistes ; et abangan, forme religieuse syncrétique, tolérante, ancrée dans les masses rurales sympathisantes du PKI.

L’évocation du motif religieux fut avant tout un puissant facteur de mobilisation pour les propriétaires terriens inquiets par la progression communiste, ainsi que pour une armée soucieuse de faire main basse sur la manne pétrolière.

L’hypocrisie américaine : double discours sur la lutte contre l’islamisme et pour la démocratie

L’hypocrisie américaine du discours de la lutte contre l’islamisme ne fait guère illusion. En Indonésie, comme en Afghanistan, au Yémen hier, comme en Syrie et en Libye aujourd’hui : islamisme, élites économiques conservatrices et impérialisme occidental font bon ménage.

Hypocrisie américaine du discours sur la « démocratie » capitaliste contre la « dictature » communiste. Pendant plus de trente ans, l’ « Ordre nouveau » de Suharto a livré tous les échelons de pouvoir à l’armée dans sa « double fonction » de stabilisation politique et économique.

Les organisations islamistes, coordonnées par l’État dans le cadre du Conseil des Oulémas (MUI), encadraient les masses rurales.

Aujourd’hui encore, NU et Muhammadiyah sont deux des organisations islamistes les plus puissantes du monde,avec le réseau de madrasa (écoles coraniques), d’associations de charité, elles rassemblent plus de 60 millions de membres.

Dans ce schéma, comparable à l’Égypte de Moubarak (y compris dans le rapport aux Frères musulmans), Suharto a organisé la « dépolitisation des masses », diamétralement opposée à la « mobilisation populaire » qui fondait l’action de Soekarno et du PKI.

Pour Suharto, les « masses flottantes » devaient être encadrées par des organisations de masse, tel le syndicat unique FBSI, chargées de la collaboration de classe dans un système corporatiste, semblable au régime fasciste.

Dans ses 32 années de règne, les répressions sanglantes furent la marque de fabrique de Suharto. Pour ne citer que les cas les plus barbares, la répression du mouvement de libération du Timor oriental et celui de Papouasie occidentale firent au moins 300 000 morts.

L’enthousiasme des observateurs occidentaux n’eut pas de limites pour le miracle du « dragon indonésien ».

Suharto, comme Pinochet au Chili avec l’ « Ecole de Chicago », fut prompt à mettre en place les recettes libérales de la « mafia de Berkeley » : austérité budgétaire, suppression des aides sociales (remplacées par la charité islamique), privatisations et fiscalité attractive pour les entreprises.

Gonflée par la manne pétrolière après 1973, les subsides du FMI et de la Banque mondiale, le « miracle indonésien » a profité aux multi-nationales, telles Shell ou BP dans le pétrole, ou encore Nike et Adidas dans le textile, ainsi qu’à une mince oligarchie corrompue.

En dépit de trois décennies de croissance économique, l’Indonésie compte encore 120 millions de pauvres, la moitié de la population vivant avec moins de 2 $ par jour, selon les chiffres de la Banque mondiale, 200 millions vivant avec moins de 4 $ par jour.

L’enrichissement spectaculaire d’une minorité contraste avec la paupérisation de la majorité. L’Indonésie est actuellement le pays où le nombre de millionnaires croît le plus vite : ils seront 100 000 en 2015, concentrant 500 milliards de $, les deux-tiers de la richesse du pays.

A l’heure actuelle, les 40 individus les plus riches d’Indonésie concentrent autant de richesses que 60 millions d’Indonésiens.

L’exemple indonésien met non seulement à jour l’hypocrisie des tenants de l’ordre capitaliste mais aussi ce à quoi conduit cette forme extrême de liquidation d’un Parti communiste de masse : dépendance nationale et paupérisation générale.

Solidarité Internationale PCF

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 07:36

1965 : Le massacre des communistes indonésiens

 

 

Le Parti Communiste d’indonésie (PKI) comptait 3,5 millions de membres et une quinzaine de millions de sympathisants. Il était par la taille le 3ème parti communiste au monde. En 1965, la répression, couverte par l’occident et en particulier par les USA, fit entre 500 000 et 2 millions de morts. Mais comment en est-on arrivé là ?

L’Indonésie est une ancienne colonie néerlandaise. 87 % de la population est musulmane. Pendant la 2ème guerre mondiale, le Japon occupe l’Indonésie. Les Japonais sont d’abord accueillis comme des libérateurs car ils promettent l’indépendance. Rapidement, ils remplacent les colons hollandais et sont rejetés. L’indépendance est déclarée par Sukarno en 1945. Mais la guerre d’indépendance continuera jusqu’au 27 décembre 1949. Comme après beaucoup de guerres, l’économie est en ruine. Sukarno renforce son pouvoir intérieur. Il cherche la confrontation avec la Malaisie. Critiqué par l’occident, il se rapproche de plus en plus de l’URSS et de la Chine. Le PKI qui a, deux fois déjà, été anéanti par la répression (en 1926 et en 1948), se présente en 1955 aux élections et obtient 16 % des voix. Il a trois ministres dans un gouvernement qui en compte quatre-vingt .

Liens PKI- gouvernement

Vers la fin des années 1950, le PKI commence peu à peu à se rapprocher du président Sukarno. Il faut dire qu’en 1955, Sukarno a organisé la conférence de Bandung (en Indonésie), qui a réuni pour la première fois les représentants de 29 pays africains et asiatiques. C’est la première entrée en scène des pays du Tiers-Monde. Sukarno est un dictateur nationaliste, mais pas un communiste, bien que très influencé par la Chine communiste. En 1957, il veut un système de parti unique, une « démocratie dirigée ». Le PKI devient à la fois de moins en moins critique face au gouvernement et de plus en plus puissant. Il a de nombreux syndicats, des groupes de femmes, des petits paysans qui le soutiennent. Tout laisse penser que le pays sera rapidement communiste. Les réactionnaires et les impérialistes US prennent peur.
Le secrétaire du parti, Aidit, surestime les forces du PKI, et sous-estime les forces de ses ennemis. « Une erreur aussi grave a pu se produire parce que la direction du Parti ne considérait pas la République indonésienne comme un État bourgeois » (autocritique du PKI) [1].

Pourquoi la rupture ?

Nous sommes à l’époque dans la guerre froide. Les USA, déjà empêtrés au Viet-Nam, ont peur qu’un second front s’ouvre en Indonésie. Le PKI est haï par les autres mouvements politiques, notamment le mouvement islamiste. La CIA établit des listes de noms de communistes, des “infidèles” à l’islam, des “sans dieu” réfractaires à l’un des cinq principes du Pancasila (constitution) édicté en 1945. Ils manque un détonateur pour éliminer le PKI. Il est trouvé le 1er octobre 1965. Six généraux appartenant à l’aile droite du haut commandement militaire ont été assassinés à Djakarta. Le général anti-communiste Suharto, commandant de l’armée, en attribua faussement la responsabilité à des militaires proches du PKI. Il fait pression sur Sukarno et « obtient » la mission de maintenir l’ordre à Djakarta.

Le massacre

Le général lance les répressions anticommunistes. Les listes de la CIA vont servir : arrestations de masse et exécutions sommaires concernent, dans les deux années 1965 et 1966, plusieurs millions de personnes. Les évaluations précises sont difficiles à établir puisque le tout s’accomplit en dehors du système judiciaire, sous le contrôle de l’armée, qui arme des milices, celles de la Ligue Musulmane en particulier. Dans d’autres régions ce sont des chrétiens qui s’en prennent aux communistes. Des villages sont brulés, les hommes torturés, abattus, les femmes et les fillettes violées et tuées. 1 ou 2 millions de personnes sont exécutées, et de 5 à 7 millions incarcérées, pour des périodes rarement inférieures à 10 ans et pour certaines pour toute la longue durée du pouvoir suhartiste, jusqu’au printemps 1999. Un décret en septembre 1966 « bannissant le communisme » est voté par l’Assemblée Nationale à la botte de Suharto.

La contre révolution est heureuse

Noam Chomsky, faisant une compilation de la presse américaine de l’époque, en ressort ce texte : « L’événement suscita pourtant une orgie d’euphorie. Pour décrire le "stupéfiant massacre de masse", le New York Times parla d’une "coulée de lumière en Asie" et félicita Washington d’être resté discret pour ne pas embarrasser les "modérés indonésiens" qui purifiaient leur société et s’apprêtaient à recevoir une généreuse aide américaine ; c’est "la meilleure nouvelle depuis des années pour l’Occident en Asie".

L’autocritique du PKI

« Le PKI participa aux premières élections parlementaires générales (en 1955) avec un programme pour l’établissement d’un gouvernement de coalition nationale, un gouvernement de front uni de tous les éléments démocratiques, y compris les communistes. Avec un tel programme, le PKI commettait la même erreur que les démocrates petits-bourgeois et les opportunistes qui, comme le dit Lénine, "distillent dans l’esprit du peuple la notion fausse que le suffrage universel “dans un État moderne” est réellement capable d’imposer la volonté de la majorité des travailleurs et d’en garantir la réalisation" (Lénine, L’État et la Révolution). »

Le PKI soutenait Pékin, mais appliquait la politique de coexistence pacifique

A cette époque, dans le mouvement communiste, faisait rage la controverse entre la Chine et l’URSS. Le Parti Communiste Chinois (PCC) était isolé. Il n’avait pour alliés que le Parti du Travail d’Albanie et quelques partis en Asie, dont le PKI. Le PCC était conciliant et diplomatique dans ses alliances avec le PKI. Il ne le critiqua pas publiquement, quand les principes de la révolution prolétarienne et bourgeoise se trouvèrent mêlés, ni quand se trouvèrent appliqués les concepts d’une politique de coexistence pacifique face à la bourgeoisie. De fait, le PKI suivait une théorie révisionniste, où la révolution ne serait plus nécessaire, car il suffirait de conquérir une solide majorité parlementaire et de s’en servir pour effectuer un passage pacifique au socialisme.

De 1965 à maintenant

Dès la victoire de la contre-révolution, l’Indonésie retrouva les faveurs des impérialistes, de la Banque mondiale, du FMI. Les gouvernements et les sociétés occidentales se précipitèrent dans ce nouveau "paradis des investisseurs". Le gouvernement indonésien criminel fut considéré comme un modèle, alors que ses pratiques de meurtres de terreur et de corruption se généralisaient.
Les sympathisantEs ou ex-membres du PKI furent excluEs de la vie sociale et politique, ainsi que leurs descendants. Ces méthodes criminelles purent servir ailleurs, comme contre la population du Timor-Oriental, annexé en décembre 1975. Environ 200.000 personnes y sont mortes, soit au moins un quart de la population.

Conclusions

Un parti communiste ne doit pas se faire d’illusions sur la démocratie bourgeoise. La direction du parti doit appliquer des règles de sécurité qui la rende difficilement repérable. Les moyens de communication doivent être sécurisés. Les organisations de masse doivent avoir des moyens d’auto-défense contre les attaques réactionnaires. Lors des massacres, à chaque fois que les communistes ont pu s’organiser, les forces contre-révolutionnaires ont reculé. La guerre de guérilla doit être préparée, les possibilités de repli afin de préparer l’avenir. Les communistes ne peuvent compter que sur leurs liens aux masses, mais cela implique de les former dans la résistance à la bourgeoisie. Les erreurs, les communistes les paient au centuple, mais leurs idées ne meurent jamais.

 

Un film où les tueurs mettent en scène leurs crimes
Dans The Act of Killing de Oppenheimer, le tueur Anwar Congo rejoue les massacres des communistes qu’il a lui-même dirigés en 1965 et 1966 sur l’île de Sumatra. Ce film a bouleversé les spectateurs du Festival du cinéma de Toronto. (...) Six mois avant l’interdiction officielle du parti communiste indonésien (PKI) en 1965, des centaines de milliers d’Indonésiens avaient déjà été assassinés, accusés d’être des sympathisants du PKI. En moins d’un an, le nombre de victimes approchait le million.(...) The Act of Killing [L’acte de tuer] lève le voile sur les témoignages francs et détaillés d’un certain nombre de mafieux qui ont dirigé le massacre de plus de 10 000 personnes prétendument communistes à Sumatera Utara [province au nord de Sumatra]. Ces tueurs témoignent librement, en racontant des histoires, en mimant des scènes, en riant, chantant et dansant.(...) Durant le tournage d’un précédent film, The Globalisation Tapes, Oppenheimer apprend une chose étonnante : ces ouvriers (qu’il côtoie pour son film) vivent aux côtés des hommes qui ont assassiné de nombreux travailleurs du Parti communiste indonésien en 1965 et 1966. “Leurs voisins étaient des bouchers qui avaient tué leur père, leur oncle”. Un jour, le réalisateur trouve l’occasion de discuter avec un de ces tueurs qui lui raconte, dans les moindres détails, comment il a liquidé un membre du syndicat ouvrier affilié au Parti communiste. “Imaginez un peu, il a raconté cet acte effroyable devant sa petite-fille âgée de neuf ans”, explique Oppenheimer sidéré par le franc-parler de ce tueur. Durant son enquête, le réalisateur découvre que les membres des bataillons de tueurs de Medan en 1965 étaient recrutés pour la plupart parmi les mafieux des cinémas, tout simplement parce qu’ils haïssaient les communistes, qui appelaient au boycott des films américains très en vogue à l’époque à Medan.
Courrier International (extraits)

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 12:57

COMMUNIQUE DE PRESSE du PCF

Fièvre néolibérale et peste brune en Allemagne : des résultats alarmants (PCF)

Les résultats des élections législatives en Allemagne sont très alarmants. D'abord le choc avec l'effroyable résultat du parti raciste et ultralibéral AfD. Pour la première fois depuis la fin du nazisme, et malgré un travail de mémoire en Allemagne inégalé en Europe, la campagne a été dominée par un débat nauséabond sur la question des réfugiés et l'extrême droite fait une percée électorale à 12,6 %, lui permettant d'entrer au Bundestag avec 94 députés. L’Europe est réellement entrée dans une ère pleine de dangers pour la paix et les droits humains. Ensuite parce que la caractéristique principale de cette élection est - malgré un reflux de la CDU d'Angela Merkel (33%) - une poussée à droite, très à droite même, avec un retour des néolibéraux du FDP (10,4 %). Le SPD (20%) hésitant pendant la campagne sur son orientation à gauche, enregistre le plus faible résultat de son histoire. Il annonce cependant ne pas souhaiter participer à une nouvelle « grande coalition ». Les verts (8,9%) vont-ils permettre à la droite de gouverner dans un scénario à la jamaïcaine ? Ce ne serait pas servir l'écologie et l'hospitalité qu'ils prônent envers les réfugiés ! La future coalition gouvernementale sera forcément dominée par la droite austéritaire convaincue des « bienfaits » de l'orthodoxie économique et budgétaire en Europe. Emmanuel Macron ne s'y est pas trompé et a immédiatement confirmé sa convergence avec ces choix d'accumulation pour la finance et de sous-développement social et écologique pour les peuples. Le PCF salue le résultat de ses alliés de Die Linke qui stabilisent leur influence nationale et seront comme ils l'affirment, la première force d'opposition sociale dans le Bundestag. Pierre Laurent profitera de la réunion du Parti de la gauche européenne à Berlin vendredi 29 et samedi 30 septembre pour faire le point avec les alliés des communistes français.

Parti communiste français,
Paris, le 25 septembre 2017.

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES INTERNATIONAL PCF
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BRUNO FORNACIARI

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