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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 19:03

Caroline Galactéros : « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française »

  • Par Caroline Galactéros
  • Mis à jour le 11/10/2016 à 17:26
  • Publié le 11/10/2016 à 13:09

FIGAROVOX/TRIBUNE - Vladimir Poutine a annoncé qu'il reportait sa visite à Paris où il devait rencontrer François Hollande. Pour Caroline Galactéros, cette décision n'est que la suite logique d'un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde.

Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d'intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre(Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu'elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l'on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l'Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame - à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l'ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l'arrêt des combats et des bombardements sur l'est de la ville (dont elle feint de croire qu'il n'est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l'acheminement de l'aide humanitaire et la reprise du processus de négociation.

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d'Alep-Est ?

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d'Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l'OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S'agit-il d'une nouvelle salve d'irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d'or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d'une gesticulation habile mais dangereuse qui n'a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s'affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l'alignement sur ce que l'on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l'indignation internationale contre Moscou.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l'indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L'évidence crève l'écran. «L'Occident» ne mène pas la guerre contre l'islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l'entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d'action sert d'épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l'avalanche de djihadistes sunnites d'obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d'ailleurs pas plus que nous l'Etat islamique mais s'acharnent sur le régime syrien. Et l'Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d'être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l'Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n'ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l'Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d'Asie centrale et du Caucase. Et l'a saisie.

La France s'est trompée du tout au tout et démontre qu'elle pratique admirablement le grand écart stratégique... aux dépens toutefois, de nos concitoyens.

Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l'équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s'est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l'ennemi - qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu'elle pratique admirablement le grand écart stratégique... aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad...tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? C'est de l'opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d'une totale incompréhension du réel.

De telles contradictions ne peuvent s'expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien dont nul n'imaginait qu'il résisterait si longtemps.

De telles contradictions ne peuvent s'expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien actuel dont nul n'imaginait qu'il résisterait si longtemps aux feux croisés de l'Amérique et de ses alliés sunnites. L'exigence américaine - reprise à son compte par Paris - d'une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est «pour raisons humanitaires» aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu'Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d'obus sur la partie ouest de la ville et d'empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l'Etat syrien dans le cadre d'une négociation ultime. Qui a d'ailleurs fait échouer le cessez le feu signé le 9 septembre dernier à Genève? Les groupes terroristes qui n'en voulaient pas et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l'Etat Islamique. Encore un accord de dupes.

L‘action stratégique ne peut prendre en compte que des mouvements et des processus, quand toute l'attention médiatique et politicienne se concentre sur la souffrance et le sort des personnes.

Temps court versus temps long, individuversus groupe, froideur politique versusempathie médiatique (sélective): on se refuse à voir, dans nos démocraties molles, que la véritable action stratégique, pour être efficace, ne peut prendre en compte que des nombres, des masses, des ensembles, des mouvements, des processus, quand toute l'attention médiatique et la gestion politicienne des crises, elles, veulent faire croire que l'individu est central et se concentrent sur la souffrance et le sort des personnes, alors que celles-ci sont depuis toujours et sans doute pour encore longtemps sacrifiées à la confrontation globale et brutale entre Etats. Les images terrifiantes de la guerre au quotidien masquent la réalité d'un affrontement sans scrupules de part et d'autre, dont en l'espèce les malheureux Syriens ne sont même plus les enjeux mais de simples otages.

Si Assad, « bourreau de son propre peuple » selon l'expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte-on le remplacer ?

L'impensé du discours français n'en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l'expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d'autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d'Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l'œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom - Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n'attendent qu'un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l'Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles - apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps?

« Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ? je ne vois que l'herbe qui verdoie et la terre qui poudroie »

Croit-on sérieusement que l'on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l'agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu'ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu'entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? … «Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir? je ne vois que l'herbe qui verdoie et la terre qui poudroie» … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait!

L'interview accordée le 5 octobre dernier par notre ministre des Affaires étrangères à la veille de son départ pour Moscou à Yves Calvi sur LCI est à cet égard, un morceau de bravoure édifiant, qui escamote la réalité et brosse un paysage surréaliste du conflit et de ce qu'il faudrait y comprendre et en attendre.

Florilège et exégèse….

« La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes »

«La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes»

Est-ce à dire qu'il faut les laisser faire, leur donner les clefs du pays et prier peut-être, pour qu'ils ne massacrent pas les minorités qui y demeurent encore et instaurent la démocratie? Faut-il ne plus agir en espérant qu'ils vont s'arrêter? De qui se moque-t-on? Adieu Boucle d'Or. Nous sommes au Pays des rêves bleus de Oui-Oui…

Les Russes, qui se disent satisfaits de l'efficacité de leurs frappes contre les terroristes d'Alep-Est «sont cyniques» … Qui est cynique ici? Celui qui déforme la réalité d'un affrontement pour ne pas avouer qu'il est (avec d'autres) à la manœuvre d'une déstabilisation d'Etat par des groupuscules terroristes liés à Al-Qaïda (matrice de Daech) sous couvert d'aspiration à la démocratie? Ou ceux qui cherchent à réduire l'emprise djihadiste et à renforcer des structures d'Etat laïques avec ou sans Bachar?

« La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. »

«La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision

Ah?! Laquelle? Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s'emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens.

En dépit de l'excellence de nos forces armées, de la présence du Charles de Gaulle sur zone et de nos missions aériennes soutenues, Paris n'est diplomatiquement et stratégiquement plus nulle part en Syrie, et depuis longtemps. Par dogmatisme, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s'est en plus retourné contre nous dès l'été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas au prétexte d'un usage d'armes chimiques qui n'a d'ailleurs jamais été confirmé. Un camouflet d'autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que «Bachar el Assad ne méritait pas d'être sur terre» et, en décembre 2012, «qu'Al Nosra faisait du bon boulot». L'Etat Français a d'ailleurs été poursuivi - en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l'on connait sur le territoire national. N'en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n'est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou lorsque ceux-ci ne peuvent plus se parler et qu'il faut faire semblant, une fois encore, de rechercher un compromis et d'amener Moscou à lever le pied d'une implication trop efficace à notre goût.

« Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n'y a pas de choix. »

«Si le choix est entre Bachar et Daech, il n'y a pas de choix

Mais c'est pourtant le cas, ne nous en déplaise. Nous combattons l'Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n'existe pas «d'islamistes modérés» ; combattre le terrorisme revient à combattre l'EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c'est aujourd'hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l'Iran et le régime syrien, «fait la guerre», se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l'Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils «font le job». Un horrible job. Dans l'immédiat, il faut choisir entre le soutien à l'Etat syrien - que le régime d'Assad incarne-, et DAECH et Cie.

Voici décrite…la Syrie d'avant la guerre ! Ce terrifiant carnage n'aurait-il donc été qu'un coup d'épée dans l'eau ?

Le sommet est atteint à la fin de l'intervention ministérielle, lorsque l'on apprend que «la Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services…» (sic)! Les bras nous en tombent. Voici décrite…la Syrie d'avant la guerre! Ce terrifiant carnage n'aurait-il donc été qu'un coup d'épée dans l'eau?

François Hollandes'interroge publiquement dans une émission de divertissement, devant l'animateur Yann Barthes sur TMC, de l'opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris.

Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d'une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d'abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d'ennemi, de faire front commun - comme l'ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l'islamisme qui a décidé notre perte et s'esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s'interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l'animateur Yann Barthes sur TMC, sur l'opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s'est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l'impuissance politique et l'on se laisse couler, saisis par l'ivresse des profondeurs en croyant surnager.

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine: la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l'Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C'est l'Etat qu'il faut aider à survivre à l'offensive islamiste au lieu d'encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l'Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d'Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir?

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 20:33

Les vétos américains aux Nations Unies
en faveur d'Israël depui
s 1973

Juillet 1973, S/10974,
Le vote: 13 en faveur, 1 veto (USA), 1 abstention.
La résolution a déploré fortement l'occupation d'Israël des territoires arabes depuis 1967 , et a exprimé l'inquiétude sérieuse avec le manque des autorités israéliennes de coopération avec l'ONU Représentant Spécial du Secrétaire Général.

Janvier 1976, S/11940,
Le vote: 9 en faveur, 1 veto (USA), 3 abstentions.
La résolution a demandé le retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967, et a déploré le refus d'Israël pour rendre effectif des résolutions pertinentes de l'ONU. Il a réaffirmé le droit des palestiniens à l'auto-détermination en outre, et le droit de retour pour les réfugiés palestiniens.

Mars 1976, S/12022,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
Dans l'avant-projet, le conseil de sécurité a exprimé sa profonde inquiétude sur les mesures israéliennes de changer le caractère des territoires occupés, en particulier Jérusalem, l'établissement de règlements israéliens, violations des droits de l'homme, et a demandé une fin de tel mesure.

Juin 1976, S/12119,
Le vote: 10 en faveur, 1 veto (USA), 4 abstentions.
La résolution a affirmé le droit des palestiniens à l'auto-détermination, le droit de retour, et le droit à indépendance nationale.

Avril 1980, S/13911,
Le vote: 10 en faveur, 1 veto (USA), 4 abstentions.
La résolution a affirmé le droit palestinien d'établir un état indépendant, le droit de retour ou compensation pour perte de propriété pour réfugiés qui ne souhaitent pas revenir, et retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967.

Avril 1982, S/14943,
Le vote: 13 en faveur, 1 veto (USA), 1 abstention.
Dans l'avant-projet, le conseil de sécurité a dénoncé l'intervention israélienne avec gouvernement local dans la Bande Ouest, et ses violations des droits et libertés de la population dans la Banque Ouest et la bande de Gaza. La résolution a fait appel à Israël pour terminer toutes les activités en infraction en outre de la Quatrième Convention de Genève.

Avril 1982, S/14985,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
L'avant-projet a condamné la fusillade à Haram Al - Sharif 11 avril, 1982, fortement et a fait appel à Israël observer et appliquer les vivres de l'En avant Convention de Genève, et autres lois internationales.

Juin 1982, S/15185,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
L'avant-projet de la résolution a condamné le non-respect israélien avec les résolutions 508 et 509, a conseillé vivement aux partis de se conformer avec Convention de la Haye de 1907, et a répété les demandes du conseil de sécurité de retrait israélien de Liban.

Juin 1982, S/15255/Rev. 2
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution a demandé le retrait immédiat d'Israélien et forces palestiniennes de régions dans et autour de Beyrouth, et que les partis se conformeraient avec résolution 508. Il a demandé en outre que le Secrétaire Général placerait des observateurs militaires de l'ONU pour surveiller le cessez-le-feu et le désengagement dans et autour de Beyrouth, et que le Secrétaire Général ferait des propositions pour l'installation d'une force ONU pour prendre des positions à côté de la force de l'interposition libanaise.

Août 1982, S/15347/Rev. 1
Le vote: 11 en faveur, 1 veto (USA), 3 abstentions.
La résolution a condamné l'Israël pour ne rendre pas effectif de résolutions 516 et 517, demandé leur mise en oeuvre immédiate, fortement et a décidé que tous les états membres de l' ONU s'abstiendraient de fournir à Israël des armes ou autre aide militaire jusqu'au retrait israélien de territoire libanais.

Août 1983, S/15895,
Le vote: 13 en faveur, 1 veto (USA), 1 abstention.
La résolution fait appel à Israël pour cesser l'établissement de nouveaux règlements dans les territoires arabes occupé depuis 1967, démanteler des règlements existants, et adhérer à la Convention de Genève relatif à la Protection de Personnes Civiles dans Time de Guerre. La résolution a repoussé expulsions israéliennes et transferts de civils palestiniens en outre, et a condamné des attaques contre la population civile arabe. Le conseil de sécurité a aussi fait appel à autres états pour s'abstenir d'Israël donnant toute assistance en rapport avec les règlements, et énoncé son intention d'examiner des façons de fixer la mise en oeuvre de la résolution, dans l'événement de non-respect israélien,

Septembre 1985, S/17459,
Le vote: 10 en faveur, 1 veto (USA), 4 abstentions.
L'avant-projet de la résolution a déploré les mesures répressives appliquées par les autorités israéliennes contre la population palestinienne dans les territoires occupés, et a fait appel à Israël pour cesser l'usage de mesures répressives immédiatement, y compris l'usage des couvre-feu, les expulsions, et les détentions.

Janvier 1986, S/17769,
Le vote: 13 en faveur, 1 veto (USA), 1 abstention.
La résolution a déploré le refus israélien pour appliquer les résolutions du conseil de sécurité plus tôt fortement, et a fait appel à Israël pour se conformer avec ces résolutions, aussi bien que les normes de loi internationale qui gouvernent l'occupation militaire telle que la Quatrième Convention de Genève. Le conseil de sécurité a aussi exprimé l'inquiétude profonde avec violations de la sainteté du Haram Al - Sharif, et avec mesures israéliennes visées changer le caractère des territoires occupés, y compris Jérusalem.

Janvier 1988, S/19466,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution fait appel à Israël pour accepter l'application de la Convention de Genève relatif à la Protection de Personnes Civiles en temps de Guerre aux territoires a occupé depuis 1967, et conformer à la Convention. La résolution a fait appel à Israël pour s'abstenir de pratiques qui violent les droits de l'homme des gens palestiniens de plus.

Avril 1988, S/19780,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution a exprimé sa sérieuse inquiétude de l'usage israélien de punition collective, y compris démolitions de maison. Il a condamné les pratiques utilisées par les autorités israéliennes qui violent les droits de l'homme des Gens palestiniens, surtout le meurtre et blesser de civils palestiniens vulnérables par l'armée israélienne. Fait appel à Israël pour appliquer la Quatrième Convention de Genève, et lui a conseillé vivement de cesser d'expulser des Palestiniens.

Février 1989, S/20463,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution a déploré la persistance israélienne de violer les droits de l'homme des gens palestiniens, en particulier la fusillade de civils palestiniens, y compris enfants, fortement. Il a aussi déploré le mépris d'Israël de décisions du conseil de sécurité, et a fait appel à Israël pour agir conformément à la Quatrième Convention de Genève et résolutions pertinentes du conseil de sécurité.

Juin 1989, S/20677,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution a déploré les violations des droits de l'homme des gens palestiniens, a demandé que l'Israël s'abstiendrait d'expulser des civils palestiniens pour les territoires occupés, et qu'il assurerait déjà le retour sûr de ceux expulsé. Il a aussi fait appel à Israël pour se conformer avec la Quatrième Convention de Genève, et a demandé que le Secrétaire General donnerait des recommandations sur mesures qui garantissent l'acquiescement avec la Convention, et la protection de civils palestiniens dans les territoires occupés.

Novembre 1989, S/20945/Rev. 1
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution a déploré les violations israéliennes des droits de l'homme des gens palestiniens, y compris le siège de villes, fouiller de maisons, et confiscation de propriété. Il a fait appel à Israël endurer à la Quatrième Convention de Genève, soulever le siège, et rendre la propriété confisquée à ses propriétaires. La résolution a demandé que le Secrétaire General conduirait écoute sur place de la situation dans les territoires occupés.

Mai 1990, S/21326,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution de l'avant-projet a essayé d'établir un ordre pour examiner la situation été en rapport avec les politiques israéliennes et les entraînements dans les territoires occupés, y compris Jérusalem.

Mai 1995, S/1995/394,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution a confirmé que l'expropriation israélienne de terre palestinienne à Jérusalem De l'est était invalide, et a fait appel à Israël pour s'abstenir de telles actions. Il a aussi exprimé son support pour le processus de la paix De l'est Central et a conseillé vivement aux partis d'adhérer à l'accord a consenti sur.

Mars 1997, S/1997/199,
Le vote: 14 en faveur, 1 veto (USA).
La résolution a exprimé l'inquiétude profonde avec les plans israéliens de construire de nouveaux règlements à Jérusalem De l'est, et a fait appel à Israël cesser de mesures, y compris le bâtiment de règlements qui anticiperaient les dernières négociations du statut. La résolution a encore une fois fait appel à Israël pour se conformer aux vivres de la Convention de Genève.

Mars 1997, S/1997/241,
Le vote: 13 en faveur, 1 veto (USA), 1 abstention.
La résolution a demandé une fin à la construction israélienne de l'Abu Jabal règlement Ghneim à Jérusalem De l'est, et à toutes les autres mesures en rapport avec les règlements dans les territoires occupés.

Mars 2001, S/2001/270,
Le vote: 9 en faveur, 1 veto (USA), 4 abstentions.
La résolution a demandé un arrêt total et immédiat de tous les actes de violence, provocation, et punition collective, aussi bien qu'une cessation complète d'activités du règlement israéliennes, et une fin des fermetures des territoires occupés. La résolution a demandé la mise en oeuvre du Sharm El Cheikh accord en outre, et a exprimé la bonne volonté du conseil de sécurité se mettre en haut mécanismes à protéger les civils palestiniens, y compris l'établissement d'une ONU observateur force.

Décembre 2001, S/2001/1199,
Le vote: 12 en faveur, 1 veto (USA) 2 abstentions.
Dans la résolution, le conseil de sécurité a condamné tous les actes de terreur, d'exécutions extrajudicières, d'usage excessif de la force et la destruction de propriétés, et a demandé une fin de tous les actes de violence, destruction et provocation. La résolution a fait appel aux partis pour reprendre des négociations, et rendre effectif les recommandations du Rapport Mitchell. Il a aussi encouragé l'établissement d'un appareil de l'écoute pour la mise en oeuvre susmentionnée.

11 novembre 2006
Les Etats-Unis ont opposé leur veto, samedi au Conseil de sécurité de l'ONU, à un projet de résolution arabe condamnant les opérations militaires d'Israël dans la bande de Gaza, ainsi que les tirs de roquettes palestiniens sur Israël.
Le projet, déposé par le Qatar au nom du groupe arabe, a recueilli 10 voix pour et une contre -celle des Etats-Unis-, avec quatre abstentions, a indiqué le président du Conseil, l'ambassadeur du Pérou à l'ONU, Jorge Voto-Bernales. La voix contre étant celle d'un membre permanent du Conseil doté du droit de veto, la résolution a été rejetée.
Danemark, Grande-Bretagne, Japon et Slovaquie se sont abstenus.

4 janvier 2009
Bande de Gaza: les Etats-Unis bloquent une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU.
Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont reconnu la nécessité d'arrêter les hostilités dans la bande de Gaza où Israël avait lancé une offensive terrestre samedi soir, mais les États-Unis ont bloqué l'adoption d'un texte en ce sens proposé par la Libye, selon une source diplomatique à l'ONU.
"Les Américains se sont opposés à l'adoption d'un communiqué de presse du président du Conseil pour les raisons inconnues tout en approuvant le contenu du texte" lors de consultations à huis clos qui ont duré quatre heures, selon la source diplomatique.

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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL Israël - Palestine
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 07:17

Pierre le Corf a été l’objet d’un reportage sur France 2 malheureusement (et sans que cela ne me surprenne) ses propos et son action ont été détournés pour cause de propagande anti-syrienne et pro-djihadistes (ou terroristes), on a volontairement mélangé les quartiers et laissé croire que les "gentils" sont les "méchants", et réciproquement ..... notre presse est décidément de plus en plus lamentable !!! Ce qui était un contre-pouvoir est devenu un outil de propagande, subventionné et servile ...

Voici le lien pour le reportage

http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/video-syrie-dans-alep-un-francais-a-decide-daider-les-populations-bombardees_1857681.html

Et voici une petite mise au point, très saine, faite par ce Monsieur :

„De Pierre le Corf :
Merci pour vos message sur ma modeste action We are superheroes via le JT de FR2

... mais je voudrais compléter aux côtés de mon ami le Dr Nabil Antaki, que c'est tous les jours que des gens meurent ici du terrorisme, j'ai perdu des familles, des enfants, des connaissances, j'ai vu trop de gens mourir et ca continuera demain quand je me réveillerais, quand chacun se réveillera.
Je suis neutre ici en tant qu'humanitaire, mais je suis contre la barbarie et le fanatisme. Ceux que vous appelez rebelles n'existent pas autour d'Alep, ici ce ne sont que des drapeaux noirs tout autour de la ville, ceux de Al-Nusra, même drapeau que Daesh. Balles, mortiers, roquettes, bonbonnes de gaz remplies de clous et j'en passe. Ils arrachent la tête des prisonniers et civils qui refusent de se soumettre à la charia. La majorité d'entre eux sont Afghans, Tchétchènes, Irakiens etc, ne sont pas Syriens, ils souhaitent créer un état Islamique (Oui Daesh aussi = concurrents)

Ils apportent la mort et s'en nourrissent. En tirant sur les civils et en s'installant dans des villes et périphéries qu'ils prennent par la force, s'installant au milieu des civils, infrastructures (hôpitaux, écoles ou ils installent de l'armement) les prenants directement et indirectement en otage, puis tirant à l'arme lourde sur les civils de l'autre côté. Les avions défendent Alep de ces tirs et de ceux qui les provoquent, des civils meurent de l'autre côté à cause de cette présence terroriste. Cerise sur le gateau, des "White Helmets" qui viennent se précipiter pour secourir les civils touchés (ces derniers sont en majorité des combatants djihadistes de Al-Nosra, aussi noms rebelles en Occident) et utilisent les morts et blessés pour créer une communication béton contre le gouvernement Syrien et le peuple qui paye le prix dans le grand tableau de pertes et profits. Une chose que m'a dit un homme qui vivait avec Nusra m'a marqué "c'est drôle, on n'a pas de provisions mais toutes les semaines des armes neuves".

Regardez ce drapeau noir qui flotte sur la butte, très peu de personnes oseront publier ça ici ou même prendre une photo, mais c'est ce que vous trouverez autour d'Alep, j'ai pris cette photo aujourd'hui depuis une ligne de front avec une famille, un sniper tirait sur notre bâtiment. Faites vos propres recherches sur Al-Nusra (récemment renommé Front Fatah al-Cham ou armée libre), sur leurs actions et identité, vous vous y reconnaissez ? Je n'ai rien à gagner à vous dire tout ça, 99,9% des gens qui parlent de cette guerre aujourd'hui ne sont jamais venu ici en temps de guerre. Je suis humanitaire, je fais de mon mieux pour aider les gens, je fais juste de mon mieux et je ne veux pas vous dire quoi penser, mais je ne peux plus supporter de voir tant de gens mourir pour des mensonges qui arrangent tout le monde, jamais une guerre n'aura jamais fait couler autant de sang et d'encre grace aux technologies sociales, de l'encre et des mots qui tuent, soyez en conscient. Je vois ce qui se passe au quotidien, j'ai rencontré des dizaines de familles qui sont de ce côté après s'être échappés et affronte le même quotidien. Oui on ne peut pas fermer les yeux sur ceux qui meurent à l'Est, je prie pour eux même si la plupart d'entre eux qui sont restés croient au djihad, je prie pour que les enfants en particulier puissent échapper à cette guerre et se reconstruire par eux-même. S'il vous plaît, je sais que beaucoup de médias tentent de conditionner vos visions de ce conflit, mais prenez plus de recul, ça peut sauver des vies.

Disons que c'est une reflexion à voix haute mais si le monde est suffisamment fou pour se reconnaître en le Front Front Fatah al-Cham, je préfère encore rester là ou je suis et mourir.” (Fin du texte de Monsieur Le Corf)

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 10:56

Le prix Nobel de la paix attribué au président colombien Juan Manuel Santos

LE MONDE | 07.10.2016 à 11h05 • Mis à jour le 07.10.2016 à 11h42

Le prix Nobel de la paix 2016 a été attribué, vendredi 7 octobre, au président colombien Juan Manuel Santos pour ses efforts en faveur du processus de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Au pouvoir depuis 2010, le président de centre-droit Juan Manuel Santos a tout misé sur la paix avec la guérilla. Même si la paix en Colombie a du plomb dans l’aile avec la victoire du non au référendum de dimanche 2 octobre, et que M. Santos apparaît fragilisé face à son principal adversaire et prédécesseur de droite Alvaro Uribe, la fondation Nobel a voulu couronner les efforts d’un homme qui a risqué tout son capital politique pour mettre fin à un demi-siècle de guerre fratricide, un rêve qu’il s’est engagé à ne jamais abandonner.

« Je continuerai à rechercher la paix jusqu’à la dernière minute de mon mandat parce que c’est le chemin à suivre pour laisser un pays meilleur à nos enfants », déclarait encore dimanche ce chef d’Etat deux fois élu, en arborant à son revers son éternelle petite colombe blanche. Une déclaration alors que les Colombiens venaient de rejeter majoritairement par référendum l’accord de paix avec la guérilla des FARC, le jugeant trop favorable à la guérilla.

« Les grands leaders travaillent pour la paix »

« Le président a fait preuve d’un leadership courageux. Courageux car il a préféré la paix à l’inertie de la guerre. Courageux parce qu’il s’est soumis à la décision des citoyens », soulignait en début de semaine Humberto de la Calle, chef des négociateurs avec les FARC.

L’accord historique qu’il a obtenu est le résultat de près de quatre années de pourparlers délocalisés à Cuba avec la plus ancienne et plus importante guérilla du pays. Il a été signé à La Havane le 24 août, une réussite saluée par la communauté internationale. Le cessez-le-feu bilatéral n’a pas été rompu après le référendum. Mais l’accord de La Havane se retrouve, lui, dans les limbes juridiques et politiques. Aucune issue à la crise ne se dessine à court terme.

Lire aussi : Accord de paix avec les FARC : la Colombie dans l’incertitude après le « non » au référendum

Faire la paix avec les FARC « demandait courage, audace, persévérance et beaucoup de stratégie : qualités et points forts de Santos », a déclaré Mauricio Rodriguez, son beau-frère etconseiller depuis plus de vingt ans. Dimanche, il avait tweeté : « Les grands leaders travaillent pour la paix, contre vents et marées, jusqu’au dernier jour de leur vie ! »

Juan Manuel Santos, 65 ans, issu d’une famille de la haute société de Bogota, a débuté en politique en 1991. D’abord journaliste, il avait remporté le prix du roi d’Espagne pour ses chroniquessur la révolution sandiniste au Nicaragua. Ce travail « nous a profondément marqués », a-t-il dit un jour à propos de cette investigation menée avec son frère Enrique, autre acteur clé du processus de paix entamé officiellement avec les FARC en 2012, mais secrètement dès l’accession au pouvoir de M. Santos en 2010.

« Je veux faire ce qui est correct »

Lorsqu’il a fait son entrée au palais présidentiel Casa de Nariño, ce politique qui se définit comme d’« extrême centre » avait déjà poursuivi la guérilla, lors d’une implacable croisade menée alors qu’il était ministre de la défense d’Alvaro Uribe. Le but : affaiblir les FARC pour les contraindre à négocier. Il a ainsi fait la guerre pour parvenir à la paix, notaient des analystes.

Le président a toujours affirmé qu’il ne cherchait pas une récompense pour son combat pour la réconciliation de la Colombie, déchirée par des décennies d’une confrontation entre guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite et forces armées, qui a fait plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés. « Je ne cherche pas les applaudissements. Je veux faire ce qui est correct », déclarait lors d’une interview à l’AFP cet homme décrit comme très rationnel et parfois critiqué pour sa froideur apparente. L’attribution du Nobel vendredi lui apporte toutefois un soutien personnel de premier plan pour la suite de ses efforts.

Admirateur de Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Nelson Mandela, lecteur vorace et cinéphile, M. Santos a toujours dit que sa force venait de sa famille, fondée en 1988 avec Maria Clemencia Rodriguez, surnommée « Tutina » et mère de leurs trois enfants.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/prix-nobel/article/2016/10/07/le-prix-nobel-de-la-paix-attribue-au-president-colombien-juan-manuel-santos_5009781_1772031.html#pdWAEIFkOAqoMxIx.99

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 09:12

Les États-Unis accusent la Russie de “crime de guerre”, le risque d’un affrontement américano-russe s’intensifie en Syrie

Par Jordan Shilton le 28 septembre 2016

Crises Droit international Etats-Unis Hégémonie Ingérence Russie

Les diplomates américains et alliés ont attaqué la Russie lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies dimanche, accusant Moscou de façon provocatrice de « crimes de guerre » en Syrie et démontrant qu’ils étaient prêts à risquer une confrontation militaire directe avec cette puissance disposant de l’arme nucléaire.

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité a été convoquée par les membres permanents dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, dans le but explicite de faire des allégations non fondées de crimes de guerre contre la Russie.

Se référant à l’attaque d’un convoi d’aide de l’ONU lundi dernier, l’ambassadeur américain à l’ONU Samantha Power a déclaré à la réunion, « Ce que la Russie fait et sponsorise n’est pas du contre-terrorisme, c’est de la barbarie ».

Elle a ensuite dit que le gouvernement syrien, qui a commencé une offensive jeudi pour reprendre les secteurs d’Alep tenus par les rebelles, a bombardé sans distinction des zones résidentielles avec le soutien russe. « Au lieu de poursuivre la paix, la Russie et Assad font la guerre. Au lieu d’aider à l’acheminement d’une aide de premiers secours pour les civils, la Russie et Assad bombardent les convois humanitaires, les hôpitaux, et les premiers intervenants humanitaires qui tentent désespérément de garder les gens en vie », selon Power.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson est allé encore plus loin, en disant dans une interview sur la BBC dimanche que la Russie devrait être le sujet d’une enquête pour crimes de guerre.

Les gesticulations éplorées des États-Unis et des politiciens britanniques sur les allégations de violations des droits de l’homme sont tout à fait hypocrites. En vérité, l’a rupture du cessez-le-feu d’une semaine au début de la semaine dernière a été déclenchée par le bombardement délibéré des positions de l’armée syrienne par des avions américains, des positions qui étaient bien connues des forces de la coalition. L’attaque a permis aux combattants de l’État islamique de prendre le contrôle de la zone. En outre, les « rebelles » soutenus par les États-Unis, qui sont dominés par le Front al-Nosra, l’ancienne filiale syrienne d’Al-Qaïda, ont systématiquement violé les termes du cessez-le-feu à plusieurs reprises. L’attaque ultérieure sur le convoi d’aide aurait pu être commise par ces forces, qui ont été accusées d’empêcher les civils à s’enfuir.

L’ambassadeur russe à l’ONU Vitaly Churkin a déclaré que parvenir à un accord de paix en Syrie était « presque impossible » en raison de l’appui continu de Washington pour al-Nosra. « Ils sont armés de chars, pistolets mitrailleurs, artillerie, lance-roquettes multiples […] des dizaines et des dizaines d’unités, y compris des armes lourdes […] Bien sûr, ils n’ont pas pu avoir fait cet équipement eux-mêmes. Ils ont reçu tout cela et ce matériel leurs est toujours expédié grâce aux bailleurs de fonds occidentaux généreux, avec les États-Unis qui vraisemblablement ferment les yeux », a commenté Churkin lors de la réunion du Conseil de sécurité. Il a poursuivi en accusant al-Nosra d’avoir bloqué l’aide humanitaire à Alep et lancé des attaques aveugles sur les zones tenues par le gouvernement.

Les affrontements se sont intensifiés dans tout le pays dimanche. Entre 26 et 43 civils ont été tués dans des raids de bombardement sur l’est d’Alep, qui est contrôlé par les forces anti-Assad dominées par al-Nosra. Pendant ce temps, les rebelles ont bombardé Masyaf contrôlé par le gouvernement pour une deuxième journée consécutive.

Il devient de plus en plus évident que Washington et ses alliés n’ont jamais considéré la trêve comme un moyen de mettre fin à ce conflit de cinq ans. Au lieu de cela, ils ont accepté l’accord, le temps de ravitailler leurs forces par procuration, qui subissaient une pression croissante des troupes d’Assad, avec le soutien de combattants iraniens et du Hezbollah, et de préparer une intensification massive de la guerre pour un changement de régime à Damas.

Cela a été rendu évident dimanche, quand une déclaration signée par une grande collection de groupes rebelles, dont beaucoup sont soutenus par les États-Unis, a rejeté tous pourparlers pour mettre fin à la guerre. « Les négociations dans les conditions actuelles ne sont plus utiles et sont dénuées de sens », affirme la déclaration.

Dans une démonstration publique du fait qu’ils n’accepteraient rien de moins que la capitulation totale du gouvernement Assad conformément à leurs plans pour un changement de régime, Samantha Power et les ambassadeurs français et britannique à l’ONU ont quitté la salle du Conseil de sécurité au moment où l’ambassadeur syrien tenait la parole.

L’objectif transparent de la dénonciation agressive de la Russie est de fournir un prétexte frauduleux pour la guerre. De l’affirmation selon laquelle le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se préparait à massacrer des civils à Benghazi en mars 2011, aux allégations que les forces gouvernementales syriennes avaient lancé une attaque au gaz toxique en août 2013 et maintenant les allégations non fondées de « crimes de guerre » contre la population civile par la Russie, Washington et ses alliés ont systématiquement exploité de telle propagande sur les droits de l’Homme pour légitimer une vaste escalade de la violence militaire à travers le Moyen-Orient.

Les médias contrôlés par le grand patronat ont passé à la vitesse supérieure dans leurs efforts pour diaboliser la Russie et dépeindre les États-Unis comme un spectateur moralement outragé. Les articles et reportages de télévision citent régulièrement l’attaque sur le convoi d’aide, qu’ils attribuent à la Russie et au gouvernement syrien sans aucune preuve tangible, comme la cause de la rupture du cessez-le-feu.

Le New York Times a publié un autre billet de propagande samedi intitulé, « Du paradis à l’enfer : comment un convoi d’aide en Syrie a été anéanti » dans lequel les auteurs Anne Barnard et Somini Sengupta tiennent quasiment sans détour la Russie comme responsable. Sur la base de conversations avec des sources anonymes, y compris certaines alignées sur les rebelles pro-américains et anti-Assad, le Times a proclamé, « Dans leur ensemble, les interviews et autres documents indiquent qu’il y a eu une attaque prolongée et coordonnée menée par des avions russes ou syriens, probablement les deux ».

Puis, des reportages sont apparu dimanche alléguant que des bombes à sous-munitions, du phosphore blanc, des armes chimiques et des bombes barils ont été déployés contre les quartiers d’Alep.

La guerre pour le changement de régime en Syrie incitée par les États-Unis a déjà coûté la vie à près de un demi-million de personnes, forcé plus de la moitié de la population du pays à quitter leurs foyers et d’avantage déstabilisé toute la région.

La diabolisation de la Russie prépare le terrain pour une guerre qui entraînerait rapidement les grandes puissances dans un conflit régional et mondial. Cela a été souligné par les remarques du général Joseph Dunford au Congrès la semaine dernière. Interrogé par le sénateur républicain Roger Wicker à savoir si l’armée pourrait prendre des mesures décisives pour imposer une zone d’exclusion aérienne, Dunford a répondu : « Pour l’instant, pour que nous puissions contrôler tout l’espace aérien en Syrie, cela nous obligerait à déclarer la guerre à la Syrie et la Russie. C’est une décision assez fondamentale qui n’est certainement pas de mon ressort ».

La hiérarchie militaire du Pentagone n’a jamais soutenu l’accord de cessez-le-feu et n’a pas eu l’intention de le respecter. Comme Dunford l’a franchement admis aux sénateurs, « La Russie est la menace la plus importante pour nos intérêts nationaux ».

En dépit de la reconnaissance ouverte qu’une zone d’exclusion aérienne signifierait la guerre, cette politique incendiaire trouve un soutien croissant, y compris du ministre des affaires étrangères John Kerry. En août, les États-Unis ont soutenu une incursion turque dans le nord de la Syrie pour évincer les rebelles kurdes de la région frontalière. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis d’établir une zone dite sûre à travers une grande partie du nord de la Syrie. Cela impliquerait la présence permanente de troupes d’un État membre de l’OTAN en Syrie, créant ainsi une autre poudrière avec la Russie ».

La marche téméraire de Washington vers la guerre au Moyen-Orient se heurte à l’ intransigeance croissante de ses adversaires à Damas et Moscou. Prenant la parole lors du débat de l’Assemblée générale de l’ONU la semaine dernière, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem a qualifié le bombardement américain de l’avant-poste de l’armée syrienne, qui a tué plus de 60 soldats et blessé plus de 100 autres, d’acte délibéré. Damas « met toute la responsabilité de l’agression sur les États-Unis », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Cette agression ignoble prouve que les États-Unis et leurs alliés sont complices de l’État islamique et d’autres groupes terroristes ».

Muallem a également dénoncé l’incursion de la Turquie sur des tons véhéments, déclarant que l’opération soutenue par les Américains était une violation flagrante de la souveraineté syrienne.

Dans un long entretien accordé à la télévision russe samedi, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a averti que le Kremlin était de plus en plus réticent à faire des compromis face à des actes de provocation de Washington. Lavrov a accusé qu’aucun progrès n’a été fait pour séparer le Front al-Nosra et d’autres forces djihadistes de la soi-disant opposition modérée. À moins que Washington ne prenne des mesures pour ce faire, « nos soupçons que tout cela est fait pour soulager al-Nosra vont être renforcés », a-t-il déclaré.

Réitérant les commentaires encore plus explicite qu’il a fait jeudi, le ministre des Affaires étrangères a poursuivi : « Si tout se résume à demander de nouveau aux forces aériennes de la Syrie et de la Russie de prendre des mesures unilatérales, telles que ‘Donnez-nous encore trois ou quatre jours et après nous allons persuader tous les groupes de l’opposition que cela est grave et qu’il faut couper les liens avec le Front al-Nosra’, de tels discours ne seront plus pris au sérieux par nous.»

Par Jordan Shilton | 26 septembre 2016

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 16:29

Syrie: Les raisons d'un nouvel embrasement

VADIM KAMENKA ET NADJIB TOUAIBIA

VENDREDI, 30 SEPTEMBRE, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

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AFP

La paix s'éloigne en Syrie. L'accord de cessez-le-feu initié par Moscou et Washington n'aura tenu qu'une semaine. Les violations répétées de la trêve par chacune des parties ont favorisé une reprise du conflit. Encore une fois, les civils en paient le prix fort, comme à Alep. Les 250 000 habitants subissent un nouveau siège et des bombardements quotidiens qui font des milliers de victimes. Le contrôle de la ville syrienne reste le dernier enjeu géopolitique et militaire pour l'avenir du pays, d'où une polarisation des forces sur le terrain et la disparition des « modérés ». Un affrontement est lancé entre les forces de Bachar Al Assad et ses soutiens (Russie, Hezbollah, Iran) et les groupes djihadistes soutenus par les émirats du Golfe et certains pays occidentaux. Une telle imbrication des forces rend une solution militaire impossible. Seule une solution diplomatique au prix d'un effort collectif peut ramener encore la paix. Est-ce la volonté des États-Unis ?

Aux États-Unis, les nouveaux présidents reconduisent généralement la politique extérieure de leurs prédécesseurs. La ligne diplomatique étant assez similaire entre républicains et démocrates accordés sur un même objectif : le maintien de l'hégémonie. Concernant la Syrie, la divergence porte sur l'interventionnisme des candidats à la Maison-Blanche. Donald Trump apparaît moins favorable aux interventions militaires que son adversaire démocrate, la plus rassurante pour « l'establishment » diplomatique. Une élite désormais « entièrement composée de néoconservateurs à droite et d'interventionnistes libéraux à gauche », analyse Benjamin Friedman (1).
Hillary Clinton, à l'instar de son mari et ancien président, n'a eu que peu de divergences avec les républicains en termes de politique étrangère. Lorsqu'elle a été élue sénatrice de New York, elle a soutenu la ligne diplomatique de l'administration Bush (2000-2008), de l'invasion de l'Irak le 10 octobre 2002 jusqu'au concept de guerre préventive.
Face aux « choix de circonstance » opérés par Obama, bien malin qui peut saisir la stratégie américaine.

Et lors de son passage au secrétariat d'État, elle a clairement prôné les bombardements en Libye et défendu une intervention en Syrie. De son côté, Donald Trump n'entend pas se lancer dans une expédition au Proche-Orient.
« Nous y dépensons des milliers de milliards de dollars, alors que l'infrastructure de notre pays est en train de se désintégrer », a-t-il déploré le 3 mars, et il a inscrit « la montée du groupe "État islamique" au bilan de Barack Obama et de son ancienne secrétaire d'État, Hillary Clinton ». Malgré tout, pour John R. MacArthur, le directeur du « Harper's Magazine » : « La tentation du repli, qui hante la politique étrangère de Barack Obama depuis 2009, concerne désormais les deux grands partis. »

La nouvelle doctrine de Washington

Les « faucons budgétaires » l'auraient emporté sur les « faucons militaires » ? C'est loin d'être évident en ce qui concerne la Syrie et l'importance prise par la Russie dans ce conflit et dans la région. Le bombardement des positions de l'armée syrienne, qui a tué 70 soldats et en a blessé plus de 100 autres le 17 septembre, alors qu'un cessezle-feu était en vigueur depuis le 10 septembre, interpelle...
La stratégie menée en Syrie ainsi qu'en Libye par l'administration Obama apparaît comme un choix de circonstance afin de ménager les partisans d'un interventionnisme accru et ceux qui réclament la fin du recours à la force. Cette stratégie est présentée comme celle du « retranchement » relatif pour la plus grande armée au monde, ses dizaines de bases militaires (Irak, Afghanistan, Bahreïn, Djibouti, Italie...) et ses services de renseignements. Pour Benoît Bréville dans « le Monde diplomatique » (2) : « La décision syrienne d'août 2013 (celle de ne pas bombarder la Syrie ­ NDLR) représente un tournant pour la diplomatie américaine. (...)
La fin du réflexe d'une riposte militaire. Cette rupture a confirmé le choix par Washington d'une stratégie de "retranchement" afin de pouvoir se concentrer sur les problèmes intérieurs et remédier à l'activisme déstabilisateur des années Bush. » Une stratégie clairement formulée, explique-t-il, par le « Guide stratégique » publié en 2012 par le département de la Défense : « Pour atteindre nos objectifs de sécurité, nous développerons des tactiques à l'empreinte légère et peu coûteuses. (...) Les forces américaines ne seront plus en mesure de mener des opérations prolongées à grande échelle. »

Affrontements quotidiens à l'ONU

C'est dans cette logique que l'administration Obama semble alterner entre la tentation de trouver un accord de paix en Syrie et de ne pas laisser la Russie devenir un acteur incontournable dans la région. Il y a tout juste un an (3), la Russie a débuté son opération militaire en soutien au régime du président Bachar Al Assad, dévoilant des armements jamais utilisés : bombardiers, systèmes de missiles multirôles, GPS russe (le Glonass), radar, collecte d'informations... Depuis la fin de la trêve, mi-septembre, l'ONU est devenue le lieu d'un affrontement verbal quotidien entre les États-Unis (et ses alliés) et la Russie. Les bombardements sur le convoi humanitaire le 19 septembre et sur Alep le 23 septembre ont encore davantage figé les positions. « Ce que fait la Russie, c'est de la barbarie », a martelé Samantha Power, ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU. De leur côté, les autorités russes ont dénoncé le « peu de discipline des soldats américains », la « passivité » face à Daech et réclamé une enquête minutieuse sur l'attaque du convoi humanitaire détruit le 19 septembre.

Pour Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS : « La situation urgente et tragique de la Syrie ne se prête pas au décompte des bavures où les responsabilités sont par tagées. Jusqu'à aujourd'hui, les États-Unis et la Russie, deux membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ont occupé le terrain. Mais la disposition est asymétrique. La Russie ­ alliée de Bachar Al Assad ­ a un projet politique sur la Syrie, alors que l'administration Obama est totalement en retrait depuis plus de 3 ans et modifiera sa stratégie à la fin de son mandat et à 2 mois des élections présidentielles. »

Le triple jeu turc

Les États-Unis font également face à un autre élément dans le dossier syrien : le rapprochement turco-russe. Un rebondissement jugé inattendu par de nombreux diplomates après l'attaque d'un bombardier russe par les forces turques à la frontière syrienne, en novembre 2015. Si le gel des relations a duré plusieurs mois, les forts liens économiques (gaz, tourisme...) entre les deux puissances les ont incitées à temporiser.
Au Moyen-Orient et sur la Syrie tout particulièrement, l'administration Obama doit faire face à une redistribution des alliances au gré du conflit. « Ce rapprochement (Poutine-Erdogan ­ NDLR) a engendré une révision des positions de la Turquie sur la Syrie.
Neutraliser la Russie, devenue un acteur majeur dans le conflit, reste un objectif prioritaire des états-Unis.

Erdogan, farouche opposant de Bachar Al Assad, rêvait autrefois de sa destitution au profit des Frères musulmans. Depuis sa visite à Moscou, le président turc est plus conciliant avec son homologue syrien », explique Karim Pakzad, de l'IRIS. À Saint-Pétersbourg, les deux chefs d'État ont annoncé davantage de « coopération technico-militaire ». Un rapprochement qui a soulevé des questions sur l'avenir des relations entre la Turquie et l'OTAN.
Les différents acteurs du conflit qui ravage la Syrie et menace toute la région veulent-ils vraiment la paix ?

Ces turbulences ne peuvent réellement aller jusqu'à une rupture. La Turquie demeure un fidèle allié états-unien et un membre prépondérant pour l'OTAN dans la région. Seulement, elle joue de plus en plus sa carte personnelle, comme en atteste sa récente intervention en Syrie avec son opération « bouclier de l'Euphrate ». Le but d'Erdogan est clair: freiner la montée en puissance militaire et politique du PYD (forces kurdes). « Les États-Unis ont donc fait un choix stratégique. Ils préfèrent une alliance forte, efficace et opérationnelle avec la Turquie plutôt qu'avec les groupes kurdes de Syrie. Pour eux, l'enjeu est bien plus important du point de vue géopolitique », résume Didier Billion.

Armes américaines, argent saoudien

Les États-Unis, l'Arabie saoudite et la kyrielle de groupes armés étiquetés « rebelles » constituent le trio infernal, acteur essentiel de la guerre qui ravage la Syrie, mais dont le rôle décisif est placé au second plan par la quasi-totalité des médias occidentaux. Les Américains fournissent les armes, les Saoudiens financent les opérations militaires des « rebelles » en s'assurant surtout de leur continuité sur les lignes syriennes. Durant le très bref cessez-le-feu à la mi-septembre, « plus de 300 attaques ont été menées par les groupes liés à al-Qaida », précise Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO).
L'objectif est en réalité d'empêcher la moindre amorce d'un processus de négociation tant que le régime de Bachar Al Assad est encore en place. Dans une déclaration signée par plus d'une trentaine d'entre eux, ces groupes, soutenus par les pays du Golfe, la Turquie et l'Occident, rejettent le parrainage des négociations par la Russie, soutien de Damas. Ils crient au « crime contre le peuple syrien », en prenant soin de maintenir le siège des quartiers dans leurs zones de contrôle, notamment à Alep, exposant les civils aux bombardements russo-syriens.
Ces groupes sont surtout assurés d'un approvisionnement permanent en armes. « Lorsque le président Obama a secrètement autorisé la CIA à commencer à armer les combattants rebelles de Syrie en 2013, l'agence d'espionnage savait qu'elle aurait un partenaire disposé à aider à financer l'opération clandestine. C'est le même partenaire sur lequel la CIA s'est appuyée pendant des décennies pour son argent et sa discrétion dans les conflits lointains : le royaume d'Arabie saoudite », rappelle un article du « New York Times » (28 janvier 2016), qui revient sur l'importance de cette dimension régionale dans le conflit.
« Le soutien aux rebelles syriens n'est que le chapitre en cours d'une relation qui dure depuis des dizaines d'années entre les services d'espionnage d'Arabie saoudite et les États-Unis, une alliance qui a traversé le scandale Iran-Contra, le soutien aux moudjahidine contre les Soviétiques en Afghanistan et les combats par procuration en Afrique », précise l'article.

L'énergie, nerf de la guerre

« Les États-Unis, les Européens et les Russes sont mus par "la flamme du pétrole et la fumée du gaz" », dénonce le poète syrien Adonis, dans un entretien à l'AFP à l'occasion du Salon du livre de Göteborg (Suède)... La question énergétique intervient en effet à plusieurs niveaux dans ce conflit. Le pétrole, c'est d'abord le nerf de la guerre pour Daech. La longévité de l'« État islamique » a été rendue possible grâce au contrôle de nombreux puits, à l'acheminement de l'or noir à travers les innombrables réseaux, avec la complicité évidente de la Turquie, et à sa vente, jusqu'en Europe. Stopper ces mouvements pour tarir la source de financement de Daech est un enjeu essentiel. Les Russes ciblent d'ailleurs ces milliers de camions-citernes qui se dirigent vers la frontière turque.
Les frappes de la coalition auraient, elles, plutôt tendance à les épargner, selon des sources concordantes. Ce sont les hydrocarbures qui déterminent également les positionnements géostratégiques des puissances occidentales et de leurs alliés.
Mais, « les Américains ne sont plus dépendants du pétrole saoudien. Ils sont indépendants et vont le rester au moins jusqu'à 2030 », rappelle le chercheur Fabrice Balanche. C'est cette marge de manoeuvre qui a facilité leur rapprochement avec l'Iran, au grand dam de l'Arabie saoudite. Les liens entre Riyad et Wasington se sont certes distendus, mais pas au point de remettre en cause les dispositifs de soutien financier et armé aux groupes satellites d'al-Qaida. La Syrie est enfin un corridor stratégique pour le transit de l'énergie, notamment depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières.

(1) www.foreignaffairs.com/articles/united-states/2014-01-28/state-union-wrong. (2) « les États-unis sont fatigués du monde », « le monde diplomatique », mai 2016. (3) le 30 septembre 2015, la russie lançait son opération de soutien au gouvernement syrien et affaiblissait daech.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 18:19

Unidos-podemos et 2017 : la mauvaise lecture de Jean-Luc Mélenchon.

  • Après le vote majoritaire de la semaine dernière en faveur du Brexit, les élections législatives espagnoles de dimanche soir étaient particulièrement scrutées par toute l’Europe. Notamment par toutes les forces progressistes et anti-austérité.

Passée l’euphorie des premiers sondages sortis des urnes, qui plaçaient (à tort) Unidos-Podemos en deuxième position, est venu le temps de l’analyse.

Présent dimanche soir en Espagne au coté du leader de Podemos Pablo Eglesias, Jean-Luc Mélenchon a dès mardi livré la sienne. Sur son blog, le député européen parle de « l’alliance avec le Parti communiste (qui) semble avoir coûté si cher à Podemos ». Donc, selon Jean-Luc Mélenchon, la seule responsabilité de l’échec électoral de la coalition de gauche serait à mettre sur le dos des communistes. Un peu simpliste.

Plutôt que d’accuser le PC d’être responsable de cet échec, il convient de regarder ailleurs. Non les causes de la stagnation, voire de la baisse de la coalition de gauche (qui a perdu près d’un million de voix) ne sont pas à mettre sur le dos de telles ou telles composantes. Les causes sont beaucoup plus anciennes, beaucoup plus profondes que de simples questions d’alliances. Mais en faisant se parallèle, peut être Jean Luc Mélenchon cherche-t-il à légitimer sa candidature en solo pour la présidentielle de 2017. « Hors cadre de tout parti » comme il a maintenant coutume de le dire. J’y reviendrai un peu plus loin.

Concernant les élections espagnoles, il convient de regarder au cœur même de la législation. En effet, les règles électorales qui structurent la vie politique

Mais de ce résultat peut se tirer un autre enseignement. Les nouvelles formes de parti politique, issues de grandes mobilisations populaires, comme c’est le cas avec Podemos (héritier du mouvement des Indignés) ne sont pas pour le moment la réponse tant attendue par le peuple. Pourquoi ? Plusieurs raisons semblent expliquer cette difficulté à capitaliser sur le plan politique les succès obtenus lors des mobilisations sociales. Podemos, en est l’exemple criant. Lors de cette campagne, le leader Pablo Iglesias a continué d’entretenir le mythe d’un parti hybride, ne se revendiquant ni de gauche, ni de droite. Ce discours, qui vise à séduire le plus grand nombre, ne fonctionne pas. Les électeurs, les citoyens en général ont besoin de repères clairs ! Etre de gauche signifie quelque chose de fort. Et encore plus dans un pays qui a vécu sous un régime dictatorial jusqu’en 1977 !

Favoriser l’émergence des citoyens dans la vie politique est une nécessité. Pour autant, il ne faut pas jeter le discrédit sur toutes les formations politiques sous peine de tomber dans le populisme. Oui, il y a un besoin de renouveau dans la vie politique. Besoin de réinventer la façon de faire de la politique. Oui il faut créer de l’imaginaire. Mais plus que jamais nous avons aussi besoin de forces politiques structurées à l’échelle des territoires. Le Parti communiste espagnol et Izquierda Unida sont de ceux-là. Alors non, Jean-Luc Mélenchon, la défaite d’Unidos-Podemos, n’est pas à mettre sur le dos des communistes. Dire cela est à la fois faux et dangereux. Car si il y une chose que l’on doit retenir de se scrutin, c’est que la coalition entre les différentes forces progressistes et anti-austérité est plus que jamais nécessaire pour construire l’unité populaire. Cette coalition représente pour nous une nécessité impérieuse. C’est à cette seule condition que nous gagnerons le pouvoir.

Ces élections en Espagne, traversées par une grave crise politique, sont pour nous un avertissement. Il faut en tirer tous les enseignements nécessaires pour 2017. Apparemment certains l’ont déjà fait.

Comme je l’exprimais un peu plus haut, Jean-Luc Mélenchon, comparant la situation espagnole et française, écrit sur son blog ne pas avoir de problème d’alliance pour 2017 car « en France, Le PCF a choisi à une écrasante majorité de tourner le dos à ma candidature et de me combattre de pied ferme ».

Là encore, il s’agit d’une affirmation totalement chimérique. Il est toujours étonnant de voir à quel point certains peuvent travestir la vérité avec autant de facilité. Dès le lendemain des élections régionales, de nombreuses forces politiques, dont le Parti communiste français, se sont exprimés en disant qu’il fallait changer de façon fondamentale notre façon de faire de la politique. Après le score record du Front National, rien ne serait plus comme avant. De

Les communistes, fidèles à eurs engagements, ont initié dès janvier une série de débats politiques intitulés les « Lundis de Gauche ». L’objectif ? Créer un débat à gauche sur les enjeux de la période et les grands défis auxquels la France est confrontée. Un débat ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent voir émerger une alternative aux politiques suivies actuellement.

Refusant toutes les invitations à s’inscrire dans un cadre de processus collectif afin de rassembler le maximum de forces progressistes de gauche, il a
préféré la « jouer en solo » et présenter sa candidature au 20 heures de TF1. Donc, comme il le dit si bien sur son blog, nous en prenons « acte ».

Cette candidature a pour unique conséquence de confirmer le scénario écrit à l’avance pour 2017. Accordons-lui une chose, il sera peut être le candidat de gauche en tête le soir du premier tour. Cependant ce n’est pas la bataille du premier tour que nous voulons gagner, mais bien l’élection présidentielle. Et en l’état actuel des choses, nous nous dirigeons vers un second tour entre la droite et l’extrême droite. Un scénario absolument dramatique et mortifère.

Alors non Jean-Luc Mélenchon, notre objectif n’est pas de combattre votre candidature, mais bien de créer les conditions du rassemblement le plus large possible pour gagner en 2017. C’est tout le sens de la démarche que nous avons validée lors de notre dernier congrès. A savoir l’écriture d’un pacte d’engagements communs, qui sera soumis à une grande vocation citoyenne au mois d’octobre. Ce pacte d’encagements communs a pour vocation à

Il faut dès aujourd’hui ne plus gaspiller d’énergie inutilement. Basculer dans du positif, du constructif pour l’avenir. Avec la grande consultation citoyenne, nous allons, durant tout l’été, aller à la rencontre des citoyens et citoyennes pour faire émerger les exigences populaires et ouvrir des solutions face à la crise. Cette grande consultation citoyenne, intitulée « que demande le peuple ? », qui a pour objectif de toucher 500 000 personnes, est un geste politique inédit capable de faire l’événement et utile pour faire grandir un véritable mouvement populaire. Elle fera l’objet d’une grande restitution publique lors de la fête de l’Humanité en septembre 2016 ! A ne manquer sous aucun prétexte !

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 14:50

Pays-Bas. Résultat du référendum sur l’accord UE/Ukraine: la population rejette la propagande militariste et le libre-échange néolibéral

Communiqué du Nouveau Parti Communiste des Pays-Bas (NCPN), 9 avril 2016,

En 2005, une part importante de la population néerlandaise avait dit non à la Constitution européenne. Ceci malgré une tentative écrasante des élites, du gouvernement d’alors et de leurs laquais dans les médias, pour amener l’opinion publique au oui.

La même chose se produit actuellement à l’occasion de ce référendum consultatif. Les opposants au traité ont à peine eu droit à la parole. Le super-spéculateur et anticommuniste George Soros a même payé le voyage à de jeunes Ukrainiens aux Pays-Bas pour qu’ils soutiennent le camp du oui. Pourtant malgré ce violent déploiement médiatique, ou peut-être en partie grâce à lui, plus de 61% des électeurs ont décidé de voter contre le traité, avec une participation nettement supérieure à 30%. Les représentants du gouvernement et les dirigeants de « l ‘opposition » unifiée sont sous le choc et la surprise.

Le référendum portait officiellement sur l’accord d’association avec l’Ukraine. Cependant, dès le départ, il a été dévié pour renforcer l’image d’ennemi de la Russie. L’action de l’OTAN, qui ne cesse d’accroître les menaces de guerre, a été ainsi justifiée. La nature du coup d’Etat antidémocratique en Ukraine, commis avec le soutien des fascistes, a été, dès le départ, minimisée et excusée. L’UE a été posée en sauveuse de la démocratie. Pas un mot n’a été dit sur les effets néfastes de cet accord et du plan du FMI pour la majorité de la population, pour les travailleurs.

Une grande majorité de l’électorat ne s’est pas laissée tromper par cette propagande de guerre et a compris que l’accord d’association n’était pas une bonne chose.

Le gouvernement a promis de rediscuter avec Bruxelles, mais il le fait avec une réticence évidente. Rien n’indique qu’il prend en compte le rejet clair du contenu politique de l’accord par le peuple. Le résultat du référendum souligne le progrès de la résistance à l’élargissement agressif et manipulateur de l’UE et à ceux qui font la promotion.

Bien que le camp du «oui» et celui du «non» manquaient d’homogénéité politique, il apparaît qu’un nombre croissant de personnes a voulu donner une leçon au gouvernement et aux partis qui soutiennent sa politique. Le résultat du référendum est un signal clair que, dans une partie de plus en plus grande de la population, l’élite politique n’est plus prise au sérieux. Le résultat peut également nourrir de nouvelles formes de résistance chez les adversaires du traité dans les 27 autres pays de l’UE.

Le NCPN a mené, conjointement avec l’organisation de jeunesse CJB, la campagne contre le traité. Ils continueront de le faire. Ils ont produit du matériel de campagne, des brochures, des articles, dans lesquels les implications du traité pour les travailleurs et les classes dirigeantes en Ukraine ont été exposées. Ont été abordées les implications géopolitiques et les ambitions de l’UE et de l’OTAN que l’accord doit faciliter. Dans nos publications, a été posée la nécessité centrale d’agir contre l’UE capitaliste et les politiques de droite du gouvernement. Le NCPN a organisé le samedi 2 avril une manifestation devant l’ambassade d’Ukraine, à laquelle environ 70 personnes – dont beaucoup de jeunes – ont participé.

La lutte contre la liquidation des droits démocratiques, le démantèlement des services publics, l’abaissement des salaires, des prestations sociales et des pensions connaît une forte impulsion avec le résultat du référendum. C’est pour cela que le pouvoir s’efforce, de toutes les manières possibles, de minimiser le résultat et ses conséquences. Il entend que sa politique de casse sociale, de flexibilisation du travail, de privatisation et de remise en cause des droits démocratiques se poursuive sans contrôle démocratique et avec le moins possible de perturbation. Pour cela, les partis néolibéraux aux Pays-Bas et dans l’UE veulent aller dans la même direction.

Toutefois, le résultat de ce référendum montre clairement qu’il existe un potentiel de briser le front néolibéral. Cette brèche peut être utilisée pour gagner de «vrais emplois», plus de pouvoir d’achat pour les salariés, pour les retraités, une amélioration du secteur public, des transports, des services sanitaires et sociaux. Pour cela, l’opposition à la politique de casse néolibérale doit être sortie des mains des populistes de droite. Par conséquent, nous appelons à:

Renforcer le mouvement ouvrier.
Renforcer le mouvement syndical.
Renforcer le Parti communiste.

La direction du NCPN, le 9 Avril 2016

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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE INTERNATIONAL
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 14:11
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 14:07
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