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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 03:01
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Au Venezuela, les électeurs ont « confisqué » la démocratie

Dimanche 7 octobre, le président vénézuélien Hugo Chávez a été réélu pour la troisième fois, avec 55,14 % des suffrages, contre 44,24 % en faveur de son principal adversaire, M. Henrique Capriles Radonski (1). Le camp « chaviste » progresse d’environ 700 000 voix par rapport à 2006 mais, le nombre d’inscrits ayant augmenté de plus de 3 millions de personnes (pour atteindre 18 903 937 votants), en pourcentage, il régresse de sept points. Il n’en s’agit pas moins d’une nouvelle victoire — large — pour M. Chávez, dans un scrutin (le quinzième depuis son arrivée au pouvoir) décrit comme transparent par tous les observateurs et ayant bénéficié d’une participation de plus de 80 %. Si la population marque ainsi son refus d’un retour de la droite au pouvoir, elle espère sans doute également que la bataille électorale aura aiguillonné le camp du président en l’incitant à s’attaquer plus efficacement aux problèmes, réels, que rencontre la « révolution bolivarienne » : personnalisation du pouvoir, corruption, faiblesse de l’appareil productif, insécurité...

 

Présent sur place lors du vote, l’ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique raconte une campagne qui, comme bien souvent lorsqu’il s’agit du Venezuela, a conduit de nombreux « observateurs » internationaux à s’alarmer de la « dérive dictatoriale » (2) ou « despotique » (3) de M. Chávez plutôt qu’à s’intéresser à ce qui, dans son action, pouvait séduire les électeurs.

 

par Maurice Lemoine, jeudi 11 octobre 2012

Au pouvoir depuis l’élection de décembre 1998, le président Hugo Chávez paraît imbattable : c’est ce qu’affirment tous les sondages depuis le début de la campagne électorale. Certains des instituts les plus connus — Grupo de Investigación Social Siglo XXI (proche du pouvoir), Instituto Venezolano de Datos (IVAD), International Consulting Services, Datanalisis — donnent au chef de l’Etat en quête d’un nouveau mandat entre dix et dix-huit points d’avance sur son principal adversaire Henrique Capriles Radonski.

 

Pourtant, curieusement, alors que le jour du scrutin se rapproche, et que rien ne semble justifier un tel revirement, quelques officines, s’abstenant de révéler la fiche technique et la méthodologie utilisées dans leurs enquêtes, parlent d’« égalité » (Varianzas) ou vont même jusqu’à promettre la victoire au représentant de l’opposition (Institut Hernández Hercón). Dès le 7 août, sans avancer d’éléments tangibles, M. Capriles avait assuré qu’il faisait la course en tête, que son avantage augmentait et qu’il gagnerait la présidentielle avec un écart conséquent.

 

Le camp bolivarien continuant néanmoins à envisager sa permanence au pouvoir, le quotidien d’opposition El Universal, le 25 septembre, sonne le tocsin dans un article signé Yon Goicoechea : « Chávez a des partisans et Capriles en a encore plus. Les effets politiques de l’élection du 7 octobre ne seront pas déterminés par le fait, aujourd’hui connu, que Henrique gagnera cette confrontation. (...) Si le CNE [Conseil national électoral] commet une fraude, ce qui suivra sera horrible. En quelques minutes, les rues du centre de Caracas se rempliront de gens célébrant le triomphe de Chávez. De l’autre côté de la ville, Capriles tiendra une conférence de presse et convoquera les Vénézuéliens dans la rue. En quelques heures, on aura deux masses humaines opposées et radicalisées dans chaque ville du Venezuela. Le 7 octobre sera un défi pour les Forces armées nationales, car la sécurité sera sérieusement compromise. » En clair : comme à l’occasion de chaque scrutin, la droite entonne le grand air de « la fraude ».

 

On se souviendra que le 16 août 2004, au lendemain du référendum révocatoire largement gagné par M. Chávez, le dirigeant d’Action démocratique (AD) Henry Ramos Allup avait contesté ce triomphe et promis d’apporter les preuves de la falsification des résultats. Huit années ont passé. Si M. Ramos Allup a eu l’insigne honneur d’être récemment élu vice-président de l’Internationale socialiste (4), on attend toujours les preuves en question...

Une gauche... de gauche

Quatorze ans de « chavisme » ont profondément transformé le Venezuela. A la différence de ce qui se passait sous les gouvernements précédents, une grande part de la rente pétrolière a été utilisée pour financer la politique sociale. Les humbles (nombreux) qui crient « Viva Chávez ! » se réfèrent sans doute aux millions de personnes qui, chaque jour, accourent dans les différents programmes — Mercal, Pdval, Bicentenario, Farmapatría — où ils peuvent acheter les produits de première nécessité à prix subventionnés. Les jeunes qui s’enthousiasment — « Chávez va gagner ! » — songent d’évidence à la politique d’inclusion et d’éducation menée à tous les niveaux, aux livres et aux ordinateurs (les canaimitas) gratuits qui leur sont distribués. Les vieux qui se vêtent de t-shirts rouges, le font probablement parce que les 200 000 retraités touchant une pension à la fin de la IVe république ont fait des petits et sont devenus 2 300 000 aujourd’hui. Quand les mères de familles parlent avec émotion du « comandante », c’est parce que les différentes « missions » mises en place leur ont donné accès à la santé, c’est parce que deux millions d’entre elles et de leurs proches bénéficient désormais du régime de la sécurité sociale. Que les mal logés prennent parti n’a rien de surprenant non plus : la Grande mission logement Venezuela, certes trop tardivement créée, a bâti des dizaines de milliers d’habitations depuis sa naissance voici dix-huit mois et entend continuer à les multiplier. Depuis leurs coopératives, les paysans aussi lèvent le poing : grâce à la réforme agraire, le pays est passé de 17 160 577 tonnes d’aliments produits en 1998 à 24 686 018 tonnes en 2010, soit une augmentation de 44 % (ce qui n’a rien d’exceptionnel, mais n’en représente pas moins une sérieuse progression). Allons à l’essentiel : malgré les erreurs ou les échecs (en particulier en matière de sécurité), la pauvreté a régressé entre 2002 et 2010, passant de 48,6 % a 27,8 %, tandis que l’extrême pauvreté suivait la même courbe — de 22,2 % a 10,7 % (5). Le Venezuela affiche par ailleurs le niveau d’inégalités le plus faible de la région : l’antithèse du néolibéralisme sauvage qui étrangle les Européens.

Une droite... de gauche aussi 

Face à un tel bilan, aucun opposant ne peut espérer l’emporter en affirmant représenter « la droite » (les souvenirs du passé hantent encore pas mal de Vénézuéliens). C’est donc en homme de « centre gauche », en admirateur du social démocrate espagnol Felipe González ou des chefs d’Etat brésiliens Fernando Henrique Cardoso, Inãcio Lula da Silva et Dilma Roussef que M. Capriles Radonski se lance à l’assaut du « castro-chavisme ». De quoi éclater de rire ! D’ailleurs l’ex-président Lula ne s’y trompe pas qui, dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie de clôture du Forum de São Paulo (6), le 6 juillet, à Caracas, appuie sans équivoque M. Chavez : « Ta victoire sera notre victoire. » Dans cette partie du monde, on connaît la trajectoire de M. Capriles Radonski.

 

Issu d’une des familles les plus riches du pays, celui-ci a milité dans l’organisation d’extrême droite Tradition, famille et propriété, fondée par un illuminé brésilien, Plinio Correa de Oliveira, qui prétendait recevoir des messages célestes de la Vierge de Fatima, a frayé avec l’un des deux grands partis traditionnels, le Copei, avant de fonder, avec la droite dure, Primero Justicia (Justice d’abord). Sa participation au coup d’Etat du 11 avril 2002, à l’assaut contre l’ambassade cubaine (le 12 avril) et à la tentative de déstabilisation économique de décembre 2002-janvier 2003 sont ici autant présents dans les esprits que sa carrière de député, puis de maire du quartier chic de Baruta, à Caracas, puis de gouverneur de l’Etat de Miranda depuis 2008. Toutefois, il est jeune, il est beau, il sent bon le renouveau ; le voilà donc de centre gauche. C’est que, entre deux blocs « durs », irréductibles et inconditionnels, de taille presque similaire — celui des partisans de la révolution bolivarienne et celui d’une droite prête à élire n’importe qui pourvu qu’il les « débarrasse de Chávez » —, existe une frange d’indécis, voire de déçus relatifs du « chavisme » qu’il s’agit de faire basculer à droite par le charme d’un discours modéré, exempt de radicalisme et d’agressivité.

Le « paquetazo »

C’est au terme d’une primaire organisée le 12 février par la Mesa de Unidad Democrática (Table d’unité démocratique [MUD] ; coalition d’une vingtaine de partis) que M. Capriles Radonski, choisi par 62,5 % des trois millions de votants, est devenu le candidat unique de l’opposition. Toutefois, cette primaire a laissé quelques traces d’amertume et un malaise certain au sein des vieux partis traditionnels — Copei et AD —, le scrutin ayant été entaché de quelques « anomalies », particulièrement dans l’Etat de Miranda. Après avoir hésité à provoquer une crise, les mécontents sont rentrés dans le rang pour ne pas se suicider politiquement en « cassant » la droite à la veille de l’élection.

 

Mais c’est un problème d’une toute autre ampleur qui va provoquer un mal de tête tout puissant à M. Capriles Radonski. Au sein de son camp, les désertions commencent à se multiplier lorsqu’est révélé le programme commun de gouvernement, un document occulte, élaboré par les conseillers de la MUD et signé par les cinq participants aux primaires. Sans jamais avoir été mentionné, ni par le candidat ni par les dirigeants de l’opposition, ce programme à mettre en application en cas de victoire a tout des hideux plans d’ajustement structurel du passé et remet en cause l’ensemble des acquis de la révolution !

 

Rendu public par le jeune chercheur français Romain Mingus (7), ce « paquetazo » (paquet de mesures) repose sur le triptyque « décentralisation-autonomie-privatisations ». Une décentralisation « qui veut transformer le Venezuela en vingt-trois féodalités ayant la liberté de décider des politiques de santé, d’éducation, d’énergie, d’environnement, de transports, etc. (8» Une autonomie ayant pour objet de refaire de la compagnie pétrolière PDVSA un Etat dans l’Etat, exempté de toute responsabilité sociale, et de la Banque centrale du Venezuela (BCV) une entité échappant au pouvoir politique. Le texte prévoit une élimination des « missions » si chères aux plus pauvres, mais qui représentent « une lourde charge fiscale », la fin des subventions agricoles, le gel des retraites et des augmentations de salaire, l’augmentation progressive des tarifs de l’électricité, de l’eau, du métro, du téléphone et des autres services subventionnés par le gouvernement. Tout est écrit noir sur blanc. Tandis que le député William Ojeda est expulsé de son parti, Un Nuevo Tiempo (Un nouveau temps), pour avoir dénoncé le danger de ce « paquetazo » néolibéral, d’autres dirigeants, comme David de Lima (ex-gouverneur d’Anzoátegui) ou l’avocat constitutionnaliste Hermann Escarrá sautent dans les canots de sauvetage et abandonnent le navire de l’opposition. En revanche, les trois partis membres de l’Internationale socialiste — AD, Podemos et Alianza Bravo Pueblo — ne pipent mot. Quant à M. Capriles Radonski, pris la main dans le pot de confiture, il nie — centre gauche oblige — avoir signé ce document. Sans convaincre personne, évidemment.

La plus grande marche du monde

Le 30 septembre, la bataille se déplace sur le terrain des symboles. Démonstration de force, une très imposante marche de l’opposition emplit en totalité l’Avenue Bolivar (l’équivalent des Champs-Elysées parisiens). Tandis que, dans une atmosphère de kermesse, les vendeurs à la sauvette font leur miel en proposant rafraîchissements, sandwichs et drapeaux vénézuéliens, cette foule de plusieurs centaines de milliers de personnes, de peau majoritairement très blanche, ovationne son candidat et crie ses certitudes : « Chávez, mon ami, il ne te reste plus qu’une semaine ! » ; « Ça se voit, ça se sent, Capriles président ! »

« Je crois que c’est sans aucun doute la plus grande concentration de personnes dans l’histoire de Caracas », leur lance leur candidat, sous les acclamations. Dès le lendemain, les médias privés — qui, d’après certains fantaisistes, n’existent plus ! — s’enthousiasment, relaient et amplifient le message, annonçant qu’après cette manifestation, « la plus importante qu’on ait jamais vue », l’histoire de l’Amérique latine ne sera plus la même. Un discours récurrent, dans la bouche ou sous la plume des mêmes, lors de chaque élection, depuis 2002.

La prise de Caracas

Infatigable (selon l’adjectif repris en boucle par l’ensemble des médias), M. Capriles Radonski a visité en deux mois plus de trois cents villes et villages — « parce qu’il n’y avait jamais mis les pieds ! », gouaillent les chavistes. Le président en exercice, lui, du fait de son état de santé, en a fait beaucoup moins. C’est le 30 juin 2011 qu’il a annoncé au pays avoir été opéré d’une tumeur maligne à l’abdomen et, lorsqu’a commencé la campagne, il terminait son second traitement (une radiothérapie). « Il s’est préservé le plus possible, confie l’un de ses proches, pour pouvoir affronter la durée. » Placé dans une situation très favorable par les résultats visibles de sa politique sociale, il a géré cet avantage sans s’exposer intensément en public — ce qui a fait jaser ceux qui, jusque-là, lui reprochaient une trop grande présence — et en se concentrant sur les priorités.

Le 1er octobre néanmoins, à une semaine du scrutin, il sort de sa réserve et entreprend une dernière ligne droite baptisée « De Sabaneta à Miraflores » (Sabaneta étant son village natal et Miraflores le palais présidentiel). Pour compenser ce qu’il n’a pu faire auparavant, il visite deux ou trois Etats par jour : le 1er octobre, Barinas, Cojedes et Portuguesa ; le 2, Lara et Yaracuy ; le 3, Carabobo et Aragua. Une constante revient dans les discours prononcés par un homme apparemment en forme et qui a retrouvé toute sa pugnacité : « Je veux, pour la prochaine période, donner davantage de pouvoir au peuple, pour que lui-même solutionne ses problèmes » (le 3 octobre, à Valencia). Et aussi : « Nous devons gagner avec une majorité écrasante » (sous entendu : pour donner un signal très fort à la droite de la droite et éviter toute contestation des résultats).

Comme il se doit, la clôture de campagne a lieu à Caracas. A l’évocation de « la plus grande marche du monde » de l’opposition ont répondu des haussements d’épaules narquois : « L’Avenue Bolivar ? On l’a déjà remplie plusieurs fois... On va faire beaucoup mieux ! » Cette fois, on occupera les sept principales avenues du centre de la ville — Urdaneta, Lecuna, Baralt, Universidad, Fuerzas Armadas, México, Bolivar. Objectif annoncé : cinq cent mille militants.

Ce 4 octobre, effectivement, « l’avalanche patriotique » s’abat sur la capitale (impossible à dénombrer avec précision, pas plus d’ailleurs que celles des opposants). Tandis que, dans une atmosphère de kermesse, les (mêmes) camelots font leur miel en vendant rafraîchissements, sandwichs, T-shirts, casquettes et symboles bolivariens, une marée rouge que ne parvient même pas à décourager la pluie diluvienne qui s’abat brutalement pendant deux longues heures « prend Caracas » au sens propre et au sens figuré. L’enthousiasme n’a de pair que la motivation et, sous les formes les plus diverses — affiches, pancartes, calicots, drapeaux, etc. —, tous les ingrédients de la révolution bolivarienne sont présents : le libertador Simón Bolivar, le commandante, Hugo Chávez, ainsi que les « missions » et programmes sociaux. Quand l’imaginaire, la volonté et le concret sont en accord, l’un ne s’ajoute pas aux autres, mais les multiplie. Beaucoup trop d’observateurs octroient toute la dynamique de la « révolution bolivarienne » au seul charisme (bien réel) du leader en reléguant « le peuple » au rôle de simple spectateur, ou, pire encore, de marée aveugle, prisonnière de l’émotionnel et de l’irrationnel. Il n’en est rien. Même si une relation affective étonnante les lie à leur comandante, les Vénézuéliens — ou pour le moins ceux qui jusque-là avaient été niés et oubliés — ont, depuis 1998, à travers une démocratie qui se veut participative, pris leur destin et celui du pays en main. Même si beaucoup reste à faire, nul n’en disconvient, à commencer par le président.

Si ce dernier est aussi populaire, c’est parce qu’il est le premier à critiquer les faiblesses du gouvernement, des députés, ou à prendre ses distances avec les gouverneurs du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) souvent très contestés par les militants. En effet, si personne, dans le camp bolivarien, ne remet en question la volonté politique et la direction du mouvement, beaucoup en critiquent le manque d’efficacité — ce qu’exploite, et c’est normal, l’opposition. Mais, en tout état de cause, le lendemain de la « prise de Caracas », ce type d’analyse politique n’est pas la préoccupation première du quotidien El Universal qui, après avoir porté aux nues la « somptueuse » manifestation de l’opposition, se déchaîne contre celle des bolivariens : « Anarchie et abus de pouvoir ont régné hier dans les rues de Caracas du fait de la fermeture des sept avenues principales durant toute la journée, en raison de l’acte de campagne du président Hugo Chávez, qui s’est converti en un cauchemar pour les caraqueños accourus à leurs postes de travail dans le centre. »

La dernière ligne droite

Dans un entretien accordé à la chaine Venevisión, le 2 octobre, M. Capriles Radonski, nerveux, agité, sourire fabriqué aux lèvres, taille en pièces la gestion du chef de l’Etat sortant. « Il prétend avoir construit vingt nouveaux hôpitaux... On ne sait même pas si c’est vrai ! Il faudrait vérifier... » (à cinq jours du scrutin, il serait en effet temps de se livrer à une enquête aussi compliquée pour découvrir que... c’est vrai !). La veille, il a annoncé que, dès sa prise de pouvoir, il se réunira avec le président cubain Raúl Castro pour revoir les accords qui, en échange de pétrole, permettent au Venezuela de bénéficier de l’assistance de l’île en matière de santé, de sport et d’éducation.

Nul ne l’ignore, le résultat de ce scrutin concerne bien plus que le seul Venezuela. Un retour de la droite au pouvoir à Caracas porterait un coup très dur à la dynamique qui voit l’Amérique latine s’émanciper des politiques impérialistes des Etats-Unis et... de l’Union européenne, et choisir son propre chemin. Les rumeurs de l’ahurissante campagne médiatico-politique qui se déchaîne à l’étranger, en particulier en Espagne et en France, contre le président Chávez, parviennent en effet jusqu’à Caracas et laissent pantois (voir l’encadré). Le « socialisme du XXIe siècle » inquiète décidément beaucoup. Pourtant, le camp du président sortant demeure serein : « On connaît nos forces, nos faiblesses, confie le vice-ministre des affaires étrangères Temir Porras, ainsi quela réalité politique du pays. Malgré tout ce chahut, on va gagner. » 

Dans son dernier entretien accordé, le 5 octobre, à la télévision publique Venezola de Televisión (VTV), depuis le palais présidentiel de Miraflores, M. Chávez, après avoir admis que « l’une des principales failles de la révolution bolivarienne est le manque de suivi » des réformes, et qu’il entend y remédier, précise que jamais il ne renoncera à la bannière du socialisme. Un socialisme rénové, reposant sur une souveraineté définitive, irréversible, sur l’exploitation des ressources naturelles, la consolidation de la doctrine militaire (9), l’approfondissement de la démocratie, la participation populaire, une politique d’industrialisation reposant sur une économie mixte, avec un secteur privé national et transnational, mais sous le contrôle de l’Etat — c’est-à-dire, s’esclaffe M. Porras, « que le mythe du castro-communisme autocratique s’effondre totalement ».

Pourtant, les observateurs supputent, s’interrogent, se grattent le front. La campagne médiatique internationale, avec ses formules toutes faites — « populisme », « autoritarisme », « désastre économique », « fraude possible », « confiscation de la démocratie » — recoupe de trop près les éléments de langage de l’opposition (un véritable copier-coller) pour que ne s’installe pas une certaine appréhension. Certes, le 15 septembre, l’argentin Carlos Álvarez, chef de la Mission d’observation électorale de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) (10), a déclaré : « Il est intéressant de souligner un élément que très peu connaissent, je parle surtout de ceux qui analysent la réalité depuis la désinformation ou les préjugés, c’est que le Venezuela possède aujourd’hui un des systèmes électoraux les plus vigoureux et les plus avancés technologiquement de l’Amérique Latine, ce qui garantit la transparence, le contrôle et la surveillance du scrutin (11). » Certes, le 5 octobre, il persiste, signe, et (message subliminal à destination de l’Union européenne et des Etats-Unis) précise que cette confrontation électorale offre l’occasion de démontrer que les pays de la région sont capables d’organiser et de garantir la transparence des élections. La semaine précédente, l’ancien président américain James Carter, dirigeant du centre éponyme, a déclaré : « En réalité, sur les quatre-vingt-douze élections dont nous avons surveillé le déroulement, je dirais que le processus électoral du Venezuela est le meilleur du monde. (12»

Il n’en demeure pas moins que, à l’instar de Rafael Poleo, directeur du quotidien El Nuevo País, qui écrit « ignorer que le gouvernement prépare une fraude est une idiotie (13) », l’opposition ne cesse de mettre en cause l’impartialité du CNE et M. Capriles Radonski, chaque fois qu’on le lui demande, se refuse à préciser si, dans l’hypothèse où ils lui seraient défavorables, il acceptera les résultats. De quoi provoquer, dans ce pays qui a déjà connu un coup d’Etat (manqué) et une tentative de déstabilisation économique (également ratée, mais dévastatrice pour le pays) l’émergence d’une inquiétude. Nul ne doute que, si au jour J, leurs dirigeants claquent dans leurs doigts, les électeurs de droite, bombardés depuis des mois par la thèse de la manipulation du vote, mis en condition, et donc convaincus, descendront dans la rue. Le lendemain du scrutin, « si Chávez gagne », Caracas s’éveillera-t-elle dans les lumières bleues des gyrophares et la furie des émeutiers ?

L’entourage du président n’en demeure pas moins serein. Séquelle des primaires, il existe une certaine dissidence au sein de l’opposition. Des éléments de la vieille sociale démocratie, quelques démocrates chrétiens, des dirigeants d’Un Nuevo Tiempo qui ont intégré l’idée de la défaite, savent que M . Capriles Radonski sera battu et qui, par ailleurs, haïssent les « princes caraqueños » qu’il représente, ont discrètement fait savoir qu’ils accepteraient le verdict des urnes. Que M. Capriles perde ! Eux attendent le 8 octobre pour commencer à reconstruire l’opposition selon leurs vues. D’autre part, les déclarations d’Unasur et des observateurs indépendants ne laissent guère d’espace pour dénoncer une fraude avec un minimum de crédibilité. Qu’on y rajoute que tous les dirigeants de droite ne sont pas partants pour se lancer dans une « aventure » insurrectionnelle, à l’image de celles qui ont déjà échoué : pour les bolivariens, si M. Chávez gagne avec une avance suffisante, « l’affaire est pliée ».

Un certain 7 octobre

Très tôt — « comme l’a dit notre comandante » — bien avant l’ouverture du scrutin, des files interminables s’étirent devant les bureaux de vote des quartiers populaires. Aucune angoisse, on discute, on s’amuse — « C’est un jour important ! » — « Important ? N’exagère pas ! Le jour important c’est le 11... Le championnat de baseball recommence ! » —, on s’installe avec parapluies (pour se protéger... du soleil) chaises pliantes et provisions car, vu l’affluence exceptionnelle, l’attente sera longue (80,9 % de participation).

Même si elle n’en fait pas un usage intensif et permanent, l’espèce humaine se caractérise par une certaine rationalité : lorsque, à 22 h 05, la présidente du CNE Tibisay Lucena annonce la victoire de M. Chávez, son adversaire reconnaît immédiatement son échec. Avec 54,42 % des voix et quasiment dix points d’avance sur le candidat de l’opposition (44,97 %), le président en exercice repart pour un nouveau de mandat de six ans.

La défaite a au moins trois visages : celui de la droite vénézuélienne et latino-américaine ; celui des Etats-Unis ; celui des médias dominants nationaux et internationaux, qui vont devoir se contorsionner pour expliquer à leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs comment celui qu’ils ont présenté comme un caudillo populiste, inefficace, archaïque et autoritaire, l’a une nouvelle fois emporté. On peut leur faire confiance pour trouver une explication — du genre : « Au Venezuela, les électeurs ont confisqué la démocratie ».

Campagne électorale à Paris

Le 1er octobre, la revue Building et l’association Dialogo por Venezuela, Justicia y Democracia organisaient à Paris une conférence consacrée aux « Enjeux des élections présidentielles au Venezuela ». Invités à s’exprimer, la chercheuse Renée Fregosi (membre de l’Internationale socialiste), la sociologue Mercedes Vivas, le chroniqueur d’Europe 1 Alexandre Adler (14) et le député européen d’Europe-Ecologie-Les Verts Daniel Cohn-Bendit (dans l’impossibilité de se déplacer, ce dernier avait enregistré un message vidéo « pour dire tout le mal qu[‘il] pense de Chávez »). Au fil de leurs exposés — qui présentaient le Venezuela comme une dictature (bien que « pas classique ») et M. Chávez comme un personnage « grotesque » et « dégoûtant » —, les intervenants insistèrent sur l’angoisse qui les travaillait (et dont l’exposé semblait fournir sa véritable raison d’être à la soirée) : la probabilité d’une guerre civile déclenchée par le camp chaviste en cas de victoire de M. Capriles. Près d’une heure et demie et quatre interventions plus tard, le clou n’avait semble-t-il pas été suffisamment enfoncé. Une personne visiblement proche des organisateurs se leva donc, depuis la salle, pour poser la question qui lui brûlait les lèvres : « A-t-on envisagé le fait que le Venezuela puisse sombrer dans un guerre civile si M. Capriles l’emportait ? » Réaction du modérateur de la soirée : « Voilà une question très intéressante ! »

R.L.

(1) Chiffres alors que 97,65 % des votes avaient été décomptés. Mme Reina Sequera obtient 0,47 % des suffrages, M. Luis Reyes 0,05 %, Mme Maria Bolivar 0,04 % et M. Orlando Chirino 0,02 %.

(2) Lire Renaud Lambert, «  Législatives au Venezuela, une défaite à l’envers  », La valise diplomatique, 1er octobre 2010.

(3) Parfois au prix d’erreurs factuelles grossières, comme au journal télévisé de France 2, le 3 octobre 2012 : lire Nils Solari, «  Venezuela : France 2 se plante et se corrige… un peu  », 11 octobre 2012, Acrimed.org.

(4) Lire Maurice Lemoine, «  Internationale socialiste ou les Pieds Nickelés en Amérique latine  », Le Monde diplomatique, janvier 2012.

(5) Commission économique pour l’Amérique latine (Cepal), «  Panorama Social de América Latina 2011  », Santiago (Chili), 2012.

(6) Organisation regroupant toute la gauche latino-américaine.

(7) Romain Mingus, «  El Nuevo Paquetazo  » (PDF).

(8) Ibid.

(9) La doctrine militaire vénézuélienne repose sur la préparation à une guerre asymétrique pour repousser une éventuelle agression.

(10) Organisation qui rassemble les douze pays de l’Amérique du Sud.

(12) «  Carter affirme que le processus électoral du Venezuela est le “meilleur du monde”  », Business Wire, Agence France Presse, 22 septembre 2012.

(13) El Nuevo Herald, Miami, 7 août 2012.

(14) Lire Mathias Reymond, «  Alexandre Adler, portrait d’un omniscient  », Le Monde diplomatique, juin 2006.

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Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL
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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 07:20

Monde

Monde - le 5 Octobre 2012

Venezuela : Nouveau choc électoral sous tension

Caracas (Venezuela), envoyée spéciale. Les Vénézuéliens élisent, ce dimanche, leur président. Hugo Chavez, qui brigue un nouveau mandat, est opposé à Henrique Capriles, le candidat néolibéral. En jeu : la poursuite du processus socialiste, à l’œuvre depuis une décennie.


Tractopelle, bétonneuse, échafaud, les abords de Parque Central ne sont qu’un vaste chantier. Édifices ocre, ou encore rouge et gris, des dizaines de bâtiments ont déjà fait leur apparition dans le centre de Caracas. Sur chacun d’eux, un sigle apposé : un grand V de Vivienda, symbole de la grande mission logement du gouvernement d’Hugo Chavez, dont l’objectif est de construire trois millions d’appartements d’ici à 2019.

 

Le nouveau métrocâble, qui relie le cœur de la capitale vénézuélienne à la cime du quartier San Agustin, passe à proximité de la résidence de Cleiver. Voilà quatre mois que ce jeune barman de dix-huit ans s’y est installé avec son épouse. Aux fenêtres, des affiches de la campagne officielle du président sortant – « cœur de (ma) patrie » –, qui, le 7 octobre, brigue un nouveau mandat. Il y a un an et demi, Cleiver, comme près de 200 000 autres familles, a perdu son logement à la suite de pluies torrentielles qui se sont abattues sur son quartier de Boqueron. Depuis, il était hébergé dans un refuge. « Un jour, on nous a dit que nous allions enfin avoir notre appartement, raconte-t-il. Jamais je n’aurais imaginé habiter dans le centre de la ville car j’ai toujours vécu dans un barrio. » Il suffit de lever le nez pour savoir de quoi il retourne.

 

La capitale vénézuélienne est surplombée de collines. Au début du XXe siècle, les paysans fuyant la misère, les plus paupérisés de Caracas se sont installés sur les flancs escarpés de ces hauteurs, construisant anarchiquement des habitats précaires. La densité humaine, l’absence d’emplois et de services basiques ont transformé ces lieux en zones de non-droit, d’exclusion sociale. Jusqu’à il y a treize ans. « Nous n’avions rien car tout était privatisé », résume Jessica Cerezo, militante « bolivarienne » du front Francisco de Miranda. « Le peuple n’avait accès ni à l’éducation ni à la santé. Depuis l’accession de Chavez à la présidence, en 1998, le changement est réel. Nous pouvons dire que nous avons une vraie sécurité sociale. »

 

«Processus bolivarien»


Avec les dividendes de la rente pétrolière, et la coopération internationale, notamment avec Cuba, les gouvernements d’Hugo Chavez ont mis en place, dès 2002, les missions sociales, des programmes d’accès à la santé, à l’éducation, au logement, à l’alimentation. Elles ont constitué le fer de lance du désormais célèbre « processus bolivarien » avec pour objectif de combler l’abîme social. Le taux de pauvreté est tombé de 49,4 %, en 1999, à 27,8 % en 2010 ; l’analphabétisme a chuté de 9,1 % à 4,9 %, en 2011, selon la Commission économique pour l’Amérique latine de l’ONU (Cepal). Le chômage a été réduit de 27 % à 6,9 %, bien que le travail informel pèse encore près de 40 %. Les salaires ont été sensiblement augmentés. Sur le plan de la démocratie, les conseils communaux ont contribué à réintégrer dans la société les classes populaires qui, hier encore, étaient marginalisées.

 

En dépit de ces ruptures, le pays n’a pas encore fini de relever la tête. « Il faut renforcer les systèmes éducatif et de santé, changer notre économie pour asseoir notre indépendance et notre souveraineté », estime Jessica. L’amélioration des missions est l’un des enjeux du 7 octobre. Ce n’est pas le seul. La corruption et la bureaucratie, des tares héritées de la IVe République, sont toujours légion.

 

La lutte contre la criminalité exponentielle est également un défi pour le prochain exécutif. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’opposition de droite et son candidat, Henrique Capriles, ont fait de ce problème leur étendard électoral. « Le peuple est fatigué. Il veut une nouvelle politique de sécurité, de progrès ! » assène Carlos Larmone, habitant de la Fila de Barreche dans la ville-dortoir de Petare, à l’est de Caracas.

 

L’angoisse qu’engendre la violence cache mal un autre discours. « La distribution de la richesse doit profiter aux Vénézuéliens ! » proclame Orlando Canelones, économiste. « Le pétrole ne doit pas être au service du projet politique de l’actuel président. Il doit, en premier lieu, aider notre population », dit-il en allusion à la coopération cubano-vénézuélienne de vente de pétrole à tarifs préférentiels en échange d’aides dans le domaine de la santé. C’est là l’un des aspects fondamentaux du programme de la droite, qui, en cas de victoire, remettrait en cause les conventions d’intégration régionale.

 

Confrontation idéologique


« En Amérique latine, le pouvoir est né du fusil, rappelle Roger Capella, ancien ministre de la Santé. Mais l’expérience bolivarienne a démontré que l’on pouvait entreprendre des changements structurels et démocratiques de manière pacifique et démocratique. Ce processus, car on ne peut encore parler de socialisme, a changé le visage du Venezuela et ouvert la voie à un autre rapport de forces sur le continent. La solidarité régionale se jouera aussi dans les urnes, le 7 octobre. » Il n’empêche, le discours de l’opposition séduit. L’écart entre le candidat de la droite, de la Table d’unité démocratique (MUD), et celui du Parti socialiste unifié du Venezuela (Psuv) n’a jamais été aussi serré, selon des sondages contradictoires auxquels on peut difficilement se fier.

 

Pour Federico Ruiz Tirado, analyste politique et écrivain, le masque doit tomber. « Le pétrole existait hier mais personne ne s’interrogeait sur le pourquoi de la pauvreté », interpelle-t-il en réponse aux diatribes sur les pétrodollars dont abuserait Chavez. « L’opposition veut dénaturer PDVSA (compagnie pétrolière nationale – NDLR), en dépolitisant le rôle de constructeur du processus. Elle veut la replacer dans le giron des intérêts privés. » Pour cet intellectuel, le pays est le théâtre d’une « confrontation idéologique entre deux modèles qui se caractérise par une grande tension ».

 

Au pied de l’immeuble de Cleiver, les fresques électorales n’ont pas tardé à faire leur apparition. « Pour que nous gouvernions, nous, les pauvres, votons pour Chavez. » Les avenues adjacentes ont été revêtues de milliers d’affichettes socialistes. Hier, aux premières heures de la journée, les militants de la coalition de gauche et les électeurs du président sortant ont commencé à converger vers les grands boulevards, au cœur de Caracas. Un début de marée rouge pour livrer, à trois jours d’un scrutin essentiel, « la bataille parfaite pour la victoire parfaite ».

 

 

Élection, mode d’emploi
Dix-neuf millions de Vénézuéliens se prononceront, dimanche, par vote électronique, dans plus de 130 000 bureaux, pour départager les candidats en lice. Le président socialiste Hugo Chavez et son principal adversaire de droite, Henrique Capriles, ont fait la course en tête des sondages, dépassant de loin les candidatures de l’évangéliste Luis Reyes Castillo, du trotskiste Orlando Chirino ou encore de Maria Josefina Bolivar et Reina Maria Sequera, Yoel Acosta Chirinos s’étant, lui, désisté en faveur de Chavez.

 

Cathy Ceïbe

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 08:21

Et si Kadhafi avait été tué pour protéger les secrets de Sarkozy...

Le 02/10/2012 -


Selon plusieurs diplomates étrangers, le colonel libyen n'aurait pas été abattu par un rebelle, mais bien par un agent français, chargé de faire taire le dictateur au sujet de certains secrets embarrassant pour Nicolas Sarkozy...

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La thèse officielle de l'assassinat de Muammar Kadhafi par un rebelle libyen est aujourd'hui mise à mal. Pourtant, tout le monde se souvient des images de Omran Ben Chaaban, ex-rebelle libyen, brandissant le pistolet en or du dictateur après son assassinat.

La version officielle qui affirmait que des opérations aériennes de l'ONU avait permis de bloquer le convoi de Kadhafi en octobre 2011, le livrant aux mains de rebelles et au lynchage qui avait suivi, est remise en cause. Et par plusieurs sources !

"Ces services voulaient que Kadhafi se taise à jamais"
L'ancien Premier ministre du Conseil national de transition libyen (CNT) Mahmoud Jibril, s'est exprimé à ce sujet sur la chaîne égyptienne Dream TV, annonçant que "c'est un service de renseignement étranger" qui est à l'origine du décès de Kadhafi. Il explique que "ces services voulaient que Kadhafi se taise à jamais. Ils ne voulaient pas qu'il évoque certaines questions [...] Kadhafi était en possession de plusieurs secrets et détenait des documents. Il entretenait des relations avec un certain nombre de services étrangers".

 

Ces révélations ne sont pas sans rappeler les menaces que Kadhafi avait lancées à l'encontre de Nicolas Sarkozy lorsque la France avait joué un rôle important dans la reconnaissance internationale du CNT, les rebelles de l'époque. Il avait ainsi promis de dévoiler un "grave secret" sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007. En mars 2011, Seif el-Islam, le fils de Kadhafi, avait d'ailleurs exigé de Nicolas Sarkozy qu'il rende "l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale", promettant sinon de "tout révéler", et d'"entraîner la chute de Sarkozy".

 

 

"Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel"


Et Mahmoud Jibril n'est pas le seul à aller dans ce sens. Selon le journal italien Le Corriere della Sera, des diplomates européens basés à Tripoli expliquent que la mort du colonel est due "certainement à un agent français", ajoutant que "Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel, et le plus rapidement possible".

De son côté, le Daily Telegraph anglais en rajoute une couche, citant Rami El Obeidi, ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères pour le CNT : "Les services français ont joué un rôle direct dans la mort de Kadhafi".

 

 

Une aide de Bachar al-Assad ?


Et selon lui, c'est grâce à Bachar al-Assad que les Français ont réussi à localiser le dictateur. Le président syrien aurait transmis le numéro de téléphone de Muammar Kadhafi, permettant sa géolocalisation, en échange d'une baisse de la pression exercée par la France sur son régime. Seulement, cette explication est difficile à croire, Nicolas Sarkozy ayant été, à l'époque, l'un des chefs d'Etat occidentaux les plus durs vis-à-vis de la Syrie.

Interrogé par Le Point, Patrick Haimzadeh, ancien diplomate, explique "cela ne signifie pas qu'un membre des services secrets français ait abattu Kadhafi. Cela peut tout à fait être un combattant libyen formé par la France, sans qu'il y ait eu forcément d'ordre hiérarchique venant de Paris".

 

 

Le fils et l'ex-chef des renseignements au courant des secrets ?


Pour Mahmoud Jibril, ancien Premier ministre du CNT, ces révélations tombent plutôt bien ! Omran Ben Chaaban, jusqu'à présent officiellement reconnu comme étant celui qui avait capturé le dictateur libyen, avait été enlevé en juillet dernier par des miliciens, puis relâché dans un état critique... avant de décéder mardi dernier à Paris. En attendant, sa présence en France peut surprendre, alors que le pays n'a accueilli que très peu de blessés de guerre libyens...

 

Mais les doutes sur cette nouvelle version de la mort de l'ex-dictateur libyen sont quand même importants. Cette théorie laisse entendre qu'il fallait faire taire Muammar Kadhafi. Or, d'après Hasni Abidi, directeur du Cermam (Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen), Seif el-Islam, fils de Kadhafi, et l'ex-chef des renseignements du dictateur, Abdallah el-Senoussi, connaîtraient au moins 90% des secrets. Ils sont pourtant toujours en vie...

© ERIC FEFERBERG / AFP

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 13:22

L’unité latino-américaine pour défendre le vote des vénézuéliens relègue au passé la désinformation et la “vigilance” de l’Europe et des États-Unis

Il est intéressant de souligner un élément que très peu connaissent, je parle surtout de ceux qui analysent la réalité depuis la désinformation ou les préjugés, c’est que le Venezuela possède aujourd’hui un des systèmes électoraux les plus vigoureux et les plus avancés technologiquement de l’Amérique Latine, qui garantit la transparence, le contrôle et la surveillance du scrutin” a déclaré ce samedi 15 septembre 2012, l’argentin Carlos Álvarez, Chef de la Mission d’observation électorale de l’UNASUR, organisme qui rassemble les douze pays de l’Amérique du Sud.

 

 

Álvarez qui est également secrétaire général de l’Association Latino-Américaine d’Intégration (ALADI) a ajouté que les processus électoraux antérieurs qui se sont déroulés au Venezuela et dans lesquels il a participé par trois fois comme observateur, mettent en évidence que “les conditions sont établies – au-delà de la radicalisation des discours, de la dureté de la confrontation et des visions politiques antagoniques – pour que le 7 octobre marque un pas important dans la consolidation de la démocratie vénézuélienne”.

Il a souligné que la mission d’observation du Conseil Electoral de l’UNASUR “veut en finir avec l’idée selon laquelle nous les latino-américains, par notre propre histoire d’instabilité politique, de coups d’État, de dictatures militaires, d’injérences externes, de fraudes électorales et de gouvernants incompétents ou corrompus, soyons incapables d’observer et de veiller à la transparence de nos propres processus électoraux ”.

Les douze États-membres de l’UNASUR. Le Paraguay est actuellement suspendu de l’organisme à la suite du coup d’État mené contre le Président Lugo.

Il s’agit également pour l’UNASUR de mettre un terme à l’idée selon laquelle les élections dans les pays de la région doivent être observées par des “missions européennes ou états-uniennes”.

Nous sommes conscients de ce que les missions électorales sont très délicates, a fortiori dans les sociétés fortement polarisées, où très souvent les accusations de fraude ou l’existence d’irrégularités servent d’instrument de combat politique ou partisan pour ceux que les urnes n’ont pas favorisés“.

Le 27 septembre 2012 le ministre de la Cour Électorale uruguayenne et membre de la délégation de l’UNASUR, Pablo Klappenbach, a déclaré à Caracas que “les modes de contrôle et de vérification du système électoral vénézuélien sont très exigeants et respectent les standards internationaux les plus stricts en matière électorale“.

 

 

Pour sa part le Ministre des Affaires Étrangères du Brésil, Antonio Patriota (photo), a souligné le dimanche 16 septembre que le processus électoral du Venezuela qui se déroulera ce 7 octobre sera “fiable et transparent” et que l’Amérique du Sud, notamment à travers un organisme comme l’UNASUR, dispose des mécanismes pour accompagner ces processus.

Patriota a affirmé que l’Amérique du Sud est actuellement “une des zones les plus démocratiques du monde” dans laquelle prévaut l’État de Droit et dans laquelle “tous les gouvernements sont élus démocratiquement”. Il a expliqué que dans la région il y a des “sociétés plus polarisées que d’autres”, citant l’exemple du Venezuela où en avril 2002 “l’opposition vénézuélienne a démontré son caractère peu démocratique en tentant de renverser par un coup d’État le président Hugo Chavez, démocratiquement élu”.

 

 

Enfin l’ex-Président états-unien Jimmy Carter a déclaré ce 19 septembre 2012 qu’après avoir observé plus de 90 élections dans le monde, il était en mesure d’affirmer que “le processus électoral au Venezuela est le meilleur du monde”.

Durant la rencontre publique annuelle du Centre Carter, fondation que préside l’ex-mandataire, celui-ci a fait l’éloge du Venezuela pour son système automatisé de vote doublé d’une preuve imprimée qui facilite la vérification des résultats.

Sources :  Argentine : Página 12 http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-203475-2012-09-16.html, Brésil : www.estadao.com.br  http://www.estadao.com.br/noticias/internacional,potencias-nao-estao-fazendo-seu-papel-diante-da-crise-siria-diz-antonio-patriota,931098,0.htm ,

États-Unis : http://www.globalatlanta.com/article/25788/ Traduction : Thierry Deronne

 

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/09/18/lunite-latino-americaine-pour-defendre-le-vote-des-venezueliens-relegue-au-passe-la-desinformation-et-la-vigilance-de-leurope-et-des-etats-unis/

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 15:28

 

  - le 1 Octobre 2012

Kadhafi, Bachar al-Assad et la France, les étonnantes révélations

Un agent des services secrets français qui aurait achevé Mouammar Kadhafi. Bachar al-Assad qui aurait vendu à la France le numéro de téléphone de l'ex-dictateur libyen contre un peu de tranquillité pour son régime en Syrie. Ces étonnantes "révélations " distillées dans la presse européenne ces derniers jours, proviennent toutes de la même source: un ex-membre de la rébellion à Benghazi.


Sur son compte Twitter, il se présente comme un "révolutionnaire, ancien officiel du Comité national de transition libyen, farouche fervent du combat pour un régime souverain, démocratique et libre en Libye". A chaque fois, Rami El Obeidi, désigné dans les différents articles comme un ancien chef des services de renseignements de la rébellion, confirme les "fuites" sur la façon dont les Français auraient localisé puis éliminé Mouammar Kadhafi.

 

Source tombée en disgrâce

Un autre quotidien anglais, The Telegraph, notait dimanche à propos de Rami El Obeidi que ce dernier était tombé en disgrâce auprès de la plus puissante faction de la rébellion libyenne du fait de ses liens avec le général Abdoul Fatah Younes, ex-chef de l'opposition qui a été éliminé par ses propres partisans en juillet 2011. Mais qu'il continuait ses activités de renseignement, à "un niveau semi-officiel mais élevé". Reste à savoir pour le compte de qui il distille ces révélations.

 

Les Français localisent Kadhafi…

Ce lundi, le Daily Telegraph affirme, confirmations d'El Obeidi à la clé, que Bachar al-Assad aurait offert le numéro de téléphone satellitaire Iridium de Kadhafi aux services français, en échange d'une pause dans les sanctions à l'encontre du régime syrien secoué par les premières manifestations en Syrie en lien avec le printemps arabe. "Cette pause a effectivement eu lieu", affirme Rami El Obeidi.

Toujours selon ce dernier, les services secrets français seraient alors parvenus à localiser Mouammar Kadhafi à Syrte, grâce à un appel que celui-ci aurait passé à l'un de ses partisans, Youssouf Shakir, ainsi qu'à un militant palestinien basé en Syrie, Ahmed Jibril.

 

… chapeautent l'opération d'arrestation…

Les Français auraient alors supervisé directement l'opération pour débusquer le dictateur libyen, alors même que des officiers des renseignements anglais et turcs étaient sur place. Ils auraient envoyé un groupe de miliciens de l'opposition vers la zone où le convoi de Mouammar Kadhafi avait été pilonné quelques jours plus tard par l'aviation de l'OTAN. "Les Français ont donné la localisation du lieu où il devait être appréhendé, mais, quand il a été pris vivant, ils n'ont pas fait grand cas du fait qu'il ait été battu ou blessé."

 

Selon la version officielle délivrée par l'OTAN, le convoi de Kadhafi aurait été pris pour cible par l'aviation anglaise sans savoir que le dictateur se trouvait dedans. Ce dernier aurait été tué peu après avoir été retrouvé dans un conduit, alors qu'il était mené par les miliciens vers Misrata (à lire: Kadhafi, la fin sanglante).

 

… pour mieux le faire abattre?

Une autre source citée par El Corriere della serra, Mahmoud Jibril, ancien premier ministre du Comité national de transition et actuel chef de parti en Libye, va plus loin en affirmant qu'un agent "étranger" était engagé dans l'opération qui s'est achevée par la mort de Kadhafi. Le quotidien italien se fonde sur une autre source, cette fois un diplomate occidental en poste à Tripoli, pour expliquer que cet agent étranger "était presque assurément français". L'organe de presse transalpin en tire la conclusion que si la France a mené de bout en bout l'opération, c'est parce que Nicolas Sarkozy n'avait pas intérêt à ce que Mouammar Kadhafi révèle tous les secrets des relations nouées entre le président français et son homologue libyen, notamment pour un financement présumé de la campagne de la présidentielle française de 2007 du désormais ex-hôte de l'Elysée.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:22

 

Le PCF exprime sa très grande inquiétude devant la décision des autorités françaises d’engager la France dans un soutien opérationnel à une intervention militaire de la CEDEAO au Mali.

 

Le PCF souligne son opposition catégorique à une telle expédition aux risques considérables. Les dangers d’enlisement et de déstabilisation régionale sont énormes et ils ont d’ores et déjà suscité des réserves au sein même de l’ONU. Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a exprimé ses réticences. Hilary Clinton elle-même, qui s’y connaît dans le domaine de la guerre, parle de «poudrière». Il est consternant que la France puisse s’engager militairement ainsi dans une aventure à l’issue plus qu’incertaine et dont les conséquences pourraient être désastreuses.

 

Il est par ailleurs particulièrement choquant que le sort des 6 otages français ne soit pas sérieusement pris en compte alors qu’à l’évidence cette intervention militaire met leur vie même en danger. Le PCF appelle à la responsabilité et à l'arrêt immédiat de tous les préparatifs de guerre. Les forces spéciales françaises déjà engagées sur le terrain, en contradiction avec les déclarations officielles, doivent être retirées.

 

Non satisfaites d’avoir déstabilisé hier l’ensemble de la zone sahélo-saharienne en Afrique de l’Ouest par la guerre de Libye, les autorités françaises d’aujourd’hui – au lieu de tirer les enseignements du passé le plus récent - prennent le risque évident de prolonger et d’aggraver encore la situation. C’est inacceptable.

 

Cette grave crise malienne doit être traitée par les maliens eux-mêmes. Ils ont été des milliers à marcher aujourd'hui dans les rues de Bamako contre la politique de la France et de la CEDEAO "pour un Mali souverain, libre, laïque et démocratique".  Ils demandent la tenue d'une Convention nationale souveraine et des moyens nationaux pour la libération des zones du Nord.

 

Toute l’aide nécessaire doit être apportée aux maliens afin de rétablir l’autorité de l’Etat, de reconstituer une armée et une capacité à récupérer la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire. Il est anormal et inadmissible que des armements qui auraient dû être délivrés aux autorités maliennes pour la défense du territoire aient été bloquées par la CEDEAO à Dakar et Conakry avec l’accord tacite de la France.

 

Les autorités de notre pays doivent aider le Mali à se redresser. Elles doivent exiger la fin d'un soutien périlleux et irresponsable de l’Arabie Saoudite et du Qatar à des forces de l’islamisme politique, y compris les plus réactionnaires, au Mali.

 

La CEDEAO et la France devraient encourager le dialogue interne de l’ensemble des forces politiques et sociales maliennes dont une partie importante s'opposent à la guerre, appellent à la reconstitution de l’Etat, à la concertation, à une solution politique et y compris des négociations.

 

Il est temps que l’Europe considère enfin l’Afrique et la constitution d’un grand partenariat pour le développement dans toutes ses dimensions comme une priorité, face à la pauvreté massive, à la crise alimentaire, aux exigences sociales les plus urgentes.

 

En France, l’ensemble des collectivités territoriales et des élus engagés durablement dans la coopération décentralisée, et très sensibilisés à l’avenir du Mali, sont prêts à s’investir pour contribuer à une réponse réelle à ces urgences. Il faut donner au peuple malien les ressources nécessaires pour qu’il puisse affronter l’agression dont il est l’objet. Le peuple malien, ami de la France et des citoyens de notre pays, a besoin de la solidarité, pas de la guerre.

 

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Réaction de José Fort ancien journaliste de "l'Humanité"

Il y a quelques mois, une déclaration du PCF favorable au coup d'Etat au Mali avait annoncé la couleur d'une grave dérive interne à sa section de pol ext. Le texte qui vient d'être publié affirmant l'hostilité à une intervention contre les fous furieux installés dans le nord du pays a fini de confirmer une attitude irresponsable et incompétente. Dans cette déclaration refusant l'intervention logistique de la France aux côté de forces africaines, (prenant étrangement appui sur Mme Clinton) il est dit que "cette affaire malienne doit être réglée par les Maliens eux-mêmes." C'est ne rien comprendre au drame vécu par les populations et au contexte régional. Il n'y a rien de commun entre la Libye et le Mali sinon l'armement récupéré par les extrémistes après le conflit et alors que des armes sont livrés régulièrement sur un aéroport proche de Goa par l'Arabie Saoudite et le Qatar aux intégristes. Le Mali est dans un état de mort clinique. Sans une intervention dirigée par l'ONU et avec la participation française les terroristes de tous poils vont s'installer dans ce qui représente trois fois la France. Les responsables progressistes maliens - compte tenu de l'état de délabrement général du pays et de son armée - ne voient pas d'autre solution que de s'affronter directement aux forces réactionnaires et obscurantistes. Le PCF, me disait cet après midi un responsable malien, ferait mieux de se taire ne sachant pas en fait de quoi il parle. Où alors, il est manipulé.
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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 14:35

 

La rue fait reculer le gouvernement portugais

 

Jusqu'à présent, malgré des manifestations monstres, les gouvernements asservis à la Troïka sont restés sourds. Mais on dirait que le vent tourne...

Contraint par l'opinion publique, le gouvernement portugais a reculé. Les nouvelles mesures d'austérité annoncées ces dernières semaines ne seront pas appliquées.

Réuni pendant plus de huit heures, le Conseil d'Etat, convoqué par le président Anibal Cavaco Silva, a fait part, dans la nuit de vendredi à samedi, "de la disponibilité du gouvernement d'étudier des alternatives" aux dernières mesures d'austérité. Le Conseil, un organe consultatif composé d'anciens présidents et de différentes personnalités, a précisé que discussions auraient prochainement lieu entre le gouvernement, les syndicats et le patronat. Il a appelé l'exécutif à déployer "des efforts pour que l'assainissement des finances publiques et les transformations structurelles de l'économie améliorent les conditions pour l'emploi, tout en préservant la cohésion sociale".

"Robin des Bois des riches"

Rappel des faits. Le 7 septembre, le Premier ministre de centre-droit, Pedro Passos Coelho, avait décidé d'augmenter l'année prochaine les cotisations sociales des salariés de 11% à 18% et de réduire dans le même temps les cotisations patronales de 23,75% à 18%. Ce projet avait provoqué un flot de critiques et lui avait valu le surnom de "Robin des Bois des Riches". "La mesure emblématique de la baisse des cotisations patronales, compensée par la contribution accrue des travailleurs, est mort-née. Paix à son âme", a commenté samedi le quotidien Diario de Noticias dans un éditorial.

Alors que le Conseil d'Etat était réuni, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant la présidence et y sont restées jusqu'à la fin des délibérations pour clamer leur mécontentement. "Voleurs, voleurs...", "Le peuple est fatigué d'être volé et humilié", ont scandé les manifestants. Les protestataires répondaient à un appel, lancé sur les réseaux sociaux, par un mouvement apolitique [1] déjà à l'origine des manifestations qui, il y a une semaine, avait réuni des centaines de milliers de personnes à Lisbonne et dans une trentaine de villes.

La classe politique est secouée

L'ampleur de la contestation a surpris la classe politique et pris de court les syndicats. De crainte de perdre la main, la principale centrale, la CGTP, a annoncé un grand rassemblement à Lisbonne le 29 septembre.

Frappé par une grave crise économique, le Portugal, a obtenu en mai 2011 une aide de 78 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, en contrepartie d'un sévère programme de réformes et d'austérité. Problème, la rigueur a entrainé un recul du PIB de plus de 3% au deuxième semestre et le chômage dépasse désormais 15% de la population active. Le gouvernement, qui peine a réduire ses déficits, a obtenu de la "troïka" (UE-FMI-BCE), représentant les bailleurs de fonds du pays, un délai pour y parvenir alors que le renforcement de l'austérité, prévue par M. Passos Coelho, était également destinée à rassurer les créanciers.

Tensions au sein du gouvernement

Face au mécontentement, le Premier ministre a dû mettre de l'eau dans son vin. Lors d'une intervention au Parlement, précédant la réunion du Conseil d'Etat, il s'était déjà déclaré disposé "à discuter du problème" du renforcement de l'austérité. "Je ne confonds pas la détermination et l'intransigeance", avait-il dit. Une forte tension était également apparue au sein de la coalition au pouvoir, entre le Parti social-démocrate (PSD) de M. Passos Coelho et le parti conservateur (CDS-PP) du ministre des Affaires étrangères, Paulo Portas, partisan d'une révision des mesures. Les deux partis ont toutefois réussi à surmonter leurs divergences et réaffirmé, à l'issue d'une récente réunion, leur volonté de préserver la coalition.

(Source : La Tribune)


[1] C'est ce qu'on dit pour discréditer la politique et faire croire que le bon peuple ne s'y intéresse pas (comme ça, les politiques peuvent continuer à faire leur sale cuisine sans lui, sur un air de Tina — There is no alternative). Sauf que, dès l'instant où il descend dans la rue, le bon peuple fait de la politique, non ? Et, quand il descend dans la rue, c'est pour revendiquer une autre politique, pas vrai ?

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 09:03

  - le 5 Septembre 2012

Les libéraux chassés du pouvoir au Québec

Par ici la sortie pour le Parti libéral québécois. Le parti du Premier ministre sortant Jean Charest a été devancé par le Parti Québécois lors des législatives de mardi au Québec, mais sans obtenir la majorité, ce qui limitera sa marge de manoeuvre.


Avec environ 32% des voix, le Parti Québécois (PQ) enlève 54 des 125 sièges à l'Assemblée nationale du Québec, contre 50 sièges et 31,1% pour le Parti libéral (PLQ) du Premier ministre sortant Jean Charest, selon les résultats quasi définitifs. Troisième, la Coalition Avenir Québec de François Legault (CAQ, centre droit) a obtenu 19 sièges et 27% des voix, tandis que le petit parti de gauche indépendantiste Québec solidaire remporte 2 sièges.

 

Le PQ reprend le pouvoir à la tête de la province francophone après une éclipse de neuf ans, et Pauline Marois devient la première femme chef de gouvernement de l'histoire de la Belle province. Elle devra diriger un gouvernement minoritaire, sans pouvoir s'appuyer sur une majorité parlementaire. Pour y parvenir, elle devrait avoir au moins 63 députés dans une assemblée comptant 125 membres.

 

La fin de la hausse des droits de scolarité


"Je crois qu'elle devra modérer les positions qui ont été mises de l'avant, notamment sur la souveraineté, par ses partisans les plus radicaux", estime le politologue québécois François Gélineau. En revanche, elle ne devrait pas avoir de difficulté à revenir sur la hausse des droits de scolarité contre laquelle la jeunesse s'est mobilisée en masse pendant plusieurs mois,  puisqu'elle a le pouvoir de le faire par décret exécutif.

 

Fusillade au Parti québécois. Un homme armé a ouvert le feu dans la salle où Pauline Marois s'adressait à ses partisans après la victoire de son Parti québécois aux élections provinciales, faisant un mort, a annoncé la police mercredi. L'homme a surgi dans l'enceinte du Métropolis tandis que la chef de file des séparatistes québécois se trouvait sur scène et il a ouvert le feu sur deux personnes. L'une d'entre elles est décédée. Pauline Marois n'a pas été touchée. Evacuée de la scène par ses gardes du corps, elle est revenue un peu plus tard. Selon le porte-parole de la police Danny Richer, un homme d'une cinquantaine d'années a été arrêté. Il est également soupçonné d'avoir mis le feu à l'arrière du bâtiment.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 20:28

Québec. La nouvelle Première ministre va annuler la hausse des frais de scolarité

Publié le 05/09/2012 | 20:42 , mis à jour le 05/09/2012 | 21:05
Pauline Marois, la nouvelle Première ministre du Québec, lors de son discours à Montréal, le 4 septembre 2012.

Pauline Marois, la nouvelle Première ministre du Québec, lors de son discours à Montréal, le 4 septembre 2012.

(ROGERIO BARBOSA / AFP)
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PRINTEMPS ERABLE - Ce sera l'une de ses premières mesures. La souverainiste Pauline Marois, devenue mardi 4 septembre la première femme chef de gouvernement de la province du Québec (Canada), compte annuler rapidement la hausse des frais de scolarité. Cette mesure, décidée par le gouvernement libéral sortant de Jean Charest, a été à l'origine du printemps érable, le plus long conflit étudiant du pays.

Pauline Marois, dont le premier discours a été entaché par une fusillade mardi à Montréal, compte aussi supprimer la loi spéciale du 18 mai limitant les manifestations. Officiellement censée garantir le libre accès aux cours des étudiants non-grévistes, elle a contribué à retourner une partie de l'opinion publique.

Un gouvernement formé dans les prochains jours

Les Québécois, jusque-là favorables à la hausse des frais de scolarité (+82% sur sept ans) pour financer les université, se sont retournés contre leur gouvernement, jugeant qu'il allait trop loin et empiétait sur les libertés fondamentales. Notamment la liberté d'expression.

Pauline Marois avait pris fait et cause pour les étudiants, arborant leur emblème, le carré rouge, à l'Assemblée nationale. Elle leur promettait d'annuler, en cas de victoire aux législatives, les mesures prises par les libéraux. Jean Charest en avait fait un argument pour l'accuser de se mettre du côté de "gens de la rue" pratiquant "la violence et l'intimidation". Le Parti québécois n'en a pas moins remporté, mardi, les législatives, d'une courte tête. La Première ministre doit former, dans les prochains jours, un gouvernement minoritaire.

FTVi avec AFP

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 08:39

Françoise David rejoint Amir Khadir à l’Assemblée nationale

Rayonnante, Françoise David a remercié hier soir les électeurs de Gouin pour son élection : « Je pense que vous faites plaisir à beaucoup de monde. »
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Rayonnante, Françoise David a remercié hier soir les électeurs de Gouin pour son élection : « Je pense que vous faites plaisir à beaucoup de monde. »
La voix de Québec solidaire (QS) continuera de résonner à l’Assemblée nationale. Et elle sera plus forte, puisque les coporte-parole Françoise David et Amir Khadir y siégeront côte à côte dès l’ouverture de la nouvelle législature.

« Debout ! Debout ! Françoise ! Françoise ! », scandaient les 2000 solidaires rassemblés à l’Olympia, à Montréal, à l’annonce de l’élection de la présidente de la formation politique dans la circonscription de Gouin.


Le fief du Parti québécois (PQ) est tombé mardi soir dans l’escarcelle de Québec solidaire. Françoise David récoltait au moment de rédiger ces lignes 46 % des votes, comparativement à 32,5 % pour le député péquiste sortant, Nicolas Girard. « Quelle joie ! », a déclaré la nouvelle élue après s’être faufilée tout sourire entre ses sympathisants, agglutinés dans le parterre de la grande salle. Mme David a exprimé sa gratitude aux électeurs de Gouin qui « croient en [elle] et en Québec solidaire ». « Ce soir, vous, gens de Gouin, je pense que vous faites plaisir à beaucoup de monde », a-t-elle ajouté.


Pour sa part, Amir Khadir a été réélu avec facilité dans la circonscription de Mercier, arrachée au PQ lors des élections générales de 2008. Jean Poirier, qui briguait les suffrages sous la bannière du PQ, a échoué à ravir au premier élu solidaire la circonscription montréalaise, dont les limites épousent grossièrement celles de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Le coporte-parole de QS jouissait, mardi en fin de soirée, d’une avance confortable d’environ 6800 votes sur l’ancien président du syndicat d’Aveos. En 2008, il s’était emparé de la circonscription, aux mains du PQ depuis plus de cinq ans, avec une majorité de 810 votes sur son principal adversaire, Daniel Turp.


D’autres espoirs


Québec solidaire a toutefois échoué à faire tomber le fief de Sainte-Marie -Saint-Jacques, aux mains du PQ depuis 1989. Récoltant plus du quart des votes, la candidate Manon Massé accusait un retard de près de 2250 voix sur le candidat vedette du PQ, Daniel Breton (35 %), au moment d’écrire ces lignes. « Nous sommes victimes du mode de scrutin… mais ça va changer. Il faut dès maintenant se mettre en marche ! », a déclaré Manon Massé aux militants en fin de soirée.


L’état-major de QS nourrissait d’autres fous espoirs dans la circonscription de Laurier-Dorion, soit celui de faire élire Andrés Fontecilla. Pari perdu. Profitant de la division du vote entre le PQ et QS, Gerry Sklavounos (PLQ) s’est faufilé au premier rang. « C’est pas grave. On bâtit pour l’avenir », a dit Amir Khadir.


Quelque 6 % des électeurs québécois se sont tournés vers QS. « Beaucoup plus de gens que ça nous aiment. On est même leur choix, leur favori, mais ce foutu mode de scrutin les a forcés à voter contre et non pour leurs idées », a affirmé M. Khadir, convaincu que son parti aurait pu récolter bien plus de votes.


« Je vais à l’Assemblée nationale parce que la justice, ce n’est pas qu’un mot, on veut que ça soit la réalité », a conclu Amir Khadir, qui savourait avec Françoise David un « moment de doux espoir pour le Québec et Québec solidaire ».

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BRUNO FORNACIARI

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