Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:41
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans EUROPE INTERNATIONAL PCF
commenter cet article
16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:04

Nous intervenons dans les élections d’autres pays depuis plus d’un siècle (Boston Globe)

Le Président du Chili Salvador Allende salue ses partisans à Santiago quelques jours après son élection en 1970. Sa voiture est escortée par le Général Augusto Pinochet.

Tout Washington est scandalisé, tandis que les membres du Congrès rivalisent entre eux pour diaboliser la Russie à cause de sa supposée ingérence dans les récentes élections présidentielles américaines. « Toute intervention étrangère dans nos élections est absolument inacceptable », a déclaré Paul Ryan, le Président de la Chambre des représentants. Le comportement des russes, selon d’autres députés, représente une « attaque contre nos principes fondamentaux démocratiques » qui « devrait alarmer tous les Américains », parce qu’ils « frappent au cœur de notre société libre. » Cet éclat de vertueuse indignation serait plus facile à gober si les Etats-Unis n’avaient pas eux-mêmes pris l’habitude chronique d’intervenir dans les élections à l’étranger.

Sur une période d’un peu plus d’un siècle, les leaders américains ont utilisé toute une variété d’outils pour influencer les électeurs dans des pays étrangers. Nous avons choisi des candidats, les avons conseillés, financé leurs partis, conçu leurs campagnes, corrompu les médias pour les soutenir et menacé ou calomnié leurs rivaux.

L’une de nos premières opérations pour façonner le résultat d’une élection étrangère s’est déroulée à Cuba. Après que les notre pays ait aidé les rebelles à renverser les Espagnols en 1898, nous avons organisé une élection présidentielle, recruté un candidat pro-américain et empêché d’autres candidats de se lancer contre lui. Deux ans après, après que les Etats-Unis aient annexé Hawaï, nous avons mis en place un système électoral qui niait le droit de suffrage à la plupart des indigènes Hawaïens, assurant ainsi que seuls des candidats pro-américains pourraient être élus.

Durant la Guerre Froide, influencer les élections étrangères était une des priorités absolues pour la CIA. Une de ces premières opérations majeures a consisté à assurer qu’un parti proche de nous gagne les élections de 1948 en Italie. Il s’agit s’une opération incluant divers stratagèmes comme encourager les italo-américains à envoyer des lettres à leurs familles [en Italie] pour les prévenir qu’il n’y aurait plus d’aide des Etats-Unis si le mauvais parti gagnait les élections. Encouragée par son succès en Italie, la CIA a rapidement commencé à s’occuper d’autres pays.

En 1953, les Etats-Unis ont dégoté un ex-fonctionnaire vietnamien qui avait vécu dans des séminaires catholiques dans notre pays, et se sont arrangé pour le faire arriver à la présidence du Vietnam du Sud, nouvellement créé. Il était supposé rester deux ans à ce poste, le temps que des élections aient lieu, mais quand il devint claire qu’il les perdrait, les élections furent annulées. « Je pense que nous devrions le soutenir sur ce point », dit le Secrétaire d’Etat américain. La CIA mis en place ensuite un plébiscite favorisant notre homme. Il était interdit de faire campagne contre lui, 98.2% des électeurs approuvèrent son gouvernement, l’ambassadeur américain dit du plébiscite que c’était un « succès retentissant ».

En 1955, la CIA a donné 1 million de dollars a un parti pro-américain en Indonésie. Deux ans plus tard, les Etats-Unis ont aidé un homme politique ami de notre pays à devenir président du Liban en finançant les campagnes de ses soutiens pour le Parlement. « Pendant la période électorale, je me suis rendu régulièrement au palais présidentiel avec un attaché-case rempli de livres libanaises », écrirait plus tard un agent de la CIA. « Le président insistait pour s’occuper de chaque transaction personnellement ».

Notre intervention dans les élections libanaises a provoqué des protestations de la part de ceux qui croyaient que seuls les citoyens Libanais devaient s’occuper du futur de leur pays. Les Etats-Unis ont envoyé des troupes au Liban pour supprimer ce sursaut de nationalisme. C’est plus ou moins ce qui se passa en République Dominicaine, qui fut envahie en 1965 après que les électeurs aient choisi un président que nous considérions inacceptable. Notre intervention dans les élections chiliennes de 1964 fut plus discrète ; elle consista à financer clandestinement nos candidats préférés et à payer des journaux et des radios pour déformer les informations de façon à las favoriser.

L’élection chilienne suivante, en 1970, dona lieu à une des interventions américaines les plus poussées. La CIA et d’autres agences gouvernementales ont utilisé une variété de moyens de pressions pour éviter que le Congrès du Chili confirme la victoire d’un candidat présidentiel socialiste. Cette opération inclut l’envoi d’armes à des conspirateurs qui, quelques heures après les avoir reçues, assassinèrent le Commandant de l’armée chilienne, qui avait refusé de mener une révolte contre la démocratie. Son assassinat n’empêcha pas l’accession au pouvoir du candidat auquel nous nous opposions, mais les Etats-Unis punirent continuellement le Chili pendant les trois années suivantes jusqu’à ce les militaires mènent un coup d’Etat mettant ainsi fin à un gouvernement démocratique. Un officier américain affirma que l’intervention au Chili était devenue nécessaire à cause de « la stupidité de son propre peuple », qui avait voté pour un candidat auquel nous nous opposions.

Parmi plusieurs opérations de la CIA orchestrées pour influencer des élections dans le Proche-Orient, une menée en 1975 aida à élire un premier ministre en Israël, dont la politique plaisait aux Etats-Unis. En Amérique centrale, intervenir dans les élections est une habitude encore plus ancienne. En 1984, la CIA a recruté un économiste pro-américain pour l’élection présidentielle du Nicaragua, et quand il devint claire qu’il allait perdre, elle le retira de la campagne tout en se lamentant du manque de liberté démocratique au Nicaragua. En 2009, les Etats-Unis ont encouragé un coup d’Etat des militaires qui éjecta du pouvoir le président du Honduras, et approuva ensuite une nouvelle élection dans laquelle celui-ci n’avait pas le droit de participer.

L’intervention américaine la plus récente dans les affaires politiques d’un pays étranger est certainement celle d’Ukraine. En 2014, alors que les manifestants se rassemblaient pour renverser leur gouvernement, une haute fonctionnaire du Département d’Etat est apparue dans la foule pour encourager la révolte. Elle a été surprise alors qu’elle disait à un assistant quel politicien ukrainien était l’homme que les américains avaient choisi pour être le prochain leader, affirmant que les Etats-Unis se chargeraient de provoquer cette situation. Quelques semaines plus tard, « notre homme » devint le premier ministre, déclenchant une crise qui se termina avec l’intervention militaire russe.

Condamner l’ingérence dans les élections étrangères est parfaitement raisonnable. Cependant, tous ceux qui hurlent hypocritement contre les Russes à Washington préfèrent fermer les yeux sur certains chapitres de l’histoire.

Stephen Kinzer

Stephen Kinzer est un journaliste américain, correspondant en Amérique centrale dans les années 80, responsable du bureau du New York Times à Berlin (1990-1996) puis à Istanbul (1996-2000). Il est membre du Watson Institute for International and Public Affairs de la Brown University (Etats-Unis), et auteur du livre « Le vrai drapeau, Roosevelt, Mark Twain, et la naissance de l’Empire Américain » (publication prochaine). Sur Twitter @stephenkinzer.

Traduit par Luis Alberto Reygada pour Le Grand Soir
la.reygada@gmail.com
Twitter : @la_reygada

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES INTERNATIONAL
commenter cet article
4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 22:54

Daech, Erdogan et Poutine : le dessous des cartes, par Caroline Galactéros

04JAN
 
  • Par Alexis Feertchak
  • Mis à jour le 03/01/2017 à 10:17
  • Publié le 02/01/2017 à 19:51
 
 

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alors que la Turquie est la cible de Daech, Caroline Galactéros estime que les présidents russe et turc jouent dans leur rapprochement un jeu à la fois habile et prudent. Pour la géopolitologue, ce sont deux qualités que l’Occident ignore. Comme d’habitude son analyse est une des plus pertinentes, une des moins « idéologiques » de toutes celles que l’on peut lire. Ce n’est pas la première fois qu’au plan international, le Figaro s’avère beaucoup plus « informé » que la presse aux sympathies social-démocrates comme le Monde ou Libération et tous ceux qui leur emboîtent le pas pour devenir des chantres de l’atlantisme jusqu’à la russophobie et la copie de l’attitude pathétique d’Obama (note de Danielle Bleitrach)


Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique Planeting. Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (éd.Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).


FIGAROVOX. – L’État islamique a revendiqué l’attaque commise contre une discothèque d’Istanbul pendant la nuit du nouvel An. Sur fond de réconciliation avec la Russie, la Turquie est-elle devenue une cible prioritaire de l’État islamique?

Caroline GALACTEROS. – Prioritaire peut-être pas, mais il est certain que la convergence russo-turque et la prise en main du jeu politique syrien et du processus diplomatique par le trio russo-turco-iranien rebattent les cartes de façon inquiétante pour l’État islamique qui peut chercher à «punir» son ancien allié ou à lui faire infléchir sa nouvelle ligne. En effet, le rapprochement entre Moscou et Ankara surplombe et menace la marge de manœuvre politique et militaire et la capacité de nuisance, mais aussi le statut «à part» dans l’échelle de l’horreur (et donc dans la capacité d’attraction et recrutement) de l’État islamique. De facto, en remettant en cause leur collusion ancienne avec Ankara qui l’a longtemps avantagé par sa complaisance voire son soutien, ce rapprochement tactique le ravale au rang d’une organisation terroriste presque comme une autre, notamment comme Al-Qaïda, proche mais rival cousin…

Quelle peut être la réaction du président Erdogan?

L’analyse de la situation et les priorités du pouvoir turc ont bougé. Il s’agit désormais pour le président Erdogan de s’asseoir à la table des vainqueurs (ce que ne lui garantissait pas – et certainement moins encore aujourd’hui – Washington) et de retirer les fruits concrets d’un axe militaro-diplomatique avec Moscou en matière d’influence et d’emprise politique et territoriale sur le théâtre syrien (mais aussi en Irak, selon l’évolution de la situation et dans le cadre d’un partage des rôles entre Washington et Moscou une fois le président Trump aux affaires). On ne peut exclure qu’Ankara n’ait pour ambition de rassembler progressivement sous sa tutelle les divers groupes islamistes sunnites prêts à une négociation avec Moscou et le régime Syrien, afin de s’assurer à travers eux une influence importante dans la Syrie future qui pourrait mêler une structure d’État unitaire et une décentralisation interne forte selon des lignes confessionnelles et territoriales.

L’accroissement du terrorisme djihadiste en Turquie peut-il changer la position d’Ankara vis-à-vis des Kurdes?

Les Kurdes restent la cible politique interne première du pouvoir turc. Il devient d’ailleurs de plus en plus probable qu’ils fassent ultimement les frais de la gestion croissante du conflit par les grandes puissances régionales ou globales. Aucune n’a véritablement intérêt à céder à leurs revendications nationales et les Kurdes demeurent handicapés par leurs propres rivalités internes. Ils sont donc utilisés par les uns et les autres comme force d’appoint ou d’avant-garde au gré des nécessités militaires d’affrontements localisés. De leur point de vue, ils ont tout intérêt à conserver ou développer leur capacité de nuisance ou d’interférence résiduelle dans le jeu régional comme sur le sol turc, et plus encore à faire en sorte que Moscou n’en arrive pas à vouloir ou devoir les sacrifier totalement à son rapprochement tactique avec Ankara. Ce qui n’est pas exclu.

Cette stratégie russophile de la Turquie vous paraît-elle habile et crédible?

Il ne s’agit pas de russophilie – ni de russophobie d’ailleurs -, mais d’une évaluation qu’il faut bien reconnaître «créative» et habile, par le président Erdogan, des intérêts politiques nationaux turcs et des siens plus personnels sans doute. La Turquie a simplement fini par devoir admettre qu’elle pèserait plus, y compris vis-à-vis de Washington, dans une alliance avec la Russie – qui s’est imposée comme principal décideur du futur syrien – que contre elle. Face à ce réalisme froid, nous restons malheureusement intellectuellement sidérés et sans rebond. Nous avons manifestement le plus grand mal à comprendre l’ampleur du bouleversement stratégique en cours. Un bouleversement mondial dont le Moyen-Orient n’est que l’un des théâtres d’expression.

D’où pourrait venir cette erreur occidentale de jugement?

Les lignes bougent et bousculent sans ménagement nos schémas de pensée confortables. On incrimine la faiblesse américaine pour expliquer la prise d’ascendant russe ; certains analystes vont même désormais jusqu’à dire que l’Amérique ne se serait pas vraiment impliquée dans le conflit syrien (sic!) alors qu’elle s’est bel et bien engagée dans la déstabilisation de l’État syrien via des groupes rebelles et selon son nouveau mantra du «commandement de l’arrière» (leadership from behind). Simplement, cette entreprise de regime change violent, à laquelle des puissances européennes ont activement participé, a clairement échoué. Dont acte? Même pas! Car le plus grave de mon point de vue n’est pas là. Ce qui me semble très dommageable et dangereux, c’est qu’alors que l’on proclame chaque jour après chaque attentat notre volonté de combattre la terreur islamiste qui cible avec constance nos propres sociétés, l’on refuse obstinément de saisir l’opportunité stratégique que constituerait un front commun occidentalo-russe dans cette lutte.

Quel serait l’intérêt d’un tel rapprochement avec Moscou?

Encore une fois, il ne s’agit ni d’entrer en fusion amoureuse avec Moscou ni de mésestimer les calculs et arrière-pensées russes (nous avons les nôtres), mais de faire un pari hors normes et à très fort rapport pour chacune des parties: celui du sens d’une convergence de fond vigilante mais authentique, inédite mais salutaire entre les deux piliers de l’Occident. Cela demande évidemment un peu d’envergure, d’audace et d’ambition. Alors, devant l’effort requis par une telle métamorphose, nos élites déphasées préfèrent l’enlisement dans un combat d’arrière-garde. Alors que nous sommes entrés, qu’on le veuille ou non, dans une phase d’innovation géopolitique majeure – certes à l’initiative de Moscou – qui balaie l’ordre ancien, une grande partie de l’establishment américain autour de l’Administration sortante s’y accroche désespérément.

Vous pensez à l’affaire des hackers russes qui auraient influencé l’élection de Donald Trump…

C’en est effectivement la manifestation pathétique. Cette guéguerre américano-américaine, dont le nouveau président américain est en fait la cible première et Vladimir Poutine l’instrument, démontre tristement combien le sort du Moyen-Orient et de ses populations sacrifiées est secondaire pour un appareil dirigeant américain (OTAN incluse) qui voit vaciller ses intérêts et ses rentes de situation et ne s’y résout pas. Alors, on s’arc-boute, ici comme là-bas, autour de nos vieux totems grimaçants, on s’accroche aux vieilles lignes de fracture, on préfère une bonne vieille Guerre froide ranimée à un axe occidental Moscou-Washington novateur qui serait pourtant un moteur fabuleux pour une renaissance de notre civilisation empêtrée dans ses contradictions et son cynisme mis à nu. Washington, où l’équipe sortante fait tout pour enfermer le nouveau président américain dans un piège qui l’empêcherait de mener à bien son projet de reset avec Moscou. Il s’agit de l’acculer à l’inaction stratégique et de lui faire craindre, s’il persiste, d’être accusé par une opinion publique brainwashée méthodiquement, de trahir rien moins que les intérêts nationaux en voulant dialoguer enfin intelligemment avec la Russie. On nage en plein délire, et il ne serait pas étonnant que l’on entende bientôt parler de possible «intelligence avec l’ennemi» pour discréditer plus encore le nouveau président et mettre à mal ses projets.

Comment jugez-vous la réaction de Vladimir Poutine et Donald Trump à ce «délire»?

Donald Trump ne s’y est pas trompé, et Vladimir Poutine non plus, qui a refusé de céder à l’escalade des représailles diplomatiques via l’expulsion d’espions américains en miroir aux «représailles» américaines. Le président russe est trop habile et préfère avoir le triomphe modeste quand Barack Obama et Hillary Clinton se fourvoient dans une défaite infantile et bruyante. Le président-élu mesure sans doute parfaitement le champ de mines que le président sortant est en train de poser à Washington, et plus concrètement en Syrie, avec la possible reprise des livraisons de Manpads (missiles portatifs) aux groupes rebelles qui ne sont pas encore rentrés dans le rang, claire menace pour les avions et hélicoptères russes. Il s’agit de faire capoter le cessez-le-feu et le processus diplomatique que Moscou, Téhéran et Ankara tentent de faire tenir dans la perspective de la prochaine Conférence d’Astana qui doit dessiner les contours d’un accord politique viable.

Bref, «l’ancien monde» a la vie dure. Le cadavre bouge encore. La question est donc: est-on capable d’exploiter la fenêtre d’opportunité extraordinaire qui nous est donnée de «faire du neuf», du conséquent, de l’efficace et plus encore, de restaurer la crédibilité occidentale si abîmée depuis 15 ans par le cynisme structurel de nos interventions soi-disant «morales»? Va-t-on enfin partir du réel et des opportunités qu’il ouvre pour mener une lutte existentielle contre une menace qui ne faiblira pas tant que l’on ne fera pas front commun contre elle? Ou bien préfèrera-t-on persister à s’aveugler en maugréant contre ce monde qui ne nous obéit plus au doigt et à l’œil, à se réfugier dans un manichéisme dépassé qui fait le jeu de l’adversaire, à s’enkyster dans des schémas de pensée rétrogrades qui ne fonctionnent plus et nous rendent vulnérables? Pour la France et pour l’Europe, ce dilemme est crucial.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL
commenter cet article
4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 18:23

Début 2016, tout semblait bien complexe pour les autorités de Caracas.  Et cela principalement pour trois raisons : 1) L’opposition néolibérale avait remporté les élections législatives de décembre 2015 et contrôlait désormais l’Assemblée Nationale ; 2) La chute des prix du pétrole, la principale ressource du Venezuela,  avait atteint son plus bas niveau dans les dernières décennies ; 3) Le président des Etat Unis, Barack Obama, avait signé un Ordre exécutif déclarant le Venezuela une « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et pour la politique extérieure des Etats-Unis »


C’est-à-dire, dans trois domaines décisifs  - politique, économique et géopolitique – la Révolution bolivarienne semblait à la défensive. Tandis que la contrerévolution, autant intérieure qu’extérieure, pensait avoir enfin le pouvoir à portée de la main.

 

Le tout dans un contexte de guerre médiatique de longue durée contre Caracas,  commencée avec l’arrivée à la Présidence d’Hugo Chávez en 1999, qui s’est intensifiée en avril 2013 et a atteint des niveaux inouïs de violence depuis l’élection du Président Nicolás Maduro.

 

Ce climat d’harcèlement médiatique agressif et permanent a produit une désinformation insidieuse sur le Venezuela, semant la confusion même chez de nombreux amis de la Révolution  bolivarienne. En particulier car dans cette ère de la « post-vérité », la pratique du mensonge, de la fraude intellectuelle et de la tromperie manifeste n’est  sanctionnée par aucune conséquence négative, ni sur la crédibilité, ni sur l’image.

 

Tout vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel », et même les faits ou les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. Même l’argument – si évident pour le Venezuela – du complot, de la conjuration, de la conspiration, n’est pas accepté.  Le nouveau discours médiatique dominant dénonce et ridiculise d’avance « le prétendu complotisme » comme un argument inacceptable de « récits à l’ancienne »,  non recevable…


Tout, donc, au début de l’année 2016, semblait difficile pour le Président vénézuélien.  A un point tel que le bancal opposant néolibéral  Henry Ramos Allup, enivré pas sa majorité parlementaire, a osé assurer en janvier 2016, dans son premier discours comme Président de l’Assemblée Nationale, que « dans un délai de mois de six mois » il chasserait Nicolás Maduro du pouvoir. En s’inspirant sans doute du coup d’Etat institutionnel contre la Présidente Dilma Rousef, au Brésil, et misant sur la victoire dans un éventuel référendum révocatoire.

 

Ainsi allaient les choses quand le Président Maduro, dans une séquence magistrale que personne n’a vu venir dans le jeu d’échecs qui se déroulait – et conformément à la Constitution – a surpris tout le monde.  Il a renouvelé, comme il en avait le droit, les membres du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), instance supérieure du pouvoir judiciaire, dont la Salle Constitutionnelle a le dernier mot en matière d’interprétation de la Constitution.

 

L’opposition, imbue de sa superbe, a commis alors deux erreurs majeures :

 

  1. Elle a décidé d’ignorer les avertissements du TSJ et a admis en séance trois députés de l’état d’Amazonas dont l’élection en décembre 2015 était l’objet de suspension pour irrégularités.  Devant cet affront, le TSJ a évidemment proclamé la non validité des décisions de l’Assemblée Nationale en raison de la présence en séance de trois députés « non élus régulièrement » .  En fait, le TSJ a déclaré l’Assemblée en désobéissance (desacato) et en conséquence, a décidé  que  « toutes ses décisions seraient considérées nulles».  Ainsi, par ses propres erreurs, l’Assemblée non seulement n’a pas réussi à légiférer ni à contrôler le Gouvernement, mais bien au contraire, comme l’ont reconnu des spécialistes renommés en droit constitutionnel, elle s’est annulée elle-même, a dilapidé son pouvoir est s’est auto-dissoute. Cela a été la première grande victoire de Nicolás Maduro en 2016.
  1. Dans son obsession de renverser le Président, l’opposition anti-chaviste a également décidé d’ignorer ce que stipule la loi (article 72 de la Constitution)  sur les étapes indispensables et les exigences juridiques pour la tenue d’un référendum révocatoire en 2016.  L’opposition a également connu un important échec sur ce point.  Et ce fut une autre grande victoire de Nicolás Maduro.

 

Malgré cela, vers mars-avril 2016, tout est devenu de plus en plus complexe. Car aux offensives habituelles des forces hostiles à la révolution bolivarienne est  venue s’ajouter une sécheresse impressionnante, la deuxième en importance depuis 1950, et une canicule, résultat du  phénomène El Niño. Or au Venezuela 70% de l’énergie provient des centrales hydroélectriques, dont la principale dépend du barrage El Guri.  Et avec l’absence de pluies, les niveaux de ce barrage ont diminué jusqu’à atteindre presque le niveau minimum.

 

La contre-révolution a tenté de profiter de ces circonstances pour multiplier les sabotages électriques, cherchant à créer un chaos énergétique, la colère sociale et des manifestations.  Le danger a été grand, car au problème électrique s’ajoutait le manque d’eau potable, conséquence de la sécheresse persistante, ….

 

Mais une fois de plus le Président Maduro a réagi rapidement en prenant des mesures radicales : il a décidé le remplacement de millions d’ampoules à incandescence par des ampoules à faible consommation d’énergie ; il a ordonné le remplacement des vieux climatiseurs par d’autres moins gourmands en énergie ;  il a décrété la demi journée de travail dans l’administration publique et mis en œuvre un plan national spécial de consommation d’électricité et d’eau.

 

Grâce à ces mesures audacieuses, le Président a réussi à éviter l’effondrement énergétique.  Et obtenu une de ses victoires les plus populaires de l’année 2016.


Un autre des problèmes importants que le Gouvernement a du affronter (peut-être le plus grave) – conséquence en partie de la guerre économique contre la révolution bolivarienne – est l’approvisionnement alimentaire. Il faut rappeler qu’avant 1999, 65% des vénézuéliens vivaient en situation de pauvreté et seulement 35% pouvaient bénéficier d’une bonne qualité de vie. C’est-à-dire, sur 10 vénézuéliens, seulement 3 mangeaient régulièrement de la viande, du poulet, du café, du maïs, du lait, du sucre… Tandis que pendant les 17 dernières années la consommation alimentaire (grâce à l’investissement social massif de la Révolution) a augmenté de 80%.

 

Ce changement structurel explique par lui-même pourquoi subitement la production nationale d’aliments, bien plus importante qu’on ne le croit, est devenue insuffisante.

 

Avec l’augmentation massive de la demande, la spéculation a explosé.  Devant une offre structurellement limitée, les prix se sont envolés vertigineusement.  Et le phénomène du marché noir ou « bachaqueo » s’est propagé : acheter les produits subventionnés par le Gouvernement à des prix inférieurs à ceux du marché pour les revendre à des prix supérieurs à ceux du marché. Ou les « exporter » massivement aux pays voisins (Colombie, Brésil) pour les revendre au double ou au triple du prix subventionné.  Ainsi le Venezuela se « vidait » de ses dollars – de moins en moins nombreux en raison de l’effondrement des prix du pétrole – pour nourrir les « vampires » qui dépouillent les plus humbles des produits de base pour s’enrichir de façon spectaculaire.

 

Une telle immoralité ne pouvait continuer. Une fois de plus, le Président Maduro agit avec fermeté.  D’abord – très important – il a changé la philosophie de l’aide sociale. Et il a rectifié une erreur majeure commise par le Venezuela depuis des décennies.  Il a décidé que l’Etat, au lieu de subventionner les produits, devait subventionner les personnes. Pour que seulement les pauvres, ceux qui en ont réellement besoin, puissent avoir accès aux produits subventionnés par le Gouvernement. Pour tous les autres, les prix des produits sont les prix justes fixés par le marché.  Ce qui évite la spéculation et le bachaqueo.

 

Et la deuxième mesure décisive: le Président a annoncé que désormais le Gouvernement orienterait  tous ses efforts vers le changement du modèle économique du pays, passant d’un « modèle rentier » à un « modèle productif ».  Et le Président a défini ce qu’il appela les «quinze moteurs » pour dynamiser l’activité économique tant du secteur privé que du secteur publique et de l’économie communale.

 

Ces deux décisions essentielles ont convergé dans une création originale, imaginée par le Président Maduro: les CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production) qui constituent une nouvelle forme d’organisation populaire.  Foyer après foyer, les représentants des communautés organisées remettent des sacs pleins d’aliments à un prix régulé.  Beaucoup de ces aliments viennent d’ailleurs de la nouvelle production nationale.  Les CLAP devraient approvisionner pendant les prochains mois de 2017 environ quatre millions de familles à revenus modestes.  Garantissant ainsi l’alimentation du peuple. Et signant donc une nouvelle grande victoire du Président Maduro.

 

Une autre victoire non moins importante en cette difficile année 2016 est le taux record des investissements sociaux, qui représentent 71,4% du budget national.  C’est un record mondial.  Aucun autre Etat au monde ne consacre presque les trois quarts de son budget à l’investissement social.

 

En matière de santé, par exemple, le nombre d’hôpitaux a été multiplié par 3,5 depuis 1999.  Et le montant des investissements dans un nouveau modèle humain de santé publique a été multiplié par dix.

 

Dans le cadre de la Misión Barrio Adentro, dont l’objectif est l’accès aux soins des malades des zones urbaines les plus modestes du pays, ont eu lieu presque 800 millions de consultations et on a sauvé la vie de presque 1.400.000 personnes.  Les facultés de médecine ont formé 27.000 médecins et 30.000 autres doivent obtenir leur diplôme en 2017.  Huit états du Venezuela sont couverts à 100% par la Mission Barrio Adentro, alors que l’objectif fixé était de six états.


 

Une autre victoire sociale fondamentale, non mentionnée par les grands média dominants, concerne les retraites.  Avant la révolution, seulement 19% des personnes en âge d’être retraitées recevaient une pension, le reste subsistait souvent dans la misère ou à la charge de leur famille.  En 2016, 90% des personnes en âge d’être retraités reçoivent une pension, et cela même s’ils n’ont pas pu cotiser à la Sécurité Sociale pendant leur vie active.  Un record en Amérique du Sud.

 

Une autre victoire spectaculaire -   une fois de plus non mentionnée par les média dominants-  est celle de la  Misión Vivienda,  dont le but est de construire des logements sociaux à prix régulé pour les familles les plus modestes.

 

En 2016, cette Mission a remis 359.000 logements (à titre de comparaison, un pays développé comme la France a construit à peine 109.000 logements sociaux en 2015).  Il faut y ajouter les 335.000 logements rénovés dans le cadre de la belle Misión Barrio Nuevo, Barrio Tricolor.  Mission qui a reçu les éloges du génie de l’architecture Frank Gehry, créateur du  Musée Guggenheim de Bilbao et du Musée Louis Vuitton à Paris, qui a affirmé vouloir y participer.  Nous parlons donc de presque 700.000 logements sociaux en 2016.  Un chiffre sans équivalent dans le monde.

 

Depuis le début de son mandat, en 2013, le Président Maduro a déjà remis à des familles modestes presque un million et demi de logements.  Un record mondial passé sous silence par des média hostiles à la Révolution bolivarienne.  Et que même ses amis négligent parfois de mentionner.


Pour finir, rappelons quelques unes des victoires éclatantes obtenues dans le domaine géopolitique.  Par exemple, avoir empêché l’Organisation des Etats Américains (OEA), contrôlée par Washington, de condamner le Venezuela, comme le voulait le Secrétaire général de l’Organisation, Luis Almagro, en invoquant la Charte Démocratique contre le Venezuela.

 

 

Ou le succès du 27ème Sommet du Mouvement des Pays Non Alignés (MNOAL), qui s’est tenu en septembre 2016 au Centre de Conventiond Hugo Chávez, dans l’île de Margarita, en présence de nombreux Chefs d’Etat et de Gouvernement et de représentants de cent vingt pays qui ont manifesté leur solidarité avec le Venezuela.

 

Mais la principale victoire du Président Maduro en ce domaine a été la réussite inouïe de l’accord entre les Pays OPEP et NON OPEP pour une réduction concertée des exportations de pétrole, fruits de nombreux voyages du Président en quête de cet objectif.


Cet accord historique, signé en novembre 2016, a immédiatement freiné la chute du prix des hydrocarbures, qui s’effondrait depuis le milieu de l’année 2014, quand le prix dépassait 100 dollars le baril.


Grâce à cette victoire capitale, le prix du pétrole, qui était de 24 dollars en janvier, dépassait  45 dollars fin décembre 2016.

 

Ainsi, pendant l’année la plus dure et la plus longue, pendant laquelle nombreux ont été ceux qui ont misé sur son échec, le Président Nicolás Maduro, déjouant tous les pièges et toutes les difficultés, a montré sa taille exceptionnelle d’homme d’Etat.  Et de leader indestructible de la Révolution bolivarienne

Ignacio Ramonet

Source: Telesur http://www.telesurtv.net/opinion/Las-10-victorias-del-presidente-Maduro-en-2016-20161231-0028.html

"Les 10 victoires du Président Nicolás Maduro en 2016", par Ignacio Ramonet
 
Repost 0
2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 14:23
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL paix
commenter cet article
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 08:23

Éditorial. L’autre apartheid

PAR MICHEL GUILLOUX
JEUDI, 29 DÉCEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ
afp

La force de la politique peut-elle peser face à la politique de la force ?

La force de la politique peut-elle peser face à la politique de la force ? Depuis le vote par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution réclamant l’arrêt de la colonisation des territoires palestiniens occupés, un bel exemple en est administré. Ambassadeurs convoqués, mesures de rétorsion contre des pays tel le Sénégal, verbe fort, jusqu’à faire se disputer la bêtise et l’ignoble : Avigdor Lieberman, ministre de la Défense, osant établir un parallèle entre l’affaire Dreyfus et la tenue à Paris, le 15 janvier prochain, d’une conférence internationale sur le Proche-Orient ; pire, il est allé jusqu’à prétendre que la France n’était pas « la terre » des citoyens juifs de notre pays… Toutes ces gesticulations montrent pourtant que les ultras au pouvoir sont touchés. Raison de plus pour accentuer la pression. Et sur ce point, la France et l’Union européenne sont, une fois de plus, face à toutes leurs responsabilités.

« La communauté internationale a dit aux Israéliens que la sécurité et la paix ne seraient pas atteintes par l’occupation mais par la paix, en mettant fin à l’occupation et par l’établissement d’un État palestinien au côté de l’État d’Israël suivant les frontières de 1967 », commentait le dirigeant palestinien Saeb Erekat. Voilà qui est insupportable aux actuels dirigeants ultras attisant haine, fanatisme et nationalisme. La colonisation agit « comme un cancer et menace de mettre fin à la démocratie de l’État d’Israël », estimait Zeev Sternhell au moment de la sale guerre contre Gaza. Pour l’historien, « débarrassé des colonies et de la Cisjordanie, Israël serait pourtant un pays dont on pourrait s’enorgueillir et où il ferait bon vivre ».

Il aura fallu attendre la durée des deux mandats de Barack Obama, et presque de deux présidents français… « La solution à deux États est en grave danger », a déclaré hier John Kerry dans un fervent plaidoyer. Face aux menaces de la présence simultanée au pouvoir d’un Trump et d’un Netanyahou, il est des jours qui peuvent en effet compter au centuple. Le 15 janvier peut être de ceux-là ou tourner court. Raison de plus, pour les partisans de la paix et du droit des peuples, pour accentuer la pression contre cet apartheid proche-oriental, ce jour-là et les suivants.

 
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL ISRAÊL PALESTINE
commenter cet article
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 02:40

Estrosi, et ses amis les fascistes Liebermann et Netanyahu !

Dépenser 50.000€ les impôts des populations de PACA pour engraisser les colons israéliens et le KKL, lequel depuis des décennies camoufle le nettoyage ethnique de la Palestine en plantant des Pins (arbres qui n'ont rien à faire en Méditerranée et qui flambent lors des grandes sécheresses) !

Le grand benêt niçois s'obstine à chercher des pyromanes palestiniens pour expliquer les grands incendies qui ont touché l'état colonial israélien, alors que dans le pays sont mis en cause les tirs à obus et balles réels de l'armée coloniale en manœuvre alors qu'une extrême sécheresse frappait le pays.

Pire encore, dans son hystérie du moment il débloque 50.000 € pour le KKL qui plante des pins dans tous les sens, essentiellement pour cacher les villages palestiniens détruits par l'armée coloniale après 1948. Dans un pays méditerranéen, ces arbres sont un véritable désastre écologique, et malgré les affirmations d'un grand amour pour le pays, aucune mesure efficace de lutte contre les incendies n'a jamais été prises. Ainsi on peut lire dans la presse locales « Ces zones tampons doivent être développées avec réflexion, en prenant en compte le terrain et les différentes espèces de plantes dans l’environnement. Les pins doivent assurément être supprimés. Et bien sûr, il faut faire attention de s’assurer qu’il y a un bon accès pour les véhicules d’urgence, et des sources d’eau pour lutter contre le feu »,

Généreux pour soutenir ses amis colons, le Sieur Estrosi l'est moins pour les budget de la région et en particulier dans le domaine de la culture et de la formation. Ainsi dans un communiqué, la CGT du Conseil Régional dénonce un budget de régression sociale ! 
Dans le domaine culturel : baisse des crédits alloués à la création, la
production et l’édition régionale ; suppression des postes d’agents de développement culturel (-­‐1,3 millions)
-­‐ Dans le domaine sportif : les structures locales qui œuvrent au sport pour
tous au quotidien et sur le terrain voient leurs dotations rognées;
-­‐ Dans le tourisme : la ligne «accès aux vacances pour tous» disparaît
-­‐ Dans la formation : la rémunération des stagiaires diminue de 6 millions
d’euros, 
 -­‐ En matière de «solidarités», vie associative : l’égalité femmes-­‐hommes perd 150 000 euros, 
-­‐ Dans les transports : l’exploitation des TER (-­‐8 millions) et LER (-­‐3millions) ;
-­‐ Dans le domaine de la santé : les actions santé (-­‐400 000€) ;
-­‐ Pour les lycées : l’animation de la vie lycéenne (-­‐400 000€)
-­‐ Un budget «Solidarité» divisé par deux (-­‐3,2 millions)

En Palestine Occupée, Estrosi l'homme bien connu pour ses succès en matière d'installation de camera à Nice, l'homme avide de sécurité qui aurait fait un selfie avec le terroriste du 14 juillet (lequel a pu se pavaner longuement devant les camera dans son camion sans attirer l'attention), l'homme qui se pense être politique s'autorise à critiquer le Conseil de Sécurité des Nations Unies, et la politique étrangère de la France alors qu'il est à l'étranger !

La proximité idéologique de Christian Estrosi avec les idées d'extrême droite (accusation de plagier les propositions du F-Haine à l'encontre des migrants) ne sont pas une nouveauté. Tout comme ses liens étroits avec l'état colonial israélien ! Nous ne sommes donc pas surpris de son amitié pour la bande d'extrême droite Netanyahou-Liebermann !

MAIS QU'IL UTILISE L'ARGENT DE NOS IMPOTS, L'ARGENT DE LA REGION POUR SOUTENIR LES FASCISTES AU POUVOIR EN PALESTINE OCCUPEE EST INACCEPTABLE ! 
Il lui faudra rendre compte ! 
http://www.lexpress.fr/…/estrosi-en-israel-pour-soutenir-so…

A 10 voix sur 14, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté vendredi une résolution qui condamne la colonisation israélienne dans les territoires…
LEXPRESS.FR
 
 

Le niveau d’hystérie atteint par les dirigeants israéliens, en réaction au vote de la résolution 2334 de l’ONU sur la colonisation de la Cisjordanie, en dit long sur le déni dans lequel l’Etat hébreu s’est enfermé. On ne peut pas dire qu’il a été pris par surprise. Voilà des années que la communauté internationale rappelle aux dirigeants israéliens les termes de la résolution 465 votée le 1er mars 1980 par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Que disait celle-ci, il y a… près de trente-sept ans ? Elle «déplorait vivement» qu’Israël «persiste et s’obstine» dans une politique «qui fait obstacle à l’instauration d’une paix d’ensemble juste et durable au Moyen-Orient» et demandait «au gouvernement et au peuple israéliens de démanteler les colonies de peuplement existantes et de cesser d’urgence d’établir, édifier et planifier des colonies de peuplement dans les territoires arabes occupés depuis 1967, y compris Jérusalem.»

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans ISRAÊL PALESTINE INTERNATIONAL
commenter cet article
22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 15:48
Repost 0
12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 20:49

L’attaque du convoi humanitaire de l’ONU à Alep relève de la «mise en scène» (experts)

"L’attaque du convoi humanitaire de l’ONU à Alep relève de la «mise en scène.

Selon le rapport des experts du Groupe International de soutien à la Syrie, l’attaque du convoi humanitaire d’Alep relève d’une «mise en scène parfaitement ficelée». En cause, l’état intact de la route contrastant avec les véhicules carbonisés.

L’attaque contre le convoi humanitaire conjoint de l’ONU et le Croissant-Rouge arabe syrien le 19 Septembre dernier est «une mise en scène parfaitement préparée», ont annoncé les conclusions préliminaires d’experts indépendants au sein du Groupe International de soutien à la Syrie.

Après que Washington a annoncé avoir déterminé que le convoi humanitaire avait été victime d’une frappe aérienne, les experts ont procédé à une analyse comparative des photos et des vidéos de l’attaque disponibles, notamment les images capturées par le drone des forces russes qui surveillait l’avancée du convoi.

Sur cette vidéo, «il apparaît clairement que des armes de haut calibre sont acheminées sous couvert de convoi humanitaire», ont annoncé les experts.

«Utm Al-Kubra se trouve sur le territoire contrôlé par les terroristes du groupe al-Nosra. De plus, cette zone est marquée par une forte concentration de militants. Si vous prenez les rapports du 19 septembre, vous trouverez que, dans ce lieu même, en même temps, les militants d’Al-Nosra ont lancé une offensive majeure sur Alep», affirme le document.

Dans ce nouveau rapport, les experts ont noté que l’analyse des photographies présentées dans les médias, indique qu’un poste de pilotage de l’un des véhicules du convoi est resté intact et «n’a aucune trace d’explosion, de débris ou de trous […] seul son stock de marchandises a été touché. Il a entièrement brûlé […] En outre, tout autour, la route est restée en parfait état, ce qui n’aurait pas été le cas si le convoi avait bel et bien subi un bombardement aérien».

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL ACTUALITES
commenter cet article
11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 19:03

Caroline Galactéros : « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française »

  • Par Caroline Galactéros
  • Mis à jour le 11/10/2016 à 17:26
  • Publié le 11/10/2016 à 13:09

FIGAROVOX/TRIBUNE - Vladimir Poutine a annoncé qu'il reportait sa visite à Paris où il devait rencontrer François Hollande. Pour Caroline Galactéros, cette décision n'est que la suite logique d'un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde.

Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d'intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre(Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu'elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l'on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l'Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame - à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l'ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l'arrêt des combats et des bombardements sur l'est de la ville (dont elle feint de croire qu'il n'est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l'acheminement de l'aide humanitaire et la reprise du processus de négociation.

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d'Alep-Est ?

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d'Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l'OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S'agit-il d'une nouvelle salve d'irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d'or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d'une gesticulation habile mais dangereuse qui n'a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s'affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l'alignement sur ce que l'on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l'indignation internationale contre Moscou.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l'indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L'évidence crève l'écran. «L'Occident» ne mène pas la guerre contre l'islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l'entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d'action sert d'épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l'avalanche de djihadistes sunnites d'obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d'ailleurs pas plus que nous l'Etat islamique mais s'acharnent sur le régime syrien. Et l'Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d'être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l'Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n'ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l'Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d'Asie centrale et du Caucase. Et l'a saisie.

La France s'est trompée du tout au tout et démontre qu'elle pratique admirablement le grand écart stratégique... aux dépens toutefois, de nos concitoyens.

Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l'équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s'est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l'ennemi - qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu'elle pratique admirablement le grand écart stratégique... aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad...tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? C'est de l'opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d'une totale incompréhension du réel.

De telles contradictions ne peuvent s'expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien dont nul n'imaginait qu'il résisterait si longtemps.

De telles contradictions ne peuvent s'expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien actuel dont nul n'imaginait qu'il résisterait si longtemps aux feux croisés de l'Amérique et de ses alliés sunnites. L'exigence américaine - reprise à son compte par Paris - d'une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est «pour raisons humanitaires» aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu'Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d'obus sur la partie ouest de la ville et d'empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l'Etat syrien dans le cadre d'une négociation ultime. Qui a d'ailleurs fait échouer le cessez le feu signé le 9 septembre dernier à Genève? Les groupes terroristes qui n'en voulaient pas et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l'Etat Islamique. Encore un accord de dupes.

L‘action stratégique ne peut prendre en compte que des mouvements et des processus, quand toute l'attention médiatique et politicienne se concentre sur la souffrance et le sort des personnes.

Temps court versus temps long, individuversus groupe, froideur politique versusempathie médiatique (sélective): on se refuse à voir, dans nos démocraties molles, que la véritable action stratégique, pour être efficace, ne peut prendre en compte que des nombres, des masses, des ensembles, des mouvements, des processus, quand toute l'attention médiatique et la gestion politicienne des crises, elles, veulent faire croire que l'individu est central et se concentrent sur la souffrance et le sort des personnes, alors que celles-ci sont depuis toujours et sans doute pour encore longtemps sacrifiées à la confrontation globale et brutale entre Etats. Les images terrifiantes de la guerre au quotidien masquent la réalité d'un affrontement sans scrupules de part et d'autre, dont en l'espèce les malheureux Syriens ne sont même plus les enjeux mais de simples otages.

Si Assad, « bourreau de son propre peuple » selon l'expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte-on le remplacer ?

L'impensé du discours français n'en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l'expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d'autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d'Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l'œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom - Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n'attendent qu'un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l'Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles - apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps?

« Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ? je ne vois que l'herbe qui verdoie et la terre qui poudroie »

Croit-on sérieusement que l'on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l'agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu'ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu'entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? … «Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir? je ne vois que l'herbe qui verdoie et la terre qui poudroie» … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait!

L'interview accordée le 5 octobre dernier par notre ministre des Affaires étrangères à la veille de son départ pour Moscou à Yves Calvi sur LCI est à cet égard, un morceau de bravoure édifiant, qui escamote la réalité et brosse un paysage surréaliste du conflit et de ce qu'il faudrait y comprendre et en attendre.

Florilège et exégèse….

« La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes »

«La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes»

Est-ce à dire qu'il faut les laisser faire, leur donner les clefs du pays et prier peut-être, pour qu'ils ne massacrent pas les minorités qui y demeurent encore et instaurent la démocratie? Faut-il ne plus agir en espérant qu'ils vont s'arrêter? De qui se moque-t-on? Adieu Boucle d'Or. Nous sommes au Pays des rêves bleus de Oui-Oui…

Les Russes, qui se disent satisfaits de l'efficacité de leurs frappes contre les terroristes d'Alep-Est «sont cyniques» … Qui est cynique ici? Celui qui déforme la réalité d'un affrontement pour ne pas avouer qu'il est (avec d'autres) à la manœuvre d'une déstabilisation d'Etat par des groupuscules terroristes liés à Al-Qaïda (matrice de Daech) sous couvert d'aspiration à la démocratie? Ou ceux qui cherchent à réduire l'emprise djihadiste et à renforcer des structures d'Etat laïques avec ou sans Bachar?

« La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. »

«La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision

Ah?! Laquelle? Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s'emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens.

En dépit de l'excellence de nos forces armées, de la présence du Charles de Gaulle sur zone et de nos missions aériennes soutenues, Paris n'est diplomatiquement et stratégiquement plus nulle part en Syrie, et depuis longtemps. Par dogmatisme, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s'est en plus retourné contre nous dès l'été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas au prétexte d'un usage d'armes chimiques qui n'a d'ailleurs jamais été confirmé. Un camouflet d'autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que «Bachar el Assad ne méritait pas d'être sur terre» et, en décembre 2012, «qu'Al Nosra faisait du bon boulot». L'Etat Français a d'ailleurs été poursuivi - en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l'on connait sur le territoire national. N'en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n'est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou lorsque ceux-ci ne peuvent plus se parler et qu'il faut faire semblant, une fois encore, de rechercher un compromis et d'amener Moscou à lever le pied d'une implication trop efficace à notre goût.

« Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n'y a pas de choix. »

«Si le choix est entre Bachar et Daech, il n'y a pas de choix

Mais c'est pourtant le cas, ne nous en déplaise. Nous combattons l'Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n'existe pas «d'islamistes modérés» ; combattre le terrorisme revient à combattre l'EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c'est aujourd'hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l'Iran et le régime syrien, «fait la guerre», se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l'Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils «font le job». Un horrible job. Dans l'immédiat, il faut choisir entre le soutien à l'Etat syrien - que le régime d'Assad incarne-, et DAECH et Cie.

Voici décrite…la Syrie d'avant la guerre ! Ce terrifiant carnage n'aurait-il donc été qu'un coup d'épée dans l'eau ?

Le sommet est atteint à la fin de l'intervention ministérielle, lorsque l'on apprend que «la Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services…» (sic)! Les bras nous en tombent. Voici décrite…la Syrie d'avant la guerre! Ce terrifiant carnage n'aurait-il donc été qu'un coup d'épée dans l'eau?

François Hollandes'interroge publiquement dans une émission de divertissement, devant l'animateur Yann Barthes sur TMC, de l'opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris.

Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d'une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d'abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d'ennemi, de faire front commun - comme l'ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l'islamisme qui a décidé notre perte et s'esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s'interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l'animateur Yann Barthes sur TMC, sur l'opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s'est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l'impuissance politique et l'on se laisse couler, saisis par l'ivresse des profondeurs en croyant surnager.

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine: la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l'Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C'est l'Etat qu'il faut aider à survivre à l'offensive islamiste au lieu d'encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l'Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d'Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir?

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans INTERNATIONAL syrie
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre