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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 07:49

Ne laissons pas trahir Charlie !

PAR UFAL LE 11 JANVIER 2015COMMUNIQUÉS DE PRESSE

L’UFAL salue les millions de citoyens qui ont manifesté leur solidarité et leur unité face aux massacres commis dans les locaux de Charlie Hebdo et dans un magasin juif. Ces actes odieux qui ont coûté la vie à 3 policiers et 14 citoyens désarmés et pacifiques, blessé plusieurs autres, ont visé ceux qui font usage de leur liberté d’expression, ceux qui maintiennent l’ordre républicain, et des citoyens français au motif qu’ils étaient juifs. Chacun peut reconnaître dans ces assassinats la marque brutale et indiscutable du fascisme. Ni choc de civilisations, ni guerre de religions, il s’agit bien d’une attaque frontale contre la liberté, l’égalité, la fraternité, contre les principes de la République laïque. L’UFAL a appelé à cette manifestation : la grande diversité des hommes et des femmes rassemblés montre qu’une très large majorité d’habitants de ce pays sent qu’à travers ces crimes c’est à la Nation tout entière que les terroristes s’en prennent.

Mais si l’UFAL se félicite des soutiens manifestés à l’étranger, elle condamne la récupération politicienne tentée par le pouvoir en invitant des représentants d’États et d’entités internationales, notamment de la Troïka, de l’OTAN et de pays réprimant ouvertement les libertés individuelles. Non ! Notre rassemblement rejette le prétendu choc des civilisations. Il ne se fait pas au nom de la lutte contre un « terrorisme » largement alimenté par les choix politiques de l’occident néo-libéral. Non ! La sécurité des citoyens ne doit pas servir de prétexte à de nouvelles mesures de restriction des libertés.

Pour l’UFAL, seule doit compter la dimension citoyenne et républicaine de cette marche ! Faire peuple ! Ensemble ! Au nom des principes républicains, de l’antiracisme, de la laïcité, du refus de toute stigmatisation, de la lutte contre toutes les formes d’intégrisme et de fascisme, de la liberté d’expression. Elle appelle à défendre le principe de laïcité, fondement de notre société, seule voie de la concorde sociale parce qu’elle refuse de séparer les citoyens en communautés.

Nous devons aussi tirer les leçons de 10 ans de silence, de lâchetés et de compromissions : c’est faute d’avoir été plus largement soutenu que Charlie est devenu une cible. Il faut en finir une fois pour toutes avec les réserves hypocrites (« ils vont trop loin »), voire les attaques directes qui, au nom de la dénonciation d’une prétendue « islamophobie », veulent interdire toute critique des religions, tout droit à la dérision, et rétablir le « délit de blasphème » aboli par le droit républicain.

L’UFAL prendra les initiatives nécessaires pour aider au rassemblement des partisans de la laïcité, sous toutes les formes d’action possible, pour faire vivre nos libertés, sans exception.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 19:29

Quand le Mossad assassinait à Londres un grand caricaturiste palestinien

Par Gilles Munier

Mondialisation.ca, 11 janvier 2015

Souvenons nous ! Le dessinateur et caricaturiste palestinien Naji al-Ali, célèbre au Proche-Orient, a été assassiné à Londres, le 22 juillet 1987, près du quotidien koweiti Al-Qabas où il travaillait. Il était irrévérencieux à l’égard des potentats arabes, appelait le sionisme par son nom et dénonçait la corruption de certains dirigeants palestiniens. Un tueur-professionnel lui a logé une balle dans la tête et a continué son chemin calmement, sans être inquiété.

La presse occidentale ne s’est pas émue de cette attente à la liberté d’expression, comme c’est le cas aujourd’hui après l’attentat dont a été victime Charlie Hebdo. Deux poids et deux mesure?

Dix mois plus tard, Scotland Yard a arrêté un certain Ismaïl Suwan, un étudiant palestinien impliqué dans l’organisation du meurtre. Interrogé, il a révélé qu’il avait été recruté par le Mossad et que ses supérieurs l’avait informé du projet d’assassinat.

Devant le refus d’Israël de s’expliquer sur ce crime, Margaret Thatcher – Premier ministre britannique - ordonna la fermeture de l’antenne du Mossad à Londres - Palace Green - et l’expulsion de deux « diplomates » israéliens. Bien que connue du MI5 – service de renseignement intérieur britannique – l’identité de l’assassin – un agent du Kidon, le service action du Mossad - n’a jamais été divulguée.

La presse occidentale n’a pas remué ciel et terre pour que le tueur et ses commanditaires soient appréhendés et jugés.

Le Mossad a poursuivi ses activités en Grande-Bretagne tranquillement, mais sans statut officiel.

Il a fallu attendre 1998 pour qu’Ephraïm Halevy, nouvellement nommé à la tête du Mossad, obtienne de Margareth Thatcher la réouverture du bureau du Mossad à Londres.

A lire : Le Livre de Handala, caricatures de Naji al-Ali

paru en 2011 aux Editions Scribest (140 dessins de Naji aL-Ali inédits & annotés)

Dans la présentation du « Livre de Handala « , le dessinateur- caricaturiste français Siné – licencié de Charlie Hebdo en juillet 2008 pour des propos dits antisémites » par Philippe Val, le directeur d’alors - a rappelé que le dessinateur a été tué « à cause des convictions qu’il exprimait à merveille à travers ses dessins et son petit personnage nommé Handala”

Handala, réfugié palestinien de 10 ans misérable, est présent sur tous les dessins de Naji al-Ali, le dos tourné au monde qui a trahi son peuple.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 12:39

Ce qu'écrivait Charb en 2011 après l'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo.
Même pas mal! Publié le 7 novembre 2011(extrait de l’apéro de Charb, Charlie Hebdo)

J’ai la trousse qui sent quelque chose entre la saucisse fumée et le
pneu brûlé. Ce n’est pas une allusion graveleuse. C’est tout ce que j’ai
sorti du tas de suie qui recouvre notre journal : la trousse où je
range mes stylos, feutres et gommes. C’est donc ce matériel dérisoire
qui nous permet de lutter à égalité avec les pires armées de connards…
Ouah ! C’est dingue, le pouvoir de l’humour et de la dérision. Plutôt
que de chercher à avoir la bombe, le pouvoir iranien devrait distribuer
des crayons aux Gardiens de la révolution…
On a tous rapporté chez
nous cette épaisse odeur de bêtise. La bêtise a l’odeur d’un journal
brûlé. On aura au moins appris quelque chose de l’incendie criminel qui a
ravagé Charlie. « Attentat », a dit le ministre de l’Intérieur, qui est
venu visiter les locaux. Oui, le ministre de l’Intérieur, celui-là même
qui a presque une rubrique attitrée dans le journal toutes les
semaines. Vous savez, la rubrique de Réseau éducation sans frontières,
qui explique comment le gouvernement instrumentalise l’immigration et
les sans-papiers pour gagner des parts de marché sur le Front national.
Tiens, le Front national, qui, par la voix de Marine Le Pen, déplore
aussi ce qui est arrivé à Charlie. Ils sont cruels, les incendiaires,
ils ont réussi à me faire serrer la main de Guéant. Justement, nous
demandent quelques journalistes, le nez retroussé par ce qui se voudrait
un sourire ironique : ça vous fait quoi d’être soutenu par une partie
de ceux que vous critiquez le plus ? Qu’est-ce que tu veux répondre…
Vous imaginez le ministre de l’Intérieur ou un chef de parti politique
se réjouir publiquement d’un attentat perpétré contre un journal ? Oui,
mais, continuent les journalistes aux gencives luisantes, ça fait quoi
pour un journal en marge de provoquer un tel consensus dans le pays ?
Hein ? Eh ben, ÇA FAIT DU BIEN !

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 12:18
Chroniques Latines

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

Jean Ortiz

Samedi, 10 Janvier, 2015 - 12:16

Charlie hebdo. Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux

Le blog de Jean Ortiz. Je manifesterai, le cœur et la colère gros, mais en prenant soin d’éviter les infréquentables. Je ne veux pas, je le redis, partager ce deuil et cette douleur avec eux.

Les monstres qui ont commis ce crime inqualifiable au siège de Charlie Hebdo, l’hebdo insoumis, provocateur et tendre, antiraciste, humaniste ; sont des hommes formatés par des courants religieux fascisants, par des Etats théocratiques « fondamentalistes », « amis de la France », pour faire taire l’esprit critique, l’humour, l’anticonformisme, la pensée libre, la laïcité, la création sans rivages... Ils n’ont aucune excuse.

J’ai du mal à concevoir que des hommes aient pu à ce point s’aliéner, s’avilir, se fanatiser, se laisser manipuler, s’animaliser, pour produire une telle barbarie.

Je suis en deuil. Le crime de ces assassins vise notre République, celle des Lumières, du contrat social, des droits de l’homme, de l’égalité entre eux, de la liberté pleine et entière... Cette « gueuse » que sociaux et néolibéraux n’ont de cesse, depuis plus de trente ans, de dépecer, de démonter, d’affaiblir par l’explosion des inégalités, le communautarisme, l’instrumentalisation du racisme, la concurrence à tout crin, par le rabougrissement de l’Etat, la multiplication des brisures sociales, la ruée contre les services publics et les biens communs, la casse de l’ascenseur social scolaire, jadis intégrateur, la pratique de l’amalgame délétère « Islam = terrorisme » , le « no future » pour des millions de jeunes Français, quelle que soit leur origine.

Et on voudrait aujourd’hui que je défende, au nom de la douleur, ma République sociale et démocratique bras-dessus bras-dessous avec ses fossoyeurs, avec ceux qui, à force de déifier le marché, de le débrider toujours plus, de tout marchandiser, de dépolitiser, ont laissé le champ libre aux intégrismes de toutes sortes ?

Oui, je crois à la nécessaire, à l’urgente unité populaire et républicaine, mais avec tous les Républicains sincères, tous ceux qui partagent ces valeur de base, la tolérance, l’ouverture à l’autre, la justice sociale, le débat sans corsets, la liberté sans demi-mesure, et notamment celle des médias ; oui, je crois à l’unité avec tous ceux qui défendent le pluralisme de l’information... pas avec les hypocrites qui pleurent aujourd’hui sur la République menacée et qui n’ont cessé d’attiser les haines raciales, les vieilles peurs, de stigmatiser l’autre, de détruire toute espérance progressiste... Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?

Que viennent-ils pleurnicher aujourd’hui sur la liberté de la presse alors que Charlie Hebdo était sur le point de déposer le bilan, que le pouvoir rend chaque jour la vie plus difficile, par des dispositions mortifères à « l’Humanité », au « Le Monde Diplomatique » ? De quelle liberté d’information parle-t-on ? De celle sous la coupe des marchands d’armes, des bétonneurs, des chiens de garde de l’oligarchie, du latifundium médiatique désinformateur, de la pensée unique et cynique.

Oui, je crois à l’unité populaire et républicaine face à la barbarie, mais avec tous ceux qui consacrent beaucoup d’énergie à solidariser, à « faire pays », quand les autres l’atomisent, le livrent à la guerre de tous contre tous, le blessent, le défigurent, en font une jungle. Je me souviens que lorsque Charlie Hebdo nous gratifiait de quelques « unes » décapantes, les moralisateurs venaient faire la leçon à ces « dangereux agitateurs ».

Alors, oui, je suis en deuil, je l’assume, je le revendique. Il y a danger, il faut se rassembler. Oui, j’ai mal, mais je ne veux pas partager ce deuil et cette douleur avec ceux qui ont contribué à créer le climat nauséabond et létal qui ronge notre pays depuis des années. Oui, l’islamisme, comme tous les intégrismes, est un danger. Mais qui arme et entraîne ces monstres ? Le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats, ces Etats voyous, extrémistes, obscurantistes, valets de l’impérialisme français, qui blanchissent les milliards sales dans des paradis fiscaux, garantissent aux multinationales occidentales une chasse gardée pétrolière, piétinent les droits de l’homme et des femmes, combattent les laïques et la gauche... Comment peut-on à la fois s’ériger en gendarme international contre les groupes terroristes, et livrer, par exemple, le Paris Saint-Germain au Qatar

Alors, oui, je manifesterai, le cœur et la colère gros, mais en prenant soin d’éviter les infréquentables. Je ne veux pas, je le redis, partager ce deuil et cette douleur avec eux.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 11:18

Rassemblement

Face à tous les totalitarismes et pour la démocratie, la CGT appelle le monde du travail à se rassembler partout en France

Parce que rien ne doit empêcher la solidarité, la liberté et la démocratie de s’exprimer, la CGT, avec la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, la FSU, l’UNSA et Solidaires, appelle l’ensemble du monde du travail, ainsi que tous les citoyennes et citoyens, à se rassembler, partout en France, ce week-end, pour exprimer leur émotion et leur indignation après l’attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo et face à tous les actes de violences et d’intolérance.

A Paris, ce dimanche 11 janvier, les syndicats se retrouveront entre la Place de la République et la station de métro Parmentier, à 15h, et défileront, ensemble, jusqu’à la Place de la Nation, par l’avenue de la République, celle du Père Lachaise et l’avenue Philippe-Auguste.

Alors qu’au moins treize actes visant la communauté musulmane ont été recensés en France, depuis l’attentat perpétré mercredi au siège de Charlie Hebdo, et qu’une prise d’otages est en cours à Saint-Mandé, aux portes de Paris, la CGT s’alarme plus que jamais de la montée de tous les totalitarismes et dénonce avec la plus vive fermeté ceux qui entretiennent la haine et la division entre les êtres humains en stigmatisant des communautés, cultures et religions.

Montreuil, le vendredi 8 janvier 2015

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 21:08

Charlie Hebdo/CHARB : « j'ai quasiment toujours voté communiste »

Qu'est-ce qui vous amène à la fête de l'Humanité à Toulouse ?

J'ai une vraie proximité avec l'Humanité, d'abord parce que je dessine depuis longtemps déjà dans l'édition du dimanche et aussi en semaine, en plus de Charlie Hebdo. Je suis proche des idées défendues ici et je connais bien Roselyne de la librairie de La Renaissance qui fait un boulot formidable. J'ai répondu avec plaisir à l'invitation pour débattre notamment sur le Front national.

Le communisme est-il encore une idée neuve ?

Oui, bien sûr, je rêve de l'Union soviétique de l'Union européenne. Pas sur le modèle qui a fait faillite à l'Est, évidemment. Mais je crois que le communisme est une solution à la crise. J'en vois pas d'autres. Je manque peut-être d'imagination, mais j'ai quasiment toujours voté communiste. J'ai juste failli prendre ma carte au Parti socialiste quand j'étais au lycée. Il faut dire que dans ma famille, on était plutôt PS.

Charlie Hebdo s'est beaucoup investi dans le débat sur les caricatures de Mahomet, comment analysez-vous le phénomène jihadiste prégnant à Toulouse ?

Personne ne conteste le phénomène de ces jeunes qui partent pour le Jihad, c'est une réalité et il y a un vrai danger. Mais je crois que le risque est surévalué et qu'ils ne sont pas si nombreux. On fait beaucoup plus de bruit autour de ce risque-là que sur le nombre de tués à la Kalachnikov, à Marseille. Il ne faut pas avoir peur plus que de raison. Il faut faire attention à l'aspect médiatique, car à force de raconter qu'ils sont puissants, ils vont finir par l'être. Les médias peuvent conforter le phénomène et renforcer dans leur détermination des individus qui sont d'abord isolés. Heureusement, pour une fois on ne fait pas l'amalgame entre ces jihadistes et les musulmans.

Comment voyez-vous l'avenir de la presse, notamment satirique ?

C'est catastrophique. La crise s'est rajoutée aux problèmes qui existaient déjà avant. Je ne vois pas comment la presse papier peut s'en sortir, d'autant que la situation du réseau de distribution se dégrade très vite. Paradoxalement, à Charlie Hebdo et dans la presse satirique en général, on est plus protégés, parce qu'on est sur une niche où il y a peu de concurrence. Mais on vit difficilement, on a pas de réserve. On va proposer une formule sur le net, mais ça ne compensera pas la baisse du papier.

Un message pour cette fête ?

Oui, un message d'espoir. Je veux dire aux gens que la contestation la colère, les critiques contre les élites sont légitimes. Le problème, c'est quand ils votent FN au lieu de voter PC. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on a le droit de critiquer l'idéologie et les politiques du FN, mais pas les électeurs. Ils souffrent sans doute, sont malheureux, d'accord, mais pour moi, ce sont des salauds. La spécificité du vote FN, c'est que c'est d'abord un vote raciste anti-immigrés. Sinon, ils voteraient à gauche...

La Dépêche du Midi - le 7 juin 2014

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 17:34

Intervention prononcée de Bruno Fornaciari en hommage à Charly Hebdo le 9 janvier 2015

12 personnes à "Charlie Hebdo" ont été exécutées au cours d'une fusillade programmée et accomplie méthodiquement avec froideur et détermination hier à midi. Les mots sont insuffisants pour traduire l'indicible. Nous avons besoin de gestes, de sentiments, de symboles pour exprimer notre compassion et notre solidarité aux victimes et à leurs familles, à leurs proches, pour exprimer notre condamnation de ce crime effroyable et barbare et notre attachement indéfectible à nos libertés.


Car c'est bien aux libertés que s'en sont pris ces esprits totalitaires, qui au nom d'une religion pacifique ont perpétré ces crimes en l'instrumentalisant.
Ne nous laissons pas détourner par les amalgames que certains ne manquent pas d'exposer. La stigmatisation des particularités s'oppose au vivre ensemble. La haine, la discrimination la violence nous sont étrangères, nous les combattons. Nous leur opposons la fraternité, la bonté, la compréhension, la clémence, la camaraderie, en un mot l'humanité.

L'échange, le débat , l'écoute de l'autre, le respect, la recherche de solutions aux difficultés de notre monde ne peuvent se déployer sans ses droits de l'homme, dans le cadre démocratique. Comment serait-il possible en effet et qui accepterait de se taire ? Qui accepterait de négocier pour en rabattre sur nos qualités humaines naturelles : Echanger, traduire et exprimer nos pensées, nos sentiments, nos émotions.

Chacun en a conscience ici, c'est bien la liberté de la presse et tous les professionnels de l'information qui étaient visés dans cet attentat. La liberté d'expression doit pouvoir se conjuguer avec pluralisme, l'ostracisme et la censure doivent être proscrits.

L'émotion est grande dans le pays et ici à Thouars. Lorsque j'ai proposé de tenir ce rassemblement, toutes les organisations contactées ont apporté immédiatement leur soutien et leur participation instantanés. Je veux ici les citer. Le PCF bien sûr, la CGT, FO, Solidaire, Ensemble, la section socialiste. D'autres sont venus encore , dans la préparation, s'y ajouter. Un afflux spontané de "simples citoyens" nombreux et des associations les plus diverses est venu conforter le rassemblement. Qu'ils en soient remerciés.

Des voix multiples se lèvent pour rendre hommage aux victimes et défendre notre liberté de penser, chacune à leur façon Cet élan populaire et national raconte, dans l'unité des valeurs républicaines, Liberté, Egalité Fraternité, notre détermination à parler, à écrire, à chanter, à dessiner pour interpréter le monde et le changer.


Avec l'assassinat incroyable de Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Héritier c'est bien l'impertinence, l'anti-conformisme, la détestation du racisme et de la bêtise qu'ils moquaient, que ces criminels fanatiques ont voulu faire taire. Ces forces obscurantistes ne gagneront pas. Ils ont échoué, notre peuple debout est uni pour nos libertés.
Charlie vivra, nous le savons.

Ils ont voulu les tuer, ils les ont rendus immortels.


En ce jour, je suis Charlie, nous sommes tous Charlie.

12 personnes à "Charlie Hebdo" ont été exécutées au cours d'une fusillade programmée et accomplie méthodiquement avec froideur et détermination hier à midi. Les mots sont insuffisants pour traduire l'indicible. Nous avons besoin de gestes, de sentiments, de symboles pour exprimer notre compassion et notre solidarité aux victimes et à leurs familles, à leurs proches, pour exprimer notre condamnation de ce crime effroyable et barbare et notre attachement indéfectible à nos libertés.


Car c'est bien aux libertés que s'en sont pris ces esprits totalitaires, qui au nom d'une religion pacifique ont perpétré ces crimes en l'instrumentalisant.
Ne nous laissons pas détourner par les amalgames que certains ne manquent pas d'exposer. La stigmatisation des particularités s'oppose au vivre ensemble. La haine, la discrimination la violence nous sont étrangères, nous les combattons. Nous leur opposons la fraternité, la bonté, la compréhension, la clémence, la camaraderie, en un mot l'humanité.

L'échange, le débat , l'écoute de l'autre, le respect, la recherche de solutions aux difficultés de notre monde ne peuvent se déployer sans ses droits de l'homme, dans le cadre démocratique. Comment serait-il possible en effet et qui accepterait de se taire ? Qui accepterait de négocier pour en rabattre sur nos qualités humaines naturelles : Echanger, traduire et exprimer nos pensées, nos sentiments, nos émotions.

Chacun en a conscience ici, c'est bien la liberté de la presse et tous les professionnels de l'information qui étaient visés dans cet attentat. La liberté d'expression doit pouvoir se conjuguer avec pluralisme, l'ostracisme et la censure doivent être proscrits.


L'émotion est grande dans le pays et ici à Thouars. Lorsque j'ai proposé de tenir ce rassemblement, toutes les organisations contactées ont apporté immédiatement leur soutien et leur participation instantanés. Je veux ici les citer. Le PCF bien sûr, la CGT, FO, Solidaire, Ensemble, la section socialiste. D'autres sont venus encore , dans la préparation, s'y ajouter. Un afflux spontané de "simples citoyens" nombreux et des associations les plus diverses est venu conforter le rassemblement. Qu'ils en soient remerciés.

Des voix multiples se lèvent pour rendre hommage aux victimes et défendre notre liberté de penser, chacune à leur façon Cet élan populaire et national raconte, dans l'unité des valeurs républicaines, Liberté, Egalité Fraternité, notre détermination à parler, à écrire, à chanter, à dessiner pour interpréter le monde et le changer.


Avec l'assassinat incroyable de Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Héritier c'est bien l'impertinence, l'anti-conformisme, la détestation du racisme et de la bêtise qu'ils moquaient, que ces criminels fanatiques ont voulu faire taire. Ces forces obscurantistes ne gagneront pas. Ils ont échoué, notre peuple debout est uni pour nos libertés.
Charlie vivra, nous le savons.

Ils ont voulu les tuer, ils les ont rendus immortels.


En ce jour, je suis Charlie, nous sommes tous Charlie.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 12:30

24

Nov

2014

Un journaliste Allemand dévoile le contrôle de la presse par la CIA

Udo Ulfkotte, un ancien rédacteur en chef du Frankfurter Allgemeine Zeitung (qui est l’un des plus grands journaux Allemand), a décidé de rendre publique sa participation dans la corruption des «nouvelles» des médias occidentaux, estimant que celles-ci entraînent l’Europe vers une guerre nucléaire contre la Russie, provoquée par l’aristocratie américaine via la CIA.

Il a été un des conseillers du gouvernement Helmut Kohl. Entre 1986 et 1998, Ulfkotte a vécu en : Iraq, Iran, Afghanistan, Arabie saoudite, Oman, Émirats arabes unis, Égypte et en Jordanie. Il est membre du German Marshall Fund et a fait partie de la Fondation Konrad Adenauer de 1999 to 2003. Il a gagné le prix civique de la Fondation Annette Barthelt en 2003.

Il a été cofondateur d’un mouvement de paix contre l’extrémisme islamique naissant en Allemagne.

Et maintenant, il sort un livre qui prétend que les États-Unis sont en réalité la plus grande de toutes les menaces à la paix. Le livre est disponible uniquement en allemand, Gekaufte Journalisten, qui signifie «journalistes achetés.” (en tête des ventes dans sa catégorie sur Amazon.de – si un germanophone se sent de faire une fiche de lecture ce serait génial, contactez moi)

Voici des extraits de son témoignage à la télévision Russe :

Je suis journaliste depuis 25 ans, et j’ai été éduqué à mentir, à trahir, et à ne pas dire la vérité au public. Mais voyant actuellement et durant ces derniers mois, jusqu’à quel point… comment les médias allemands et américains essaient d’apporter la guerre aux Européens, d’apporter la guerre à la Russie. C’est un point de non-retour, et je vais me lever et dire … que ce que j’ai fait dans le passé n’est pas correct, de manipuler les gens, de faire de la propagande contre la Russie et ce que font mes collègues et ont fait dans le passé, parce qu’ils sont soudoyés pour trahir le peuple pas seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe.

La raison de ce livre est que je suis très inquiet d’une nouvelle guerre en Europe, et je ne souhaite pas que la situation se reproduise, parce que la guerre ne vient jamais d’elle-même, il y a toujours des gens derrière qui poussent à la guerre, et ce ne sont pas seulement les politiciens, ce sont les journalistes aussi.

J’ai juste écrit dans le livre comment nous avons trahi dans le passé nos lecteurs juste pour pousser à la guerre, et parce que je ne veux plus de cela, j’en ai marre de cette propagande. Nous vivons dans une république bananière, et pas dans un pays démocratique où nous aurions la liberté de la presse, les droits de l’Homme. [...]

Si vous regardez les médias allemands, et plus spécialement mes collègues qui, jour après jour, écrivent contre les Russes, qui sont dans des organisations transatlantiques, et qui sont soutenus par les États-Unis pour faire cela, des gens comme moi. Je suis devenu citoyen d’honneur de l’État de l’Oklahoma. Pourquoi au juste ? Juste parce que j’écris pro-américain. J’ai écrit pro-américain. J’étais soutenu par la Central Intelligence Agency, la CIA. Pourquoi? Parce que je devais être pro-américain.

J’en ai marre de ça. Je ne veux plus le faire ! Et alors j’ai juste écrit le livre non pour gagner de l’argent, non, ça va me coûter de nombreux problèmes, juste pour donner aux gens dans ce pays, l’Allemagne, en Europe et partout dans le monde, juste pour leur donner un aperçu de ce qui se passe derrière les portes closes.

Oui il y a de nombreux exemples de cela : si vous revenez sur l’histoire, dans l’année 1988, si vous allez dans vos archives, vous trouverez en mars 1988 qu’il y a eu en Irak des Kurdes qui ont été gazés avec des gaz toxiques, ce qui est connu du monde entier. Mais en juillet 1988, ils m’ont envoyé dans une ville appelée Zubadat qui est à la frontière de l’Irak avec l’Iran. C’était la guerre entre les Iraniens et les Irakiens, et j’ai été envoyé là-bas pour photographier comment les Iraniens ont été gazés par du gaz toxique, par du gaz toxique allemand. Vous l’appelez LOST, sarin, gaz moutarde, fabriqué par l’Allemagne. Ils ont été gazés et j’étais là pour prendre des photographies de comment ces gens ont été gazés par du gaz toxique venant d’Allemagne. Lorsque je suis revenu en Allemagne, il n’y avait qu’une seule petite photo dans le journal, le Frankfurter Allgemeine [Zeitung], et il y avait un seul petit article, ne décrivant pas comment c’était impressionnant, brutal, inhumain et terrible, de tuer la moitié… de tuer, des décennies après la seconde guerre mondiale, des gens avec du gaz toxique allemand. Ainsi, ce fut une situation où je me suis senti abusé d’avoir été là-bas et juste pour donner un documentaire sur ce qui s’était passé, mais ne pas avoir été autorisé à dévoiler au monde ce que nous avions fait derrière les portes fermées. Jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas bien connu du public allemand qu’il y a eu des gaz allemands, qu’il y a eu des centaines de milliers de gens gazés dans cette ville de Zubadat.

Maintenant vous m’avez demandé ce que j’ai fait pour les agences de renseignement, alors s’il vous plaît, comprenez que la plupart des journalistes que vous voyez dans les pays étrangers prétendent être journalistes, et ils pourraient être journalistes, des journalistes européens ou américains… Mais nombre d’entre eux, comme moi dans le passé, sont soi-disant appelés : « couverture non officielle ». C’est comme ça que les Américains les appellent. J’ai été une « couverture non officielle ». La couverture non officielle, ça signifie quoi ? Cela signifie que vous travaillez pour une agence de renseignement, vous les aidez s’ils veulent que vous les aidiez, mais jamais, au grand jamais, [...] lorsque vous êtes attrapés, lorsqu’ils découvriront que vous n’êtes pas seulement un journaliste mais également un espion, ils ne diront jamais : « celui-ci était l’un des nôtres ». ils ne vous connaîtront pas. Voilà ce que veut dire une couverture non officielle. Ainsi, je les ai aidés à plusieurs reprises, et je me sens honteux pour cela aussi désormais. De la même manière que je me sens honteux d’avoir travaillé pour des journaux très recommandés comme le Frankfurter Allgemeine, parce que j’ai été soudoyés par des milliardaires, j’ai été soudoyé par les Américains pour ne pas rendre compte exactement la vérité. […] J’imaginais juste lorsque j’étais dans ma voiture pour venir à cet entretien, j’essayais de me demander ce qu’il se serait passé si j’avais écrit un article pro-russe, dans le Frankfurter Algemeine. Et bien je ne sais pas ce qui se serait passé. Mais nous avons tous été éduqués à écrire pro-européen, pro-américain, mais de grâce pas pro-russe. Alors je suis très désolé pour cela…. Mais ce n’est pas la façon dont je comprends la démocratie, la liberté de la presse, et je suis vraiment désolé pour cela.

Et bien oui je comprends très bien la question. L’Allemagne est toujours une sorte de colonie des États-Unis, vous le verrez dans de nombreux points; comme [le fait que] la majorité des Allemands ne veut pas avoir des armes nucléaires dans notre pays, mais nous avons toujours des armes nucléaires américaines. Donc, oui, nous sommes encore une sorte de colonie américaine, et, étant une colonie, il est très facile d’approcher les jeunes journalistes au travers (et ce qui est très important ici est) des organisations transatlantiques. Tous les journalistes appartenant à des journaux allemands très respectés et recommandés, des magazines, des stations de radio, des chaînes de télévision, sont tous membres ou invités de ces grandes organisations transatlantiques. Et dans ces organisations transatlantiques, vous êtes approchés pour être pro-américain. Et il n’y a personne venant à vous et disant : « nous sommes la CIA. Voudriez-vous travailler pour nous ? ». Non ! Ce n’est pas la façon dont ça se passe.Ce que font ces organisations transatlantiques, c’est de vous inviter pour voir les États-Unis, ils paient pour cela, ils paient toutes vos dépenses, tout. Ainsi, vous êtes soudoyés, vous devenez de plus en plus corrompus, parce qu’ils font de vous de bons contacts. Alors, vous ne saurez pas que ces bons contacts sont, disons, non officiels. Des couvertures non officielles ou des personnes officielles travaillant pour la CIA ou pour d’autres agences américaines. Alors vous vous faites des amis, vous pensez que vous êtes ami et vous coopérez avec eux. Et ils vous demandent : « pourriez-vous me faire cette faveur- ci ? Pourriez-vous me faire cette faveur-là ? ». Alors votre cerveau subit de plus en plus un lavage de cerveau par ces types. Et votre question était : est-ce seulement le cas avec les journalistes allemands? Non ! Je pense que c’est plus particulièrement le cas avec les journalistes britanniques, parce qu’ils ont une relation beaucoup plus étroite. C’est aussi particulièrement le cas avec les journalistes israéliens. Bien sûr avec les journalistes français, mais pas autant que pour les journalistes allemands ou britanniques. … C’est le cas pour les Australiens,les journalistes de Nouvelle-Zélande, de Taïwan, et de nombreux pays. Des pays du monde arabe, comme la Jordanie, par exemple, comme Oman, le sultanat d’Oman. Il y a de nombreux pays où ça se passe, où vous trouvez des gens qui déclarent être des journalistes respectables, mais si vous regardez plus derrière eux, vous découvrirez que ce sont des marionnettes manipulées par la CIA.

Excusez-moi de vous interrompre, je vous donne un exemple. Parfois, les agences de renseignement viennent à votre bureau, et veulent que vous écriviez un article. Je vous donne un exemple [ne venant] pas d’un journaliste bizarre, mais de moi même. J’ai juste oublié l’année. Je me rappelle seulement que le service de renseignement allemande pour l’étranger, le Bundesnachrichtendienst (c’est juste une organisation sœur de la Central Intelligence Agency, elle fut fondée par cette agence de renseignement) [...] est venu à mon bureau au Frankfurter Algemeine, à Francfort. Et ils voulaient que j’écrive un article sur la Libye et le colonel Mouammar Kadhafi. Je n’avais absolument aucune information secrète concernant le colonel Kadhafi et la Libye. Mais ils m’ont donné toutes ces informations secrètes, et ils voulaient juste que je signe l’article de mon nom.

Je l’ai fait. Mais c’était un article qui fut publié dans le Frankfurter Algemeine, qui originellement venait duBundesnachrichtendienst, de l’agence de renseignement pour l’étranger. Donc pensez-vous réellement que ceci est du journalisme ? Des agences de renseignement écrivant des articles ?

Oh oui. Cet article que j’ai reproduit partiellement dans mon livre, cet article était : « Comment la Libye et le colonel Mouhamar Kadhafi a secrètement essayé de construire une usine de gaz toxiques à Rabta ». Je crois que c’était Rabta, oui. Et j’ai obtenu toutes ces informations… c’était une histoire qui fut imprimée à travers le monde entier quelques jours plus tard. Mais je n’avais aucune information à ce sujet, c’était l’agence de renseignement qui voulait que j’écrive un article. Donc ce n’est pas la manière dont le journalisme devrait fonctionner, que les agences de renseignement décident de ce qui est imprimé ou pas.

Si je dis non, je vous donne un exemple, un très bon exemple de ce qui se passe si vous dites non. Nous avons secouru des unités en Allemagne avec des hélicoptères dévolus aux accidents de la route. Ils se nomment eux-mêmes les « anges jaunes ». Il y avait un type qui ne voulait pas coopérer, c’était un pilote du service d’hélicoptères des anges jaunes en Allemagne. Ce type a dit non au service de renseignement pour l’étranger, le Bundesnachrichtendienst, lorsqu’ils l’approchèrent et voulurent qu’ils travaillent en tant que couverture non officielle pour l’agence allemande de renseignement pour l’étranger, tout en prétendant être un membre des anges jaunes. Alors ce qui arriva, c’est que cet homme perdit son travail. Et [au] tribunal en Allemagne, le juge décida qu’ils avaient raison parce qu’on ne peut pas faire confiance à un tel type. Il a été viré de son travail parce qu’il n’a pas coopéré avec le service de renseignement pour l’étranger. Ainsi, je savais ce qui arriverait si je ne coopérais pas avec les services de renseignement .

J’ai dû avoir une, deux, trois… six fois ma maison a été perquisitionnée, parce que j’ai été accusé par le procureur général allemand de divulgations de secrets d’État. Six fois ma maison perquisitionnée ! Et bien, ils espéraient que je ne refasse jamais encore cela. Mais je pense que c’est pire, car la vérité sortira un jour. La vérité ne mourra pas. Et je me fiche de ce qui va arriver. J’ai eu trois crises cardiaques, je n’ai pas d’enfants. Donc s’ils veulent me poursuivre ou me jeter en prison… La vérité en vaut la peine…

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 03:54
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 18:42

Presse écrite en crise cherche avenir de toute urgence

CLAUDE BAUDRY

MERCREDI, 17 DÉCEMBRE, 2014

L'HUMANITÉ

L’Assemblée nationale examine aujourd’hui une proposition de loi sur la modernisation du secteur de la presse. Mais c’est l’urgence d’un débat sur son avenir qui est aujourd’hui posée.

En commission des Affaires culturelles, la proposition de loi sur la modernisation de la presse, déposée par le Parti socialiste, qui sera discutée aujourd’hui à l’Assemblée nationale, a été approuvée par les députés socialistes et écologistes. Le Front de gauche et l’UMP se sont abstenus. Cette proposition de loi fait suite au rapport remis en avril dernier par Michel Françaix (PS). Mais la question de l’avenir de la presse écrite, sa crise structurelle, sa mutation à l’heure du numérique nécessitent un débat public d’une tout autre ampleur. L’adage selon lequel « il vaut mieux être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade » va comme un gant à la situation de la presse écrite. Et ce, dans un contexte qui voit se former de grands conglomérats adossés à des groupes industriels ou financiers et des aides publiques à la presse les favoriser.

Comme chacun cherche son chat, chacun cherche son modèle économique. Le numérique n’a pas fait, à quelques exceptions près qui restent fragiles, la preuve que son modèle était viable à court terme, le papier n’en a plus.

1. UNE CRISE STRUCTURELLE PROFONDE

Aucun titre de presse écrite, quotidienne en particulier, n’est seul à l’équilibre. La nouvelle baisse des ventes (– 3,52 % entre janvier et octobre pour la presse quotidienne nationale en 2014 par rapport à 2013), la baisse de ressources publicitaires obligent les journaux à chercher d’autres moyens de résister. La presse quotidienne mais aussi magazine traverse « une crise structurelle dans le cadre d’une mutation inachevée » selon les mots de Pierre Laurent dans son rapport pour avis sur le budget 2015 au Sénat. L’Équipe (qui perd 9,87 % sur la même période) doit beaucoup au Tour de France et aux autres compétitions sportives organisées sous la bannière ASO, le Figaro multiplie les diversifications par des acquisitions sur Internet, nombre de titres comme les Échos organisent des événements plus rémunérateurs que la vente en kiosques. Libération, dont les ventes sont en chute libre (– 7,32 %), tente une relance dans des forums en partie financés par des collectivités locales… L’Humanité n’échappe pas à cette situation difficile. « Aucun quotidien, aucun hebdomadaire n’est en bonne santé. Toute la presse écrite dans le monde entier connaît une crise profonde », rappelait en novembre Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, au moment de lancer une souscription auprès de ses lecteurs pour « faire face à de lourdes contraintes financières d’ici à la fin du mois de décembre ». « Pas une semaine sans que soit annoncée une longue liste de restrictions de moyens de pagination, de regroupements de journaux et de nouvelles concentrations, de plans de réduction d’effectifs, de dépôt de bilan, voire de fermetures pures et simples », ajoutait-il. Des titres de presse sont en cessation de paiement, comme notre confrère la Marseillaise, d’autres comme Siné Mensuel sont au bord de la faillite ou en redressement judiciaire comme le Ravi en Provence. La proposition de loi en discussion à l’Assemblée nationale apporte des retouches à la loi Bichet régissant la distribution de la presse, alors que ce secteur est en grande difficulté. Il renforce les pouvoirs de l’Autorité de régulation de la distribution de la presse, afin d’obliger les deux coopératives de distribution, Presstalis et les Messageries lyonnaises de presse, à aller vers davantage de mutualisation. Voire, comme l’avance Marie-George Buffet, vers la constitution d’« une coopérative permettant de distribuer tous les journaux de l’IPG (information politique et générale – NDLR) à égalité, comme la loi adoptée à la Libération en faisait obligation ». Par ailleurs, la proposition de loi crée un nouveau « statut d’entreprise solidaire de presse d’information », inspiré de l’économie sociale et solidaire, qui serait réservé aux éditeurs de presse d’information politique et générale. Le but est de pouvoir mobiliser « des financements pouvant provenir d’investisseurs, de dons du public ou de participation des salariés ». On estime à 700 le nombre de sites concernés, dont 260 pouvant relever de l’IPG…

2. DES TITRES ADOSSÉS À DES GROUPES INDUSTRIELS OU FINANCIERS

Les grands patrons aiment la presse. Serge Dassault, propriétaire du Figaro, Bernard Arnault, PDG de LVMH qui, en 2007 a racheté les Échos pour 240 millions d’euros, sans oublier François Pinault, propriétaire du Point, ont vu arriver des « collègues ». Comme le trio BNP, entendez Pierre Bergé, Xavier Niel, PDG d’Iliad, maison mère de Free, et Matthieu Pigasse, banquier d’affaires. Ensemble, ils ont mis 110 millions d’euros dans le Monde et viennent de racheter le Nouvel Observateur, rebaptisé l’Obs. Le paysage de la presse se modifie profondément. Et ce n’est pas fini. « Vivendi a vocation à devenir le Bertelsmann à la française. » La phrase n’est pas anodine. Elle émane de Vincent Bolloré, le président du conseil de surveillance du groupe Vivendi. Elle a été prononcée le 9 décembre au micro d’Yves Calvi sur RTL. Et la radio, comme M6, appartient, par l’intermédiaire de RTL Group, au puissant mastodonte allemand. Bertelsmann est à la tête de Prisma, éditeur en France de Capital, Gala, Geo… et compte 52 chaînes de télévision et 29 stations de radio. Ce matin-là, Bolloré est venu dire son intérêt pour le groupe L’Express-L’Expansion dont l’éditeur belge Roularta veut se débarrasser. Le créateur du gratuit Direct Matin a de l’appétit pour nourrir Vivendi et de l’argent pour de nouvelles acquisitions. Aux côtés de Bolloré, on trouve Arnaud de Puyfontaine, qui était le président d’un groupe de travail lors des états généraux de la presse écrite en 2008 voulus par Sarkozy. Il fut l’un des plus fervents défenseurs de la constitution de grands groupes dits « champions nationaux ». Vivendi, propriétaire aussi du groupe Canal Plus, y travaille. Après avoir vendu SFR à Patrick Drahi, patron du groupe Altice, propriétaire de Numericable. L’homme d’affaires aime aussi la presse. Il vient d’injecter 18 millions d’euros dans Libération repris par Laurent Joffrin. Ce dernier vient de lui demander une rallonge de 10 millions d’euros. Le quotidien en difficulté a lancé un plan de départs volontaires pour se recentrer sur une équipe réduite et développer son offre numérique. 102 salariés sur 238 se sont résignés à changer d’air… Mais Patrick Drahi lorgne aussi sur le groupe L’Express-L’Expansion. Et pourrait même s’allier avec le… groupe Figaro pour ce rachat. Cherchez l’erreur. Où est l’indépendance des titres dans tout ça.

3. LES AIDES FAVORISENT LES PLUS RICHES

Le Monde, qui va construire pour début 2017 un nouveau siège social où se retrouveront les personnels du quotidien mais aussi ceux de Télérama, l’Obs, Courrier international et Rue 89, a lui aussi mis le cap sur le numérique, comme le Figaro. En bénéficiant des moyens du fonds Google, auxquels l’Humanité n’a à ce jour pas pu accéder, et d’aides à la modernisation sans commune mesure avec les autres titres. Au titre des aides à la presse (rapport de la Cour des comptes 2013 sur les années 2009-2011). Le Monde avait perçu 18,5 millions d’euros (ajoutons-y 9,5 millions pour Télérama), le Figaro, 17,2 millions, Ouest France, 15,5 millions d’euros, Libération, 9,9 millions d’euros. L’Humanité, percevant 6,7 millions d’euros, dont la moitié au titre des aides aux journaux à faibles ressources publicitaires. En cinq années, le Monde a reçu 90 millions d’euros en aides publiques. Ça aide à devenir un champion. Si comme la Croix ou d’autres, l’Humanité a décidé de garder comme socle son édition papier, elle entend se développer aussi sur Internet avec la création d’une plate-forme numérique. Mais cela nécessite des moyens et un accompagnement public indispensable.

4. UN STATUT NOUVEAU POUR L’AFP

Dans ce contexte, le texte examiné aujourd’hui à l’Assemblée nationale vise surtout à mettre en conformité le statut de l’AFP avec le droit européen de la concurrence, à la suite de la clôture de la plainte auprès de la Commission européenne pour aide d’État déposée par un concurrent allemand de l’AFP (aujourd’hui disparu). Il s’agit de préciser que « la responsabilité de l’État ne peut se substituer à celle de l’AFP envers ses créanciers » et que les activités de l’AFP ne relevant pas de ses missions d’intérêt général doivent faire l’objet d’une comptabilité séparée. Une filiale dite technique, AFP Blue, va être créée pour subvenir à ses besoins de financement (voir l’Humanité du 27 octobre). Cette modification de statut suscite des craintes en interne. Plusieurs syndicats de l’AFP (CGT, FO, SUD, CFE-CGC) ont appelé à une grève mercredi dernier. Vice-présidente de la commission, Marie-George Buffet (PCF) a défendu des amendements sur l’AFP, la distribution de la presse et proposé d’inclure dans cette loi une modification des aides à la presse. Cela résonne comme une urgence. Plus que jamais, la presse a besoin d’aides publiques pour poursuivre sa transformation et trouver un nouveau modèle économique stable. C’est l’une des conditions du pluralisme. En septembre dernier, Patrick Le Hyaric avait lancé l’idée d’une conférence nationale sur le pluralisme. La question reste posée. Elle attend des réponses.

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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