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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:06

 

POLITIQUE

 

POLITIQUE -  le 24 Février 2013

 

Réforme des scrutins locaux : au nom de la parité, le gouvernement risque-t-il de tuer le pluralisme ?

 

 

Un peu plus de proportionnelle dans les petites communes, un peu plus de bipartisme dans les départements. Et les sénatoriales de 2014 dans la ligne de mire. L’architecture électorale pourrait sortir bouleversée des travaux parlementaires? Mais sous prétexte de parité, ces modifications risquent d’affaiblir fortement le pluralisme. Or, il est possible de garantir les deux. Explications.

Le 14 janvier dernier, certains journaux avaient interprété comme un rejet de la parité le vote du Sénat contre le projet de loi réformant les prochains scrutins locaux. La droite avait en effet voté contre, tandis que le groupe communiste s’était abstenu. Pour ce dernier, c’est le volet cantonal de cette réforme qui posait problème. Au premier degré, le projet de loi comprenait l’élection d’un binôme homme et femme pour le prochain scrutin cantonal de 2015. En y regardant de plus près, cette réforme apportait la parité, mais au détriment d’une représentation conforme à la diversité des opinions politiques?

Fin décembre 2012, l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) avait déjà mis en garde contre cette réforme. En effet, le périmètre sur lequel serait élu ce binôme de conseillers généraux correspondrait au double de celui des actuels cantons. « Les deux élus sur un nouveau territoire unique seraient de même sensibilité, dénonçait l’ANECR, alors que sur ce même périmètre il peut y avoir actuellement deux élus de sensibilités différentes. Ce nouveau mode de scrutin, doublé d’un redécoupage cantonal, serait donc le vecteur d’un bipartisme renforcé, d’une nouvelle régression démocratique ?» Le mode de scrutin majoritaire en vigueur aux élections cantonales (qui devraient être rebaptisées «départementales» après cette réforme) donne en effet beaucoup plus de chance aux deux grands partis de rafler des cantons.

« Au nom de la parité, on tue le pluralisme », estime ainsi la présidente du groupe communiste au Sénat, Éliane Assassi. Les parlementaires communistes, attachés à la parité, rappellent leur principale proposition afin de la garantir en même temps qu’une juste représentation des sensibilités politiques : le scrutin proportionnel. Concernant les départements, ils se sont même dits prêts à ne proposer que 30?% de conseillers départementaux élus à la proportionnelle. Cette suggestion n’est pour l’instant pas retenue par le gouvernement et les parlementaires socialistes. Certainement parce que le projet présenté par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, ne vise pas à donner une meilleure représentation aux autres partis politiques, mais bien au contraire à bipolariser davantage la vie politique. Selon lui, ce projet de loi est « le premier d’une longue série de lois électorales ».

Après le rejet du texte par le Sénat, certains amendements déposés par les députés socialistes donnent pourtant du fil à retordre au gouvernement. Et augmentent dans certains cas le champ du scrutin proportionnel. C’est le cas notamment de l’abaissement du seuil de 3 500 habitants à 1 000 dans le projet gouvernemental pour organiser des scrutins de liste proportionnels aux élections municipales, qui a été encore ramené à 500 habitants par les députés. Une mesure dont se sont félicités les élus communistes. Mais les communes risquent encore bien de s’effacer un peu plus du premier plan de la vie politique locale. En effet, selon le projet de loi qui sera à nouveau en discussion à partir du 18 février, les délégués communautaires pourraient être désormais choisis directement par les électeurs en même temps que leurs conseillers municipaux. Jusqu’ici, ce sont ces derniers qui choisissaient les délégués qui siègent dans les communautés d’agglomération : « Un gage de la reconnaissance du fait ­communal comme pilier essentiel de l’architecture républicaine?», rappelait en janvier le président de ­l?­ANECR, Dominique Adenot.

Quant aux petites communes, si elles sont nombreuses à gagner un scrutin de liste proportionnel, elles perdront toutefois deux conseillers municipaux. Est-ce une mesure destinée à limiter leur poids électoral dans une autre élection essentielle pour le gouvernement socialiste ? On sait le rôle que les communes rurales ont joué dans le basculement du Sénat à gauche en 2011. Dans un contexte de politique d’austérité que les collectivités territoriales, particulièrement dans les régions rurales, payent en première ligne, la tentation de la sanction de la majorité en place pourrait être forte en septembre 2014. Le gouvernement a déjà fait les frais à plusieurs reprises de sa fragile majorité au Sénat, comme en témoigne le rejet du projet de loi de ce mois de janvier?

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 16:01

 

LIBERTE

 

 

 

 INFORMATION URGENTE

Notre ami Mouhieddine CHERBIB, militant de la démocratie, des libertés et de la solidarité, vient d'être arrêté par la police, à Tunis, à sa descente de l'avion en provenance de Paris. La police l'a informé qu'il serait recherché pour son implication dans l'affaire du soulèvement des familles du bassin minier de Gafsa en 2008.

Mouhieddine a été condamné par le régime de Ben Ali pour délit de solidarité avec le mouvement des habitants du bassin minier de Gafsa Redayef. Il serait consternant qu'il puisse être aujourd'hui condamné pour sa courageuse contribution à la démocratie en Tunisie !..

C'est cette arrestation qui doit être condamnée.

Nous demandons sa libération immédiate ainsi que la levée des mesures répressives inadmissibles dont il est l'objet.

 

LIBERTE

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 08:15

 

MONDE

©millerand

MONDE -  le 1 Février 2013

 

À la Fontaine des innocents, un rassemblement pour exiger la libération de Nadir Dendoune

 

 

Au dixième jour de détention de notre confrère, syndicats de journalistes, responsables politiques ou simples citoyens ont exigé sa libération, avec RSF et son comité de soutien.

 

(pourquoi les grands médias, radios et télé, , si prompts d'habitude, sont-ils silencieux aujoud'hui?)


Pour conjurer l'inquiétude, l'humour. Nadir, tes oreilles ont sifflé, vendredi soir, à la Fontaine des Innocents. Nous t'épargnerons les mots d'esprit à tes dépends, juste des expédients pour atténuer l'angoisse. Samedi, notre confrère, Nadir Dendoune, journaliste indépendant, arrêté le 23 janvier à Bagdad, dans l'exercice de son métier, purgeait son dixième jour de détention dans une caserne militaire, sans motif sérieux, sans inculpation, sans possibilité de se défendre, sans contact avec l'extérieur. Pour de simples photos, disent les autorités irakiennes. Ses proches, ses amis, ses confrères, ou simplement des citoyens révoltés par l'injustice qui lui est faite, se sont rassemblés, vendredi soir, à la Fontaine des innocents, à Paris. Avec un simple mot d'ordre : « Libérez Nadir ». Des organisations professionnelles, des représentants de la gauche, des artistes, des élus et des habitants de la Seine Saint Denis, son département, ont témoigné par leur présence de leur solidarité avec ce personnage atypique, attachant, chaleureux. On pouvait croiser, dans la foule, des amis de l'Ile-Saint-Denis, des responsables syndicaux, des poètes du béton, séquanodyonisiens du cru, comme Hocine Ben ou Thomas Pitiot.

Christophe Deloire, le directeur général de Reporters sans frontières, a rappelé que Nadir était « parti en Irak comme journaliste français, pour faire son travail de journaliste ». « Il est inadmissible qu'il se retrouve depuis dix jours en détention pour avoir fait son métier. Quel que soit l'endroit où se trouvent les détenus finissent toujours par entendre le bruit qui est fait à des milliers de kilomètres de là », a-t-il lancé, en exigeant de nouveau sa libération.

©millerand

Patrick Le Hyaric, le directeur de l'Humanité, a regretté l'apathie des médias télévisés, trop lents à se faire l'écho de l'injustice faite à notre confrère. En d'autres temps, avec d'autres journalistes, on vit réactivité plus prompte... « C'est un ami de nombreux journalistes de l'Humanité. Nous connaissons l'intégrité, le professionnalisme et l'engagement de Nadir. Il est incompréhensible qu'il ait pu être jeté en prison pour avoir pris des photos dans un lieu public », a lancé le directeur de notre journal, qui a annoncé avoir saisi les autorités européennes de cette affaire. Présente aussi, l'eurodéputée verte Karima Delli a appelé à amplifier la mobilisation pour « ne pas laisser s'enliser cette affaire ». « Il est parti faire son boulot, pour exercer une liberté fondamentale, celle d'informer », a rappelé l'élue. Au cours du rassemblement, le Comité de soutien pour la libération de Nadir Dendoune a reçu la confirmation que la famille du journaliste serait reçue au Quai d'Orsay... seulement lundi ! «  Le ministère des Affaires étrangères doit tout faire pour le libérer! » a lancé le député socialiste Pouria Amirshahi, après que son parti eut exprimé, par la voix de son secrétaire général, Harlem Désir, son soutien à notre confrère.

Cette affaire jette une lumière crue sur le régime des libertés forgé, en Irak, par la pax americana. Notre confrère en fait aujourd'hui les frais, comme chaque jour, les journalistes irakiens. Cette détention opaque, arbitraire, n'a que trop duré. Nadir Dendoune doit être libéré.

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 08:28

- le 14 Janvier 2013

Le ministère de l'Intérieur bloque la libération de Georges Ibrahim Abdallah, rassemblement le 19 janvier à Paris (CLGIA)

Le 21 novembre 2012, un avis favorable à la libération de Georges Ibrahim Abdallah a été donné par le tribunal d'application des peines, conditionné par un arrêté d'expulsion signé par le ministre de l'intérieur.

Aujourd'hui, 14 janvier 2013,  M. Valls n'a toujours pas signé cet arrêté, retardant ainsi la libération de notre camarade.

Le prochain acte de cette farce judiciaire aura lieu le 28 janvier.

 

La vengeance politique se poursuit : l'État français, par l'intermédiaire de son ministre de l'intérieur, refuse d'accepter - après plus de 28 ans de prison - qu'il n’a pas réussi à faire plier Georges Ibrahim Abdallah, combattant de la résistance libanaise et palestinienne, adversaire résolu et inflexible des entreprises impérialistes et sionistes au Moyen-Orient.

 

Le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah appelle à la mobilisation la plus large pour exiger l'application du droit au retour sans délai de notre camarade Georges Ibrahim Abdallah.

 

RASSEMBLEMENT

Samedi 19 janvier 2013, à 15 heures
Place des Saussaies, Paris 8e (non loin du ministère de l'intérieur)
Rendez-vous métro Saint-Augustin (L9 / L14)

 

Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (CLGIA)

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 11:23

 

Capture d'écran

  - le 28 Décembre 2012

Le PCF et le PG dénoncent les "invectives" d'Harlem Désir

Le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles et le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon ont dénoncé vendredi la vigueur de la réaction du premier secrétaire du Parti socialiste Harlem Désir à la diffusion de la vidéo du PCF fustigeant de façon sarcastique les sept premiers mois de François Hollande à l'Elysée.


Dans un communiqué au ton particulièrement remonté, Harlem Désir a appelé jeudi le PCF "à cesser de se tromper d'adversaire et à se garder d'une dérive contraire à sa tradition de responsabilité". Il avait en ligne de mire la récente vidéo du PCF, intitulé « 2013, rallumons les étoiles », moquant les promesses non tenues du candidat Hollande devenu président. "Ce clip qui vise de façon inacceptable le président de la République et le gouvernement est de mauvaise foi, mensonger et caricatural: il est une faute contre la gauche (...) et constitue "une honte pour ses auteurs", a accusé le responsable socialiste.

 

Le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, s'est étonné vendredi dans un communiqué de la vigueur de la réaction de Harlem Désir à la diffusion de la vidéo, la qualifiant de "totalement disproportionnée". "Notre clip (...), ne mérite en rien l'usage d'une artillerie aussi lourde", a-t-il ajouté, en glissant au passage que la vidéo a connu "près de 200.000 visites dès les deux premiers jours". "2013 doit être une année de conquêtes, de luttes face aux puissances de l'argent qui gouvernent", a souligné le porte-parole. "Mieux vaut user aujourd'hui d'un droit de critique, qu'être contraint à un devoir d'inventaire dans 5 ans", conclut-il.

 

De son côté le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui s'est félicité de la vidéo, a dénoncé vendredi les "invectives" du premier secrétaire du PS et d'appeller "Harlem Désir à la retenue". "Les invectives du premier secrétaire contre le clip expriment une exigence de soumission et de censure totalement inacceptable", a ajouté l'eurodéputé dans un communiqué. "Au lieu de vociférer, Harlem Désir ferait mieux de se demander quelle part de vérité si évidente il contient pour que tout le monde rie de si bon coeur en regardant ce plaisant petit film", conseille Jean-Luc Mélenchon. "Le gouvernement et son nouveau porte-parole feraient bien de cesser de se tromper d'adversaire", met-il en garde. "Il devrait se réjouir que cela soit fait avec humour et drôlerie plutôt que sur le ton arrogant et sectaire avec lequel le PS croit possible de traiter les partis de notre gauche", conclut l'eurodéputé.

 

"C'est vrai que ce clip augure bien de la suite (...). On n'hésite pas, le PCF et nous, à parler d'une opposition à la politique d'austérité du gouvernement", dit Eric Coquerel, responsable du Parti de Gauche, en rappelant que le Front de gauche mènera à partir de janvier une "grande campagne contre les politiques d'austérité" du gouvernement.

 

Lire aussi :

Jean-Luc Mélenchon dénonce les "invectives" de Harlem Désir
« Réaction totalement disproportionnée d'Harlem Désir » (O.Dartigolles – porte-parole du PCF)
Avant ses vœux, Hollande rappelé à ses résolutions

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 08:03

Mariage pour tous : l’enseignement catholique doit respecter la loi (Groupe PCF-PG au Conseil de Paris)

 

 

Depuis plusieurs jours, le secrétaire général de l’enseignement catholique mène ouvertement une campagne contre le projet de Mariage pour tous. Il veut que les établissements scolaires catholiques prennent des « initiatives », « pour permettre l’exercice d’une liberté éclairée ». 

Il est intolérable qu’Eric de Labarre défie ainsi les pouvoirs publics. Les établissements qu’il vise sont sous contrat pour plus de 90 % d’entre eux, largement financés par l’Etat et les collectivités locales, et très clairement encadrés par la loi, les codes du travail et de l’éducation. En incitant au débat sur des thèmes qui relèvent de convictions politiques ou religieuses, il les jette dans une bataille qui n’est pas la leur, et les incite au délit.

En s’engageant contre le projet de Mariage pour tous, le secrétaire général de l’enseignement catholique est sorti de son rôle et de ses compétences. Il me paraît essentiel que la Ville de Paris s’assure dès cette rentrée que les établissements catholiques respectent la loi et ne fassent pas la propagande du combat d’arrière-garde de M. de Labarre.

Communiqué de Ian Brossat, Président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris


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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 11:54

 

Affairisme et information. Mauvais ménage

L’arrivée de Bernard Tapie à la tête de La Provence et des quotidiens régionaux du Sud-Est, s’est réalisée grâce à l’argent public acquis dans des conditions extrêmement troubles, sous le pouvoir UMP de Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde.
Pour cette acquisition, la bienveillance des banquiers a semblé être de mise. C’est le règne de l’affairisme, nous n’en sommes pas surpris, puisque nous le dénonçons chaque jour qui passe.

Un retour de Bernard Tapie en politique relèverait du burlesque. Il faut d'ores et déjà s’inquiéter pour l’avenir de la presse quotidienne régionale, dont notre démocratie a grand besoin pour informer et faire vivre le débat public.

 

Le goût de la com est une chose, le goût de l’information en est une autre. Les entreprises de presse ont déjà subi ces dernières années de larges coupes claires. Le changement de propriétaire, avec sans aucun doute quelques espoirs de rentabilité ou de plus-value, nous inquiète.

 

La situation des quotidiens de la presse écrite est catastrophique, comme en témoigne cette affaire. Elle risque d’être encore aggravée par la dégradation des conditions de distribution. Les pouvoirs publics doivent en prendre la mesure et agir, afin que la presse cesse de réduire la voilure et qu’elle ne puisse pas être le joujou d’affairistes en quête de tribune.

 

Pierre Dharréville, Secrétaire départemental du PCF13

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:05

 

MÉDIAS

 

MÉDIAS -  le 21 Décembre 2012

l'Humanité des débats. L'entretien

Pierre-Louis  Basse : "Dans notre société, les journalistes doivent s’engager"

 

 

Entretien. Pierre-Louis Basse a remporté un succès critique et public avec son livre Gagner à en mourir. De retour à l’antenne sur la chaîne Sport 365, sur Internet, il livre avec gourmandise son actualité. Et pose un regard sans complaisance sur les médias français.

Vous avez deux livres en écriture…

Pierre-Louis Basse. Je travaille sur deux livres. Le premier est un roman, à partir d’une histoire d’amitié de Jesse Owens avec le sauteur en longueur Lutz Long, le héros allemand que toute l’Allemagne d’Hitler attendait. C’est une histoire extraordinaire en noir et blanc. Mon second ouvrage m’excite, il portera sur les racines familiales, industrielles et politiques de l’extrême droite.

Et la chaîne Sport 365

Pierre-Louis Basse. C’est une très belle aventure, qu’il faut mettre au crédit de Patrick Chêne, et de toute l’équipe autour d’Arnaud de Courcelles, le rédacteur en chef. Il avait envie de mettre en place un grand magazine, chaque soir de la semaine, avec quatre présentateurs différents (Philippe Vandel le lundi, Jean-Philippe Lustyk le mardi, Benoît Maylin le mercredi et Pierre-Louis Basse, de 22 heures à minuit le jeudi – NDLR). Ce qui m’intéressait, c’est de travailler autour de la mémoire du sport. Depuis trois mois, j’ai reçu Bernard Chambaz, Bernard Pivot, Philippe
 Bordas, Finkielkraut. Nous avons abordé le sport sous le nazisme, splendeur et misère du sport au cinéma… Ma vie, c’est la radio et l’écriture, je ne suis pas un homme de télé, d’image. Mais je suis heureux le jeudi soir, l’équipe est très jeune et très curieuse, très chouette. J’y ai carte blanche. Un an après avoir quitté Europe 1, c’est une vraie belle lumière. Je n’oublierai jamais la main que m’a tendue Patrick Chêne et la liberté que j’ai. J’invite vraiment tous ceux qui aiment le sport, qui ne se satisfont pas du bruit, de la seule répétition des matchs et surtout de la vulgarité des commentaires sportifs, à regarder cette chaîne sur Internet. Où ce sont des valeurs de dignité, de sens, qui nous guident. Patrick voulait faire ça, et il est en train de réussir son pari.

Parce que ça a été un gros désert après 
votre départ d’Europe 1 ?

Pierre-Louis Basse. Je suis très heureux et je vis très bien sans Europe 1. Il n’y a aucun souci, je ne suis plus fâché. Un gros désert ? Non. J’écris, on publie mes livres, le dernier a très bien marché auprès du public. Je ne suis pas comme les filles de Moulinex, qui se font jeter à soixante ans et qui n’ont ni argent ni travail. Mais la radio, c’est ma vie.

Dans vos dernières interviews, vous donnez 
le sentiment de ne retenir des médias existants que du bruit et de la confusion…

Pierre-Louis Basse. Pas partout. Il y a des choses qui restent encore dignes. Par exemple, le matin, je me gave du journal de Patrick Cohen sur France Inter, qui est remarquable, du travail de Pascale Clarke. Il y a plein de très belles émissions sur le service public. J’aime bien le travail de Franck Ferrand sur Europe 1, c’est très digne, et avec un contenu de haute volée. Il ne s’agit pas de dire que tout vaut tout. Mais on a abdiqué, il y a quinze ou vingt ans, une partie de notre devoir. On n’est pas journaliste uniquement pour montrer sa gueule ou donner sa voix à entendre. On est dans une société qui bouge, qui vit, ça veut dire de l’engagement, une prise de risque. Ou alors, on sera éternellement dans la pâmoison devant Zola, devant Hugo. Mais avec nos contemporains ?

Mais il y a un credo, depuis au moins deux décennies, sur la prétendue objectivité, 
voire neutralité du journaliste…

Pierre-Louis Basse. C’est une illusion, ça. Nous avons tous notre propre subjectivité. C’est ce que je défends, et qui m’a coûté ma place à Europe 1.L’objectivité, c’est déjà un engagement sourd et plein d’hypocrisie. Je veux citer un seul exemple : si les journalistes n’avaient pas abdiqué, nous n’aurions pas cédé à la monomanie de l’expert. Qui sont des gens qui viennent vous voir le lundi et disent rouge, le mardi violet, le mercredi rose bonbon… Si l’on veut comprendre le monde, il faut pouvoir s’appuyer sur des gens qui en ont une lecture, des historiens, des philosophes, des écrivains. Le métier a abdiqué de ce point de vue.

Qui dans le métier ? Les gens qui dirigent l’audiovisuel ? Le journaliste de base ? 
Est-ce que les conditions économiques désastreuses dans lesquelles s’exerce notre métier ne participent pas, aussi, à une mise sous pression des individus ?

Pierre-Louis Basse. C’est un mélange de tout ça. C’est une pipolisation. Ce sont des connivences de réseau, de salon, les jeux de chaise musicale : un jour tu fais de la radio, le lendemain de la télé. Il y a une nomenklatura. Ceux qui dénonçaient l’Union soviétique ont créé la même structure dans nos sociétés hyperlibérales : il ne s’agit plus de la qualité au service du plus grand nombre, mais de quelques-uns qui se gavent. Et qui exploseront. Ce sont des signes que nous avons dans l’audiovisuel, mais aussi dans l’économie et le social. Ça ne pourra pas durer. Le FN naît aussi de ce qu’on offre du point de vue intellectuel et politique. Il n’est pas normal par exemple de voir très peu de gens de l’Huma, depuis des années, sur les plateaux ou dans les studios ? Ils ont peur de quoi ? De quelle parole ?

Vous critiquez beaucoup le recours systématique aux chroniqueurs, qui induisent selon vous une certaine forme d’hystérie.

Pierre-Louis Basse. On est passé d’un rire subversif à la Desproges, à une galerie des grimaces. Et le rire, dans l’émission, est tellement fort qu’il finit par pratiquement mordre sur l’éditorial. Et c’est aussi vrai avec le sport, la politique. Pour moi, ça s’appelle le fascisme froid, ça. L’expression est de Houellebecq et elle est tout à fait juste.

Et Internet ?

Pierre-Louis Basse. Il y a un flux d’infos. Il y a toute une jeunesse malicieuse qui va chercher du contenu culturel en ligne. On l’a vu dans les révolutions arabes, d’ailleurs. Certains blogs n’ont rien à envier à ce qui se passe sur certains plateaux de télévision. La télévision, c’est tellement effrayant qu’il ne restait qu’à décider comme Pflimlin : mettre Taddeï surFrance 2... À l’inverse, lors de la campagne de pub de D8, j’ai quand même vu des slogans comme « se distraire ou mourir » ! Au secours ! D’où le besoin d’inventer encore et encore.

Portrait d’un révolté. Pierre-Louis Basse a été, vingt-cinq ans durant, une des grandes voix d’Europe 1. Spécialiste du sport, il a animé sur la station privée des émissions sportives qui ne se contentaient pas de commenter des matchs, mais se mêlaient aussi de littérature, de cinéma, de politique.Bienvenue chez Basse, la dernière en date, c’était une émission vivante, qui se proposait aussi de réfléchir sur la place du sport dans 
la société. La direction d’Europe 1 a interrompu cette intéressante expérience à la rentrée 2011. Pierre-Louis Basse, qui a aussi, au fil de sa carrière, travaillé pour Canal Plus,France 5, ou l’hebdomadaire Marianne, a profité de ce temps pour se consacrer à sa seconde passion : l’écriture. Auteur d’ouvrages remarqués, dont 
le fameux Guy Môquet, une enfance fusillée, 
il associe désormais ses deux passions : le sport et la littérature. Avide de connaissances toujours nouvelles, Pierre-Louis Basse allie un esprit frondeur à une réelle générosité.

  • Vidéo : Pierre-Louis Basse raconte le match de l'horreur 

  • Lire aussi :

Pierre-Louis Basse comme chez lui à la Fête
« Il faut s'emparer de la lettre de Guy Môquet et l'expliquer » Par Pierre-Louis Basse, journaliste et écrivain (*).

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 23:58

  

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par Mathias Reymond, le 13 décembre 2012

*

Entonné par quelques chroniqueurs semblables et interchangeables, le sermon matinal à la gloire du marché ne connaît pas de frontières sur les ondes.

 

Au sortir du lit ou encore sous la couette, à l’écoute de France Inter ou d’Europe 1, de RTL ou de RMC, dès qu’il est question d’économie, l’auditeur a toujours droit à la même sonnerie de réveil.

*

En décembre 1999, Serge Halimi rédigeait un article paru dans Le Monde diplomatique et disponible ici même – « Lancinante petite musique des chroniques économiques » – dans lequel il était question du discours uniforme diffusé sur les ondes radiophoniques. Les éditorialistes économiques de l’époque – Jean-Marc Sylvestre pour France Inter, Nicolas Beytout pour RTL ( "muté" sur France Inter, le lundi 8h30 , note du Blog) ou Jacques Barraux pour Radio Classique – partageaient à peu près les mêmes opinions et vantaient de concert ou à tour de rôle (selon l’heure de diffusion) les atouts du marché et de la mondialisation. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Croit-on…

 

« La France est droguée à la dépense publique »


Les radios se ressemblent... Les 14 et 15 novembre, les chroniqueurs économiques des radios généralistes se sont donné le mot après le discours très libéral de François Hollande : pour eux, c’est un premier pas, mais ce n’est pas assez ! Ainsi, Christian Menanteau, sur RTL (le 15 novembre), revient sur l’annonce faite par le chef de l’État de réduire de 12 milliards d’euros par an les dépenses publiques pendant cinq années : « Ça peut vous paraître dérisoire, puisque ça ne fait qu’1 % de ces fameux 1 100 milliards de dépenses publiques annuelles. En réalité, c’est un Himalaya, tout simplement parce que la France est droguée à la dépense publique. Nous en sommes les champions d’Europe, et toute notre organisation économique et sociale est régie par le toujours plus. »


Plus aimable, Nicolas Doze, sur RMC (le 14 novembre), encourage le Président : « Moi, aujourd’hui, je lui mets 16/20, à François Hollande. » Alors qu’Axel de Tarlé, sur Europe 1, applaudit froidement : « On assiste au tournant social-libéral qu’on a connu en Europe du Nord. […] Côté mesures, on reste sur notre faim. On ne sait pas comment on va baisser la dépense publique. Maintenant que ce virage social-libéral est pris, il faut lui donner de la puissance. Accélérer. »

 

Mais Tarlé sait reconnaître la vraie valeur des choses, et il se rattrape dans Le Journal du dimanche (le 18 novembre) : « Plutôt que de soutenir le consommateur et la demande, il faut soutenir les producteurs, c’est le socialisme de “l’offre” [sic]. Le virage “social-libéral” est pris, reste maintenant à prendre de la vitesse. La tâche est historique : il faut sauver la France, l’euro, l’Europe. Bonne chance, monsieur le Président. » Même soutien sur France info, quelques semaines plus tôt, avec Emmanuel Cugny : « On a vraiment envie de dire ce matin au Premier ministre : allez-y, monsieur Ayrault, foncez, c’est maintenant ou jamais. » (le 6 novembre).

 

À entendre les petites allocutions matinales des chroniqueurs économiques, il est urgent de réduire massivement les dépenses publiques. Dominique Seux (le 22 novembre) explique que « si la croissance reste faible, et comme le bouton “Impôts” est enfoncé au maximum, c’est du côté des 1 200 milliards de dépenses qu’il faudra regarder. » On a compris.

 

« C’est la Grèce qui nous attend. »


Les radios se ressemblent... et les matinées aussi. Le 20 novembre, les mêmes chroniqueurs s’émeuvent collectivement de la dégradation de la note de la France par l’agence Moody’s. Les commentaires sont identiques, et les conclusions, interchangeables. Pour Tarlé, sur Europe 1, la perte du triple A est « une sanction de vingt ans de dérives. […] On comprend le message : la France doit maintenant agir, libérer son économie, c’est tout ce qu’on rabâche depuis des années sur la souplesse, le coût du travail. Maintenant, il faut y aller franchement, sinon c’est la Grèce qui nous attend. »


Sur France Inter, Seux ne dit pas autre chose :

 

« La décision de Moody’s va obliger la France à bouger, à s’adapter. Sont pointées la perte de compétitivité de notre économie, les rigidités du marché du travail et des biens et services, la situation budgétaire et, c’est le plus important, notre incapacité à tenir nos promesses dans la durée, à nous réformer. » Et d’ajouter : « Le gouvernement commence à agir, Moody’s le dit, mais, on le sait, on le dit, on voit bien que le plan de compétitivité de la semaine dernière ne peut être qu’un début, pas une fin. »


Et dans un langage moins châtié, Menanteau, sur RTL, se laisse aller :

 

« si nous ne voulons pas descendre d’un étage supplémentaire – puisque nous sommes encore sous revue négative – il va falloir entrer dans le dur, être plus sérieux, accélérer les réformes et les compléter avec plus de rigueur. L’addition, dites-vous, est à venir. » Le ton est péremptoire, et les chroniqueurs l’affirment avec aplomb : le salut de la France ne viendra qu’avec plus de « compétitivité ». C’est Menanteau qui le dit : « la compétitivité, c’est la clé. Et les rigidités, aussi, du marché du travail. » (RTL, le 20 novembre)

 

Mais la compétitivité n’est pas la seule clé pour ouvrir la porte du paradis libéral.

 

En effet, le chroniqueur de RTL suggère de s’attaquer au code du travail, car « il est devenu tellement complexe et éloigné des réalités économiques qu’il exclut de facto tous ceux qui veulent y entrer. » (le 29 novembre). Pour lui, l’idéal est à chercher du côté des montagnes helvètes : « Le code du travail, c’est 3 400 pages en mouvement perpétuel. En Suisse, où 250 000 Français travaillent – et, je crois, dans de bonnes conditions –, le code du travail fait 75 pages. » De là à dire que le paradis se trouve sur les sommets des Alpes...

 

Enfin, si l’Allemagne est toujours un inaccessible modèle, ils vouent aussi une admiration sans limites à Mario Monti et à ses méthodes :

 

« Sa façon d’agir, explique Seux, est un modèle du genre, réformer sans asphyxier. Disparue l’image rigide qu’il avait quand il était commissaire à la Concurrence à Bruxelles. Mario Monti a lancé deux réformes-clés : celle des retraites et celle du marché du travail. » (France Inter, le 27 novembre)

 

En bref et pour résumer la pensée matinale des journalistes économiques – il suffit de citer Menanteau, sur RTL –, « il y a des emplois non pourvus sur le marché du travail français. Il y a plusieurs verrous : la faible compétitivité globale de l’économie française, l’inefficacité de nos dépenses publiques, mais surtout, surtout, l’état de notre marché du travail, qui marche sur la tête. Nous avons le pire indice de flexibilité d’emploi des grands pays de l’OCDE. » (29 novembre).


Dominique Seux, Axel de Tarlé, Christian Menanteau, Nicolas Doze et consorts ont le droit de penser ce qu’ils pensent, et même de le dire.

 

Le problème – toujours le même –, c’est qu’ils pensent la même chose et qu’ils le disent un peu partout. Seux intervient dans Les Echos et sur France Inter, et les journalistes des Echos se retrouvent tous les matins sur Radio Classique. Tarlé, que l’on entend sur Europe 1, collabore aussi à d’autres médias de Lagardère (Paris Match et Le Journal du dimanche) et il anime également une émission sur France 5 (« C à dire ?! »). Chroniqueur sur RMC, Doze est présent sur BFMTV et BFM Business. Etc. Cette omniprésence de la pensée libérale laisse peu d’espace à des points de vue hétérodoxes, d’autant que les invités économiques des matinales demeurent toujours les mêmes (voir nos articles précédents à ce sujet, notamment le dernier en date, « Ces économistes qui monopolisent (toujours) les débats »).

 

Tous, éditorialistes appointés et experts cooptés, ont alors beau jeu de prôner la rigueur permanente et de vanter aux auditeurs les bienfaits de la saignée austéritaire qu’on leur inflige.

 

Ils bénéficient du même type de privilège que les marchés financiers dont ils redoutent tant les oukases, et dont ils se font les porte-parole dévoués face aux peuples rétifs et aux gouvernements trop peu diligents à leur goût : une irresponsabilité à peu près totale ! Quelles que soient leurs erreurs de jugement et d’analyse, sans cesse réitérées – et, surtout, quelles que soient les conséquences sociales et politiques de leurs préconisations : anémie démocratique ou paupérisation généralisée en Europe –, ils continuent de jouir de la même immunité médiatique.

*

http://www.acrimed.org/article3956.html

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 08:59

Bruno Fornaciari 24 novembre 2012 23:35

Je vois que la censure va bon train au soit disant Front de gauche. L'avis que j'ai émis tout récemment, concernant la manifestation à NDDL, appelée indûment, je le répète, au nom du FDG, a été retiré des commentaires.Brvo pour le dialogue, l'honnêteté et l'objectivité.
Donc, je vous donne copie de l'article en question.
Bonne lecture quand même.


Bruno Fornaciari 16 novembre 2012 23:19
Tout d'abord, je suis surpris que des personnes se présentent et parlent au nom du Front de Gauche à tort et à travers.
S'agissant notamment de l'aéroport de Notre-dame-des-landes, je serai curieux de savoir à quel moment y-a-t-il eu discussion avec net entre les partenaires du front de gauche Nord 79 sur cette question.Pour ce qui concerne les communistes de la section thouarsaise ils ne l'ont pas été et ne s'associent pas ni à la position ni à la manifestation exprimée INDUMENT au nom du Front de Gauche, c'est-à-dire au nom aussi des communistes. C'est une pratique courante de ne pas demander l'avis des communistes et de s'exprimer en leur nom. Le front de gauche dans le Nord-Deux-Sèvres en porte indûment le nom. Il serait plus honnête de votre part de s'en tenir à exprimer la position de l'Assemblée citoyenne peut-être qui ne représente pas le Front de Gauche constitué du PCF, du PG, de la FASE de la GA etc..


Pour info, ci-dessous la position des communistes.

Aéroport Notre Dame des Landes : Poursuivre sa réalisation dans le respect des populations concernées

Entré dans sa phase de réalisation, le transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique vers Notre Dame des Landes fait l’objet de fortes tensions ces dernières semaines. L’escalade dans la violence n’est pas acceptable.

Favorable avec constance cet équipement utile pour le grand Ouest, le PCF et ses élus restent mobilisés pour que toutes les populations concernées soient respectées.

Avec ses élus locaux, le PCF s’engage à assurer un contrôle rigoureux permettant le remboursement des sommes engagées par les pouvoirs publics, la préservation des 19 000 hectares de terres entre l’aéroport et la métropole nantaise inscrite dans le Périmètre de Protection des Espaces Agricoles et Naturels périurbains, la maitrise de l’étalement urbain favorisé par la libération de l’emprise aéroportuaire sur l’agglomération nantaise, le développement de l’emploi au Nord Loire comme au Sud Loire et l’amélioration des transports notamment ferroviaire entre les régions Bretagne et Pays de la Loire.


http://bruno-fornaciari.over-blog.com

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