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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 01:36

Éloge du journal

« Faire vivre l’Humanité 
est un combat quotidien. »

 

Chacune et chacun d’entre nous 
a aujourd’hui accès par une diversité de canaux, de la radio à Internet, du téléphone portable à la télévision, à une multitude d’informations instantanées et en continu. Ce roulis ininterrompu donne le sentiment d’être toujours informé. Parfois, il assiège plus les citoyens qu’il ne les libère. Cette surinformation chasse l’information et sa hiérarchisation. Les autoroutes de l’information font défiler sans arrêt 
des images et des mots sans que l’auditeur, le téléspectateur ne puissent avoir prise sur les événements. Les réseaux sociaux, les blogs contrecarrent un peu cette tendance. Mais, c’est le journal, la presse écrite qui reste l’outil 
de l’information vérifiée, du décryptage, de l’analyse, 
du débat, de la confrontation, contrecarrant 
une sorte de dictature de la consommation rapide 
et de l’uniformisation culturelle et médiatique. Autrement dit, plus nous sommes surinformés, plus l’information va vite, plus nous avons besoin de la presse écrite d’informations générale et d’opinion.

Malheureusement, dans le monde entier, 
la crise fait mal aux journaux. La crise économique s’ajoute à la crise des idées, de la démocratie, 
de la politique. Il est devenu quasi impossible d’équilibrer les finances d’un journal. Presque tous sont devenus 
la propriété de grands groupes industriels et financiers. 
Et pourtant, tous sont contraints par les lois 
du capitalisme de réaliser sans cesse des économies qui ne peuvent porter 
ni sur le coût du papier, 
de l’impression, ni sur ceux
du routage et du transport. C’est le cœur de nos métiers qui est atteint avec 
les économies faites sur la masse salariale des rédactions, handicapant nos moyens d’enquête, de reportages, d’analyses diversifiées, de réalisation de dossiers tel que nous le souhaiterions, de promotion et de conquête de lectrices et lecteurs. C’est ainsi, en faisant de l’information 
une marchandise aux goûts, couleurs et saveurs uniformisés que meurt une part de la démocratie.

Étant indépendante des puissances d’argent et subissant trop un ostracisme publicitaire, l’Humanité est encore plus mise en difficulté. 
Plus que tout autre, notre journal souffre du recul 
de la confrontation d’idées et de la crise de la politique. Or, le nombre de celles et ceux, d’opinions diverses 
à gauche, qui cherchent des idées nouvelles, des issues 
à la crise, grandit. Peut-être sont-ils majoritaires dans la société. Voilà qui ouvre un espace considérable pour l’Humanité et l’Humanité Dimanche qui décryptent l’actualité du point de vue des urgences sociales, démocratiques et écologiques ; de l’avenir de la jeunesse, du monde du travail et des retraités ; qui stimulent la confrontation de points de vue de celles et de ceux qui ne croient pas à la fin de l’histoire et sont plus qu’hier encore attachés au projet d’un système social supérieur au capitalisme en crise.

Faire vivre l’Humanité est un combat quotidien. C’est le combat pour la démocratie. C’est l’un 
des moyens pour bousculer le rapport de forces en faveur d’une alternative progressiste transformatrice. Vous 
le faites, chères lectrices et lecteurs, en le faisant découvrir autour de vous, en participant à la souscription, 
en préparant une grande Fête de l’Humanité.

Ce sera la force commune de celles et ceux qui aspirent à des futurs d’humanité.

 

Patrick Le Hyaric

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 09:28
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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 06:30

On sait qui ils sont : qui veut en être. On connaît leurs inspirations : la colère, les révolutions arabes, l’appel de Stéphane Hessel... Mais qu’en est-il du fond ? Heureuse coïncidence, ce mercredi soir ce tenait un débat entre Indignés : « Qu’est-ce qui nous rassemble, quels sont nos buts ».

En avant propos, il faut décrire rapidement l'organisation du débat, tout à fait intéressante. Dans un premier temps, 25 personnes s’inscrivent pour un tour de parole. Chacun a ses 3 minutes. Des volontaires choisis en début de séance s’attachent à noter les thèmes principaux ainsi dégagés. Les tours de paroles plus thématisés reprennent ensuite. Malgré sa lenteur, le processus est efficace, chacun respectant la parole de l’autre, le débat avance réellement selon un principe que n’aurait pas renié Bourdieu qui soulignait la force de «l’intellectuel collectif ».  

  • Ce que nous voulons…

Comme le débat avait pour thème les objectifs du mouvement, nous nous attendions à une conséquente  liste de revendications, et nous ne fûmes pas déçus. Sortie du bipartisme, augmentation des minimas sociaux et plafonnement des hauts revenus, casser le pouvoir des banques, renforcer les services publics, principalement de l’éducation et de la santé, réelle séparation des pouvoirs, sortir du nucléaire… 
Mais rapidement, une étonnante alchimie prend et deux lignes de forces se dessinent nettement. D’un côté, ceux qui veulent mettre de côté toutes les revendications trop concrètes, qui risquent d’être sources de division. Il faut selon eux se concentrer sur la démocratie réelle, c'est-à-dire se réapproprier le pouvoir. « Il faut avant tout reprendre le pouvoir, car n’avoir que des revendications, c’est déjà accorder à d’autres le pouvoir d’y remédier » synthétise l’un des intervenants. 
Un jeune homme, l’écharpe rouge au vent prend la parole ensuite : « Demander plus de démocratie, c’est bien gentil, mais il faut remettre le social au cœur de notre mobilisation, sinon on ne restera qu’entre petits bourgeois ». « Il faut foutre par terre le capitalisme » conclut un autre.

Les débats peuvent donc se poursuivre autour de ces deux thèmes qui font consensus : comment renverser le capitalisme, et quelle démocratie veut-on.

  • Renverser le capitalisme.

Le débat s’affine et les idées se révèlent solides. Premier consensus, il faut faire converger les luttes sociales. Une femme de ménage au chômage, venue de banlieue, s’exclame avec émotion « c’est l’égoïsme de nos luttes qui fait la force de ceux d’en face », avant d’être chaleureusement applaudie. Elle raconte : « En 2005, pour les émeutes de banlieue, on était tous seuls. Les syndicats, les politiques n’étaient pas avec nous. Alors aujourd’hui je suis ici avec vous pour ne pas qu’on puisse dire qu’on n’était pas là. Mais en banlieue, on est le Lumpenprolétariat d’aujourd’hui ». 
Outre la convergence des luttes, deux idées avancées ont reçu une belle approbation. Sortir de la dictature de l’argent, dès l’échelle de l’individu, du consumérisme acharné, du tout jetable. Un autre Indigné rappelle l’importance de la télévision dans l’immobilité, la soumission des masses. Comme il faut faire sortir les gens dans la rue à l’heure de Plus Belle La Vie, la télévision est devenue un ennemi.

  • Quelle démocratie ?

Le débat devient ici plus complexe. Deux points recueillent l’approbation générale : la révocabilité des élus, et l’importance de pouvoir prendre librement et directement la parole, comme ils sont en train de le faire. De là, il reste compliqué de monter un système, de se mettre d’accord sur quelques principes constitutionnels. Certains réclament des élections à la proportionnelle stricte, d’autres un tirage au sort. Des Espagnols rappellent leur révolution de 1936, comme bel exemple de démocratie directe dont il faudrait s’inspirer. 
Mais une chose est sûre, pour les Indignés, ils veulent plus de démocratie en politique comme en entreprise. Le pouvoir revient à ceux qui travaillent, français comme étrangers. Que soit utilisé le mot de coopérative ou d’autogestion, l’idée est bel-et-bien là. Et si on leur demande, à qui faut-il prendre le pouvoir, leur réponse est simple, l’ennemi identifié : à l’oligarchie financière. Ils tiennent les rênes du travail, mais aussi de la politique.

Ils sont encore bien loin d’un programme politique clair avec propositions concrètes, ne parlons pas d’un projet constitutionnel, ou même simplement de la formation d’une structure politique à eux. Ils en ont conscience. Le débat tend pour l’instant à déconstruire, revenir à des fondamentaux pour se construire un socle commun. Les Indignés nous rappellent que la politique, c’est surtout et étymologiquement un vivre ensemble, dans la cité, et que cela passe avant tout par l’écoute et le respect de la parole d’autrui. Avant 2012, les nombreux candidats qui ambitionnent de « réenchanter la politique » devraient peut-être s’assoir quelques heures avec eux, et écouter.

Pour aller plus loin :

Des portraits de trois des Indignés ayant participé au débat : paroles d'Indignés de France
Et aussi :
Indignés de Paris : le melting pot
indignés de france : témoignez

Pierric Marissal

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 07:27

TRIBUNES -  le19 Mai 2011

 

Un texte de loi dangereux pour les libertés, et pour la vie privée

Par Paul Machto, Psychiatre des Hôpitaux, Membre du collectif des 39.

 

Nous y avons cru le mardi 10 mai, lors de la manifestation que le Collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire a organisée avec de nombreuses associations et organisations syndicales et politiques comme la Ligue des droits de l’homme, les syndicats de psychiatres et tous les partis politiques de gauche, devant le Sénat, pour obtenir le retrait du projet de loi relatif aux soins sous contrainte en psychiatrie. L’imbroglio du Sénat, entre le mardi 3 mai et le 10 mai, nous aura fait espérer que le courage de la présidente de la commission des Affaires sociales du Sénat, Muguette Dini, serait suivi, soutenu par les autres sénateurs centristes. Ce texte est dangereux pour les libertés et l’intrusion dans la vie privée, il renforce la peur des malades et leur stigmatisation, facilite le renfermement, le dispositif et le projet qu’il véhicule peuvent concerner tout un chacun confronté à un passage douloureux dans son existence, enfin il transforme les soignants en des auxiliaires du maintien de l’ordre. De plus, il risque d’aboutir à l’exact inverse de ce à quoi il est censé répondre, la sûreté des personnes, en poussant les malades les plus en souffrance, persécutés, à vouloir échapper à la surveillance et au contrôle obligatoires qu’il instaure.

Il ne répond en rien à la prévention et à une continuité des soins, qui nécessitent une relation basée sur la confiance.

Ce projet de loi a passé la barrière de la discrétion, et il a déjà fait couler beaucoup d’encre. Grâce à l’action, à l’inventivité politique du Collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire, le débat public a fait irruption. Dans de nombreux médias, on ne parle plus de la folie et de la psychiatrie de la même façon qu’il y a un an : ce n’est plus « le schizophrène dangereux » qui est au premier plan mais les questions d’accueil, de soins, d’hospitalité pour la folie. De nombreuses associations, organisations professionnelles et politiques se sont mobilisées et ont été très actives sur cette question de société, de civilisation même.

En réponse à notre action, la politique du boniment de ce gouvernement s’est déployée crescendo. Comme dans d’autres domaines, la justice, l’éducation, nous avons entendu des bonimenteurs professionnels. Et la palme d’or revient bien sûr à la secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, et dans le meilleur premier rôle, au député Guy Lefrand.

Que ne nous ont-ils pas dit sur l’immense soutien dont bénéficierait ce projet de loi, « particulièrement bien équilibré », comme l’a déclaré le ministre Xavier Bertrand au Sénat, mardi soir !

« Tous les professionnels soutiennent le projet ! Toutes les associations de patients, les familles sont d’accord ! »

Peu importe que toutes les organisations syndicales de psychiatres publics aient appelé à la grève et aux manifestations, le 15 mars, lors du passage à l’Assemblée nationale, et le 10 mai, pour l’examen au Sénat. Peu importe que l’Association des directeurs des établissements de santé mentale ait dénoncé le caractère inapplicable et incohérent de ce texte.

Peu importe que la Commission nationale consultative des droits de l’homme, fait exceptionnel, se soit autosaisie de ce projet de loi en cours d’examen au Parlement. Dans un avis circonstancié de huit pages, elle conclut en déclarant : « Ce projet de loi manque de maturité, la réflexion n’est pas aboutie, la question des moyens dont la psychiatrie devrait être dotée est absente de la réflexion » !

Peu importe que le Syndicat de la magistrature et l’Union syndicale des magistrats se soient joints aux initiatives du Collectif des 39, de la Ligue des droits de l’homme, des associations et des organisations de soignants en psychiatrie pour rejeter ce texte.

Peu importe que de nombreuses associations de patients, des associations régionales de familles et de parents dénoncent aussi ce texte, et que d’autres, qui soutiennent le gouvernement, aient émis des critiques sévères sur le texte.

Peu importe que près de 30 000 citoyens aient signé l’Appel des 39 : « Une déraison d’État ».

Peu importe que de nombreux intellectuels, des artistes, des comédiens, des plasticiens, des cinéastes soutiennent notre action et se soient engagés pour lutter contre ce texte sécuritaire.

Les patients et leurs familles se plaignent de l’insuffisance de réponses des équipes psychiatriques à leurs appels à l’aide : ils ont raison !

Les patients et leurs familles se plaignent de l’insuffisance de suivi, de continuité des soins et de la prévention : ils ont raison !

Mais, usant d’une mystification, d’une falsification totale, d’une démagogie honteuse pour des questions si douloureuses, la souffrance psychique, le gouvernement s’appuie sur ces appels à l’aide pour proposer cette loi, sans s’attaquer aux causes qui génèrent ces demandes légitimes : la tromperie « des soins sans consentement en ambulatoire ».

Les causes du mécontentement des patients et des familles ?

– La formation indigente des professionnels depuis une quinzaine d’années.

– Une formation qui s’appuie sur une conception de la maladie mentale, de la folie, très médicale, qui met trop souvent à distance des soins les familles.

– L’absence de moyens et de budgets spécifiques pour la psychiatrie, qui est dans un état de délabrement insupportable, une pénurie d’effectifs infirmiers, une diminution du nombre de psychiatres et des psychologues, alors qu’il y a une explosion de demandes de soins, notamment en rapport avec des conditions de vie et de travail de plus en plus violentes, inhumaines, insupportables.

– La politique de restriction budgétaire des hôpitaux qui incite les directeurs à faire des économies sur les budgets des personnels.

Comment dans ces conditions, que le projet de loi ignore totalement, au grand dam des sénateurs, y compris de l’UMP, répondre aux demandes ?

Certes avec la soumission des sénateurs centristes, malgré leur opposition au texte, le Sénat va adopter ce texte. Mais il doit repasser à l’Assemblée le 24 mai, et revenir au Sénat le 16 juin. Alors, nous devons continuer notre lutte. Ce n’est qu’un début !

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 07:40

Front national

 

Une brochette de juristes réunie dans l’orbite du FN pour parler « liberté de parole ».

La « liberté d’expression » comme vecteur du néo-lepénisme : pour progresser en voix, il lui faut pouvoir tout dire. C’est, au fond, l’unique objet du colloque qui s’est tenu à Paris, à l’initiative d’un « cercle des avocats libres » proche des traditionalistes. Réunissant des réprouvés ayant, pour certains, leur rond de serviette dans les médias pour s’en prendre à une supposée parole impossible en France : Robert Ménard (RTL, i-Télé), auteur d’un Vive Le Pen !, le député UMP Christian Vanneste, régulièrement épinglé pour ses propos homophobes, l’avocat général Philippe Bilger, des vieux routiers de l’extrême droite comme l’avocat Trémolet de Villers (défenseur du milicien Paul Touvier) ou le démographe à la retraite Yves-Marie Laulan. Initialement annoncé, l’avocat Gilbert Collard, qui venait d’effectuer son coming out en se déclarant « mariniste », a préféré surseoir à l’invitation.

C’est quand les participants tentent de définir les contours de cette parole impossible que les masques tombent. Avec la prudence nécessaire, on conteste les lois Pleven, Gayssot, Taubira. Légiférer reviendrait à produire « des martyrs de la liberté d’expression », selon Ménard, alors que « le ridicule des propos tenus tue plus sûrement que les tribunaux », juge Philippe Bilger. Tant pis si les thèses du complot fleurissent depuis le 11 septembre 2001. Sibyllin, Robert Ménard réactivera les mythes du juif, de l’argent et des médias en lançant que « ce n’est pas la même chose de se prendre en face la communauté juive et la communauté noire ». Plus clair, Trémolet de Villers suggère aux juristes de s’en prendre au procès de Nuremberg, car « ce n’est pas aux vainqueurs de juger les vaincus ». Philippe Bilger se démarquera en estimant que « la liberté d’expression a progressé en France » depuis 2007, créditant Nicolas Sarkozy d’y avoir contribué par ses mots et comportements.

Lionel Venturini

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 10:06

MÉDIAS

Photo: Patrick Nussbaum

MÉDIAS -  le 15 Mai 2011

 

« C’est un combat de chaque heure, de chaque minute pour paraître le lendemain »

 

 

 Samedi se tenait une étape importante des assises lancées par l’Humanité avec au menu un échange avec des syndicalistes et des lecteurs sur les contenus du journal et sa situation financière.

Et si L’Humanité disparaissait purement et simplement ? « Plus de 140 journaux sont morts depuis la Libération, et je ne crois pas une seconde ceux qui disent que nous existerons toujours ! C’est un combat de chaque heure, de chaque minute pour paraître le lendemain », expliquait à la centaine de participants présents, samedi, au siège du journal, pour cette étape des Assises de l’Humanité, son directeur Patrick Le Hyaric.

Car la crise ne concerne pas que le quotidien crée par Jaurès, mais des solutions existent ailleurs qui ne sont guère envisageables ici.  Les autres grands titres de la presse française ne doivent en effet leur survie qu’aux recapitalisations successives garanties par les grands groupes industriels et financiers qui se les ont appropriés. L’uniformisation des contenus apparaissant comme l’une des conséquences de ces pratiques capitalistiques. Que dire de l’Humanité si elle devait céder à un tel modèle économique ?

« Depuis un ou deux ans, la pression des grands groupes s’est amplifiée. Les refus de nous accorder des encarts de communications publicitaires se multiplient, directement liée aux contenus des articles que nous publions », insiste Patrick le Hyaric. Une situation qui pose brutalement la question du pluralisme de l’information comme pilier de la démocratie. Et la démocratie a un prix. « La fin des aides publiques à la presse qui nous sont annoncées signifient la fin de l’Humanité », tranche sans détour le directeur du journal. Une remise en cause, qui, couplée à la fin organisée du système de distribution coopératif, sonnerait le glas de la presse d’opinion alternative.

Sans compter que la diffusion massive de quotidiens gratuits entre  en concurrence frontale avec les titres de la presse payante. Situation invraisemblable et réservée à ce seul secteur de l’économie : « qui pourrait imaginer qu’on puisse distribuer gratuitement des baguettes de pains sans que tous les boulangers ne se révoltent », notait en son temps, avec à propos, l’ancien patron du magazine Marianne, Jean-François Khan.

Et de fait, non content de vouloir réduire les quotidiens d’informations à des produits marchands comme les autres en leur imposant des seuils de rentabilités, le pouvoir organise une distorsion inédite du modèle concurrentiel, qu’il promeut pourtant, en autorisant les gratuits.

C’est aussi pour trouver des solutions partagées à la crise que traverse aujourd’hui la presse écrite que les responsables de l’Humanité ont décidé d’organiser des assises qui devrait trouver leur aboutissement lors une journée conclusive de restitutions des débats le 19 novembre prochain.

Samedi la parole était donnée aux acteurs du mouvement social et syndical . Un moment important pour un journal qui revendique au sein des médias une place particulière sur la question sociale. Le directeur de la rédaction, Patrick Apel Muller a ensuite ouvert le débat avec les lecteurs sur les contenus du journal . Avec en toile de fond les contraintes économiques qui ne permettent pas d’avoir une rédaction aussi étoffée qu’il serait nécessaire. Contraintes qui limitent également le développement de la plateforme numérique et des contenus délivrés sur le net.

C’est donc un grand appel à toute la profession, et bien au-delà à tous ceux qui se préoccupent de la question de la pluralité et de la démocratie, qui est lancé au travers de ces assises par L’Humanité.

Une démarche qui ne peut aboutir qu’au prix d’une solidarité renouvelée, la où la pente naturelle pour certains supports conduit à des replis et à la recherche de solutions individuelles qui, à terme, ne règleront rien.

A lire également: Etre le relais du monde social 
A lire : Quels contenus, et quelle diffusion pour l’Humanité et l’Humanité Dimanche ?

Photos: Patrick Nussbaum

Frédéric Durand

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CSA

Conformément à la loi, les temps de parole des personnalités politiques transmis par les services de télévision et de radio au Conseil continuent d’être communiqués chaque mois aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale et aux responsables des partis politiques représentés au Parlement.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 01:57

Suspension provisoire de la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal : "un encouragement à la mobilisation" (PCF)

Dans le couloir de la mort depuis bientôt 30 ans, le journaliste noir Mumia Abu-Jamal ne cesse de clamer son innocence. Depuis bientôt trente ans, le droit de se défendre sur le fond lui est dénié. Encore récemment, en 2010, la Cour suprême des États-Unis lui a refusé un nouveau procès.

C’est dans ces conditions que la Cour d'Appel Fédérale de Philadelphie vient de confirmer pour la deuxième fois en trois ans la suspension provisoire de sa condamnation à mort.

Un nouveau jury va devoir se prononcer. Il ne pourra le faire, hélas, que sur la base d’une terrible alternative : soit confirmer la sentence de mort, soit condamner Mumia à la prison à perpétuité. Et en attendant, celui-ci demeurera dans le couloir de la mort.

Mais la décision que vient de prendre la Cour d’Appel Fédérale contre l’avis de la Cour suprême constitue un encouragement pour son équipe de défense et pour le développement de la mobilisation qui, rappelons-le, a déjà permis à Mumia d’échapper par deux fois à l’exécution capitale.

Parti communiste français

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 00:13




Définition du pluralisme


Etymologie : du latin pluralis, composé de plusieurs, multiple.

Le pluralisme est l'existence au sein d'un même système d'opinions, de courants d'idées et de comportements divers, en matière politique, économique, sociale, religieuse… Chacun des groupes qui composent un système pluraliste fait preuve de tolérance et de respect envers les autres, permettant une coexistence harmonieuse sans volonté d'assimilation des autres groupes.

En philosophie, le pluralisme est une doctrine qui admet une pluralité des êtres qui sont multiples, indépendants et qui ne peuvent être réduits à une substance unique. Le pluralisme philosophique s'oppose au monisme et au dualisme.

En politique, le pluralisme est un système d'organisation qui reconnaît et accepte la diversité des courants d'opinion, de leurs représentants et despartis politiques. Il est l'un des fondements de la démocratie. Le pluralisme sous-entend la liberté d'opinion et d'expression ainsi que la reconnaissance des partis politiques. Il peut cependant aller au-delà du simple multipartisme selon le degré de liberté d'exercice de la politique qui est accordé aux partis et le rôle que leur confèrent les institutions.

Le pluralisme politique s'oppose à l'autoritarisme, au monopartisme et au bipartisme.

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 06:41

Monde - le 26 Avril 2011


Depuis six ans, à la suite d’un simulacre de procès devant un tribunal militaire, le franco-palestinien Salah Hamouri se morfond dans une prison israélienne. Á l'occasion de son anniversaire, le directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric, lui rend hommage. 

On a du mal à le croire et pourtant, à l’âge d’étudier ou de travailler, à l’âge de découvrir la vie ou d’aimer, toi tu es enfermé dans une prison israélienne par la volonté d’un pouvoir qui porte le visage de la haine et de son injuste justice. Enfermé parce que tu aurais eu une intention. Une intention ! Dans un tribunal militaire d’un gouvernement colonisateur, dépêchant chaque jour en Palestine ses meutes de policiers et de militaires pour traquer des jeunes, des travailleurs, des femmes parce qu’ils se déplacent voir des amis, vont au travail, regardent des sites internet ; on lit dans les cerveaux prétendument ennemis…. des «  intentions ».

Nous savons que tu es courageux. Nous savons que tu te bats, que tu lis beaucoup, que tu réfléchis, que tu te tiens au fait de l’actualité de ce monde en bouleversement. D’ailleurs tout bouge autour de toi. Tout bouge pour nous tous. Tout nous oblige à repenser ce monde ; tu ne seras pas de trop pour nous aider. Nous avons besoin de toi libre pour construire le monde à la façon des femmes et des hommes et non plus sous la dictée des colonisateurs et des financiers. La jeunesse des pays arabes brave des dictateurs et réclame la justice et le droit. Ceux qui te gardent indûment dans cette geôle feraient bien de l’entendre et de prendre les devants en te libérant sans attendre.

Nous allons continuer à agir sous de multiples formes pour que vite tu retrouves la liberté. Le nouveau ministre des affaires étrangères français M. Alain Juppé a reconnu que ton emprisonnement est illégitime. J’ai interrogé il y a quelques semaines pour la seconde fois la Haute Représentante de L’Union Européenne à ton sujet. Une nouvelle fois elle est restée à me regarder : muette comme une carpe.

On continue. Le jour n’est peut-être pas si loin où ceux qui te font passer le plus bel âge de ta vie, tes vingt six ans, en prison seront condamnés par le droit, la justice des hommes. Peut être le bon sens tout simplement. Demain, comme chaque jour depuis des mois et des mois, L’Humanité affichera encore en haut de ses pages internationales ta photo et donnera le nombre de jours qu’un Etat injuriant le droit t’enferme derrière des murs hideux, des barbelés à l’ombre de ses miradors. Courage Salah. Bon anniversaire Salah. Je t’embrasse.

--> Comité national de soutien à Salah Hamouri

Patrick Le Hyaric

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 18:16

Université populaire avec Edgar Morin

Le philosophe, qui vient de publier la Voie, sera le premier conférencier d’un cycle de rencontres organisées par l’Humanité, mercredi 2 mars à l’université Paris-VIII. 

«Il serait utile de favoriser les éveils et réveils citoyens, lesquels sont eux-mêmes inséparables d’une régénération de la pensée politique, laquelle régénérerait à son tour les vocations militantes et les vouerait à l’appréhension des grands problèmes. » Dans son dernier ouvrage, la Voie (1), le philosophe Edgar Morin préconise de « multiplier les universités populaires, qui offriraient aux citoyens une initiation à la pensée complexe permettant d’embrasser les problèmes fondamentaux et globaux et de dispenser une connaissance non mutilée ». Comment mieux définir l’objectif des universités populaires ? Et nous croyons qu’il est de la vocation de l’Humanité d’apporter sa contribution à la renaissance d’une telle démarche. La réflexion engagée dans le cadre de la préparation des assises de l’Humanité (30 avril 2011) a déjà abouti à la décision de promouvoir dans la durée un cycle régulier d’universités populaires. La première aura lieu mercredi 2 mars de 18 à 20 heures à l’université Paris-VIII (amphi X) et c’est précisément Edgar Morin qui a bien voulu être le premier conférencier.

Cette soirée prolongera en quelque sorte le débat engagé dans le numéro hors série de l’Humanité « Le communisme est-il toujours un projet d’avenir ? », publié à l’occasion du 90e anniversaire du congrès de Tours (25-30 décembre 1920). Dans la Voie, Edgar Morin soumet ses propres éléments de réponse à la question : comment changer le monde à l’heure de la globalisation, fruit de la conjonction d’un capitalisme effréné déferlant sur les cinq continents et de l’essor d’un réseau de communication instantanée ? Ce mouvement de transformation de la société a une portée à la fois mondiale et locale. Les réformes qu’il implique dans un domaine nécessitent d’autres réformes. Le philosophe parle de « métamorphose de la société », de « politique de civilisation », de « politique de l’humanité », de « société conviviale », d’un monde où la coopération entre les hommes, du local au global, prendrait le pas sur l’exploitation de l’homme par l’homme et la maltraitance de la planète. Autant de pistes de réflexion stimulantes qui font plus que croiser toutes les idées débattues au sein de la gauche et notamment chez les communistes. Penser la transformation ou la métamorphose de la société humaine, dans un temps où tant de voix pusillanimes occupent le devant de la scène idéologique, tel est l’objectif de ces universités populaires contre le syndrome de la chouette fuyant le soleil, qui frappe tant de responsables politiques qui « se détournent de toute pensée qui pourrait éclairer le chemin du bien commun ».

(1) 2, rue de la Liberté, Saint-Denis, métro ligne 13 : Saint-Denis-Université.

Demain dans l'Humanité : grand entretien avec le philosophe, Edgar Morin

Jean-Paul Piérot

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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