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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 10:16
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 10:19

Battre la droite et l’extrême droite

DIEGO CHAUVET DE L'HUMANITÉ DIMANCHE

VENDREDI, 27 MARS, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

Les résultats du premier tour annoncent une passe difficile pour la gauche au second. Difficile, mais pas impossible si elle sait se rassembler contre la droite et l’extrême droite. Le FN, lui, s’enracine davantage dans le paysage politique, même s’il n’est pas le premier parti de France comme annoncé durant la campagne. Quant à Nicolas Sarkozy, il va tenter d’exploiter ce modeste succès de l’UMP-UDI ...

La gauche est-elle en mesure d’éviter une lourde défaite dimanche prochain ? La situation créée par les résultats du premier tour ne lui offre que deux alternatives: battre la droite et l’extrême droite. Après le scrutin du 22 mars, la gauche et tout particulièrement le PS sont en difficulté. Le PS est en effet éliminé de plus de 500 cantons dès le premier tour. Il risque de perdre des bastions historiques comme le Nord et le Pasde-Calais. Dans l’Essonne, sa situation est très incertaine. Dans nombre de cantons, des binômes droite et FN s’affronteront. Dans de plus rares cas, ce sont des candidats de gauche qui devront affronter l’extrême droite. Et dans cette configuration, l’UMP a déjà une position officielle: ce sera le « ni-ni » de Nicolas Sarkozy, soit ni FN ni PS, en contradiction avec la position des centristes de l’UDI. À gauche en revanche, la position est différente.
Les responsables socialistes ont déjà annoncé qu’ils appelleraient leurs candidats à se désister (lorsqu’ils sont qualifiés pour le second tour) en cas de risque de victoire du FN, ou à voter contre le parti d’extrême droite dans les cantons où la gauche a été éliminée. Au PCF également, la consigne était claire dès dimanche soir: le 29 mars, il faudra battre la droite et l’extrême droite. Et dans les triangulaires où la gauche est qualifiée, c’est la règle du « désistement républicain » qui sera en vigueur.
Les candidats de gauche les mieux placés devront obtenir le soutien des autres formations de la gauche.
Dans le Val-de-Marne, l’Allier, la Seine-Saint-Denis ou encore l’ Essonne, cette mobilisation peut permettre à la gauche de l’emporter.

LE FN AU PLUS HAUT ?
Car le FN est bien placé à l’issue du premier tour pour enfoncer le clou le 29 mars, et accentuer le séisme politique que son ascension a déclenché.
Son score de 25 % au niveau national peut lui permettre de l’emporter dans plusieurs départements: notamment l’Aisne, l’Oise, le Vaucluse, le Var ... Il remporte d’entrée de jeu 6 élus au premier tour: deux dans le Var, à Fréjus, deux dans le Vaucluse, à Avignon. Dans ce même département, les électeurs du canton d’Orange n’auront le choix qu’entre deux binômes d’extrême droite ... Au total, le FN est en tête dans 327 cantons et 43 départements.

DANS LES TRIANGULAIRES OÙ LA GAUCHE EST QUALIFIÉE, C’EST LA RÈGLE DU « DÉSISTEMENT RÉPUBLICAIN » QUI SERA EN VIGUEUR.
Le pourcentage de voix du parti d’extrême droite reste stable par rapport aux élections européennes.
S’il ne se hisse pas comme le « premier parti de France », ainsi que l’ont annoncé les instituts de sondages et les grands médias, il occupe toute de même la deuxième position au niveau national, derrière l’union des droites et devant le PS. Surtout, il s’enracine au niveau local, ce qui fait planer une installation dans la durée de son rôle nuisible dans la vie politique. L’an dernier, il avait déjà conquis 14 mairies aux municipales.
Et sur ces territoires d’expérimentation, il confirme son enracinement.
Le cas du Pontet dans le Vaucluse est révélateur: le maire FN, pourtant invalidé, s’est fait élire le 22 mars dès le premier tour. La perspective de l’élection d’autres conseillers départementaux permettrait au FN de se tisser un important réseau d’élus locaux qui renforcerait son poids au niveau national, dans la perspective des élections régionales ... et de la présidentielle de 2017.

AU PS, ON NE CHANGE RIEN, ON CONTINUE!
Dans ce contexte, au soir du premier tour, les socialistes ne semblent pas vouloir bouger d’un iota la ligne qui est la leur. Dès l’annonce des résultats, le premier ministre Manuel Valls a relativisé la défaite de son parti. Le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, est allé encore plus loin: selon lui, le résultat du 22 mars prouve que « les thèmes portés par les socialistes se retrouvent confortés après le premier tour » (sic). Pour Manuel Valls, c’est le score du FN qui semblait être l’enjeu principal de cette élection.
« Ce soir, les formations républicaines ont tenu leur place. » Et d’ajouter: « Je m’en félicite, car je me suis personnellement engagé.
Quand on mobilise la société, quand on mobilise les Français, ça marche. » De ce satisfecit très personnel, il n’y a qu’un pas pour que le premier ministre le transforme en chèque en blanc pour suivre son cap politique, en faisant semblant de n’avoir rien entendu. Lors de son intervention, il n’a d’ailleurs rien dit du contenu de sa politique. « Le total des voix de gauche est l’équivalent de celui de la droite. » Fermez le ban ? Le premier ministre s’est contenté d’un appel aux « républicains». De la part du gouvernement comme de la direction du PS, aucun message n’a été adressé aux nombreux électeurs de gauche qui ne se sont pas déplacés pour voter, déçus par les revirements du pouvoir depuis 2012.

FEU SUR LES « DIVISIONS DE LA GAUCHE »
Les autres formations et candidats de gauche, en revanche, ont été visés et pointés comme responsables de cette défaite « relative »... Dès dimanche soir, le premier ministre comme le premier secrétaire du PS ont désigné un coupable: la division de la gauche. Entendons la multiplication de candidatures à la gauche du PS. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, est parmi les premiers à sortir l’argument massue. « C’est la division qui va nous empêcher d’être présents au second tour dans un certain nombre de cantons », lâche l’exprésident de la Seine-Saint-Denis.
La direction du PS n’a plus qu’à embrayer. Jean-Christophe Cambadélis appelle « les partis de gauche à faire bloc » pour le second tour, choix qu’ils ont déjà tous fait face à la droite et à l’extrême droite.
L’argument de la division fait encore fi de ce qui a créé ce fossé entre la gauche au pouvoir et les autres formations qui ont pris leurs distances avec le PS: la politique d’austérité du gouvernement, sa dérive à droite qui a provoqué jusqu’au départ de ses ministres écologistes et de l’aile gauche du parti à la fin de l’été dernier. En brandissant la menace de la gauche qui perd parce qu’elle est divisée, le gouvernement tente à nouveau de rallier tout le monde sous sa bannière sans discussion possible sur les contenus de sa politique. Et c’est justement en refusant d’entendre toute une partie de la gauche (et de son électorat) que le PS creuse davantage le fossé qui le sépare des organisations du Front de gauche et des écologistes d’EELV.
Au final, ce sont les électeurs de la gauche qui risquent de le payer.
Ainsi que le rappelait Pierre Laurent sur France 3 au soir du 22 mars, ce sont bien les familles du département de la Seine-et-Marne par exemple qui paieront l’addition du changement de majorité en faveur de la droite en matière de politiques sociales.

L’ÉMERGENCE D’UNE NOUVELLE GAUCHE ?
Avant le scrutin, les appels à voter pour les binômes du Front de gauche et d’Europe Écologie-les Verts devaient favoriser l’émergence d’une nouvelle gauche. Nombre de candidats ont avancé cet argument à leurs électeurs. Au final, cette alternative a-t-elle émergé ? Selon les nomenclatures choisies pour compter les voix de chaque camp, la réponse diffère quelque peu ... Ainsi, nombre de binômes du Front de gauche ont été classés « divers gauche » par le ministère de l’Intérieur, et donc retranchés du score des candidats Front de gauche ... pour être ajoutés à ceux du PS. Sur France 2, le PS a ainsi été donné au soir du 22 mars à 28 %, alors que le Front de gauche plafonnait sur la même chaîne à 6,5%. Quant à EELV, les médias parlent de quasidisparition: 2 % au mieux, toujours selon ce mode de comptage. Des chiffres qui ont permis à Claude Bartolone de clamer: « Il n’y a pas d’alternative à la gauche du PS, nous ne sommes pas la Grèce. » La réalité est un peu différente.
« Loin des chiffres annoncés par le ministère de l’Intérieur, la totalisation des candidatures soutenues par le Front de gauche s’élève à 9,4 % sur la métropole », déclarait le 23 mars le PCF dans un communiqué, après recomptage des voix de tous les candidats. « Sur 448 cantons où le Front de gauche et EELV étaient présents ensemble, la moyenne s’élève à 13,6 % », ajoute le PCF. S’il ne s’agit pas encore de la percée d’une nouvelle force politique, ces scores sont tout de même conséquents et « encourageants pour l’avenir » précise le PCF. EELV entre toutefois dans une période de fortes turbulences entre partisans de la construction de cette force alternative et ceux d’un éventuel retour des écologistes au gouvernement en cas de remaniement postélectoral. Le sénateur Jean-Vincent Placé a ainsi attribué le résultat de son parti (selon les comptes du ministère de l’Intérieur) à « une stratégie désastreuse». Le député EELV François de Rugy a également dénoncé les alliances avec le Front de gauche: « Quand la stratégie des écologistes est illisible, c’est l’écologie qui devient invisible. »


LA VICTOIRE TRÈS RELATIVE DE NICOLAS SARKOZY

Face à cette « défaite relative » du PS, à l’enracinement du FN, et à ces possibles recompositions au sein de la gauche, Nicolas Sarkozy a choisi d’entrer dans le costume du grand vainqueur de ce scrutin. Selon ses partisans, dès dimanche soir, c’est la stratégie de l’ex-président de la République sur le retour qui se retrouve ainsi validée. Alors que sa longue marche vers 2017 patine depuis son retour officiel en septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait besoin d’une victoire électorale de l’UMP pour se légitimer comme chef incontestable de la droite. Mais derrière sa posture du soir du premier tour se cache une autre réalité.
Compte tenu de l’alliance avec le centre et de l’impopularité du pouvoir, la droite aurait pu viser un score plus haut. Nicolas Sarkozy ne manquera toutefois pas de s’appuyer sur ce score pour imposer sa ligne. Ensuite, c’est un attelage UMP-UDI qui a atteint les 30 % le 22 mars. Ce qui n’est pas forcément la tasse de thé de l’ex-président mais plutôt la stratégie défendue par son principal rival, Alain Juppé: le rassemblement de la droite et du centre pour 2017. Du coup, la stratégie du « ni-ni » réaffirmée par Nicolas Sarkozy, qui fait grincer les dents à l’UDI et à des responsables de l’UMP, pourrait s’avérer contreproductive. Dans cet attelage qui s’est hissé en tête du premier tour, tout le monde n’est pas emballé par la stratégie de la droite décomplexée ... Si, pour le second tour, le ni FN ni PS de Nicolas Sarkozy ne s’avérait pas payant, comme ce fut le cas au mois de février pour la législative partielle du Doubs, le président du futur parti intitulé étrangeme n t « l e s R é p u b l i c a i n s » continuerait à patiner.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 22:04

Sondages honteux sur les départementales 2015

11 MARS 2015 | PAR LES INVITÉS DE MEDIAPART

  • Gérard Dahan, économiste et docteur en sociologie, qui dirige depuis 30 ans un institut de sondage analyse les trois derniers sondages parus dans la presse (Odoxa, Ifop et CSA) sur les élections départementales et compile imprécisions et manipulations.

Pour des raisons d'économie ou de dissimulation de leur méthodologie, les instituts de sondages respectent de moins en moins les principes de base des sondages et accumulent les "biais d'enquête". Concernant les sondages qui viennent d'être publiés sur les départementales, on peut être choqué par le fait que des instituts semblent avoir oublié un principe de base de la méthode des sondages : l'échantillon des personnes interrogée doit être représentatifs de la population concernée.
Pour les prochaines départementales, la population concernée habite dans des départements qui votent et déclare qu'elle ira voter les 22 et 29 mars prochain.

Sur les 3 derniers sondages Internet publiés dans la presse Odoxa(1), IFOP(2), CSA(3), on peut manifestement affirmer qu'ils ne respectent pas ce principe puisqu'ils interrogent en toute conscience et sans le préciser aux lecteurs (citons en vrac) : des personnes qui ne sont pas concernées par le scrutin, des personnes qui n'iront pas voter et qui viennent de le dire ou qui se voient proposer des listes qui ne sont pas présentes dans leurs cantons.

Une accumulation d'approximations, de bidouillages et de silences qui sont de véritables scandales en terme de déontologie professionnelle.

Assez hypocritement, les instituts de sondages prennent l'habitude de préciser que les résultats annoncés ne sont pas des prédictions, mais des états de l'opinion au moment où le sondage a été réalisé. C'est une précision classique et importante d'autant que l'opinion est de plus en plus volatile et que près de 20% à 25% des français déclarent se décider dans l'isoloir.

Mais encore faut-il que les principes de base des sondages aient été respectés et notamment que l'échantillon interrogé soit "représentatif".

Ainsi, les instituts de sondages se sont-ils à plusieurs reprises trompés lors des élections à la présidence des partis politiques en interrogeant des sympathisants alors que seuls les adhérents du partis allaient voter. Les échantillons de ces sondages n'étaient pas représentatifs des votants.

Cependant, dans le cadre de ces départementales, les approximations et les "dissimulations" plus ou moins intentionnelles sont bien plus nombreuses.

Scandale n° 1 : des évaluations d'intentions de votes réalisées sur des personnes ayant précisé qu'elles n'iraient pas voter.

La "normalité méthodologique" voudrait que les personnes interrogées ayant précisé qu'elles ne pensaient pas aller voter, soient écartées et que l'on ne continue pas à les interroger "sur le candidat pour lequel elles auraient le plus de chance de voter"(4).
Or, pour conserver des échantillons numériquement présentables, les instituts ont interrogé sur leur préférence en matière de vote des personnes qui venaient juste de dire qu'elles ne pensaient pas aller voter.

L'IFOP annonçait pourtant un taux de votants de 43% et le CSA évaluait à 42% les personnes "sûres" d'aller voter(5). Mais les instituts pour des raisons de taille d'échantillon ont volontairement omis de filtrer les abstentionnistes.
Cette pratique rend, dès lors, l'échantillon "non représentatif" des votants aux départementales.

Scandale n° 2 : interroger sur leurs intentions de vote aux départementales des personnes qui ne sont pas concernées par cette élection.

Par ailleurs, pour que cet échantillon soit représentatif, il faut que les personnes interrogées fassent effectivement partie des personnes concernées par l'élection.
On verrait mal interroger sur l'élection par exemple à la mairie de Paris, des habitants de Lyon ou de Marseille.
C'est pourtant ce qui a été fait dans 2 des sondages sur 3, sur les sondage Odoxa et IFOP, où les habitants de zones non concernées par les départementales ont été interrogés.
En effet, ces instituts ont interrogé les habitants de Paris et de l'agglomération lyonnaise qui ne sont pas concernés par les départementales (mais représentent cependant une proportion non négligeable de l'échantillon interrogé). Seul l'institut CSA a effectivement tenu compte des zones concernées par l'élection.

Scandale n° 3 : proposer aux répondants des listes qui ne sont pas présentes dans leurs cantons, biaisant totalement les réponses.

Sur les 3 instituts ayant remis des résultats début mars, 2 d'entre eux (Odoxa et l'IFOP) ont soumis aux personnes interrogées des listes nationales hypothétiques sans tenir compte des véritables listes qu'on allait proposer dans les différents cantons.
Ainsi, on a pu proposer à des personnes de l'échantillon, des listes non présentes dans leurs cantons.
Dans ce cas, une personne interrogée peut très bien avoir désigné une liste pour laquelle elle ne pourra pas voter dans la réalité.
Par ailleurs, dans la mesure où ces listes étaient "hypothétiques" les instituts de sondages n'en ont pas retenu le même nombre.

1- Odoxa à posé une question en proposant 7 listes nationales génériques : Extrême gauche, Front de gauche, Europe-Ecologie-Les verts, PS et ses alliés, UDI et UMP, Front National, Autres (dont Modem)

2- L'IFOP à posé sa question en proposant 6 listes : Front de Gauche, Parti socialiste, Europe-Ecologie-Les Verts, Modem, UDI et UMP, Front National (La même liste sans la proposition "Extrême gauche").

Seul l'institut CSA a adopté une méthode juste et fiable en proposant aux personnes interrogées et selon leur localisation, la véritable offre qu'ils auront dans le cadre des départementales.
Au final, l'institut CSA affiche un regroupements de 10 listes et obtient des résultats tenant compte de l'offre réelle proposées aux électeurs : Extrême gauche, Front de Gauche, Europe-Ecologie-Les Verts, PS et union de la gauche, Divers gauche, UDI-Modem, UMP et union de la droite, Divers Droite, Front National et Autres.

En revanche, comme les autres instituts, le CSA semble avoir interrogé sur leur intentions de vote l'ensemble des personnes de l'échantillon et pas seulement celles sûres d'aller voter.

Scandale n°4 : on ne doit interpréter comme étant une "intention de vote" que des réponses à une question parlant explicitement "d'intention de vote"

L'IFOP qui a probablement perçu le problème de cette interrogation de "non votants", a trouvé une parade astucieuse que l'institut se garde de relever en posant une question qui n'est absolument pas la même qu'une intention de vote :

La question posée était : "Vous personnellement, souhaitez-vous pour les prochaines élections départementales le succès de... " (suivent les propositions de 7 listes nationales)

Bien évidemment, les journalistes n'ont pas relevé la différence et traitent la question comme s'il s'agissait d'une intention de vote.

Quand on sait qu'un changement de mot dans une question peut entrainer une différence de résultats de 10% à 20%, quand on sait que se multiplient les "votes stratégiques" de personnes qui intentionnellement ne votent pas pour le candidat qu'elles souhaitent voir triompher, on peut penser qu'une telle différence de question est non négligeable et ne peut pas être confondue avec une question d'intention de vote.

Cependant, et c'est toute l'astuce de l'IFOP, on ne peut pas reprocher à l'institut d'avoir interrogé des personnes qui ne pensaient pas aller voter.

Scandale n° 5 : Le flou sur les personnes qui ne se sont pas prononcées aux intentions de vote.

Odoxa annonce avoir interrogé 807 personnes par Internet et semble n'avoir posé qu'une seule question dans le cadre probable d'une enquête omnibus.(6) La société reconnait que 24% des personnes interrogées "ne se sont pas prononcées" à cette question.

On peut s'interroger sur la signification de ces 24% ? S'agit-il de personnes qui sont hésitantes sur leur vote ? S'agit-il de personnes qui savaient qu'elles ne votaient pas et qui ont refusé qu'on les force à répondre ? Ou s'agit-il encore de personnes venant de dire qu'elles n'iraient pas voter et choquées qu'on leur pose tout de même la question....
Odoxa est totalement muet sur le sujet, se contentant de laisser pudiquement dans le flou ce qui est peut-être un énorme "biais" d'enquête.

L'institut CSA qui a interrogé par Internet 965 personnes, semble également avoir interrogé l'ensemble de son échantillon alors que seules 42% des personnes étaient sûres d'aller voter. A la question d'intentions de vote, il annonce 20% des personnes "ne s'étant pas prononcées" et on peut s'interroger sur la signification de ces 20% : hésitations ou refus de répondre ?

L'IFOP qui pose une question différente sur le souhait de succès aux départementales qui n'est pas conditionné au vote de la personne, ne recueille pas cette proportion étonnante de gens ne se prononçant pas.

Scandale n° 6 : la mystification sur la précision des résultats annoncés.

Dans la question posée par Odoxa sur les intentions de vote, 24% des gens ne se prononcent pas. L'échantillon exprimé à prendre en compte pour évaluer la précision des résultats, n'est donc pas de 807 personnes, mais de 613 personnes.
Une absence de rappel à la limite de l'abus, d'autant qu'une seule question est posée.

En ce qui concerne les résultats attribués au Front National : à 33% et pour un échantillon de 613 personnes interrogées la précision est de ± 3,72%
Le résultat du FN obtenu par Odoxa a donc une précision comprise entre 29,3% et 36,7% (intervalle de 7%).

Ceci étant si on considère que plus de 50% des 607 personnes interrogées n'iront probablement pas voter, on peut aussi dire que l'échantillon pertinent n'était en fait que d'environ 300 personnes et l'intervalle de confiance pour 306 votants probables interrogés de ± 5,27%.

L'institut CSA qui a interrogé par Internet 965 personnes annonce que 20% des personnes "ne se sont pas prononcées". C'est donc un échantillon de 772 personnes qui a répondu à la question.
La précision des résultats n'est donc pas comme l'indique son tableau déterminée sur 1000 personnes, mais sur 772 personnes soit une précision pour un résultat à 29% (score attribué au FN) de ± 3,2%. Le résultat annoncé pour le FN est donc compris dans un intervalle qui va de 25,8% à 32,2%.

En guise de conclusion :

On peut très clairement affirmer au vue de plusieurs facteurs, que les échantillons interrogés sur ces 3 sondages ne sont pas représentatifs des votants aux départementales. Ce qui ne veut pas dire que les résultats obtenus seront faux. Je n'en sais rien...

Mais le plus grave dans cette présentation, c'est l'image d'absence de déontologie professionnelle que donnent aujourd'hui un certain nombre d'instituts de sondage.

Absence de déontologie que les Français perçoivent et qui devrait être sanctionné par la commission des sondages qui malheureusement intervient très peu.

Notre pays on le sait est le 2ème pays au monde en termes de consommation de sondages et cependant, la défiance déclarée vis-à-vis des sondages est dans certaines enquêtes de près de 70% des Français.

Au vu des derniers sondages sur les départementales, on peut comprendre les réactions de nos compatriotes.

(1) http://www.odoxa.fr/wp-content/uploads/2015/03/Odoxa-pour-le-Parisien-Aujourdhui-en-France-Rapport-de-force-aux-%C3%A9lec....pdf

(2) http://www.ifop.com/media/poll/2952-1-study_file.pdf

(3) http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2015/opi20150304-csa-bfmtv-les-elections-departementales.pdf

(4) Aucune mention n'est faite sur un tel filtrage, on peut donc penser que c'est la totalité des échantillons qui a été interrogés.

(5)Personnes ayant mis la note 10 sur une échelle de certitude d'aller voter de 1 à 10.

(6)Enquête "fourre-tout" où les sujets d'enquête se succèdent, sans avoir généralement aucun rapport entre eux, ce qui permet rarement aux personnes interrogées, des réponses réfléchies et qui tend à énerver les répondants. Donc d'assez mauvaises conditions d'enquête. Rappelons cependant qu'il s'agissait d'une enquête Internet. Les enquêtes Internet sont "gratifiées", et les personnes répondent parce qu'elles en attendent un cadeau, des points où l'équivalent d'une rémunération.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 06:29

Viva Venezuela

Chapitre français de la campagne internationale de solidarité avec la révolution Bolivarienne - - - - - - - - - - - Plateforme de réinformation sur le Venezuela.

La tentative de coup d’Etat contre le Venezuela, par Ignacio Ramonet

Sympathique spécimen de la faune amazonienne, le toucan est un oiseau bien connu pour son bec spectaculaire aux couleurs chatoyantes. C’est aussi le nom d’un agressif « oiseau d’acier »fabriqué par l’entreprise brésilienne Embraer, dont la dénomination militaire est EMB 312, et dont les deux modèles les plus vendus sont le T-27, version d’entrainement, et le AT-27, armé pour des attaques à terre. Et c’est précisément un de ces Tucanos militaires, armé pour l’attaque, qui devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, le 12 février dernier. Et tuer le président Nicolas Maduro. L’aéronef avait également pour mission d’attaquer le ministère de la Défense et de détruire, parmi d’autres cibles, le siège de la chaîne de télévision internationale TeleSur, en semant le chaos et la confusion.

Selon les informations révélées par le président Maduro lui-même, la tentative de coup d’Etat a été déjouée grâce aux services de renseignement. Ils ont permis l’arrestation d’un groupe d’officiers d’aviation et de civils. « Il s’agit – a déclaré le chef de l’Etat – d’une tentative de sédition contre la démocratie et la stabilité de notre patrie ; c’est une séquelle du « putsch bleu » [1] de février-mars 2014, il y a un an ».

Nicolas Maduro a indiqué que l’un des officiers arrêtés était lié, depuis l’année dernière, à des groupes de l’extrême-droite vénézuélienne qui cherchent à provoquer des troubles violents dans le pays. Le président a révélé que, selon l’enquête, les autorités militaires loyales avaient exigé l’an dernier la démission de cet officier. « Mais il y a quelques semaines – a raconté le chef de l’Etat – plusieurs opposants ont repris contact avec lui, lui ont remis une importante somme d’argent et lui ont confié plusieurs missions. En même temps, l’ambassade des Etats-Unis lui délivrait un visa le 3 février, en l’assurant ainsi qu’en cas d’échec, il disposait d’une autorisation d’entrée aux Etats-Unis par n’importe quelle frontière ».

« Dès ce moment – a poursuivi Nicolas Maduro –, cet officier a pris contact avec quatre autres gradés pour exécuter les missions « désignées par Washington » ». Une de ces missions consistait à faire une vidéo, en enregistrant les déclarations du général d’aviation Oswaldo Hernández Sánchez depuis la prison où il est incarcéré pour avoir participé, en 2014, à une précédente tentative de coup d’Etat.

« L’ordre était d’enregistrer une vidéo de ce général, qu’on surnomme « l’Ours », et, le 12 février, pendant le défilé de la Victoire [2], de faire décoller un avionTucano et attaquer le palais présidentiel de Miraflores et d’autres « cibles tactiques » comme le ministère de la défense, le Conseil national électoral (CNE) et le siège de la chaîne de télévision TeleSur. L’ordre était de déclencher le putsch au moment de la publication par un journal d’opposition de ce qu’ils appellent le « Programme du gouvernement de transition » » [3].

De leur côté, Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, et Jorge Rodríguez, maire du district Libertador de la capitale, ont apporté, le 13 février dernier, à Caracas, plus de détails sur la tentative putschiste. Les deux dirigeants chavistes ont confirmé que les officiers arrêtés avaient reconnu que la publication d’un « Manifeste » était l’un des signes convenus pour déclencher le putsch dont le nom de code était « Opération Jéricho » [4].

Ils ont également révélé que, selon les déclarations des détenus, les putschistes avaient l’intention de « liquider » dès le premier moment, en plus du président Nicolas Maduro, Diosdado Cabello et Jorge Rodríguez, ainsi que d’autres personnalités bolivariennes : Tibisay Lucena, présidente du CNE, et Tareck El Aissami, ancien ministre de l’intérieur et actuel gouverneur de l’Etat d’Aragua.

Ils ont aussi identifié, en plus du général Oswaldo Hernández, d’autres chefs présumés de la conspiration. Parmi eux le capitaine Héctor José Noguera Figueroa ; le colonel José Suárez Rómulo ; le premier lieutenant Ricardo Antich Zapata (chargé des contacts avec l’ambassade des Etats-Unis) et le premier lieutenant Luís Hernando Lugo Calderón [5].

Ils ont montré une partie de l’arsenal saisi, en particulier des armes de gros calibre : des fusils semi-automatiques AR-15, des mitrailleuses et des grenades. Ils ont également révélé que des plans de la ville de Caracas avaient été trouvés, sur lesquels plusieurs « cibles tactiques » étaient effectivement signalées avec une grande précision : le palais présidentiel de Miraflores, les ministères de la défense, de l’intérieur et de la justice, le Conseil national électoral, la Direction du contre-espionnage militaire et, comme nous l’avons déjà dit, le siège de la chaîne de télévision TeleSur.

Cabello et Rodríguez ont désigné comme « auteurs intellectuels » de la tentative putschiste et du projet de magnicide deux personnalités de l’opposition : Antonio Ledezma, maire de Caracas (arrêté le 19 février dernier) et Julio Borges, député de l’opposition. Ils ont également affirmé détenir les preuves de la participation de fonctionnaires de l’ambassade des Etats Unis :« Une fonctionnaire de l’ambassade appelait les épouses des généraux vénézuéliens et leur disait que le nom de leur mari figurait sur la liste des personnes sanctionnées par le Congrès des Etats-Unis. Et que les visas d’entrée aux Etats Unis de leurs familles avaient été invalidés. Ainsi voulait-on susciter l’angoisse dans les familles des officiers », expliqua Jorge Rodríguez.

Pour sa part, le président Maduro a dit avoir en sa possession le « projet de gouvernement » élaboré par les putschistes. Selon ce plan, les pouvoirs publics seraient éliminés et les Cubains (médecins, instituteurs et sportifs) des Missions de service social (santé, éducation et sport) menacés. « Ils parlent aussi – dit le président Maduro – de privatiser la compagnie pétrolière nationale PDVSA [Petróleos de Venezuela Sociedad Anónima], de suspendre les garanties constitutionnelles, de libéraliser le système des changes et de redonner les dollars à l’oligarchie ». Le président a ajouté que dans ce « Projet de gouvernement » les putschistes « menacent ce qu’ils appellent les « collectifs » qui sont, nous le savons, le peuple vénézuélien – et annoncent que, dès qu’ils seront au pouvoir, ils déploieront contre eux toute la force militaire. Aux Cubains des Missions, ils donnent 24 heures pour se présenter devant les bureaux du nouveau gouvernement de facto ou ils supporteront les conséquences… ».

Malgré toutes les preuves et tous les détails fournis par les plus hautes autorités de l’Etat vénézuélien, les médias internationaux (même en Amérique latine) ont accordé peu de crédibilité à cette tentative de coup d’Etat. Une telle « incrédulité » fait partie – depuis quinze ans – de la stratégie des grands médias dominants dans leur guerre contre la révolution bolivarienne, afin de discréditer les autorités bolivariennes. Indifférent à cette attitude hostile, le président Nicolás Maduro continue à expliquer, avec une persévérance pédagogique et en présentant toutes sortes de preuves, comment, depuis la mort d’Hugo Chávez (il y a juste deux ans) et depuis son élection (le 14 avril 2014), un « coup d’Etat lent » est en marche pour le renverser.

Cette fois le putsch devait se réaliser en quatre étapes [6].

La première a commencé début janvier 2015, lorsque le président Maduro se trouvait en déplacement à l’étranger (Chine, Iran, Qatar, Arabie Saoudite, Algérie et Russie). Au cours de cette première étape, des entreprises privées ont mené des campagnes d’accaparement d’aliments et de produits de première nécessité dans le but de créer des pénuries et du mécontentement, préparant ainsi les conditions pour que les citoyens protestent et saccagent les supermarchés. Ce qui ne s’est pas produit.

Dans la deuxième phase, les grands médias internationaux ont intensifié la diffusion de reportages, de nouvelles et d’articles qui donnaient une image déformée de la réalité vénézuélienne, faisant croire que dans le pays du « socialisme du XXI siècle »sévissait une véritable « crise humanitaire ». A cette occasion le président Maduro a dénoncé le rôle détestable joué, au cours de cette phase de l’ « Opération Jéricho », par plusieurs quotidiens espagnols (El País, ABC), …

La troisième étape devait avoir pour protagoniste un« traître » qui ferait un appel solennel à la rébellion à la télévision et dans les grands médias. Le président n’a pas donné le nom de ce« traître », mais il a mis en garde les Vénézuéliens : « Je ne veux alarmer personne, mais je dois dire toutes les vérités (…) Ils sont en train de chercher un traître, et je demande au peuple de rester vigilant ».

La quatrième étape du coup d’Etat – celle qui a été déjouée le 12 février dernier – prévoyait la participation d’un groupe d’officiers putschistes de l’armée de l’air, financés depuis l’étranger. Alors serait annoncé le « Programme de gouvernement de transition ». Et l’on enterrerait la révolution de Chávez.

Mais, même en quatre étapes, le coup d’Etat a échoué. Et la révolution bolivarienne demeure debout.

Ignacio Ramonet | 5 mars 2015

Notes :

[1] L’aile la plus à droite de l’opposition vénézuélienne, – dirigée par des personnalités ultraconservatrices comme Leopoldo López (arrêté le 20 février 2014), Antonio Ledesma (arrêté le 19 février 2015) et Maria Corina Machado (ancienne députée) – a lancé le mouvement « La Sortie », qui appelait à une sorte de« coup d’Etat soft » ou de « coup d’Etat bleu » dans le but de renverser le Président Nicolás Maduro par le financement de manifestations violentes (les« guarimbas ») qui ont fait 43 morts, 878 blessés et d’innombrables dégâts.

[2] Le 12 février, au Venezuela, c’est le Jour de la Jeunesse, qui commémore la Bataille de la Victoire, pendant la guerre d’Indépendance, dans laquelle un millier d’étudiants venus de Caracas ont affronté les troupes espagnoles et les ont vaincues.

[3] Le manifeste a été publié le 11 février dernier, dans un journal d’opposition, El Nacional, en page 5, sous le titre de « Appel aux vénézuéliens pour un accord national pour la transition ».

[4] Par référence à La Bible et plus précisément au Livre de Josué, qui raconte que quand Josué, à la tête des israélites, arriva au pied des imposants remparts de la ville de Jéricho, Dieu lui dit d’ordonner aux prêtres de sonner les trompettes :« Quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors le rempart de la ville s’écroulera, et le peuple montera, sans obstacle ».

[5] Les autres officiers putschistes seraient : la Capitaine Laideth Salazar de Zerpa, dite « Manuelita » ; les capitaines Andrés Ramón Thompson Martínez, Nerio Alfonso Cordova Moreno ; Carlos Manuel Osuna Saraco dit « Guillermo » ; le major Cesar Pérez Carrero ; premier lieutenant Wilfredo Amado Castillo Colmenares ; premier lieutenant Javier Salazar Moncada ; premier lieutenant Miguel Ángel Salazar Molina ; premier lieutenant Carlos Esqueda Martínez ; et premier lieutenant Jofre de Jesús Pineda Trejo.

[6] Voir site web de TeleSur, Caracas, le 12 février 2014.www.telesurtv.net/Gobierno-venezolano-desmantela-atentado-golpista

Source :

http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 13:48

Le PCF met au défi le ministère de l'Intérieur de publier le listing des candidats avec leur étiquette (Olivier Dartigolles)

Libération fait vraiment trop confiance dans les statistiques très politiques du ministère de l’Intérieur pour les prochaines élections départementales. Une confiance aveugle. Transformé le temps d'un « Désintox » truffé d'erreurs en organe central du ministère de l'Intérieur, Libé écrit « Le Front de gauche et le Parti communiste ne couvrent que 1 196 cantons ; soit 58,2 % du total national ». Vrai/Faux ? Faux : nous sommes présents dans 1 515 cantons de France métropolitaine (soit 75,93% des 1995 cantons de l’hexagone). La liste nominative de nos candidates et candidats peut être consultée sur le site du PCF (http://www.pcf.fr/67567 et en PJ).

Poursuivons. Emporté par son élan et suivant docilement la place Beauvau dans son acrobatique nomenclature « divers gauche », Libé croit tenir un scoop : « Les listes Front de gauche et communistes soutenues par Pierre Laurent seront absentes dans l'Oise, l'Yonne et la Drôme ». Vrai/faux ? Faux : le PCF et le Front de gauche en alliance avec EELV présentent des binômes dans 100% des cantons de l’Oise, dans 80,95% des cantons de l’Yonne et dans 89,47% de ceux de la Drôme.

Si Libération avait vraiment voulu faire un travail « désintox », il aurait du commencer par se poser la question suivante : Pourquoi le ministère a-t-il rendu public la liste des candidats avec leur date de naissance, leur profession mais sans l’étiquette politique individuelle alors que cette information a été donnée par l’ensemble de nos candidates et candidats ?

La vérité est que l’étiquetage des binômes a été fait arbitrairement par le ministère sans l’accord des candidats et sans que les préfectures ne puissent rien y faire. Le problème dépasse très largement le cas des binômes Front de gauche/EELV. Et c’est pourquoi, pour ne pas être pris la main dans le sac, le ministère a publié des listings faisant disparaître l’étiquetage individuel des candidates et candidats.

Le PCF met au défi le ministère de publier le listing des candidats avec leur étiquette. Alors que tout est fait pour occulter les enjeux réels de cette élection, que tout tourne autour du FN (le « désintox » de Libé se conclut par « Le FN peut pavaner »…), il est encore temps de réagir en commençant par donner des informations sur la réalité du paysage politique.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Olivier Dartigolles

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 17:49
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 16:26

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a dénoncé lundi "un déni de démocratie" à 20 jours des élections départementales, et une "promotion du Front national sans prendre la mesure du danger qui se profile pour le pays".

Pierre Laurent a tenu une conférence de presse au siège du Parti communiste pour "dénoncer le scandale antidémocratique que constitue à ce jour la préparation des élections départementales".

"Ce qui se passe, c’est du jamais vu", a déclaré le patron des communistes, qui pointe un manque d’informations sur "le sens des élections" alors qu’elles "concernent pour la première fois tous les départements en même temps", que "le mode de scrutin a changé" et que "la réforme territoriale met en jeu le rôle et l’avenir, pourtant essentiels, des départements".

"A la place de ce débat, on assiste à une indécente promotion, continue, permanente du Front national sans prendre la mesure du danger qui se profile pour le pays", a-t-il aussi dénoncé.

"Nous disons stop à cette banalisation, nous demandons que soit mis fin dans les trois semaines qui viennent au déni de démocratie qui consiste à systématiquement ouvrir toutes les antennes au FN, à organiser tout le débat autour du FN en ignorant les milliers et milliers de candidats et singulièrement nos candidats qui sont aussi nombreux que ceux du FN", a-t-il dit.

"Une élection ne se prépare pas en fonction des sondages, en démocratie. Dans une élection (…) il y a une période d’égalité de traitement des candidats", a-t-il ajouté.

le FN "est un parti qui distille dans la société française un poison raciste qui pose un très grave problème. J’en appelle au sens des responsabilités", a insisté Pierre Laurent, dénonçant une "banalisation de propos ignominieux".

"Matin et soir le poison de la haine, du racisme, de la division, de la séparation des Français est distillé sans réaction. Au déni démocratique s’ajoute donc l’irresponsabilité politique", a déclaré Pierre Laurent.

Le patron des communistes appelle "les électeurs, tous les citoyens engagés à divers titres dans la vie publique, les responsables politiques attachés à la démocratie, les médias, singulièrement les responsables de JT, des matinales, des émissions politiques, le CSA, à se ressaisir et réagir", et demande "que soit mis un terme à l’insupportable inégalité de traitement".

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 14:10

La responsabilité des média dans la montée du FN

01 MARS 2015 | PAR LA REVUE DU PROJET

  • L’omniprésence du FN dans les média et la banalisation de ses idées interrogent le rôle des journalistes.

Par Dominique Candille*

Le congrès du Front national à Lyon, fin novembre, l’a encore montré : le FN bénéficie d’une couverture médiatique impressionnante – et tout particulièrement Marine Le Pen – et de plus en plus décomplexée. Pour de nombreux média et de nombreux journalistes, le FN est devenu un parti comme les autres. Au point d’oublier de regarder ce qu’il en est réellement du prétendu « virage social » ou de la « normalisation » de ce parti, qui reste bien ancré dans les idées d’extrême droite.

Une surexposition médiatique de plus en plus évidente

Comment doit-on traiter le FN ? En parler, ne pas en parler, inviter ses responsables sur les plateaux télé, les boycotter ? Si les directions des rédactions n’ont pas beaucoup d’états d’âme, c’est aux journalistes de poser ces questions.

Le Lab d’Europe 1, qui a recensé chaque mois les interviews matinales télé et radio des politiques depuis septembre 2013, révèle que Marine Le Pen et Florian Philippot sont les deux personnalités les plus présentes sur les antennes. La présidente du FN a eu droit à presque une interview matinale par semaine. Elle comptabilise 56 apparitions contre 51 pour son numéro deux. Durant la campagne électorale des municipales, le CSA a haussé le ton en rappelant à l’ordre les chaînes audiovisuelles : trop de place était accordée au Front National. BFM-TV était en particulier pointé du doigt, avec 43 % du temps de parole donné aux amis de Marine Le Pen. Les chaînes généralistes ne semblaient pas faire mieux : 50 % sur Canal plus, 29 % sur France 3… Cette exposition médiatique serait-elle donc responsable de la montée électorale du FN ? Peut-on raisonnablement penser, a contrario, que si les média ne parlaient pas du FN, il disparaîtrait de la scène politique ?

L’analyse serait un peu courte. Ce sont en effet principalement les difficultés économiques, la paupérisation d’une grande partie du salariat, l’absence d’espoir de changements, qui font le terreau des idées d’extrême droite. La longue crise du capitalisme met durement à l’épreuve les solidarités. Elle développe les réflexes de repli sur soi, nationaux ou communautaires.

Des idées banalisées, une dé-diabolisation orchestrée

Le problème n’est pas tant d’inviter Marine Le Pen et ses amis, mais plutôt de réfléchir à la façon dont on fait son métier de journaliste. Lorsqu’on traite la politique, les problèmes sociaux, les faits divers en stigmati­sant les immigrés, les chômeurs, les fonction­naires nantis ou les musulmans, ne soyons pas étonnés que cela donne du corps aux idées du FN et surtout les banalise. Les Unes du Point, dignes de Minute – les articles intérieurs sont souvent moins caricaturaux – sont à ce titre éloquentes. Ainsi, des couvertures racoleuses sont-elles régulièrement placardées dans les kiosques : « Les Assistés : comment la France les fabrique ? » ; « La France des tire-au-flanc » ; « La France des enfants gâtés » ; « Le spectre islamiste » ; « Cet Islam sans gêne ». La liste n’est hélas pas exhaustive. Éloquents aussi, sont les débats télévisés où Marine Le Pen et les responsables frontistes peuvent allégre­ment développer leurs thèses sans qu’aucune contradiction ne leur soit apportée de la part des journalistes en plateau. David Pujadas, lors de l’émission « Des paroles et des actes » du 22 mai 2014, a choisi d’aborder les questions européennes par le biais de l’immigration, thème obsessionnel de Marine Le Pen. Il ne resta que trente minutes aux autres partici­pants pour développer leurs conceptions de l’Europe économique et sociale, soit cinq minutes chacun ! Déjà le 10 avril, le présentateur de l’émission avait obtem­péré face au refus de Marine Le Pen de dialoguer avec Martin Schulz, président du parlement européen. Au grand dam des journalistes de la chaîne publique.

Interviews complaisantes

Désormais, il n’existe plus de scru­pules à inviter le Front national lors d’émissions pourtant réputées pour leur impertinence ou leur non-confor­misme. Sur Canal Plus, Le Pen père est reçu le 31 mars avec beaucoup d’égards et peu de questions embarrassantes par Antoine de Caunes. Louis Aliot – celui qui traite de « pute » une journaliste de l’Indépendant – est l’invité d’un Thierry Ardisson affable dans « Salut les terriens ». Son interview a été si polie et si convenue que la fédération FN des Pyrénées-Orientales s’est empressée de la mettre en ligne sur son site. Sans par­ler de Moati qui écume les plateaux télé pour promouvoir son livre « Le Pen, vous et moi… » Ne diabolisons pas la famille Le Pen, certes, mais ne leur servons pas la soupe en accréditant l’idée qu’ils parleraient « vrai » des vrais problèmes.

Si on enquêtait vraiment sur le Front national ?

Marine Le Pen a un plan de communication parfaitement huilé pour vendre le soi-disant nouveau visage de son parti. Pour nombre de média, elle ne s’appelle plus « Le Pen », mais « Marine », et ses candidats « jeunes et jolis » ne sont plus ni frontistes ni « lepé­nistes », mais « marinistes ». La vague bleu marine c’est quand même plus poétique et moins effrayant que les chemises brunes ou le kaki des tenues de paras… Marine Le Pen se présente comme la candidate anti-système, vierge de tout scandale, la championne de la laïcité, la voix des laissés pour compte de la crise. Elle appelle Jaurès à la rescousse. Son discours a été lissé pour paraître social. Il peut faire illusion, mais son projet politique ne remet en cause ni le capitalisme ni la course aux profits. La haine de l’autre, de l’étranger est toujours son fonds de commerce. L’indi­gnation moralisatrice et la stigmatisation des électeurs ne suffisent pas. Mais à de très rares exceptions – L’Humanité, La NVO, Médiapart… –, les média n’ont pas entrepris le décryptage du programme frontiste, n’ont pas analysé la gestion municipale de ce parti. « On a principalement fait du journalisme de sondages et de pronostics », accuse amère­ment la journaliste Marie-Éve Malouines, lors de l’émission « Le Secret des Sources » sur France Culture (31 mai 2014).

Nous devons réfléchir au sens de notre métier et à la manière de l’exercer et rappeler sans cesse la res­ponsabilité sociale et citoyenne du journa­liste pour combattre les idées de haine.

*Dominique Candille est journaliste, membre du bureau national du SNJ-CGT.

Article paru dans Témoins, n° 56, décembre 2014, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteure.

Dernière minute !

Steeve Briois, nouveau maire Front national d'Hénin-Beaumont, a été désigné par un jury de journalistes pour le Trombinoscope comme « élu local de l'année ». Les explications, plutôt embarrassées, ont porté sur la nécessité de ne pas faire comme si le FN n'existait pas.

Le Buzz à tout prix, voilà qui n'est pas nouveau. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse disait Alfred de Musset. Assurément, on devine que parmi le jury des journalistes ne figurait pas leur consœur de Médiapart exclue du dernier congres du FN. Le FN est aux anges. De très nombreux journalistes ne le sont pas et, avec eux, des milliers d'élus locaux qui, confrontés à des difficultés grandissantes, voient dans ce prix une véritable provocation.

La Revue du projet n°44, février 2015.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 09:18

France 3 : Le PCF évincé du débat sur les départementales !

VENDREDI, 27 FÉVRIER, 2015

La chaîne du service publique, France 3 Ile de France organise un débat consacré aux départementales le 28 février prochain dans le cadre de son émission « La voix est libre ».

Initiative louable, qui permet tout au moins l’information grand public sur les enjeux de ce scrutin, mais où les invités-es sont choisis-es en fonction, de critères qui selon les responsables de la chaîne » ne permettent pas d’inviter le PCF, ni ses représentants, ni même un-une conseiller général-e sortant-e !

Sont invités à ce débat, qui se veut contradictoire (sic), l’UMP 91, Jérôme GUEDJ au nom du PS et de EELV, on les laisse apprécier, le FN 91 et la représentante du PG 91.

Vrai tour de force de France 3, qui choisit, d’évincer de cet échange, la parole d’un Parti qui est présent dans 19 cantons sur 21, dans des configurations diverses, a 4 sortants FDG dont 3 PCF, des centaines de militants-tes en campagne, dirige 4 villes dans des larges cadres majoritaires de gauche.

Déontologiquement c’est une faute, politiquement c’est de la censure !

Les candidates et candidats :

Alexandre FELS, Annie DAILLY, Marie-Laure VERET, Claude JOSSERAND, Sylvie CLERC, Laurent GABORIAU, Françoise POLI, Bruno PIRIOU, Vice-Président du conseil général, Bernard VERA, Maire de Briis-sous-Forges, Fabienne BELLAY, Jean-Pierre SAUVAGE, Maria-Rita CHERRIER, Marie-France WINGHARDT, Jean-Jacques LE TALBODEC, Yaël LELLOUCHE, Philippe FOURCAULT, Michèle KAUFFER, Samir BENAMARA, Jean-Claude LAURENT, Christelle BAREIX, Dominique GRISSOLANGE, Colette JAN, Florent HUART, Gabriel LAUMOSNE, Françoise SAINT-HILAIRE, Olivier CORZANI, Marjolaine RAUZE, Vice-Présidente du conseil général et Maire de Morsang-sur-Orge, Odile TOITOT, Annick LE POUL, Alain TROALEN, Joëlle SURAT, Yveline LE BRIAND, Stéphane QUAINQUARD, Josselyne LAMBERTIN.

Les autres élus :

Claude VAZQUEZ, Conseiller général, Philippe RIO, Maire de Grigny, Jean FLEGEO, Maire de Saulx-les-Chartreux.

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 13:15

Accusé de torture, un haut responsable marocain va être décoré par la France

  • Le patron du contre-espionnage marocain, visé par une plainte pour "torture" en France, va être élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur.

Mis à jour le 15/02/2015 | 15:39 , publié le 15/02/2015 | 15:39

  • C'est une distinction qui suscite l'étonnement. A l'occasion d'une visite au Maroc, samedi 14 février, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé que Paris allait prochainement décorer le patron du contre-espionnage marocain, pourtant visé par une plainte pour "torture" en France. Cette décision est censée marquer la fin de la brouille née il y a un an entre Paris et Rabat, justement après le dépôt de cette plainte contre Abdellatif Hammouchi.

A la suite de cette plainte, le Maroc avait en effet suspendu la coopération judiciaire avec la France, et limité au strict minimum la coopération sécuritaire.Une décision levée à la fin janvier, après un accord entre les deux gouvernements. En visite au Maroc, samedi, Bernard Cazeneuve a longuement loué "l'expertise" et "l'efficacité" du Maroc "dans l'échange de renseignements",évoquant "un partenaire clé".

Rendant hommage "en premier lieu" à Abdellatif Hammouchi, le patron de la DGST marocaine, le pensionnaire de la place Beauveau a précisé que Paris comptait élever ce dernier au grade d'officier de la Légion d'honneur. Et ce malgré la plainte qui vise toujours ce haut responsable marocain. "La France saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant les insignes d'officier", a assuré Bernard Cazeneuve.

"Un véritable scandale, une honte pour la France"

Sans surprise, l'annonce de cette future décoration a fait l'objet de vives critiques à Paris. Décorer Abdellatif Hammouchi dans ces circonstances "me paraît un véritable scandale, une honte pour la France", clame Me Patrick Baudouin, avocat d'un des plaignants, et président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). Et de qualifier d'"avilissant" le fait"d'avoir cédé dans le cadre d'un deal passé avec les autorités marocaines pour permettre un rétablissement de la coopération militaire et sécuritaire", évoquant"une façon de perdre son âme".

C'est une ONG française qui avait déposé une première plainte contre Abdellatif Hammouchi, pour des faits présumés de torture envers deux citoyens marocains. L'association avait été suivie par un boxeur marocain, Zakaria Moumi, qui avait lui aussi déposé plainte contre le patron du contre-espionnage marocain, l'accusant d'avoir assisté à des séances de tortures dans un centre de rétention.

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BRUNO FORNACIARI

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