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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 11:13
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 08:46
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 14:38

Projet de loi Macron : pourquoi la CGT dénonce la réforme des prud’hommes

Le projet de loi Macron, examiné en commission depuis le début du mois dernier, s’en prend à la justice prud’homale. Une justice déjà attaquée par la loi du 18 décembre 2014 qui autorise le gouvernement à décider par ordonnance de nouvelles modalités de choix des conseillers prud’homaux. Faute d’une participation suffisante aux scrutins, ces derniers pourraient bientôt ne plus être élus, mais désignés sur la base des audiences récoltées par les organisations syndicales lors des élections professionnelles. Alors que la CGT dénonce ce premier coup porté aux conseils des prud’hommes, c’est désormais la réforme prud’homale inscrite dans le projet de loi Macron qui fait réagir la justice prud’homale. Les mesures envisagées ne sont pas de nature à la rendre plus performante, s’insurge-t-on à la CGT. Stéphane Weinberg, défenseur syndical au Conseil des Prud’hommes de Niort nous explique pourquoi ça grince.

C.R. : Depuis plusieurs mois, le discours du patronat a évolué. D’une rigidité trop élevée du droit du travail, le patronat insiste désormais sur la nécessité de déjudiciariser les relations du travail. Peux-tu nous en dire plus ?

S.W. : Les employeurs auraient peur d’embaucher car ils auraient la crainte d’être poursuivi plus tard par leurs salariés. Plutôt que leur expliquer que respecter la loi suffit à éviter ces poursuites, le gouvernement préfère faciliter les infractions en évitant aux patrons de se retrouver devant un tribunal. Aujourd’hui, à côté des mesures d’exceptions au repos dominical et en soirée, un projet de loi veut réformer le contrôle du droit du travail en s’attaquant à la justice prud’homale et à l’inspection du travail. Il semble donc que, pour ce gouvernement, le développement de l’emploi, et donc la lutte contre le chômage, passe par le démantèlement de tous ce qui protège les travailleurs, notamment la justice spécifique qui est la leur, la prud’homie. Le mépris de ce gouvernement à l’encontre du monde du travail prend toute son ampleur quand c’est un ministre de l’économie qui reforme la justice du travail là où les ministres concernés n’ont pas droit de cité. Ces attaques contre la justice du travail sont dénoncées par toutes les organisations syndicales représentées au conseil supérieur de la prud’homie à l’exception de la CFDT qui était déjà favorable à la suppression des élections.

> La justice des prud’hommes est une justice particulière qui permet aux salariés et aux employeurs d’être jugés par leurs pairs : des salariés et des employeurs. C’est une justice gratuite, où chacun peut faire valoir ses droits ou se défendre soi même. C’est une justice simple, qui permet à n’importe qui de se présenter devant les juges sans procédures compliquées et lourdes. Elle permet à chaque salarié qui verrait son employeur contrevenir au droit du travail de demander réparation devant la justice. Elle rétablit le déséquilibre créé par le lien de subordination du contrat de travail. La juridiction prud’homale a toujours été dans le viseur du patronat.

C.R. : Pour le ministre de l’Economie, l’idée serait de faire plus simple et plus vite, en professionnalisant les conseils de prud’hommes. En quoi cela consiste-t-il ?

S.W. : Le ministre de l’Economie veut mêler conseillers prud’hommes et juges professionnels pour raccourcir le processus. Actuellement, la procédure débute par une phase devant un bureau de conciliation. Si aucun accord n’est trouvé, les parties passent alors devant un bureau de jugement (BJ) : la fameuse audience publique. Si aucune décision ne ressort du BJ car il y a partage des voix, l’affaire est envoyée devant une formation de départage, avec un juge professionnel départiteur. Le projet de loi Macron prévoit la possibilité – si toutes les parties sont d’accord – de passer directement de la conciliation à cette formation mêlant conseillers prud’hommes et juge professionnel (voir même de s’exonérer de la première étape). Pour un salarié, éviter des longs mois avant un jugement est alléchant. Le problème c’est qu’il est souvent très délicat de juger une affaire rapidement, sans avoir toutes les phases d’un jugement, pour juger en toute connaissance de cause. Ce n’est pas forcément un choix éclairé. Pour cette procédure accélérée, le gouvernement prévoit une formation restreinte de deux juges, un salarié et un employeur, qui statuerait dans les 3 mois. C’est un effet d’annonce qui sert à introduire des informations différentes de ce qui se pratique actuellement. Pour se diriger doucement vers l’échevinage, c’est-à-dire vers des formations de jugement où les conseillers prud’hommes n’auraient plus que le rôle d’assesseurs, la présidence, et in fine la décision finale, reviendrait à un juge professionnel. Ces délais, et tous ceux qui connaissent les prud’hommes le savent, ne pourront être tenus… Avec la réforme Dati et la fermeture de 62 conseils de prud’hommes, ces derniers se sont déjà vus confier plus d’affaires sans voir leurs moyens augmentés. Sur le Conseil de Prud’hommes de Niort par exemple, c’est le départ de 50% du personnel de greffe auquel on a assisté cette année avec la mutation de la greffière en chef à la Cour d’appel de Poitiers et la retraite d’une greffière.

> Signer la pétition en ligne, pour exiger des moyens pour la justice prud’homale et le rétablissement de l’élection des conseillers prud’hommes.

C.R. : Au-delà de l’aspect difficilement réalisable, c’est une entorse au principe de jugement par les pairs, non ?
S.W. : Tout à fait, c’est pourtant un fondement des conseils de prud’hommes. Pour le ministre de l’Economie, les juges prud’homaux ne sont pas des professionnels du droit. Tout dépend ce qu’on attend du conseil de prud’hommes… Les plus à même pour juger une problématique de relation de travail, ce sont les employeurs et les salariés, non ? Dans la forme actuelle, c’est la société civile qui juge les litiges qui peuvent naître de la relation de travail. Une juge professionnel n’a jamais mis les pieds dans une entreprise. A ce titre, il n’aura pas forcément un regard plus pertinent qu’un employeur ou un salarié. L’interprétation de chaque motif de licenciement est différent (80% des litiges sont liés à un licenciement). On ne peut appliquer brutalement la loi, tout cela relève de l’appréciation. Comment professionnaliser ce genre de chose ? Un juge professionnel a tendance à appliquer la loi de manière plus stricte qu’un conseiller et à se référer à la jurisprudence de la cour de cassation. Le fait que les conseillers connaissent la réalité de la vie en entreprise leur permet d’avoir un regard différent dans l’appréciation des faits. Ils peuvent savoir si une faute est véritablement grave ou non, si la sanction est vraiment proportionnelle à la faute. Les conseillers prud’hommes ont une façon plus humaine de traiter les affaires. De ce point de vue, le jugement par les pairs est une chance pour les salariés, non une anomalie.
C.R. : Les prétextes à cette réforme ne sont pas uniquement la supposée partialité des juges, leur non professionnalisme ou les délais trop longs, c’est aussi selon le ministre, un taux de conciliation trop bas. Qu’en penses-tu ?
S.W. : C’est tout et n’importe quoi, mais surtout une nouvelle fois des contre-vérités comme celles qui ont servi de prétextes à la suppression des élections (ndlr : loi du 18 décembre 2014). Les taux de conciliations qui seraient trop bas est un argument d’une mauvaise foi caractérisée pour sous-entendre une certaine incompétence des conseillers prud’hommes. Ce n’est pas un hasard si le ministre parle de « professionnalisation » des conseils… Si le nombre des affaires réglées des l’audience de conciliation ne représentent que 9,5% des affaires introduites, c’est oublier toutes les affaires qui voient une issue entre cette audience et celle de jugement qui font monter le taux de règlements amiables à 20% des affaires, soit pratiquement 1 sur 4. En effet, la justice prud’homale a cette autre particularité de permettre aux parties de trouver un accord jusqu’au passage devant les juges. Et je ne parle pas ici des conciliations partielles qui découlent de l’unicité d’instance.

C.R. : Il est aussi fait état d’un taux d’appel trop important.

S.W. : En effet, il serait de 53%, contre 12,5% pour les tribunaux de grande instance et 5,3% pour les tribunaux d’instance. Cela justifierait de confier cette justice particulière à des juges professionnels. C’est encore oublier une des particularités de la justice prud’homale qu’est l’unicité d’instance. Pour être clair, l’unicité d’instance est l’obligation qui est faite à celui qui saisit les prud’hommes de réunir en une seule instance TOUTES les demandes liées au contrat de travail. Lorsqu’un salarié conteste son licenciement, il peut donc se greffer sur cette demande un problème d’heures supplémentaires qui n’ont pas été payées, une demande relative à des congés payés, à un harcèlement… Un salarié peut évidemment obtenir gain de cause sur certaines demandes et être débouté des autres et faire appel pour ces dernières.

De la même façon, un employeur peut se voir condamner sur une partie des demandes et pas sur le surplus, peut être fera-t-il appel des demandes pour lesquelles il a été condamné. Ce qui amène évidemment a un taux d’appel plus élevé que dans des juridictions ou n’est examiné qu’une seule demande à chaque fois. Sans parler des recours formés par les employeurs de manière tout a fait abusive dans l’espoir que le salarié renoncera ou acceptera un accord.

C.R. : Sur quel point ce projet de loi semble-t-il être le plus dangereux ?

S.W. : C’est la question de la prétendue partialité des juges qui pose le plus gros problème. Ce projet de loi refond tout un arsenal de mesures disciplinaires pour mettre les conseillers prud’hommes au pas. Alors que la formation n’est abordée que dans 2 articles, les mesures de rétorsion à l’encontre des juges représentent presque deux pages de ce texte. Il est demandé aux conseillers prud’hommes d’exercer leurs fonctions en toute indépendance, impartialité, dignité et probité, de se comporter de façon à exclure tout doute légitime à cet égard. Ils s’abstiennent de tout acte ou comportement public incompatible avec la réserve que leur imposent leurs fonctions. C’est joli et plein de bonnes intentions mais ça veut dire quoi ? Que les juges prud’homaux seraient partiaux et inféodés à leurs organisations syndicales ? C’est oublier que les conseillers prud’homaux, salariés ou employeurs, sont d’abord des syndicalistes, élus pour faire respecter le droit. Et lorsqu’on voit l’attitude de certains conseillers employeurs, on peut s’interroger sur la partialité qui est la leur… Ce qui fait l’impartialité de ces jugements, c’est justement ce paritarisme qui oblige des salariés et des employeurs à appliquer le droit de manière impartiale. Après débats, dialogues, et moult haussements de ton s’il le faut. S’il y a bien un lieu ou existe le dialogue social dont on nous rabâche les oreilles, c’est bien dans ces délibérés.

C.R. : Ce projet de loi prévoit qu’un conseiller prud’homme ne peut pas exercer plusieurs mandats. Quelque chose cloche, non ?

S.W. : L’article L.1442-11 nous explique que l’acceptation par un conseiller prud’homme d’un mandat impératif, avant ou après son entrée en fonction et sous quelque forme que ce soit, constitue un manquement grave à ses devoirs. Et que cela entraîne l’annulation de l’élection de ce juge, son inéligibilité ou sa déchéance. Clairement, ça veut dire qu’un conseiller prud’homme qui serait également délégué syndical dans son entreprise serait inéligible ou déchu de son mandat. Ca doit être une blague. Si on voulait empêcher les organisations syndicales de présenter des militants à ce mandat, on ne s’y prendrait pas autrement. C’est une atteinte grave au droit de chacun d’avoir des activités syndicales, au droit de chacun de prendre position. Un autre volet de cette loi, très dangereux à notre sens, est la possibilité d’évitement du juge qui est offerte aux employeurs par l’ouverture de la médiation civile aux litiges liés au droit du travail et la possibilité de conclure avec le salarié une convention de procédure participative qui n’est rien d’autre qu’un accord engageant les parties à trouver un accord « amiable » en cas de litige. Ce qui nierait dès lors le caractère inégal de la relation de travail caractérisé par le lien de subordination.

Pour manifester leur opposition à ce projet de loi, de nombreux Conseils de Prud’hommes ont décidés lors des assemblées générales de rentrée, d’actions menées lors des débats parlementaires. Dans les Conseils de Niort et Thouars, sous l’impulsion de la CGT, le collège salarié, à l’exception de la CFDT, a décidé de faire la grève des audiences entre le 26 janvier et le 6 février 2015.

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 21:38
  • France 3 : l'appel au secours d'une rédaction

27 JANVIER 2015 À 16:22

TRIBUNE

En voulant fusionner les rédactions nationales de France 2 et France 3, la direction de France Télévisions signe l'arrêt de mort de la Trois.

Un immense sentiment de honte, c’est ce qu’a éprouvé la rédaction nationale de France 3, le 7 janvier 2015. Une heure après l’attentat contre Charlie Hebdo, l’édition nationale de la mi-journée faisait ses titres sur l’ouverture des soldes et les bains de mer en hiver.

Les téléspectateurs réagissent aussitôt, scandalisés : «Comment pouvez-vous avoir relégué au second plan dans votre journal une information aussi importante et dramatique ?», écrit un téléspectateur. «Comment peut-on continuer de débiter des banalités sachant que des confrères se font massacrer ? Les infos deviennent une entreprise d’abrutissement collectif», poursuit un autre. «C’est fini je ne vous regarde plus. J’ai honte !», conclut un troisième.

UNE MORT PAR ASPHYXIE

Un crash éditorial qui révolte toute une rédaction, mais aussi toute une chaîne : France 3, la chaîne des régions. Mais cela ne suffisait pas. Dans les jours qui ont suivi, nous avons vu une chaîne du service public en écraser une autre. France 2 prenait l’antenne en continu, réquisitionnant tous les moyens techniques, désormais mutualisés, entravant ainsi le travail des équipes de France 3 sur le terrain. Et alors que les citoyens se rassemblaient par millions dans toute la France et que toutes nos stations régionales se mobilisaient, leur chaîne continuait à diffuser jeux et séries !

Ce faisant, la direction de France Télévisions a dévoilé ses véritables intentions et objectifs pour l’avenir. Son projet «Info 2015» de fusion des rédactions nationales de France 2 et France 3 signe purement et simplement la mort de la rédaction nationale de France 3. Une mort par asphyxie qui a commencé il y a quatre ans lorsque le directeur de l’information, Thierry Thuillier, a décidé de confiner l’information sur la Trois à la «proximité». Comprendre : le franchouillard, les faits divers et les catastrophes, pour laisser à France 2 l’international, la politique, l’économie. C’est ainsi que des pans entiers de notre travail ont été abandonnés : comme le suivi des quartiers défavorisés et les reportages à l’étranger, où nous étions pourtant les rares à proposer un autre regard.

C’est un modèle d’information lancé il y a trente ans que l’on assassine. Un modèle qui a su faire ses preuves en associant aux sessions d’information locale et régionale, la dimension nationale et internationale. Une formule qui garde le soutien de ses téléspectateurs.

HUMILIATIONS, DÉCLASSEMENT, DÉPROFESSIONNALISATION

L’originalité de France 3, c’est aussi un réseau de rédactions composées de femmes et d’hommes de toutes origines et de tous milieux. Nous sommes souvent en désaccord entre nous et avec notre hiérarchie, nous sommes turbulents, mais nous sommes fiers d’appartenir à cette rédaction de France 3, où la liberté d’expression doit rester notre moteur. Nous avons fait de l’esprit critique notre marque de fabrique avec la volonté d’offrir aux téléspectateurs une autre manière de rendre compte de l’actualité.

Le 7 janvier et les jours qui ont suivi, nous avons délibérément été empêchés de faire notre métier d’informer, parce que le choix a été fait de confier la couverture d’un événement majeur à une seule chaîne, France 2. Forts de notre identité, ancrée dans les régions, nous n’aurions certainement pas dit les mêmes choses, ni relaté les faits de la même manière.

Cette faillite éditoriale est le résultat d’un lent et réfléchi travail de sape. Depuis quatre ans, la rédaction nationale de France 3 subit humiliations, déclassement et déprofessionnalisation, sur fond de révolution numérique gérée de façon calamiteuse. En région, on ferme des éditions locales, les bureaux régionaux sont exsangues… Nous disons assez, stop ! Avec France 2, nos confrères et collègues, nous disons oui au partage de certains moyens techniques, dans un souci d’économies, mais nous clamons : non au pillage.

Si nous ne réagissons pas et si les téléspectateurs-citoyens ne nous viennent pas en aide pour sauver France 3, c’est à la fois la pluralité et le pluralisme de l’information à la télévision publique qui vont s’éteindre. France 3 doit vivre, c’est pourquoi nous lançons ce SOS !

Texte voté à l’unanimité le 26 janvier en assemblée générale.

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 07:36

Prix politique au FN : « C'est lamentable» Olivier Dartigolles (PCF)

MERCREDI, 28 JANVIER, 2015

HUMANITE.FR

Le FN vient d'être récompensé par la remise d'un prix politique par le Trombinoscope. Steeve Briois, nouveau maire d'Hénin-Beaumont, a été désigné par un jury de journalistes pour le Trombinoscope comme "élu local de l'année". Les explications, plutôt embarrassées, ont porté sur la nécessité de ne pas faire comme si le FN n'existait pas. En effet, il existe et le bilan de la première année des municipalités FN est une saisissante illustration de ce qu'est véritablement ce parti.

Comment récompenser le maire d'Hénin-Beaumont qui, aussitôt élu, a décidé de priver la Ligue des droits de l’homme de son local ? Alors que le débat national interroge le vivre ensemble, comment, quand on connaît les politiques stigmatisantes menées par les maires frontistes, faire de l'un d'eux "l'élu local de l'année" ? Sur quels critères ce prix a-t-il été décerné ?

C'est lamentable.

Le Buzz à tout prix, voilà qui n'est pas nouveau. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse disait Alfred de Musset. Assurément, on devine que parmi le jury des journalistes ne figurait pas leur consœur de Médiapart exclue du dernier congres du FN.

Le FN est aux anges. De très nombreux journalistes ne le sont pas et, avec eux, des milliers d'élus locaux qui, confrontés à des difficultés grandissantes, voient dans ce prix une véritable provocation.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 12:04

Manu Dos Reis

Voilà te texte que j'ai adressé à la NR après t'avoir informé de l'initiative de rassemblement que je proposais à la CGT, aux autres syndicats et aux partis de gauche pour "Charlie"

Je te joins le mail de ta réponse

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Bruno

Ton communiqué me va parfaitement.

A demain 11h00 à l'union locale.

Manu

Le 07/01/2015 20:53, Bruno Fornaciari a écrit :

Nous sommes déterminés à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité

Appel à l'unité nationale de toutes les forces républicaines face au crime abject qui vient de frapper l'équipe de Charlie-Hebdo et la défense de la liberté d'expression.

Le carnage barbare dont a été victime la rédaction de Charlie-hebdo nous plonge dans l'horreur et la peine et appelle une réponse nationale et populaire de grande ampleur.

Les communistes appellent à ce que s'exprime l'unité de toutes les forces républicaines face à la barbarie. Quand un journal est ainsi visé, quand des vies sont massacrées et dont la passion était l'information et la liberté d'expression, c'est bel et bien chacun de nous qui est visé, c'est la République qui est frappée en son cœur.

Il faudra tout faire pour que les auteurs de ce crime effroyable soient arrêtés et jugés.

Nos pensées vont aux victimes, aux familles et aux proches, aux collaborateurs du journal et à toutes ces professionnels qui chaque jour informent nos concitoyens. Avec cet attentat criminel, c'est le monde de la caricature, de l'impertinence, de l'humour, de l’amour de la vie que les terroristes ont voulu faire taire. Notre peine est immense.

Nous appelons à refuser les amalgames et les stigmatisations, à rejeter fermement les appels à la haine et aux racismes.

L'heure est aujourd'hui à rassembler autour des valeurs républicaines le maximum de forces, de citoyennes et de citoyens. Exprimons partout dans le pays et notamment à Thouars, comme à Niort hier notre détermination à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité. Les libertés démocratiques et la liberté d'expression vont de paire. Le débat plutôt que la censure.

Les militants communistes appellent tous et chacun toutes les organisations, élu(e)s et personnalités, citoyennes et citoyens, sans distinction de leurs pensées philosophiques et politiques ou convictions religieuses, a manifester leur soutien et leur solidarité a l'équipe de "Charlie Hebdo"dès vendredi 9 janvier place du Théâtre à 17 h

Pour le PCF

Bruno Fornaciari
bciari@orange.fr

http://bruno-fornaciari.over-blog.com/

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C'est pour te faire part que je considère regrettable l'incident qui s'est produit lors du rassemblement organisé à Thouars ce vendredi en hommage aux victimes du carnage criminel perpétré par des fanatiques lors de l'attentat au siège de la rédaction de "Charlie Hebdo" faisant 12 victimes, que je t'adresses ces quelques lignes.
Remettons d'abord les choses dans l'ordre. Je révèle le "verbatim" de l'après-midi du 7 janvier, jour du drame à Paris.
Ce mercredi 7 janvier vers midi, j'entends à la radio qu'un attentat vient d'être commis au siège de Charlie Hebdo. Incrédule, i l faut attendre près d'heure pour apprendre que 4 journalistes ont été tués. Cabu, Wolinski, Charb, Tignous. Puis quelques temps plus tard, s'ajoute d'autres victimes au nombre de 12 au total. Il est environ 14 h. L'émotion est à son comble. J'appelle un camarade du PCF membre de la CGT à Niort. Je m'émeus auprès de lui de la gravité de la situation créée par ce crime contre la liberté d'expression. Une réunion de la direction de la FD du PCF étant prévue de longue date à Niort le lendemain jeudi soir, je lui propose d'aborder d'urgence cette question et de réfléchir à l'organisation, très vite d'un rassemblement de soutien et de protestation à l'appel du PCF en y associant le plus d'organisations démocratiques possible.
Vers 16 h je me rends à l'UL CGT de Thouars où je trouve Michel Ferey occupé à préparer une réunion syndicale. Je lui fais part de l'objet de ma visite. "Tu as entendu ce qui s'est passé à Paris ?" "à Charly hedo? " "On ne peut pas rester sans rien faire" lui dis-je. Serais-tu d'accord pour organiser un rassemblement de soutien ? Oui me dit-il mais je ne suis pas seul à décider, je dois partir à Niort, vois Manu me dit-il. A ma requête il me communique son numéro de téléphone. Je lui demande s'il serait d'accord d'y associer les autres centrales syndicales, la CFDT et FO. Il me répond qu'il n'y a personne à la CFDT. Devant moi il décroche sont téléphone et laisse un message à FO. Je propose que nous organisions une réunion demain jeudi. Il me dit qu'il sera à Niort dans le cadre d'une action pour la défense des prud'hommes. En rentrant, je m'arrête, il est 17h environ, à la NR. Pour une double raison. Puisque nous allons organiser à l'appel de plusieurs organisations que je cite Le PCF, la CGT avec vraisemblablement FO .et d'autres, que je dois prendre contact avec la section du PS et Ensemble pour leur demander leur avis, je leur demande, c'est la deuxième raison de ma visite, s'il accepteraient de participer personnellement à cet évènement qui consacre la liberté d'expression fondement de leur activité professionnelle. Il m' a été répondu que bien sûr ils couvriraient l'évènement mais que leur agenda était chargé en raison des voeux des villes. Une fois rentré chez moi je rédige un texte au nom des communistes que je soumets à Ernest Levindré qui après quelques remarques et corrections me donne son accord. J'adresse aussi le communiqué par mail à Michel Ferey pour info. Sans réaction j'adresse ce communiqué à la NR vers 19 h. J'appelle Manu Dos Reis. La ligne est occupée, je laisse un message. A la même heure, après m'être procuré son téléphone , j'appelle Pierrette Tellier secrétaire de la section du PS de Thouars. Elle me dit qu'elle ne sera pas présente demain pour raison personnelle, mais qu'elle consulte son remplaçant Georges Tignon. Elle pense qu'il faut que le PS y participe. Vers 19 h 30 Michel Ferey m'appelle et me confirme l'accord e FO et la participation de Solidaire. Je m'en réjouis. Je lui demande de prévenir JP Gay. Il me donne son accord. Manu m'appelle à mon domicile vers 21 h . Lui ayant laissé le message précédemment nous entrons dans le vif du sujet. Tu es OK, donc on se voit demain matin pour préparer ?. A quelle heure me demande-t-il. 11h ça te vas ? OK pour 11 h à demain. Je lui propose de lui adresser le communiqué que j'ai adressé à la NR pour info. Il accepte. Il me répond en me disant "ça me va très bien"J'informe Nénesse par téléphone du développement du projet. Je reçois un mail de JPGay qui demande que le communiqué de presse stipule la participation du "Front de Gauche Nord-Deux Sèvres" sous cette seule appellation. Je m'interroge en raison de l'existence fictive d'un front dans le Nord-Deux Sèvres et singulièrement à Thouars. Le lendemain, à 11 h précise je suis à notre rendez-vous à l'UL pour mettre au point avec d'autres, l'appel au rassemblement. Mais 5 ou 6 personnes sont déjà là depuis un certain temps et l'affaire semblait déjà réglée. Toujours est-il qu'aucune discussion n'a lieu en ma présence"acta est fabula". Manu a prit les choses en main pour écrire un appel sibyllin "je suis Charlie " appelant au rassemblement place Lavaud. Sa rédaction émanant vaguement de "forces démocratiques de tout poil et de toute plume" laisse craindre la mise à l'écart des forces démocratiques organisées, comme les syndicats ou les partis politiques et laisse place à la confusion. J'y vois le danger de stigmatisation des partis politiques et l'alimentation ce faisant du "tous pourris" ou "la politique c'est mal". Au cours de cette réunion sont évoquées vaguement des interventions publiques de citoyens. L'ancien responsable local de la NR, présent propose même de rédiger l'intervention préliminaire qui serait lue, par qui ? comme si, d'ailleurs, nous étions incapables de le faire nous-mêmes. Après avoir suggérer d'ajouter l'objet fondamental du rassemblement dans l'appel à savoir la solidarité avec les victimes et la réaffirmation de la défense de la liberté d'expression, je prends congé, il est midi.
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Vendredi 17 h 15

Jusque-là, je ne m'étais aperçu de rien. Mais c'est lorsque je suis arrivé place Lavaud le vendredi à 17 10 que j'ai ressenti une certaine "réserve" de Michel Ferey d'une part et une certaine "distance "de Manu Dos Reis de l'autre. Alors qu'il m'évitait soigneusement, je réussis à faire part à ce dernier, de mon intention de dire les quelques mots que j'avais préparés l'après-midi. C'est alors que, contre toute attente, le responsable de la CGT que j'avais convié à participer à l'organisation du rassemblement l'avant-veille, a revêtu une attitude hostile, à mon égard. Doigt pointé sur mon visage il ne "m'accorde qu'une minute de parole " et m'intime l'injonction de "ne pas faire de politique". Il m'explique que si je ne me conforme pas à cet oukase, telle l'épée de damoclès "ce sera la première et la dernière fois"... que je profiterai de "son micro". Devant mon étonnement et celui de mon épouse qui m'accompagnait et qui exprimait sa réprobation en argumentant de la liberté d'expression que nous étions censés défendre, Manu Dos Reis, perdant son sang froid déclare hors de lui le "micro est à moi et si tu veux parler tu vas parler ailleurs" avant de s'éloigner en furie. La métamorphose du secrétaire de l'UD en Général 3 étoiles était saisissante. Un nouveau paradigme autoritaire se substituant à la démocratie.

Des propos qui ont choqué mon épouse, elle-même jadis responsable de la CGT à la BP, membre du comité d'entreprise d'Etablissement de Gennevilliers et du comité central d'entreprise au siège du pétrolier à La Défense, déléguée au Congrès de Martigues. Elle était, on peut le comprendre en tant que syndicaliste, tout comme moi, offusquée d'un comportement opposé aux valeurs de la CGT. Ainsi "Manu" se montre comme l'auteur d'une petite fripouillerie politicienne. virtuose du parjure, rompu à tous les stratagèmes, aux expédients sournois et aux viles perfidies en guise de respect des différences, de la conscience de classe et de défense de la liberté d'expression.

Nous protestation immédiate fut à la hauteur de notre indignation contre cette tentative de nous imposer la censure ou l'autocensure.

En prenant la parole le premier, il s'est fendu d'un commentaire pernicieux, selon lequel, l'information de la Nouvelle République qui relatait qu'un militant communiste était à l'initiative de ce rassemblement était fausse. En fait il a prétendu que la Nouvelle République s'était trompée et qu'elle avait fait une "coquille". il démentait ainsi, toute honte bue, les journalistes de "la Nouvelle République" en leur décernant au passage, un accessit pour une faute professionnelle. Compte tenu des libertés que le secrétaire de l'UD prend avec la réalité, je suis tenté d'y voir une méprisable petite opération anti-communiste qui n'est peut-être pas de sa seule initiative. On est loin du "TOUS ENSEMBLE" des cheminots de 1995. En essayant censurer un militant du parti communiste qui agit pour les libertés, Manuel Dos Reis, secrétaire local de l'UL n'est sûrement pas dans son rôle. L'homélie qu'il a prononcée sur le soutien à "Charlie" et à la "liberté" fut fort peu convaincante à mes yeux au vu de ce qui la précédée.

Car cette manifestation avait justement pour but de manifester notre indignation contre tout tentative d'empêcher, de restreindre ou de limiter la liberté d'expression. Ainsi Dos Reis représentant la CGT (mais quelle mouche l'a piqué?) se comporte à contre-sens, comme ceux que la manifestation était censée condamner. De simples citoyens, et c'est fort bien, se sont exprimé sans craintes, sans limites. Il en est même un qui s'exprimait comme "franc-maçon" en faveur de "Charlie", et pourquoi pas,? Et cela n'aurait pas été possible pour un militant communiste?

Mais Manu, ne sais-tu pas que Charb ne cachait pas ses engagements? "militant communiste scrupuleux et dessinateur sans bride" comme le rappelle "l'Humanité". Et tu prétendais interdire à un de ses camarades de parler de son camarade à ses camarades ? Toujours le poing levé, on le voit avec André Chassaigne ou Pierre Laurent, qu'il considérait avec amusement comme "son patron" ? Même si cela "défrise" certains, je me permets de rappeler ce que disait Charb. A une question : "le communisme est-il encore une idée neuve ?" Charb répondait : "Oui, bien sûr, je rêve de l'Union Soviétique de l'Union Européenne. Pas sur le modèle qui a fait faillite à l'Est évidemment. Mais je crois que le communisme est une solution à la crise. J'en vois pas d'autres. Je manque peut-être d'imagination, mais j'ai quasiment toujours voté communiste. J'ai juste failli prendre ma carte au Parti Socialiste quand j'étais au lycée. Il faut dire que dans ma famille, on était plutôt PS."

Et puis, ou est d'après toi, ma propre liberté d'expression lorsque tu me menaces "d'une dernière fois au micro si..." je ne reste pas dans le cadre que tu as fixé toi ? mais ou est d'après toi est ma propre liberté de parole lorsque tu trépignes à côté de moi quand je lis le texte que j'avais rédigé, et que penser de ta tentative misérable de me retirer le micro, empêchée in-extremis par l'appel à la liberté d'expression que je crie dans le micro au moment où tu t'apprêtais à le faire, ce qui t'as fait reculer? mais ou est donc d'après toi, ma propre liberté de penser et d 'opinion lorsque, suite à mon discours, t'emparant du micro tu émets, publiquement cette fulgurance pernicieuse et cette fanfaronnade ridicule '? "c'est dommage...mais on te pardonne"? de quel droit t'autorises-tu un commentaire ? Au nom de quelle autorité morale que tu détiendrais ? La CGT ce syndicat, qui fût aussi le mien lorsque j'étais à l'atelier jadis, appelle lui aussi à défendre la liberté d'expression ? En lisant ces lignes de vérité, ne sens-tu pas l'érubescence monter en toi et la honte te chauffer les oreilles? De quel côté es-tu ?

Malgré tout, malgré toi, le message de mon discours en hommage aux victimes de l'attentat criminel au siège de la rédaction de "Charlie Hebdo" et mon appel au respect des libertés, ce 9 janvier devant mille personnes rassemblées à Thouars, a été entendu et applaudit.

Quatre millions de personnes défilaient en France le dimanche suivant en réponse aux crimes barbares perpétrés contre "Charlie Hebdo" et le magasin "hypercacher" pour exprimer leur solidarité, leur fraternité et exiger le respect de la liberté d'expression.

"Je suis Charlie" "nous sommes tous Charlie" pouvait-on lire sue les pancartes.

Continuons l'esprit de "Charlie"

Et toi Dos Reis, es-tu Charlie, aussi ?

Bruno Fornaciari
bciari@orange.fr

http://bruno-fornaciari.over-blog.com/

PS : Tu pourras lire sur mon blog le prononcé de mon discours ce 9 janvier Place Lavaud à Thouars en hommage à "Charlie"

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 20:50

UN MILLIARDAIRE ISRAÉLIEN ACHÈTE LIBÉRATION ET L’EXPRESS

POINTS.TNJANVIER 14, 2015

L'homme d'affaires franco-israélien Patrick Drahi

Le journal Libération (qui abrite actuellement Charlie Hebdo), la chaîne d’information israélienne i24news et le magazine L’Express vont être réunis au sein d’un nouveau groupe plurimédias « Mag&NewsCo », détenu par le patron de Numéricable et SFR Patrick Drahi, coactionnaire de Libération, et son associé Marc Laufer, ont-ils annoncé mercredi, selon l’AFP.

« Mag&NewsCo, groupe média diversifié, intégrera la télévision, la radio, la presse écrite, le numérique et le mobile », indiquent les deux hommes d’affaires, qui sont en train de racheter au groupe belge Roularta les magazines L’Express et L’Expansion, et 8 autres titres.

« Marc Laufer et Patrick Drahi seront les deux seuls actionnaires du groupe. Le management opérationnel sera effectué par Marc Laufer », précisent-ils.

Pour l’instant, Libération est détenu à 50% par Patrick Drahi et Marc Laufer, et 50% par l’homme d’affaires Bruno Ledoux et ses associés.

L’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi, 4e fortune de France selon le magazine Forbes, et son allié Marc Laufer négocient avec Roularta le rachat de l’hebdomadaire L’Express, du mensuel économique L’Expansion et des titres Mieux vivre votre argent, Lire, Classica, Studio Ciné Live, L’Entreprise, qui intègreront la nouvelle entité, tout comme les sept titres spécialisés détenus par le groupe NewsCo de Marc Laufer.

Les deux hommes s’intéressent par ailleurs à Radio Nova, ont-ils confirmé.

Pendant l’été 2014, Patrick Drahi, qui a créé un vaste groupe télécoms présent dans 9 pays, a renfloué le quotidien Libération, proche de la faillite, en apportant 14 des 18 millions d’euros qui ont sauvé le journal, puis une rallonge d’une dizaine de millions.

En Israël, il a racheté le groupe Hot (chaînes de télévision et téléphonie mobile) et créé la chaîne d’information internationale i24 News. En France, il a racheté des petites chaînes thématiques comme Vivolta, Shorts TV, Kombat Sport et le groupe MCS.

Selon AFP

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:56

Prouvez-le !

EDITORIAL PAR PATRICK APEL-MULLER

LUNDI, 19 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

Nos lecteurs par centaines sont ulcérés par le comportement des chaînes publiques de télévision et de radio qui, durant des centaines d’heures sur le sujet, pas une fois, n’ont donné la parole à un journaliste de l’Humanité, pour laquelle pourtant dessinait Charb chaque lundi. Le drame n’a, pour l’heure, rien apporté au pluralisme, réduit à une fleur de rhétorique. Prouvez-le ? Mais aussi prouvons-le, chacun de nous, en construisant un monde à tous commun.

« Si vous êtes Charlie, prouvez-le ! » a lancé le dessinateur Luz, vendredi, lors de l’hommage rendu à son ami Charb. Le refus des déviations politiciennes, la fi délité à l’élan populaire du 11 janvier, la construction d’un monde de fraternité l’exigent. Dès les heures qui ont suivi le carnage, le Front national a confi rmé qu’il n’en était pas et a rabougri sa présence à un maigre rassemblement à Beaucaire, où la haine avait droit de cité.

Mais les grands de ce monde, les dirigeants du pays, les responsables politiques ne peuvent échapper à l’interpellation. Choisir la guerre sans fi n, ronger les libertés individuelles dans une course à l’échalote sécuritaire, montrer du doigt une catégorie de la population – « l’immigration », pour Nicolas Sarkozy –, c’est à l’opposé de ce qu’a signifi é le pays. Prouvez-le ! En voulant imposer une loi de régression sociale et consacrer les retraites chapeaux, Emmanuel Macron et nos gouvernants tournent le dos à la revendication d’égalité, indispensable pour que chacun se reconnaisse dans la République, pour que les esprits faibles ne soient plus la proie des fanatiques sectaires qui prennent en otage l’islam, pour qu’il n’y ait plus les élites et des citoyens de seconde zone confi nés dans toutes les précarités.

Prouvez-le ! En respectant la souveraineté populaire et, ces jours-ci, celle du peuple grec écorché par le traitement de fer que lui ont imposé la Commission de Bruxelles, la Banque mondiale et le FMI. Elle avait bonne mine, Christine Lagarde, avec son panneau « Je suis Charlie » dans le dos ! La démocratie ne doit plus être réduite à la loi des marchés fi nanciers. Prouvez-le, votre amour de la liberté d’expression !

Nos lecteurs par centaines sont ulcérés par le comportement des chaînes publiques de télévision et de radio qui, durant des centaines d’heures sur le sujet, pas une fois, n’ont donné la parole à un journaliste de l’Humanité, pour laquelle pourtant dessinait Charb chaque lundi. Le drame n’a, pour l’heure, rien apporté au pluralisme, réduit à une fleur de rhétorique. Prouvez-le ? Mais aussi prouvons-le, chacun de nous, en construisant un monde à tous commun.

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 13:47

Nous sommes déterminés à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité

Appel à l'unité nationale de toutes les forces républicaines face au crime abject qui vient de frapper l'équipe de Charlie-Hebdo et la défense de la liberté d'expression.

Le carnage barbare dont a été victime la rédaction de Charlie-hebdo nous plonge dans l'horreur et la peine et appelle une réponse nationale et populaire de grande ampleur.

Les communistes  appellent à ce que  s'exprime l'unité  de toutes les forces républicaines face à la barbarie. Quand un journal est ainsi visé, quand des vies sont massacrées et dont la passion était l'information et la liberté d'expression, c'est bel et bien chacun de nous qui est visé, c'est la République qui est frappée en son cœur. 

Il faudra tout faire pour que les auteurs de ce crime effroyable soient arrêtés et jugés.

Nos pensées vont aux victimes, aux familles et aux proches, aux collaborateurs du journal et à toutes ces professionnels qui chaque jour informent nos concitoyens. Avec cet attentat criminel, c'est le monde de la caricature, de l'impertinence, de l'humour, de l’amour de la vie que les terroristes ont voulu faire taire. Notre peine est immense.

Nous appelons à refuser les amalgames et les stigmatisations, à rejeter fermement les appels à la haine et aux racismes.

L'heure est aujourd'hui à rassembler autour des valeurs républicaines le maximum de forces, de citoyennes et de citoyens. Exprimons partout dans le pays et notamment à Thouars, comme à Niort hier notre détermination à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.  Les libertés démocratiques et la liberté d'expression vont de paire. Le débat plutôt que la censure. 

Les militants communistes appellent tous et chacun toutes les organisations, élu(e)s et personnalités, citoyennes et citoyens, sans distinction de leurs pensées philosophiques et politiques ou convictions religieuses, a manifester leur soutien et leur solidarité a l'équipe de "Charlie Hebdo"dès vendredi 9 janvier place du Théâtre  à 17 h
 BRUNO FORNACIARI
PCF

 

 

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 13:23

 

 

Les Charlies et les Charlots

 

Qu’on veuille bien me pardonner de faire entendre une voix discordante dans l’harmonieux concert des louanges que l’on a entendu s’élever depuis l’attentat contre Charlie-Hebdo. Ces louanges sont à vrai dire de différentes sortes : les premières – et les seules que je consente à approuver – sont celles qui concernent le talent hors du commun dont faisaient preuve les victimes dans leur domaine et qui, pour certaines d’entre elles, touchait au génie. Sur ce point, je rejoins sans réticence leurs admirateurs.

Je n’évoquerai que pour mémoire la deuxième sorte de louange, parce que c’est la moins digne d’attention. Sous couvert de témoignage vécu ou d’hommage ému, elle sert à la glorification du louangeur lui-même, d’une façon qui associe plus ou moins subtilement le dithyrambe à l’auto-célébration narcissique – « C’était un être merveilleux. Un soir que nous étions ensemble. Etc. » Passons.

La troisième sorte de louange, qui pourrait servir d’illustration au paralogisme de « La partie pour le tout », consiste à s’autoriser de ce que Charlie-Hebdo est un organe de presse faisant preuve d’une grande liberté de ton pour en conclure, d’une part, que c’est toute la presse qui est attaquée et, d’autre part et implicitement, que toute cette presse fait preuve de la même liberté de ton envers et contre tous les pouvoirs établis. Ce que traduit éloquemment le slogan incroyablement prétentieux « Nous sommes Charlie ».

Non, Mesdames et Messieurs les journalistes de cour, vous n’êtes pas Charlie. Loin s’en faut. Seule une toute petite partie de votre corporation, que d’ailleurs vous détestez cordialement et que vous ostracisez, peut se réclamer de cette « liberté de la presse » dont vous vous gargarisez. Dans votre très grande majorité, loin d’être des héros de la liberté, vous êtes de simples commis au service des employeurs capitalistes qui vous tiennent en laisse. Alors de grâce, trêve de tartuferie.

Cela me conduit à mentionner la quatrième sorte de louange entonnée par la chorale « républicaine ». Celle qui célèbre l’excellence du système social dans lequel nous vivons, et dont la presse des grands prédateurs de la finance et de l’industrie est évidemment le plus beau fleuron.

De fait, si la gent journalistique était moins domestiquée intellectuellement et moralement, elle pourrait s’ériger légitimement en force de critique sociale capable de prendre en toutes circonstances des risques pour la défense des valeurs démocratiques. Mais le combat démocratique tel qu’elle l’entend, c’est celui de la défense prioritaire de l’ordre établi et des médiocres intérêts des « élites » auxquelles elle se pique d’appartenir.

Ce combat à courte vue aveugle la plupart des journalistes et les empêche de comprendre ce qu’une poignée de bons esprits parmi eux a compris depuis longtemps : que ce qui vient de se passer à Charlie-Hebdo n’est qu’un épisode dans une longue série d’horreurs et de crimes dont la racine principale doit être cherchée, à travers de nombreuses médiations, dans l’inextinguible soif de profits et la frénésie de domination qui ont animé pendant des siècles les politiques des puissances capitalistes occidentales envers le reste du monde… y compris envers leurs propres concitoyens.

La même logique meurtrière, celle de la rentabilisation à outrance du Capital, qui a conduit à exterminer des peuples entiers dans des colonies lointaines, conduit aujourd’hui encore à laisser crever à petit feu, dans le chaudron des ghettos urbains de nos métropoles, des populations déshéritées dont l’immense majorité fait ce que les prolétaires de nos Républiques successives n’ont cessé de faire depuis des générations : saliver devant la vitrine clinquante que nos médias exposent en permanence à leur convoitise, et se demander pourquoi, dans une République soi-disant Une et Indivisible, ladite vitrine divise si radicalement, si inflexiblement, si injustement, le monde en maîtres et en serviteurs, et de combien de souffrances et d’humiliations encore ils devront expier la faute d’être nés pauvres et différents, du mauvais côté de la vitrine, de la rocade, de l’histoire, de la vie.

Comment l’oppression sociale, la violence sourde et broyeuse des rapports sociaux, qui laminent jour après jour des vies entières, n’auraient-elles pas aussi des effets pervers chez les plus désespérés en en faisant les instruments du fanatisme que toutes les doctrines, spécialement les religieuses, ont alimenté à un moment ou à un autre ? On devrait être davantage attentif à ce mécanisme psychosociologique qui fait que la même dynamique sociale peut se structurer selon les circonstances, dans le meilleur des cas en combat politique libérateur et dans le pire en violence criminelle délirante.

Voilà, me semble-t-il, ce que les gens de Charlie-Hebdo exprimaient à leur façon, mais voilà aussi ce que sont incapables de comprendre les charlots qui se sont mis à larmoyer d’un œil en cherchant la caméra de l’autre. Les épisodes de la lutte des classes que nous livre l’actualité quotidienne, partout et à tout moment, ne se présentent presque jamais à l’état « pur », sous des formes immédiatement reconnaissables et univoques, mais sous des formes altérées et ultra-compliquées du fait de la surdétermination généralisée de tous les facteurs les uns par les autres.

Cette causalité multiple, embrouillée, équivoque, qui est celle de tous les faits sociaux, ne peut qu’échapper à la lecture rapide, superficielle, paresseusement simplificatrice et idéologiquement orientée, pompeusement baptisée « décryptage » par les médias.

Il est plus facile et plus rentable, à tous égards, pour eux et leurs commanditaires, d’orchestrer de grandes émotions collectives qui expriment tout et le contraire, qui drainent le meilleur et le pire et où la pensée rationnelle et critique sombre dans la propagande, et la vérité avec elle. En attendant la prochaine flambée de haine aveugle et d’œcuménisme larmoyant.

Alain Accardo

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BRUNO FORNACIARI

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