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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 08:36

Prix politique au FN : « C'est lamentable» Olivier Dartigolles (PCF)

MERCREDI, 28 JANVIER, 2015

HUMANITE.FR

Le FN vient d'être récompensé par la remise d'un prix politique par le Trombinoscope. Steeve Briois, nouveau maire d'Hénin-Beaumont, a été désigné par un jury de journalistes pour le Trombinoscope comme "élu local de l'année". Les explications, plutôt embarrassées, ont porté sur la nécessité de ne pas faire comme si le FN n'existait pas. En effet, il existe et le bilan de la première année des municipalités FN est une saisissante illustration de ce qu'est véritablement ce parti.

Comment récompenser le maire d'Hénin-Beaumont qui, aussitôt élu, a décidé de priver la Ligue des droits de l’homme de son local ? Alors que le débat national interroge le vivre ensemble, comment, quand on connaît les politiques stigmatisantes menées par les maires frontistes, faire de l'un d'eux "l'élu local de l'année" ? Sur quels critères ce prix a-t-il été décerné ?

C'est lamentable.

Le Buzz à tout prix, voilà qui n'est pas nouveau. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse disait Alfred de Musset. Assurément, on devine que parmi le jury des journalistes ne figurait pas leur consœur de Médiapart exclue du dernier congres du FN.

Le FN est aux anges. De très nombreux journalistes ne le sont pas et, avec eux, des milliers d'élus locaux qui, confrontés à des difficultés grandissantes, voient dans ce prix une véritable provocation.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 13:04

Manu Dos Reis

Voilà te texte que j'ai adressé à la NR après t'avoir informé de l'initiative de rassemblement que je proposais à la CGT, aux autres syndicats et aux partis de gauche pour "Charlie"

Je te joins le mail de ta réponse

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Bruno

Ton communiqué me va parfaitement.

A demain 11h00 à l'union locale.

Manu

Le 07/01/2015 20:53, Bruno Fornaciari a écrit :

Nous sommes déterminés à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité

Appel à l'unité nationale de toutes les forces républicaines face au crime abject qui vient de frapper l'équipe de Charlie-Hebdo et la défense de la liberté d'expression.

Le carnage barbare dont a été victime la rédaction de Charlie-hebdo nous plonge dans l'horreur et la peine et appelle une réponse nationale et populaire de grande ampleur.

Les communistes appellent à ce que s'exprime l'unité de toutes les forces républicaines face à la barbarie. Quand un journal est ainsi visé, quand des vies sont massacrées et dont la passion était l'information et la liberté d'expression, c'est bel et bien chacun de nous qui est visé, c'est la République qui est frappée en son cœur.

Il faudra tout faire pour que les auteurs de ce crime effroyable soient arrêtés et jugés.

Nos pensées vont aux victimes, aux familles et aux proches, aux collaborateurs du journal et à toutes ces professionnels qui chaque jour informent nos concitoyens. Avec cet attentat criminel, c'est le monde de la caricature, de l'impertinence, de l'humour, de l’amour de la vie que les terroristes ont voulu faire taire. Notre peine est immense.

Nous appelons à refuser les amalgames et les stigmatisations, à rejeter fermement les appels à la haine et aux racismes.

L'heure est aujourd'hui à rassembler autour des valeurs républicaines le maximum de forces, de citoyennes et de citoyens. Exprimons partout dans le pays et notamment à Thouars, comme à Niort hier notre détermination à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité. Les libertés démocratiques et la liberté d'expression vont de paire. Le débat plutôt que la censure.

Les militants communistes appellent tous et chacun toutes les organisations, élu(e)s et personnalités, citoyennes et citoyens, sans distinction de leurs pensées philosophiques et politiques ou convictions religieuses, a manifester leur soutien et leur solidarité a l'équipe de "Charlie Hebdo"dès vendredi 9 janvier place du Théâtre à 17 h

Pour le PCF

Bruno Fornaciari
bciari@orange.fr

http://bruno-fornaciari.over-blog.com/

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C'est pour te faire part que je considère regrettable l'incident qui s'est produit lors du rassemblement organisé à Thouars ce vendredi en hommage aux victimes du carnage criminel perpétré par des fanatiques lors de l'attentat au siège de la rédaction de "Charlie Hebdo" faisant 12 victimes, que je t'adresses ces quelques lignes.
Remettons d'abord les choses dans l'ordre. Je révèle le "verbatim" de l'après-midi du 7 janvier, jour du drame à Paris.
Ce mercredi 7 janvier vers midi, j'entends à la radio qu'un attentat vient d'être commis au siège de Charlie Hebdo. Incrédule, i l faut attendre près d'heure pour apprendre que 4 journalistes ont été tués. Cabu, Wolinski, Charb, Tignous. Puis quelques temps plus tard, s'ajoute d'autres victimes au nombre de 12 au total. Il est environ 14 h. L'émotion est à son comble. J'appelle un camarade du PCF membre de la CGT à Niort. Je m'émeus auprès de lui de la gravité de la situation créée par ce crime contre la liberté d'expression. Une réunion de la direction de la FD du PCF étant prévue de longue date à Niort le lendemain jeudi soir, je lui propose d'aborder d'urgence cette question et de réfléchir à l'organisation, très vite d'un rassemblement de soutien et de protestation à l'appel du PCF en y associant le plus d'organisations démocratiques possible.
Vers 16 h je me rends à l'UL CGT de Thouars où je trouve Michel Ferey occupé à préparer une réunion syndicale. Je lui fais part de l'objet de ma visite. "Tu as entendu ce qui s'est passé à Paris ?" "à Charly hedo? " "On ne peut pas rester sans rien faire" lui dis-je. Serais-tu d'accord pour organiser un rassemblement de soutien ? Oui me dit-il mais je ne suis pas seul à décider, je dois partir à Niort, vois Manu me dit-il. A ma requête il me communique son numéro de téléphone. Je lui demande s'il serait d'accord d'y associer les autres centrales syndicales, la CFDT et FO. Il me répond qu'il n'y a personne à la CFDT. Devant moi il décroche sont téléphone et laisse un message à FO. Je propose que nous organisions une réunion demain jeudi. Il me dit qu'il sera à Niort dans le cadre d'une action pour la défense des prud'hommes. En rentrant, je m'arrête, il est 17h environ, à la NR. Pour une double raison. Puisque nous allons organiser à l'appel de plusieurs organisations que je cite Le PCF, la CGT avec vraisemblablement FO .et d'autres, que je dois prendre contact avec la section du PS et Ensemble pour leur demander leur avis, je leur demande, c'est la deuxième raison de ma visite, s'il accepteraient de participer personnellement à cet évènement qui consacre la liberté d'expression fondement de leur activité professionnelle. Il m' a été répondu que bien sûr ils couvriraient l'évènement mais que leur agenda était chargé en raison des voeux des villes. Une fois rentré chez moi je rédige un texte au nom des communistes que je soumets à Ernest Levindré qui après quelques remarques et corrections me donne son accord. J'adresse aussi le communiqué par mail à Michel Ferey pour info. Sans réaction j'adresse ce communiqué à la NR vers 19 h. J'appelle Manu Dos Reis. La ligne est occupée, je laisse un message. A la même heure, après m'être procuré son téléphone , j'appelle Pierrette Tellier secrétaire de la section du PS de Thouars. Elle me dit qu'elle ne sera pas présente demain pour raison personnelle, mais qu'elle consulte son remplaçant Georges Tignon. Elle pense qu'il faut que le PS y participe. Vers 19 h 30 Michel Ferey m'appelle et me confirme l'accord e FO et la participation de Solidaire. Je m'en réjouis. Je lui demande de prévenir JP Gay. Il me donne son accord. Manu m'appelle à mon domicile vers 21 h . Lui ayant laissé le message précédemment nous entrons dans le vif du sujet. Tu es OK, donc on se voit demain matin pour préparer ?. A quelle heure me demande-t-il. 11h ça te vas ? OK pour 11 h à demain. Je lui propose de lui adresser le communiqué que j'ai adressé à la NR pour info. Il accepte. Il me répond en me disant "ça me va très bien"J'informe Nénesse par téléphone du développement du projet. Je reçois un mail de JPGay qui demande que le communiqué de presse stipule la participation du "Front de Gauche Nord-Deux Sèvres" sous cette seule appellation. Je m'interroge en raison de l'existence fictive d'un front dans le Nord-Deux Sèvres et singulièrement à Thouars. Le lendemain, à 11 h précise je suis à notre rendez-vous à l'UL pour mettre au point avec d'autres, l'appel au rassemblement. Mais 5 ou 6 personnes sont déjà là depuis un certain temps et l'affaire semblait déjà réglée. Toujours est-il qu'aucune discussion n'a lieu en ma présence"acta est fabula". Manu a prit les choses en main pour écrire un appel sibyllin "je suis Charlie " appelant au rassemblement place Lavaud. Sa rédaction émanant vaguement de "forces démocratiques de tout poil et de toute plume" laisse craindre la mise à l'écart des forces démocratiques organisées, comme les syndicats ou les partis politiques et laisse place à la confusion. J'y vois le danger de stigmatisation des partis politiques et l'alimentation ce faisant du "tous pourris" ou "la politique c'est mal". Au cours de cette réunion sont évoquées vaguement des interventions publiques de citoyens. L'ancien responsable local de la NR, présent propose même de rédiger l'intervention préliminaire qui serait lue, par qui ? comme si, d'ailleurs, nous étions incapables de le faire nous-mêmes. Après avoir suggérer d'ajouter l'objet fondamental du rassemblement dans l'appel à savoir la solidarité avec les victimes et la réaffirmation de la défense de la liberté d'expression, je prends congé, il est midi.
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Vendredi 17 h 15

Jusque-là, je ne m'étais aperçu de rien. Mais c'est lorsque je suis arrivé place Lavaud le vendredi à 17 10 que j'ai ressenti une certaine "réserve" de Michel Ferey d'une part et une certaine "distance "de Manu Dos Reis de l'autre. Alors qu'il m'évitait soigneusement, je réussis à faire part à ce dernier, de mon intention de dire les quelques mots que j'avais préparés l'après-midi. C'est alors que, contre toute attente, le responsable de la CGT que j'avais convié à participer à l'organisation du rassemblement l'avant-veille, a revêtu une attitude hostile, à mon égard. Doigt pointé sur mon visage il ne "m'accorde qu'une minute de parole " et m'intime l'injonction de "ne pas faire de politique". Il m'explique que si je ne me conforme pas à cet oukase, telle l'épée de damoclès "ce sera la première et la dernière fois"... que je profiterai de "son micro". Devant mon étonnement et celui de mon épouse qui m'accompagnait et qui exprimait sa réprobation en argumentant de la liberté d'expression que nous étions censés défendre, Manu Dos Reis, perdant son sang froid déclare hors de lui le "micro est à moi et si tu veux parler tu vas parler ailleurs" avant de s'éloigner en furie. La métamorphose du secrétaire de l'UD en Général 3 étoiles était saisissante. Un nouveau paradigme autoritaire se substituant à la démocratie.

Des propos qui ont choqué mon épouse, elle-même jadis responsable de la CGT à la BP, membre du comité d'entreprise d'Etablissement de Gennevilliers et du comité central d'entreprise au siège du pétrolier à La Défense, déléguée au Congrès de Martigues. Elle était, on peut le comprendre en tant que syndicaliste, tout comme moi, offusquée d'un comportement opposé aux valeurs de la CGT. Ainsi "Manu" se montre comme l'auteur d'une petite fripouillerie politicienne. virtuose du parjure, rompu à tous les stratagèmes, aux expédients sournois et aux viles perfidies en guise de respect des différences, de la conscience de classe et de défense de la liberté d'expression.

Nous protestation immédiate fut à la hauteur de notre indignation contre cette tentative de nous imposer la censure ou l'autocensure.

En prenant la parole le premier, il s'est fendu d'un commentaire pernicieux, selon lequel, l'information de la Nouvelle République qui relatait qu'un militant communiste était à l'initiative de ce rassemblement était fausse. En fait il a prétendu que la Nouvelle République s'était trompée et qu'elle avait fait une "coquille". il démentait ainsi, toute honte bue, les journalistes de "la Nouvelle République" en leur décernant au passage, un accessit pour une faute professionnelle. Compte tenu des libertés que le secrétaire de l'UD prend avec la réalité, je suis tenté d'y voir une méprisable petite opération anti-communiste qui n'est peut-être pas de sa seule initiative. On est loin du "TOUS ENSEMBLE" des cheminots de 1995. En essayant censurer un militant du parti communiste qui agit pour les libertés, Manuel Dos Reis, secrétaire local de l'UL n'est sûrement pas dans son rôle. L'homélie qu'il a prononcée sur le soutien à "Charlie" et à la "liberté" fut fort peu convaincante à mes yeux au vu de ce qui la précédée.

Car cette manifestation avait justement pour but de manifester notre indignation contre tout tentative d'empêcher, de restreindre ou de limiter la liberté d'expression. Ainsi Dos Reis représentant la CGT (mais quelle mouche l'a piqué?) se comporte à contre-sens, comme ceux que la manifestation était censée condamner. De simples citoyens, et c'est fort bien, se sont exprimé sans craintes, sans limites. Il en est même un qui s'exprimait comme "franc-maçon" en faveur de "Charlie", et pourquoi pas,? Et cela n'aurait pas été possible pour un militant communiste?

Mais Manu, ne sais-tu pas que Charb ne cachait pas ses engagements? "militant communiste scrupuleux et dessinateur sans bride" comme le rappelle "l'Humanité". Et tu prétendais interdire à un de ses camarades de parler de son camarade à ses camarades ? Toujours le poing levé, on le voit avec André Chassaigne ou Pierre Laurent, qu'il considérait avec amusement comme "son patron" ? Même si cela "défrise" certains, je me permets de rappeler ce que disait Charb. A une question : "le communisme est-il encore une idée neuve ?" Charb répondait : "Oui, bien sûr, je rêve de l'Union Soviétique de l'Union Européenne. Pas sur le modèle qui a fait faillite à l'Est évidemment. Mais je crois que le communisme est une solution à la crise. J'en vois pas d'autres. Je manque peut-être d'imagination, mais j'ai quasiment toujours voté communiste. J'ai juste failli prendre ma carte au Parti Socialiste quand j'étais au lycée. Il faut dire que dans ma famille, on était plutôt PS."

Et puis, ou est d'après toi, ma propre liberté d'expression lorsque tu me menaces "d'une dernière fois au micro si..." je ne reste pas dans le cadre que tu as fixé toi ? mais ou est d'après toi est ma propre liberté de parole lorsque tu trépignes à côté de moi quand je lis le texte que j'avais rédigé, et que penser de ta tentative misérable de me retirer le micro, empêchée in-extremis par l'appel à la liberté d'expression que je crie dans le micro au moment où tu t'apprêtais à le faire, ce qui t'as fait reculer? mais ou est donc d'après toi, ma propre liberté de penser et d 'opinion lorsque, suite à mon discours, t'emparant du micro tu émets, publiquement cette fulgurance pernicieuse et cette fanfaronnade ridicule '? "c'est dommage...mais on te pardonne"? de quel droit t'autorises-tu un commentaire ? Au nom de quelle autorité morale que tu détiendrais ? La CGT ce syndicat, qui fût aussi le mien lorsque j'étais à l'atelier jadis, appelle lui aussi à défendre la liberté d'expression ? En lisant ces lignes de vérité, ne sens-tu pas l'érubescence monter en toi et la honte te chauffer les oreilles? De quel côté es-tu ?

Malgré tout, malgré toi, le message de mon discours en hommage aux victimes de l'attentat criminel au siège de la rédaction de "Charlie Hebdo" et mon appel au respect des libertés, ce 9 janvier devant mille personnes rassemblées à Thouars, a été entendu et applaudit.

Quatre millions de personnes défilaient en France le dimanche suivant en réponse aux crimes barbares perpétrés contre "Charlie Hebdo" et le magasin "hypercacher" pour exprimer leur solidarité, leur fraternité et exiger le respect de la liberté d'expression.

"Je suis Charlie" "nous sommes tous Charlie" pouvait-on lire sue les pancartes.

Continuons l'esprit de "Charlie"

Et toi Dos Reis, es-tu Charlie, aussi ?

Bruno Fornaciari
bciari@orange.fr

http://bruno-fornaciari.over-blog.com/

PS : Tu pourras lire sur mon blog le prononcé de mon discours ce 9 janvier Place Lavaud à Thouars en hommage à "Charlie"

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 21:50

UN MILLIARDAIRE ISRAÉLIEN ACHÈTE LIBÉRATION ET L’EXPRESS

POINTS.TNJANVIER 14, 2015

L'homme d'affaires franco-israélien Patrick Drahi

Le journal Libération (qui abrite actuellement Charlie Hebdo), la chaîne d’information israélienne i24news et le magazine L’Express vont être réunis au sein d’un nouveau groupe plurimédias « Mag&NewsCo », détenu par le patron de Numéricable et SFR Patrick Drahi, coactionnaire de Libération, et son associé Marc Laufer, ont-ils annoncé mercredi, selon l’AFP.

« Mag&NewsCo, groupe média diversifié, intégrera la télévision, la radio, la presse écrite, le numérique et le mobile », indiquent les deux hommes d’affaires, qui sont en train de racheter au groupe belge Roularta les magazines L’Express et L’Expansion, et 8 autres titres.

« Marc Laufer et Patrick Drahi seront les deux seuls actionnaires du groupe. Le management opérationnel sera effectué par Marc Laufer », précisent-ils.

Pour l’instant, Libération est détenu à 50% par Patrick Drahi et Marc Laufer, et 50% par l’homme d’affaires Bruno Ledoux et ses associés.

L’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi, 4e fortune de France selon le magazine Forbes, et son allié Marc Laufer négocient avec Roularta le rachat de l’hebdomadaire L’Express, du mensuel économique L’Expansion et des titres Mieux vivre votre argent, Lire, Classica, Studio Ciné Live, L’Entreprise, qui intègreront la nouvelle entité, tout comme les sept titres spécialisés détenus par le groupe NewsCo de Marc Laufer.

Les deux hommes s’intéressent par ailleurs à Radio Nova, ont-ils confirmé.

Pendant l’été 2014, Patrick Drahi, qui a créé un vaste groupe télécoms présent dans 9 pays, a renfloué le quotidien Libération, proche de la faillite, en apportant 14 des 18 millions d’euros qui ont sauvé le journal, puis une rallonge d’une dizaine de millions.

En Israël, il a racheté le groupe Hot (chaînes de télévision et téléphonie mobile) et créé la chaîne d’information internationale i24 News. En France, il a racheté des petites chaînes thématiques comme Vivolta, Shorts TV, Kombat Sport et le groupe MCS.

Selon AFP

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 14:56

Prouvez-le !

EDITORIAL PAR PATRICK APEL-MULLER

LUNDI, 19 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

Nos lecteurs par centaines sont ulcérés par le comportement des chaînes publiques de télévision et de radio qui, durant des centaines d’heures sur le sujet, pas une fois, n’ont donné la parole à un journaliste de l’Humanité, pour laquelle pourtant dessinait Charb chaque lundi. Le drame n’a, pour l’heure, rien apporté au pluralisme, réduit à une fleur de rhétorique. Prouvez-le ? Mais aussi prouvons-le, chacun de nous, en construisant un monde à tous commun.

« Si vous êtes Charlie, prouvez-le ! » a lancé le dessinateur Luz, vendredi, lors de l’hommage rendu à son ami Charb. Le refus des déviations politiciennes, la fi délité à l’élan populaire du 11 janvier, la construction d’un monde de fraternité l’exigent. Dès les heures qui ont suivi le carnage, le Front national a confi rmé qu’il n’en était pas et a rabougri sa présence à un maigre rassemblement à Beaucaire, où la haine avait droit de cité.

Mais les grands de ce monde, les dirigeants du pays, les responsables politiques ne peuvent échapper à l’interpellation. Choisir la guerre sans fi n, ronger les libertés individuelles dans une course à l’échalote sécuritaire, montrer du doigt une catégorie de la population – « l’immigration », pour Nicolas Sarkozy –, c’est à l’opposé de ce qu’a signifi é le pays. Prouvez-le ! En voulant imposer une loi de régression sociale et consacrer les retraites chapeaux, Emmanuel Macron et nos gouvernants tournent le dos à la revendication d’égalité, indispensable pour que chacun se reconnaisse dans la République, pour que les esprits faibles ne soient plus la proie des fanatiques sectaires qui prennent en otage l’islam, pour qu’il n’y ait plus les élites et des citoyens de seconde zone confi nés dans toutes les précarités.

Prouvez-le ! En respectant la souveraineté populaire et, ces jours-ci, celle du peuple grec écorché par le traitement de fer que lui ont imposé la Commission de Bruxelles, la Banque mondiale et le FMI. Elle avait bonne mine, Christine Lagarde, avec son panneau « Je suis Charlie » dans le dos ! La démocratie ne doit plus être réduite à la loi des marchés fi nanciers. Prouvez-le, votre amour de la liberté d’expression !

Nos lecteurs par centaines sont ulcérés par le comportement des chaînes publiques de télévision et de radio qui, durant des centaines d’heures sur le sujet, pas une fois, n’ont donné la parole à un journaliste de l’Humanité, pour laquelle pourtant dessinait Charb chaque lundi. Le drame n’a, pour l’heure, rien apporté au pluralisme, réduit à une fleur de rhétorique. Prouvez-le ? Mais aussi prouvons-le, chacun de nous, en construisant un monde à tous commun.

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 14:47

Nous sommes déterminés à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité

Appel à l'unité nationale de toutes les forces républicaines face au crime abject qui vient de frapper l'équipe de Charlie-Hebdo et la défense de la liberté d'expression.

Le carnage barbare dont a été victime la rédaction de Charlie-hebdo nous plonge dans l'horreur et la peine et appelle une réponse nationale et populaire de grande ampleur.

Les communistes  appellent à ce que  s'exprime l'unité  de toutes les forces républicaines face à la barbarie. Quand un journal est ainsi visé, quand des vies sont massacrées et dont la passion était l'information et la liberté d'expression, c'est bel et bien chacun de nous qui est visé, c'est la République qui est frappée en son cœur. 

Il faudra tout faire pour que les auteurs de ce crime effroyable soient arrêtés et jugés.

Nos pensées vont aux victimes, aux familles et aux proches, aux collaborateurs du journal et à toutes ces professionnels qui chaque jour informent nos concitoyens. Avec cet attentat criminel, c'est le monde de la caricature, de l'impertinence, de l'humour, de l’amour de la vie que les terroristes ont voulu faire taire. Notre peine est immense.

Nous appelons à refuser les amalgames et les stigmatisations, à rejeter fermement les appels à la haine et aux racismes.

L'heure est aujourd'hui à rassembler autour des valeurs républicaines le maximum de forces, de citoyennes et de citoyens. Exprimons partout dans le pays et notamment à Thouars, comme à Niort hier notre détermination à faire vivre les valeurs de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.  Les libertés démocratiques et la liberté d'expression vont de paire. Le débat plutôt que la censure. 

Les militants communistes appellent tous et chacun toutes les organisations, élu(e)s et personnalités, citoyennes et citoyens, sans distinction de leurs pensées philosophiques et politiques ou convictions religieuses, a manifester leur soutien et leur solidarité a l'équipe de "Charlie Hebdo"dès vendredi 9 janvier place du Théâtre  à 17 h
 BRUNO FORNACIARI
PCF

 

 

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 14:23

 

 

Les Charlies et les Charlots

 

Qu’on veuille bien me pardonner de faire entendre une voix discordante dans l’harmonieux concert des louanges que l’on a entendu s’élever depuis l’attentat contre Charlie-Hebdo. Ces louanges sont à vrai dire de différentes sortes : les premières – et les seules que je consente à approuver – sont celles qui concernent le talent hors du commun dont faisaient preuve les victimes dans leur domaine et qui, pour certaines d’entre elles, touchait au génie. Sur ce point, je rejoins sans réticence leurs admirateurs.

Je n’évoquerai que pour mémoire la deuxième sorte de louange, parce que c’est la moins digne d’attention. Sous couvert de témoignage vécu ou d’hommage ému, elle sert à la glorification du louangeur lui-même, d’une façon qui associe plus ou moins subtilement le dithyrambe à l’auto-célébration narcissique – « C’était un être merveilleux. Un soir que nous étions ensemble. Etc. » Passons.

La troisième sorte de louange, qui pourrait servir d’illustration au paralogisme de « La partie pour le tout », consiste à s’autoriser de ce que Charlie-Hebdo est un organe de presse faisant preuve d’une grande liberté de ton pour en conclure, d’une part, que c’est toute la presse qui est attaquée et, d’autre part et implicitement, que toute cette presse fait preuve de la même liberté de ton envers et contre tous les pouvoirs établis. Ce que traduit éloquemment le slogan incroyablement prétentieux « Nous sommes Charlie ».

Non, Mesdames et Messieurs les journalistes de cour, vous n’êtes pas Charlie. Loin s’en faut. Seule une toute petite partie de votre corporation, que d’ailleurs vous détestez cordialement et que vous ostracisez, peut se réclamer de cette « liberté de la presse » dont vous vous gargarisez. Dans votre très grande majorité, loin d’être des héros de la liberté, vous êtes de simples commis au service des employeurs capitalistes qui vous tiennent en laisse. Alors de grâce, trêve de tartuferie.

Cela me conduit à mentionner la quatrième sorte de louange entonnée par la chorale « républicaine ». Celle qui célèbre l’excellence du système social dans lequel nous vivons, et dont la presse des grands prédateurs de la finance et de l’industrie est évidemment le plus beau fleuron.

De fait, si la gent journalistique était moins domestiquée intellectuellement et moralement, elle pourrait s’ériger légitimement en force de critique sociale capable de prendre en toutes circonstances des risques pour la défense des valeurs démocratiques. Mais le combat démocratique tel qu’elle l’entend, c’est celui de la défense prioritaire de l’ordre établi et des médiocres intérêts des « élites » auxquelles elle se pique d’appartenir.

Ce combat à courte vue aveugle la plupart des journalistes et les empêche de comprendre ce qu’une poignée de bons esprits parmi eux a compris depuis longtemps : que ce qui vient de se passer à Charlie-Hebdo n’est qu’un épisode dans une longue série d’horreurs et de crimes dont la racine principale doit être cherchée, à travers de nombreuses médiations, dans l’inextinguible soif de profits et la frénésie de domination qui ont animé pendant des siècles les politiques des puissances capitalistes occidentales envers le reste du monde… y compris envers leurs propres concitoyens.

La même logique meurtrière, celle de la rentabilisation à outrance du Capital, qui a conduit à exterminer des peuples entiers dans des colonies lointaines, conduit aujourd’hui encore à laisser crever à petit feu, dans le chaudron des ghettos urbains de nos métropoles, des populations déshéritées dont l’immense majorité fait ce que les prolétaires de nos Républiques successives n’ont cessé de faire depuis des générations : saliver devant la vitrine clinquante que nos médias exposent en permanence à leur convoitise, et se demander pourquoi, dans une République soi-disant Une et Indivisible, ladite vitrine divise si radicalement, si inflexiblement, si injustement, le monde en maîtres et en serviteurs, et de combien de souffrances et d’humiliations encore ils devront expier la faute d’être nés pauvres et différents, du mauvais côté de la vitrine, de la rocade, de l’histoire, de la vie.

Comment l’oppression sociale, la violence sourde et broyeuse des rapports sociaux, qui laminent jour après jour des vies entières, n’auraient-elles pas aussi des effets pervers chez les plus désespérés en en faisant les instruments du fanatisme que toutes les doctrines, spécialement les religieuses, ont alimenté à un moment ou à un autre ? On devrait être davantage attentif à ce mécanisme psychosociologique qui fait que la même dynamique sociale peut se structurer selon les circonstances, dans le meilleur des cas en combat politique libérateur et dans le pire en violence criminelle délirante.

Voilà, me semble-t-il, ce que les gens de Charlie-Hebdo exprimaient à leur façon, mais voilà aussi ce que sont incapables de comprendre les charlots qui se sont mis à larmoyer d’un œil en cherchant la caméra de l’autre. Les épisodes de la lutte des classes que nous livre l’actualité quotidienne, partout et à tout moment, ne se présentent presque jamais à l’état « pur », sous des formes immédiatement reconnaissables et univoques, mais sous des formes altérées et ultra-compliquées du fait de la surdétermination généralisée de tous les facteurs les uns par les autres.

Cette causalité multiple, embrouillée, équivoque, qui est celle de tous les faits sociaux, ne peut qu’échapper à la lecture rapide, superficielle, paresseusement simplificatrice et idéologiquement orientée, pompeusement baptisée « décryptage » par les médias.

Il est plus facile et plus rentable, à tous égards, pour eux et leurs commanditaires, d’orchestrer de grandes émotions collectives qui expriment tout et le contraire, qui drainent le meilleur et le pire et où la pensée rationnelle et critique sombre dans la propagande, et la vérité avec elle. En attendant la prochaine flambée de haine aveugle et d’œcuménisme larmoyant.

Alain Accardo

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 19:17

Pendant ce temps-là, chez Alain Finkielkraut…

par Martin Coutellier , le 17 janvier 2015

Recevant Éric Zemmour et Alain Duhamel dans son émission sur France Culture, Alain Finkielkraut a voulu répondre d’emblée aux critiques formulées après l’annonce de ce casting. Comme souvent, ses arguments révèlent une vision très particulière de la réalité.

L’émission « Répliques », du 10 janvier 2015 s’est ouverte sur ces mots de l’animateur-producteur Alain Finkielkraut :

La France n’est pas seulement le pays de Voltaire, c’est aussi celui de Robespierre. Et ses intellectuels ont une propension funeste à considérer la politique comme la guerre de l’humanité avec ses ennemis. Après une brève accalmie de disputes civilisées dans les dernières décennies du 20ème siècle, l’antiracisme idéologique a pris le relais du communisme, et depuis le début du nouveau siècle les listes noires se sont mises à refleurir dans les journaux. Éric Zemmour a le privilège de figurer sur toutes. Depuis la parution du Suicide français, il est même le most wanted, le plus rance, le plus nauséabond des réactionnaires, voire des néofascistes.

S’en est suivi la lecture d’un courrier adressé au médiateur de France Culture, se plaignant de l’invitation d’Éric Zemmour dans une émission « déjà scandaleusement raciste », et annonçant le lancement d’une pétition réclamant la démission d’Alain Finkielkraut, qui reprenait ensuite : « Par démission, sans doute ces auditeurs entendaient-ils renvoi, car évidemment, je n’ai nulle intention de me faire mon propre épurateur, ni de me résigner à ce que sur les sujets dits "chauds ", comme la question palestinienne ou l’identité de la France, les débats que j’organise soient désormais les étreintes amoureuses du même avec le même. J’ai donc invité Éric Zemmour et Alain Duhamel. »

Par charité (et par lassitude), nous passerons sur la boursouflure du discours, sur la vacuité totale de l’idée d’une continuité entre communisme et « antiracisme idéologique », et sur l’argumentaire qui, faisant mine de répondre à une critique (ici la diffusion d’idées jugées racistes), dérive en fait sur une toute autre question (ici la possibilité d’organiser des débats où des avis différents se confrontent).

En revanche, difficile de ne pas réagir à l’idée que pour éviter les échanges « du même avec le même », Alain Finkielkraut a décidé d’inviter Éric Zemmour et Alain Duhamel. Certes, ces deux éditorialistes ne défendent pas des points de vue identiques, et ne sont pas « les mêmes ». Mais rappelons rapidement le degré d’omniprésence médiatique des deux invités, en nous limitant aux semaines qui ont précédé l’émission. Les comptages ne sont probablement pas exhaustifs.

Outre sa présence quotidienne sur RTL comme chroniqueur dans l’émission de Marc-Olivier Fogiel, et sa chronique hebdomadaire dans Libération, on a pu lire des interviews d’Alain Duhamel sur Atlantico (22/11/2014) et L’Opinion (18/12/14), le voir sur France 2 à deux reprises (« Ce soir ou jamais » le 08/11/2014 et « Un soir à la tour Eiffel » le 10/12/2014) et sur France 5 (« C’est à vous » le 05/01/2015). Éric Zemmour a quant à lui largement justifié l’appellation de most wanted, le plus recherché, mais plutôt au sens du caviar que de Jesse James : en plus de sa chronique bihebdomadaire sur RTL, et de son émission hebdomadaire sur Paris Première [1], il a également été invité, entre autres, sur RMC (« Les grandes gueules », 15/12/2014), RTL (« Le face à face », 12/12/2014), Canal Plus (« Le grand journal », 01/12/2014), LCI (« L’interview », 24/11/2014) et France 3 (« Soir 3 » le 14/11/2014).

Quitte à déciller Alain Finkielkraut, il faut bien se rendre à l’évidence : recevoir Éric Zemmour et Alain Duhamel, c’est incontestablement organiser l’habituel débat du même (que d’habitude) avec le même (que d’habitude). Si, dans les derniers jours, on a pu voir et entendre des choses inhabituelles, il en est une qui visiblement ne change pas : la réalité ne pénètre pas le studio où Alain Finkielkraut papote.

Martin Coutellier

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 07:06

17 janvier 1975-17 janvier 2015, la loi sur l’avortement a 40 ans

MANIFESTATION NATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES

En avant toutes ! Nous devons continuer le combat !

samedi 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille
jeudi 11 décembre 2014

 

 


Le droit à l’avortement, des années de combat :

Depuis 1920 : les femmes ont l’interdiction de disposer de leur corps. Leur vie sexuelle se réduit au droit à la reproduction.
1971 : publication du Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté.
1972 : procès de Bobigny.
1973 : publication du Manifeste des 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement et création du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Celui-ci se livre à une pratique illégale de l’avortement par la méthode par aspiration.

Le 17 janvier 1975 : promulgation de la loi sur l’avortement (précédée d’une loi autorisant la contraception). Elle est adoptée pour 5 ans à l’essai.
6 octobre 1979 : Nous sommes 50 000 dans la rue pour confirmer définitivement la loi.
1982 : obtention du remboursement de l’IVG après de nouvelles mobilisations.
Durant les années 90 : actions de commandos contre les CIVG.
27 janvier 1993 : obtention par la CADAC du délit d’entrave à l’IVG.
Loi du 4 juillet 2001 : l’ANCIC*, la CADAC* et le MFPF* obtiennent la loi qui reconnaît comme droit unique, le droit à la contraception et à l’avortement. Enfin l’IVG sort du Code pénal !

Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
Le droit à l’avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarité internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.
En France, de nos jours, la loi Bachelot sur l’hôpital dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » entraîne, entre autres, la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG.
Ces fermetures compliquent l’accès à l’avortement et tendent à le réduire gravement.

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.
Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail !

Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes.

Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive, réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.
Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande.
A contrario, il reste inflexible sur nos revendications.

C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
le maintien et le développement des services publics
un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
des moyens pérennes pour les associations
la PMA pour toutes les femmes
le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité
En 1975 on s’est battues,on a obtenu des nouveaux droits !
En 2015,il est grand temps de reprendre la rue !


* CADAC : Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception
* ANCIC : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception
* MFPF : Mouvement Français pour le Planning Familial

Premiers signataires : CNDF, ACTIT, ANCIC, Association Bi’Cause, Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes, Atalante Vidéos Féministes, ATTAC, CADAC, CGT, CNT, Collectif 8 mars pour Toutes, Collectif 13 pour les Droits des Femmes, Collectif 20è/Tenon, Collectif Droits des Femmes 80, Collectif féministe contre le Viol, Coordination Lesbienne en France, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Conseil démocratique kurde de France, Éditions iXe, EELV, les éfFRONTé-e-s, L’égalité c’est pas sorcier, "Encore Féministes !", Ensemble !, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Fédération Sud-Santé Sociaux, Femen, Féminisme Enjeux -Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une autre Europe, Femmes égalité, Femmes en lutte Bagnolet, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires,FièrEs, Fondation Copernic, FSU, Inter LGBT, Jeunes de l’Union Démocratique Bretonne, Lesbiennes of Color,Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, MAG Jeunes LGBT, Maison des Femmes de Montreuil, Marches Mondiales des Femmes,Mouvement du Christianisme social, MJCF, NPA, Parti de Gauche, PCF, Planning Familial, Rajfire, Regards de Femmes, Si les femmes comptaient, Snuep-FSU, Snuep Fsu Paris, SNUipp-FSU 13, SYRIZA Paris / FRANCE, Union des Femmes Socialistes (SKB), Union Syndicale Solidaires. Avec le soutien de SOS Homophobie.
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Cher-e-s ami-e-s,

Les sujets de mobilisation ne manquent pas ce samedi 17 janvier... 
La Fondation Copernic soutient et vous invite à participer à Paris à la manifestation nationale pour les droits des femmes, le 17 janvier 2015, marquant les 40 ans de la loi sur l'avortement. Départ à 14h30 à Bastille.
Par ailleurs, la Fondation Copernic soutient et participe à la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et développement des Services publics, qui tient son assemblée générale ce samedi de 10h à 17 h, à La Souterraine (Creuse).

Bien amicalement
L'équipe de la Fondation Copernic

 
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17 janvier 1975-17 janvier 2015, la loi sur l’avortement a 40 ans
MANIFESTATION NATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES

En avant toutes ! Nous devons continuer le combat !

samedi 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille
jeudi 11 décembre 2014



Le droit à l’avortement, des années de combat :

Depuis 1920 : les femmes ont l’interdiction de disposer de leur corps. Leur vie sexuelle se réduit au droit à la reproduction.
1971 : publication du Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté.
1972 : procès de Bobigny.
1973 : publication du Manifeste des 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement et création du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Celui-ci se livre à une pratique illégale de l’avortement par la méthode par aspiration.

Le 17 janvier 1975 : promulgation de la loi sur l’avortement (précédée d’une loi autorisant la contraception). Elle est adoptée pour 5 ans à l’essai.
6 octobre 1979 : Nous sommes 50 000 dans la rue pour confirmer définitivement la loi.
1982 : obtention du remboursement de l’IVG après de nouvelles mobilisations.
Durant les années 90 : actions de commandos contre les CIVG.
27 janvier 1993 : obtention par la CADAC du délit d’entrave à l’IVG.
Loi du 4 juillet 2001 : l’ANCIC*, la CADAC* et le MFPF* obtiennent la loi qui reconnaît comme droit unique, le droit à la contraception et à l’avortement. Enfin l’IVG sort du Code pénal !

Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
Le droit à l’avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarité internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.
En France, de nos jours, la loi Bachelot sur l’hôpital dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » entraîne, entre autres, la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG.
Ces fermetures compliquent l’accès à l’avortement et tendent à le réduire gravement.

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.
Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail !

Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes.

Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive, réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.
Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande.
A contrario, il reste inflexible sur nos revendications.

C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
le maintien et le développement des services publics
un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
des moyens pérennes pour les associations
la PMA pour toutes les femmes
le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité
En 1975 on s’est battues,on a obtenu des nouveaux droits !
En 2015,il est grand temps de reprendre la rue !


* CADAC : Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception
* ANCIC : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception
* MFPF : Mouvement Français pour le Planning Familial

Premiers signataires : CNDF, ACTIT, ANCIC, Association Bi’Cause, Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes, Atalante Vidéos Féministes, ATTAC, CADAC, CGT, CNT, Collectif 8 mars pour Toutes, Collectif 13 pour les Droits des Femmes, Collectif 20è/Tenon, Collectif Droits des Femmes 80, Collectif féministe contre le Viol, Coordination Lesbienne en France, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Conseil démocratique kurde de France, Éditions iXe, EELV, les éfFRONTé-e-s, L’égalité c’est pas sorcier, "Encore Féministes !", Ensemble !, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Fédération Sud-Santé Sociaux, Femen, Féminisme Enjeux -Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une autre Europe, Femmes égalité, Femmes en lutte Bagnolet, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires,FièrEs, Fondation Copernic, FSU, Inter LGBT, Jeunes de l’Union Démocratique Bretonne, Lesbiennes of Color,Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, MAG Jeunes LGBT, Maison des Femmes de Montreuil, Marches Mondiales des Femmes,Mouvement du Christianisme social, MJCF, NPA, Parti de Gauche, PCF, Planning Familial, Rajfire, Regards de Femmes, Si les femmes comptaient, Snuep-FSU, Snuep Fsu Paris, SNUipp-FSU 13, SYRIZA Paris / FRANCE, Union des Femmes Socialistes (SKB), Union Syndicale Solidaires. Avec le soutien de SOS Homophobie.
 
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 07:24

Une tribune contre l'union sacrée parue dans le monde. Certains camarades sont de la FSU.


La sidération, la tristesse, la colère face à l’attentat odieux contre Charlie Hebdo puis la tuerie ouvertement antisémite, nous les ressentons encore.

Voir des artistes abattus en raison de leur liberté d’expression, au nom d’une idéologie réactionnaire, nous a révulsés. Mais la nausée nous vient devant l’injonction à l’unanimisme et la récupération de ces horribles assassinats.


Nous partageons les sentiments de celles et ceux qui sont descendus dans la rue. Mais ces manifestations ont été confisquées par des pompiers pyromanes qui n’ont aucune vergogne à s’y refaire une santé sur le cadavre des victimes. Valls, Hollande, Sarkozy, Hortefeux, Copé, Merkel, Cameron, Juncker, Erdogan, Orban, Netanyahu, Liebermann, Bennett, Porochenko, les représentants de Poutine, Bongo… : quel défilé d’abjecte hypocrisie.

Cette mascarade indécente masque mal les bombes que les Occidentaux ont larguées sur l’Irak depuis une semaine sur décision de ce carré de tête ; les milliers de morts à Gaza où Avigdor Liebermann imaginait employer la bombe atomique quand Naftali Bennett se rengorgeait d’avoir tué beaucoup d’Arabes ; le million de victimes que le blocus en Irak a provoquées.

Ceux qu’on a vus manifester en tête de cortège à Paris ordonnent ailleurs de tels carnages.
« Tout le monde doit venir à la manifestation », a déclaré Valls en poussant ses hauts cris sur la « liberté » et la « tolérance ». Le même qui a interdit les manifestations contre les massacres en Palestine, fait asperger de gaz lacrymogènes les cheminots en grève et matraquer des lycéens solidaires de sans-papiers expulsés nous donne des leçons de liberté d’expression.

Celui qui déplorait à Evry ne voir pas assez de « Blancos » nous jure son amour de la tolérance. Le même qui fanfaronne de battre des records dans l’expulsion des Rroms se gargarise de « civilisation ».

En France la liberté d’expression serait sacrée, on y aurait le droit de blasphémer : blasphème à géométrie variable puisque l’« offense au drapeau et à l’hymne national » est punie de lourdes amendes et de peines de prison. Que le PS et l’UMP nous expliquent la compatibilité entre leur condamnation officielle du fondamentalisme et la vente d’armes à Ryad où les femmes n’ont aucun droit, où l’apostasie est punie de mort et où les immigrés subissent un sort proche de l’esclavage.


Nous ne participerons pas à l’union sacrée. On a déjà vu à quelle boucherie elle peut mener. En attendant, le chantage à l’unité nationale sert à désamorcer les colères sociales et la révolte contre les politiques conduites depuis des années.


Manuel Valls nous a asséné que « Nous sommes tous Charlie » et « Nous sommes tous des policiers ». D’abord, non, nous ne sommes pas Charlie. Car si nous sommes bouleversés par la mort de ses dessinateurs et journalistes, nous ne pouvons reprendre à notre compte l’obsession qui s’était enracinée dans le journal contre les musulmans toujours assimilés à des terroristes, des « cons » ou des assistés. On n’y voyait plus l’anticonformisme, sinon celui, conforme à la norme, qui stigmatise les plus stigmatisés.


Nous ne sommes pas des policiers. La mort de trois d’entre eux est un événement tragique. Mais elle ne nous fera pas entonner l’hymne à l’institution policière. Les contrôles au faciès, les rafles de sans-papiers, les humiliations quotidiennes, les tabassages parfois mortels dans les commissariats, les flash balls qui mutilent, les grenades offensives qui assassinent, nous l’interdisent à jamais. Et s’il faut mettre une bougie à sa fenêtre pour pleurer les victimes, nous en ferons briller aussi pour Eric, Loïc, Abou Bakari, Zied, Bouna, Wissam, Rémi, victimes d’une violence perpétrée en toute impunité.

Dans un système où les inégalités se creusent de manière vertigineuse, où des richesses éhontées côtoient la plus écrasante misère, sans que nous soyons encore capables massivement de nous en indigner, nous en allumerons aussi pour les six SDF morts en France la semaine de Noël.


Nous sommes solidaires de celles et ceux qui se sentent en danger, depuis que se multiplient les appels à la haine, les « Mort aux Arabes », les incendies de mosquées. Nous nous indignons des incantations faites aux musulmans de se démarquer ; demande-t-on aux chrétiens de se désolidariser des crimes d’Anders Breivik perpétrés au nom de l’Occident chrétien et blanc ?

Nous sommes aussi au côté de celles et ceux qui subissent le regain d’antisémitisme, dramatiquement exprimé par l’attaque de vendredi dernier.


Notre émotion face à l’horreur ne nous fera pas oublier combien les indignations sont sélectives.

Non, aucune union sacrée. Faisons en sorte, ensemble, que l’immense mobilisation se poursuive en toute indépendance de ces gouvernements entretenant des choix géopolitiques criminels en Afrique et au Moyen-Orient, et ici chômage, précarité, désespoir. Que cet élan collectif débouche sur une volonté subversive, contestataire, révoltée, inentamée, d’imaginer une autre société, comme Charlie l’a longtemps souhaité.

Ludivine Bantigny, historienne, Emmanuel Burdeau, critique de cinéma, François Cusset, historien et écrivain, Cédric Durand, économiste, Eric Hazan, éditeur, Razmig Keucheyan, sociologue, Thierry Labica, historien, Marwan Mohammed, sociologue, Olivier Neveux, historien de l’art, Willy Pelletier, sociologue, Eugenio Renzi, critique de cinéma, Guillaume Sibertin-Blanc, philosophe, Julien Théry, historien, Rémy Toulouse, éditeur, Enzo Traverso, historien

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 14:43

Le piège tendu aux Juifs de France

jeudi 15 janvier 2015 par le Bureau National de l’UJFP

Nous avons ces derniers jours vécu les mêmes bouleversements à répétition que tous nos concitoyens. Comme Juifs nous avons été profondément atteints par l’horrible attentat perpétré contre des Juifs parce que Juifs. Cela ne peut que faire résonner pour nous les pires heures de l’histoire du judaïsme français. Tout ce que nous croyons comme militants, citoyens, êtres humains, tout ce pour quoi nous luttons, la valeur de la vie, de l’égalité entre les hommes, le ta’ayush (le vivre ensemble), s’est vu bafoué ici dans la rédaction d’un journal, puis dans ce magasin cacher. Nous sommes convaincus que la liberté d’expression est une valeur fondamentale de toute société démocratique et qu’elle doit être défendue à tout prix contre la violence obscurantiste.

Nous sommes aussi conscients de la montée d’un antisémitisme redoutable en France. Mais nous voulons l’analyser et tenter d’en comprendre les causes, parce qu’il est porteur comme tous les racismes d’aveuglement, de haine et de sang.
Notre association dénonce depuis des années le piège tendu aux Juifs de France, et il nous semble important de le décrire à nouveau aujourd’hui au lendemain de cette attaque meurtrière.

Un piège tendu par plusieurs instances et à plusieurs niveaux articulés et coordonnés dans le temps. A partir des provocations de Sharon sur le parvis de la mosquée d’Al Aqsa qui ont déclenché la deuxième Intifada en 2000, le gouvernement israélien de l’époque a décidé que la France, où réside la première communauté juive d’Europe, était un outil nécessaire et incontournable de sa politique. Son exécutif sur place ? L’ambassade d’Israël, l’agence juive, et le CRIF, conseil dit représentatif des institutions juives de France. Il s’agit d’embrigader tous les Juifs de France dans un soutien inconditionnel à tous les actes du gouvernement israélien, même les pires. Un CRIF qui va imposer une vision uniforme, d’une communauté juive totalement homogène soudée autour d’un sionisme sans faille et d’un soutien sans nuances aux actes du régime. Et ce travail va d’ailleurs se poursuivre très vite jusque dans le réseau des associations juives laïques, d’où l’UJFP sera assez vite éjectée. Hors du sionisme point de salut ! Imaginer une collectivité de près de 600 000 âmes parlant d’une seule voix, est aussi fou et stupide que de prêter cette unanimité à cinq ou six millions de musulmans, parmi lesquels il y a aussi de toute évidence, des religieux, laïcs ou non, plus ou moins pratiquants, des sionistes même, etc. Mais cela favorise une assimilation voulue, dans l’esprit de chacun : juif = soutien d’Israël et de sa politique quelle qu’elle soit. Et cette politique occupe, colonise, tue des arabes palestiniens tous les jours.

Les gouvernements successifs d’Israël n’ont quant à eux pas cessé depuis la même époque de s’adresser aux Juifs français en leur demandant de quitter une France pleine de musulmans antisémites et de faire leur « aliya » en Israël.

Enfin un aréopage d’intellectuels français, tenants du choc des civilisations, des Fourest, des Taguieff, des Tarnero, des Finkielkraut, mèneront à la fois le combat contre l’islam et celui pour le sionisme. Les gouvernements français successifs n’ont cessé, eux aussi, d’assimiler la légitime critique d’Israël et du sionisme à un racisme antisémite. Et la plupart des médias français ont repris la rengaine. On entendait même des journalistes après le massacre de Toulouse, parler d’Israël à des citoyens français juifs devant l’école visée, en leur disant « votre pays ». Souvenons-nous du fameux rapport Rufin qui demandait la pénalisation de l’antisionisme décrit comme une nouvelle forme d’antisémitisme.

Dans ce piège, beaucoup de Juifs se sont trouvés pris, qui avaient des liens affectifs, familiaux, d’identification avec Israël, et avec son histoire telle qu’elle leur était présentée par la mythologie sioniste, et sont petit à petit devenus des « représentants » potentiels du soldat israélien ou du colon israélien en France, renonçant progressivement à leur esprit critique, sous les effets déjà néfastes de confrontations de plus en plus problématiques. Ils ont aussi renoncé en même temps à leur capacité d’empathie pour l’autre, l’occupé, le destitué de tous ses droits, le massacré comme à Gaza cet été, pour ne plus voir que leur souci de préserver à tout prix ce « petit État fragile et jeune entouré d’ennemis » seul capable de les protéger de l’antisémitisme. Toute critique contre cet État est ainsi devenue un acte antisémite, tout rassemblement de solidarité avec la Palestine, un regroupement de fanatiques les menaçant personnellement et que les communautés locales poussées par le CRIF réussissaient à faire interdire, renforçant ainsi l’animosité contre eux. Le cercle vicieux ainsi amorcé n’a fait que se renforcer avec le temps, les attaques sur les territoires occupées ne faisant qu’augmenter tensions et replis.

La crise sociale s’est développée pendant ces années dans les quartiers populaires où se côtoient souvent dans les mêmes HLM ou les mêmes cités des Français (juifs, arabes et africains), dans des conditions similaires de difficultés sociales. Dans ces ghettos de pauvreté, le jeune français post colonial qui subit le délit de faciès, la discrimination à l’emploi, le refus de l’entrée des boites de nuit, parce que basané, s’identifie lui au dernier carré non décolonisé du monde arabe, et au Palestinien opprimé. Il porte parfois le keffieh symbole de la résistance. Et chaque fois qu’il veut exprimer sa solidarité, sa parole est interdite, assimilée à de l’antisémitisme. Sa volonté de participer au débat politique se voit niée, rejetée, rabaissée à une expression raciste. C’est lui le raciste, en plus de subir comme noir ou arabe le racisme et l’exclusion sociale. Petit à petit se développe chez lui un ressentiment contre cette communauté (qui soit dit en passant se voit reconnue comme communauté, le terme de communautarisme étant réservé aux autres) dont le gouvernement affirme qu’il la protège contre lui et ses semblables.

Le porteur de kippa n’arbore-t-il pas aussi souvent l’insigne des parachutistes israéliens ? Lui peut aller manifester tranquillement pour soutenir l’armée israélienne et ses massacres à Gaza, voire même y participer, la presse nationale, le gouvernement français, tiennent le même discours que lui sur l’opération « bordure de protection. » Il est du côté du manche. Il est blanc il est occidental, il a le droit du plus fort pour lui. Les groupes violents comme la Ligue de Défense Juive peuvent insulter la Palestine, les arabes, frapper, casser, rien, aucune sanction, la police regarde et se tait, comme cet été rue de la Roquette, des vidéos prises sur place faisant foi. Le jeune arabe, lui, n’a pas le droit de manifester pour Gaza - interdictions ministérielles pendant la même période. Comment ne pas penser à ce jeune homme qui a été arrêté (avec d’autres sur délit de faciès pur) en marge d’une manifestation de cet été, en rentrant tranquillement chez lui, parce qu’il portait un keffieh : frappé, passé en comparution immédiate, la journaliste de Libération qui assistait à l’audience où le garçon pleurait devant une juge partiale et inflexible, refusant d’entendre quoi que ce soit, en a fait un article scandalisé. Il a pris trois mois de prison ferme, et est encore aujourd’hui assigné à résidence dans sa banlieue avec bracelet électronique.

Cette justice à deux vitesses, cette stigmatisation des uns au bénéfice douteux des autres, ce discours officiel qui fait du monde arabe l’axe du mal terroriste, arriéré barbare, et d’Israël un modèle de démocratie, des jeunes arabes et africains des dangers potentiels pour la société et des Juifs une catégorie intégrée dans un Occident tout récemment devenu judéo-chrétien et à protéger, font le lit de la colère. L’impuissance à dépasser une condition misérable a envoyé des centaines de jeunes de tous horizons (même des Juifs paraît-il) dans les bras de Daesh et de Al Qaïda. Et le piège se referme. Les Juifs, corps devenu homogène, paieront pour toutes ces injustices, les humiliations, tous ces musellements de parole, toute cette arrogance affichée sous la protection de tous les gouvernements français : ne touchez pas à nos Juifs, vous, les étrangers à vie, les barbares inintégrables à notre république. Si l’on ne peut atteindre Israël on atteindra ses supporters juifs. L’abcès de fixation que constitue la question palestinienne non résolue, prise elle aussi dans le remodelage d’un nouveau monde profondément injuste, et que les puissants refusent de régler, participe de l’émergence d’un terrorisme redoutable parce que désespéré et suicidaire.

Un mécanisme redoutable d’assignations identitaires s’est mis en place dans le cadre des nouvelles divisions du monde depuis 1989 et « la chute du mur », et les Juifs d’Europe et de France en particulier ont servi de pions dans le nouveau dispositif.

C’est avec une très grande tristesse que nous disons aux nôtres, nous sommes français, nous pouvons vivre heureux chez nous en France, comme le disait le dicton transformé par Elie Barnavi, « heureux comme un juif en France », avec nos compatriotes de toutes origines aujourd’hui, l’importation du conflit c’est par votre biais en vous utilisant et vous manipulant qu’elle s’est faite, au service d’une cause bien injuste. Le terrorisme montant de Daesh et de Al Qaïda contre lequel nous devrons tous nous battre parce qu’il est meurtrier suicidaire et sans issue, passera par des luttes communes, contre tous les racismes, toutes les exclusions, la restitution de la diversité des opinions de tous, musulmans, arabes et juifs, dans l’échange et le dialogue. La liberté d’expression n’est pas réservée à une seule vision du monde.

Bureau national de l’UJFP le 15-01-2015

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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