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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 18:17

Pendant ce temps-là, chez Alain Finkielkraut…

par Martin Coutellier , le 17 janvier 2015

Recevant Éric Zemmour et Alain Duhamel dans son émission sur France Culture, Alain Finkielkraut a voulu répondre d’emblée aux critiques formulées après l’annonce de ce casting. Comme souvent, ses arguments révèlent une vision très particulière de la réalité.

L’émission « Répliques », du 10 janvier 2015 s’est ouverte sur ces mots de l’animateur-producteur Alain Finkielkraut :

La France n’est pas seulement le pays de Voltaire, c’est aussi celui de Robespierre. Et ses intellectuels ont une propension funeste à considérer la politique comme la guerre de l’humanité avec ses ennemis. Après une brève accalmie de disputes civilisées dans les dernières décennies du 20ème siècle, l’antiracisme idéologique a pris le relais du communisme, et depuis le début du nouveau siècle les listes noires se sont mises à refleurir dans les journaux. Éric Zemmour a le privilège de figurer sur toutes. Depuis la parution du Suicide français, il est même le most wanted, le plus rance, le plus nauséabond des réactionnaires, voire des néofascistes.

S’en est suivi la lecture d’un courrier adressé au médiateur de France Culture, se plaignant de l’invitation d’Éric Zemmour dans une émission « déjà scandaleusement raciste », et annonçant le lancement d’une pétition réclamant la démission d’Alain Finkielkraut, qui reprenait ensuite : « Par démission, sans doute ces auditeurs entendaient-ils renvoi, car évidemment, je n’ai nulle intention de me faire mon propre épurateur, ni de me résigner à ce que sur les sujets dits "chauds ", comme la question palestinienne ou l’identité de la France, les débats que j’organise soient désormais les étreintes amoureuses du même avec le même. J’ai donc invité Éric Zemmour et Alain Duhamel. »

Par charité (et par lassitude), nous passerons sur la boursouflure du discours, sur la vacuité totale de l’idée d’une continuité entre communisme et « antiracisme idéologique », et sur l’argumentaire qui, faisant mine de répondre à une critique (ici la diffusion d’idées jugées racistes), dérive en fait sur une toute autre question (ici la possibilité d’organiser des débats où des avis différents se confrontent).

En revanche, difficile de ne pas réagir à l’idée que pour éviter les échanges « du même avec le même », Alain Finkielkraut a décidé d’inviter Éric Zemmour et Alain Duhamel. Certes, ces deux éditorialistes ne défendent pas des points de vue identiques, et ne sont pas « les mêmes ». Mais rappelons rapidement le degré d’omniprésence médiatique des deux invités, en nous limitant aux semaines qui ont précédé l’émission. Les comptages ne sont probablement pas exhaustifs.

Outre sa présence quotidienne sur RTL comme chroniqueur dans l’émission de Marc-Olivier Fogiel, et sa chronique hebdomadaire dans Libération, on a pu lire des interviews d’Alain Duhamel sur Atlantico (22/11/2014) et L’Opinion (18/12/14), le voir sur France 2 à deux reprises (« Ce soir ou jamais » le 08/11/2014 et « Un soir à la tour Eiffel » le 10/12/2014) et sur France 5 (« C’est à vous » le 05/01/2015). Éric Zemmour a quant à lui largement justifié l’appellation de most wanted, le plus recherché, mais plutôt au sens du caviar que de Jesse James : en plus de sa chronique bihebdomadaire sur RTL, et de son émission hebdomadaire sur Paris Première [1], il a également été invité, entre autres, sur RMC (« Les grandes gueules », 15/12/2014), RTL (« Le face à face », 12/12/2014), Canal Plus (« Le grand journal », 01/12/2014), LCI (« L’interview », 24/11/2014) et France 3 (« Soir 3 » le 14/11/2014).

Quitte à déciller Alain Finkielkraut, il faut bien se rendre à l’évidence : recevoir Éric Zemmour et Alain Duhamel, c’est incontestablement organiser l’habituel débat du même (que d’habitude) avec le même (que d’habitude). Si, dans les derniers jours, on a pu voir et entendre des choses inhabituelles, il en est une qui visiblement ne change pas : la réalité ne pénètre pas le studio où Alain Finkielkraut papote.

Martin Coutellier

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 06:06

17 janvier 1975-17 janvier 2015, la loi sur l’avortement a 40 ans

MANIFESTATION NATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES

En avant toutes ! Nous devons continuer le combat !

samedi 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille
jeudi 11 décembre 2014

 

 


Le droit à l’avortement, des années de combat :

Depuis 1920 : les femmes ont l’interdiction de disposer de leur corps. Leur vie sexuelle se réduit au droit à la reproduction.
1971 : publication du Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté.
1972 : procès de Bobigny.
1973 : publication du Manifeste des 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement et création du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Celui-ci se livre à une pratique illégale de l’avortement par la méthode par aspiration.

Le 17 janvier 1975 : promulgation de la loi sur l’avortement (précédée d’une loi autorisant la contraception). Elle est adoptée pour 5 ans à l’essai.
6 octobre 1979 : Nous sommes 50 000 dans la rue pour confirmer définitivement la loi.
1982 : obtention du remboursement de l’IVG après de nouvelles mobilisations.
Durant les années 90 : actions de commandos contre les CIVG.
27 janvier 1993 : obtention par la CADAC du délit d’entrave à l’IVG.
Loi du 4 juillet 2001 : l’ANCIC*, la CADAC* et le MFPF* obtiennent la loi qui reconnaît comme droit unique, le droit à la contraception et à l’avortement. Enfin l’IVG sort du Code pénal !

Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
Le droit à l’avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarité internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.
En France, de nos jours, la loi Bachelot sur l’hôpital dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » entraîne, entre autres, la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG.
Ces fermetures compliquent l’accès à l’avortement et tendent à le réduire gravement.

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.
Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail !

Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes.

Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive, réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.
Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande.
A contrario, il reste inflexible sur nos revendications.

C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
le maintien et le développement des services publics
un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
des moyens pérennes pour les associations
la PMA pour toutes les femmes
le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité
En 1975 on s’est battues,on a obtenu des nouveaux droits !
En 2015,il est grand temps de reprendre la rue !


* CADAC : Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception
* ANCIC : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception
* MFPF : Mouvement Français pour le Planning Familial

Premiers signataires : CNDF, ACTIT, ANCIC, Association Bi’Cause, Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes, Atalante Vidéos Féministes, ATTAC, CADAC, CGT, CNT, Collectif 8 mars pour Toutes, Collectif 13 pour les Droits des Femmes, Collectif 20è/Tenon, Collectif Droits des Femmes 80, Collectif féministe contre le Viol, Coordination Lesbienne en France, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Conseil démocratique kurde de France, Éditions iXe, EELV, les éfFRONTé-e-s, L’égalité c’est pas sorcier, "Encore Féministes !", Ensemble !, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Fédération Sud-Santé Sociaux, Femen, Féminisme Enjeux -Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une autre Europe, Femmes égalité, Femmes en lutte Bagnolet, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires,FièrEs, Fondation Copernic, FSU, Inter LGBT, Jeunes de l’Union Démocratique Bretonne, Lesbiennes of Color,Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, MAG Jeunes LGBT, Maison des Femmes de Montreuil, Marches Mondiales des Femmes,Mouvement du Christianisme social, MJCF, NPA, Parti de Gauche, PCF, Planning Familial, Rajfire, Regards de Femmes, Si les femmes comptaient, Snuep-FSU, Snuep Fsu Paris, SNUipp-FSU 13, SYRIZA Paris / FRANCE, Union des Femmes Socialistes (SKB), Union Syndicale Solidaires. Avec le soutien de SOS Homophobie.
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Cher-e-s ami-e-s,

Les sujets de mobilisation ne manquent pas ce samedi 17 janvier... 
La Fondation Copernic soutient et vous invite à participer à Paris à la manifestation nationale pour les droits des femmes, le 17 janvier 2015, marquant les 40 ans de la loi sur l'avortement. Départ à 14h30 à Bastille.
Par ailleurs, la Fondation Copernic soutient et participe à la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et développement des Services publics, qui tient son assemblée générale ce samedi de 10h à 17 h, à La Souterraine (Creuse).

Bien amicalement
L'équipe de la Fondation Copernic

 
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17 janvier 1975-17 janvier 2015, la loi sur l’avortement a 40 ans
MANIFESTATION NATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES

En avant toutes ! Nous devons continuer le combat !

samedi 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille
jeudi 11 décembre 2014



Le droit à l’avortement, des années de combat :

Depuis 1920 : les femmes ont l’interdiction de disposer de leur corps. Leur vie sexuelle se réduit au droit à la reproduction.
1971 : publication du Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté.
1972 : procès de Bobigny.
1973 : publication du Manifeste des 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement et création du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Celui-ci se livre à une pratique illégale de l’avortement par la méthode par aspiration.

Le 17 janvier 1975 : promulgation de la loi sur l’avortement (précédée d’une loi autorisant la contraception). Elle est adoptée pour 5 ans à l’essai.
6 octobre 1979 : Nous sommes 50 000 dans la rue pour confirmer définitivement la loi.
1982 : obtention du remboursement de l’IVG après de nouvelles mobilisations.
Durant les années 90 : actions de commandos contre les CIVG.
27 janvier 1993 : obtention par la CADAC du délit d’entrave à l’IVG.
Loi du 4 juillet 2001 : l’ANCIC*, la CADAC* et le MFPF* obtiennent la loi qui reconnaît comme droit unique, le droit à la contraception et à l’avortement. Enfin l’IVG sort du Code pénal !

Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
Le droit à l’avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarité internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.
En France, de nos jours, la loi Bachelot sur l’hôpital dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » entraîne, entre autres, la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG.
Ces fermetures compliquent l’accès à l’avortement et tendent à le réduire gravement.

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.
Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail !

Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes.

Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive, réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.
Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande.
A contrario, il reste inflexible sur nos revendications.

C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
le maintien et le développement des services publics
un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
des moyens pérennes pour les associations
la PMA pour toutes les femmes
le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité
En 1975 on s’est battues,on a obtenu des nouveaux droits !
En 2015,il est grand temps de reprendre la rue !


* CADAC : Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception
* ANCIC : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception
* MFPF : Mouvement Français pour le Planning Familial

Premiers signataires : CNDF, ACTIT, ANCIC, Association Bi’Cause, Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes, Atalante Vidéos Féministes, ATTAC, CADAC, CGT, CNT, Collectif 8 mars pour Toutes, Collectif 13 pour les Droits des Femmes, Collectif 20è/Tenon, Collectif Droits des Femmes 80, Collectif féministe contre le Viol, Coordination Lesbienne en France, Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Conseil démocratique kurde de France, Éditions iXe, EELV, les éfFRONTé-e-s, L’égalité c’est pas sorcier, "Encore Féministes !", Ensemble !, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Fédération Sud-Santé Sociaux, Femen, Féminisme Enjeux -Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une autre Europe, Femmes égalité, Femmes en lutte Bagnolet, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires,FièrEs, Fondation Copernic, FSU, Inter LGBT, Jeunes de l’Union Démocratique Bretonne, Lesbiennes of Color,Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, MAG Jeunes LGBT, Maison des Femmes de Montreuil, Marches Mondiales des Femmes,Mouvement du Christianisme social, MJCF, NPA, Parti de Gauche, PCF, Planning Familial, Rajfire, Regards de Femmes, Si les femmes comptaient, Snuep-FSU, Snuep Fsu Paris, SNUipp-FSU 13, SYRIZA Paris / FRANCE, Union des Femmes Socialistes (SKB), Union Syndicale Solidaires. Avec le soutien de SOS Homophobie.
 
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 06:24

Une tribune contre l'union sacrée parue dans le monde. Certains camarades sont de la FSU.


La sidération, la tristesse, la colère face à l’attentat odieux contre Charlie Hebdo puis la tuerie ouvertement antisémite, nous les ressentons encore.

Voir des artistes abattus en raison de leur liberté d’expression, au nom d’une idéologie réactionnaire, nous a révulsés. Mais la nausée nous vient devant l’injonction à l’unanimisme et la récupération de ces horribles assassinats.


Nous partageons les sentiments de celles et ceux qui sont descendus dans la rue. Mais ces manifestations ont été confisquées par des pompiers pyromanes qui n’ont aucune vergogne à s’y refaire une santé sur le cadavre des victimes. Valls, Hollande, Sarkozy, Hortefeux, Copé, Merkel, Cameron, Juncker, Erdogan, Orban, Netanyahu, Liebermann, Bennett, Porochenko, les représentants de Poutine, Bongo… : quel défilé d’abjecte hypocrisie.

Cette mascarade indécente masque mal les bombes que les Occidentaux ont larguées sur l’Irak depuis une semaine sur décision de ce carré de tête ; les milliers de morts à Gaza où Avigdor Liebermann imaginait employer la bombe atomique quand Naftali Bennett se rengorgeait d’avoir tué beaucoup d’Arabes ; le million de victimes que le blocus en Irak a provoquées.

Ceux qu’on a vus manifester en tête de cortège à Paris ordonnent ailleurs de tels carnages.
« Tout le monde doit venir à la manifestation », a déclaré Valls en poussant ses hauts cris sur la « liberté » et la « tolérance ». Le même qui a interdit les manifestations contre les massacres en Palestine, fait asperger de gaz lacrymogènes les cheminots en grève et matraquer des lycéens solidaires de sans-papiers expulsés nous donne des leçons de liberté d’expression.

Celui qui déplorait à Evry ne voir pas assez de « Blancos » nous jure son amour de la tolérance. Le même qui fanfaronne de battre des records dans l’expulsion des Rroms se gargarise de « civilisation ».

En France la liberté d’expression serait sacrée, on y aurait le droit de blasphémer : blasphème à géométrie variable puisque l’« offense au drapeau et à l’hymne national » est punie de lourdes amendes et de peines de prison. Que le PS et l’UMP nous expliquent la compatibilité entre leur condamnation officielle du fondamentalisme et la vente d’armes à Ryad où les femmes n’ont aucun droit, où l’apostasie est punie de mort et où les immigrés subissent un sort proche de l’esclavage.


Nous ne participerons pas à l’union sacrée. On a déjà vu à quelle boucherie elle peut mener. En attendant, le chantage à l’unité nationale sert à désamorcer les colères sociales et la révolte contre les politiques conduites depuis des années.


Manuel Valls nous a asséné que « Nous sommes tous Charlie » et « Nous sommes tous des policiers ». D’abord, non, nous ne sommes pas Charlie. Car si nous sommes bouleversés par la mort de ses dessinateurs et journalistes, nous ne pouvons reprendre à notre compte l’obsession qui s’était enracinée dans le journal contre les musulmans toujours assimilés à des terroristes, des « cons » ou des assistés. On n’y voyait plus l’anticonformisme, sinon celui, conforme à la norme, qui stigmatise les plus stigmatisés.


Nous ne sommes pas des policiers. La mort de trois d’entre eux est un événement tragique. Mais elle ne nous fera pas entonner l’hymne à l’institution policière. Les contrôles au faciès, les rafles de sans-papiers, les humiliations quotidiennes, les tabassages parfois mortels dans les commissariats, les flash balls qui mutilent, les grenades offensives qui assassinent, nous l’interdisent à jamais. Et s’il faut mettre une bougie à sa fenêtre pour pleurer les victimes, nous en ferons briller aussi pour Eric, Loïc, Abou Bakari, Zied, Bouna, Wissam, Rémi, victimes d’une violence perpétrée en toute impunité.

Dans un système où les inégalités se creusent de manière vertigineuse, où des richesses éhontées côtoient la plus écrasante misère, sans que nous soyons encore capables massivement de nous en indigner, nous en allumerons aussi pour les six SDF morts en France la semaine de Noël.


Nous sommes solidaires de celles et ceux qui se sentent en danger, depuis que se multiplient les appels à la haine, les « Mort aux Arabes », les incendies de mosquées. Nous nous indignons des incantations faites aux musulmans de se démarquer ; demande-t-on aux chrétiens de se désolidariser des crimes d’Anders Breivik perpétrés au nom de l’Occident chrétien et blanc ?

Nous sommes aussi au côté de celles et ceux qui subissent le regain d’antisémitisme, dramatiquement exprimé par l’attaque de vendredi dernier.


Notre émotion face à l’horreur ne nous fera pas oublier combien les indignations sont sélectives.

Non, aucune union sacrée. Faisons en sorte, ensemble, que l’immense mobilisation se poursuive en toute indépendance de ces gouvernements entretenant des choix géopolitiques criminels en Afrique et au Moyen-Orient, et ici chômage, précarité, désespoir. Que cet élan collectif débouche sur une volonté subversive, contestataire, révoltée, inentamée, d’imaginer une autre société, comme Charlie l’a longtemps souhaité.

Ludivine Bantigny, historienne, Emmanuel Burdeau, critique de cinéma, François Cusset, historien et écrivain, Cédric Durand, économiste, Eric Hazan, éditeur, Razmig Keucheyan, sociologue, Thierry Labica, historien, Marwan Mohammed, sociologue, Olivier Neveux, historien de l’art, Willy Pelletier, sociologue, Eugenio Renzi, critique de cinéma, Guillaume Sibertin-Blanc, philosophe, Julien Théry, historien, Rémy Toulouse, éditeur, Enzo Traverso, historien

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 13:43

Le piège tendu aux Juifs de France

jeudi 15 janvier 2015 par le Bureau National de l’UJFP

Nous avons ces derniers jours vécu les mêmes bouleversements à répétition que tous nos concitoyens. Comme Juifs nous avons été profondément atteints par l’horrible attentat perpétré contre des Juifs parce que Juifs. Cela ne peut que faire résonner pour nous les pires heures de l’histoire du judaïsme français. Tout ce que nous croyons comme militants, citoyens, êtres humains, tout ce pour quoi nous luttons, la valeur de la vie, de l’égalité entre les hommes, le ta’ayush (le vivre ensemble), s’est vu bafoué ici dans la rédaction d’un journal, puis dans ce magasin cacher. Nous sommes convaincus que la liberté d’expression est une valeur fondamentale de toute société démocratique et qu’elle doit être défendue à tout prix contre la violence obscurantiste.

Nous sommes aussi conscients de la montée d’un antisémitisme redoutable en France. Mais nous voulons l’analyser et tenter d’en comprendre les causes, parce qu’il est porteur comme tous les racismes d’aveuglement, de haine et de sang.
Notre association dénonce depuis des années le piège tendu aux Juifs de France, et il nous semble important de le décrire à nouveau aujourd’hui au lendemain de cette attaque meurtrière.

Un piège tendu par plusieurs instances et à plusieurs niveaux articulés et coordonnés dans le temps. A partir des provocations de Sharon sur le parvis de la mosquée d’Al Aqsa qui ont déclenché la deuxième Intifada en 2000, le gouvernement israélien de l’époque a décidé que la France, où réside la première communauté juive d’Europe, était un outil nécessaire et incontournable de sa politique. Son exécutif sur place ? L’ambassade d’Israël, l’agence juive, et le CRIF, conseil dit représentatif des institutions juives de France. Il s’agit d’embrigader tous les Juifs de France dans un soutien inconditionnel à tous les actes du gouvernement israélien, même les pires. Un CRIF qui va imposer une vision uniforme, d’une communauté juive totalement homogène soudée autour d’un sionisme sans faille et d’un soutien sans nuances aux actes du régime. Et ce travail va d’ailleurs se poursuivre très vite jusque dans le réseau des associations juives laïques, d’où l’UJFP sera assez vite éjectée. Hors du sionisme point de salut ! Imaginer une collectivité de près de 600 000 âmes parlant d’une seule voix, est aussi fou et stupide que de prêter cette unanimité à cinq ou six millions de musulmans, parmi lesquels il y a aussi de toute évidence, des religieux, laïcs ou non, plus ou moins pratiquants, des sionistes même, etc. Mais cela favorise une assimilation voulue, dans l’esprit de chacun : juif = soutien d’Israël et de sa politique quelle qu’elle soit. Et cette politique occupe, colonise, tue des arabes palestiniens tous les jours.

Les gouvernements successifs d’Israël n’ont quant à eux pas cessé depuis la même époque de s’adresser aux Juifs français en leur demandant de quitter une France pleine de musulmans antisémites et de faire leur « aliya » en Israël.

Enfin un aréopage d’intellectuels français, tenants du choc des civilisations, des Fourest, des Taguieff, des Tarnero, des Finkielkraut, mèneront à la fois le combat contre l’islam et celui pour le sionisme. Les gouvernements français successifs n’ont cessé, eux aussi, d’assimiler la légitime critique d’Israël et du sionisme à un racisme antisémite. Et la plupart des médias français ont repris la rengaine. On entendait même des journalistes après le massacre de Toulouse, parler d’Israël à des citoyens français juifs devant l’école visée, en leur disant « votre pays ». Souvenons-nous du fameux rapport Rufin qui demandait la pénalisation de l’antisionisme décrit comme une nouvelle forme d’antisémitisme.

Dans ce piège, beaucoup de Juifs se sont trouvés pris, qui avaient des liens affectifs, familiaux, d’identification avec Israël, et avec son histoire telle qu’elle leur était présentée par la mythologie sioniste, et sont petit à petit devenus des « représentants » potentiels du soldat israélien ou du colon israélien en France, renonçant progressivement à leur esprit critique, sous les effets déjà néfastes de confrontations de plus en plus problématiques. Ils ont aussi renoncé en même temps à leur capacité d’empathie pour l’autre, l’occupé, le destitué de tous ses droits, le massacré comme à Gaza cet été, pour ne plus voir que leur souci de préserver à tout prix ce « petit État fragile et jeune entouré d’ennemis » seul capable de les protéger de l’antisémitisme. Toute critique contre cet État est ainsi devenue un acte antisémite, tout rassemblement de solidarité avec la Palestine, un regroupement de fanatiques les menaçant personnellement et que les communautés locales poussées par le CRIF réussissaient à faire interdire, renforçant ainsi l’animosité contre eux. Le cercle vicieux ainsi amorcé n’a fait que se renforcer avec le temps, les attaques sur les territoires occupées ne faisant qu’augmenter tensions et replis.

La crise sociale s’est développée pendant ces années dans les quartiers populaires où se côtoient souvent dans les mêmes HLM ou les mêmes cités des Français (juifs, arabes et africains), dans des conditions similaires de difficultés sociales. Dans ces ghettos de pauvreté, le jeune français post colonial qui subit le délit de faciès, la discrimination à l’emploi, le refus de l’entrée des boites de nuit, parce que basané, s’identifie lui au dernier carré non décolonisé du monde arabe, et au Palestinien opprimé. Il porte parfois le keffieh symbole de la résistance. Et chaque fois qu’il veut exprimer sa solidarité, sa parole est interdite, assimilée à de l’antisémitisme. Sa volonté de participer au débat politique se voit niée, rejetée, rabaissée à une expression raciste. C’est lui le raciste, en plus de subir comme noir ou arabe le racisme et l’exclusion sociale. Petit à petit se développe chez lui un ressentiment contre cette communauté (qui soit dit en passant se voit reconnue comme communauté, le terme de communautarisme étant réservé aux autres) dont le gouvernement affirme qu’il la protège contre lui et ses semblables.

Le porteur de kippa n’arbore-t-il pas aussi souvent l’insigne des parachutistes israéliens ? Lui peut aller manifester tranquillement pour soutenir l’armée israélienne et ses massacres à Gaza, voire même y participer, la presse nationale, le gouvernement français, tiennent le même discours que lui sur l’opération « bordure de protection. » Il est du côté du manche. Il est blanc il est occidental, il a le droit du plus fort pour lui. Les groupes violents comme la Ligue de Défense Juive peuvent insulter la Palestine, les arabes, frapper, casser, rien, aucune sanction, la police regarde et se tait, comme cet été rue de la Roquette, des vidéos prises sur place faisant foi. Le jeune arabe, lui, n’a pas le droit de manifester pour Gaza - interdictions ministérielles pendant la même période. Comment ne pas penser à ce jeune homme qui a été arrêté (avec d’autres sur délit de faciès pur) en marge d’une manifestation de cet été, en rentrant tranquillement chez lui, parce qu’il portait un keffieh : frappé, passé en comparution immédiate, la journaliste de Libération qui assistait à l’audience où le garçon pleurait devant une juge partiale et inflexible, refusant d’entendre quoi que ce soit, en a fait un article scandalisé. Il a pris trois mois de prison ferme, et est encore aujourd’hui assigné à résidence dans sa banlieue avec bracelet électronique.

Cette justice à deux vitesses, cette stigmatisation des uns au bénéfice douteux des autres, ce discours officiel qui fait du monde arabe l’axe du mal terroriste, arriéré barbare, et d’Israël un modèle de démocratie, des jeunes arabes et africains des dangers potentiels pour la société et des Juifs une catégorie intégrée dans un Occident tout récemment devenu judéo-chrétien et à protéger, font le lit de la colère. L’impuissance à dépasser une condition misérable a envoyé des centaines de jeunes de tous horizons (même des Juifs paraît-il) dans les bras de Daesh et de Al Qaïda. Et le piège se referme. Les Juifs, corps devenu homogène, paieront pour toutes ces injustices, les humiliations, tous ces musellements de parole, toute cette arrogance affichée sous la protection de tous les gouvernements français : ne touchez pas à nos Juifs, vous, les étrangers à vie, les barbares inintégrables à notre république. Si l’on ne peut atteindre Israël on atteindra ses supporters juifs. L’abcès de fixation que constitue la question palestinienne non résolue, prise elle aussi dans le remodelage d’un nouveau monde profondément injuste, et que les puissants refusent de régler, participe de l’émergence d’un terrorisme redoutable parce que désespéré et suicidaire.

Un mécanisme redoutable d’assignations identitaires s’est mis en place dans le cadre des nouvelles divisions du monde depuis 1989 et « la chute du mur », et les Juifs d’Europe et de France en particulier ont servi de pions dans le nouveau dispositif.

C’est avec une très grande tristesse que nous disons aux nôtres, nous sommes français, nous pouvons vivre heureux chez nous en France, comme le disait le dicton transformé par Elie Barnavi, « heureux comme un juif en France », avec nos compatriotes de toutes origines aujourd’hui, l’importation du conflit c’est par votre biais en vous utilisant et vous manipulant qu’elle s’est faite, au service d’une cause bien injuste. Le terrorisme montant de Daesh et de Al Qaïda contre lequel nous devrons tous nous battre parce qu’il est meurtrier suicidaire et sans issue, passera par des luttes communes, contre tous les racismes, toutes les exclusions, la restitution de la diversité des opinions de tous, musulmans, arabes et juifs, dans l’échange et le dialogue. La liberté d’expression n’est pas réservée à une seule vision du monde.

Bureau national de l’UJFP le 15-01-2015

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 08:01

Pierre Laurent : « Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés »

JULIA HAMLAOUI

MARDI, 13 JANVIER, 2015

L'HUMANITÉ

« Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés » Le PCF a décidé de faire de ses traditionnels voeux une soirée d’hommage à Charlie Hebdo et à son esprit avec les familles de certains de ses caricaturistes. Pierre Laurent devait y prononcer un discours invitant à « rester Charlie » en refusant l’union sacrée comme la guerre.

L’émotion de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, hier, à paris, lors de ses vœux.

Photo Patrick Nussbaum

Place du Colonel-Fabien, à Paris, l’heure était encore au recueillement hier soir. Au siège du PCF, les traditionnels voeux de début d’année devaient ainsi se transformer en « une soirée placée sous le signe de la paix et de la fraternité », en un moment d’hommage aux victimes des attentats. Parmi eux, certains étaient des amis, des compagnons de route de longue date. C’est en présence des familles de Charb, Wolinski et Tignous mais aussi de membres de l’équipe de Charlie Hebdo comme Patrick Pelloux, que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, devait prononcer son discours.

« Ce soir, nous les communistes, nous pleurons des amis proches, des camarades de combat, qui donnaient souvent par leurs dessins bien plus de force que n’en sont capables nos discours », devait-il saluer alors que les murs du conseil national du PCF avaient été couverts des toiles que Charb, Tignous, Coco avaient réalisées en direct au stand national des communistes de la Fête de l’Humanité 2013 avec Lardon, Louison, Lulu Inthesky et Duchemin. Et le dirigeant communiste de se remémorer l’un ou l’autre de ces souvenirs : « Je n’oublierai aucune de nos rencontres, Charb, mon camarade. Surtout pas celle, traditionnelle, de la Fête de l’Humanité, où tu voulais toujours qu’on fasse une photo, toi le poing levé, à côté du chef du parti, ton “patron” me charriais-tu, histoire que personne n’oublie où était ton coeur de combat », devait-il raconter.

« Et maintenant ? Si nous sommes Charlie, il faut que nous poursuivions l’esprit de Charlie Hebdo », prévenait l’invitation à cette soirée qui mêlait hommage et voeux d’avenir commun. Recueillement donc. Mais aussi détermination. Détermination à « nourrir l’émotion de la réflexion ». « Ce n’est pas Charlie qui sentait le soufre, c’est notre monde. Ne regardons pas ce qui s’est passé comme un événement isolé », a invité Pierre Laurent, citant quelques-uns des événements des « quinze derniers jours » : « un grillage qui cerne un banc public », les « bateaux de migrants » laissés à l’abandon, « le refus d’inhumer un bébé rom », la « médiatisation à outrance du livre de Houellebecq »… Autant d’éléments de ce « climat nauséabond » duquel il faudrait se « désintoxiquer » en conjuguant dans « la République la liberté avec plus de fraternité et de justice sociale ». « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens” » Au lendemain de « l’extraordinaire riposte du peuple français » avec les marches de ce week-end, il s’agit pour le sénateur de Paris de « conforter cet élan, car l’attaque contre les libertés va reprendre très vite ».

C’est cet élan populaire, entre « hommage », « attachement à la liberté de la presse » et « volonté de vivre ensemble », que le dirigeant communiste a tenu à saluer car cette mobilisation « n’allait pas de soi » dans un contexte où « les déclarations racistes de responsables politiques se banalisent ». Loin des tentatives « d’instrumentalisation déjà à l’oeuvre », le message de Pierre Laurent devait être clair : « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens”, une affirmation populaire commune pour les libertés, contre la haine, la violence, les racismes et les discriminations, et non “une union sacrée des partis”, qui n’existe d’ailleurs pas. Entre citoyens comme entre partis, nous voulons le libre débat démocratique, républicain. Ni l’union sacrée, ni la guerre. »

D’ailleurs, « l’attitude déshonorante qui a été celle du Front national » devait être fustigée par le secrétaire national du PCF. À l’heure où l’ancien président UMP Nicolas Sarkozy entonne le refrain de la « guerre de civilisations » et où le premier ministre actuel, Manuel Valls, évoque de plateau télé en studio de radio un « ennemi de l’intérieur », c’est à « rester Charlie » aujourd’hui et demain qu’a invité Pierre Laurent. Et « rester Charlie », devait détailler le sénateur PCF, c’est refuser « un Patriot Act dans lequel la République perdrait son âme », c’est apporter « les moyens (à la presse) de résister à cette dictature financière qui a démoli en quelques décennies nombre de titres de la presse française », c’est « défendre (la culture) contre les politiques d’austérité et contre le Medef » et « des services publics qui font eux aussi le ciment de notre République », « c’est accueillir les étrangers menacés dans leurs pays en accordant le droit d’asile »…

Alors que la marche de Paris a également réuni des « chefs d’État dont la responsabilité dans l’engrenage des guerres et du choc des civilisations est évidente », et tandis que le débat à l’Assemblée nationale doit s’ouvrir aujourd’hui sur la poursuite de l’intervention française en Irak, la question revêt également une dimension internationale pour Pierre Laurent. « Oui, nous devons stopper la menace. Ici en France, en Europe, et au Proche-Orient. Il faut aussi pour cela que la France change de politique extérieure – car en s’arrimant à l’Otan et aux États- Unis, en tergiversant devant les intérêts de puissances régionales comme le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et Israël, la France s’interdit de jouer le rôle qui devrait être le sien comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il déclaré.

Un rôle qui commencerait par « reconnaître sans plus tarder l’État palestinien » ou encore, à propos de l’Irak, à contribuer à préparer « une conférence régionale sous l’égide de l’ONU ». Choisir le chemin de la paix ou de la guerre. L’enjeu est à cette hauteur. « Dire que la France est confrontée à une guerre est extrêmement dangereux. C’est volontairement s’enfermer dans le piège tendu par les intégristes, a estimé Pierre Laurent. Eux veulent l’affrontement, nous voulons une société de liberté, de progrès, de paix. »

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 15:49
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 15:09

Intervention à Strasbourg de Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, directeur de l'Humanité :

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre

Nous saluons le puissant élan de solidarité des peuples européens et du monde entier avec le peuple français en deuil mais debout et déterminé face aux exécutions dont ont été victimes des journalistes, beaucoup de mes amis personnels, des policiers et des citoyens de confession juive.

Hier dans chaque ville et chaque village, le peuple de France uni s’est rassemblé pour dresser un front, un barrage solide contre le fondamentalisme intégriste, contre la barbarie. Et il l’a fait en ayant à l’esprit, conscient, qu’ailleurs dans le monde, de Bagdad à Kaboul, d’Alep à Kobane, la même terreur inonde de sang les rues. Celles et ceux qui ont été assassinés l’ont été pour ce qu’ils représentaient, certains la religion juive, les policiers le service public de la République française et nos amis journalistes parce qu’ils représentaient l’esprit libre et frondeur, le refus de l’esprit de caserne.

Par fidélité aux idéaux de ces amis exécutés, il nous faudra éviter tout récupération politicienne et réfléchir à travailler plus aux moyens d’éviter cela, aux moyens efficaces d’éradiquer le terrorisme. A l’évidence, l’esprit de guerre ne le permet pas.

Quel est le bilan de quinze années de guerre contre le terrorisme ? Il faut s’y prendre autrement et porter un plan de co-développement, de dialogue avec les peuples du Proche et du Moyen-Orient. Le refus de faire droit au mouvement national palestinien depuis si longtemps n’a fait que jeter du sel sur les plaies de l’humiliation.

Le débat va certainement naître aussi entre la dialectique de liberté et celle sur la sécurité. On ne peut sacrifier la liberté sur l’autel de la sécurité. Les deux doivent vivre et progresser de paire.

Nous avons la responsabilité de jeter de nouveaux ponts avec la Méditerranée pour un nouveau type de dialogue et de coopération tout en asséchant le financement des réseaux terroristes.

Enfin, on ne peut laisser comme c’est le cas aujourd’hui tant de quartiers à l’abandon, d’enfants, d’adolescents en souffrance, de jeunes sans avenir, voilà pourquoi il faut sortir des choix d’austérité pour donner des moyens financiers à l’école, à la culture, au sport, à la formation, à la petite enfance, à l’emploi, l’aide aux villes. Ceci doit nous faire réfléchir.

En même temps, il faut absolument sortir des amalgames, des discours de division et de haine qui se répandent depuis des mois.

Au contraire, c’est l’esprit de l’unité populaire qui doit primer, l’esprit du débat, le rejet de l’exclusion pour faire société commune, Europe commune.

La France hier a dit son esprit de fraternité, du vivre ensemble contre la barbarie.

Soyons en dignes !

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 09:35

Bennett, ministre israélien : "J'ai tué beaucoup d'Arabes, aucun problème avec ça"

Dernière modification : 30/07/2013

Le ministre israélien de l'Économie, Naftali Bennett, a préconisé de tuer tous les "terroristes" attrapés par les autorités plutôt que de les mettre en prison. "J'ai tué beaucoup d'Arabes, aucun problème avec ça", a renchéri le chef de "Foyer juif".

Les propos choquent. Alors que Palestiniens et Israéliens viennent de s’asseoir à la table des négociations, le chef du parti pro-colonisation "Foyer Juif", parti de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahou, s’est illustré, lundi 29 juillet, en affirmant qu’il n’y avait "aucun problème" à tuer "beaucoup d’Arabes".

L’échange entre Naftali Bennett, qui est également ministre de l’Économie, et un conseiller sur la sécurité nationale, Ya’akov Amidror, a été révélé par le grand quotidien israélien Yedioth Ahronoth, qui précise que les deux hommes étaient en train de discuter de la libération de prisonniers palestiniens.

Dans son édition papier en langue hébreu, le quotidien centriste retranscrit la conversation ainsi :
"Bennett : "Quand t’attrapes des terroristes, tu dois simplement les tuer"
Amidror : "Écoute, c’est pas légal"
Bennett : "J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie – et il n’y a aucun problème avec ça""

Selon la porte-parole de Naftali Bennett, il s’agissait de proposer une politique sécuritaire plus efficace consistant à "éliminer les terroristes" plutôt que les garder en prison pour ensuite les relâcher. Selon elle, les Arabes évoqués par le chef de "Foyer juif" ont été abattus dans le cadre de son service dans l’armée.

Peu de chance cependant que ces précisions déjouent les accusations de racisme. Le ministre israélien, bien connu pour son opposition à un État palestinien, est resté silencieux sur d'autres formes de terrorisme, comme les actions "price tag" ("le prix à payer") menées par des extrémistes juifs contre les habitants de Cisjordanie.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 09:08
  • DÉFERLANTE RACISTE ET ISLAMOPHOBE DANS TOUTE LA FRANCE (MISE À JOUR 12 JANVIER,...

Déferlante raciste et islamophobe dans toute la France (mise à jour 12 janvier, 17h)

Publié le 9 janvier 2015 | Maj le 12 janvier

islamophobie

Dernière mise à jour dimanche 12 janvier, 10h (voir en fin d'article)

À l’heure où l’union nationale fait le plein chez les politicards, du Front de Gauche au Front National et où l’on peut sentir que le "cordon sanitaire républicain" se dissout bien dans la guerre aux musulmanEs (pardon, au terrorisme), il y en a bien quelques-uns qui ont compris que c’était le bon moment pour eux...

Ce bilan évolutif n’est malheureusement probablement pas exhaustif. Il est fort probable en effet que des actes soient tus, en particulier dans les cas d’agressions verbales et physiques contre des individuEs.
Faut-il le rappeler, ces agressions ne sont pas une réaction aux actes de terreur commis par des fascistes religieux ces derniers jours (assasinats politiques et meurtres collatéraux à Charlie Hebdo, meurtre d’une flic à Montrouge, séquestration de fait à Dammartin et prise d’otages meurtrière et antisémite à Vincennes), ils sont la multiplication de faits de violence multiples menés de concert par des individus et groupes fascistes ainsi que l’Etat français et ses sbires. Sans être nécessairement coordonnés de bout en bout, ils participent tous d’un même mouvement d’oppression tourné contre les musulmanEs et les personnes identifiées comme telles.

  • au Mans, trois ou quatre (les versions journaleuses divergent) grenades à plâtre (des grenades d’entrainement des militaires) jetés sur la mosquée des Sablons + une balle qui a perforé une porte ;
  • à Port-La-Nouvelle, dans l’Aude (même article du Monde), c’est au pistolet à grenaille que ça a tiré sur une petite salle de prière musulmane discrète ;
  • à Poitiers, c’est un tag "mort aux arabes" qui est venu redécorer la mosquée ;
  • à Caromb (Vaucluse), une bagnole "appartenant à des propriétaires de confession musulmane a également été criblée de balles" d’après Zaman
  • à Paris, c’est un Coran qui a été déchiré devant tout le monde place de la République lors du rassemblement mercredi soir.

On vous fait grâce des milliers de tweets, commentaires, mots FB et autres saloperies racistes qu’on peut lire sur le Net. Une pensée pour toutes les personnes musulmanEs ou assignéEs musulmanEs qui se tapent ce genre de connard à longueur de temps, mais en ce moment tout particulièrement.

Mise à jour 9 janvier :

  • Un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a déposé plainte ce jeudi après-midi au commissariat de Bourgoin-Jallieu (Isère) pour violences aggravées. L’agression s’est déroulée en marge de la minute de recueillement observée ce matin au lycée de l’Oiselet à Bourgoin-Jallieu, lors de l’hommage aux victimes de Charlie Hebdo.
  • Ce jeudi soir, les identitaires s’étaient donnés rendez-vous à 20h place des Jacobins dans le 2e arrondissement de Lyon pour réagir à leur manière à l’attentat à Charlie Hebdo. Près de 250 personnes ont fustigé "l’islamisation de la France et de l’Europe" à l’aide de banderoles et de slogans, demandant la "démission de François Hollande et le retour de Charles Martel". source : MLyon
  • Un obscur rassemblement des "hooligans anti-salafistes" était aussi appelé à Paris jeudi soir. Pas plus d’infos trouvées sur ce rassemblement mais ça montre bien les deux dynamiques des groupes fascistes français : d’un côté agressions, tags, attentats pour maintenir la tension ; de l’autre, organisations de rassemblements et de manifestations contre l’Islam (contre les musulmanEs et assignéEs musulmanEs en réalité) en se prétendant être des anges qui défendent la liberté. Les stratégies fascistes, qu’elles viennent des fascistes religieux musulmans ou des groupes d’obédiences chrétiennes, païennes ou laïques français (nettement plus installés en France, on le rappelle), sont les mêmes : coups d’éclats pour cliver la population et avancer vers de larges affrontements raciaux et communautaires (ce que la rhétorique médiatique de "la guerre (civile) qui est déclarée" ne fait qu’encourager).
  • Vandalisme raciste à la mosquée de Bayonne. À la bombe de peinture jaune, ils ont tracé le mot "charliberté" sur le portail qui ferme le site de la mosquée. Sur une poubelle et un mur voisin, d’autres écrits, racistes : "assassins" et "sales arabes".
  • Une tête de porc et des viscères ont été découverts, accrochées à la porte d’une salle de prière musulmane, vendredi matin à Corte (Haute-Corse).
  • À Liévin (Pas-de-Calais) une tête de porc a été déposée et des croix gammées taguées sur les murs d’une mosquée en chantier.
  • Le Nord-Pas-de-Calais a aussi vu la même nuit le chantier de la mosquée de Béthune tagué d’une tête de cochon et de l’inscription "dehors les arabes".
  • Un tabac et une mosquée ont été la cible de tirs de fusil à Vendômedans le Loir-et-Cher.
  • Des croix gammées et des tags racistes ont été inscrits sur la mosquée de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Marne).
  • À Macôn, un tag sur une artère routière : "Islam on va vous niquer - Charlie" et un autre de "soutien à Charlie Hebdo"
  • À Rennes, une inscription en breton « Er Maez Arabed » que 20 Minutes traduit par "Arabe dégage".
  • À Saint-Juéry (près d’Albi, dans le Tarn), au moins quatre tirs d’arme à feu sur la salle de prière musulmane.

Mise à jour 10 janvier :

  • À Bischwiller (Bas-Rhin), « ICH BIN CHARLIE » a été tagué sur la mosquée.
  • A Nantes, une enveloppe contenant de la poudre blanche a été découverte dans la boite aux lettres d’une mosquée, ce qui a entrainé l’hospitalisation préventive de trois personnes. Finalement, il semble que le produit contenu dans la lettre n’était pas dangereux.
  • A Digne-les-Bains, un homme a tiré plusieurs coups au fusil de chasse contre un lieu de culte musulman dans la nuit de vendredi à samedi
  • A Péronne, dans la Somme, une croix gammée a été découverte jeudi soir sur le monument aux morts destiné aux combattants d’Afrique du Nord.
  • A Mérignac (périphérie bordelaise), des voitures sont passées en trombe près de la mosquée en criant des menaces et des insultes islamophobes dans la nuit de jeudi à vendredi.
  • En Corse-du-Sud, France 3 parle de trois actes simultanés, dans la nuit de vendredi à samedi. D’abord à Ghisonnaccia, où une balle de 22 Long Rifle a été découverte devant la boucherie halal et une carcasse de sanglier devant la salle de prière. Et aussi à Baleone (commune de Sarrola-Carcopino, près d’Ajaccio) où la mosquée ("l’un[e] des plus grand[e]s de Corse et siège du Conseil régional du culte musulman(CRCM)") a été visé par des tags à caractère raciste ("Arabi fora" soit "arabes dehors") et des croix gammées. Il faut savoir que les errements de certaines franges du mouvement nationaliste corse ont conduit à supplanter peu à peu sur les routes de l’île de beauté les inscriptions hostiles aux institutions françaises ("IFF") avec ce type d’inscriptions racistes.
  • L’article relate aussi une distribution de tracts islamophobes à Bastia (Haute-Corse), "faisant état de "légitime défiance" [...] sur les pare-brises de voitures stationnées au centre-ville."
  • On avait du mal à trouver de l’info sur le rassemblement des fachos de "Riposte Laïque" jeudi soir à Bourse. La nouvelle émission "Comme un bruit qui court" lui consacre un petit reportage, à partir de la 24ème minute (l’émission dans son intégralité est intéressante)
  • Rebondissement dans l’affaire d’Aix-les-Bains (Savoie). L’incendie dela mosquée a évidemment beaucoup inquiété. Une version officielle qui privilégiait la piste accidentelle a vite été donnée pour désamorcer l’affaire. Ça nous paraissait un peu étrange quand même. Malheureusement, notre scepticisme n’était pas sans fondements puisque la nouvelle version parle d’une forte probabilité d’une incendie criminel.
  • La folie islamophobe s’exporte bien aussi : à Lisbonne (Portugal), la mosquée a été tagguée entre jeudi et vendredi d’un "1143, une référence utilisée généralement par des groupuscules néonazis" (d’autres, sur Twitter, parlent d’une référence à l’indépendance du Portugal ou à un calibre d’armes à feu). Et rebelote à Vienne (Autriche), avec un "Paris Islam = scheisse ..." (Paris Islam = merde dehors)

Mise à jour 11 janvier :

Journée d’union sacrée nationale et de disette journalistique. On a quand même (malheureusement) trouver quelques actes racistes et islamophobes qui nous avait échappé :

  • Une nouvelle carte tourne dans les réseaux de lutte contre l’islamophobie. On vous avertit quand même que le site qui est à l’origine de ce matériel est un site religieux et prosélyte, avec lequel nous avons des désaccords profonds. On relaie cette carte parce que beaucoup d’actes y sont recensés sur lesquels on n’a pas d’infos de notre côté, on espère que celles et ceux qui ont sorti ça donneront rapidement plus d’infos.
  • A Ambérieu (dans l’Ain), un pancarte raciste a été plantée sur un rond-point dans la nuit de mercredi à jeudi. Elle faisait l’apologie du FN avant de réclamer la "mort aux arabe" (sic).
  • A Argenteuil, une tentative d’incendie a visé le domicile d’une femme musulmane et sa boite aux lettres a été taguée "Vive Charlie" dans la nuit de jeudi à vendredi.
  • Une enfant de 8 ans a reçu des pierres de la part de ses camarades de classe. La raison ? Sa mère est marocaine. Témoignage du père sur Europe 1 (à 1h16min30sec)
  • Un tweet relate un tag au sol "Attention à l’Islam" devant une école (vraisemblablement à Paris vu le mobilier urbain)

Mise à jour 12 janvier :

Malheureusement, ça n’arrête pas... Le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman, peu soupçonnable d’être un repère de dangereux islamogauchistes) parle aujourd’hui d’une cinquantaine d’actes recensées (pas plus d’infos sur leur site).

  • Une nouvelle mosquée en construction a été la cible d’un incendie àPoitiers, dans la nuit de dimanche à lundi. Peu de dégâts. Pour rappel, un type s’était fait choper il y a quelques jours pour un tag sur la mosquée de la même ville et avait fait pleurer dans les chaumières sur son "accès de colère en état d’ivresse". Pauvre bichon !
  • On avait laissé passer ça : pas loin de la région parisienne, à Soissons(dans l’Aisne), une mosquée a été pris pour cible à l’arme à feu. Cinq coups de feu.
  • A Calais, la ville où il fait si bon vivre (on fait de la pub pour les copaines au passage), la mosquée a été taguée. "Islam assassin".
  • A Thouars (dans les Deux-Sèvres), tags racistes et croix gammées pour agrémenter le dimanche en famille. Ça a (mal) visé la mosquée (en réalité, un garage privé attenant), une bagnole garée à côté, un resto marocain, un commerce et le stade municipal.
  • A Bayonne, une boucherie hallal a reçu un seau de peinture sur sa façade. On confirme que ce n’est pas une attaque antispéciste, au cas où des petitEs malinEs feraient la remarque : le vendeur de fruits et légumes à côté a pris la même sentence sur son magasin.
  • A Douai, une tête de cochon assortie d’une croix gammée et d’un "nous sommes tous des Charlie" apposés au fer rouge a été retrouvée devant la mosquée, ce lundi matin.
  • A Tulette, dans la Drôme, des "tags racistes et islamophobes" sur la mosquée. "Des tags identiques ont été retrouvés sur les murs du camping de Saint-Maurice-sur-Eygues" (commune voisine).

Par ailleurs, comme on le disait au début de cet article, il est certain que beaucoup d’actes n’ont pas la faveur des médias. Un commentaire sur Rebellyon parle de quatre agressions islamophobes contre des femmes voilées, à Mermoz et Charpenne (2 côtes cassées et multiples contusions sur la dernière, une "jeune femme voilée de 19 ans"). Un tweet relate une agression d’une femme voilée à Vandoeuvre-lès-Nancy (périphérie nancéenne), d’autres recensées ici, ou encore , et . Un blog tente d’en faire une recension ici. Une rumeur circule d’une famille tabassée à Carpentras, pas d’infos publiques trouvées à ce propos. Ces informations, peu développés, sont toutefois à prendre avec précaution.
Un article qui vient de Belgique (bien crade d’ailleurs) relate un jet de grenade dans une ville de la région Rhône-Alpes non spécifiée (probablement une confusion journalistique avec l’attentat de Villefranche).

Même si ça n’est pas directement lié, on relaie aussi un article sur les soutiens aux tueurs : Shebab somaliens, Etat Islamique, talibans pakistanais, AQMI... Que du beau monde.

En conclusion :
Ni actes de terreur, ni agressions islamophobes,
A bas tous les fascismes !

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 07:49

Ne laissons pas trahir Charlie !

PAR UFAL LE 11 JANVIER 2015COMMUNIQUÉS DE PRESSE

L’UFAL salue les millions de citoyens qui ont manifesté leur solidarité et leur unité face aux massacres commis dans les locaux de Charlie Hebdo et dans un magasin juif. Ces actes odieux qui ont coûté la vie à 3 policiers et 14 citoyens désarmés et pacifiques, blessé plusieurs autres, ont visé ceux qui font usage de leur liberté d’expression, ceux qui maintiennent l’ordre républicain, et des citoyens français au motif qu’ils étaient juifs. Chacun peut reconnaître dans ces assassinats la marque brutale et indiscutable du fascisme. Ni choc de civilisations, ni guerre de religions, il s’agit bien d’une attaque frontale contre la liberté, l’égalité, la fraternité, contre les principes de la République laïque. L’UFAL a appelé à cette manifestation : la grande diversité des hommes et des femmes rassemblés montre qu’une très large majorité d’habitants de ce pays sent qu’à travers ces crimes c’est à la Nation tout entière que les terroristes s’en prennent.

Mais si l’UFAL se félicite des soutiens manifestés à l’étranger, elle condamne la récupération politicienne tentée par le pouvoir en invitant des représentants d’États et d’entités internationales, notamment de la Troïka, de l’OTAN et de pays réprimant ouvertement les libertés individuelles. Non ! Notre rassemblement rejette le prétendu choc des civilisations. Il ne se fait pas au nom de la lutte contre un « terrorisme » largement alimenté par les choix politiques de l’occident néo-libéral. Non ! La sécurité des citoyens ne doit pas servir de prétexte à de nouvelles mesures de restriction des libertés.

Pour l’UFAL, seule doit compter la dimension citoyenne et républicaine de cette marche ! Faire peuple ! Ensemble ! Au nom des principes républicains, de l’antiracisme, de la laïcité, du refus de toute stigmatisation, de la lutte contre toutes les formes d’intégrisme et de fascisme, de la liberté d’expression. Elle appelle à défendre le principe de laïcité, fondement de notre société, seule voie de la concorde sociale parce qu’elle refuse de séparer les citoyens en communautés.

Nous devons aussi tirer les leçons de 10 ans de silence, de lâchetés et de compromissions : c’est faute d’avoir été plus largement soutenu que Charlie est devenu une cible. Il faut en finir une fois pour toutes avec les réserves hypocrites (« ils vont trop loin »), voire les attaques directes qui, au nom de la dénonciation d’une prétendue « islamophobie », veulent interdire toute critique des religions, tout droit à la dérision, et rétablir le « délit de blasphème » aboli par le droit républicain.

L’UFAL prendra les initiatives nécessaires pour aider au rassemblement des partisans de la laïcité, sous toutes les formes d’action possible, pour faire vivre nos libertés, sans exception.

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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