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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 19:26
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 12:39

Lorsque, en octobre 2007,
l’ex-numéro deux du Medef, Denis Kessler, écrivait dans l’hebdomadaire Challenges qu’il fallait « sortir de 1945 [et] défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance », il provoquait un tollé dans la France sarkozyste.

Mais quand, en novembre 2012, Louis Gallois, estampillé patron de gauche, déclarait devant le Sénat (alors à majorité de gauche) que « le pacte social de 1946 (était) à bout de souffle et (qu’il fallait) le renouveler », la France hollandiste n’a pas relevé. L’aboutissement d’un long procèssus de dénigrement du programme du CNR, les « Jours heureux », entamé par les patrons de combat des années 1960 et achevé avec les sociaux-libéraux installés aujourd’hui à Matignon et à l’Élysée ?

En 1967, les ordonnances Jeanneney entament la livraison progressive de la Sécurité sociale au privé. Viendront le tour des retraites, censées « débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain » mais dont les conditions d’accès ne cessent de se durcir, tandis que le niveau baisse d’année en année. Dans la foulée, le financement de la protection sociale, « deuxième salaire » socialisé, soustrait au capital parce que directement prélevé sur la richesse créée, est sans cesse réduit. Sous pression du patronat et avec la bénédiction des gouvernements de droite et socialistes successifs, les allégements de « charges » patronales se multiplient, ce que consacre le pacte de responsabilité.

Quant au service public, il se réduit comme peau de chagrin. Le CNR avait instauré nationalisations, statuts des mineurs, des électriciens et des gaziers ? Aujourd’hui règne le credo reaganien, « l’État est le problème ». En cinquante ans, le programme du CNR a subi les attaques frontales du patronat dont les effets n’ont jamais été jugulés par les atermoiements d’une gauche atone. Lors de la dernière université d’été du Medef, Denis Kessler jubilait : « C’est la première fois qu’un Premier ministre socialiste (Manuel Valls) nous dit qu’il aime les entreprises. »

Pour cette gauche-là, les « Jours heureux »ne sont plus la « référence des forces de progrès » 

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES LUTTES ET SOLIDARITÉ PCF
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 13:39

Ce qu'écrivait Charb en 2011 après l'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo.
Même pas mal! Publié le 7 novembre 2011(extrait de l’apéro de Charb, Charlie Hebdo)

J’ai la trousse qui sent quelque chose entre la saucisse fumée et le
pneu brûlé. Ce n’est pas une allusion graveleuse. C’est tout ce que j’ai
sorti du tas de suie qui recouvre notre journal : la trousse où je
range mes stylos, feutres et gommes. C’est donc ce matériel dérisoire
qui nous permet de lutter à égalité avec les pires armées de connards…
Ouah ! C’est dingue, le pouvoir de l’humour et de la dérision. Plutôt
que de chercher à avoir la bombe, le pouvoir iranien devrait distribuer
des crayons aux Gardiens de la révolution…
On a tous rapporté chez
nous cette épaisse odeur de bêtise. La bêtise a l’odeur d’un journal
brûlé. On aura au moins appris quelque chose de l’incendie criminel qui a
ravagé Charlie. « Attentat », a dit le ministre de l’Intérieur, qui est
venu visiter les locaux. Oui, le ministre de l’Intérieur, celui-là même
qui a presque une rubrique attitrée dans le journal toutes les
semaines. Vous savez, la rubrique de Réseau éducation sans frontières,
qui explique comment le gouvernement instrumentalise l’immigration et
les sans-papiers pour gagner des parts de marché sur le Front national.
Tiens, le Front national, qui, par la voix de Marine Le Pen, déplore
aussi ce qui est arrivé à Charlie. Ils sont cruels, les incendiaires,
ils ont réussi à me faire serrer la main de Guéant. Justement, nous
demandent quelques journalistes, le nez retroussé par ce qui se voudrait
un sourire ironique : ça vous fait quoi d’être soutenu par une partie
de ceux que vous critiquez le plus ? Qu’est-ce que tu veux répondre…
Vous imaginez le ministre de l’Intérieur ou un chef de parti politique
se réjouir publiquement d’un attentat perpétré contre un journal ? Oui,
mais, continuent les journalistes aux gencives luisantes, ça fait quoi
pour un journal en marge de provoquer un tel consensus dans le pays ?
Hein ? Eh ben, ÇA FAIT DU BIEN !

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 13:18
Chroniques Latines

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...

Jean Ortiz

Samedi, 10 Janvier, 2015 - 12:16

Charlie hebdo. Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux

Le blog de Jean Ortiz. Je manifesterai, le cœur et la colère gros, mais en prenant soin d’éviter les infréquentables. Je ne veux pas, je le redis, partager ce deuil et cette douleur avec eux.

Les monstres qui ont commis ce crime inqualifiable au siège de Charlie Hebdo, l’hebdo insoumis, provocateur et tendre, antiraciste, humaniste ; sont des hommes formatés par des courants religieux fascisants, par des Etats théocratiques « fondamentalistes », « amis de la France », pour faire taire l’esprit critique, l’humour, l’anticonformisme, la pensée libre, la laïcité, la création sans rivages... Ils n’ont aucune excuse.

J’ai du mal à concevoir que des hommes aient pu à ce point s’aliéner, s’avilir, se fanatiser, se laisser manipuler, s’animaliser, pour produire une telle barbarie.

Je suis en deuil. Le crime de ces assassins vise notre République, celle des Lumières, du contrat social, des droits de l’homme, de l’égalité entre eux, de la liberté pleine et entière... Cette « gueuse » que sociaux et néolibéraux n’ont de cesse, depuis plus de trente ans, de dépecer, de démonter, d’affaiblir par l’explosion des inégalités, le communautarisme, l’instrumentalisation du racisme, la concurrence à tout crin, par le rabougrissement de l’Etat, la multiplication des brisures sociales, la ruée contre les services publics et les biens communs, la casse de l’ascenseur social scolaire, jadis intégrateur, la pratique de l’amalgame délétère « Islam = terrorisme » , le « no future » pour des millions de jeunes Français, quelle que soit leur origine.

Et on voudrait aujourd’hui que je défende, au nom de la douleur, ma République sociale et démocratique bras-dessus bras-dessous avec ses fossoyeurs, avec ceux qui, à force de déifier le marché, de le débrider toujours plus, de tout marchandiser, de dépolitiser, ont laissé le champ libre aux intégrismes de toutes sortes ?

Oui, je crois à la nécessaire, à l’urgente unité populaire et républicaine, mais avec tous les Républicains sincères, tous ceux qui partagent ces valeur de base, la tolérance, l’ouverture à l’autre, la justice sociale, le débat sans corsets, la liberté sans demi-mesure, et notamment celle des médias ; oui, je crois à l’unité avec tous ceux qui défendent le pluralisme de l’information... pas avec les hypocrites qui pleurent aujourd’hui sur la République menacée et qui n’ont cessé d’attiser les haines raciales, les vieilles peurs, de stigmatiser l’autre, de détruire toute espérance progressiste... Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?

Que viennent-ils pleurnicher aujourd’hui sur la liberté de la presse alors que Charlie Hebdo était sur le point de déposer le bilan, que le pouvoir rend chaque jour la vie plus difficile, par des dispositions mortifères à « l’Humanité », au « Le Monde Diplomatique » ? De quelle liberté d’information parle-t-on ? De celle sous la coupe des marchands d’armes, des bétonneurs, des chiens de garde de l’oligarchie, du latifundium médiatique désinformateur, de la pensée unique et cynique.

Oui, je crois à l’unité populaire et républicaine face à la barbarie, mais avec tous ceux qui consacrent beaucoup d’énergie à solidariser, à « faire pays », quand les autres l’atomisent, le livrent à la guerre de tous contre tous, le blessent, le défigurent, en font une jungle. Je me souviens que lorsque Charlie Hebdo nous gratifiait de quelques « unes » décapantes, les moralisateurs venaient faire la leçon à ces « dangereux agitateurs ».

Alors, oui, je suis en deuil, je l’assume, je le revendique. Il y a danger, il faut se rassembler. Oui, j’ai mal, mais je ne veux pas partager ce deuil et cette douleur avec ceux qui ont contribué à créer le climat nauséabond et létal qui ronge notre pays depuis des années. Oui, l’islamisme, comme tous les intégrismes, est un danger. Mais qui arme et entraîne ces monstres ? Le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats, ces Etats voyous, extrémistes, obscurantistes, valets de l’impérialisme français, qui blanchissent les milliards sales dans des paradis fiscaux, garantissent aux multinationales occidentales une chasse gardée pétrolière, piétinent les droits de l’homme et des femmes, combattent les laïques et la gauche... Comment peut-on à la fois s’ériger en gendarme international contre les groupes terroristes, et livrer, par exemple, le Paris Saint-Germain au Qatar

Alors, oui, je manifesterai, le cœur et la colère gros, mais en prenant soin d’éviter les infréquentables. Je ne veux pas, je le redis, partager ce deuil et cette douleur avec eux.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 12:18

Rassemblement

Face à tous les totalitarismes et pour la démocratie, la CGT appelle le monde du travail à se rassembler partout en France

Parce que rien ne doit empêcher la solidarité, la liberté et la démocratie de s’exprimer, la CGT, avec la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, la FSU, l’UNSA et Solidaires, appelle l’ensemble du monde du travail, ainsi que tous les citoyennes et citoyens, à se rassembler, partout en France, ce week-end, pour exprimer leur émotion et leur indignation après l’attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo et face à tous les actes de violences et d’intolérance.

A Paris, ce dimanche 11 janvier, les syndicats se retrouveront entre la Place de la République et la station de métro Parmentier, à 15h, et défileront, ensemble, jusqu’à la Place de la Nation, par l’avenue de la République, celle du Père Lachaise et l’avenue Philippe-Auguste.

Alors qu’au moins treize actes visant la communauté musulmane ont été recensés en France, depuis l’attentat perpétré mercredi au siège de Charlie Hebdo, et qu’une prise d’otages est en cours à Saint-Mandé, aux portes de Paris, la CGT s’alarme plus que jamais de la montée de tous les totalitarismes et dénonce avec la plus vive fermeté ceux qui entretiennent la haine et la division entre les êtres humains en stigmatisant des communautés, cultures et religions.

Montreuil, le vendredi 8 janvier 2015

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 10:30

La CGT dénonce les insultes et les coups de la police

Par La rédaction

Publié le 24/12/2014 à 10:57

Pas de répit pour les cheminots de Lyon qui, après avoir tenté d'envahir le comité d'entreprise de la région de Lyon, jeudi 18 décembre, envoient ce mercredi, un communiqué pour dénoncer l'action des forces de l'ordre qui les ont empêchés d'y entrer.


© Océane Fournier

Une communication en forme de "joyeux Noël". Six jours après les faits, les cheminots CGT de la région de Lyon envoient, ce mercredi 24 décembre, un communiqué incendiaire concernant l'action du préfet et des forces de l'ordre aux rédactions lyonnaises.

Ils dénoncent "les insultes et les coups" subis par les cheminots, en marge du comité d'entreprise de la SNCF le 18 décembre à Lyon, au siège de la direction régionale. "Quand des propos tels « fainéant de syndicaliste, ferme ta gueu.. » ou encore « faites-nous pas chi.. » Sont tenus, cela montre une volonté de créer l’incident soit sur ordre de la hiérarchie et celle-ci devrait être sanctionnée, soit à l’initiative propre de ceux qui les tiennent et ce sont eux qui devraient être sanctionnés" affirme Pierre Coquan (photo), secrétaire départemental de l'UD CGT du Rhône.

"Mobiliser la BAC, les CRS, des vigiles... pour empêcher 150 cheminots de demander des explications à la direction régionale de la SNCF, voilà une mesure liberticide qui, après d’autres, fait basculer, petit à petit, la France, pays des droits de l’homme, dans un régime totalitaire", estime le syndicat.

Contactée sur les faits qui se sont produits le 18 décembre à la direction régionale de la SNCF, la préfecture, pour l'instant, n'a pas réagi.

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 13:47

Selon le délégué CGT à Thouars, Delpeyrat toucherait le CICE. Les premières estimations s'élèveraient à 300 000 €. Le délégué compte bien demander à la direction qui prévoit un "plan de sauvegarde" de l'emploi en en supprimant 56, ce que Delpeyrat compte faire de ces largesses du gouvernement. Le PSE, sera contesté par les organisations syndicales et compte tenu de son impréparation, la direction de l'entreprise aura peine à le justifier. Le cabinet SECAFI dresse un audit et des propositions alternatives.

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Le Journal de 20 Heures de la 2 nous donne les noms des Grandes Entreprises qui ont bénéficié du CICE : Air France 40 Millions en 2013 et 2800 suppressions d'Emplois Axa Assurances 10 Millions en 2013 et des Milliers de Suppressions d'Emplois en France Allemagne et Belgique Malgré , LA POSTE 297 Millions versés en 2013 et 4500 Suppressions d'Emplois - Orange 79 Millions versés en 2013 et 3751 Suppressions d'Emplois....PSA 80 Millions versés en 2013 et 8000 Suppressions d'Emplois....SNCF 118 Millions versés en 2013 et 1432 Suppressions d'Emplois...
C'est vrai que question Compétitivité Emploi voilà bien une mesure Efficace.....

CICE : le secret un peu honteux des grandes entreprises françaises

Des millions d'euros sont accordés aux groupes tricolores sous forme de crédit d'impôt compétitivité. Seuls quelques-uns l'admettent.

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 13:34
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Published by bruno fornaciari - dans LUTTES ET SOLIDARITÉ FRALIB
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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 20:12

Union Locale du Thouarsais 9 bis rue Denfert Rochereau 79100 Thouars

05.49.66.45.26 ulcgt.thouars@wanadoo.fr Thouars, le 29 Août 2014

Rassemblement de soutien aux salariés de Delpeyrat Traiteur

Les salariés de Delpeyrat Traiteur sont purement et simplement menacés d’être licenciés s’ils refusent leur mutation vers le site d’Agen. Cette situation n’est pas le fruit du hasard mais la possible conséquence d’une restructuration d’entreprise décidée par la tête du groupe Maïsadour.

Bien évidemment, les salariés ne veulent pas de ce chantage à l’emploi facilité par la loi dite de « sécurisation de l’emploi » et votée en mai 2013 par les députés de la majorité.

Comme toutes les autres, cette direction d’entreprise ne se soucie guère des préoccupations, de la souffrance et de l’angoisse des salariés que génère une telle volonté. Seule compte sa décision !

Pour mettre en œuvre son Plan de Sauvegarde de l’Emploi (admirez la formule !), elle a recruté un « liquidateur ». Avocat de métier, exécuteur des basses besognes, ce jeune salarié de 64 ans ne s’attendait pas à une résistance de la part des salariés de Delpeyrat. Il comptait en finir rapidement....

Dans le même temps, sur le territoire du Nord Deux Sèvres, on licencie dans le silence le plus absolu. Sans aucun bruit, sans vague. En trouvant des partenaires sociaux « à la botte », ce sont des dizaines de salariés qui sont mis sur la paille ou reclassés par des cellules de reclassement bidon. L’exemple de GAD (Agro alimentaire en Bretagne) est l’un des plus emblématiques (150 reclassements sur 800 licenciements....). Comme ailleurs, les ruptures conventionnelles explosent. Il faut, également, ne pas oublier le projet de reconfiguration de l’hôpital Nord Deux Sèvres soutenu, entre autre, par le Député de la circonscription. Cette reconfiguration supprimera entre 250 et 300 emplois !

Dans ces conditions, à l’évidence, la ville de Thouars et plus largement le territoire de la communauté de communes, se trouvent gravement menacés par cet environnement économique très dégradé.

Après 2013, qui a vu le chômage augmenter de 14%sur le bassin d’emploi, qu’en sera-t-il de 2014 dans cette configuration ?

C’est pourquoi, en accord avec les salariés de Delpeyrat, l’Union Locale Cgt de Thouars a décidé d’organiser un rassemblement de soutien le :

Jeudi 4 Septembre 2014 à 14 heures devant les locaux de Delpeyrat,

(Zone industrielle du grand rosé, 15 rue des Champs Proust à Thouars)

Venez nombreux !

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 11:38

SYLVAIN, CHEMINOT16/06/2014 à 11h50

Je suis cheminot et voici pourquoi je suis en grève

Sylvain Bouard, cheminot

Le 11 juin 2014, les rames dorment à Bourg-en-Bresse (Sylvain Bouard)

« Oui, y a grève et on sait même pas pourquoi ! » cette remarque je la lis et l’entends quasiment systématiquement en cas de grève. Avec Internet, plus que jamais, il est facile de prendre la parole et d’expliquer ses choix personnels, voici donc pourquoi je suis en grève.

MAKING OF

Nous avons déjà croisé Sylvain, pour établir son « porte-monnaie au rayon X ». Il est agent circulation à la SNCF à Bourg-en-Bresse, « passionné de chemin de fer, de photo et de nouvelles technologies ». Il a rédigé ce billet pour son blog, et nous a aimablement accordé l’autorisation de le reproduire. Nous l’avons légèrement édité et raccourci.Pascal Riché

La réforme ferroviaire présentée par le gouvernement part du constat (tout à fait exact, aucun cheminot n’en doute) que la séparation entre la SNCF et RFF en 1997 est un échec.

On nous explique donc que l’on va réunifier le système ferroviaire. Je vous vois déjà me dire :

« En 1997, vous étiez en grève contre la séparation et, dix-sept ans plus tard, vous êtes en grève contre la réunification. »

Vu de loin, je comprends que cela puisse étonner. Les syndicats appellent à la grève, car cette réunification n’en est pas une.

A l’heure actuelle, on a :

  • d’un côté RFF qui est propriétaire du réseau ;
  • la SNCF qui fait rouler ses trains.

On a donc deux entreprises avec deux lignes hiérarchiques différentes et donc les dissensions qui vont avec. Avec la réforme proposée, RFF devient l’entreprise « SNCF Infra » et la SNCF devient l’entreprise « SNCF Mobilité ». Ces deux entreprises se trouvent filiales d’une toute nouvelle entreprise nommée SNCF. Cette dernière est dotée d’un directoire et d’un conseil de surveillance.

L’empilement magnifique qui est censé tout simplifier (Capture)

Ce redécoupage, je n’en veux pas

On passe donc de deux lignes hiérarchiques à trois en nous expliquant que tout sera plus simple.

A part multiplier les postes d’encadrement et les heures de réunions entre tout ce petit monde, quelle utilité ? J’ai travaillé des années dans un grand groupe multinational, je peux vous dire où cela mène de multiplier les lignes hiérarchiques : la main droite ne sait plus ce que fait la main gauche, voire même travaille à défaire ce que fait la main gauche pour des raisons d’ego mal placé de certains dirigeants.

Si l’on ajoute à cela que, dans ce type d’organisation, chacun a ses objectifs propres (souvent purement comptables), on passe plus de temps à compter les sous dépensés et à débattre pour savoir quel service/branche/filiale doit payer qu’à faire le boulot nécessaire. Cette réunification qui est en fait un redécoupage : je n’en veux pas.

Je veux un cadre clair et des décisions claires pour pouvoir bien faire mon boulot. Ce que je veux, c’est donc une SNCF réellement unifiée qui soit maîtresse chez elle. Multiplier le nombre de décideurs, c’est toujours diviser le nombre de décisions prises et déresponsabiliser tout le monde.

Que l’on revienne en arrière, oui, mais vraiment.

Assez de trinquer au quotidien pour des choses décidées par une autre boîte et je ne parle pas des conseils régionaux, l’Etat ou l’union européenne.

On va devoir tout renégocier

En plus de cette organisation que l’on veut me faire passer pour efficace, je suis en grève parce qu’on en profite pour faire passer des choses qui n’ont rien à voir avec le sujet. En vue de l’ouverture à la concurrence, on veut en effet remettre en cause les accords d’entreprise en application à la SNCF. Ben oui, pour que la concurrence puisse être « libre et non faussée », il faudrait négocier une convention collective du secteur ferroviaire. Attardons-nous là dessus.

Après tout, si d’autres entreprises doivent faire du ferroviaire, il serait logique et même carrément souhaitable que tout le monde joue avec les mêmes règles sociales. Sur ce point, je suis entièrement d’accord. Gagnons du temps et allons au plus simple : que l’on prenne les règles qui ont cours à la SNCF et que l’on applique ça à toute la profession ! On gagne un temps fou en négociation et, surtout, en crispation. Tous les salariés de toutes les entreprises ferroviaires seront sur un pied d’égalité et la concurrence sera donc équitable.

Organisées au sein de l’Union des transports publics et ferroviaires (Utp), les entreprises ferroviaires (dont la SNCF) militent, bizarrement, pour une toute autre solution : la remise à plat totale des règles et la négociation d’une convention collective pour le secteur ferroviaire. Pour les cheminots de la SNCF, on va donc tout oublier et devoir tout renégocier.

L’article 14 du projet de loi annonce effectivement le maintien pendant six mois de l’accord établissant les temps de travail et de repos à la SNCF. Et après ? Et bien après, on verra avec la convention collective qui sera négociée.

Y a-t-il des raisons de s’inquiéter ? Pour moi, la réponse est clairement : « oui ». Le seul début d’accord déjà négocié par l’UTP est un accord de branche concernant le fret, qui dit déjà :

  • que l’on ne travaille pas assez de dimanches par an ;
  • que 52 repos doubles, c’est bien trop ;
  • que 9 heures entre deux journées de service, ce serait bien suffisant ;
  • que des journées de 11 ou 12 heures (qui sont aujourd’hui une exception) pourraient devenir la norme...

Quand est ce que l’on dort ? Quand est ce que l’on mange ?

Imaginez un peu : samedi dernier, j’ai fini le boulot à 4h30. On pourrait me faire reprendre à 13h30 pour une journée de 12 heures qui m’emmènerait donc à 1h30. De là, je pourrais être de retour au boulot à 10h30. Quand est ce que l’on dort ? Quand est ce que l’on mange ? Quand est ce que l’on voit notre famille ?

Et vous, voyageur, vous êtes d’accord pour avoir, en tête de votre train ou dans le poste d’aiguillage des personnes chargées de votre sécurité qui vivent un tel rythme ?

J’en entends me dire qu’il est peut être un peu tôt pour partir en grève et que ce n’est pas parce que l’on renégocie des accords que les salariés vont y perdre. Dans un monde idéal, cette position est tout à fait raisonnable.

Malheureusement, en quinze ans de salariat dont cinq à la SNCF, je n’ai jamais vu une renégociation d’accord d’entreprise qui aboutisse sur un meilleur compris pour tous. Cela se termine toujours par plus de souplesse pour les employeurs et moins de droits pour les employés.

On me dit également que, si la convention collective s’avère peu satisfaisante, elle pourra très bien être complétée par un accord d’entreprise interne aux entreprises SNCF, SNCF Infra ou SNCF Mobilité. Nous sommes d’accord… sauf que, dans le projet de loi, rien n’oblige les entreprises à négocier autre chose que la convention collective.

En l’état, la seule chose qui est certaine, c’est que notre réglementation ne survivra que six mois à la mise en action de la réforme. Tout le reste n’est que conjecture.

On m’objecte également que la concurrence à laquelle nous devons résister n’est pas seulement celle des autres opérateurs ferroviaires mais aussi celle des transporteurs routiers. J’entends bien mais nous ne pourrons jamais être compétitifs face à des entreprises qui emploient des conducteurs de l’Est avec les conditions sociales qui vont avec. On peut déjà abandonner nos congés payés et diminuer de moitié nos salaires. La compétition entre travailleurs, c’est à dire la mise en concurrence des pauvres entre eux, est-ce ce que nous voulons ?

Bref, un gloubi-boulga indigeste...

Mélange entre une nouvelle organisation au moins aussi inefficace que celle en place et tirage vers le bas des conditions de vie des travailleurs du rail, cette réforme n’est, à mes yeux, qu’un gloubi-boulga indigeste que je refuse d’avaler. Si, en plus, on s’interroge sur les motivations de l’UTP à ne pas s’aligner tout simplement sur les règles en vigueur à la SNCF, on ne peut qu’en conclure que le but est de faire un maximum d’argent en pressurant les salariés. Rentabilité avant tout, comme dans tant de boîtes…

J’aime mon boulot et je veux qu’on me donne les moyens de bien le faire et qu’on ne me demande pas d’y laisser ma santé et ma vie de famille (ce qui est d’ailleurs déjà bien assez le cas).

Cela ne me semble ni compliqué ni déraisonnable… sauf dans cet air du temps libéral où l’humain doit s’effacer devant l’argent.

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Published by bruno fornaciari - dans LUTTES ET SOLIDARITÉ SNCF
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BRUNO FORNACIARI

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