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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 17:40

Henri Alleg par Mustapha Boutadjine (www.mustaphaboutadjine.com)

Monde - le 10 Mars 2012

Henri Alleg: «L’idée internationaliste était primordiale dans notre engagement»

Henri Alleg est mort ce mercredi. Il y a un an, l'ancien journaliste réaffirmait le combat de toute sa vie pour la reconnaissance officielle par la France de la torture et des crimes 
de guerre commis pendant 
la guerre d’Algérie. Extrait de notre hors série "50 ans d'indépendance".

 

Un demi-siècle après l’indépendance de l’Algérie, pour laquelle vous avez combattu, que représente, pour vous, ce pays ?

Henri Alleg. Cela va sans dire : je suis très heureux que l’Algérie soit indépendante (rires). Je suis heureux et fier d’avoir pris part au combat pour l’indépendance. Bien sûr, j’aurais souhaité que les aspects sociaux pour lesquels nous avons combattu prennent plus d’importance. Je regrette que les batailles que nous avons menées pour l’avenir, pour le socialisme, n’aient pas pris plus de place. Mais je suis heureux que l’Algérie soit aujourd’hui ce qu’elle est, avec toutes les possibilités qui s’offrent à ce pays. Quand je pense au passé, je crois que notre combat a marqué la lutte du peuple algérien. C’est en ce sens que l’Algérie reste pour mois une référence du combat des communistes.

Lorsque vous avez écrit  La Question, pensiez-vous que votre témoignage sur la torture puisse avoir un tel impact ?

Henri Alleg. Ce n’était pas seulement un livre que j’écrivais. Il fallait faire connaître ce qu’était la guerre en Algérie. Il fallait témoigner des pratiques des colonialistes français, du sort atroce réservé au peuple algérien, de la réalité de cette guerre coloniale. Je dois dire que j’ai été surpris de l’écho rencontré par ce texte, lorsqu’il est devenu un livre. Un demi-siècle plus tard, ce témoignage reste utile. Lorsque je suis invité pour des conférences aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, je peux mesurer sa résonnance. Les atrocités commises par l’armée française pendant la guerre d’Algérie ne diffèrent pas des atrocités commises par l’armée américaine en Irak, en Afghanistan et ailleurs. Le combat continue. Rétrospectivement, je suis heureux d’avoir écrit ce livre, parce qu’il conserve un sens dans le monde d’aujourd’hui, même si le contexte a changé. La Question a par exemple circulé parmi les détenus dans des prisons turques où était pratiquée la torture.

Nous avions peur qu’ils nous passent à tabac.

Qui a trouvé ce titre percutant, « La Question » ?

Henri Alleg. On doit ce titre magnifique, excellent, à Jérôme Lindon, qui dirigeait les Editions de Minuit. En français, « La Question » revêt une signification qu’il n’a pas, à ma connaissance, dans d’autres langues. Depuis le moyen-âge, « mettre quelqu’un à la question », c’est le torturer. Dans les prisons mêmes, cette expression faisait sens. La parution du livre, en 1958, a déclenché la fureur des autorités françaises. D’où la décision de le saisir. À cette même période, des policiers et des CRS ont débarqué brusquement, au milieu de la nuit, à la prison de Barberousse. Ils ont commencé par une mise en demeure : « Tous à poil ! ». Il y avait dans la prison les salles, accueillant en général une centaine de détenus, et des cellules individuelles prévues pour une personne, mais où s’entassaient plusieurs détenus. Moi j’étais avec deux copains. Les policiers ont d’abord fait sortir les détenus incarcérés dans les salles. Les types sont sortis nus dans la cour, avec une couverture sur le dos. Quant aux autres détenus, ils les ont alignés sur l’allée qui bordait les cellules, les mains en l’air, appuyés contre les murs. Moi aussi, j’étais comme ça, les mains en l’air. Pendant ce temps, des équipes spéciales de CRS, en uniformes noirs, mitraillettes en bandoulière, vidaient les cellules. Ils étaient à la recherche de papiers. Chacun d’entre nous avait des lettres, adressées aux familles ou aux avocats. Ils ont tout embarqué. Nous avions peur qu’ils nous passent à tabac. Derrière moi, j’ai entendu un Algérien, qui, à mi-voix, s’interrogeait sur cette descente. Je lui ai dit qu’ils saisissaient les papiers. Il m’a répondu, en riant discrètement : « Peut-être qu’ils cherchent une deuxième Question ». Il ne savait pas qui j’étais. Cela m’a éclairé. Il avait du apprendre, par son avocat, que ce témoignage faisait un raffut du diable à l’extérieur.

Malgré la censure, les saisies, ce livre a circulé sous le manteau. Cette diffusion était-elle organisée par des militants, ou le livre est-il passé spontanément de mains en mains ?

Henri Alleg. La seule chose que je sais, c’est qu’à Alger, personne ne l’avait eu, personne ne le connaissait au moment de la parution. C’est en France que La Question a eu une répercussion immédiate et formidable. Cet élan doit sans doute beaucoup à la stupidité du gouvernement français et à sa décision de saisir le livre. Très vite, Nils Andersson, un éditeur basé en Suisse, a pris contact avec Lindon pour lui demander l’autorisation de le publier. Lindon a accepté. Le livre était minuscule, des valises passaient clandestinement la frontière. Immédiatement après sa saisie, La Question a été traduite en anglais et publiée à Londres, puis aux Etats-Unis, ce qui lui a donné un écho international.

La bataille pour la vérité continue

Un demi-siècle après son enlèvement par des militaires français, on ne sait toujours pas dans quelles conditions a été assassiné votre ami et camarade Maurice Audin…

Henri Alleg. Cette bataille pour la vérité continue. Maurice Audin a été arrêté dans les mêmes conditions que moi. Très peu de temps après son enlèvement par les paras, on a annoncé à sa femme qu’il avait « disparu ». Il est invraisemblable que les autorités françaises, que les parachutistes aient pu prétendre ne rien savoir du sort de Maurice. C’est certain : il a été assassiné par ces équipes de tortionnaires couverts et tenus en main par les autorités policières et militaires. Dans cette affaire, le  refus d’ouvrir une enquête, l’attachement des autorités françaises au mensonge est à la fois odieux et absurde.  À Alger, à Oran, dans les petites villes, lorsque les militaires annonçaient la « disparition » d’un prisonnier, personne n’ignorait qu’il était en fait question d’assassinat. Dire et répéter, jusqu’à ce jour, que Maurice Audin a été « mal gardé », qu’il s’est évadé et qu’il a « disparu », c’est abject. La vérité, c’est qu’il a été assassiné, comme des centaines, des milliers d’autres. Personne ne peut dire autre chose.

Que changerait la reconnaissance de la torture comme crime de guerre ?

Henri Alleg. La France, les autorités françaises prétendent incarner, aux yeux du monde entier, les droits de l’homme, les libertés, les grandes idées nées de la Révolution française. C'est une façon mensongère de présenter l'histoire. Pendant la guerre d’Algérie, les autorités françaises ont piétiné ces idées, ces principes. Comme ils sont encore piétinés aujourd’hui à Guantanamo et en Afghanistan. Le combat pour la vérité, qui est un combat d’aujourd’hui, doit se poursuivre sans relâche. On ne peut pas tout simplement parler de l'avenir sans respecter la vérité.

Vous avez souvent évoqué le racisme inhérent à la société coloniale. Cela vous a-t-il poussé à embrasser la cause de l'indépendance?

Henri Alleg. Il est difficile de reconstituer ce parcours qui conduit, depuis l’enfance, l'adolescence jusqu'à la prise de conscience politique. À l'école on nous apprenait que la France allait en Afrique ou en Asie, pour « le bien » des colonisés. Quand on arrivait en Algérie, on comprenait immédiatement avoir été trompé par ces fadaises. Dans les rues d’Alger, des gosses, des petits cireurs, se disputaient les chaussures de quelques passants pour gagner quelques misérables sous. Pourquoi ces gosses n’étaient-ils pas à l’école ? « Les petits Arabes », comme ils disaient, n'avaient pas leur place à l'école. Seule une toute petite minorité y avait accès. Cette réalité, les réflexions qu’elle suscitait en moi m’ont construit comme anticolonialiste.

L'arrogance des autorités françaises

Avez-vous été surpris, à l'automne 1954, par l'éclatement de l'insurrection?

Henri Alleg. Ceux qui disent qu'ils n'ont pas été surpris se jettent des fleurs qu'ils ne méritent probablement pas. À ce moment là, Algériens et Européens partageait la certitude que les choses ne pouvaient continuer telles qu'elles étaient, qu'il y aurait forcément des changements. De là à penser qu’une insurrection était sur le point d’éclater… Ceci dit, il nous paraissait clair que l’arrogance des autorités françaises, sûres, alors de pouvoir conserver la haute main sur tout ce qui se passait en Algérie, était trompeuse.

Vous communistes, ressentiez de la méfiance à l'égard de ces jeunes nationalistes prônant l'insurrection armée...

Henri Alleg. Cela a soulevé chez nous une certaine interrogation. Ce qui ne signifie pas que l’option de la lutte armée était absente de l’imaginaire des communistes algériens. Je me souviens que deux ou trois ans auparavant, cette question avait été évoquée à huis clos, au bureau politique, comme une possibilité, sans que cela ne suscite de scandale. Ce n'était donc pas un sujet tabou pour nous. Je dois reconnaître, toutefois, que les communistes observaient une certaine réserve vis-à-vis de ceux qui voulaient prendre les armes. Il n’y avait pas d’un côté les courageux prêts à prendre les armes, et de l’autre, les timorés acceptant le statu quo. C'était un choix complexe, difficile, qui ne pouvait souffrir l'improvisation. Si lutte armée il devait y avoir, il fallait savoir comment s'y prendre et vers où aller. Toutes ces questions se posaient. 

Sur le plan idéologique, qu'est ce qui distinguait le Parti communiste algérien du FLN?

Henri Alleg. Ce qui nous différenciait, c’était peut-être l'importance que les communistes attachaient à la bataille politique. Les nationalistes portaient peu d’attention à l'idée d'unification des forces progressistes par delà leurs différences, pour rassembler les masses populaires, pour faire avancer les choses. Certaines de nos batailles, pour la liberté de la presse, pour l’augmentation des salaires, etc. apparaissaient secondaires aux yeux des nationalistes qui, pour ainsi dire, les méprisaient. Nous accordions au contraire beaucoup d’importance à ce type de batailles, pas seulement pour les changements concrets qu'elles apportaient. Pour nous ces luttes participaient à la prise de conscience des travailleurs et préparaient un combat futur plus vaste.

Nos militants étaient des ouvriers, desgens exploités

Le PCA était un creuset au sein duquel se retrouvaient des hommes et des femmes issus de toutes ces communautés qui vivaient séparément dans la société algérienne. On y retrouvait, ensemble,  des Européens, des juifs, des musulmans... Cela influençait-il votre vision du monde, votre projet de société?

Henri Alleg. Oui. Il est certain que l'idée internationaliste était primordiale dans l'engagement des communistes. Avant d'être Arabe, Kabyle, Européen, juif, musulman, nos militants étaient des ouvriers, des travailleurs, des gens exploités. C’était cela l'essentiel à nos yeux. Peut-être cette vision des choses a-t-elle conduit certains camarades à minimiser l’expérience concrète du colonialisme propre aux Algériens dits « indigènes ». Une personne née dans une famille « indigène » avait bien plus de raisons de se lever contre le colonialisme qu’une personne d'origine européenne jamais brimée et insultée comme l'étaient les Algériens.

Quelles étaient vos relations avec le PCF? Comment les communistes algériens ont-ils accueilli, par exemple, le vote des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet?

Henri Alleg. A la vérité, sur le coup, nous ne nous en sommes pas beaucoup préoccupés.  Même dans les prisons, je n'ai pas le souvenir de controverses sur ce sujet. Pas plus chez des communistes que chez des nationalistes. Les plus politisés pouvaient conclure que c'était une erreur fondamentale. D’autres étaient en attente d’explications. Mais les réactions virulentes sont venues bien plus tard. À la vérité, sur le coup, nous ne nous en sommes pas beaucoup préoccupés.

Le régime naissait et ne voulait pas de communistes organisés

Comment s’est constitué ce que l’on a appelé le « maquis rouge » ?

Henri Alleg. Le parti, au démarrage de la lutte armée, s’est posé la question de son action. L’idée était d’apporter notre appui partout où l’action armée prenait un caractère de masse, partout où des paysans avaient rejoint l’insurrection. Ensuite, nous avons pris la décision de déclencher nous-mêmes la lutte armée là où nos forces le permettaient, où nous avions des chances d’entraîner les gens avec nous. C’est ainsi que des communistes ont pris le maquis. Mais au vu de la faiblesse de nos effectifs, cela ne pouvait être un mot d’ordre général. D’où la décision de négocier l’intégration de nos groupes armés, les Combattants de la liberté, dans l’ALN. À ce moment là, nous nous sommes heurtés aux positions étroites de certains dirigeants du FLN, qui estimaient que les communistes n’avaient pas à poser leurs conditions. L’intégration à l’ALN s’est donc faite à titre individuel.

Pourquoi le FLN était-il hostile à l’entrée du  PCA dans le Front comme composante à part entière du mouvement de libération ?

Henri Alleg. Ils ne voulaient pas en entendre parler ! Ils voulaient rester les « patrons », imposer leurs conditions à tous ceux qui souhaitaient rejoindre l’ALN, communistes ou non. Ceci dit, nous ne nous faisions pas d’illusion. Ces nouveaux dirigeants se méfiaient particulièrement des communistes, vus comme des militants organisés, formés, capables d’exprimer leurs idées. Dès le départ, cette méfiance était bien enracinée chez certains dirigeants du FLN.

Cette méfiance vis-à-vis des communistes a-t-elle continué à prévaloir après l’indépendance ?

Henri Alleg. Dans d’autres conditions, oui. Je le pense. Parce que les choses avaient changé pendant la guerre. Dans la pratique, l’anticommunisme avait reculé, ce qui nous rendait d’autant plus dangereux aux yeux de certains.

Est-ce pour cette raison que Ben Bella a interdit le PCA en novembre 1962 ?

Henri Alleg. Il ne s’agissait pas seulement de Ben Bella. Le régime naissait ne voulait pas de communistes organisés.

Cela n’a pas entamé notre détermination

Pourtant, cette interdiction n’a pas compromis la reparution d’Alger républicain à l’indépendance…

Henri Alleg. Nous nous sommes battus pour réussir à faire reparaître le journal. Au moment de la signature des accords d’Evian, j’étais à Prague. Je voulais repartir le plus vite possible à Alger, former une équipe de camarades qui sortaient de prison pour travailler à la reparution du journal. Les accords d’Evian prévoyaient le rétablissement de la liberté de la presse. Tous les journaux devaient donc pouvoir sortir librement. Mais « tous les journaux », dans l’esprit du gouvernement français, cela signifiait les journaux colonialistes. À Prague, nous avons organisé une conférence de presse, à laquelle ont assisté une soixantaine de correspondants de la presse internationale, pour annoncer notre intention de faire reparaître Alger Républicain. Peu de temps après cette conférence de presse, j’ai reçu la visite d’un émissaire, chargé de me faire part de la désapprobation des frères de Tunis, hostiles à la reparution du journal. Je lui ai répondu qu’il s’agissait d’une décision collective et qu’il était impensable d’entraver la reparution d’un journal interdit par les colonialistes depuis  1955. Les autorités françaises n’étaient pas en reste. Par voie de communiqué, le préfet d’Alger a rappelé de façon mensongère qu’Alger républicain demeurait interdit. À la vérité, la décision venait d’en haut, du gouvernement français et sans doute du général De Gaulle lui-même. Cela n’a pas entamé notre détermination. Bien au contraire. Je suis rentré à Alger vers le 10 ou le 12  juillet. Nous n’aurions pas pu faire revivre  Alger républicain sans la solidarité et l'aide pratique de nos camarades, de nos amis de  La Marseillaise, dont le directeur était un pied-noir de Mostaganem, parti en France assez jeune. C'est là que nous avons fait la composition. Les ouvriers du livre nous en ont fait cadeau, en travaillant gracieusement. Un problème se posait pour l'envoi des flans à Alger, ou devait être tiré le plomb. Nous avons tirés quatre ou cinq flans. Nous en avons remis un à Air France, qui n’est jamais arrivé à destination. La même mésaventure s’est reproduite avec Air Algérie. Finalement, un copain qui sortait de prison et devait rentrer à Alger a caché un flan empaqueté dans sa valise. On se faisait un sang d'encre. Arrivé à Alger, au contrôle, il est passé.

C’était le premier journal anticolonialiste à reparaître ?

Henri Alleg. Oui. Dès sa reparution, le journal a reçu un accueil extraordinaire. Il y avait aussi El Moudjahid, qui arrivait de Tunis, mais ce n’était pas encore un quotidien. Echaab («  le Peuple »), est sorti trois mois après nous.

Qui se trouvait dans l’équipe au moment de cette reparution ?

Henri Alleg. Il y avait quelques camarades revenus de France. Comme Nicolas Zannettacci, surnommé Zanett, l’ex-maire communiste d’Oran. Il avait été arrêté, expulsé pendant la guerre. Dès qu’on a lancé un appel aux anciens, il est revenu. Abdelhamid Benzine sortait des camps. Il y avait encore Marylise Benaïm qui sortait de la clandestinité. Elle avait servi d’agent de liaison entre la direction du parti et le maquis de Maillot. Le journal, c'est un grand mot. Nous avions deux pages, un simple recto verso. Pour les informations internationales, les seules sources étaient United Press et France-Presse. Ces agences ne partageaient pas nos idées, loin de là, mais d'un point de vue confraternel, ils étaient heureux de voir reparaître le journal. Ils admiraient notre engagement. À l'époque, il n'y avait que les télex, nous nous rendions dans leurs bureaux pour prendre les doubles des dépêches. Ils faisaient semblant de ne pas s'en apercevoir. On les ramenait à l'Hôtel Albert Ier, où nous étions installés. Marylise était une militante courageuse, une jeune femme pleine de vie. En pleine nuit, dans Alger livrée à l'insécurité, elle allait  chercher les dépêches. Un soir, des types, voyant cette jeune femme de type européen, se sont mis à hurler, l'accusant d'appartenir à l'OAS. Ils se sont précipités sur elle, l’ont à moitié étranglée. Elle a protesté: « je suis d'Alger Républicain ! ». Entendant cela, ses agresseurs se sont excusés, l'ont escortée jusqu'à l'hôtel et lui ont même proposé de l'accompagner chaque fois que nécessaire.

 Exécutions pour raison d'Etat

Pourquoi n’avez-vous pas réinvesti les locaux du journal, de l’autre côté de l’avenue  Pasteur ?

Henri Alleg. Nos locaux avaient été confisqués pendant la guerre par  Le Bled, le journal des paras. Lorsque nous avions voulu nous y réinstaller, un type installé là, se disant envoyé par Tunis, nous a signifié  avec un grand sourire que les lieux ne nous appartenaient plus, qu'ils étaient désormais réservés au FLN. C'était incroyable. La guerre venait de se terminer, ils n'étaient pas encore en Algérie et leur première idée, c'était d'occuper les locaux d'Alger républicain pour qu'on ne puisse pas s'y installer.

A la vérité, Je craignais beaucoup qu'on ne nous joue un mauvais tour. Lorsque j'avais annoncé le projet de reparution du journal, l'émissaire de Tunis m'avait dit : « Tu sais, Henri, on t'aime bien, alors il faut que tu saches que pendant la guerre, il y a eu beaucoup d'exécutions pour raison d'Etat et  malheureusement, ça va continuer encore un peu après l'indépendance ». La menace était claire, directe. Si nous nous entêtions, ils n’excluaient pas de nous liquider. J’en étais plus conscient, me semble-t-il, qu’Abdelhamid (1). Dans un premier temps, nous étions allés, tous les deux, dormir dans un appartement appartenant à des amis. Moi, je ne m’y sentais vraiment pas à l’aise. Je n'ai pas voulu y rester, donc nous sommes allés à l'hôtel, en plein centre-ville. Là, s'il se passait quoi que ce soit, il y avait des témoins. Nous avons pris la bonne décision : le lendemain de notre départ, des types en uniforme ont enfoncé la porte et mis l’appartement sans dessus dessous. Impossible de savoir s'il s'agissait de Français ou d'Algériens. En tous cas, ils étaient venus chercher quelqu’un. Lorsque nous nous sommes installés à l’hôtel, des rafales de mitraillette ont visé nos fenêtres à plusieurs reprises. Sur le plan administratif aussi, il y a eu des entraves. Le patron de la SNEP, l’imprimerie, Bouchara, un pied noir aux ordres de Paris, un beau salaud, exigeait un papier officiel, une autorisation de reparution, alors que l’administration était complètement désorganisée. Je suis allé à la préfecture. Je suis entré dans le bureau du préfet, auquel j’ai fait signer une autorisation que j'avais moi-même écrite.

Finalement, sans en chasser le type posté là, nous nous sommes réinstallés dans nos locaux pour pouvoir faire notre journal sans avoir à traverser l'avenue Pasteur, très dangereuse. Nous restions dans le couloir, pour ne pas être exposés aux balles. C'était drôle, cette rédaction ! Nous n’avions pas de chaises, nous faisions nos réunions assis  par terre en tailleur. A l’heure des repas, un des copains allait jusqu'à la rue de Tanger et revenait avec une casserole de loubia (2). Malgré cette précarité, malgré les difficultés et le danger, nous avons réussi à faire renaître le journal, qui a rencontré un écho incroyable. Nous tirions 80 à 90 000 exemplaires, ce qui rendait délicate la tâche de ceux qui espéraient nous faire taire. Mais nous avons connu bien des mésaventures, comme l'assassinat d'un chauffeur qui transportait le journal.

 

Quel était le climat à Alger ?

Henri Alleg. L’inquiétude dominait. Des rivalités de pouvoir opposaient des clans, des wilaya, avec un vrai risque de basculement dans la guerre civile. De notre côté, nous disions: "Assez de bagarres entre patriotes, d'abord la paix et la mise en marche du pays". Nous refusions de voir les divergences internes dégénérer en violence armée.

Lorsque ceux de la wilaya 4, militairement plus forte que la zone autonome d’Alger, ont commencé à jouer du coup de feu dans la Casbah, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire. Les femmes sont descendues dans la rue Randon. « Tirez sur nous si vous voulez, mais cessez de vous tirer dessus ! Arrêtez le massacre ! Sept ans, barakat, ça suffit ! », criaient-elles. Ces femmes avaient un sentiment politique bien plus élevé que ceux qu’elles interpellaient.

De nombreux Algériens estiment, cinquante ans après, que les promesses de l’indépendance se sont envolées. Partagez-vous cet avis ?

Henri Alleg. Je crois qu’il est dangereux de penser ainsi. C’est le refus total de voir ce que l’indépendance a apporté à l’Algérie. On ne peut pas dire que les choses n’ont pas changé. On ne peut pas dire que l’indépendance n’a rien apporté aux Algériens. Bien sûr, la jeunesse rencontre de graves difficultés, des choses doivent êtres changées, des luttes devront encore être menées. Mais l’indépendance reste pour l’Algérie une conquête historique inestimable.

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 09:21
Communiqué de presse sur la suspension de la grève
18/05/2013
A LA UNE

Pendant 4 mois de grève, les salariés ont tenu en échec PSA et ont réussi à ne pas se faire écraser

Ce vendredi 17 mai, les salariés de PSA Aulnay en grève depuis 4 mois (16 janvier) ont voté en Assemblée Générale la suspension de la grève et ont demandé à la CGT et à la CFDT de signer un protocole de fin de grève.

Pour l'ensemble des salariés, la fermeture de l'usine reste toujours inacceptable et injustifiée. Cette fermeture est un véritable gâchis social qui aura des conséquences désastreuses au niveau de la région. C'est pourquoi si les salariés ont décidé de suspendre la grève, ils n’ont pas renoncé à défendre leur droit.
 
Depuis 4 mois, des centaines de salariés ont réussi à tenir en échec la direction de PSA dont le principal actionnaire, la famille Peugeot, est une des familles les plus riches et les puissantes de France. Contre eux, les grévistes ont eu aussi le gouvernement qui a pris fait et cause pour la famille Peugeot et ses actionnaires et a mobilisé les moyens de l’État contre la grève.
 
Depuis 4 mois, les salariés ont montré qu'il est possible de relever la tête et de se battre collectivement de ne pas se faire écraser, même s'ils n'ont pas réussi à faire reculer PSA sur la fermeture de l'usine ou à obtenir un CDI pour tous et une pré-retraite dès 55 ans. Il aurait fallu pour cela une lutte qui se généralise.
 
Cette longue grève, est une véritable fierté pour les centaines de salariés qui y ont participé. C'est la fierté d'avoir mené un combat juste et légitime. C'est le combat pour l'emploi et pour protéger les conditions d'existence face à une direction qui licencie dans le seul but d'augmenter les profits.
 
Le soutien extraordinaire de dizaines de milliers de travailleurs est la preuve la plus éclatante que cette grève était juste et que nombre de militants et de travailleurs s'y reconnaissaient. 
Tous les grévistes tiennent à remercier tous les travailleurs qui les ont soutenus et leur ont permis de tenir. 
 
Grâce à la grève, PSA a dû céder un certain nombre mesures.
 
Concernant l'ensemble des salariés concernés par le PSE :
- La prime de licenciement supra-légale est passée de 6 mois à 12 mois.
- Pour les travailleurs âgés, le départ anticipé est passé de 30 à 36 mois.
- Les critères restrictifs pour toucher les primes de déménagement ont été quasiment annulées.
- La prime de mutation est passée de 5000 € brut imposable à 5000 € net non imposable
 
Concernant les grévistes de PSA Aulnay :
- La réintégration des 4 salariés honteusement licenciés. Ils pourront bénéficier des mesures du PSE ou de la possibilité de reclassement à la RATP, SNCF ou ADP.
- L'annulation des procédures de licenciements contre les délégués.
- L'annulation de toutes les poursuites pénales et disciplinaires.
- Des garanties écrites concernant les mutations.
- Une indemnité forfaitaire supplémentaire pour ceux qui choisiraient de quitter l'entreprise avant le 31 mai.
- Les journées de grève sont neutralisées pour le paiement des journées de chômage, du calcul de la prime de 13éme mois, des jours de congés payés, des jours fériés ce qui atténue fortement les pertes financières de la grève.
 
La grève reste la meilleure arme des travailleurs !
 
Jean-Pierre MERCIER
DS CGT PSA Aulnay
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:41

 

SOCIAL-ECO -  le 12 Avril 2013

 

1er mai: CFDT, CFTC et UNSA défileront pour défendre l'ANI sur l'emploi

 

 

La CFDT, la CFTC et l'Unsa ont annoncé ce vendredi des initiatives communes pour le 1er mai, jour de la fête internationale du travail, pour réclamer la fin des "politiques d'austérité aveugle" en Europe et défendre l'accord sur l'emploi du 11 janvier.

Cette annonce officialise la désunion des syndicats suite à la signature de l'accord national interprofessionnel sur l'emploi, signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CGC, mais pas par la CGT ni FO. Les centrales défileront ainsi en ordre très dispersé ce 1er mai: la CGT, Solidaires et la FSU d'un côté; la CFDT, la CFTC et l'UNSA de l'autre; Force ouvrière fera cavalier seul avec un rassemblement au Mur des Fédérés du Père-Lachaise à Paris.

Le 1er mai 2012, 750.000 personnes avaient défilé à l'appel de l'intersyndicale CGT, CFDT, UNSA, FSU, et Solidaires contre le spolitiques d'austérité menées par le gouvernement Fillon et les attaques anti-syndicats de Nicolas Sarkozy, alors en pleine campagne présidentielle.

Obtenir des résultats

Dans un communiqué publié ce vendredi, les trois confédérations réformistes réaffirment, , leur "soutien à l'accord emploi et sécurisation professionnelle du 11 janvier 2013 en cours de débat parlementaire et à la loi qui le transpose". Selon elles, cet accord signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, mais pas par la CGT ni FO, "montre que l'action syndicale et le dialogue social permettent d'obtenir des résultats, de construire des solutions face à la crise. C'est un point d'appui pour poursuivre et amplifier la mobilisation en faveur de la croissance et de l'emploi, en protégeant mieux les salariés".

Priorité à l'emploi

Les trois syndicats déclarent par ailleurs vouloir "ce jour-là exprimer leur solidarité et leur soutien aux travailleurs qui, partout dans le monde, n'ont pas accès aux droits fondamentaux, ne peuvent s'exprimer et s'organiser librement". Elles soulignent aussi "le besoin de politiques européennes qui donnent véritablement la priorité à l'emploi et à la réduction des inégalités". "Il faut mettre un terme aux politiques d'austérité aveugle qui provoquent chômage, précarité et montée des replis nationaux et des populismes", ajoutent-elles.

  • A lire aussi:

La CFDT ne défilera pas avec la CGT le 1er mai

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:50

 

Thierry Lepaon et le 1er mai: "Il y a beaucoup de sujets d'accord" avec les autres syndicats

 

 

Toulouse, envoyé spécial. Manifestation unitaire du 1er mai prochain, bataille de l'accord contre la transposition tel quel dans la loi de l'accord emploi (ANI) signé par le Medef et la CFDT, CFTC et CFE-CGC, le rôle de la CGT après son congrès et ses relations avec la majorité actuelle. Thierry Lepaon a apporté ses réponses en marge du rassemeblement de Toulouse. Extraits.

  • La mobilisation du 1er mai prochain:

"On peut envisager un 1er mai dynamique et unitaire. Il y a un point de désaccord (avec la CFDT sur l’ANI, ndlr), mais il y a beaucoup de sujets d’accord. Sur les salaires, sur les retraites, il y a des sujets sur lesquels on se rassemble. On le voit au niveau local, avec des banderoles où tous les logos des syndicats sont présents. Le 1er mai sera l’occasion pour nous de porter notre solidarité avec les salariés en lutte et les messages de ce congrès."

 

  • L’action de la CGT vis-à-vis de l'Accord national interprofessionnel:

"La loi sur l’ANI n’est pas encore écrite. En ce moment, on rend visite aux parlementaires dans leurs permanences pour les aider à comprendre ce qu’il y a dans ce projet de loi. Les entrevues qui devaient durer 20 minutes passent à une heure, une heure et demie. On leur explique que cet article là veut dire ceci pour le quotidien des gens. En nous écoutant, les parlementaires ouvrent les yeux tout grand. On mène de même ce travail pédagogique à l’Assemblée nationale et au Sénat. Et on voit bien que les choses bougent.

Il y a sept ou huit modifications importantes: sur la mise en conformité du projet de loi avec les textes de l’Organisation internationale du travail, sur la mobilité, sur la nature du licenciement… Par ailleurs, des discussions se mènent dans la majorité pour que cette loi ne soit pas mauvaise pour les salariés. Dans ce texte, les garanties données aux salariés sont renvoyées à plus tard. Celles données aux entreprises, c’est pour maintenant."

 

  • Un grand débat sur le travail

"Une partie de la France pense que le travail est un coût qu’il faut diminuer. Une autre partie, dont je suis, pense au contraire que le travail est une richesse et qu’il faut une meilleure répartition des ces richesses créées par le travail. Il y a besoin d’un vrai débat de société sur le sujet, sinon, on ne prendra jamais une décision. Le curseur de la répartition des richesses s’est déplacé de 18% en faveur du capital ces vingt dernières années. Pour moi, il faut pousser ce curseur dans le sens inverse.

Il y a aussi la question des aides publiques versées aux entreprises. On est passé d’une logique d’aide à une logique de droits. Les entreprises pensent que ces aides publiques sont un droit. Or, personne n’est capable d’évaluer le résultat de ces aides. Celles-ci représentent tout de même l’équivalent du produit intérieur brut de l’industrie française.

Toutes ces questions débordent le cadre de l’ANI. On veut un débat public plus large."

 

  • A quoi doit servir la CGT

"70% des salariés qui ont un travail estiment que les conditions ne sont pas réunies pour faire un bon travail. Il existe un mal-vivre au travail généralisé. Donc nous allons parler de temps de travail, de salaire, d’emploi, de formation. Cette question de mal-être au travail, qui faisait déjà partie de notre quotidien, devient une priorité. La structure de la CGT doit donc être accessible, utile et solidaire. S’il faut l’adapter pour cela, on le fera."

 

  • La CGT, Nicolas Sarkozy et François Hollande

"Ce sont deux situations différentes. On s’est heurté à un mur, parfois à de l’arrogance. J’ai en mémoire un président de la République qui a fait siffler le secrétaire général de la CGT. Cela ne viendrait pas à l’esprit du président actuel. A François Hollande, on dit deux choses: on a permis que les "autres" ne soient plus là et que le gouvernement actuel soit en place. La majorité actuelle s’est faite élire sur des questions sociales. C’est pour cela que nous sommes très exigeants vis-à-vis de ce gouvernement."

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 05:11

ANI : « la démocratie sociale n'est pas la domination d'une minorité sur la majorité »

 

Plus la vérité se fait jour sur le contenu de l'Accord national interprofessionnel conclu entre le Medef et certains syndicats de salariés, plus il devient évident qu'il s'agit d'un mauvais texte, qui va profondément dynamiter le code du travail.

Face à cette montée du mécontentement, le gouvernement et une partie des députés socialistes se mobilisent. Pour le ministre du Travail Michel Sapin, l'accord signé par 3 syndicats sur 5 est majoritaire et pour 100 députés signataires d'une tribune dans le JDD, il s'agit d'une avancée au nom de la « démocratie sociale ». Que de contre-vérités ! La « démocratie sociale » est devenue la nouvelle expression magique pour faire avaler de toute force ce projet si néfaste. Mais les mots ont un sens. La démocratie, c'est un homme, une voix et une majorité. L'ANI est tout sauf cela car élaboré par une minorité des représentants syndicaux. La démocratie même accolé de l'adjectif social, ce n'est pas la domination d'une minorité sur la majorité.

Cette accord ne doit pas être transposé par la gauche à l'assemblée qui est majoritaire, faut-il le rappeler. Le PCF, derrière les syndicats, appelle à la plus large mobilisation demain, mardi 5 mars, lors de la manifestation contre l'ANI.

Le PCF et ses partenaires du Front de gauche seront présents. En présence de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur, ainsi que de nombreux élu-e-s et militant-e-es communistes et du Front de gauche.

 

Pour ma part je serai, avec mon camarade commuiste Ernest Levindré et quelques autres à la manifestation organisée par la CGT et FO à Thouars à 11 H, face au Théâtre.

 

Bruno Fornaciari

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:49

Loi d’amnistie sociale : « toute la gauche doit se rassembler pour la gagner » (PCF)

Nous tenons à dénoncer fermement l'attitude de certains sénateurs de gauche qui, en votant contre, ont mis en minorité la proposition de loi d’amnistie sociale présentée par le groupe CRC lors de la réunion de la Commission des lois sénatoriale.

Face à la montée de la criminalisation de l’action syndicale, à la radicalisation des rapports sociaux impulsée par le grand patronat et à la casse des emplois par la multiplication des plans dits « sociaux », il est impératif et urgent que les salariés, qui portent dans les mouvements sociaux des propositions alternatives, disposent de droits et pouvoirs nouveaux dans les entreprises.

Le PCF et ses partenaires du Front de gauche avancent nombre de propositions pour que les salariés pèsent plus efficacement sur les stratégies patronales et gouvernementales. La proposition de loi d’amnistie sociale permet ainsi de réparer des injustices et de renforcer la capacité des salariés à se défendre. Toute la gauche doit se rassembler pour la gagner.

L'heure est à la mobilisation. Nous appelons toutes celles et ceux qui souhaitent que le monde du travail se fasse mieux entendre, disposant de représentants dotés de droits et pouvoirs nouveaux à se rassembler nombreux le mercredi 27 février 2013 à 14h30, devant le Sénat. C’est ce jour que, sur l’initiative des sénateurs communistes et républicains, la proposition de loi d’amnistie sociale sera débattue.

Didier Le Reste, dirigeant du PCF, animateur du Front des luttes,

Paris, le 13 février 2013.
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 11:16

 

Le PCF soutient la mobilisation des personnels de la Fonction publique

Le PCF soutient les mobilisations des personnels de la Fonction publique ce 31 janvier. 1 million de personnes payées au SMIC et 4 ans de gel du point d'indice. Cela suffit ! Cessons cette politique de non remplacement des départs en retraite qui se poursuit dans de nombreux secteurs de la Fonction publique, ainsi que le gel du montant de la dotation publique de l’État aux collectivités, victimes d’un transfert de compétences sans compensation intégrale sous le précédent gouvernement.

Cette politique dégrade les conditions de travail des agents et la qualité du service public : il faut en finir avec la politique d’austérité qui se traduit par le développement de la précarité par le recours à l’externalisation, à l’intérim, aux contrats précaires ou par délégations de service public à des entreprises privées.

L’argent existe pour financer une toute autre politique. Pas moins de 50 milliards servent à payer les intérêts de la dette et 20 milliards viennent d'être accordés au patronat au titre du pacte de compétitivité. Cet argent doit servir à satisfaire les besoins sociaux et écologiques, pas à se
soumettre aux marchés financiers et au hold up des banques sur l’argent public. Le gouvernement doit entendre les revendications des fonctionnaires qui sont porteuses d’intérêt général. De nombreux élu-e-s et militant-e-s du PCF et du Front de gauche participeront aux manifestations.

Parti communiste français

Paris, le 31 janvier 2013.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 06:07
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 08:50
Lettre d'information n°6
01/02/2013
A LA UNE

Depuis que la grève a repris à l'usine d'Aulnay, la direction met le paquet pour tenter de l'arrêter. Elle a fait venir, en toute illégalité, une centaine de vigiles qui paradent en uniformes et rangers autour de l'usine. Le préfet de Seine-Saint-Denis, averti plusieurs fois de cette situation, refuse systématiquement de dénoncer la direction, alors que le droit du travail est explicite sur ce sujet.

Des cadres sont envoyés à Aulnay avec doublement de leur salaire et une prime de 10%. Ils ne sont pas là pour travailler mais servent à intimider et impressionner les salariés grévistes et non grévistes. La direction a embauché en toute illégalité des intérimaires pour remplacer les grévistes.

Bref, PSA viole la loi. Et ce multirécidiviste n'est pas inquiété par les pouvoirs publics complices de ces délits.

En revanche, des camarades de la CGT subissent de plein fouet la répression patronale. 6 militants CGT, organisateurs de la grève, sont convoqués à la Sureté Territoriale, c'est-à-dire directement au Parquet. D'après les dires des policiers eux-mêmes, ils seraient accusés des altercations avec des huissiers payés par la direction. 4 de ces militants convoqués par la police sont aussi sous le coup d'une procédure de licenciement avec mise à pied conservatoire à effet immédiat. L'enquête n'a pas démarré, mais la direction veut les mettre dehors. Elle montre ouvertement qu'elle cherche à casser la grève.

Vendredi 1er février, un rassemblement aura lieu devant la sûreté territoriale à Bobigny, 45 rue de Carency, derrière le TGI. Que les camarades viennent nombreux soutenir les militants CGT injustement accusés. Ne laissons pas le patronat et le gouvernement réprimer la lutte syndicale. 

Mardi 5 février, un grand rassemblement sera aussi organisé sur le parking de l'usine, à partir de 13h30 pour protester contre cette répression. Venez nombreux soutenir la lutte des salariés de PSA Aulnay.

Mardi 29 janvier, plusieurs centaines de grévistes d'Aulnay ont participé aux différentes manifestations organisées à Paris contre l'ensemble des licenciements que le monde du travail subit de plein fouet. Virgin, Sanofi, Goodyear et tant d'autres entreprises licencient alors qu'elles encaissent toujours plus de profits. Ne laissons pas les patrons nous jeter dans la misère. Organisons la riposte du monde du travail.

Ce même mardi 29 janvier, deux bonnes nouvelles sont tombées :

D'abord, l'action en justice des camarades de la CGT de Faurecia a porté ses fruits. Une fois encore PSA démontre qu'il ne respecte aucune loi et aucune procédure. Du coup, son plan social est suspendu provisoirement car le CCE de Faurecia n'a pas été consulté. Ce n'est qu'un petit recul, mais c'est quand même un camouflet pour PSA. Tant mieux ! Et nous allons utiliser ce temps gagné pour tenter d'amplifier la lutte.

Ensuite, à la réunion de négociation au siège de PSA, la direction concédait de nouveaux reculs. On reste loin du compte. Mais ces reculs sont la conséquence directe de la grève. Cela ne peut que renforcer notre détermination de la poursuivre.

Mercredi 30 janvier, 150 grévistes d'Aulnay se sont rendus en délégation, rencontrer les travailleurs en grève de Renault Cléon. Le rassemblement a été chaleureux, malgré la pluie normande !

Ces actions aident à populariser la grève et elles renforcent aussi la conscience que nous avons tous les mêmes patrons, les mêmes attaques et que nous ne pourrons nous défendre que tous ensemble. Ces actions préparent l'avenir.

À l'usine, malgré les tensions et les provocations organisées par la direction, la grève se poursuit. Des intérimaires débrayent régulièrement pour réclamer le paiement de la semaine de chômage partiel.

Communiqués
Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay31/01/2013
Les salariés en grève de PSA Aulnay se rassembleront ce vendredi 1er février à partir de 9h30 devant le commissariat de Police de Bobigny au 45 rue de Carency pour soutenir la militante CGT et organisatrice de la grève, Agathe Martin, mère de famille qui est convoquée. 5 autres militants de la CGT, eux ausi organisateurs de la grève ont été convoqué tous les jours de la semaine. Agathe Martin est menacée de licenciement avec mise à pieds conservatoire à effet immédiat.
 
Nos actions
 

La grève reprend à PSA Aulnay
France 3 Île-de-France
28/01/2013

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 08:18

"Je n'ai pas à m'excuser", estime Laurent Berger (CFDT)

Le Monde.fr | 18.01.2013 à 10h27 • Mis à jour le 18.01.2013 à 11h34Par Jean-Baptiste Chastand, Claire Guélaud et Michel Noblecourt

 


Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, au siège de la confédération syndicale, à Paris, le 17 janvier.

 

Le nouveau patron de la CFDT, Laurent Berger, assume. Sa signature de l'accord sur l'emploi, négocié vendredi 11 janvier avec le Medef et avalisé jeudi 17 à l'unanimité par son bureau national, est dictée par le seul intérêt des salariés, assure-t-il dans un entretien au Monde, daté du 19 janvier.  "La CFDT n'est dans les mains de personne", précise fermement le successeur de François Chérèque, face aux accusations de collusion avec le PS ou avec le Medef.

Lire l'intégralité de l'entretien Laurent Berger : Je n'ai pas à m'excuser...(abonnés)

Alors que les critiques de la gauche de la gauche, de la CGT et de FO se multiplient, il réplique : "Je n'ai pas à m'excuser d'apporter du plus [aux salariés] ni d'avoir encadré la flexibilité dans les entreprises, qui aujourd'hui est à la fois sauvage et omniprésente""Au minimum, l'accord est équilibré, moi je trouve qu'il est ambitieux !", vante le leader de la CFDT, en se réjouissant de l'encadrement des accords compétitivité-emploi, de l 'extension des mutuelles financées par les employeurs ou de l'élargissement des droits rechargables à l'assurance chômage.


 CONCEPTION "DIFFÉRENTE" DE LA CGT


"Les cotisations chômage des CDD de moins d'un mois vont augmenter de 75 % ! Près de 17 millions de contrats précaires vont être taxés plus fortement, ce n'est pas du tout anecdotique", plaide M. Berger. "Nous avons, avec la CGT, une conception fondamentalement différente de l'articulation entre la loi et la négociation", enfonce-t-il.

Il demande par ailleurs aux députés de cantonner au strict minimum leurs amendements au projet de loi transposant l'accord. "Le droit à amendements existe mais dans le respect du texte et de son équilibre", explique-t-il. "Il existe des marges de discussion (...) sur les modalités de désignation des représentants des personnels dans les conseils d'administration des grandes entreprises" ou "la reprise de sites rentables", estime-t-il simplement.

 

Pas rès convaincant cependant !

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BRUNO FORNACIARI

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