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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 10:52

 

Congrès de la CGT

capital de confiance


La CGT a tenu dans la Ville rose son congrès.

Alors que le capitalisme mondialisé et financiarisé est plongé dans la crise, c’est une véritable machine à remonter le temps et à effacer les progrès sociaux qui s’est ébranlée en ce début de XXIe siècle. L’actualité nous en fournit maints exem­ples. Ainsi, l’accord du 11 janvier dernier, mensongèrement présenté comme sécuri­sant l’emploi, que le Medef a obtenu sans rencontrer de résistance de trois syndicats minoritaires est une bombe contre le con­trat de travail. Les oukases de compétiti­vité imposés par le chantage chez Renault ou ailleurs accordent le droit aux diri­geants d’entreprise de disposer à leur guise de la vie du salarié. 


Et comme il est dans l’air du temps de prôner 
la résignation au nom 
de la crise, la CGT se voit reprocher une prétendue « radicalisation ». Tout simplement parce que ce syndicat, qui a derrière lui une expérience de cent dix-huit ans, reste fidèle à sa raison d’être : la défense des intérêts matériels et moraux des travail­leurs. La campagne anti-CGT, relancée notamment dans la dernière période à l’occasion du conflit Goodyear ou de PSA, n’obtient pas les résultats escomptés par ses fomenteurs. Les chiffres en attes­tent – des élections prud’homales (2008) jusqu’aux très petites entreprises (TPE) (2012) : la centrale présidée par  Thierry Lepaon arrive en tête de toutes les organi­sations syndicales.

Ce capital de confiance qui émane du monde du travail est évidemment un atout. Mais il y a un paradoxe du syndicalisme français qu’il faudra bien dépasser : il est combatif, représentatif de la colère 
et des aspirations des salariés, au point que dans d’autres grands syndicats européens l’on envie souvent « les luttes 
à la française ». Mais le faible taux de syndicalisation (8 % des salariés) qui affecte toutes les compo­santes syndicales représente un manque à gagner que 
les dirigeants de la CGT sem­blent décidés à corriger. 
Un syndicat fort d’un million de militants, la fin des « déserts syndicaux » permettront de peser davantage face à la radicalisation du capi­tal.

On ne saurait séparer la défense du monde du travail contre les empiétements des profitophages actionnariaux, de l’action pour la transformation sociale. Pas plus qu’on pourrait opposer résistance et esprit de conquête. De même, y a-t-il une cohé­rence entre l’engagement de la CGT pour battre la droite au printemps 2012 et les critiques franches d’aujourd’hui à l’égard d’un exécutif qui semble avoir oublié qui l’a fait roi n


 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 13:23

PCF. Rassembler à Gauche pour contrer l'austérité

Discours offensif de Pierre Laurent pour la clôture de l'Université d'été.


Les Karellis (Savoie). Au terme de trois jours de débats, l'Université d'été du PCF refermait ses portes hier. L'occasion pour Pierre Laurent d'un discours de rentrée dans lequel affirmer sa conception du rassemblement et du rôle à jouer pour le Front de Gauche dans la nouvelle situation politique issue des urnes.

« Nous voulons arracher toutes les conquêtes possibles par la mobilisation » lance-t-il en invitant les militants à s'adresser « non pas seulement à ceux qui ont voté Front de Gauche dans la dernière période mais à tout le peuple, à tous les salariés du pays. »


Le Secrétaire national du PCF le martèle : « la bataille pour le changement, c'est maintenant. Les rapports de forces n'ont pas été figés par l'élection présidentielle. »


Son crédo : « être force de proposition » et travailler à des rassemblements populaires pour pousser le gouvernement à sortir de l'application stricte des 60 engagements de François Hollande. Ne les jugeant pas à la hauteur de la situation, les communistes avaient décidé en juin de ne pas participer au gouvernement.

Pierre Laurent dénonce « l'offensive des forces de l'argent pour empêcher tout changement » et appelle à « rendre visible la bataille menée par le grand patronat » depuis la défaite de Nicolas Sarkozy avec notamment l'avalanche de plans de licenciements qui met au défi le nouvel exécutif. « Le gouvernement fait ce qu'il avait annoncé c'est-à-dire des petites réformes mais sans s'attaquer à la racine du mal » constate le dirigeant communiste. « On est à des kilomètres du discours du Bourget où François Hollande désignait la finance comme l'ennemi. »


TSCG : « une folie pour un gouvernement de Gauche »


Preuve la plus criante de ce décalage : le Traité Européen sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG). « Il a été écrit de la première à la dernière ligne par Sarkozy et Merkel dans le but de faire enfiler une camisole de force aux peuples d'Europe. C'est une folie pour un gouvernement de Gauche que de l'accepter. »


Pour Pierre Laurent, un référendum est indispensable. D'abord du fait de l'abandon de souveraineté imposé par le traité mais aussi parce que la promesse de le renégocier n'a pas été tenue par le Président de la République.

« On entend une petite musique ces derniers jours qui consiste à nous dire : "d'abord on ratifie mais au sommet européen d'octobre vous allez voir ce que vous allez voir" » ironise-t-il sous les rires de la salle. Puis il rappelle la nécessité de réussir la manifestation nationale fin septembre contre la ratification du traité. « Le Parti communiste a beaucoup œuvré pour qu'elle ne soit pas une manifestation du seul Front de Gauche. Que tous les écologistes, socialistes, syndicalistes qui veulent que le peuple soit consulté s'y retrouvent ! » s'exclame-t-il avant de résumer le rapport des communistes au gouvernement en place : « Nous ne voulons pas être des commentateurs plus ou moins avisés de la situation politique, nous avons créé le Front de Gauche pour être des acteurs de conquêtes. »


Léo Purguette (La Marseillaise, le 3 septembre 2012)

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 07:30
Lettre d'information n°11
26/03/2013
A LA UNE

10 semaines de grève, et toujours debout !

Nous sommes en grève depuis le 16 janvier. Et à l’époque, bien peu d’entre nous auraient parié que cela devait durer autant. Depuis, nous avons fait face à tout : les vigiles et les dizaines de cadres déployés par la direction pour nous intimider ; le licenciement de camarades, pour des motifs aussi lamentables que « jet d’œuf » ou « joue du tambour » ; la presse, qui nous a traités de « voyous » ; le gouvernement, solidaire de la direction de PSA ; les convocations de copains à la sûreté territoriale, avec la menace de poursuites judiciaires ; les CRS qui nous accompagnent dans tous nos déplacements,etc.

Mais rien de cela ne nous fait céder, pour une raison simple et juste : nous cherchons à sauver nos emplois, et nous défendons nos camarades sanctionnés par des patrons aussi dénués de scrupules que cupides.

La production toujours paralysée

Depuis le 16 janvier, aucune C3 n’est sortie des chaînes de production. La direction en a perdu plus de 21 000.

Vendredi 22 mars, elle a annoncé qu’à partir du 8 avril, elle allait mettre au chômage l’équipe du soir pour quatre semaines. Une décision qui masque difficilement son échec de remettre en route la production depuis le 16 janvier. Du coup, elle voudrait faire payer la moitié des salaires d’avril par l’Etat. 

C’est pourtant simple, si elle veut sa production, la direction n’a qu’à nous garantir un CDI et lever toutes les sanctions disciplinaires. 

« Cinq syndicats sur six », vraiment ?

La direction de PSA et le ministre Montebourg ont répété que cinq syndicats sur six auraient validé le plan social de PSA. Vraiment ? Au Comité central d’entreprise du 18 mars, la CFTC, FO, la CGC et le SIA ont en effet approuvé le plan de la direction, tandis que la CGT votait contre. Mais la CFDT s’est divisée, deux de ses représentants votant non, tandis qu’un s’abstenait – une petite gifle pour la direction de PSA. 

Surtout, les représentants centraux des syndicats ne représentent pas les salariés d’Aulnay, où les organisations engagées dans la grève contre la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois totalisent 55 % des voix dans le 1er collège (ouvriers et employés) : CGT 36,5 %, SUD 12,5% et CFDT 6%. En deux jours, une pétition à Aulnay a recueilli 1000 signatures contre le plan social. Les notions de « majoritaire » et de « minoritaire » sont donc à revoir ! 

Rassemblement devant le siège PSA 

Lundi 18 mars, c’est à plusieurs centaines que nous nous sommes rendus devant le siège de PSA à l’occasion du Comité central d’entreprise qui s’y tenait. Afin de dire que pour nous, le PSE (« Plan de sauvegarde de l’emploi »), c’est-à-dire le plan de licenciements, c’est toujours non !

Montebourg rate le train de l’Innovation

Mardi 19 mars, une centaine de grévistes ont profité de l’occasion de l’inauguration du « train de l‘innovation » pour interpeller Montebourg sur le silence complice du gouvernement concernant la préparation de milliers de licenciements à PSA et concernant le refus du gouvernement de nommer un médiateur dans le conflit d’Aulnay.

Courageusement, Montebourg s‘est réfugié dans un restaurant de la gare de Lyon. Les salariés réclamaient simplement qu’il s’explique naturellement devant eux ou au moins qu’il les reçoive en présence de la presse. 

Refus du ministre, qui préfère visiblement les plateaux de télé au dialogue avec les salariés en grève depuis 10 semaines, en présence de la presse. 

La caisse de grève

Au 24 mars, 220 000 euros étaient dans la caisse de grève. Un grand merci aux nombreux travailleurs qui nous soutiennent et qui nous aident, ainsi, à tenir bon face à PSA !

Assignation au tribunal de Versailles

A la demande des syndicats CGT de toutes les usines PSA, la Fédération CGT de la Métallurgie a attaqué PSA en justice pour insuffisance du PSE. L’audience aura lieu mardi 26 à 10h, au tribunal de grande instance de Versailles (5 place André Mignot). A cette occasion, nous organisons un rassemblement. Tous les amis de la grève sont invités. Venez nombreux !

Communiqués
Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay25/03/2013
Dans leur dixième semaine de grève, les salariés de PSA Aulnay combattent toujours le projet d'accord concernant les conditions de la fermeture de l'usine. En rassemblant près d'un millier de signatures contre ce projet d'accord et pour demander l'ouverture de nouvelles négociations, les salariés ont démontré une nouvelle fois que le rejet de ce projet d'accord est largement majoritaire. C'est avec l'accord des salariés en grève de PSA Aulnay que les syndicats CGT du groupe PSA ont demandé à leur Fédération de porter l'affaire en Justice. Marie-Laure Dufresne-Castets représentera la CGT tout au long de cette procédure.
Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay19/03/2013
Ce mardi 19 mars, une centaine de salariés de PSA Aulnay ont profité de l‘occasion de l‘inauguration du « train de l‘innovation » pour interpeller Montebourg sur le silence complice du gouvernement concernant la préparation de milliers de licenciements à Aulnay et à Rennes à PSA et concernant le refus du gouvernement de nommer un médiateur dans le conflit d‘Aulnay.
Nos actions
 
Déclarations
 
Là bas si j'y suis
20/03/2013


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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 11:09

Harcèlement, stress, souffrance au travail à l’O.P.H. d’Aubervilliers : nous disons STOP

lundi 18 mars 2013


Nous nous sommes fait l’écho à plusieurs reprises sur ce site de cette question sociale devenue centrale à travers des initiatives dont la plus récente a été la projection-débat du documentaire de Marcel Trilliat, Rêver le travail, dans le cadre de l’assemblée du Front de gauche du 29 mai dernier.

Les mécanismes qui conduisent à la souffrance au travail et les risques psychosociaux sont liés notamment à la pression du résultat et de son évaluation, à la pression permanente du court terme, aux objectifs stratégiques contraires à de saines pratiques professionnelles, et à l’individualisation des performances.

Que des administrations publiques soient le théâtre de pratiques de harcèlement interpelle.Mais que dans notre ville, un organisme public qui dépend de la responsabilité du maire en soit arrivé à un tel degré de délitement des relations au travail nous interpelle doublement.

Souffrance au travail à l’OPH d’Aubervilliers

Durant les derniers mois, on y dénombre cinq tentatives de suicide.

Le 22 janvier 2013, l’inspecteur du Travail écrivait à la Direction générale : « les accidents graves qui se sont succédé sur une période de moins de deux ans auraient dû faire l’objet d’une analyse qui vous mette en mesure d’adopter les mesures de prévention. Or à ce jour, vous persistez à ne voir dans ces événements que des situations purement individuelles échappant à une compréhension en rapport avec les conditions de travail des agents et des salariés de votre établissement ».

Devant le comité d’entreprise de l’O.P.H., le médecin du travail a mis en évidence « l’existence d’une souffrance au travail concernant des personnes travaillant à l’O.P.H. d’Aubervilliers. Il est de l’avis du rapporteur qu’un diagnostic plus approfondi, généralisé, objectif et indépendant, mérite d’être mené afin de rechercher, limiter et si possible éliminer les facteurs ayant contribué à la survenue de cette souffrance ».

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Bobigny a rendu une décision favorable à la requête du CHSCT : la réalisation d’une expertise des risques psychosociaux demandée par le CHSCT est donc confirmée par le TGI.

Nous tenons à alerter la population d’Aubervilliers et nous soutenons les salariés qui se battent pour le respect de leur dignité.

Bernard Orantin

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 09:17

 

 

Manifestation de salariés d'Aubade, en juillet 2009

SOCIAL-ECO -  le 20 Mars 2013

 

Victoire pour les anciens salariés d'Aubade de Saint-Savin

 

 

La justice a donné raison mercredi à 66 anciens salariés de l'usine de lingerie fine Aubade dans la Vienne, rachetée par le groupe suisse Calida, qui dénonçaient le caractère "boursier" de leur licenciement fin 2009, et leur a accordé d'importants dommages et intérêts, environ 2 millions d'euros au total.

Dans un arrêt, la chambre sociale de la cour d'appel de Poitiers a accordé aux salariés d'Aubade Saint-Savin des dommages et intérêts allant de 13.000 à 55.000 euros, en fonction de l'ancienneté, soit environ 2 millions d'euros au total, a indiqué à l'AFP leur avocat Me Emmanuel Giroire-Revalier. Sur 101 licenciés fin 2009, 66 salariés avaient saisi les prud'hommes, estimant qu'il n'y avait "aucun motif économique" aux suppressions d'emploi. Huit autres contestent leur licenciement, mais dans un procédure disjointe au dénouement prévu en avril.

Les salariés estimaient que les difficultés financières invoquées à l'époque par Calida (sous-vêtements, pyjamas, maillots de bain) n'étaient pas justifiées, que le groupe suisse avait à l'époque les moyens de soutenir sa filiale, et que les suppressions d'emploi répondaient à une logique financière et stratégique. Les ex-salariés avaient été déboutés en janvier 2012 par le conseil des prud'hommes de Poitiers, jugement que la cour d'appel a annulé.

Elle considère qu'"en l'absence de preuve des difficultés économiques du groupe Calida, le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse". Mais elle ne retient pas pour autant le caractère "abusif" du licenciement comme réclamaient les appelants, faute d'attitude de Calida à "organiser artificiellement les difficultés".

La cour relève en outre que le groupe suisse avait présenté le rachat d'Aubade (en 2005) comme un moyen de "dépoussiérer son image classique", et "avait affirmé que son objectif était de parachever la délocalisation de la fabrication" en Tunisie étant donné les coûts salariaux inférieurs. Les juges ont enfin considéré que la société Aubade "a manqué à son obligation de recherche sérieuse, loyale et personnalisée de reclassement". Les anciens salariés réclamaient des indemnités allant de 24 à 48 mois de Smic, soit de 30.000 à 70.000 euros, selon l'avocat.

Aubade comptait 472 salariés en France à son rachat en 2005, et avait perdu 140 emplois lors d'un premier plan social en 2007, après une délocalisation en Tunisie. Un second plan de 101 personnes n'avait laissé dans l'usine de Saint-Savin qu'une trentaine de personnes, sur une plate-forme logistique et de distribution.

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Il est bon de se rappeler qu'en juillet 2009 déjà Aubade fait scandale, mais pas avec sa lingerie

 

Textile . En projetant de licencier 104 salariés à Saint-Savin (Vienne), le groupe suisse Calida, qui a racheté le fleuron du luxe en 2005, veut parachever sa délocalisation en Tunisie.

Des dessous chics brodés sur leurs tee-shirts, des tuniques avec des porte-jarretelles intégrés, des slogans qui détournent les campagnes de pub : « Leçon no 100 : sans les petites mains françaises » ou « Année 2007 : ils ont enlevé le haut, 140 licenciements. Année 2009 : ils enlèvent le bas, 104 licenciements ». Arrivées devant l'Assemblée nationale hier matin après six heures de voyage en bus, une centaine de salariées d'Aubade à Saint-Savin (Vienne), le dernier site français de production de ce fleuron de la lingerie de luxe menacé de délocalisation -définitive, se rajustent et, en choeur, avec entrain, chantent vite leur colère. « Interdisez les délocalisations », lancent-elles à l'adresse des élus du peuple.



Calida part avec le magot

« On est révoltées, complètement écoeurées, explique Brigitte Péris, déléguée CGT. Depuis le début de l'année, on sentait bien qu'ils préparaient un mauvais coup, mais là, ils nous jettent littéralement pour tout implanter en Tunisie. » À ses côtés, Patricia Berton, qui travaille à l'atelier de confection, témoigne : « Il y a deux ans, après les licenciements et la délocalisation de la production, on nous a demandé de nous investir, d'être polyvalentes. On a gardé la mise au point des prototypes, des patrons, et la réalisation des modèles destinés aux représentants qui vont les présenter dans les magasins. On nous a demandé beaucoup d'efforts depuis deux ans et, avec la perspective de ne garder à Saint-Savin qu'une plate-forme logistique, tout est réduit à néant. Beaucoup d'entre nous travaillent pour cette boîte depuis trente ans et plus, avec un petit SMIC en plus : c'est nous qui avons fabriqué la marque Aubade et là, on voit le groupe Calida qui nous a racheté en 2005 partir avec le magot. Ce n'est plus possible de laisser faire ça, ils sont trop gourmands, ces groupes financiers... »



700 000 euros de dividendes

Dans un salon de l'Assemblée nationale, Me Emmanuel Giroire-Revalier, avocat du comité d'entreprise d'Aubade, décortique un « processus de cannibalisation » d'Aubade par la maison mère suisse Calida. « Les actionnaires veulent délocaliser la production et, dans le même temps, ils déplacent les bénéfices réalisés vers des pays plus avantageux fiscalement, explique-t-il. Ils organisent simultanément une apparente baisse de la compétitivité en France pour valider les licenciements massifs et contournent les protections offertes aux salariés français. » Député PS de la circonscription, Jean-Michel Clément dénonce des « licenciements d'économie » dans un groupe qui distribue 700 000 euros de dividendes à ses actionnaires.

DÉMAGOGIE

À ses côtés, Alain Vidalies, autre député socialiste chargé de l'industrie, invite à « ne plus laisser à ces gens la possibilité de prendre, dans une situation où il y a des bénéfices réalisés, des décisions qui vont à l'encontre de l'intérêt des salariés ». « On doit peut-être faire le parallèle avec les personnes qui sont mises sous tutelle, poursuit-il. Quand on fait des bénéfices, on n'accepte pas que l'on se comporte ainsi... »

Pour Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, républicains et du Parti de gauche, 

  Contre les licenciements boursiers, ce serait bien qu'on arrête de voir des parlementaires de la majorité aller devant les usines pour expliquer qu'ils soutiennent les salariés, puis revenir à l'Assemblée et voter contre les projets de loi qui proposent de les interdire.

Il faut tenir un langage de vérité ».

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 09:14

Jean-Luc Mélenchon a jugé vendredi que Laurence Parisot se livrait à "un amalgame odieux", voulant "faire passer les salariés et les militants en lutte pour de vulgaires casseurs".

  le 1 Mars 2013

 

La proposition de loi sur l'amnistie sociale fait des vagues à droite

 

 

Décision ahurissante, encouragement à la destruction et au "cassage", un chèque en blanc pour la violence... La patronat et l'opposition sont vent debout contre la proposition de loi d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux, votée mercredi au Sénat. Florilège.

L'ancien ministre UMP Eric Woerth a qualifié vendredi de "décision ahurissante" le vote au Sénat d'une proposition de loi d'amnistie estimant que c'est "un chèque en blanc pour la violence". "Je pense que le Sénat a pris une décision ahurissante, avec le soutien de la garde des Sceaux, parce que c'est un chèque en blanc pour la violence", a estimé sur Europe 1 le député-maire de Chantilly (Oise). "Alors que souffle dans le pays un vent de colère assez considérable, dans toutes les catégories sociales, c'est aussi une gifle au dialogue social puisque c'est le contraire au dialogue social, et c'est aussi une manière assez curieuse d'intervenir sur les décisions de justice", a-t-il poursuivi. "Personne ne peut accepter la violence, même lorsque c'est pour des raisons sociales, la violence, c'est le contraire de ce qu'il faut faire, c'est un reniement supplémentaire de la part du gouvernement", a encore dit l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas privilégier le dialogue social et en même temps amnistier ceux qui ont fait preuve de violence, quand on va casser une préfecture ou une entreprise, à ce moment là on prend ses risques", a-t-il insisté, affirmant que le précédent gouvernement n'avait "jamais cédé à la pression de la rue".

Le député UMP Bernard Accoyer a demandé vendredi que le Conseil économique et social (CESE) soit saisi avant son examen à l'Assemblée nationale. L'ancien président de l'Assemblée "regrette les conditions" dans lesquelles ce texte a été adopté "sous la pression inadmissible d'une manifestation de syndicalistes instrumentalisés par Jean-Luc Mélenchon", écrit-il dans un communiqué. "Si une telle amnistie était accordée, elle serait de nature à légitimer des violences prétendument syndicales au détriment d'un dialogue social responsable dans les entreprises", regrette le député, qualifiant de "nouvelle démarche électoraliste de la majorité" cette initiative.

L’ancienne garde des Sceaux Rachida Dati (UMP) a estimé vendredi que le gouvernement tentait de satisfaire «une clientèle» déçue par la montée du chômage, avec la proposition de loi d’amnistie des délits commis lors de conflits sociaux. "Moi, ce qui me gène dans l’amnistie, c’est que le gouvernement actuel répond à une clientèle", a estimé l’eurodéputée sur I-télé. "Comme le climat est en ce moment très dur, on a l’impression qu’on leur dit, comme on peut rien faire pour vous, pour défendre votre emploi, finalement on vous amnistie, soyez déjà contents", a-t-elle ajouté. Pour l’ancienne ministre de la Justice, il est "légitime de pouvoir se rebeller" mais, ajoute-t-elle, "je ne vais quand même pas cautionner la casse".

Les entrepreneurs sont "médusés" par le vote au Sénat d'une proposition de loi d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux, a déclaré vendredi la présidente de l'organisation patronale Medef, Laurence Parisot. "Les chefs d'entreprises qui découvrent ce sujet (...) sont médusés", a-t-elle déclaré sur Europe 1. "C'est stupéfiant d'imaginer qu'il puisse y avoir une amnistie pour un petit nombre de personnes qui ont commis des délits (...) qui ont été actés par la police, qui ont été condamnés par la justice", a-t-elle dit.

Jeudi, la CGPME avait vigoureusement protesté contre la proposition de loi d'amnistie. "La violence ou la dégradation de l'outil de travail ne sont pour finir, au regard de ce texte, pas si graves que cela et ne méritent plus en France en 2013 de sanctions ! Clémence pour les syndicalistes !", écrit l'organisation patronale représentative des petites et moyennes entreprises dans un communiqué. "A l'inverse, il va de soi bien évidemment que le patron d'une entreprise de 11 salariés qui lui n'a pas exactement respecté la procédure lors des élections de délégués du personnel, reste coupable d'un délit d'entrave passible d'un an d'emprisonnement", poursuit la CGPME. "Sa culpabilité est flagrante et la loi doit s'appliquer dans toute sa rigueur. Pas de quartier pour les patrons de PME !", lance-t-elle. "La CGPME réclame donc, si ce texte scandaleux doit être maintenu, son élargissement aux dirigeants d'entreprises notamment pour les délits d'entrave", avertit l'organisation patronale.

L'ancien ministre du Travail Xavier Bertrand (UMP) s'est dit vendredi "profondément choqué par cette loi d'amnistie qui a été votée au Sénat", à l'antenne de Radio Classique et Public Sénat, estimant que le gouvernement essayait de "faire plaisir à l'extrême gauche" et de vouloir instaurer un "droit de casser dans les entreprises".

Valérie Pécresse, députée des Yvelines, a tonné contre le "silence assourdissant et irresponsable" de François Hollande. "C'est un texte absolument clientéliste, un texte d'injustice et de lutte des classes", a ditHervé Mariton, député de la Drôme.

Le Sénat a adopté mercredi une proposition de loi (PPL) communiste d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux entre janvier 2007 et février 2013. Sont amnistiés les contraventions et les délits d'atteinte aux biens commis entre le 1er janvier 2007 et le 1er février 2013, passibles de 5 ans d'emprisonnement au plus. Le texte d'origine prévoyait l'amnistie pour les faits commis avant le 6 mai 2012 et concernait les infractions passibles de 10 ans de prison. Il a été voté par le Sénat par 174 voix contre 171. Les groupes PS, CRC (communiste), EELV et RDSE - à majorité radicaux de gauche - ont voté pour, tandis que l'UMP et l'UDI-UC (centriste) ont voté contre.

  • Lire aussi :
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 11:44

SOCIAL-ECO -  le 26 Février 2013

L'invité de la semaine

Répression syndicale: "La violence faite à celles et ceux qui ont décidé de ne pas renoncer"

Jackie Teillol, président du comité de soutien aux cinq syndicalistes poursuivis à Roanne.

 

Président du comité de soutien aux cinq syndicalistes poursuivis à Roanne, Jackie Teillol est l'invité de la semaine dans l'Humanité.

Ce mardi, il raconte "le rouleau compresseur en marche" de la répression syndicale, alors que le Front de gauche présente ce mercredi son projet de loi à l'Assemblée nationale en faveur de l'amnistie pour tous les salariés, les syndicalistes, poursuivis pour fait de lutte et de résistance.

Le Front de gauche mobilise ce mercredi à 13 heures devant l'Assembléenationale pour le projet de loi sur l'amnistie sociale

"Un des aspects redoutables et souvent cachés de la criminalisation de l’action collective touche jusqu’à la blessure profonde les personnes individuellement concernées. Lorsque la première convocation de l’appareil judiciaire arrive à la maison, on se dit: les motifs invoqués sont volontairement exagérés, c’est de l’intimidation car ils n’ont rien à se mettre sous la dent, donc cette procédure ne peut aller bien loin. Eh bien non! Car c’est le début d’une tranche de vie que l’on n’oubliera jamais.

Pourtant, notre pratique militante nous a rendus forts dans nos convictions et dans notre tête. On sait également que nos arguments sont, y compris juridiquement, incontestables pour faire face à leurs élucubrations ridicules et vides de sens. D’ailleurs, la suite nous donne raison comme quand, par exemple, les plaintes sont retirées. Mais que nenni! Le rouleau compresseur est en marche et leur histoire continue.

Alors arrivent d’autres convocations portées à domicile par une cohorte de « représentants de l’ordre » qui, par souci de ne pas se tromper, demandent dix fois aux voisins l’adresse qu’ils ont sous les yeux. Les enfants sont à la maison, comment vont-ils réagir? Tout cela se bouscule dans les têtes, la gravité s’installe, mais la lutte continue. Parfois, lors de conversations, l’esprit est ailleurs, le regard se perd quand soudain monte des entrailles ce cri du cœur: 
« Les salauds ! », qui vient se bloquer 
au bord des lèvres pour ne pas faire voir.

Avec les concernés de Manufrance, je peux vous dire que, même plus de vingt ans après, la plaie n’est pas prête de se refermer. Nos cinq du Roannais, les milliers d’autres de nos camarades, ont vécu, vivent, encore ce tourment. C’est pourquoi notre solidarité doit se construire sous toutes les formes dans les luttes. Dans un fraternel élan, nous devons entourer, protéger, conforter, assurer de notre amitié ceux qui, l’espace d’une procédure judiciaire, portent haut notre combat. Dans cet esprit, nous pouvons vivre des instants exceptionnels. Les peines, les joies font partie des sentiments humains, et le bonheur reste en nous toujours comme une idée neuve."

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 08:51

 

 

Sondage Ifop-l'Humanité: Estimez-vous qu'en France, à l'heure actuelle, la lutte des classes est une réalité?

  le 9 Janvier 2013

Sondage

Jérôme Fourquet: "La lutte des classes est un constat"

Jérôme Fourquet « En 2013, le vocable de classe sociale n’est pas périmé »

 

Au vu du sondage Ifop que l'Humanité publie ce mercredi, la lutte des classes est une réalité bien vivante. N'en déplaise à Jérôme Cahuzac, qui assénait à Jean-Luc Mélenchon lors de leur débat de lundi soir: "La lutte des classes, au fond, ça résume notre réelle divergence. Vous, vous y croyez toujours et moi je n’y ai jamais cru".

Pour le directeur du département opinion de l’Ifop, qui a mené cette étude sur les Français et le lutte des classes, Jérôme Fourquet, « la perception d’une société divisée en classes reste opérante ».


N’est-il pas surprenant 
de constater que le sentiment d’appartenance 
à une classe sociale 
ne recule pas ?

Jérôme Fourquet. Quand on voit ces chiffres, cela remet un peu en cause ce que l’on disait du déclin de la conscience de classe qui allait avec le déclin du marxisme. Au milieu des années 1980, un Français sur deux disait avoir le sentiment d’appartenir à une classe. Cette année, vingt-six ans plus tard, ces chiffres n’ont pas bougé. Cette perception d’une société divisée en classes et de l’appartenance à une classe reste opérante. Cela, sans le contredire, permet deremettre légèrement en question l’idée d’une montée des classes moyennes qui marcherait de pair avec une société de plus en plus individualisée. Je pense que l’élément à retenir, c’est que le vocable de classe sociale n’est pas périmé.

  • Question: Avez-vous le sentiment d'appartenir à une classe sociale? Le oui par catégories socioprofessionnelles

C’est pourtant parmi les revenus relativement haut que le sentiment d’appartenance semble le plus prégnant…

Jérôme Fourquet. Cela n’a guère bougé depuis les années 1960. Les choses n’ont pas tant basculé qu’on le dit après 1968. Mais attention, dire qu’on se sent appartenir à une classe sociale n’implique pas la reconnaissance de la grille d’analyse marxiste de la société. Pour beaucoup de Français, ce sentiment est celui d’appartenir à la classe moyenne. Et le sentiment d’un risque de dégringolade, de déclassement, peut renforcer ce sentiment d’appartenance.

 

Compte tenu des résultats sur la question 
de l’appartenance à une classe sociale, 
les réponses à votre question sur l’actualité de la lutte des classes sont surprenantes…

Jérôme Fourquet. À la veille de 1968, nous étions 20 points plus bas qu’aujourd’hui ! La lutte des classes est un terme connoté au marxisme. Sans doute, cette doctrine a beaucoup perdu de son influence, mais pour autant,l’idée d’antagonismes d’intérêts entre les groupes sociaux est très nettement majoritaire aujourd’hui. Sans doute la crise n’y est-elle pas pour rien: une partie de la campagne présidentielle s’est faite sur la fiscalité avec des propositions fortes (taxe à 75 %, salaire maximum…). Si l’idée de la lutte des classes comme moteur historique 
de l’évolution des sociétés a perdu du terrain, l’idée qu’il y a des conflits 
de classes se porte bien.

  • Question: estimez-vous qu'en France, à l'heure actuelle, la lutte des classes est une réalité? Le oui par catégories socioprofessionnelles

Que peut-on conclure de cette progression ?

Jérôme Fourquet. Avec une acception qui n’est plus tout à fait celle du marxisme, la lutte des classes est sans doute moins un fait qu’un constat. Certains peuvent reconnaître l’actualité de la lutte des classes pour la regretter, comme quand on entend à droite que « la France n’aime pas les riches ». La conclusion que nous pouvons tirer est que nous ne vivons pas dans une société apaisée. La crise a accru les inégalités. Cela ne fait qu’aggraver les tensions. On retrouve cela politiquement en voyant une courbe en U sur l’échiquier politique: l’existence de la lutte des classes est plus fortement reconnue aux deux extrêmes.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 09:42

 

SOCIAL-ECO

 

SOCIAL-ECO -  le 3 Janvier 2013

Enquête 2013

Entreprises : celles qui vivent sont celles qui luttent... Toujours

 

 

Pour la plupart, nos lecteurs les connaissent bien. Leurs mots, leurs visages, leurs combats s’étalent souvent dans nos colonnes. L’Humanité revient ici sur quelques luttes emblématiques de ces salariés qui n’ont pas baissé les bras face au pire avenir promis à leur entreprise en 2012. Rien d’exhaustif dans cet inventaire : d’autres, comme Electrolux à Revin dans les Ardennes, auraient pu y figurer. 2013 est déjà là, tous sont toujours sur la brèche. Pour sauver les emplois, les savoir-faire, mais aussi l’avenir des territoires, ces mobilisations ont permis de changer 
le cours de l’histoire.

Fralib à gémenos,
la scop TI, c’est parti. L’année 2012 aura été pour les Fralib, dont la production de thé a été délocalisée en Pologne, celle de tous les entretiens. Entretien de l’espoir pendant la campagne présidentielle avec la visite de tous les candidats de gauche qui tous ont repris le mot d’ordre des salariés de l’usine de Gémenos près d’Aubagne et de leurs syndicats CGT et CFE-CGC : « Éléphant est français, en Provence, il doit rester. » Entretien de la campagne de boycott des produits Lipton et des machines enfin cédées par Unilever pour l’euro symbolique à la communauté urbaine de Marseille, nouveau propriétaire des terrains sur lesquels devrait cette année, en lieu et place de Fralib, démarrer la Société coopérative ouvrière provençale de thé et d’infusions (Scop TI). Entretiens aussi avec les ministres Arnaud Montebourg et Benoît Hamon qui approuvent la constitution de cette coopérative dont la naissance officielle a été annoncée en décembre dernier à l’Assemblée nationale par les syndicalistes et par André Chassaigne, le député communiste coprésident du comité national de soutien. Entretien enfin avec le nouveau président de la République à l’Élysée : après avoir passé leur troisième réveillon de lutte, les Fralib se tournent à nouveau vers François Hollande afin qu’il mette ses actes en accord avec ses bonnes paroles. Et fasse enfin plier la multinationale qui devra payer cher pour tous les dégâts humains commis au pays de Pagnol !

Pilpa. Les salariés tiennent
les murs de leur boîte. Le 5 juillet 2012, le groupe R&R annonçait vouloir se séparer rapidement du site de fabrication de glaces Pilpa de Carcassonne (Aude) racheté au glacier 3A à peine neuf mois auparavant. Ce sont 122 salariés qui décident alors de se battre pour garder outil de travail et emplois dans ce département où l’industrie se meurt. La filière laitière souffrirait également de ce gâchis. Ce rachat par R&R n’avait qu’un objectif, selon eux : récupérer les licences pour les glaces Oasis et Disney, les savoir-faire et se débarrasser d’un concurrent. R&R est aux mains du fonds d’investissement américain Oaktree Capital Management, qui perçoit des intérêts exorbitants atteignant 11 %. Mais le site de Carcassonne est rentable et viable. En atteste une étude du cabinet Progexa. Les salariés, emmenés par la CGT, ont multiplié les actions publiques, participant notamment à la Fête de l’Humanité à La Courneuve en septembre dernier, et ont saisi la justice.

Le 11 décembre, le juge des référés de Carcassonne a considéré que le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) présenté par la direction était « manifestement insuffisant dans les mesures de reclassement proposées au regard des moyens du groupe », le licenciement collectif prévu constituant « un trouble manifestement illicite ». Le juge a ordonné la suspension de cette procédure de licenciement collectif. La direction doit présenter un nouveau PSE. Durant les fêtes qui se traduisent par un arrêt des activités jusqu’au 3 janvier, les salariés se sont relayés sur un piquet de garde devant l’entrée du site pour surveiller l’entreprise. Pas question de voir les machines partir à leur insu. Tout en espérant qu’un repreneur se présente, ils travaillent eux-mêmes à un projet de reprise de l’activité en coopérative (Scop).

Petroplus. une fiducie toujours à disposition. Ils ont déplacé des montagnes, convaincus de l’emporter à la fin... Pour les 480 salariés de la raffinerie Petroplus (ex-Shell) de Petit-Couronne (Seine-Maritime), pas question de laisser tomber Mémé, comme ils surnomment affectueusement leur outil de travail : alors qu’une bonne dizaine de raffineries ont disparu en deux décennies, la France ne peut, selon eux, tabler sur les importations de pétrole produit dans des conditions qui favorisent un dumping social et environnemental. Alors, les Petroplus continuent le combat. À plusieurs reprises, ils ont cru leur heure arrivée devant le tribunal de commerce, mais les repreneurs, d’autant plus sérieux à leurs yeux que l’intersyndicale avait réussi à mettre en place une fiducie couvrant quoi qu’il arrive les salariés, ne sont jamais parvenus à convaincre les juges. La raffinerie a été mise en liquidation il y a deux mois, mais rien n’est fini : les syndicalistes maintiennent la pression sur Shell ainsi que sur François Hollande et sur le gouvernement Ayrault.

Les Lilas. et la lutte accoucha d’une nouvelle maternité. Jusqu’à il y a un an, les personnels de santé craignaient le pire pour la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis). Tant d’établissements de proximité ont déjà été fermés ces dernières années, ou sont encore menacés. Créée au début des années 1960, Les Lilas, c’est, bien plus qu’une simple maternité, un établissement non lucratif qui fut pionnier pour l’accouchement sans douleur, qui a accueilli les avortements avant la loi Veil de 1975, et se distingue encore par un moindre recours à la péridurale ou à la césarienne. Handicapée par des locaux trop exigus, la maternité devait s’agrandir pour continuer de pratiquer quelque 1 700 accouchements et 1 300 IVG par an. Mais sous divers prétextes, l’agence régionale de santé (ARS) a longtemps suspendu le projet de rénovation. Une ardente bataille mobilisant professionnels de santé, anciennes patientes, élus de gauche, personnalités, amènera finalement l’ARS à donner, fin janvier 2012, son feu vert à la reconstruction.

My ferry Link. Ne l’appelez plus 
jamais seafrance ! « J’ai ressenti beaucoup de plaisir à reprendre la mer. C’est une délivrance. C’est quelque chose qu’on attendait depuis longtemps qui se concrétise. Tout le monde s’est investi à fond. On travaille pour nous, c’est dix fois plus motivant », confiait un des ex-SeaFrance, filiale de la SNCF, le lundi 20 août dernier, dans son costume de steward de la Scop My Ferry Link, tandis que les rotations entre la France et l’Angleterre reprenaient après neuf mois d’arrêt. À l’issue d’une bataille juridique au long cours, cette Scop initiée par des syndicalistes CFDT et adossée à Eurotunnel a permis d’engager plus de trois cents personnes. L’enjeu était de sauver des emplois et de garder des navires sous pavillon français dans le Pas-de-Calais. Le combat des marins et des sédentaires, maintenant ? Reconquérir une clientèle. My Ferry Link table sur 12 à 14 % de parts de marché pour l’activité marchandises et 8 à 10 % pour l’activité passagers, dans un contexte de concurrence rude sur le détroit, où l’anglais P&O a renforcé sa flotte, tandis que le consortium associant Louis-Dreyfus Armateurs (LDA) et le danois DFDS vient de s’implanter.

TRW. au forceps, les vosgiens contraignent renault et psa à sauver leur usine. Fin juillet 2012, TRW, poids lourd de l’équipement automobile, décide de pousser son usine de Ramonchamp (Vosges) vers le redressement judiciaire, après l’avoir mis artificiellement en cessation de paiement en détournant ses commandes vers une autre usine du groupe. Le procédé est classique : en asséchant l’une de ses filiales, le groupe espère licencier ses 313 salariés vosgiens à moindres frais en laissant les AGS, le régime de garantie des salaires en cas de défaillance des entreprises, supporter le coût du plan de casse sociale.

C’était sans compter la mobilisation exceptionnelle de l’ensemble des salariés, allant jusqu’à manifester au siège européen de TRW à Düsseldorf, et la détermination de leur avocat Me Ralph Blindauer et du procureur de la République d’Épinal, bien décidés à faire assumer à l’équipementier le coût de la casse sociale. Résultat : TRW se voit contraint de mettre une enveloppe de 18 millions d’euros sur la table, pas seulement pour payer des indemnités dignes de ce nom aux salariés, mais également pour leur permettre de reprendre l’usine et de pérenniser une partie des emplois.

Seule condition : que les principaux donneurs d’ordres, les puissants constructeurs français PSA et Renault, s’engagent sur un volume de commandes suffisant pendant la période de transition, ce que les constructeurs rechignent à faire. Au final, c’est encore au forceps que les salariés obtiennent gain de cause fin décembre : suite à une manifestation devant le siège de Renault à Billancourt et à des interpellations au ministère du Redressement productif, Renault et PSA promettent de fournir un chiffre d’affaires de 15,5 millions d’euros à l’usine de Ramonchamp. Le projet de reprise devrait donc voir officiellement le jour lors d’une prochaine audience, le 17 janvier, au tribunal de commerce d’Épinal.

Continentale nutrition. tout à reconstruire ! Une première victoire qui en appelle une autre, définitive : le réaménagement du site de Vedène avec un plan de formation pour les salariés licenciés et la création de 120 emplois, dont 40 réservés aux Conti qui se sont battus de bout en bout. Un résultat obtenu après 431 jours de lutte dont, en 2012, 315 jours d’occupation de leur usine d’aliments pour animaux abandonnée par la direction de Continentale Nutrition au profit d’une concentration, aidée par des fonds publics, autour de la maison mère de Boulogne-sur-Mer (Nord). Sur le terrain cédé à un prix raisonnable, la société APRC Développement d’Aix-en-Provence, démarchée par l’agence de développement économique du conseil général, devrait édifier des locaux dans lesquels pourraient s’installer des entreprises de logistique industrielle en 2014. L’année à venir sera donc pour ces Conti-ci celle de la reconstruction du site, de leurs vies et, pour beaucoup, de l’apprentissage d’un nouveau métier.

m-Real. quand la fatalité est mise en déroute. Il en aura fallu, de la sueur et de la salive, pour vaincre. Journées portes ouvertes, marches pour l’emploi, visites de candidats à la présidentielle, sièges des ministères, constitution, à l’initiative du maire PCF d’Alizay (Eure), d’un large front politique pour les défendre, bataille pour l’expropriation pour des raisons d’utilité publique, etc. Pendant plus de trois ans, les ouvriers de M-Real, fleuron de l’industrie papetière, ont imaginé des alternatives à la fermeture pure et simple de leur usine décidée par leurs propriétaires finlandais : un de leurs projets les associait avec leurs voisins de la raffinerie Petroplus. Début décembre, ils ont gagné ! Si l’État a reculé devant la nationalisation à Florange, le département de l’Eure a porté un projet de « départementalisation » : le 10 décembre, le conseil général s’est porté acquéreur de l’usine de papier d’Alizay par une décision unanime. Il se fait l’intermédiaire d’une transaction entre le vendeur M-Real et les acheteurs, un groupe thaïlandais associé à une filiale du groupe Direct Énergie. À terme, près de deux cent cinquante emplois devraient être recréés sur place.

sobrena. Une lutte le vent en poupe à Brest. Au printemps dernier, en pleine campagne présidentielle, les 210 salariés de la Sobrena, entreprise de réparation navale de Brest (Finistère), obtiennent la sauvegarde de leurs emplois, après 6 mois de lutte et d’actions quotidiennes avec le soutien de la population locale, des élus, de la presse. Alors que l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire en décembre 2011, le tribunal de commerce valide fin mars la reprise par le néerlandais Damen, qui s’engage à garder tous les salariés, alors qu’Eiffage voulait reprendre l’activité mais en supprimant cent emplois. Pour marquer cette victoire, les salariés démontent l’étrave qu’ils avaient érigée face à l’hôtel de ville de Brest pour symboliser leur lutte, vers un rond-point à l’entrée de la ville.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 07:43

Elections TPE

Les salariés des TPE placent la Cgt très largement en tête

vendredi 21 décembre 2012

Avec un résultat de 29,54%, la Cgt arrive très largement en tête du premier scrutin de représentativité dans les très petites entreprises. Scrutin où 465 756 électeurs et électrices se sont exprimé-e-s malgré les innombrables obstacles.

La Cgt remercie les salarié-e-s qui ont porté leur choix sur la Cgt. Ce résultat vient après d’autres signes forts quand à la place majeure occupée par la Cgt dans le paysage social. La deuxième organisation syndicale recueille quant à elle 19,26% et la troisième organisation recueille 15,25%.

Le résultat obtenu donne encore plus de poids à ceux qui n’acceptent pas une régression sociale majeure dans la négociation sur l’emploi en cours.

Dans les conventions collectives et au niveau national interprofessionnelle, ce résultat renforce la place de la Cgt. Il donne du poids aux exigences portées par les salarié-e-s des TPE et renforce leur volonté d’obtenir à l’avenir de véritables lieux de négociations avec des élu-e-s pour les représenter.

Au cours de plusieurs mois de campagne, la Cgt dans les territoires et avec ses organisations professionnelles a tissé de nombreux liens avec des milliers de salarié-e-s des TPE qui lui ont réservé un accueil très favorable.

La Cgt entend poursuivre cet effort au-delà de l’élection et créer les conditions pour que le syndicalisme et la négociation collective prennent toute leur place auprès de ces salarié-e-s.

Forts de ce résultat, les salarié-e-s peuvent compter sur la présence de la Cgt pour agir avec eux en faveur de nouvelles conquêtes sociales. Elle les appelle aussi à prendre toute leur place dans cette mobilisation en rejoignant massivement la Cgt.

Montreuil, le 21 décembre 2012

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BRUNO FORNACIARI

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