Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 07:06

Le Medef faisait déjà la loi, maintenant il veut aussi la corriger

L'information est pratiquement passée sous silence, mais elle mériterait pourtant qu'on s'y arrête quelques instants. En effet, à partir de janvier 2015, un groupe de neuf chefs d'entreprises sera chargé d'évaluer toute nouvelle loi impactant les entreprises avant même que les parlementaires en soient saisis.

Pour justifier de faire passer les lois par ce comité de censure, le secrétaire d'Etat chargé de la simplification, Thierry Mandon, qui fut il y a peu député, a battu sa coulpe de parlementaire: « Quand on vote un droit nouveau, on sous-estime la mise en œuvre concrète de ce droit (...) Il faut désormais, qu’avant de voter un texte, on demande à ceux qui seront chargés très concrètement de l'appliquer si, d’après eux, les conditions de mise en œuvre sont bonnes ou non. »

L'air de rien, vent-debout contre la mise en œuvre du compte pénibilité, une si mince avancée de la dernière réforme des retraites, le Medef est non seulement en passe d'obtenir sa mise à mort au nom d'une complexification coûteuse, mais il obtient désormais le droit d'écrire la loi en la censurant. C'est faire bien peu de cas du rôle du Conseil économique, social et environnemental où siègent les « forces vives de la Nation » (dont le patronat et les syndicats) dont le gouvernement devrait recueillir l'avis avant de faire la loi.

Il ne suffit donc plus que les entreprises aient portes ouvertes dans les cabinets ministériels, que les branches aient leurs lobbyistes appointés dans les couloirs de l'Assemblée, du Sénat ou encore à Bruxelles et Strasbourg. Avec cette mesure anodine, le patronat sécurise, verrouille. Notons au passage concernant ce compte pénibilité tant décrié qu'il eut été plus simple d'en faire un droit collectif à l'image de ce qui se pratiquait par exemple pour les personnels de soin des hôpitaux publics. Mais le patronat n'en a jamais voulu. Il a fait capoter trois ans de négociation sur la pénibilité et obtenu finalement ce qu'il qualifie aujourd'hui de monstre réglementaire.

Souvenons-nous qu'en mai 2013, lorsque la bataille faisait rage pour la présidence du Medef, un certain Thibault Lanxade proposait « que les postulants à ces postes de ministre soient dans l'obligation de réaliser une audition devant le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE). Nous souhaitons valider leurs connaissances et disposer pour ce faire d'un droit de veto ». Le jeune patron exigeait ainsi que des personnes «compétentes», «engagées» et «en prise directe avec le monde de l'entreprise», soient nommées aux ministères qui concernent les secteurs de l'économie et des politiques sociales. » Ses vœux ont été exaucés avec la promotion d'Emmanuel Macron, lequel est en train de se chercher une majorité pour faire passer des reculs sociaux dans une loi fourre-tout.

Cette prééminence des intérêts des entreprises dans la politique économique et sociale est à comparer avec l'indigence et la vanité du dialogue social qui se résume la plupart du temps à des négociations de couloirs sur des calendriers imposés par l'Elysée et Matignon et sur des cahiers de doléances patronales. C'est aussi à cela que l'on mesure le virage libéral clairement assumé par François Hollande.

source : interview de Thierry Mandon sur FranceInfo.fr : "Les entreprises vérifieront l'impact des lois les concernant"

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEDEF gouvernement
commenter cet article
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 17:22
Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans pluralisme humanite PCF MEDEF
commenter cet article
9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 20:10

l'Humanité

Vendredi 12 décembre, un numéro de l'Humanité à ne pas rater ! Le face à face Pierre Laurent - PCF / Pierre Gattaz - Medef

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans PCF medef
commenter cet article
27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 15:21

Pierre Gattaz très satisfait du remaniement

Le Monde.fr | 26.08.2014 à 16h37 • Mis à jour le 27.08.2014 à 08h06 |Par Jean-Baptiste

Pierre Gattaz devrait accueillir tout sourire Manuel Valls mercredi 27 août. Pour sa première sortie officielle après le remaniement, le premier ministre doit en effetouvrir l’université du Medef, à Jouy-en-Josas, devant un parterre de patrons. Tout un symbole pour ce nouveau gouvernement, censé défendre sans hésitation unepolitique de l’offre favorable aux entreprises.

Au Medef on ne cache pas sa satisfaction de voir écartés les ministres les plus sceptiques, et notamment Arnaud Montebourg. « C’est une bonne décision », ne mégote pas en privé Pierre Gattaz. « C’est comme dans une équipe de foot. Sivous avez un Zinedine Zidane qui dit l’inverse, il ne joue pas. Il n’est pas possible de garder un ministre à une telle place quand on mène une politique de l’offre assumée ».

Résultat de cette bonne entente entre le patronat et le gouvernement, M. Gattaz devrait décerner un satisfecit aux réformes menées jusqu’ici, notamment le pacte de responsabilité et ses 40 milliards de baisses de charges et d’impôts. « Le point de départ de la France est catastrophique, mais je dis bravo au pacte de responsabilité », martèle sans cesse Pierre Gattaz, qui n’hésite pas à vanter le« courage » de Manuel Valls. Seule la création du compte pénibilité inquiète le Medef, mais on se félicite d’avoir obtenu en juillet son étalement.

Lire : Pénibilité au travail : Valls cède en partie aux patrons

PROPOSITIONS REMISÉES

Pour l’occasion, le Medef a donc remisé au placard les dix propositions « starters » pour l’emploi qu’il avait prévu de présenter lors de son université d’été. Dévoilées par Le Monde le 18 août, ces idées étaient pourtant prudentes, se contentant de demander le « lissage » des seuils sociaux, la création d’un contrat « zéro charges » pour les apprentis ou la libéralisation du travail le dimanche, une idée déjà sur les rails. En revanche, la création d’un smic « intermédiaire » pour les chômeurs de longue durée ou la remise en cause les 35 heures, nettement plus polémiques, n’étaients déjà plus à l’ordre du jour.

Vidéo suggérée sur le même sujet

  • Caroline Michel et Benjamin Masse-Stamberger, dans Le Grand Journal - 20/08 7/7

    Le 20 août, David Dauba a reçu Caroline Michel, grand reporter au service économie du Nouvel Observateur et Benjamin Masse-Stamberger, grand reporter au service économie de L'Express, dans Le Grand Journal, sur BFM Business.

    9:46

Lire : Pierre Gattaz hésite à mettre à nouveau la pression sur le gouvernement

Pas question en effet de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, à l’heure où celui-ci éprouve le plus grand mal à convaincre sa majorité. « Sur [le pacte], le gouvernement fait ce qu’il faut et va dans la bonne direction. Pour une fois, reconnaissons-le ! », a vanté sur son blog, le patron des patrons, le 18 août. Les nouvelles propositions du patronat attendront donc le 16 septembre, au lendemain d’un conseil exécutif du Medef, promet désormais l’entourage de M. Gattaz.

En attendant, le patron des patrons devrait se contenter de présenter à Manuel Valls un plan à beaucoup plus long terme. Baptisé France 2020, il est assez large et prospectif pour ne fâcher personne, et notamment la CFDT. Ce syndicat est en effet le seul à accepter de s’engager dans la négociation sur les seuils sociaux qui doit s’ouvrir en septembre et dont M. Gattaz attend un assouplissement des contraintes pour les entreprises de plus de 50 salariés. « L’idée, c’est de positiver. Il ne faut pas attendre la croissance comme la pluie, il faut aller la chercher. Il faut absolument que la France ait une vision enthousiasmante pour l’ensemble des Français », résume Pierre Gattaz. Des propos qui pourraient être repris tels quels par Manuel Valls.

Repost 0
Published by bruno fornaciari - dans MEDEF
commenter cet article

BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

Recherche

Texte Libre