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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 23:56

France 2

 

C’est désormais officiel : la directrice de l’information a décidé de claquer la porte de la chaîne publique et devrait rejoindre Europe 1, où elle retrouverait Jean-Pierre Elkabbach.

Comme on dit : à vous de juger. Depuis plus de vingt ans sur le service public, Arlette Chabot et le groupe France Télévisions se sont séparés d’un « commun accord ». On sait avec cette formule que, dans ces cas-là, il y en a un qui est plus d’accord que l’autre. À son arrivée à la tête de France Télévisions en août dernier, Rémy Pflimlin, successeur désigné de Patrick de Carolis, avait donné le choix à Arlette Chabot, soit de continuer à diriger les rédactions, soit de poursuivre la présentation du rendez-vous politique À vous de juger. La directrice avait choisi de conserver « son émission ». Thierry Thuillier lui a succédé à la tête de l’info. Dès lors, il ne faisait plus de doute qu’Arlette Chabot n’avait plus d’autre choix que de partir. « L’émission À vous de juger ne sera pas présente sur la grille de France 2 l’année prochaine. Nous en avons tiré les conséquences et nous avons donc décidé de nous séparer, France Télévisions et moi », a-t-elle expliqué dans le Journal du dimanche (JDD).

Âgée de cinquante-neuf ans, Arlette Chabot, accro à la politique – un peu moins au pluralisme ! –, est passée par les rédactions de France Inter, TF1, France 3, puis France 2, où elle a dirigé l’information d’une main ferme pendant six ans. Elle avait succédé à Olivier Mazerolle, aujourd’hui sur BFM TV. Toujours selon le JDD, elle est attendue – peut-être pas par la rédaction – à Europe 1. Elle s’est en effet dite « libre de regarder avec beaucoup d’attention les propositions faites par Denis Olivennes pour rejoindre Europe 1 (…). Son projet m’intéresse, il n’est pas impossible que cela se concrétise vite. Europe 1 est une radio à laquelle je suis très attachée pour y avoir travaillé entre 1999 et 2004, en même temps que je présentais l’émission Mots croisés ».

En fait les choses pourraient aller vite. Même si Arlette Chabot doit présenter encore deux numéros d’À vous de juger au printemps, son arrivée à Europe 1 pourrait être annoncée dès demain et être effective aussitôt. Elle prendrait la direction de l’information dans la radio dirigée par Denis Olivennes, qui règne lui-même sur le pôle info du groupe Lagardère Active (Europe 1, le Journal du dimanche, Paris Match, Newsweb). Arlette Chabot aurait pour mission de remonter la pente (et le moral) d’Europe 1 où, coup sur coup, on a enregistré les départs de Nicolas Demorand et Marc-Olivier Fogiel, animateurs de deux plus grosses tranches d’information de la journée. Cette fille d’un père dirigeant d’une petite entreprise, qui a passé sa jeunesse chez les sœurs dominicaines, rêvait alors de comédie et de théâtre. Elle est aujourd’hui considérée en quelque sorte comme l’une des grandes « actrices » de la vie politique audiovisuelle.

Claude Baudry

 

Petite annecdote personnelle à propos de Mlle Chabot.

 

Vous souvenez sansdoute qu'en Août 1980  à Moscou, se déroulaient les Jeux Olympiques.Pourtant une campagne de boycot avait été organisée et soutenus par certains médias. Je me souviens d'une émission de radio d'alors animée par Arlette Chabot. Cette dernière cherchait tous les argumlents, arguties er prétxtes pour alimenter cette campagne. Parmi ceux-ci, elle affirmait que les autorités soviétiques qui craignaient la rencontre des spectateursétrangers avec le peuple et la jeunesse soviétique, avait organisé sciemment la déportation des écoliers (10/14 ans) à la campagne ou à la mer afin d'éviter les échanges entre les uns et les autres.

Interloqué par ce type d'argument, je décroche mon téléphone et appelle la radio. A ma grande surprise j'ai Alette Chabot en ligne. Je l'interroge alors et lui dit : "Je viens de vous entendre que les autorités soviétiques "déporteraient les écoliers pour éviter des contacts avec les étrangers spectateurs es Jeux. Je m'en étonne car lui dis-je :"je comprends que les étrangers souhaitent des contacts avec les jeunes, mais les jeunes adultes, pas les enfants" et j"'ajoute, :" j'imagine que, comme nous, en France, à l'été, au mois d'août, les écoliers partent eux aussien colonies de vacances, Par conséquent je trouve que vous n'êtes pas sérieuse. Elle me répondit alors : "je ne suis pas sérieuse, vous n'êtes pas sérieux et je vous emmerde!" et elle me raccrocha au nez.

 

Bruno Fornaciari

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 06:17

L'Express a publié cette semaine un dessin de Jean Plantu qui est une caricature inadmissible du Front de gauche, renvoyé dos à dos avec le Front national. Représentant Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon côte à côte en leaders adeptes du « Tous pourris », ce dessin assimile le Front de gauche à un néo-populisme complice de celui de l'extrême droite. C'est scandaleux! S'il est permis de tout dire en démocratie, je voudrais dire à quel point je juge le procédé dégradant. L'amalgame humiliant fait entre Jean-Luc Mélenchon dont l'engagement contre l'extrême-droite est incontestable, et l'héritière du trône du FN ne grandit pas l'auteur du trait. Que Plantu ne soit pas adepte du Front de Gauche, de ses idées comme il l'a laissé entendre ce matin sur France Info est son droit le plus strict.  Je souhaiterais juste qu'il nous combatte avec plus de dignité.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:58

 

Il est des tours ou détours du langage qui, consciemment ou non, en disent long sur ce qu’on ne veut pas dire. Ainsi, dimanche, au 13 heures de TF1, cette formule de Claire Chazal : «Le soulèvement populaire a déjà fait une centaine de morts en cinq jours. » Hier, une dépêche de l’AFP : «Une semaine après son lancement, la révolte a fait au moins 125 morts». Mais, voyons, ce ne sont pas le soulèvement ou la révolte qui ont fait des morts, les exactions 
de pillards peut-être, mais essentiellement les tirs de la police. C’est la répression qui a fait des morts. Nicolas Sarkozy, dimanche, devant les pays africains, d’une manière bien plus calculée sans doute, évoquait 
« la violence qui ne mène nulle part, d’où qu’elle vienne».

Ce que tout cela traduit, c’est l’embarras 
du monde capitaliste et des puissances qui, depuis des décennies, ont soutenu sans faille les régimes autoritaires et corrompus de la région, dont l’Égypte est un maillon fort, aidée financièrement, économiquement, militairement, stratégiquement par les États-Unis, par Israël, par la France. Et l’on s’aperçoit maintenant que ces pays n’étaient pas vraiment « démocratiques » ? On se pince un peu le nez, mais on ne souhaite qu’une chose : pas trop de vagues, pas trop de changements. L’Europe, hier, par la voix de la responsable de sa diplomatie, Catherine Ashton, appelait les autorités égyptiennes à faire preuve de « retenue » et à « aller de l’avant 
de manière pacifique sur la base d’un dialogue sérieux 
et ouvert avec les partis d’opposition et tous les éléments 
de la société civile ». Mais c’est le départ immédiat d’Hosni Moubarak que la rue réclame, quand ce dernier, en guise de changement, n’a nommé de nouveaux ministres issus de l’armée que pour s’assurer du soutien de cette dernière au cas où…

Ce que les pays dominants souhaitent, c’est tout simplement ce que résume la formule célèbre du Guépard. Que les choses changent pour que tout continue comme avant. Car ce qui se passe en Égypte, après la Tunisie, n’ébranle pas seulement le monde arabe. À Davos, les « élites » du monde globalisé étaient préoccupées par l’Égypte et une montée de « l’instabilité stratégique » avec ses conséquences. C’est aussi leur ordre économique qui est mis en cause. Si des millions d’Égyptiens vivent avec moins de deux dollars par jour, cela ne signifie pas, au contraire, que l’économie du pays est en panne. Avec une croissance annuelle de 5 % sur la base des réformes menées ces dernières années, l’Égypte était considérée par la finance internationale comme un bon élève. Mais à quel prix ? Le Monde écrivait hier, dans la suite des discussions de Davos : « Si la révolte des Égyptiens doit beaucoup à un régime politique sclérosé, autoritaire et brutal, elle s’explique aussi par un type de développement marqué du sceau d’une terrible inégalité sociale. » C’est pourtant bien de ce régime que s’accommodaient jusqu’alors, et s’accommodaient est un euphémisme, les « élites globalisées ». Le capitalisme, quand il est contraint de composer avec les exigences démocratiques, n’est pas démocratique pour autant. 
La preuve par les marchés : dès hier matin, l’agence 
de notation financière Moody’s baissait la note 
de l’Égypte, comme a été baissée, dès la semaine dernière, la note de la Tunisie.

Mais voilà. Le peuple égyptien va être aujourd’hui en grève générale et une manifestation géante va avoir lieu. C’est peut-être un tournant, et chez tous les démocrates l’inquiétude le dispute à l’espoir.

Ce qui se passe 
en Égypte, après 
la Tunisie, n’ébranle pas seulement 
le monde arabe. 
On en était préoccupé à Davos.

 

Maurice Ulrich "l'Humanité" 4/02/2011

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 09:55

la poste st varent

Avec les nombreuses tribunes, interviews dans la presse, émissions de radio, de télévision, les comptes-rendus dithyrambiques qui lui sont consacrés, des diffusions récurrentes à la télé, sur Dailymotion ou yutube etc., j'ai comme une gène, un malaise, comme une l'impression bizarre. Ils aiment Jean-Luc Mélanchon.

Ceux qui censurent les communistes dans ces mêmes médias, ceux qui n'ont de cesse de glorifier le libéralisme et le profit, d'étouffer la révolte des peuples et de ne s'apercevoir qu'ils existent que lorsqu'ils se révolutionnent. Ceux qui n'ont de cesse de nous rappeler que la conurrence est le moteur de l'économie et le capitalisme la fin de l'histoire, ceux qui se sont engagés pour le Traité constitutionnel Européen libéral et qui nous ont appeler à l'approuver  en 2005, ceux qui se sont alignés sur la communication Etatsunienne lors de la guerre en Irak, ceux qui ont approuvé la mise en scène à Timishoara et l'exécution sans procès du Pdt de la république roumaine et de sa femme, ceux qui taisent les dictatures africaines et les souffrances des peuples, ceux à qui il a fallu 20 ans pour "découvrir" Mandéla, ceux qui font silence actuellement sur la menace d'éxécution à mort de Mumia Abu Djamal qui se trouve dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis, ceux qui s'insurgent  toujours contre le toupet qu'on les travailleurs de revendiquer de meilleurs salaires, surtout en temps de crise, ceux qui trouvent moderne de diminuer les services publics, qui trouvent efficaces les privatisations, ceux qui regardent la bourse avec  les yeux de chimènes, ,ceux là, qui parlent dans le poste et qui envahissent nos écrans, qui noircissent les lignes des journaux, ceux-là qui bénéficent de très bons salaires, de très bonnes conditions de vie, qui vont partout se rouler dans le luxe, les soiriées mondaines, qui fréquentent les palais de la République Française, qui résident dans les beaux quartiers, qui possèdent de "l'immobilier", qui reçoivent les médailles, les cadeaux, les récompenses, les remerciements des possédants, qui se rassemblent dans les cercles privés du gotha mondain, qui visitent les plus belles plages et les paysages du monde entier, dans des avions et des voitures de luxe, les mêmes qui défendent  les lois liberticides, qui s'attaquent aux roms, aux immigrés etc... qui ont oublié des années durant l'Egypte et la Tunisie.Curieusement, ils aime le trublion Mélanchon. Pas par snobisme soudain, et pas non plus en raison d'un déficit d' hormones tyroïdiennes.

 

Un délégué syndical CGT de l'imprimerie CHAIX à Saint-Ouen où j'effectuais mon apprentissage en 1968 pour devenir ouvrier typographe, me confiait un jour :  "Si ton patron te dis que tu as raison, s'il te fais des compliments ou de prodigue des encouragements, alors là, mefies-toi quand même ! car si toi tu ne vois pas ,où est la faille,  lui l'a bien perçue"

Bien sûr, je ne fais pas l'amalgame, mais  j'ai la mauvaise impression qu'ils veulent me l'imposer à moi et à d'autres comme LE candidat du Front de gauche pour lequel je lève de grands espoirs, le seul candidat possible selon eux, comme ils l'ont déjà fait pour les Présidentielles de 2007 en choisissant le candidat socialiste Ségolène Royale.Cette impression dérangeante pourrait se dissiper si Jean-Luc Mélanchon y mettait du sien. Et j'y compte bien. Il faut jouer collectif si le succès repose sur une équipe. L'aventure solitaire serait destructrice et vouée à l'échec.

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 08:48

 

Un numéro hors série de l'Humanité décrypte les origines et l'évolution du communisme en France. Quarante personnalités parlent de l'avenir.

La crise financière, particulièrement spectaculaire aux États-Unis et en Europe, a érodé la confiance dans un ordre économique présenté généralement par les idéologues du libéralisme comme l'aboutissement de la civilisation humaine. Puis on se mit à reparler du capitalisme. Les ouvres de Marx firent leur réapparition dans les librairies, et Nicolas Sarkozy lui-même tenta de se poser en « moralisateur » du capitalisme. Engagement illusoire certes, mais qui reflète l'impopularité d'un système considéré comme injuste et dont, fait nouveau, l'efficacité est de plus en plus discutée. La lutte des classes n'est plus un sujet tabou, ainsi que l'a montré, au cours des manifestations pour les retraites, le badge si populaire « je lutte des classes ». Les forces politiques se réclamant du marxisme, en premier lieu les communistes, n'ont pas engrangé encore de grands bénéfices électoraux dans le climat actuel. Le terrain perdu n'est pas encore regagné. Pour autant, l'hypothèse communiste, l'espérance d'une gestion du monde en commun reste d'actualité, suscite un regain d'intérêt.

Le 90e anniversaire du Congrès de Tours (du 25 au 30 décembre 1920) était une occasion à saisir pour comprendre pourquoi la France contemporaine s'est construite aussi avec le concours du communisme. C'est finalement la question que l'Humanité s'est efforcée de traiter dans le numéro hors série exceptionnel qui va être disponible au cours des prochaines heures dans les kiosques, et que l'on peut commander directement à l'Humanité. La France fut le seul pays européen dans lequel la fondation du Parti communiste résultât de la volonté majoritaire des socialistes d'alors. Les horreurs de la Première Guerre mondiale, contre laquelle Jaurès s'était dressé, les souvenirs de l'ouvre inachevée de la Révolution française, ce vieux rêve jacobin, Babeuf, la Commune de Paris sont autant d'éléments qui disposaient le mouvement ouvrier français à choisir la radicalité, et à éprouver de la sympathie pour la révolution russe de 1917.

De nombreux historiens spécialistes de l'histoire sociale et du mouvement communiste ont conjugué leur savoir et leur expertise : Jacques Girault, Roger Martelli, Serge Wolikow, Annette Wieviorka, Roger Bourderon, Claude Mazauric. décryptent les premières formes de la pensée communiste. Des contributions aident à comprendre l'évolution du PCF au cours du XXe siècle : un parti qui reste longtemps attaché à l'exemple de l'Union soviétique mais qui, en France, s'affirma comme un grand parti national initiateur du Front populaire, un acteur majeur de la Résistance ainsi que des avancées sociales de la Libération. Une table ronde avec Marc Ferro, Bernard Pudal, Jacques Giraud, et un passionnant dialogue entre les philosophes marxistes Lucien Sève et André Tosel invitent le lecteur à poursuivre le débat et la réflexion.

Le dernier chapitre, ouvert par un article de Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, publie des textes de personnalités de gauche de toutes générations, qui s'expriment sur l'avenir d'une espérance qui vient de loin.

Jean-Paul Piérot  

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Ce hors-série de 84 pages est vendu au prix unitaire de 7 euros + 1 euro de frais de port pour la France métropolitaine.» 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 11:00

Alors que le conseil national du PCF débute ses travaux ce matin, une rumeur sur le site LeMonde.fr tend à accréditer l’idée que la direction du PCF aurait d’ores et déjà décidé qu’il faut « se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon ».

Cela n’a rien à voir avec le débat engagé par le conseil national. Le texte en discussion dit explicitement que « l’accord souhaitable sur des candidatures du Front de gauche pour 2012 ne pourra se conclure que sur un contrat politique clair. » Il propose aux communistes « d’amplifier dès maintenant ce débat sur le programme, les objectifs, les critères des candidatures que nous devrions porter en 2012. », et précise que le temps de décisions sur les candidatures viendra après, au second trimestre 2011.

Le texte propose la convocation d’une conférence nationale les 4 et 5 juin prochains, avec pour ordre du jour nos choix politiques et de candidatures pour 2012. Cette convocation ouvre dès aujourd’hui l’appel à candidatures. Un conseil national se réunira les 8 et 9 avril pour lancer, en connaissance de toutes les candidatures soumises à la discussion des communistes, la préparation de la conférence nationale.

Parti communiste français

Vendredi 7 janvier 2011.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:17
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 06:25

Point de vue

La fausse mort annoncée du communisme

LEMONDE.FR | 30.12.10 | 15h29

 

 Décidément, Le Monde, malgré ses grandes qualités, ne changera pas, comme ne change pas la classe médiatique dont il exprime l'opinion et qui englobe une partie de la gauche. Le diagnostic sur l'état de décomposition avancée du PCF qu'il a de formulé dans son éditorial du 28 décembre transforme une analyse factuelle partiellement exacte en jugement de valeur dépréciatif et en pronostic sans fondement avéré, faute d'un effort suffisant de réflexion critique ou autocritique.

L'analyse indique des faits d'affaiblissement incontestables, à comparer à d'autres concernant le mouvement communiste au niveau européen. Mais il oublie de signaler que son score à la dernière présidentielle a été largement du au vote utile en faveur du Parti socialiste pour éviter un nouveau 2002, sans qu'il soit besoin d'y voir un signe de décès : la presse a-t-elle déclaré Les Verts morts sous le prétexte d'un score encore plus calamiteux de Dominique Voynet ?

Et surtout, pourquoi ne pas signaler deux autres faits inverses, tout aussi vrais ? L'influence réelle est remontée à 5 % aux législatives suivantes, permettant de faire exister un groupe parlementaire avec Les Verts (le Modem peut-il en dire autant ?), et à partir des Européennes et des Régionales, dans le cadre du Front de gauche, le poids du PC peut s'estimer à 6 ou 7 %. Par ailleurs, pourquoi occulter le fait que, mesuré à l'aune de ses élus (municipalités, conseils généraux, conseils régionaux et, à nouveau, parlement), il constitue le troisième parti de France ? Voilà un étrange nonagénaire prétendument agité par les tremblements de la décrépitude !

Par contre, il faudrait s'interroger sur les causes de cet affaiblissement, hors de tout a priori idéologique. Les raisons sociologiques ne sont pas pertinentes : le monde du travail (ouvriers, cadres, employés des services, paysans) est non seulement largement majoritaire en France (comme ailleurs), mais il subit la crise du capitalisme à un niveau rarement atteint : paupérisation, chômage, mal-être et mal-vivre, souffrance au travail, recul sans précédent des acquis sociaux du XXe siècle, etc. Tout cela dessine les contours d'un peuple qui, dans son immense majorité, aurait intérêt à voter communiste. Mais il ne le fait pas, alors qu'une récente enquête signalait un désaveu massif (65 %) du système de production capitaliste. Pourquoi ? C'est là la question pertinente ! Or deux phénomènes sont en jeu, qu'une réflexion réellement critique devrait indiquer. D'abord la disparition du système soviétique qu'à peu près tout le monde, au siècle dernier – partisans naïfs comme adversaires acharnés –, identifiait au communisme et qui, à travers une vision mythifiée, continuait à incarner malgré tout une alternative au système libéral. Son échec, sur la base de cette identification, fait croire massivement à l'impossibilité définitive du communisme, que l'histoire aurait ainsi démontrée. D'où cette situation tragique d'un refus de notre société et d'un scepticisme radical quant à la possibilité de la dépasser, dont le mouvement communiste fait les frais, ici comme ailleurs.

 

LE PARTI COMMUNISTE PEUT ÊTRE LE PORTEUR VIVANT D'UNE NOUVELLE ESPÉRANCE


Mais il y a aussi – et là la réflexion du Monde comme de la plupart des médias devrait se faire autocritique – l'incapacité d'une grande partie des intellectuels et des journalistes d'invalider ce scepticisme en dénonçant le préjugé qui l'alimente. Non, l'expérience soviétique du siècle dernier ne correspondait pas, pour l'essentiel, à ce qu'on doit comprendre par le communisme tel que Marx l'a pensé. En deux mots : il ne pouvait réussir qu'à partir des conditions économiques et sociales du capitalisme développé et il supposait la démocratie qu'il entendait non supprimer (même provisoirement), mais étendre du plan politique aux plans social et économique, à travers l'abolition de l'exploitation du travail.

Or, quand ces mêmes médias se sentent interpellés par le renouveau de l'idée communiste, ils n'en parlent qu'à travers quelques vedettes médiatiques qui n'ont rien apporté de sérieux à ce propos et ignorent ceux qui, au contraire, renouvellent la critique intellectuelle du capitalisme d'une manière à la fois radicale et réaliste, y compris en osant l'appuyer explicitement sur la morale dans un univers idéologique marqué par un cynisme sans complexe.

Le Parti communiste a compris tout cela. Pour connaître un peu ceux qui l'animent et suivre leur initiatives, je sais qu'ils ont admis que le communisme est à inventer, faute d'avoir été réalisé nulle part, non à l'aide d'un retour de type religieux à Marx, mais à partir des enseignements que j'ai indiqués (économie développée, démocratie), tout en s'ouvrant à la connaissance précise des nouvelles formes d'aliénation que le capitalisme génère (comme la marchandisation de toutes les activités, l'abrutissement des esprits par la publicité, etc.), en étant sensible aussi aux formes du malheur individuel qu'il secrète, et en s'ouvrant pleinement à la question écologique posée par une croissance folle qu'on ne pourra arrêter sans rompre avec la logique du profit qui la commande – en incarnant donc un "écolo-communisme". C'est bien pourquoi, passer du diagnostic initial d'affaiblissement au pronostic d'une "impasse totale" de son projet "d'un nouveau siècle d'émancipation" ne peut relever que d'une interprétation partisane, indifférente au surplus aux normes morales qui portent ce projet, à savoir la promotion de tous les être humains, la lutte donc pour l'appropriation universelle de la richesse, du savoir, de la dignité et des chances de bonheur, scandaleusement appropriées aujourd'hui par un minorité mondiale que Rousseau, s'il vivait, dénoncerait avec la même indignation qui fut la sienne à la fin de son Discours sur les inégalités.

Dans ce cadre, on ne peut rien dire de certain, sauf que le pire, à savoir la domination sans fin du capitalisme, n'est pas sûr (voir ce qui se passe en Amérique latine) et que le PC peut être le porteur vivant d'une nouvelle espérance.

 


Yvon Quiniou a publié L'ambition morale de la politique. Changer l'homme ? (L'Harmattan, 2010).

Yvon Quiniou, philosophe

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 20:55

WikiLeaks: Omar Bongo aurait financé Nicolas Sarkozy

Le défunt président gabonais aurait détourné 30 millions d'euros à son profit et à celui de partis français. L'argent aurait surtout profité à Jacques Chirac et à Nicolas Sarkozy.

Près de 30 millions d'euros auraient été détournés de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) à son profit par le défunt président gabonais Omar Bongo et auraient aussi profité à des partis français, selon des notes diplomatiques américaines divulguées par Wikileaks, visibles mercredi sur le site de El Pais.

Cette information a été donnée quatre jours après la mort de M. Bongo, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l'ambassade américaine au Cameroun, précise le journal espagnol.

Selon la même source, "les dirigeants gabonais ont utilisé les fonds détournés pour leur enrichissement personnel et, suivant les instructions de Bongo, ont remis une partie de l'argent à des partis politiques français, y compris en soutien au président Nicolas Sarkozy".

L'argent aurait profité "aux deux camps, mais surtout à droite, en particulier à (l'ancien président français Jacques) Chirac mais aussi Sarkozy". "Bongo était le président africain préféré de la France", a ajouté cette source.

La BEAC regroupe les réserves des Etats membres de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale: le Gabon (qui en désigne le gouverneur), le Cameroun (où est situé le siège), la République du Congo, la République centrafricaine, le Tchad et la Guinée Equatoriale.

Selon le câble datant de juillet 2009, le gouverneur de la BEAC, le Gabonais Philip Andzembe, avait placé en secret 500 millions d'euros dans un investissement à haut risque de la banque française Société Générale.

Après que ce placement non autorisé a été rendu public, un audit de la BEAC a été mené et "a révélé des malversations encore plus larges et plus audacieuses, liées à la hiérarchie des officiels gabonais", a indiqué le fonctionnaire à l'origine de cette information.

"L'enquête interne a montré que 36 millions de dollars (environ 28 millions d'euros, ndlr) ont été détournés via des chèques à des hauts responsables du Gabon", a-t-il dit.

Le clan au pouvoir au Gabon, "dont le défunt président Omar Bongo et son fils Ali, ministre de la Défense et candidat à la présidence (élu depuis à la tête du pays, ndlr), a bénéficié du détournement de fonds", indique le document.

"Cette ambassade n'est pas en mesure de vérifier la véracité de l'accusation selon laquelle des hommes politiques français ont bénéficié du détournement de fonds", se contente de conclure le câble, signé de l'ambassadeur américain au Cameroun Janet Garvey.

Une enquête est en cours en France sur le patrimoine dans l'Hexagone de trois présidents africains et de leurs proches, dont Omar Bongo, suite à une plainte de Transparency International, une ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 13:04

Ce matin, à Télématin sur France 2, le jounaliste qui officiait a cité deux fois" l'Humanité". Cela mérite d'être relevé car, ce quotidien ne fait pas l'objet d'une attention particulière des journalistes qui ne le cite que rarement.

 

Le chois s'est porté sur deux informations. Ainsi, on voit à l'écran,  en photo la page 8 de "l'Huma" et un titre : "En septembre, il y aura plus d'élèves et moins de prof!" On sait gré au journaliste de se préoccuper de la prochaine rentrée scolaire, tempérée toutefois par un commentaire dubitatif sur les informations contenues dans cette page.

Puis, deuxième "honneur" un article publié en 13 sur les trafic d'organes au Kosovo et la "cécité" internationale.

Merci Monsieur le journaliste !

Evidemment, on ne peut prétendre, faire la lecture intégrale de quelque journal que ce soit. Encore que bien souvent on ait l'impression que le journaliste n'a reçu que "Le Figaro" et "Libération" et "Le Parisien" abondamment commentés.

Mais ce jour, 30 décembre la UNE de "l'Humanité" est consacré au 90e anniversaire du Parti Communiste. Les téléspectateurs n'en n'auront rien su.

Je vous invite, si cela vous intéresse de connaître et (ou) de comprendre la naissance te "l'existence" du PCF de vous reporter à "l'Humanité" de ce jour 30 décembre et à vous procurer el numéro spécial qui lui est consacré qui paraîtra le 24 janvier au prix de 7 €

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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