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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 06:49

Crise à l’hôpital : témoignage d’une future infirmière

HUGO SFARTMAN 19ANS FRANCONVILLE LA-GARENNE
MARDI, 17 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR
AFP

Le 8 novembre dernier, dix-huit syndicats infirmiers et associations d'étudiants ont manifesté sous les fenêtres du ministère de la Santé à Paris, et partout en France. Suite au suicide de cinq de leurs collègues durant l‘été, ils dénonçaient la dégradation des conditions de travail dans le milieu hospitalier. Pour mieux comprendre leurs souffrances, nous sommes allés à la rencontre d'Estelle, étudiante en deuxième année de soins infirmiers et stagiaire en neurologie.

« Disons que le manque de personnel est vraiment le problème majeur. Le personnel soignant n'a pas le temps de s'adapter et de s’impliquer auprès des patients qu’il reçoit, il faut aller vite, ce qui engendre de la maltraitance institutionnelle », explique Estelle. Impossible pour les infirmiers d'écouter, comme il serait nécessaire de le faire, les patients et leurs familles, ni d'apporter tout le soutien psychologique requis. « Nous sommes là pour perfuser, piquer, donner les traitements, remplir des papiers administratifs... C'est un des reproches principaux qu'on nous fait : l'aspect social et humain de la profession disparaît peu à peu ».  Un peu comme des robots ! A cela s'ajoute un problème récurrent depuis de nombreuses années et signalé par les syndicats : il y a trop peu de  subventions de la part de l'Etat. Le manque de matériel se fait gravement sentir : «  c'est assez fréquent de devoir prendre l'ascenseur et courir à l'autre bout de l’hôpital pour se procurer un outil indispensable à une opération ».  Le  personnel, débordé, ne trouve même plus le temps de former les élèves infirmiers ou stagiaires. « Malgré sa bonne volonté et son implication, notre encadrement est mal en point. De quoi nous décourager parfois et rendre l'apprentissage encore plus difficile... »

Malgré un milieu hospitalier très mobilisé syndicalement, les conditions continuent de s’aggraver. Pour les étudiants, les difficultés rencontrées dès le début de la formation risquent d’accroître le nombre d’abandons. Début décembre, la ministre de la santé Marisol Touraine a présenté un plan d'action pour répondre aux attentes du milieu hospitalier. Elle a aussi validé le projet de construction de l’hôpital universitaire Grand Paris Nord, à Saint-Ouen. Une nouvelle dynamique de dialogue entre le gouvernement et le monde médical s’apprête-t-elle à émerger ? Et qu’en sera-t-il après les élections ?

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Published by bruno fornaciari - dans SANTE MEDIAS et PLURALISME
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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 19:08

D'Ambroise Croizat à Alain Duhamel...

PATRICK LE HYARIC
SAMEDI, 14 JANVIER, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE

Éditorial. "Il faut penser dans les cadres actuels, intime-t-on sur France 2. Si Croizat et de Gaulle avaient raisonné ainsi, il n'y aurait pas eu de Sécurité sociale."

Décidément, le pluralisme des idées, l'authentique confrontation politique quittent l'esprit des chaînes de radio et de télévision. Les pôles publics de France Télévisions et de Radio France, que je défends par ailleurs, donnent le mauvais exemple. « L'Humanité » comme nos confrères de « la Croix » ou de « Politis » ou encore du « Monde diplomatique » et bien d'autres qui font entendre un autre son de cloche sont quasiment interdits de micro. Certes, on ne trouvera nulle part un décret d'interdiction. Non, c'est devenu presque une banalité, une normalité.
Voici que France 2 lance, en prévision de l'élection présidentielle, une nouvelle émission baptisée « le Club de la presse ». La première a eu lieu dimanche 8 janvier, après le journal télévisé. Elle ressemblait, une fois de plus, à une discussion de café du commerce avec des journalistes aussi neutres que M. Duhamel, M. Brunet et deux autres confrères de « Challenges » et du « Journal du dimanche ».
Je ne leur reproche pas d'avoir des opinions et de les exprimer. Précisément parce que je suis pour la confrontation d'opinions. Ce que je conteste, ce sont les visages différents pour des opinions quasi similaires ! On y a sondé, avec l'air savant, le cerveau caché des candidats, les tactiques obliques, les phrases devenues petites au fur et à mesure qu'on les découpe, les jugements sentencieux toujours aussi éloignés de la vie de la multitude qui travaille et qui souffre.
 
Dans leur bouche, chaque électeur devient un sujet au service de tactiques biscornues. On explique, par exemple, que si on ne choisit pas M. Valls à la primaire, on aura M. Macron, car les élus socialistes ne voteront pas pour un autre candidat de leur parti. Bref, vous avez le choix entre un libéral et un... libéral. Tous sont hantés par la crainte que les candidats socialistes n'assument pas chacun un virage à droite. Tous reprochent même à M. Valls de ne pas tenir la ligne libérale qu'il mettait en oeuvre lorsqu'il était premier ministre. Certes, la mue de l'ancien premier ministre pose légitimement question, mais pas en ces termes ! S'il parle aujourd'hui à gauche après avoir dit qu'elle n'existait plus, c'est que le peuple de gauche existe et compte en France. Au-delà, une immense majorité de citoyens n'a supporté ni le 49-3, ni le projet de déchéance de nationalité, ni la loi sur la précarisation du travail, ni les cadeaux permanents aux grandes entreprises sans contreparties pour l'emploi, tandis que continuaient à progresser le chômage, la précarité, la pauvreté, l'affaiblissement des services publics et l'alignement permanent sur la doxa bruxelloise. Voici un élément de débat qu'il serait intéressant de décrypter. Ces porte-voix ne le souhaitent pas, trop occupés à démontrer que l'avenir passe par la mise en oeuvre de toutes ces solutions du passé vers encore plus de libéralisme, alors qu'elles ont toutes échoué partout. Peu leur importe si les conséquences des choix qu'ils défendent enferment beaucoup trop d'électeurs en colère vers le vote d'extrême droite.
Tous, sur le plateau, ont défendu comme « intelligente » cette incroyable profession de foi de M. Fillon déclarant qu'il ne serait pas dur avec la Sécurité sociale puisque « chrétien ». Autre manière de prolonger les épisodes affligeants autour du burkini, des menus à la cantine, du voile et autres propos stigmatisant précisément une « autre » religion. Sa foi si « chrétienne » le conduira-t-il à soutenir Cédric Herrou, poursuivi pour avoir « aidé son prochain », la salariée d'Auchan qui a perdu son enfant parce qu'on l'a obligée à rester « attachée » à sa caisse, ou encore la défense des services publics alors qu'il veut purger cinq cent mille emplois.
En vérité, cette déclaration ­ qui n'aurait jamais dû quitter la sphère privée ­ sert à illustrer le débat lancé par M. Sarkozy sur « l'identité » de la France. Oui, la droite veut, un jour ou l'autre, aller jusqu'à défigurer ou abolir la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.
Transpirait de cette émission la hargne contre toutes les conquêtes du Conseil national de la Résistance. La première question de l'émission invitait Alain Duhamel à émettre son voeu pour l'année nouvelle. Du tac au tac, il réclama de chaque candidat qu'il ne fasse aucune promesse qui ne serait pas financée. Tout est ici ! Vous ne devez penser que dans les cadres actuels ! Si, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un pays dévasté et ruiné, Ambroise Croizat et le général de Gaulle avaient ainsi raisonné, il n'y aurait jamais eu de Sécurité sociale, et le pays aurait eu plus de mal à se relever. Il est heureux qu'une pensée inverse les animait, comme celle de M. Thorez qui érigea le statut de la fonction publique. Tout droit social, tout bien commun au service de tous est aussi la condition du redressement et du développement économiques.
Dans les conditions de notre époque, c'est d'une nouvelle Sécurité sociale dont il faudrait débattre ; celle, par exemple, ouvrant une cinquième branche pour financer le crucial enjeu de l'autonomie, ou celle permettant une « sécurité » de l'emploi. De même, un nouveau partage des richesses et une nouvelle manière de produire et de consommer, combinés à un nouvel âge de la démocratie participative d'intervention conditionnent un développement durable, respectueux de la planète. Quand et où en débattra-t-on enfin sérieusement ? Tout le monde, à commencer par les journalistes, a tout à gagner au fait que le pluralisme irrigue enfin les débats publics. Nous sommes disponibles pour cela !
 
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 11:31

Ce que les médias passent sous silence à propos de Cuba

Depuis le décès de Fidel Castro, les mêmes propos sont répétés en boucle par les journalistes et les hommes politiques : Cuba est l’une des dernières dictatures, elle enferme ses opposants, viole les droits de l’homme et affame son peuple. L’occasion est trop belle pour dire tout et n’importe quoi à ce sujet. Réponse aux mensonges et raccourcis à propos de Cuba.

Ségolène Royal, pour avoir osé dire qu’il « n’y a pas de prisonniers politiques à Cuba », a vu un torrent de boue s’abattre sur elle. Simplement parce qu’elle a eu l’outrecuidance de défendre Cuba. Car c’est bien cela qui lui est reproché, puisque personne n’a apporté le moindre élément permettant de démentir son affirmation.

Ah non, pardon, en réalité, seul Amnesty International a tenté un truc. Comme unique exemple à charge, l’organisation cite le cas de l’artiste El Sexto, arrêté pour avoir tagué « se fue » (« il est parti », ce que certains interprètent comme une référence au décès de Fidel Castro) sur le mur d’un grand hôtel de la Havane et de plusieurs bâtiments prestigieux ! Scandaleux ! Il est vrai qu’à Paris, si un artiste avait eu l’idée de taguer le Fouquet’s ou la Cathédrale Notre-Dame, la police l’aurait probablement applaudi et il n’aurait bien sûr encouru aucune poursuite pénale…

Je ne sais pas qui s’occupe de la com’ d’Amnesty International, mais si c’était pour sortir une ânerie pareille, il aurait mieux valu faire comme tous les autres et dénoncer sans preuve, cela aurait été hautement plus crédible…

« Mais peu importe ! » diront les autres. « Cuba est une dictature et rien ne le justifie ! »

Vraiment ? Retour en arrière

De la soumission aux États-Unis à la révolution

Cuba, de 1899 à 1959, était de fait une colonie états-unienne. Connue comme étant « le bordel de l’Amérique », l’île était alors gangrenée par la pauvreté, la prostitution, le jeu, les narcotrafiquants, la mafia et autres malfrats états-uniens venus échapper à la prohibition. Pour se faire une idée, il faut savoir que Miami et Las Vegas n’existaient pour ainsi dire pas avant la révolution cubaine, puisque l’île tenait leur rôle.

1938
Le dictateur Batista (à droite) en visite aux Etats-Unis en 1938.

Lorsque les guérilleros conduits par Fidel Castro rentrent victorieux à la Havane le 8 janvier 1959, ils viennent de renverser la dictature militaire pro-américaine de Fulgencio Batista, responsable de la mort de 20 000 cubains en sept ans. Beaucoup reprochent à Fidel Castro de s’être alors rendu coupable d’un nettoyage politique contraire aux droits de l’Homme. Mais de quoi parle-t-on ?

Fidel Castro avait maintes fois appelé la population à ne pas se livrer à la vengeance et à un « bain de sang », mais à laisser la révolution rendre justice. Il y eut donc des procès qui ordonneront 631 condamnations à mort et amèneront 146 proches de Batista à être fusillés. Il n’y eut aucun lynchage ou exécution sommaire. Comparons ces chiffres à une situation similaire : en 1944, lorsque la France fut libérée, il y eu près de 9 000 exécutions sommaires et plus de 1 500 condamnés à mort (parmi eux on compte des écrivains et des journalistes, ce qui ne fut pas le cas à Cuba). Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause le gouvernement de l’époque ou le Général de Gaulle pour ces faits.

La guerre meurtrière des États-Unis contre Cuba

Le nouveau gouvernement cubain se heurte rapidement à l’opposition des États-Unis. Ces derniers sont irrités par ses réformes et les nationalisations. Ils mettent fin à l’importation de sucre en provenance de l’île (qui représentait 80 % des exportations de Cuba vers les États-Unis et employait près de 25 % de la population). En 1962, les États-Unis vont jusqu’à imposer un embargo à Cuba qui rompt les relations commerciales entre les deux pays (même alimentaires), et obligent la majeure partie des pays américains et leurs alliés occidentaux à faire de même.

cuba-embargo
191 pays ont condamné l’embargo des Etats-Unis sur Cuba. L’ONU a condamné 18 fois ce qu’elle considère comme un « blocus ».

Tout produit élaboré avec des éléments d’origine cubaine est interdit d’entrée aux États-Unis. Les avoirs de l’État cubain aux États-Unis sont gelés. Les transactions financières sont interdites. Tout échange en dollars avec l’île est sanctionné. Pendant des décennies, il sera interdit aux citoyens états-uniens de se rendre à Cuba. Le but affiché des États-Unis est de profiter des difficultés que provoque l’embargo pour provoquer la chute de Fidel Castro.

L’embargo sur Cuba est encore en vigueur aujourd’hui. C’est l’embargo commercial le plus long de l’époque contemporaine. Il n’a cessé d’être renforcé par les États-Unis (jusqu’en 2009) : en 1996, la loi Helms-Burton interdit à toute personne ou entreprise dans le monde de commercer des produits issus de biens américains qui ont été nationalisés par le régime cubain après la révolution.

En 2004, l’administration Bush adopte une loi visant à condamner à dix ans de prison et à un million de dollars d’amende tout citoyen états-unien se rendant à Cuba sans autorisation, ou avec autorisation mais plus de 14 jours, ou qui dépenserait sur l’île plus de 50 dollars par jour, ou qui enverrait de l’argent à un proche adhérent du parti communiste local.

L’embargo a donc condamné Cuba à l’autarcie, la poussant dans les bras des soviétiques. En 2014, on estimait les pertes directement liées à l’embargo à 116 milliards de dollars pour l’île.

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Le groupe terroriste Alpha 66 fêtant ses 50 ans à Miami.

Mais quand il s’agit de l’Amérique latine, son « pré carré », les États-Unis ne s’attaquent pas qu’au portefeuille. Ils ont aussi financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars toutes sortes d’activités pouvant nuire à Cuba, terrorisme compris. Ainsi, des groupes comme Alpha-66 et Omega 7, entraînés en Floride, se sont rendus responsables de divers sabotages et attentats (rien qu’en 1960-1961, sur une période de sept mois, la CIA a commandité 110 attentats à la dynamite, a fait placer 200 bombes, et déclenché 800 incendies dans des plantations), faisant de Cuba l’un des pays au monde qui déplore le plus grand nombre de victimes d’attentats (3500 morts et 10 000 blessés dont plus de 2 000 handicapés à vie). En 1971, la CIA fit importer une épidémie de peste porcine africaine sur l’île, à l’aide de ces organisations terroristes. En 1981, l’introduction de la dengue hémorragique toucha près de 350 000 personnes à Cuba, et entraîna la mort de 158 d’entre elles dont 101 enfants. Durant toute sa vie, Fidel Castro aura été la cible de 638 tentatives d’assassinats.

Face à toutes ces menaces, Fidel Castro, qui voulait pourtant la démocratie sur l’île, dut se résigner à accroître la répression, la censure et le poids du parti communiste cubain, qui devint peu à peu le parti unique de l’île.

« Imaginez ce que serait la situation aux États-Unis si, dans la foulée de leur indépendance, une superpuissance leur avait infligé pareil traitement : jamais des institutions démocratiques n’auraient pu y prospérer », résume Noam Chomsky. Il est de bon ton de donner, du haut de sa France stable du XXIe siècle, des leçons à Fidel Castro sur le type d’institutions démocratiques qu’il aurait dû mettre en place pour recevoir un brevet de « pays moralement soutenable par l’Occident ». 238 morts causés par le terrorisme djihadiste nous ont récemment amenés à envisager une remise en cause de l’État de droit : multiplions le nombre de victimes par 15, ajoutons-y un blocus terrible, le financement de partis d’opposition par l’étranger et nous comprendrons ce qui a poussé le gouvernement cubain à mettre en place ces mesures autoritaires.

 

 

 

Les droits de l’Homme à Cuba

Il convient encore de citer Noam Chomsky : « Concernant les violations des droits de l’Homme, ce qui s’est produit de pire [à Cuba] ces quinze dernières années a eu lieu à Guantánamo, dans la partie de l’île occupée par l’armée américaine, qui y a torturé des centaines de personnes dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ». »

Pour ceux qui pensent le contraire (ce qui montre bien le niveau de désinformation qu’il y a quand il s’agit de Cuba) : il y a des élections à Cuba. Ici, le 19 avril 2015 lors du premier tour des élections municipales.

La censure n’a quasiment plus cours à Cuba depuis les années 1990. Il n’y a aujourd’hui plus un seul opposant politique ou journaliste en prison à Cuba (or, faut-il le rappeler, les États-Unis étaient en 2005 le 6e pays au monde avec le plus de journalistes en prison, selon Reporters Sans Frontières). Cuba n’a condamné personne à mort depuis 2003 ; même en 2006, lorsqu’il y eut de nouveaux attentats, la peine de mort n’a pas été appliquée. Cuba ne s’est jamais rendu coupable de torture. Cuba ne possède pas de police anti-émeute (les CRS en France).

La liste de « prisonniers politiques » fournie par les opposants cubains, sur laquelle les médias occidentaux se basent, ne comprend aujourd’hui plus que des criminels que même Amnesty International refuse de prendre en compte parce qu’elle est composée « de gens jugés pour terrorisme, espionnage ainsi que ceux qui ont tenté et même réussi à faire exploser des hôtels » (rapport d’Amnesty International de 2010).

Bien qu’il se pluralise de l’intérieur, le parti unique existe toujours à Cuba. Il faut cependant noter l’existence d’institutions démocratiques inconnues en France, comme le référendum d’initiative populaire qui permet de révoquer les élus. Une forme de démocratie directe existe à Cuba : les habitants se réunissent en assemblées de quartier pour délibérer sur le choix d’un candidat (il est interdit au parti communiste de désigner un candidat) et peuvent le révoquer à tout instant.

Le bilan de Fidel Castro : le socialisme concret

Si Cuba n’a pas choisi la voie de la démocratie libérale, c’est avant tout pour préserver l’héritage de la révolution, à savoir celui d’un socialisme concret qui vient en aide aux plus démunis et qui s’est instauré (avec réussite) malgré l’embargo. En voici quelques exemples :

A Cuba, personne ne dort dans la rue. C’est le seul pays d’Amérique latine et du tiers-monde à s’être débarrassé de la malnutrition infantile, selon l’Unicef. L’île a atteint le plein emploi (le taux de chômage y était de 3,2% en 2011). Les inégalités y ont été réduites de près de 30% depuis la révolution (selon l’évolution de l’indice de Gini, qui sert à calculer les inégalités). En 2016, 60% du budget de l’État correspond aux dépenses courantes de maintien des services gratuits de base dont bénéficient tous les Cubains.

Cuba a, en dépit du blocus, et ce, dès 2015, avant même la date prévue, atteint les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) définis par les Nations Unies.

Au niveau de l’Indicateur de Développement Humain (IDH), Cuba se classe 67e selon l’ONU. Devant le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique, la Turquie, l’Ukraine, l’Afrique du Sud, l’Iran… Hors revenus, Cuba se classe même 26e, devant notamment le Royaume-Uni.

A Cuba, le secteur des travailleurs indépendants et d’autres formes de gestion non-étatique sont aujourd’hui en expansion. 504 000 Cubains travaillent à leur compte : ils sont protégés par le système de sécurité sociale et bénéficient du droit à la retraite – on est donc loin du cliché du pays communiste qui bride la liberté d’entreprendre.

Dès 1961, soit deux ans après la révolution, Cuba fut l’un des rares pays à avoir éradiqué l’analphabétisme. Dans le détail, le taux d’alphabétisation des 15-24 ans atteint aujourd’hui les 100%, et celui des adultes 99,8%, ce qui place Cuba dans le top 5 des pays les plus alphabétisés au monde selon l’ONU.

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Trente pays bénéficient du programme d’alphabétisation cubain « Moi aussi je peux » qui a permis d’apprendre à lire et à écrire à plus de 10 millions de personnes.

L’accès gratuit et universel à l’éducation est garanti à tous les citoyens à Cuba. Selon l’UNESCO, Cuba est le pays qui affiche le meilleur résultat d’Amérique Latine et des Caraïbes en matière d’éducation. Cuba est le pays disposant du plus grand nombre d’enseignants par habitant et du plus faible nombre d’élèves par classe dans le primaire et le secondaire (19 élèves par maître dans le primaire et 15 dans le secondaire).

En 1959, Cuba ne comptait qu’une seule université. Aujourd’hui l’île compte 52 établissements d’enseignement supérieur. Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur y était de 95,2% en 2011, soit le 2e meilleur score du monde (derrière la Corée du Sud) selon l’ONU. La télévision cubaine diffuse régulièrement des cours du second degré pour la population adulte.

D’après l’ONU, la mortalité infantile à Cuba est de 4,2 pour 1000, soit le taux le plus faible du continent américain, (à titre de comparaison, il est de 5,9 pour 1000 aux USA). Toujours selon l’ONU, celui-ci était de 69,86 pour 1000 avant la révolution.

L’espérance de vie à Cuba est de 79,4 ans selon l’ONU. Soit 0,3 ans de plus qu’aux États-Unis et seulement 1 an et demi de moins qu’en Allemagne. C’est le 3e meilleur chiffre d’Amérique derrière le Canada et le Chili. C’est 5 ans de plus que la moyenne de la zone Amérique latine et Caraïbes et c’est dans la moyenne des pays riches de l’OCDE

 

A Cuba, l’accès gratuit à tous les services de santé est garanti. Il y a un médecin pour 137 habitants de l’île, soit le meilleur ratio au monde. C’est plus de deux fois plus qu’en France (1 pour 299). Depuis la révolution, 110 000 médecins ont été formés à Cuba. Avant, il n’y en avait que 6 000, dont la moitié a fui le pays lors de la révolution. Cuba est le seul pays au monde à avoir créé un vaccin contre le cancer du poumon et un médicament permettant d’éviter les amputations liées à l’ulcère du pied diabétique.

L’école de médecine de la Havane, « la plus avancée au monde » selon le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, forme aujourd’hui 11 000 jeunes venus de 120 nations. Depuis la révolution, l’île a même déployé 135 000 soignants à travers le monde, lors de catastrophes naturelles ou humanitaires. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro fut le premier chef d’État à recevoir la médaille de la Santé pour tous, décernée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2014, l’OMS qualifiait le système de santé cubain « d’exemple à suivre ».

Un an après la révolution, Cuba a interdit la ségrégation raciale, soit sept ans avant les États-Unis. La même année, la fédération des femmes cubaines fut crée. L’égalité femme-homme est une réalité sur l’île, notamment du point de vue salarial. En 2013, Cuba occupait le troisième rang mondial du plus grand pourcentage de femmes élues députés. Elles président 10 des 15 provinces du pays. Alors que l’île comptait plus de 150 000 prostituées dans les années 50, la prostitution a été éradiquée en 1967 (pas définitivement, hélas, car elle tend à réapparaître ces dernières années : elles seraient entre 12 et 20 000 aujourd’hui selon les opposants). Les prostituées ont été soignées (30 à 40% d’entre elles souffraient de la syphilis), éduquées, logées et réinsérées.

Cuba promeut la prévention en matière d’éducation et de réinsertion sociale pour éviter la délinquance. C’est l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine : le taux d’homicide volontaire y est de 4,2 pour 100 000 habitants (contre une moyenne de 23 pour 100 000 en Amérique latine). Cuba est le pays d’Amérique Latine qui enregistre le moins de violences contre les enfants.

Libertés individuelles ou libertés collectives ?

Contredire les mensonges répandus à propos de Cuba n’empêche évidemment pas de jeter un regard critique sur les erreurs commises par le gouvernement, comme pour n’importe quel autre pays, à n’importe quel moment de l’histoire. Mais on ne peut déclarer que la révolution a été volée d’un coup par un « régime dictatorial ». Car le gouvernement cubain a toujours été cohérent dans ce qu’il a accompli. La même logique, le même objectif, ont été poursuivis de A à Z.

Le clivage à propos de Cuba devrait se résumer ainsi : si l’on pense que les libertés collectives priment sur les libertés individuelles, alors on soutient Cuba ; si l’on pense l’inverse, alors on condamne. Les deux ne sont évidemment pas contradictoires, et certains gouvernements ont même décidé de ne pas choisir. Prenons l’exemple de deux d’entre eux : le Chili de Salvador Allende et le Venezuela d’Hugo Chavez.

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Salvador Allende et Fidel Castro.

Salvador Allende, malgré les menaces que faisaient planer les États-Unis depuis son élection en 1971, a décidé de rester démocrate jusqu’au bout, avec la fin qu’on connaît : le putsch de 1973 mené par le général Pinochet, qui fit 3 à 4 000 morts et contraignit Allende au suicide, le Chili devenant alors une dictature militaire ultralibérale pour les vingt années qui suivirent.

Au Venezuela, le même scénario faillit se reproduire : en 2002, un coup d’État eut lieu, et Chavez, élu démocratiquement, aurait dû être fusillé dans la foulée. Mais le peloton d’exécution refusa d’obtempérer et il eût la vie sauve. La révolte des militaires et de la population contraignit les putschistes à renoncer.

Au Chili, les États-Unis ont préparé le terrain pour que le coup d’état se produise, l’ont piloté en sous main et l’ont officiellement soutenu. Au Venezuela, les putschistes furent financés par les États-Unis et la CIA fut directement impliquée.

A l’aune de ces exemples, et de toutes les tentatives de déstabilisation états-uniennes à Cuba citées plus haut, on comprend bien qu’il va falloir prendre en compte le fait suivant : non, Cuba n’avait pas, et n’a jamais eu, le choix d’être une démocratie libérale. C’est à contre-cœur, et contraint et forcé par les agressions états-uniennes, que Fidel Castro a mis en place des mesures liberticides à Cuba. Il faut également prendre en compte un autre élément : beaucoup de démocraties dans le tiers-monde sont des farces. Regardez par exemple la Colombie, où l’on compte depuis le début de l’année, 70 assassinats de proches du parti socialiste, ou le Honduras, où dès qu’un président un peu trop de gauche est élu, hop !, les militaires font un coup d’État avant de réorganiser des élections.

Ce sont tous des pays où une large part de la population est maintenue dans l’extrême pauvreté, où la violence et la corruption sont reines et où les gouvernements pratiquent régulièrement les « disparitions », l’assassinat et la torture. Comme Fidel Castro le rappelait souvent : A quoi sert la démocratie ou la liberté d’expression dans un pays qui compte 50% d’analphabètes ? Dans un pays où une grande partie de la population meurt de faim ou de maladie ? L’éducation, la médecine, la répartition des richesses : toute démocratie n’est que comédie sans ces libertés collectives préalables.

Aristote, dans Les Politiques, avait déjà bien compris que l’objectif d’un État n’est en rien la forme de ses institutions, mais sa capacité à agir ou non dans l’intérêt de son peuple. Il n’aura échappé à personne la façon dont les peuples reçoivent, chaque fois, ceux qui tentent d’imposer la « démocratie libérale » dans leur pays. La première volonté des peuples est d’abord de se libérer des puissances qui les étranglent et de pouvoir vivre par eux-mêmes : ça s’appelle la souveraineté nationale. C’est là que réside la clé pour comprendre Cuba : plus que tout, le génie de Fidel Castro, c’est d’avoir su interpréter, et appliquer, la volonté générale de son peuple. Les Cubains lui en sont reconnaissants, notamment car ils ont été les premiers acteurs de la transformation de l’île. Les centaines de milliers de Cubains à s’être réunis aux quatre coins du pays pour saluer la mémoire du Comandante en sont la parfaite illustration.

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:17
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 01:10
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 10:36

VOICI L'ENTRETIEN RÉALISÉ PAR GAËL DE SANTIS LE MARDI, 6 JANVIER, 2015 POUR

L'HUMANITÉ

Euclid Tsakalotos : « Ce qui est irréaliste, c’est de ne pas changer de direction »

Professeur d’économie et porte-parole sur les questions économiques pour la coalition de la gauche radicale (Syriza) au Parlement grec, Euclid Tsakalotos ­explique la stratégie de sa formation pour faire face à la crise humanitaire. 300 000 familles vivent au dessous du seuil de pauvreté. Entretien.

Si Syriza est amené à gouverner après les élections du 25 janvier, vous devrez affronter des forces puissantes. Quelle est votre stratégie pour appliquer votre programme ?

Euclid Tsakalotos Nous avons un ensemble de propositions à mettre en œuvre les cent premiers jours. Elles le seront quelle que soit la manière dont avancent les négociations. Ces mesures visent à faire face à la crise humanitaire. Elles vont du logement à l’accès des gens au fioul pour faire face à la précarité énergétique. D’un autre côté, nous ferons face à la question des prêts non recouvrables, ou de la dette au fisc que certains contribuables sont dans l’incapacité de payer. Parallèlement, nous expliquerons à nos créditeurs que les politiques menées jusqu’alors ont échoué. La Grèce a, depuis le début de la crise, perdu 27 % de son produit intérieur brut et a vu se développer un chômage de masse et une pauvreté endémique. Revenir à une dette soutenable en dégageant pendant des années des surplus budgétaires est inconcevable. Des économistes de gauche comme orthodoxes sont forcés de constater que la dette n’est plus soutenable. Nous paierons une partie seulement de la dette, mais dans des conditions nouvelles.

Avez-vous travaillé à une plate-forme commune avec d’autres forces en Europe ?

Euclid Tsakalotos Il existe maintenant une convergence de forces qui disent qu’il faut alléger les mesures d’austérité, que les objectifs budgétaires fixés aux pays européens sont bien trop stricts. Ces forces disent qu’il faut faire quelque chose concernant la dette, mais aussi que l’architecture de l’Union européenne (UE) ne fonctionne pas. Ces forces, de gauche comme de droite, indiquent que l’Union n’est bâtie ni sur la justice ni sur la démocratie. Nous disons que si l’on ne va pas vers la gauche, si l’on ne promeut pas une Europe plus démocratique et plus juste, les forces nationalistes – et peut-être pire encore – vont gagner du terrain. La zone euro serait en danger, non du fait de la gauche, mais des politiques actuelles qui proviennent de Berlin. Nous nous réjouissons que Podemos soit bien crédité en Espagne, que Sinn Féin progresse en Irlande. Si les citoyens voient que les gouvernements de gauche peuvent gagner, il peut y avoir un effet d’entraînement.

La dette est centrale pour Syriza. Que se passera-t-il si l’ensemble des autres pays européens bloquent l’annulation partielle de la dette ?

Euclid Tsakalotos Je ne vais pas dévoiler à un journal notre stratégie de négociations. Dans des pourparlers, on n’abat pas d’entrée toutes ses cartes. Mais nous dirons que si nos partenaires ne veulent pas parler à un gouvernement nouvellement élu, porteur d’un mandat fort, ce serait le signal que l’Union européenne a un problème avec la démocratie. Cela aurait un coût politique énorme.

Certains médias avancent que vous avez modéré votre programme. Qu’en dites-vous ?

Euclid Tsakalotos Syriza constitue une force qui est à la fois dans le réel et dans la confrontation. Nous sommes réalistes car nous avançons qu’il faut affronter les politiques d’austérité alors que nos opposants, en Grèce, disent qu’ils sont incapables de changer de politique, parce que Merkel domine l’Europe. Ils pensent que la seule chose réaliste est de courber l’échine, d’accepter tout ce qui provient de la chancellerie allemande et de la troïka. Il est irréaliste de ne pas changer de direction.

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 11:53

Européennes : l’avertissement du CSA aux télés et aux radios

La couverture télé et radio de la campagne pour les élections européennes est loin de répondre aux règles d’équité auxquelles ces médias doivent se conformer, déplore le Conseil supérieur de l’audovisuel dans un communiqué diffusé hier à l’issue d’une de ses séances. Celle-ci était consacrée à l’examen des « temps de parole des partis ou groupements politiques présentant des listes aux élections européennes et de leurs soutiens relevés dans les émissions d’information et les autres émissions des programmes des chaînes de télévision et de radio (...) au cours de la période du 14 avril au 9 mai 2014 », et le constat du CSA est sans appel :

« Le Conseil a constaté l’existence de profonds déséquilibres dans la répartition des temps de parole et observé que des formations politiques n’avaient pas encore bénéficié d’un accès aux antennes. »

Les tableaux des relevés de temps de parole que publient le CSA sur son site sont éloquents. Certes ceux-ci ne prennent pas en compte les relevés de temps de parole des candidats qui s’expriment sur les enjeux qui concernent leur circonscription électorale. Ils ne prennent en compte que les relevés de temps de parole des représentants des partis politiques qui s’expriment sur les enjeux nationaux des élections européennes. Mais ils donneront sûrement matière à certaines listes, notamment au Front de gauche, de se plaindre auprès d’un certain nombre de chaînes d’un traitement inéquitable et/ou de la visibilité démesurée accordé au Front national. Parmi les trois chaînes d’information, I-télé a ainsi accordé plus de temps d’antenne au parti de Marine Le Pen (1:42:50 soit 26,19% du temps global) qu’au PS et à son allié PRG (1:38:57 soit 25,20%) ou à l’UMP (1:31:28 soit 23,29%) ; les autres formations se partagent des miettes.

Sur les chaînes généralistes, le déséquilibre consacré est un peu atténué par le fait que, sur toute la période, ces chaînes n’ont pas consacré 20mn aux enjeux non locaux des européennes, à l’exception notable de France 2 (1:14:10) et France 3 (0:43:44).

Le CSA affirme avoir « alerté vivement les responsables des chaînes de télévision et de radio, notamment généralistes privées, sur la nécessité de veiller à respecter le principe d’équité avant » le 23 mai, date de la fin de la campagne. Il a adressé à plusieurs diffuseurs « des observations détaillées » en ce sens. Et leur a rappelé qu’il ne leur restait que dix jours pour exposer « de manière adéquate les formations politiques présentant des listes ».

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 20:43

Salaires : combien gagnent les animateurs et chroniqueurs vedettes ?

Salaires : combien gagnent les animateurs et chroniqueurs vedettes ?

Dans son nouveau numéro publié ce lundi, Télé 2 semaines publie les "vrais salaires de la télé" qu'ils soient animateurs de jeu, stars de l'info ou chroniqueurs.

"Dites aux Français, M. Denisot, combien vous gagnez ! Vous ne pouvez pas le dire, c'est une somme tellement extravagante", demandaitNicolas Dupont-Aignan, président du mouvement politique Debout la République sur le plateau duGrand Journal de Canal +, le 13 avril dernier dans un méga clash d'anthologie. Télé 2 semaines a décidé de percer l'un des plus grands mystères du paysage audiovisuel Français. Après avoir affronté un tas de refus, Pierre Ménès a répondu à leur question délicate. Le chroniqueur du Canal football club et des Spécialistes sur Canal + ne cache pas gagner 160 000 euros par an. "Je suis fier de ce que je touche. (...) En France, gagner de l'argent, c'est forcément malhonnête. Je le regrette. Il y a un rapport maladif à l'argent. Alors qu'on ne vole rien...Si on nous paie autant, c'est qu'on rapporte beaucoup", explique le garçon sans langue de bois. Pour le reste, il faudra faire confiance au magazine qui a enquêté pendant des semaines. 

Julien Lepers toucherait 39 000 euros par mois, soit 1300 euros pour chaque émission deQuestions pour un champion. Sur la même chaîne, Laurent Romejko gagnerait beaucoup moins avec seulement 500 euros pour chaque numéro des Chiffres et des lettresEn face, Julien Courbet percevrait 1000 euros pour chaque Seriez-vous un bon expert ? sur France 2. 

Du côté des stars de l'info, Laurence Ferrari, la reine du 20h de TF1 toucherait plus de 50 000 euros par mois alors que David Pujadas, son concurrent sur France 2 doit "se contenter" de 18 000 euros. À 13h, Ellise Lucet serait à 10 000 euros mensuel. 

Les chroniqueurs ne sont pas en reste. Pour son passage dans Salut les Terriens sur Canal +, Stéphane Guillon atteindrait la coquette somme de 36 000 euros par mois. Dans C à vous sur France 5, Patrick Cohen, Jérémy Michalak et Matthieu Noël toucheraient 6000 euros mensuel (300 euros par émission) tandis qu'Alessandra Sublet, leur patronne percevrait 18 000 euros tous les mois. Pour ses questions aux invités dans Les Anges de la télé-réalité, le mag, Loana empocherait, elle, 4000 euros par mois (200 euros par émission). Natacha Polony dans On n'est pas couché sur France 2 recevrait à peine plus que la blonde avec 5 600 euros mensuel (1 400 euros par prestation). 

Enfin, les deux anciens snipers de l'émission de Laurent Ruquier ont finalement fait une bonne affaire en allant sur le groupe M6. Éric Zemmour toucherait ainsi 8000 euros par mois pourZemmour et Naulleau tandis que son compère Éric Naulleau en gagne 4000 de plus grâce à la présentation de l'émission Ça balance à Paris sur Paris Première.

 

 

Salaire : la note que Jean-Michel Aphatie a retirée de son blog

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

 

Jean-Michel Aphatie le 27 janvier 2012 (IBO/SIPA)

Vendredi 14 avril sur Canal+, Nicolas Dupont-Aignan s’emporte contre les journalistes du « Grand Journal » et les accuse d’être « coupés » des réalités que vivent les Français. Le Lab d’Europe 1 a retranscrit l’échange :

NDA : « Venez avec moi sur le terrain voir les Français qui souffrent. »

Michel Denisot : « Non mais on ne vit pas dans la Lune ! »

NDA  : « On ne vit pas dans le même monde. »

Michel Denisot : « Vous ne savez pas où je vis. »

NDA  : « Et bien donnez-nous votre salaire. Combien vous gagnez ? »

Michel Denisot : « C’est moi qui me paie. Cela ne vous regarde pas. »

NDA (en criant) : « Dites-le aux Français, combien vous gagnez ? Vous n’oserez pas le dire [...]. Tous ces gens qui s’en mettent plein les poches et qui donnent des leçons à la terre entière... »

Jean-Michel Aphatie  : « Traitez-nous de voleurs tant que vous y êtes ! »

NDA  : « Je ne vous traite pas de voleur. Mais osez dire votre salaire ! »

Jean-Michel Aphatie : « Mais mon salaire monsieur, je le mérite. Comme vous. Et je ne vous le dirai pas. »

Suite à ce « clash » (c’est ainsi que l’on désigne les échanges non policés), Jean-Michel Aphatie a publié, lundi 16 avril, à 9h55, une note sur son blog pour s’expliquer.

Dans ce texte, mystérieusement supprimé quelques minutes après sa mise en ligne, le journaliste écrivait :

« Un candidat à la présidence de la République m’a demandé mon salaire. Je n’ai pas voulu lui communiquer. Ai-je eu tort ? [...] La vulgarité de l’interpellation semble plus immédiatement accessible que son sens profond. En effet, en procédant de la sorte, le candidat semble suggérer qu’à partir d’un certain niveau de salaire, un journaliste n’est plus apte à exercer la fonction qu’il prétend assumer. A quel niveau de salaire ledit candidat situe-t-il l’incapacité du journaliste ? 2 000 euros ? 4 000 ? 6 000 ? Au-delà ? Pour l’instant, il ne l’a pas précisé.

Pas plus qu’il n’a précisé les conséquences d’un éventuel dépassement du seuil. Faut-il alors retirer sa carte professionnelle au journaliste qui le dépasse ? Mais même sans carte de presse, celui-ci peut continuer à travailler. Faudrait-il donc alors jusqu’à lui interdire toute parole publique ? Et pourquoi pas alors, puisque nous serions dans un cas flagrant d’inutilité sociale, l’orienter vers les mines de sel pour lui permettre, enfin, de découvrir la vraie vie dont il ignore si visiblement tout ? »

Mais Jean-Michel Aphatie ne fournit pas la réponse qu’attendait NDA :

« Combien je gagne ? Plus que le smic, c’est sûr. Moins que vous ne le pensez, c’est sûr aussi. Je répondrai à cette question quand la loi m’en fera obligation, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. La loi oblige simplement à informer les actionnaires de certaines entreprises des rémunérations des plus importants de leurs dirigeants. Ce n’est pas encore le cas pour les simples salariés des dites entreprises. »

Jean-Michel Aphatie que nous avons contacté refuse de s’expliquer. Il répète seulement : « On va attendre. »

 

BON ASAVOIR

 

Les stars TV soumises à l'impôt Hollande ?

Michel Denisot, Jean-Michel Apathie, David Pujadas, Bruce Toussaint, tous seront assujettis à la nouvelle tranche d'impôt à 45 %


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Publié le 16/04/2012 à 16:34  Réactions (18)
Les stars TV soumises à l'impôt Hollande ?
© Maxime Bruno/Canal+
 
La révélation des rémunérations des animateurs producteurs de l'audiovisuel public avait déclenché, en 1996, un scandale qui provoqua l'éviction de Jean-Pierre Elkabbach de la présidence de France Télévision et déstabiliséNaguiJean-Luc Delarue et Arthur. Vendredi 14 octobre, Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l'élection présidentielle, a tenté de susciter une nouvelle polémique en demandant, dans leGrand journal de Canal+ à Michel Denisotcomme à Jean-Michel Apathie le montant précis de leurs rémunérations. Ni l'un ni l'autre n'ont répondu à cette question protégeant un secret extrêmement difficile à lever. Canal+ n'étant pas une société publique, elle n'est pas soumise au contrôle de la Cour des comptes ou de l'Inspection des finances. Pour en savoir davantage, il faut se livrer au jeu des spéculations et des confidences délivrées par des responsables de chaînes, encore en activité ou pas.

Le grand journal
 est  produit par la société KM Productions, détenue par Renaud Le Van Kim qui est associé pour la réalisation de cette émission à Michel Denisot.. Coproducteur de l'émission, Canal+ discute des comptes avec KM qu'elle ne traite pas exactement comme un prestataire de services même si cette société en a la position.  Elle a cessé de publier ses comptes en 2006, quand elle affichait alors un résultat net de 2 330 000 euros pour un chiffre d'affaires de 8 670 000 euros. Soit une rentabilité proche de 27 %. Aujourd'hui, cette société adresse une facture à Canal+ qui tournerait, selon les spécialistes, autour de 30 millions d'euros par an. Un chiffre qui intègre l'intégralité des prestations ainsi que la confection des best of. Un prix global, voire excessif, mais qui se justifie pleinement étant donné les records d'audience obtenus parLe grand journal et les excellentes rentrées publicitaires que celui-ci suscite. Canal+ n'a donc aucune raison de remettre en cause ce contrat qui assure les beaux jours de KM. Si l'on considère qu'une société de production génère une marge comprise entre 20 et 30 % de son chiffre d'affaires, l'hypothèse selon laquelle Renaud Le Van Kim et Michel Denisot percevraient chacun plus de deux millions d'euros par an est parfaitement plausible. La société qui dégagerait  une rentabilité de 4% permettrait de couvrir de tels coûts de fabrication; 

Directement mis en cause par le candidat souverainiste, Jean-Michel Apathie a des revenus plus modestes. Il doit, percevoir au titre de sa participation au Grand journal 400 000 euros par an de KM, soit 1 200 euros par prestation quotidienne, mais ce journaliste est un pilier du Grand journal et ses interventions sont à la croisée de l'information et du divertissement. En outre, comme directeur adjoint de la rédaction de RTL, Jean-Michel Apathie doit recevoir un salaire annuel de 250 000 euros, des émoluments qui autorisent KM à négocier à la baisse le prix de ses interventions. La société tient, en effet, compte du fait qu'il est salarié à plein temps de RTL alors qu'il ne l'est pas dans Le grand journal.

D'une façon générale, il faut, savoir qu'entre les journalistes de l'audiovisuel public et du privé, les salaires varient du simple au double voire davantage, comme nous le précise un haut responsable en activité. Ainsi, quand Patrick Cohen, animateur de la tranche matinale de France Inter, perçoit un salaire de 11 000 euros par mois, le même approximativement que celui qui était versé à Nicolas Demorand avant qu'il rejoigneLibération, un Bruce Toussaint sera, lui, rémunéré à hauteur de 300 000 euros par an. Le rapport est le même dans la télévision. Quand David Pujadas, est vraisemblablement rémunéré à hauteur de 200 000 euros par an sur France 2, toutes prestations confondues, tandis que Claire Chazal, qui intervient « seulement » le week-end  sera, elle, salariée aux environs de 300 000 euros. 

Le montant de ces rémunérations, connu de la profession, choquera un grand nombre de Français bien qui il ne concerne qu'une infime minorité de journalistes, une vingtaine tout au plus, dont la carrière au zénith. Certains noteront que la possible création par François Hollande d'une nouvelle tranche d'imposition à 45 % pour tous les foyers déclarant un revenu annuel supérieur à 150 000 euros les concernera à plein. À titre de comparaison, le salaire moyen des journalistes français est de 3 252 euros nets par mois, tous les médias confondus, selon l'Insee Il est nettement supérieur aux 1 605 euros nets correspondant au salaire moyen d'un Français, mais il reste sans comparaison par rapport aux rémunérations des journalistes stars.


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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 15:08

Le FN, ce parti unique des matinales radiophoniques

 

Le Front national, parti d'extrême droite qui aime tant se déguiser en parti « anti-système », a démontré ce matin qu'il était bien implanté dans le système médiatique. On avait beau changer de fréquence sur sa radio, tour à tour, il y avait Ravier (FN) sur France Info, Philippot (FN) sur France Inter et Le Pen (FN) à RMC et BFM-TV. Le FN est en passe de devenir le parti unique des matinales radiophoniques !

Et que l'on ne nous parle pas de coïncidence. Le CSA a pointé « certains déséquilibres non encore compensés » dans ses relevés, en précisant même que 43 % du temps d’antenne de BFM TV consacrés à l'enjeu national des élections municipales étaient squattés par le parti d'extrême droite entre le 10 février et le 7 mars 2014. Un chiffre effarant, à mettre en regard avec le sort médiatique fait au PCF, pourtant 3eme parti en terme d'élus municipaux, présentant des candidats sur 7500 listes contre moins de 600 pour le FN.

Au soir du premier tour dimanche, si le FN fait un score important, le PCF invite certains médias à balayer devant leur porte. A force de jouer avec le feu, il finit par prendre. Les électeurs ont un bon moyen de déjouer ce mauvais scénario. Ils disposent pour cela d'un atout maitre : leur bulletin de vote. En votant pour les listes du Front de gauche et de large rassemblement soutenues par le PCF, ils feront tord aux Cassandre de tous bords qui annoncent un succès du FN tout en l'organisant. Ils feront œuvre de démocratie.

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Il ne s'agit pas seumlement de balayer devant la porte des médias. Il s'agit d'abord de se battre et de créer les conditions pour que les ordures ne s'accumulent pas sur le ps de leur porte. La protestation au CSA ne s'est pas accopagnée d'une campagne d'explication et de dénonciation de la complicité, non pas des médias en général mais de journalisyes en particulier, dont il faut donner les noms. Et bien sûr cela ne peut s'apparenter à de mla délation mais à des mesures de salubrités publiques. Sur cette question en tous cas le PCF est timoré. Tandis que nombre de militants s'escriment, sur le terrain à démonter les arguments du FN et à ouvrir réflexions et perspectives, ceux qui parlent dans le poste et voient leur trombine à la télé, dont la plupart sont des suppôts du capital il faut le dire, organisent la montée de l'extrême droite qui a table ouverte à lmeur micro.

Dénociation publiques, manif, boycott, pétitions, manifestations pour libérer l'information et obtenir le respect du pluralisme, c'est un combat révolutionnaire pour la vérité que le PCF hélas n'a pas décidé de mener fermement.

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 17:35

 

MÉDIAS -  le 11 Juin 2013

Souscription pour l'Humanité

Gérard Mordillat : "L'Humanité tient un discours autre, un discours contre"

 

 

Souscription populaire pour l'Humanité et l'Humanité dimanche.L'Humanité et ses équipes font appel à leurs lectrices et lecteurs, aux organisations progressistes et démocratiques, à toutes les personnes attachées au pluralisme des idées et de la presse.Pour l’écrivain et réalisateur Gérard Mordillat, l’Humanité nous exhorte à voir le monde au-delà de l’horizon borné du capitalisme.

Lors des projections de mon film le Grand Retournement, adapté de la pièce de Frédéric Lordon, une réplique déclenche immanquablement les rires… Dans le bureau d’un vieux banquier désarçonné par la crise, la grande journaliste – après l’avoir assuré de son soutien indéfectible – professe : « La presse est intraitable, elle est incorruptible. » Et tout le monde de s’esclaffer.

L’effet est énorme, aussi comique que les banquiers jurant la main sur le cœur s’en remettre désormais à la morale avec un grand M ou le président de la République assurant n’avoir en tête que le bonheur des citoyens sans aucune arrière-pensée politique ou financière. Bien entendu, le rire finit par s’étrangler dans les gorges car pour lire une presse « intraitable et incorruptible » il faut se lever matin. Et même aux heures bleues du jour, seul un très bon chasseur (ou un très bon pêcheur !) peut ramener comme trophée un journal qui ne soit pas dans la sujétion d’un grand groupe financier ou industriel. Mis à part le Canard enchaînéCharlie HebdoFakir et le Monde diplomatique, tous les autres titres – les plus prestigieux selon les commentateurs ! – ne sont « intraitables et incorruptibles » qu’en façade. La banque, les marchands d’armes, les bétonneurs financent et, partant de là, commandent. Si l’information n’y est pas à proprement parler censurée (quoique !), elle est à tout le moins sévèrement contrôlée. Quelle que soit l’orientation politique affichée du titre, de Libération au Figaro, sous le masque de l’objectivité économique, de la neutralité politique, tous entonnent le même credo néolibéral (la chanson favorite de leurs investisseurs, leur hymne) dont ils reprennent en chœur le refrain thatchérien : « il n’y a pas d’alternative ».

J’enfonce une porte ouverte. Pas besoin de lire entre les lignes pour le découvrir, ça saute aux yeux.

Loin des ratiocinations des soi-disant experts, loin des analyses borgnesses des éditorialistes à tous et à toutes, loin des nouveaux chiens de garde de la pensée unique, l’Humanité est le seul quotidien à tenir un discours autre, un discours contre… Comment le tient-il ? En parlant du réel. En tenant quotidiennement le récit des luttes sociales qui agitent la France, en allant sur le terrain à l’écoute des salariés, des grévistes, des chômeurs, en analysant les situations du point de vue du peuple, du point de vue des victimes des plans de licenciement, des RMistes, des précaires, des exclus, des travailleurs sans papiers, du point de vue de tous les insurgés contre « les eaux glacées du calcul égoïste ».

Mais l’Humanité, ce n’est pas que cela. Ce discours autre, ce discours contre qu’elle est si seule à tenir dans la presse quotidienne (avec, paradoxalement, parfois la Croix en écho !), elle le tient également dans le domaine des arts et de la pensée. Que ce soit sur le cinéma, la littérature, le théâtre, la poésie, la musique, la danse, s’expriment dans ses colonnes des points de vue critiques qui ne sont pas la morne répétition des dossiers de presse prémâchés, de la promo, du succès à la poursuite du succès. Gouverné par la curiosité, le travail que l’Humanité fait sur le plan économique, politique et social est de même nature, de même singularité, sur le terrain de l’esprit. Elle est en cela parfaitement fidèle à son fondateur, Jean Jaurès, qui écrivait sur Rimbaud : « Il faut le lire, je vous l’assure : vous retrouverez un moment cette étrange sensation “d’illimité” que nous avons parfois aux heures de notre première jeunesse… »

Jour après jour, l’Humanité nous exhorte à voir le monde au-delà de l’horizon borné du capitalisme ; à le voir, à le vivre dans « l’illimité ». C’est dire qu’il est pour longtemps dans sa première jeunesse !

L'Humanité et ses équipes font appel à leurs lectrices et lecteurs, aux organisations progressistes et démocratiques, à toutes les personnes attachées au pluralisme des idées et de la presse. Dès maintenant, faites un don en utilisant le formulaire de souscription ou faites un don en ligne.


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BRUNO FORNACIARI

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