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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:26

@raphaellebd "Pierre Laurent brandit une carte du PCF qui date de 1944... sans faucille et marteau"

  le 8 Février 2013

 

La faucille, le marteau et les "archéo médias"

 

 

Chaque jour, le congrès du PCF vu par Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l'Humanité.

"Ecoutez la différence! Jeudi, les délégués au congrès du PCF ont évoqué un communisme de nouvelle génération, ont vibré avec les salariés de Florange ou des hôpitaux, ont applaudi l’ambassadeur de Palestine…Nulle part, il n’a été question de la faucille et du marteau. Mais vendredi matin sur France Inter, un reportage inventait des assises secouées par un débat sur le sujet.

Les auditeurs ne risquaient pas d’entendre un journaliste de l’Humanité rétablir les faits. Ce quotidien n’est quasiment jamais invité sur cette antenne à présenter ses points forts ou à commenter l’actualité. A la… différence de la plupart de ses confrères et notamment du très patronal Les Echos qui y a chaque jour chronique ouverte."

Vidéos l'Humanité.fr: Ce qu'ils attendent du 36ème Congrès du PCF

 

 

 

 

Retrouvez notre dossier spécial consacré au 36ème congrès du PCF

Par Patrick Apel-Muller

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:26

Le Point.fr - Publié le 11/01/2013 à 19:36

Hélène Fontanaud, la journaliste pour laquelle Jean-Pierre Elkabbach avait demandé conseil à Nicolas Sarkozy, rejoint... le Parti socialiste !

Jean-Pierre Elkabbach.

Jean-Pierre Elkabbach. © Fred Dufour / AFP


  •  

La journaliste Hélène Fontanaud, 53 ans, rejoint, à partir de lundi, leParti socialiste en tant que responsable du service de presse. L'information prend une certaine saveur quand on se souvient que c'est à son sujet que Jean-Pierre Elkabbach avait essuyé une vive polémique en février 2006. À l'époque, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, avait confié avoir été consulté par "JPE" au moment de recruter Hélène Fontanaud au service politique d'Europe 1. Elkabbach avait alors été secoué par sa rédaction à propos de son "sarkozysme".

Elle quitte les Inrocks à l'arrivée d'Audrey Pulvar

En apprenant, aujourd'hui, qu'Hélène Fontanaud rejoint le Parti socialiste, Jean-Pierre Elkabbach ne peut s'empêcher de rire. "Quand je pense qu'on m'accusait d'être le petit télégraphiste de Sarkozy ! s'amuse l'intervieweur d'Europe 1. La vérité, c'est que je lisais les éditos d'Hélène Fontanaud qui, à l'époque, travaillait pour Reuters. J'appréciais son travail, mais je ne la connaissais pas. Je me suis renseigné sur elle. J'ai appris qu'elle était déjà proche d'Harlem Désir. Elle l'avait connu du temps de SOS Racisme. Et c'est, en fait, Julien Dray qui me l'avait recommandée. Quand elle est arrivée dans mon bureau, j'ai découvert une journaliste au look atypique, quasiment en pantalon militaire. Elle était loin de l'idée que je me faisais d'elle. Néanmoins, je l'ai engagée sur-le-champ."

Hélène Fontanaud a pris la direction du service politique d'Europe 1 puis, de 2008 à 2011, elle a rejoint La Tribune. Elle s'en va ensuite aux Inrockuptibles et fait partie des journalistes qui, l'été dernier, ont préféré quitter le mensuel lorsqu'Audrey Pulvar en a pris les commandes. Bref, la journaliste soi-disant "sarkozyste" recrutée pour tenir la barre d'Europe 1 pendant la campagne de 2007 n'a pas vraiment le parcours de la militante UMP de base. C'est tout le contraire ! Hélène Fontanaud a milité au sein de SOS Racisme jusqu'en 1988.

En prenant la direction du service de presse du PS, Hélène Fontanaud entend rendre le Parti socialiste un peu plus audible qu'à présent. Drôle d'épilogue... En tout cas, il ne fait plus de doute que Nicolas Sarkozy a vraiment du flair pour "recommander" des journalistes à Elkabbach...

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:28

Solidarité avec les grévistes de France Inter (Communiqué d’Acrimed)

le 10 janvier 2013

Nous publions ci-dessous un communiqué d’Acrimed, suivi de documents sur la grève qui a commencé le lundi 7 janvier 2013.


L’association Acrimed (Action-Critique-Médias) tient à exprimer sa pleine et entière solidarité avec les techniciens de France Inter en grève depuis le lundi 7 janvier et, plus généralement, avec les producteurs et salariés de cette station en butte aux décisions parfaitement néfastes et totalement arbitraires de la direction de Radio France et de la station.

 

Des décisions néfastes : comment justifier en effet la suppression de 4 postes de techniciens d’antenne et de production sur 34, alors que 4 autres postes avaient déjà été supprimés en 2011 (soit une réduction de plus de 20% des effectifs depuis un an) ? Comment croire que France Inter puisse être partie prenante d’un service public de l’information et de la culture si l’on demande à ses salariés de faire plus et mieux avec moins de moyens ?


Des décisions arbitraires : comment justifier l’existence depuis mars 2012 de simulacres de consultation et de concertation, alors que les décisions sont déjà prises ? Comment croire que France Inter puisse être partie prenante d’un service public de l’information et de la culture quand ses salariés sont traités en simples exécutants des choix d’une direction incontrôlable ?


Acrimed, le 10 janvier 2013


PS. Au moment où nous publions ce communiqué, ce jeudi 10 janvier à 15h45, l’intersyndicale est convoquée par la direction à une réunion de négociation. Il est temps ! Dans le même temps, nous apprenons que la grève est reconduite jusqu’à demain, 11 janvier. À suivre…


Communiqué de Presse envoyé à l’AFP le lundi 7 janvier


Aujourd’hui 90% des techniciens de France Inter sont en grève (les non-grévistes étant CDD), ainsi que 100% des techniciens du centre de modulation, qui gère les liaisons extérieures avec tous les studios de Radio France. Le mouvement est également suivi dans des stations locales.


Le motif de ce mouvement de grève est, contrairement au message diffusé à l’antenne par la direction, la suppression de 4 postes de techniciens d’antenne et de production sur 34. 4 autres postes avaient déjà été supprimés en 2011, ce qui fait au total une réduction de plus de 20% des effectifs depuis un an.


Ces mesures sont imposées dans le cadre d’un plan de redéploiement qui touche l’ensemble de Radio France et qui a déjà suscité d’autres journées de grève les mois précédents. Le gouvernement impose à Radio France le développement de l’activité multimédia, l’ouverture de nouvelles stations de France Bleu sans un seul emploi supplémentaire. Le budget de Radio France va même subir une diminution de 25 millions d’euros en 2013 par rapport à ce que prévoyait le Contrat d’Objectif et de moyens. Ces coupes doivent se poursuivre en 2014 et 2015.


A France Inter, cette nouvelle diminution de l’effectif des techniciens amputerait directement le volume de production et, de fait, toucherait la qualité de l’antenne. Elle rendrait entre autre impossible un retour à des programmes en direct la nuit, mission de service public que France Inter n’assure plus depuis la grille de septembre.


Ces suppressions de postes conduiraient, en outre, à des plannings inacceptables, déjà rejetés deux fois par les instances représentatives du personnel (CE et CHSCT).


Le préavis de grève a été déposé le 18 décembre, afin de laisser une large place à la négociation. La direction, qui refuse de discuter de la suppression de ces postes, porte l’entière responsabilité de ce blocage.

***

Communiqué des personnels de production de France Inter

Si la grève en cours à France Inter depuis le lundi 7 janvier a été initiée par les seuls techniciens, les revendications qu’elle porte ne sont en aucun cas des revendications d’ordre catégoriel mais concernent bel et bien l’ensemble des personnels de la chaîne.

 

C’est la production dans son ensemble, la qualité de nos programmes et de notre travail qui sont directement menacées.


Le message d’antenne annonçant les motifs de la grève diffusé depuis lundi est mensonger et désinforme gravement les auditeurs. Il est d’autant plus choquant qu’il a été rédigé et enregistré sans concertation avec les organisations syndicales.


C’est pourquoi, nous, personnels de production, producteurs, attachés de production, chargés de réalisation, metteurs en ondes, programmateurs musicaux, reporters, collaborateurs spécialisés, chroniqueurs, etc., exigeons le retrait immédiat de ce message.


Paris, le 9 janvier 2013

***

Appel aux journalistes de France Inter - Communiqué SNJ CFDT CGT SUD CFTC)


Voilà déjà trois jours que la grève entamée lundi 7 janvier s’entend sur France Inter et sur d’autres antennes de Radio France. Cette grève contre la suppression de 4 techniciens d’antenne à France Inter est massivement suivie par les techniciens, touchés en premier lieu, mais elle concerne l’ensemble des salariés de la chaîne, car c’est la qualité des productions et de l’antenne qui est en jeu. S’ils s’appliquaient, le redéploiement et la réorganisation que veulent imposer la direction aux techniciens aurait des effets sur le travail de tous, et notamment des journalistes.


Ce conflit aurait largement pu être évité si la direction ne s’était pas entêtée jusque-là à vouloir imposer contre l’avis des techniciens, contre l’avis des instances représentatives du personnel, sans concertation avec la rédaction et les équipes de production, une réorganisation qui pose comme préalable cette suppression de 4 postes.


Les organisations syndicales signataires de ce texte, appellent les journalistes de France Inter à entrer massivement dans la grève ce jeudi.


Une rédaction en grève ce jour là, aux côtés des techniciens sera un message fort. La direction compte sur le pourrissement du mouvement et la division des salariés. C’est irresponsable. Elle doit négocier immédiatement et sans préalable, dans le cadre du préavis de grève. Les journalistes sont couverts par le préavis déposé le 18 décembre. Ne restez pas spectateurs !

***

CHRONIQUE D’UNE GREVE ANNONCEE (Communiqué CGT SUD CFDT CFTC Radio France)

- 7 mars : Lancement d’une consultation pour pourvoir 4 postes de technicien(ne)s à France Inter.

- 3 juillet : Annonce de la suppression de l’émission de Serge Le Vaillant en direct la nuit. Projet de rediffusion automatisée par un robot de 1h à 5h du matin de programmes de la journée.

- 12 juillet : Suspension par la DRH de la consultation portant sur les 4 postes.

- Juillet : Les 4 postes qui avaient été mis en consultation, antérieurement occupés par des salariés en mobilité, changent de statut. Les salariés ne sont plus en mobilité, ils sont désormais en détachement : amorce insidieuse de la suppression des postes.

- Fin juillet : Suite à la pression des journalistes de la rédaction, le projet d’automatisation est abandonné, la DGATTN reconnaissant la nécessité de la présence de technicien(ne)s la nuit pour assurer la mission de service public.

- 27 aout : Début de la nouvelle grille intégrant la fin de l’émission de Serge Le Vaillant de 1h à 5h en semaine.

- 28 août : Consultation du CHSCT sur les nouveaux tableaux de service accompagnant cette nouvelle grille. Leur présentation ayant lieu après leur mise en œuvre, le CHSCT interpelle l’inspecteur du travail qui fait un courrier de rappel à la direction. Ce nouveau planning conduit à une surcharge de travail entre 19h30 et 1h. Pour assurer le travail et l’antenne dans de bonnes conditions 2 des 4 technicien(ne)s arrivent de leur propre volonté de manière récurrente 1/2h avant leur prise de service officielle.

- 16 octobre : La DGATTN présente aux techniciens de France Inter une nouvelle organisation de travail sur la base de la suppression de 4 postes, projet à mettre en place « le plus tôt possible ». Elle propose la formation d’un groupe de travail sur cette base afin de réfléchir à une nouvelle organisation des plannings. Les technicien(ne)s refusent de participer à un groupe de travail qui a comme préalable la suppression des 4 postes.

- 15 novembre : Suite au refus de participer à ce groupe de travail le directeur de la DGATTN organise une réunion pour présenter ses tableaux de service définitifs. Au terme de cette réunion celui-ci, s’adressant à un technicien, lui demande de « mettre ses couilles sur le billot ». Ce débordement donnera lieu à des excuses une semaine après, mais il traduit l’atmosphère détestable que la direction fait régner sur ces réunions qu’elle qualifie de concertation.

- 30 novembre : Consultation du CHSCT à propos des nouveaux plannings prévus pour le 7 janvier. Les élu(e)s, notant la dégradation de la sureté de l’antenne, des conditions de travail et de l’état de santé des technicien(ne)s font une déclaration unanime jugeant cette organisation du travail dangereuse pour la santé et inapplicable.

- 17 décembre : Consultation du CE. Une délégation d’expert(e)s démontre que l’organisation du travail découlant de la suppression de 4 postes de technicien(ne)s d’antenne est inapplicable. Un avis négatif est adopté à l’unanimité.

- 18 décembre : En dernier recours les organisations syndicales, à la demande des technicien(ne)s, déposent un préavis de grève pour le 7 janvier 2013. Elles prennent le soin de le déposer 3 semaines avant pour laisser la place à la négociation.

- 18 au 21 décembre : Aucune réaction de la direction

- 21 décembre - 15h34 : Un courriel de C. Mettot (DRH) est adressé aux organisations syndicales leur demandant de reporter le préavis de grève sous prétexte de congé, au 4 février 2013. Il propose de transformer les réunions de négociation inhérentes au préavis de grève en simples réunions de concertation… toujours sur la base des 4 suppressions de postes. Il fixe un ultimatum pour la réponse des organisations syndicales au 3 janvier à 12h.

- 3 janvier : Les organisations syndicales répondent dans un courrier commun où elles font part de leur étonnement quant aux méthodes de la DRH.

- 4 janvier - 15h : Réunion de négociation avec Antoine Martin qui, comme seule proposition, répète en boucle le contenu du courriel de C. Mettot. Lors de la suspension de séance demandée par la direction, les technicien(ne)s reçoivent sur leur messagerie les nouveaux plannings contestés par le préavis. Dans le même temps ils sont informés de l’enregistrement du message de grève destiné à être diffusé à l’antenne, message qui réduit le problème de la suppression des 4 postes à un simple différend sur les tableaux de service. Signalons que les changements de planning qui accompagnent chaque changement de grille n’ont jamais été prétexte à un mouvement de grève à France Inter. Considérant que M. Martin ne répond pas aux revendications exprimées dans le préavis, les organisations syndicales demandent alors un rendez-vous à Jean-Luc Hees.

- 18h : Jean-Luc Hees, accompagné de C. Sueur et de C. Mettot, reçoit les organisations syndicales. Après avoir écouté les demandes des salarié(e)s J-L. Hees propose de lever le préavis et de mener une concertation en une semaine sur la base des 4 suppressions de postes. Nous nous séparons en laissant une ouverture durant les 48h de week-end pour une éventuelle reprise.

- 7 janvier : Après un week-end sans aucune manifestation de la part de la direction la grève commence. 90% des techniciens sont en grève à France Inter, soit 100% des CDI au tableau de service. Sans nouvelle, l’intersyndicale appelle la direction pour renouer le dialogue. J-L Hees accepte de recevoir une délégation à 18h. Il réitère alors sa seule proposition : celle de C. Mettot faite le 21 décembre.

- 8 janvier : 100% de technicien(ne)s grévistes à France Inter.

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:48

 


 
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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 18:50

 

Médias - le 31 Août 2012

De nouvelles pages d’histoire pour préparer l’avenir

Notre journal lance une collection exceptionnelle consacrée à des événements marquants du XXe siècle. Richement illustré, le premier volume rassemble vingt-sept articles. 


La grande histoire du XXe siècle vue, écrite, parfois vécue par de grandes plumes de l’Humanité et illustrée par les plus grandes signatures du photojournalisme... C’est le pari réussi de l’Humanité Histoire. Les grands événements du XXe siècle. Une nouvelle collection exceptionnelle consacrée à l’histoire que lance l’Humanité. Le premier volume est sorti jeudi. Il rassemble une sélection de vingt-sept articles parus dans les pages « Il était une fois » que vous retrouvez chaque semaine dans l’Humanité Dimanche depuis 2006.

 

Présenté en 160 pages et illustrés de plus de 300 photos, l’ouvrage se veut « un kaléidoscope du XXe siècle » selon les mots passionnés d’André Ciccodicola, rédacteur en chef de l’Humanité Dimanche et responsable de cette nouvelle collection. La place de l’image y est centrale. « On peut aussi lire ce précieux document en regardant les photographies », poursuit André Ciccodicola, soulignant leur grande qualité.

 

En le feuilletant, on passe ainsi de la crue de la Seine qui submerge Paris en 1910 à la grande crise de 1929, la guerre d’Espagne en 1936, les manifestations étudiantes contre l’occupant allemand en 1940 ou encore l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais en 1941, le mouvement social de l’industrie sidérurgique française en 1979, la mort tragique de Coluche en 1986... Cette plongée dans la mémoire fait revivre des anecdotes à travers le regard original des journalistes. « Qui se souvient, par exemple, de la première équipe de football d’Algérie, en 1958, porte-drapeau d’une nation qui n’existe pas encore », raconte André Ciccodicola.

 

« Par leur diversité d’objet, dans leur continuité, à travers la multiplicité de leurs auteurs qui sont la plupart du temps des journalistes hautement qualifiés (...), ces chroniques consacrées à des épisodes, des faits ou des acteurs du XXe siècle, balisent une juste représentation de ce qu’on pourrait qualifier de moments significatifs de l’histoire du temps présent », estime l’historien Claude Mazauric à qui l’on a confié la préface de l’ouvrage.

 

Pour Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, qui en signe l’éditorial, ces articles « redonnent sens et émotion à de grands épisodes historiques ». « Les dates marquantes et les événements appartiennent à la mémoire collective et forment l’intelligence du monde, souligne-t-il. Ils restent toujours des points de repère et façonnent les valeurs que nous voulons transmettre aux générations futures. »

 

Le volume relié est mis en vente sur le site Internet de l’Humanité et dans les Maisons de la presse à un prix de lancement de 9 euros. Avec l’objectif de publier ces ouvrages de qualité plusieurs fois par an. Il sera aussi disponible à la Fête de l’Humanité. Pour la rédaction, il s’agit aussi de perpétuer les valeurs de Jean Jaurès, le fondateur de l’Humanité, qui écrivait : « L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir. » Une pensée mise en exergue dans cette nouvelle publication et qui nous servira de guide.

 

 

Anna Musso

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 22:16

Le retour de Tapie suscite un tollé en Provence…

Pour 51 millions d’euros l’affairiste associé à la famille Hersant met la main sur les titres restants du Groupe Hersant Média. Le SNJ-CGT dénonce « un scandale absolu ».

 

Bernard Tapie, le retour ! Allié à la famille Hersant, il va mettre la main sur les titres restants du Groupe Hersant Médias (GHM) : les quotidiens la Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin, ainsi que ceux des Antilles et de la Guyane – France-Antilles Guadeloupe, France-Antilles Martinique et France-Guyane. À l’issue d’une réunion mercredi après-midi avec les banques créancières du groupe Hersant sous l’égide du Ciri (comité interministériel de restructuration industrielle qui dépend du ministère d’Arnaud Montebourg) « les banques se sont décidées à valider la proposition Hersant-Tapie sans 
attendre », a expliqué une source proche du dossier. L’offre du groupe belge Rossel a été rejetée.

 

La proposition Hersant-Tapie, s’élevant à 51 de millions d’euros, est « en cours de signature » et « va être signée par l’ensemble des banques », a indiqué cette source mercredi soir à l’AFP. Le tribunal de commerce doit valider lundi cette reprise. Pour ce prix, Tapie et Hersant rachètent les dettes de GHM (215 millions d’euros). Ce qui signifie un abandon de créances des banques de 165 millions ! Si l’on se souvient de la bienveillance de Sarkozy et Lagarde, des 200 millions d’euros touchés par Tapie dans l’affaire Adidas-Crédit lyonnais, alors banque publique) et des 45 millions d’eurosde « préjudice moral » accordé par un tribunal arbitral, ce sont les fonds publics qui ont renfloué Tapie en faillite.

 

Aujourd’hui, il se présente comme le sauveur de la presse et dément toute arrière-pensée politique. Le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, voit dans cette arrivée une « bonne chose » pour « la liberté de la presse ». Quant aux ambitions électorales présumées de Tapie, « vous savez, en politique, quand on dit jamais, ça veut dire pas pour l’instant, alors je m’attends à tout » (voir ci-dessous). L’ancien député des Bouches-du-Rhône avait annoncé qu’il se retirait de la course, dénonçant une ingérence de l’État dans ce dossier, avant, mardi soir, de réactiver son offre.

 

Le SNJ-CGT dénonce « un scandale absolu », mettant l’affairiste Bernard Tapie et « l’exilé fiscal suisse Philippe Hersant » dans le même sac. « Qu’on se rappelle ce que Tapie a fait de Look, de Wonder, de Terraillon, d’Adidas, de ses écoles de vente, de l’Olympique de Marseille (déclaré en faillite après la sinistre affaire de match de football truqué entre le club marseillais et l’équipe de 
Valenciennes), au ministère de la ville, etc. Qu’on se rappelle ce que Philippe Hersant, le piètre héritier du “papivore” Robert Hersant, a fait de Paru Vendu (Comareg – NDLR), de 
Paris-Normandie, des journaux de la région Champagne-Ardenne. L’un et l’autre ont largement alimenté les cohortes qui, chaque jour, vont pointer à Pôle emploi. » Pour le syndicat, « le premier ministre, le ministre des Finances, la ministre de la Culture et de la Communication, notamment, doivent s’expliquer ». Le SNJ-CGT demande au président de la République de s’opposer à cette reprise.

 

Claude Baudry

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 15:48

Médias - le 14 Décembre 2012

La chronique médiatique par Claude Baudry

Télérama et sa vision de la presse de gauche               

Télérama consacre son dossier de la semaine à la presse. Précisément à « la presse de gauche face au pouvoir de gauche ». En arrivant page 22, les bras en tombent et le journal avec. D’abord, on scrute les photos de unes des journaux de gauche : 
le Nouvel Obs, Libération, les Inrocks (qui ont le même actionnaire que Télérama et le Monde, en l’occurrence le banquier Matthieu Pigasse) et… Marianne (à gauche ? ça nous avait échappé !).* 

Télérama a la gauche étroite, comme certaines de ses critiques. Ni Politis ni l’Humanité ne sont à ses yeux des journaux de gauche. Bon, ça va mieux en le sachant. Ces titres « installés dans le statut de presse d’opposition depuis dix ans », comme on 
le lit dans le texte, étaient habitués aux « unes qui déchiquettent, aux éditos qui aboient, aux dossiers qui saignent. Libération, le Nouvel Obs, ou encore Marianne ou les Inrockuptibles doivent aujourd’hui composer avec une réalité nettement moins confortable : leurs compagnons de résistance (sic), leurs partenaires idéologiques, leurs camarades de couloirs sont au pouvoir ». On aurait pu ajouter les compagnons de déjeuners. Passons.

En note de fin de dossier, page 27, Télérama reconnaît 
« ce choix non exhaustif, subjectif, forcément critiquable ». Mais précise n’avoir « retenu que la presse dite d’information générale ayant clairement affiché son soutien au candidat socialiste ». Comme c’est touchant, cet engouement pour le social-libéralisme. Soit dit en passant, les orphelins de DSK ont sans doute oublié que d’autres titres de gauche, qui avaient soutenu Mélenchon 
au premier tour de la présidentielle, ont contribué à informer 
quatre millions d’électeurs du Front de gauche, qui ne sont pas 
les derniers à avoir résisté à Sarkozy et à sa politique, à porter 
leurs voix sur François Hollande au second tour. En mars dernier, dans un dossier consacré aux cumulards de l’info, portant 
sur ces journalistes qui ont leur rond de serviette à la télévision, 
de Christophe Barbier à Joseph Macé-Scaron, en passant 
par Laurent Joffrin ou Guillaume Roquette, Télérama avait jugé qu’« aucune antenne ne donne l’impression d’être affiliée 
à tel ou tel organe de presse, et toutes semblent avoir le souci 
de l’équilibre et de la

représentativité des opinions ». Il est vrai que l’on se souvient que Laurent Joffrin, alors à Libération, ne cessait de répéter dans diverses assemblées qu’il était à la tête du
« seul quotidien de gauche ». Si Jaurès savait ça.

Claude Baudry

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 11:57

Economistes à gages, Matignon fait le ménage

mercredi 21 novembre 2012

Moins d’un an après la parution de plusieurs enquêtes consacrées à la collusion entre économistes et institutions financières privées (1) — dont celle parue dans les colonnes du Monde diplomatique, et reprise dans un livre éponyme qui vient d’être publié (2) — Matignon a décidé de toiletter son Conseil d’analyse économique (CAE).

 

Créé en 1997 par Lionel Jospin et chargé d’« éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du gouvernement », le CAE s’emploie à dessiner le « cercle de la raison » au sein duquel se discutent les orientations économiques de Paris. « Une pensée d’Etat, en quelque sorte, mais directement insufflée par le privé », écrivait Le Monde diplomatique en mars 2012.

 

A l’époque, l’organisation comptait au nombre de ses vingt-huit membres : Patrick Artus (Natixis), Daniel Cohen (Lazard), Elie Cohen (PagesJaunes, EDF Energies nouvelles), Jean-Hervé Lorenzi (Compagnie Rothschild), Christian Saint-Etienne (Conseil stratégique européen), Jean-Paul Betbèze (chef économiste au Crédit agricole), Jacques Delpla (senior adviser pour BNP Paribas), Michel Didier (président de COE-Rexecode), Olivier Garnier (directeur adjoint de la Société générale), Michel Godet (administrateur de la société Bongrain et de l’Association d’assurés pour la retraite, l’épargne, la prévoyance et la santé [Agipi], un partenaire d’Axa), Mathilde Lemoine (directrice des études économiques et de la stratégie marchés à HSBC France) ou encore Philippe Trainar (économiste en chef à la SCOR, une société de réassurance).

 

Une page se tournerait-elle ? Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a profité du renouvellement des mandats des membres du CAE et du départ de son président Christian de Boissieu (3) pour modifier la composition de l’organisation et en « réformer le fonctionnement ».

 

Le décret du 5 novembre 2012 stipule que, dorénavant, « les membres et les correspondants [du CAE] sont des économistes professionnels choisis en raison de leurs compétences telles que reconnues notamment par les usages du monde universitaire. »

 

Ils devront, par ailleurs, signer « une déclaration d’intérêts remise au président délégué », lequel la rendra publique.

 

Autrement dit : Matignon se passera désormais des bons conseils des économistes de banque.

 

Après l’adoption de « chartes déontologiques » au sein de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), des écoles d’économie de Paris et Toulouse, des deux grandes associations françaises d’économistes, de l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF), le frisson éthique qui parcourt la profession — suffisamment puissant pour réveiller jusqu’au Cercle des économistes (4) —, vient d’atteindre l’Etat.

 

Du côté des médias ? Toujours rien. Le Monde, par exemple, n’envisage toujours pas de priver ses lecteurs des analyses d’Artus, chef économiste de la banque Natixis (cité huit fois au cours du seul mois d’octobre) ni estimer utile de leur préciser que Jean-Hervé Lorenzi n’est pas uniquement un universitaire qui préside le Cercle des économistes (puisqu’il siège aux conseils d’administration de PagesJaunes, d’Associés en finance, de l’Association française des opérateurs mobiles [AFOM], de BNP Paribas Assurance et qu’il est censeur d’Euler Hermes, membre des conseils de surveillance de la Compagnie financière Saint-Honoré, de BVA, du Groupe Ginger et conseiller du directoire de la Compagnie financière Edmond de Rothschild Banque).

 

Un éditorial du quotidien du soir présentait pourtant récemment les analystes des institutions financières comme des « animaux versatiles »,« trop anxieux pour être sagace[s], trop pressé[s] pour être lucide[s] » (5).

 

(1) En particulier l’article de Jean Gadrey «  Les liaisons dangereuses  », Alternatives économiques (21 septembre 2009), le film «  Les Nouveaux chiens de garde  », de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat (Jem productions, 2012), les reportages de François Ruffin pour l’émission «  Là-bas si j’y suis  » (2 et 3 janvier 2012) et le livre de Laurent Mauduit, Les imposteurs de l’économie. Comment ils s’enrichissent et nous trompent, Jean-Claude Gawsewitch, 2012 (sans compter les premières Rencontres déconnomiques, à Aix-en-Provence, du 6 au 8 juillet 2012).

(2) Serge Halimi, Renaud Lambert et Frédéric Lordon, Economistes à gages, Les liens qui libèrent, 7,50 euros, en librairies et dans notre boutique en ligne.

(3) Lire Renaud Lambert, «  Une prédilection pour la saignée  », Le Monde diplomatique, mars 2012.

(4) Lire Renaud Lambert, «  Epoussetage  », Le Monde diplomatique, août 2012.

(5) «  Apple, un star boursière encore sous-évaluée  ?  », Le Monde, 21 août 2012.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 02:11
enquête le 06/12/2012 par Laure Daussy

Michel Naudy, mort embarrassante d'un journaliste embarrassant

Pionnier de la critique interne de la télé, et placardisé à France 3 depuis 17 ans
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Michel Naudy, journaliste et militant communiste, avait lancé en 1995 une éphémère émission de critique télé sur France 3 Île-de-France, Droit de regard. Salarié par la chaîne mais placardisé depuis dix-sept ans, il a été retrouvé mort à son domicile le 2 décembre à l'âge de soixante ans. La gendarmerie privilégie l'hypothèse du suicide.

 

Pas une seule réaction officielle de France Télévisions, pas une mention à l'antenne: jusqu'à sa mort, Michel Naudy aura illustré la difficulté de la télévision à parler d'elle-même, et de la dureté, parfois, de ses rapports de force internes.

 

Agé de soixante ans, Naudy a été retrouvé mort, atteint d’une balle dans la tête, dimanche 2 décembre à son domicile d’Ascou (Ariège).

 

Ancien chef du service politique du quotidien l’Humanité puis cofondateur et rédacteur en chef de l’hebdomadaire Politis, Naudy avait été journaliste à France 3 à partir de 1981 puis rédacteur en chef de la rédaction nationale. Il avait été, en 1995, à la tête d'une des premières émissions de critique média sur France 3 Île-de-France : "Droit de regard". Mais cette année-là, une de ses émissions avait été censurée. Il avait alors démissionné avant de revenir à France 3 où il se retrouva "placardisé", comme l'explique à @si un responsable du SNJ-CGT de la chaîne.

 

Naudy avait conservé le statut de rédacteur en chef national, sans affectation. Régulièrement, il demandait un poste à sa direction. La CGT envoyait aussi chaque année un courrier à la DRH, auquel on répondait qu'aucun poste ne correspondait à sa fonction de rédacteur en chef national. En 2008 ou 2009, alors qu'un poste de chef du service politique national de France 3 se libérait, il postula avec le soutien de la CGT devant la commission paritaire. "La commission a été très violente". On lui aurait alors signifié qu'il ne pouvait avoir ce poste en raison de sa proximité avec le parti communiste, comme l'indique ce communiqué du SNJ-CGT publié sur Acrimed. "Il s'agit d'une discrimination professionnelle et politique" souligne notre source. Selon l'AFP, Naudy avait effectivement des engagements politiques. Il s'était présenté - sans succès - aux législatives de 2007 dans l'Ariège sous la bannière du PCF.

 

Le syndicat des journalistes CGT de France Télévisions a salué sa mémoire : "Michel faisait honneur au journalisme d’investigation, au journalisme d’analyses et d'éditos, enfonçant les clous là où ça faisait mal. Le lutteur a décidé d’en finir." Le syndicat déplore d'ailleurs le silence de la direction de France 3 après sa mort. "D'habitude, lorsqu'un ancien salarié de France 3 décède, on en parle à l'antenne, là, rien."


Pas de maladie incurable

Il faut dire que le cas Naudy a tout pour embarrasser la direction de France Télévisions. Sa longue placardisation l'a-t-elle conduite au suicide? "Il en parlait tout le temps, il vivait très mal cette mise à l'écart", assure-t-on au SNJ-CGT. A l'inverse, le site de France 3 Midi-Pyrénées a évoqué l'hypothèse d'une maladie : "Selon un proche de Michel Naudy interrogé par France 3 Midi-Pyrénées, celui-ci était très fatigué ces derniers temps et se savait malade." Naudy aurait-il souhaité mettre fin à ses jours pour éviter de plus amples souffrances ? L'info a été reprise dans plusieurs articles, comme ici. Pourtant, il semblerait qu'il n'en soit rien. La source de France 3 Midi-Pyrénées est Jean-Pierre Petitguillaume, un ancien proche de Naudy. Ensemble, ils avaient fondé le Cercle Lakanal, un groupe ayant pour objectif de dénoncer la corruption de certains élus ariègois. Il explique à @si que le journaliste du site de France 3 Midi-Pyrénées, avec qui il avait évoqué cette maladie, n'a pas bien compris ses propos. "Il ne s'agissait pas d'une maladie incurable", assure-t-il. "Cette maladie ne peut en rien expliquer le suicide de Naudy."

Autre hypothèse: Naudy devait comparaître le 4 décembre devant le tribunal correctionnel de Foix, pour diffamation envers Francis Dejean, directeur général des services du Conseil général. Dejean poursuivait le journaliste, notamment pour avoir écrit qu'il avait été condamné pour violences sur un terrain de rugby. Mais Petitguillaume se refuse à y voir une cause de son geste. "C'était un homme debout, très combatif, qui n'esquivait pas les problèmes." Petitguillaume refuse d'ailleurs de croire à la thèse du suicide, privilégiée pour l'heure par la gendarmerie. Naudy lui aurait lancé : "Si un jour tu apprends que je me suis suicidé, demande une enquête." Une autopsie devrait être effectuée dans les prochains jours.

 

 

Avec le Cercle Lakanal, Michel Naudy avait dénoncé à plusieurs reprises l'irrégularité de la gestion du conseil général socialiste.

France 3 Midi-Pyrénées l'interrogeait à ce sujet en octobre dernierpicto

 

Une émission de Critique média censurée


Naudy s'était illustré en 1995 pour avoir été à la tête, sur France 3 Île-de-France, d'un magazine critique sur les médias intitulé "Droit de regard". Cette même année, une de ses émissions, consacrée au traitement de l'élection présidentielle par France 2, avait été déprogrammée deux heures avant sa diffusion. Xavier Gouyou-Beauchamp, directeur de France 3, considérait qu'elle était "critique" et "déséquilibrée vis-à-vis de France 2", précisait à l'époque un article du Monde.

 

L'émission censurée critiquait notamment les journalistes Alain Duhamel (France 2), et Guillaume Durand (TF1). Naudy soulignait qu'ils étaient devenus des "chronométreurs officiels d'une République en quête de convenable". Le magazine commentait aussi une soirée électorale où "l'on se tapait sur les cuisses aux exploits motorisés de porte-micros lancés aux basques du vainqueur". Intitulé "Télé-beauf", un montage dénonçait les blagues lourdes du duo Daniel Bilalian-Bruno Masure, perpétuellement hilares, rappelle Le Monde. Un exemple : "Je viens de voir passer une très jolie chiraquienne, toutes considérations politiques mises à part", lançait l'un d'eux, tandis qu'à plusieurs reprises ils faisaient remarquer au correspondant de France 2 qui, place de la Concorde, tendait le micro à des jeunes filles : "Vous êtes toujours sur les bons coups (...). Vous êtes toujours bien placé sur ces coups-là." L'émission avait finalement été diffusée la semaine suivante, après que Michel Naudy eut présenté sa démission. Elle n'avait pas été reconduite à la rentrée 1995.


Mise à jour, vendredi à 16h15 : France télévisions a finalement envoyé un communiqué interne d'hommage au journaliste, ce mercredi. Un communiqué pour le moins à minima.

Une petite dizaine de lignes, très factuelles picto

D'après France 3, la chaîne devrait lui rendre hommage lors d'un Journal télévisé le 14 décembre prochain, jour de ses obsèques. La chaîne aura donc attendu plusieurs jours - et, paraît-il, des mails insistants de la part de syndicat et d'anciens collègues - pour communiquer officiellement à son sujet.


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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 14:56

 

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Les injonctions libérales et germanophiles du Monde

par Mathias Reymondle 15 octobre 2012

Depuis quelques mois, Le Monde, du moins dans ses éditoriaux (mais aussi dans ses pages économiques), défend avec vigueur une ligne très... singulière - à défaut d’être très originale - sur les questions économiques. Quand il prescrit les politiques macroéconomiques à mener, le journal du soir ressasse les mêmes thèmes et les mêmes termes : « compétitivité », « réductions des dépenses publiques », « rigueur », etc.Et avec toujours pour modèle unique et sublimé : l’Allemagne. Au point que ce journalisme de prescription compromet le journalisme d’information. Voici un passage en revue qui soulève quelques questions sur l’identité du quotidien, sur les droits réservés à ses journalistes et sur l’avenir du Monde.

Rarement dans son histoire, le journal avait été aussi loin dans la densité de ses injonctions libérales. Pour retrouver de telles prises de position, il faut remonter à la période 1995-2004 et l’ère Colombani-Plenel-Minc. À cette époque, le quotidien avait soutenu le candidat Édouard Balladur, avait célébré le plan Juppé sur la sécurité sociale, avait applaudi les privatisations et les démantèlements des services publics, avait acclamé les licenciements et était devenu la voix de l’Amérique [1]. Aujourd’hui, sous l’impulsion d’Erik Izraelewicz, Le Monde ne fait pas dans la dentelle...

Vive la rigueur, pour que vive l’austérité !

À longueur d’éditoriaux, le quotidien vespéral somme la France de prendre son courage à deux mains et de mettre en place les mesures nécessaires pour relancer l’économie, avec comme modèle l’Allemagne : « Le traitement, c’est un effort de compétitivité et de réformes ainsi que la réduction déterminée des déficits publics. (...) Entourée de voisins qui se réforment tous dans la foulée de l’Allemagne, la France serait bien avisée de s’en inquiéter » (7 septembre). Mais il faut le faire dans la joie et la bonne humeur à l’image de l’Espagne qui « a procédé à d’impressionnantes réformes structurelles » et qui « mène un programme d’austérité budgétaire drastique - sans se plaindre en permanence, comme il arrive à certains » (29 mai). Et si vous voulez du social, il faudra « inventer un pacte social à la française, un compromis gagnant-gagnant, par exemple autour d’une flexisécurité, comme cela se pratique en Europe du Nord » (9 juillet). Pour le directeur du Monde, Erik Izraelewicz, la France « doit s’engager à faire elle-même les efforts nécessaires au redressement de ses comptes publics et de sa compétitivité industrielle » (18 juin).

D’ailleurs François Hollande doit s’inspirer de Gerhard Schröder, explique Izraelewicz  : « Schröder avait imposé à son pays des mesures impopulaires. Il avait tranché, personnellement. (…) François Hollande a pour sa part cinq ans et tous les pouvoirs, ou presque. Le redressement de la compétitivité française passe par de profondes réformes. Il les a esquissées. À lui de les clarifier et de les mettre en œuvre. Avec fermeté. N’est pas Schröder qui veut. »(10 septembre). Cet enthousiasme pour le « modèle allemand » n’est même pas tempéré, comme il devrait l’être... En effet, ainsi que le rappelle Gilles Raveaud - en se nourrissant de nombreuses sources - sur son blog« depuis 2000, les salaires de nombreux Allemands ont stagné, diminuant même de 20 % pour les bas salaires. Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux, sans doute 8 millions (voir ici et ). C’est ainsi l’ensemble de la société allemande qui va mal. »

Pour les journalistes d’opinion du Monde, les entreprises sont« l’avenir de la France  » (25 septembre), et tout doit être fait pour les favoriser... et favoriser une politique de l’offre, en somme [2]. Rapidement, le journal prévient  : « Le "redressement productif" promis par le gouvernement implique d’abord de ne pas alourdir les coûts et charges qui pèsent sur les entreprises » (19 juin). Ainsi, il ne faut surtout pas augmenter le SMIC car « l’emploi risque d’en souffrir, même si les employeurs limitent le "choc" en modulant à la baisse les compléments de rémunération » (26 juin).

Et Le Monde de déplorer, plus ou moins ouvertement, le projet de réforme fiscale prévue par le gouvernement  : « On peut contester cette répartition de l’effort. On peut regretter que l’emballage, quoi qu’en dise le président, laisse ce pénible sentiment d’une gauche qui n’aime pas, ou pas assez, les entreprises et les entrepreneurs » (11 septembre). Puis, quelques jours plus tard  : « Il est normal de partager le fardeau du redressement, mais ces mesures nuisent à l’attractivité économique française » (25 septembre). C’est bien connu  : pour qu’il y ait attractivité, il faut qu’il y ait compétitivité, et pour Erik Izraelewicz, « le choc budgétaire d’aujourd’hui n’a de sens que s’il est complété rapidement par un puissant choc de compétitivité. Pour provoquer l’électrochoc dont la France a besoin » (28 septembre).

Vive l’Europe libérale pour que vive l’Europe !

Derrière toutes ces prescriptions il y en une qui domine les autres et qui les justifie : la construction de l’Union européenne doit se faire à n’importe quel prix. Par exemple, avec le traité budgétaire,« le sauvetage de l’euro est en bonne voie  » assure le journal (1er octobre). Et Le Monde s’enthousiasme pour « la lente transformation de la zone euro en véritable union monétaire. Évolution nécessaire et positive. (…) Il n’y a pas d’union monétaire sans union budgétaire, bancaire et sans solidarité financière. » (10 octobre). Pour sortir des crises, pour relancer la croissance, pour que la vie soit belle et pour que les oiseaux chantent tous les matins, il faut plus d’Europe. Toujours plus. Et pas n’importe quelle Europe : si le traité budgétaire « dessine les contours d’une union bancaire et budgétaire. C’est la bonne direction. » Il faut d’ailleurs mettre en place « une supervision budgétaire commune. » (27 juin).

Dans le même esprit, Le Monde adore le nouveau directeur de la Banque centrale européenne et chacun de ses gestes est acclamé :« Pour être crédible, il fallait passer de la parole aux actes. Mario Draghi l’a fait, et il convient de le saluer. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de voler au secours de l’euro. »(7 septembre). Ou encore  : « L’avenir de la monnaie unique est plus que jamais entre les mains du président de la Banque centrale européenne (BCE). C’est plutôt rassurant : cet Italien est un vrai européen - et, par les temps qui courent, l’espèce est rare, très rare, chez les dirigeants des pays de l’Union. » (3 septembre). Mais le« bon docteur Draghi », comme se plaît à le surnommer le journal, a été au début des années 2000, vice-président de la branche européenne de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs. Rappelons au Monde que cette banque avait par exemple aidé la Grèce à dissimuler son déficit public [3]...

Si le quotidien du soir adore le patron de la BCE, il n’apprécie guère le comportement des écologistes pour ne pas avoir approuvé le traité budgétaire  : « Les écologistes demandent à être traités en partenaire de coalition, ils se comportent en groupuscule irresponsable. (...) Les Verts formulent des exigences comme s’ils étaient une force de progrès soutenue par 10 % des électeurs. » EtLe Monde va même appeler au renvoi des ministres écologistes  :« Au nom de la cohérence de son action et du respect des électeurs, c’est à François Hollande d’en tirer les conséquences : il doit mettre fin aux fonctions des deux ministres d’EELV, Cécile Duflot et Pascal Canfin. Ils reviendront si leur formation se transforme en parti de gouvernement. Un jour, peut-être. » (24 septembre). C’est la première fois, à notre connaissance, qu’un éditorial du Mondeexige l’éviction de ministres pour des raisons strictement politiques...

***

Sauf mention contraire, les phrases citées dans cet article sont extraites des éditoriaux du Monde : des éditoriaux non signés qui engagent l’ensemble des journalistes, sans les avoir nécessairement tous consultés... Qui peut croire que le rôle de conseiller libéral peut représenter tous les journalistes du Monde. Et quand l’éditorial est signé Erik Izraelewicz, directeur du Monde, quel sens accorder à cette signature solitaire ?

Quotidien de parti pris, comme il l’a toujours été et comme c’est son droit, Le Monde l’est plus que jamais. Mais à la différence duFigaro – qui assume son ancrage à droite (et qui le revendique), Le Monde semble toujours vouloir se situer au-dessus de la mêlée et afficher une légendaire neutralité. Ce n’est pas la première fois que le masque tombe. Mais pourquoi s’avancer masqué ? Le Monde, quotidien d’influence, s’efforce de convaincre le gouvernement d’infléchir sa politique, pour qu’elle ressemble à s’y méprendre à celle de tous les gouvernements européens de droite ou sociaux-libéraux. Qui peut croire un seul instant que la crise rampante qui mine le quotidien et qui réduit son lectorat pourrait être conjurée par de piètres tentatives de dissimulation ?

Mathias Reymond

Notes

[1] Voir par exemple une compilation d’extraits des éditoriaux du Monde réalisée par le défunt journal PLPL (Pour Lire Pas Lu) en octobre 2000 (n°1).

[2] Selon les adeptes de la politique économique de l’offre cela revient à aider les entreprises à produire plus de biens et services en réduisant toutes les contraintes fiscales ou règlementaires (moins de cotisations, moins d’impôts sur les entreprises, des salaires plus bas...). Cette thèse a été développée durant les années Reagan aux États-Unis par les courants conservateurs et les "néo-classiques".

[3] Voir à ce sujet notre article sur Jean-Claude Trichet.

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BRUNO FORNACIARI

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