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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 08:33

Deux-Sèvres

Le PCF écrit à Jean Grellier : " Un Ani qui nous veut du mal "

Nouvelle République 26/03/2013 05:25

Dans une lettre ouverte à Jean Grellier, député PS de la 3e circonscription, Bruno Fornaciari et Ernest Levindré, ex-candidats PCF-Front de gauche aux cantonales à Saint-Varent et à Thouars 1, évoquent le débat à venir à l'assemblée nationale sur l'accord national interprofessionnel (Ani) conclu avec certains syndicats et le Medef.

« Cet accord minoritaire porte en lui de profondes régressions, c'est un Ani qui nous veut du mal. Ce projet de loi est une attaque directe contre le CDI qui devrait être la règle des embauches. Au contraire, il rend plus facile pour le patronat la rupture et le licenciement. Les parlementaires de gauche et vous personnellement ne devez pas entériner la loi du Medef. »
« Nous ne vous avons pas élus pour cela. Nous demandons, et avec nous les électeurs du Front de gauche qui ont voté pour vous, ainsi qu'aux parlementaires de gauche, de ne pas voter avec la droite ce projet de loi. Nous vous demandons de voter la loi d'interdiction des licenciements boursiers déposée par les parlementaires du Front de gauche. »

​La nouvelle république

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 13:17


N° 2983

_____

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 15 juillet 2015.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

tendant à la création d’une commission d’enquête chargée d’examiner la dette publique et les choix à opérer pour libérer la France de la pression des marchés financiers,

(Renvoyée à la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire,
à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par

M. Jean-Jacques CANDELIER,

député.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Avec le Pacte de stabilité 2014-2017, le Gouvernement mène une politique d’austérité jamais vue en France. Les efforts demandés à la Nation, de l’ordre de 50 milliards d’euros, sont inédits. Les efforts d’économies seront supportés entre les différentes administrations publiques : l’État et ses opérateurs pour 18 milliards d’euros en trois ans, les collectivités territoriales pour 11 milliards d’euros, l’assurance-maladie à hauteur de 10 milliards d’euros et 11 milliards d’euros seront apportés par la protection sociale.

À ces coupes budgétaires s’ajoutent les contraintes découlant du semestre européen, à savoir, la planification pluriannuelle de la baisse du pouvoir d’achat des ménages par la précarisation du monde du travail, via l’adoption de réformes structurelles comme l’assouplissement des procédures de licenciement.

Les institutions de démocratie de proximité, les collectivités territoriales, pourtant faiblement responsables de la dette publique, sont visées. C’est la démocratie qui est remise en cause par l’austérité, alors que la politique doit commander l’économie et non l’inverse.

Les effets de cette saignée sont explosifs et lourds de conséquences sur les conditions de vie de nos concitoyens. Par son choix d’alléger les prélèvements obligatoires des entreprises sans aucune contrepartie pour l’emploi, tout en sacrifiant la qualité des interventions de l’État, des services publics et en rognant sur les droits sociaux, le Gouvernement nourrit la crise économique et sociale.

Les marchés financiers, les actionnaires, les grandes fortunes, eux, ne connaissent pas la crise. Alors que le pays n’a jamais été aussi riche, le chômage est au plus haut, les salaires, dans le public comme dans le privé, sont en berne, le recours aux emplois précaires devient la norme partout. La France est mise à genoux au nom de la compétitivité et de la dette.

Mais d’où vient la dette ? Quelle est sa source ?

Les pays de la zone euro sont empêtrés dans une crise budgétaire sans précédent et dont l’issue apparaît plus qu’incertaine. Depuis l’éclatement de la crise financière en 2008, la dette publique et privée des économies occidentales a connu une progression exponentielle.

Les origines de la crise de l’endettement des États européens sont multiples. Il est d’abord le fruit des risques irresponsables et inconsidérés pris, pendant des années, par des institutions financières, dont la rentabilité des activités, alimentée par la spéculation, s’est finalement effondrée, allant jusqu’à menacer la survie même des marchés financiers. L’intervention massive des États, en vue de garantir la stabilité financière de l’Europe, s’est faite au prix de la socialisation d’une crise financière privée et, in fine, d’un accroissement significatif de l’endettement public.

Les experts et responsables politiques libéraux qui refusent de s’attaquer aux vraies causes des 2 000 milliards d’euros de dette publique (93,6 % du PIB) s’accordent sur le même discours culpabilisateur : « le poids de la dette est insupportable pour les générations futures, il faut rassurer les marchés, les administrations publiques sont trop coûteuses, les élus gaspillent l’argent public, il faut supprimer les départements, regrouper les régions, réunir les communes au sein de grandes intercommunalités, généraliser les métropoles. »

Les pouvoirs publics auraient-ils gaspillé l’argent public en soignant les malades ? En éduquant et en formant la population ? En assurant la tranquillité publique ? En construisant des infrastructures sportives ou culturelles ? En assurant les contrôles sanitaires, douaniers et réglementaires indispensables ? Nous ne le pensons pas. Nous n’acceptons pas qu’au nom de l’alibi de la dette, soit remis en cause tout ce qui rendait encore vivables et civilisées nos sociétés, en France et en Europe.

Une étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. La dette a-t-elle été contractée dans un but d’intérêt général, ou bien au bénéfice d’une minorité de privilégiés ? Qui détient la dette publique ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ?

L’expérience historique récente montre que de nombreux pays, largement endettés, ont emprunté la voie de la restructuration, voire de l’annulation de tout ou partie de leurs dettes. C’est le cas, entre autres, de l’Allemagne (1953), la Pologne (1991), l’Équateur (2008) et l’Islande (2011). La renégociation de la dette de ces États leur a permis de prendre un nouveau départ, avec un rebond marqué de l’économie et la création de richesses.

Le discours dominant libéral ne résiste pas à l’examen des faits. L’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79 %, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses dans la mesure où leur part dans le PIB a chuté de 2 points en 30 ans.

Si la dette a augmenté, c’est d’abord parce que tout au long de ces années, l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises. Du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de 5 points en 3 décennies.

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards d’euros). De même, si l’État, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards d’euros) à son niveau actuel. C’est parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » préparant la mise en place de l’euro. L’effet « boule de neige » pèse encore lourdement sur la dette actuelle.

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 59 % du PIB, soit 1 077 milliards d’euros. Nous pouvons donc, en première approximation, dire que 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs. Cette dette est illégitime. Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43 %, et non de 90 % !

Le rapport d’audit citoyen propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique. Il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour chercher à la réduire pèsent sur les agents, les retraités et les usagers des services publics.

Il serait utile d’évaluer les conséquences de l’austérité imposée par les marchés financiers sur les recettes publiques, à travers leur effet récessif. Les coupes dans les dépenses publiques détriment la croissance et donc, les rentrées fiscales. Des travaux intéressants du FMI à ce sujet sont à prendre en compte.

Le rapport d’audit citoyen se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de 50 milliards d’euros d’intérêts par an et plus de 100 milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est pas à démontrer.

Il nous apparaît très important de prendre le temps de définir les contours de la dette publique en évaluant de façon objective sa provenance, en réfléchissant aux préconisations pour la résorber.

On sait par exemple que les non-résidents détiennent 52 % de l’ensemble des titres émis en France (obligations d’entreprises, dette souveraine et actions), d’après une publication de la Banque de France au 31 mars 2014. Quels fonds étrangers détiennent la dette publique française ?

Pourquoi les États européens sont-ils obligés de s’endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que ces dernières peuvent emprunter à bas coût auprès de la Banque centrale européenne ? Quelle annulation partielle de la dette ? Quelle stratégie engager pour se libérer de la pression des marchés financiers ?

À titre d’exemple, la France bénéficie d’un taux élevé d’épargne des ménages, l’un des plus hauts d’Europe. Les voies de recours à l’épargne populaire interne existent donc. L’État pourrait définir les droits et les obligations des établissements bancaires acceptés comme intermédiaires entre les épargnants et lui-même, et financer son action en dehors des marchés financiers privés traditionnels.

Les citoyens méritent de savoir comment les richesses qu’ils produisent sont réparties et utilisées, et d’où provient la dégradation de nos finances publiques. Des solutions sont attendues par les citoyens pour sortir de la spirale infernale de la dette, créée volontairement et de manière idéologique pour affaiblir le rôle de l’État au profit d’une petite oligarchie financière.

Tel est l’objet de la présente demande de commission d’enquête.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

En vertu des articles 137 et suivants du Règlement, il est institué une commission d’enquête de trente membres chargée d’examiner la dette publique et les choix à opérer pour libérer la France de la pression des marchés financiers.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 14:28
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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 05:13

une faute du PCF en Deux-Sèvres

texte écrit le 9 février en amont de la tenue de l'assemblée générale des communistes du département le 15 octobre prochain

Le FN continue sa progression dans les votes et dans les consciences. L'élection dans le Doubs nous rappelle à la réalité contre laquelle, pour l'heure le Parti Communiste et le Front de gauche s'avère impuissant. La progression du candidat du Front de Gauche de 0, 4 % alors que toutes les formations à la gauche du PS avaient appelé à voter, est homéopathique. Dans cette circonscription comme dans beaucoup d'autres le PCF est marginalisé voire anéanti. Dans notre département, les élections cantonales risquent de connaître un sort peu enviable sur le plan électoral avec une progression prévisible très importante des candidats du FN. Cette force "inorganisée a été capable de trouver 2 binômes (titulaires et remplaçants) dans plusieurs cantons. Ce que nous-memes avons été incapables de faire. Le Parti communiste est divisé, démobilisé, inutile. Nos sections ont disparu quasiment partout. Nous n'avons aucune prise sur la réalité de notre département. Le reste de la gauche dit "gauche de gauche" est dans le même état. Ce ne sont pas les cris d'alarme qui ont manqué. Depuis les régionale s de 2010, notre stratégie gauchiste, nous a éloigné de la réalité politique de note département.

Nous nous sommes tenus à l'écart des luttes et des préoccupations réelles des travailleurs et de la popumation. Malgré nos belles déclarations en interne, sur l'hôpital, sur Heuliez, sur l'emploi ou la réforme des collectivités locales, force est de constater que nous n'avons produit que du vide. Sur le plan idéologique ou sont nos interventions sur la démocratie communale, sur les communautés de communes et les différentes collectivités territoriales par exemple ? Où sont nos soutien aux luttes des travailleurs, à quelques exceptions prêt, c'est notre absence totale. Avons-nous une appréciation de la politique menée par le conseil général socialiste. Avons-nous des critiques, des propositions ? Connaissons-nous, nous-mêmes la situation des deux-sèvriens ? les habitants, les entreprises, les salaires, les besoins en logements sociaux, les luttes syndicales, sommes-nous au clair sur tous ces sujets.

Non, bien sûr. Et pourquoi ? parce que depuis de nombreuses années ce n'est pas le sujet. Le seul ou à peu près qui préoccupe la direction fédérale ce sont les élections et les alliances. Ainsi un maximum de temps est dédié aux relations avec Ensemble, le PG, Nouvelle Donne maintenant, EELV , la plupart du temps sans mandat politique et sans que les communistes aient eu à débattre pour fixer la ligne et les objectifs de ces rencontres, qui se passent d'ailleurs toujours au sommet à l'abri de la, base du parti et dont les communistes apprennent décisions par mail. Pas étonnant dans ces conditions que les motivations et leur intérêt s'émoussent. Combien sont-ils ceux qui se refusent à avaliser sans débat des décisions prises en dehors d'eux et parfois même contre eux. Combien sont-ils ceux qui refusent désormais de venir assister à une réunion de laquelle ils n'attendent plus rien. Combien sont-ils, ceux qui, encore même présents, se lamentent ou s'insurgent contre l'absence de consultation, de démocratie. Par exemple le caractère discrétionnaire de la décision de réunion du 31 janvier avec les orgas de gauche à propos des cantonales, sans consulter les communistes ? Ce qui a abouti à ce que les 8 communistes, présents à cette réunion, ne soient pas parvenus à avoir une expression commune et cohérente. Tandis que l'un de ceux-ci propose sa candidature à Thouars, alors qu'il n'y en avait pas, une autre camarade propose, pour ce même canton, une candidature virtuelle d'un non-communiste, qui n'est pas même candidat . Nous nous trouvons en pleine improvisation, ce n'est pas sérieux. Un autre encore, veut faire effort pour rechercher des candidatures "en dehors de nous-mêmes", sans efforts réels pour trouver DES candidats communistes. D'autres entonnent le "rejet" principal du PS comme la solution qui, selon lui, ouvrirait une "nouvelle dynamique" . Un autre rappelle le mur de Berlin et considère que des conditions plus dures encore devraient être faites au peuple français afin qu'il se révolte comme en Grèce. Un niveau de débat affligeant.

Il faut s'alarmer aussi que lorsque des débats ont lieu tout de même ils tournent souvent "au vinaigre", où les insultes fusent et les contentieux personnels font office de ligne politique. C'est lamentable. De fraternité, de solidarité il n'y en a point. De réflexion politique approfondie non plus. Les contacts entre communistes du Nord et du Sud, avec la direction fédérale sont inexistants. Des camarades attendent encore l'aide ou l'impulsion que cette dernière devrait être en mesure de leur apporter. Oui le tableau que je décris est réel, malheureusement. Plutôt que rassembler les communistes, les écouter, les aider, les solliciter , on les tient à l'écart, on les éloigne, on les décourage, on les exclue. Ce n'est donc pas de cette façon que le parti peut revivre et se ressouder. La responsabilité de la direction fédérale est pleinement engagée.

Il faut en changer. Changer les méthodes de direction, faciliter l'expression des communistes, les consulter en permanence, les impliquer dans tous les choix politiques, et décider démocratiquement. Considérer et respecter les opinions et les expériences de chacun. Nous ne sommes pas des communistes par hasard. Nous le sommes parce que à un moment ou un autre nous avons considéré,chacune ou chacun, que c'est ce parti là qui pouvait nous permettre de nous engager le mieux pour atteindre les objectifs politiques que nous nous sommes fixés pour nous-mêmes. Les communistes se refusent à subir les décisions arbitraires auxquelles nous sommes habitués, Ils veulent voir l'aboutissement de leur engagement, concrètement dans l'action. Ils veulent aussi vivre des relations de camaraderie, d'intérêt, de solidarité qui leur permet de construire ensemble, de débattre et de décider des objectifs réalistes, de la meilleure stratégie, de la meilleure tactique.

Oui, tout cela manque. Cela se ressent dans l'engagement qui s'amenuise, dans les disponibilités qui s'espacent, le désintérêt gagne et l'envie de militer disparaît. Plusieurs camarades m'ont fait part du stress à l'approche d'une réunion car ils redoutent les disputes, les insultes, c'est un comble. Le conflit personnel semble être inscrit dans les gênes de cette fédération. On ne sait pas s'écouter tranquillement. Pour toutes ces raisons certains qui avaient décidé de participer à telle ou telle réunion fédérale y renoncent au dernier moment. Vous rendez-vous compte de l'ampleur de la crise politique que connaissent les communistes et leur parti, ici, dans les Deux-Sèvres ? Je reviens au début de mon propos et je termine là-dessus. Ne nous faisons pas d'illusions. Nous porterons une responsabilité dans la progression du FN.

Parce que nous laissons le territoire vierge de l'action communiste. parce que elle en peut entendre nos analyses, nos oppositions, nos propositions. Nous ne sommes pas portés ni par les médias ni par l'idéologie dominante. Nous le savons. la seule possibilité de nous faire entendre c'est se bouger, pour combattre le racisme qui est présent, encore en sourdine, et pas toujours, les solutions autoritaires pour traiter les questions de sécurité ou les problèmes rencontrés lors de l'évolution des jeunes adolescents, comment battre le repli sur soi et l'égoïsme, si ce n'est en valorisant la solidarité et l'action collective. La lutte contre pauvreté et les bas salaires nécessitent une conscience des intéressés qui n'est pas acquise. C'est notre présence, dans de nombreux endroits sur de nombreux sujets, c'est notre présence dans la lutte institutionnelle , et pour l'heure sur le rôle des départements dans les actions de solidarité et la présence de nombreux candidats communiste et du front de gauche qui peut permettre des avancées.

Quand nous voyons l'état ou nous en sommes, quand nous constatons que des communistes s'opposent farouchement à la seule candidature possible à Thouars par exemple, nous sommes en colère, nous sommes dépités nous sommes découragés, c'est vrai. Nous avons l'impression qu'une tumeur cancéreuse de haine s'est incrustée à la tête de la fédération dont il faudra nécessairement traiter les métastases par des méthodes démocratiques alternatives.

Mais nous voulons contribuer à redresser le parti pour que vive la démocratie et vive le Parti communiste français.

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 13:24

Ce matin, 18 avril était convoquée à NIORT une conférence fédérale du Parti communiste des Deux-Sèvres. Le département compte 380 000 habitants dont 130 communistes à jour de leur cotisation selon les autorités fédérales. Ce matin, seulement 12 communistes se sont présentés pour débattre de situation politique de notre pays et des propositions qu'ils pourraient formuler pour notre département. Plusieurs camarades avaient manifesté depuis des mois leurs désaccords sur le caractère anti-démocratique de la direction de la fédération et ont refusé, certains par courrier, de participer à cette assemblée. D'autres ont évoqué une parodie de conférence fédérale. Il faut noter que 3 communistes frondeurs du Thouarsais ont été refoulés et n'ont pas été autorisés à participer à cette instance statutaire du PCF, pour avoir manifesté des désaccords politiques de fond, irrecevables selon la direction fédérale actuelle, commodément transformés par elle en désaccords personnels et en attitudes incompatibles avec une présence dans cette réunion. Il est reproché des écrits sur un blog personnel de l'un des communistes frondeurs, un délit de blasphème en quelque sorte. On est bien loin de l'esprit du 11 janvier où était défendu la liberté d'expression, bafouée ici. Malgré la présence d'un représentant de la direction nationale du PCF, délégué par elle pour assisté et suivre la conférence, il n'a pas été possible aux 3 communistes frondeurs d'y participer en raison du refus persistant de la direction, en totale contravention avec les statuts du parti. La mort programmée du PCF des deux-sèvres est en bonne voie. Mais nous ne savons pas encore quel jour seront célébrées les funérailles.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:32

Pour paraphraser des expressions contenues dans le texte de JP Gelot, adressé, au nom du comité départemental à la direction du PCF me concernant personnellement, sans qu'il ne m'ait d'ailleurs jamais été adressé, ne serait-ce que par correction, je relève des verbes qui en disent assez long sur l'état d'esprit du "secrétaire fédéral" En effet pour caractériser mon action en tant que communiste responsable de la section de Thouars, il utilise le verbe sévir. Il explique que B. Fornaciari qui "sévissait" a créé les pires conditions pour l'activité du parti et le rayonnement de sa politique. En effet, lorsque j'ai été élu (contrairement à Jeannine Zeekaff qui m'a succédé par décision unilatérale d'elle-même incitée de JP Gelot a "reprendre" le pouvoir sur la section, après avoir déclaré dans la presse que "Bruno Fornaciari n'est plus en odeur de sainteté à la fédération", et qu'elle reprenait la section "pour la remettre en ordre de marche". J'y reviendrai un peu plus loin dans mon propos). Mais en effet, lorsque je "sévissais" la section s'étaient renforcée par l'adhésion de 8 nouveaux communistes, pour s'établir au nombre de 12 camardes. Réunis régulièrement tous les 2 ou 3 semaines, nous avons pu élire un secrétaire, un bureau au sein duquel avait été élue Jeannine Zekaff, malgré son absence (JP Gelot assistait à notre réunion à Thouars ). Il faut le dire tout de suite J. Zekaff n'a jamais accepté mon élection à la tête de la section qu'elle a considéré comme une éviction de "mon poste"et n'a jamais participé ni à la réunion de son bureau, et petit à petit à la réunion plénière de la section elle-même. Sans doute celle qui se présentait alors comme la "représentante de Ségolène Royal avait-elle mieux à faire, ou bien elle ne pouvait suivre le rythme trop élevé pour elle des réunions de la section. Car en effet, nous refaisions de la politique. Rapport politique, discussion, action collective, plan de travail et objectif, répartition des responsabilités. C'est ainsi que notre présence dans les entreprises fût acté. Régulièrement des tracts étaient distribués dans les entreprises, Loel Piriot, Sothoferm, Loel Delpeyrat à Thouars, les ciments français Marie Surgelé à Airvault, et la laiterie de Riblaire à St Varent, sans oublier les HLM d'une cité à Thouars. Un affichage régulier sur tout le territoire thourasais, St Varent Airvault, une présence régulière tous les 15 jours 3 semaines sur le marché pour le soutien à La Palestine, pour les retraites, pour une action sur les banques, pour la Poste, la constitution du collectif retraite thoursais décidé comme plan de travail de la section auquel j'ai pris une part prépondérante pour sa constitution et son rayonnement, pour le soutien aux gréviste de la SNCF ou j'ai "traîné" J Zekaffl, la bataille politique pour les cantonales et présence d'un candidat ouvrier communiste à Thouars avec une progression électorale sur le canton multiplié par 2, 5. ( la désignation du candidat a fait l'objet de désaccordVoilà, résumé rapidement le fa résultat de ma responsabilité ou je "sévissais". En revanche comme le dit JP Gelot depuis que je suis partis, des camarades "s'évertuent" (vertu) a maintenir la présence du parti. Si l'on entend vertu comme ne rien faire du tout, en effet, ils sont elle est Zekaff, très vertueuse. La disparition corps et âme du parti a été remarquée. Pas une réuinion, pas un tract distribué, pas une manifestation de la CGT à laquelle a participé J Zefkaff par exemple, pas une ligne dans la presse, pas une prise de position hormis pour la défense d'un salarié municipal de Louzy il est vrai, mais rien sur toutes les autres questions. Le PCF disparu.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF 79 PCF THOUARSAIS
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 05:08

On est en droit de se demander si le PCF 79 a élu à sa tête une espèce de Caeusecu qui régenterait l'organisation départementale d'une main de fer. Pourtant, de nombreux communistes contestent l'absence de démocratie et de prise en compte du collectif par ceux qui dirigent la FD. Une caste a pris le pouvoir dans cette FD et de nombreux communistes désertent et refusent désormais de poursuivre leur activité dans ce cadre. C'est la raison pour laquelle, sans doute, ils mettent autant d'obstacle à la participation à cette conférence, à l'un de ceux qui dénonce et s'oppose depuis longtemps à cette dérive anti- démocratique et autoritaire, où censures et mensonges alimentent les manipulations de la clique (4 ou 5 personnes) qui prétend poursuivre le travail de sape et faire disparaître le PCF du département des Deux-Sèvres.

Voir ci-dessous le post sur facebook ce matin à la veille de la conférence fédérale qui doit se tenir le 18 avril 2015 à Niort

Bruno Fornaciari

2 min ·

DROIT DIVIN AU PCF 79
Mais de quel pouvoir discrétionnaire l'actuel secrétaire fédéral des Deux-Sèvres Jean-Pierre Gelot dispose-t-il, et pourquoi, pour décider de façon arbitraire qui est communiste et qui ne l'est pas ou ne peut pas l'être ?
Cette question est posée à chacun d'entre nous dans notre département, à la suite de ses déclarations, mais aussi à la direction du Parti Communiste Français

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 17:39

Deux-Sèvres politique

Fête de la Liberté : l'Europe au menu

05/09/2014 05:35

Cette fête va se dérouler avec un temps magnifique dans un climat politique qui l'est beaucoup moins ! Pour annoncer la fête de la Liberté qui se tient ce week-end au Pré-Leroy, Jean-Pierre Gelot, le secrétaire fédéral du PCF deux-sévrien, a le sens de la formule. « Des rassemblements comme celui-là sont importants, ajoute Stéphane Migné, du PCF niortais, pour se rassurer et voir qu'il reste des idées de gauche quelque part. »

Les communistes n'ont pas le moral. « Quand ça venait de Sarkozy, ce n'était pas étonnant, soupire M. Gelot. Mais là, on touche le trente-sixième dessous. » A part le mariage pour tous, il ne trouve aucune avancée à attribuer à François Hollande, « un pouvoir complètement aux abois ». Condamnant une politique placée « dans la continuité de celle pratiquée avant », il estime la France « dans une situation pré-fasciste ».
Et il ne voit rien de mieux chez nos voisins européens. L'Europe, justement, sera au cœur des discussions ce week-end, avec la venue de Jacques Nikonoff, porte-parole du Mouvement pour une éducation populaire, le MPEP, qui animera une conférence sur la monnaie européenne, présentant ses arguments pour une sortie de l'euro.
Les organisateurs ont aussi prévu d'expliquer « la menace que constitue le projet de traité transatlantique qui nous porte vers un abaissement généralisé des normes, dont celles relatives aux droits des salariés ».

Au programme

> Samedi, 14 h, Henri et sa guitare. 15 h, débat avec Jacques Nikonoff, du MPEP (Mouvement pour une éducation populaire), professeur associé à l'Institut d'études européennes de Paris VIII, sur « l'Union européenne et l'euro contre la France ». 17 h, tables rondes sur la vidéo-surveillance à Niort, le traité transatlantique, l'agression israélienne en Palestine. 20 h, Piedra de Luna avec le chanteur niortais Camel. 22 h, concert de la Vaguabonde (chanson rock swinguée) et la compagnie du Dawa.
> Dimanche, à partir de 11 h 30, le PCF invite à l'apéro avec l'association brésilienne Boto-Rosa, puis repas citoyen (sur réservation au 05.49.24.11.14 ou pcf79@orange.fr).

> Fête de la Liberté, au Pré-Leroy, à Niort, samedi et dimanche, animations et concerts gratuits (pour le repas citoyen, la participation est à la discrétion de chacun), par le PC de Niort et les Jeunes communistes, Attac, le Parti de Gauche, Ensemble, la Confédération nationale du logement, l'association France Palestine Solidarités, la LDH, le Planing familial, l'Ardi, l'Association des déportés internés résistants et patriotes…

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 18:56

Alain Badiou : « L’usage tranchant du mot même de communisme est indispensable »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ALIOCHA WALD LASOWSKI

VENDREDI, 14 NOVEMBRE, 2014

Si les soulèvements populaires actuels peuvent être multiformes, incertains ou inattendus, ils n’en sont pas moins porteurs de l’apparition de forces politiques nouvelles. Pour le philosophe marxiste Alain Badiou, la politique communiste prend ici toute sa valeur dans la visée émancipatrice d’un mouvement, d’une dynamique et d’un processus historique inédits.

Loin du consensus dominant, Alain Badiou conçoit la philosophie comme un éclairage du présent, un souci de l’existence humaine et une intervention dans la vie des citoyens. Venir en aide, encourager avec vigilance, arracher la société au nihilisme actuel, pour que le monde soit un peu moins obscur qu’il ne l’est. « Résister, c’est penser » pourrait être son mot d’ordre. Pour ce penseur radical, un des plus grands intellectuels de la gauche internationale contemporaine, toujours fidèle à l’héritage de Sartre, la politique est action et engagement de soi. Participer à l’émancipation est une condition de la philosophie. Avec l’Hypothèse communiste (Éditions Lignes, 2009), Badiou relance la vitalité de l’idée communiste et ouvre à nouveau l’histoire écrite par les marxistes, celle qui passe héroïquement par la révolte des esclaves avec Spartacus, la guerre des paysans menée par Thomas Münzer en Allemagne, la Révolution française dans ses plus grandes exigences, la Commune de Paris ou encore la révolution russe d’Octobre 1917. Dans Que faire ?, qu’il publie aux Éditions Philosophie, il dialogue aujourd’hui avec le philosophe Marcel Gauchet sur le marxisme, le capitalisme et la démocratie. Alors que la planète est enchaînée aux nécessités financières du capital, la société atomisée dans un marché global de la consommation et le monde organisé à travers des inégalités telles que 10 % de la population mondiale possède 86 % des richesses, Alain Badiou met à jour des solidarités et des rencontres dans le but de reconstruire une organisation communiste. La philosophie s’affirme comme l’épopée d’une exigence de justice. Elle devient, avec Badiou, la visée collective d’un nouveau monde, par les moyens d’une pensée de ce que peut être la politique. Le communisme, dans son essence, est la projection politique des trésors de la vie de tous.

Avec vos travaux comme l’Hypothèse communiste, vous avez aussi organisé de grands colloques internationaux autour du mot « communisme ». Comment l’association de la libération de l’espace collectif de la mainmise du capital, du dépérissement de l’État et de la réunion du travail peut-elle former un processus historique alternatif et revenir à l’idée communiste ?

Alain Badiou : Je pense qu’il faut proposer quatre thèmes stratégiques, et dans un ordre un peu différent de celui que vous indiquez. Naturellement, vient en tête cela même dont Marx, dans son fameux Manifeste, déclarait qu’il était le résumé de toute son orientation, à savoir l’abolition de la propriété privée. Ce qui doit s’interpréter ainsi : il est possible de soustraire l’organisation générale de la production à la dictature des intérêts privés. Il est possible que le bien public remplace l’intérêt privé, autrement nommé « profit », dans l’étendue entière de l’activité productive et de ses supports (transports, moyens commerciaux, moyens d’échange…). Ensuite, l’organisation des rapports de travail, à l’intérieur des moyens de production ordonnés au bien public, doit elle-même être modifiée en profondeur. Il importe en effet de réduire et finalement d’abolir les « grandes différences » : entre le travail intellectuel et le travail manuel, entre les tâches de direction et les tâches d’exécution, mais aussi entre les ressources de la vie humaine (éducation, santé, culture, loisirs…) dans les grandes villes et celles qui existent dans les provinces et les campagnes. Marx nommait tout cela : avènement du travailleur polymorphe. Le dépérissement de l’État, en tant qu’appareil coercitif séparé, vient lentement couronner les deux processus précédents. Il ouvre la voie à une quatrième détermination : la fin du règne politique des identités, qu’elles soient nationales, religieuses, linguistiques, culturelles, au profit d’un internationalisme réel, qui signifie que l’humanité prend en main son destin global. Marx nommait cela « internationalisme » et il y voyait une caractéristique fondamentale du communisme. Je ne vois aucune raison de cesser d’affirmer que là, et là seulement, s’affirme une idée stratégique digne de l’espèce humaine, au point où elle est aujourd’hui parvenue quant aux moyens intellectuels et matériels qu’elle est capable de mobiliser. Le capitalisme, éclairé par cette idée, apparaîtra pour ce qu’il est : un usage barbare et arriéré de la modernité scientifique et technique.

Dans votre récent dialogue avec Marcel Gauchet, vous évoquez les politiques émancipatrices qui ne répondent pas au modèle de la démocratie parlementaire. Comment créer une dynamique de l’histoire, tout en échappant à l’omnipotence étatique ?

Alain Badiou: Où donc dans le monde ce que vous appelez le « modèle » de la démocratie parlementaire s’est-il installé, sinon, exclusivement, dans les pays où l’organisation économique et sociale est sous la loi du capitalisme le plus avancé ? Dans ce qu’on appelle, dans les médias serviles, « l’Occident » ? Que les gouvernements de ces pays soient ce que Marx nommait des « fondés de pouvoir du capital » est bien plus évident aujourd’hui que du temps de Marx lui-même ! Les soulèvements et les mouvements populaires, les organisations politiques nouvelles qui doivent s’édifier directement au niveau international, l’unification des prolétaires – plus nombreux à échelle du monde qu’ils ne l’ont jamais été, contrairement à ce qu’on raconte –, l’émergence de nouveaux intellectuels organiques, prêts à se lier aux masses sous le signe d’une idée communiste remaniée, intellectuellement modernisée, le ralliement d’une fraction de la petite bourgeoisie déçue du miroir aux alouettes du consumérisme capitaliste : tout cela, ce sont les tâches du moment, celles qui ouvriront, après le temps prophétique de Marx et d’Engels, et le temps violent et hyper-étatique de Lénine et de Staline, la troisième étape du communisme historique. Cette étape a du reste été esquissée, de façon encore chaotique et finalement impuissante, par Mao et les communistes chinois à la charnière des années 1960 et 1970 du dernier siècle. Nous serons, pour une très longue période, leurs successeurs.

Comment une nouvelle subjectivité politique peut-elle se dégager de la conjonction de ces quatre forces « encore hétérogènes » : « La jeunesse éduquée, la jeunesse populaire, le prolétariat nomade international et les salariés précaires ordinaires » ?

Alain Badiou : J’insiste, je me répète : une nouvelle subjectivité politique ne pourra se constituer à grande échelle, à partir des forces sociales dont vous rappelez la liste, que sous le signe d’une vision stratégique qui puisse servir de point de ralliement, de critère de jugement et surtout d’appui subjectif pour une totale indépendance au regard des propagandes et des opinions dominantes. C’est pourquoi l’usage tranchant, constant, du mot même de « communisme » est indispensable : l’adversaire veut que ce mot reste criminel et maudit. Et nous-mêmes, depuis trop longtemps, répétant comme des perroquets le bilan proposé par nos ennemis (communisme équivaut à totalitarisme sanguinaire, et rien d’autre), nous n’osons plus en parler que de façon allusive et honteuse. Ici même, quand donc le Parti communiste parle-t-il de communisme ? Alors que, en rendant à ce mot sa lumière propre, en proposant par un grand geste historique un nouveau bilan de la période antérieure et en rénovant simultanément les perspectives de la troisième étape, nous pouvons indiquer une sortie du monde enténébré du capitalisme planétaire et déployer une pensée et une pratique qui en soient tout à fait dégagées. J’ai pu voir, de la Turquie à la Corée, de Prague à Berlin, d’Amsterdam à Buenos Aires ou en Palestine, de Londres à New York même, que toute une jeunesse mais aussi une pléiade de vieux militants expérimentés attendent cette libération, cette indépendance retrouvée, hors du sinistre consensus qu’on veut nous faire croire éternel.

En analysant, dans Que faire ?, les trois étapes que constituent les communismes des XIXe, XXe et XXIe siècles, vous estimez que nous sommes actuellement à un carrefour, « dans un moment de bouillonnement qui rappelle fortement la situation révolutionnaire de l’Europe à la fin des années 1840 ». Dans cette perspective, quelle est la responsabilité des communistes pour dire le futur et prévoir ce qui vient ?

Alain Badiou : Qui sont « les communistes » ? Là est aujourd’hui la question. Déjà à la fin de sa vie, Mao Zedong posait une question angoissante à ses yeux : « Qui sont les successeurs de la cause du prolétariat ? » Dans les années 1840, Marx écrivait un Manifeste du Parti communiste sans qu’existent, surtout au sens où il l’entendait, beaucoup plus qu’une poignée de communistes. Il y avait le mouvement ouvrier français, il y avait l’économie politique anglaise, il y avait la philosophie dialectique allemande, et avec tout cela, on allait faire les communistes nouveaux. Nous aussi nous devons faire les communistes nouveaux. La tâche des communistes de la troisième étape est de devenir eux-mêmes des communistes de la troisième étape, et de travailler dans tous les mouvements populaires, tous les soulèvements, mais aussi les usines, les cités, les universités, les grands ensembles d’employés surexploités, les associations de chômeurs, les paysans affamés des pays du Sud, les ouvriers venus d’ailleurs, ce cœur vivant du prolétariat moderne, pour que l’idée communiste soit la stratégie positive partagée de tous les moments tactiques visant à défaire l’hégémonie capitaliste. Si de vieux partis politiques chargés d’histoire communiste veulent se rallier à ce nouveau commencement, nul ne s’en plaindra…

La principale revendication, une révolution encore à venir. Né en 1937 à Rabat (Maroc), ancien élève de Louis Althusser, Alain Badiou concilie très tôt un engagement militant avec l’exigence d’une pensée critique. Il commence sa vie politique par la lutte anticoloniale et milite contre la guerre d’Algérie. Après mai 1968, il fonde le groupe UCFML (Union des communistes de France marxiste-léniniste) et participe à la création, avec Michel Foucault, de l’université expérimentale de Vincennes (Paris-VIII). Meetings, occupation de locaux, de noyaux d’usine et de foyers ouvriers ou défense des sans-papiers… son intense militantisme nourrit son œuvre philosophique (Théorie du sujet, l’Être et l’Événement), romanesque (Calme Bloc ici-bas) et théâtrale (l’Écharpe rouge, le Cycle d’Ahmed). Peut-on penser la politique ? précise, en 1985, le rôle de la révolte comme pensée de la rupture et de l’événement ; D’un désastre obscur, en 1991, souligne la ruine historique de l’État ; Abrégé de métapolitique, en 1998, invite à la réinvention du politique ; sa réflexion se poursuit plus récemment, avec l’Idée du communisme (volumes I et II), le Réveil de l’histoire (Circonstances 6) et Qu’est-ce qu’un peuple ? (avec Jacques Rancière, Judith Butler…). Alain Badiou mobilise dans son œuvre Platon, Rousseau ou Marx, aussi bien pour éclairer le passé – comme, par exemple, l’action historique des révoltés haïtiens emmenés par Toussaint Louverture – que pour saisir l’actualité – ainsi le sens de l’engagement réel des occupants de la place Tahrir, en Égypte –, et la principale revendication qui compte pour lui est celle d’une révolution encore à venir.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF 79
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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 10:23

Mon propos n'est pas ici de dire ou répéter ce qui a déjà été dit sur les conditions politiques et idéologiques de la situation française ou européenne, sur les co-responsabilités de la droite et du PS dans les résultats des élections de mars et mai 2014.


Je pense aussi que le Front de gauche a ses propres responsabilités pour ne pas avoir su dépasser ses contradictions et permettre une issue progressiste et démocratique comme réponse à la critique du "système" et à l'expression du mécontentement qui a renforcé le FN. Je ne veux m'attacher ici essentiellement sur les contradictions internes du front de gauche et à ses "défauts".


Il est de bon aloi, et comme une chose entendue, indiscutable, établie, par ceux qui les critiquent, que les postures du PCF aux municipales ont fait capoté le front de gauche aux élections locales, dont le message national est cependant incontestable. Le PCF, selon les opposants à cette tactique "au plus prêt" (selon chaque situation concrète), est au fond le seul coupable de l'échec relatif aux européennes et de la déception de tous ceux, "vraiment à gauche", qui veulent le changement, le vrai. L'attitude "confuse" peut-on lire et entendre ici et là, (et à la carte pour les municipales du PCF), selon ses détracteurs a été incomprise et laisse planer le doute, entretenu, de la volonté du PCF de faire vivre le Front de Gauche . Et pour causes. D'une part, JL mélenchon lui-même a pris la tête, non sans soutiens militants et médiatiques, d'une campagne incessante de diabolisation du PCF, qui aurait choisi à Paris (dont "ils" font le symbole de la radicalité), le PS contre le Front de gauche. L'abus de langage et la confusion volontaire participe de cette campagne. Les médias présentent JL Mélenchon te sa stratégie d'autonomie, tout à la fois comme celle du co-président du "parti de gauche de JL Mélenchon" qui serait aussi le leader du "Front de Gauche".
Je note que "l'Humanité" et le PCF donne le flan, involontairement, à cette interprétation quand, pour dire leur association dans le Front de Gauche ils en expriment le contraire, puisque il n'est pas rare de lire ou d'entendre :"le PCF ET le Front de Gauche", sans rappeler suffisamment et clairement, que le PCF en est l'un des membres fondateur et l'un des principaux éléments. Ainsi ce cocktail de formulations entretien la confusion et peut désarçonner ceux qui se laissent abuser. C'est la même démarche des médias qui consiste à considérer le PS et lui seul, comme représentant la "gauche". Et les tentatives du PCF de faire vivre son identité se confronte à celle de globalisation de Mélenchon. Ainsi Parti de Gauche et Front de gauche sont associés dans un même concept éponyme et synonyme et le nom de Mélenchon y est abondamment associé. Pierre Laurent en est écarté puisqu'il est présenté comme le représentant (parfois et trop souvent le "patron") du PCF, en dépit de ses déclarations sur la nécessité du Front de Gauche et de l'implication de notre parti dans l'édifice qu'il a contribué puissamment à former.


Le nombre incalculable d'invitations dans les médias du "leader" du Front de gauche co-président du parti de gauche, les tribunes de "politis" de "médiapart" de "Marianne" de "Regard" prenant fait et cause pour la stratégie de "rupture" et "d'autonomie" vis à vis du parti socialiste, pour y valider celle du recours, qui à l'expérience a faillit, rencontre néanmoins, un succès relatif, "grâce" à l'esprit cartésien des français (on ne peut être tout à la fois dehors et dedans, on est pour ou contre etc...). La perspective et la nécessité historique s'efface devant l'actualité 'immédiate, factuelle, devant la logique aristotéticienne. La prétention du PG à représenter légitimement ( en raison de la candidature de JL Mélenchon à la présidentielle et des institutions de la Ve république) donne force à l'accusation de Mélenchon selon laquelle, la direction du PCF a décidé d'abandonner le Front de gauche au profit du PS pour de "lâches calculs boutiquiers", "prendre des places", "sauver" des élus et les finances du Parti et toutes une série d'insultes, d'invectives et de fausses prédictions ou d'attitudes présentées comme prémonitoires etc...alors que ce sont les communistes qui lui ont tendu la main pour l'extraire du marécage "social démocrate" dans lequel il s'était englué depuis trois décennies, et pour finalement l'en sortir. Voire.


Je me suis offusqué aussi de l'absence de réaction de la direction du Parti communiste à la harangue de Mélenchon à la manif du 1er décembre lorsqu'il tentait de faire valider in-situ, par les dizaines de milliers de manifestants mobilisés aussi par le PCF, le nouveau concept d'"opposition de gauche" avec lequel le PCF se tient à distance. Cette opération participe de l'entreprise de déstabilisation du PCF mise en oeuvre par le co-président du PG qui compte bien, comme un coucou, en tirer profit pour lui-même et accessoirement pour son parti. Une deuxième raison réside selon moi dans la faiblesse et l'insuffisance de la prise en compte par le parti et ses militants, affaiblis numériquement et idéologiquement, non pas seulement du virage à droite du PS mais de son enfoncement dans les dogmes libéraux et de la difficulté qui en résulte, ancienne maintenant, de mettre en oeuvre une stratégie de rassemblement de "toute la gauche"aux municipales, donc y compris le PS, dont les dirigeants et les ministres font le contraire de ce pourquoi ils ont été élus. La pente est raide et le chemin est étroit, et Mélenchon s'engouffre dans cette difficulté pour y défendre et promouvoir sa stratégie. Nous n'avons pas su engager le parti dans cette bataille idéologique. Au contraire, la conclusion d'un accord, passé inaperçu, entre les partenaires du front de gauche au sujet d'une stratégie et d'un mode d'organisation du front de gauche qui lui sont propres , fin janvier 2013 a tétanisé l'action propre du parti au profit du front de gauche, ce qui a dû troubler plus d'un communiste. D'ailleurs, les deux textes, publiés par "l'Humanité" les 28 et 29 janvier qui relatent ces accords semblent s'être réalisés dans la précipitation ( pourquoi ne pas attendre le congrès du PCF pour prendre une telle décision) , et à l'insu des militants du PCF qui n'ont pas eu la possibilité de dire leur mot. Ils se sont trouvés placés devant le fait accompli, à la veille de leur congrès qui allait se dérouler aux premiers jours de février à Aubervilliers et n'ont pu et avant eux les conférencs de section et les conférences fédérales en discuter. Que penser d'une telle décision qui n'a pas été approuvée par les instances supérieures du parti, le congrès ?


Il faut ajouter que la décision de Mélenchon du retrait du PG de la GUE, consécutif à ces "désaccords municipaux" le retard organisé par le PG qui en a résulté pour la constitution des listes, puis l'ultimatum et le coup de force du PG pour minimiser le PCF et maximaliser le PG dans les listes des régions européennes ont incontestablement plombé et la campagne et la crédibilité du front de gauche auprès des électeurs ainsi qu'auprès des militants communistes. Les militants du PG expriment violemment leur oppsition au PCF et étalent à longueur de "post" ou d'articles leur anti-communisme. Le front de gauche, en dépit du programme "'l'humain d'abord" apparaît divisé, et le demeure.


Et, l'on peut de plus s'interroger aussi sur l'utilisation des médias par JL Mélenchon et le parti de gauche. Ces derniers accusent les médias de la promotion du FN, ce qui n'est pas faux, mais comment se fait-il que les nombreuses apparitions de JL mélenchon et d'autres du Parti de gauche, Delapierre, Coquerel, Billard complaisamment invités dans les studios et présents tantôt comme PG, tantôt comme front de gauche ou les deux à la fois, au lieu de profiter au FDG se transforme en son contraire.


Même chez les militants communistes qui ont pourtant désigné Mélenchon majoritairement comme "leur candidat à la présidentielle", il rencontre désormais une réserve quand ce n'est pas une franche opposition. Les "amis" FB du PG quant à eux, je l'évoquait plus haut, ne laissent aucuns doutes sur leur opinion du PCF, de ses dirigeants et de la place de celui-ci dans le front. La plupart lui demandent de s'écarter, de partir, de retourner au plus offrant pour le confort des places et des moyens. Ces considérations insultantes sont ressenties commes injustes et provocatrices. Elles sont pour moi inacceptables et je ne vois pas comment, aujourd'hui, poursuivre avec des personnes qui nous considèrent comme des ennemis et des traîtres de premier plan. Ces "amis" FB expriment depuis plusieurs mois, des désaccords, des différends, des oppositions qui se transforment peu à peu en haines exprimées sans fard qui tendent à dresser une barrière entre militants de gauche. Il y a le feu au front de gauche. L'incendie qui continue a couver s'éteindra-t-il ? Certainement pas de lui-même. J'en doute.


Dans ces conditions, la question est légitime : le Front de gauche tel qu'il est a-t-il un avenir. Ne tournons pas autour du pot. Pour moi c'est NON. La réponse a d'ailleurs déjà été donné, préventivement si je puis dire, par les différences d'implication des militants de chaque parti aux européennes qui ne se sont mobiisés qu'en en fonction du drapeau de la (leur) tête de liste.


Nombre de communistes ont été choqués par le non-respect par les représentrants du front de gauche, de l'originalité de ses composantes et singulièrement de l'identité du PCF de sa "liberté" de faire valoir ses particularités, bafouées, qui sont présentées comme autant d'obstacles à la "solution".Tout cela participent du trouble ambiant au front de gauche sans qu'y soit apporté quelque réponse que ce soit. Si la création du front de gauche a été actée au congrès du PCF en décembre 2008, comme une initiative stratégique innovante, majeure, promise au succès, ce qui se confirmait d'ailleurs par des positions électorales ascendantes dès 2009 puis 2010, l'expérience trouve aujourd'hui ses limites avec les contestations stratégiques, celle de la personnalisation excessive du "leader" "Président" du FDG, et la contestation de l'effacement du PCF.


La stagnation électorale aux européennes, qui équivaut à un recul eu égard aux objectifs, (Mélenchon avait avancé l'idée de dépasser le PS, puis d'atteindre + de 10 % et des "surprises favorables), le dépassement du Front de gauche n'est-il pas aujourd'hui à l'ordre du jour ? Le FDG dans sa conception , comme dans sa forme doit trouver le moyen de la relance, une réponse qui s'incrit dans une lutte efficace contre la droite et son extême, contre l'austérité et un gouvernement qui la met en oeuvre au nom de la gauche. Un rassemblement de gauche large capable de mettre en oeuvre une véritable politique de gauche. Car s'il est vrai que nous tentons de résister aux mauvais coups en faisant "front contre", ce qui est nécessaire, l'urgence et les possibilités ne sont-elles pas de rassembler pour ? Et là, Le PG et même "ensemble" n'y mettent pas les mêmes ingrédients, notamment si l'on considère qu'il faut élargir. Mais à qui, et jusqu'où, à gauche. Le NPA préférable aux socialistes, et lesquels? ? à Nouvelle Donne ?, à l'exclusion du PS, de ses militants mécontents et oppositionnels, comme si le PS ne pouvait pas bouger lui aussi, sans illusions, à terme ?


Constatons que les assemblées citoyennes ont eu et ont encore, à degré moindre aujourd'hui, des effets positifs, comme celui d'intéresser plus largement que n'a pu le faire le seul parti communiste ou tout autre parti seul, à des problématiques enfouies jusque-là. Que l'aspect "éducation populaire" de ses assemblées ait été utile doit être apprécié positivement. La mise en évidence de questions importantes et décisives a été possible (la dette et plus récemment le traité transatlantique dévoilé par Patrick Le Hyaric, la VIe république etc...). Mais, ces assemblées hétéroclites n'ont pas pu "engager" les participants, plutôt spectateurs, dans des actions ou des campagnes de longues durée, ni s'élargir aux classes sociales impactées par la crise. Tout au plus elles ont pu se transformer, de façon restreinte en "machine " électorale. Le militantisme de terrain restant l'apanage des formations politiques et singulièrement du PCF lorsqu'il est en état de le mettre en oeuvre, en direction des différents milieux populaires et d'activités productives et (ou) intellectuelles.


Il nous faut remarquer, que les textes adoptés par le front de gauche qui instaurent de fait une primauté du Front sur les parties constitutives et singulièrement une substitution ou subordination du PCF qui n'apparait plus que comme l'outil de mise en oeuvre de décisions prise en dehors de lui, est mal vécue, et refusée par la plupart des communistes. Et nous n'avons pas pu ou su non plus gérer la contradiction intériorité/extériorité, qui s'est réduit soit à l'effacement du parti communiste soit au rejet du FDG. Chaque parti entend bien se trouver propulser comme partie essentielle du Front, y avoir l'influence nécessairement primordiale pour imprimer sa ligne. Mais la direction consensuelle floue brouille les différences et profite à celui qui a représenté et incarné avec succès, le front de gauche à l'élection présidentielle considérée comme déterminante et mère de toutes les autres. La tentation est grande de reproduire le processus et de fait l'acception de personne est inévitable. Pourtant, ce n'est ni l'esprit de résistance et de conquête qui est en cause, ni non plus l'idée et la nécessité du rassemblement qualitatif et quantitatif à gauche, tout au contraire. Le front de gauche tel qu'il est représenté apparaît sectaire, outrancier, diviseur, négatif par les électeurs. Il confine nos exigences à un rassemblement restreint qui clive et exclu, incapable de s'ouvrir au-delà de lui-même. L'obligation d'aujourd'hui, plus qu'hier est de se rassembler à gauche et d'ouvrir ce rassemblement pour agglomérer et amplifier. Élargir à la fois l'opposition à la politique actuelle et entreprendre la construction de son dépassement.


Une situation nouvelle s'est créée, d'abord avec les municipales, puis les européennes, avec une progression spectaculaire et inquiétante d'idées réactionnaires mais aussi protestataires, qui se sont manifestées aussi par des votes FN (rassemblement Bleu Marine) et non pas front de gauche . Nous ne sommes pas apparu comme le recours comme le prophétisait Mélenchon, et la stagnation décevante et décourageante des scores du FDG et de l'indifférence qu'il suscite, nous oblige à en tirer les leçons et construire dès à présent une réponse qui pourrait être celle de la construction d'un Rassemblement Démocratique Populaire de Gauche à vocation majoritaire impliquant toutes les forces, populaires, sociales, intellectuelles, économiques, politiques, qui s'assignent comme objectif la transformation de notre société capitaliste actuelle en une société régie par une nouvelle République, sociale, démocratique et internationaliste. Elle peut se fonder sur les valeurs humaines que réclament la grande majorité des français et que traduisent les propositions et les objectifs de progrès, de développement, de respect, de sécurité, de coopération et de paix contenues dans le programme"l'humain d'abord", mais pas seulement. Des prises de conscience, des évènements nouveaux, des "bougés" modifient la donne.Ce rassemblement peut être pérenne s'il implique le plus grand nombre, et notamment ceux qui ont choisi, pour leur raison propres et indéfectibles, l'adhésion au parti ou mouvement qu'il considère comme leur meilleur engagement personnel. Ce nouveau rassemblement s'il se construit dans la clarté du débat et sur la confrontation des idées et des propositions, doit se réaliser dans un bouillonnement démocratique respectueux de chacune et chacun. Ce qui suppose des règles de vie de ce nouveau rassemblement non contraignantes ni mutilantes pour chacun. La liberté d'en être ou pas, sur chaque sujet, peut en renforcer l'intérêt, l'adhésion et la cohérence. Au contraire d'une globalisation non consentie ou forcée, qui laisse subsister les désaccords et prépare les ruptures, le débat et l'action permanents en seraient les moteurs, l'activité propre de chaque composante en assurerait la diversité. Pour ce qui les concernent, je crois que les communistes entendent bien, avec leurs militants, leurs dirigeants et leur organisation favoriser la construction d'un chantier auquel ils convient tous et chacun. Ils ambitionnent naturellement d'augmenter le nombre et la qualité de leur militants, c'est-à-dire d'acteurs engagés vers cet objectif, de renforcer leur organisation, de transformer leur parti vers toujours plus de démocratie militante efficace, de multiplier ses élus et ses représentants, de faire vivre et déployer les stratégies qu'ils définissent démocratiquement à chaque congrès national.


Si le rassemblement pour un changement de société est un objectif, le parti Communiste est une nécessité. Pour moi, il ne s'agirait pas de remettre en chantiers nos accords sur le programme "l'humain d'abord", qui est un acquis. Mais force est de constater que des différences, voire des désaccords subsistent sur certaines questions qui ne doivent pas empêcher d'agir ensemble mais qui nécessitent des débats entre nous (le nucléaire, l'euro, la propriété sociale, la nationalisation temporaire ou définitive etc...) Et ces différences risques de se multiplier avec de "nouveaux entrants". Aussi, il faut fixer les grandes lignes et les valeurs et la bataille idéologique qui doit imprégner toute la société, arguments contre arguments dans la comparaison des analyses et des propositions déterminera l'offre politique et dans les luttes qui expriment revendications et sens pour la société.






Avec nos 6,3%, on ne peut pas dire que nous avons convaincu. Aucuns des candidats tête de liste n'a endigué la stagnation aux Européennes. Nous n'avons pas retrouver l'engouement de la présidentielle avec un candidat commun choisi par les adhérents et les militants. L'échec relatif du front s'est constitué sur la concurrence stratégique qui a produit de désaccords mis en exergue par JL Mélenchon afin de "tordre le bras" à la direction communiste avec les "face-à-face" qui ont provoqué des plaies dont on voit les cicatrices aujourd'hui. Stratégie de recours et de guerre avec la gauche gouvernementale ou rassemblement large et confrontations et débats avec ceux tous ceux qui ont voté pour le changement fussent-ils contradictoirement soutiens et critiques du pouvoir. Mettre à prix la tête de F. Hollande et détruire le parti qui le soutien, ou travail de conviction générale ? Morceler la gauche ou l'unir ?


Rejeter les socialistes par principe en confirmant la stratégie d'opposition de gauche et de recours laisserait les mains libres à droite, dans un rapport de forces actuel défavorable à toute la gauche.Tels sont à mes yeux les questions que les efforts pédagogiques des directions des partis ont déployé pour faire partager ou convaincre du bien fondé des stratégies choisies. L'énergie pour expliquer la fausseté de l'une et de la justesse de l'autre s'est épuisée dans un "braquage" réciproque des militants de chacun des deux camps. Car il y avait deux combats. L'un, le rassemblement de toute la gauche contre la droite et l'extrême droite, l'autre un "front de gauche nécessairement indépendant" du PS et contre lui et parfois même contre les communistes, étriqué, sectaire. Evidemment cela laisse des traces, sûrement indélébiles. Sur cette stratégie JL Mélenchon en avait fait une affaire personnelle, expériementée aux municipales. Des municipalités qui sont passées à droite comme Toulouse par exemple n'ont pas fait l'objet d'analyses et critiques probantes des attitudes qui l'ont favoriser.


Dans cet échec relatif, pour sa par André Chassaigne souligne que "On a manqué de visibilité. On n'a pas réussi à irriguer la société par nos thématiques. Il faut dire que les querelles internes qui ont commencé lors des municipales, avec les débats sur les candidatures d'untel ou untel, ne nous ont pas aidés". Au fond, ce n'est pas tant le choix qu'ont fait les militants dans chaque commune de s'allier ou non avec le PS mais bien la campagne agressive et culpabilisatrice menée par le PG sur la base d'une stratégie de recours" et d'une prétendue "opposition de gauche" qui, suite aux outrances et invectives, voire d'insultes envers la direction communiste ont provoqué des schismes au sein du Front de gauche, dont Mélenchon se réclame le leader. En Auvergne, André Chassaigne note : "il y a deux villes qui ont étaient reprises à la droite dont Thiers. Et ça, grâce à un rassemblement de la gauche avec le PS notamment ». Le débat n'est pas clos, il ne fait que commencer. Et les militants communistes seront, on l'espère, au rendez-vous de la grande discussion. On peut craindre maintenant que les conditions du rassemblement du front de gauche, seule perspective crédible pour réussir le changement soient hypothétique. D'ailleurs l'on assiste depuis à des règlements de comptes préjudiciables à la suite. Les "partisans de la grande radicalité" des uns accusant les autres de la responsabilité de l'échec, sans que l'expérience vécue entame l'une ou l'autre des postures. Selon JL Mélenchon" notre score à l’orée du nouveau cycle politique ne nous permet pas d’être l’alternative dans le chaos qui s’avance. Faisons bref. Commençons par l’aveu qui libère chacun de ses responsabilités : tout est de ma faute. Deux cent professeurs cyclotrons, au moins, des deux sexes, sont prêts à en faire la démonstration. Ils sont également prêts à faire don de leur personne pour incarner dorénavant la cause. Quatre cent autres sont prêts à leur tirer dessus en toute amitié sitôt qu’ils se mettraient à la tâche. Une fois cette mortification rituelle accomplie, je préfère souligner, pour le lecteur rapide ou le journaliste pressé qui recopie sans lire, que je n’en crois pas un mot. Pour moi, c’est dans la pente des évènements qu’il faut chercher la cause des dynamiques en cours. Et c’est là que se trouvent les solutions à éprouver. Que nous ayons échoué jusqu’à ce point ne signifie nullement que nous y étions condamnés. Ni que pour soutenir nos raisons d’alors et la justesse de l’entreprise d’alors nous nous interdisions de passer à autre chose, à explorer d’autres chemins" Eric Coquerel, très présent lui aussi dans les médias à qui il attribue la faute d'un mauvais score du FDG et du succès du FN ajoute: "Pour la majorité des citoyens, le gouvernement est assimilé ( à tort) à la gauche et donc le Front de gauche se trouve amalgamé. .Au fond, ce n'est pas tant le choix qu'ont fait les militants dans chaque commune en fonction des particularités locales de s'allier ou non avec le PS qui ont fait problème, mais bien plutôt les campagnes agressives et culpabilisatrices sur la base d'une stratégie de "recours" complétée par celle "d'opposition de gauche " et relayées complaisamment par les médias, qui suite aux outrances et insultes proférées contre la direction communiste, ont provoqué la désunion. et finalement l schisme à l'intérieur du front de gauche dont JL Mélenchon entendait bien s'installer en leader en expulsant les communistes. Pour autant l'heure n'est pas à chercher des ennemis à gauche, mais de la rassembler sur une politique de gauche qui peut être incarnée par ce rassemblement nouveau ouvert, démocratique qui accueillerait des candidats potentiels en devenir que l'on aperçoit maintenant. Donc, au travail. Le débat n'est pas clos, il ne fait que commencer. Et les militants communistes ont bien l'intention d'y participer.

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BRUNO FORNACIARI

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