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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 00:04

Reconstruire une alternative à gauche

La défaite était attendue après la sévère sanction des municipales ; elle a tourné à la Berezina. La droite ramasse le Sénat comme le fruit tombé de trop de trahisons, d’infinies déceptions et de sourdes colères. L’installation du gouvernement Valls 2, la pétaudière qu’il entend installer dans les institutions locales au détriment de la souveraineté citoyenne ont parachevé une retraite en débâcle, accompagnée par l’entrée au Palais du Luxembourg de deux séides de Marine Le Pen. Il ne s’agit pas seulement de l’onde de choc d’un scrutin passé, mais du reflet de la défiance du pays qui est tout sauf une confiance votée à l’UMP et à l’UDI.

La confusion des genres entre la droite et le petit appareil politique qui gouverne est au cœur de la crise politique. Comment voir un homme de gauche dans ce Premier ministre qui se targue de sa « fermeté » face à une grève des salariés contre la délocalisation d’Air France et un statut low cost ? La Bruyère pointait déjà ces grands de la cour : « À quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur, l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie d’esprit »...

Le tandem gouvernant, le président et son Premier ministre, a à ce point rallié le libéralisme qu’en entendant Nicolas Sarkozy à Lambersart, on se disait qu’ils avaient été pour lui une rampe de lancement. Les uns dénonçaient les chômeurs ? L’autre traque l’assistanat. Matignon veut autoriser le travail le dimanche ? Neuilly veut que les Français travaillent plus (sans gagner plus, désormais) et entend ratiboiser ces jours fériés, ces RTT, ces congés qui seuls compteraient aux yeux du menu peuple. Valls flatte le Medef ? Sarkozy le cajole. « Être aliéné, écrivait Gramsci, c’est avoir les idées de l’ennemi dans la tête. » Pauvre François Hollande...

La fin de la parenthèse d’une majorité de gauche au Sénat était attendue. L’occasion a été gâchée de s’appuyer sur les deux Chambres pour de réformes progressistes audacieuses. Désormais, il faut s’atteler à reconstruire une alternative de gauche, émancipée

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 00:54

L’image est assez rare pour être soulignée. Le week-end dernier à La Rochelle, lors de la plénière de clôture, Pierre Laurent, le premier secrétaire du Parti communiste, a été chaudement applaudi par une salle remplie de socialistes. Auxquels il était pourtant venu rappeler leurs renoncements à travers «un discours de vérité»

Sa présence au cœur de la machine socialiste n’allait évidemment pas de soi. En l’apprenant au beau milieu de l’été, les cadres du Parti de gauche avaient une nouvelle fois soupiré. Même dans son camp, certains s’étaient agacés à l’idée qu’un communiste fasse risette sur la photo de famille socialiste, aux côtés de partisans de la politique menée par François Hollande. Mais la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie en remplacement d’Arnaud Montebourg et le discours énamouré de Manuel Valls devant les représentants du Medef ont donné au leader communiste une belle tribune. «2012 avait été un contrat. Ce contrat, il vient d’être déchiré devant les Français», a pu tonner le leader communiste

Tranquillement. Encore cet été, Pierre Laurent a été accusé par Jean-Luc Mélenchon d’avoir troqué l’avenir du Front de gauche pour quelques sièges en ralliant, notamment à Paris, des listes socialistes dès le premier tour des municipales de mars. Mais le sénateur avance tranquillement, esquivant avec une certaine agilité les flèches décochées par les proches de Jean-Luc Mélenchon.

«Il a une feuille de route. Il s’y tient», explique la responsable communiste Marie-Pierre Vieu. En clair, le leader du PCF parle à quiconque souhaite une alternative à la politique de François Hollande. «Il faut travailler sans exclusive avec tous ceux qui font le constat que la politique du gouvernement mène dans l’impasse. L’urgence n’est plus de juxtaposer nos critiques mais de passer à la construction»,met en garde l’intéressé, admettant que «le débat ne fait que commencer».

Si, au Parlement, les groupes des députés Front de gauche ont depuis longtemps quitté la majorité et se retrouvent parfois, à voter (comme la droite) contre le gouvernement, Pierre Laurent tend avec constance la main aux autres forces. «Il est très lucide sur la situation politique et sur le fait qu’on a peu de temps pour sauver la gauche. Mais ce n’est pas pour permettre à Valls et Hollande d’être au second tour en 2017», rappelle un de ses proches, sur la défensive.

«Mélenchon a eu du mal à le comprendre. Mais c’est comme ça. Les communistes ne rompront jamais avec leur tradition d’union de la gauche», balance un responsable du Front de gauche.

Du côté des écologistes, avec qui les différends idéologiques sont légion, on apprécie la «douceur politique» de Pierre Laurent. «Ce n’est pas un politicien tordu. Il est plutôt calme et n’est pas aussi dogmatique qu’on le croie», glisse un proche d’Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts. «Mais on voit bien que Mélenchon l’embarrasse.» La ligne de l’autonomie absolue à l’égard du PS défendue au Parti de gauche met sans arrêt en lumière un «double jeu» communiste : opposant des socialistes au plan national, mais parfois allié au plan local. «Si on avait traité Jean-Luc Mélenchon de la sorte quand il était encore au Parti socialiste, il n’en serait jamais sorti», tacle un communiste. Voilà Pierre Laurent "contraint" de jouer les équilibristes. Interrogé sur les étapes qui permettront de mesurer l’avancée de son projet alternatif, ce dernier évoque la bataille budgétaire et la rentrée sociale.

Décisifs. Jean-Luc Mélenchon, en militant d’ores et déjà pour une VIe République, prépare d’une certaine manière la future élection présidentielle. Pierre Laurent n’a pas le même calendrier. Les sénatoriales, fin septembre, et a fortiori les régionales, attendues courant 2015, seront quoi qu’il arrive des rendez-vous décisifs pour les communistes, parti d’élus. Et l’occasion de nouveaux débats sur l’attitude à adopter face au partenaire socialiste. «Les élections peuvent être un bon moment pour montrer ce qu’on veut faire dans un rassemblement très large. Mais si le débat, c’est à nouveau autonomie ou rien, on n’aura pas avancé», redoute déjà un responsable communiste.

Quant à l’initiative mélenchoniste en faveur d’une VIe République, Pierre Laurent rappelle que cette revendication est issue de ses propres rangs. Mais qu’elle «pose davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses».

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 19:59

Au pied du mur

Éditorial par Maud Vergnol

Vendredi, 29 Août, 2014

Mesurons bien l’ampleur des enjeux de ce week-end décisif pour la gauche. Assommé, le Parti socialiste se réunit à La Rochelle, quelques jours seulement après la décision brutale de Manuel Valls de composer un commando austéritaire de choc.

Le paysage politique français ne sera plus le même lundi. Mesurons bien l’ampleur des enjeux de ce week-end décisif pour la gauche. Assommé, le Parti socialiste se réunit à La Rochelle, quelques jours seulement après la décision brutale de Manuel Valls de composer un commando austéritaire de choc. Le chemin d’Épinay à Jouy-en-Josas, où le premier ministre est allé prêter allégeance au patronat, a pris quelques détours. Mais après des années de navigation à vue, et à l’épreuve du pouvoir, François Hollande aura finalement fait prendre un raccourci à la composition d’un « blairisme » à la française. Pour les militants socialistes, le choc est rude. Leur secrétaire national, Jean-Christophe Cambadélis, qui assure dans un entretien au Monde que « nous sommes dans une conjoncture de décomposition politique », ne pourra pas longtemps ménager la chèvre et le chou. Et il a beau s’en défendre comme un beau diable en appelant « les socialistes à ne pas surjouer leurs différences », la fracture idéologique est bien là.

Alors comment le cœur des militants socialistes accueillera-t-il ce week-end Manuel Valls, le minoritaire de l’aile droite, propulsé premier ministre après deux ans de quinquennat Hollande ? Les communistes, qui tiennent ce week-end leur université d’été, font le choix de leur tendre la main.

« Si vous ne voulez pas, vous socialistes, être les spectateurs de la destruction de votre propre parti, de la déroute de l’ensemble de la gauche, vous pouvez, avec nous, entreprendre la reconstruction d’une alternative de gauche », interpelle le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, dans nos colonnes. Car face à cette rupture dans l’histoire politique française, le risque est réel de voir la gauche s’effacer du paysage, comme dans d’autres pays européens. Il existe pourtant un formidable espace à conquérir pour tous ceux qui croient encore au progrès social. Et le Front de gauche en est un outil précieux.

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 03:52

Pierre Laurent aux socialistes : "N'embarquez pas dans ce corbillard conduit par Valls"

Samedi 30 Août 2014 à 12:00 | Lu 3044 fois I 19 commentaire(s)

PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO RIETH (À LA ROCHELLE)

L'université d'été du PS à la Rochelle accueille ce samedi le secrétaire national du PCF Pierre Laurent. Une première ! L'objectif pour le dirigeant communiste est de venir parler "les yeux dans les yeux" aux militants socialistes et leur dire "qu’un autre avenir est possible". C'est même un devoir se justifie Pierre Laurent qui ne souhaite "pas laisser les millions d’électeurs et de militants socialistes sombrer dans l’amertume".

Marianne : Que pensez-vous du gouvernement Valls 2 et de l’entrée d’Emmanuel Macron, l'ex-banquier d'affaires, à Bercy ?
Pierre Laurent : Ce nouveau gouvernement, mis en place au terme d’un coup de force de Valls et d'Hollande avec beaucoup de brutalité, consacre une politique beaucoup plus droitière. Lors de son discours du Bourget, la finance était l’adversaire d’Hollande. Aujourd’hui, c’est la finance qui tient Bercy. Il suffit de voir le récent de discours du Premier ministre devant le Medef et l’entretien dans le Point d’Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’Economie, qui voulait s’attaquer aux 35 heures (depuis, Matignon a démenti un tel projet, ndlr)...

Le premier secrétaire du PCF à une université du PS, c’est une première qui fait grincer des dents au sein Front de gauche. Quel est le but de votre venue ?
On est dans un moment de vérité pour le pays et pour la gauche française. Les événements de cette semaine ont laissé sous le choc beaucoup de socialistes qui ne se reconnaissent plus dans ce gouvernement. J’estime qu’il est de notre devoir de leur parler, les yeux dans les yeux, et de leur dire : vous ne pouvez plus vous laisser enfermer dans ce chantage qui consiste à dire que, si vous critiquez ce qui est fait, vous faites le travail de la droite et de l’extrême droite. C’est le sens de la démarche du Front de gauche et des écologistes. Nous n’acceptons pas ce chantage dans lequel ils essayent de nous enfermer, pour nous obliger à embarquer dans ce corbillard conduit par Manuel Valls. Lui et le président sont en train de creuser la tombe de la gauche et, si les socialistes laissent faire, de leur propre parti.

Est-ce le sens de « l’élargissement » du Front de gauche que vous appelez de vos vœux ?
Oui. D’ailleurs, j’étais récemment aux journées d’été d’Ensemble, l’une des composantes du Front de gauche emmenée par Clémentine Autain et je leur ai dit en substance que le Front devait se relancer avec de nouveaux objectifs. Nous devons travailler avec les forces au-delà des limites actuelles du Front de gauche. Bien sûr, nous ne serons pas d’accord sur tout. Mais les points qui nous rapprochent doivent être une base de départ. Et je pense que le Front de gauche doit jouer le rôle d’animateur actif de ces rapprochements.

Jean-Luc Mélenchon qui se dit « intéressé » par les positions d’Arnaud Montebourg. C’est du pain bénit pour vous ?
Oui, c’est positif. Si l'on ne dialogue pas avec Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Cécile Duflot ou Aurélie Filippetti, avec qui allons-nous parler pour construire un mouvement fort qui pèsera et qui permettra de contrecarrer ce scénario que le gouvernement écrit pour la gauche et pour le pays entier. Il faut redonner de l’espoir et faire la démonstration qu’il existe d’autres solutions, d’autres voies dans le paysage politique français.
Je pense que la situation qui s’est imposée à nous est en train de faire bouger les lignes chez tout le monde. Même chez ceux qui pensaient qu’il ne se passerait jamais rien. Je pense que nous ne pouvons pas laisser les millions d’électeurs et de militants socialistes sombrer dans l’amertume. C’est à nous de leur dire que les lignes bougent et qu’un autre avenir est possible. Bien sûr, au sein de notre formation, le débat existe entre ceux qui défendent la nécessité de « fédérer le peuple » et ceux qui parlent« d’unir les forces de gauche ». Moi, je pense que cela procède d’un même mouvement. Mais si la crainte qui existe chez certains militants du Front de gauche, c’est qu’il y ait un compromis avec la politique gouvernementale actuelle, je les rassure : c’est de l’ordre du fantasme. Mais je suis convaincu que ce serait une faute, si nous, responsables politiques de cette force qu’est le Front de gauche, nous ne tentions rien.

Les tensions restent vives entre le PCF et le Parti de gauche. Votre réunion de rentrée avec vos partenaires du Front de gauche en septembre sera-t-elle tendue ?
Honnêtement, je ne sais pas. Ce qui importe c’est que nous sommes dans un processus de recherche d’un nouvel équilibre, entre les réussites certaines et acquises que nous avons eu et la nécessité de construire l’avenir. Mais, j’ai bon espoir que cette idée avance chez les différentes composantes et que la réunion de rentrée du Front de gauche qui se tiendra le 6 septembre, sera une réussite.

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 19:15

Pierre Laurent : « Le coup de force de Valls peut réveiller beaucoup d’ardeurs »

Alors que s’ouvre, aux Karellis (Savoie), l’université d’été du PCF, son secrétaire national, Pierre Laurent, estime que «la critique de la politique gouvernementale est maintenant massive» et que la «responsabilité du rassemblement» incombe notamment au Front de gauche.

Q : Vous avez déclaré que «l’échec sera une nouvelle fois au rendez-vous», après l’annonce du nouveau gouvernement. Pourquoi?

Pierre Laurent Cet échec est programmé parce que ce gouvernement est plus étroit et plus droitier que jamais. Le premier gouvernement Valls a été incapable de rassembler les Français autour du cap du pacte de responsabilité, incapable de rassembler la gauche et même les socialistes. C’est aussi un échec économique. Le chômage progresse, la création de richesses est en panne, la demande intérieure est moribonde. Ces résultats catastrophiques sont le fruit de l’austérité, de la baisse des salaires, des cadeaux accrus accordés à la finance. Le nouveau gouvernement, qui avec l’expulsion des récalcitrants est plus minoritaire que jamais, prévoit d’amplifier tous ces axes politiques. Nous irons donc inévitablement vers son échec. C’est pourquoi il est pour nous hors de question de laisser faire, nous devons agir et rassembler sans tarder.

Q : Manuel Valls affirme pourtant qu’il ne s’agit pas d’une politique d’austérité…

Pierre Laurent C’est une affirmation qui fait rire l’Europe entière. Quand on diminue les dépenses publiques de 50milliards d’euros et quand on s’apprête à sacrifier l’investissement public des collectivités locales, quand les salaires sont tirés sans cesse à la baisse par le chômage, la précarité et la déréglementation sociale… ne pas admettre qu’il s’agit d’une politique d’austérité est tout simplement un mensonge.

Q : Par ricochet, cette situation élargit-elle le spectre du rassemblement à gauche en faveur d’une politique alternative?

Pierre Laurent La brutalité avec laquelle vient d’être opéré le coup de force de Manuel Valls pour constituer un gouvernement à sa botte peut réveiller beaucoup d’ardeurs dans le pays. La critique de la politique gouvernementale est maintenant massive mais cette critique ne suffira plus. Il faut maintenant construire le rassemblement. Cela passe par la mise en débat et en action autour de solutions alternatives, et par le rassemblement de ces forces qui sont diverses, qui le resteront, mais qui face à la catastrophe annoncée ont le devoir de trouver les chemins d’une convergence politique pour préparer une nouvelle majorité politique. L’université d’été du PCF s’ouvre aujourd’hui et je sens les communistes prêts à cet immense effort politique. Nous avons une responsabilité dans cette situation pour relancer le Front de gauche, pour porter dans l’action des solutions alternatives, pour faire progresser le rassemblement dans toute la gauche et dans tout le peuple.

Q : Le vote de confiance au gouvernement sera-t-il une épreuve de vérité?

Pierre Laurent Oui, une première épreuve de vérité. Le choix affiché par ce gouvernement est très clair, sans ambiguïté, comme le montrent la nomination d’Emmanuel Macron et la teneur du discours de Manuel Valls devant l’université d’été du Medef. Le premier ministre fait un calcul dangereux. Il sait que sa politique est minoritaire et qu’elle est contestée de plus en plus largement au sein même des parlementaires socialistes. Et il veut les faire céder à un chantage: ou sa politique au service de la finance ou le chaos politique. En vérité, c’est lui qui crée tous les jours les conditions de la crise. Tous ceux qui contestent cette politique sont en train de prendre conscience que ce chantage mène la France et la gauche dans le mur. Nous aurons l’obligation de construire ensemble un autre chemin pour le pays. Cela ne se fera pas en une seule étape mais il faut engager la bataille sans tarder.

Q : Le chômage a franchi un nouveau cap en juillet selon les chiffres rendus publics mercredi soir. Changer le quotidien des Français est-il possible dans un tel contexte?

Pierre Laurent C’est évidemment possible parce que nous créons en France des richesses immenses. Le problème c’est que le coût du capital engloutit aujourd’hui près de 30% de la valeur ajoutée, c’est le double de ce que les entreprises paient en termes de cotisations sociales. Le cancer financier vampirise les richesses. Et les choix gouvernementaux portent une très grave responsabilité. Une autre orientation politique permettrait immédiatement de soutenir la relance sociale attendue. Il n’y a aucune fatalité à la politique mise en œuvre.

Q : Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche ont pour leur part affiché leur volonté de «fédérer le peuple» autour d’un mouvement en faveur de la VIeRépublique tout en critiquant une nouvelle fois le positionnement des communistes. Dans ce contexte, y a-t-il un avenir pour le Front de gauche?

Pierre Laurent Le travail mené depuis quatre ans avec le Front de gauche reste un événement politique majeur et prometteur. Je ne partage pas l’idée de l’échec du Front de gauche. Il a créé un espoir qui demande, c’est vrai, à être relancé avec de nouveaux objectifs. Nous avons une responsabilité immense pour que le Front de gauche soit capable d’animer le rassemblement nécessaire de la gauche et du peuple. Sur ce chemin qui demandera des débats, ne transformons pas chacun d’entre eux en obstacles. Je souhaite que la réunion de rentrée du Front de gauche du 6septembre, à laquelle je participerai, permette de décider son entrée en campagne sur des objectifs d’actions fédérateurs. Nous devons accepter le dialogue avec des écologistes, des socialistes, des militants du mouvement social bien au-delà du Front de gauche pour sortir les Français de l’impasse dans laquelle on veut les enfermer en ayant à choisir entre la version Valls et la version UMP de l’austérité ou l’agressivité antisociale du Front national.

Q : Vous avez appelé à plusieurs reprises à rassembler au-delà du Front de gauche et les citoyens à se mobiliser. Concrètement, comment le traduisez-vous en cette rentrée?

Pierre Laurent Les forces à rassembler existent mais elles ne convergeront pas sur des solutions alternatives audacieuses sans un énorme travail politique. C’est pour cela que notre rentrée doit être une rentrée d’actions et de débats, que j’ai décidé de me rendre dans toutes les universités d’été de la gauche où l’on m’invitait, que je discute avec Europe Écologie-les Verts. Je vais me rendre à La Rochelle pour tenir aux socialistes, abasourdis par le spectacle de ce début de semaine, un langage de vérité: si vous ne voulez pas, vous socialistes, être les spectateurs de la destruction de votre propre parti, de la déroute de l’ensemble de la gauche, vous pouvez, avec nous, entreprendre la reconstruction d’une alternative de gauche. Nous n’avons pas le droit d’abandonner à leur désespoir ceux qui se sont engagés avec des valeurs qui nous sont très souvent communes. Après ces universités, le premier grand rendez-vous sera la Fête de l’Humanité. Nous allons y inviter tous ceux qui ne se reconnaissent plus du tout dans la politique gouvernementale et ceux qui dans toutes les familles de gauche souhaitent ce débat. La Fête de l’Humanité peut être le premier lieu d’effervescence de ces nécessaires débats. J’espère – et je sais que beaucoup y réfléchissent parmi les écologistes, les socialistes, au Front de gauche– que des initiatives de convergences seront prises dans les semaines qui suivront.

Q : Le PCF affirme qu’il n’y a pas à attendre 2017 pour agir, comment entendez-vous passer à l’action?

Pierre Laurent La première des tâches est, sur chaque terrain possible, de stopper la politique gouvernementale. Des batailles immédiates sont à mener. Il faut protéger l’investissement public avec l’abandon des 28milliards d’euros de suppressions de crédits publics aux collectivités locales. Il faut baisser la TVA sur les produits de première nécessité, construire la réforme fiscale, qui n’a jamais été faite, qui taxera les dividendes et encouragera l’investissement créateur d’emplois, protéger et développer les services publics. Nos groupes parlementaires organiseront à l’automne des états généraux pour la justice fiscale à l’Assemblée nationale. Nous allons relancer la bataille pour le redressement industriel national en tenant une convention du PCF sur l’industrie en novembre. Nous lancerons également à la Fête de l’Humanité une bataille nationale de pétitions pour exiger la consultation par référendum des Français sur les réformes territoriales. La VeRépublique est à bout de souffle et nous avons le devoir d’ouvrir le chemin vers une VIeRépublique. Et c’est dans toutes ces batailles que nous construirons les conditions d’une nouvelle alternative politique majoritaire à gauche.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
Vendredi, 29 Août, 2014
http://www.humanite.fr/

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 20:16

Pierre Laurent (PCF) demande aux parlementaires "sincèrement" de gauche de refuser la confiance à Valls

AFP le 28/08/2014 à 08:25

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste (PCF), a appelé jeudi tous les parlementaires "sincèrement attachés à des valeurs de gauche" à refuser la confiance au gouvernement de Manuel Valls, dont il brocarde la "déclaration d'amour au Medef"

"J'appellerai tous les parlementaires sincèrement attachés à des valeurs de gauche à ne pas accorder leur confiance au gouvernement Valls", a déclaré M. Laurent sur RFI.

"Je ne vois pas comment les députés frondeurs (socialistes, NDLR) pourraient voter la confiance à un gouvernement qui leur tourne ostensiblement le dos et qui même multiplie les provocations à leur égard", a dit le sénateur.

Le discours, ovationné, de Manuel Valls mercredi lors de l'université du Medef, "n'est pas une déclaration d'amour à l'entreprise, (...) c'est une déclaration d'amour au Medef et à ses exigences de casse généralisée du droit du travail. C'est un discours qui tourne le dos à tout ce que sont depuis des décennies les combats de la gauche", a réagi le responsable du PCF.

"Le Premier ministre avait dit il y a quelques mois +la gauche peut mourir+, on sait maintenant qui tient l'arme du crime. C'est le Premier ministre lui-même qui essaie de la tuer", a martelé M. Laurent.

M. Laurent se rendra à l'université d'été du PS à La Rochelle. "C'est le moment de vérité pour les socialistes, j'ai envie de leur parler un langage de vérité, droit dans les yeux: il n'y a aucune issue possible pour la gauche avec Manuel Valls, sa politique et son discours d'hier".

"Je crois que l'immense majorité des militants socialistes ne se reconnaissent plus du tout dans cette politique qui se fait d'ailleurs, je le note, sans congrès du Parti socialiste. Aucun militant socialiste n'a validé ce tournant libéral, ce coup de force organisé par Manuel Valls avec le changement de gouvernement et le discours d'hier", a-t-il développé.

"Toutes les forces vives de gauche du pays doivent se rassembler pour construire une autre politique, une autre majorité et ne pas accepter cette dérive générale de la politique gouvernementale", a insisté le sénateur de Paris.

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 16:27

Des communistes pour une refondation ambitieuse du Front de gauche

Quelle mobilisation, à la veille des élections européennes ?

Lundi, 28 Avril, 2014

L’avenir du Front de gauche, sa stratégie, ses règles de vie suscitent des débats parfois vifs en son sein et dans les organisations politiques qui le composent. Nous publions ici trois tribunes de responsables du PCF. Sans tabous, elles abordent le rôle du Parti communiste et l’enjeu des élections européennes, la “forme” Front de gauche… Dans une tribune collective, quatorze dirigeants du PCF dénoncent une “bataille pour le leadership du Front de gauche” illisible pour les concitoyens et demandent.le respect de “la souveraineté des composantes du Front de gauche sur leurs choix électoraux comme sur l’ensemble de leurs décisions”.

  • "Pour une bataille efficace du PCF" (Texte collectif)

L’enjeu des élections européennes est celui d’une autre Europe contre l’austérité et ses ravages sociaux, avec une autre BCE et un autre euro appuyant l’expansion des services publics et l’emploi contre la domination des marchés financiers. Ceci, depuis le PCF, le Front de gauche et d’autres forces en France, en conjonction avec des forces politiques de la gauche radicale de toute l’Union européenne, notamment en Grèce (Syriza), en Allemagne (Die Linke), en Espagne (Izquierda Unida). Il s’agit de donner une perspective aux luttes politiques, sociales et syndicales déjà engagées par les peuples d’Europe en montrant ce qui peut et doit être changé dès l’immédiat pour une autre Europe. Il s’agit ainsi de briser le consensus dominant entre sociauxlibéraux, droite et extrême droite sur la fausse alternative entre fuite en avant fédéraliste et nationalisme : rester dans l’euro sans changer sa logique austéritaire profonde ou sortir de l’euro – dans les deux cas pour des concurrences à la baisse du « coût du travail », sans s’attaquer aux marchés financiers.

Il s’agit de dénoncer les phrases sur l’Europe sociale, en contradiction totale avec ce qui n’est pas fait pour changer le rôle de la BCE. L’apport communiste et des partis de la gauche radicale européenne du PGE est décisif en ce sens. Un fonds européen de développement social et écologique solidaire, financé par la BCE à taux proche de zéro, pour les dépenses de services publics des États, peut être créé dès à présent. Nous exigeons aussi que l’argent de la BCE soit accordé aux banques pour un autre crédit selon des critères précis en faveur de l’emploi. Formellement, les traités européens n’empêchent pas ces deux transformations radicales.

De ce point de vue, on peut déplorer une certaine dérive de Jean-Luc Mélenchon, et du Parti de gauche en France, déséquilibrant le Front de gauche, en s’enfermant dans le « contre » systématique, flirtant avec les idées de « sortie de l’euro », et tournant le dos au programme « l’Humain d’abord » du Front de gauche. Cette dérive a d’ailleurs connu un clair désaveu aux élections municipales. L’apport du PCF dans le Front de gauche, malgré des pertes, a connu des résistances fortes aux élections municipales et repris, voire conquis certaines villes (Montreuil, Aubervilliers, Thiers). Il s’agit de renforcer et élargir le « contre » par du « pour » tout autrement, en développant des propositions radicales, précises : s’attaquer au coût du capital pour d’autres dépenses, d’emploi et d’efficacité (recherche, investissements, etc.) aussi bien pour les services publics que pour l’emploi. Pourquoi la BCE ne le fait-elle pas ?

En France, comme le dit un texte signé de 26 secrétaires fédéraux du PCF, « les négociations difficiles entre les directions nationales des partis politiques du Front de gauche ont conduit à un accord qui risque de compromettre la construction de telles alternatives. En sous-estimant l’apport des communistes par une sous-représentation de nos têtes de liste aux élections européennes au seul profit du PG, en ne laissant pas de place à des candidatures d’ouverture, la coordination nationale du Front de gauche met en danger l’avenir de notre rassemblement etrisque de compromettre d’éventuelles conquêtes aux européennes ainsi que la réélection des députés sortants ».

Nous voulons continuer de construire un Front de gauche ambitieux, ouvert, élargi, rassembleur, dont le pays a besoin. C’est pourquoi nous ne pouvons approuver un « accord », qui a pu être qualifié par Pierre Laurent lui-même de « mauvais accord », avec trois têtes de liste pour le PG, deux têtes seulement pour le PCF, rejetant la tête de liste communiste dans le Centre-Auvergne, une tête de liste pour Ensemble et une tête de liste en Paca pour une candidature citoyenne issue de la société civile.

Les communistes et leurs apports doivent être respectés, en paroles et en actes.

C’est pourquoi, dès à présent, le Parti communiste doit développer son autonomie de propositions et d’initiatives dans la bataille des élections européennes, en mettant en avant les enjeux de fond concernant les objectifs sociaux, les moyens financiers et les pouvoirs. C’est une condition indispensable pour que le Front de gauche mène une campagne efficace et rassembleuse à gauche, avec sa nécessaire réorientation.

Par les économistes du PCF : Paul Boccara, Frédéric Boccara, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Nicolas Marchand et Catherine Mills.

  • "Dans sa forme actuelle, le Front de gauche ne fait pas envie" par Alain Hayot

Les résultats des élections municipales constituent un véritable tournant historique. La gauche y a subi une de ses pires déroutes électorales et la droite en profite pour reconquérir le terrain local avec la complicité de l’extrême droite, qui confirme son inscription durable dans le paysage politique. L’abstention, enfin, exprime un double rejet de l’austérité et du système politique.

Aucun des trois courants de la gauche française n’a échappé à la sanction, même si le PS subit un Waterloo électoral qui en annonce d’autres à venir. Le Front de gauche et les Verts limitent les dégâts. Mais chacun de ces pôles est désormais confronté à des interrogations fondamentales sur son avenir, sur son projet et sur ses alliances. La réponse de François Hollande avec la nomination de M. Valls à Matignon, de J.-P. Jouvet à l’Élysée et J.-C. Cambadélis à Solferino est claire : il continue dans la même voie avec des arrière-pensées de plus en plus lisibles de recomposition de sa majorité.

Austérité et autorité sont désormais les deux mamelles de sa politique.Trois tendances majeures se dégagent de ces résultats. Elles exigent de la gauche anti-libérale une réflexion nouvelle et une remise en cause des évidences qui ont conduit à reproduire mécaniquement des schémas qui ne fonctionnent plus.

La première tendance, c’est l’ampleur de l’abstention qui renvoie non seulement au rejet de l’action gouvernementale mais à l’ensemble du champ politique et au système institutionnel qui en est la traduction. Force est d’admettre que la gauche de transformation sociale, le PCF et le Front de gauche en particulier, subit aussi les effets de ce rejet. Nous devons donc considérer que l’ambition de refonder la politique, la République et la démocratie par une révolution citoyenne n’est pas un combat second mais qu’il devient autant central que l’action sociale, si nous voulons être audibles et reconstruire une nouvelle conscience de classe. Cette ambition repose sur notre capacité à reconquérir une hégémonie culturelle fondée sur d’autres valeurs que celles qui dominent l’air du temps.

La deuxième tendance, c’est la rapidité avec laquelle s’opère la recomposition entre la droite et l’extrême droite, parfaitement illustrée par la porosité galopante entre les électorats UMP/FN. Elle s’appuie sur une vision commune de la société qui associe désormais les ultraconservateurs, les néopopulistes et même les libéraux. Certains faits sont éclairants : pour la première fois, les triangulaires ont largement profité à la droite, et même parfois au FN comme le montre son élection dans les 13e et 14e arrondissements de Marseille. Il est de plus en plus difficile de convaincre des électeurs de gauche de se mobiliser contre le FN avec le bulletin d’un PS discrédité.

L’électorat FN n’a pas hésité à voter utile en faveur de l’UMP quand l’adversaire était de gauche, comme à Aubagne. L’électorat UMP, lui aussi, n’hésite plus, comme à Hénin-Beaumont ou Béziers, à voter FN qu’il assimile à un parti de droite compatible avec ses valeurs. L’accélération de la recomposition à droite rend urgentissime une contre-oensive politique et idéologique contre le FN et plus largement contre la lepénisation des esprits.

La troisième tendance, c’est l’ampleur du rejet de la politique libérale, austéritaire et autoritaire, menée par l’exécutif socialiste. Nous en connaissons les raisons mais le Front de gauche n’apparaît toujours pas comme une alternative au social-libéralisme. C’est une question majeure qu’il faut désormais prendre à bras-le-corps. Je suis convaincu de la justesse de la stratégie de Front de gauche, mais je m’interroge sur ses contours et sa mise en mouvement. Le Front de gauche dans sa forme actuelle (cartel d’organisations), dans la cohérence de son projet (qu’oppose-t-il concrètement aux idéologies du coût du travail et de baisse de la dépense publique, ou bien encore à la dérive présidentialiste ou sur la laïcité... ?), dans l’image qu’il véhicule (trop force d’opposition et non de propositions, trop sectaire et pas assez susceptible de rassembler au-delà de lui-même des socialistes et des écologistes, des syndicalistes et des acteurs culturels, des féministes et des antiracistes...), bref le Front de gauche ne fait pas envie.

Notre tâche prioritaire est de l’ouvrir aux citoyen-e-s, à ce qui bouge dans le mouvement social et culturel et à toutes les composantes du peuple de gauche. Son ambition doit être d’engager un immense chantier de politisation alternative et de reconquête des esprits et des coeurs. C’est une entreprise de longue haleine, politique, idéologique et culturelle. Il nous faut donc l’entamer maintenant.

Alain Hayot, délégué national à la culture du PCF

  • "Ouvrir le débat sur notre rassemblement et ses objectifs" (Texte collectif)

La gravité de la situation politique et les difficultés du Front de gauche à apparaître aux yeux de nos concitoyens comme utile à la mise en oeuvre du changement auquel ils aspirent doivent nous conduire à ouvrir en grand, dès maintenant, le débat sur notre rassemblement et ses objectifs.

Au lendemain des élections municipales, le président de la République vient de confirmer un cap politique libéral et autoritaire qui rompt avec toutes les bases sociales et démocratiques de la gauche. Le nouveau premier ministre s’en est fait le porteparole le 8 avril dernier, lors de son discours de politique générale. « Vérité, efficacité, confiance », nous dit Manuel Valls. Mais quelle réalité dissimulent ces trois mots ? Aucune vérité mais une succession de mensonges sur la nature de la crise, incriminant le soidisant « coût » du travail en lieu et place du coût exorbitant du capital. Aucune mesure efficace mais l’annonce de nouvelles exonérations massives de cotisations sociales dont on sait qu’elles n’auront pas d’effet positif et durable sur l’emploi et la croissance. Enfin, aucun acte de confiance mais bien la défiance envers notre peuple par un redécoupage autoritaire des territoires qui a pour seul objectif d’éloigner nos concitoyens des lieux de pouvoir.

Jamais l’idéologie néolibérale n’a été à ce point portée en France par un pouvoir politique se réclamant de la gauche. Et pourtant, jamais l’échec de cette idéologie n’a été aussi visible, comme en témoigne la dégradation accélérée de la situation économique et sociale de nombreux pays européens depuis l’explosion de la crise. La résignation et la colère devant un tel renoncement au progrès social et démocratique sont à la mesure de la souffrance humaine que cette politique engendre. Mais, aussi fortes soient-elles, elles ne conduisent pas automatiquement à rendre majoritaire le projet que nous partageons avec nos partenaires du Front de gauche. La radicalité et l’efficacité des propositions de notre projet « l’Humain d’abord » doivent s’accompagner d’une stratégie de rassemblement. C’est la nature de cette stratégie qui est depuis la création du Front de gauche, et singulièrement depuis l’élection de François Hollande, l’objet d’un vif débat au sein du Front de gauche et de ses composantes, qui s’est transformé ces derniers mois en une bataille de leadership illisible pour nos concitoyens.

Nous pensons que cette bataille pour le leadership du Front de gauche doit cesser au profit d’une entreprise collective de refondation de son ambition et de ses objectifs. Dans ce débat, nous récusons l’idée que la condition de l’efficacité et de la lisibilité de notre stratégie soit l’autonomie électorale. Notre erreur est précisément d’avoir progressivement fait du Front de gauche un rassemblement à visée principalement électorale. La première condition d’un rassemblement utile à nos concitoyens et capable de créer des convergences politiques fortes, c’est de respecter la souveraineté des composantes du Front de gauche sur leurs choix électoraux comme sur l’ensemble de leurs décisions. Les oukases à répétition de Jean-Luc Mélenchon doivent cesser ! La deuxième condition est de rompre avec une visée principalement électorale et de travailler à élargir notre rassemblement par la construction de fronts d’idées et d’actions sur des objectifs politiques précis (un plan de lutte contre la finance, un nouvel essor des droits sociaux et des services publics, un nouveau mode de production humain durable, de nouveaux pouvoirs d’intervention pour les travailleurs et les citoyens, refonder l’Europe...) afin de disputer l’hégémonie culturelle à la classe dominante.

Comment y parvenir ? Au moment où la défiance est maximale envers les partis politiques et où la gauche est éclatée, vouloir traiter la question de la participation citoyenne par l’adhésion directe à une nouvelle force politique n’est pas une réponse effi-cace. La clé de notre réussite réside au contraire dans notre capacité à multiplier les moyens de participer à la construction de l’alternative à gauche. De nouveaux espaces d’intervention populaire doivent être mis en place avec l’objectif de créer une nouvelle culture politique dans le pays. Cela nécessitera un travail de proximité par la création de milliers d’espaces dans les quartiers, les villages et sur les lieux de formation et de travail. Non des assemblées qui servent de tribune aux composantes du Front de gauche, mais des ateliers politiques en lien avec les luttes sociales pour reconstruire progressivement un lien de confiance avec les citoyens, les travailleurs, les jeunes de notre pays et coélaborer avec eux un projet alternatif de gauche.

Nous proposons que, dans le prolongement de la marche du 12 avril, le PCF soit à l’initiative d’états généraux de la gauche, coorganisés avec nos partenaires du Front de gauche et toutes les forces syndicales, associatives, politiques et citoyennes qui le souhaitent, pour initier ce processus dans le pays et travailler dans la durée avec notre peuple et le monde du travail à la redéfinition d’un projet de gauche et à des (re)conquêtes sociales et démocratiques immédiates.

Pour améliorer la vie de nos concitoyens, le Front de gauche doit renouer avec l’ambition d’un front progressiste et citoyen que le PCF proposait dès son congrès de 2008, c’est-àdire « oeuvrer à ce que des millions de femmes et d’hommes, divers par les courants de pensée dans lesquels ils se reconnaissent, par les organisations politiques et sociales dont ils se sentent proches, soient su samment unis et résolus pour rendre incontournables des changements dont ils auront acquis la conviction qu’ils sont indispensables ». Au lendemain des élections européennes, le Front de gauche sera face à un choix : soit relancer la bataille de leadership en vue des prochaines échéances électorales, notamment de l’échéance présidentielle, soit refonder notre rassemblement pour créer une dynamique politique capable de rendre majoritaire un projet alternatif de gauche. Ce dernier choix est notre ambition et nous la mettons aujourd’hui en débat.

Signataires : Éliane Assassi, sénatrice de la Seine-Saint-Denis ; Alain Bache, secrétaire départemental du PCF des Landes ; Lydie Benoist, membre de la coordination nationale du PCF ; André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme ; Pascal Joly, membre du Conseil national du PCF ; Cédric Lattuada, secrétaire départemental du PCF de la Marne ; Danielle Lebail, secrétaire départementale du PCF du Rhône ; Didier Le Reste, membre du Conseil national du PCF ; Julie Meunier, secrétaire départementale du PCF de Meurthe-et-Moselle ; Yannick Monnet, secrétaire départemental du PCF de l’Allier ; Hervé Poly, secrétaire départemental du PCF du Pas-de-Calais ; Marine Roussillon, membre du comité exécutif national du PCF ; Aymeric Seassau, secrétaire départemental du PCF de la Loire-Atlantique ; Igor Zamichiei, secrétaire départemental du PCF de Paris.

L'appel de Pierre Laurent au rassemblement et à la construction communne.

« J’appelle les forces vives de notre peuple, les forces vives de la gauche sociale, politique, syndicale, culturelle, intellectuelle à se ressaisir. Je les invite à se rapprocher, à parler, à redéfinir ensemble les objectifs d’un nouveau cap politique à gauche, à décider d’agir ensemble pour imposer le retour à ces choix. Je leur lance à toutes et à tous un appel solennel au rassemblement et à la construction commune. » Extrait du discours du 3 avril 2014.

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 14:52
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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 15:51
C’est sur un ton grave, presque solennel, que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a appelé, jeudi 3 avril, l’ensemble des « forces vives » de la gauche et, au-delà, celles du peuple français, « au rassemblement et à la construction commune ».
Après la déroute des municipales, il les invite à se « ressaisir » et à « se rapprocher », afin de « redéfinir ensemble les objectifs d’un nouveau cap politique à gauche, à décider d’agir ensemble pour imposer le retour à ces choix ».
Devant les journalistes invités pour l’occasion au siège national du PCF, à Paris, le dirigeant communiste s’est adressé « aux travailleurs de toutes conditions, aux jeunes, aux abstentionnistes qui ne se reconnaissent plus dans le pouvoir actuel mais se reconnaissent dans les valeurs d’égalité, de justice, de fraternité de la gauche », et aussi « aux socialistes qui ressentent […] douloureusement le désastre en cours, aux écologistes qui viennent de décider de sortir du gouvernement », pour leur proposer de « reconstruire une feuille de route partagée, une ambition commune, l’espoir d’une alternative politique à gauche ».
Pour Pierre Laurent, « la situation est grave et insupportable parce que les allertes lancées par nos concitoyens continuent d’être ignorées, méprisées », François Hollande ayant décidé de « tourner le dos à ses électeurs » de 2012 en nommant Manuel Valls à Matignon pour qu’il amplifie la politique condamnée dans les urnes.
Un « camouflet de plus infligé aux attentes populaires », estime le secrétaire national du PCF, qui invite les citoyens et les forces de gauche à « refuser le pacte de responsabilité imposé par le Medef » pour reconstruire de « nouvelles politiques d’emploi, de formation, de service public, […] de grands programmes de relance de l’investissement public », imposer « l’ouverture de grandes conférences sociales » sur la justice fiscale, les salaires et les minima sociaux, et « engager le bras de fer contre les orientations ultralibérales européennes » 
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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 15:59

Une foule considérable a défilé ce samedi à Paris entre République et Nation pour protester “contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses”. Le rendez-vous unitaire fixé par la gauche altermondialiste a été un succès.

Des rouges en colère et des verts rouges de rage. C’est le visage de la foule bigarrée qui a défilé ce samedi 12 avril à Paris, pour la grande marche unitaire “contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses”, organisée à l’appel du Front de gauche, du NPA, de la gauche d’EELV, d’une multitude d’associations (DAL, Attac, Droits devant, l’Union nationale des sans-papiers…) et de syndicats (CGT, Solidaires, FSU, SNES…). Le rendez-vous fixé par la gauche altermondialiste a été un succès: ils ont été entre 25 000 selon la police et 100 000 selon les organisateurs à battre le pavé entre République et Nation. La “vague bleue” qui a emporté les municipales, et la nomination consécutive de Manuel Valls à Matignon n’y est sans doute pas pour rien. A l’approche des européennes (le 25 mai prochain), la gauche non-gouvernementale espère offrir une alternative convaincante aux électeurs, et repartir sur des bases unitaires, alors qu’aux municipales les composantes du Front de gauche étaient parties séparées.

“Il faut que la colère s’exprime”

Dans le carré de tête de la manifestation, Jean-Luc Mélenchon (PG) est apparu main dans la main aux côtés d’Olivier Besancenot (NPA), Pierre Laurent (PCF), Christian Picquet (Ensemble) et de responsables du Front de gauche. Alexis Tsipras, le leader de Syriza, la gauche radicale grecque, était également présent, comme l’ex-candidat à la présidentielle pour le NPA Philippe Poutou. Selon lui cette mobilisation a vocation à susciter une prise de conscience dans la population:

“On aimerait bien qu’un déclic se produise, que cette manifestation sonne le réveil du peuple de gauche. Il faut que la colère s’exprime, que l’on reprenne confiance en nous-mêmes, en nos propres forces. Nous avons besoin d’une victoire quelque part, pour que l’on prenne conscience que nous pouvons changer les choses. Une manifestation ne suffira cependant pas, il faut que l’on reconstruise une mobilisation sociale, un vrai mouvement de révolte et de contestation”.

Un vent de révolte a effectivement soufflé sur Paris cet après-midi. Chacun y est allé de son message. Ceux adressés à Valls et Hollande étaient particulièrement nombreux: “Envoyons Vallser l’austérité”, “Hollande mets la barre à gauche”, “Valls no pasaras”, disaient les pancartes. Le mouvement des “sans” a également fait entendre sa voix: “Chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires, avec ou sans papiers, solidarité!”. Le Droit au logement (DAL) a fait valoir ses revendications en réclamant l’application de la loi DALO (droit au logement opposable). Des militants d’Attac ont défilé déguisés en bagnards “condamné-e-s à l’austérité”. La convergence des luttes a pris quelque consistance.

“Il faut que l’on reprenne l’habitude d’être ensemble”

Philippe Poutou s’en félicite, et soigne le message unitaire recherché à travers cette marche :

“Il faut que la population se retrouve là-dedans. Le problème c’est que nous sommes éparpillés, fragilisés, chacun dans notre coin bien souvent, avec des réflexes sectaires ou boutiquiers. Il faut que nous réussissions à dépasser cela, que l’on reprenne l’habitude d’être ensemble. Nous savons que nous avons des idées communes, que l’on peut s’entendre sur une plateforme programmatique, contre l’austérité, contre les licenciements, pour l’égalité des droits. Mais il est très importants que l’on recolle les morceaux pour y parvenir”.

Alors que la manifestation avait également pour ambition de reprendre la rue à la droite et à l’extrême droite, on entend derrière ce discours une nécessité d’union aux accents de front populaire.

Parmi les personnalités politiques présentes, certains écologistes d’EELV, qui avaient appelé à manifester contre “le productivisme et l’austérité”. Le parti écologiste était pourtant divisé sur cette participation. Bien qu’EELV soit sorti du gouvernement, et que 83% de leurs représentants se soient prononcés pour l’abstention au vote de confiance du nouveau gouvernement, Emmanuelle Cosse et Cécile Duflot par exemple avaient exprimé leurs réticences. Véronique Dubarry, adjointe EELV à la mairie de l’Île-Saint-Denis, était présente à la manif’: “Il y a des oppositions très claires au sein d’EELV, et des craintes que je peux comprendre. Mais je ne me considère pas comme étant à la manif’ de Mélenchon, je me considère comme étant dans une manif’ de gens de gauche qui disent “stop!”, cela me suffit”. Selon elle l’écologie et la lutte contre l’austérité s’articulent:

“La croissance comme dogme et comme réponse ultime et suprême est d’une débilité sans nom. Toutes les politiques d’austérité vont à l’encontre de ce qu’on pourrait faire en matière de transition écologique, de développement de nouvelles solutions. Les propos sur la désindustrialisation ne prennent pas en compte cette aspiration d’une partie des Français à une autre politique. Que les premières déclarations de Montebourg dans ses nouvelles fonctions soient liées à l’exploitation du gaz de schiste et à la réindustrialisation à outrance, cela prouve bien qu’il y a une incompréhension du projet écologiste, et de ce qui serait bon pour nous tous”.

Un peu plus loin dans le défilé ininterrompu de citoyens, un militant du PG arborait fièrement une pancarte affirmant: “le changement, c’est à Grenoble”.

La ville, remportée par l’écologiste Eric Piolle aux municipales sur une liste unitaire avec le PG et un réseau citoyen, fait office d’exemple à suivre. L’unité ce 12 avril a même débordé les espérances des organisateurs: l’économiste Liêm Hoang Ngoc, membre du bureau national du PS et député européen, était bras-dessus bras-dessous avec Jean-luc Mélenchon dans le carré de tête du cortège.

La “majorité alternative de gauche” à laquelle aspire l’autre gauche, encore embryonnaire, se dessine en tout cas à certaines occasions, comme lors de cette marche. A la “vague bleue” des municipales, la gauche altermondialiste a répondu ce samedi par une marée humaine rouge et verte. Reste à savoir jusqu’où elle ira.

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BRUNO FORNACIARI

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