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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 07:25
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Frédéric Boccara avec André Chassaigne et 54 autres personnes.
Un projet de loi présenté mercredi 1er février : un revenu pour tous et l'éradication progressive du chômage - la #SEF (sécurité d'emploi et de de formation)
Ce n'est ni un minima social, ni un travail obligatoire, ni le maintien à vie soviétique dans le même emploi, ni des formations bidon
Un système cohérent, mais progressif : 
(i) Des nouveaux pouvoirs face aux patrons (ii) Des moyens nouveaux face au capital et à la finance (iii) un objectif nouveau face à l'exploitation
On prend au sérieux les enjeux des nouvelles technologies ; la pression du capital et du patronat ; l'exigence de produire autrement de travailler autrement, avec un revenu meilleur et sécurisé, mais aussi de produire un revenu pour le distribuer
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 09:11

Avec 59,20 % des voix, il supplante nettement Manuel Valls au second tour de la primaire. L’ex-Premier ministre arrive en tête dans un seul bureau sur 34.

Un peu plus de 41 % des voix pour Manuel Valls, plus de 58 % en faveur de Benoît Hamon. On en était là hier soir vers 20 h, les 12 premiers bureaux de vote dépouillés sur 34. Le reste des résultats allait encore accentuer la tendance. A l'issue du second tour de la primaire de gauche, Benoît Hamon l'emporte dans les Deux-Sèvres avec 59,2 % des voix face à son concurrent, qui n'atteint pas les 41 %.

Un résultat sans surprise au vu du premier tour. Le 22 janvier, si l'on additionnait les seules voix de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, on dépassait les 55 %. La participation hier a été plus forte : 10.917 électeurs ont fait le déplacement, c'est 1.873 de plus que le dimanche précédent. Dans certains bureaux, ces nouveaux électeurs ont modifié la logique arithmétique des reports de voix. Sans que la donne globale en soit changée.

L'exception Cerizay

Seule exception à la vague rose vif : le bureau de Cerizay, le seul et l'unique à placer Manuel Valls en tête. Les 33 autres ont voté Benoît Hamon. Et la défaite est parfois cuisante pour le vaincu. A Niort-Michelet, en centre-ville, Manuel Valls dépasse à peine les 33 %. Le Mellois, lui, est particulièrement défavorable : 33,5 % au bureau de Celles-sur-Belle, 35,20 % sur Melle, 32,53 % à Brioux-sur-Boutonne. Le « vallsisme » n'a à l'évidence pas pris chez les électeurs de gauche dans les Deux-Sèvres. Significatif, aucun élu n'avait apporté son soutien public au candidat durant la campagne.

nr.niort@nrco.fr

 
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 09:42

En finir avec le chômage et l'insécurité sociale !

 

Les député-e-s du groupe Front de gauche déposent une proposition de loi de sécurisation de l’emploi et de la formation

 

► 5,8 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi fin 2016, un million de plus qu’en 2012. Des millions de « travailleurs pauvres ». Nous ne nous résignons pas !

► Notre jeunesse vaut mieux que la précarité à vie. Libérons nos vies quotidiennes de la flexibilité des horaires et des conditions de travail. Il y a urgence économique et sociale à mettre fin au fléau du chômage. Sécuriser un revenu pour chacun ? C’est possible mais seulement en sécurisant l’emploi et la formation !

► C'est l'emploi et la production des richesses dans l'entreprise qui permettent de distribuer des revenus. Pour sécuriser les revenus il faut éradiquer le chômage.

► Comment  fait-on ?
Au lieu de rejeter les travailleurs sur le « marché du travail », c'est-à-dire au chômage, créons les conditions pour que chacun puisse évoluer dans sa vie professionnelle, selon ses aspirations, sans perte de revenu et sans jamais passer par la case « chômage ».
C'est cela la sécurité d'emploi ou de formation que le PCF propose de construire progressivement. Dans le cadre d'un nouveau service public de l'emploi et de la formation, auquel chaque personne ayant fini sa scolarité serait affiliée de droit (comme pour la sécurité sociale), chacun pourrait alterner périodes de travail salarié et périodes de formation bien rémunérées, à la faveur d'une réduction générale du temps de travail.

 Et ça se finance comment ?
Ce n’est pas le coût du travail qui écrase les entreprises, c’est le coût du capital (dividendes versés aux actionnaires, intérêts payés aux banques et aux marchés financiers) !
Utilisons autrement l’argent public pour prendre le pouvoir sur le crédit bancaire et pour que l’argent des entreprises serve à financer des programmes de créations d'emplois et de formations qualifiantes, de recherche et d'innovation.

 

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 08:33
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:19

janvier 2017

"Cher Jean-Luc Mélenchon,
J'aurais 70 ans bientôt.
Pendant de nombreuses années j'ai été militant communiste.
J'ai commencé à travailler à 14 ans comme beaucoup de jeunes de ma génération.
Adhérent aux MJC dès l'âge de 14 ans, puis au PCF à 16, j'ai quitté le parti sous le secrétariat de Robert Hue.
Je suis resté très proche de mes camarades communistes avec qui je partage l'essentiel de l'analyse et tous leurs combats.
Autant dire que des luttes politiques, des campagnes électorales, des votes de raison (souvent à contre-cœur), j'en ai vécu quelques uns.
Fils de déporté-résistant, contrairement à vous, je n'ai jamais été admiratif de Mitterand et Jospin m' hérisse le poil encore aujourd'hui.
Malgré cela, dès mai 2016, j'ai soutenu votre candidature car elle me semblait la plus (et elle me semble toujours) rassembleuse et électoralement la plus efficace pour lutter contre les droites et les démagogues se réclamant de la gôôôôche.
En octobre-novembre, lorsque le PCF a eu à se prononcer sur ses choix pour la présidentielle, je n'ai pas voté bien entendu puisque je ne suis plus adhérent, mais j'ai pu, à leur invitation, m'exprimer devant mes camarades.
J'ai défendu l'option du nécessaire soutien à votre candidature. Vous connaissez le résultat du vote des communistes à ce sujet. Je ne fus qu'un petit maillon de la chaîne et j'en suis bien heureux.
Dans le corset de la V ème République, l'élection présidentielle et les élections législatives sont indissociables. (A noter que nous devons cette inversion « des normes » à l’inénarrable Jospin).
Indissociables, parce-que à quoi bon être président sans majorité forte pour atteindre les objectifs annoncés ?
Aujourd'hui je ne comprends pas votre attitude sectaire (je ne veux pas comprendre, cela serait trop désastreux) qui va à l'encontre de l'intérêt collectif et votre refus de négocier les candidatures de circonscription.
Au-delà de vos paroles rendant hommage aux communistes lors de vos différentes interventions, j'entends, je lis, ici et là de la part des Insoumis des propos anti-communiste indignes, même des plus incultes de vos recrues ceci est fort regrettable. 
Votre charte n'est valable que pour les Insoumis. Vous ne pouvez pas l'imposer à vos soutiens et partenaires .
Sauf à ne pas vouloir une majorité forte pour nous donner les moyens de nos engagements de campagne, vous ne pouvez pas continuer dans cette voie, au risque de perdre ce que nous avons eu tant de mal à construire.
Persister dans cette logique est suicidaire et la faute politique vous incombera.
Vous connaissez la discipline politique et l’honnêteté des communiste français. Ils ne trahissent pas, jamais. Mais se sont (nous sommes) des résistants dans l'âme et par conviction. Respectez nous.
A défaut, nos chemins divergeront et vous porterez le poids de la déception.
Au contraire, faisons en sorte de construire des candidatures fortes qui nous permettent de remporter le plus grand nombres de sièges possibles.
Bien fraternellement ,
Gil Boulanger."

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 07:17
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Published by bruno fornaciari - dans EUROPE PCF-FRONT DE GAUCHE
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 09:11

Lors de ses vœux, Pierre Laurent présente La France en commun

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a lancé lundi l'entrée en campagne des communistes pour la présidentielle et les législatives de 2017, en présentant leur programme, proche mais différent de celui du candidat que le parti soutient, Jean-Luc Mélenchon.

 

Pierre Laurent a évoqué son souhait d'un "rassemblement le plus loin possible" à gauche. (Sipa Press)

La France en commun, brochure de 72 pages à 2 euros, distribuée à l'occasion des voeux de Pierre Laurent lundi soir, ressemble fort à L'Avenir en commun, le programme de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise pour la présidentielle. Tous deux inspirés de L'Humain d'abord, le programme commun de 2012, ils ont notamment en commun la sortie de l'Otan, l'abrogation de la loi Travail ou encore le Smic à 1.700 euros.

Mais La France en commun est, selon Pierre Laurent, une manière, "seuls contre tous s'il le faut, [de mener] à égalité d'importance élection présidentielle et élections législatives". C'est "le pacte que nous proposons aux Français pour une nouvelle majorité parlementaire", a lancé lundi soir le secrétaire national communiste.

Quid des investitures aux législatives?

A plusieurs reprises, Pierre Laurent a évoqué, dans son discours, son souhait d'un "rassemblement le plus loin possible" à gauche, qu'il a tenté en vain de concrétiser pendant toute l'année 2016. Il s'agit de "déjouer" les candidatures de François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, une "machine à confisquer le débat pour que la France reste coûte que coûte dans les rails du libéralisme", a-t-il expliqué.

«Le PCF n'a aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle»

Se félicitant du choix des militants fin novembre de soutenir Jean-Luc Mélenchon plutôt que de présenter un candidat communiste, Pierre Laurent a vanté la "maturité", "l'honnêteté" et "l'intelligence collective" de son parti. Mais il a aussi rappelé que le PCF n'avait "aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle". "C'est une campagne de terrain que nous lançons, en déployant dans le concret notre conception de l'union et notre savoir-faire du rassemblement", a-t-il prévenu, annonçant une "grande initiative de lancement conjoint des campagnes présidentielle et législatives le 28 janvier, place de la République", à Paris.


 

Le PCF doit décider samedi ses premières investitures pour les législatives. Depuis six semaines que la décision de soutien à Jean-Luc Mélenchon a été prise, les équipes communiste et de La France insoumise ne se sont pas encore revues pour négocier les modalités de candidatures communes aux législatives.

mardi 10 janvier 2017

 
 
  

 

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Published by bruno fornaciari - dans PCF PCF-FRONT DE GAUCHE ELECTIONS
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 12:21

La gauche française doit arrêter « la machine à perdre » 

 

Par Pierre Laurent, dans le journal « Le Monde » du 07 septembre 2016

Depuis plusieurs mois, j’alerte sur les dangers de la division à gauche et sur le besoin de s’unir pour offrir une alternative au pays. Divisés, nous allons dans le mur. Tout le monde le sait, y compris les principaux acteurs de la multiplication des candidatures à gauche. Pourtant, le scénario de la dispersion tourne à plein régime. Bientôt il sera plus facile de trouver un candidat de gauche à l’élection présidentielle que des truffes cet hiver.

Lire aussi : Présidentielle : à gauche, tous désunis contre François Hollande Notre division fait le jeu des calculs politiciens et sans avenir de François Hollande et Manuel Valls, des ambitions d’Emmanuel Macron et des appétits de la droite et de l’extrême droite.

Pendant ce temps, le CAC 40met en selle ses candidats, et l’extrême droite marque chaque jour des points en Europe. Une partie des Français, dont bon nombre dans le peuple de gauche, ne sait plus pour qui elle pourrait voter et si même elle se déplacera, quand bien même le Front national accéderait au second tour. C’est dire l’étendue des dangers.

Rien n’est encore écrit

Sommes-nous à ce point devenus fous pour alimenter encore la machine à perdre ? La gauche française est-elle devenue la plus bête d’Europe pour jouer ainsi le jeu de sa propre défaite ? Je ne m’y résous pas. Rien n’est encore écrit.

Dispersés, sans projet ni pacte commun, nous perdrons tous. Ensemble, nous pouvons faire le pari de construire une dynamique populaire et citoyenne suffisamment forte pour relancer l’espoir et gouverner. Pour cela, nous ne devons pas laisser la mécanique infernale d’un régime politique en crise piéger la majorité des Français. L’espace de rassemblement politique à gauche existe et ne demande qu’à être investi. N’abandonnons pas les jeunes et les travailleurs à leur sort, les obligeant à départager des candidatures qui, unies, leur offriraient la perspective d’une réelle accession au pouvoir et un programme susceptible d’améliorer considérablement leurs conditions de vie.

Est-il encore temps ? Oui, si nous sommes réalistes. Si chacun croit pouvoir capter à lui seul l’affaissement du président sortant sans dynamique unitaire, tous se trompent. La désespérance est le meilleur atout de nos adversaires. Je ne demande à personne de s’effacer. Je connais les différences entre nous. Je propose de remettre en route la machine à rassembler. Que chaque force, chaque candidat qui veut l’alternative, commence à acter ce qui nous rapproche, à rendre le commun que nous partageons plus fort que ce qui nous éloigne. Une majorité sociale de changement existe dans notre pays. Elle a plus que jamais besoin d’une majorité politique.

Les mouvements sociaux du printemps contre la loi travail méritent une offre politique crédible, une candidature forte susceptible d’incarner les combats menés. Les divisions identitaires mortifères qui fragilisent notre pays appellent un front uni pour une nouvelle République.

La remise en route d’un projet de progrès a besoin d’une France engagée à l’échelle européenne pour sortir de l’austérité.

Entrer en bataille Emploi, République, finance, Europe, sur ces quatre sujets majeurs, François Hollande a failli. Sur ces quatre questions, nos propositions respectives peuvent jeter les bases d’un nouveau mandat, d’une autre majorité pour la présidentielle et les législatives.

Lutte contre la finance et l’évasion fiscale, relance des services publics et des investissements productifs, baisse du temps de travail, planification écologique, VIe République, sécurité d’emploi et de formation, nos concitoyens peuvent être les garants de ce mandat populaire.

Je n’ai pas la vocation à être la Cassandre de la gauche française qui annonce la défaite dans l’indifférence générale.

L’attente est trop grande pour laisser faire. J’appelle tous ceux qui refusent le scénario du pire à entrer en bataille et à faire monter cette injonction aux oreilles de tous les responsables politiques de gauche : on vaut mieux que ça !

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 18:02

Discours que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a prononcé aujourd'hui à l'occasion de l'hommage rendu à Georges Séguy:
"Chers amis, chers camarades,

C’est avec une grande émotion que je rends hommage aujourd’hui devant vous à la mémoire de Georges Séguy. Je veux d’abord, au nom des communistes français, adresser mes pensées les plus fraternelles à sa famille, à ses enfants, et à ses petits-enfants. Nous partageons votre peine ainsi que celle que ressentent tous ses camarades de lutte ici réunis pour saluer sa mémoire, celle d'une grande figure du mouvement ouvrier. J’adresse mon salut à tous les syndicalistes qui viennent de perdre un frère de combat, et en leur nom à Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT qui nous accueille ici.

L’hommage qui nous rassemble, dans cette agora du siège confédéral de la CGT, est exceptionnel et singulier, mais finalement aussi naturel que le fut l’engagement de Georges tout au long de sa vie. Un engagement dans lequel militantisme politique et syndical ne se confondaient pas mais formaient un tout, solidement ancré dans un seul et même désir de justice.

La dernière fois que j’ai croisé Georges, c’était au congrès de la CGT pour le départ de Bernard Thibault. Il était déjà affaibli, mais la poignée de main qu’il m’avait tendu s’était aussitôt éclairé de ses yeux rieurs. J’ai eu la chance de souvent croiser Georges dans ma jeunesse et je retrouvais là son humanité profonde, intacte.

Georges était un rire, un accent, un éclat de vie. Il était un homme bon, bienveillant et chaleureux. Il cultivait la joie de ceux qui ayant connu les ténèbres chérissent la lumière. Il aimait la vie, ses joies du quotidien comme ses grands desseins. Il était un homme simple, un homme du peuple, un ouvrier, qui sait que le bonheur est une émancipation collective.

Je garde de mes rencontres avec Georges le souvenir de moments conviviaux, de repas toujours partagés avec bonheur aux côtés de sa femme Cécile, où les discussions politiques sérieuses étaient immanquablement pimentées de traits d'humour et de camaraderie. Encore adolescent, j'ai souvenir de parties de pêche où la rigolade se mêlait aux silences qu'impose l'espoir d'une belle prise. Georges était un communiste du présent, qui vivait sans attendre la fraternité et la chaleur humaine. Au fond comme l’a écrit le grand poète turc Nazim Hikmet, il était communiste des pieds à la tête, pleinement communiste.

L’humanité pour tous, il en a fait le combat d’une vie. Il fut, chacun le sait, très tôt et durant presque trois décennies, un éminent responsable de notre parti. Membre du bureau fédéral de la Haute-Garonne dès 1946, il entra en 1954 à l'âge de 27 ans au Comité central puis au Bureau politique en mai 1964. Mais il en fut surtout un militant qu’il resta toute sa vie, y compris ces dernières années et ces derniers mois dans le Loiret, cultivant un attachement affectif à notre parti, lui qui dès son retour des camps du concentration, affaibli et ne pesant plus que 38 kilos, proposa le jour même, ses services au Parti Communiste Français.

Dans ses mémoires, il écrit « Si au fil de ma vie, j'ai pu, de simple ouvrier que j'étais, issu d'une famille modeste, accéder à des connaissances telles qu'elles m'ont permis de jouer un rôle responsable au sein du mouvement ouvrier, si j'ai pu élever mes connaissances dans divers domaines économique, politique et culturel, c'est de toute évidence à mon parti que je le dois. C'est sans doute grâce à lui que j'ai pu échapper à l'enfer des camps de concentration. ». La fraternité et la solidarité des camarades, il l'avait éprouvé à Mauthausen, quand, à bout de force, il avait réussi à survivre grâce aux sucres volés par ses compagnons de camp, eux-même affamés, qui n'avaient pourtant jamais pris un morceau pour eux. Georges Séguy vivait le communisme dans sa chair, comme un idéal de société bien sûr mais aussi comme un rapport concret au temps présent, comme une matrice de compréhension du monde.

Souvent pris à parti par ses opposants pour son double engagement syndical et politique, il y répondait sans complexe de la façon la plus naturelle qui soit. Lui, le dirigeant communiste de premier plan défendit avec ferveur l'indépendance syndicale, et aimait à répéter, je cite, qu’il « ne considérait pas que pour être un bon militant syndical il faille forcément être militant du Parti communiste ». Mais chez lui, indépendance syndicale ne signifiait pas prise de distance avec la politique. Il ne confondait pas ses engagements politique et syndical, mais ne les dissociait pas non plus. Pour lui, l’indépendance était en quelque sorte la garantie de protéger l’autonomie en toutes circonstances du mouvement ouvrier pour la défense des droits des travailleurs.

S'il défendait l'indépendance syndicale, il pourfendait donc l'apolitisme, et plaidait pour la politisation du monde ouvrier et de l'ensemble des travailleurs. Là encore, il n’avait pas en tête le ralliement à un parti ou à une idéologie, mais d’abord l'engagement dans la vie sociale, l'évolution de l'esprit de responsabilité, et plus généralement la plus grande participation des salariés à la vie du pays.

Georges Séguy tenait en haute estime la démocratie au sens le plus profond, le pouvoir de tous, par tous et pour tous. Il était un homme du peuple qui malgré ses hautes responsabilités ne s'était jamais éloigné du terrain. Il était convaincu qu'il fallait toujours partir du revendicatif pour se prononcer sur les grandes questions politiques. Sa vision de l'engagement militant reposait sur de fortes exigences démocratiques. Pour lui, la démocratie était la clé. Il était convaincu que c'est en libérant l'initiative et le débat que nous réussirions en emporter avec nous le plus grand nombre. Il savait qu'en nous ouvrant nous ne nous perdrions pas, bien au contraire. Faisant preuve d’une grande intuition politique, comme cette nuit de mai 68 où il comprit qu’il fallait engager la CGT dans ce combat qui dès lors changea de nature pour devenir l’un des plus grands affrontements de classe du XXème siècle, il fut souvent en avance sur son époque, un novateur à qui le futur donna raison.

Me préparant à cet hommage, j ai souvent pensé à lui dans les allées de cette dernière fête de l’Humanité, où l’on questionnait un peu partout «ce que demande le peuple», et où les syndicats dans l’unité venaient débattre des alternatives sociales à opposer à la logique libérale de la loi El Khomri. Il aurait été fier, je crois, de cet engagement militant, portant fièrement, dignement les valeurs de combat à la face d’un monde qui veut nous réduire à la peur et nous diviser.

Georges Séguy était un rassembleur infatigable, conscient que l'unité de la classe ouvrière, de tous les travailleurs, lui qui très tôt prit la mesure des bouleversements du monde du travail, était indispensable à toute avancée majeure de civilisation. Il savait aussi le prix de cette unité sur le terrain politique, participant de tous les appels à l'union des forces de progrès pour proposer une alternative au pays, engagé là où il vivait dans l’aventure du Front de gauche. Il n’avait pas oublié l’amer goût laissé aux grévistes de mai 68 par les élections qui suivirent, faute que soient alors entendus les appels de son parti à la construction d’une réponses politique de progrès à la hauteur. A l’époque, l'anti-communisme et la peur séculaire de la classe ouvrière eurent raison de toute velléité de rassemblement ouvrant ainsi la voix au maintien aux affaires de la droite gaulliste. Ce ne fut que partie remise dans les années 70 qui suivirent; celles du programme commun, mais en 68 quelle occasion manquée, quel champ laissé aux tenants de l'ordre établi.

En son temps, Georges Séguy fut aussi confronté à la montée du repli nationaliste et du racisme lors de la guerre d'Algérie. A cette époque grandissait chez une partie des ouvriers des relents de haine et de xénophobie sur fond d'Algérie française. Il mena le combat sans relâche pour la liberté du peuple algérien. Il avait connu l'humiliation suprême dans les camps, celle d'être rabaissé, nié, insulté, sans pouvoir riposter et ne pouvait supporter le traitement dégradant qui était fait aux immigrés. Pendant les 30 années vécues dans son modeste HLM de Champigny aux côtés des masses de travailleurs portugais entassés dans des bidonvilles, il savait mieux que quiconque combien la division des travailleurs, Français et immigrés, sert toujours le patronat.

Il récusait la guerre avec la même force. Après son départ du secrétariat général de la CGT, il s'engagea pleinement dans le combat pacifique en devenant l'initiateur d’un appel de 100 personnalités pour le désarmement nucléaire en Europe. En plein regain de tension Est/Ouest, en pleine course aux armements, plusieurs centaines de milliers de personnes défilèrent à Paris grâce à cet appel qui marqua les années 80. C’est son combat que nous poursuivrons les 24 septembre dans les marches pour la paix alors que la guerre étend à nouveau un peu partout ses ravages.

Georges Séguy a toujours eu un coup d’avance. Lui qui fut le plus jeune en tout, savait mieux que quiconque l'importance d'ouvrir les voix de l'émancipation à la jeunesse de France. Il raconta d'ailleurs qu'il lança un goguenard « il faut faire confiance à la jeunesse » à ses camarades qui lui confessaient leur peur qu'il parle suite à son arrestation par la Gestapo. Et il conclut son ultime discours à la tête de la CGT lors du congrès de Lille par un vigoureux « envahissez-nous » lancé aux jeunes de notre pays. Aujourd’hui, pour faire vivre son message, c’est à notre tour de faire confiance à la jeunesse qui a envahi les mobilisations contre la loi travail.

Georges Séguy est parti au terme d'une longue et riche vie. Il fut un acteur de son temps et un artisan du futur. Nous lui devons beaucoup. Il fut de ses hommes et femmes qui portent en eux toute l'humanité et les espoirs enivrants de lendemains qui chantent. Son visage jovial et ses yeux rieurs reflétaient toute la dignité et la fierté de la classe ouvrière. Puissent son courage exemplaire et sa confiance en l'Homme nous porter toujours en avant.

C’est ce qu’il aurait voulu, j’en suis sûr. Que rien ne vienne freiner nos ardeurs pour préparer toujours et sans relâche « des jours et des saisons à la mesure de nos rêves ».

Je vous remercie."

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 20 septembre 2016.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 11:30

Une refondation de l’Union europénne pour une souveraineté populaire sur l’argent

MARDI, 28 JUIN, 2016

L'HUMANITÉ

Une tribune de Frédéric Boccara, Yves Dimicoli et Denis Durand Économistes, membres de la commission PCF

Le vote d’une majorité de Britanniques pour sortir de l’UE souligne le besoin urgent d’une refondation de la construction européenne. Il résulte pour une large part de la souffrance de ce peuple face aux politiques de baisse du coût du travail et de privatisations. Ce nouveau choc révèle l’ampleur du désaveu populaire vis-à-vis de l’Union européenne (UE) néolibérale et des dirigeants nationaux qui, au mépris de plusieurs alertes, ont persisté dans leur soumission aux injonctions des marchés financiers.

Ce sont ces politiques qu’il faut maintenant vraiment rejeter et changer ! Les peuples ont été dépossédés de toute maîtrise de leur devenir. Leur argent, celui des banques et de la Banque centrale européenne (BCE), alimente les « panzers » de l’austérité, avec un seul mot d’ordre : accroître les profits. La perspective immédiate au Royaume-Uni, c’est : encore plus d’austérité avec le danger d’une nouvelle récession, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société. Une nouvelle crise financière couve dans toute l’Europe.

Ces catastrophes économiques nourrissent la catastrophe politique, avec le rejet des étrangers, la montée de l’extrême droite en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Allemagne et en France, selon les mêmes mécanismes qui ont permis aux forces les plus réactionnaires de gagner une majorité de Britanniques au vote pour le Brexit. On sait où peut mener un déchaînement de la xénophobie et des nationalismes.

Lutter sans attendre pour une refondation radicale de la construction européenne est donc indispensable.

Les objectifs tant vantés de paix et de prospérité sur le continent doivent cesser d’être contredits par les moyens avec lesquels les gouvernements prétendent les atteindre : concurrence libre et non faussée, monnaie unique monopolisée par les marchés financiers via une BCE à leur service, fuite en avant fédéraliste éloignant sans cesse davantage les décisions des citoyens. C’est la BCE qui, sur l’injonction du grand capital allemand et du fait de la lâcheté de dirigeants politiques comme François Hollande, a foulé aux pieds la volonté démocratiquement exprimée du peuple grec et de son gouvernement.

De l’autre côté, les nationalistes de tout poil occultent le cœur du sujet – la dictature de la finance – et proposent une véritable union sacrée de chaque nation derrière sa bourgeoisie prétendument nationale. Ce serait une folie. Cela lancerait les différents peuples européens dans un nouveau stade de guerre économique intra-européenne.

Nous souffrons du même ennemi : cette finance, qui n’a de cesse d’attaquer l’emploi, de délocaliser et de soumettre les services publics.

Nous savons donc où il faut frapper en priorité. En France, cela commence par le retrait immédiat de la loi El Khomri et le choix d’un budget de soutien à l’activité, à l’investissement efficace, ainsi qu’aux services publics. En Europe, il faut un programme de soutien des dépenses – pour les services publics, la protection sociale – et de l’emploi. Cela exige de mettre en cause le pacte de stabilité budgétaire, verrou des politiques d’austérité. Tout de suite, l’action de la BCE doit changer.

Le pouvoir de la BCE est immense car il porte sur l’utilisation de l’argent des Européens ; il est dans les mains des marchés financiers. La BCE a réduit ses taux d’intérêt à zéro, mais sans changer les critères de distribution du crédit ; elle déverse 80 milliards d’euros chaque mois sur les marchés financiers en les laissant décider où va cet argent ! De là, la faiblesse et la précarité de la reprise de la zone euro, à laquelle le Brexit peut donner le coup de grâce.

Ce ne sont pas les marchés, ce sont les peuples qui doivent décider de l’utilisation de ces euros. Cette exigence s’exprime dans toute l’Europe, par exemple avec la campagne Money for people. Quatre mesures immédiates peuvent être prises.

Tout de suite, avec une partie de ces 80 milliards d’euros mensuels, la BCE doit donner un ballon d’oxygène aux services publics (santé, enseignement, logement, recherche…) dans toute l’Union européenne au lieu de soutenir à bout de bras les cours de Bourse ! C’est possible en créant un fonds de développement européen qui financerait aussi bien les États que les collectivités territoriales lorsqu’ils développent les services publics.

Tout de suite, une autre partie des milliards de la BCE doit servir à refinancer des crédits bancaires, mais seulement si ces crédits financent des projets répondant à des critères économiques (création de valeur ajoutée), sociaux (emploi) et écologiques.

Tout de suite, la BCE doit refuser toute liquidité aux banques si elles nourrissent la financiarisation, les délocalisations, l’évasion fiscale.

Cela demande de mettre en place dans l’urgence un suivi démocratique de l’action de la BCE et des banques centrales nationales qui, avec elle, forment l’eurosystème. Ce serait une pièce centrale de la refondation d’une Union de type confédéral entre peuples et nations libres, souverains et associés. C’est ce que la France devrait réclamer à la table des négociations européennes.

Il s’agit au total d’organiser le combat pour une souveraineté populaire sur l’argent et pour un tout autre modèle social et écologique en Europe.

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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