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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 09:19

Battre la droite et l’extrême droite

DIEGO CHAUVET DE L'HUMANITÉ DIMANCHE

VENDREDI, 27 MARS, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

Les résultats du premier tour annoncent une passe difficile pour la gauche au second. Difficile, mais pas impossible si elle sait se rassembler contre la droite et l’extrême droite. Le FN, lui, s’enracine davantage dans le paysage politique, même s’il n’est pas le premier parti de France comme annoncé durant la campagne. Quant à Nicolas Sarkozy, il va tenter d’exploiter ce modeste succès de l’UMP-UDI ...

La gauche est-elle en mesure d’éviter une lourde défaite dimanche prochain ? La situation créée par les résultats du premier tour ne lui offre que deux alternatives: battre la droite et l’extrême droite. Après le scrutin du 22 mars, la gauche et tout particulièrement le PS sont en difficulté. Le PS est en effet éliminé de plus de 500 cantons dès le premier tour. Il risque de perdre des bastions historiques comme le Nord et le Pasde-Calais. Dans l’Essonne, sa situation est très incertaine. Dans nombre de cantons, des binômes droite et FN s’affronteront. Dans de plus rares cas, ce sont des candidats de gauche qui devront affronter l’extrême droite. Et dans cette configuration, l’UMP a déjà une position officielle: ce sera le « ni-ni » de Nicolas Sarkozy, soit ni FN ni PS, en contradiction avec la position des centristes de l’UDI. À gauche en revanche, la position est différente.
Les responsables socialistes ont déjà annoncé qu’ils appelleraient leurs candidats à se désister (lorsqu’ils sont qualifiés pour le second tour) en cas de risque de victoire du FN, ou à voter contre le parti d’extrême droite dans les cantons où la gauche a été éliminée. Au PCF également, la consigne était claire dès dimanche soir: le 29 mars, il faudra battre la droite et l’extrême droite. Et dans les triangulaires où la gauche est qualifiée, c’est la règle du « désistement républicain » qui sera en vigueur.
Les candidats de gauche les mieux placés devront obtenir le soutien des autres formations de la gauche.
Dans le Val-de-Marne, l’Allier, la Seine-Saint-Denis ou encore l’ Essonne, cette mobilisation peut permettre à la gauche de l’emporter.

LE FN AU PLUS HAUT ?
Car le FN est bien placé à l’issue du premier tour pour enfoncer le clou le 29 mars, et accentuer le séisme politique que son ascension a déclenché.
Son score de 25 % au niveau national peut lui permettre de l’emporter dans plusieurs départements: notamment l’Aisne, l’Oise, le Vaucluse, le Var ... Il remporte d’entrée de jeu 6 élus au premier tour: deux dans le Var, à Fréjus, deux dans le Vaucluse, à Avignon. Dans ce même département, les électeurs du canton d’Orange n’auront le choix qu’entre deux binômes d’extrême droite ... Au total, le FN est en tête dans 327 cantons et 43 départements.

DANS LES TRIANGULAIRES OÙ LA GAUCHE EST QUALIFIÉE, C’EST LA RÈGLE DU « DÉSISTEMENT RÉPUBLICAIN » QUI SERA EN VIGUEUR.
Le pourcentage de voix du parti d’extrême droite reste stable par rapport aux élections européennes.
S’il ne se hisse pas comme le « premier parti de France », ainsi que l’ont annoncé les instituts de sondages et les grands médias, il occupe toute de même la deuxième position au niveau national, derrière l’union des droites et devant le PS. Surtout, il s’enracine au niveau local, ce qui fait planer une installation dans la durée de son rôle nuisible dans la vie politique. L’an dernier, il avait déjà conquis 14 mairies aux municipales.
Et sur ces territoires d’expérimentation, il confirme son enracinement.
Le cas du Pontet dans le Vaucluse est révélateur: le maire FN, pourtant invalidé, s’est fait élire le 22 mars dès le premier tour. La perspective de l’élection d’autres conseillers départementaux permettrait au FN de se tisser un important réseau d’élus locaux qui renforcerait son poids au niveau national, dans la perspective des élections régionales ... et de la présidentielle de 2017.

AU PS, ON NE CHANGE RIEN, ON CONTINUE!
Dans ce contexte, au soir du premier tour, les socialistes ne semblent pas vouloir bouger d’un iota la ligne qui est la leur. Dès l’annonce des résultats, le premier ministre Manuel Valls a relativisé la défaite de son parti. Le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, est allé encore plus loin: selon lui, le résultat du 22 mars prouve que « les thèmes portés par les socialistes se retrouvent confortés après le premier tour » (sic). Pour Manuel Valls, c’est le score du FN qui semblait être l’enjeu principal de cette élection.
« Ce soir, les formations républicaines ont tenu leur place. » Et d’ajouter: « Je m’en félicite, car je me suis personnellement engagé.
Quand on mobilise la société, quand on mobilise les Français, ça marche. » De ce satisfecit très personnel, il n’y a qu’un pas pour que le premier ministre le transforme en chèque en blanc pour suivre son cap politique, en faisant semblant de n’avoir rien entendu. Lors de son intervention, il n’a d’ailleurs rien dit du contenu de sa politique. « Le total des voix de gauche est l’équivalent de celui de la droite. » Fermez le ban ? Le premier ministre s’est contenté d’un appel aux « républicains». De la part du gouvernement comme de la direction du PS, aucun message n’a été adressé aux nombreux électeurs de gauche qui ne se sont pas déplacés pour voter, déçus par les revirements du pouvoir depuis 2012.

FEU SUR LES « DIVISIONS DE LA GAUCHE »
Les autres formations et candidats de gauche, en revanche, ont été visés et pointés comme responsables de cette défaite « relative »... Dès dimanche soir, le premier ministre comme le premier secrétaire du PS ont désigné un coupable: la division de la gauche. Entendons la multiplication de candidatures à la gauche du PS. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, est parmi les premiers à sortir l’argument massue. « C’est la division qui va nous empêcher d’être présents au second tour dans un certain nombre de cantons », lâche l’exprésident de la Seine-Saint-Denis.
La direction du PS n’a plus qu’à embrayer. Jean-Christophe Cambadélis appelle « les partis de gauche à faire bloc » pour le second tour, choix qu’ils ont déjà tous fait face à la droite et à l’extrême droite.
L’argument de la division fait encore fi de ce qui a créé ce fossé entre la gauche au pouvoir et les autres formations qui ont pris leurs distances avec le PS: la politique d’austérité du gouvernement, sa dérive à droite qui a provoqué jusqu’au départ de ses ministres écologistes et de l’aile gauche du parti à la fin de l’été dernier. En brandissant la menace de la gauche qui perd parce qu’elle est divisée, le gouvernement tente à nouveau de rallier tout le monde sous sa bannière sans discussion possible sur les contenus de sa politique. Et c’est justement en refusant d’entendre toute une partie de la gauche (et de son électorat) que le PS creuse davantage le fossé qui le sépare des organisations du Front de gauche et des écologistes d’EELV.
Au final, ce sont les électeurs de la gauche qui risquent de le payer.
Ainsi que le rappelait Pierre Laurent sur France 3 au soir du 22 mars, ce sont bien les familles du département de la Seine-et-Marne par exemple qui paieront l’addition du changement de majorité en faveur de la droite en matière de politiques sociales.

L’ÉMERGENCE D’UNE NOUVELLE GAUCHE ?
Avant le scrutin, les appels à voter pour les binômes du Front de gauche et d’Europe Écologie-les Verts devaient favoriser l’émergence d’une nouvelle gauche. Nombre de candidats ont avancé cet argument à leurs électeurs. Au final, cette alternative a-t-elle émergé ? Selon les nomenclatures choisies pour compter les voix de chaque camp, la réponse diffère quelque peu ... Ainsi, nombre de binômes du Front de gauche ont été classés « divers gauche » par le ministère de l’Intérieur, et donc retranchés du score des candidats Front de gauche ... pour être ajoutés à ceux du PS. Sur France 2, le PS a ainsi été donné au soir du 22 mars à 28 %, alors que le Front de gauche plafonnait sur la même chaîne à 6,5%. Quant à EELV, les médias parlent de quasidisparition: 2 % au mieux, toujours selon ce mode de comptage. Des chiffres qui ont permis à Claude Bartolone de clamer: « Il n’y a pas d’alternative à la gauche du PS, nous ne sommes pas la Grèce. » La réalité est un peu différente.
« Loin des chiffres annoncés par le ministère de l’Intérieur, la totalisation des candidatures soutenues par le Front de gauche s’élève à 9,4 % sur la métropole », déclarait le 23 mars le PCF dans un communiqué, après recomptage des voix de tous les candidats. « Sur 448 cantons où le Front de gauche et EELV étaient présents ensemble, la moyenne s’élève à 13,6 % », ajoute le PCF. S’il ne s’agit pas encore de la percée d’une nouvelle force politique, ces scores sont tout de même conséquents et « encourageants pour l’avenir » précise le PCF. EELV entre toutefois dans une période de fortes turbulences entre partisans de la construction de cette force alternative et ceux d’un éventuel retour des écologistes au gouvernement en cas de remaniement postélectoral. Le sénateur Jean-Vincent Placé a ainsi attribué le résultat de son parti (selon les comptes du ministère de l’Intérieur) à « une stratégie désastreuse». Le député EELV François de Rugy a également dénoncé les alliances avec le Front de gauche: « Quand la stratégie des écologistes est illisible, c’est l’écologie qui devient invisible. »


LA VICTOIRE TRÈS RELATIVE DE NICOLAS SARKOZY

Face à cette « défaite relative » du PS, à l’enracinement du FN, et à ces possibles recompositions au sein de la gauche, Nicolas Sarkozy a choisi d’entrer dans le costume du grand vainqueur de ce scrutin. Selon ses partisans, dès dimanche soir, c’est la stratégie de l’ex-président de la République sur le retour qui se retrouve ainsi validée. Alors que sa longue marche vers 2017 patine depuis son retour officiel en septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait besoin d’une victoire électorale de l’UMP pour se légitimer comme chef incontestable de la droite. Mais derrière sa posture du soir du premier tour se cache une autre réalité.
Compte tenu de l’alliance avec le centre et de l’impopularité du pouvoir, la droite aurait pu viser un score plus haut. Nicolas Sarkozy ne manquera toutefois pas de s’appuyer sur ce score pour imposer sa ligne. Ensuite, c’est un attelage UMP-UDI qui a atteint les 30 % le 22 mars. Ce qui n’est pas forcément la tasse de thé de l’ex-président mais plutôt la stratégie défendue par son principal rival, Alain Juppé: le rassemblement de la droite et du centre pour 2017. Du coup, la stratégie du « ni-ni » réaffirmée par Nicolas Sarkozy, qui fait grincer les dents à l’UDI et à des responsables de l’UMP, pourrait s’avérer contreproductive. Dans cet attelage qui s’est hissé en tête du premier tour, tout le monde n’est pas emballé par la stratégie de la droite décomplexée ... Si, pour le second tour, le ni FN ni PS de Nicolas Sarkozy ne s’avérait pas payant, comme ce fut le cas au mois de février pour la législative partielle du Doubs, le président du futur parti intitulé étrangeme n t « l e s R é p u b l i c a i n s » continuerait à patiner.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:06

Départementales : le PCF, le Front de gauche résistent

Le premier tour des élections départementales, malgré une participation en hausse de 6,5 points par rapport à 2011, reste marqué par une grève massive des urnes avec plus de 48,5 % d’abstentions. La défiance s’ancre plus que jamais. Les résultats des suffrages exprimés connus à cette heure confirment le risque d’un basculement massif des départements, annoncent une large victoire de la droite et de l’extrême droite, avec un niveau très élevé du Front national et un recul massif du total des voix de la gauche. Ce soir, la situation des forces de gauche en France est plus que critique. Dans de nombreux départements traditionnellement ancrés à gauche, les résultats ne laissent aucun doute quant à la profondeur de la crise politique. Le Parti socialiste recule nettement et la gauche ne sera pas présente au second tour dans de nombreux cantons. Ce soir, j’entends, nous entendons la colère, l’indignation, le dégoût qu’exprime ce vote comme cette abstention massive. Indignation et colère de toutes celles et ceux qui n’arrivent plus à vivre dignement, qui ont le sentiment quotidien d’être pris pour des imbéciles, qui voient les renoncements vis à vis des pouvoirs de la finance, des actionnaires du CAC 40, des oukases de l’Union européenne, les sacrifices qu’on leur demande au nom de l’austérité sans autre résultat que la montée du chômage et de la pauvreté, et qui, désarçonnés, ne savent plus dans quelle direction est l’espoir.

La confirmation de la percée du Front national est autant la conséquence de ce désarroi, de ce ras-le-bol généralisé que celle d’un long processus de banalisation de ses idées. Jamais avant un scrutin le FN n’avait été autant placé au centre du débat politique et médiatique. La droite et plus particulièrement Nicolas Sarkozy en ont été de fervents artisans, n’hésitant pas encore à quelques jours du scrutin à reprendre à leur compte des propositions du parti d’extrême droite. Mais, au-delà, tous ceux, médias et responsables politiques, qui favorisent cette banalisation et le danger qu’elle fait courir à la démocratie sont face à leurs responsabilités. Dans ce contexte, le Parti communiste avec le Front de gauche résistent. Les résultats des candidats du nouveau rassemblement avec d’autres forces de gauche et écologistes qui s’est dessiné à l’occasion de ces élections nous encouragent dans la perspective de la construction d’une alternative politique plus que jamais nécessaire au vu des résultats de ce soir. Toutefois, ses scores restent encore insuffisants et ne sont pas à l’évidence à la hauteur de la gravité de la situation et de la désespérance parmi la population.

Devant cette situation, j’appelle à une prise de conscience sans faux fuyant. Après les municipales et les européennes, le message envoyé par les Françaises et les Français est une nouvelle sanction claire et sans appel de la politique conduite depuis 2012. Restera-t-il une nouvelle fois sans réponse ? Entendre ce message des urnes, c’est changer de politique et sans attendre continuer d’agir et de rassembler pour cela. J’appelle à réagir avec force, d’abord dimanche prochain, lors du second tour, en ne laissant pas la catastrophe s’amplifier, en ne lâchant aucune nouvelle position à la droite et à l’extrême droite, en se donnant des points d’appuis pour l’avenir. Pas une voix ne doit manquer aux candidats présentés par le Front de gauche, le PCF et souvent d’autres forces de gauche et écologistes, en lice au second tour. Ils deviennent, je n’en doute pas, les candidats du rassemblement face à l’extrême droite ou à la droite. Chaque élu PCF et FDG sera un point d’appui pour résister aux politiques d’austérité, développer les luttes et les solidarités concrètes, et pour bâtir une perspective de changement populaire authentiquement de gauche.

Dans les autres cas où les candidats présentés par le Parti socialiste, EELV ou d’autres composantes de la gauche sont au second tour, j’appelle au rassemblement de toutes et tous face à la droite ou à l’extrême droite. La conquête de cantons et de départements au 2e tour par la droite et l’extrême droite ne peut qu’aggraver durement les conditions de vie déjà difficiles des populations. Leur objectif commun est d’aller encore plus loin dans l’austérité, la régression des protections sociales, la concurrence de tous contre tous, la réduction des dépenses et de l’emploi publics, la privatisation des services publics, la déconstruction des politiques de solidarité mises en place à l’échelle départementale par des majorités de gauche.

Dans les cantons où la gauche n’a pas réussi à accéder au second tour, j’en appelle à la responsabilité de chaque électeur. Par le bulletin de vote, nous avons le pouvoir de stopper la montée en puissance du FN et de déjouer le scénario du pire qui se dessine pour notre pays. Ce n’est plus une affaire de canton, ou de candidat plus ou moins pire qu’un autre. C’est une affaire nationale. Il est de notre devoir de femmes et d’hommes de gauche de tout faire pour empêcher la victoire de candidats du Front national dont le caractère haineux et raciste a clairement été démontré au cours de la campagne. Leur élection constituerait un obstacle majeur supplémentaire à toute alternative progressiste dans notre pays.

Enfin, et au-delà des résultats de ce soir, j’appelle à la construction d’une gauche nouvelle. Tous les efforts déjà engagés pour construire une autre voie à gauche doivent être amplifiés. Toutes les forces populaires et citoyennes du pays sont concernées. Toutes les forces de gauche sont interpellées. Personne ne peut dire, c’est les autres. L’heure est maintenant à la décision, à l’action, au sursaut, à la construction patiente et déterminée de la seule issue possible : la construction d’une politique et d’une majorité alternative, citoyenne et populaire à gauche, pour sortir de l’austérité et pour un projet social, solidaire et écologique. La politique du gouvernement, notre système économique et institutionnel sont à bout de souffle. La démocratie est menacée.

Il y a urgence. Le changement est inéluctable. Nous sommes plus que jamais décidés à y travailler.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 15:41

Départementales 2015 - L'incroyable promotion et banalisation du Front national doit cesser ! Le débat politique doit s'ouvrir

Conférence de presse « Départementales et FN »

Pierre Laurent – secrétaire national du PCF

Nous tenons cette conférence de presse pour dénoncer avec la plus grande vigueurle scandale anti-démocratique que constitue à ce jour la préparation des élections départementales des 22 et 29 mars prochains.

Ce qui se passe, c'est du jamais vu dans une élection nationale dans notre pays. Le 1er tour se tient dans 20 jours. Tous les Français sont appelés aux urnes. Or la plupart d'entre eux n'ont pour le moment accès à aucune information sérieuse sur le sens de ces élections.

A quoi assistons-nous ?

Une occultation totale des enjeux de ces élections départementales

Ces élections concernent pour la première fois tous les départements en même temps ; le mode de scrutin a changé, entraînant un important renouvellement des candidats et la présentation de milliers de femmes ; les cantons ont été redécoupés sans information des électeurs ; la réforme territoriale met en jeu le rôle et l'avenir, pourtant essentiels, des départements.

Cela mérite une grande campagne. Le Premier ministre, qui voulait supprimer les départements, semble redécouvrir leur importance. Très bien. Mais quelles conclusions en tire-t-on ? Malgré ces enjeux, les Français sont privés de toute information et débat sérieux pour forger leur opinion.

Nous demandons que soit corrigé ce déni démocratique dans les 3 semaines qui restent. Des débats d'ampleur nationale, avec la présence de toutes les sensibilités politiques, doivent être organisés en prime time sur toutes les antennes d'information

Le scandale est d'autant plus grand qu'en lieu et place du débat attendu se développe une incroyable promotion et banalisation du Front national au mépris du danger que cela fait courir à la démocratie et à l'unité nationale.

Matin et soir le poison de la haine du racisme, de la division et de la séparation des Français est distillé sans réaction. Au déni démocratique s'ajoute donc l'irresponsabilité politique.

Je dis stop à cette opération de banalisation permanente et continue. Et j'alerte sur les dangers qu'elle fait courir à la France.

J'appelle les électeurs, tous les citoyens engagés à divers titre dans la vie publique, les responsables politiques attachés à la démocratie, les médias, singulièrement les responsables des JT, des matinales, des émissions politiques, le CSA, à se ressaisir et réagir. Je demande que dans les trois semaines qui viennent soit mis un terme à l'insupportable inégalité de traitement qui voit le FN chaque jour promotionné tandis que beaucoup d'autres, au premier rang nos candidats pourtant je rappelle que nous présentons près de 6 100 candidats dans 1517 cantons, aussi nombreux que ceux du FN systématiquement ignorés ou interdits d'antenne. Je demande pour les responsables du PCF et du Front de gauche un accès égal aux grandes émissions politiques. (les chiffres des candidats)

Je demande que cesse la banalisation organisé du FN au prétexte du visage prétendument fréquentable dont il s'est affublé. Car, à travers lui c'est la banalisation d'une parole raciste libérée qui prospère.

Les déclarations ouvertement racistes relevées sur les blogs, Facebook ou autres moyens de communication de candidats FN sont trop nombreuses pour qu'on avalise leur caractère anecdotique. C'est le fond raciste du parti de Marine Le Pen qui remonte. Le climat qu'il entretient participe clairement à la multiplication des actes antisémites et islamophobes de ces dernières semaines. La banalisation en cours ne concerne pas que la parole raciste. La campagne de Robert Ménard sur le « nouvel ami » que constitue une arme est un irresponsable appel à la violence.

J'en appelle à la responsabilité de tous pour éclairer les Français et cesser de relayer la parole du FN qui minimise systématiquement tous ces faits gravissimes pour en fait les justifier.

Je m'adresse aux Français pour les alerter sur la tromperie qui s'organise contre leurs intérêts. Je dis aux ouvriers, aux employés, aux salariés de conditions modestes, aux familles populaires qui souffrent durement de la crise et ne supportent plus d'être pris pour des imbéciles par ceux qui ont le pouvoir et l'argent : le FN n'est pas votre nouvel ami, c'est votre meilleur ennemi. Ne vous laissez pas abuser, regardez les faits, regardez ce que vote le FN là où il a des élus, ce qu'il décide là où il gère une ville, ce qu'il déclare dans son programme. Ne vous abstenez pas pour laisser perpétrer ces dangereuses propositions.

Le FN a trois cibles prioritaires : les familles populaires, les services publics, les dépenses sociales des collectivités locales. Tarifs sociaux dans les cantines, aides sociales et solidarité, logements sociaux, culture et éducation, voilà où il frappe d'abord.

Son discours anti-immigrés est un cheval de Troie contre les droits de tous les salariés. Quant à la sécurité, son discours ce n'est pas l'ordre et la tranquillité publique, c'est la division, la haine, la guerre, c'est la fin du vivre-ensemble. Pas un hasard si ses amis internationaux s'appellent Poutine et Bashar el Assad, et si, après une pitoyable entreprise de brouillage il tape aujourd'hui à bras raccourcis sur Syriza. Pas un hasard s'il passe son temps à attiser les peurs et les tensions dans nos quartiers, ici en France.

J'en appelle à la mobilisation pour combattre ce danger. Rien aucune critique de la politique gouvernementale aussi légitime soit-elle, ne justifiera jamais à nos yeux la banalisation du FN. Le FN n'est pas une voie vers le changement, c'est le principal obstacle au changement car c'est lui qui distille de la manière la plus virulente le poison de la division parmi les forces populaires et nationales.

Le Parti communiste appellera clairement et toujours à faire barrage à toute élection d'un candidat Front national.

Je sais que beaucoup de Français disent : « alors que faire ? »

La solution n'est évidemment pas la droite qui cherche en espérant récupérer les voix du FN au second tour à conquérir le maximum de départements pour détruire les politiques publiques qu'il s'agit au contraire de défendre et de promouvoir dans l'intérêt du plus grand nombre.

Quant au gouvernement Valls il s'acharne à trahir les intérêts populaires, à imposer la loi Macron et l'austérité à tous les étages.

Ceux qui comme Nicolas Sarkozy ce matin continuent d'instrumentaliser dans un sens ou dans l'autre la montée du FN pour qui les débats de fond sont irresponsables.

Malgré ces obstacles, je le dis haut et fort aux Français, la voie n'est pas bouchée, le vote n'est pas bouclé. Il y a quelque chose d'utile à faire pour votre vie, pour l'avenir de nos départements et du pays dans ces élections.

Une gauche nouvelle est en train d'émerger dans le pays, une gauche qui dit non à l'austérité, à la précarité et à l'insécurité de nos vies, qui dit oui à la solidarité, au vivre-ensemble, aux politiques publiques de justice sociale que peuvent mettre en œuvre les départements.

Cette gauche nouvelle, celle qui voit désormais converger les communistes et le Front de gauche, des écologistes d'EE-LV, des forces comme Nouvelle donne, des socialistes qui refusent maintenant clairement les politiques Valls-Macron. Elle présente des candidats dans presque tous les cantons de France.

C'est à cette force nouvelle qu'il faut donner de la force et des élus dans les départements. En la faisant grandir dans les urnes le 22 mars, vous aiderez le pays à sortir de l'impasse. Vous vous donnerez de la force pour résister aux politiques d'austérité, pour conforter les politiques publiques de solidarité dont vous et vos enfants avez besoin, pour refuser tous les chemins de haine, pour construire la France du vivre-ensemble qui reste plus que jamais nécessaire.

Dans près de 200 cantons, elle peut être présente au second tour.

J'invite les Français très nombreux qui n'ont pas fait leur choix, qui s'apprêtent à s'abstenir, à se poser cette question le 22 mars : à qui donner de la force ce jour là ?, des candidats soutenus par le PCF, le Front de gauche et toutes les forces qui travaillent désormais avec nous à construire une voie nouvelle à gauche, sera, pour tous et le pays, la meilleure nouvelle qui puisse advenir.

Ce progrès est possible. J'appelle à déployer toutes les efforts nécessaires pour la court-circuiter dans les urnes le 22 mars.

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 18:21

PCF - Elections départementales 2015 - Contre la droite, l’extrême droite et l’austérité - L’espoir avec le Front de gauche et le PCF !
Mobilisés contre la droite, l’extrême droite et l’austérité, choix actuel du gouvernement Valls et des institutions européennes, les candidates et candidats présenté-e-s ou soutenu-e-s par le Front de gauche sont présents dans plus de 76% des cantons de France métropolitaine.

Cela fait du Front de Gauche la force de gauche la plus présente sur l’ensemble du territoire national.

En tant que candidate et/ou candidat titulaire, les communistes sont partis prenantes de plus de 80% des binômes présentés par le Front de Gauche. Le PCF contribue à plus de 57% des candidatures féminines de ces binômes.

Plus de 14% des candidatures soutenues ou présentées par le Front de Gauche se fait dans le cadre de binôme avec des titulaires Europe Ecologie Les Verts. 60% de ces binômes Front de Gauche et écologistes inclus une ou un titulaire issu-e- des rangs du PCF.

Un quart des binômes du Front de Gauche compte comme candidate et candidat, des femmes et des hommes issus des mouvements sociaux et de l’action citoyenne et associative.

Le PCF tient à dénoncer les manipulations du ministère de l’intérieur qui sous couvert d’étiquetage administratif des binômes, minore le nombre de candidats du Front de Gauche et du PCF en faisant disparaître les étiquettes politiques des candidats dans des catégories généralistes incertaines comme « divers gauche » ou « union de la gauche .

Tout cela avec l’objectif inavoué de camoufler un possible recul du PS, de minimiser le score du Front de Gauche et de survaloriser celui du FN.
C’est pourquoi le PCF publiera ses propres totalisations nationales des forces politiques au lendemain du 1er tour.

Ainsi dans tous les départements, notre peuple pourra compter des candidates et des candidats du Front de Gauche en faveur d’un département utile à la vie quotidienne des populations, des candidates et des candidats de l’espoir d’ouvrir une perspective de changement à gauche.

Paris le 18 février 2015

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 17:47

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Chers collègues,
Le moment est grave,
Grave pour le gouvernement, d’abord et avant tout,
Puisque ce débat porte sur un aveu d’échec, son échec.
Au terme de semaines de débats au sein et en dehors de notre hémicycle sur le désormais célèbre «projet de loi Macron », le gouvernement s’est retrouvé dans une impasse politique. C’est le constat de cet échec qui vous a amené, Monsieur le Premier Ministre, à engager la responsabilité du gouvernement sur la version du projet de loi issue des débats.
Pourtant, le sens des responsabilités et la voix de la raison auraient dû conduire le gouvernement à retirer un texte indigeste sur la forme comme sur le fond. Un texte, qui indubitablement, ne pouvait pas obtenir l’adhésion d’une majorité de députés de gauche et ne pouvait être adopté qu’avec les voix de la droite.
Plutôt que de le reconnaître et d’exprimer ainsi sa responsabilité, l’Exécutif a décidé de passer en force, envers et contre tous, y compris contre une partie des élus de sa propre majorité.
Vous avez voulu ainsi faire une démonstration de force. Elle est au contraire la manifestation d’une profonde faiblesse.
Le choix que vous avez fait est d’abord un déni de démocratie.
Le recours à l’article 49-3 a pour seul but d’empêcher la représentation nationale de se prononcer sur un texte qui a été discuté durant près de 200 heures en commission et en séance publique.
Le recours à cet artifice constitutionnel est l’aveu d’un échec.
Echec car au-delà de ce texte, c’est la politique gouvernementale dans son ensemble qui est contestée. Il est vrai que ce projet de loi symbolise à lui-seul la dérive libérale d’une majorité qui était pourtant censée incarner une alternative à la politique de Sarkozy et mener la guerre à la finance.
Car la voie que vous avez choisie est celle du « reniement permanent ».
Le projet de loi Macron n’en est que la consécration.
Auparavant, vous avez imposé une série de réformes régressives qui ont été autant de coups de butoir contre notre modèle social. Qu’il s’agisse de la ratification du « Traité budgétaire » - véritable pêché originel – de l’ « Accord national interprofessionnel » (ANI), du « Crédit d’impôt compétitivité emploi » (CICE), ou du si mal nommé « Pacte de responsabilité », la ligne a toujours été dictée par les dogmes de l’archéo-libéralisme et de l’austérité budgétaire.
Avec ce nouveau projet de loi, vous avez confirmé votre incapacité à entendre la voix du peuple et de sa représentation pour succomber aux sirènes du MEDEF et aux injonctions de Bruxelles.
Car la réalité est bien là. Contrairement à son intitulé le « projet de loi Macron », ne créera ni activité ni emploi. Il est simplement calibré pour répondre aux exigences de Bruxelles. Son objectif est d’envoyer à nos partenaires européens le signal que notre pays se réforme, c’est-à-dire – selon votre définition : ouvre un peu plus ses portes aux marchés financiers et aux investisseurs avides de profits et de rentes confortables. Cela explique très certainement votre intransigeance et pourquoi vous êtes prêt à tout faire pour que cette loi passe. Sans hésiter à user d’une pirouette constitutionnelle aussi archaïque que les mesures du projet de loi.
L’archaïsme est d’abord dans les mesures de régression qu’accumule ce projet de loi aux apparences de fourre-tout, mais dont l’ultra-libéralisme est le fil conducteur : abandon du ferroviaire au profit de sociétés d’autocars, abandon du service public de la justice au profit de banques, de cabinets anglo-saxons ou tous autres investisseurs qui voudront s’offrir le sceau de la République, abandon des commerces de proximité au profit des grands groupes, risque de marchandisation du corps humain, privatisation de la gestion de nos aéroports pourtant rentables, allègement fiscal des actions gratuites au profit des dirigeant du CAC 40, recul des obligations patronales en matière de licenciements économiques, et j’en passe…
Vous le savez, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, les députés du Front de gauche n’ont jamais fait le choix d’une posture interdisant l’examen objectif des textes qui ont été soumis.
Mais nous avons beau scruter ce texte à la recherche d’une mesure de progrès social, pas une ligne n’est porteuse d’une quelconque avancée. Il ne porte que des reculs pour les droits des salariés, des reculs pour les services publics et les services de proximité. Les dispositions portant sur l’extension et la banalisation du « travail le dimanche » incarnent à elles seules le détricotage de notre modèle social.
A l’opposé, et vous ne vous le cachez pas, le gouvernement assume, quant à lui, pleinement une posture, celle du tournant libéral que la droite appelle de ses vœux. Certaines propositions de ce projet de loi s’inspirent d’ailleurs directement du rapport commandé par le Président Nicolas Sarkozy à la Commission pour la libération de la croissance française, au sein de laquelle Emmanuel Macron siégeait comme rapporteur.
D’autres propositions sont issues des recommandations faites explicitement par la Commission européenne, ce qui est de nature à rendre les Français toujours plus perplexes sur l’identification et la localisation du pouvoir politique en France : qui décide et au nom de quels intérêts ? La question est d’ordre démocratique et idéologique.
A Bruxelles comme à Paris, réformer c’est libéraliser. Un crédo et une équation simple dont les éléments constitutifs s’accompagnent d’une régression sociale indigne d’un Gouvernement de gauche. Un crédo porté par la droite de cet hémicycle qui aujourd’hui, sans craindre le ridicule, vient critiquer la politique qu’elle rêve de mener, puissance 4, à la place du Gouvernement.
Certains socialistes ont dénoncé le projet de loi dès le départ : Martine Aubry a qualifié le texte de « régression » et Pierre Joxe s’est dit « éberlué » et « stupéfait » par un texte « ahurissant ».
Ils savent, comme nous, les résultats auxquels ont abouti les politiques de Thatcher, Blair ou Schröder. Vous n’échapperez pas à la règle : dérèglementation tous azimuts, concurrence sauvage et régression sociale, sont synonymes de hausse inexorable du chômage et de la précarité dans notre pays.
Une tragédie économique et sociale qui a un coût politique non moins dramatique. La hausse continue du chômage s’accompagne, aux diverses élections, d’un renforcement de l’abstention et de l’extrême droite.
Vous portez ici une responsabilité forte, historique de ce double fléau pour la démocratie.
Malgré la force des désaveux infligés par le suffrage universel à l’occasion des élections municipales et européennes, l’obstination et le dogmatisme continuent de prévaloir à l’Elysée comme à Matignon. Dans le même temps, et de façon grandissante, les interrogations et le doute s’emparent des députés de la majorité.
Nombreux sont ceux, bien au-delà des rangs du Front de gauche, qui attendent du Gouvernement un changement de cap en faveur de la relance et de l’emploi. Si nombre de nos concitoyens expriment aujourd’hui leur déception et parfois leur colère, c’est qu’ils attendent du Gouvernement qu’il se donne enfin les moyens du changement, qu’il se dote enfin d’une vraie ambition économique et sociale. Or, de fait, le Gouvernement est loin du compte ! Où sont, depuis des mois, les mesures attendues de revalorisation des salaires et de soutien au pouvoir d’achat des ménages ? Où sont les mesures de lutte contre les licenciements boursiers et l’avidité des actionnaires ? Où sont les mesures sociales ambitieuses en matière de santé, de retraite et d’emploi ? Où est passée la grande réforme fiscale.
Pour les députés du Front de gauche, et je dirai plus largement de la gauche progressiste, il n’y a pas de fatalité en Europe, au triomphe de la logique libérale de mise en concurrence des territoires et des peuples. Il n’y pas de résignation face à la Troïka, celle-là même qui a mis le peuple grec à terre.
Le Président de la République et votre Gouvernement, Monsieur le Premier ministre, ne pourront plus longtemps tourner le dos aux valeurs de la gauche. Du reste, une partie de la majorité parlementaire ne supporte plus ce reniement permanent.
Elle ne supporte plus, non plus, votre mépris pour la représentation nationale.
Non contents d’utiliser la procédure du temps législatif programmé qui – je le rappelle – a limité drastiquement le temps de parole des députés.
Non contents d’abuser du recours aux ordonnances qui confine, lui aussi, au déni de démocratie ;
Vous imposez aujourd’hui le 49-3 qui bâillonne les députés qui voulaient voter contre ce texte.
Vous avez voulu tendre un piège institutionnel pour faire entrer tout le monde dans le rang. Nous refusons ce chantage politique tant notre parole est libre.
Votre calcul politicien est court termiste.
Vous ne pourrez, en permanence, empêcher les convergences de s’exprimer et de se renforcer en faveur d’une alternative à gauche.
Vous ne pourrez, non plus, ad vitam, masquer votre rapprochement avec la droite par des envolées verbales aussi artificielles que trompeuses.
Mais ce qui est plus grave aujourd’hui dans la comédie politique à laquelle vous vous livrez, c’est qu’elle aggrave le fossé qui se creuse entre nos concitoyens et les élus.
La crise à laquelle vous êtes confrontés aujourd’hui est aussi morale.
La dimension parfois technique des débats ne saurait masquer l’enjeu de l’offre politique alternative et du choix de société. En cela, « la crise » n’est pas technique. Elle est foncièrement existentielle. Elle interroge notre rapport à nous-mêmes, au monde et à l’Autre, au capital et au travail.
Résignés et tétanisés face à la puissante vague néolibérale et réactionnaire, certains de ceux qui se disent « progressistes » ont déserté le combat des idées et des valeurs pour se laisser guider par un « gestionnisme réaliste ». Comme si un destin commun s’appréciait à l’aune des seuls taux directeurs de la BCE, de la croissance, de la dette publique, des sondages… à défaut de tout socle moral, prenant en compte, avant tout, l’humain. L’humain d’abord. La fracture entre les élites (politique, financière, médiatique, bureaucratique, intellectuelle) et le peuple se nourrit d’un profond sentiment d’injustice, qui cultive lui-même les divisions et les antagonismes dans une société sclérosée en son sommet, profondément inégalitaire, sous tension identitaire, et incertaine de ses valeurs communes.
Soyons clairs.
Pour des députés de la gauche progressiste, une censure du Gouvernement et de la loi Macron n’a donc rien à voir avec la motion présentée par la droite. Chacun sait bien ici que la droite manœuvre, sans craindre de mettre à jour ses incohérences et contradictions, puisqu’elle vote contre la politique qu’elle préconise elle-même.
Chacun sait bien ici que votre censure est l’expression d’une simple hypocrisie politicienne pour occulter le bilan désastreux de vos années de pouvoir.
Personne n’est dupe du programme destructeur qui est le vôtre et qui enfoncerait encore un peu plus notre pays dans la crise. Le seul reproche que vous avez à faire au Gouvernement c’est d’avoir adhéré à votre propre programme économique, et de l’appliquer sans vous reconnaître les droits d’auteur. Vous souhaitez censurer le gouvernement pour exercer directement le pouvoir. Votre démarche ne s’explique donc que par des considérations de pouvoir personnel, et nullement d’intérêt général, c’est-à-dire l’intérêt du peuple.
Pour notre part, c’est précisément au nom du respect du peuple et par souci de cohérence entre nos idées et nos actes, que nous assumons le fait de condamner la politique menée par le Gouvernement.
Nous avons tenté de déposer, avec des collègues d’autres bancs, notre propre motion de censure, avec notre propre argumentaire. D’une part, parce que nous combattons le texte sur lequel vous avez engagé votre responsabilité. Mais aussi parce que nous sommes convaincus de l’urgence et de la nécessité de la nomination d’un nouveau Gouvernement qui puisse réunir l’ensemble des forces de gauche pour conduire une politique de progrès social et de refondation démocratique.
Monsieur le Premier ministre,
Nous n’avons cessé de vous mettre en garde contre la dérive de votre politique économique toujours plus pro-libérale,
Aujourd’hui, il est temps d’en tirer les conséquences,
A travers notre censure, nous adressons un message clair pour que la majorité élue par la gauche cesse de se fourvoyer dans les méandres du libéralisme économique prônée par la droite.
Parfois, le retour à la raison doit être provoqué par un geste fort.
Nous assumons ce geste, au nom du peuple de gauche et dans l’intérêt de la gauche.
C’est dans cet esprit, celui de la conviction et de la détermination, qu’en son âme et conscience, une majorité de députés du Front de gauche se positionne sur la censure de ce Gouvernement.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE ACTUALITES
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 21:43
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Published by bruno fornaciari - dans groupe GDR-CRC PCF-FRONT DE GAUCHE
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 23:09

Pour nous, Macron, c'est non

Avec l’extension du travail du dimanche, de surcroît sans obligation légale de majoration salariale, et avec le maquillage outrancier du travail de nuit en travail de soirée, les conditions de travail des salariés sont attaquées. Une fois de plus les premières victimes en seront les femmes.

Avec la réforme du tribunal des prud’hommes qui renvoie de plus en plus d’affaires devant des juges professionnels, ce sont les droits des salariés qui sont remis en cause.
Avec la dépénalisation du délit d’entrave, ce sont les employeurs qui sont protégés, pas les salariés.

Et désormais, si le tribunal administratif annule un plan social en raison d’insuffisance de motivation, les licenciements ne seront plus invalidés et les salariés ne seront plus indemnisés.
Par ailleurs, ce projet relance le processus de privatisation, notamment d’un certain nombre d’aéroports et fragilise le statut des locataires au profit des spéculateurs.
Il va permettre aux hôpitaux publics de créer des filiales à l’étranger, c’est-à-dire à se comporter comme des entreprises privées. Alors que le service public hospitalier est malade, entre autres, d’un manque de ressources, une partie de ces dernières pourront être utilisées à des fins d’opérations financières ou commerciales à l’étranger.

La déréglementation du transport par bus va en fait aggraver les inégalités d’accès, instituant un transport pour les pauvres. Elle aura pour effet d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre. L’hypocrisie est ici de mise. Alors que le président de la République prend des postures d’écologiste, et alors que la France va accueillir en décembre 2015 la Conférence mondiale sur le climat (COP 21), le gouvernement propose une mesure qui va à l’encontre de tout bon sens en favorisant le transport privé par route au détriment du transport public dont le rail. Une autre solution serait de développer le transport par rail en faisant jouer à la SNCF son rôle de service public.

Ce projet de loi, en débat au Parlement, est guidé par une logique de déréglementation généralisée qui n’a comme objectif que le maintien des profits aux dépens des salaires, des pensions, seuls moyens de vivre pour la majorité de la population et au détriment de la protection sociale. Plus d’égalité, plus de fraternité, c’est ce que nous voulons, c’est le contraire de la loi Macron.
L’indispensable mobilisation sociale des salariés et des citoyens prend de l’ampleur.

CETTE LOI NE DOIT PAS ETRE VOTÉE, ELLE DOIT ETRE RETIRÉE !

Signataires :

Eliane Assasi (sénatrice PCF)
Clementine Autain (Ensemble)
Ana Azaria (Femmes Égalité)
Nicolas Baille (Secrétaire Général de la Fédération de l’Equipement et de l’Environnement CGT)
Ludivine Bantigny (historienne)
Maud Beckers (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Fatima-Ezzahra Ben-Omar (Les efFronté-e-s)
Olivier Besancenot (NPA)
Eric Beynel (porte parole de Solidaires)
Jean-Luc Bindel (Secrétaire Général de de la Fédération Agroalimentaire et Forestière CGT)
Alima Boumediene-Thiery (avocate)
Isabelle Bruno (politiste)
Jean-Marc Canon (Secrétaire Général de l’UGFF-CGT)
Céline Carlen (Secrétaire Générale de l’Union Syndicale CGT Commerce et Services de Paris)
Jean-Claude Chailley (Résistance sociale)
Andre Chassaigne (deputé PCF)
Laura Chatel (Secrétaire Fédérale Jeunes écolos)
Gérard Chaouat (membre du BN du SNCS FSU)
Boris Chenaud (Solidaires 34)
Robert Crémieux (MNCP)
Eric Coquerel (conseiller régional Ile de France, coordinateur politique du Parti de Gauche)
Pierre Cours-Salies (sociologue)
Thomas Coutrot (économiste, ATTAC)
Claude Debons (syndicaliste)
Bernard Dedeban (secrétaire de la FSU 31)
Karima Delli (deputée europeen, EELV)
Laurent Degousée (Fédération Sud commerces et services)
Caroline De Haas (féministe)
Sandra Demarcq (NPA)
Lina Desanti (Secrétaire Générale de l’Union Départementale CGT du Tarn-et-Garonne)
Marie Hélène Durieux (Fédération Sud Santé Sociaux)
Jean-Baptiste Eyraud (DAL)
Gérard Filoche (Bureau national du Parti Socialiste)
Pascal Franchet (CADTM)
Jacqueline Fraysse (députée, Ensemble)
Michel Faujour (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU)
Nicolas Galepides (Fédération Sud PTT)
Bertrand Geay (politiste)
Jérome Gleizes (conseiller de Paris, EELV)
Caroline Guibet-Lafaye (philosophe)
Patrick Hallinger (Convergences Défense des Services Publics)
Elisabeth Hervouet (syndicaliste enseignant)
Hervé Heurtebize (secrétaire national du SNUCLIAS FSU)
Liem Hoang Ngoc (socialiste affligé, Bureau National du Parti Socialiste)
Nordine Idir (MJCF)
Maria Ines (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU)
Sabina Issehnane (économiste, Les Economistes Atterrés)
Lucien Jallamion (République et Socialisme)
Pierre Khalfa (Fondation Copernic)
Judith Krivine (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Bernard Lacroix (politiste)
Rose-Marie Lagrave (sociologue)
Pierre Laurent (secrétaire national du PCF)
Christian Laval (sociologue)
Frédéric Lebaron (sociologue)
Catherine Lebrun (porte parole de Solidaires)
Valérie Lefebvre-Haussmann (Secrétaire Générale de la Fédération des syndicats du personnel de la banque et de l’assurance CGT)
Arlette Lemaire (secrétaire générale adjointe du SNASUB FSU)
Valérie Lesage (Secrétaire de l’Union Régionale Ile-de-France CGT)
Thierry Lescant (Ensemble)
Marie-Noelle Lienemann (sénatrice, Bureau National du Parti Socialiste)
Elise Lowy (EELV)
Jean-Marie Harribey (économiste)
Patrick Le Hyaric (directeur de l’Humanité)
Arnaud Malaisé (syndicaliste enseignant)
Emmanuel Maurel (député européen, Bureau National du Parti Socialiste)
Jean-Pierre Martin (psychiatre)
Christiane Marty (féministe)
Gérard Mauger (sociologue)
Caroline Mecary (avocate)
Emmanuel Mehdbi (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU)
Jean-Luc Mélenchon (député européen)
Hélène Michel (sociologue)
Jean-Philippe Milesy (Rencontres sociales)
Christian de Montlibert (sociologue)
Carlos Moreira (Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT)
Corinne Morel-Darleux (coordinatrice des assises pour l’Ecosocialisme)
Francoise Nay (militante de la défense des Hopitaux Publics)
Lucas Nédélec (Secrétaire Fédéral Jeunes Ecolos)
Hervé Ossant (Secrétaire Général de l’Union Départementale CGT de la Seine-Saint-Denis)
Naila Ott (Sud Travail affaires sociales)
Ugo Palheta (sociologue)
Jean-Jacques Paris (ANECR)
Willy Pelletier (Fondation Copernic)
Marie Cécile Périllat (syndicaliste enseignant)
Marc Peyrade (Secr. Gén. Fédé des Industries du Livre, du Papier et de la Communication CGT)
Christian Picquet (Gauche Unitaire)
Christian Pierrel (PCOF)
Véronique Ponvert (syndicaliste enseignant)
Jack Potavin (GOEES)
Christine Poupin (NPA)
Colette Pronost (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU)
Emmanuel Renault (philosophe)
Jacques Rigaudiat (économiste)
Michèle Riot-Sarcey (historienne)
Danielle Rollat (UNRPA)
Suzy Rojtman (CNDF)
Michel Rousseau (Marches européennes contre le Chômage)
Jean Sammut (militant mutualiste)
Lydia Saouli (syndicaliste FSU ministère du Travail)
Danielle Simonnet (conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti du Gauche)
Evelyne Sire-Marin (magistrate)
Valérie Soumaille (syndicaliste enseignant)
Maya Surduts (CNDF)
Christian Taillandier (secrétaire national du SNUITAM FSU)
Baptiste Talbot (Secrétaire Général de la Fédération des Services Publics CGT)
Charlotte Tempion (Solidaires 69)
Christian Terrancle (Solidaires 31)
Christian Topalov (sociologue)
Victor Vauquois (responsable relations extérieures Jeunes Ecolos)
Rémy Viard (architecte)
Philippe Villechalane (APEIS)
Emmanuel Vire (Secrétaire Général du Syndicat National des Journalistes CGT)
Jean-Luc Wabant (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Louis Weber (revue Savoir/Agir)
Malika Zediri (APEIS)

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 12:28

Face aux pressions de la BCE contre la Grèce, le PCF appelle au rassemblement

Hier soir, la BCE a décidé de changer le régime des garanties d'emprunt des banques grecques. Mario Draghi porte seul la responsabilité du krach bancaire qui a découlé de ce geste unilatéral de la BCE, sous pression d'Angela Merkel. La BCE révèle ainsi qu'elle n'est ni indépendante, ni démocratique et qu'il devient vital de la refonder dans l'intérêt de tous les peuples européens.


Cette décision n'a qu'une fonction : mettre la pression et essayer de semer la panique au moment où les négociations entamées par Tsipras et Varoufakis s'élargissent et portent leur fruits, au moment où chacun est obligé de reconnaître la bonne volonté, les efforts et l'intégrité du gouvernement grec, ainsi que la crédibilité et le caractère réaliste de son programme.

Ce que demande le gouvernement grec, c'est un peu de temps pour laisser respirer le pays après des années d'austérité et le respect du mandat que le peuple lui a confié, c'est à dire la négociation d'un nouveau plan pour la Grèce, différent de celui imposé par la Troïka. Mandat que l'opinion grecque continue de supporter très majoritairement. La France doit soutenir cette démarche.

Le PCF appelle à un rassemblement unitaire dès ce soir à 18h30 devant la Banque de France* pour le respect du vote des grecs et pour que la France se positionne clairement aux côtés de la Grèce dans les prochaines échéances.

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Face aux pressions de la BCE contre la Grèce rassemblement ce soir devant la Banque de France

JEUDI, 5 FÉVRIER, 2015

HUMANITE.FR

Le PCF et le Parti de gauche ont réagi vivement face au coup de force de la BCE contre la Grèce. Un rassemblement unitaire se tiendra dès ce soir à 18h30 devant la Banque de France* pour le respect du vote des grecs et pour que la France se positionne clairement aux côtés de la Grèce dans les prochaines échéances.

Dans un communiqué le Parti communiste français a réagi très vivement à la décision de la banque centrale européenne de changer le régime des garanties d'emprunt des banques grecques, et appelle a manifester en solidarité avec le gouvernement Tsipras et pour le respect du vote du peuple grec.

Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon a demandé jeudi à François Hollande de soutenir la Grèce contre ce qu'il qualifie de "coup de force" de la Banque centrale européenne (BCE) contre ce pays. Dans un communiqué, Eric Coquerel, "coordinateur politique" du PG, affirme que le chef de l'Etat "doit maintenant choisir: se soumettre une fois encore" à Bruxelles ou "soutenir le gouvernement grec. Nous attendons de lui qu'il dénonce ce coup de force de la BCE lors de sa conférence de presse", ce jeudi à 11H00 à l'Elysée. La BCE a annoncé mercredi qu'elle suspendait un régime de faveur accordé jusqu'ici aux banques grecques, qui leur permettait d'emprunter de l'argent auprès d'elle avec des garanties inférieures à ce qu'elle exige habituellement. Pour le PG, "le moratoire de la dette grecque est l'unique solution immédiate. Elle devra être suivie d'une conférence européenne sur les dettes souveraines".

Pour le PCF, "Mario Draghi porte seul la responsabilité du krach bancaire qui a découlé de ce geste unilatéral de la BCE, sous pression d'Angela Merkel. La BCE révèle ainsi qu'elle n'est ni indépendante, ni démocratique et qu'il devient vital de la refonder dans l'intérêt de tous les peuples européens. Cette décision n'a qu'une fonction : mettre la pression et essayer de semer la panique au moment les négociations entamées par Tsipras et Varoufakis s'élargissent et portent leur fruits, au moment où chacun est obligé de reconnaître la bonne volonté, les efforts et l'intégrité du gouvernement grec, ainsi que la crédibilité et le caractère réaliste de son programme.

Ce que demande le gouvernement grec, c'est un peu de temps pour laisser respirer le pays après des années d'austérité et le respect du mandat que le peuple lui a confié, c'est à dire la négociation d'un nouveau plan pour la Grèce, différent de celui imposé par la Troïka. Mandat que l'opinion grecque continue de supporter très majoritairement. La France doit soutenir cette démarche.

Le PCF appelle à un rassemblement unitaire dès ce soir à 18h30 devant la Banque de France* pour le respect du vote des grecs et pour que la France se positionne clairement aux côtés de la Grèce dans les prochaines échéances.

* Place des Victoires, Paris, 1e/2e arrondissement

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:34

ARTICLE D'ÉDITION

Édition : La Revue du Projet

Le grand entretien : le pari d’une alternative gagnante, Isabelle De Almeida

18 DÉCEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET

Entretien réalisé par Léo Purguette

Isabelle De Almeida, présidente du Conseil national du PCF et responsable adjointe du comité du projet, fait le point pour La Revue du projet sur le travail de la conférence nationale des 8 et 9 novembre.

Quel message politique le PCF a-t-il envoyé avec sa conférence nationale ?

Un message d’engagement des communistes, dans leur unité et leur détermination, à construire une alternative de gauche dans notre pays. Et construire, cela veut dire prendre des initiatives politiques pour combattre les politiques d’austérité maintenant, les stopper et rendre majoritaire un nouveau projet, un projet de gauche pour la France. Sans attendre 2017 car les dégâts vont être énormes si on laisse se dérouler la politique Hollande-Valls inspirée du MEDEF : socialement, économiquement et du point de vue environnemental. Ce n’est pas ce gouvernement qui en sera capable car il ne souhaite pas une politique de justice sociale, de lutte contre les inégalités et de relance sociale. Face aux urgences et au temps qui nous est imparti, si on refuse le scénario catastrophe annoncé : une droite et une extrême droite en quête de victoire pour 2017 sur fond de défaite du pouvoir socialiste, alors il faut passer à l’action. Nous voulons construire ce qui pour le moment est appelé des vœux de beaucoup dans le camp de la gauche – des forces, des groupes, des personnalités…– mais qui ne converge pas encore. C’est cette absence de perspective qui empêche de redonner espoir au peuple de gauche pour qu’il se mobilise.

Les communistes, comme le montrent les initiatives prises çà et là, ont déjà engagé ce travail de dialogue, de propositions, de batailles concrètes avec la volonté de rassembler ceux et celles qui veulent sortir notre pays de l’ornière libérale.

Ce fut aussi un message de combat des communistes pour modifier les rapports dans le monde, engager un nouvel ordre international fondé sur le droit, libéré des dominations dont celles du capitalisme financiarisé et de grandes puissances, des logiques d’affrontement pour construire un monde de paix, de solidarité et de développement partagé.

Le message, c’est aussi l’appel public que Pierre Laurent, secrétaire national, a lancé au pays pour dire qu’il est possible de changer de politique, de relever le pays et que les communistes sont disponibles pour construire cette alternative de gauche maintenant, avec le Front de gauche. Nous voulons engager la mise en construction d’assises citoyennes. Un appel pressant pour travailler à une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat politique à mettre en œuvre par un nouveau gouvernement. Et plusieurs grands axes ont été développés : reprendre le pouvoir sur la finance (banques, nationalisations), redonner du souffle à notre République sans diviser ni exclure mais au contraire faire société avec tous, engager un plan de relance sociale avec la hausse des salaires et le développement de la protection sociale et celui des services publics. Il faut agir maintenant, personne ne peut rester spectateur ou dans le flou. Et plusieurs propositions d’initiatives sur la durée ont été annoncées pour permettre de rassembler sur des batailles politiques et la construction d’un projet de gauche.

Premièrement, engager la bataille contre l’austérité au long cours, le 15 novembre étant une étape qui en appelle d’autres avec le collectif 3A, la nationalisation des autoroutes, la transparence sur le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et l’interpellation des pouvoirs publics et des entreprises sur son utilisation...

Deuxièmement, se donner avec le Front de gauche une nouvelle étape de rassemblement pour l’alternative de gauche avec la construction d’assises citoyennes pour la transformation sociale.

Troisièmement, un appel à engager une bataille contre l’austérité à l’échelon européen et à construire avec les forces sociales et progressistes un forum européen pour des alternatives.

Que retenez-vous des échanges du samedi sur la situation politique ?

Il y a une lucidité chez les communistes à propos de la situation du pays, de la situation politique et les dégâts que les politiques de Sarkozy et de Hollande ont créés dans les têtes avec les discours de division, de rejet, de défiance des politiques. Lucidité à propos des défis à relever et donc des responsabilités qui sont les nôtres comme force politique dans ce moment-là. Et il y a donc aussi une inquiétude : « Est-ce qu’on peut être à la hauteur, est-ce qu’on va y arriver ? » car nous avons conscience que le temps presse, qu’il y a urgence pour l’avenir de notre pays à construire une alternative de gauche. Il y a urgence aussi à garantir l’avenir du mouvement progressiste permettant les transformations sociales.

Il y a une unité des communistes qui peut permettre d’être à l’offensive, d’être une force actrice dans le mouvement politique et social. C’est un point à souligner car c’est un élément pour donner confiance à ceux et celles qui, à gauche, refusent les choix libéraux de ce gouvernement et qui s’inquiètent du devenir du pays comme du devenir de la gauche.

Qu’est-ce qui fait débat et qu’est-ce qui fait accord chez les communistes ?

Ce qui fait accord, c’est la qualification de l’action du gouvernement Hollande-Valls et la volonté de ne pas rester commentateurs de la situation politique au gré de l’actualité. Accord aussi sur la mise en œuvre des décisions prises lors de nos derniers conseils nationaux : prendre des initiatives politiques permettant d’enrayer les politiques d’austérité en France et en Europe. En ce sens, les interventions montrent la multitude d’initiatives prises contre l’austérité dans tous les lieux : institutionnels, dans les entreprises, les communes, les quartiers. Elles témoignent aussi de la créativité militante avec des actions et des pratiques de solidarité concrète…

Ce qui fait débat, qu’il faut poursuivre en confrontant les expériences, c’est : qu’est-ce qui peut faire convergence et rassembler pour arracher des victoires dans la période ? Et donc, où mettons-nous le curseur sur les ruptures à opérer ? Il y a aussi le débat autour de ce qui peut faire mouvement. Le rejet des politiques d’austérité ou le rejet des politiques libérales comme si l’une n’allait pas avec l’autre, mais il faut poursuivre l’échange. Cela rejoint le débat sur le processus pour transformer la société.

Et il y a aussi le débat sur les contours du rassemblement : rassembler les citoyennes et citoyens et faire fi des forces organisées, avoir à choisir entre plusieurs acteurs à gauche : d’un côté le Front de gauche et de l’autre, les socialistes, les écologistes et autres forces en désaccord avec le gouvernement.

Le PCF fait le pari d’une « alternative gagnante » sans attendre, avec tous ceux qui refusent l’austérité. Sur quels grands axes comptez-vous bâtir une nouvelle majorité ?

C’est un pari audacieux mais à partir du moment où, après la politique mise en œuvre par Sarkozy et la droite, celle du gouvernement Valls est en échec et minoritaire dans le pays, il peut y avoir une nouvelle majorité politique qui porte un nouveau projet de gauche. Nouvelle majorité portant sur les valeurs de gauche, d’idées et de propositions de réformes. Privatisations ou nouvel essor des services publics ? Partage des richesses ou accaparement par une minorité de riches ? Justice sociale et fiscale ou accroissement des inégalités et de la pauvreté ? Le pouvoir aux banques et décideurs privés ou le pouvoir aux citoyens, aux salariés et à leurs représentants ? Faire société avec tous ou poursuivre la fragmentation de la société qui ne profite qu’à l’extrême droite et aux forces du capital ?

Et l’on voit bien que sur beaucoup de ses choix, nous sommes majoritaires, et qu’il faut donc engager tous ceux et celles qui refusent ces politiques d’austérité à se mettre en mouvement pour construire des propositions concrètes et en rupture avec la domination des marchés financiers. Car cela veut dire aussi être en capacité de produire des lieux de résistance et des lieux où on pratique de nouvelles formes d’expression citoyenne et de solidarité. La question de l’unité des exploités et des dominés reste un véritable défi à relever.

Les élections départementales peuvent-elles permettre de passer aux travaux pratiques ?

Ce sera et c’est déjà un moment qui va compter, puisque tout le pays est concerné par cette élection qui prend donc un caractère national. Les communistes en débattent et y voient une étape pour construire l’alternative de gauche.

Il ne s’agit pas pour nous de laisser faire la droite et l’extrême droite qui sont dans la conquête ou la reconquête de pouvoirs dans les départements. Il ne s’agit pas non plus pour nous de laisser aux forces du capital la prise de pouvoir sur les départements. Car, avec la cure d’austérité que le gouvernement impose aux collectivités et avec la réforme territoriale proposée par le gouvernement, avec en ligne de mire la disparition des départements, c’est le risque de privatisation des services publics locaux ou ceux assurés par les associations.

Il y a donc, avec ces élections, une grande bataille à mener dans tout le pays, dans les cantons et départements entre ceux qui veulent l’austérité locale et la loi du marché et ceux qui veulent des services publics et la satisfaction des besoins des habitants. Entre ceux qui, pour cela, veulent brader la démocratie locale et ceux qui au contraire veulent la développer pour être à l’écoute et faire participer, dans la proximité, les citoyens à la politique locale.

C’est avec cette ambition que nous lançons un appel aux citoyennes et citoyens, aux forces qui se reconnaissent dans ces principes, à porter partout des candidatures représentatives de ceux et celles qui luttent, qui créent, qui souffrent, un appel à se rassembler pour des politiques de gauche, de combat contre l’austérité dans les départements.

De quelle manière les ateliers du dimanche alimentent-ils le travail du projet ?

Tout d’abord, il faut remarquer un grand intérêt des communistes pour travailler sur le projet : la participation active dans les neuf ateliers, sur neuf problématiques parfois ardues en témoigne. On ne peut que s’en féliciter. Il y a une réelle envie de mieux maîtriser les enjeux, les défis et les réponses à apporter sur de grandes questions : une nouvelle ère de la démocratie, un nouveau modèle de développement humain durable, une mondialisation transformée.

Il y a besoin de connaissance et d’appropriation des travaux, des propositions que les secteurs, les commissions du PCF travaillent et qui ont besoin de plus irriguer l’ensemble des militants. Non pas d’une manière verticale mais pour associer les communistes à l’élaboration des réponses, au travail commun. Il y a une richesse d’expertises de terrain, de compétences professionnelles et/ou militantes, d’expériences diverses que nous devons mieux mettre en commun pour mener les batailles d’idées, les batailles politiques dont notre pays, le mouvement progressiste en France, en Europe et dans le monde, ont besoin. C’est pourquoi, nous devons élargir le réseau des communistes qui peuvent participer aux différents secteurs et commissions. Un appel a été lancé à la participation dimanche, il a déjà reçu un écho positif et nous allons le renouveler.

Il y a une envie de poursuivre et une demande de mieux articuler ce travail avec les fédérations, les sections. Le travail avec les conventions est un levier, et la décision de tenir une convention sur le projet en 2016 va nous pousser à identifier les questions, les problématiques à traiter avec une cohérence permettant d’identifier, de faire identifier ce qu’est notre projet d’émancipation humaine, notre projet de communisme de nouvelle génération.

Il s’agira à partir des travaux, introduction et synthèses des ateliers de donner une cohérence à quelques axes de changement que pourrait porter un projet de gauche. Le comité du projet va y travailler ainsi que la direction nationale.

Lorsque Pierre Laurent, dans son discours de clôture, estime que le projet communiste en construction n’est pas un projet pour le Parti communiste, qu’entend-il par là ?

Ce qu’il veut dire, c’est que notre projet d’un communisme de nouvelle génération est un projet d’ambition pour le développement humain durable, et qu’il se construit avec tous ceux et celles qui veulent porter cette envie de coopération, de partage et d’émancipation. Il y a les communistes et il y a bien d’autres personnes qui veulent travailler avec nous car, comme je le disais, nos convictions et notre engagement pour l’intérêt général donnent confiance. Nous pouvons encore aller plus loin pour que ceux et celles qui se sentent en mal de gauche et de construction alternative se sentent à l’aise avec les communistes.

La Revue du projet, n°42, décembre 2014.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:18

ARTICLE D'ÉDITION

Édition : La Revue du Projet

Atelier n°1 Répondre aux besoins humains, relancer l’activité et l’emploi

15 DÉCEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET

  • Il s’agit d’un choix principal de notre démarche politique ! Nous avons choisi de partir des besoins, de la réponse aux besoins et non des lois du marché ou des injonctions du MEDEF.

Nous considérons - et nous le démontrons - que le pays a les moyens de répondre aux besoins ; cela nécessite du courage politique. Deux dogmes sont à affronter : le matraquage sur le « coût du travail » et la pression de la diminution de la dette publique. Enfin, nous reviendrons sur la démarche démocratique qui est la nôtre autour de la réponse aux besoins de la population. Cet atelier ne sera pas exhaustif en matière de recensement des besoins, et ne constituera pas non plus un catalogue des réponses programmatiques du PCF.

Introduction : Jean-Luc Gibelin*
Partir des besoins humains, de la réponse collective que la société doit apporter à ces besoins est une posture fondamentalement alternative par rapport aux positionnements des différents projets politiques actuels et passés. Nous affirmons que la réponse aux besoins humains doit rester l’objectif d’une politique de gauche, d’une politique alternative à l’austérité. C’est une question de choix pour l’avenir de la société, de choix politiques à produire. Loin des slogans, il s’agit d’une posture politique, d’une démarche de fond.
Nous considérons – et nous le démontrons – que le pays a les moyens de répondre aux besoins ; cela nécessite du courage politique. C’est indispensable de passer par cette étape pour confirmer qu’il est possible de faire autrement que de reculer devant les logiques financières. Il est indispensable notamment avec les renoncements de l’exécutif actuel.

Tourner le dos à l’insuffisance de la demande


Cela impose donc d’affronter deux dogmes mis en avant pour faire se résigner les salariés et les populations :
1- Face à la concurrence internationale, l’emploi dépend de la compétitivité laquelle, pour être relevée, nécessite des baisses continues du « coût du travail » (salaires + charges sociales) ;
2- Face à la dictature des marchés financiers, si l’on veut sauver notre modèle social, il faut diminuer la dette publique et, donc, baisser les dépenses publiques.
Or, ce sont ces politiques qui alimentent la crise. Pour s’en exonérer, il faut tourner le dos à l’insuffisance de la demande avec une politique ambitieuse. Cela passe par :
• accroître les revenus distribués aux salariés et à leurs familles (salaires et revenus de remplacement, minima sociaux, c’est une politique de réduction des inégalités sociales, nous y reviendrons.) :
• augmenter fortement la formation du monde du travail pour faire progresser les qualifications en même temps que le pouvoir d’achat, de façon à ce que le surcroît de demande ainsi créé ne se traduise pas par une envolée durable des importations ;
• conditionner les programmes d’investissements nécessaires à des objectifs chiffrés de créations d’emploi et de formations, et progresser dans la sécurisation de l’emploi et de la formation tout au long de la vie au lieu de la précarisation généralisée ;
• et, surtout, relancer massivement tous les services publics. On répondrait aux besoins populaires (santé, éducation, logements sociaux, transports collectifs, culture, services à la personne). On impulserait un surcroît de demande (demande publique) capable d’absorber les productions supplémentaires engendrées par les nouveaux investissements. Mais on consoliderait en même temps l’efficacité de l’offre productive. Les dépenses de services publics nationaux et locaux sont, en effet, les seules dépenses susceptibles de contribuer, à la fois, à développer la demande, ne serait-ce que par la création d’emplois et d’équipements publics, et à économiser sur les coûts matériels et financiers de production, à gagner en efficacité. Par exemple, des progrès de la santé et de l’éducation, de la recherche ou des transports collectifs accroissent la productivité globale du système productif !

Maîtriser et réorienter la politique monétaire et le crédit bancaire


Il s’agit de faire en sorte que la création de monnaie de la banque centrale serve effectivement à soutenir la demande et relancer l’emploi :
La monnaie créée par la BCE (Banque centrale européenne) doit servir l’expansion sociale, au lieu de soutenir le marché financier. Il faut rompre avec le pacte de stabilité et le dogme de la croissance zéro des dépenses publi­ques. Il faut promouvoir la proposition du PCF, reprise par le Front de gauche et le PGE (Parti de la gauche européenne), de créer un « Fonds social, solidaire et écologique de développement européen ». Il recueillerait la monnaie créée par la BCE à l’occasion des achats de titres publics émis par chaque pays pour le financement de ses services publics. Démocratisé, il redistribuerait alors cette monnaie à chaque État selon les besoins sociaux et culturels propres de son peuple.
La création monétaire de la BCE doit être relayée par les banques. Ce n’est pas le cas en France où la BPI (Banque publique d’investissement) ne sert en aucune façon à changer les règles et critères du crédit et à modifier les comportements bancaires. Il faut en finir avec les allégements de « charges sociales » des entreprises. Au contraire, un nouveau crédit sélectif pour les investissements matériels et de recherche est à inventer. Son taux d’intérêt serait modulé : plus les entreprises programmeraient d’emplois et de formations correctement rémunérés et plus le taux d’intérêt des crédits des banques serait abaissé jusqu’à 0 %, voire en dessous (non-remboursement d’une partie des prêts). La modulation, nous préconisons de l’utiliser dans l’intérêt du plus grand nombre. Tout de suite, la trentaine de milliards d’euros annuels dévolus aux allégements de cotisations sociales patronales pourrait doter un Fonds national pour amorcer ce nouveau crédit, via des bonifications d’intérêts. Décentralisé, il pourrait être saisi dans les territoires. Il formerait un pôle public bancaire et financier avec la BPI, la Caisse des dépôts, la Banque postale, les banques mutualistes, ainsi que des banques nationalisées.

Le service public, pilier d’une société nouvelle


Dans un moment de crise profonde où se développent précarité, insécurité, inégalité mais aussi de révolte monte l’exigence d’une culture de partage, de justice et de solidarité, la question du service public resurgit au cœur des débats comme une réponse incontournable structurante d’une nouvelle société. Pour notre part, nous considérons que le développement des services publics, leur amélioration substantielle, la démocratisation de leur fonctionnement sont des aspects incontournables de la réponse aux besoins humains.
Il faut inverser la machine capitaliste qui, depuis des décennies, au nom d’une concurrence libre et non faussée, sur l’autel de la libéralisation a donné aux prédateurs financiers des pans entiers du service public et a dégradé le fonctionnement d’une grande part des services publics existants. Ce faisant, idéologiquement, la notion de l’utilité du service public, de sa mission de répondre aux besoins de la population s’est fortement atténuée devant la réalité concrète très dégradée.
Dans ce monde en mouvement, où les questions posées s’aiguisent, il nous faut donc être offensifs et concrétiser l’ambition portée d’un grand service public rénové dans ses finalités, son fonctionnement et contrôlé démocratiquement.
Qui dit service public doit définir quel nouveau modèle d’entreprise publique nous voulons avec quels critères de gestion démocratique et quels personnels avec quel statut. Qui dit service public doit déterminer quels sont les champs nouveaux que nous voulons extraire de la sphère marchande, les services à la personne par exemple. Qui dit service public doit exiger des financements nouveaux et une réforme fiscale de justice sociale. Il ne s’agit pas du maintien du statu quo mais bien d’une autre conception des services publics.

Le système de protection sociale français


Conçu en 1945 il constitue un des mécanismes clés de la régulation du système économique. Il constitue une réponse historique originale à la crise systémique de l’entre-deux-guerres. Il a notamment contribué à la phase d’essor de 1945 à 1967. Il permet de couvrir les coûts sociaux liés au type de progression de la productivité du travail. Le système de protection sociale (SPS) contribue à la prise en compte de la « dynamique des besoins sociaux ». Il participe à la reproduction de la force de travail, en la maintenant en « bon état de marche » et en accroissant sa capacité productive de valeur ajoutée. Le SPS contribue à un meilleur entretien de la force de travail par une meilleure couverture des besoins sociaux (famille, santé, retraite, etc.)
Le SPS tend à la fois à la relance de la consommation et à la relance de la production, jouant à la fois sur la demande et sur l’offre. Il tend à élargir la consommation privée et collective, donc les débouchés des entreprises, il contribue ainsi à stimuler l’incitation à investir, l’emploi et la production. Les prestations participent ainsi à un autre type de développement économique et social. Le financement du système de protection sociale repose sur des cotisations assises sur les salaires versés dans les entreprises, mais permettant en même temps de financer les solidarités.
Face à l’accumulation et à l’accélération des réformes régressives de Sarkozy à Hollande et à la crise profonde d’efficacité et de financement du système de protection sociale, des réformes alternatives de progrès et d’efficacité sont indispensables. Toutes les forces vives du pays, comme en 1945-1946, doivent faire preuve de créativité pour faire monter des alternatives aux choix austéritaires. La solution n’est pas dans la réduction des dépenses publiques et sociales et des prélèvements publics et sociaux obligatoires. Concernant le système de santé, elle ne peut consister dans une réduction des dépenses de santé solidaires, qui favoriserait l’éclatement entre assistance et assurance. Une véritable régulation médicalisée devrait partir d’une évaluation des besoins de santé au plus près du terrain, d’une détermination contrôlée des réponses à apporter à ces besoins humains. Elle appelle la concertation et la contribution des acteurs pour la construction de procédures de régulation aboutissant à un système de santé réellement solidaire, préventif, favorisant l’accès précoce aux soins, coordonné et efficace avec un meilleur suivi du malade et de meilleurs résultats de santé. Les dépenses sociales de santé, de retraite, pour la politique familiale, etc. devraient être étendues et réorientées. Loin de représenter un boulet pour l’économie, elles pourraient contribuer à une issue de progrès à la phase de difficultés du cycle long en cours et amorcer une nouvelle phase d’essor, en anticipant de nouveaux mécanismes de régulation. Une réforme de fond du financement permettrait de prendre en compte les besoins sociaux (retraite, santé, famille, emploi) qui ont émergé dans la crise, afin d’amorcer un processus de sortie de crise.
Une refonte de progrès du système de protection sociale est une nécessité vitale pour sortir de la crise en cours, notamment pour répondre aux nouveaux besoins de santé, aux exigences d’une politique familiale moderne, d’un financement dynamique des retraites, de l’autonomie des personnes âgées, etc. Des constructions institutionnelles nouvelles pourraient concerner un nouveau système de sécurité d’emploi ou de formation. Celui-ci viserait à assurer à chacune et à chacun une sécurité et une continuité de revenus et de droits sociaux relevés. Cela impliquerait de nouveaux droits sociaux et pouvoirs des salariés, des acteurs sociaux, des associations, des usagers et de toutes les populations. La promotion de la formation tout au long de la vie, la sécurisation et le développement de l’emploi, des salaires, pourraient concourir à dégager de nouvelles ressources pour la sécurité sociale, tout en visant une nouvelle avancée de civilisation.

La réduction des inégalités


Nous considérons qu’il est indispensable d’engager une politique de réduction des inégalités sociales énergique, courageuse et durable pour répondre aux besoins humains.
C’est l’augmentation des salaires dans la fonction publique, des pensions de retraité-e-s, des minima sociaux pour ce qui est de la responsabilité directe du gouvernement. C’est aussi conditionner des mesures d’aide ou d’accompagnement aux entreprises à l’amélioration effective et contrôlée de l’emploi qualifié, des salaires, de la formation des salariés. Il n’est plus possible que des entreprises empochent des milliers d’euros d’aide et licencient comme c’est le cas pour le CICE et Sanofi par exemple. C’est aussi une politique de réduction des inégalités sociales avec des aides spécifiques pour les bas salaires, un accompagnement significatif de la formation continue qualifiante…
Répondre aux besoins humains c’est aussi toute la sphère des apprentissages, de l’éducation, du savoir, de la culture, du développement humain. Là encore, la sélection par l’argent est inacceptable pour nous, au contraire, nous considérons que ces secteurs-là ont cruellement besoin de développement d’emploi qualifié, de structures innovantes…

Plus globalement, nous mesurons bien que la réponse aux besoins humains dans leur diversité, impose de s’exonérer de la loi du profit. La recherche du profit financier immédiat est le contraire de la réponse aux besoins humains. La solution n’est pas de composer avec mais bien de s’y attaquer avec conviction et détermination.

Une démarche démocratique


Revenons sur notre démarche démocratique autour de la réponse aux besoins humains, une démarche fondamentale. Nous considérons qu’il y a trois phases.
Celle de l’expression des besoins. Il s’agit de se donner les moyens de faire s’exprimer les besoins humains dans leur diversité. C’est une étape déterminante. Il n’est pas question de la considérer comme acquise ou allant de soi. Décider à la place des femmes et des hommes n’est pas une solution.
Celle de la détermination de la réponse aux besoins exprimés. Il s’agit ensuite de déterminer les réponses à apporter à ces besoins, le faire de manière dynamique tant dans le contenu que sur la durée. Cela est évidemment en lien avec la réalité locale. Là encore, pas de recettes inventées en dehors des actrices et des acteurs locaux. Il est indispensable de lier celles et ceux qui expriment les besoins et celles et ceux qui contribuent à y répondre.
Enfin, celle du contrôle de la mise en œuvre des réponses. C’est un enjeu considérable. Il n’est pas question de faire l’économie de cette étape. Ce contrôle démocratique est le moyen d’avoir la garantie que le processus sera conduit à son terme, c’est le respect de la bonne mise en œuvre des réponses décidées, c’est l’engagement à maintenir des actrices et des acteurs de la démarche jusqu’à son terme…

*Jean-Luc Gibelin est membre du comité de pilotage du projet, animateur du secteur Santé du Conseil national du PCF.

La Revue du projet, n° 42, décembre 2014

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BRUNO FORNACIARI

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