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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 22:43
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Published by bruno fornaciari - dans groupe GDR-CRC PCF-FRONT DE GAUCHE
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 00:09

Pour nous, Macron, c'est non

Avec l’extension du travail du dimanche, de surcroît sans obligation légale de majoration salariale, et avec le maquillage outrancier du travail de nuit en travail de soirée, les conditions de travail des salariés sont attaquées. Une fois de plus les premières victimes en seront les femmes.

Avec la réforme du tribunal des prud’hommes qui renvoie de plus en plus d’affaires devant des juges professionnels, ce sont les droits des salariés qui sont remis en cause.
Avec la dépénalisation du délit d’entrave, ce sont les employeurs qui sont protégés, pas les salariés.

Et désormais, si le tribunal administratif annule un plan social en raison d’insuffisance de motivation, les licenciements ne seront plus invalidés et les salariés ne seront plus indemnisés.
Par ailleurs, ce projet relance le processus de privatisation, notamment d’un certain nombre d’aéroports et fragilise le statut des locataires au profit des spéculateurs.
Il va permettre aux hôpitaux publics de créer des filiales à l’étranger, c’est-à-dire à se comporter comme des entreprises privées. Alors que le service public hospitalier est malade, entre autres, d’un manque de ressources, une partie de ces dernières pourront être utilisées à des fins d’opérations financières ou commerciales à l’étranger.

La déréglementation du transport par bus va en fait aggraver les inégalités d’accès, instituant un transport pour les pauvres. Elle aura pour effet d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre. L’hypocrisie est ici de mise. Alors que le président de la République prend des postures d’écologiste, et alors que la France va accueillir en décembre 2015 la Conférence mondiale sur le climat (COP 21), le gouvernement propose une mesure qui va à l’encontre de tout bon sens en favorisant le transport privé par route au détriment du transport public dont le rail. Une autre solution serait de développer le transport par rail en faisant jouer à la SNCF son rôle de service public.

Ce projet de loi, en débat au Parlement, est guidé par une logique de déréglementation généralisée qui n’a comme objectif que le maintien des profits aux dépens des salaires, des pensions, seuls moyens de vivre pour la majorité de la population et au détriment de la protection sociale. Plus d’égalité, plus de fraternité, c’est ce que nous voulons, c’est le contraire de la loi Macron.
L’indispensable mobilisation sociale des salariés et des citoyens prend de l’ampleur.

CETTE LOI NE DOIT PAS ETRE VOTÉE, ELLE DOIT ETRE RETIRÉE !

Signataires :

Eliane Assasi (sénatrice PCF)
Clementine Autain (Ensemble)
Ana Azaria (Femmes Égalité)
Nicolas Baille (Secrétaire Général de la Fédération de l’Equipement et de l’Environnement CGT)
Ludivine Bantigny (historienne)
Maud Beckers (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Fatima-Ezzahra Ben-Omar (Les efFronté-e-s)
Olivier Besancenot (NPA)
Eric Beynel (porte parole de Solidaires)
Jean-Luc Bindel (Secrétaire Général de de la Fédération Agroalimentaire et Forestière CGT)
Alima Boumediene-Thiery (avocate)
Isabelle Bruno (politiste)
Jean-Marc Canon (Secrétaire Général de l’UGFF-CGT)
Céline Carlen (Secrétaire Générale de l’Union Syndicale CGT Commerce et Services de Paris)
Jean-Claude Chailley (Résistance sociale)
Andre Chassaigne (deputé PCF)
Laura Chatel (Secrétaire Fédérale Jeunes écolos)
Gérard Chaouat (membre du BN du SNCS FSU)
Boris Chenaud (Solidaires 34)
Robert Crémieux (MNCP)
Eric Coquerel (conseiller régional Ile de France, coordinateur politique du Parti de Gauche)
Pierre Cours-Salies (sociologue)
Thomas Coutrot (économiste, ATTAC)
Claude Debons (syndicaliste)
Bernard Dedeban (secrétaire de la FSU 31)
Karima Delli (deputée europeen, EELV)
Laurent Degousée (Fédération Sud commerces et services)
Caroline De Haas (féministe)
Sandra Demarcq (NPA)
Lina Desanti (Secrétaire Générale de l’Union Départementale CGT du Tarn-et-Garonne)
Marie Hélène Durieux (Fédération Sud Santé Sociaux)
Jean-Baptiste Eyraud (DAL)
Gérard Filoche (Bureau national du Parti Socialiste)
Pascal Franchet (CADTM)
Jacqueline Fraysse (députée, Ensemble)
Michel Faujour (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU)
Nicolas Galepides (Fédération Sud PTT)
Bertrand Geay (politiste)
Jérome Gleizes (conseiller de Paris, EELV)
Caroline Guibet-Lafaye (philosophe)
Patrick Hallinger (Convergences Défense des Services Publics)
Elisabeth Hervouet (syndicaliste enseignant)
Hervé Heurtebize (secrétaire national du SNUCLIAS FSU)
Liem Hoang Ngoc (socialiste affligé, Bureau National du Parti Socialiste)
Nordine Idir (MJCF)
Maria Ines (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU)
Sabina Issehnane (économiste, Les Economistes Atterrés)
Lucien Jallamion (République et Socialisme)
Pierre Khalfa (Fondation Copernic)
Judith Krivine (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Bernard Lacroix (politiste)
Rose-Marie Lagrave (sociologue)
Pierre Laurent (secrétaire national du PCF)
Christian Laval (sociologue)
Frédéric Lebaron (sociologue)
Catherine Lebrun (porte parole de Solidaires)
Valérie Lefebvre-Haussmann (Secrétaire Générale de la Fédération des syndicats du personnel de la banque et de l’assurance CGT)
Arlette Lemaire (secrétaire générale adjointe du SNASUB FSU)
Valérie Lesage (Secrétaire de l’Union Régionale Ile-de-France CGT)
Thierry Lescant (Ensemble)
Marie-Noelle Lienemann (sénatrice, Bureau National du Parti Socialiste)
Elise Lowy (EELV)
Jean-Marie Harribey (économiste)
Patrick Le Hyaric (directeur de l’Humanité)
Arnaud Malaisé (syndicaliste enseignant)
Emmanuel Maurel (député européen, Bureau National du Parti Socialiste)
Jean-Pierre Martin (psychiatre)
Christiane Marty (féministe)
Gérard Mauger (sociologue)
Caroline Mecary (avocate)
Emmanuel Mehdbi (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU)
Jean-Luc Mélenchon (député européen)
Hélène Michel (sociologue)
Jean-Philippe Milesy (Rencontres sociales)
Christian de Montlibert (sociologue)
Carlos Moreira (Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT)
Corinne Morel-Darleux (coordinatrice des assises pour l’Ecosocialisme)
Francoise Nay (militante de la défense des Hopitaux Publics)
Lucas Nédélec (Secrétaire Fédéral Jeunes Ecolos)
Hervé Ossant (Secrétaire Général de l’Union Départementale CGT de la Seine-Saint-Denis)
Naila Ott (Sud Travail affaires sociales)
Ugo Palheta (sociologue)
Jean-Jacques Paris (ANECR)
Willy Pelletier (Fondation Copernic)
Marie Cécile Périllat (syndicaliste enseignant)
Marc Peyrade (Secr. Gén. Fédé des Industries du Livre, du Papier et de la Communication CGT)
Christian Picquet (Gauche Unitaire)
Christian Pierrel (PCOF)
Véronique Ponvert (syndicaliste enseignant)
Jack Potavin (GOEES)
Christine Poupin (NPA)
Colette Pronost (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU)
Emmanuel Renault (philosophe)
Jacques Rigaudiat (économiste)
Michèle Riot-Sarcey (historienne)
Danielle Rollat (UNRPA)
Suzy Rojtman (CNDF)
Michel Rousseau (Marches européennes contre le Chômage)
Jean Sammut (militant mutualiste)
Lydia Saouli (syndicaliste FSU ministère du Travail)
Danielle Simonnet (conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti du Gauche)
Evelyne Sire-Marin (magistrate)
Valérie Soumaille (syndicaliste enseignant)
Maya Surduts (CNDF)
Christian Taillandier (secrétaire national du SNUITAM FSU)
Baptiste Talbot (Secrétaire Général de la Fédération des Services Publics CGT)
Charlotte Tempion (Solidaires 69)
Christian Terrancle (Solidaires 31)
Christian Topalov (sociologue)
Victor Vauquois (responsable relations extérieures Jeunes Ecolos)
Rémy Viard (architecte)
Philippe Villechalane (APEIS)
Emmanuel Vire (Secrétaire Général du Syndicat National des Journalistes CGT)
Jean-Luc Wabant (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Louis Weber (revue Savoir/Agir)
Malika Zediri (APEIS)

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 13:28

Face aux pressions de la BCE contre la Grèce, le PCF appelle au rassemblement

Hier soir, la BCE a décidé de changer le régime des garanties d'emprunt des banques grecques. Mario Draghi porte seul la responsabilité du krach bancaire qui a découlé de ce geste unilatéral de la BCE, sous pression d'Angela Merkel. La BCE révèle ainsi qu'elle n'est ni indépendante, ni démocratique et qu'il devient vital de la refonder dans l'intérêt de tous les peuples européens.


Cette décision n'a qu'une fonction : mettre la pression et essayer de semer la panique au moment où les négociations entamées par Tsipras et Varoufakis s'élargissent et portent leur fruits, au moment où chacun est obligé de reconnaître la bonne volonté, les efforts et l'intégrité du gouvernement grec, ainsi que la crédibilité et le caractère réaliste de son programme.

Ce que demande le gouvernement grec, c'est un peu de temps pour laisser respirer le pays après des années d'austérité et le respect du mandat que le peuple lui a confié, c'est à dire la négociation d'un nouveau plan pour la Grèce, différent de celui imposé par la Troïka. Mandat que l'opinion grecque continue de supporter très majoritairement. La France doit soutenir cette démarche.

Le PCF appelle à un rassemblement unitaire dès ce soir à 18h30 devant la Banque de France* pour le respect du vote des grecs et pour que la France se positionne clairement aux côtés de la Grèce dans les prochaines échéances.

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Face aux pressions de la BCE contre la Grèce rassemblement ce soir devant la Banque de France

JEUDI, 5 FÉVRIER, 2015

HUMANITE.FR

Le PCF et le Parti de gauche ont réagi vivement face au coup de force de la BCE contre la Grèce. Un rassemblement unitaire se tiendra dès ce soir à 18h30 devant la Banque de France* pour le respect du vote des grecs et pour que la France se positionne clairement aux côtés de la Grèce dans les prochaines échéances.

Dans un communiqué le Parti communiste français a réagi très vivement à la décision de la banque centrale européenne de changer le régime des garanties d'emprunt des banques grecques, et appelle a manifester en solidarité avec le gouvernement Tsipras et pour le respect du vote du peuple grec.

Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon a demandé jeudi à François Hollande de soutenir la Grèce contre ce qu'il qualifie de "coup de force" de la Banque centrale européenne (BCE) contre ce pays. Dans un communiqué, Eric Coquerel, "coordinateur politique" du PG, affirme que le chef de l'Etat "doit maintenant choisir: se soumettre une fois encore" à Bruxelles ou "soutenir le gouvernement grec. Nous attendons de lui qu'il dénonce ce coup de force de la BCE lors de sa conférence de presse", ce jeudi à 11H00 à l'Elysée. La BCE a annoncé mercredi qu'elle suspendait un régime de faveur accordé jusqu'ici aux banques grecques, qui leur permettait d'emprunter de l'argent auprès d'elle avec des garanties inférieures à ce qu'elle exige habituellement. Pour le PG, "le moratoire de la dette grecque est l'unique solution immédiate. Elle devra être suivie d'une conférence européenne sur les dettes souveraines".

Pour le PCF, "Mario Draghi porte seul la responsabilité du krach bancaire qui a découlé de ce geste unilatéral de la BCE, sous pression d'Angela Merkel. La BCE révèle ainsi qu'elle n'est ni indépendante, ni démocratique et qu'il devient vital de la refonder dans l'intérêt de tous les peuples européens. Cette décision n'a qu'une fonction : mettre la pression et essayer de semer la panique au moment les négociations entamées par Tsipras et Varoufakis s'élargissent et portent leur fruits, au moment où chacun est obligé de reconnaître la bonne volonté, les efforts et l'intégrité du gouvernement grec, ainsi que la crédibilité et le caractère réaliste de son programme.

Ce que demande le gouvernement grec, c'est un peu de temps pour laisser respirer le pays après des années d'austérité et le respect du mandat que le peuple lui a confié, c'est à dire la négociation d'un nouveau plan pour la Grèce, différent de celui imposé par la Troïka. Mandat que l'opinion grecque continue de supporter très majoritairement. La France doit soutenir cette démarche.

Le PCF appelle à un rassemblement unitaire dès ce soir à 18h30 devant la Banque de France* pour le respect du vote des grecs et pour que la France se positionne clairement aux côtés de la Grèce dans les prochaines échéances.

* Place des Victoires, Paris, 1e/2e arrondissement

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:34

ARTICLE D'ÉDITION

Édition : La Revue du Projet

Le grand entretien : le pari d’une alternative gagnante, Isabelle De Almeida

18 DÉCEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET

Entretien réalisé par Léo Purguette

Isabelle De Almeida, présidente du Conseil national du PCF et responsable adjointe du comité du projet, fait le point pour La Revue du projet sur le travail de la conférence nationale des 8 et 9 novembre.

Quel message politique le PCF a-t-il envoyé avec sa conférence nationale ?

Un message d’engagement des communistes, dans leur unité et leur détermination, à construire une alternative de gauche dans notre pays. Et construire, cela veut dire prendre des initiatives politiques pour combattre les politiques d’austérité maintenant, les stopper et rendre majoritaire un nouveau projet, un projet de gauche pour la France. Sans attendre 2017 car les dégâts vont être énormes si on laisse se dérouler la politique Hollande-Valls inspirée du MEDEF : socialement, économiquement et du point de vue environnemental. Ce n’est pas ce gouvernement qui en sera capable car il ne souhaite pas une politique de justice sociale, de lutte contre les inégalités et de relance sociale. Face aux urgences et au temps qui nous est imparti, si on refuse le scénario catastrophe annoncé : une droite et une extrême droite en quête de victoire pour 2017 sur fond de défaite du pouvoir socialiste, alors il faut passer à l’action. Nous voulons construire ce qui pour le moment est appelé des vœux de beaucoup dans le camp de la gauche – des forces, des groupes, des personnalités…– mais qui ne converge pas encore. C’est cette absence de perspective qui empêche de redonner espoir au peuple de gauche pour qu’il se mobilise.

Les communistes, comme le montrent les initiatives prises çà et là, ont déjà engagé ce travail de dialogue, de propositions, de batailles concrètes avec la volonté de rassembler ceux et celles qui veulent sortir notre pays de l’ornière libérale.

Ce fut aussi un message de combat des communistes pour modifier les rapports dans le monde, engager un nouvel ordre international fondé sur le droit, libéré des dominations dont celles du capitalisme financiarisé et de grandes puissances, des logiques d’affrontement pour construire un monde de paix, de solidarité et de développement partagé.

Le message, c’est aussi l’appel public que Pierre Laurent, secrétaire national, a lancé au pays pour dire qu’il est possible de changer de politique, de relever le pays et que les communistes sont disponibles pour construire cette alternative de gauche maintenant, avec le Front de gauche. Nous voulons engager la mise en construction d’assises citoyennes. Un appel pressant pour travailler à une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat politique à mettre en œuvre par un nouveau gouvernement. Et plusieurs grands axes ont été développés : reprendre le pouvoir sur la finance (banques, nationalisations), redonner du souffle à notre République sans diviser ni exclure mais au contraire faire société avec tous, engager un plan de relance sociale avec la hausse des salaires et le développement de la protection sociale et celui des services publics. Il faut agir maintenant, personne ne peut rester spectateur ou dans le flou. Et plusieurs propositions d’initiatives sur la durée ont été annoncées pour permettre de rassembler sur des batailles politiques et la construction d’un projet de gauche.

Premièrement, engager la bataille contre l’austérité au long cours, le 15 novembre étant une étape qui en appelle d’autres avec le collectif 3A, la nationalisation des autoroutes, la transparence sur le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et l’interpellation des pouvoirs publics et des entreprises sur son utilisation...

Deuxièmement, se donner avec le Front de gauche une nouvelle étape de rassemblement pour l’alternative de gauche avec la construction d’assises citoyennes pour la transformation sociale.

Troisièmement, un appel à engager une bataille contre l’austérité à l’échelon européen et à construire avec les forces sociales et progressistes un forum européen pour des alternatives.

Que retenez-vous des échanges du samedi sur la situation politique ?

Il y a une lucidité chez les communistes à propos de la situation du pays, de la situation politique et les dégâts que les politiques de Sarkozy et de Hollande ont créés dans les têtes avec les discours de division, de rejet, de défiance des politiques. Lucidité à propos des défis à relever et donc des responsabilités qui sont les nôtres comme force politique dans ce moment-là. Et il y a donc aussi une inquiétude : « Est-ce qu’on peut être à la hauteur, est-ce qu’on va y arriver ? » car nous avons conscience que le temps presse, qu’il y a urgence pour l’avenir de notre pays à construire une alternative de gauche. Il y a urgence aussi à garantir l’avenir du mouvement progressiste permettant les transformations sociales.

Il y a une unité des communistes qui peut permettre d’être à l’offensive, d’être une force actrice dans le mouvement politique et social. C’est un point à souligner car c’est un élément pour donner confiance à ceux et celles qui, à gauche, refusent les choix libéraux de ce gouvernement et qui s’inquiètent du devenir du pays comme du devenir de la gauche.

Qu’est-ce qui fait débat et qu’est-ce qui fait accord chez les communistes ?

Ce qui fait accord, c’est la qualification de l’action du gouvernement Hollande-Valls et la volonté de ne pas rester commentateurs de la situation politique au gré de l’actualité. Accord aussi sur la mise en œuvre des décisions prises lors de nos derniers conseils nationaux : prendre des initiatives politiques permettant d’enrayer les politiques d’austérité en France et en Europe. En ce sens, les interventions montrent la multitude d’initiatives prises contre l’austérité dans tous les lieux : institutionnels, dans les entreprises, les communes, les quartiers. Elles témoignent aussi de la créativité militante avec des actions et des pratiques de solidarité concrète…

Ce qui fait débat, qu’il faut poursuivre en confrontant les expériences, c’est : qu’est-ce qui peut faire convergence et rassembler pour arracher des victoires dans la période ? Et donc, où mettons-nous le curseur sur les ruptures à opérer ? Il y a aussi le débat autour de ce qui peut faire mouvement. Le rejet des politiques d’austérité ou le rejet des politiques libérales comme si l’une n’allait pas avec l’autre, mais il faut poursuivre l’échange. Cela rejoint le débat sur le processus pour transformer la société.

Et il y a aussi le débat sur les contours du rassemblement : rassembler les citoyennes et citoyens et faire fi des forces organisées, avoir à choisir entre plusieurs acteurs à gauche : d’un côté le Front de gauche et de l’autre, les socialistes, les écologistes et autres forces en désaccord avec le gouvernement.

Le PCF fait le pari d’une « alternative gagnante » sans attendre, avec tous ceux qui refusent l’austérité. Sur quels grands axes comptez-vous bâtir une nouvelle majorité ?

C’est un pari audacieux mais à partir du moment où, après la politique mise en œuvre par Sarkozy et la droite, celle du gouvernement Valls est en échec et minoritaire dans le pays, il peut y avoir une nouvelle majorité politique qui porte un nouveau projet de gauche. Nouvelle majorité portant sur les valeurs de gauche, d’idées et de propositions de réformes. Privatisations ou nouvel essor des services publics ? Partage des richesses ou accaparement par une minorité de riches ? Justice sociale et fiscale ou accroissement des inégalités et de la pauvreté ? Le pouvoir aux banques et décideurs privés ou le pouvoir aux citoyens, aux salariés et à leurs représentants ? Faire société avec tous ou poursuivre la fragmentation de la société qui ne profite qu’à l’extrême droite et aux forces du capital ?

Et l’on voit bien que sur beaucoup de ses choix, nous sommes majoritaires, et qu’il faut donc engager tous ceux et celles qui refusent ces politiques d’austérité à se mettre en mouvement pour construire des propositions concrètes et en rupture avec la domination des marchés financiers. Car cela veut dire aussi être en capacité de produire des lieux de résistance et des lieux où on pratique de nouvelles formes d’expression citoyenne et de solidarité. La question de l’unité des exploités et des dominés reste un véritable défi à relever.

Les élections départementales peuvent-elles permettre de passer aux travaux pratiques ?

Ce sera et c’est déjà un moment qui va compter, puisque tout le pays est concerné par cette élection qui prend donc un caractère national. Les communistes en débattent et y voient une étape pour construire l’alternative de gauche.

Il ne s’agit pas pour nous de laisser faire la droite et l’extrême droite qui sont dans la conquête ou la reconquête de pouvoirs dans les départements. Il ne s’agit pas non plus pour nous de laisser aux forces du capital la prise de pouvoir sur les départements. Car, avec la cure d’austérité que le gouvernement impose aux collectivités et avec la réforme territoriale proposée par le gouvernement, avec en ligne de mire la disparition des départements, c’est le risque de privatisation des services publics locaux ou ceux assurés par les associations.

Il y a donc, avec ces élections, une grande bataille à mener dans tout le pays, dans les cantons et départements entre ceux qui veulent l’austérité locale et la loi du marché et ceux qui veulent des services publics et la satisfaction des besoins des habitants. Entre ceux qui, pour cela, veulent brader la démocratie locale et ceux qui au contraire veulent la développer pour être à l’écoute et faire participer, dans la proximité, les citoyens à la politique locale.

C’est avec cette ambition que nous lançons un appel aux citoyennes et citoyens, aux forces qui se reconnaissent dans ces principes, à porter partout des candidatures représentatives de ceux et celles qui luttent, qui créent, qui souffrent, un appel à se rassembler pour des politiques de gauche, de combat contre l’austérité dans les départements.

De quelle manière les ateliers du dimanche alimentent-ils le travail du projet ?

Tout d’abord, il faut remarquer un grand intérêt des communistes pour travailler sur le projet : la participation active dans les neuf ateliers, sur neuf problématiques parfois ardues en témoigne. On ne peut que s’en féliciter. Il y a une réelle envie de mieux maîtriser les enjeux, les défis et les réponses à apporter sur de grandes questions : une nouvelle ère de la démocratie, un nouveau modèle de développement humain durable, une mondialisation transformée.

Il y a besoin de connaissance et d’appropriation des travaux, des propositions que les secteurs, les commissions du PCF travaillent et qui ont besoin de plus irriguer l’ensemble des militants. Non pas d’une manière verticale mais pour associer les communistes à l’élaboration des réponses, au travail commun. Il y a une richesse d’expertises de terrain, de compétences professionnelles et/ou militantes, d’expériences diverses que nous devons mieux mettre en commun pour mener les batailles d’idées, les batailles politiques dont notre pays, le mouvement progressiste en France, en Europe et dans le monde, ont besoin. C’est pourquoi, nous devons élargir le réseau des communistes qui peuvent participer aux différents secteurs et commissions. Un appel a été lancé à la participation dimanche, il a déjà reçu un écho positif et nous allons le renouveler.

Il y a une envie de poursuivre et une demande de mieux articuler ce travail avec les fédérations, les sections. Le travail avec les conventions est un levier, et la décision de tenir une convention sur le projet en 2016 va nous pousser à identifier les questions, les problématiques à traiter avec une cohérence permettant d’identifier, de faire identifier ce qu’est notre projet d’émancipation humaine, notre projet de communisme de nouvelle génération.

Il s’agira à partir des travaux, introduction et synthèses des ateliers de donner une cohérence à quelques axes de changement que pourrait porter un projet de gauche. Le comité du projet va y travailler ainsi que la direction nationale.

Lorsque Pierre Laurent, dans son discours de clôture, estime que le projet communiste en construction n’est pas un projet pour le Parti communiste, qu’entend-il par là ?

Ce qu’il veut dire, c’est que notre projet d’un communisme de nouvelle génération est un projet d’ambition pour le développement humain durable, et qu’il se construit avec tous ceux et celles qui veulent porter cette envie de coopération, de partage et d’émancipation. Il y a les communistes et il y a bien d’autres personnes qui veulent travailler avec nous car, comme je le disais, nos convictions et notre engagement pour l’intérêt général donnent confiance. Nous pouvons encore aller plus loin pour que ceux et celles qui se sentent en mal de gauche et de construction alternative se sentent à l’aise avec les communistes.

La Revue du projet, n°42, décembre 2014.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:18

ARTICLE D'ÉDITION

Édition : La Revue du Projet

Atelier n°1 Répondre aux besoins humains, relancer l’activité et l’emploi

15 DÉCEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET

  • Il s’agit d’un choix principal de notre démarche politique ! Nous avons choisi de partir des besoins, de la réponse aux besoins et non des lois du marché ou des injonctions du MEDEF.

Nous considérons - et nous le démontrons - que le pays a les moyens de répondre aux besoins ; cela nécessite du courage politique. Deux dogmes sont à affronter : le matraquage sur le « coût du travail » et la pression de la diminution de la dette publique. Enfin, nous reviendrons sur la démarche démocratique qui est la nôtre autour de la réponse aux besoins de la population. Cet atelier ne sera pas exhaustif en matière de recensement des besoins, et ne constituera pas non plus un catalogue des réponses programmatiques du PCF.

Introduction : Jean-Luc Gibelin*
Partir des besoins humains, de la réponse collective que la société doit apporter à ces besoins est une posture fondamentalement alternative par rapport aux positionnements des différents projets politiques actuels et passés. Nous affirmons que la réponse aux besoins humains doit rester l’objectif d’une politique de gauche, d’une politique alternative à l’austérité. C’est une question de choix pour l’avenir de la société, de choix politiques à produire. Loin des slogans, il s’agit d’une posture politique, d’une démarche de fond.
Nous considérons – et nous le démontrons – que le pays a les moyens de répondre aux besoins ; cela nécessite du courage politique. C’est indispensable de passer par cette étape pour confirmer qu’il est possible de faire autrement que de reculer devant les logiques financières. Il est indispensable notamment avec les renoncements de l’exécutif actuel.

Tourner le dos à l’insuffisance de la demande


Cela impose donc d’affronter deux dogmes mis en avant pour faire se résigner les salariés et les populations :
1- Face à la concurrence internationale, l’emploi dépend de la compétitivité laquelle, pour être relevée, nécessite des baisses continues du « coût du travail » (salaires + charges sociales) ;
2- Face à la dictature des marchés financiers, si l’on veut sauver notre modèle social, il faut diminuer la dette publique et, donc, baisser les dépenses publiques.
Or, ce sont ces politiques qui alimentent la crise. Pour s’en exonérer, il faut tourner le dos à l’insuffisance de la demande avec une politique ambitieuse. Cela passe par :
• accroître les revenus distribués aux salariés et à leurs familles (salaires et revenus de remplacement, minima sociaux, c’est une politique de réduction des inégalités sociales, nous y reviendrons.) :
• augmenter fortement la formation du monde du travail pour faire progresser les qualifications en même temps que le pouvoir d’achat, de façon à ce que le surcroît de demande ainsi créé ne se traduise pas par une envolée durable des importations ;
• conditionner les programmes d’investissements nécessaires à des objectifs chiffrés de créations d’emploi et de formations, et progresser dans la sécurisation de l’emploi et de la formation tout au long de la vie au lieu de la précarisation généralisée ;
• et, surtout, relancer massivement tous les services publics. On répondrait aux besoins populaires (santé, éducation, logements sociaux, transports collectifs, culture, services à la personne). On impulserait un surcroît de demande (demande publique) capable d’absorber les productions supplémentaires engendrées par les nouveaux investissements. Mais on consoliderait en même temps l’efficacité de l’offre productive. Les dépenses de services publics nationaux et locaux sont, en effet, les seules dépenses susceptibles de contribuer, à la fois, à développer la demande, ne serait-ce que par la création d’emplois et d’équipements publics, et à économiser sur les coûts matériels et financiers de production, à gagner en efficacité. Par exemple, des progrès de la santé et de l’éducation, de la recherche ou des transports collectifs accroissent la productivité globale du système productif !

Maîtriser et réorienter la politique monétaire et le crédit bancaire


Il s’agit de faire en sorte que la création de monnaie de la banque centrale serve effectivement à soutenir la demande et relancer l’emploi :
La monnaie créée par la BCE (Banque centrale européenne) doit servir l’expansion sociale, au lieu de soutenir le marché financier. Il faut rompre avec le pacte de stabilité et le dogme de la croissance zéro des dépenses publi­ques. Il faut promouvoir la proposition du PCF, reprise par le Front de gauche et le PGE (Parti de la gauche européenne), de créer un « Fonds social, solidaire et écologique de développement européen ». Il recueillerait la monnaie créée par la BCE à l’occasion des achats de titres publics émis par chaque pays pour le financement de ses services publics. Démocratisé, il redistribuerait alors cette monnaie à chaque État selon les besoins sociaux et culturels propres de son peuple.
La création monétaire de la BCE doit être relayée par les banques. Ce n’est pas le cas en France où la BPI (Banque publique d’investissement) ne sert en aucune façon à changer les règles et critères du crédit et à modifier les comportements bancaires. Il faut en finir avec les allégements de « charges sociales » des entreprises. Au contraire, un nouveau crédit sélectif pour les investissements matériels et de recherche est à inventer. Son taux d’intérêt serait modulé : plus les entreprises programmeraient d’emplois et de formations correctement rémunérés et plus le taux d’intérêt des crédits des banques serait abaissé jusqu’à 0 %, voire en dessous (non-remboursement d’une partie des prêts). La modulation, nous préconisons de l’utiliser dans l’intérêt du plus grand nombre. Tout de suite, la trentaine de milliards d’euros annuels dévolus aux allégements de cotisations sociales patronales pourrait doter un Fonds national pour amorcer ce nouveau crédit, via des bonifications d’intérêts. Décentralisé, il pourrait être saisi dans les territoires. Il formerait un pôle public bancaire et financier avec la BPI, la Caisse des dépôts, la Banque postale, les banques mutualistes, ainsi que des banques nationalisées.

Le service public, pilier d’une société nouvelle


Dans un moment de crise profonde où se développent précarité, insécurité, inégalité mais aussi de révolte monte l’exigence d’une culture de partage, de justice et de solidarité, la question du service public resurgit au cœur des débats comme une réponse incontournable structurante d’une nouvelle société. Pour notre part, nous considérons que le développement des services publics, leur amélioration substantielle, la démocratisation de leur fonctionnement sont des aspects incontournables de la réponse aux besoins humains.
Il faut inverser la machine capitaliste qui, depuis des décennies, au nom d’une concurrence libre et non faussée, sur l’autel de la libéralisation a donné aux prédateurs financiers des pans entiers du service public et a dégradé le fonctionnement d’une grande part des services publics existants. Ce faisant, idéologiquement, la notion de l’utilité du service public, de sa mission de répondre aux besoins de la population s’est fortement atténuée devant la réalité concrète très dégradée.
Dans ce monde en mouvement, où les questions posées s’aiguisent, il nous faut donc être offensifs et concrétiser l’ambition portée d’un grand service public rénové dans ses finalités, son fonctionnement et contrôlé démocratiquement.
Qui dit service public doit définir quel nouveau modèle d’entreprise publique nous voulons avec quels critères de gestion démocratique et quels personnels avec quel statut. Qui dit service public doit déterminer quels sont les champs nouveaux que nous voulons extraire de la sphère marchande, les services à la personne par exemple. Qui dit service public doit exiger des financements nouveaux et une réforme fiscale de justice sociale. Il ne s’agit pas du maintien du statu quo mais bien d’une autre conception des services publics.

Le système de protection sociale français


Conçu en 1945 il constitue un des mécanismes clés de la régulation du système économique. Il constitue une réponse historique originale à la crise systémique de l’entre-deux-guerres. Il a notamment contribué à la phase d’essor de 1945 à 1967. Il permet de couvrir les coûts sociaux liés au type de progression de la productivité du travail. Le système de protection sociale (SPS) contribue à la prise en compte de la « dynamique des besoins sociaux ». Il participe à la reproduction de la force de travail, en la maintenant en « bon état de marche » et en accroissant sa capacité productive de valeur ajoutée. Le SPS contribue à un meilleur entretien de la force de travail par une meilleure couverture des besoins sociaux (famille, santé, retraite, etc.)
Le SPS tend à la fois à la relance de la consommation et à la relance de la production, jouant à la fois sur la demande et sur l’offre. Il tend à élargir la consommation privée et collective, donc les débouchés des entreprises, il contribue ainsi à stimuler l’incitation à investir, l’emploi et la production. Les prestations participent ainsi à un autre type de développement économique et social. Le financement du système de protection sociale repose sur des cotisations assises sur les salaires versés dans les entreprises, mais permettant en même temps de financer les solidarités.
Face à l’accumulation et à l’accélération des réformes régressives de Sarkozy à Hollande et à la crise profonde d’efficacité et de financement du système de protection sociale, des réformes alternatives de progrès et d’efficacité sont indispensables. Toutes les forces vives du pays, comme en 1945-1946, doivent faire preuve de créativité pour faire monter des alternatives aux choix austéritaires. La solution n’est pas dans la réduction des dépenses publiques et sociales et des prélèvements publics et sociaux obligatoires. Concernant le système de santé, elle ne peut consister dans une réduction des dépenses de santé solidaires, qui favoriserait l’éclatement entre assistance et assurance. Une véritable régulation médicalisée devrait partir d’une évaluation des besoins de santé au plus près du terrain, d’une détermination contrôlée des réponses à apporter à ces besoins humains. Elle appelle la concertation et la contribution des acteurs pour la construction de procédures de régulation aboutissant à un système de santé réellement solidaire, préventif, favorisant l’accès précoce aux soins, coordonné et efficace avec un meilleur suivi du malade et de meilleurs résultats de santé. Les dépenses sociales de santé, de retraite, pour la politique familiale, etc. devraient être étendues et réorientées. Loin de représenter un boulet pour l’économie, elles pourraient contribuer à une issue de progrès à la phase de difficultés du cycle long en cours et amorcer une nouvelle phase d’essor, en anticipant de nouveaux mécanismes de régulation. Une réforme de fond du financement permettrait de prendre en compte les besoins sociaux (retraite, santé, famille, emploi) qui ont émergé dans la crise, afin d’amorcer un processus de sortie de crise.
Une refonte de progrès du système de protection sociale est une nécessité vitale pour sortir de la crise en cours, notamment pour répondre aux nouveaux besoins de santé, aux exigences d’une politique familiale moderne, d’un financement dynamique des retraites, de l’autonomie des personnes âgées, etc. Des constructions institutionnelles nouvelles pourraient concerner un nouveau système de sécurité d’emploi ou de formation. Celui-ci viserait à assurer à chacune et à chacun une sécurité et une continuité de revenus et de droits sociaux relevés. Cela impliquerait de nouveaux droits sociaux et pouvoirs des salariés, des acteurs sociaux, des associations, des usagers et de toutes les populations. La promotion de la formation tout au long de la vie, la sécurisation et le développement de l’emploi, des salaires, pourraient concourir à dégager de nouvelles ressources pour la sécurité sociale, tout en visant une nouvelle avancée de civilisation.

La réduction des inégalités


Nous considérons qu’il est indispensable d’engager une politique de réduction des inégalités sociales énergique, courageuse et durable pour répondre aux besoins humains.
C’est l’augmentation des salaires dans la fonction publique, des pensions de retraité-e-s, des minima sociaux pour ce qui est de la responsabilité directe du gouvernement. C’est aussi conditionner des mesures d’aide ou d’accompagnement aux entreprises à l’amélioration effective et contrôlée de l’emploi qualifié, des salaires, de la formation des salariés. Il n’est plus possible que des entreprises empochent des milliers d’euros d’aide et licencient comme c’est le cas pour le CICE et Sanofi par exemple. C’est aussi une politique de réduction des inégalités sociales avec des aides spécifiques pour les bas salaires, un accompagnement significatif de la formation continue qualifiante…
Répondre aux besoins humains c’est aussi toute la sphère des apprentissages, de l’éducation, du savoir, de la culture, du développement humain. Là encore, la sélection par l’argent est inacceptable pour nous, au contraire, nous considérons que ces secteurs-là ont cruellement besoin de développement d’emploi qualifié, de structures innovantes…

Plus globalement, nous mesurons bien que la réponse aux besoins humains dans leur diversité, impose de s’exonérer de la loi du profit. La recherche du profit financier immédiat est le contraire de la réponse aux besoins humains. La solution n’est pas de composer avec mais bien de s’y attaquer avec conviction et détermination.

Une démarche démocratique


Revenons sur notre démarche démocratique autour de la réponse aux besoins humains, une démarche fondamentale. Nous considérons qu’il y a trois phases.
Celle de l’expression des besoins. Il s’agit de se donner les moyens de faire s’exprimer les besoins humains dans leur diversité. C’est une étape déterminante. Il n’est pas question de la considérer comme acquise ou allant de soi. Décider à la place des femmes et des hommes n’est pas une solution.
Celle de la détermination de la réponse aux besoins exprimés. Il s’agit ensuite de déterminer les réponses à apporter à ces besoins, le faire de manière dynamique tant dans le contenu que sur la durée. Cela est évidemment en lien avec la réalité locale. Là encore, pas de recettes inventées en dehors des actrices et des acteurs locaux. Il est indispensable de lier celles et ceux qui expriment les besoins et celles et ceux qui contribuent à y répondre.
Enfin, celle du contrôle de la mise en œuvre des réponses. C’est un enjeu considérable. Il n’est pas question de faire l’économie de cette étape. Ce contrôle démocratique est le moyen d’avoir la garantie que le processus sera conduit à son terme, c’est le respect de la bonne mise en œuvre des réponses décidées, c’est l’engagement à maintenir des actrices et des acteurs de la démarche jusqu’à son terme…

*Jean-Luc Gibelin est membre du comité de pilotage du projet, animateur du secteur Santé du Conseil national du PCF.

La Revue du projet, n° 42, décembre 2014

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 12:55

Le Front de gauche, l’intersyndicale du commerce Clic-P et des associations
ont organisé à Paris
une « assemblée «populaire ».

L’occasion de démonter pièce par pièce le discours des tenants de la déréglementation des horaires de travail.

Veillée d’armes chez les opposants au travail du dimanche. Alors que le projet de loi Macron, prévoyant la déréglementation des horaires dans le commerce, est présenté en conseil des ministres, le Front de gauche, l’intersyndicale parisienne du commerce Clic-P et des associations comme Femmes-égalité ont organisé un meeting pour populariser les arguments contre cette libéralisation. Et motiver les troupes pour faire reculer le gouvernement. Le contexte était favorable car la mission d’information et d’évaluation (MIE) du Conseil de Paris a rendu un rapport prenant nettement le contre-pied du projet gouvernemental, en s’opposant à une extension massive du travail du dimanche dans la capitale. Un premier point d’appui, dans une bataille qui ne fait que commencer. « Le projet de loi sera débattu à l’Assemblée nationale en janvier pour un vote fin janvier, puis au Sénat en mars 2015, a détaillé Didier Le Reste, élu communiste à Paris et animateur du Front des luttes au sein du Front de Gauche. La généralisation du travail du dimanche est toujours présentée au nom de la liberté de consommer partout à n’importe quel moment, au nom de la relance économique. Mais il faut parler de l’impact sur les conditions de vie et de travail des salariés, sur les petits commerces, sur le vivre ensemble ».

Alors que le Medef annonce entre 90 000 et 300 000 créations d’emplois dans le commerce et le tourisme en cas de banalisation du travail le dimanche et en soirée, que l’UCV (patronat des Grands magasins parisiens), promet 2 000 emplois de son côté, l’argument a été mis en pièce par les intervenants. De façon humoristique par Karl Ghazi, de la CGT-commerce : « Si je vous disais qu’en faisant tourner les usines automobiles jour et nuit, on vendrait plus de voitures, cela vous ferait rire », a-t-il lancé, en moquant l’argument patronal. De façon lapidaire par l’économiste Gérard Cornilleau, de l’OFCE, qui a juré que cinq minutes lui suffiraient largement pour sa démonstration : « Aujourd’hui, il n’y a pas de rationnement de la consommation, si ce n’est par le revenu. Il faut d’abord sortir de la crise pour relancer la consommation, ce n’est pas une question d’ouverture des magasins. Il n’y a aucune justification économique à cette volonté de modifier les horaires d’ouverture. » De façon concrète par Bernard Demarcq, de la CGT du Printemps Haussmann à Paris, qui a rappelé que son magasin, entre 2007 et 2014, n’a cessé d’élargir les amplitudes horaires, le travail du dimanche, des jours fériés et les nocturnes… en supprimant dans le même temps quelque 1306 équivalents temps-plein. Et d’accuser la direction du Printemps d’avoir « trompé la MIE » (mission d’information et d’évaluation du Conseil de Paris, NDLR), en gonflant artificiellement le chiffre d’affaires des dimanches, en encaissant ce jour-là des achats effectués en semaine.

Le volontariat des salariés sera-t-il garanti comme le promet Macron ? « C’est une escroquerie, a dénoncé Emmanuel Giraud, inspecteur du travail. D’abord on fait travailler des étudiants mais ensuite, tout le monde est obligé de suivre ». La loi Macron « est une offensive d’envergure pour faire sauter un important verrou, le repos du dimanche, a dénoncé Ana Azaria, de Femmes-égalité. Directement visées par cette offensive, les femmes des milieux populaires. On parle des Grands magasins à Paris, mais la loi va concerner tout le pays, et surtout des femmes qui sont majoritaires parmi les vendeuses, les caissières, les agents d’entretien ». Et la féministe d’évoquer les retombées sur la santé de ces femmes, sur leur vie de famille et de couple, sur le suivi scolaire des enfants. « On peut gagner sur certains points, il faut faire pression sur le groupe socialiste et il faut mener une campagne », a souligné Jacqueline Fraysse, députée communiste des Hauts-de-Seine, tandis que Martine Billard, du Parti de gauche, en appelait aussi à gagner les « frondeurs » du PS pour « faire chuter cette loi Macron ».

En attendant, les organisateurs ont annoncé une campagne de cartes postales à envoyer au président Hollande, lui rappelant ses propos hostiles au travail du dimanche, de l’année 2008 où député, il s’opposait à la loi Mallié de la droite… 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 10:47
Pierre LAURENT à Marseille pour l’avenir à Gauche…

Paru sur le site « Le Raco » Hier.

http://lerouetacoeurouvert.blogspot.fr/2014/12/pierre-laurent-marseille-pour-lavenir.html

Quelle alternative à gauche et avec quel rassemblement pour l'incarner ? Pierre LAURENT, à Marseille hier soir, était l'invité de l'aile gauche du Parti socialiste, Gauche Avenir. Pour Pierre LAURENT, l'alternative c'est maintenant, c'est pour cela qui ne se ménage pour travailler au rassemblement pour sortir de l'ornière en inventant un nouveau mode de développement pour la France. Un Pierre LAURENT qui martèle qu’aucune réunion ou colloque, n’est de trop mais, le fond de l’affaire reste la lutte, que le travail permanent de mobilisation sur le terrain est maintenant une dimension essentielle de la construction d’une alternative. Pierre LAURENT estime que ce qu’engage le Front de Gauche qui cherche des convergences avec d’autres forces politiques, syndicales et associatives, doit amener le Front de Gauche à faire sur le terrain électoral ce que le Front de Gauche essaye de faire sur celui des luttes, une construction citoyenne.

C’est dans un contexte nouveau et singulier que s’est déroulée la rencontre d’hier à Marseille, où Pierre LAURENT, secrétaire national du PCF, pour le Front de Gauche, Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d’Europe écologie-Les Verts et Marie-Noëlle Lienemann, membre du bureau national du PS, étaient d’accord pour dire qu’il y a urgence à faire émerger une alternative politique face à la politique gouvernementale, face à ce qu’elle génère de régressions, de découragement du monde du travail, des classes populaires et de la jeunesse et au risque du retour d’une droite radicalisée et de l’extrême droite. L’initiative fera certainement date, ce lundi, ce fut l’occasion à trois personnalités nationales représentant les trois courants de la gauche française pour débattre des contours d’un « nouveau pacte majoritaire ».

Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d’Europe écologie-Les Verts (EELV), déclarait : « Aujourd’hui, les Français ne comprennent pas dans quel sens va l’action du gouvernement. Nous, écologistes, sommes disponibles pour redonner un sens à la majorité, sur la base du programme de 2012. Il ne faut pas abandonner. Nous sommes disponibles pour recréer de l’espérance. ». Quant à Marie-Noëlle Lienemann, ancienne Ministre de Lionel Jospin et membre du bureau national du PS, elle ne cache pas ses divergences avec le gouvernement qui se revendique de son propre parti. « Je ne suis pas une frondeuse, je suis une résistante. Dans la Résistance, il y a eu le refus mais aussi la proposition. Moi, je résiste à la dérive libérale du gouvernement », déclarait-elle. Jugeant sévèrement le parti-pris libéral assumé par Manuel Valls, elle estimait que « ce n’est jamais en abandonnant les principes de son camp qu’on rassemble car on finit toujours par le perdre »

Une rencontre qui se situait au moment où l'aile gauche du Parti socialiste lance une campagne pour appeler les parlementaires à voter contre le projet de loi « pour la croissance et l'activité »défendue par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. Ainsi, Marie-Noëlle Lienemann clarifie la position des frondeurs en s’exprimant contre le projet de loi « MACRON », car il constitue à ses yeux « la remise en cause de tous les combats historiques de la gauche ».

Semaine après semaine, Pierre Laurent se fait plus ferme vis-à-vis de la politique gouvernementale actuelle. Avec toutes et tous les communistes, il élève le ton au niveau qu’il faut.

Aujourd'hui, il est plus que jamais important d'être sur le terrain, car la gauche a perdu des positions importantes au plan des idées. De manière générale, Pierre Laurent ne considère pas cette situation comme inéluctable. Avec ce Front de Gauche élargi, Pierre LAURENT veut réveiller les forces de gauche et cela ne peut pas se faire avec les politiques d'austérité actuelle.

Ses critiques concernant la politique gouvernementale ne datent pas d'aujourd'hui. Mais l'évolution de la situation l'amène à élever le ton car les résultats sont décidément très mauvais. On l'observe avec l'explosion du chômage. Mais aussi par des choix qui n'ont fait qu'encourager la surenchère du Medef.

Pierre Laurent dit que c'est de son devoir d'appeler la gauche à relever la tête. Avec les élections départementales de mars prochain dans le viseur.

Le Parti Communiste, avec cet esprit de rassemblement, va tout faire pour conserver les positions électorales. Ce sera difficile car le mode de scrutin et le redécoupage des cantons ont été faits en sa défaveur. Mais, Pierre Laurent pense que les forces qui peuvent être tentées par le découragement et le repli, peuvent être mobilisées.

Pour ce qui est des alliances avec le PS, elles sont inimaginables sauf avec les socialistes critiques envers le gouvernement. Mais, il y a des situations qu'il faut regarder. Soit parce que la gauche serait trop en danger, soit parce ce qu'il y a des situations où le débat entre les forces de gauche sur le terrain dans un canton est possible sur le contenu des objectifs à porter. Donc le travail de rassemblement que le PCF mène sur d'autres choix que les choix gouvernementaux, n'exclut en rien le travail dans les cantons pour construire des candidatures les plus larges possibles.

Enfin, sur la question des frondeurs, Pierre Laurent précise qu’il partage des critiques fortes sur le chemin pris par le gouvernement. Il faut que le dialogue porte à présent sur les solutions. Mais, il ne suffit plus que se juxtaposent des constats, et des critiques. Il faut faire émerger ensemble, si possible, des propositions communes.

L'heure est donc au rassemblement ! C'est une période de rassemblement, mais aussi de dialogue et de construction politique. Si rien n'est fait, la droite et l'extrême droite vont continuer tranquillement à prospérer sur les échecs de la politique gouvernementale actuelle.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 07:21

Pourquoi la gauche a-t-elle besoin d’un projet de transformation sociale ?

Face à l’hégémonie néolibérale et aux attentes populaires

MARDI, 25 NOVEMBRE, 2014

Marie-Pierre Vieu, membre du comité national du PCF

Par Marie-Pierre Vieu, membre du comité national du PCF, Pierre Zarka, président de l’Observatoire des mouvements de la société et Christian Picquet, porte-parole de Gauche unitaire.

C’est la refondation de la gauche qui est posée ! par Marie-Pierre Vieu Membre du comité national du PCF

C’est Philippe Marlière, politologue et « socialiste affligé » qui écrit, dans Gauche, ne plus tarder, que les mesures phares de « l’Humain d’abord » sont globalement moins anticapitalistes que celles du programme commun de 1972. Pas un jugement de valeur, cette incise dans notre débat ne vise qu’à démontrer une chose : tout projet transformateur est intimement lié au moment présent et aux rapports des forces en vigueur. Il s’inscrit bien sûr dans le mouvement général pour l’émancipation et dans le combat séculaire de la gauche. Mais nous ne sommes ni en 1945, ni en 1981, ni même en 1997, mais sous le coup de l’offensive libérale d’un capitalisme mondial financiarisé, au cœur d’un remodelage global de notre société tendant à détruire, pour les recomposer, les cadres et institutions qui l’ont nourrie et structurée. Répondre aux besoins fondamentaux nous amène aujourd’hui à peser sur les terrains structurants de cet affrontement : celui du dépassement de l’austérité par la sécurisation de l’emploi et des parcours de vie face à la précarisation généralisée en France comme en Europe ; celui du partage des richesses et de l’égalité par la redistribution fiscale et sociale, les services publics ; celui de placer notre planète au-dessus du productiviste et intégrer le paradigme écologique dans la notion de développement ; celui des droits et d’une VIe République citoyenne qui nous libèrent au lieu de nous encadrer et de nous soumettre ! Depuis le 6 mai 2012 et l’élection de François Hollande, il n’en va pas seulement d’un renoncement de plus d’un gouvernement socialiste après dix années de droite dure. Face à la « France entravée », il s’agit de nous délester de tous ces acquis et repères qui ont scellé le pacte social et républicain, le bien commun de notre nation, et nous ont soumis à la seule loi de la compétition : choc de compétitivité, réforme des collectivités, réduction drastique du périmètre public, politiques ouvertement sécuritaires, soumission totale aux marchés et à la BCE, tandis que le Medef est ouvertement institutionnalisé comme partenaire privilégié. Et pour user des termes de Jean-Christophe Cambadélis, il s’agit encore de créer le « nouveau pôle réformiste » en capacité d’imposer cette feuille de route. L’urgence démocratique révélée encore lors des scrutins des municipales et européennes atteste de la violence des maux créés par cette politique, affectant en profondeur la personne, paralysant l’électorat de gauche. Et, sauf à lier la question du projet transformateur à celle de l’alternative à gauche et du rassemblement majoritaire pour la gagner, grandit le risque de marginaliser tout combat progressiste. L’urgence n’est pas à faire le dos rond face à l’adversité d’un Medef dopé, une droite extrémisée, un FN publiquement banalisé, mais à ouvrir un espace neuf pour faire converger et cheminer ensemble les forces et personnes disponibles pour l’alternative. Conscientes que c’est la refondation de la gauche qui est posée ! Ce combat, nous le gagnerons dans le rassemblement politique incluant les forces discordantes du PS ; dans une construction partagée avec le mouvement social, d’où l’importance de poursuivre et structurer le mouvement contre l’austérité. Mais il est plus global. « Cela commence par recréer une conscience de gauche, une conscience collective », souligne la féministe Caroline De Haas. Ce combat est aussi celui pour la bataille de perspective et l’hégémonie culturelle, il est celui d’une action de proximité sur le terrain du travail, dans les quartiers populaires, la jeunesse, les intellectuels. La construction d’« assises de la transformation sociale et écologique » proposées par le Front de gauche, et dont le premier comité d’initiative a lieu cette semaine, vise à l’émergence de cette unité nouvelle, sans raccourci aucun, dans une démarche démocratique et populaire à la hauteur de l’espoir que nous voulons générer à gauche.

Le processus a besoin d’un horizon par Pierre Zarka Président de l’Observatoire des mouvements de la société

L’époque où le rendement du capital s’indexait essentiellement sur la production industrielle est close. De ce fait, est close l’époque de compromis « fordien » entre capitalistes et revendications populaires. La société ne restera pas ce qu’elle est. Elle ne peut que basculer soit davantage dans la sauvagerie capitaliste soit vers une société de mise en commun. L’espace de compromis qu’occupait le Parti socialiste n’existant plus, Valls et Hollande annoncent qu’ils ne changeront pas de cap. Ils accentuent même la brutalité de leur politique. La situation est délétère, la société s’effrite, les tensions montent. Cela situe l’urgence. Or, après avoir vérifié que faire pression sur le PS ne déboucherait pas, un grand nombre de personnes deviennent disponibles pour une autre voie. Il y a comme une attente non formulée d’autre chose. On y répondra que par de l’inédit, en redéfinissant un processus révolutionnaire. Le Front de gauche évoque le rôle du peuple. Mais encore faut-il préciser comment le peuple exerce réellement un rôle directement transformateur. Le rapport à l’acte institutionnel a besoin d’être revu. Réservé aux seuls élus, il est par essence délégataire et nous ne sortons pas de cette espèce de division des tâches désastreuse entre politique et revendicatif. Division qui éparpille les forces et enferme ceux qui luttent dans le rôle de demandeurs. Nous devons surmonter la dissociation séculaire entre luttes sociales, élaboration d’axes transformateurs et construction politique pour en faire un mouvement d’ensemble. Là et seulement là est l’ancrage d’un nouveau type de construction politique. Il n’y a de mouvement d’ensemble que dans la mesure où on conçoit ses propres revendications comme facteur d’un autre fonctionnement de la société. La Sécu est née quand des salariés ont pensé que les solutions à leurs propres revendications pouvaient dessiner un ensemble cohérent. La conscience de classe est un pour-soi que l’on sait rendre valable comme fonctionnement de la société. Cela interroge la prégnance de l’État sur nos esprits. Traditionnellement, partis, syndicats, citoyens font découler les transformations du pouvoir d’État, sans penser les actions populaires comme des forces instituantes, c’est-à-dire productrices de règles de portée générale. Faut-il avoir le dos au mur pour penser mettre son entreprise en coopérative ? Ne peut-on pas envisager cette démarche à l’échelle de la société tout entière ? Rares sont les luttes qui ne se heurtent pas à la logique du capitalisme, même si elle ne le savent pas toujours. Or l’attente de dépasser la protestation et de rendre immédiats les effets de l’action peut rendre sensible à des démarches et solutions fédératrices. Le processus de transformation ne se limite pas à une addition de mesures, mais suppose des actes qui s’en prennent d’emblée aux outils d’exploitation et de domination. Ce qui implique un horizon. Non pas un programme détaillé, mais un ailleurs vers lequel aller. Chaque acquis structurel a été lié à la vision d’une autre organisation sociale. La création de la Sécu ne doit-elle rien à l’idée qu’on se faisait alors du communisme ? Qu’y a-t-il de commun entre un enseignant et un ouvrier spécialisé ? Ni leurs revendications ni leur mode de vie mais peuvent être l’organisation de la société dont ils ont besoin. Encore faut-il qu’ils puissent s’y projeter. La conception trop courante du processus est celle d’une alternative qui se révélerait comme une heureuse surprise au bout d’une succession de transformations. Mais ces transformations ne pourront se faire que si nous concevons que la chronologie de la pensée capable de les produire n’est pas la chronologie des événements. Certes, dans les faits, l’avenir vient après le présent. Mais pas dans le domaine des idées qui influent sur les actes. Sans vision du but, le présent devient aléatoire. L’agir a besoin d’inclure la conceptualisation d’un autre système. Tâche urgente pour le Front de gauche, en en faisant l’affaire du plus grand nombre. C’est à mesure que se dégageront idées et comportements nouveaux que le rapport de forces bougera.

Oser gouverner à gauche par Christian Picquet Porte-parole de Gauche unitaire

En septembre, Gauche unitaire éditait un manifeste qu’elle intitulait : « Valls, ça suffit ! Vite, une nouvelle majorité rose-verte-rouge ! » Depuis, qui ne constate que l’urgence se fait plus pressante ? L’échec de la politique de l’offre et de l’austérité budgétaire ne fait plus de doute. L’investissement recule, la récession et la déflation guettent l’Europe, le chômage et la précarité progressent sans cesse, la désertification industrielle dévaste nos territoires. Pire, dans le chaudron de la souffrance sociale, de la destruction des protections collectives, de l’affaissement de la République, d’une crise politique et démocratique majeure, d’un désarroi massif, c’est une catastrophe qui se prépare. Qui verrait une droite ultraradicalisée, une extrême droite dopée par ses succès et un patronat de combat ne plus avoir d’adversaire, la gauche tout entière se trouvant marginalisée pour longtemps. L’heure est moins que jamais à la facilité des discours de dénonciation ou à la résignation devant des divisions génératrices d’impuissance. Alors que le mouvement populaire se retrouve sur la défensive, n’attendons pas des lendemains qui verraient la gauche anti-austérité enfin créditée de sa lucidité. Si un espoir politique ne renaît pas vite, la France risque de connaître des heures sombres. C’est la raison pour laquelle il importe de mettre sans délai, dans le débat public, les quelques objectifs d’intérêt général permettant de convaincre qu’une autre politique est possible. Et de porter, sur cette base, l’offre de nature à rassembler de nouveau les forces vives de la gauche. De la faillite des orientations conduites au sommet de l’État, découle de facto la politique alternative. Il est grand temps d’oser gouverner à gauche. D’user d’une dépense publique réorientée vers les besoins populaires, la création d’emplois et la transition écologique, pour initier une relance fondée sur un autre modèle de développement. D’affronter les logiques financières de court terme qui sont responsables des difficultés du pays. De promouvoir la justice fiscale, en commençant déjà par la mise à contribution des dividendes versés aux actionnaires des grands groupes, des revenus financiers des entreprises, des placements spéculatifs. De stimuler la demande intérieure grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires et des retraites. De s’atteler à la refondation républicaine de la France, seule à même de restaurer l’égalité et d’interrompre le processus éloignant les citoyens de la politique. De rompre avec cette mise sous tutelle de la souveraineté populaire par la Commission de Bruxelles et la droite conservatrice allemande, véritable humiliation nationale nourrissant au quotidien les saillies de Mme Le Pen, en décidant de suspendre immédiatement le pacte budgétaire européen. À en juger par les critiques de la politique de François Hollande et Manuel Valls qui gagnent en intensité jusqu’au cœur du Parti socialiste, la plus grande partie de la gauche peut se retrouver sur de telles propositions. Ce qui rend impératif de la rassembler, à partir d’un pacte anti-austérité, pour installer la perspective d’une autre majorité et d’un gouvernement refusant la soumission à la loi d’airain des marchés. Rien, cependant, ne se fera sans l’intervention active des forces transformatrices. À commencer par celles du Front de gauche. Comme à d’autres périodes, celle de la genèse du Front populaire par exemple, il leur faut savoir faire preuve de courage, briser les routines, faire reculer le fatalisme dans les consciences, retrouver l’esprit de rassemblement qui a toujours été la condition de la remobilisation du peuple, prendre les initiatives de nature à faire basculer le destin du pays. Dit autrement, la refondation d’un projet régénérateur pour la gauche, c’est maintenant…

« il faut en finir avec la gauche passéiste » Dans l’Obs du 23 octobre, le premier ministre a indiqué : « Il faut être pragmatique et (...) en finir avec la gauche passéiste (...), hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. L’idéologie a conduit à des désastres mais la gauche que je porte garde un idéal : l’émancipation de chacun. Elle est pragmatique, réformiste et républicaine. »

Face à l’hégémonie néolibérale et aux attentes populaires

MARDI, 25 NOVEMBRE, 2014

Marie-Pierre Vieu, membre du comité national du PCF

Photo : Patrick Nussbaum

Par Marie-Pierre Vieu, membre du comité national du PCF, Pierre Zarka, président de l’Observatoire des mouvements de la société et Christian Picquet, porte-parole de Gauche unitaire.

C’est la refondation de la gauche qui est posée ! par Marie-Pierre Vieu Membre du comité national du PCF

C’est Philippe Marlière, politologue et « socialiste affligé » qui écrit, dans Gauche, ne plus tarder, que les mesures phares de « l’Humain d’abord » sont globalement moins anticapitalistes que celles du programme commun de 1972. Pas un jugement de valeur, cette incise dans notre débat ne vise qu’à démontrer une chose : tout projet transformateur est intimement lié au moment présent et aux rapports des forces en vigueur. Il s’inscrit bien sûr dans le mouvement général pour l’émancipation et dans le combat séculaire de la gauche. Mais nous ne sommes ni en 1945, ni en 1981, ni même en 1997, mais sous le coup de l’offensive libérale d’un capitalisme mondial financiarisé, au cœur d’un remodelage global de notre société tendant à détruire, pour les recomposer, les cadres et institutions qui l’ont nourrie et structurée. Répondre aux besoins fondamentaux nous amène aujourd’hui à peser sur les terrains structurants de cet affrontement : celui du dépassement de l’austérité par la sécurisation de l’emploi et des parcours de vie face à la précarisation généralisée en France comme en Europe ; celui du partage des richesses et de l’égalité par la redistribution fiscale et sociale, les services publics ; celui de placer notre planète au-dessus du productiviste et intégrer le paradigme écologique dans la notion de développement ; celui des droits et d’une VIe République citoyenne qui nous libèrent au lieu de nous encadrer et de nous soumettre ! Depuis le 6 mai 2012 et l’élection de François Hollande, il n’en va pas seulement d’un renoncement de plus d’un gouvernement socialiste après dix années de droite dure. Face à la « France entravée », il s’agit de nous délester de tous ces acquis et repères qui ont scellé le pacte social et républicain, le bien commun de notre nation, et nous ont soumis à la seule loi de la compétition : choc de compétitivité, réforme des collectivités, réduction drastique du périmètre public, politiques ouvertement sécuritaires, soumission totale aux marchés et à la BCE, tandis que le Medef est ouvertement institutionnalisé comme partenaire privilégié. Et pour user des termes de Jean-Christophe Cambadélis, il s’agit encore de créer le « nouveau pôle réformiste » en capacité d’imposer cette feuille de route. L’urgence démocratique révélée encore lors des scrutins des municipales et européennes atteste de la violence des maux créés par cette politique, affectant en profondeur la personne, paralysant l’électorat de gauche. Et, sauf à lier la question du projet transformateur à celle de l’alternative à gauche et du rassemblement majoritaire pour la gagner, grandit le risque de marginaliser tout combat progressiste. L’urgence n’est pas à faire le dos rond face à l’adversité d’un Medef dopé, une droite extrémisée, un FN publiquement banalisé, mais à ouvrir un espace neuf pour faire converger et cheminer ensemble les forces et personnes disponibles pour l’alternative. Conscientes que c’est la refondation de la gauche qui est posée ! Ce combat, nous le gagnerons dans le rassemblement politique incluant les forces discordantes du PS ; dans une construction partagée avec le mouvement social, d’où l’importance de poursuivre et structurer le mouvement contre l’austérité. Mais il est plus global. « Cela commence par recréer une conscience de gauche, une conscience collective », souligne la féministe Caroline De Haas. Ce combat est aussi celui pour la bataille de perspective et l’hégémonie culturelle, il est celui d’une action de proximité sur le terrain du travail, dans les quartiers populaires, la jeunesse, les intellectuels. La construction d’« assises de la transformation sociale et écologique » proposées par le Front de gauche, et dont le premier comité d’initiative a lieu cette semaine, vise à l’émergence de cette unité nouvelle, sans raccourci aucun, dans une démarche démocratique et populaire à la hauteur de l’espoir que nous voulons générer à gauche.

Le processus a besoin d’un horizon par Pierre Zarka Président de l’Observatoire des mouvements de la société

L’époque où le rendement du capital s’indexait essentiellement sur la production industrielle est close. De ce fait, est close l’époque de compromis « fordien » entre capitalistes et revendications populaires. La société ne restera pas ce qu’elle est. Elle ne peut que basculer soit davantage dans la sauvagerie capitaliste soit vers une société de mise en commun. L’espace de compromis qu’occupait le Parti socialiste n’existant plus, Valls et Hollande annoncent qu’ils ne changeront pas de cap. Ils accentuent même la brutalité de leur politique. La situation est délétère, la société s’effrite, les tensions montent. Cela situe l’urgence. Or, après avoir vérifié que faire pression sur le PS ne déboucherait pas, un grand nombre de personnes deviennent disponibles pour une autre voie. Il y a comme une attente non formulée d’autre chose. On y répondra que par de l’inédit, en redéfinissant un processus révolutionnaire. Le Front de gauche évoque le rôle du peuple. Mais encore faut-il préciser comment le peuple exerce réellement un rôle directement transformateur. Le rapport à l’acte institutionnel a besoin d’être revu. Réservé aux seuls élus, il est par essence délégataire et nous ne sortons pas de cette espèce de division des tâches désastreuse entre politique et revendicatif. Division qui éparpille les forces et enferme ceux qui luttent dans le rôle de demandeurs. Nous devons surmonter la dissociation séculaire entre luttes sociales, élaboration d’axes transformateurs et construction politique pour en faire un mouvement d’ensemble. Là et seulement là est l’ancrage d’un nouveau type de construction politique. Il n’y a de mouvement d’ensemble que dans la mesure où on conçoit ses propres revendications comme facteur d’un autre fonctionnement de la société. La Sécu est née quand des salariés ont pensé que les solutions à leurs propres revendications pouvaient dessiner un ensemble cohérent. La conscience de classe est un pour-soi que l’on sait rendre valable comme fonctionnement de la société. Cela interroge la prégnance de l’État sur nos esprits. Traditionnellement, partis, syndicats, citoyens font découler les transformations du pouvoir d’État, sans penser les actions populaires comme des forces instituantes, c’est-à-dire productrices de règles de portée générale. Faut-il avoir le dos au mur pour penser mettre son entreprise en coopérative ? Ne peut-on pas envisager cette démarche à l’échelle de la société tout entière ? Rares sont les luttes qui ne se heurtent pas à la logique du capitalisme, même si elle ne le savent pas toujours. Or l’attente de dépasser la protestation et de rendre immédiats les effets de l’action peut rendre sensible à des démarches et solutions fédératrices. Le processus de transformation ne se limite pas à une addition de mesures, mais suppose des actes qui s’en prennent d’emblée aux outils d’exploitation et de domination. Ce qui implique un horizon. Non pas un programme détaillé, mais un ailleurs vers lequel aller. Chaque acquis structurel a été lié à la vision d’une autre organisation sociale. La création de la Sécu ne doit-elle rien à l’idée qu’on se faisait alors du communisme ? Qu’y a-t-il de commun entre un enseignant et un ouvrier spécialisé ? Ni leurs revendications ni leur mode de vie mais peuvent être l’organisation de la société dont ils ont besoin. Encore faut-il qu’ils puissent s’y projeter. La conception trop courante du processus est celle d’une alternative qui se révélerait comme une heureuse surprise au bout d’une succession de transformations. Mais ces transformations ne pourront se faire que si nous concevons que la chronologie de la pensée capable de les produire n’est pas la chronologie des événements. Certes, dans les faits, l’avenir vient après le présent. Mais pas dans le domaine des idées qui influent sur les actes. Sans vision du but, le présent devient aléatoire. L’agir a besoin d’inclure la conceptualisation d’un autre système. Tâche urgente pour le Front de gauche, en en faisant l’affaire du plus grand nombre. C’est à mesure que se dégageront idées et comportements nouveaux que le rapport de forces bougera.

Oser gouverner à gauche par Christian Picquet Porte-parole de Gauche unitaire

En septembre, Gauche unitaire éditait un manifeste qu’elle intitulait : « Valls, ça suffit ! Vite, une nouvelle majorité rose-verte-rouge ! » Depuis, qui ne constate que l’urgence se fait plus pressante ? L’échec de la politique de l’offre et de l’austérité budgétaire ne fait plus de doute. L’investissement recule, la récession et la déflation guettent l’Europe, le chômage et la précarité progressent sans cesse, la désertification industrielle dévaste nos territoires. Pire, dans le chaudron de la souffrance sociale, de la destruction des protections collectives, de l’affaissement de la République, d’une crise politique et démocratique majeure, d’un désarroi massif, c’est une catastrophe qui se prépare. Qui verrait une droite ultraradicalisée, une extrême droite dopée par ses succès et un patronat de combat ne plus avoir d’adversaire, la gauche tout entière se trouvant marginalisée pour longtemps. L’heure est moins que jamais à la facilité des discours de dénonciation ou à la résignation devant des divisions génératrices d’impuissance. Alors que le mouvement populaire se retrouve sur la défensive, n’attendons pas des lendemains qui verraient la gauche anti-austérité enfin créditée de sa lucidité. Si un espoir politique ne renaît pas vite, la France risque de connaître des heures sombres. C’est la raison pour laquelle il importe de mettre sans délai, dans le débat public, les quelques objectifs d’intérêt général permettant de convaincre qu’une autre politique est possible. Et de porter, sur cette base, l’offre de nature à rassembler de nouveau les forces vives de la gauche. De la faillite des orientations conduites au sommet de l’État, découle de facto la politique alternative. Il est grand temps d’oser gouverner à gauche. D’user d’une dépense publique réorientée vers les besoins populaires, la création d’emplois et la transition écologique, pour initier une relance fondée sur un autre modèle de développement. D’affronter les logiques financières de court terme qui sont responsables des difficultés du pays. De promouvoir la justice fiscale, en commençant déjà par la mise à contribution des dividendes versés aux actionnaires des grands groupes, des revenus financiers des entreprises, des placements spéculatifs. De stimuler la demande intérieure grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires et des retraites. De s’atteler à la refondation républicaine de la France, seule à même de restaurer l’égalité et d’interrompre le processus éloignant les citoyens de la politique. De rompre avec cette mise sous tutelle de la souveraineté populaire par la Commission de Bruxelles et la droite conservatrice allemande, véritable humiliation nationale nourrissant au quotidien les saillies de Mme Le Pen, en décidant de suspendre immédiatement le pacte budgétaire européen. À en juger par les critiques de la politique de François Hollande et Manuel Valls qui gagnent en intensité jusqu’au cœur du Parti socialiste, la plus grande partie de la gauche peut se retrouver sur de telles propositions. Ce qui rend impératif de la rassembler, à partir d’un pacte anti-austérité, pour installer la perspective d’une autre majorité et d’un gouvernement refusant la soumission à la loi d’airain des marchés. Rien, cependant, ne se fera sans l’intervention active des forces transformatrices. À commencer par celles du Front de gauche. Comme à d’autres périodes, celle de la genèse du Front populaire par exemple, il leur faut savoir faire preuve de courage, briser les routines, faire reculer le fatalisme dans les consciences, retrouver l’esprit de rassemblement qui a toujours été la condition de la remobilisation du peuple, prendre les initiatives de nature à faire basculer le destin du pays. Dit autrement, la refondation d’un projet régénérateur pour la gauche, c’est maintenant…

« il faut en finir avec la gauche passéiste » Dans l’Obs du 23 octobre, le premier ministre a indiqué : « Il faut être pragmatique et (...) en finir avec la gauche passéiste (...), hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. L’idéologie a conduit à des désastres mais la gauche que je porte garde un idéal : l’émancipation de chacun. Elle est pragmatique, réformiste et républicaine. »

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 05:05

 

 

PAS DE LIBERTÉ, PAS DE DÉMOCRATIE SANS UN PLURALISME VÉRITABLE !

Adresse à Monsieur Olivier SCHRAMECK, Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel
Depuis des mois la discrimination à l’égard du Parti Communistes Français dans les médias télévisés est devenue une constante insupportable pour les citoyens attachés à la démocratie et au pluralisme.
Pierre LAURENT, son secrétaire national fait l’objet d’un ostracisme révoltant. Cela fait au moins douze ans qu’aucun secrétaire du Parti communiste n’a été invité à participer à une émission de début de soirée.

TROP C’EST TROP, C’EST L’OVERDOSE !

La mise en scène d’un match à trois (UMP-PS-FN) est un jeu dangereux et une grave atteinte à la démocratie !

• Le Front national a table ouverte permanente sur tous les plateaux de télévision.
• Le petit écran est envahi par l’UMP et le retour de celui qu’une grande partie de nos compatriotes ne veulent plus.
• Nous sommes invités à passer notre dimanche en compagnie du Parti socialiste et du premier ministre.

Et pendant ce temps :
• Les communistes réunis en conférence nationale lancent un appel pour construire une alternative à l’austérité : PAS UN MOT !
• Les parlementaires communistes se rendent à un péage pour dénoncer le scandale des sociétés d’autoroutes : PAS UN MICRO NE LEUR EST TENDU !
• Des militants communistes défilent grimée en patrons pour dénoncer le Medef qui en demande toujours plus : LES TÉLÉSPECTATEURS N’EN SAURONT RIEN !

CE SILENCE EST ASSOURDISSANT !

C’est à une véritable disparition du courant d’opinion représenté par le Parti communiste à laquelle nous assistons !
C’est intolérable ! Cela pose la question de la représentation légitime dans les médias d’une formation, fondatrice du Front de gauche, comptant 120.000 adhérent et restant la troisième force politique en termes d’élus locaux !

La France va mal ! Elle souffre ! Elle connaît une grave crise de confiance, une grave crise démocratique ! La majorité de notre peuple ne veut plus de la politique actuellement mise en œuvre !
Quelle alternative ? La question est posée !
Y répondre appelle débat, confrontations, écoute de la société, propositions d’alternatives syndicales, sociales, économiques, écologiques, politiques et culturelles !
La parole des communistes doit être respectée et entendue !

C’est pourquoi nous exigeons que soit mis un terme à la mise à l’écart du Parti communiste français et de son secrétaire national ! C’est tout simplement faire droit au respect du pluralisme sans lequel la démocratie serait une coquille vide !

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 18:36

Le parti communiste français (PCF) lance lundi une "contre semaine d'action" en riposte à la semaine de mobilisation du Medef avec de multiples initiatives allant de la distribution de tracts aux portes des entreprises au clip parodique sur internet.

"Le Medef prépare du 1er au 5 décembre une semaine d’actions pour +dire la souffrance des patrons et remettre en cause le compte pénibilité, temps partiel de 24h par semaine, obligation d’informer les salariés de la cession de l’entreprise, dans les PME…+ La décence, ils ne connaissent pas ! (…) Je propose d’organiser, du 1er au 8 décembre, une contre semaine d’actions, arguments contre arguments", explique le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

"Ils veulent parler de l’entreprise ? BANCO ! Parce que nous aussi, on aime l’entreprise, celle qui respecte le travail, celle qui crée et partage des richesses. Partout, demandons des comptes : où va l’argent du CICE ? Du CIR ? Des banques ? De l’Etat ? Qui touche quoi ? Pour en faire quoi ? Nous savons où sont les gâchis ?", ajoute-t-il.

Un tract, tiré à un million d’exemplaires, sera distribué aux portes des entreprises. Le PCF a également interpellé les préfets pour demander le montant de CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) versés par département et la liste des bénéficiaires. Les réponses seront publiées.

Des actions devant des grands groupes (grande distribution, banques, entreprises du CAC 40) "qui ont encaissé des millions de CICE sans la moindre contrepartie en terme d’emploi, d’augmentation des salaires, d’investissements", seront également organisées ainsi que des manifestations, interpellation directe du Medef (il est ainsi proposé de "murer" l’entrée du Medef par des exemplaires du code du travail).

Le PCF lance aussi une campagne sur les réseaux sociaux avec le mot dièse #PauvreGattaz et un clip ironique sur le discours du Bourget de François Hollande où le candidat avait désigné la finance comme son ennemi (http://www.dailymotion.com/video/x2…).

Mardi, Pierre Laurent participera à une "procession festive et bruyante" du siège du Medef à Paris à l’Ambassade du Luxembourg.

"Cette contre semaine ne vise pas les PME et PMI qui souffrent et ne sont pas aidées par la politique gouvernementale", insiste Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, "nous voulons interpeller avec le mot d’ordre +vous avez des comptes à rendre sur l’utilisation de l’argent public+".

Les trois organisations patronales, le Medef, CGPME et l’UPA (artisans) se mobiliseront pendant la première semaine de décembre pour mettre fin à "30 années d’une politique" qui a "étouffé" les entreprises.

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BRUNO FORNACIARI

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