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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 11:23

Mon propos n'est pas ici de dire ou répéter ce qui a déjà été dit sur les conditions politiques et idéologiques de la situation française ou européenne, sur les co-responsabilités de la droite et du PS dans les résultats des élections de mars et mai 2014.


Je pense aussi que le Front de gauche a ses propres responsabilités pour ne pas avoir su dépasser ses contradictions et permettre une issue progressiste et démocratique comme réponse à la critique du "système" et à l'expression du mécontentement qui a renforcé le FN. Je ne veux m'attacher ici essentiellement sur les contradictions internes du front de gauche et à ses "défauts".


Il est de bon aloi, et comme une chose entendue, indiscutable, établie, par ceux qui les critiquent, que les postures du PCF aux municipales ont fait capoté le front de gauche aux élections locales, dont le message national est cependant incontestable. Le PCF, selon les opposants à cette tactique "au plus prêt" (selon chaque situation concrète), est au fond le seul coupable de l'échec relatif aux européennes et de la déception de tous ceux, "vraiment à gauche", qui veulent le changement, le vrai. L'attitude "confuse" peut-on lire et entendre ici et là, (et à la carte pour les municipales du PCF), selon ses détracteurs a été incomprise et laisse planer le doute, entretenu, de la volonté du PCF de faire vivre le Front de Gauche . Et pour causes. D'une part, JL mélenchon lui-même a pris la tête, non sans soutiens militants et médiatiques, d'une campagne incessante de diabolisation du PCF, qui aurait choisi à Paris (dont "ils" font le symbole de la radicalité), le PS contre le Front de gauche. L'abus de langage et la confusion volontaire participe de cette campagne. Les médias présentent JL Mélenchon te sa stratégie d'autonomie, tout à la fois comme celle du co-président du "parti de gauche de JL Mélenchon" qui serait aussi le leader du "Front de Gauche".
Je note que "l'Humanité" et le PCF donne le flan, involontairement, à cette interprétation quand, pour dire leur association dans le Front de Gauche ils en expriment le contraire, puisque il n'est pas rare de lire ou d'entendre :"le PCF ET le Front de Gauche", sans rappeler suffisamment et clairement, que le PCF en est l'un des membres fondateur et l'un des principaux éléments. Ainsi ce cocktail de formulations entretien la confusion et peut désarçonner ceux qui se laissent abuser. C'est la même démarche des médias qui consiste à considérer le PS et lui seul, comme représentant la "gauche". Et les tentatives du PCF de faire vivre son identité se confronte à celle de globalisation de Mélenchon. Ainsi Parti de Gauche et Front de gauche sont associés dans un même concept éponyme et synonyme et le nom de Mélenchon y est abondamment associé. Pierre Laurent en est écarté puisqu'il est présenté comme le représentant (parfois et trop souvent le "patron") du PCF, en dépit de ses déclarations sur la nécessité du Front de Gauche et de l'implication de notre parti dans l'édifice qu'il a contribué puissamment à former.


Le nombre incalculable d'invitations dans les médias du "leader" du Front de gauche co-président du parti de gauche, les tribunes de "politis" de "médiapart" de "Marianne" de "Regard" prenant fait et cause pour la stratégie de "rupture" et "d'autonomie" vis à vis du parti socialiste, pour y valider celle du recours, qui à l'expérience a faillit, rencontre néanmoins, un succès relatif, "grâce" à l'esprit cartésien des français (on ne peut être tout à la fois dehors et dedans, on est pour ou contre etc...). La perspective et la nécessité historique s'efface devant l'actualité 'immédiate, factuelle, devant la logique aristotéticienne. La prétention du PG à représenter légitimement ( en raison de la candidature de JL Mélenchon à la présidentielle et des institutions de la Ve république) donne force à l'accusation de Mélenchon selon laquelle, la direction du PCF a décidé d'abandonner le Front de gauche au profit du PS pour de "lâches calculs boutiquiers", "prendre des places", "sauver" des élus et les finances du Parti et toutes une série d'insultes, d'invectives et de fausses prédictions ou d'attitudes présentées comme prémonitoires etc...alors que ce sont les communistes qui lui ont tendu la main pour l'extraire du marécage "social démocrate" dans lequel il s'était englué depuis trois décennies, et pour finalement l'en sortir. Voire.


Je me suis offusqué aussi de l'absence de réaction de la direction du Parti communiste à la harangue de Mélenchon à la manif du 1er décembre lorsqu'il tentait de faire valider in-situ, par les dizaines de milliers de manifestants mobilisés aussi par le PCF, le nouveau concept d'"opposition de gauche" avec lequel le PCF se tient à distance. Cette opération participe de l'entreprise de déstabilisation du PCF mise en oeuvre par le co-président du PG qui compte bien, comme un coucou, en tirer profit pour lui-même et accessoirement pour son parti. Une deuxième raison réside selon moi dans la faiblesse et l'insuffisance de la prise en compte par le parti et ses militants, affaiblis numériquement et idéologiquement, non pas seulement du virage à droite du PS mais de son enfoncement dans les dogmes libéraux et de la difficulté qui en résulte, ancienne maintenant, de mettre en oeuvre une stratégie de rassemblement de "toute la gauche"aux municipales, donc y compris le PS, dont les dirigeants et les ministres font le contraire de ce pourquoi ils ont été élus. La pente est raide et le chemin est étroit, et Mélenchon s'engouffre dans cette difficulté pour y défendre et promouvoir sa stratégie. Nous n'avons pas su engager le parti dans cette bataille idéologique. Au contraire, la conclusion d'un accord, passé inaperçu, entre les partenaires du front de gauche au sujet d'une stratégie et d'un mode d'organisation du front de gauche qui lui sont propres , fin janvier 2013 a tétanisé l'action propre du parti au profit du front de gauche, ce qui a dû troubler plus d'un communiste. D'ailleurs, les deux textes, publiés par "l'Humanité" les 28 et 29 janvier qui relatent ces accords semblent s'être réalisés dans la précipitation ( pourquoi ne pas attendre le congrès du PCF pour prendre une telle décision) , et à l'insu des militants du PCF qui n'ont pas eu la possibilité de dire leur mot. Ils se sont trouvés placés devant le fait accompli, à la veille de leur congrès qui allait se dérouler aux premiers jours de février à Aubervilliers et n'ont pu et avant eux les conférencs de section et les conférences fédérales en discuter. Que penser d'une telle décision qui n'a pas été approuvée par les instances supérieures du parti, le congrès ?


Il faut ajouter que la décision de Mélenchon du retrait du PG de la GUE, consécutif à ces "désaccords municipaux" le retard organisé par le PG qui en a résulté pour la constitution des listes, puis l'ultimatum et le coup de force du PG pour minimiser le PCF et maximaliser le PG dans les listes des régions européennes ont incontestablement plombé et la campagne et la crédibilité du front de gauche auprès des électeurs ainsi qu'auprès des militants communistes. Les militants du PG expriment violemment leur oppsition au PCF et étalent à longueur de "post" ou d'articles leur anti-communisme. Le front de gauche, en dépit du programme "'l'humain d'abord" apparaît divisé, et le demeure.


Et, l'on peut de plus s'interroger aussi sur l'utilisation des médias par JL Mélenchon et le parti de gauche. Ces derniers accusent les médias de la promotion du FN, ce qui n'est pas faux, mais comment se fait-il que les nombreuses apparitions de JL mélenchon et d'autres du Parti de gauche, Delapierre, Coquerel, Billard complaisamment invités dans les studios et présents tantôt comme PG, tantôt comme front de gauche ou les deux à la fois, au lieu de profiter au FDG se transforme en son contraire.


Même chez les militants communistes qui ont pourtant désigné Mélenchon majoritairement comme "leur candidat à la présidentielle", il rencontre désormais une réserve quand ce n'est pas une franche opposition. Les "amis" FB du PG quant à eux, je l'évoquait plus haut, ne laissent aucuns doutes sur leur opinion du PCF, de ses dirigeants et de la place de celui-ci dans le front. La plupart lui demandent de s'écarter, de partir, de retourner au plus offrant pour le confort des places et des moyens. Ces considérations insultantes sont ressenties commes injustes et provocatrices. Elles sont pour moi inacceptables et je ne vois pas comment, aujourd'hui, poursuivre avec des personnes qui nous considèrent comme des ennemis et des traîtres de premier plan. Ces "amis" FB expriment depuis plusieurs mois, des désaccords, des différends, des oppositions qui se transforment peu à peu en haines exprimées sans fard qui tendent à dresser une barrière entre militants de gauche. Il y a le feu au front de gauche. L'incendie qui continue a couver s'éteindra-t-il ? Certainement pas de lui-même. J'en doute.


Dans ces conditions, la question est légitime : le Front de gauche tel qu'il est a-t-il un avenir. Ne tournons pas autour du pot. Pour moi c'est NON. La réponse a d'ailleurs déjà été donné, préventivement si je puis dire, par les différences d'implication des militants de chaque parti aux européennes qui ne se sont mobiisés qu'en en fonction du drapeau de la (leur) tête de liste.


Nombre de communistes ont été choqués par le non-respect par les représentrants du front de gauche, de l'originalité de ses composantes et singulièrement de l'identité du PCF de sa "liberté" de faire valoir ses particularités, bafouées, qui sont présentées comme autant d'obstacles à la "solution".Tout cela participent du trouble ambiant au front de gauche sans qu'y soit apporté quelque réponse que ce soit. Si la création du front de gauche a été actée au congrès du PCF en décembre 2008, comme une initiative stratégique innovante, majeure, promise au succès, ce qui se confirmait d'ailleurs par des positions électorales ascendantes dès 2009 puis 2010, l'expérience trouve aujourd'hui ses limites avec les contestations stratégiques, celle de la personnalisation excessive du "leader" "Président" du FDG, et la contestation de l'effacement du PCF.


La stagnation électorale aux européennes, qui équivaut à un recul eu égard aux objectifs, (Mélenchon avait avancé l'idée de dépasser le PS, puis d'atteindre + de 10 % et des "surprises favorables), le dépassement du Front de gauche n'est-il pas aujourd'hui à l'ordre du jour ? Le FDG dans sa conception , comme dans sa forme doit trouver le moyen de la relance, une réponse qui s'incrit dans une lutte efficace contre la droite et son extême, contre l'austérité et un gouvernement qui la met en oeuvre au nom de la gauche. Un rassemblement de gauche large capable de mettre en oeuvre une véritable politique de gauche. Car s'il est vrai que nous tentons de résister aux mauvais coups en faisant "front contre", ce qui est nécessaire, l'urgence et les possibilités ne sont-elles pas de rassembler pour ? Et là, Le PG et même "ensemble" n'y mettent pas les mêmes ingrédients, notamment si l'on considère qu'il faut élargir. Mais à qui, et jusqu'où, à gauche. Le NPA préférable aux socialistes, et lesquels? ? à Nouvelle Donne ?, à l'exclusion du PS, de ses militants mécontents et oppositionnels, comme si le PS ne pouvait pas bouger lui aussi, sans illusions, à terme ?


Constatons que les assemblées citoyennes ont eu et ont encore, à degré moindre aujourd'hui, des effets positifs, comme celui d'intéresser plus largement que n'a pu le faire le seul parti communiste ou tout autre parti seul, à des problématiques enfouies jusque-là. Que l'aspect "éducation populaire" de ses assemblées ait été utile doit être apprécié positivement. La mise en évidence de questions importantes et décisives a été possible (la dette et plus récemment le traité transatlantique dévoilé par Patrick Le Hyaric, la VIe république etc...). Mais, ces assemblées hétéroclites n'ont pas pu "engager" les participants, plutôt spectateurs, dans des actions ou des campagnes de longues durée, ni s'élargir aux classes sociales impactées par la crise. Tout au plus elles ont pu se transformer, de façon restreinte en "machine " électorale. Le militantisme de terrain restant l'apanage des formations politiques et singulièrement du PCF lorsqu'il est en état de le mettre en oeuvre, en direction des différents milieux populaires et d'activités productives et (ou) intellectuelles.


Il nous faut remarquer, que les textes adoptés par le front de gauche qui instaurent de fait une primauté du Front sur les parties constitutives et singulièrement une substitution ou subordination du PCF qui n'apparait plus que comme l'outil de mise en oeuvre de décisions prise en dehors de lui, est mal vécue, et refusée par la plupart des communistes. Et nous n'avons pas pu ou su non plus gérer la contradiction intériorité/extériorité, qui s'est réduit soit à l'effacement du parti communiste soit au rejet du FDG. Chaque parti entend bien se trouver propulser comme partie essentielle du Front, y avoir l'influence nécessairement primordiale pour imprimer sa ligne. Mais la direction consensuelle floue brouille les différences et profite à celui qui a représenté et incarné avec succès, le front de gauche à l'élection présidentielle considérée comme déterminante et mère de toutes les autres. La tentation est grande de reproduire le processus et de fait l'acception de personne est inévitable. Pourtant, ce n'est ni l'esprit de résistance et de conquête qui est en cause, ni non plus l'idée et la nécessité du rassemblement qualitatif et quantitatif à gauche, tout au contraire. Le front de gauche tel qu'il est représenté apparaît sectaire, outrancier, diviseur, négatif par les électeurs. Il confine nos exigences à un rassemblement restreint qui clive et exclu, incapable de s'ouvrir au-delà de lui-même. L'obligation d'aujourd'hui, plus qu'hier est de se rassembler à gauche et d'ouvrir ce rassemblement pour agglomérer et amplifier. Élargir à la fois l'opposition à la politique actuelle et entreprendre la construction de son dépassement.


Une situation nouvelle s'est créée, d'abord avec les municipales, puis les européennes, avec une progression spectaculaire et inquiétante d'idées réactionnaires mais aussi protestataires, qui se sont manifestées aussi par des votes FN (rassemblement Bleu Marine) et non pas front de gauche . Nous ne sommes pas apparu comme le recours comme le prophétisait Mélenchon, et la stagnation décevante et décourageante des scores du FDG et de l'indifférence qu'il suscite, nous oblige à en tirer les leçons et construire dès à présent une réponse qui pourrait être celle de la construction d'un Rassemblement Démocratique Populaire de Gauche à vocation majoritaire impliquant toutes les forces, populaires, sociales, intellectuelles, économiques, politiques, qui s'assignent comme objectif la transformation de notre société capitaliste actuelle en une société régie par une nouvelle République, sociale, démocratique et internationaliste. Elle peut se fonder sur les valeurs humaines que réclament la grande majorité des français et que traduisent les propositions et les objectifs de progrès, de développement, de respect, de sécurité, de coopération et de paix contenues dans le programme"l'humain d'abord", mais pas seulement. Des prises de conscience, des évènements nouveaux, des "bougés" modifient la donne.Ce rassemblement peut être pérenne s'il implique le plus grand nombre, et notamment ceux qui ont choisi, pour leur raison propres et indéfectibles, l'adhésion au parti ou mouvement qu'il considère comme leur meilleur engagement personnel. Ce nouveau rassemblement s'il se construit dans la clarté du débat et sur la confrontation des idées et des propositions, doit se réaliser dans un bouillonnement démocratique respectueux de chacune et chacun. Ce qui suppose des règles de vie de ce nouveau rassemblement non contraignantes ni mutilantes pour chacun. La liberté d'en être ou pas, sur chaque sujet, peut en renforcer l'intérêt, l'adhésion et la cohérence. Au contraire d'une globalisation non consentie ou forcée, qui laisse subsister les désaccords et prépare les ruptures, le débat et l'action permanents en seraient les moteurs, l'activité propre de chaque composante en assurerait la diversité. Pour ce qui les concernent, je crois que les communistes entendent bien, avec leurs militants, leurs dirigeants et leur organisation favoriser la construction d'un chantier auquel ils convient tous et chacun. Ils ambitionnent naturellement d'augmenter le nombre et la qualité de leur militants, c'est-à-dire d'acteurs engagés vers cet objectif, de renforcer leur organisation, de transformer leur parti vers toujours plus de démocratie militante efficace, de multiplier ses élus et ses représentants, de faire vivre et déployer les stratégies qu'ils définissent démocratiquement à chaque congrès national.


Si le rassemblement pour un changement de société est un objectif, le parti Communiste est une nécessité. Pour moi, il ne s'agirait pas de remettre en chantiers nos accords sur le programme "l'humain d'abord", qui est un acquis. Mais force est de constater que des différences, voire des désaccords subsistent sur certaines questions qui ne doivent pas empêcher d'agir ensemble mais qui nécessitent des débats entre nous (le nucléaire, l'euro, la propriété sociale, la nationalisation temporaire ou définitive etc...) Et ces différences risques de se multiplier avec de "nouveaux entrants". Aussi, il faut fixer les grandes lignes et les valeurs et la bataille idéologique qui doit imprégner toute la société, arguments contre arguments dans la comparaison des analyses et des propositions déterminera l'offre politique et dans les luttes qui expriment revendications et sens pour la société.






Avec nos 6,3%, on ne peut pas dire que nous avons convaincu. Aucuns des candidats tête de liste n'a endigué la stagnation aux Européennes. Nous n'avons pas retrouver l'engouement de la présidentielle avec un candidat commun choisi par les adhérents et les militants. L'échec relatif du front s'est constitué sur la concurrence stratégique qui a produit de désaccords mis en exergue par JL Mélenchon afin de "tordre le bras" à la direction communiste avec les "face-à-face" qui ont provoqué des plaies dont on voit les cicatrices aujourd'hui. Stratégie de recours et de guerre avec la gauche gouvernementale ou rassemblement large et confrontations et débats avec ceux tous ceux qui ont voté pour le changement fussent-ils contradictoirement soutiens et critiques du pouvoir. Mettre à prix la tête de F. Hollande et détruire le parti qui le soutien, ou travail de conviction générale ? Morceler la gauche ou l'unir ?


Rejeter les socialistes par principe en confirmant la stratégie d'opposition de gauche et de recours laisserait les mains libres à droite, dans un rapport de forces actuel défavorable à toute la gauche.Tels sont à mes yeux les questions que les efforts pédagogiques des directions des partis ont déployé pour faire partager ou convaincre du bien fondé des stratégies choisies. L'énergie pour expliquer la fausseté de l'une et de la justesse de l'autre s'est épuisée dans un "braquage" réciproque des militants de chacun des deux camps. Car il y avait deux combats. L'un, le rassemblement de toute la gauche contre la droite et l'extrême droite, l'autre un "front de gauche nécessairement indépendant" du PS et contre lui et parfois même contre les communistes, étriqué, sectaire. Evidemment cela laisse des traces, sûrement indélébiles. Sur cette stratégie JL Mélenchon en avait fait une affaire personnelle, expériementée aux municipales. Des municipalités qui sont passées à droite comme Toulouse par exemple n'ont pas fait l'objet d'analyses et critiques probantes des attitudes qui l'ont favoriser.


Dans cet échec relatif, pour sa par André Chassaigne souligne que "On a manqué de visibilité. On n'a pas réussi à irriguer la société par nos thématiques. Il faut dire que les querelles internes qui ont commencé lors des municipales, avec les débats sur les candidatures d'untel ou untel, ne nous ont pas aidés". Au fond, ce n'est pas tant le choix qu'ont fait les militants dans chaque commune de s'allier ou non avec le PS mais bien la campagne agressive et culpabilisatrice menée par le PG sur la base d'une stratégie de recours" et d'une prétendue "opposition de gauche" qui, suite aux outrances et invectives, voire d'insultes envers la direction communiste ont provoqué des schismes au sein du Front de gauche, dont Mélenchon se réclame le leader. En Auvergne, André Chassaigne note : "il y a deux villes qui ont étaient reprises à la droite dont Thiers. Et ça, grâce à un rassemblement de la gauche avec le PS notamment ». Le débat n'est pas clos, il ne fait que commencer. Et les militants communistes seront, on l'espère, au rendez-vous de la grande discussion. On peut craindre maintenant que les conditions du rassemblement du front de gauche, seule perspective crédible pour réussir le changement soient hypothétique. D'ailleurs l'on assiste depuis à des règlements de comptes préjudiciables à la suite. Les "partisans de la grande radicalité" des uns accusant les autres de la responsabilité de l'échec, sans que l'expérience vécue entame l'une ou l'autre des postures. Selon JL Mélenchon" notre score à l’orée du nouveau cycle politique ne nous permet pas d’être l’alternative dans le chaos qui s’avance. Faisons bref. Commençons par l’aveu qui libère chacun de ses responsabilités : tout est de ma faute. Deux cent professeurs cyclotrons, au moins, des deux sexes, sont prêts à en faire la démonstration. Ils sont également prêts à faire don de leur personne pour incarner dorénavant la cause. Quatre cent autres sont prêts à leur tirer dessus en toute amitié sitôt qu’ils se mettraient à la tâche. Une fois cette mortification rituelle accomplie, je préfère souligner, pour le lecteur rapide ou le journaliste pressé qui recopie sans lire, que je n’en crois pas un mot. Pour moi, c’est dans la pente des évènements qu’il faut chercher la cause des dynamiques en cours. Et c’est là que se trouvent les solutions à éprouver. Que nous ayons échoué jusqu’à ce point ne signifie nullement que nous y étions condamnés. Ni que pour soutenir nos raisons d’alors et la justesse de l’entreprise d’alors nous nous interdisions de passer à autre chose, à explorer d’autres chemins" Eric Coquerel, très présent lui aussi dans les médias à qui il attribue la faute d'un mauvais score du FDG et du succès du FN ajoute: "Pour la majorité des citoyens, le gouvernement est assimilé ( à tort) à la gauche et donc le Front de gauche se trouve amalgamé. .Au fond, ce n'est pas tant le choix qu'ont fait les militants dans chaque commune en fonction des particularités locales de s'allier ou non avec le PS qui ont fait problème, mais bien plutôt les campagnes agressives et culpabilisatrices sur la base d'une stratégie de "recours" complétée par celle "d'opposition de gauche " et relayées complaisamment par les médias, qui suite aux outrances et insultes proférées contre la direction communiste, ont provoqué la désunion. et finalement l schisme à l'intérieur du front de gauche dont JL Mélenchon entendait bien s'installer en leader en expulsant les communistes. Pour autant l'heure n'est pas à chercher des ennemis à gauche, mais de la rassembler sur une politique de gauche qui peut être incarnée par ce rassemblement nouveau ouvert, démocratique qui accueillerait des candidats potentiels en devenir que l'on aperçoit maintenant. Donc, au travail. Le débat n'est pas clos, il ne fait que commencer. Et les militants communistes ont bien l'intention d'y participer.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 21:47

De l’arithmétique à la poliorcétique, Guillaume Roubaud-Quashie

03 NOVEMBRE 2014 | PAR LA REVUE DU PROJET


Quel paysage politique se présente sous nos yeux quand la crise du capitalisme et les politiques d’austérité immergent notre peuple chaque jour davantage dans les bouillons acides de la vie dure, quand il faudrait batailler fort et clair et ferme pour gagner l’alternative. Tout semble n’être que déchirures et dissensions.

Tout ? Hélas, pas vraiment : le Front national, naguère encore miné par de visibles désaccords, s’avance, verbe haut et mains sales, uni derrière quelques idées qui sont les branches d’un même tronc : il faut mettre un terme à l’invasion musulmano-africaine, cause de tous les grands maux de notre temps. Le discours, porté par une force structurée et unie, validé en outre à droite et parfois même à certains égards, au gouvernement, gagne assurément en écho populaire. Pour autant, les lecteurs de cette revue le savent, et tant pis pour les amateurs d’apitoiements romantiques (façon Musset : « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux », etc.) : ces idées ne sont pas encore hégémoniques. Elles avancent, doucement, dangereusement, résistiblement.


Alors, unir, se rassembler pour résister : voilà une idée qui chemine. Qui n’a entendu un parent, un ami prôner l’union sacrée de tous les démocrates ce soir de mai 2014 lorsque le Front national arriva en tête des élections européennes ? Qui croit vraiment que les discours alarmistes de Manuel Valls appelant à serrer les rangs derrière le Parti socialiste pour éviter le pire ne trouvent aucune oreille ? Des millions de personnes sont déjà sensibles à ces appels ; toutes choses égales par ailleurs, ils seront à n’en pas douter des millions de plus lorsque, non sans trembler, ils seront seuls dans l’isoloir, ce dimanche qui accueillera l’élection qu’ils jugent seule utile (non sans quelque raison, la Ve République étant ce qu’elle est) : l’élection présidentielle.
Et pourtant, qui peut penser que l’issue est là ? Qui peut penser que cette alliance défensive et sans contenu pourra mobiliser ces autres millions de citoyens sans lesquels aucune majorité de progrès n’est plus possible, ces millions de citoyens que ces cris aux loups lassent, face à une vie qui ne s’améliore décidément jamais vraiment ? Toute la période politique tient sans doute dans cette contradiction toute de résignation aux conclusions contraires : voter pour le mieux placé, quel qu’il soit, pour éviter le pire du pire afin que rien ne change en vraiment mal ; ne pas voter du tout puisque rien ne changera de toute façon.


Y a-t-il une issue positive possible ? Beaucoup en doutent, parfois même parmi nous, se laissant aller aux soupirs et au découragement luxueux. D’autres estiment que c’est en montrant un refus opiniâtre de tout rassemblement que l’étincelle jaillira, mettant le feu à la plaine. Le hic est que les plaines sont plutôt détrempées et que les solos funèbres assèchent mal les marais. Quel autre choix que le rassemblement dès lors ?
Mais, protestera-t-on, n’y a-t-il pas des désaccords profonds, sérieux ? N’y a-t-il pas des faux nez, des opportunistes filous ? Leur tendre la main ne fera-t-il pas accroire que nous les croyons sincères ? Un travail avec eux ne leur permettra-t-il pas de jouir de notre crédit tout en l’amoindrissant aux yeux de ceux qui connaissent leurs travers ?
À ces fortes objections souvent sincères, le Parti communiste répond avec juste constance que l’issue – car issue il y a – ne peut être que dans le contenu, dans le projet – c’est pourquoi les communistes y travaillent tant depuis le dernier congrès. On ne rassemblera pas des majorités sur des mots étendards
– fût-ce le mot « gauche », toujours puissant mais bien écorné. On ne les rassemblera pas davantage sur des tactiques politiciennes – alliance systématique comme refus systématique d’alliance étant mêmement postures qui ne régalent que ceux qui n’ont pas le ventre vide. On ne pourra rassembler des majorités que sur des contenus phares.


De ce point de vue, en ce 50e anniversaire de la mort de Maurice Thorez, réfléchir au Front populaire, mutatis mutandis, n’est peut-être pas inutile. Des revendications peu nombreuses, simples, populaires ; l’unité de ceux qui travaillent par-delà même les barrières traditionnelles ; comprendre ce qu’il y a de juste dans les angoisses qui poussent vers les rives extrêmes et prétendre y apporter une vraie réponse plutôt que d’insulter les égarés.
Le passage est célèbre mais la place de l’histoire communiste dans notre société étant ce qu’elle est – défigurée et étouffée –, il vaut d’être cité à nouveau : « Nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques, parce que tu es notre frère, et que tu es comme nous accablé par les mêmes soucis. Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix-de-feu, parce que tu es un fils de notre peuple, que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux, comme nous, éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe. » (Maurice Thorez, Radio-Paris, 17 avril 1936).


Oui, mille et mille désaccords existent parmi ceux que nous avons à rassembler. Oui, ces désaccords sont importants – gare à qui l’oublierait – mais soyons-en sûrs, ils perdureront longtemps, non seulement dans les appareils politiques – qui passent – mais aussi dans notre peuple – qui demeure. Or si nous voulons dépasser le capitalisme – et notre monde en a tant besoin –, il nous faudra bien travailler avec ces millions de personnes qui, d’accord avec nous sur plusieurs aspects, ne le sont pas – pas encore – sur d’autres. Unissons-les autour de quelques idées (le Front populaire en avait choisi trois) et commençons le chemin qui, seul, permettra de convaincre plus et mieux.


Alors, oui, unir, largement, sans réserve, sur un contenu populaire de progrès. Unir pour entraîner et pour gagner ou dépérir seul, la pureté au cœur et la vérité en tête : telle est l’alternative. Bien sûr, ce combat ne relève sans doute pas de la Blitzkrieg (guerre éclair) ; il s’agit bien davantage d’un siège – ce qu’en langage savant, on appelle la poliorcétique.


Pierre Laurent l’a dit à la Fête de l’Humanité dans un discours important : « L’heure n’est pas aux soustractions. L’heure doit être aux additions des forces disponibles pour construire une issue favorable. » En d’autres termes, troquons notre armée de divisions contre des divisions armées. Ou encore, divisions pour divisions : quittons l’arithmétique pour la poliorcétique.

Guillaume Roubaud-Quashie,
Rédacteur en chef

La Revue du projet, n° 40, octobre 201
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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 00:54

Le chef du gouvernement a feint de regagner une légitimité en obtenant la confiance de

seulement 269 députés (contre 244), soit vingt voix de moins que la majorité absolue d

Les députés du Front de gauche, consternés par le maintien d’un cap économique déjà totalement en échec, n’ont pas accordé leur confiance au gouvernement.

Le 16 septembre

La première responsabilité d’un gouvernement est de conduire la politique choisie démocratiquement et en conscience par le peuple.

Pourtant, monsieur le Premier ministre, en écoutant votre déclaration de politique gé- nérale, je n’ai pas trouvé les orientations po- litiques qui ont conduit en 2012 à la victoire, victoire obtenue grâce au soutien populaire à la gauche dans sa diversité.

Du reste, vous fermez la porte à tout dia- logue et à toute discussion sur le contenu de la politique que vous entendez mener. Vous refusez par avance tout débat sur les choix qui sont les vôtres en matière écono- mique et sociale, comme vous refusez de consulter le peuple sur le bouleversement de notre architecture territoriale.

Il en va de même pour les choix faits sur la scène diplomatique, qui engagent pourtant la crédibilité internationale de la France.

Je ne reviendrai pas sur l’épisode désastreux de Gaza et l’abandon du peuple palesti- nien, mais notez combien il est absurde que notre représentation nationale soit obligée de quémander un débat alors que la France s’apprête à rejoindre une coalition, sous l’égide de l’OTAN, pour intervenir contre l’État islamique dans une région dévastée par les interventions à répétition. Je le dis

avec force, nous n’avons aucune complai- sance pour les fanatiques, qui commettent tant de crimes contre l’humanité, mais,

unefoisencore,leParlementneseraconsul- té qu’après coup alors que le choix d’inter- venir sans mandat de l’ONU est un signal funeste pour notre diplomatie, qui ne sait plus faire entendre la voix originale de la France,...une diplomatie qui, désormais, tourne le dos à la voie diplomatique.

Nous mesurons combien il est urgent que notre pays se dote d’une nouvelle Consti- tution pour que voie enfin le jour une VIe République parlementaire, sociale et parti- cipative.

À l’heure même où le peuple attend, plus que jamais, que nous le représentions pour résoudre les graves difficultés du pays, vous nous dites qu’il n’y a pas d’alternative, que la voie sans issue dans laquelle vous êtes en- gagés est la seule voie possible.

Pourtant, nos concitoyens font le constat que les majorités qui se succèdent appliquent aveuglément les mêmes recettes depuis des années sans que la situation ne s’améliore, sans que les inégalités reculent.

Aussi, le vote que nous allons émettre tout à l’heure engage non pas seulement votre responsabilité, mais aussi la nôtre. Il engage notre responsabilité d’élus du peuple, déter- minés à défendre les intérêts de nos conci- toyens.

Vous avez fait le choix de rompre unilatérale- ment et sans appel le contrat qu’avait signé FrançoisHollandeaveclesFrançaisen2012.

André Chassaigne Puy-de-DômeEn gouvernant à contresens des engage- ments pris, monsieur le Premier ministre, vous précipitez la crise morale et politique que nous traversons et, en affirmant qu’il n’y a pas d’alternative, en justifiant vos choix libéraux par des impératifs techniques, en masquant l’enjeu d’une offre politique de gauche, vous faites obstacle au débat de fond sur les choix de société.

La vérité, c’est que vous êtes résigné et téta- nisé face à la puissante vague néolibérale et réactionnaire.

La vérité, c’est que vous vous proclamez pro- gressiste et moderne alors que vous avez dé- serté le combat des idées et des valeurs pour vous laisser guider par une maladie certes an- cienne, le réalisme gestionnaire, un prétendu réalisme, devrais-je dire, puisqu’il se traduit en réalité par une aggravation permanente des difficultés qu’il prétend combattre.

Pour notre part, nous refusons que l’obsession des équilibres financiers tienne lieu de cap et de vision politique, comme si notre destin com- mun, le destin de notre peuple, son bonheur, ne s’appréciaient qu’à l’aune de la seule ren- tabilité financière des entreprises du CAC 40 et des milliards d’euros de baisse des dépenses publiques.

Vous l’avez d’ailleurs dit, la fracture est de plus en plus nette entre le peuple et les élites, politique, financière, médiatique, bureau- cratique, intellectuelle. Elle se nourrit de l’ac- croissement sans précédent des injustices et des inégalités économiques et sociales. Ce terreau de l’inégalité et de l’injustice crée lui- même les divisions et les antagonismes dans une société sous tension identitaire et incer- taine de ses valeurs communes.

Non seulement votre politique est injuste mais elle masque aussi la vérité.

À l’heure où l’on rappelle à juste titre le de- voir d’exemplarité des élus, faut-il souligner que le premier de nos devoirs d’exemplarité est le devoir de vérité ? Pourquoi cacher qu’il existe une alternative à gauche à la politique d’accélération des réformes libérales que vous nous proposez de soutenir et d’accom- pagner, à la servilité volontaire à l’égard de la Commission européenne et du gouverne- ment allemand, au suivisme de notre diplo- matie sur les positions de l’OTAN et des États- Unis ?

C’est en le reconnaissant que la France se grandira. Pourquoi cacher qu’il existe une al- ternative à la complaisance dont vous faites preuve à l’égard du MEDEF, au discours qui prétend faire des chômeurs des coupables, à la politique d’austérité, au pacte de respon- sabilité, au CICE ?

Oui, monsieur le Premier ministre, il existe bien une alternative aux recettes qui donnent de- puis des années les mêmes résul- tats économiques, sociaux et poli- tiques. Une partie grandissante de la majorité dans cette assemblée est d’ailleurs dispo- nible pour accom- pagner une telle

politique.

Nous croyons à la

possibilité de bâtir une autre Europe que celle imposée par les techno-libéraux, qui confond allègrement le bonheur des peuples avec celui des banques

et autres firmes internationales.

Nous portons l’exigence que soit enfin don- née une impulsion politique en faveur d’une Europe sociale et l’élaboration d’un véritable traité social européen, porteur de valeurs et de normes protectrices de nos travailleurs, socle d’une Europe solidaire libérée de la tu- telle des marchés financiers, des dogmes du libéralisme et de l’austérité budgétaire.

«Pourquoi cacher qu’il existe une alternative à la complaisance dont vous faites preuve à l’égard du MEDEF, au discours qui prétend faire des chômeurs des coupables, à la politique d’austérité, au pacte de responsabilité, au CICE ?»

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Comment accepter que le projet européen soit d’aller plus loin encore dans l’idéolo- gie du libre-échange et la doctrine de la concurrence libre et non faussée en soute- nant le processus de négociation du Traité transatlantique, hors de tout contrôle démo- cratique et au mépris de la souveraineté des peuples ?

Ce traité, dicté, rappelons-le, par les seuls intérêts des firmes internationales et des grands opérateurs économiques, ne vise qu’à la conquête des marchés, la mise en concurrence des salariés et le nivellement par le bas des normes sociales, sanitaires et environnementales. L’objectif est, là encore, contraire

Il faut faire le choix de l’investissement pu- blic, du relèvement des salaires, de l’innova- tion et de la promotion de l’emploi qualifié. Malheureusement, la feuille de route que vous venez de tracer n’offre aucune pers- pective en ce sens.

Pourtant, depuis 2012, un bilan objectif de la politique conduite aurait dû vous servir de lanterne. Vous prétendiez réduire les déficits, ils se sont aggravés. Vous prétendiez inver- ser la courbe du chômage, des milliers de nos concitoyens perdent chaque jour leur emploi. Vous prétendiez faire reculer la pau- vreté, les pauvres sont aujourd’hui de plus en plus pauvres et les travailleurs pauvres

ne font plus figure d’exception dans le monde du tra- vail.

Vous prétendiez vous poser en pro- tecteur des plus fragiles, vous an-

noncez un simple petit coup de pouce pour les petites retraites, une simple prime en lieu et place d’une revalorisation pourtant pro- mise.

Vous proclamez souvent, monsieur le Premier ministre, votre amour pour l’entre- prise, mais, si l’on aime vraiment les entre- prises, la première des preuves d’amour n’est-elle pas de les empêcher de fermer ?

Je ne suis pas de ceux qui vous blâment d’avoir répondu à l’invitation du MEDEF. Le premier responsable de l’action du Gouver- nement se doit de répondre à l’invitation de tous ceux qui ont une responsabilité dans la marche du pays, mais l’on ne peut y al- ler, comme vous l’avez fait, pour caresser la main de ceux qui portent une si lourde res- ponsabilité dans l’échec du redressement économique.

Ce qu’il fallait dire aux représentants des grandes entreprises, c’est que la gauche n’accepte plus de voir les richesses produites par les salariés être dilapidées dans les divi- dendes stériles versés aux actionnaires.

Ce qu’il fallait leur dire, c’est que la hausse de 30 % des dividendes en un trimestre, 40,7 milliards de dollars, est un hold-up insoute- nable pour le pays, auquel il faut mettre un terme.

à notre modèle social, à notre mode de dévelop- pement et aux va- leurs de la

gauche.

«Si l’on aime vraiment les entreprises, la première des preuves d’amour n’est-elle pas de les empêcher de fermer ? »

Nous continuons à exiger la suspension im- médiate des négociations transatlantiques, inacceptables sur la forme comme sur le fond. Or rien ne nous porte à croire que votre gouvernement rejettera ce traité. Pis, si l’on en croit les modifications apportées par les députés de votre majorité à notre pro- position de résolution de mai dernier, nous sommes, hélas, en mesure de penser qu’il tient pour acquis qu’il s’agira d’un bon texte.

Mes chers collègues, nous avons la convic- tion que l’avenir de la gauche dans notre pays passe par l’élaboration et la mise en œuvre d’un authentique pacte de solidarité, à la hauteur des attentes et des aspirations de nos concitoyens. Pour cela, la gauche doit s’engager dans une dynamique de ras- semblement, parce qu’il n’est pas trop tard pour remettre l’emploi, le progrès social, la reconversion écologique au cœur des ré- flexions et des propositions de la gauche.

Monsieur le Premier ministre, vous adoptez une attitude de repli et de conservatisme idéologique. Or ce n’est pas par la baisse des dépenses publiques et la poursuite fié- vreuse de la compétitivité que l’Europe et notre pays pourront sortir de la crise.

Ce qu’il fallait leur dire, c’est que la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, qu’ils ne cessent d’entretenir et d’aggraver par leurs montages financiers, leurs filialisations et les délocalisations, allait devenir la priorité de l’action politique de la gauche, pour rapa- trier, de gré ou de force, les 80 milliards d’eu- ros volés chaque année au budget de l’État.

Ce qu’il fallait leur dire, c’est que le coût exorbitant du capital, les près de 300 mil- liards d’euros versés chaque année aux actionnaires et aux banques en intérêts, est le principal boulet de la compétitivité fran- çaise, le cancer de la raison économique, qui doit être combattu.

Ce qu’il fallait leur dire, c’est que leur bouli- mie financière est un crime contre la socié- té française, contre sa jeunesse, contre ses forces vives.

Vous n’auriez sans doute pas gagné les ap- plaudissements de l’assemblée patronale, mais vous auriez démontré, courageuse- ment, que l’économie française n’a pas vo- cation à être la variable d’ajustement des puissances financières. Disant cela, vous au- riez été un fidèle artisan de la responsabilité politique et du respect de la parole du Bour- get.

Avec les 40 milliards d’euros de nouvelles subventions publiques en direction des en- treprises, le patronat n’est pourtant pas à plaindre, mais cela n’empêche pas le ME- DEF de multiplier ses revendications, et hier encore.

Espérons qu’au-delà des mots de votre dé- claration d’aujourd’hui, vous ne le suivrez pas dans ses nouvelles provocations. Il reste que vous vous engagez à le satisfaire sur bon nombre de points : le travail du dimanche, la baisse des cotisations sociales, le relèvement des seuils sociaux, et j’en passe sans aucun doute.

Monsieur le Premier ministre, la question cen- trale n’est pas aujourd’hui une prétendue insuffisance de la capacité d’offre ou en- core le coût du travail. Le problème, c’est que les carnets de commandes de nos en- treprises, nos PME, nos petites entreprises et nos artisans sont vides. Dans ce contexte, votre politique, qui conduit à la stagnation des salaires et à la réduction des dépenses publiques, alimente la récession.

Comme nous l’avions souligné dès son éla- boration, le pacte budgétaire est le pé- ché originel de François Hollande. Ce traité s’avère, comme nous le craignions, mortifère pour les pays de la zone euro, condamnés à se livrer une guerre économique sans merci plutôt que de coopérer. Or, la France de- vrait aujourd’hui constituer un large front en Europe pour promouvoir une nouvelle straté- gie fondée sur des investissements massifs en faveur de la transition écologique, une lutte résolue contre l’évasion et l’optimisation fiscales, des mesures fortes pour réorienter l’activité bancaire et réduire la domination de la finance sur l’économie réelle, et une volonté farouche de redonner du souffle aux services publics et aux collectivités locales. Telle n’est pas la voie que vous avez choisie.

En veilleur des valeurs de la gauche, Jean Jaurès alertait sur les risques de dérive. Il le disait avec des mots forts : « Les hommes pra- tiques [...] sont ceux qui emploient quelques mots humanitaires pour amorcer les suffrages du peuple et qui, sous ces mots, ne mettent aucun sentiment ardent, aucune idée pré- cise qui puisse inquiéter les privilégiés. »

En cette année d’hommage à sa pensée et à son action, un gouvernement qui se dit de gauche se doit d’y être attentif et de s’ins- pirer de son esprit de justice et de solidarité.

Pour les députés du Front de gauche, cette déclaration de politique générale sonne comme une déclaration de défiance à l’en- droit du peuple. C’est pourquoi nous ne vous accorderons pas notre confiance.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 20:28

Vote du budget : "Lourde atteinte portée à notre protection sociale" (PCF)

Mardi, 28 Octobre, 2014

Le Budget de la sécurité sociale vient d'être voté à l'Assemblée nationale.
C'est une atteinte lourde portée à notre modèle social d'accès aux soins et de protection sociale.

Alors que le déficit de la sécurité sociale atteint les 15 millards d'euros, aucune mesure visant à améliorer les comptes n'est envisagée dans le texte voté. Pire, la protection sociale est sévèrement attaquée pour financer les cadeaux aux entreprises.

C'est une remise en cause nette de l'universalité de la politique familiale. Moduler les allocations familiales en fonction des revenus porte directement atteinte aux principes même de la sécurité sociale : la solidarité et l'universalité.

Le PCF a fait des propositions qui peuvent être mises en place immédiatement : réduire les exonérations de cotisations sociales patronales qui sont inefficaces et coûtent plusieurs milliards d'euros par an, et faire contribuer les revenus financiers des entreprises au même niveau que les salaires.
Alors que la Cour des Comptes évalue entre 20 et 25 milliards d'euros le niveau de la fraude patronale aux cotisations sociales, le gouvernement ne se fixe comme ambition que d'aller chercher 76 millions.
Il est temps, comme l'a souligné André Chassaigne, Président du groupe GDR à l'Assemblée nationale, que les socialistes et les écologistes abstentionnistes nous rejoignent sur un vote d'opposition à la politique menée par Manuel Valls.

Parti communiste français

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 08:21

Engagé-es contre l'austérité - Résolution du Conseil national du 15 octobre 2014

Nous voulons créer une dynamique populaire, capable de faire naître des perspectives sociales et démocratiques nouvelles.

A l'opposé, en assumant totalement le choix de l’austérité, le gouvernement en accélère les feux à tous les étages du pays : budget de l'État, de la Sécurité sociale, des collectivités locales. Avec la réforme territoriale, il place maintenant celles-ci comme une des pièces maîtresses du dispositif austéritaire.

Porteurs d’injustices insupportables, ces choix conduisent au désastre social et économique, enfoncent davantage le pays dans la crise en obscurcissant toute issue positive, aggravent un déficit démocratique déjà terrible et créent une situation politique instable et lourde de danger.

Dans cette crise démocratique, la République est profondément malmenée, la souveraineté populaire gravement mise en cause. Nous voulons une VIe République citoyenne, sociale, solidaire et respectueuse de ses territoires et de ses citoyens. C'est pour nous un enjeu majeur.

L’urgence est donc d’amplifier notre mobilisation en engageant toutes nos forces dans l’action et dans le rassemblement contre ces politiques et pour une alternative. Celle-ci ne peut se construire qu'en rupture avec les logiques libérales mises en œuvre avec zèle par ce gouvernement, comme la droite auparavant.

Nous voulons consacrer notre énergie à l’action, aux rassemblements les plus larges et au travail pour une alternative de gauche crédible et populaire, car il n’y va pas moins que de l’avenir de la gauche, de l’avenir du pays.

Le Conseil national invite les communistes à développer en grand leurs initiatives comme le décrit le plan de travail : les mille rencontres, la mobilisation du 15 novembre, la pétition nationale pour permettre à l’échelle de tout le pays les confrontations d’idées, pour faire progresser la pertinence des propositions alternatives, pour ouvrir des constructions politiques, et redonner espoir.

Ces élections sont au cœur d’enjeux très importants et – conjointement à la réforme territoriale – posent des questions de fond : quelle organisation de nos territoires ? Au service de qui ? Priorité aux grands groupes, aux marchés financiers ou bien à la réponse aux besoins des habitantes et habitants ? Mise en concurrence des territoires ou coopération ? Avec le projet de disparition des départements, on veut nous construire des guichets au service du marché dirigés par des collectivités gigantesques que tout éloignera du citoyen alors que tout réclame proximité et intervention citoyenne. Si on ajoute à cet ensemble le régime sec imposé à tous les niveaux, c’est l’avenir du service public et de la commune qui est en cause, c’est l’avenir des villes, celui des zones urbaines, et de la ruralité qui se joue.

Nous sommes donc dans des enjeux politiques de premier ordre.

Ces objectifs et ces ambitions font totalement corps avec la bataille contre la réforme territoriale et avec l’échéance des élections départementales de mars prochain.

Nous y avancerons des propositions pour des budgets sociaux à la hauteur des besoins, pour des services publics étendus et rénovés, pour une fiscalité juste n'exonérant pas les entreprises de leur responsabilité sociale, pour un renouveau de la démocratie, et pour une coopération entre les territoires.

Nombreux sont celles et ceux qui perçoivent les dangers de la réforme des collectivité, profondément structurante du dispositif libéral, imposant l’austérité, attisant la concurrence entre les territoires, ouvrant de nouveaux espaces de profits pour le marché. Ils sentent aussi les dangers qui planent sur la démocratie locale.

Contribuons aux convergences et au déploiement des fortes résistances qui s'expriment dans le pays, qu’elles viennent de citoyen-ne-s ou d’élu-e-s.

Poursuivre, démocratiser, développer nos départements pourraient être la base de propositions en menant de grandes batailles avec des femmes et des hommes qui partagent cette vision.

Ainsi, cette élection pourrait être vécue comme une chance de franchir un cap supplémentaire dans notre démarche de rassemblement

Dans ce contexte inédit de crise, ces élections départementales qui auront lieu partout dans le pays – une première – prendront ainsi un caractère national incontournable marquant les rapports de force politique. Nous voulons en faire une contribution essentielle à la construction politique que nous ambitionnons de réaliser à gauche, en rupture avec les politiques libérales menées depuis 2012 par le gouvernement.

Nous voulons affirmer partout notre présence. Nous agirons pour poursuivre notre action dans les deux départements que nous présidons. Nous nous mobiliserons contre le basculement de départements à droite et l'entrée de conseillers Front national.

Nous visons l’élection du maximum de conseiller-e-s communistes, Front de gauche, acteurs et actrices de la société civile, militant-e-s de gauche et écologistes, engagés contre l'austérité et contestant les politiques actuelles. Le redoutable mode de scrutin nécessite un travail de construction de candidatures de large rassemblement au service de ces objectifs.

Avec toutes celles et ceux qui peuvent se retrouver dans cette démarche, c’est au plus près des réalités locales que se construiront ces candidatures.

Enfin, la conférence nationale des 8 et 9 novembre définira la mise en œuvre de l’ensemble de notre démarche politique.

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 00:08

Pierre Laurent : « Le rassemblement sur des choix antiaustérité doit démarrer maintenant »

Lundi, 6 Octobre, 2014

Photo : Patrick Nussbaum

Les adresses du secrétaire national du PCF aux militants socialistes ont été à nouveau chaleureusement applaudies, ce week-end, dans les assemblées des Landes et de l’Essonne.

Week-end chargé pour le secrétaire national du PCF. Dans l’Essonne, samedi, Pierre Laurent a été reçu par Marie-Noëlle Lienemann et Emmanuel Maurel aux travaux de Maintenant la gauche. Et dans les Landes, dimanche, il a participé à ceux de l’autre courant de l’aile gauche du PS, Un monde d’avance. À chaque fois, les militants socialistes lui font le même accueil, qui ne se dément pas depuis son allocution à l’université d’été du PS à La Rochelle, fin août. Ses interventions, qui en appellent au rassemblement sans préalable de tous ceux qui ne se résignent pas à la politique conduite par François Hollande et qui veulent renouer avec l’aspiration majoritaire de ceux qui l’ont élu en 2012, sont saluées par de longs applaudissements. « Dans le contexte politique actuel, l’eau monte très vite, et on ne peut pas rester au milieu du gué, ce ne serait pas responsable. La politique du gouvernement Hollande-Valls nous conduit dans une impasse dramatique et tous les voyants sont dans le rouge, leur a-t-il déclaré ce week-end. Les forces existent à gauche, et nous ne pouvons pas attendre une inflexion qui n’est pas à l’ordre du jour pour ceux qui nous gouvernent. Le rassemblement de la gauche sera possible seulement sur des choix antiaustérité. C’est l’urgence d’une construction qui doit démarrer maintenant. Pas un rassemblement de circonstance mais au long cours. Voilà le chantier qui est maintenant devant nous », à ouvrir sans « ultimatums » ni « raccourcis ». Un discours qui répond à une attente indéniable chez les militants socialistes. Pour les déçus de Hollande, éclatés entre différents courants ou sensibilités, le dirigeant du PCF est « le trait d’union entre les gauches », ose un membre de Maintenant la gauche. « Pierre Laurent a plus de chances d’être applaudi par des socialistes que ce que disent un Moscovici ou un Valls », observe le leader de l’aile gauche du PS, Emmanuel Maurel. Le secrétaire national du PCF a avancé plusieurs propositions, comme « la mise en œuvre de baisses ciblées de la TVA ». « Il faut en finir aussi avec cette critique de la dépense publique, qui est le discours habituel de la droite », a dénoncé Pierre Laurent, qui a fustigé « les 40 milliards du Cice » comme « le plus gros gâchis de fonds publics qui n’ait jamais été organisé ». Lui aussi estime « que le temps est venu d’une VIe République, qui doit être sociale et donner des droits nouveaux aux salariés ». Un discours applaudi, à chaque fois, debout, dans l’Essonne comme dans les Landes.

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 00:04

Reconstruire une alternative à gauche

La défaite était attendue après la sévère sanction des municipales ; elle a tourné à la Berezina. La droite ramasse le Sénat comme le fruit tombé de trop de trahisons, d’infinies déceptions et de sourdes colères. L’installation du gouvernement Valls 2, la pétaudière qu’il entend installer dans les institutions locales au détriment de la souveraineté citoyenne ont parachevé une retraite en débâcle, accompagnée par l’entrée au Palais du Luxembourg de deux séides de Marine Le Pen. Il ne s’agit pas seulement de l’onde de choc d’un scrutin passé, mais du reflet de la défiance du pays qui est tout sauf une confiance votée à l’UMP et à l’UDI.

La confusion des genres entre la droite et le petit appareil politique qui gouverne est au cœur de la crise politique. Comment voir un homme de gauche dans ce Premier ministre qui se targue de sa « fermeté » face à une grève des salariés contre la délocalisation d’Air France et un statut low cost ? La Bruyère pointait déjà ces grands de la cour : « À quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur, l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie d’esprit »...

Le tandem gouvernant, le président et son Premier ministre, a à ce point rallié le libéralisme qu’en entendant Nicolas Sarkozy à Lambersart, on se disait qu’ils avaient été pour lui une rampe de lancement. Les uns dénonçaient les chômeurs ? L’autre traque l’assistanat. Matignon veut autoriser le travail le dimanche ? Neuilly veut que les Français travaillent plus (sans gagner plus, désormais) et entend ratiboiser ces jours fériés, ces RTT, ces congés qui seuls compteraient aux yeux du menu peuple. Valls flatte le Medef ? Sarkozy le cajole. « Être aliéné, écrivait Gramsci, c’est avoir les idées de l’ennemi dans la tête. » Pauvre François Hollande...

La fin de la parenthèse d’une majorité de gauche au Sénat était attendue. L’occasion a été gâchée de s’appuyer sur les deux Chambres pour de réformes progressistes audacieuses. Désormais, il faut s’atteler à reconstruire une alternative de gauche, émancipée

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 00:54

L’image est assez rare pour être soulignée. Le week-end dernier à La Rochelle, lors de la plénière de clôture, Pierre Laurent, le premier secrétaire du Parti communiste, a été chaudement applaudi par une salle remplie de socialistes. Auxquels il était pourtant venu rappeler leurs renoncements à travers «un discours de vérité»

Sa présence au cœur de la machine socialiste n’allait évidemment pas de soi. En l’apprenant au beau milieu de l’été, les cadres du Parti de gauche avaient une nouvelle fois soupiré. Même dans son camp, certains s’étaient agacés à l’idée qu’un communiste fasse risette sur la photo de famille socialiste, aux côtés de partisans de la politique menée par François Hollande. Mais la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie en remplacement d’Arnaud Montebourg et le discours énamouré de Manuel Valls devant les représentants du Medef ont donné au leader communiste une belle tribune. «2012 avait été un contrat. Ce contrat, il vient d’être déchiré devant les Français», a pu tonner le leader communiste

Tranquillement. Encore cet été, Pierre Laurent a été accusé par Jean-Luc Mélenchon d’avoir troqué l’avenir du Front de gauche pour quelques sièges en ralliant, notamment à Paris, des listes socialistes dès le premier tour des municipales de mars. Mais le sénateur avance tranquillement, esquivant avec une certaine agilité les flèches décochées par les proches de Jean-Luc Mélenchon.

«Il a une feuille de route. Il s’y tient», explique la responsable communiste Marie-Pierre Vieu. En clair, le leader du PCF parle à quiconque souhaite une alternative à la politique de François Hollande. «Il faut travailler sans exclusive avec tous ceux qui font le constat que la politique du gouvernement mène dans l’impasse. L’urgence n’est plus de juxtaposer nos critiques mais de passer à la construction»,met en garde l’intéressé, admettant que «le débat ne fait que commencer».

Si, au Parlement, les groupes des députés Front de gauche ont depuis longtemps quitté la majorité et se retrouvent parfois, à voter (comme la droite) contre le gouvernement, Pierre Laurent tend avec constance la main aux autres forces. «Il est très lucide sur la situation politique et sur le fait qu’on a peu de temps pour sauver la gauche. Mais ce n’est pas pour permettre à Valls et Hollande d’être au second tour en 2017», rappelle un de ses proches, sur la défensive.

«Mélenchon a eu du mal à le comprendre. Mais c’est comme ça. Les communistes ne rompront jamais avec leur tradition d’union de la gauche», balance un responsable du Front de gauche.

Du côté des écologistes, avec qui les différends idéologiques sont légion, on apprécie la «douceur politique» de Pierre Laurent. «Ce n’est pas un politicien tordu. Il est plutôt calme et n’est pas aussi dogmatique qu’on le croie», glisse un proche d’Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts. «Mais on voit bien que Mélenchon l’embarrasse.» La ligne de l’autonomie absolue à l’égard du PS défendue au Parti de gauche met sans arrêt en lumière un «double jeu» communiste : opposant des socialistes au plan national, mais parfois allié au plan local. «Si on avait traité Jean-Luc Mélenchon de la sorte quand il était encore au Parti socialiste, il n’en serait jamais sorti», tacle un communiste. Voilà Pierre Laurent "contraint" de jouer les équilibristes. Interrogé sur les étapes qui permettront de mesurer l’avancée de son projet alternatif, ce dernier évoque la bataille budgétaire et la rentrée sociale.

Décisifs. Jean-Luc Mélenchon, en militant d’ores et déjà pour une VIe République, prépare d’une certaine manière la future élection présidentielle. Pierre Laurent n’a pas le même calendrier. Les sénatoriales, fin septembre, et a fortiori les régionales, attendues courant 2015, seront quoi qu’il arrive des rendez-vous décisifs pour les communistes, parti d’élus. Et l’occasion de nouveaux débats sur l’attitude à adopter face au partenaire socialiste. «Les élections peuvent être un bon moment pour montrer ce qu’on veut faire dans un rassemblement très large. Mais si le débat, c’est à nouveau autonomie ou rien, on n’aura pas avancé», redoute déjà un responsable communiste.

Quant à l’initiative mélenchoniste en faveur d’une VIe République, Pierre Laurent rappelle que cette revendication est issue de ses propres rangs. Mais qu’elle «pose davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses».

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 19:59

Au pied du mur

Éditorial par Maud Vergnol

Vendredi, 29 Août, 2014

Mesurons bien l’ampleur des enjeux de ce week-end décisif pour la gauche. Assommé, le Parti socialiste se réunit à La Rochelle, quelques jours seulement après la décision brutale de Manuel Valls de composer un commando austéritaire de choc.

Le paysage politique français ne sera plus le même lundi. Mesurons bien l’ampleur des enjeux de ce week-end décisif pour la gauche. Assommé, le Parti socialiste se réunit à La Rochelle, quelques jours seulement après la décision brutale de Manuel Valls de composer un commando austéritaire de choc. Le chemin d’Épinay à Jouy-en-Josas, où le premier ministre est allé prêter allégeance au patronat, a pris quelques détours. Mais après des années de navigation à vue, et à l’épreuve du pouvoir, François Hollande aura finalement fait prendre un raccourci à la composition d’un « blairisme » à la française. Pour les militants socialistes, le choc est rude. Leur secrétaire national, Jean-Christophe Cambadélis, qui assure dans un entretien au Monde que « nous sommes dans une conjoncture de décomposition politique », ne pourra pas longtemps ménager la chèvre et le chou. Et il a beau s’en défendre comme un beau diable en appelant « les socialistes à ne pas surjouer leurs différences », la fracture idéologique est bien là.

Alors comment le cœur des militants socialistes accueillera-t-il ce week-end Manuel Valls, le minoritaire de l’aile droite, propulsé premier ministre après deux ans de quinquennat Hollande ? Les communistes, qui tiennent ce week-end leur université d’été, font le choix de leur tendre la main.

« Si vous ne voulez pas, vous socialistes, être les spectateurs de la destruction de votre propre parti, de la déroute de l’ensemble de la gauche, vous pouvez, avec nous, entreprendre la reconstruction d’une alternative de gauche », interpelle le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, dans nos colonnes. Car face à cette rupture dans l’histoire politique française, le risque est réel de voir la gauche s’effacer du paysage, comme dans d’autres pays européens. Il existe pourtant un formidable espace à conquérir pour tous ceux qui croient encore au progrès social. Et le Front de gauche en est un outil précieux.

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 03:52

Pierre Laurent aux socialistes : "N'embarquez pas dans ce corbillard conduit par Valls"

Samedi 30 Août 2014 à 12:00 | Lu 3044 fois I 19 commentaire(s)

PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO RIETH (À LA ROCHELLE)

L'université d'été du PS à la Rochelle accueille ce samedi le secrétaire national du PCF Pierre Laurent. Une première ! L'objectif pour le dirigeant communiste est de venir parler "les yeux dans les yeux" aux militants socialistes et leur dire "qu’un autre avenir est possible". C'est même un devoir se justifie Pierre Laurent qui ne souhaite "pas laisser les millions d’électeurs et de militants socialistes sombrer dans l’amertume".

Marianne : Que pensez-vous du gouvernement Valls 2 et de l’entrée d’Emmanuel Macron, l'ex-banquier d'affaires, à Bercy ?
Pierre Laurent : Ce nouveau gouvernement, mis en place au terme d’un coup de force de Valls et d'Hollande avec beaucoup de brutalité, consacre une politique beaucoup plus droitière. Lors de son discours du Bourget, la finance était l’adversaire d’Hollande. Aujourd’hui, c’est la finance qui tient Bercy. Il suffit de voir le récent de discours du Premier ministre devant le Medef et l’entretien dans le Point d’Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’Economie, qui voulait s’attaquer aux 35 heures (depuis, Matignon a démenti un tel projet, ndlr)...

Le premier secrétaire du PCF à une université du PS, c’est une première qui fait grincer des dents au sein Front de gauche. Quel est le but de votre venue ?
On est dans un moment de vérité pour le pays et pour la gauche française. Les événements de cette semaine ont laissé sous le choc beaucoup de socialistes qui ne se reconnaissent plus dans ce gouvernement. J’estime qu’il est de notre devoir de leur parler, les yeux dans les yeux, et de leur dire : vous ne pouvez plus vous laisser enfermer dans ce chantage qui consiste à dire que, si vous critiquez ce qui est fait, vous faites le travail de la droite et de l’extrême droite. C’est le sens de la démarche du Front de gauche et des écologistes. Nous n’acceptons pas ce chantage dans lequel ils essayent de nous enfermer, pour nous obliger à embarquer dans ce corbillard conduit par Manuel Valls. Lui et le président sont en train de creuser la tombe de la gauche et, si les socialistes laissent faire, de leur propre parti.

Est-ce le sens de « l’élargissement » du Front de gauche que vous appelez de vos vœux ?
Oui. D’ailleurs, j’étais récemment aux journées d’été d’Ensemble, l’une des composantes du Front de gauche emmenée par Clémentine Autain et je leur ai dit en substance que le Front devait se relancer avec de nouveaux objectifs. Nous devons travailler avec les forces au-delà des limites actuelles du Front de gauche. Bien sûr, nous ne serons pas d’accord sur tout. Mais les points qui nous rapprochent doivent être une base de départ. Et je pense que le Front de gauche doit jouer le rôle d’animateur actif de ces rapprochements.

Jean-Luc Mélenchon qui se dit « intéressé » par les positions d’Arnaud Montebourg. C’est du pain bénit pour vous ?
Oui, c’est positif. Si l'on ne dialogue pas avec Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Cécile Duflot ou Aurélie Filippetti, avec qui allons-nous parler pour construire un mouvement fort qui pèsera et qui permettra de contrecarrer ce scénario que le gouvernement écrit pour la gauche et pour le pays entier. Il faut redonner de l’espoir et faire la démonstration qu’il existe d’autres solutions, d’autres voies dans le paysage politique français.
Je pense que la situation qui s’est imposée à nous est en train de faire bouger les lignes chez tout le monde. Même chez ceux qui pensaient qu’il ne se passerait jamais rien. Je pense que nous ne pouvons pas laisser les millions d’électeurs et de militants socialistes sombrer dans l’amertume. C’est à nous de leur dire que les lignes bougent et qu’un autre avenir est possible. Bien sûr, au sein de notre formation, le débat existe entre ceux qui défendent la nécessité de « fédérer le peuple » et ceux qui parlent« d’unir les forces de gauche ». Moi, je pense que cela procède d’un même mouvement. Mais si la crainte qui existe chez certains militants du Front de gauche, c’est qu’il y ait un compromis avec la politique gouvernementale actuelle, je les rassure : c’est de l’ordre du fantasme. Mais je suis convaincu que ce serait une faute, si nous, responsables politiques de cette force qu’est le Front de gauche, nous ne tentions rien.

Les tensions restent vives entre le PCF et le Parti de gauche. Votre réunion de rentrée avec vos partenaires du Front de gauche en septembre sera-t-elle tendue ?
Honnêtement, je ne sais pas. Ce qui importe c’est que nous sommes dans un processus de recherche d’un nouvel équilibre, entre les réussites certaines et acquises que nous avons eu et la nécessité de construire l’avenir. Mais, j’ai bon espoir que cette idée avance chez les différentes composantes et que la réunion de rentrée du Front de gauche qui se tiendra le 6 septembre, sera une réussite.

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Published by bruno fornaciari - dans PCF-FRONT DE GAUCHE au PS
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BRUNO FORNACIARI

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