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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 17:20
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 23:05

La gauche européenne contre l’austérité

Politique. Un premier Forum européen des alternatives se tient ce week-end à Paris. L’enjeu est d’imaginer des rassemblements progressistes pour une véritable alternative.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Président du Parti de la Gauche Européenne (PGE), Emmanuelle Cosse, son homologue écologiste, Pouria Amirshahi socialiste « frondeurs », Zoé Konstantopoulou, Présidente du parlement grec, étaient réunis sur scène samedi, illustrant leur volonté de « convergence politique ».

Tous les quatre participaient à une plénière intitulée « l’austérité ça suffit. Notre objectif : le développement humain en Europe ». Dans la salle, Jean-Luc Mélenchon, leader du parti de gauche, et Marie-Noëlle Lienemann, Sénatrice PS, étaient assis au premier rang.

La plénière se tenait dans le cadre du forum européen des alternatives organisé samedi et dimanche à Paris par le Parti de la Gauche Européenne (PGE) dix ans après la victoire du « Non » des Français au référendum sur la Constitution européenne.

« Un moment crucial »

« Il faut trouver tous les moyens de discuter et de trouver des lieux de controverse, de discussion, de construction commune », a expliqué à la presse Emmanuelle Cosse, pour qui « ces échanges ne se traduisent pas obligatoirement par une question électorale ».

« La question est comment on construit une réponse commune à la crise actuelle et qu’on sort de cette impression qu’il n’y a qu’une seule ligne possible et qu’on ne peut pas débattre », a-t-elle dit.

« Au delà des débats qui nous traversent, il faut être capable dans des circonstances de plus en plus nombreuses d’affirmer des convergences, des idées qui nous rassemblent. Le faire sur la question européenne dans un moment aussi crucial pour l’Europe a beaucoup de signification », selon Pierre Laurent.

« On ne va pas lever avec un coup de baguette magique toute une série de différences (…) C’est un chemin, ce n’est pas une ligne droite, ce qui compte, c’est la boussole », a souligné le patron des communistes. « Cette convergence ne se décrète pas, elle se construit », a-t-il insisté.

Pour le socialiste Pouria Amirshahi, ce genre de rendez-vous est un pari sur l’avenir. « Il y a bien des questions qui nous rassemblent. Ces rapprochements politiques sont utiles pour demain », a-t-il dit.

« La Grèce montre le chemin et il est important dans cette période historique que chacun et chacune fasse des choix pour lesquels nous serons fiers d’ici deux ou trois décennies », selon Zoé Konstantopoulou.

« Les images de l’austérité en Grèce sont les images du futur européen si on ne met pas fin à ces politiques » d’austérité, a-t-elle prévenu. « L’austérité tue », a-t-elle lancé quelques minutes plus tôt sur scène.

Dans toute l’Europe, l’expérience grecque essaime. Les succès aux élections municipales en Espagne des forces progressistes qui ont su se rassembler est un autre signe que les peuples européens rejettent l’orientation ultra-libérale et austéritaire de l’UE. En France, où le « non » avait ouvert la voie, les forces progressistes ont donc un devoir de réussite.

La Marseillaise, le 31 mai 2015

Le mois de juin sera grec

En clôture ce dimanche du premier Forum européen des alternatives, qui se tient depuis samedi à Paris, Tasos Koronakis, Secrétaire général de Syriza et Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Président du Parti de la gauche européenne (PGE) lanceront un appel pour la Grèce.

Ce pays, berceau de la démocratie, cristallise les enjeux qui se jouent en Europe. Soit la poursuite d’une politique austéritaire qui tourne le dos aux peuples, soit, avec la réussite de la Grèce, une réorientation profonde. Comme le dit le Député européen honoraire Francis Wurtz, « Tout changement significatif sera un puissant encouragement à la recherche d’alternatives progressistes, coopératives et solidaires dans toute l’Union européenne ».

Pour ce premier Forum, qui se tient 10 ans après la victoire du « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européen, « la date n’a pas été choisie au hasard », explique Pierre Laurent. « La réponse que les Français avaient apportée reste la réponse d’avenir (…) L’Europe n’a pas d’avenir sans réorientation. Nous avons perdu 10 ans.(…) Ceux qui s’obstinent à suivre ces politiques sont des irresponsables », ajoute-t-il. « Le non a été fondateur en Europe. Tous les mouvements qui posent la question du changement en Europe sont nés de cette bataille pour le non ».

Au programme de ce premier Forum, Place de la République à Paris : 3 plénières, 30 ateliers, un concert et des invités tels que invités Giorgos Katrougalos, Ministre grec de la fonction publique ; Hervé Falciani, ancien salarié d’HSBC, lanceur d’alerte ; Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d’EELV ; Jean-Luc Mélenchon, leader du PG, Pouria Amirshahi, Député PS « frondeur »…

De nombreuses formations européennes comme Die Linke (Allemagne), EUIA (Catalogne), Sinn Fein (Irlande), Syriza (Grèce) sont notamment représentées.

L’appel lancé aujourd’hui, précise Pierre Laurent, vise « à faire du mois de juin un mois de mobilisation au côté du gouvernement grec. Je renouvellerai l’exigence qui est la nôtre à l’égard du gouvernement français d’appuyer le gouvernement grec dans la demande de respect du programme sur lequel il a été élu ».

La Marseillaise, le 31 mai 2015

Repères

30 ateliers au programme du premier Forum européen des alternatives qui se tient jusqu’à aujourd’hui à Paris. Pour suivre en direct les temps forts de la journée de dimanche : http://www.forum-des-alternatives.eu.

Georges Katrougalos, Ministre grec de la Fonction publique et de la réforme de l’État : « J’espère que la Grèce deviendra le miroir de l’avenir politique de l’Europe, qu’il naîtra un mouvement paneuropéen contre l’austérité.(…) On ne peut pas gagner dans un seul pays. La solidarité des peuples est essentielle pour réussir ».

La Marseillaise, le 31 mai 2015

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 17:35
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 10:16
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:01

Départementales : La gauche ne doit pas seulement parler, elle doit agir (PCF)

Après les élections départementales, les Français attendent des changements politiques immédiats pour résoudre leurs urgences sociales et celles du pays. La gauche ne doit pas seulement parler, elle doit commencer par agir.

Le Parti communiste français propose de décider sans attendre :

  • la relance, avec toutes les forces de gauche, associatives, syndicales qui le souhaitent, de la campagne vérité sur les banques : « je rêve d'une banque qui... »

  • la suspension des expulsions locatives censées reprendre le 1eravril. Il appelle a construire localement «des chaînes humaines contre les expulsions»

  • la suppression immédiate des baisses de dotations aux collectivités locales afin de promouvoir les services publics de proximité et relancer l'emploi local.

Il appelle également à :

  • l’arrêt de la discussion sur la loi Macron, qui revient au Sénat à partir du 7 avril et de celle sur le projet de loi Santé qui sera à l'Assemblée nationale demain. Il appelle a amplifier la mobilisation contre ces projets.

  • mener toutes actions pour le droit à l'éducation, à la santé, à la culture, pour toutes et tous

  • préparer, avec toutes les forces de gauche, associatives, syndicales disponibles, le forum européen des alternatives des 30 et 31 mai prochains, place de la République à Paris.

Le Parti communiste invite tous ses militant-e-s à reprendre sans tarder le débat et l'action avec les Français sur les solutions nouvelles à apporter aux exigences du pays.

Le secrétaire national du Parti communiste français reprend son tour de France des régions, dès les 1er – 2 – 3 avril, en Bretagne (Morlaix, Douarnenez, Lorient, Saint Brieuc, Rennes…) puis du 25 au 28 avril dans le Centre.

Le Parti communiste français rencontrera tous les partis politiques de Gauche, toutes les forces du mouvement social (syndicats, associations,...) qui le souhaitent avec comme ordre du jour un échange sur les conséquences des résultats des élections départementales et les changements politiques nécessaires face aux urgences que connaît notre peuple. Le secrétaire national du PCF prendra, dès cette semaine, les contacts nécessaires pour préparer ces rencontres. Le comité exécutif national se réunira le mardi 7 avril au matin et le Conseil national du PCF les 10 et 11 avril prochains.

Parti communiste français,

Paris, le 30 mars 2015.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 12:56

Départementales : le PCF-FDG, 3ème force politique avec 176 conseillers départementaux

A l'issue du second tour des élections départementales, le Front de gauche comptent 176 conseillers départementaux en métropole, dont 167 PCF et apparentés. Le PCF et le Front de gauche sont donc la 3ème force politique en terme d'élus, derrière l'UMP-l'UDI, le PS, et loin devant le FN.

2 fois sur 3, lorsqu'un binôme FDG était présent au 2ème tour, il l'a emporté, témoignant ainsi de la grande capacité de rassemblement de nos candidats.

Le Val-de-Marne que beaucoup de commentateurs de la vie politique annonçaient comme perdu pour la gauche, garde sa majorité et une présidence communiste. C'est une politique de progrès social au service de ses habitants qui est ainsi confirmée dans les urnes.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 10:50

Le Front de Gauche première force à gauche dans l'ancienne banlieue rouge

Nicolas Maury

Dans les Hauts de Seine (92), en Seine Saint Denis (93) et dans le Val de Marne (94), le Front de Gauche peut se satisfaire d'être en position de force à gauche. La droite (toute tendance confondue) remporte 39 cantons, le Front de gauche 17 et le PS (et allié ) 13

Dans les Hauts de Seine, le PCF conserve son rôle de premier opposant

Cette élection signe la déconfiture du PS dans le département le plus riche de France. Le Parti de Manuel Valls ne parvient qu'a sauver 1 canton, celui de Montrouge (52,32%). Le PS subit de lourds revers sur Clichy (46,10%) et Colombes 1 ((45,90%). Ainsi le PS perd 6 de ses 8 élus. La droite triomphe (le mot est faible) dans 19 cantons (sur 23).

Le Parti Communiste Français, même avec la perte de 2 conseillers généraux parvient a faire élire 6 conseillers départementaux dans 3 cantons :

- Gennevilliers avec 75,94% des voix (face au FN)
- Nanterre 1 avec 63,69% des voix
- Bagneux avec 54,34% des voix

Dans le département des Hauts de Seine, le PCF devient la première force de gauche.

Le Val de Marne reste communiste, le PCF fait mentir les prédictions de Nicolas Sarkozy et Jean Marie Le Guen

Dans le Val de Marne, le PCF reste la force politique principale. La droite (victorieuse dans 11 cantons) ne parvient pas à déloger le PCF de la direction du département. La droite passe de 18 élus à 22.

Ainsi le Front de gauche obtient 18 élus (17 PCF et 1 PG) et conquiert les cantons de Ivry (100%), Vitry 1 et 2 (62,37 % et 71,53 %), Villejuif (55,11 %), Champigny 1 et 2 (51,88 % et 51,76 %), Fontenay (55,01 %), le Kremlin-Bicêtre (100%) et Choisy (63,15 %). Le nombre de conseillers communistes augmente (+1).

Le Parti socialiste sauve 4 cantons (Créteil 1-2, Cachan et Alforville) et 8 élus (contre 11 précédemment). Sur Orly les candidats DvG et MRC parviennent à se faire élire face à la droite.

En Seine Saint Denis, la droite majoritaire, mais le PS parvient à sauver sa position

Le Parti socialiste a bien failli tomber face aux coups de la droite séquano-dionysienne. En effet, UMP et UDI remporte la victoire dans 9 cantons (nous faisant tomber dans celui du Blanc-Mesnil - 38,48 %). La droite avait 11 élus avant les élections (5 UDI et 6 UMP), elle disposera d'un groupe de 18 élus.

Le PS (et alliés) parvient à sauver 14 élus (-2) et est victorieux dans 7 cantons, Saint Denis 1 (100%), La Courneuve (61,44%), Pantin (100%), Bagnolet (100%), Montreuil 1 (53,38%), Noisy-le-Grand (51,38%) et Épinay-sur-Seine (55,55%). Le PS subit une lourde défaite dans les cantons de Bondy, Gagny, Sevran, Saint Ouen, Aulnay ...

Pour le Front de Gauche, il y aura 10 élus (-3). 9 PCF et 1 pour Ensemble parviennent à être élus à Saint-Denis 2 (100%), Aubervilliers (100%), Bobigny (52,81 %), Montreuil 2 (59,26 %) et à Tremblay (58,96 %) face au Front National.

Le Front de gauche 1ère force à gauche dans l'ancienne banlieue rouge

Dans ces trois départements, la droite remporte 78 élus (et 39 cantons), le Front de gauche s'impose avec 34 élus (17 cantons gagnés), le PCF obtenant 31 élus, et le Parti socialiste (et alliés PRG, MRC ...) remporte 26 élus (et 13 cantons).

Il s'agit d'un lourd revers pour le PS et pour Jean marie Le Guen qui voyait le PCF mort et enterré ! Pour information, le Front national ne dispose d'aucun élu dans ces trois départements.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 22:20


> Une réponse politique nouvelle à gauche, c'est désormais l'urgence (Pierre Laurent)
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> Les premiers résultats connus du second tour des élections départementales confirment que la droite va ce soir conquérir la majorité dans de nombreux départements. Pour la première fois, le Front national fait lui aussi élire de nombreux conseillers départementaux. Les populations de ces départements vont connaître des jours difficiles avec des attaques redoublées contre les politiques de solidarité, d'action sociale et d'éducation, les services publics départementaux, la culture. Je veux les assurer qu'elles pourront compter sur les communistes et leurs élus dans les combats qui les attendent.
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> Le Parti communiste a tout fait pour empêcher ces gains de la droite et de l'extrême droite. Au premier tour, en rassemblant partout pour des choix de gauche avec les candidats du Front de gauche et souvent d'autres forces, totalisant 9,4 % des voix. Au second tour, en mobilisant partout dans la clarté pour faire barrage à la droite et à l'extrême-droite.
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> Des centaines d'élus de gauche n'auraient pu gagner sans ce travail de rassemblement mené par les communistes. Ils agiront désormais dans des conseils départementaux à parité, seule véritable avancée démocratique de ce scrutin. Un grand nombre de conseillers départementaux communistes et du Front de gauche, même si leur nombre total sera en recul, sont élus ce soir, confirmant la place du PCF dans la vie politique. Déjouant tous les pronostics, le Val de Marne devrait garder une présidence communiste et l'Allier se joue dans un mouchoir de poche. Tous les élus communistes sont prêts dès ce soir à prendre leurs responsabilités dans les départements pour plus de justice et d'égalité.
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>
> Le Parti socialiste subit pour sa part une lourde défaite avec la perte de nombreux départements. Les électrices et les électeurs expriment une nouvelle fois leur rejet de la politique du gouvernement, et de son absence de résultat. La responsabilité de François Hollande et de Manuel Valls est grande dans le retour aux affaires de la droite dans une majorité de départements. A l'occasion des multiples initiatives et rencontres tenues par les militants communistes sur l'ensemble du territoire, nous avons constaté l'immensité de la défiance et du désarroi de millions de Français, qui confrontés à la violence du quotidien, se sentent totalement trahis. Continuer à rester sourd à ce qui sonne clairement comme un appel à un changement de cap politique serait engager la France dans le scenario du pire. Les communistes ne s'y résoudront jamais.
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>
> Les majorités départementales de droite et les élus du Front national, dont les connivences peuvent se développer dangereusement, vont s'attaquer partout aux politiques publiques en opposant les Français entre eux, en attisant les tensions racistes, communautaires, générationnelles, et en détournant le regard des Français des vraies responsables de la crise : les politiques d'austérité, les actionnaires et la finance. J'appelle l'ensemble des citoyens à la vigilance, à l'unité et à l'action commune pour la défense des services publics et des choix politiques de solidarité.
>
>
> Nous pouvons déjouer le « coup monté » du tripartisme. Ce scénario mortifère pour la gauche sous-tend l'abandon des classes populaires à l'abstention et au Front national, et la marginalisation de toute politique alternative sociale et solidaire à l'austérité. Nous le refusons catégoriquement.
>
>
> Au lendemain, de ce scrutin, rien n'est désormais plus urgent que de construire dans les luttes, dans l'action quotidienne et la solidarité concrète, dans le débat politique, une réponse politique neuve, clairement citoyenne et populaire, clairement à gauche.
>
>
> J'appelle toutes les forces citoyennes, politiques et sociales disponibles à la construction d'un mouvement de gauche alternatif ample et populaire, à vocation majoritaire pour ouvrir à nouveau l'espoir. Communistes et autres composantes du Front de gauche, écologistes, socialistes refusant l'impasse actuelle, militants de Nouvelle Donne, citoyens, syndicalistes, militants de toutes causes… doivent converger pour construire ce nouvel espoir.
>
> Nous y travaillons sans relâche depuis des mois. Je sais qu'il ne s’agit plus d’un vœu pieux. Ces convergences se sont affirmées à de nombreuses reprises au cours des derniers mois. Elles se mettent désormais en œuvre dans les premières réunions des Chantiers d’espoir et dans la préparation du forum européen des alternatives. Le retour de la loi Macron au Sénat à partir du 7 avril et la mobilisation intersyndicale et interprofessionnelle, le 9, leur donneront l’occasion de s’affirmer avec plus de force encore. Des initiatives nouvelles seront nécessaires. Avec les communistes, j' y travaillerai activement.

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 10:19

Battre la droite et l’extrême droite

DIEGO CHAUVET DE L'HUMANITÉ DIMANCHE

VENDREDI, 27 MARS, 2015

HUMANITÉ DIMANCHE

Les résultats du premier tour annoncent une passe difficile pour la gauche au second. Difficile, mais pas impossible si elle sait se rassembler contre la droite et l’extrême droite. Le FN, lui, s’enracine davantage dans le paysage politique, même s’il n’est pas le premier parti de France comme annoncé durant la campagne. Quant à Nicolas Sarkozy, il va tenter d’exploiter ce modeste succès de l’UMP-UDI ...

La gauche est-elle en mesure d’éviter une lourde défaite dimanche prochain ? La situation créée par les résultats du premier tour ne lui offre que deux alternatives: battre la droite et l’extrême droite. Après le scrutin du 22 mars, la gauche et tout particulièrement le PS sont en difficulté. Le PS est en effet éliminé de plus de 500 cantons dès le premier tour. Il risque de perdre des bastions historiques comme le Nord et le Pasde-Calais. Dans l’Essonne, sa situation est très incertaine. Dans nombre de cantons, des binômes droite et FN s’affronteront. Dans de plus rares cas, ce sont des candidats de gauche qui devront affronter l’extrême droite. Et dans cette configuration, l’UMP a déjà une position officielle: ce sera le « ni-ni » de Nicolas Sarkozy, soit ni FN ni PS, en contradiction avec la position des centristes de l’UDI. À gauche en revanche, la position est différente.
Les responsables socialistes ont déjà annoncé qu’ils appelleraient leurs candidats à se désister (lorsqu’ils sont qualifiés pour le second tour) en cas de risque de victoire du FN, ou à voter contre le parti d’extrême droite dans les cantons où la gauche a été éliminée. Au PCF également, la consigne était claire dès dimanche soir: le 29 mars, il faudra battre la droite et l’extrême droite. Et dans les triangulaires où la gauche est qualifiée, c’est la règle du « désistement républicain » qui sera en vigueur.
Les candidats de gauche les mieux placés devront obtenir le soutien des autres formations de la gauche.
Dans le Val-de-Marne, l’Allier, la Seine-Saint-Denis ou encore l’ Essonne, cette mobilisation peut permettre à la gauche de l’emporter.

LE FN AU PLUS HAUT ?
Car le FN est bien placé à l’issue du premier tour pour enfoncer le clou le 29 mars, et accentuer le séisme politique que son ascension a déclenché.
Son score de 25 % au niveau national peut lui permettre de l’emporter dans plusieurs départements: notamment l’Aisne, l’Oise, le Vaucluse, le Var ... Il remporte d’entrée de jeu 6 élus au premier tour: deux dans le Var, à Fréjus, deux dans le Vaucluse, à Avignon. Dans ce même département, les électeurs du canton d’Orange n’auront le choix qu’entre deux binômes d’extrême droite ... Au total, le FN est en tête dans 327 cantons et 43 départements.

DANS LES TRIANGULAIRES OÙ LA GAUCHE EST QUALIFIÉE, C’EST LA RÈGLE DU « DÉSISTEMENT RÉPUBLICAIN » QUI SERA EN VIGUEUR.
Le pourcentage de voix du parti d’extrême droite reste stable par rapport aux élections européennes.
S’il ne se hisse pas comme le « premier parti de France », ainsi que l’ont annoncé les instituts de sondages et les grands médias, il occupe toute de même la deuxième position au niveau national, derrière l’union des droites et devant le PS. Surtout, il s’enracine au niveau local, ce qui fait planer une installation dans la durée de son rôle nuisible dans la vie politique. L’an dernier, il avait déjà conquis 14 mairies aux municipales.
Et sur ces territoires d’expérimentation, il confirme son enracinement.
Le cas du Pontet dans le Vaucluse est révélateur: le maire FN, pourtant invalidé, s’est fait élire le 22 mars dès le premier tour. La perspective de l’élection d’autres conseillers départementaux permettrait au FN de se tisser un important réseau d’élus locaux qui renforcerait son poids au niveau national, dans la perspective des élections régionales ... et de la présidentielle de 2017.

AU PS, ON NE CHANGE RIEN, ON CONTINUE!
Dans ce contexte, au soir du premier tour, les socialistes ne semblent pas vouloir bouger d’un iota la ligne qui est la leur. Dès l’annonce des résultats, le premier ministre Manuel Valls a relativisé la défaite de son parti. Le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, est allé encore plus loin: selon lui, le résultat du 22 mars prouve que « les thèmes portés par les socialistes se retrouvent confortés après le premier tour » (sic). Pour Manuel Valls, c’est le score du FN qui semblait être l’enjeu principal de cette élection.
« Ce soir, les formations républicaines ont tenu leur place. » Et d’ajouter: « Je m’en félicite, car je me suis personnellement engagé.
Quand on mobilise la société, quand on mobilise les Français, ça marche. » De ce satisfecit très personnel, il n’y a qu’un pas pour que le premier ministre le transforme en chèque en blanc pour suivre son cap politique, en faisant semblant de n’avoir rien entendu. Lors de son intervention, il n’a d’ailleurs rien dit du contenu de sa politique. « Le total des voix de gauche est l’équivalent de celui de la droite. » Fermez le ban ? Le premier ministre s’est contenté d’un appel aux « républicains». De la part du gouvernement comme de la direction du PS, aucun message n’a été adressé aux nombreux électeurs de gauche qui ne se sont pas déplacés pour voter, déçus par les revirements du pouvoir depuis 2012.

FEU SUR LES « DIVISIONS DE LA GAUCHE »
Les autres formations et candidats de gauche, en revanche, ont été visés et pointés comme responsables de cette défaite « relative »... Dès dimanche soir, le premier ministre comme le premier secrétaire du PS ont désigné un coupable: la division de la gauche. Entendons la multiplication de candidatures à la gauche du PS. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, est parmi les premiers à sortir l’argument massue. « C’est la division qui va nous empêcher d’être présents au second tour dans un certain nombre de cantons », lâche l’exprésident de la Seine-Saint-Denis.
La direction du PS n’a plus qu’à embrayer. Jean-Christophe Cambadélis appelle « les partis de gauche à faire bloc » pour le second tour, choix qu’ils ont déjà tous fait face à la droite et à l’extrême droite.
L’argument de la division fait encore fi de ce qui a créé ce fossé entre la gauche au pouvoir et les autres formations qui ont pris leurs distances avec le PS: la politique d’austérité du gouvernement, sa dérive à droite qui a provoqué jusqu’au départ de ses ministres écologistes et de l’aile gauche du parti à la fin de l’été dernier. En brandissant la menace de la gauche qui perd parce qu’elle est divisée, le gouvernement tente à nouveau de rallier tout le monde sous sa bannière sans discussion possible sur les contenus de sa politique. Et c’est justement en refusant d’entendre toute une partie de la gauche (et de son électorat) que le PS creuse davantage le fossé qui le sépare des organisations du Front de gauche et des écologistes d’EELV.
Au final, ce sont les électeurs de la gauche qui risquent de le payer.
Ainsi que le rappelait Pierre Laurent sur France 3 au soir du 22 mars, ce sont bien les familles du département de la Seine-et-Marne par exemple qui paieront l’addition du changement de majorité en faveur de la droite en matière de politiques sociales.

L’ÉMERGENCE D’UNE NOUVELLE GAUCHE ?
Avant le scrutin, les appels à voter pour les binômes du Front de gauche et d’Europe Écologie-les Verts devaient favoriser l’émergence d’une nouvelle gauche. Nombre de candidats ont avancé cet argument à leurs électeurs. Au final, cette alternative a-t-elle émergé ? Selon les nomenclatures choisies pour compter les voix de chaque camp, la réponse diffère quelque peu ... Ainsi, nombre de binômes du Front de gauche ont été classés « divers gauche » par le ministère de l’Intérieur, et donc retranchés du score des candidats Front de gauche ... pour être ajoutés à ceux du PS. Sur France 2, le PS a ainsi été donné au soir du 22 mars à 28 %, alors que le Front de gauche plafonnait sur la même chaîne à 6,5%. Quant à EELV, les médias parlent de quasidisparition: 2 % au mieux, toujours selon ce mode de comptage. Des chiffres qui ont permis à Claude Bartolone de clamer: « Il n’y a pas d’alternative à la gauche du PS, nous ne sommes pas la Grèce. » La réalité est un peu différente.
« Loin des chiffres annoncés par le ministère de l’Intérieur, la totalisation des candidatures soutenues par le Front de gauche s’élève à 9,4 % sur la métropole », déclarait le 23 mars le PCF dans un communiqué, après recomptage des voix de tous les candidats. « Sur 448 cantons où le Front de gauche et EELV étaient présents ensemble, la moyenne s’élève à 13,6 % », ajoute le PCF. S’il ne s’agit pas encore de la percée d’une nouvelle force politique, ces scores sont tout de même conséquents et « encourageants pour l’avenir » précise le PCF. EELV entre toutefois dans une période de fortes turbulences entre partisans de la construction de cette force alternative et ceux d’un éventuel retour des écologistes au gouvernement en cas de remaniement postélectoral. Le sénateur Jean-Vincent Placé a ainsi attribué le résultat de son parti (selon les comptes du ministère de l’Intérieur) à « une stratégie désastreuse». Le député EELV François de Rugy a également dénoncé les alliances avec le Front de gauche: « Quand la stratégie des écologistes est illisible, c’est l’écologie qui devient invisible. »


LA VICTOIRE TRÈS RELATIVE DE NICOLAS SARKOZY

Face à cette « défaite relative » du PS, à l’enracinement du FN, et à ces possibles recompositions au sein de la gauche, Nicolas Sarkozy a choisi d’entrer dans le costume du grand vainqueur de ce scrutin. Selon ses partisans, dès dimanche soir, c’est la stratégie de l’ex-président de la République sur le retour qui se retrouve ainsi validée. Alors que sa longue marche vers 2017 patine depuis son retour officiel en septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait besoin d’une victoire électorale de l’UMP pour se légitimer comme chef incontestable de la droite. Mais derrière sa posture du soir du premier tour se cache une autre réalité.
Compte tenu de l’alliance avec le centre et de l’impopularité du pouvoir, la droite aurait pu viser un score plus haut. Nicolas Sarkozy ne manquera toutefois pas de s’appuyer sur ce score pour imposer sa ligne. Ensuite, c’est un attelage UMP-UDI qui a atteint les 30 % le 22 mars. Ce qui n’est pas forcément la tasse de thé de l’ex-président mais plutôt la stratégie défendue par son principal rival, Alain Juppé: le rassemblement de la droite et du centre pour 2017. Du coup, la stratégie du « ni-ni » réaffirmée par Nicolas Sarkozy, qui fait grincer les dents à l’UDI et à des responsables de l’UMP, pourrait s’avérer contreproductive. Dans cet attelage qui s’est hissé en tête du premier tour, tout le monde n’est pas emballé par la stratégie de la droite décomplexée ... Si, pour le second tour, le ni FN ni PS de Nicolas Sarkozy ne s’avérait pas payant, comme ce fut le cas au mois de février pour la législative partielle du Doubs, le président du futur parti intitulé étrangeme n t « l e s R é p u b l i c a i n s » continuerait à patiner.

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BRUNO FORNACIARI

HPIM3303

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