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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 01:27

LA DIGNITE CONTRE L'HORREUR
DECLARATION DE PIERRE LAURENT, SECRETAIRE NATIONAL DU PCF

►Cinq jours après la terrible tuerie de Nice, qui a vu les vies de 84 femmes, hommes et enfants fauchées et des centaines d'autres blessées ou marquées pour toujours, notre nation reste endeuillée et profondément choquée. Cette folie terroriste aveugle a plongé le pays dans un angoissant questionnement sur les motivations du meurtrier Mohamed Lahouij-Bouhlel et sur les moyens de faire face à la terreur que cherchent à imposer de tels actes

Au chagrin s'est mêlée depuis la colère devant les polémiques et les surenchères indécentes auxquelles se sont livrés sans recul nombre de responsables politiques

Dès le 15 juillet, le Parti communiste français a refusé ce manque de dignité en appelant à la solidarité et au respect des familles endeuillées, en demandant le temps nécessaire à l'enquête et à la réflexion pour évaluer les nouvelles mesures à prendre face au palier franchi dans l'horreur. D'autres, singulièrement à droite et à l'extrême droite, ont préféré faire assaut de déclarations irresponsables et de surenchères sans fondement. Oui, nous le redisons avec force, contre la marée nauséabonde de tous les démagogues, il va falloir raisonner, penser pour pouvoir agir mieux et plus efficacement contre la menace terroriste grandissante, contre la violence criminelle qui se pare d'alibis ou de mobiles religieux ou politiques, et contre les haines et les divisions.

Le gouvernement a décidé, sans débat, de prolonger l'état d'urgence, sous la pression de la droite et de l'extrême droite qui veulent durcir encore le régime d'exception.

Or, force est de constater que l'état d'urgence n'a pas permis d'éviter le carnage de Nice, dans une ville que les élus de droite ont faite laboratoire de leurs expérimentations sécuritaires.

Avant d'annoncer précipitamment sa prolongation, le président de la République venait de la déclarer inutile en indiquant que les lois récemment votées après son déclenchement permettaient de prendre le relais. Le risque s’accroît donc d'une dérive répressive sans efficacité pour la sécurité de nos concitoyen-ne-s, et d'une atteinte à nos libertés publiques fondamentales.

Nos groupes parlementaires ne voteront donc pas cette prolongation.

Nous appelons en revanche à une réorientation profonde de nos politiques nationales, européennes et internationales. La lutte contre l'action terroriste et l'insécurité du monde est inséparable de la reconstruction d'une nouvelle civilisation commune à toute l'humanité.

Riposter à la violence terroriste et au projet politique meurtrier et dictatorial de Daesh, par la seule voie militaire, par l'engagement de notre pays dans une logique de guerre aveugle, sans stratégie politique visant le retour de la paix et de la sécurité internationale est une grave erreur. Elle alimente la propagande de Daesh sur les esprits qu'il domine.

Tous les promoteurs et artisans de la logique de « guerre des civilisations », depuis Daesh jusqu'à ceux qui prétendent la combattre sur le même terrain, entraînent notre pays et l'humanité dans une voie sans issue.

Les communistes appellent à résister à cette logique meurtrière, à faire reculer ensemble les violences, les haines et les politiques de la peur.

Nous avons, ensemble, la capacité de rejeter le terrorisme et tout ce qui le nourrit, ici en France et ailleurs dans le monde où les guerres et le chaos qu'elles entraînent lui servent de terreau pour son développement.

La France doit enfin accepter de réviser en profondeur ses choix internationaux pour des évolutions de paix au Proche-Orient et en Afrique. Les peuples du Proche-Orient et d'Afrique y aspirent profondément ; ce sont eux et les forces démocratiques et pacifiques que la France doit soutenir avec ardeur.

Ici en France, il est temps de déclarer l'état d'urgence sociale afin de stopper les politiques d'austérité (baisse des dotations aux collectivités locales, suppression de services et de personnel) et de déployer des moyens sans précédent de présence de l’État et des services publics dans tous les territoires de la République.

Sécurité de proximité, éducation, santé publique, accompagnement psychiatrique, prévention, aide psychologique, lutte contre les violences faites aux femmes, contre les trafics mafieux… sont des priorités d'une urgence absolue

C'est seulement dans ce cadre nouveau que les efforts immenses faits par les services de sécurité, de police et de gendarmerie, dont il faut saluer le dévouement, trouveront leur pleine efficacité.

Au-delà, c'est un autre avenir de développement et de solidarité, un avenir d'humanité commune, qu'il faut mettre à l'ordre du jour, en France, en Europe et dans le monde. Nous ne voulons plus de ce monde de l'argent, des concurrences et des guerres, qui nourrit tous les égoïsmes et les racismes.

Contre le déferlement de haine et de démagogie qui ouvrent aujourd'hui la voie aux populismes en tous genres et aux extrêmes droites violentes et xénophobes, les communistes œuvreront sans relâche pour que notre peuple, et toutes celles et ceux qui ont choisi la France pour y vivre, puissent débattre sereinement et démocratiquement de ces enjeux majeurs.

2017 sera pour cela une année cruciale durant laquelle nous ne laisserons pas le débat politique se rouler dans la fange.

Notre pays mérite mieux, afin de construire un dialogue avec les forces démocratiques du monde pour une humanité de paix, d'égalité et de partage.

Pierre Laurent - Paris le 19 juillet 2016

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 09:02

Cher camarade,

Nous serions disposer à faire remplir autour de nous les questionnaires de « la grande consultation »par notre famille et nos amis, et davantage encore si, nous étions en possession de notre carte que refuse de nous délivrer le secrétaire fédéral des Deux-Sèvres qui a engagé la fédération dans le soutien à la candidature de Mélenchon. Depuis plusieurs années, le déni démocratique se poursuit, et l’organisation du PCF que nous faisions vivre sur notre territoire du Nord Deux-Sèvres a disparu maintenant et avec elle, les 12 communistes de l’époque.
Je dois dire que nous avons effectué plusieurs démarches, restées vaines, auprès de tous les échelons du parti.
Aussi, je te demande, afin de ne pas poursuivre inutilement nos démarches et nos illusions, de me faire savoir une bonne fois pour toutes, si vous avons notre place dans le parti auquel j’ai adhéré en 1966 et assumé des responsabilité de section de longues années en seine-saint-denis, et même dirigé une école fédérale comme adjoint, aux côté de ...Guy Lecroq.
Je t’ai envoyé récemment plusieurs documents mail sur notre situation, et appelé au téléphone. Là encore pas de réponse.Le respect des camarades ne serait-il que des mots ? Le parti aurait trop changé alors.
Le parti aurait-il abandonné la démocratie et la solidarité qui existait alors ? Il n'aurait pas assez changé alors.

Bien fraternellement

Bruno Fornaciari
077 184 06 77
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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 20:29

Attentat de Nice : "Ensemble nous ferons reculer les violences aveugles, les haines, la peur" (Pierre Laurent)

Notre pays tout entier vit des heures douloureuses après le massacre de 84 femmes, hommes et enfants perpétré à Nice par un homme au volant d'un semi-remorque lancé en trombe sur la Promenade des Anglais alors que tant de familles, de jeunes, d'enfants des quartiers populaires et de toute la ville, des touristes, étaient venus fêter ensemble la Fête de la Fraternité, notre fête nationale. Notre nation endeuillée, profondément choquée, est saisie d'effroi et de chagrin. La solidarité des habitant-e-s de Nice et des environs, la réactivité des forces de l'ordre et des services de secours sont remarquables : aucun d'entre nous n'est prêt à céder à la peur ni à la haine.

Je veux m'incliner devant la mémoire des disparu-e-s, présenter à leurs familles et amis les condoléances du Parti communiste français, et les assurer de notre soutien, de celui de nos élus et de nos militants. Mes pensées se tournent vers les 18 blessés qui sont encore dans un état d'extrême gravité et les dizaines de blessés qui ont été atteints en souhaitant que leur vie soit sauvée, et leur dire que nous sommes tous à leurs côtés dans cette épreuve aussi tragique que profondément injuste. Comme tous nos concitoyens et tou-te-s celles et ceux qui ont choisi la France pour y vivre, j'ai le coeur brisé par cette abomination. Il n'y a aucune justification, et encore moins de fatalité, aux meurtres de masse quels qu'en soient les motivations et mobiles.

L'heure n'est pas aux polémiques politiciennes stériles mais à l'enquête et à l'aide aux victimes, à la solidarité et la fraternité.

Le Parti communiste français et ses militants seront vigilants et mobilisés pour qu'à Nice comme partout en France, la solidarité avec les victimes et leurs familles et le soutien dont les habitant-e-s de Nice et des Alpes Maritimes ont besoin soient sans faille.

C'est dans le rassemblement des femmes et hommes de paix de notre pays qu'ensemble nous ferons reculer les violences aveugles, les haines, la peur.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 14:43

Attentats sanglants, poussée des forces nationalistes et xénophobes d’un bout à l’autre de l’Union européenne, particulièrement en France, et bientôt une nouvelle crise financière… Le sentiment qui se fait jour est celui d’une montée des périls, dans un monde de plus en plus violent. La brutalité gouvernementale contre le mouvement de contestation de la « loi travail » en fait partie. À travers la persistance et la ténacité de ce mouvement, ce qui a fait éruption depuis le mois de mars, c’est la colère accumulée après des années d’attaques contre le monde du travail et contre les services publics. C’est aussi l’exigence d’un autre avenir pour les jeunes générations, libéré de la précarité et de la subordination qui caractérisent le salariat capitaliste. Le congrès du Parti communiste ne s’est pas contenté d’analyser la situation ; il a fait des choix, décidés par une nette majorité, dans des domaines aussi déterminants que l’Europe, la lutte contre le réchauffement climatique, les échéances présidentielle et législatives de 2017. Il a proposé une feuille de route : une grande consultation citoyenne pour établir avec toutes les forces disponibles un pacte d’engagements partagés pour 2017 et au-delà. Le PCF se dispose à engager un-e candidat-e dans ce processus pour y mettre en débat ses idées et y porter sa conception du rassemblement. Il propose cinq leviers pour exprimer la cohérence d’une alternative aux politiques d’austérité et de baisse du coût du travail. Zéro chômage, une société de partage : la proposition du PCF pour une loi de sécurisation de l’emploi et de la formation montre qu’on peut commencer tout de suite à en créer les conditions. Un nouveau mode de développement dans lequel les gestions d’entreprises et les politiques publiques cesseraient de donner la priorité à la rentabilisation des capitaux financiers mais se fonderaient sur le développement de nouveaux services publics et sur de nouveaux critères d’efficacité économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociale (emploi, salaires, formation, protection sociale) et écologique (économies d’énergie et de matières premières pour pouvoir dépenser davantage pour le développement des êtres humains). Mobiliser les moyens financiers nécessaires à la réalisation de ces objectifs, avec de nouveaux pouvoirs des salariés, des citoyens, des élus pour que les banques cessent de nourrir la spéculation, l’évasion fiscale, les délocalisations et que leurs crédits servent à l’économie réelle et à l’emploi. Une nouvelle République où l’on ne cesse pas d’être citoyen à l’instant où on entre dans l’entreprise mais où la démocratie pénètre jusque dans les principaux lieux de pouvoir, y compris les entreprises, les banques et la Banque centrale européenne. Et par conséquent un combat résolu pour rassembler toutes les forces disponibles sur le continent pour refonder radicalement la construction européenne. Tant il est vrai qu’il ne sera possible de répondre aux attentes sociales que par la conquête de pouvoirs sur l’utilisation de l’argent des banques, de l’argent des entreprises et de l’argent public. Fort bien, nous dira-t-on, mais aujourd’hui aucun des candidats mis en avant par les médias n’est porteur de cette cohérence. C’est vrai, et tout l’enjeu est donc de mettre ces propositions à la disposition des millions d’ouvriers, d’employés, de techniciens, de chercheurs, d’ingénieurs, de cadres, d’agents des services publics, d’étudiants, de chômeurs, de travailleurs indépendants qui s’apprêtent à s’abstenir par dégoût de la politique alors que beaucoup d’entre eux ont voté Hollande ou Mélenchon en 2012. Beaucoup de forces de la gauche réformiste peuvent s’engager en faveur de l’exercice, par les citoyens, de nouveaux pouvoirs démocratiques sur l’utilisation de l’argent : c’est cette exigence qui rendra aux politiques de gauche la crédibilité perdue par les programmes sociaux-démocrates traditionnels qui se contentent d’annoncer une redistribution des richesses par la fiscalité. Beaucoup de courants écologistes convergent déjà avec l’idée que pour mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre, développer les énergies renouvelables, renforcer la sécurité de la filière nucléaire, il faudra d’énormes investissements que seule la création monétaire des banques et des banques centrales est en mesure de financer. Beaucoup de citoyens angoissés devant la montée de l’extrême droite en France et ailleurs en Europe peuvent s’engager pour que la construction européenne cesse d’être un terreau pour l’austérité, le rejet des étrangers, l’explosion des nationalismes et des égoïsmes nationaux, et pour construire le cadre d’une solidarité entre tous les peuples européens. Le Parti communiste, seule force debout à gauche après les vicissitudes des dernières décennies, peut jouer un rôle moteur pour que ce rassemblement devienne majoritaire. Au travail ! zzz

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 10:46

POLITIQUE

LOI TRAVAIL EL KHOMRI

#NUITDEBOUT

NUIT DEBOUT

Ce mouvement naissant qui dit beaucoup !

PATRICK LE HYARIC

JEUDI, 7 AVRIL, 2016

HUMANITÉ DIMANCHE

L'éditorial de Patrick Le Hyaric. "Quelle force, quel souffle nouveau apporterait la rencontre de catégories sociales ou de groupes poussés au séparatisme social et aux revendications catégorielles, redécouvrant tout ce qu'ils ont en commun dans la vie qui leur est faite et dans les espoirs qu'ils partagent !"

Le projet de loi affublé du mot « travail », mais qui entend en réalité le débarrasser des règles de droit, est-il le projet de trop qui fait déborder le vase de la régression sociale ? Dans toutes les enquêtes, une large majorité de nos concitoyens se prononce contre lui. Les manifestations de la semaine dernière ont connu une forte participation, des millions de personnes se renseignent, cherchent à comprendre, comme en témoignent, parmi tant d'autres exemples, les ventes de l'édition spéciale de « l'Humanité » décryptant les conséquences du texte de loi. Le mouvement en germe mêle l'activité syndicale de la CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires, de l'UNEF mais aussi des syndicalistes d'autres organisations qui ne partagent pas les orientations de leur direction, l'utilisation des réseaux sociaux et des plateformes d'information sur la loi, des prises de parole dans l'entreprise, à l'usine comme au lycée ou à l'université. Phénomène nouveau en France, des places publiques sont occupées derrière le mot d'ordre « Nuit debout ». Travailleurs, privés d'emploi, précaires, lycéens et étudiants mais aussi retraités s'y croisent. Quelle force, quel souffle nouveau apporterait la rencontre de catégories sociales ou de groupes poussés au séparatisme social et aux revendications catégorielles, redécouvrant tout ce qu'ils ont en commun dans la vie qui leur est faite et dans les espoirs qu'ils partagent !

En vérité, une partie de la jeunesse qui se considérait jusque-là épargnée par les incertitudes du lendemain se sent désormais menacée par l'insécurité de vie. En ce sens, les vieilles thèses giscardiennes actualisées par la fondation Terra Nova sur une société dite de « classes moyennes » volent en éclats sous les effets prédateurs du capitalisme financier mondialisé. Quant à la société d'entrepreneurs, à peine sortie des cerveaux d'idéologues patentés, elle vient de prendre un sérieux coup de vieux !

Désormais personne n'est assuré contre cette insécurité, devenue la règle se substituant au droit. Ce mouvement naissant est aussi celui d'une recherche de convergences de différentes causes. Celle des « sans » ne supportant plus les injustices et les inégalités de toutes sortes : migrants rejetés, sans-papiers, sans-emploi, sans-logement et sans-travail stable, précaires ou déclassés par le système, auxquels il faudrait ajouter les paysans, les travailleurs surexploités, les petits artisans, et aussi ces petites, voire moyennes entreprises qui ne peuvent survivre à un système qui les spolie, les pille, les écrase et travaille à leur ingestion par le capitalisme monopolistique qui se déploie sous couvert des dogmes néolibéraux de « la concurrence » ou de la « compétitivité ».

Que se rassemblent toutes celles et tous ceux qui refusent un monde de l'exclusion ­ si ce n'est de l'expulsion sociale ­ alors que chaque jour s'exhibent les orgies financières dont bénéficient les grands patrons, s'étalent les profits pharaoniques des multinationales et les dividendes en or des actionnaires, se dévoilent la danse des magots de l'évasion fiscale et la fiesta oligarchique dans les paradis fiscaux. Et que le club des éditorialistes attitrés du média-business cesse de nous seriner que ce n'est pas grave parce que ce ne serait pas de « l'argent public » ! Précisément si ! C'est la valeur issue d'abord du travail des ouvriers, des techniciens, des cadres dans les entreprises qui est accaparée par une minorité au détriment de leurs rémunérations et du bien public. Chacun peut constater que le montant colossal de l'argent versé aux grandes entreprises roule pour satisfaire dirigeants et actionnaires. Une chose est sûre, il n'aura servi ni à l'emploi ni à redresser le pays. Le succès populaire de films comme « Merci patron ! » ou « la Loi du marché », avec Vincent Lindon, donne une indication précieuse sur la possibilité de faire face au rouleau compresseur de ceux qui n'ont à la bouche que la régression, dans tous les domaines.

Cette aspiration à relever la tête trouve un écho dans ce beau slogan scandé par les lycéens et étudiants : « Nos rêves contre vos privilèges ! » Contre la propagande droitière qui a envahi les discours gouvernementaux et les grands journaux, l'idée grandit que le responsable du chômage ce n'est pas le Code du travail mais les marchés financiers. Dans ces conditions, qu'une majorité de nos compatriotes réclame le retrait du projet de loi n'est pas un hasard. Le problème n'est plus seulement « le barème des indemnités prud'homales » ni même le « référendum » par entreprise mais une philosophie générale que voudrait imposer un pouvoir se réclamant encore de la gauche, mais qui cherche son inspiration dans les doléances et injonctions du MEDEF et des forces de droite. Cela fait tant d'années que les travailleurs sont floués par des choix politiques et économiques qui vont toujours dans le sens du moins-disant, quelle que soit la couleur du gouvernement, des choix qui ont poussé le monde du travail et de la création dans l'âpreté du présent et l'incertitude de l'avenir. L'idée même de « négocier » est terriblement dévaluée dès lors que depuis longtemps les négociations ne portent plus sur des progrès démocratiques et sociaux mais sur le niveau d'acceptation des reculs. On s'étrangle d'ailleurs de la franchise du président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, M. Bruno Le Roux, avouant « qu'il faut que le contrat à durée déterminée ne soit pas une prison pour les chefs d'entreprise ». Tout s'éclaire donc ! La loi dite travail apparaît bien comme l'apothéose régressive d'un quinquennat qui, loin d'avoir fait de la « finance son ennemi », a renié son mandat en se mettant à son service.

Le mouvement actuel n'est donc pas un combat pour des codicilles à une loi, ni pour une nouvelle cosmétique politique de gauche, mais il peut devenir un rassemblement à vocation majoritaire du peuple pour que revive un nouveau progressisme à la française. Certes, il n'en est pas là, mais n'est-ce pas ce qui, à tâtons, se cherche en son sein ? La très bonne nouvelle du renoncement du pouvoir à changer la Constitution pour y inscrire la déchéance de nationalité et l'état d'urgence l'encourage à persévérer. La droite et l'extrême droite enragent. Tant mieux ! Rien de tel pour revigorer les débats pour une gauche d'alternative à un an des élections présidentielles et législatives.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 07:57

Mediatisation/Audiovisuel : Pierre Laurent interpelle le Président du CSA

Vous trouverez ci-dessous un courrier de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et Président du Parti de la gauche européenne, adressé à Olivier Schrameck, Président du CSA.

"Monsieur le Président,

Ce week-end à Paris, place de la République, le PCF, le Front de gauche et le Parti de la gauche européenne ont organisé un événement politique d'une très grande portée pour la vie politique française et pour l'avenir de l'Europe, aujourd'hui à la croisée des chemins.

Cinq mille personnes, dont 200 invités venus de 20 pays, 42 organisations politiques, 18 organisations syndicales et 80 associations ont débattu pendant 2 jours, dans 3 plénières et 30 ateliers, des alternatives à l'austérité. Toutes les forces de la gauche française était présentes dans une ambiance de travail et d'écoute. Le samedi soir, un concert a donné un caractère populaire et festif à cette initiative et a rassemblé beaucoup de jeunes et de parisiens en solidarité avec les migrants.

Nous avons accueilli Giorgos Katrougalos, Ministre grec de la fonction publique et de la réforme de l’État, Zoe Konstantopoulou, Présidente du Parlement grec, ainsi que plusieurs membres de la direction de Syriza et des personnalités emblématiques de la lutte du peuple grec. Tous étaient à la disposition des citoyens pour expliquer la politique du gouvernement d'Alexis Tsipras, et débattre d'une alternative européenne commune.

Je ne peux m'expliquer l'absence totale des grands médias de l'audiovisuel de notre pays. Comment un tel événement a-t-il pu être passé sous silence ? Et je me permets la remarque suivante issue de mon expérience de Président du Parti de la gauche européenne : cette situation de blackout médiatique n'existe dans aucune autre démocratie européenne.

Un traitement, fut-il critique de l’événement, aurait été normal. Compte tenu de l'actualité européenne, de l'enjeu des négociations en cours entre la Grèce et ses partenaires, le Forum européen des alternatives et ses participants étaient un espace d'explications et de décryptages indispensables à l'information de nos concitoyens. Quel manque à gagner pour le pluralisme, la démocratie et le droit à l'information de nos concitoyens. Il y avait samedi deux actualités politiques. La première porte de Villette avec le congrès d'une UMP relookée; la seconde, place de la République, avec un rassemblement très large des forces progressistes françaises et européennes. Médiatiquement, il ne fut question que de la première alors qu'il y avait la possibilité de faire vivre le pluralisme. 10 ans près la victoire du "Non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen, et alors que les grands médias avaient tous fait leur mea culpa, les leçons ne sont toujours pas tirées.

Monsieur le Président, je souhaite vous rencontrer pour échanger avec vous et réfléchir aux moyens d'empêcher qu'une telle situation ne se reproduise."

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 17:09
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 07:27

Echéances électorales : “Ne nous laissons pas détourner de l’essentiel” !

ROBERT CLÉMENT·JEUDI 30 JUIN 2016

Je lis, je prends connaissance des différents propos, des commentaires qu’ils suscitent sur ce qui semble être la question des questions : Quel candidat soutenir à la présidentielle ? Qu’elle soit une préoccupation, on peut le comprendre. Mais ne risquons-nous pas de se laisser enfermer dans un piège à notre corps défendant ? L’élection présidentielle est redoutable. Tout se ramène à une formule chère aux partisans de la Vème République : « la rencontre d’un homme avec le peuple ». Le projet politique, sa construction avec les citoyens deviennent l’accessoire. Tout se ramène à une seule question : « le ralliement ». Les communistes, partisans d’une VIème République depuis bien longtemps, ne sauraient en aucun cas participer à ce théâtre d’ombres. Mais, alors que faire ?

D’abord, et je reprends ici le titre de l’Humanité d’hier, « LOI TRAVAIL, PAS DE VACANCES POUR LA CONTESTATION ! » Alors que plus qu’une majorité des français continuent d’être opposés à cette loi scélérate. Qu’ils sont 73% à se dire opposés à un nouveau 49-3, il convient de redoubler d’efforts pour soutenir et participer aux mobilisations sociales et à poser le débat des perspectives pour que le mouvement populaire définisse et garantisse ses propres solutions.

Et puis, c’est un impératif, mettre en œuvre les décisions de notre 37ème congrès avec détermination, imagination et esprit de suite. Sans plus, mais c’est déjà beaucoup ! Donner la parole à notre peuple. Écrire avec lui, avec toutes les forces, les personnalités, un pacte d’engagements communs sur lequel on pourra se construire une candidature à gauche. Contribuer à la réussite de cette écriture c’est atteindre 500.000 mille rencontres avec le questionnaire « QUE DEMANDE LE PEUPLE ». Un pacte d’engagements soumis à une votation citoyenne nationale. C’est cela et seulement cela qui peut changer la donne ! J’ajoute que le processus collectif qu’a retenu notre congrès ne saurait concerner la seule élection présidentielle. Pour changer de politique, pour redonner du pouvoir au peuple, il ne suffit pas de changer de président. Il faut changer de majorité. Notre pays doit donc compter sur un parlement placé sous le contrôle des citoyens.

Je comprends et je partage l’agacement, pour ne pas dire davantage, que déclenchent les récents propos de Jean-Luc Mélenchon, n’hésitant pas à tordre les décisions du 37ème congrès, en écrivant : « Le PCF a choisi à une écrasante majorité de tourner le dos à ma candidature (…). Dont acte (…). Pour moi, la page est donc tournée. C’est clair la « France insoumise » est le cadre dans lequel se situe la campagne que j’anime pour les élections présidentielles et législatives ». Pour rassembler, il y a mieux à faire !

J’ai également pris connaissance de l’opinion de Marie-George Buffet. Personne ne conteste sa liberté d’expression. Pour ma part je ne partage pas son point de vue. Pour une raison extrêmement simple. N’évoquer aujourd’hui que le rassemblement « autour » de Jean-Luc Mélenchon, nous renvoie aux affres du présidentialisme, en expédiant aux oubliettes la construction citoyenne d’un pacte d’engagements communs et la désignation d’une candidature porteuse de cette démarche. Qui peut nier que des approches différentes existent sur certains sujets. Sur l’Europe par exemple pour rester dans l’actualité. Le débat entre les forces que nous voulons rassembler dans un nouveau front populaire et citoyen ne s’impose-t-il pas ? Pour qu’elles disent ce qu’elles souhaitent, jusqu’où elles veulent aller !

Mais c’est précisément là que le piège peut se refermer. Prenons garde. Ne nous engageons dans de vaines polémiques qui au bout du compte feraient le jeu de ceux qui voudraient tenir notre peuple en marge de cette nécessaire construction. C’est le but que poursuivent les chiens de garde des médias, montant en épingle telle ou telle déclaration pour faire échec à toutes les initiatives citoyennes qui constituent la feuille de route des communistes, de tous les communistes dans leur diversité. Ne leur faisons pas ce cadeau. Notre 37ème congrès a envoyé le signe de communistes unis pour rassembler et construire un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen. Une unité leur permettant de travailler ensemble sans effacer les opinions différentes, voire divergentes.

Je fais mien ce que disait Pierre Laurent dans son discours de clôture du congrès : « J’entends déjà tous les sceptiques me dire, mais c’est trop tard. Cette idée elle est bonne mais on n’y arrivera pas. Je sais tous les obstacles réels qui existent. Jean-Luc Mélenchon va dire qu’il avance, quoi qu’il arrive, qu’il n’a pas de temps à perdre avec toutes ces discussions. Arnaud Montebourg prépare aussi son retour. Les écologistes se demandent comment faire entendre leur voix. Et beaucoup d’autres rêvent de concourir au moins dans une primaire ». « Mais à tous ceux qui sont venus ce week-end en répondant à notre invitation, je dis : Arrêtons ce gâchis. Non il n’est pas trop tard. Soyons conscients de nos responsabilités. La droite et l’extrême droite menacent. L’affaire est grave. La France que nous aimons peut le payer très cher. François Hollande et Manuel Valls emmènent la gauche au suicide. Tout ne peut pas attendre l’après 2017 »

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:31

Comment Pierre Gattaz se sucre sur l’argent public

THOMAS LEMAHIEU

MARDI, 1 JUILLET, 2014

Photo AFP

En quelques années, Radiall, l’entreprise dirigée par le patron des patrons, a réduit à néant, ou presque, sa contribution fiscale en France, tout en bénéficiant des crédits et en multipliant les dividendes. De quoi susciter une vraie bronca, loin du faux bras de fer avec le gouvernement.

François Hollande tend la main et le patronat arrache le bras. Les épisodes se suivent et se ressemblent. À une semaine de la conférence sociale, le Medef rassemble toutes les autres organisations patronales pour exiger, en plus des 35 milliards d’euros de cadeaux sociaux et fiscaux baptisés « pacte de responsabilité », une série de moratoires sur des mesures comme le compte pénibilité qui, selon lui, mettent la « compétitivité » en péril. Hier matin, sur Europe 1, Pierre Gattaz est allé jusqu’à menacer de boycotter le grand rendez-vous annuel entre le gouvernement et les partenaires sociaux, programmé la semaine prochaine. « Il y a une proposition ou un projet de loi antiéconomique tous les quinze jours, avec toujours plus de contrainte, de fiscalité, ce n’est plus possible », se plaint le patron des patrons. Alors qu’à l’Assemblée de plus en plus de députés socialistes rentrent dans la « fronde » contre l’absence de toute contrepartie dans le pacte de responsabilité, cette surenchère patronale commence à susciter l’embarras jusque dans les rangs du gouvernement. « Il faut bien comprendre que nous sommes les seuls à pouvoir créer de l’emploi et de la richesse, se vante encore Pierre Gattaz. L’entreprise va très mal en France depuis des mois, des années. Il faut baisser la charge fiscale et instaurer un climat de confiance. »

L’Humanité lève le voile sur les pratiques comptables du patron du Medef Avec nos révélations issues des rapports comptables officiels d’un groupe français pour le moins emblématique, Radiall, l’embarras pourrait bien s’accroître encore dans la majorité. Car, derrière les envolées rituelles sur « l’enfer fiscal » qu’est la France, selon le Medef, l’Humanité lève un coin du voile sur les pratiques comptables et financières qui permettent de réduire à néant, ou presque, son imposition dans l’Hexagone. À travers le mécanisme d’optimisation fiscale dit des prix de transfert, l’entreprise dirigée par Pierre Gattaz affecte une bonne partie des marges réalisées sur les ventes des connecteurs qu’elle produit dans ses usines françaises pour l’aéronautique ou les télécoms à des filiales à l’étranger. Ce qui, en une poignée d’années, a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France. Dans la comptabilité du groupe, qui a réalisé un bénéfice de près de 25 millions d’euros l’année dernière, la « charge fiscale » en France culmine à 202 000 euros. Et cela, au moment où Radiall bénéficie des largesses fiscales du gouvernement : l’entreprise a touché 876 000 euros de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), un cadeau accordé aux entreprises sans aucun contrôle, ni aucune contrepartie. Et, dans le même temps, la famille Gattaz qui contrôle le groupe fait valser les dividendes : ils ont presque doublé entre 2010 et 2014 pour s’établir à 2,8 millions d’euros.

Au printemps dernier, Pierre Gattaz avait soulevé l’indignation en affirmant que les fonds publics issus du pacte de responsabilité pourraient tout à fait finir dans les poches des actionnaires... Là, chacun peut le constater avec nos informations sur sa propre entreprise, il ne se contente plus de le dire, il le fait ! Les masques tombent.

Ce sont quelques lignes, trois à peine sur des milliers, dans le rapport financier annuel 2010 de Radiall. Elles sont signées par Yvon Gattaz, cofondateur, avec son frère, de l’entreprise familiale, ex-dirigeant du CNPF de 1981 à 1986. En tant que président du conseil de surveillance, il fixe, avant de passer la main à son fils, Pierre Gattaz, chez Radiall, mais aussi, en quelque sorte, au Medef, le cap pour les années suivantes. Parmi les « axes » du « plan d’action », le patriarche réclame, en particulier, de « finaliser les nouvelles procédures de comptabilisation des prix de revient industriels et d’évaluation des prix de transfert » et de « mettre en place des procédures homogènes sur les différents sites du groupe ». Ce sont quelques lignes, trois à peine, qui disparaîtront dans les éditions ultérieures des comptes annuels de Radiall, mais, derrière le langage crypté, la référence directe aux « prix de transfert » explique comment une entreprise emblématique qui emploie les deux tiers de ses effectifs permanents en France et qui y réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires peut en quelques années choisir de transférer la majeure partie de la plus-value, et donc de ses profits, à ses filiales dans le monde entier, réduisant ainsi à la portion congrue son taux d’imposition avant de les renvoyer sous forme de dividendes à la maison mère française. Mais ne brûlons pas les étapes! Fondé en 1954, Radiall est, selon une expression chérie dans la famille propriétaire, une entreprise de taille intermédiaire, entre PME et CAC 40, spécialisée dans la connectique pour l’aéronautique et les télécoms. Une espèce rare en France, à la fois bien implantée avec plusieurs sites industriels dans le pays (Château-Renault, Isled’Abeau, Voreppe, Dole) et complètement mondialisée pour ses marchés.

En 2013, le groupe dirigé par Pierre Gattaz emploie 1 153 salariés permanents et 209 intérimaires dans l’Hexagone, contre 625 permanents et 762 précaires dans le reste du monde. Au-delà de l’ouverture d’usines au Mexique ou en Chine, avec « transferts de production », justifiée dans l’un des derniers rapports annuels par « de fortes pressions sur les prix », le groupe dispose surtout de «bureaux de vente » à l’étranger: c’est le cas en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Brésil, en Inde, au Japon et à Hong Kong.

La part des impôts sur les bénéfices payée en France passe de 25 % à 3% Après quelques années difficiles lors de l’éclatement de la crise financière mondiale, Radiall voit son chiffre d’affaires global augmenter de 27 % entre 2010 et 2013, et ses profits explosent pour s’établir l’année dernière juste en dessous de 25 millions d’euros (+ 167 % par rapport à 2010). Pendant ces quatre années, la part du chiffre d’affaires réalisée par les unités françaises de Radiall reste à peu près stable, aux alentours de 70 % du chiffre d’affaires global mais, en revanche, celle des profits imputés à la France dans les profits totaux diminue fortement: selon les présentations comptables de Radiall, la part du résultat opérationnel France passe de 46 % du total en 2010 à 15 % en 2013.

Comment est-ce possible? C’est à ce stade qu’interviennent les prix de transfert, réclamés par Yvon Gattaz lui-même il y a quelques années et manifestement appliqués par son fils depuis lors. Mécanisme d’« optimisation fiscale » extrêmement prisé par les multinationales (lire aussi ci-contre), ils permettent à un groupe de fixer le prix des biens ou des services qu’il vend en son sein entre ses différentes filiales implantées dans le monde entier. Tout l’intérêt réside dans la liberté pour l’entreprise de casser les prix en interne et d’affecter l’essentiel de ses marges dans un pays où la fiscalité sera la plus avantageuse. Dans ses rapports annuels, Radiall souligne, lui-même, l’importance de ces « flux inter-compagnies »: la moitié du chiffre d’affaires de Radiall en France provient ainsi des ventes des usines françaises à ses propres filiales de « commercialisation » dans le reste du monde. Or, d’après une experte comptable spécialisée dans l’assistance auprès des comités d’entreprise, consultée par l’Humanité, « dès qu’il y a des ventes intragroupes à l’étranger, c’est bien pour pratiquer les prix de transfert ». Et, une fois les marges affichées sous des cieux fiscaux plus cléments, le groupe peut ensuite faire revenir à la maison mère en France sous la forme de dividendes, non imposables ni soumis au calcul de l’intéressement, les profits réalisés dans ses filiales à l’étranger : par exemple, Radiall America, la filiale implantée dans l’Arizona, aux États-Unis, réalise, en 2013, un résultat net de 6,8 millions d’euros et reverse en dividendes 6,8 millions d’euros à Radiall en France.

« Je me sens d’une sérénité, vous n’imaginez même pas à quel point. » PIERRE GATTAZ, DÉBUT MAI, RÉPONDANT AU SUJET DE SON SALAIRE D’UN MONTANT DE 458 570 EURO.

Avec un tel schéma financier, les conséquences pour le fisc français, et donc la collectivité nationale, de cette stratégie d’« optimisation » mise en oeuvre par Radiall ces dernières années, apparaissent très lourdement. Les chiffres sont particulièrement éloquents là encore: d’une manière générale, à l’échelle mondiale, le taux d’imposition moyen de Radiall diminue de 31 % à 24 % entre 2010 et 2013. C’est plus frappant encore quand on regarde la part des impôts sur les bénéfices payée en France par Radiall : elle passe de 25 % à 3%. Alors que le chiffre d’affaires et les bénéfices ont beaucoup augmenté, le groupe ne s’est acquitté que de 202000 euros en France, sur 6 millions d’euros d’impôts sur les bénéfices payés au total de par le monde. Une somme assez dérisoire en soi, mais plus encore quand elle est comparée aux dispositifs de crédits d’impôt dont bénéficie pleinement le groupe Radiall en France. L’année dernière, à côté d’un crédit d’impôt recherche de plus d’un million d’euros et d’autres crédits d’impôt ou taxations à taux réduits évalués à 623000 euros, l’entreprise de Pierre Gattaz a touché, pour la première fois, le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) pour un montant de 876000 euros.

De quoi festoyer pour les actionnaires qui, eux, ne sont pas disséminés sur toute la planète, mais concentrés presque exclusivement autour de la seule famille Gattaz ! Après une grosse opération de rachat d’actions effectuée en 2010, les Gattaz ont encore renforcé leur contrôle: à travers deux holdings familiales, ils détiennent 87 % des actions (contre 73,4 % en 2009). La valse des dividendes complète le tableau. Car, entre 2010 et 2014, les dividendes versés aux actionnaires ont presque doublé pour s’établir à 2,8 millions d’euros et, en tant que telle, la simple augmentation du montant des dividendes payés en 2013 et 2014 (+ 646843 euros) absorbe les trois quarts du CICE versé! De quoi mettre beaucoup de beurre dans les épinards du patron du Medef, qui, après la polémique sur son augmentation salariale, mise en lumière début mai par le Canard enchaîné, se gargarisait, avec ses 458570 euros de salaires fixe et variable chez Radiall, de ne pas dépasser la limite fixée pour les patrons des entreprises publiques! Mais avec le million de titres qu’il détient indirectement, via ses parts dans les holdings familiales, Pierre Gattaz, 341e fortune de France au dernier classement de Challenges, a pu encaisser, au bas mot, 1,5 million d’euros de dividendes... Une paille ! « Je me sens d’une sérénité, vous n’imaginez même pas à quel point », répondait, début mai, le patron des patrons au sujet de son salaire, réclamant même des « félicitations »: « Je me bats pour maintenir des emplois en France », fanfaronnait-il.

À la veille de la conférence sociale, s’il pouvait se battre pour maintenir ses contributions fiscales en France, et pas simplement les crédits d’impôt et les dividendes, il aiderait, au-delà des parodies de bras de fer, sans doute un peu mieux un gouvernement si bien disposé à son égard.

SELON LE MEDEF, LA FRANCE DEMEURE UN « ENFER FISCAL »

Pour le Medef, la France est un cauchemar pour les entreprises. Pas un point presse, pas un meeting, pas une université d’été sans que, surfant sur la vague des Pigeons, Pierre Gattaz ne dépeigne le pays comme un « enfer fiscal ». Certes, depuis le lancement du pacte de responsabilité, qui va se traduire par un cadeau de 35 milliards d’euros aux entreprises, le président de l’organisation patronale a remisé ses trémolos, mais il laisse Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président du Medef, tirer à boulets rouges contre l’impôt. Récemment, le bras droit, et armé, de Pierre Gattaz a qualifié dans le Figaro la baisse de la fiscalité promise par le gouvernement Valls de « supercherie totale »... Comme l’illustrent nos révélations aujourd’hui, en matière de supercherie fiscale, le patronat en connaît un rayon.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 19:08

Inventer l’Europe des peuples !

Inventer l’Europe des peuples !

Par Patrick Le Hyaric

Lundi, 27 Juin, 2016

L'Humanité

L'éditorial de Patrick le Hyaric Le choix souverain du peuple britannique doit être respecté sans chantage

Le choix souverain du peuple britannique doit être respecté sans chantage, sans menaces de représailles. Nous nous tiendrons à ses côtés dans le combat contre l’austérité renforcée, le chômage, la précarité et la pauvreté. Tenter de le punir pour en faire un exemple, comme ce fut le cas avec les Chypriotes puis les Grecs, ne ferait qu’attiser les tensions et les divisions. Si du feu de l’intégration capitaliste européenne ne doivent pas resurgir les pires nationalismes exacerbés par les guerres économiques, cela implique que les chefs d’État comme les institutions européennes prennent la mesure de l’ampleur de la faillite du projet austéritaire européen. Leurs volte-face, leurs postures, leurs proclamations et agitations ne feront pas oublier qu’ils l’impulsent, en dehors des attentes des peuples et contre eux.

Après les rejets exprimés dans les référendums grecs, néerlandais et français, le vote anglais signifie que la coupe est pleine ! Il bat en brèche la thèse selon laquelle l’intégration européenne serait irréversible. Fait nouveau de première importance qui va changer la nature de l’Union européenne et la perception qu’en ont les peuples. La demande d’une transformation profonde de la construction européenne et d’un changement radical des politiques nationales, qui en sont trop souvent des déclinaisons, est majoritaire en Europe. La refondation progressiste et écologique de la construction européenne à partir des aspirations populaires et démocratiques est donc posée avec force. Ceci pourrait se faire dans le cadre de grands forums citoyens avec les syndicats, les associations, les partis politiques, les comités économiques et sociaux, les Parlements. C’est dans ce foisonnement d’idées que pourrait être coélaboré un nouveau traité pour le progrès social, démocratique et environnemental. La Francedevrait se placer aux avant-postes d’une telle initiative d’ampleur.

Dans l’immédiat, tous les projets visant à traduire dans notre droit nationalles demandes européennes doivent être suspendus, à commencer par la loi de précarisation du travail, la directive « travailleurs détachés », le traité budgétaire, les déréglementations comme le quatrième paquet ferroviaire. Les 80 milliards d’euros que la Banque centrale européenne déverse chaque mois vers les banques privées doivent servir aux entreprises pour l’emploi qualifié, les salaires, aux services publics pour les biens communs. Les discussions sur les traités de libre-échange avec le Canada et les États-Unis doivent être interrompues.

Ces débats concernent d’abord les peuples, les travailleurs et ceux qui aspirent à l’être. L’élaboration d’un nouveau projet européen coopératif et solidaire, autour d’une union de nations et de peuples associés, souverains et libres, doit devenir une exigence incontournable alors que tous ceux qui conduisent l’Europe au bord du précipice se contorsionnent pour que rien ne change. Cette attitude est irresponsable et dangereuse. Elle fait le lit des extrêmes droites. Contre les nationalismes, il y a urgence à ce que convergent les aspirations des populations du continent pour que, dans l’unité, elles fassent plier les forces du capital.

http://www.humanite.fr/

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BRUNO FORNACIARI

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