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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 11:04

Le parlement Européen adopte le CETA : « Amplifions la mobilisation pour faire échec à sa ratification nationale » (Pierre Laurent)

 

Par 408 voix pour, 254 voix contre et 33 abstentions, le parlement européen vient d’adopter le traité de libre-échange conclu entre l'UE et le Canada (ou CETA) qui de fait va entrer en vigueur de manière provisoire avant toute ratification des parlements nationaux.

Jusqu’au bout, les députés du groupe GUE-NGL se sont battus avec les nombreuses organisations et manifestants contre l’adoption de ce texte qui nie les droits de douanes pour plus de 90% de produits agricoles canadiens arrivant sur le marché européen, qui déréglemente les protections environnementales, les droits sociaux ou encore l’alimentation. Ce texte soumettra nos collectivités locales à appliquer les procédures du CETA dans de nombreux domaines comme l’ouverture des marchés publics, l'ouverture de leurs services locaux ou encore sur la réglementation des activités des entreprises canadiennes sur leur sol.

 

De plus, par des accords bilatéraux que Donald Trump pourra conclure au nom des Etats-Unis avec le Canada, s’ouvrira des passerelles pour continuer à commercer avec l’Europe sous les conditions du CETA, tout en poursuivant son discours d’apparat contre le Traité Transatlantique (TAFTA).

 

En ce sens, le CETA se révèle comme un véritable cheval de Troie, ouvrant la voie royale à une nouvelle génération de traités commerciaux qui nient les souverainetés nationales en dessaisissant les gouvernements et parlements de leur libre administration dans l'intérêt général, comprenant des dispositions d'arbitrage, de coopération réglementaire ou encore de libéralisation des services par voie de liste négative, ou d'ouverture de nos marchés publics à davantage d'entreprises étrangères.

 

Plus que jamais la mobilisation doit s’amplifier pour faire échec à sa ratification nationale.

La semaine dernière, sur proposition des députés communistes et du FDG, une résolution a été adoptée à l’Assemblée Nationale exigeant une consultation d’urgence du parlement avant la mise en œuvre provisoire du CETA prévu le 1er mars et d’autre part de soumettre sa ratification à la volonté populaire par l’organisation d’un référendum.

Le PCF et ses élus vont continuer de rassembler autour de cette exigence de référendum faisant appel à l’intelligence collective des citoyens, à la fois pour mesurer le contenu réel du CETA et d’ouvrir le débat nécessaire sur une régulation de la mondialisation économique, commerciale, sociale, culturelle et environnementale à contrario de la priorisation de la concurrence effrénée sur les droits les plus fondamentaux, qui détruit nos sociétés et notre planète.

 

 
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 16:38

D’où vient le financement des partis politiques ?

LE MONDE | 

Par Laura Motet

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Argent public, dons de particuliers ou d’autres partis, cotisations des adhérents, contributions des élus : le rapport de la Commission nationale des comptes de campagne détaille les nombreuses sources de financement des partis politiques.

  • Le financement public, première source de revenus pour LR, le PS et le FN

Les règles de financement des partis politiques ont été définies en 1988 avec la loi « relative à la transparence financière de la vie politique ». Elle instaure également une aide d’Etat, dépendante du nombre de parlementaires de chaque formation au Sénat et à l’Assemblée nationale.

Depuis 1990, les partis non représentés au Parlement peuvent également bénéficier du financement public, proportionnellement au nombre de voix obtenues au premier tour des élections législatives, à condition qu’ils aient présenté des candidats dans au moins soixante-quinze circonscriptions (sur un total de 577).

Principaux partis au Parlement, le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR) sont donc les destinataires les plus importants des aides d’Etat. Viennent ensuite le Front national (FN), Europe écologie-Les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF).

Le Parti socialiste, Les Républicains et le Front national tirent plus de 45 % de leurs recettes du financement public
Liste des partis ayant plus de 500 000 euros de recettes comptables
0 €10000000 €20000000 €30000000 €40000000 €50000000 €60000000 €Cotisations des adhérentsContributions des élusDons de personnes physiquesFinancement public en 2015Autres recettesParti socialisteLes RépublicainsParti communiste françaisFront nationalJeanneEurope écologie les verts
Parti communiste français
 Cotisations des adhérents : 4 135 887 €
 Contributions des élus : 9 417 909 €
 Dons de personnes physiques : 6 262 560 €
 Financement public en 2015 : 2 866 933 €
 Autres recettes : 6 607 696 €
SOURCE : CNCCFP

« Au-delà de l’aide publique budgétaire, l’Etat finance indirectement la vie politique en accordant aux donateurs et cotisants une réduction d’impôt de 66 % des sommes versées au mandataire d’un parti (y compris les contributions d’élus) », ajoute la commission.

  • Les contributions des élus, première ressource du PCF

Près d’un tiers du budget du PCF provient des contributions de ses élus. Une importance qui s’explique par les statuts du parti :

« Les élue-e-s, membres du PCF, ne tirent pas de revenus supplémentaires de leur mandat. Indépendamment de leur cotisation d’adhérent-e, elles et ils prennent l’engagement de verser leurs indemnités au parti (…). Par cette cotisation d’élu-e, les élu-e-s communistes participent ainsi à la mutualisation des moyens sur le territoire concerné. Le Parti contribue à leur assurer les moyens nécessaires à l’exercice de leur mandat. »

Le PS et EELV tirent également plus du cinquième de leurs ressources des contributions d’élus.

Des contributions obligatoires que les partis peinent parfois à encaisser. En décembre, plusieurs médias affirmaient qu’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, candidats malheureux à la primaire de la gauche, auraient eu de sérieux arriérés de cotisations.

La Commission assure d’ailleurs porter une attention particulière à ces contributions, « dont le montant n’est pas plafonné, contrairement aux dons et cotisations des adhérents. (…) Un contrôle est actuellement opéré afin de s’assurer que les barèmes décidés par les partis correspondent aux sommes réellement versées par les élus. »

  • Relative opacité autour des cotisations d’adhérents et des dons de personnes physiques

Le Parti de gauche tire près de la moitié de ses revenus (45 %) des cotisations de ses adhérents. Viennent ensuite Lutte ouvrière (LO, 35 %) et le FN (21 %). Le niveau des cotisations à payer dépend du niveau de revenu des adhérents pour le Parti de gauche et le PS, contrairement au FN ou aux Républicains où la cotisation est fixe. Chez LO, le montant de la cotisation est libre.

Indépendamment d’une adhésion, les particuliers peuvent également participer en effectuant des dons ponctuels. Ils représentent plus du cinquième des recettes pour LR (22 %), le PCF (21 %) et LO (24 %). Au contraire, le PS (2 %) et le FN (4 %) ne dépendent que peu des dons.

Depuis la loi du 11 octobre 2013, la somme des dons et des cotisations ne peut excéder 7 500 euros par personne et par an pour un ou plusieurs partis. « Avant [cette] loi, le montant maximal d’un don était de 7 500 euros par parti politique, ce qui permettait à une même personne de verser des dons à plusieurs partis politiques dans la limite de 7 500 euros par an pour chaque parti », explique la commission. La possibilité de faire des dons multiples a participé à l’éclosion de nombreux micropartis proches des grands partis (comme l’Association des amis d’Eric Ciotti, par exemple). Le nombre de partis est passé de 28 en 1990 à 408 en 2013. Aujourd’hui, la France en compte 451.

Vérifier que la somme des dons et des cotisations individuelles ne dépasse pas 7 500 euros par an reste une tâche extrêmement complexe pour la Commission. En dépit de ses demandes, les partis ne lui remettent pas systématiquement la liste de leurs donateurs. En 2016, seuls un tiers des partis (36 %) l’avait déposée, dont la moitié dans le format demandé par la Commission pour faciliter le traitement des données. La Commission regrette qu’aucune « sanction [ne soit] prévue en cas de non-communication de la liste (…). Le contrôle du plafond sur l’ensemble des partis politiques ne pourra être effectif que si la totalité des financements sont retracés dans une base de données unique (…). L’incapacité ou l’absence de volonté des partis à produire une telle liste est significative de déficiences dans leurs procédures de perception, contrôle et comptabilisation des fonds qui devraient (…) faire l’objet d’une attention particulière des commissaires aux comptes. »

  • Les « autres recettes », de la refacturation aux candidats aux dons reçus d’autres partis

Dans le poste « autres recettes », la Commission a rassemblé des ressources très variées : « Dévolution de l’excédent des comptes de campagne, contributions reçues d’autres formations politiques, produits des manifestations et colloques, produits d’exploitation (y compris les refacturations de prestations aux candidats) (…). »

Jeanne, structure officieuse de Marine Le Pen et cinquième parti de France en termes de recettes, tire l’essentiel de ses fonds de la facturation des « services rendus aux candidats pour les campagnes électorales ». Il s’agit de « kits de campagne » (tracts, affiches, sites Web…) de 16 500 euros proposés – puis quasiment imposés – à l’ensemble des candidats du Front national. En 2012, 99 % des candidats aux législatives de 2012 y ont souscrit, selon l’ancien commissaire aux comptes de Jeanne.

Le poste « autres recettes » contient également les dons effectués par d’autres partis. Sens commun, mouvement politique issu de La Manif pour tous, reverse ainsi une partie de ses recettes au parti Les Républicains.

 
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 23:09

La biomasse, une énergie renouvelable

 

La biomasse reste très utilisée dans le monde et est la première des énergies renouvelables. Elle recouvre de multiples réalités : du bois aux déchets secs, en passant par le biogaz.

PAR PAUL MATHIS*

QU’EST-CE QUE LA BIOMASSE ?

La biomasse trouve son origine dans les végétaux, par le processus de photosynthèse, qui consiste en la capture de l’énergie solaire pour fabriquer toutes les biomolécules des plantes. La photosynthèse est la source des toutes les molécules carbonées qui servent à l’alimentation des animaux et des micro-organismes, et aussi de tout l’oxygène atmosphérique.

La biomasse est constituée de molécules qui appartiennent à trois grandes catégories : les sucres, qui vont des sucres simples (comme le saccharose) à l’amidon ; les matières grasses, constituées de glycérol estérifié par des acides gras ; la lignocellulose, association très résistante de polymères, les celluloses et la lignine.

En schématisant, ces molécules offrent trois types de propriétés : de l’énergie, récupérable par combustion ; des structures tridimensionnelles utilisables pour des matériaux ; un contenu chimique valorisable dans la chimie de synthèse et dans l’alimentation.

Pour simplifier sa description, en termes pratiques, la biomasse est classée selon ses trois sources : la forêt, les cultures et les déchets.

La forêt produit deux grandes catégories de bois : celui des fûts, que l’on appellera bois d’œuvre, et toutes les « sous-catégories », moins nobles : bois d’éclaircissage et d’élagage, houppiers et petit bois lors de l’abattage.

Les cultures sont très variées. Ce sont les céréales qui produisent le plus de biomasse, suivies par les plantes productrices de matières grasses, les oléagineuses, et celles qui produisent du sucre, les saccharifères. Mais il y a aussi des plantes, comme le miscanthus, qui sont cultivées pour leur paille.

Les déchets sont encore plus variés : déchets de scierie, d’industries agricoles et alimentaires, résidus d’élevage, effluents industriels et urbains, etc.

À QUOI SERT LA BIOMASSE ?

De tout temps, la biomasse a servi aux humains, d’abord pour leur alimentation, puis pour la cuisson, ensuite pour des usages très variés.

Cela se poursuit avec son emploi dans l’alimentation des humains et des animaux ; la fourniture de chaleur pour le chauffage, la cuisson, les procédés industriels ; les carburants pour le transport, appelés biocarburants ; les matériaux pour la construction, le mobilier, les textiles, le papier; la fourniture de molécules pour la chimie de synthèse. Sans oublier qu’une partie de la biomasse doit être retournée au sol pour assurer sa fertilité. Parmi ces emplois variés, la fourniture d’énergie est parfois considérée comme prioritaire, mais c’est plutôt l’inverse car il s’agit là d’une utilisation finale, destructrice des molécules. Comment assurer les meilleurs usages ? Le marché est un outil, mais il ne saurait dominer car la biomasse s’intègre dans des cycles de production extrêmement longs et complexes, parmi lesquels certains facteurs ne sont pas rémunérés : assurer la qualité des sols sur des siècles, préserver la biodiversité, maintenir la forêt comme territoire de promenade et de qualité de l’eau, notamment.

LA BIOMASSE ÉNERGÉTIQUE Fourniture de chaleur

Le bois énergie constitue déjà 44 % de nos énergies renouvelables ! Sous la forme de bûches, de plaquettes ou de granulés, cet apport pourra progresser, en particulier dans les réseaux de chaleur pour le chauffage urbain ou industriel, car le bois reste l’énergie de chauffage la moins chère.

Il faut y ajouter l’incinération des déchets secs renouvelables, voire de certains résidus de cultures. Mais la combustion du bois est la source de polluants atmosphériques nocifs pour la santé publique, particules et hydrocarbures aromatiques polycycliques. Les solutions techniques, bien que coûteuses, devraient être systématisées.

Biocarburants et biogaz

Une première génération de biocarburants fonctionne : éthanol et biodiesel, substituts de l’essence et du gazole. Une seconde génération prévoit de tirer parti de biomasses lignocellulosiques non alimentaires (bois et ses déchets, pailles) ; elle en est au stade de pilotes pour la production d’éthanol par voie enzymatique, et de biogazole par voie thermo chimique.

La méthanisation de déchets organiques fournit du biométhane, dont l’emploi le plus prometteur devrait concerner le domaine des transports. Il serait logique que ces différents types de production soient intégrés à terme dans les mêmes unités de production, produisant par exemple carburants, produits chimiques et aliments.

Matériau pour la construction et la chimie

Ces utilisations ressortissent à la bioénergie, mais la biomasse matériau peut aussi contribuer fortement à réduire le besoin en combustibles fossiles. Le bois d’œuvre remplace béton, acier et aluminium, dont la production émet beaucoup de CO2.

La pétrochimie sera remplacée petit à petit par la chimie biosourcée. Et n’oublions pas que le bois d’œuvre correspond à du carbone stocké pour environ un siècle : autant de CO2 qui est soustrait à l’atmosphère !

LA BIOMASSE, UNE ÉNERGIE RENOUVELABLE ?

Dans une réflexion centrée sur les questions énergétiques, il faut affirmer que la biomasse est une énergie renouvelable… du moins en principe.

La question peut être abordée sous deux angles : le bilan de gaz à effet de serre (GES) et la production durable.

Bilan GES. La combustion de biomasse est la réaction inverse de sa formation par photosynthèse : elle produit autant de CO2 que ce qui a été absorbé par photosynthèse. Dans un régime d’équilibre, où il y a égalité entre biomasse produite et biomasse consommée, le bilan CO2 est donc nul. Mais ainsi présenté ce bilan est théorique. Il faudrait en effet toujours établir un bilan effectif par la méthode des analyses de cycle de vie pour tenir compte des émissions de GES entraînées par les engrais, les procédés agricoles et industriels, les transports. De tels bilans ont été établis pour les biocarburants de première génération. Le bilan n’est pas mauvais. Quels seront les bilans des biocarburants des filières lignocellulosiques ? Nul ne le sait. Quant au biogaz, son bilan devrait être bon quand on l’obtient à partir de déchets, et sans doute mauvais s’il est obtenu à partir de cultures dédiées. Et gardons constamment à l’esprit les cas de déséquilibre : ainsi, la coupe d’une forêt ou le retournement d’une prairie entraîne de fortes émissions de GES.

Une production durable.

L’agronome sait bien que la ressource en biomasse est limitée par la capacité de production des sols. Ce point est essentiel, surtout si l’on vise, comme il se doit, à une production durable à très long terme. La production de biomasse ne sera durable que si la qualité des sols est préservée.

À cet égard, il faut souligner que le potentiel de la biomasse énergétique est souvent surévalué. Il y a à cela trois raisons. La première, c’est la tendance à extrapoler à une large échelle géographique et à un temps long les productions constatées sur de petites surfaces bien choisies, dans de bonnes conditions. La seconde, c’est la surestimation par les instances politiques des terres disponibles pour des cultures énergétiques. Et la troisième, c’est que la biomasse a des usages multiples, parmi lesquels l’énergie n’est pas prioritaire. Même surévaluée, la biomasse énergétique ne peut répondre qu’à une faible part de nos besoins.

*PAUL MATHIS est ingénieur agronome,

docteur ès sciences physiques, ancien

directeur de recherches au CEA.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:49
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:47
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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 09:14

ELECTION LÉGISLATIVES ET PRÉSIDENTIELLE : Déclaration du CEN - 30 janvier 2017

 

A 83 jours du premier tour de l'élection présidentielle, les jeux ne sont pas faits. Le deuxième tour cauchemardesque entre François Fillon et Marine le Pen, que l'on nous promet depuis des mois,  n'est plus une fatalité.

 

Une autre histoire peut s'écrire. Les Françaises et les  Français ont leur mot à dire, et ils le disent, déjouant tous les scénarios mis en place, refusant les impasses dans lesquelles certains s'acharnent à vouloir les enfermer .

 

Il y a quelques semaines, la primaire de « la droite et du centre » était présentée à longueur d'antennes, non pas comme devant désigner le candidat de droite, mais le futur président de la République. Mais aujourd'hui, François Fillon est sérieusement fragilisé et sa cote de popularité est en forte baisse : son programme ultra réactionnaire de régression sociale a provoqué prise de conscience et réactions face aux menaces qu'il fait peser sur des attentes essentielles des Françaises et des Français, notamment la possibilité de se soigner grâce à la Sécurité sociale, et de disposer de services publics performants.  

 

Un doute profond, et sans nul doute durable, s'est aussi installé sur une des dimensions sur laquelle il voulait bâtir sa campagne, celui d'un homme intègre. Les Françaises et les Français ne veulent plus transiger avec l'éthique en politique et ils ont raison.

 

Le Front national cherche à profiter de cette situation en travestissant son programme sous un jour prétendument social et en se donnant une image d’intégrité alors qu'il ne cesse d'être impliqué dans « des affaires ». Cette double imposture peut être démasquée si la bataille des idées est menée dans les semaines à venir.

 

Rien n'est donc joué, mais rien n'est gagné. La victoire d'une politique de gauche reste à construire. 

 

Le peuple de gauche refuse le découragement et la poursuite d'un quinquennat désastreux marqué par  la soumission au monde de la finance. Les mobilisations sont nombreuses dans le pays contre les plans de licenciement, pour les services publics. Le peuple veut des suites politiques à sa mobilisation, singulièrement contre la déchéance de nationalité et contre la loi El Khomri.

 

Après avoir contraint François Hollande au renoncement, il vient dans la primaire socialiste de  bouter hors de la présidentielle Manuel Valls. C'est un fait inédit : ni le Président de la République, ni son Premier ministre dont l'ambition commune était d'installer définitivement le PS dans le social-libéralisme  ne seront candidats :  le projet politique visant à marginaliser durablement toute ambition de transformation sociale est mis à mal et réouvre le débat à gauche : le PCF, qui y a contribué avec d'autres, s'en réjouit. 

 

Une nouvelle période  de la campagne des élections présidentielle et législatives s'engage sous la pression croissante de millions d'électrices et d'électeurs  qui cherchent un espoir à gauche.

 

Benoît Hamon désigné pour représenter le PS à la Présidentielle a appelé dimanche les autres candidats et forces de gauche « à construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique ».

 

Le Parti Communiste Français, engagé dans la campagne pour Jean-Luc Mélenchon,  appelle à amplifier les efforts entrepris et à poursuivre le débat public autour de l'affirmation d'une politique de transformation et des convergences nouvelles pour la gagner. Conformément aux initiatives qu'il prend depuis un an, il appelle à multiplier les initiatives pour permettre la victoire d'une gauche de progrès social et écologique et la constitution d'une majorité politique mettant en œuvre une politique résolument à gauche.

 

Nous appelons à amplifier la campagne contre la droite et l’extrême droite, pour faire barrage à leur présence au deuxième tour de l'élection présidentielle, à leurs projets d'asservissement de la République, de division, d'exaspération de toutes les inégalités.

 

Nous appelons à amplifier la campagne pour démasquer Macron, dont le projet libéral a aujourd'hui le large soutien des milieux d'affaires et des banques.

 

Nous appelons à amplifier la campagne de rassemblement engagée par les communistes autour des propositions de  « La France en commun », dans l'élection présidentielle et dans toutes les circonscriptions en vue des élections législatives.

 

Les élections législatives sont plus que jamais une étape essentielle pour construire une majorité qui vote des lois, au nom et en faveur du peuple !  Nous n'avons pas besoin de député-e-s fillonistes pour sacrifier la Sécurité sociale, de député-e-s macronistes pour voter une nouvelle loi d'ubérisation du travail, de député-e-s lepénistes pour fouler aux pieds les valeurs de la République. Nous avons besoin de député-e-s communistes-Front de gauche, de député-e-s irréprochables au plan éthique, de député-e-s de gauche décidé-e-s à combattre le pouvoir de la finance et à écrire des lois d’intérêt général et d'émancipation humaine pour promouvoir une véritable alternative de progrès social.

 

Nous appelons toutes les forces de gauche à retrouver le chemin du dialogue, à débattre des projets et des contenus pour travailler au maximum de convergences permettant la construction d'un pacte de majorité.

 

Pour sa part, le PCF est prêt à toutes les rencontres utiles et met au pot commun du débat nécessaire à gauche ce qu'il considère être les grands axes et les propositions constitutifs d'une véritable politique de gauche.  

 

a) La France a besoin d'une grande ambition de progrès social, d'éradication du chômage, de la pauvreté et de la précarité en assurant une sécurité de l'emploi et de la formation, une augmentation des salaires et l'égalité professionnelle Hommes-Femmes, un développement de la santé publique et de la protection sociale, des services publics et de santé performants assurant l'égalité sur tout le territoire. 

 

b) La France a besoin d'une lutte acharnée contre le pouvoir de la finance, s'attaquant à l'évasion fiscale, pour un tout autre rôle  des banques en créant un pôle public financier et bancaire, en nationalisant  BNP-Paribas et la Société générale, en réorientant le crédit bancaire les profits et les aides publiques aux entreprises vers l'emploi et les besoins humains. La banque centrale européenne doit agir contre la spéculation et l'évasion fiscale et en faveur de l'emploi et des services publics. 

 

c) La France a besoin d'une nouvelle manière de produire et de se développer alliant une nouvelle industrialisation, l' Économie Sociale et Solidaire, le développement de l'agriculture paysanne, une transition énergétique respectueuse de l'environnement et de l'air que nous respirons ensemble !

 

d) La France a besoin d'une VIe République, démocratisée où le peuple ait droit de cité, d'un  Parlement respecté et élu à la proportionnelle, d'une monarchie présidentielle abattue, et de nouveaux pouvoirs des salariés comme l'a exprimé Pierre Laurent samedi 28 janvier, dans son discours de la Rotonde. 

 

e) La France a besoin d'une politique européenne offensive, utilisant son influence et s'alliant avec toutes les forces progressistes pour sortir de l'austérité, libérer l'Europe de la domination de la finance, l'orienter vers un développement solidaire et soutenable. Une autre coopération régionale, fondée sur les choix souverains des peuples peut agir pour un monde de coopération et de paix à l'heure des inquiétantes menaces que fait peser l'élection de Donald Trump sur la sécurité du monde.

 

Les initiatives nationales dont le PCF est à l'initiative,  la première sur le progrès social le 7 février à Port-de-Bouc, comme ses initiatives locales sont des lieux qu'il met à disposition de toutes les forces, de toutes les énergies individuelles et collectives qui veulent s'engager dans ce travail commun.

 

Le parti communiste est prêt à répondre aux invitations permettant d'avancer dans ce sens, et participera à la rencontre de l'appel des 100 le vendredi 3 février.  

 

Il invite ses militant-e-s, ses élu-e-s, ses candidat-e-s aux élections législatives, à déployer la campagne dans toutes les circonscriptions pour y construire dans le dialogue et l'action les rassemblements les plus larges pour se doter de député-e-s faisant entrer au Parlement, en juin, le peuple et ses attentes.

 

Paris, le 30 janvier 2017.

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 08:13

 A l’aube de 2017, on ne peut raisonnablement aborder les grands enjeux électoraux en France, sans mettre d’abord en avant le constat cynique d’une accumulation sans limite des richesses dans les mains d’une poignée d’hommes et de femmes. Les chiffres affolants de ce partage toujours plus inégal et arbitraire de la richesse issue du travail humain est d’une violence inouïe. Comme chaque année, le rapport de l’ONG Oxfam permet d’entrebâiller la porte sur le silence médiatique et politique coupable qui entoure de telles inégalités. Si nous savons que « depuis 2015, les 1 % les plus riches détiennent autant de richesses que les 99 % du reste de la planète », « 8 hommes détiennent aujourd’hui autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale» soit 3,7 milliards d’êtres humains. Dans son travail de salut public, Oxfam déroule aussi l’évolution de cette dérive : « les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollars par an entre 1988 et 2011, tandis que l'augmentation des revenus des 1% les plus riches était 182 fois supérieure ».

 Ces chiffres ne sont pas seulement des éléments statistiques à commenter, et sur lesquels tout le monde peut faire part de son indignation. Ils doivent servir de révélateur à la terrible violence économique, sociale et écologique qui les accompagne, et qu’exercent les plus riches à l’encontre de l’intérêt du plus grand nombre. Cette « violence des riches », que l’on cherche à rendre invisible, s’appuie sur une lutte idéologique et culturelle, visant à démontrer qu’il n’existerait pas d’alternative possible à la dictature de l’argent-roi et des puissants. Pourtant, la concentration sans précédent des richesses construit un monde de guerres, de conflits et de souffrance dont nous vivons chaque jour les conséquences. Elle préempte surtout chaque jour un peu plus sur les conditions de construction d’un avenir d’humanité, de paix, et de coopération entre les peuples, tout comme sur notre capacité de répondre collectivement aux grands enjeux écologiques et sociaux de notre siècle.

 Alors que la campagne présidentielle de 2017 occupe depuis quelques mois déjà tous les écrans, il serait sans doute nécessaire de revenir sur ce cœur du commun combat politique à mener, pour une France en commun, pour une Europe en commun, pour un monde en commun, pour un avenir en commun. Ce cœur du combat c’est celui de la bataille contre une finance, des multinationales et des multimilliardaires qui dictent aujourd’hui les conditions d’avenir de toute l’humanité. Seuls l’engagement collectif et l’action en faveur de la création de larges rapports de force, sans exclusive, contestant cette domination, doivent permettre de produire des réponses concrètes et des actes pratiques depuis la rue jusque dans les institutions. Je suis pour ma part convaincu que des forces considérables, individuelles, associatives, syndicales, politiques y sont prêtes. Elles peuvent converger, et elles doivent converger. Il faut pour cela une très ferme volonté commune, et des actes d’engagement qui placent la recherche de la convergence des intérêts de tous les dominés, bien au-dessus des enjeux boutiquiers et électoralistes de courte-vue. Sans cette démarche de commun, nous sommes condamnés à voir les forces réactionnaires et du marché poursuivre leur combat de classe, et leurs stratégies de domination culturelle et idéologique l’emporter.

 Les 10 député-e-s du Front de Gauche ont depuis 2012 toujours été de ces combats, et nous nous attachons, pas seulement dans les paroles, mais dans les actes, à les mener avec les moyens et la représentation que nous a confiés le mandat populaire. Nous les poursuivrons jusqu’à la fin de cette législature, notamment ce jeudi 2 février, à l’occasion de notre dernière « niche » annuelle réservée aux groupes parlementaires. Nous avons mis en débat 4 textes :

 - Une « proposition de résolution européenne pour une Conférence des parties (COP) de la finance mondiale, l’harmonisation et la justice fiscales » reprenant une partie des propositions d’Alain et Eric Bocquet, député et sénateur, auteurs de « Sans domicile fisc » et anciens rapporteurs de commissions d’enquête parlementaires sur l’évasion fiscale.

 - Une « proposition de résolution européenne pour un débat démocratique sur l’accord économique et commercial global (CETA) entre le Canada et l’Union européenne », dont le rapporteur est Marc Dolez, demandant notamment au Gouvernement d’organiser un referendum populaire au sujet de l’autorisation de ratification du CETA.

 - Une « proposition de loi en faveur de l’égalité professionnelle et salariale entre hommes et femmes », dont la rapporteure est Marie-George Buffet, et proposant de prendre au plus vite sept mesures urgentes, faciles à mettre en œuvre, pour lutter contre le sexisme qui s’exprime directement ou indirectement dans les relations de travail et pour renforcer le pouvoir des salarié-e-s face aux logiques du marché qui s’en nourrissent.

 - Enfin, une « proposition de loi visant à assurer la revalorisation des pensions de retraites agricoles en France continentale et les Outre-mer», dont je serai le rapporteur, et prévoyant notamment de garantir un niveau minimum de pension à 85 % du SMIC, avec de nouvelles ressources en mettant à contribution les revenus financiers, et une revalorisation des pensions de retraites agricoles dans les départements et régions d’Outre-mer dont les agriculteurs et salariés agricoles sont aujourd’hui victimes de très graves inégalités.

 Ce 2 février, nous disposons de la journée pour poursuivre notre travail de fourmis sur ces enjeux majeurs, et mettre en débat devant la représentation nationale ces sujets de fond. Une journée seulement. Mais une journée qui n’existerait pas si nous n’avions pas pu réunir 15 députés pour constituer en 2012 un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale !

 
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:19
Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français, ici, en 2016.
Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français, ici, en 2016. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Le Parti communiste "peut ouvrir un dialogue avec Benoît Hamon" selon le porte-parole du PCF

Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, dimanche. Il faut à présent rassembler les gauches pour offrir un front uni pour l'élection présidentielle. Sur franceinfo, Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français (PCF), s'est réjoui de la victoire de Benoît Hamon. Il estime qu'un dialogue et des échanges sont envisageables avec lui,  "alors que cela aurait été impossible avec Manuel Valls". Selon lui, cela invite "à des convergences dans les prochaines semaines".

franceinfo : La victoire de Benoît Hamon est-elle une bonne nouvelle, sachant qu'il y a désormais un candidat de plus très à gauche ?

Olivier Dartigolles : La défaite de Manuel Valls est une bonne nouvelle, c'est la confirmation qu'il y a une envie de gauche dans ce pays. On assiste à un grand chamboule-tout dans la vie politique française.

Pour ce qui est du Parti communiste, ça nous invite à mettre du vent dans les voiles sur des convergences, des dialogues, des passerelles qui peuvent se construire dans les prochaines semaines. Cela permettra peut-être de trouver une solution pour la présidentielle et pour une nouvelle majorité politique de gauche aux législatives.

Est-ce que ça veut dire qu'un candidat à gauche doit se désister au profit de l'autre ?

Il ne faut pas commencer par la question de la candidature à la présidentielle. Je constate que Jean-Luc Mélenchon mais aussi Yannick Jadot et Benoît Hamon sont tous pour l'abrogation de la loi El Khomri.

On peut pousser les feux pour dire tous ensemble ce qui serait pour nous une vraie loi travail. On peut commencer par regarder si dans ce périmètre qui va de Jean-Luc Mélenchon, des communistes, à Yannick Jadot et Benoît Hamon, nous sommes d'accord pour dire des choses ensemble.

Que faire des socialistes qui ne se reconnaissent pas chez Benoît Hamon ?

Il faudra attendre que la poussière retombe, voir dans quelques semaines s'il y a vraiment une hémorragie vers Emmanuel Macron. Mais on peut ouvrir un dialogue et des échanges avec Benoît Hamon alors que cela aurait été impossible avec Manuel Valls. 

 

"La victoire de Benoît Hamon est une bonne nouvelle" pour Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF
 
 
 

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES PCF
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 11:07

Démocratie réelle. La VIe République est toujours une idée neuve

GRÉGORY MARIN
VENDREDI, 27 JANVIER, 2017
L'HUMANITÉ
15 Mai 2015, Paris, place de la république. Avec nuit debout, le peuple français donnait de la voix pour se réapproprier la parole démocratique et son rôle politique dans la cité. Photo philippe wojazer/reuters
15 Mai 2015, Paris, place de la république. Avec nuit debout, le peuple français donnait de la voix pour se réapproprier la parole démocratique et son rôle politique dans la cité. Photo philippe wojazer/reuters
REUTERS

C’est un projet qui traverse la gauche depuis des décennies. Et si, de la gauche du PS au PCF, en passant par la France insoumise, des divergences existent, tous partagent un impératif : refonder les institutions de la Ve République pour redonner du pouvoir au peuple.

L’idée d’une VIe République irrigue la pensée politique, celle de la gauche plus particulièrement, depuis longtemps. En 2001, sans il est vrai utiliser ce terme, le Parti communiste français proposait, dans le cadre de la campagne présidentielle à venir, des « éléments pour un projet communiste du XXIe siècle » introduisant des transformations institutionnelles importantes, qui font toujours partie de son programme : parité, limitation du cumul des mandats, pouvoir d’initiative législative (référendum), participation ­citoyenne accrue (budgets participatifs, ­référendum locaux)… Autant de propositions qui n’étaient alors pas à la mode, reprises entre-temps sans mention de leur origine, voire appliquées avec succès.

« Proclamer la fin des privilèges du capital »

Depuis, ces idées ont fait leur chemin. L’élection présidentielle suivante les a un peu mieux éclairées. En mai 2006, sous la présidence Chirac, dont on disait alors qu’elle marquait le « crépuscule de la Ve », Nicole Borvo, présidente du groupe Communiste, républicain et citoyen du Sénat, parlait dans l’Humanité de « changer complètement de système institutionnel », ­reprenant les propositions de son parti, suivie un an plus tard, en mars, par… Arnaud Montebourg, à l’époque porte-parole d’une Ségolène Royal. Catégorique, il affirmait alors que « la Ve République (était) morte » : « Personnel politique qui se renouvelle peu », exécutif « coupé de la société », « Parlement sans pouvoir », etc., et proposait de « renforcer le rôle du Parlement » ou l’abolition de l’article 49-3. D’une manière générale, la campagne présidentielle 2007 de ce qu’on appelait alors la gauche antilibérale, de la LCR d’Olivier Besancenot (qui proposait d’« abattre la Ve République » en la remplaçant, déjà, par une Assemblée constituante à la proportionnelle intégrale avec mandats révocables) à l’aile gauche du PS, était traversée dans son ensemble par cette thématique.

Une extension des droits dans le monde du travail

Il faudra pourtant attendre 2012 pour que l’idée s’impose véritablement dans le débat : alors en pleine ascension médiatique, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, soutenu par le PCF, la met au centre de sa campagne. Lors du premier rassemblement monstre du 18 mars 2012 (1), plus de 120 000 personnes défileront entre Nation et Bastille en réclamant « Vite, la VIe République » ! Dans son discours, le candidat estimait que refonder la République, c’était « refonder la France (en un) peuple unique, libre, fraternel et égal ». Et de rappeler la Constituante, la parité qui consacrerait « la marche de l’égalité », qui conduirait à « proclamer la fin des privilèges du capital ».

Les tenants d’une VIe République visant à instaurer une réelle citoyenneté n’ont jamais désarmé. De la Convention pour la VIe République, créée par Arnaud Montebourg et dirigée par le socialiste Paul Alliès, au Mouvement pour une VIe République de Jean-Luc Mélenchon, une partie de la gauche n’a cessé d’affirmer cette exigence entre deux campagnes présidentielles. Elle est toujours présente dans les discours et les programmes. Le favori de la primaire socialiste, Benoît Hamon, s’il n’emploie pas le terme, prône des aménagements de la Ve République qui recoupent certaines propositions avancées ailleurs : suppression de l’article 16 de la Constitution qui accorde au président les pleins pouvoirs en cas de crise majeure, dose de proportionnelle dans l’élection des députés, « 49-3 citoyen » permettant à 1 % du corps électoral d’imposer au Parlement l’examen d’une proposition de loi venue des citoyens (droit d’initiative citoyenne) ou de suspendre l’application d’une loi pour la soumettre à référendum… Jean-Luc Mélenchon, lui, voudrait être « le dernier président de la Ve République », démissionnaire « sitôt que la nouvelle Constitution aura été adoptée par le peuple français ». Le candidat de la France insoumise (FI) va loin dans l’idée de « balayer l’oligarchie », en proposant qu’« aucun parlementaire des anciennes assemblées de la Ve République (ne siège) dans cette assemblée ».

Indispensable dans la cité, la citoyenneté passe aussi par une extension des droits dans le monde du travail : « La grande Révolution a rendu les Français rois dans la cité et les a laissés serfs dans l’entreprise », disait Jean Jaurès. Une préoccupation présente dans les programmes du PCF comme de la France insoumise. Tous deux proposent un « droit de veto suspensif » des élus du personnel en cas de licenciements, de fermeture ou de délocalisation, et en général de nouveaux droits de contrôle et d’intervention dans les stratégies d’entreprise. Parce que la démocratie ne se joue ni tous les cinq ans, ni dans les seules hautes sphères, mais au quotidien et au plus près des Français

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Published by bruno fornaciari - dans ACTUALITES pcf PCF THOUARSAIS
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BRUNO FORNACIARI

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