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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 11:48
http://youtu.be/_F7TO910mXo
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 14:36

Bruno Fornaciari je pense que le courage politique ne réside pas pas dans la demi-mesure. Se réfugier dans l'abstention, alors qu'il eût été possible de faire échouer le plan Valls/Hollande est tout au plus une lâcheté et tout au moins une complicité. Ce qui revient au même. Lorsqu'on s'engage en politique ou ailleurs il faut faire des choix qui engagent; c'est fait. Il nous faut en tirer les enseignements et ne pas nous bercer d'illusions. Et les dirigeants communistes, ne pas participer, fût-ce en leur nom personnel, à "orienter" les réactions qui polluent la réflexion contradictoire nécessaire des communistes sur l'expérience récente, dans le cadre des organismes du parti. Il paraît que les communistes seront associés à la réflexion d'ensemble ? Tant mieux ! Et pour cela il faudrait aussi que chaque membre du PCF puisse le faire, normalement.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 08:39

Le long déclin de la banlieue rouge

Le PCF a connu des pertes électorales importantes dans ses fiefs de la région parisienne, notamment en Seine-Saint-Denis, lors des municipales 2014.

Les élections municipales du mois dernier ont livré un bilan décevant pour la gauche en Seine-Saint-Denis. Pour la première fois, la droite est majoritaire dans le département : 21 villes contre 19. Si le PS a subi les plus grosses pertes au niveau national, le Parti Communiste n’a pas été épargné. Il a résisté dans l’ouest normand, dans le Puy-de-Dôme, mais a continué à s’effriter en Picardie et en Lorraine. Dans le 93, des bastions historiques sont tombés : Saint-Ouen, Bobigny, Drancy, le Blanc-Mesnil…

La surprise est venue d’une composante de la droite que l’on avait peu vue jusque-là. L’UDI a pris cinq villes dont Drancy et Bobigny, où l’opposition grandissait depuis des années. « Le centre-droit a réussi là l’intégration de la diversité, qui avait été malheureuse avec la gauche », avance Roger Martelli. L’historien a analysé les résultats du scrutin à l’occasion du séminaire du Cevipof, mardi 8 avril, consacré aux municipales en Seine-Saint-Denis. « L’usure du pouvoir local a joué, aggravée par la conjoncture nationale », ajoute-t-il avant de retracer l’histoire politique de la Seine-Saint-Denis, qui s’est longtemps confondue avec celle du Parti Communiste français.

Un apogée dans les années 60-70

C’est dans les années 1920 qu’est née la « ceinture rouge ». Les années d’entre-deux-guerres sont celles de la conquête, à mesure qu’augmente le nombre d’ouvriers. A la Libération, fort de son passé de Résistance, le PC enregistre des progrès particulièrement marqués dans de vastes zones, homogènes socialement et politiquement, du nord, de l’est et du sud de la périphérie parisienne.

Les années 1960-70, caractérisées par l’urbanisation, voient l’apogée du communisme municipal. Le PC administre 54 municipalités de la petite couronne en 1977, et un tiers de la population totale de la Région ! Les élections de 1983 annoncent la réversion de cette tendance. « Mais le signal d’alarme », souligne Roger Martelli, « c’est moins 1983 que 1989 », qui voit l’abstention, le vote blanc ou nul et les partis marginaux rogner les marges traditionnelles. Si la banlieue parisienne résiste, Alès et Bègles tombent dès 1989, sans que cela n’alerte les dirigeants. Le repli structurel du PC s’est depuis confirmé à chaque élection. C’est d’abord la droite qui en a profité, puis le PS.

Deux villes de 100 000 habitants

Le PC ne contrôle plus aujourd’hui qu’environ 750 communes en France métropolitaine, moitié moins qu’en 1977. En ce qui concerne les communes de plus de 3500 habitants, le Parti enregistre en 2014 près de 25% de pertes, soit autant - en proportion - qu’entre 1977 et 1983. Les pertes n’ont pas été compensées par de nouvelles victoires, même si l’on peut noter que les communistes ont repris deux grandes communes du 93 : Montreuil et Aubervilliers. Une performance rare rendue possible par le maintien de la compétition au second tour.

A l’inverse, les divisions internes au PC ont offert Bagnolet au PS. (Mais ces derniers ont perdu à leur tour une de leur place forte : Livry-Gargan est passée à l’UMP). Montreuil et Saint-Denis demeurent ainsi les deux dernières villes de plus de 100 000 habitants avec un maire communiste. Ce sont aussi les deux seules villes de cette taille où le FN n’avait pas présenté de liste.

Sébastien Banse

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 17:26

Parti Communiste Français

Pierre Laurent, PCF : « Nous sommes pour la transformation de la zone euro plutôt que pour son explosion »

Le Front de gauche entend prouver qu’il y a en Europe un autre chemin que celui de la social-démocratie. Il milite pour une Union de peuples souverains, libres et associés pour choisir une politique monétaire différente et pour décider de plans massifs d’investissement

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

En prenant comme candidat à la présidence de la Commission le leader grec Alexis Tsipras, les forces de la Gauche européenne mettent en avant un symbole de la résistance aux politiques d’austérité mais aussi de la capacité à faire émerger des politiques nouvelles. C’est la double ambition qu’explique Pierre Laurent. Réuni avec le Parti de gauche au sein du Front de gauche, le “patron” du PCF est l’antithèse du tonitruant Jean-Luc Mélenchon : il critique les institutions de Bruxelles en s’en prenant aux dogmes derrière les traités tout en se défendant de tout dogmatisme. La preuve : il prône une réorientation radicale de la zone euro mais sans jeter l’euro.

Les listes que nous soutenons, pour les élections du 25 mai, rassemblent en France toutes les forces du Front de gauche, et dans l’Union s’inscrivent dans la démarche du Parti de la gauche européenne. Notre candidat commun à la présidence de la Commission sera Alexis Tsipras, le leader de la gauche grecque Syriza. Ces forces sont rassemblées au Parlement européen au sein du Groupe de la Gauche unitaire européenne, Gauche verte nordique, qui, depuis des années déjà, regroupe des forces de la gauche qui sont diverses politiquement, mais qui se reconnaissent dans une critique de l’Europe libérale telle qu’elle a été construite à travers les différents traités. En France, ces forces se reconnaissent dans le combat qui a été mené en 2005 contre le traité constitutionnel européen et dans une Europe construite sur des objectifs sociaux nouveaux. Notre projet est celui d’une Europe solidaire, de progrès social, d’harmonisation sociale progressive vers le haut. C’est une Europe de coopération, pas une Europe de mise en concurrence systématique – comme c’est le cas aujourd’hui.

Un nouveau chemin
La candidature d’Alexis Tsipras est pour nous très symbolique. C’est le symbole d’une résistance, qui a été celle du peuple grec, à tous les mémorandums d’austérité de la troïka (Commission-BCE-FMI), mais à travers la Grèce c’est aussi le symbole de toutes les résistances sociales contre les politiques d’austérité actuelles dans les pays du Sud, mais également dans d’autres pays comme l’Irlande ou la France.

C’est surtout le symbole d’une Gauche européenne qui aspire à gouverner et à ouvrir un autre chemin à gauche que celui des forces social-démocrates européennes. En Grèce, Syriza domine maintenant le paysage à gauche et prétend à gouverner face à la droite d’Antonis Samaras. Notre objectif en Europe est précisément de faire émerger une Gauche européenne nouvelle qui brise le consensus qui s’est construit toutes ces dernières années entre les forces conservatrices européennes regroupées dans le PPE et les forces social-démocrates regroupées dans le PSE. Parce que ce consensus libéral qui les amène à soutenir les mêmes traités constitue à nos yeux un des verrous politiques de l’Europe actuelle, dans laquelle les forces sociales, citoyennes, populaires, se reconnaissent de moins en moins. Si n’apparaît pas cette force de gauche européenne, eh bien, ce sera, face à cela, la montée des populismes et des extrémismes de droite qui l’emportera. Nous, nous voulons ouvrir un nouveau chemin à gauche.

Le combat politique
La question démocratique est devenue centrale dans l’Union européenne actuelle. Depuis la crise de 2008, on est entré dans une phase de crise existentielle de l’Union et de la zone euro. Le choix des dirigeants européens a été de sauver la zone euro en organisant le sauvetage des banques, mais cela s’est fait au prix d’une envolée des dettes publiques par transfert de la dette privée sur les Etats. Et maintenant, on organise un chantage permanent au remboursement de cette dette, en poussant les Etats à des politiques de régression sociale, de déréglementation sociale, d’austérité extrêmement violente. Non seulement ces politiques ne provoquent pas l’adhésion populaire, mais elles sont rejetées. Elles sont imposées aux parlements nationaux, ce qui provoque un approfondissement très inquiétant de la crise politique, du chaos même, dans tous les pays européens.

Si j’avais à définir ma conception de l’Union européenne, je dirais que nous sommes favorables à une union de peuples souverains, libres et associés. Nous pensons qu’il n’y a pas d’avenir dans une fuite en avant fédérale qui priverait les peuples et les Etats européens du recours régulier à l’expression de leur souveraineté. Les deux doivent marcher de pair. Des Etats qui avanceraient dans le dos de leurs peuples seraient condamnés à la même crise politique. On ne peut pas avancer vers des mises en commun nécessaires, de plus en plus importantes au plan européen, sans le consentement populaire. Il faut prendre le temps de construire des coopérations qui soient des coopérations partagées et cesser d’imposer l’avancée à marche forcée vers un marché unique dans lequel les seules forces qui se retrouvent sont les forces financières, les forces capitalistes dominantes, les forces économiques dominantes – qui laissent à l’écart une part grandissante des populations européennes. L’Europe est devenue une zone d’inégalité absolument invraisemblable.

Dans ce combat politique nous travaillons évidemment à des renversements de majorité dans les institutions actuelles. Je crois au progrès des forces de Gauche, singulièrement dans le Parlement européen. Je pense qu’il est possible, des exemples le montrent, de construire des majorités de gauche dans ce Parlement. Nous avons sauvé le programme d’aide alimentaire aux plus démunis avec la majorité actuelle de ce Parlement. Ce combat, nous n’y renonçons pas, mais il faudra des transformations de la construction démocratique de l’Union européenne.

Un modèle ultra-concurrentiel
L’Europe a construit un modèle ultra-concurrentiel dont la principale variable d’ajustement depuis maintenant 15 ans, et de manière encore aggravée depuis la crise financière, est le coût du travail. Résultat, au lieu de miser sur la créativité du travail, sur des investissements innovants, sur un investissement massif dans la recherche et l’innovation, eh bien, on cherche à concurrencer les pays émergents. Ce sont parfois même les pays européens qui concurrencent leur propre marché intérieur avec des productions délocalisées, en tirant vers le bas le coût du travail.

Ce projet politique est une folie pour l’Europe. Comment est-ce qu’on peut penser faire de l’Union européenne un projet politique si l’horizon qui est proposé aux peuples c’est la dégradation continue du niveau social ? C’est la voie dans laquelle nous sommes engagés. Si nous allons au bout des logiques actuelles en Europe, nous allons vivre encore de longues années de régression sociale et d’harmonisation par le bas des conditions sociales en Europe. Je le redis, c’est une folie politique pour un projet européen qui prétendait être un projet de progrès social partagé.
Vous me demandez si cette “logique” est due au système institutionnel de l’Union européenne ou au monde global tel que l’on connaît. Je réponds qu’elle est due à la combinaison des deux. C’est le type de construction qu’on a gravé dans les traités européens qui conduit à la mise en concurrence systématique et à l’insertion dans des modes de relations internationales capitalistes qui renforce encore la mise en concurrence. Au lieu d’avoir la coopération et la mise en commun des moyens pour des objectifs partagés, on a une guerre économique ravageuse.

Les dogmes économiques
Il y a dans les traités actuels l’institution de dogmes économiques qui devraient être, à nos yeux, remis en cause. Même si le traité constitutionnel a été rejeté en France, il a de fait été réintroduit dans les traités, et au nom de ces dogmes on impose aux peuples européens des politiques sans leur laisser la possibilité de choisir la voie économique qui leur paraît la plus appropriée. C’est une des raisons de la crise actuelle.

Je précise que je ne crois pas aux dogmes, qu’ils soient libéraux ou marxistes. Mais je pense qu’il faut faire le constat de la faillite des politiques actuelles. Nous appliquons depuis cinq ans en Europe les principes économiques édictés par la Banque centrale européenne, par la Commission de Bruxelles, et par la troïka avec le FMI, et nous voyons bien que la situation ne cesse de se dégrader. Il va falloir inverser l’ordre des facteurs. Si on poursuit ces politiques, l’austérité va continuer à produire de la dégradation économique et des inégalités grandissantes, il faut donc faire bouger plusieurs fondamentaux des politiques économiques actuelles.

Nous ne pouvons pas vivre dans une situation de dépression économique avec une Banque centrale européenne qui ne peut pas refinancer les Etats, monétiser une partie de la dette ou faire jouer la création monétaire au service du développement économique. D’ailleurs, la BCE elle-même a desserré par moment la politique monétaire. Elle s’est un peu écartée de ce qu’autorisait le traité pour éviter la banqueroute généralisée. C’est bien la preuve que l’on ne peut pas rester durablement dans les rails actuels. Il y a d’ailleurs une exception européenne mondiale, puisque nous sommes la seule zone économique mondiale qui interdit à sa banque centrale le refinancement des Etats. Or nous savons très bien que les Etats les plus endettés ne rembourseront pas la dette, résultat ils s’enfoncent dans des situations insolubles.

Nos solutions
Il ne s’agit pas de monétiser toutes les dettes, mais il faudrait – au point où nous en sommes – qu’il y ait une obligation de remettre à plat la dette, de l’auditer, et probablement d’en annuler une partie, dont on voit bien qu’elle ne sera pas remboursée par certains pays, et d’en restructurer l’autre partie. Il faudrait aussi “critériser” l’utilisation du crédit. Nous, nous proposons, par exemple, avec la Gauche européenne, la création d’une institution publique nouvelle adossée à la BCE qui pourrait financer à taux quasiment nuls les investissements publics nécessaires à la relance de l’activité ou nécessaires pour de grands travaux. La Confédération européenne des syndicats propose un plan massif d’investissement à l’échelle européenne équivalent à 2 % du produit intérieur brut. Elle propose de financer cet effort par le recours à des euros-obligations.

Nous pensons qu’on peut aller plus loin pour le financement et que nous pouvons, à travers la BCE et à travers le système bancaire européen, utiliser différemment le crédit avec des taux très bas, voire à taux zéro, pour adosser durablement un financement pérenne à ce besoin de relance. Sinon il n’y aura pas de sortie du chômage pour la zone euro.

Nos propositions consistent à déconnecter une partie des circuits de financement de l’économie des marchés financiers. Il faut dégager une partie des circuits du crédit de la tutelle et des exigences des marchés financiers actuels.

Par ailleurs, c’est vrai, il y a d’autres problèmes structurels. L’affaiblissement industriel d’une grande partie de la zone euro est typiquement un problème structurel à toute la zone. La France est particulièrement touchée : nous avons perdu plus de 800 000 emplois industriels en un peu plus de dix ans. Et nous avons aujourd’hui une Europe qui a des échanges intracommunautaires totalement inégaux – avec des excédents commerciaux allemands qui dominent l’intégralité de la zone. Cette situation est extrêmement malsaine : il faut retrouver en Europe des échanges plus équilibrés, il faut développer les investissements industriels dans toute la zone euro avec des nouveaux programmes de coopération en lieu et place de la concurrence systématique que se livrent les groupes européens entre eux.

L’euro
Faut-il sortir de l’euro ? Un pays qui sortirait de la zone euro serait confronté à la même logique d’hyper concurrence. Il faut plutôt transformer l’euro et utiliser le potentiel extrêmement important de coopération qui existe dans cette zone pour la mettre au service de projets de développement partagés.

Nous sommes pour la transformation de la zone euro et de ses objectifs plutôt que son explosion ou sa dissolution progressive – ce qui d’ailleurs est un des risques que fait courir la politique actuelle. Parce que les politiques d’hyper concurrence mises en œuvre aujourd’hui vont, un jour ou l’autre, faire exploser la zone.

Dans la Gauche européenne c’est l’opinion qui domine, c’est celle qui est portée par Alexis Tsipras. Mais il est certain que notre famille politique a été traversée de débats sur cette question depuis la crise financière de 2008. Devant la violence des programmes d’ajustement et de régression qui ont été imposés à certains pays, la question s’est posée de savoir si les conditions imposées à certains peuples pour rester dans l’euro étaient encore supportables. Notre discussion a débouché sur l’idée que personne n’avait intérêt à une sortie solitaire qui le jetterait seul dans la jungle du marché mondial. Donc nous privilégions la bataille de la transformation de la zone euro. Ce qui est certain, c’est qu’il faut changer la politique monétaire européenne.

Dans le cas de la Grèce, il ne faut pas perdre de vue qu’une sortie de crise profitable au peuple grec nécessiterait de très forts investissements publics, parce qu’il y a une industrie à reconstruire, parce qu’il y a aussi des services publics de santé, d’éducation, de formation à redévelopper dans ce pays. L’ambition des Forces de Gauche, comme les nôtres, n’est pas de faire de la Grèce le paradis touristique des Européens. Nous avons une ambition de développement social partagée pour tous les peuples européens. Il faut faire différemment. Nous pouvons avoir des objectifs partagés en matière de transition énergétique à l’échelle de l’Europe en utilisant les potentiels, d’ailleurs assez diversifiés, de l’ensemble de la zone. De cette façon il serait possible de trouver là des marges de manœuvre pour un nouveau type de développement – qui soit plus harmonieux pour l’Europe entière.

Dans les “traitements” imposés par la troïka où il s’agit toujours de retrouver de la compétitivité ou de diminuer le nombre de fonctionnaires, à chaque fois on oublie systématiquement une facette du problème. A savoir que la Grèce a connu un pillage systématique de ses ressources, par des élites grecques qui se sont considérablement enrichies dans la période où les financements européens arrivaient, par des élites en partie largement corrompues qui ne payaient pas d’impôts, par des gouvernants qui n’ont même pas construit une fiscalité correspondant à la richesse du pays, par des groupes européens et des banques européennes, françaises et allemandes, qui soutenaient ce système complètement déséquilibré et fragile. Il y a effectivement dans plusieurs pays européens, en Grèce notamment, des causes internes à la crise qui a explosé. Elles sont liées à des types de développements dominés par les oligarchies nationales. Pour une action efficace, il faut aussi mettre en cause ces privilèges.

La règle des 3 %
Quelle est mon analyse sur la règle du retour à 3 % de déficits publics en 2015 ? Je pense que se fixer comme objectif l’assainissement des finances publiques, tout le monde ne peut être que d’accord ! Est-ce que l’assainissement des finances publiques signifie obligatoirement la disparition de tout déficit, c’est beaucoup plus discutable. Parce que des nations qui connaissent du développement peuvent vivre avec des taux d’endettement raisonnables. Par contre, ce qui me paraît totalement irréaliste et même totalement contre-productif, c’est le délai dans lequel on prétend faire revenir nos économies à des taux de déficit de 3 %, et la méthode qu’on emploie pour y parvenir. Le délai paraît beaucoup trop brutal. D’autant plus que toute l’addition, à écouter les experts de la Commission européenne mais aussi nos experts en France, devrait être payé en vérité par le monde salarié. Le résultat de ces politiques, on le voit dans plusieurs pays, entre autres en Grèce ! Quand on applique ces “recettes” de manière aussi brutale que le demandent les autorités européennes, cela débouche sur un affaiblissement de la richesse nationale, voire un recul. On l’a vu dans certains pays : le recul du PIB a débouché sur une aggravation de la dette publique, et non sur sa maîtrise. Le problème n’est pas de renoncer à l’objectif d’assainissement des finances publiques, le problème c’est que le chemin choisi est insupportable socialement et contre-productif économiquement.

Dans ce contexte, la relation franco-allemande est stratégique alors qu’elle est aujourd’hui dramatiquement déséquilibrée – et ce n’est pas vrai que pour la relation franco-allemande. Toutes les négociations se font aux rythmes et sous conditions de l’Allemagne. Le dernier épisode en date étant l’aller-retour express de Manuel Valls à Berlin pour tenter de négocier un délai sur les 3 % ! L’Allemagne décide et les autres pays européens sont censés appliquer. Ce déséquilibre actuel est une des causes de la crise, économique bien sûr mais aussi de la crise politique et démocratique de l’Europe. Il ne peut pas y avoir la construction durable d’une zone euro qui se fasse aux seules conditions des grandes puissances industrielles et bancaires allemandes. Il faut retrouver une Europe politique qui soit une Europe réellement de partage dans les décisions, et que probablement le rôle du Parlement européen soit revalorisé dans l’équilibre des forces institutionnelles européennes.

Bio express
Réfléchi

Journaliste économique à l’origine, Pierre Laurent est depuis 2010 secrétaire national du Parti communiste français. Il a été directeur de l’Humanité et a fait ses classes, tout jeune, auprès de son père Paul Laurent, un leader du parti dans les années 80. Il est également président du Parti de la gauche européenne et sénateur. Il est l’auteur du livre Le Nouveau Parti communiste, la preuve que c’est de façon réfléchie qu’il rejoue Place du colonel Fabien la pièce “rénovation du PCF”.

Propos recueillis par Jean-Michel Lamy

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 08:40

Remarques pour mes camarades communistes

Roger Martelli, historien

Mardi, 15 Avril, 2014

Par Roger Martelli, historien. La représentation municipale du Front de gauche et, au-delà, de la gauche de gauche se concentre depuis le début sur les élus et les mairies dirigées par des communistes ou « apparentés ». Que le patrimoine municipal des communistes aille bien ou mal n’est donc pas l’affaire des seuls communistes. Qu’en est-il après ces municipales de 2014 ? Laissons les formules au vestiaire, « érosion » ou « Bérézina ». Essayons de nous tenir le plus près possible des faits.

1. Le phénomène communiste municipal est depuis longtemps un tissu de communes de taille plus ou moins grande. À son apogée, en 1977, le PCF gérait 1 464 communes, qui regroupaient 8,6 millions d’habitants, soit un peu plus de 16,5 % de la population française. Dans cet ensemble, les communes de plus de 3 500 habitants étaient au nombre de 380 et regroupaient 7,7 millions d’habitants. Un cinquième des municipalités communistes concentrait un peu plus de 85 % de la population administrée par des communistes ; les 15 % restants étaient donc partagés par les quatre cinquièmes des mairies communistes. En 1977, le PCF gérait ainsi plus de 23 % de la population urbaine métropolitaine.

2. Le patrimoine municipal du PCF s’est réduit après 1977, élection après élection, quelle que soit la conjoncture politique. Le mouvement a été plus ou moins rapide. Par exemple, en 1983, le parti retrouvait à peu près le même nombre global de mairies qu’en 1977. Mais cette stabilité cachait un important déséquilibre : la part des communes modestes se consolidait et gagnait même en population administrée ; mais dans le sommet du tableau, le PC perdait 33 communes de plus de 3 500 habitants et une population de 1,6 million d’habitants.

À l’époque, le bon résultat dans les petites communes avait atténué le choc du recul en milieu très urbanisé. Mais les élections de 1989 ont remis les pendules à l’heure : les communistes ont perdu à la fois dans les petites et les grandes communes. En douze ans, la population administrée a baissé de 3,3 millions ; le PCF n’était plus qu’à la tête de 254 villes de plus de 3500, pour 12,7 % de la population urbaine française. Les élections de 2008 ont constitué en ce sens une exception. Le fléchissement global a été faible, d’une quarantaine ou d’une soixantaine selon les estimations de l’époque. Dans la tranche des plus de 3 500, c’était presque l’équilibre, le PCF conquérant à peu près autant de villes qu’il en perdait (entre 30 et 35).

3. Où en est-on en 2014 ? À l’heure où j’écris ces lignes, une analyse globale est impossible. Une impression, encore trop partielle, suggère que le PCF se comporte plutôt bien dans des communes de dimension modeste (au-dessous de 3 500 habitants). Le problème est que les masses de population impliquées ne sont pas d’abord dans ces communes.

Ce qui est décisif, une fois de plus, c’est l’importance de la population gérée. En 2008, à partir des fichiers constitués par le PCF et par l’Anecr, j’ai décompté 194 communes de plus de 3 500 habitants administrées par un maire communiste ou « apparenté ». Ces communes regroupaient 2,9 millions d’habitants. En 2014, dans cette tranche de communes, je dénombre 134 communes conservées et 11 communes conquises ou reconquises, dont Montreuil et Aubervilliers (180 000 habitants à elles deux). Ce total de 145 représente environ 75 % des effectifs de départ. La perte de 25 % est la plus forte depuis 1989 (27 %).

En population administrée le déficit est de 570 000 environ. Le total de population administrée par 145 mairies communistes s’élève à un peu moins de 2,4 millions d’habitants, soit 5,4 % de la population de la France urbanisée. C’est plus de quatre fois moins qu’en 1977 et plus de deux fois moins qu’en 1989.

4. J’ajoute au tableau le cas particulier de la Région parisienne. Elle représente aujourd’hui, à elle seule, la moitié de la population municipale du PCF. Or, c’est dans cette région, qui fut le territoire par excellence de la « banlieue rouge », que le recul est le plus saisissant. Au maximum de son influence, en 1977, le PCF était à la tête de 147 municipalités et administrait un tiers de la population francilienne. Aujourd’hui il n’administre plus qu’un dixième de cette population, répartie dans 38 communes (un quart de l’effectif de 1977). Par rapport à 2008, il perd à nouveau un peu moins d’un quart de ses mairies, à peu près autant qu’en 1983 et en 2001.

Le département de la Seine-Saint-Denis est le symbole le plus fort de ce délitement. Il compta jusqu’à neuf députés communistes sur neuf en 1978 et, en 1977, les 27 municipalités communistes administraient près de 80 % de la population départementale. En trente ans, les communistes ont perdu 20 communes et les villes communistes ne regroupent plus qu’un gros quart de la population du « 93 ». Bobigny, Bagnolet et Saint-Ouen faisaient partie des plus anciennes villes communistes, déjà même socialistes avant la Première Guerre mondiale. Elles ont été perdues en 2014, au profit du PS (Bagnolet) et de la droite.

J’ajoute enfin ce que l’on ne mesure pas encore. La débâcle du Parti socialiste et la perte de nombreuses villes où le PCF participait aux exécutifs dirigés par des socialistes vont priver les communistes, et donc la gauche de gauche, d’une représentation municipale étendue. Jusqu’alors, la majorité des élus associés à l’Anecr se trouvait dans ce type de communes. Qu’en sera-t-il au moment du décompte final ? Tout laisse craindre une baisse notable, qui va s’ajouter à celle, déjà bien préoccupante, de la décennie précédente.

5. La représentation municipale du PCF a donc sérieusement baissé dans la France urbaine en général. Le plus grave est que le décrochage est particulièrement accentué dans certains territoires. En 1977, le PCF n’avait aucune ville de plus de 3 500 habitants dans 26 départements. En 1989, leur nombre est passé à 42, puis à 52 en 2008. Il est de 59 en 2014.

La bonne tenue dans les communes petites et moyennes ne peut faire oublier l’affaiblissement préoccupant dans la France la plus urbanisée, là où se joue l’évolution contemporaine de l’économie et de la société. Il faut y être d’autant plus attentif que de nombreuses communes de plus de 3 500 habitants ont été conservées de justesse. Dans 29 villes communistes, le PCF se trouvait au second tour dans une situation de triangulaire (20), voire de quadrangulaire (9). Dans 17 de ces cas, son score se situe entre 40 % et 50 % et, dans 4 cas, il est même au-dessous de 40 %. On ne réécrit pas l’histoire : nul ne peut dire ce qu’il en aurait été dans un autre contexte politique moins traumatisant pour la gauche que celui de ce printemps 2014. Mais convenons qu’une cinquantaine de pertes et une trentaine d’incertitudes, cela fait beaucoup.

Mieux vaut partir de l’idée que, villes perdues et villes acquises de justesse sont le signal d’une fragilité redoutable. Rien ne garantit que la conjoncture prochaine sera meilleure. Il est donc raisonnable de se dire que le communisme français, dans sa dimension municipale, est dans une situation délicate exigeant beaucoup de lucidité, beaucoup de réflexion et beaucoup d’audace.

Bien sûr, tel ou tel cas concret de ville ne correspond pas nécessairement au tableau général. Des succès ont été enregistrés, et de belle manière. Mais aucun territoire n’est à l’abri d’une déconvenue. Pour une raison toute simple. Depuis 1989, les municipalités communistes sont frappées de plein fouet, non seulement par la crise économique et sociale, mais aussi par la crise politique. Depuis cette date, l’abstention approche ou même dépasse la moitié du corps électoral. Les comportements plus ou moins « hors-système », listes « citoyennes » ou « alternatives » se multiplient. Dans ces conditions, un basculement même modeste de l’électorat peut provoquer la formation de majorités tournées vers l’éviction des maires communistes. Ce fut en 1989 le cas à Alès et à Bègles ; ce fut le cas à Pantin en 2001 ; en 2014, cela a été le cas à Bobigny, au Blanc-Mesnil ou à Villejuif.

6. Les militants communistes réfléchiront bien entendu à tout cela, sans qu’il soit besoin de le leur dire. Qu’ils sachent simplement que le problème n’est pas seulement le leur, qu’il est celui de tous ceux qui continuent de vouloir l’alternative. Que l’espace municipal communiste reste conséquent est une chance ; qu’il se réduise dans la France urbaine est dangereux pour tous. Je disais un peu plus haut qu’il y a eu des résultats très honorables ou encourageants. Ce que je retiens pour ma part est de nature globale. Dans l’ensemble, quelle qu’ait été la stratégie retenue dans les villes communistes « sortantes », union de la gauche, Front de gauche ou listes communistes plus ou moins « ouvertes », le résultat a été en gros le même. Les reculs l’ont emporté sur les bons résultats.

Cela signifie que vous êtes, que nous sommes devant un problème plus global. Je tends à penser qu’il y a, dans notre dispositif à l’intérieur d’une gauche bien à gauche, quelque chose qui n’est pas adapté. Cela concerne ce que l’on a appelé, à tort ou à raison, le « communisme municipal ». Cela concerne plus largement la façon de faire de la politique. Pas simplement d’ailleurs de « faire » : il s’agit aussi de la manière « d’être » un militant, d’être un collectif politique dans une France qui n’est plus celle du XXe siècle. Ce problème d’inadaptation, je pense depuis longtemps qu’il touche le Parti communiste ; je pense aujourd’hui, plus encore qu’hier, qu’il n’est pas le seul à être affecté.

À nous tous de faire face à nos responsabilités.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 18:25
Non au racket sur les factures d’électricité !

Attention ! On veut vous racketter de 20 à 40 euros de plus sur des factures d’électricité que vous avez déjà payées, en plus d’une nouvelle hausse de 5% qu’on veut vous faire payer dès le 1er août.

Le Conseil d’Etat vient d’annuler, sur plainte des actionnaires privés des concurrents EDF, c’est-à-dire GDF-Suez, Poweo et Direct Energie les tarifs réglementés pratiqués par EDF pour la période allant d’août 2012 à août 2013. Le conseil d’Etat demande au gouvernement de prendre un nouvel arrêté « dans un délai de deux mois » pour augmenter rétroactivement les prix.

Cela vous ferait payer 20 à 40 euros supplémentaires sur vos factures déjà réglées. Cette surtaxe viendrait s’ajouter aux 5% d’augmentation déjà prévu en août prochain. Au moment où 300.000 à 600.000 foyers sont menacés de coupures d’électricité et de gaz, cette taxe sonne comme un coup de poignard pour des millions de foyers modestes. Trop c’est trop !

Je m’oppose fermement à ce racket organisé au profit de quelques actionnaires qui ont déjà les poches bien remplies, quand des millions de familles ne savent pas comment boucler leurs fins de mois.

La droite, l’extrême-droite et les socialistes n’avaient pourtant cessé de nous dire que l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence et au privé à partir de 2001 ferait baisser les prix. C’est faux ! La preuve !

De plus, ceci empêche depuis 13 ans, notre pays d’avoir une politique énergétique cohérente qui lui permette d’effectuer les investissements d’avenir capables d’assurer notre indépendance et notre avenir énergétique et écologique. Nous refusons donc la fin des tarifs sociaux pour l’électricité qui précipite la désindustrialisation de notre pays et les délocalisations en rendant l’énergie plus coûteuse pour les usines, qui augmente les prix pour les foyers français et pèse lourd, notamment pour les familles modestes.

Cette dérégulation a été votée en 1998 par la droite et les socialistes au Parlement européen et a été mise en œuvre par le gouvernement de droite de Fillon en 2010, via la loi Nome.

Ne laissons pas faire ! J’appelle tous nos concitoyens à signer et à faire signer des pétitions, à protester de différentes manières auprès des préfectures et du ministère et surtout d’utiliser le 25 mai prochain son bulletin de vote Front de gauche pour mettre en échec cet inadmissible projet.

C’est pourquoi je demande au gouvernement de refuser cette décision du Conseil d’Etat et de porter l’affaire devant la Cour de justice européenne, au nom du respect de la non rétroactivité du droit et de l’égalité d’accès à l’énergie comme bien commun de l’Humanité. Non les peuples ne paieront pas l’addition pour les actionnaires !

Déclaration de Patrick Le Hyaric

Directeur de l’Humanité

Député au Parlement européen

Vous pouvez imprimer, signer et envoyer la pétition dès maintenant à l’adresse suivante: 5 rue Pleyel-immeuble Calliope 93528 Saint-Denis Cedex en cliquant sur le lien ci-dessous.

PETITION NON au racket sur les factures d’électricité

PETITION

Je demande au gouvernement de refuser de prélever 20 à 40 euros sur nos factures d’électricité et de renoncer à l’augmentation des 5% prévue au mois d’août prochain. Il doit avoir le courage de défendre nos concitoyens et de saisir la cour de justice européenne au nom du respect de la non-rétroactivité du droit et de l’égalité d’accès à l’énergie comme bien commun de l’Humanité.

Non ! Nous n’avons pas à payer pour enrichir les actionnaires !

Je signe :

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ADRESSE

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 18:21

Sébastien Crépel
Lundi, 14 Avril, 2014

La direction communiste a adopté vendredi la proposition d’accord du Front de gauche aux élections européennes. Un vote qui sera suivi d ‘une consultation des communistes, d’ici à la fin du mois.

Sans prendre le temps de souffler, les communistes passent d’une campagne électorale à l ‘autre, avec les élections européennes du 25 mai désormais en ligne de mire. Mais non sans prendre le temps de l’analyse du résultat des municipales et la mesure de la gravité de la situation politique dont il témoigne. C’est ce à quoi s’est attelée leur direction nationale, vendredi, en adoptant la proposition d’accord du Front de gauche de répartition des têtes de listes et de leurs suivants aux européennes, par 77 voix contre 18 et 9 abstentions. Un premier vote qui sera suivi d’une consultation des communistes, d’ici à la fin du mois, pour le valider et désigner les candidats qui porteront les couleurs du PCF sur les listes.

Sortis affaiblis, comme la gauche dans son ensemble, du scrutin municipal, mais non terrassé comme le Parti socialiste, les communistes n’ont « pas atteint (leur) objectif d’augmenter le nombre de mairies et d’élus communistes et Front de gauche », en dépit de gains non négligeables comme la direction des villes de Montreuil et Aubervilliers, renouant, « pour la première fois depuis 1995 », avec la conquête de « villes de plus de 75 000 habitants », a souligné le rapporteur, Pascal Savoldelli. Au final, avec 137 municipalités de plus de 3 500 habitants conservées, 12 gagnées et 47 perdues, le PCF « résiste alors que, dans le même temps, le PS connaît un Waterloo électoral ».

Une défaite socialiste dans laquelle les communistes ne trouvent aucun motif de se réjouir. Car non seulement « les grands vainqueurs de ces élections municipales sont l’UMP et l’UDI » flanqués d’un FN renforcé, confirmant « la porosité entre l’électorat de droite et l’électorat d’extrême droite », mais la réponse de François Hollande au message des urnes avive les inquiétudes des communistes, qui y voient la marque « d’une stratégie réfléchie et construite depuis plusieurs années pour redessiner la gauche française en général » en l’alignant sur les théories libérales. Avec, à la clé, une « uniformisation politique » qui met en danger l’idée même de « changement politique d’ampleur, d’alternative », laquelle se trouve aujourd’hui « profondément affaiblie, entachée », comme en témoigne le résultat des municipales.

C’est dans ce contexte de « recomposition réactionnaire » sur le plan des idées que la direction communiste était amenée à se prononcer sur la proposition d’accord entre les forces du Front de gauche aux élections européennes, conclu en début de semaine dernière. Dans le huis clos du Conseil national, tous les participants en sont convenus avec le rapporteur : cet accord n’est « pas le meilleur », constituant même « un recul » sur la proposition initialement présentée par le PCF à ses partenaires, « plus équilibrée et plus respectueuse de l’esprit du Front de gauche », selon Pascal Savoldelli.

Dans l’offre qu’elle avait validée à l’unanimité le 2 avril, la direction communiste proposait en effet de reconduire les quatre députés sortants de métropole en tête de liste de leurs circonscriptions (Jacky Hénin dans le Nord, Patrick Le Hyaric en Île-de-France, Jean-Luc Mélenchon dans le Sud-Ouest et l’élue sans parti Marie-Christine Vergiat dans le Sud-Est), et d’attribuer chacune des trois autres têtes de liste à une composante différente du rassemblement (Ensemble dans l’Ouest, le Parti de gauche dans l’Est, et le PCF dans le Centre). Mais l’accord n’a pu aboutir : « Nos partenaires le refusaient obstinément, mettant en danger la présence du Front de gauche dans ces élections et la réélection des sortants », a fait valoir Pascal Savoldelli. C’est donc dans l’esprit de ne pas se résigner « à la politique du pire » ? l’implosion du Front de gauche avec l’établissement de listes différentes, gâchant la possibilité d’un « bon résultat qui réveille l’espoir à gauche » ? que le PCF a « rouvert la possibilité d’un accord », en rediscutant de la proposition dans le Centre, dont la tête de liste devrait être finalement présentée par le PG. Quant à la candidature représentative de la composante citoyenne du Front de gauche incarnée par Marie-Christine Vergiat, elle n’a été soutenue que par le seul PCF, qui la désignera donc dans le Sud-Est au nom du Front de gauche, selon les termes de l’accord. Pour nombre de responsables communistes, cela illustre une divergence de conception du Front de gauche entre ses composantes et du rassemblement le plus large pour une autre politique à gauche qu’il doit permettre d’opérer.

En tout état de cause, le PCF a décidé d’approfondir sa réflexion sur ce sujet. Le Conseil national de la mi-juin qui suivra les européennes devrait proposer de convoquer une importante réunion nationale des communistes sur le sujet, préparée en amont en associant les adhérents à tous les niveaux de leur parti.
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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 17:34

Le PCF condamne l’agression du Secrétaire général du Parti communiste d'Ukraine

Deux députés du groupe ultranationaliste ukrainien « Svoboda » ont agressé mardi au parlement à Kiev le secrétaire général du PC ukrainien Petro Simonenko, alors qu’il faisait une déclaration à la tribune pour dénoncer les « actions des groupes nationalistes et fascistes qui au cours des derniers mois se sont emparés de bâtiments officiels, des arsenaux, de postes de police et des services de sécurité et ont distribué des armes aux groupes radicaux ».

Alors qu'il dénonçait les actions de ces groupes qu’il a accusés de « mettre en cause l’indépendance de l’Ukraine et de favoriser la division » de ce pays, deux députés de "Svoboda" (Liberté) l’ont violemment chassé de la tribune, l’empêchant de poursuivre son intervention. Une bagarre s’en est suivie. La session du parlement a dû être interrompue.

Face à tels agissements inqualifiables, le PCF exprime sa solidarité avec Petro Simonenko et le PC ukrainien. Il dénonce ces attaques venant de groupes ultranationalistes et des forces néo fascistes qui ont désormais pignon sur rue et mettent en danger tout fonctionnement démocratique des institutions.

Dans le même temps, le PCF souhaite faire part de sa très vive préoccupation face à la situation tendue qui prévaut dans le pays et notamment dans l’Est de l’Ukraine, alors que doit se tenir l'élection présidentielle le 25 mai prochain.

Les mesures austéritaires prises par ailleurs par le gouvernement sous la férule du FMI pour faire face à la crise ne peuvent que contribuer à rendre le climat politique, économique et social encore plus difficile pour la population.

Plus que jamais, une solution politique doit seule permettre à l’Ukraine de se sortir du chaos actuel. Par exemple en favorisant des évolutions constitutionnelles importantes qui devront respecter et renforcer les droits des habitants des différentes régions et notamment de ceux vivant dans l'Est du pays afin d'éviter ainsi toute mise en cause de l'intégrité territoriale du pays. En définitive, c'est aux Ukrainiens et à eux seuls d'en décider.

Plus globalement, il est urgent que l’Ukraine cesse d’être l’enjeu d’un chantage sur son avenir et sur les alliances régionales. L’Ukraine doit être un pont entre l’Europe et la Russie et non le lieu de tensions entre puissances rivales.

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 14:40

 

Cher camarade Pierre Laurent,
Si j'ai décidé de répondre à ta lettre, c'est pour t'informer qu'il me sera impossible de prendre part à la mobilisation et à l'action auxquelles tu appelles les communistes.
La raison est toute simple, si je puis dire.
JE NE SUIS PLUS COMMUNISTE pas par choix, mais parce que la fédération des Deux-Sèvres à laquelle j'appartenais en a décidé ainsi. Elle a décidé de ne pas me remettre ma carte depuis 2012 et de me considérer comme n'étant plus membre du Parti. Elle est allée jusqu'à des interventions auprès de la presse locale pour m'interdire de m'exprimer comme communiste. Elle en a décidé ainsi, en raison de son aveuglement des causes de désaccords politiques avec elle sur plusieurs points importants. Elle a considéré je ne pouvais prétendre à rester un militant du PCF que j'ai été pourtant depuis 1966.
Il aura fallu plus de 44 ans d'appartenance au Parti, et que "j'intègre" la FD du 79 pour me faire exclure.
Je t'ai d'ailleurs interpellé à ce sujet a fête de l'Humanité 2012 lors de la réception des nouveaux adhérents sur le stand de la direction nationale. J'étais accompagné ce jour-là d'un adhérent de ma section et de son épouse. A suite de ton intervention j'ai eu une conversation avec Jacques Chabalier sur le sujet. J'ai sollicité la commission des conflits à deux reprises. Les réponses qui m'ont été apportées n'ont pas eu d'effets.
L'ambiguïté des attendus, ont laissé la FD libre de poursuivre la casse du Parti dans le Nord Deux-Sèvres. Aujourd'hui, le parti n'existe plus dans cette partie du département et 7 camarades n'ont pas  repris leur carte. 
Plusieurs d'entre eux se sont insurgés contre l'absence de démocratie et l'autoritarisme qui règnent dans la FD et contre l'injustice qui m'était réservée. Ils ont écrit à plusieurs reprises à la direction nationale par mail, à Chabalier, à Denis Rondepierre, à Marc Brynhole, à Lydie Benoit, et je crois à toi-même pour protester et m'apporter leur soutien.
Bref, nous avons utilisé ce que nous pensions être les droits de communistes.
Notre déception est immense. Pour les militants, et les hommes et femmes que nous sommes aussi.

Le chef de la FD Jean-Pierre Gelot, avec sa clique décide pour nous de notre appartenance ou non au PCF. Il décide à notre place de notre droit de militer et d'agir avec le parti. Comme si il y avait trop de communistes agissants.Comme si l'expression publique des communistes était trop forte. N'y vois-tu pas là aussi une violence inouïe ? N'y vois-tu pas une contradiction flagrante avec les raisons d'agir avec le PCF comme avec ses règles de fonctionnement. 
Nous avons donc été dans l'incapacité forcée de pas pouvoir nous  exprimer ni d'agir. Depuis Septembre 2011, plus aucun tracts n'est distribué, plus une seule affiche PCF sur les murs, plus aucune réunion ni initiative. Le parti est bien mort, et je crains qu'il le soit encore pour longtemps.
Il n'y aura pas eu de campagne du PCF, ni du FDG pour les municipales. Pas davantage de campagne ou d'expression communiste contre  l'ANI   qu'il n'y en aura sur le pacte de responsabilité comme tu nous y appelles. Je crains fort également que nous passions aussi à côté des élections européennes.

Les travailleurs et les populations de nos villages ne connaîtrons pas nos propositions de luttent contre l'austérité . Ils ne connaîtront pas non plus nos propositions pour une gestion démocratique de progrès dans nos communes.

Nous sommes prisonniers de l'inaction. Il n'y aura pas de candidats communistes dans les listes aux municipales dans le nord du département. Le désert communiste en quelque sorte. Seule Niort se tire d'affaire, et encore, le risque d'affaiblissement du nombre d'élus communistes est programmé, malgré des propositions audacieuses et "révolutionnaires".

Notre fédération avec des effectifs faméliques, ne compte plus dans notre département. Les effectifs se réduisent, les désaccords se multiplient, la démobilisation gagne les esprits autrefois militants. 
La déception des camarades et de leurs proches qu'ils ont informés de l'injustice qui leur est faite, est grande. L'espoir est mince que cela change. Mais nous voulons y croire.

Je considère, et avec moi plusieurs communistes que la responsabilité de direction nationale est engagée car elle était informée de cette situation. 

Je regrette de ne pouvoir te donner de meilleures nouvelles du PCF dans le 79, et de ne pas pouvoir répondre positivement à ton appel aux communistes auquel, pourtant je souscris.
Reçois, cher camarade, mes fraternelles salutations.

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 18:45
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BRUNO FORNACIARI

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