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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 19:44

2017 - Le pouvoir de l'espoir

 

Nous sommes une majorité à vouloir le progrès social, écologique et démocratique

Ce nouvel élan de progrès est possible. C’est même la seule manière de sortir le pays de l’ornière dans laquelle les politiques d’austérité l’ont plongé. Les bas salaires, la pauvreté, le chômage et la précarité, les actionnaires qui se gavent, c’est ça qui abîme la France. Nous ne devons plus l’accepter. Nous voulons une politique qui relève la France, qui rende à chacun l’espoir du progrès et d’une vie meilleure.

La solution c’est une nouvelle politique qui change vraiment nos conditions de vie, de travail, d’étude, qui améliore notre pouvoir d’achat, en mettant n au pillage des richesses. En renouant avec de grands objectifs de transformation sociale, la gauche redeviendra utile.

La droite et l’extrême-droite ne préparent que reculs sociaux et destruction des solidarités. Les cinq années du quinquennat Hollande-Valls n’ont été que renoncements et désillusions.

Il n’y a qu’un chemin pour sortir de l’impasse, celui du progrès social, du partage des richesses, de la solidarité. C’est ce chemin d’espoir que les communistes veulent construire en proposant un projet novateur « La France en commun », en appelant à voter Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, en soutenant partout en France des candidat-e-s aux élections législatives. Ce chemin, c’est celui du succès.

Une nouvelle majorité à gauche pour une nouvelle politique

Nous sommes prêts à rassembler toutes les forces disponibles à gauche pour mettre en œuvre cette nouvelle politique. Pour cela nous proposons quatre grandes priorités :

L’ennemi c’est toujours la finance

Mettons n au pouvoir des marchés nanciers et à l’évasion scale qui s’accaparent les richesses produites et les détournent du bien commun. Créons un grand pôle public bancaire en nationalisant BNP-Paribas et la Société Générale a n de récupérer l’argent pour des projets d’intérêt général.

Un cap : le progrès social

Avec cet argent nous nancerons l’amélioration concrète de nos vies et la réduction des inégalités. Investissons massivement dans les services publics et consolidons notre système de protection sociale par la mise à contribution des dividendes. Sécurisons nos emplois par la création d’une sécurité sociale de l’emploi et de la formation et l’abrogation des lois El Khomri et Macron.

Changer la République

Le pouvoir doit être rendu aux citoyens. Nous proposons la suppression du 49-3, la proportionnelle à toute les élections et un statut de l’élu qui permette de faire en

trer le peuple à l’Assemblée nationale. Les droits des citoyens dans la cité, dans l’entreprise et ceux des femmes doivent être renforcés. La République que nous voulons assurera l’égalité de tous en s’attaquant de front aux discriminations.

Une France de paix

La voix de la France n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle défend la paix et la coopération entre les peuples. La paix est une condition essentielle de notre sécurité. La France doit aussi reprendre la main en Europe pour relever les défis mondiaux qui nous font face.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 11:55

La Voix du Nord utilise la loi Travail pour supprimer un quart de ses effectifs

[Dossiers]

Le quotidien La Voix du Nord annonce la mise en place d'un plan social prévoyant la suppression de 178 postes, soit 25% des effectifs, qui devrait être présenté le 10 janvier lors d'un comité d'entreprise extraordinaire.

 

Pourtant, l'entreprise est bénéficiaire, avec 5 millions d'euros de résultats net d'exploitation en 2016. L'entreprise utilise donc la réforme des plans sociaux prévue dans la loi Travail, qui permet désormais de licencier en cas de baisse du chiffre d'affaire, même si l'entreprise est bénéficiaire.

#loitravailnonmerci! #onsensouviendra !

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 17:03

PRÉSENTATION DES VOEUX 2017 DE PIERRE LAURENT - PCF

 

* Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames et messieurs,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

chers amis, chers camarades,

 

« L’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible », a dit Saint-Exupéry.

En présentant à chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux de bonheur, d’épanouissement personnel pour vous et vos proches, je voudrais vous parler d’avenir, celui que nous allons construire en commun, de ce que nous allons être capables de construire ensemble.

Vous êtes très nombreux ce soir. Responsables syndicaux, associatifs, personnalités engagées, artistes, militants et élus de notre parti, responsables des organisations de gauche de notre pays, ambassadeurs de pays amis, vous êtes toutes et tous des militants de l’humanité, de la liberté, de la justice. Ce sont vos combats qui ont permis en 2016 à notre pays de résister et d’espérer, malgré la terreur et les coups portés. Ce sont vos combats qui portent l’espoir pour 2017.

Soyez certains que votre présence nous va droit au cœur, et que nous y voyons un encouragement à poursuivre en 2017 l’action quotidienne, nationale, européenne, internationale du Parti communiste français.

 

Pour que la solidarité, l’entraide et l’amour l’emportent sur la haine, pour que l’appétit de profit cède devant l’humain d’abord, nous continuerons d’agir et d’agir encore. Les mots du poète Paul Éluard nous inspirent toujours. Oui, nous voulons la terre « bleue comme une orange ». Et nous ne renoncerons pas à nos rêves…

Et à propos de rêve un peu fou, permettez-moi de donner un grand coup de chapeau au communiste le plus médiatisé de France en cette nouvelle année, un tout jeune centenaire de 105 ans, notre camarade Robert Marchand,membre du Parti depuis 1936 et qui vient de battre un fameux record cycliste de l’heure ! Comme quoi, en cette année de centenaire de la Révolution d’Octobre, le communisme peut encore faire pédaler la jeunesse du monde ! Je t’embrasse Robert et merci pour ta belle leçon d’optimisme.

 

Notre leçon d’optimisme pour 2017, vous l’avez entre les mains. Elle s’appelle « la France en commun ».

C’est avec ce livre, qui rassemble nos propositions et dessine notre programme de gouvernement, que nous vous souhaitons une année pleine d'espoirs, et que nous entrons en campagne.

Avec « La France en commun », le Parti communiste livre au débat citoyen sa contribution pour l’élection présidentielle et les élections législatives avec la volonté de déjouer le scénario d'un duel déjà annoncé entre la droite et l'extrême droite et de contribuer à la construction d’une nouvelle majorité politique à gauche, c’est-à-dire une majorité présidentielle, une majorité parlementaire, une majorité populaire et citoyenne agissante.

Propositions réalistes et précises à l’appui, « La France en commun » propose à notre peuple un choix de société. Ce choix, on veut à nouveau en priver notre peuple.

oOo

La grande lessiveuse du système marketing présidentiel tourne à plein régime. Essorés, les deux premiers favoris, Sarkozy et Hollande ? Qu’à cela ne tienne, ils tiennent déjà leur tiercé alternatif : Fillon, le premier ministre du premier, Macron, le ministre de l’Économie du second, et Marine Le Pen, pour la septième participation de la famille à une présidentielle depuis 1981. Tout change pour que rien ne change… La machine à confisquer le débat pour que la France reste coûte que coûte sur les rails du libéralisme a plusieurs programmes de rechange.

Mais j'en suis convaincu, notre pays vaut mieux que cela. J’ai parcouru la France depuis deux ans, la vérité du pays c'est qu'une majorité de notre peuple continue de souhaiter une issue progressiste à la crise actuelle, une issue de progrès social, écologique et démocratique. Il la cherche, certes, dans la confusion politique créée par le discrédit du pouvoir Hollande-Valls et par l'instrumentalisation récente et démagogique des peurs, mais il y aspire bel et bien.

C’est cette ambition nouvelle que nous souhaitons porter jusqu’à lui ouvrir les portes d’une majorité politique.

Seul un nouveau choix de société nous sortira de l’ornière.

Oui, il y a urgence à redessiner l'avenir et à tracer ensemble une nouvelle ligne d'horizon pour notre pays.

oOo

La « France en commun » que nous voulons est d’abord celle qui retrouvera l’ambition de la paix et de la fraternité du monde.

Nous n’oublions rien : ni les morts des attaques terroristes de 2015 et 2016,ceux de Charlie Hebdo, de l’Hypercasher, du Bataclan, des terrasses parisiennes, du Stade de France, de Magnanville (dont je salue la présence du maire Michel Lebouc), de Nice, de Saint-Étienne-du-Rouvray ; ni les centaines de vies fauchées par ces mêmes attaques à travers le monde, celles de Berlin et Istanbul ces dernières semaines ; ni les centaines de milliers de victimes de ces guerres en Irak, en Syrie et ailleurs ; ni les centaines de milliers de réfugiés, noyés en Méditerranée, refoulés ou parqués en Europe ou en Turquie, faute d’une politique européenne digne et humaine à leur égard. C'est l'humanité tout entière qui court à sa perte quand elle oublie la valeur d'une seule vie humaine

Ce bain de sang, de larmes et de souffrances, cela doit cesser !

La France doit répondre présente à l’appel lancé par le nouveau secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à « faire de 2017 une année pour la paix », qui doit être, déclare-t-il, « notre objectif et notre guide », et déployer désormais toute son action en direction d’un plan global de paix, de reconstruction et de développement pour le Proche et le Moyen-Orient, pour la résolution politique des conflits en Syrie et Irak, s'engageant dans le démantèlement des filières du djihadisme et de ses soutiens étatiques, financiers et militaires, et la reconstruction démocratique de ces États.

Le terrorisme devait être terrassé par la guerre. Il s’en nourrit. La paix, la fin des humiliations et des dominations, le combat résolu contre les inégalités, l'ambition d'un nouveau mode de développement social et écologique guériront mieux les plaies du monde.

Cette lutte pour la paix et la démocratie, vous avez sûrement remarqué qu'elle s'affiche aujourd'hui sur les murs de notre siège, l'espace Oscar Niemeyer. Je voudrais saluer la magnifique exposition, réalisée par l’association France-Kurdistan, de 200 œuvres données par 85 artistes en solidarité avec le peuple kurde, et tous les journalistes, artistes, intellectuels, juristes, enseignants, élus, emprisonnés injustement en Turquie.

Je saisis l'occasion, en hommage à toutes les forces progressistes et démocratiques qui luttent dans le monde contre les obscurantismes et les dictatures, pour adresser nommément à Selahattin Demirtas, co-président du HDP, emprisonné illégalement depuis le 4 novembre le salut fidèle et fraternel des communistes français.

oOo

La preuve vient d'être donnée que jamais aucun combat pour la paix ne doit être abandonné. L’adoption récente par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution condamnant la politique de colonisation israélienne en est le témoignage.

Et face à l'impunité que s'arroge depuis tant d'années le gouvernement de Benyamin Netanyahou, nous renouvelons l'engagement de faire de cette année qui marque le 50e anniversaire du début de la colonisation et de l'occupation israélienne, l'année du combat pour l'arrêt de cette colonisation illégale, de la reconnaissance de l’État palestinien et de la relance de la solution à deux États.


 

 

Oui, comme le disait Nelson Mandela, « tout paraît impossible jusqu’à ce qu’on y arrive ».

Au désordre mondial et à la généralisation de la violence, nous opposons l’exigence de sécurité humaine et de paix. Nous en appelons à la fraternité humaine, à la coopération et au rassemblement des peuples.

oOo

Je veux saluer les forces citoyennes et associatives, les élus qui unissent en ce moment leurs énergies pour accueillir dignement les migrants, désamorcer les peurs et les mensonges honteusement entretenus par ceux qui cherchent à en faire leur marchandise électorale, dénoncer les surenchères et les préjugés racistes, xénophobes et islamophobes.

Cédric Herrou et Pierre-Alain Mannoni, ces citoyens injustement poursuivis pour avoir assisté des réfugiés en détresse dans la vallée de la Roya à la frontière italienne, sont l'honneur de notre pays. Ce sont eux qui montrent à nos dirigeants la voie de la raison et du respect des droits fondamentaux.

Nous voulons la France à l’offensive pour un accueil digne et humain des réfugiés, agissante pour une gouvernance mondiale des migrations, optimisant le droit au bonheur pour tous.

 

Nous voulons une France à l'offensive pour une gestion responsable et équitable des biens communs de l'humanité, pour un développement social et écologique, protecteur des droits humains et de la planète, pour l'application et l'amplification des accords de la COP 21.

Nous voulons une France à l'offensive pour changer l'Europe, la sortir de l'austérité et la mobiliser pour l'éradication du chômage et de la précarité. Une France mobilisée pour rejeter les traités CETA, TISA et TAFTA, une France active pour faire au plus vite de l'Europe un espace libéré de l'emprise de l'OTAN, exempt d'armes nucléaires et de destruction massive.

Oui, la voie de la paix est à notre portée et le France peut jouer un grand rôle.

Notre peuple a peur, sans doute plus qu'hier de ce monde incertain et violent, mais il n'a pas basculé. Nous ne sommes pas condamnés à assister impuissants au mano à mano entre Fillon et Le Pen, pour arbitrer qui construira les grillages les plus hauts. Nous pouvons, avec notre peuple, avancer vers un monde et une Europe solidaire de peuples libres, souverains et associés.

À cet égard, la décision prise par le 5e congrès du Parti de la gauche européenne, désormais présidé par mon camarade de Die Linke Gregor Gysi, et dont je reste l'un des vice-présidents, d'initier un forum annuel permanent de toutes les forces progressistes européennes est d'une très grande importance. Le PCF s'y investira pleinement et a proposé que la France accueille la première édition de ce forum européenne en novembre 2017 à Marseille.

OoO

La France en commun » que nous voulons est aussi celle qui mènera résolument, courageusement, l'action contre la finance.

Libérons notre pays de la drogue de l'argent, désintoxiquons notre pays de la rentabilité financière à outrance, mettons un terme aux diktats des Junkies de la Bourse, et réorientons l'argent disponible vers la production et la répartition des richesses. Et pour cela il faudra plus qu'une bonne phrase dans un discours. On ne s'attaque pas à la finance à coups de punch lines mais à grands coups de décisions politiques.

Nous reprendrons donc le pouvoir sur les banques, en nationalisant, au cœur d'un nouveau pôle public bancaire et financier, BNP-Paribas et la Société générale.

Nous cesserons de racketter les petits comptes. Nous changerons l'orientation du crédit et de l'épargne, au service des projets créateurs d'emplois, créateurs de richesses et de solidarité dans les territoires, en faveur des services publics , en donnant aux salariés, à tous les citoyens, aux élus de nouveaux droits de regard sur l'activité des banques et sur les aides publiques aux entreprises.

Nous mènerons une lutte sans merci contre l'optimisation et l'évasion fiscale.

Nous avons nos experts, les frères Bocquet. Leur livre Sans domicile fisc est un succès et leur tour de France réunit des milliers de citoyens passionnés. Ce combat prend de l'ampleur comme le montre de premiers succès pour protéger les lanceurs d'alerte ou encore la mobilisation citoyenne autour du procès de Dax, dont le procès a lieu aujourd'hui.

Je serai prochainement aux côtés d'Alain et Éric Bocquet à Antibes, où nous braquerons le projecteur sur les évadés fiscaux dont les yachts baignent tranquillement les eaux de ce qu'on appelle là-bas « le quai des milliardaires » ! Nous braquerons le projecteur car les exilés fiscaux, c'est comme les vampires, ça n'aime pas la lumière.

Nous proposerons l'organisation d'une COP fiscale et financière chargée de lutter contre le dumping fiscal international, pour rendre aux États et aux salariés du monde entier le fruit de leur travail.

Nous proposerons de mettre fin aux logiques du CICE, sans autre résultat que l'enrichissement des actionnaires et le gâchis des fonds publics, et à toute cette accumulation d'exonérations sociales et fiscales accordées sans aucune réelle contrepartie aux entreprises. Et il y aura alors assez d'argent à réorienter pour la nouvelle industrialisation du pays, la transition écologique de nos modèles de production.

OoO

Donald Trump est paraît-il le nouveau modèle à suivre pour protéger nos industries. Marine Le Pen n'en finit pas de s'extasier.

Il y a des impostures à dévoiler, des masques à arracher !

Donald Trump a tout simplement promis aux multinationales américaines comme Ford une baisse de 35 % à 15 % du taux de l'impôt sur les sociétés. Cet argent, les ouvriers américains n'en verront pas la couleur. Quant aux actionnaires, ils peuvent compter sur leur nouvel allié dans l'administration Trump, le PDG multimilliardaire d'Exxon, Rex Tillerson. Voilà le modèle de Marine Le Pen qui vient d'ailleurs de dévoiler son programme dans le Parisien hier. Sur la Sécurité sociale, qu'elle prétend défendre face à François Fillon, pas un mot sur la nécessaire contribution des revenus financiers, sur le relèvement indispensable des cotisations patronales. Ses cibles uniques s'appellent, je cite, « suppression de l'Aide médicale d'État, délai de carence pour les travailleurs étrangers avant de pouvoir bénéficier de protection sociale et d'accès à l'école gratuite, suppression du tiers payant généralisé, lutte contre la fraude sociale », pas celle des patrons évidemment.

Marine Le Pen cultive sa haine des pauvres. Chômeurs, allocataires du RSA, tous des assistés ! Au peuple, aux précaires, aux couches moyennes fragilisées de la société qui craignent de tout perdre, elle désigne un ennemi de proximité, un ennemi plus faible qu'eux, le réfugié, l'assisté. Voilà la vérité de son programme : dur avec les faibles, faible avec les forts. Et pendant qu'elle répand haine et division, la finance et les gros actionnaires prospèrent.

Nous publierons au mois de février un livre argumentaire destiné à démonter une à une les impostures de la droite et du FN, pour aider à faire tomber les masques qui doivent tomber !

Lutter réellement contre la finance, c'est au contraire réorganiser le transfert des richesses vers le travail, vers les salaires.

Nous briserons le tabou sur les salaires et organiserons une conférence annuelle de revalorisation des salaires et des qualifications pour tous, visant le SMIC à 1700 euros net au terme du quinquennat, la revalorisation des grilles dans le privé et le dégel du point d'indice pour les fonctionnaires.

En rejetant la loi travail, et avant elle la loi Macron, la jeunesse de France a dit clairement qu'elle refusait la précarité à vie promise par cette loi. Ubérisée à perpétuité ? La jeunesse a dit qu'elle « valait mieux que cela ». Et elle a mille fois raison. Un an après, les jeunes communistes et leurs partenaires sauront se faire entendre dans la campagne. Et je serai à leurs côtés.

Un conseil au passage aux auteurs de ces lois, Messieurs Valls et Macron. Perdez l'habitude de prendre les Français pour des imbéciles. Monsieur Macron, vous ne galvauderez pas longtemps le beau mot de « progressistes ». La communication c'est comme la chirurgie esthétique, quand ça se voit, c'est que c'est loupé, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'arnaque Uber et celle des bus Macron commencent vraiment à être visibles.

Quant à vous Monsieur Valls, votre numéro d'équilibriste frôle déjà la chute. Alors, comme cela, on vous aurait imposé le 49-3 ! À l'insu de votre plein gré en quelque sorte….

Mais attention, monsieur le candidat, la nouvelle année n'y fera rien. Les Français ne sont pas des poissons rouges avec une capacité de mémoire de 3 secondes !

oOo

Paix, lutte contre la finance, et nouvelle ambition de progrès social, voilà comment nous envisageons « la France en commun ».

Le temps est venu d'une nouvelle page de l'histoire sociale, d'un nouvel âge de la Sécurité sociale, d'une nouvelle industrialisation de notre pays qui relèvent la France, qui rendent à chacune et chacun, et à nous tous collectivement, à nos enfants, l'espoir du progrès et d'une vie meilleure.

C'est d'abord l'époque de révolution du travail que nous vivons qui nous y invite. Le modèle capitaliste ultralibéral a fait son temps et il est partout en crise, rejeté.

J’entendais la semaine dernière François Fillon s’exprimer sur cette question. « Comment célébrer un modèle social français quand il y a 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres ? » demandait-il en substance. Mais François Fillon qui se prétend gaulliste n'a rien compris à ce qui s'est passé à la Libération. Qu'il aille voir le film « La Sociale » qui raconte la fondation de la Sécurité sociale. C'est à une audace de même ampleur que nous sommes aujourd'hui appelés si nous voulons sortir le pays de la régression sociale.

La loi El Khomri n'est pas seulement un désastre social, c'est une loi anachronique. Nous l'abrogerons pour mettre en chantier une véritable loi de sécurisation sociale de l'emploi et de la formation.

oOo

Mercredi, le 11 janvier, au Sénat, la proposition de loi d'abrogation que nous mettrons en discussion dans notre niche parlementaire sera une nouvelle fenêtre pour porter ce débat.

Repenser le travail, le temps de travail, la sécurisation de l'emploi tout au long de la vie, c'est indispensable aujourd'hui pour pouvoir évoluer, s’adapter, élever ses connaissances et qualifications pour le plus grand bien du développement des entreprises et du pays, et dans une totale sécurité.

Des emplois, il y en a pour toutes et tous, en repensant les temps de la vie, en diminuant la durée légale du travail vers les 32 heures hebdomadaires, en avançant l’âge de la retraite.

Du travail il y en a, il y en a beaucoup si on veut répondre positivement et humainement aux défis du siècle. Dans la santé, dans l’accompagnement social, pour favoriser l’autonomie des personnes âgées et pallier à la dépendance, dans l'économie sociale et solidaire via les PME, les associations, les coopératives, dans l’enseignement et la formation professionnelle. Pour la transition énergétique pour répondre aux défis du changement climatique, dans le bâtiment, dans les transports collectifs, l’énergie.

Notre projet de progrès social, c’est celui d’un développement des services publics, pour leur maillage de tout le territoire, pour leur gestion démocratique, contre l’austérité qui les corsète, pour y développer l’investissement et y recruter des personnels sous statut.

Notre projet, c’est de donner une nouvelle jeunesse à la Sécu pour généraliser la prise en charge à 100%, pour un droit à la retraite à taux plein à 60 ans, la prise en charge de l’autonomie, un renforcement de la médecine du travail et la prévention des maladies et accidents, pour une réforme du financement, une démocratisation de sa gestion.

oOo

Cette ambition de progrès social passe aujourd'hui par une grande cause qui doit être entendue de tous, débattue par tous : la lutte contre la grande pauvreté. Il ne s'agit plus d'un problème des autres. Il s'agit du visage le plus insupportable de cette société en crise.

Vendredi, j’ai rencontré les grandes organisations qui luttent contre la pauvreté. J'ai entendu leur appel.

C'est un débat politique qu'il faut désormais ouvrir, pour de nouveaux choix de société.

Combien de millions de personnes allons-nous sortir de la pauvreté en cinq ans quand un million sont venus grossir leur rang en dix ans ? Voilà la question à laquelle nous devons répondre.

Près de 9 millions de nos concitoyens, 15 % de la population française sont concernés.

Nous déciderons de plans d'action dans la durée, agissant sur tous les fronts concernés. Interdiction des expulsions locatives, des coupures d'énergie et d'eau, refus des privations de cantines scolaires, suppressions de la TVA sur les produits de première nécessité, construction massive de logements sociaux, augmentation des places d'hébergement d'urgence, soutien à l'insertion dans l'emploi, égalité salariale femmes-hommes, élargissement de l'accès aux soins…

 

Une nouvelle majorité devrait convoquer, dès l’été 2017, une grande conférence sociale avec les réseaux et associations de solidarité, les syndicats, des personnes en situation de pauvreté, des salariés, pour travailler ensemble à l’élaboration d’un plan cohérent et pluriannuel pour mener ce combat.

oOo

Cette France à laquelle nous voulons redonner l'espoir, cette « France en commun », ce sera une nouvelle République.

Une République qui remette en son cœur les principes fondamentaux d'égalité, de promotion des droits des citoyens dans la cité comme sur le lieu de travail, d'égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines, de lutte sans merci contre les discriminations, toutes les discriminations racistes, sexistes, territoriales, de diffusion des responsabilités dans toute la société contre la confiscation des pouvoirs par quelques-uns .

Ces principes sont aujourd'hui vidés de leur sens par un régime de plus en plus autoritaire, confiscatoire, opaque, technocratique. La présidentialisation de notre vie politique, pourtant à l'origine du discrédit grandissant de la politique, est poussée à l'extrême.

Je le dis avec gravité : la manière dont s'engage le débat public pour l'élection présidentielle de 2017, la subordination totale, pour ne pas dire l'évacuation totale des enjeux des élections législatives, posent un très grave problème démocratique. Élire des députés serait devenu mineur. C'est le triomphe de la monarchie présidentialiste et de toutes ses dérives.

Seuls contre tous s'il le faut, nous mènerons à égalité d'importance élection présidentielle et élections législatives. Et nous assurons les citoyens d'une chose : les candidats que nous présentons dans chaque circonscription ne seront demain les godillots de personne, mais des députés libres, rendant compte de leurs actions aux citoyens.

Nous voulons une République qui permette aux citoyens d'intervenir, en leur donnant pouvoir d'initiative législative, référendaire et pétitionnaire.

Nous voulons une République où le Parlement retrouve la primauté dans l'élaboration et le vote des lois, en supprimant le 49-3 et toutes les dispositions qui restreignent son pouvoir.

Nous voulons faire entrer le peuple dans un Parlement à parité. La France est faite d'ouvriers, d'employés, de salariés de toutes conditions. Et c'est pour obtenir un maximum de députés du peuple que nous voulons un Parlement élu à la proportionnelle, et un statut de l'élu qui permette à chacun d'accéder à tous les mandats de la République, en s'appuyant sur une limitation du cumul et du renouvellement des mandats dans le temps.

Nous voulons une République qui instaure de nouveaux pouvoirs d'intervention pour les fonctionnaires et les usagers des services publics et pour les travailleurs sur l'organisation du travail comme sur les choix de gestion dans les entreprises.

Oui, il est temps, grand temps de parler égalité, et quand le mot est prononcé, de le mettre en pratique dans chacun des actes, des choix, des politiques mises en œuvre.

Nous voulons une République libre et fraternelle, une République qui garantisse contre toute tentation rétrograde.

Face aux déchaînements de la Manif pour tous, les Français ont tenu bon. Nous ferons progresser encore la lutte contre les discriminations, contre l'homophobie. Nous voterons une loi-cadre avec de nouveaux moyens contre la violence faite aux femmes.

Nous modifierons l’article I de la Constitution pour écrire dorénavant : « la loi garantit (et non plus favorise) l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales ».

Cette République, elle sera le thème de notre première grande initiative de lancement conjoint des campagnes présidentielle et législatives avec nos candidats le 28 janvier place de la République : « non à la monarchie présidentielle, oui à la démocratie citoyenne ». oOo

Voilà, chers amis, le projet que nous allons porter, débattre et enrichir dans les prochains mois avec le pays.

Nous diffuserons « la France en commun » dans tout le pays les 21 et 22 janvier. Nous organiserons dans chaque circonscription des rencontres publiques pour en débattre.

Ces objectifs pour notre pays, cette France en commun que nous appelons de nos vœux et de notre action sont le socle du rassemblement populaire, de la nouvelle majorité qui est désormais à construire, et qui sera notre objectif tout au long de cette année, avant, pendant et après les échéances électorales.

C'est donc indissociablement notre contribution à la campagne présidentielle dans laquelle nous sommes engagés pour appeler à voter Jean-Luc Mélenchon, et le pacte que nous proposons aux Français pour une nouvelle majorité parlementaire.

Le rassemblement auquel je n'ai cessé d'appeler tout au long de l'année écoulée que nous voulons construire, reconstruire en 2017, est celui des forces vives de la gauche de ce pays. Cette gauche, je sais ses forces immenses. Je les sais aussi déboussolées. Je veux leur adresser un message de confiance et de sincérité.

Oui, nous rêvions mieux pour partir en campagne, un socle de rassemblement plus large encore. (Aucun des candidats en présence ne nous a aidés à y parvenir, chacun espérant, sacré démon de la présidentielle, dépasser la difficulté dans sa rencontre avec le peuple.)

Nous avons pris acte, en responsabilité de cette situation, en décidant pour notre part de ne pas présenter de candidat alors que nous avions les moyens de le faire.

Nous lançons notre campagne en faveur du vote pour Jean-Luc Mélenchon avec cet objectif : élargir le rassemblement le plus loin possible, pour battre la droite, le Front national, éviter le drame d'un second tour Fillon-Le Pen et qualifier une véritable politique de gauche au second tour.

La page de 2017, il nous revient à tous de l'écrire.

Pour nous, elle ne se clora pas le soir de l'élection présidentielle. Nous sommes déjà à pied d’œuvre pour présenter ou soutenir dans toutes les circonscriptions des candidats du rassemblement aux élections législatives. Nous ratifierons une partie d'entre eux, d'entre elles dès samedi 14 janvier, singulièrement là où se joue l'élection d'un député communiste ou du Front de gauche, c'est-à-dire tout simplement l'existence d'un groupe portant demain dans l'Hémicycle de possibles lois de transformation sociale, capable aussi de faire barrage aux mauvais coups. Là aussi, nous appelons au rassemblement. Rien, aucune division, ne doit entraver l'élection de ces députés. Les travailleurs en auront tant besoin demain.

Nous avons pris nos responsabilités, à chacun de prendre les siennes. Dans l'intérêt du rassemblement commun.

Et aux femmes et aux hommes qui regardent aujourd'hui du côté de la primaire socialiste, je dis :

« Nous restons disponibles, ouverts, car le chemin de la reconstruction alternative sera long, et nous ne négligerons aucune possibilité de le faire progresser. »

Voilà, nous n'attendons plus, nous sommes en campagne, avec l'ambition qu'exige la période.

Dans cette campagne électorale mêlée, présidentielle et législatives, nous voulons permettre la mobilisation, la construction, l'action autour de solutions concrètes pour répondre tout autant aux grands défis de la société qu'aux besoins et aspirations quotidiennes. C'est une campagne de terrain que nous lançons, en déployant dans le concret notre conception de l'union.

C'est ainsi que le Parti communiste entend agir, à la présidentielle pour le vote Jean-Luc Mélenchon et aux élections législatives avec nos candidates et candidats, et celles et ceux que nous soutiendrons.

oOo

Mesdames, messieurs, chers amis, chers camarades,

J'ai la conviction que nous ne sommes pas condamnés en 2017 à la division, aux régressions sociales et humaines.

J'ai la conviction que nous ne sommes pas condamnés en 2017 à une gauche dispersée, « façon puzzle » comme dirait Michel Audiard, assistant, impuissante, aux triomphes des « tontons flingueurs » de la droite extrême et de l’extrême droite.

J'ai la conviction que nous ne sommes pas condamnés en 2017 à choisir entre le bâillon pour la bouche, ou pour la main le clou , comme le chantait Louis Aragon, dans ce si beau poème en hommage au poète espagnol Federico Garcia Lorca…

J'ai la conviction que nous aurons encore et toujours besoin d'un grand parti communiste, pour donner de la voix aux classes populaires, pour les aider à porter jusqu'aux plus hautes responsabilités de l’État ce qu'elles savent produire de meilleur, pour tenir la gauche debout quand tant de forces veulent la rayer de la carte. Notre parti agit pour l'intérêt du pays, l'intérêt général, parce qu'il est un parti où ses adhérentes et adhérents, des salariés de toutes conditions, disposent de la parole et décident démocratiquement de ses choix, et qui n'a aucune chance de se mettre au service exclusif d'une ambition personnelle. Nous venons de faire la démonstration que les communistes, organisés en parti, peuvent réfléchir, mener de rudes débats, et en trancher en restant unis et dans un climat fraternel. Notre parti a fait preuve d'une maturité, d'une honnêteté, d'une intelligence collective aujourd'hui hélas peu courante dans le monde politique.

Voici pourquoi nous sommes fiers de ce parti qui vient de souffler ses 96 bougies et prépare déjà, pour très bientôt ses 100 printemps.

Oui, en ces premiers jours de 2017, c'est notre message pour le combat, pour vivre dignement tout simplement.

Alors, c'est avec conviction et confiance que je vous dis : « Ensemble, en 2017, allons au-devant de la vie ! »

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 09:23

LES COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La rentrée offensive des sénatrices et sénateurs du groupe CRC

Loi travail, hôpital, enseignement supérieur -

 Par / 5 janvier 2017

Le groupe CRC prend trois initiatives durant la semaine du 9 janvier.
Le 11 janvier, il propose dans son espace réservé, deux textes importants : la proposition de loi d’abrogation de la loi travail et ensuite, une proposition de résolution sur la reconnaissance de l’enseignement supérieur comme un investissement nécessaire à l’avenir.

La proposition d’abrogation de la loi travail suscite un écho favorable. Une pétition circule sur Internet et un rassemblement a lieu devant le Sénat de 13h00 à 16h00.
La proposition de résolution pour le développement de l’enseignement supérieur tombe à pic au moment où de grandes incertitudes planent sur des universités confrontées à l’austérité et à des mesures qui créent beaucoup d’interrogations comme le regroupement des universités. L’objectif de ce texte est en particulier d’inciter les Etats de l’Union européenne à fixer un minima de 2% du PIB pour les budgets de l’enseignement supérieur.

Enfin, le jeudi 12 janvier, le groupe CRC est à l’origine d’un débat sur la situation de l’hôpital dans notre pays.

Derrière les satisfecit sur un sauvetage comptable de la Sécurité sociale, la réalité de l’hôpital est symptomatique des dégâts de l’austérité dans ce domaine.
Fermetures d’établissements, réductions du nombre de lits et de l’offre de soins, comme par exemple le rallongement considérable des attentes de rendez-vous sont le vécu de nos concitoyennes et concitoyens, bien loin de l’optimisme affiché.

La population et les élus locaux engagent de nombreuses actions pour combattre cette évolution dramatique et cette initiative du 12 janvier est un élément de cette mobilisation que nous appelons à amplifier dans les semaines à venir.

L’hôpital est en danger. Des zones entières de notre pays sont maintenant démunies ou en passe de l’être et là où la densité urbaine est forte, l’offre est souvent très éloignée des besoins.

Par ces initiatives, les sénatrices et sénateurs du groupe CRC souhaitent participer, modestement, au lancement d’une année 2017 porteuse d’espoir et de luttes pour le progrès et la justice sociale.

 
 
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 20:40
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 09:45

Le tiers-payant, mesure très utile pour favoriser l’accès aux soins

 

L’extension du tiers payant aux patients en ALD et aux femmes enceintes est une des dispositions « phares » de la loi Touraine, en application depuis le 1er janvier 2017, la généralisation étant annoncée pour le 1er septembre 2017.

Nous regrettons sa conception de manière indissociable avec l’obligation d’adhérer à une complémentaire santé. La droite tente d'ailleurs une récupération politique des mouvements de grève ou de boycott d’une partie des médecins d’exercice dit libéral.

 

Il est réel que la mise en œuvre du tiers payant, c'est à dire de la possibilité de ne pas faire l'avance des frais, est génératrice d'une surcharge de travail administratif. Il y a environ 600 structures dites complémentaires dans le pays. Vérifier que les « droits du patient-e sont ouverts », solliciter les complémentaires pour le remboursement des frais est une tâche administrative réelle. Le conseil constitutionnel l’a d’ailleurs rendue facultative.

La généralisation est aussi génératrice de frais de fonctionnement qui sont évalués à environ 3,50€ par consultation. C'est pour cela que le mouvement des centres de santé demande une prise en charge de ces frais. Pourquoi le gouvernement renonce-t-il à répondre à cette demande ?

Mais, le tiers-payant est une mesure très utile pour favoriser l’accès aux soins. L’expérience des centres de santé le démontre ainsi que celle des hôpitaux publics. Nous la défendons pourvu qu’elle soit organisée de façon efficace, universelle, avec les moyens nécessaires et qu’elle se situe dans une politique générale.

Pour que le remboursement soit supérieur à celui de la Sécurité sociale, il faut qu'il y ait une assurance complémentaire. Hors, depuis des années, il y a un phénomène très sensible de désaffiliation des « complémentaires santé » pour cause financière. Pour ces patient-e-s là, le tiers payant n'a qu’un effet limité. Pour les autres, le tiers payant est une invitation forte à prendre une complémentaire, c'est une aide indirecte aux complémentaires et au monde assuranciel plutôt que de promotion de la sécurité sociale solidaire.

 

Au contraire, le PCF est pour une Sécurité sociale qui rembourse à 100% les soins prescrits, afin d’agir concrètement contre le renoncement aux soins qui touche actuellement près d’un tiers de la population et plus de la moitié des jeunes étudiant-es.

Notre proposition concrétise notre volonté de reconquête de la Sécurité sociale qui est toujours une idée d’avenir.

 

 
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 07:42

Je reviens ici sur un "papier" paru dans la NR le 26 novembre 2016 intitulé "Le Front d gauche veut mobiliser"

L'article d'une trentaine de ligne sur une colonne indique que les dirigeants du FDG n'ont pu s'entendre sur une stratégie commune et JLM qui a prématurément annoncé sa candidature avec la "france Insoumise" a pu choquer. 

En rappelant qu'en 2012 "plusieurs centaines de personnes ont fait campagne" (sic)  le "FDG (divisé donc) organise une première réunion publique pour "soutenir JLM17 et de créer des comités "France Insoumises" pour faire connaître le programme "l'avenir en commun".

Voilà pour les faits.

Maintenant le commentaire. 

Il est pour le moins curieux que l'article véhicule une telle confusion qui n'éclaire en rien les débats et les enjeux. Car enfin, de quoi s'agit-il pour les prochaines échéances électorales ?

Ni plus ni moins que de trouver les moyens politiques tout à la fois d'empêcher la main-mise de la droite extrêmisée et de l'extrême droite sur les rênes du pays et de relancer l'espoir pour parvenir à une candidature de gauche avec un programme progressiste partagé, pour une politique de progrès social, écologique, démocratique et de paix.

Or le programme du Front de gauche "l'Humain d'abord" se trouve éliminé, supplanté, remplacer par "l'avenir en commun" qui du coup n'est plus commun. Sur plusieurs points importants les différences, voire les divergences sont notables. Aussi est-il hasardeux d'impliquer le Front de gauche que d'ailleurs JLM17 , après que le  candidat auto-proclamé ait déclaré lui-même le FDG dépassé. Désormais, selon lui,  seul le cadre de la "France Insoumise" caractérise son projet. Donc clarté et vérité doit s'imposer dans le débat public. Donc, honnêtement, ce n'est pas le FDG qui se range dans la "France Insoumise" mais un certain de nombre de personnes, ex-front de gauche, qui font ce choix.

Pour ce qui concerne les communistes, inclus dans le front de gauche, ils ne souscrivent pas au cadre, selon eux étroit, de la FI. Ils militent depuis toujours pour élargir le rassemblement du front de gauche ce qui implique nécessairement de rassembler au-delà de nous-mêmes.

C'est paradoxalement l'inverse que produit du coup la "france insoumise" en refusant de s'ouvrir à la discussion aux autres et en exigeant comme seule solution politique, non pas la discussion et le compromis, mais le ralliement, au programme, à la candidature présidentielle auto-proclamée, puis aux candidatures de la FI aux législatives, dans le cadre de la FI et ses règles.

J'interroge : comment avec ces exigences unilatérales, réussir le rassemblement ?

Les communistes ont décidé majoritairement de ne pas ajouter leur  candidature à d'autres candidats déjà trop nombreux à gauche. Leur combat pour rassembler sur des propositions progressistes à gauche, avec comme fond le programme du FDG l'"Humain d'abord" guide leur action. Ils sont favorables et militent pour des discussions avec tous ceux qui le veulent pour d'aboutir à des propositions communes, viables. Pour ce faire et comme tremplin vers le rassemblement, ils ont décidé majoritairement appeler à voter JL Mélenchon en mobilisant par une campagne autonome, sur les moyen's économiques et politiques nécessaires pour un vrai changement, sans intégrer le cadre de la France insoumise et en créant les conditions de l'élection de nombreux députés communistes et de gauche "hétérodoxe"

C'est d'ailleurs ce que les communistes de Thouars, dont l'activité fût mise en sommeil consécutivement au changement de responsables décidé par la fédération et qui a abouti à son mutisme et sa paralysie, ont décidé de faire. Depuis quelques semaines, la direction nationale du PCF a fait droit aux militants "exclus" et ceux-ci reprennent le flambeau du combat. Ils ont ainsi édité et distribué un tract pour s'opposer à la disparition de La Poste à Saint Varent, ils se sont réunis à plusieurs reprises pour tenter de rétablir des relations normales avec les instances fédérales, ils proposent une orientation et une candidature pour les législatives dans la 3e circonscription, ils entendent participer aux débats qui auront lieu durant la campagne électorale. 

Pour ma part, je suis persuadé que la presse locale jouera le jeu du pluralisme, de la clarté et de l'équité en donnant à voir la réalité de l"action des forces politiques qui agissent sur notre territoire. Ce blog y prendra part.

 

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 23:08
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Bernard Adrian
6 h

Non seulement le statut des fonctionnaires a permis à plusieurs générations d'enfants d'ouvriers d'être recrutés par l'Etat et de faire carrière, mais il permet aussi aux fonctionnaires de garantir l'égalité de traitement entre les usagers des services publics.

Oui cette conquête sociale est bien du même niveau que la Sécurité Sociale et le droit de regard sur les comptes des entreprises reconnu aux Comités d'Entreprise.

C'est pour cette raison que les organisations patronales et ceux qui s'y rattachent veulent absolument l'abattre.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 15:29

Lucien Sève quitte le PCF pour faire vivre un communisme du XXIe siècle

 

Que faire maintenant ?

Dix thèses non conformes d’un communiste sans carte

J’ai adhéré au Parti communiste français en 1950, j’ai été trente-trois ans membre de son Comité central (1961-1994) – à elle seule cette durée condamne un mode d’organisation politique –, j’ai levé le drapeau de la refondation communiste en 1984, j’ai décidé en avril 2010, au bout d’un quart de siècle de batailles tous terrains non sans effets mais sans succès marquant, de quitter ce parti qui aura été le mien durant soixante ans, ayant perdu tout espoir en sa capacité interne de transformation, et me faisant grief à moi-même de contribuer à accréditer le contraire en y restant. A moins qu’on me tienne pour sénile, pareil curriculum doit vouloir dire quelque chose de fort.

J’ai essayé de l’expliciter dans plusieurs textes, l’un que j’ai signé avec nombre de partants comme moi, un autre corédigé avec Roger Martelli, et une lettre personnelle adressée à des correspondants interrogatifs. Mais bien que soit de haute importance le retour exigeant sur les raisons qui ont poussé des centaines de milliers de communistes et en poussent aujourd’hui encore à quitter ce parti – retour que n’a jamais vraiment entrepris sa direction, manquement injustifiable –, le plus important est dans l’interrogation prospective corollaire : partir pour où, partir pour quoi, si du moins, comme c’est mon cas et celui de tant d’autres, on quitte le PCF non parce qu’on ne se sent plus communiste mais au contraire parce qu’on constate qu’à y rester on ne peut pas l’être pleinement et inventivement comme l’exige de façon criante l’état présent des choses et du monde.

Nombre de mes correspondants me demandent à bon droit : tu proposes quoi ? A cette demande, on est bien entendu enclin à répondre que nul individu n’est tant soit peu en mesure d’élaborer isolément toute une politique pertinente, sauf niaise prétention qui d’avance disqualifierait son propos. Mais la plus légitime des modesties se convertirait en la plus coupable des irresponsabilités si elle conduisait à se dérober devant cette requête irrécusable : puisque tu te juges capable de statuer que le PCF n’est plus sauvable comme tel, consens à nous dire, pour ce que ça peut valoir, comment quant à toi tu te représentes ce que devrait être et faire une force communiste organisée efficace dans le présent et potentiellement riche d’avenir. J’accepte le défi. Plein d’interrogations sur ce que je vais avancer, mais en toute conviction du moins quant à son sens général, j’entreprends ici de dire pour où je pars et où je compte me retrouver demain avec ceux et celles qui pour de bon sont communistes.

* * *

1. Pour se donner quelque chance de faire vivre un « communisme du XXIe siècle », il y a un préalable impératif : tâcher de comprendre pourquoi celui du XXe siècle est entré à peu près partout en agonie. Or dès ce premier point le cas du PCF s’avère dramatique : il a cessé de s’interroger sur son histoire. A la question élémentaire : comment expliquer que le parti soit tombé à 1,93% lors de la présidentielle de 2007 ?, la direction n’a jamais apporté l’explication approfondie qu’exige pareille déroute. Si je ne sais pas clairement ce qui me tue, quel espoir ai-je de survivre ? La première des dix thèses annoncées est donc celle-ci : dans l’ordre du travail de pensée, rien n’urge plus que de se demander avec une exigence chirurgicale pourquoi en somme cette descente aux enfers que rien n’arrête depuis trente ans – ce que confirme encore le résultat d’ensemble des récentes élections régionales sérieusement analysé – bien que les successives directions aient passé leur temps à annoncer la prochaine remontée.

Une telle recherche n’a pas à être sommaire – sont par exemple à considérer des faits partiels de sens contraire : adhésions de jeunes, audience électorale en hausse dans telle ville ou région, utiles travaux d’intellectuel-le-s – mais elle se doit de bannir toute complaisance quant à l’essentiel, regardant froidement comme ils sont les rapports du parti à la réalité sociale en même temps que son étiage électoral, son état d’organisation, sa crédibilité politique, son audience culturelle, son image globale. Je considère pour ma part que tous ces clignotants sont au rouge, ce qui traduit une fondamentale crise historique à laquelle je vois trois composantes : carence stratégique, paralysie organisationnelle, allergie au pluralisme – et comme souvent, trois sont quatre : en fin de compte, sous ces trois drames mortifères, un facteur commun – sous-activité intellectuelle.

2. Je dis en premier, parce que c’est à tous égards déterminant : carence stratégique, en entendant par stratégie non pas le seul chemin mais aussi le but, donc l’ensemble de la visée.

En 1976, à son 22e Congrès, le PCF décidait d’« abandonner la dictature du prolétariat » comme voie d’accès au « socialisme pour la France ». Décision double sous son allure simple : d’une part était ainsi confirmé, sans débat, que l’objectif du parti était « le socialisme », censé conduire au communisme – transition à laquelle la longue histoire de l’URSS ou de tout autre pays socialiste n’a pas même apporté un début de vérification historique, ce qui devrait troubler tout marxiste –, et d’autre part, novation majeure quoique tardive, était rejetée la voie de la conquête révolutionnaire-violente du pouvoir : le passage au socialisme, insistait-on, ne peut se faire sans grandes luttes, mais chaque avancée devra être démocratiquement acquise par un vote majoritaire. Les luttes sociales qu’on avait en vue devaient construire offensivement les bases de ce qu’on mettait sous le mot socialisme – en tout premier : des nationalisations industrielles et bancaires étendues –, mais pareille perspective n’a jamais atteint à l’hégémonie culturelle nécessaire (la crise mortelle des pays socialistes aurait dû obliger à une profonde interrogation critique sur l’idée même de « socialisme pour la France », interrogation qui elle non plus n’a pas été poussée).

C’est le néolibéralisme qui a conquis les esprits, y compris au Parti socialiste, de sorte que dans un rapport des forces extrêmement dégradé il n’est plus resté au PCF en fait de stratégie réelle que l’animation de luttes défensives (contre le démantèlement de la Sécu, le traité de Maastricht, le CPE…), luttes indispensables mais d’évidence insuffisantes, et les batailles électorales (au Conseil national du 16 avril encore, le rapport sur les « pistes de travail » recense tout à fait dans cet esprit « deux défis » : 1. « Faire grandir les résistances » ; 2. « 2012 »). Dès les années quatre-vingt toute la vie du parti, du quotidien des cellules à la solennité des congrès, se met à tourner autour du calendrier électoral. La stratégie manifeste du PCF est depuis plus d’un quart de siècle à massive dominante électorale, et cela alors que les terribles expériences des milieux populaires et de la jeunesse leur ont de plus en plus rendu évident que, les choses étant ce qu’elles sont, rien de sérieux ne change ni ne pourra changer ainsi.

Avec sa politique effective le PCF, perçu comme formation électoraliste parmi d’autres mais sans chance d’arriver au pouvoir, ne peut donc plus faire la preuve populaire qu’il ouvre un avenir crédible. Il peut encore, si on s’y prend bien, se montrer utile à l’échelle locale, voire régionale ; la très nécessaire campagne nationale qui s’engage contre la mise à mal des retraites pourra peut-être éviter une nouvelle baisse de son faible score aux prochaines élections législatives ; mais qui croit encore qu’avec lui va « changer le monde » ? Là s’enracine l’implacable décadence historique du parti : elle tient à mon sens à une fondamentale carence de pensée innovante en matière de stratégie. Dans sa double teneur : le but (« le socialisme ») et le chemin (l’enlisement électoral).

3. Je dis ensuite paralysie organisationnelle, qui n’est au fond que le corollaire de ce qui précède, mais corollaire en lui-même mortel, car il rend impossible le vitalement nécessaire renouveau stratégique. Il est aujourd’hui de mode au PCF de récuser toute mise en cause de la « forme-parti » comme si elle signifiait niaisement refus d’organisation ; on se dispense ainsi de réfléchir autant qu’elle l’exige à cette question cruciale. L’actuel mode d’organisation et de vie du parti est l’héritier très affadi mais bien reconnaissable du modèle conçu par Lénine et révisé par la IIIe Internationale. Modèle des plus robuste qui assurait la cohérence entre visée stratégique et pratique organisationnelle en des pays encore peu avancés dans la voie capitaliste.

Le but étant la conquête révolutionnaire-violente du pouvoir pour engager par en haut la construction du socialisme, le parti devait être l’instrument de la guerre de classe, un état-major indiscuté y dirigeant des militants disciplinés. L’essence de ce type d’organisation est sa structure verticale (il y a un sommet qui dirige et une base qui exécute), qui passe pour exigée aussi bien par les sévères réalités de la lutte que par la rareté des hautes capacités politiques, quoi qu’en dise le démagogue basiste.

Lénine avait compris que seule fonctionne bien une discipline fondée sur la conviction librement acquise, de sorte que dans le parti qui fit la révolution d’Octobre 17 s’entretissaient vraie démocratie de congrès et autorité admise de la direction. Avec les terribles contraintes de la guerre civile puis le cynisme fruste de Staline, n’est resté en fait que le diktat du sommet. Dans des pays de tout autre développement comme le nôtre, où s’imposaient d’autres rapports, on a introduit maints éléments de démocratie dans le système, on s’est même flatté au 28e Congrès en 1994 d’en finir avec le centralisme, mais la structure fondamentale n’a en rien changé : il y a toujours un sommet qui dirige et une base qui exécute (avec de plus en plus de problèmes…). Et elle ne peut pas changer pour de vrai, car ce mode d’organisation répond seul à la sorte de stratégie mise en oeuvre, dont rien n’annonce le dépassement : si, acceptant de s’inscrire pour l’essentiel dans les normes de la politique institutionnelle, c’est-à-dire de la domination bourgeoise, on centre de fait toute l’activité du parti sur les élections nationales, on a alors réellement besoin d’une organisation verticale avec un sommet qui dirige (c’est-à-dire décide du plan de bataille, arrête le programme, choisit les candidats marquants, négocie avec les partenaires, oriente la propagande, etc.), et les « formes démocratiques » qu’on prétend y mettre (par exemple la triste comédie du « débat démocratique » sur un choix déjà mis en oeuvre de longue date par la direction) deviennent des insultes à l’intelligence militante. Ainsi les communistes sont-ils prisonniers d’un système organisé au rebours même du communisme, et contreproductif par construction en tant qu’instrument supposé d’émancipation.

Stratégie et organisation sont pour l’essentiel une seule et même chose considérée sous deux angles : dès lors qu’il y a carence stratégique, il y a paralysie organisationnelle, et réciproquement. Le parti meurt ainsi deux fois.

4. Je dis encore allergie au pluralisme, qui hélas marque aussi bien la politique unitaire du parti que l’attitude de la direction envers qui la conteste. L’ouverture vraie au pluralisme a bien sûr une condition : la confiance en soi que nourrit le succès de l’action étayé sur la vitalité de pensée, de sorte qu’accepter d’apprendre des autres ne fait pas redouter de se perdre soimême. Pour ce qui est de la vitalité de pensée, on y viendra au point suivant.

Quant au succès de l’action, les dernières décennies ont vu l’audience nationale du parti baisser à un tel point – se rappelle-t-on que Jacques Duclos avait obtenu plus de 21% des voix au premier tour de l’élection présidentielle en 1969 ? – que toute la nécessaire politique d’union est marquée par la peur paralysante d’y disparaître. Avoir perdu dans les années 70-80 la compétition avec François Mitterrand et le Parti socialiste a ancré chez les dirigeants communistes la hantise du partenaire qu’on aide à grandir et qui vous marginalise, comme s’il y avait le moindre espoir de remontée dans la crispation sectaire – le 1,93% de 2007, catastrophe politique prévue que rien pourtant n’a pu prévenir, en est la preuve définitive.

Nécessité absolue faisant loi, l’actuel Front de gauche va bien sûr en meilleur sens, mais l’histoire vraie des élections régionales, dont les communistes contestataires ont eu une fois de plus la très directe expérience, montre que rien n’a disparu des mauvais réflexes. Quant à l’attitude envers qui ne pense pas comme la direction, alors même qu’on allait répétant « la diversité est une richesse », vingt-cinq ans d’expérience refondatrice m’autorisent à dire, évitons tout mot violent, qu’elle n’a guère cessé d’être consternante. Lorsqu’on a des doutes fondés sur les choix et pratiques de la direction et des contre-propositions dérangeantes à faire valoir, on est rarement écouté, jamais entendu, mais de maintes manières – chose que je n’avais pas perçue avant d’en être venu là – combattu comme un ennemi de l’intérieur. Si ce qui précède semble excessif, qu’on ait le courage d’organiser l’audition de quelques-un-e-s parmi des dizaines de milliers qui s’en sont allé-e-s, y compris tout récemment.

Un tel système se rend lui-même sourd et aveugle ; quelle chance a-t-il alors de perdurer ? On ne manquera pas de faire valoir que, devant notre départ annoncé, on a des mots aimables pour nous dire de rester. J’en prends d’autant mieux acte que ce départ ne se fait pas contre des camarades mais contre le système dont je considère qu’euxmêmes sont en un sens victimes. Mais tout de même, mesure-t-on quelle crédulité on attend de ceux à qui on dit : ne partez pas, nous sommes sur le point de changer vraiment ? C’est ce qu’on me disait déjà lorsque j’ai quitté le Comité central au 28e Congrès, il y a seize ans : tout allait changer vraiment dans la vie du parti, on « abandonnait le centralisme démocratique »…

Pour être aujourd’hui crédible en la matière, à tout le moins faudrait-il avoir largement engagé la critique de ce qui est et la prospective de ce qui doit être ; or on ne voit ni vraie amorce d’autocritique ni vraie ébauche de théorisation, au sens exigeant du mot. Au contraire : le congrès d’étape de mi-juin devant « renouveler la direction », il est bien clair que la question cardinale recouverte par l’idée même de direction ne sera pas posée. Rien de décisif par conséquent ne pourra changer.

5. J’ai dit enfin qu’à mes yeux le facteur commun à ces trois drames mortels est la sousactivité intellectuelle du parti. Il s’agit là de bien autre chose qu’une prétentieuse querelle d’intello à la direction ; c’est la capitale question du travail de connaissance et de pensée qu’exige des communistes la réflexion sur les drames inépuisés du siècle dernier, les menaces sans pareilles qui s’annoncent en celui-ci, et en même temps les possibles de tous ordres qui s’esquissent pour un dépassement du capitalisme. Or, sans vouloir noircir, peut-on ne pas constater le profond reflux de ce travail de pensée sous ses multiples formes au fil des ans ?

Un exemple seulement, mais central : la question stratégique décisive des rapports entre socialisme et communisme. Il a fallu les plus grands efforts depuis plus de vingt ans pour que les communistes se réhabituent à l’idée de communisme totalement occultée sous celle de socialisme, qu’elle cesse d’être renvoyée à « l’idéal », autrement dit à ce qui n’arrivera jamais, pour reprendre son statut de visée historique concrète, que soient évoquées les raisons profondes pour lesquelles Marx était non pas socialiste mais communiste, que commence à apparaître ce qui dans l’idée de socialisme donne à comprendre que sous ses deux formes – social-autocrate et social-démocrate – il ait été disqualifié par l’histoire du siècle dernier, et comment s’impose d’élaborer aujourd’hui une visée proprement communiste de dépassement du capitalisme – acquis à mon sens capitaux, néanmoins contestés encore par certains et appelant d’autant plus entre communistes débats, recherches, appropriation critique.

Et voici que le Mouvement des jeunes communistes adopte un texte d’orientation (l’Humanité du 19 avril) qui fixe pour objectif la construction d’un « socialisme du XXIe siècle » comme « phase transitoire » vers « une société d’émancipation individuelle et collective » (ce que ne serait donc pas le « socialisme » ?) qu’on évite de nommer communisme… Gravement coupables sont ceux qui ont mis dans la tête des jeunes communistes d’aujourd’hui cette idée historiquement indéfendable (jamais nulle part « le socialisme » n’a été ni d’ailleurs ne pouvait être une transition au communisme, pour des raisons flagrantes que je n’ai pas la place de réexposer ici) et stratégiquement nocive (l’urgence est d’avancer vers l’appropriation des avoirs, savoirs et pouvoirs par les travailleurs et citoyens eux-mêmes, surtout pas vers quelque confiscation étatique baptisée socialiste).

Ainsi non seulement le travail de pensée sur une question de cette importance n’a pas avancé mais il régresse. Ne doit-on pas hélas généraliser ? Je n’ignore certes pas que le parti n’a plus le vaste ensemble de moyens – centres de recherche, revues, éditions… – dont il disposait dans les années 70. Mais peut-on imputer au manque de moyens la disparition des sessions thématiques de bon niveau que tenait le CC, l’abandon en tant de domaines du travail théorique et historique, l’absence désastreuse dans la plupart des grands débats d’idées ? Le décalage devient spectaculaire entre le foisonnement actuel du travail sur et avec Marx et la minceur théorique des débats du Conseil national, à en juger par les comptes rendus qu’en publie Communistes – cette lecture pour moi très déprimante n’est pas pour peu dans ma décision de départ. Au niveau de sous-activité intellectuelle où m’apparaît globalement le PCF, je ne vois pas comment il pourrait mieux résoudre ses criants problèmes stratégiques, organisationnels et unitaires.

6. Me voici au pied du mur : alors selon moi que faire maintenant ? La réponse n’est-elle pas largement dessinée en creux dans ce qui précède ? Le Parti communiste meurt d’être bien trop peu communiste. Et si on essayait enfin de faire au quotidien de la politique communiste au fort sens marxien du mot ? Ce qui veut dire concrètement quoi ? Prendre au sérieux la thèse stratégique fondamentale de Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. » Thèse trop avant-gardiste peut-être en l’état où était au XIXe siècle, même dans les pays les plus avancés, le développement des forces productives et de la culture populaire, ce qui a conduit à la révolution par en haut et au parti vertical du feu « socialisme scientifique », dont la défaite historique est consommée ; mais thèse bien davantage de plainpied avec l’état présent des choses et des personnes, sans vouloir l’enjoliver.

Car en même temps que fait rage le pire capitalisme, son dépassement a déjà de longue date commencé dans des foules d’initiatives de pertinence et efficacité variables où le plus souvent hélas le PCF n’est pour rien (des militants s’y investissent individuellement, mais que fait le parti pour les épauler ?), de l’essor de l’économie sociale à la critique des médias, de la bioéthique au commerce équitable, des solidarités courtes à la revalorisation de l’« idée » communiste, et cent autres choses. En un tout autre sens que Lénine nous aussi pouvons dire en effet : la crise est mûre. Dans tous les domaines se multiplient les choses qui ne peuvent plus durer, et partout des forces modestes tentent de s’y attaquer : mêlons-nous-en ! Et ajoutons-y notre propre liste des choses qui ne peuvent plus durer, du management toyotiste d’entreprise au grossissement de ce qu’une juriste réputée appelle « l’Etat de police ». Mais pas à la vieille façon d’un parti qui pense par-dessus tout aux élections prochaines, croit traiter les problèmes par des campagnes de sommet dont l’une chasse l’autre et s’imagine être sur le terrain en distribuant des tracts à la Défense.

A la façon neuve de militants politiques du changement social qui s’accrochent avec acharnement à tel ou tel chantier de transformation bien choisi – concrètement utile pour des personnes et fondamentalement subversif pour le capital –, ne le lâchent plus, y investissent le meilleur de leur culture marxienne tout en apprenant des autres, y font leurs classes, marquent des points, essuient des revers, commencent à enraciner une image neuve du communisme en acte – ici est à bien entendre la leçon des élus de terrain qui réussissent.

Il s’agit en somme d’opérer un fondamental déplacement du centre de gravité de l’action communiste, en substituant carrément au primat de la politique institutionnelle celui de ce que j’appellerai la politique sociale – l’engagement au comptant de l’appropriation sociale par les salariés et citoyens associés, et ce n’est rien d’autre que cela, le communisme : hommes et femmes ressaisissant ensemble les puissances sociales, matérielles et spirituelles, qu’ils créent en vérité eux-mêmes mais que la société de classe métamorphose en forces aveugles qui les subjuguent et les écrasent – en termes savants, ça s’appelle l’aliénation.

Faire de la politique communiste au quotidien, donc. Le contraire même de la voie de la facilité : retour direct à la lutte de classes tous terrains, face à un adversaire dont la puissance multiforme est écrasante – mais qui en même temps offre des fragilités saisissantes. Le contraire même de la solution de confort : remise en cause radicale de toute la façon dominante, au PCF comme ailleurs, de faire de la politique – mais à un moment où la grande majorité des communistes, y compris, je suis prêt à le parier, parmi ceux qui restent au parti, sentent intensément qu’il va dans le mur.

Ce sera malaisé – qui peut croire aujourd’hui en une issue aisée ? –, mais exaltant : a-t-on assez discouru sur le « communisme du XXIe siècle à inventer » ? Eh bien nous y sommes : montrons si nous sommes à nouveau capables de cette vraie invention stratégique et culturelle qui fit jadis le Front populaire, formule qu’on reprend hors de contexte aujourd’hui plutôt que de concevoir celle qui répondra à nos données et visées présentes.

7. A peine a-t-on cependant esquissé cette nouvelle perspective qu’affluent les interrogations légitimes – une réflexion stratégique se met en marche. Pour faire court, n’en mentionnons que trois. Comment s’imaginer qu’on va s’approprier socialement quoi que ce soit qui compte quand le capital a tout en mains ? N’est-ce pas utopie de croire qu’on fera bouger tant soit peu le système global par le simple combat local ? Et déplacer le centre de gravité à la base, n’est-ce pas en fait déserter le combat au sommet, y compris l’élection présidentielle, et l’adversaire peut-il rien souhaiter de mieux ?

On ne va pas au fond de grandes questions stratégiques en quelques lignes et à soi tout seul. Mais là non plus je ne me déroberai pas. Comment engager des appropriations sociales dans un monde dominé par la propriété privée ? Objection-type du nostalgique de la révolution par en haut : rien ne changera tant qu’on n’aura pas d’abord conquis le pouvoir… C’est justement son long enfermement dans cette vue stratégique que le PCF paie d’un prix exorbitant. La réponse a été donnée par tous ces mouvements qui n’ont pas attendu la révolution pour révolutionner les choses (certes, pas tout à fait à la manière marxiste, mais à qui la faute ?), du féminisme à l’écologie. Le cas des Verts ne doit-il pas nous faire beaucoup réfléchir ?

Quelle chance semblait-il y avoir il y a seulement vingt ans de convaincre à l’échelle mondiale qu’à vivre comme nous vivons la planète Terre court à sa perte, et nous avec ? Ils se sont accrochés avec une constance exemplaire au terrain – le terrain, ce n’est pas qu’en bas, quoique « en bas » soit indispensable, c’est en même temps « en haut », dans les grands choix de politique économique ou les grands débats d’idées –, et ils ont réussi l’improbable, non sans lourde équivoque, certes, ce qui leur a bien facilité les choses, mais en donnant quand même à tous une forte leçon d’ambition stratégique. Je dis qu’il nous faut former et pratiquer une ambition de cette sorte autour du dépassement communiste du capitalisme, et qu’à moins de cela nous ne serions absolument pas à la hauteur des périls et des possibles du nouveau siècle. Je dis qu’au lieu de « campagnes nationales » décidées au sommet (en vérité sommet d’une taupinière), oubliées en peu de mois et dont jamais n’est même fait le bilan critique, il faut que toute la vie de la formation communiste soit en permanence structurée par les batailles appropriatives de long souffle menées sur des foules de terrains divers par des collectifs locaux durables et formant peu à peu maillage général.

Mais comment faire bouger l’énorme global par un combat modestement local ?

Présentation fallacieuse des choses. Passer du primat de la politique institutionnelle à celui de la « politique sociale » n’est en rien faire voeu de s’enfermer dans le basisme. Bien entendu il faut parvenir à un tout autre rapport des forces global ouvrant la voie aux indispensables transformations par en haut – mesures juridiques, conquêtes législatives, politiques gouvernementales… Mais comment donc atteindre à pareil rapport des forces ? La consternante situation d’aujourd’hui ne montre-t-elle pas à suffisance que nous en rend incapables la stratégie présente ? Un exemple : grâce aux travaux de Paul Boccara, le parti dispose depuis bien des années d’un projet de transformation sociale dont l’inspiration communiste est de haute portée : la sécurité d’emploi et formation pour tous. Comment comprendre qu’un projet si fort n’ait toujours pas une audience plus forte ?

Une idée comme celle-là fait typiquement partie de celles dont Marx dit qu’elle deviennent des forces matérielles quand elles s’emparent des masses. Mais quelle campagne de sommet, forcément bien confidentielle en l’état actuel de l’audience du parti, pourrait faire qu’elle s’empare des masses ? Supposons au contraire que des organisations communistes de terrain se soient depuis des années consacrées entièrement avec esprit de suite à mettre pareil projet en partage avec les salariés de telle entreprise et tel service, avec à la clef nombre d’initiatives concrètes, voire de premiers succès partiels : je mets en fait que la proposition, portée par eux, serait aujourd’hui une force difficilement contournable sur le plan national. Or il y a par vingtaines des objectifs de tranformation sociale profonde qu’il importe au premier chef de traiter ainsi avec esprit de suite et ambition croissante, de la conquête du droit d’intervention des salariés dans la gestion au révolutionnement du scandaleux contenu des informations télévisées, en passant par tous les domaines de la vie sociale, relationnelle, intellectuelle.

Je pense que ce qui précède esquisse aussi réponse à la troisième question. Risque de négliger les grands batailles électorales ? N’est-ce pas bien plutôt à trop vouloir ne pas les manquer qu’on les a manquées depuis tant d’années ? Commençons à rendre éclatante, sur le terrain et au jour le jour, l’utilité nationale spécifique d’une organisation communiste digne de ce nom, je garantis que même l’élection présidentielle – tant que nous n’aurons pas pu faire changer la Constitution – cessera d’être pour elle un épouvantail.

8. D’évidence, pareille mutation de stratégie n’est concevable qu’accolée à un changement fondamental du mode d’organisation. C’est le deuxième volet capital de la révolution du communisme qu’il est archi-urgent d’engager. Et pour commencer sur ce sujet, tordons-le cou à une objection éculée : mettre en cause dans son principe la forme de l’actuel parti communiste dans le sens où on le fait ici est le contraire même d’un projet liquidateur ; peuton même faire observer que ce qui est en train de liquider sous nos yeux l’organisation communiste est justement cette forme-là ? Ce qui est à l’ordre du jour, c’est précisément une vigoureuse relance de l’invention organisatrice.

Déplacer résolument le centre de gravité de l’activité communiste sur les terrains de la transformation sociale exige en tout premier une forme correspondante d’organisation de terrain. Dans le système hérité de la IIIe Internationale, l’organisation de base – appellation caractéristique d’un parti vertical – est la cellule. Sa force est d’être locale (tel quartier, telle entreprise) : elle assure, si du moins elle est vivante, un enracinement populaire à l’action communiste ; sa faiblesse rédhibitoire est d’être généraliste : ayant à porter toute la politique du parti, elle ne peut sauf cas d’espèce atteindre à la haute expérience et compétence sur rien.

Ce qui n’est aucunement fortuit : elle a été conçue non pas du tout pour élaborer mais pour appliquer la ligne conçue et décidée en haut. La cellule est ce qui rive le PCF à une politique de sommet, jadis tournée vers la révolution par en haut, aujourd’hui vers l’obsession des élections nationales, image même de ce qui ne fonctionne plus et dont la plupart ne veulent plus. Avec une structure de base vouée par construction à l’application indifférenciée de politiques conçues et décidées loin au-dessus d’elle, comment espérer avoir de façon suivie des batailles concrètement efficaces, déployer partout une initiative militante de haut niveau, rendre à nouveau la politique excitante pour les jeunes, former en nombre des personnalités communistes rayonnantes ?

La nouvelle stratégie ici esquissée exige tout autre chose : la formation tous azimuts de collectifs thématiques d’initiative, enracinés dans un territoire géographique ou sociologique à l’échelle d’une section, constitués par choix militant volontaire, se consacrant dans la durée à une bataille transformatrice à la fois importante et précise, et entièrement maîtres de leur activité – orientation, contenus, études, objectifs, modalités. Le ruineux clivage entre base et sommet est ici dépassé : les collectifs thématiques d’initiative sont à la fois base et sommet, ils exécutent ce qu’ils élaborent et décident eux8 mêmes, tirent leçon de leurs succès et échecs et deviennent plus performants en apprenant. A la verticalité du parti à l’ancienne se substitue l’horizontalité d’une formation politique de transformation sociale de nouveau type.

De quoi pareils collectifs ont-ils en effet l’évident besoin ? Non pas de directions prétendant leur dire abstraitement d’en haut quoi et comment faire, mais d’aides efficaces et qualifiées. Ces aides, ils les cherchent en premier dans la communication horizontale avec les collectifs communistes homologues qui à travers le pays (demain peut-être par-delà les frontières…) mènent bataille transformatrice sur le même objectif : échange d’informations et d’expériences, croisement des interrogations, mise en commun de ressources intellectuelles, élaboration d’initiatives communes à l’échelle régionale et nationale… De vrais réseaux thématiques émergent, interviennent avec l’autorité acquise dans les affrontements d’idées et débats institutionnels, donnent corps à l’ambition de dépassement communiste du capitalisme.

Se développant, ces échanges réclament eux-mêmes une organisation supérieure, laquelle ne renvoie aucunement à une verticalité (la prise d’initiative responsable par tous rendra patent ce qu’a d’archaïque l’idée de direction) mais à une centralité, lieu d’incessante activité centralisante-décentralisante. On aura ainsi des conseils thématiques centraux, forme révolutionnée des anciennes sections de travail du PCF, et un conseil national élu en congrès permettant de former la nécessaire vue critique d’ensemble – à l’exclusion catégorique de tout exécutif, dont le retour porterait contradiction frontale à tout l’esprit de cette formation inédite. Dans mon imaginaire personnel, cette nouvelle organisation politique de transformation sociale, esquissée il y a des années, s’appelle Initiative communiste…

9. Ici aussi, bien entendu, surgissent d’emblée avec véhémence maintes questions en forme d’objections, auxquelles il va de soi que les seules réponses probantes seront celles de l’expérimentation collective. Mais ce n’est pas perdre son temps que commencer à les explorer en pensée. Je me borne ici à trois questions criantes : comment croire, sauf total utopisme, que puisse tant soit peu fonctionner et a fortiori réussir dans la société telle qu’elle est une formation politique sans direction ? Très concrètement par exemple, comment y régler les divergences de vue qui naissent sans cesse de la complexité des problèmes et de la diversité des avis ? Plus encore, comment ne pas voir la structurelle incapacité de pareil système hypothétique à affronter les exigences de la politique nationale comme telle, alors qu’on affirme ne vouloir négliger en rien des tâches comme celles de l’élection présidentielle, du travail parlementaire ou des relations avec les partenaires en France et dans le monde ?

Si vraiment des communistes peuvent juger impensable une formation politique opératoire sans direction, cela donne une idée crue de ce qu’on a appelé plus haut sous-activité intellectuelle. Oui ou non, est-on d’accord avec la thèse de Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes » ? Le fait est que dans toute sa pratique le mouvement historique qui s’est intitulé communiste n’en a pas cru Marx : il a pris à tâche de réaliser lui-même l’émancipation des travailleurs. C’est très exactement cela qui a fait une fracassante faillite à la fin du siècle dernier ; et c’est cela même qui fait le fond de l’essentielle différence entre socialisme et communisme. Ne comprend-on pas qu’il est décisif d’en tirer l’entière leçon ?

Qu’un parti qui se veut celui de l’émancipation générale soit luimême construit sur le refus de l’émancipation militante – la vie militante aurait besoin d’être dirigée d’en haut – fait partie de ces aberrations avec lesquelles on ne peut plus pactiser une fois qu’on en a vraiment pris conscience. Ne faut-il pas voir enfin en face à quel point de profondeur la culture de direction communiste est hantée à son corps défendant par de vieux stéréotypes de classe, et cela alors même qu’en principe le parti se prononce pour la prise en main de la gestion économico-sociale par les travailleurs ? Son mode même d’organisation montre à tous qu’il n’y croit pas vraiment. N’y croyant pas vraiment, il ne travaille pas la question. Or ce travail fait apparaître que la panique à l’idée d’une formation politique sans direction repose sur une foncière confusion : ce dont a réellement besoin un combat transformateur efficace, ce n’est pas la verticalité de pouvoir mais la centralité de délibération – une centralité toute horizontale qui ne dirige pas mais coordonne, permettant la mise en cohérence sans engendrer la dépendance. Là seulement, à mon sens, peut commencer une réflexion organisationnelle de vraie teneur communiste. Et un congrès qui « renouvelle la direction », c’est-à-dire la perpétue, ne peut de ce fait même être un congrès de vrai renouvellement.

Soyons plus concret : sans sommet qui dirige, et à l’occasion tranche, comment surmonter par exemple les sans cesse renaissantes divergences de vue tant pratiques que théoriques ?

D’une double façon. D’abord par une activité centralisante-décentralisante vivante, au coeur de laquelle s’effectue un travail de pensée intense en prise directe sur l’expérience transformatrice : ce qui tient bien trop souvent lieu de débat communiste jusqu’ici (qu’on relise les comptes rendus de discussion du Conseil national) est pour l’essentiel l’affrontement statique de points de vue individuels, alors qu’il y faudrait la dynamique d’une recherche commune sanctionnée par la pratique. Les centres d’Initiative communiste tels que je les imagine – centres thématiques, conseil national – fonctionneront non au pouvoir mais à la conviction et, pour conclure provisoirement, quand il le faut, au départage majoritaire. Reste alors le problème du point de vue minoritaire persistant. La nouveauté majeure d’une formation sans direction est en ce domaine qu’elle lui reconnaît le droit à expérimentation dans son sens : vous êtes majoritaires, mais je persiste à penser que vous êtes dans l’erreur, permettez que j’en fasse la preuve pratique, ou que je me convainque moi-même d’avoir tort.

 

C’est très directement de cela que n’ont jamais pu bénéficier les refondateurs communistes, et qui a nourri leur conviction que faire du communisme nouveau n’était décidément possible qu’hors du parti.

Mais va-t-on prétendre qu’une organisation de cette sorte permettrait de traiter valablement les grands problèmes nationaux de la politique institutionnelle ? La réponse est claire : non. Il y faut manifestement une forme d’organisation partageant certains traits majeurs avec l’actuelle forme de tous les partis politiques, PCF inclus, et pour une raison de fond : la bataille qui se mène dans le système même du pouvoir politique institué importe inévitablement en ellemême des traits de ce pouvoir – exemple élémentaire : pour marquer des points au premier tour de l’élection présidentielle il faut, que cela plaise ou non, produire un candidat, homme ou femme, qui soit une personnalité médiatique…

On touche ici au drame qui s’est noué dans l’histoire du PCF à partir de 1976 : dès lors que, renonçant avec raison à l’ancienne voie révolutionnaire, parfaitement chimérique dans un pays et un temps comme les nôtres, il s’est de fait rabattu pour l’essentiel sur les batailles électorales, toutes les velléités de sortir du vieux moule organisationnel, forme verticale où un sommet dirige et une base exécute, étaient condamnées par là-même au voeu pieux (je n’ai jamais oublié ce cri du coeur de Georges Marchais, Secrétaire général du parti, alors que je proposais cette simple transformation démocratique : que le Comité central discute et décide lui-même de l’organigramme de son travail que lui assignait par-dessus sa tête la direction : « Je veux tout ce qu’on veut, excepté qu’on empêche le Bureau politique de travailler »…)

Dans le schéma ici esquissé, le conseil national met en place un vaste secteur de travail rassemblant ceux et celles qui militent dans les divers domaines de la politique institutionnelle, à commencer par les élu-e-s de tout niveau, secteur qui organise lui-même son activité et ses initiatives en toute responsabilité, sous deux réserves majeures : l’orientation politique qu’elle traduit à sa façon dans ses initiatives et ses votations est celle même que définissent en continu les centres thématiques et le conseil national, non sans dialogue poussé avec les élu-e-s mêmes ; c’est au conseil national que revient la ratification des candidatures, leur choix dans les cas les plus importants. Ainsi y a-t-il là un certain rapport de pouvoir : dérogation inévitable au principe général, imposée par les règles dominantes du combat politique (qu’il faut aussi travailler à faire bouger du dedans) ; mais dérogation circonscrite dont tout le sens est de faire vivre en permanence le primat stratégique de la « politique sociale » sur l’institutionnelle et la constante maîtrise des collectifs militants de terrain sur l’activité générale de leur formation.

Cette double révolution – stratégique et organisationnelle – de la force communiste, de profond effet sur la richesse de son travail de pensée et l’authenticité de son ouverture au pluralisme, pourrait être cet élément déclenchant que chacun attend avec angoisse et espoir, dans une situation politique tournant au cauchemar où pourtant on sent qu’il en faudrait peu, à condition que ce peu soit dans le mille, pour « mettre le feu à toute la plaine ». L’enjeu n’est pas seulement – ce qui pourtant serait déjà beaucoup – de rendre à nouveau largement crédible une composante authentiquement communiste de la politique française. De façon plus vaste, il s’agit de réussir ce à quoi ont notoirement échoué jusqu’ici, en même temps que le PCF, toutes les forces politiques contestataires des rapports dominants, Verts aussi bien que trotskistes – et Refondation communiste non moins qu’ATTAC : l’invention de la forme d’organisation et de vie capable de rendre le désir de politique aux forces populaires et à la jeunesse en conjurant enfin le sempiternel retour à la cuisine de sommet (qui menacera beaucoup moins s’il n’y a plus de sommet…) – échec organisationnel qui de façon extrêmement significative a dans ces quatre cas beaucoup à voir avec la verticalité de pouvoir impliquée par la prégnance du souci électoral. Imaginons un peu au contraire cette chose très inédite : une force communiste de culture et de facture intensément nouvelles ouvrant la voie à une façon de militer libératrice où se préfigure un nouvel ordre social d’appropriation collective et de dépassement des pouvoirs aliénants… A l’approche du centenaire d’Octobre 1917, une vraie bifurcation historique en gestation.

10. Sans vouloir en dire plus qu’il n’est raisonnable dans un texte de cette nature, reste encore cependant à revenir de manière au moins indicative sur les questions majeures du pluralisme et de l’unité, dans leur double dimension : comment avancer vers de possibles retrouvailles de tous les communistes dans une même formation, et vers la plus étroite coopération possible de cette formation avec les courants multiples de la gauche anticapitaliste ?

Sur le premier point, il faut regarder les choses en face : quelque sympathique et même neuf que se veuille l’appel à ne pas s’en aller, les partants du PCF ne reviendront pas, ayant tous conscience d’avoir longuement fait une expérience définitive. Il n’y a là ni froideur – se résoudre à quitter son parti après des dizaines d’années souvent est une dure épreuve personnelle – ni arrogance – il ne s’agit pas de se prendre individuellement pour meilleur qu’un autre. Est en cause un constat politique irrécusable : le PCF dit vouloir évoluer en profondeur, mais sans renoncer à ce qu’on tient ici pour caractéristique de sa conception stratégique et organisationnelle ; celles et ceux qui voient là justement ce qui lui interdit toute transformation réelle ne peuvent dès lors que prendre acte d’une divergence de vues irréductible et en tirer la conséquence. Une seule chose semble de nature à remettre éventuellement en cause une séparation de corps dont aucun communiste ne peut se satisfaire : la leçon de l’expérience à venir.

Supposons qu’en fonction de l’expérience les divergences aujourd’hui irréductibles cessent de l’être : la question d’une « maison commune » de tous les communistes deviendrait d’actualité. Mais elle le deviendrait dans un contexte qu’il importe de bien voir : un très grand nombre de communistes sont aujourd’hui des sans-parti, et ils ne renonceront à ce statut que pour adhérer à une organisation nouvelle présentant des garanties convaincantes à leurs yeux de ne pas rééditer les errements par lesquels ils ont été contraints de quitter le PCF. Ce qui signifie que la seule modalité envisageable de constitution d’une nouvelle « maison commune » de tous les communistes est celle d’Assises constituantes préparées selon le principe d’une complète horizontalité. On peut concevoir par exemple que soit mûrement élaboré de façon pluraliste un projet de charte servant de fil directeur aux échanges préparatoires et débats d’assises d’où sortira une nouvelle formation communiste.

Un tel processus serait grandement favorisé par la participation commune de communistes avec et sans carte à des initiatives transformatrices de terrain, les uns et les autres envisageant semblablement par hypothèse leurs objectifs et leurs modalités. Dans cette souhaitable perspective importe le climat général des rapports entre PCF et communistes sans parti, ce qui implique tout autant la franchise précise dans l’approche des divergences que la fraternité maintenue dans des coopérations militantes.

L’action commune de terrain est aussi à mon sens la clef de toute perspective unitaire au plus vaste sens du terme. Tout a déjà été dit sur le drame qu’est pour la gauche anticapitaliste son morcellement jusqu’ici incoercible, qui lui interdit de peser notablement sur le rapport des forces politiques. Sous sa forme électorale, cette évidence est pour beaucoup dans la positive formation du Front de Gauche. Mais c’est aussi son étroite limite : comment conférer une vraie crédibilité sociale et par là une vraie dynamique politique à un simple front électoral, quand s’étend dans les milieux populaires et la jeunesse non point tant une dépolitisation qu’un désintérêt majeur pour les formes institutionnelles de la politique tenues pour incapables de répondre aux urgentes exigences de changement ? Il devient donc nécessaire d’explorer les conditions et voies de passage du cartel électoral à une plus substantielle coopération politique, éventuellement à une association organique. Faut-il tenter d’aller jusqu’à ce dernier terme ? Nous voici de nouveau confrontés à l’essentielle exigence de concordance entre contenu stratégique et forme d’organisation. En cette question sur laquelle me semble importer la prudence expérimentale, je me limiterai ici à dire ce qui m’apparaît valoir comme principe de choix : la maison commune est indiquée entre résidents désireux d’en faire même usage, contre-indiquée dans le cas contraire. On peut concevoir une organisation politique commune à une pluralité de forces partageant la visée d’une évolution révolutionnaire dépassant le capitalisme, ce qui implique le partage d’une triple conviction :

1) que si la maîtrise historique du développement des forces productives humaines est d’importance fondamentale (thèse marxienne qui peut permettre une vraie entente avec des écologistes), de ce point de vue même est décisif le dépassement progressivement radical des rapports de production à caractère de classe (thèse marxienne en litige majeur avec toute une « pensée verte ») ;

2) que ce dépassement implique, même à laisser ouverte la question très controversée des régulations marchandes, l’indispensable dépassement de la régulation dominante par le taux de profit ;

3) et qu’il implique aussi, à laisser ouverte cette autre question vivement controversée qu’est le dépérissement de l’Etat de classe, à tout le moins le plus large passage possible dans le contexte existant de la démocratie délégataire à la démocratie participative.

Sur cette base supposée clairement acquise, apparaîtrait envisageable et dès lors potentiellement bénéfique la constitution d’une force politique fédérative où une organisation communiste serait associée à d’autres de tradition et de culture différentes.

A défaut d’entente sur une base de cet ordre, vouloir aller jusqu’à la maison commune me semblerait une erreur susceptible de conduire à de graves mécomptes : une telle formation ne pourrait en effet manquer de se cliver, voire d’éclater dans telle ou telle situation mettant à nu ses désaccords de fond, et ainsi de décevoir à la mesure des grands espoirs unitaires suscités, déception dont nul ne peut dire d’avance quelles conséquences dramatiques elle pourrait avoir. D’où à mon sens la haute importance de la connaissance mutuelle entre partenaires potentiels qui s’acquiert moins en un certain nombre de discussions de sommet autour d’une table qu’en une foule suivie d’initiatives communes sur les terrains les plus divers : montre-moi comment tu luttes, je saurai qui tu es, et jusqu’où donc il est raisonnable d’aller dans la coopération.

* * *

Les lettres et messages que m’a valus l’annonce de mon départ du PCF m’ont demandé pourquoi je pars, pourquoi maintenant, pour où et pour quoi faire ? Je pense avoir répondu sans faux-fuyant. Pourquoi je pars ? Parce que la mise en route indispensable et urgente d’un communisme pour notre temps requiert à mes yeux de façon impérative des mutations stratégiques et organisationnelles dont sa direction écarte le principe même, et que donc tenter de construire en ce sens ne peut hélas se faire qu’hors de lui. Pourquoi maintenant ?

J’aurais pu et sans doute dû partir en 2007, jugeant impardonnable la faute politique capitale qui fut alors commise, et qu’avec d’autres j’avais tenté en vain de prévenir ; les trois ans écoulés depuis lors, où s’est accentuée la mise à l’écart obstinée de la proposition refondatrice, ont achevé de me convaincre qu’y rester cautionnait ce que je ne puis admettre ; ne voulant rien faire qui soit de nature à nuire si peu que ce soit au résultat des élections régionales, je n’ai passé à l’acte qu’après elles. Et je l’ai fait publiquement avec d’autres, parce qu’il ne s’agit pas d’une fuite individuelle sans horizon mais, dans la mesure du possible, d’un nouveau départ solidaire pour un communisme authentiquement renouvelé.

Pour où je pars ? Pour un où qui n’existe pas encore, un où à construire d’une façon à inventer, même si je considère par exemple qu’une structure fort modeste telle que Communistes unitaires peut être bien utile pour engager ce qui doit l’être. Pour faire quoi ? Ce qu’à mes yeux le PCF aurait dû commencer à faire lui-même il y a bien des années, qu’il ne fait toujours pas, qu’il ne se prépare même pas vraiment à faire, ce qui scandalise le communiste que je suis depuis soixante ans. Sans que cela fasse renoncer à l’optimisme de la volonté.

30 avril 2010

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 10:51
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BRUNO FORNACIARI

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