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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:17

Grande consultation citoyenne - Rendre incontournable ce que demande le peuple !

65 000 ENQUÊTES REMPLIES

400 000 PERSONNES RENCONTRÉES.

C’EST ENSEMBLE QUE NOUS POURRONS ÉCRIRE UN NOUVEAU RÉCIT COMMUN.

1 - Depuis le printemps, les militantes et militants communistes se démultiplient pour venir à votre rencontre. Ils veulent entendre vos préoccupations, vos attentes, vos idées, vos propositions. Et leur donner de l’écho. Ils veulent que le débat politique parle de vos vies et de vos espoirs. Ils veulent que la politique, trop souvent confisquée et mise au service des forces de l’argent, redevienne une propriété populaire.

2 - Cette enquête nous a aussi permis de mettre en débat des idées et nos propositions dans la société. Il y beaucoup à faire et beaucoup est possible !

3 - Cette enquête révèle un visage de la France qu’on ne voit pas dans les médias. Nous allons la faire connaître partout pour que la parole populaire donne le ton du débat politique. Continuons. Emparez-vous de cette enquête, discutez-là, débattons-là et inventons l’avenir !

2017

A l’approche des échéances de 2017, c’est le désintérêt qui domine. Cela peut préparer des catastrophes politiques. L’immense majorité d’entre nous les paierait au prix fort.

Le Parti communiste français ne se résigne pas. Il veut être utile à changer les choses avec vous.

Nous pouvons faire de 2017 une année utile à notre peuple et aux peuples du monde.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 19:12

L’appel de Pierre Laurent : Assez de divisions !

L’appel de Pierre Laurent

Assez de divisions.

Reveillons la gauche !

En 2017, la France va choisir son avenir. Il serait fou de renoncer à un avenir de progrès social, écologique et de solidarité pour notre pays. Il serait fou de laisser la droite et l’extrême droite prendre les rênes pour installer la peur, la division, la précarité pour tous et la violence sociale. Il serait fou de laisser ceux qui nous gouvernent depuis cinq ans, Hollande, Valls ou Macron, nous emmener à la défaite. Ils ne nous représentent plus.

Les axes d’action d’un projet commun pour un changement à gauche, en rupture avec les logiques libérales, existent. Nos propositions, les vôtres, celles que vous avez exprimées dans la consultation citoyenne peuvent s’additionner. Mettons fin aux passe-droits, aux injustices et aux discriminations. Nous voulons l’égalité et la reconnaissance de notre travail comme nous l’avons exprimé dans la rue contre la loi El Khomri. Pour cela, reprenons le pouvoir aux vrais responsables de la crise, les puis­sances de l’argent et de la finance. Cela passe par une nouvelle République et un renouveau de la politique et de ses pratiques.

Depuis des mois, j’alerte sur les dangers de la division à gauche. Je ne m’y résous pas. Les forces de progrès, les forces vives de la gauche doivent s’unir, porter ensemble un nouveau projet de justice, d’égalité et de paix, et n’avoir pour cela qu’une seule candidature commune à l’élection présidentielle et partout des candidatures pour porter leurs exigences aux élections législatives.

Car, ne l’oublions pas, c’est au Parlement que demain, on votera les lois, pas à l’Elysée

Je lance un appel :

Que tous ceux qui partagent un tel projet s’unissent. Assez de divisions ! À toutes celles et ceux qui veulent l’union, je dis : entrez dans le débat, réunissez-vous, organisez-vous, pétitionnez, interpellez les responsables politiques dont vous attendez le rassemblement à gauche ! Nous, nous sommes partants. Ne laissons pas le pouvoir et la politique à d’autres : prenons-la en main.

Ensemble, on vaut mieux que ca !

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 15:02

La Gauche doit s’unir !

Christian Laval – Michèle Riot-Sarcey : « Au lieu de s’autodétruire, la gauche critique doit enfin s’unir ! » (Tribune parue dans le journal Le Monde du 5 octobre 2016). La gauche gouvernementale s'est autoanéantie, les « frondeurs » s'égarent dans le bal des ego. Pourtant, la gauche radicale peut encore s'organiser et élaborer un programme unique

Au temps du massacre du peuple syrien, face aux morts en Méditerranée, pendant le scandale du mur de Calais, au présent de l'affaire -Alstom, du procès de ce pitoyable Jérôme Cahuzac et de l'affaire Bygmalion, cette liste de scandales nous oblige à nous poser une simple question : que pouvons-nous espérer ? En ce temps défait, éclaté, où les mots les plus usités perdent leur sens, dans un espace fragmenté et concurrentiel où chacun ne voit plus l'autre que sous la figure d'un rival menaçant, le plus intolérable, c'est que nos représentants, totalement coupés du monde social, deviennent encore plus autistes à l'approche d'une campagne électorale qui incite aux délires les plus inattendus.

« Le temps » sortirait-il « de ses gonds » ?

Sommes-nous vraiment les contemporains de nos représentants politiques ? Sont-ils eux-mêmes les -contemporains de ces hommes et de ces femmes qui chaque jour doivent lutter pour leur propre survie ? Sont-ils à l'écoute de ce qui se passe autour d'eux, autour de nous ? Comment osent-ils parler de démocratie quand il faudrait avant tout tenir compte de ce qui est crié ou écrit sous toutes les formes de l'expression critique à distance du pouvoir en place ? Une masse croissante d'individus parfaitement conscients de la catastrophe qui s'annonce – humaine, écologique – s'époumone en vain, sans parvenir à ébranler la certitude affichée et dérisoire de « représentants » qui ne les représentent pas. Que lesdits représentants de la droite s'ingénient à regarder la réalité de leurs contemporains à la lueur de leurs fantasmes, que l'extrême droite se délecte du délitement des consciences en faisant croire à son adhésion à la démocratie, rien de surprenant, mais que ces dits représentants osent parler en notre nom, cela est proprement hallucinant.

Et que devient la gauche dans tout cela ? Que faut-il en attendre ?

Rien de la gauche gouvernementale, elle s'est -autoanéantie pendant cinq ans. Il subsiste bien sûr la galerie des frondeurs, restés au PS ! Quelles initiatives ont-ils prises ? Quelle alternative politique ont-ils proposée à tous ceux qui ont exprimé leur rejet de la loi El Khomri et leur lassitude du macronisme ? Quelle espérance d'émancipation renouvelée offrent-ils ? Et comment osent-ils se présenter à tour de rôle, seuls, au nom d'un peuple qu'ils ne connaissent guère à force d'avoir fréquenté les allées de l'Elysée ?

Responsabilité immense

La gauche de la gauche, comme il est convenu de l'appeler, ne semble pas plus avertie ni plus lucide que les autres représentants « élus ». Certes, elle promet, pour plus tard, de changer les règles du dispositif de délégation de -pouvoir dont personne ne veut plus, mais en attendant, lorsqu'il s'agit de désigner ses candidats, rien ne change : les ego de personne et les égoïsmes de parti s'imposent. C'est à qui s'autoproclamera « égotiquement » le seul représentant de tous parce qu'il est naturellement le meilleur. Il faut cesser ces petits jeux suicidaires entre amis. Il est encore temps.

La gauche dite radicale ou critique a perdu plus de dix ans à s'autodétruire alors que la colère était partout, que le néolibéralisme montrait ses conséquences désastreuses, que, pour d'importantes fractions des classes populaires, la gauche n'était pas encore synonyme de renoncement et de lâcheté devant les puissants. Oui, cette gauche-là, dont nous nous revendiquons, a été incapable de se constituer en force démocratiquement organisée, prisonnière des vieux schémas des partis d'avant-garde, des arrangements électoraux à géométrie variable, des « sauveurs suprêmes ». Elle a logiquement laissé place au découragement et au Front national. Oui, elle porte une responsabilité immense dans le désastre politique. Et cela suffit !

Il existe un mouvement social, des syndicats, des initiatives collectives, un foisonnement d'associations que nous avons rencontrées partout. Cette nébuleuse démocratique pratique la mise en commun des énergies et des idées, elle reformule l'avenir possible en renouant avec les utopies d'hier. Cette mouvance ne se sent plus représentée par les appareils, petits ou grands. La déconnexion entre l'activité démocratique à la base et le jeu des organisations politiques s'accroît. Nuit debout en est la plus manifeste des expressions créatrices.

Oui, il faut faire de la politique autrement, pour qu'elle soit l'affaire de tous. Pourquoi ne pas repartir de la base, c'est-à-dire du commencement ?

Avant de parler au nom des « insoumis » ou tout simplement des mécontents, avant que chaque organisation ne désigne son candidat ou ne décide de soutenir untel ou untel, pourquoi ne pas mettre en œuvre, tous ensemble, avec la mobilisation de toutes les organisations, l'élaboration d'un programme unique de la gauche critique à partir d'une réflexion construite collectivement ? Ce fut en juin l'idée des assemblées de citoyens, qui a échoué parce qu'elle était isolée. Mais, si toutes les composantes de cette gauche parvenaient in extremis à s'entendre sur un tel processus, il est certain qu'il aboutirait.

Oui, nous espérons, malgré tout, que ceux qui se réfèrent sans cesse au « peuple », à la « démocratie » et à la « république » mettent enfin en pratique les fondements de la liberté collective. Oui, nous disons qu'il y a encore une toute petite chance pour que cette gauche qui se dit différente fasse réellement la preuve de sa différence. Faute de quoi elle risque d'être engloutie dans les ténèbres des années qui nous attendent

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 14:56

@plaurent_pcf #QueDemandeLePeuple : le choix de la démocratie avant celui du candidat

Le Parti communiste veut une candidature commune de gauche alternative !

Le Parti communiste français va lancer au début de la semaine prochaine une « grande pétition nationale » en ligne pour appeler à une « candidature commune de gauche alternative », a annoncé samedi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lors de l’Emission pour la restitution de #LaGrandeConsultationCitoyenne.

Cela est à une grande initiative pour donner la chance au rassemblement d’une gauche désunie et ne pas sombrer en 2017. Samedi, Pierre Laurent a annoncé que le Parti communiste français allait lancer au début de la semaine prochaine une « grande pétition nationale ». L'objectif ? Appeler à une candidature commune de gauche alternative pour l'élection présidentielle. « Nous n'abandonnerons pas ce combat, il est essentiel », assure Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF.

Décision le 5 novembre

« Je n'emmènerai pas le peuple de France avec le Parti communiste à la présidentielle comme on va à l'abattoir, avec la droite et l'extrême-droite », a expliqué Pierre Laurent, qui a également annoncé qu'il réunira le 3 novembre « les personnalités favorables à cette démarche », notamment de la société civile.

Deux jours plus tard, le 5 novembre, la conférence nationale du PCF donnera aux communistes le choix entre plusieurs options de soutien pour la présidentielle et fixera le délai dans lequel ceux-ci devront se prononcer. Pierre Laurent l'assure, le PCF finira par prendre une décision sur le choix d'un candidat. Du succès de la pétition dépendra pas seulement l’attitude du PCF vis-à-vis de tel ou tel candidat(e) mais de la réussite de la Gauche en 2017.

@plaurent_pcf#, quedemandelepeuple personne ne le fait sauf nous ! Des centaines de milliers d'heures de débat citoyens dignes Tout le monde parle de démocratie, mais personne n'a fait ce que nous avons fait: 65 000 questionnaires ! Priorités: salaires, environnement, lutte contre les discriminations, éducation, santé, vivre ensemble. Ces priorités pourraient constituer un socle commun pour agir sans hiérarchie.

Le questionnaire @QueDemande le peuple doit permettre de construire un projet pour de vrai changement progressiste dans notre pays. Cette consultation confirme qu'il y a une majorité de progrès dans ce pays. Nous entrons en campagne, dans une autre campagne, celle où nous dialoguons avec les citoyens.

59% veulent que la politique protège contre la loi du plus fort & construise de l'égalité. Ce sera le fil conducteur pour nous. La protection de tous, la promotion de chacun dans l'égalité des droits, ce sera notre fil conducteur.

Nous entrons en campagne sur les priorités des Français. Nous voulons un débat d'abord sur le projet pas sur les personnes. C'est ce #QueDemandeLePeuple. Il y a une majorité socialement convergente mais politiquement divisée et médiatiquement étouffée. 80% des Français disent qu'ils ne veulent pas le même casting présidentiel qu'en 2012.

La semaine prochaine nous lancerons une grande pétition nationale pour une candidature commune à là présidentielle.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 13:29
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 09:49

Un plan d'urgence contre le réchauffement climatique !

par Alain Pagano 30 Septembre 2016, 08:46

Les années deviennent de plus en plus chaudes validant chaque jour un peu plus les prévisions alarmistes du GIEC (Groupe International d'Experts sur le Climat) !

Montée du niveau des mers, réfugiés climatiques, sécheresses, catastrophes météorologiques, extinction de la biodiversité ... Je ne développe pas sur les menaces, elles sont connues !

Dorénavant, il y a urgence écologique, pour la planète, pour le genre humain. Il y a besoin d’un grand plan d’urgence contre le réchauffement climatique global !

Concrètement. Rapidement.

Un plan d'urgence dans lequel on mettrait des mesures telles que

- le ferroutage, porteur de développement ferroviaire donc d’emplois ce qui semble bien approprié dans ce contexte de suppressions d’emplois à Alsthom ! L'Etat peut le décider rapidement

- la gratuité des transports en commun (qui a également le mérite de redonner un peu de pouvoir d’achat aux familles et de contribuer à rendre l'air moins pollué dans les grandes agglomérations de notre pays). Chaque municipalité peut le décider de manière volontariste. L'Etat doit accompagner. Il y a besoin d'un effort vigoureux pour le développement des transports en commun.

- la rénovation thermique du logement, pour économiser l'énergie et réduire les factures de nos concitoyens

- la croissance des énergies décarbonées au détriment des énergies carbonées…

Aujourd'hui qu'on soit maire, parlementaire, député européen ou ministre, on devrait tous viser ce même but: l'application rapide de ce plan d'urgence qui n'épargne pas d'autres mesures de court ou moyen terme.

Je suis atterré de tant d'inconséquences et de légèreté de la majeure partie de notre classe politique devant les conséquences de l'inaction... Je mets toutefois à part les communistes qui militent pour cela, notamment dans plusieurs agglomérations pour la gratuité des transports en commun + quelques élus locaux de différentes étiquettes politiques qui ont fait preuve de volontarisme dans ce sens.

C'est ce que j'ai affirmé au conseil municipal d'Angers il y a quelques jours. En cohérence avec la campagne que nous menons depuis plusieurs mois pour la gratuité des transports en commun à Angers.

L'actualité (météorologique) nous oblige à accélérer le mouvement. Avec des mesures plus larges, plus globales (que la seule gratuité des transports en commun, NDLR). Je ne renonce pas à convaincre qu'il est temps d'agir. Rapidement ! Les élections présidentielles et législatives, je l'espère, feront émerger ces propositions concrètes à usage immédiat.

Alain Pagano

Conseiller municipal (et communautaire) d'Angers

Responsable adjoint de la commission Ecologie du Conseil National du PCF

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:15

Blog de Christian Christian Picquet

NUL, A GAUCHE, NE POURRA DIRE QU'IL NE SAVAIT PAS...
vendredi 23 septembre 2016,

Depuis l’ouverture de ce blog, voici plus de sept ans, j’ai délibérément choisi de l’utiliser prioritairement pour partager des arguments et des réflexions sur les questions fondamentales posées à la société française autant qu’à la gauche. Loin, donc, des tentations de l’immédiateté, de l’approximation, de l’appauvrissement des échanges, du rabougrissement du débat qui auront généralement accompagné l’essor des « réseaux sociaux ». Je n’ai que rarement dérogé à cette règle. Mais j’éprouve à présent trop d’inquiétudes devant ce dont nous sommes menacés, pour ne pas vous livrer ce pur coup de colère.

Tout récemment, mon ami Pierre Laurent se demandait si la gauche française n’était pas devenue, à l’instar de la droite d'antan, « la plus bête du monde ». De fait, tandis que de notre côté s’affiche le désarroi devant ce que nous lègue un quinquennat à bout de souffle, à moins que l’on ne se complaise à l’instar de quelques-uns dans la laudation de son bilan calamiteux, l’adversaire dessine sans contradicteur la contre-révolution politique et sociale qu’il appelle de ses vœux. Ne nous y trompons pas : si la direction des « Républicains » se révèle profondément divisée sur la stratégie apte à lui permettre de revenir aux affaires pour longtemps, les divers prétendants à sa « primaire » n’en partagent pas moins la commune volonté de faire basculer la France dans un modèle de société qui achèvera de détruire le « pacte » sur lequel la République s’était vue reconstruire par la Résistance.

Amputation de cent milliards, voire bien davantage, de la dépense publique ; nouvel allongement de l’âge du départ à la retraite ; accélération du démantèlement des protections collectives contenues dans le code du travail, jusqu’à la suppression (pour certains) de toute durée légale du travail ; volonté concomitante d’amenuiser les pouvoirs, déjà fort rognés, du mouvement syndical ; plafonnement de l’ensemble des allocations sociales et dégressivité accentuée des indemnités chômage ; abrogation du tiers-payant généralisé ; « choc fiscal » au profit des entreprises, couplé à la suppression éminemment symbolique de l’impôt sur la fortune ; hausse de trois points au moins de la TVA ; redéfinition des missions de l’État et remise en cause simultanée du statut de la fonction publique : les ultralibéraux n’ont pas tort d’évoquer une « thérapie de choc », au bénéfice du capital s’entend. Demain, la « présidence des riches », le gouvernement des financiers et des rentiers, si rien ne vient s’opposer à son retour, sera de nouveau tout-puissant…

Et ce n’est là qu’une (petite) dimension de ce qui nous est promis si le parti de la revanche l’emporte. Entre ceux qui, au nom des « économies » à réaliser, appellent à étrangler la démocratie locale en trucidant notamment l’échelon départemental… Ceux qui veulent gouverner par ordonnances dès les premières semaines de la nouvelle mandature, afin de frapper de stupeur les citoyens et de les empêcher de résister… Ceux qui, se lançant à la reconquête des électeurs du Front national, préconisent la substitution du droit du sang à l’actuel droit du sol, comme fondement de l’acquisition de la nationalité… Ceux qui considèrent désormais que la Constitution, c’est-à-dire le texte sanctuarisant l’État de droit, s’avère un obstacle au déploiement des prérogatives régaliennes de la puissance publique et qui, prétextant du terrorisme, imaginent l’ouverture d’un Guantanamo à la française où l’on internerait administrativement quiconque figurerait dans le fameux fichier « s »… Ceux pour qui l’identité française se trouverait minée par la présence, sur le sol national, de quelques millions de personnes de culture ou de confession musulmanes, et qui alignent dans ce cadre les propositions d’interdictions légales (du voile à l’université, du « burkini », du salafisme etc.)… Ceux qui, entraînés par leurs comportements de voyous et n’hésitant pas à flirter avec l’ethnicisme pour mieux épouser la radicalisation d’un large pan de leur base, vont jusqu’à enjoindre une France aux origines mélangées de ne plus se reconnaître que les Gaulois pour ancêtres… Ceux qui, indifférents à la souffrance de centaines de milliers d’hommes et de femmes fuyant les guerres et les dictatures, appellent les élus locaux à refuser de les accueillir un peu partout sur le territoire, bafouant du même coup ce que le pays avait ratifié en 1948 dans la Déclaration universelle de droits… La patrie de Voltaire, de Rousseau, de Condorcet, de Hugo ou de Jaurès affronte le vent mauvais d’un néopétainisme.

Personne ne pourra, dès lors, prétendre n’avoir pas su ce qu’il adviendra si la gauche est éliminée du second tour de la présidentielle et si, par l’effet mécanique du fonctionnement des institutions, elle ne subsiste qu’à un niveau résiduel dans l’Assemblée nationale élue quelques semaines plus tard. Il n’en est que plus atterrant que chacun fasse comme si tel n’était pas l’enjeu primordial de la confrontation qui s’amorce. François Hollande, rejeté par le pays et le peuple de gauche, donc incapable de rassembler le camp progressiste et de l’emmener au succès face aux « Républicains » et au Front national, dès lors qu’il s’emploie à installer l’idée qu’il peut, a minima, représenter un moindre mal face au séisme qui se prépare. La gauche du Parti socialiste et les écologistes, empêtrés dans des divisions et des querelles incompréhensibles du plus grand nombre, lorsqu’ils privilégient la participation à des « primaires » confuses, qui leur interdit de contribuer au rassemblement des énergies disponibles autour d’une candidature unique porteuse d’une perspective d’alternative. Jean-Luc Mélenchon, engagé dans une course en solitaire l’ayant amené à tourner unilatéralement la page du Front de gauche, puisqu’il refuse tout partenariat avec d’autres composantes de la gauche, les socialistes anti-austérité entre autres, au nom de l’objectif qu’il a fait sien et qui consiste à simplement devancer, sur son seul nom, François Hollande dans les urnes.

Quelles que puissent être les raisons invoquées, ces postures ne font pas que préparer une terrible débâcle. Elles concourent, involontairement bien sûr, mais cela ne change rien à leur inconséquence, à la « trumpisation » de notre débat public. Pour me montrer plus précis, elles laissent s’opérer la victoire idéologique de ce bloc droitier qui voit maintenant converger de larges secteurs du camp adverse, autour de thématiques dont beaucoup ont été initialement portées par le parti lepéniste. Verra-t-on demain des éditorialistes hexagonaux contraints d’admettre qu’il n’y a plus personne pour s’opposer à cette poussée réactionnaire qui vise à remodeler de fond en comble notre pays ? Nous ne sommes, au fond, pas très éloignés de la situation des États-Unis, qu’un chroniqueur du Monde dépeignait, le 20 septembre, en relevant qu’il ne se trouve plus grand monde là-bas pour « contredire » un Donald Trump derrière lequel renaît l’« Alternative Right », inspirée de « l’extrême droite identitaire européenne » et du mouvement « suprématiste blanc américain raciste »…

Devant de semblables périls, il est néanmoins permis d’espérer que l’intelligence collective finira par se frayer un chemin. Une lueur d’espoir se rallumerait, sans le moindre doute, si toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par l’indispensable affirmation d’une alternative de gauche consentaient, déjà, à vérifier ensemble qu’existent les bases d’un programme à même de sortir la gauche de sa décrépitude présente et de la remettre en mouvement. Un programme ne visant pas simplement à témoigner, mais à gagner une majorité dans le pays. C’est-à-dire les quelques axes, entrant en cohérence, d’une plate-forme correspondant aux attentes d’un peuple qui fait une overdose des régressions qu’on lui a imposées...

À la différence des concurrences illisibles encouragées par des « primaires » incertaines, redeviendrait ainsi possible la convergence, à la présidentielle autant qu’aux législatives suivantes, des forces vives de notre camp. À en croire tous les sondages, celles-ci aspirent, pour la plus grande partie d’entre elles, à une politique retrouvant les fondamentaux de la gauche. Un second tour résumé au face-à-face entre une droite chauffée à blanc et une extrême droite dont les idées gangrènent insidieusement les consciences, n’est par conséquent en rien un scénario inéluctable. Il suffirait, pour faire mentir ces sombres pronostics, que se lève, très au-delà des partis, une force citoyenne bien décidée à rebattre les cartes. On me dira que je rêve, qu’il est trop tard pour conjurer le pire, que je demeure un utopiste invétéré. Je sais pourtant, d’expérience, que « là où est la volonté, il y a un chemin »...

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 13:56

2017 - Citoyennes, citoyens, faites irruption dans le débat !

► Plusieurs centaines de milliers de Françaises et Français rencontrés, plus de 50 000 questionnaires remplis, la grande consultation, initiée par le PCF est en train de créer un débat populaire à l'échelle nationale.

► Son résultat donnera une image de l'état de l'opinion et traduira les aspirations de nos compatriotes. Il sera présenté par l'Institut Viavoice et Pierre Laurent y réagira en direct, le 8 octobre à 14h, lors de - Ce que demande le peuple / L'émission - en direct sur www.pcf.fr.

Faites vous entendre ! Remplissez le questionnaire sur :

www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr

QUE DEMANDE LE PEUPLE ?

Parce qu’il y en a assez de la parole populaire ignorée, méprisée, trahie, le PCF a lancé, il y a 6 mois une Grande consultation citoyenne dans le pays. Il s'est entouré de professionnels du sondage, l'institut Viavoice. En France comme en Europe, les décisions sont prises sans vous, contre vous. Pourtant, cela fait des années que les peuples sont fatigués des politiques d'austérité.

Tout se passerait mieux si les gouvernants pensaient aux besoins populaires et à l'intérêt des nations plutôt qu'au respect du dogme libéral, écoutaient les citoyen-ne-s plutôt que les financiers. Avec ce questionnaire www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr, le Parti communiste a pris une décision : construire avec vous les solutions et l'issue. Il fait le pari de l’irruption du peuple dans le débat. Pour changer la donne.

UN DEBAT A DES MILLIERS DE VOIX

Depuis, les militants communistes, des villages aux centres villes en passant par les entreprises et la Fête de l'Huma, ont rencontré et dialogué avec des centaines de milliers de nos concitoyen-ne-s. Ces personnes sont, au fond, ceux qui font tourner les machines, fabriquent notre pain, font rouler les trains, pousser le blé, éduquent nos enfants, soignent et construisent....

Plus de 50 000 d'entre eux ont pris de leur temps pour répondre aux questions posées, quelques soient leur opinion. C'est, en quelque sorte, un grand Forum citoyen qui se tisse et se déroule dans notre pays. Y émerge des coups de gueule, des exigences populaires, des solutions face à la crise, une opinion générale. Cette enquête se poursuit jusqu'au 8 octobre. Faites, vous aussi, entendre votre voix.

Le 8 octobre : CE QUE DEMANDE LE PEUPLE

Les résultats de ce questionnaire seront présentés le 8 octobre. Si l'on en croit les premiers regards, alors même que le travail d'enquête se poursuit, le portrait dressé de notre pays ne sera pas habituel. Loin, en tout cas, des clichés des JT ou des poncifs politiciens.

Chacun aura l'occasion de découvrir ce nouveau portrait de la France, le 8 octobre à 14h, lors de - Ce que demande le peuple / L'émission - en direct sur www.pcf.fr. Les résultats de l'enquête seront restitués par l'institut de sondage, la parole sera donnée à des citoyen-ne-s qui ont répondu au questionnaire, à des grands témoins… Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, réagira, face à un journaliste, sur l'état de l'opinion, ce que cela fait bouger au Parti communiste, les nouvelles possibilités de rassemblement.

Demandez aux communistes de votre ville ou de votre quartier, où se tient l'écoute collective où vous pourrez assister à cette restitution et discuter collectivement des suites.

ET APRES…

Partout où les questionnaires auront été signés, les communistes organiseront des rencontres publiques, avec vous, pour discuter de cet état réel de l'opinion des françaises et des français, mettre en lumière les aspirations populaires, construire le rassemblement, en cette année précédant deux échéances électorales primordiales.

La droite et l’extrême-droite sont en embuscade et comptent profiter du désarroi, avec des programmes libéraux radicalisés, extrêmement dangereux pour le pays. Il faut que surgisse une autre voie, celle de la parole populaire, de ses exigences et de ses propositions. Et la rendre incontournable.

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 12:06

Sans rassemblement, nous risquons une catastrophe politique

Pierre Laurent invité de Public Sénat, le secrétaire général du Parti communiste a évoqué la nécessité d'une "convergence des forces de gauche".

Le secrétaire général du Parti communiste était l'invité ce mardi matin de Territoires d'Infos, la matinale de Public Sénat et Sud Radio, présentée par Cyril Viguier, avec la presse quotidienne régionale : Olivier Alleman (Campanes TV), Hubert Coudurier (Le Télégramme) et Denis Carreaux.

Décision le 5 novembre

Pierre Laurent a évoqué la nécessité d'une « convergence des forces de gauche » pour éviter un scénario « catastrophique pour notre pays ». La décision du Parti communiste de présenter ou non un candidat à l’élection présidentielle sera prise le 5 novembre.

Sur le plateau de Territoires d'Infos, le secrétaire général du PC a plaidé pour une candidature d'union. « Si nous n'allons pas vers la convergence et le rassemblement des forces de gauche qui veulent tourner la page de l'échec du quinquennat de François Hollande, nous risquons d'aller à une catastrophe politique », a-t-il confié.

Pierre Laurent, qui ne veut pas « d'une Assemblée nationale qui ressemble au conseil régional de PACA, où des millions de gens de gauche n'ont aucun représentant ».

Interrogé sur l'accueil des migrants, il a jugé « dramatiques » les propos de Laurent Wauquiez.

« Quand j'entends [ses] déclarations, j'ai honte », a lancé le sénateur de Paris, appelant à ce que "la France soit digne de ses traditions d'accueil".

Réagissant à l'annonce d’une nouvelle hausse des tarifs des péages, Pierre Laurent a évoqué « un scandale pur et simple ». « Nous avons déposé une proposition de loi qui vise à la renationalisation des autoroutes », a-t-il précisé.

« Si on laisse faire les choses, à la fin des concessions privées accordées par Nicolas Sarkozy, les actionnaires auront empoché 32 milliards d'euros de dividendes. C'est un scandale pur et simple et il faut y mettre fin. »

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 07:30

« Sans domicile fisc » : le livre choc sur les paradis fiscaux (1/2)

François Vignal

Le 05.09.2016 à 18:57

Panama city.

© AFP

Millionnaires et multinationales y fuient le fisc. La criminalité et le terrorisme les utilisent… Les paradis fiscaux sont la face obscure de la finance. Les frères Eric et Alain Bocquet, sénateur et député PCF, mettent en lumière ce scandale dans « Sans domicile fisc ». Publicsenat.fr en publie les bonnes feuilles.

Plongée au cœur de la finance et des paradis fiscaux. Plongée en eaux troubles. Dans « Sans domicile fisc » (Cherche Midi, parution le 8 septembre), les frères Bocquet, Eric et Alain, sénateur et député communistes du Nord, dressent un réquisitoire précis et implacable des affres de la mondialisation financière. A lire d’urgence, tant le poids de l’opinion publique est indispensable pour accélérer le changement.

A l’heure du procès Cahuzac, ils décryptent les mécanismes qui permettent aux plus riches et aux multinationales d’échapper à l’impôt. Un scandale qui se chiffre à coup de centaines de milliards d’euros par an ! Rien que pour la France, le manque à gagner est estimé entre 60 et 80 milliards d’euros chaque année. A l’échelle de l’Europe, on passe à une estimation « d’environ 1.000 milliards d’euro par an ». Les chiffres donnent le tournis.

« C’est la crise ! Quelle crise ? Elle n’est pas pour tout le monde. Jamais pour ces « sans domicile fisc » que leur addiction à l’évitement de l’impôt classe en véritables parasites de nos sociétés, en délinquants » écrivent les deux frères. Forts de leur travail de parlementaires – deux commissions d’enquête du Sénat (voir nos articles) et une mission d’information à l’Assemblée – ils ont pu toucher de près cette réalité complexe. Pour leur ouvrage, ils se sont appuyés sur de nombreux entretiens (Nicolas Hulot, Eva Joly, Alain Bauer, ONG, lanceurs d’alerte, journalistes, etc).

Le rappel des scandales successifs, HSBC, UBS, Luxleaks, le cas Mc Donald’s et bien sûr les « Panama papers », donnent froid dans le dos. Le rôle des Etats est tout aussi troublant : les parlementaires pointent l’hypocrisie, voire le double jeu qui règne en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou même en France.

« Fraudeurs, optimisateurs, blanchisseurs, évadés ou exilés nous volent. (…) Il est temps de passer de la parole aux actes »

Le pantouflage des fonctionnaires vers le secteur privé et l’embauche de conseiller issus du monde bancaire et de la finance – Emmanuel Macron en est l’exemple – illustre cette proximité, voire cette connivence entre politiques et banquiers. Dès lors, comment changer le système de l’intérieur si le système est vérolé ? C’est le constat que font Eric et Alain Bocquet. Cette situation pose de nombreuses questions sur le plan démocratique.

La crise de 2008 a cependant poussé les Etats du G20, confrontés à la chute des rentrées fiscales, a amorcé un changement salutaire, sous l’égide de l’OCDE. L’échange automatique de données fiscales entre Etats, qui se généralise petit à petit, y compris avec certains paradis fiscaux, est encourageant. Il sera appliqué en 2017. Trop mou, trop lent, selon les frères Bocquet : « Aujourd’hui, on tire avec un pistolet à eau sur une cible qui nécessite… le recours à plusieurs escadres lourdement équipées ».

Pour eux, rien n’est inéluctable. « Fraudeurs, optimisateurs, blanchisseurs, évadés ou exilés nous volent. (…) Il est temps de passer de la parole aux actes. Ramenons les « sans domicile fisc » sur la voie de la justice » lance les Bocquet.

Ils font leurs propositions et en appellent à l’opinion publique. A l’image de la COP sur le climat, ils proposent une COP de la finance sous l’égide des Nations-Unis, la création d’un « observatoire parlementaire de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscales » qui disposerait d’un pouvoir de convocation et de contrôle, la suppression du verrou de Bercy ou carrément la mise sous embargo des paradis fiscaux. Pour Eric et Alain Bocquet, face à « des Etats sous tutelle » de la finance, le sujet de la lutte contre les paradis fiscaux devrait être au cœur de la présidentielle.

Publicsénat.fr vous a sélectionné les bonnes feuilles de « Sans domicile fisc ». D’autres sont à venir demain.

« Sans évasion fiscale, pas de déficit, plus de dette »

« Les évaluations des ONG sont édifiantes : cette situation génère chaque année un manque de recettes de 60 à 80 milliards d’euros pour le budget de la République française, dont le montant total des recettes est de 300 milliards pour 2016. Une perte à comparer avec la trentaine de milliards d’euros de recettes de l’impôt sur les sociétés, ou encore les 73 milliards du déficit budgétaire annoncé pour 2016. Le sujet devrait s’imposer comme la priorité des priorités. La chasse aux économies cible tous les domaines, des crédits de la recherche aux aides destinées aux handicapés, alors que des ressources existent mais échappent à la nation. Le calcul est simple ! Ne soyons pas naïfs, cela ne peut se régler d’un coup de baguette magique, mais le rapprochement est spectaculaire. Il désigne un but ; voilà le mobile de la lutte. Sans évasion fiscale, pas de déficit, plus de dette. Le logiciel budgétaire peut être reconfiguré, ainsi que toute la logique des politiques menées en France, en Europe, dans le monde. On change les cartes : tout devient possible ».

Alain Bauer (criminologue, analyste des réseaux criminels ou terroristes) : « La bienveillance de l’État devient de la complicité »

« La présence active des banques dans les paradis, l’organisation par d’avides banquiers eux-mêmes de véritables filières d’évasion, de fraude, structurent un système mondialisé, organisé. Alain Bauer jette un regard cru sur cette évolution : « Le tuyau de l’optimisation permet de nombreux branchements complémentaires. Ceux qui le font campent toujours sur de bonnes raisons. Il s’agit de faciliter la vente de produits essentiels à nos industries, le règlement des commissions… puis des rétrocommissions. Alors la bienveillance de l’État devient de la complicité.

Le crime organisé aussi s’est branché sur le tuyau. C’est une simple nécessité : le crime est présent dans le jeu des commissions et des rétrocommissions. Le blanchisseur de même. Toutes ces masses d’argent se retrouvent dans les places offshore connues, Bahamas, Caïmans, Chypre mais aussi à la City, à Vienne ou au Delaware…

Le même Alain Bauer, appelle même à utiliser la manière forte : « À un moment, l’État aurait pu reprendre sa place. L’offshore n’aurait résisté que quelques secondes face à l’intervention d’une frégate, qu’elle soit américaine, française, chinoise ou russe. Or, nous sommes restés dans cette logique d’hypocrisie ».

Hillary Clinton et Donald Trump apprécient le Delaware, Etat américain et… paradis fiscal

« Voilà peu, un cabinet conseil, un intermédiaire comme il en sévit partout, affichait sur son site « Le Delaware, mieux que le Panama… ». « Il est plus facile de créer une société écran aux États-Unis que dans n’importe quel autre pays du monde, à l’exception du Kenya », ont conclu trois chercheurs américains après avoir testé toutes les formules à travers le monde, et celle de l’offshore en particulier. Parmi les clients du Delaware ont figuré des profils peu recommandables, comme l’ancien officier soviétique russe et trafiquant d’armes Viktor Bout, ou El Chapo, le baron de la drogue mexicain. Hillary Clinton et Donald Trump y ont pignon sur rue ! L’ancienne secrétaire d’État de Barack Obama s’y fait payer ses conférences dans le monde, et le milliardaire et magnat de l’immobilier y gère son patrimoine.

Quand le Quai d’Orsay demandait à BNP Paribas de rester au Panama

Publicsenat.fr l’avait révélé en avril dernier (voir notre article), l’ancien patron de BNP Paribas, Baudouin Prot, avait raconté devant la commission d’enquête du Sénat que l’Etat lui avait demandé de ne pas quitter le Panama, paradis fiscal… Il avait pris cette décision en 2009. Eric et Alain Bocquet relatent ses propos : « C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le président de la République du Panama est intervenu très fortement, à l’époque, auprès du Quai d’Orsay. Un peu paradoxalement, celui-ci nous a alors écrit pour nous demander de rester au Panama ! Nous avons néanmoins décidé de vendre nos activités dans ce pays ».

Sarkozy a fait de la France un paradis fiscal pour… le Qatar

« Autre particularité de notre cher Hexagone, les conditions fiscales tout à fait particulières dont y jouit le Qatar. À l’initiative de Nicolas Sarkozy a été voté en 2008 un avenant à la convention fiscale liant les deux pays. Résultat : un bouquet de faveurs tout à fait exceptionnelles dont l’exonération totale des plus-values immobilières réalisées par l’émirat, la suppression de la retenue à la source sur les dividendes perçus par des sociétés qataries, l’exonération d’impôt sur la fortune pendant cinq ans. Le coup a porté : la France est désormais la deuxième destination des dollars venus de l’émirat après le Royaume-Uni. Parmi ces investissements, le rachat du Paris Saint-Germain pour en faire un club de football et une marque de renommée mondiale.

(…) Le traitement fiscal hors normes du Qatar est toujours en vigueur et représente un coût chiffré entre 150 et 200 millions d’euros à la charge des contribuables français. Merci, monsieur le Président ! Ce type d’accord à géométrie variable se retrouve dans l’exonération attribuée à l’UEFA (Union des associations européennes de football), à la tête du dernier Championnat d’Europe de football. L’Union dont le siège est à Nyon, en Suisse, a engagé, via la société en charge de l’organisation basée à Paris, environ 600 millions d’euros de dépenses pour mettre sur pied cet Euro 2016 et elle en attendait 1,9 milliard de recettes. Résultat attendu, et sans tir au but, de 1,3 milliard de bénéfices. Rien ne reviendra au budget national puisque la société a été exonérée de l’impôt sur le revenu, de la taxe sur les salaires ! Amateur de foot spectacle ou non, le contribuable paiera la note, comme il aura payé les équipements publics nécessaires pour cette compétition ».

EDF, dont l’Etat est actionnaire à 85%, réduit aussi ses impôts

« Exemple avec la présence en Belgique d’EDF, de Sanofi, de Total et de Danone, qui placent leur trésorerie dans des filiales faisant office de banques au service des autres entités. Les intérêts des prêts sont déduits des bases imposables des sociétés emprunteuses, tandis qu’en Belgique les intérêts perçus sont très faiblement taxés. Les groupes bénéficient de ce concept financier et fiscal purement belge dit « des intérêts notionnels ». Ils réduisent de près de 60 % les taxations qu’ils auraient acquittées en France sur ces produits financiers. Les 14 principaux bénéficiaires français ont économisé près de 450 millions d’euros. Au total, ces ruses feraient perdre au fisc national de l’ordre de 15 à 20 milliards d’euros selon les estimations du Syndicat national unifié des impôts ».

Des Français qui aiment la Suisse

Dans le récent classement annuel des 300 plus grosses fortunes de Suisse publié en novembre 2014 par le magazine économique helvétique Bilan, la première est la famille du fondateur d’Ikea, Ingvar Kamprad, avec 35 milliards d’euros. Figurent aussi sur la liste 49 Français soucieux de bénéficier d’un régime fiscal favorable. Le total de leurs patrimoines cumulés serait de l’ordre de 46 milliards d’euros. Dans la catégorie des fortunes les plus élevées, supérieures à 5 milliards de francs suisses, soit environ 4,6 milliards d’euros, figurent ainsi la famille Wertheimer (Chanel), les Castel (boissons et eaux minérales) et Patrick Drahi (Numéricable-SFR) ».

Panama, l’argent de la drogue et d’Al-Qaïda

« Le Panama, petit territoire niché entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, est l’un des plus obscurs de la planète finance, une terre de scandales. Le financement du premier canal avait déjà provoqué un séisme mondial. Grande blanchisserie de l’argent sale qui offre services de lavage, de séchage et de repassage, l’État est connu comme un repaire historique de l’argent criminel ou mafieux, celui des cartels colombiens et mexicains de la drogue, de l’argent du terrorisme, celui d’al-Qaida. Toutes les pratiques nébuleuses permettant de recycler l’argent des combines et détournements fiscaux, du crime et de la fraude y ont cours ».

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Published by bruno fornaciari - dans economie finance PCF
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BRUNO FORNACIARI

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